Malgré les rumeurs de dernières minutes, et malgré le déclenchement des Crédit Défault Swap associée à sa dette, la Grèce ne fait pas faillite, et le PSI est un succès

La nouvelle est tombé vendredi matin : entre 83 et 86% des créanciers privés ont apporté leurs titres de dette à l’opération d’échange de dette grecque, permettant de diminuer sa dette de 100 milliards d’euros et d’amener son niveau d’endettement à 120% en 2020.

Pourtant, deux jours avant, les rumeurs de faible participation du secteur privé (moins de 40% disait-on…) faisaient rage, sans d’ailleurs que personne ne s’en soit ému publiquement dans les rédactions financières, ou au sein des Autorités de marché. Encore une fois, des « attaques informationnelles » bien ciblées et lancées par des acteurs de marché bien positionnés permettent d’influer sur ces mêmes marchés et d’orienter à la hausse ou à la baisse à plus ou moins long terme. Ce sont ces mêmes attaques informationnelles qui avaient de façon excessive affecté les marchés et dans un second temps, la croissance, par effet d’anticipation négative des acteurs (qui réduisent leurs dépenses ou repoussent leurs investissements).

Démenties dès le lendemain, ces rumeurs ont vu leur succéder une réalité plus rose, puisqu’il apparu dès jeudi que l’opération allait être un succès, en dépassant les 75% fatidiques.

Certes néanmoins, l’ISDA, l’association qui gère les marchés de dérivés a estimé qu’il y avait bien « évènement de crédit » dans la mesure où la Grèce activerait les « clauses d’action collective » obligeant les créanciers récalcitrants à participer à l’opération dès lors que celle-ci a atteint 75%. en conséquence, les CDS allaient être actionnés à hauteur de 75%. Cela concerne au final 2,4 milliards d’euros, soit pas grand chose, que certains assureurs ou certaines institutions financières auront à payer à des détenteurs de dette grecque qui exigeront ces sommes compensant leurs pertes pourtant volontaires.

Mais dorénavant, tout le monde peut respirer : l’UE a débloqué son aide suite au succès de l’opération PSI (35,5 Md€ tout de suite sur 130 milliards de la seconde tranche d’aide) ; le FMI a également décider d’augmenter son aide suite à ce succès ; la BCE a inondé les banques de liquidités (1020 milliards d’euros) ; la Grèce pourra honorer ses engagements à court et moyen terme ; le MES succédera au FESF dès cet été, disposant d’un pare-feu de 500 milliards d’euros.

Mais les taux obligataires ont diminué partout en Europe, diminuant en conséquence le coût de la dette publique.

Aujourd’hui on peut le dire : l’incendie est éteint, mais il faudra rester vigilent dans les mois qui viennent pour éviter que les fumées ne se retransforment en flammes. Et pour éviter le retour de tout incendie, il n’y a qu’une trajectoire : celle de la croissance européenne. Dans cette perspective, la volonté de François Hollande de renégocier le Traité européen récemment signé pour lui ajouter un volet croissance paraît être la meilleure stratégie pour atteindre les objectifs européens des années à venir.

Ce contenu a été publié dans Actualité politique, Economie, Finances publiques et questions budgétaires, Magazine étudiant, Questions et problématiques européennes. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire