Manifestations pacifiques et répression sanglante en Syrie : comment mettre fin à 41 ans d’une dictature héréditaire brutale, baassiste et alaouite, tenue par les services secrets et l’armée ?

C’est le 15 mars que la première manifestation pacifique syrienne eut lieu, dans la foulée de la chute des régimes de Ben Ali en Tunisie (fin janvier) et de Moubarak en Egypte (février). Fidèle à ses habitudes acquise au cours des 41 ans d’existence, le régime syrien des el-Assad répondra immédiatement par la force la plus brutale, tirant sur la foule à la mitraillette et à l’arme lourde, arrêtant et torturant de nombreux présumés opposants au régime, enfants inclus, assiégeant et attaquant militairement des villes toutes entières. Le bal sanglant ne cesse pas : les manifestations se succèdent (avec des pics tous les vendredis), irrévocablement suivies de la répression la plus atroce. A la mi septembre, ce sont plus  de 2700 personnes qui sont mortes dans ce conflit selon l’ONU et près de 15.000 personnes détenues pour raisons politiques. Selon un document intitulé « Les années de la peur », le régime des el-Assad aurait depuis sa création en 1970 coûté la vie à 17 000 personnes.

Manifestation monstre de juillet à Hama

Manifestation monstre de juillet à Hama

Une guerre civile multiforme et multiconfessionnelle extrêmement brutale 

A la grande surprise du régime et du monde, les rassemblements ne faiblissent pas malgré les massacres, culminant fin juillet avec des manifestations monstres dans tout le pays, exigeant le départ de Bachar el-Assad et un changement de Constitution initiant une démilitarisation et une démocratisation du régime politique. Le million de personnes dans les rues a été dépassés plusieurs fois.

Carte de la SyrieLa répression de son côté reste impitoyable, dans une sorte de guerre ouverte de l’armée à l’encontre de sa population désarmée. Le villes de Hama, Deir Ezzor (ouest), Homs (centre), Tall Kalakh et Banias (nord-ouest), Deraa au sud, Jisr al-Choughour où eurent lieu un siège et une entrée dans la ville extrêmement brutale, Rastan et Talbisseh ont subi sièges, tueries à l’arme lourde, perquisitions arrestations/disparitions (les disparitions sont une constante ancienne du régime el-Assad) d’opposants réels ou supposés.

Claude Guéant et Bachar el-Assad

Claude Guéant et Bachar el-Assad

Alain Juppé à l'ONU

Alain Juppé, exortant les membres du Conseil de Sécurité de prendre des mesures à l'encontre de ce qu'il qualifie de crime contre l'humanité

C’est la grande terreur qui s’abât sur le peuple syrien, sous la responsabilité d’un Etat-major et des services secrets qui ont la haute main sur le reste de l’administration et sont prêts à tout pour garder leurs prérogatives. Alain Juppé, rachetant certains errements passés de la diplomatie parallèle de Claude Guéant, qualifia le 18 septembre ces exactions de « crime contre l’humanité » tout en déplorant l’inaction du Conseil de Sécurité.

La détermination est la même des deux côtés : les manifestants à acquérir leur liberté et à instaurer une démocratie ; tous les collaborateurs du régime à tenir leur place. Et c’est à travers cette détermination que se met en place une guerre civile. Et pour la première fois dans l’histoire de la Syrie contemporaine, le mouvement de contestation touche quasiment l’intégralité du territoire en dépit d’une fragmentation religieuse. La population syrienne se répartit entre les sunnites majoritaires à 70% et les chiites (18%) auxquels appartiennent les Alaouites, une branche religieuse et doctrinale qui fut mise au pouvoir par la France au moment de la décolonisation (cf. infra).  Les chrétiens représentent pour leur part 10% de la population. Il semble bien que les manifestants appartiennent à toutes les confessions religieuses et qu’ils soient loin d’être influencés par les islamistes (au demeurant peu nombreux en Syrie).

La répartition religieuse en Syrie

Répartition confessionnelle en Syrie

Autre phénomène remarquable, le rôle que jouent les nouvelles technologies de l’information dans cette guerre civile. Au-delà du conflit armé sur le terrain, cette guerre civile prend les formes nouvelles de la guerre de l’information et des réseaux informatiques : hackers, community managers, cyber-soldats et mercenaires du net ont été utilisés par le régime non seulement pour surveiller et contrer ce qui se disait de négatif à l’encontre du régime sur les réseaux sociaux et diverses communautés (et par là même initier des milliers d’arrestations) mais aussi pour réaliser des attaques informatiques à l’encontre d’institutions étrangères soutenant les manifestants. Du côté des manifestants, c’est par des réseaux sociaux et communautés que vont s’organiser les rassemblements contre le régime.  La force de ces réseaux publics fait aussi leurs faiblesses : l’armée, informée de ces rassemblement organisés par Facebook parviendra à empêcher à plusieurs reprises la tenue de manifestation à Damas et à Alep en déployant une visibilité et un verrouillage militaire maximal. Dans le sens inverse, les anonymous vont pirater pendant quelques heures le site de l’armée syrienne.

Le site de l'armée syrienne piraté

La Page d'accueil du site de l'armée syrienne piraté

Le « double-standard » du régime syrien : une répression atroce masquée par un simulacre de démocratisation

Bachar el-Assad, faisant bonne figure au Parlement syrien

Bachar el-Assad, faisant bonne figure au Parlement syrien

Face à cette situation, c’est un double jeu de dupes que mène le régime de Bachar el-Assad. Devant les caméras, le discours s’oriente dans deux directions : d’un côté affirmer que le régime veut se démocratiser, par des gestes symboliques qui n’empêchent en rien les massacres. De l’autre côté, sans crainte du paradoxe, il présente par un verbiage anti-impérialiste les manifestants soit comme des conspirateurs américano-sionistes, soit comme des fondamentalistes islamistes. Et en assumant à ce point le mensonge et le décalage entre un discours doux et une répression brutale et sanglante, le régime vise à susciter la terreur en assumant ce double discours propre aux régimes totalitaires.

La première mesure du chef de ce régime présidentiel à prédominance militaire (officiellement parlementaire) fut d’augmenter les fonctionnaires afin de s’assurer leur soutien. A de nombreuses reprises, il affirmera demander que cessent les tirs sur la foule, ce qui n’empêchera en rien aux pouvoir militaire de tuer 10 personnes le lendemain, et de livrer au pillage et aux massacres organisés par l’armée dans des fins de sièges sanglants autour des nombreuses villes en révolte. De même, l’annonce d’une amnistie générale pour « les crimes » commis avant le 31 mai est immédiatement suivie de la révélation sur les tortures et le meurtre d’un enfant de 13 ans. Ironiquement, c’est durant cette période des plus mouvementées dans l’histoire syrienne que Bachar el-Assad va faire passer un projet de loi abrogeant l’état d’urgence en place depuis 1963 et supprimant la cour de Sureté de l’Eta, chargée de juger les prisonniers politiques. De vrais démocrates on vous dit !

La situation actuelle mérite de comprendre comment les rouages du système politique syrien peut-il tout à la fois pratiquer une telle brutalité et bénéficier d’une telle impunité ?

Un régime baassiste et alaouite dont l’Histoire est marqué par une succession de coups d’Etats.

Husni Al-Zaim

Husni Al-Zaim, Premier Président de la Syrie indépendante

Adib Chichakli

Adib Chichakli

La naissance de la Syrie contemporaine se déroule sur fond de décolonisation, de guerre contre Israël en 1948 et de putsch en série. Les coups d’Etat vont en effet rythmer la vie politique syrienne de 1949 (où Husni Al-Zaim dépose le Président élu Shukri al-Kuwatli avant d’être lui-même putsché quelques mois plus tard par Sami al-Hinnawi, lui-même remplacé cette même année par Adib Chichakli soutenu par les anglo-saxons) à 1970 (où Hafez el-Assad clôt une série de 4 putschs dans la décennie 60). Chichkali sera mis dehors par le pouvoir civil en 1954, instaurant une semi démocratie jusqu’en 1961, où le Général Haydar al-Kouzbari va réaliser un coup d’état. A cette époque, la Syrie formait avec l’Egypte Nasserienne une Union administrative quasi complète. soutenu par les puissances anglo-saxonnes, al-Koubari voulait rendre à la Syrie son autonomie en faisant scission avec l’Égypte nationaliste et panarabe.

Amin al-Hafez

Amin al-Hafez

Salah Jedid

Salah Jedid

Une période d’instabilité va s’installer jusqu’en 1963 où le parti Baath alors dirigé par Amin al-Hafez, va organiser son coup d’Etat, alors que Baath irakien organise le sien la même année. Ce premier gouvernement baathiste va être renversé trois ans plus tard par un militaire lui-même issu du Baath, Salah Jedid qui met fin aux ambitions panarabe, et souhaite se concentrer sur le rayonnement régional. Mais la défaite de la guerre des six-jours va considérablement affaiblir Jedid qui sera finalement renversé par son Ministre de la Défense, Hafez el-Assad.

hafez el assad

hafez el assad, en militaire

Cette instabilité politique va considérablement ralentir la constitution d’une administration solide et d’une économie moderne. Le pouvoir syrien restera jusqu’à l’accession d’Hafez el-Assad en proie à une logique de l’oreille cassée où des Alcazar et des Tapioca se renverseront successivement dans un balai tragi-comique. Aussi, el-Assad peut apparaître comme le garant d’une stabilité longtemps attendue dans un pays n’ayant développé ses structures administratives propres que par le biais militaire et surtout à partir des années 70. Modernisateur socialisant, il va s’appuyer sur la structure militaire qu’il contrôlera en tant que Ministre de la Défense pour moderniser l’administration tout en initiant une réforme agraire visant d’abord à sédentariser les tribus, et à mettre fin aux féodalités qui existaient encore dans les milieux ruraux. Helas, l’économie syrienne restera durablement peu industrialisée, en dépit de la construction de certaines infrastructures (3 grands barrages notamment, ainsi que le réseau routier, ferré et d’irrigation) restant essentiellement agricole, artisanale et commerciale. La manne pétrolière permettra également d’assurer le financement des grands travaux d’infrastructure de la période, mais aussi les rentes du régime et de la famille el-Assad.

D’un point de vue économique, la Syrie d’aujourd’hui connaît encore un certain retard de développement, avec un PIB de 100 Md$ en 2010, avec une agriculture qui reste à 17% de la population activé et les services culminent à 55%. Bachar el-Assad a clairement libéralisé une bonne partie de son économie auparavant très pilotée par l’Etat (influence soviétique du baathisme) et ramené à l’ordre une dynamique des prix très inflationniste (usage de la planche à billet du régime). La dette reste soutenable (30% du PIB). Plus remarquable est la structure des dépenses publiques, dans lesquelles la part militaire représente plus du tiers du budget de l’Etat qui s’élève à 17 Md$.

 

La tribu des alaouites qui constitue la majorité de la minorité chiite a, depuis 1946 la main sur la société syrienne. C’est la France  qui, durant la décolonisation des protectorats levantins, créa en Syrie un « territoire des Alaouites », alors qu’ils étaient minoritaires face aux sunnites. Mais ils étaient de farouches guerriers (notamment autour l’Alep où ils donnèrent plus de fil à retordre aux forces françaises que les autres) qu’il a fallu associer plus étroitement aux fonctions de commandement administratif durant la période de la Syrie mandataire (1923-1946). Les alaouites sont une minorité qui affirme se dissocier du peuple arabe en constituant un identité ethnique à part entière (un peu comme les kabyles) qui descendrait des phéniciens. Appuyer ainsi un peuple opposé au nationalisme panarabe permettait dans l’idée des mandataires de faire face aux velléités nationalistes arabes sunnites

 

Michel Aflaq

Michel Aflaq

Le Baathisme de son côté consiste en un nationalisme panarabe issu de la colonisation, mêlé de socialisme révolutionnaire d’influence soviétique. Le parti Baath syrien fut créé en 1942 par Michel Aflaq et contribua à la décolonisation en organisant une dizaine de journées de manifestations initerrompue auxquelles la France répondra par des bombardements, avant qu’elle ne soit contrainte au départ sur la pression des Britanniques et des américains. L’avatar baasiste syrien empruntera tant au nationalisme pan arabe qu’à l’anti-impérialisme et naturellement à l’anti-sionisme, même s’il restera dans l’opposition de 1949 à 1963 date à laquelle il prendra le pouvoir, que le premier gouvernement du Baath ne soit lui-même l’objet du putch militaire de Saleh Jedid en 1966, qui contraindra à l’exil son fondateur. L’armée va utiliser l’efficacité d’encadrement et de mobilisation baassiste pour asseoir sa domination sur toutes les couches de la société et l’Etat. Elle va progressivement développer une symbiose entre la culture alaouite et cette forme de baasisme militaire qui empruntait autant au fascisme qu’au stalinisme… ce faisant, elle va garder la main sur tous les rouages de la société et de l’Etat, en instaurant une dictature héréditaire fondé sur la convergence d’intérêt entre le clan el-Assad et les militaires.

Hafez el-Assad est un militaire de carrière, chef d’Etat major syrien en 1964, et membre du parti Baas, il participe au coup d’Etat de 1966 de Salh Jedid, et incarne l’aile militaire du Baath.

hafez el assad

Hafez el-Assad Président

Après son coup d’Etat, el-Assad est finalement élu Président en 1971 inaugurant l’un des plus longs mandats du monde arabe contemporain (avec celui d’Hassan II) et scellant la domination de la faction militaire du Baath. A la manière de Napoléon III, Hafez el-Assad disposait d’une importante base de soutiens agricoles et ayant construuit l’administration syrienne moderne, il peut compter sur la fidélité des bureaucraties administratives. En outre, le régime syrien a su intégrer dans son administration toutes les minorités du pays, même si la minorité alaouite dont est issue Hafez el-Assad aura accès aux principaux postes de commandement. Ce dernier élément garantissait jusqu’ici au régime une certaine fidélité des corps intermédiaires, largement confessionnels même si le régime est officiellement « laïc », et une solidité de la cohésion sociale syrienne. Avatar moustachu de Big Brother, Assad utilisera ad nauseam le culte du chef et les images à sa gloire disposées partout dans les rues pour se poser comme seul incarnation du chef en Syrie.

La stabilité politique qui règna de force sous Hafez el-Assad ne fut qu’assez peu troublée par une opposition gérée par la terreur, l’emprisonnement et les disparitions forcées. La terreur qu’il faisait régner dissuada plus d’un de s’élever contre un régime à façade parlementaire (8 partis affiliés au « Front National Progressiste ») où les députés n’ont pas de droit de proposition et où les décisions sont à 90% le fait du pouvoir exécutif. L’armée et les services secrets ne reculèrent devant rien pour assurer le maintien de leur mainmise politique et sociale.

La Ville de Hama désolée, après le siège, les bombardement et le pillage militaire de 1982

La Ville de Hama désolée, après le siège, les bombardement et le pillage militaire de 1982

Et ils ne craignent rien de plus qu’un régime démocratique qui soumettrait les cadres militaires aux cadres politique. Aussi, lorsqu’à Hama, une centaine de chefs militaires chiites déclencheront une révolte en 1982 pour protester contre , le régime mettra cette ville en siège au terme duquel elle tuera entre 20 000 et 50 000 personnes, pour l’exemple. Ce massacre constitue d’ailleurs l’exemple opérationel suivi par l’armée pendant les révoltes de 2011 dans toutes les villes en révoltes. Sièges puis entrées sanglante dans la ville. Le régime table sur la terreur provoquée par cet aveugment dans la répression afin faire cesser les révoltes, et ne veut montrer aucune faiblesse, ni à l’intérieur, ni à l’extérieur. Et faute d’une intervention extérieure, on ne voit pas comment faire évoluer la situation, laissant dans un désespoir certain tous les observateurs de la situation.

Alors que faire ?

La solution de l’intervention est difficilement envisageable et pourtant nécessaire à envisager.

Les occidentaux vont et viennent entre une volonté de reproduire l’intervention en Libye, et celle de rester distant face à une situation qui pourrait complexifier la situation au Moyen-Orient. Les Assad sont bien établis. Hormis les questions d’humanité, la realpolitik régionale incline les puissances occidentales à la plus grande prudence. Le régime lui même a besoin d’Assad et ce dernier n’est pas aussi visé que les autres dictateurs arabes.

