Alors que la crise de la dette européenne semblait entrer en phase de résolution, la confiance a de nouveau été mise à mal sur les marchés à cause du dossier grec. Les banques européennes ont dans leur main la résolution du problème et doivent accepter de participer au mécanisme du PSI (Private Sector Involvment).

Les marchés européens se sont affolés, ce mardi 6 mars, car ils craignent pour le niveau de participation au programme d’échange volontaire de titres de dette grecque, le PSI (Private Sector Involvment) par lequel les créanciers de la Grèce doivent au total, en 2020, alléger de 107 milliards d’euros la la dette grecque. Les investisseurs pensent qu’un nombre insuffisant de créanciers privés participeront Au programme d’échange de dette grecque, qui doit normalement rassembler 90% desdits créanciers. Entre 75% et 90% de souscription, la Grèce serait obligée d’utiliser la clause d’action collective dans le cadre du PSI ([i]Private Sector Involvment[/i]), clause qui forcerait les récalcitrants à participer, clause dont l’actionnement pourrait équivaloir à un évènement de crédit (ce sera à l’ISDA – l’autorité du marché des CDS, ces assurances titrisés sur le risque de défaut – de le dire), mais ce n’est pas certain. En dessous de 75% le PSI est considéré en état d’échec et la Grèce est potentiellement en défaut (à moins que les Etats européens n’interviennent).Il est assez contestable de voir qu’alors même que nous le programme de sortie de crise européen est complet et commence à être mis en oeuvre, les investisseurs perdent confiance. Les différents mécanismes de résolution de cette crise des dettes souveraines sont en place voire mis en oeuvre, tant du point de vue monétaire, avec l’injection aux banques européennes de 1020 milliards d’euros en deux fois par Mario Draghi, que du point de vue politique, avec la mise en oeuvre de plans de rigueur par la Grèce, et par la mise sur la table non seulement de 130 milliards d’euros par les différents Etats européens, mais également une garantie de 500 milliards pour le MES (mécanisme européen de stabilité). Il manque certes le volet croissance dans ce plan de résolution globale, mais l’Allemagne et quelques autres Etats conservateurs continuent de s’y opposer ce qui maintient cette atmosphère de crise dont on n’arrive pas à sortir. Oh ! l’Allemagne ne voit pas d’intérêt à court terme pour ce volet « croissance ». Elle n’a pas besoin de réinjection de liquidités. Son commerce extérieur est fortement excédentaire, son chômage au plus bas, son taux de croissance au plus haut… Mais tous les pays européens en difficulté (largement importateurs de produits allemands) ont besoin d’être aidés par l’UE pour sortir réellement de la crise… Les liquidités bancaires injectées par MArio Draghi n’attendent que des projets pour s’investir et devraient avoir en face d’elles des projets transfrontaliers, des projets d’innovation au niveau européens, etc.

Les 107 milliards de renégociation de dette à l’égard du secteur bancaire passant par ce mécanisme d’échange de dette sont peu de chose à côté de ce que Mario Draghi a mis sur les comptes des banques à la BCE (banques qui d’ailleurs, ne convertissent pas pour le moment ces « liquidités banques centrales » en injection de « liquidités réelles » au travers du crédit aux investissements puisque leurs comptes à la BCE regorgent de 850 milliards d’euros !). Si elles refusaient de participer à cette opération d’échange volontaire de titres de dette grecque, elles se tireraient une balle dans le pied puisqu’elles créeraient une situation financière européenne qui jouerait encore contre elles dans les mois qui viennent. Dès lors, les banques européennes doivent voir leur intérêt à participer à ce programme d’échange de dette, qui se clôturera jeudi soir.

Les banques ne peuvent pas faire comme si ces liquidités ne devaient pas être prétées qu’en échange de leur bonne volonté sur un dossier grec qui est à l’orée d’un processus de résolution/rémission durable.

Les banques européennes ont au total une responsabilité historique à accepter ce programme d’échange volontaire, un programme de restructuration de dette dont elles ont plus à perdre qu’à gagner qu’il ne se déroule pas de façon réussie.

Le problème est que certaines banques sont tentées de jouer au passager clandestin, puisqu’en refusant de participer à ce programme d’échange, elles « tentent » l’actionnement des CDS (assurances titrisées en produits dérivés d’un titre obligataire sensées garantir à son détenteur un remboursement en cas d’un défaut sur la dette sous-jacente), qui leur remboursera 100% de la décôte. Ces banques prennent le risque d’être fortement pointées du doigt en assumant la responsabilité de la crise qui risquerait de suivre un défaut désordonné de la dette.

Dans cette perspective, il faut le souligner, toutes les grandes banques françaises engagées sur la dette grecque ont affirmé participer à cette opération. C’est tout à leur honneur.

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