Le Plan grec final du 21 février 2012

C’est tard dans la nuit que l’accord a été bouclé. La Troïka a voulu temporiser parce ce que chacun savait autour de la table que tant que l’on ne voulait pas inclure dans le plan de nouveaux aspects à la négociation (l’Eglise grecque, les euro-bonds, les dépenses militaires grecques, les armateurs…), il fallait s’en tenir à ce qui avait déjà été demandé aux grecs si l’on voulait afficher un accord aux yeux du monde et des investisseurs.

Elle a finalement décidé d’augmenter le plafond d’aide à la Grèce à 237 Milliards d’euros, soit 130 Milliards de la Troïka et 107 milliards de décôte sur les titres obligataires grecs. Une partie de l’aide de la Troïka reste bloqué sur un compte qu’Athènes ne pourra débloquer qu’en échange de la démonstration de la mise en oeuvre des réformes demandées et promises.

En échange, la Grèce doit se plier à une surveillance serrée de ses comptes avec un suivi « de près » par la Troïka.

L’accord privé est venu huiler la négociation avec 53% de dette privée abandonnée, soit plus que les 50% prévus originellement, mais moins que les 65 à 75% parfois entendus, au cours de l’ardue négociation entre la Grèce et ses créanciers publics et privés. De ce point de vue, l’on ne peut qu’espérer que les Banques centrales Nationales et les autres créanciers publics participent à d’autres abandons de créances… Quant aux décieurs privés, les banques pour leur majorité, elles ont bien et largement provisionné sur leurs bénéfices les nouveaux ratios de solvabilité, l’augmentation de leurs fonds propres, leur réduction de voilure. Cela n’a pas empêché les deux principales banques française de réaliser des profits, faisant de BNP Paribas la banque la plus rentable d’Europe !

Mais au total, l’UE a décidé de plier à l’appel de la nécessité : celle d’exclure le défaut pur et simple. A la dernière minute, le FMI ajoutera 13 Milliards au pot.

L’échéance du 20 mars, avec le remboursement de 14,5 milliards de dette grecque sera donc assurément couverte ce 21 février. Une semaine plus tard, le 29 février, Mario Draghi devrait lancer la seconde phase du plan de refinancement des banques par la banque centrale (LTRO – Long term refinancement operation) dans laquelle on devrait réinjecter en 300 et 750 Milliards d’euros à 1% aux banques européennes. Autrement dit, on va ouvrir la vanne à liquidité, ce qui devrait probablement créer une réinjection d’investissements exceptionnels. Dans le même temps, l’accord sur le MES (Mécanisme Européen de Stabilité, qui remplace et accompagne le FESF), ainsi que le Pacte budgétaire découlant de l’accord du 9 mars devrait démontrer la faculté des européens à définir des règles propres à assurer la relance de l’économie, au niveau où elle était avant cette crise, avant juillet/août 2011, dont une part de cette crise fut indéniablement artificielle et provoqué par une guerre informationnelle (Agences de notation, information économique anglo-saxonne, manipulations de cours, Trading à haute-fréquence ou « robot-trading). D’ailleurs, au vu des résultats du dernier semestre 2011, les chiffres d’affaires sont records, les carnets de commande de l’économie réelle ont bien tenue, et comme les rationnels pouvaient le prévoir, la Grèce ne fera pas défaut.

Ce contenu a été publié dans Actualité juridique, Actualité politique, Economie, Finances publiques et questions budgétaires, Magazine étudiant, Questions et problématiques européennes, Relations internationales et géopolitique. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire