wiki : L'ecriture

Marguerite Duras dans Ecrire a écrit:


  “Ou la mort, ou le livre.”

  “Se trouver dans un trou, au fond d’un trou, dans une solitude quasi totale et découvrir que seule l’écriture vous sauvera."

  “ce doute grandit autour de soi. Ce doute, il est seul, il est celui de la solitude. Il est né d’elle, de la solitude. On peut déjà nommer le mot. Je crois que beaucoup de gens ne pourraient pas supporter ça que je dis là, ils se sauveraient. C’est peut-être pour cette raison que chaque homme n’est pas un écrivain. Oui. (...) Le doute, c’est écrire.”

  “Ca rend sauvage l’écriture. On rejoint une sauvagerie d’avant la vie (...) peur de tout (...) On est acharné (...) Il faut être plus fort que soi pour aborder l’écriture, il faut être plus fort que ce qu’on écrit”

  “Etre seule avec le livre non encore écrit, c’est être encore dans le premier sommeil de l’humanité (...) C’est être seule dans un abri pendant la guerre.”

  “Il y a le suicide dans la solitude d’un écrivain (...) Un pris à payer pour avoir osé sortir et crier.”

  “Dans les villes, dans les villages, partout, les écrivains sont des gens seuls. (...) Dans le monde entier avec la fin de la lumière, c’est la fin du travail.”


« Ce doit être la consolation de ceux qui expérimentent ainsi à petits coups la mort qu’ils sont les seuls à savoir un peu comment la vie est faite. »
(Jacques Rivière dans sa correspondance avec Artaud - "ceux qui expérimentent" sont bien entendu pour lui les écrivains vrais & les poètes)

"Ecrire, c'est vivre deux fois"
(Marcel Proute)


Demian



Ah et entendu récemment sur France Cul la nuit, un certain Martin Melkonian qui parlait expliquait que l'écriture était l'appel absolu, en parlant de lui-même à la troisième personne ("En somme, Martin Melkonian a élaboré une méthode... oui... oui... une méthode qui s'approche de l'intimité, ce qu'il appelle l'"ex-timité", oui... HIHIHIHI (rire hystérique) oui... comme les oiseaux"). (?!!?)

Oz


Mais c'est merveilleux ce genre de phrases à la Duras, ces indigestes exégèses de Blanchot, on pourrait créer un logiciel qui en crée automatiquement sur la base de plusieurs propositions subordonnées encastrées.

Allez paf moi aussi je vais en faire de belles :

"L'écrivain doit saigner dans son encre, sans quoi il se nie sur une page blanche"

"Entre la vie et l'écriture, il n'y a qu'un pas, et ce pas, c'est la mort"

"Ecrire, c'est quelque chose qui vous prend, vous ne savez pas au début pourquoi, et puis, vous ne pouvez plus ne pas écrire, il faut écrire, écrire, le geste, la nuit, l'effort, le tournis, damné, contaminé dans l'obscurité du commun"

C'est beau.
C'est vide.


Ah et sinon si vous voulez bien vous poiler, "La littérature sans estomac" de Pierre Jourde. C'est un peu John Rambo part à la guerre détruire les écrivaillons mystico-concons à la sulfateuse rationaliste.

Demian


"écrire !" s'écrit*-il ; puis il se tut et sut qu'il suerait et se tuerait, pour des mots, mais des mots sans mort.
*c'est un présent.

Oz


le vrai et le faux écrivain :
écrire et être lu, ou écrire car être élu

Oz


" - Pourquoi certains écrivent- ils ?
- Parcequ'ils n'ont pas assez de caractère pour ne pas le faire "

Karl Kraus

Faux semblants


"Quiconque, lorsqu'il écrit, ne se meurt pas d'un trépas symbolique - orgie blâfarde de non-dits et de noire salive, ravalée, cyanhydrique, toutes ces choses qui elles aussi mourront avec lui -, n'est pas réellement prêt à laisser l'existence sur la voie d'arrêt d'urgence pour s'engager, entier, à nu-vidé-dément, sur le sentier solitaire de l'écriture vraie"

"Aussi loin que je remonte, je me suis toujours su marqué, bafoué peut-être dans ma chair, corrompu en tout cas dans mon âme, condamné à poser sans fin sur la feuille des bribes de pensées et de vie, dans un long mouvement anarchique, qui est celui de l'accouchement des idées, les seules, les uniques idées littéraires - et seul, seul, je l'étais, mourant sans répit de ma vie dure"

Demian


"C'est l'envie de pisser des pages immortelles qui faisait courir la vieille Duras derrière sa propre inspiration"... Mike Brant

Dim


"ça vous prend comme ça, au ventre, c'est souvent souvent la nuit, c'est impossible d'en être débarassé par l'abstraction, c'est votre corps même qui crie, alors il faut, au final, toujours se lever, dans le froid de la chambre, et dans le silence, et se mettre à l'oeuvre. Je n'ai jamais su si c'était ma prostate ou l'envie d'écrire."

Oz