La Syrie bénéficie d’une situation défensive très favorable. Peu exposée à la mer, elle bénéficie de défenses naturelles importantes à l’est, à l’ouest, le Liban servant de tampon avec Israël. Son armée est bien mieux équipée et bien plus régulière que celle de Kadhafi et contrairement à l’Irak, elle n’a pas été minée par 20 ans de privations ni aussi régulièrement purgée que ne le fut « la quatrième armée du monde ». La Syrie dispose également du soutien iranien et des chiites libanais ainsi que du Hamas. Elle est donc capable d’actionner un engrenage belliqueux dans toute la région. C’est d’ailleurs sa carte maîtresse. Ses deux faiblesses résident dans le retrait ouvert du Président du Conseil Turk Recep Tayyip Erdogan, qui ouvre au flanc nord de la Syrie de vastes ouvertures, et dans le positionnement (certes temporaire) des Etats-Unis en Irak et en Arabie Saoudite). C’est d’ailleurs à) Ankara que s’est créé le Conseil National, l’organe de lutte contre le régime. Un autre comité National de transition syrien a été mis en place et a élu pour Président Burhan Galioun, Directeur du centre des études arabes à Panthéon Sorbonne. Reste que ces comités manquent drastiquement de moyens et malgré le soutien de Washington et des européens. De par son pouvoir de nuisance, et de par son importance dans la géopolitique régionale du pétrole formé par un dense réseaux de pipe-lines (dont passent par la Syrie en provenance d’Irak), la Syrie reste apparemment protégée d’une attaque extérieure.

Réseaux pétroliers dans la région du moyen orient et de l'europe orientale

Réseaux pétroliers dans la région du moyen orient et de l'europe orientale

La fin de l’intervention libyenne semblerait ouvrir la perspective de pouvoir dans une certaine mesure augmenter la pression militaire potentielle sur le régime syrien, mais la Syrie a plus de moyens que la Libye (13ème effectif militaire du monde) et faute d’être sorti à temps du bourbier Afghan (où les Russes s’étaient déjà cassés les dents…), nos possibilités d’action restent limitées, avec des risques important d’extension du conflit. C’est sur cette dernière crainte là que joue le régime syrien pour se faire le plus menaçant en cas d’intervention des puissances démocratiques : actionner Hamas et Hezbollah pour rendre incontrôlable et potentiellement explosive la situation dans la région. Une opération Terre brûlée à syrienne agitée par un Etat major qui a mis en place depuis des décennies – dans la tourmente des conflits israélo-palestiniens et de la guerre du Liban de 1975 à 1989) tout un dispositif et tout un réseau de contacts  avec ces deux organisations, ainsi que de multiples réseaux d’opérationnels dont l’un fut responsables de la mort de Rafic Hariri, mais de nombreuses autres personnalités libanaises, dont May Chidiac.

L’opposition des grandes puissances émergées rend pour le moment impossible toute action

– Le principal soutien de la Syrie est la Russie, avec laquelle elle entretient des rapports de très longue date, qui remontent à la guerre froide, largement constitués de contrats militaires et d’hydrocarbures. Idéologiquement, la Syrie est un allié naturel puisque par intérêt ou par idéologie tendanciellement opposée à l’arc occidental avec lequel la Russie, toute présente au sommet et apparemment ralliée à la cause de la démocratie sociale et libérale qu’elle paraisse, entretient des rapports à géométrie variable souvent teintés d’arrières pensées, de rapports de forces et/ou de contrat pétroliers ou gaziers. Les russes ont néanmoins progressivement modifiés au fil des 7 derniers mois leur position. De très critiques à l’égard des occidentaux, la Russie a finit par admettre que le régime syrien allait un peu trop loin… Sans toutefois apporter à un front commun contre ce régime au Conseil de Sécurité.

La Chine (membre permanent) et l’Inde (membre non permanent), de leurs côtés, ne souhaitent pas donner de quitus à priori aux occidentaux, dont ils estiment qu’ils ont fait leur temps, avec maintenant trois guerres dans le monde arabe. En outre, les BRIC reprochent aux occidentaux d’avoir excédé leur mandat en Libye. La Chine est d’ailleurs fidèle à sa stratégie de soutien/partenariats avec tous les pays encore en phase d’émergence économique (Afrique, Amérique du Sud, monde arabe), où elle compte utiliser une partie de ses vastes réserves financières afin de s’assurer un accès à diverses sources d’approvisionnement pour son son économie intérieure et d’exportation. Elle pense aussi à l’avenir, et à la période où ces pays connaîtront, on l’espère, les mêmes taux de croissance que les pays émergents.

Au total, le sentiment d’impuissance règne devant ces massacres à l’aveuglettes perpétrés en Syrie. Le Conseil de Sécurité a de son côté décidé de sanctions ciblées à l’égard de la famille el-Assad et une trentaine de cadres militaires et politiques du régime. L’Union européenne a de son côté décidé du gel des avoirs syriens. Rien n’y fait. L’humanité est désemparée.

 

 

 

 

 

 

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