Rumeurs estivales et fortes chaleurs autour des dettes souveraines provoquent une panique boursière très excessive

Les bourses du monde entier ont connu, tout au long du mois d’août-  très précisément entre les 2 et 4 août, après le règlement du conflit autour de l’augmentation du plafond de la dette américaine et de la dégradation de la note de la dette américaine par Standards and Poors – une chute bourière sans précédent. La bourse de Paris cède plus de 20% en 3 semaines.

La courbe du CAC 40 sur 1 an

En rouge la moyenne mobile à 50 jours

Les causes affirmées par le secteur financier (Hedge Funds, Banques d’affaires, Courtiers, Brokers, presse financière et non financière) sont connues :

– Inquiétude autour de certaines dettes souveraines (Irlande, Grèce, Etats-Unis, Italie, Espagne, Japon) qui ont des endettement totaux dépassant les 100% du PIB, avec en prime des déficit actuels au triple de ce qu’ils étaient acvant la crise des subprimes.

– Lenteur dans les décisions sur les tratégies à adopter en Europe notamment, où l’Allemagne refuse de faire des chèques en blanc sans mesures de rigueur et de réduction des déficits des pays en question.

– Réaction de dernier ressort de la BCE, qui se refuse à se présenter comme capable d’utiliser la planche à billet, la dévaluation, ou les leviers traditionnels des Banques centrale pour faire de la relance par injection monétaire (baisse des taux directeurs, opérations d’open-market, taux de refinancement, d’escompte et de réescompte, ratio de réserves obligatoires des banques commerciales), afin de ne pas dévier d’une politique de l’euro fort et dit-on, non-inflationniste, et se démarquer de la stratégie de la Fed, qui elle use et abuse du quantitative easing (facilité de crédit et injection à besoin de liquidités, dépréciant peu à peu la valeur du dollars)

– Les signes de ralentissement de la croissance, après un très bon premier trimestre 2011, ont également cristallisé le regard des opérateurs, qui dans ce contexte, connaissent une phase d’aversion au risque, de désengagement des actions pour aller vers des valeurs apparemment plus sûres : l’or. L’effet moutonniers conduit à un phénomène de ré-allocation temporaire et moutonnière des actifs du marché action, pétrole ou matières premières, vers des valeurs apparemment moins cycliques. Comme les acteurs agissent en même temps selon des effets d’auto-alimentation et d’anticipation d’anticipation d’autrui, les phénomènes sont massifs, douloureux, et ne reflètent plus la valeur réelle des actifs en question. Le prix ne reflète plus la valeur.

– A ces causes réelles, il faut ajouter l’ensemble des aspects internes aux marchés financiers, de la psychologie et comportements des acteurs financiers, aux techniques dites « innovantes » de couverture et de spéculation qui se développent depuis une vingtaine d’année, en passant par les stratégie court-termistes et pires, les actions frauduleuses (fausses rumeurs associées à des opérations de rachat massif ou de spéculation à la baisse sur les cours. On en parle souvent sur le Forum, l’avatar le plus remarquable de ces types d’opération est la vente à découvert à nu (naked short selling), qui consiste à emprunter un titre que l’on ne dispose pas, le vendre, empocher le cash, rembourser à terme, et racheter le titre à moindre valeur après la baisse pour empocher la plus value. Ces techniques, associées à des rumeurs agressives sournoisement lancées sur le marché, contribuent à détruire la valorisation d’une entreprise, la précipitant aux abymes, en-deça même se la valeur réelle de ses actifs. Les anticipation auto-réalisatrices sont légions dans ces comportements condamnables, mais que le système laisse pourtant perdurer puisque les banques d’affaire, elles-mêmes faisant du trading et de la spéculation, sont pourvoyeuses d’informations, non seulement par le biais des publications officielles, mais également par ses actions quotidienne de courtage et conseil à leur clientèle. Il y a clairement des conflits d’intérêt croisés systématiques dans le système bancaire et financier.

Divers rapport interne au système financier montrent les effets de mailing internes dévastateurs sur certains titres, notamment les bancaires, autour desquels les hedges fund font de la spéculation à la baisse totalement déraisonnée et dévastatrice. La société Générale a été l’objet d’une attaque de ce type, par le biais de rumeurs répandue par une certaine presse à scandale anglo-saxonne. Une autre entreprise, Veolia, a vu son cours divisé par 2 suite à des résultats moins bons qu’attendus, des dépréciations d’actifs, et ce, malgré un plan de restructuration très important présenté par son nouveau PDG, M. Frérot.

Un exemple manifeste de ce conflit d’intérêt réside dans la concommitance des activités de banques de dépôts et de banque d’affaire aux Etats-Unis, notamment depuis l’abrogation du Glass-Steagall Act de 1999. Mais le conflit d’intérêt est tout aussi large dans la concommitance des fonctions d’opérateurs de marché pour compte propre et pour ses clients, avec celle de pourvoyeur d’information. La banque d’affaire Goldman Sachs  (lire sur ce sujet l’ouvrage de Marc Roche, La Banque : Comment Goldman Sachs dirige le monde ) est extrêmement critiquée, notamment parce que deux de ses anciens Présidents ont été Secrétaire d’Etat au Trésor, l’un ayant supprimé le Glass-Steagal Act, permettant à sa banque d’opérer dans les deux domaines, l’autre, le très renommé Henri Paulson ayant conduit Lehmann Brother, banque concurrente, à la faillite avant de refinancer les autres banques dont la sienne dans la foulée. L’opération a dans les deux cas utilisé de très bons arguments : l’aléa moral dans le premier cas (on ne peut pas faire un chèque en blanc à une banque d’affaire comme Lehman Brother qui a clairement fait n’importe quoi), le sauvetage du système dans le second. Résultat, la Goldman Sachs sort grande gagnante de la crise des subprimes. La Goldman Sachs était également impliqué dans des opération prédatrices envers ses clients (vendant des types de titres contre lesquels elle spéculait), mais aussi dans les recommandations statistiques mensongères de l’Etat Grec tout en faisant office de courtier auprès de lui, spéculant sur une dette dont il contribuait à masquer la réalité.

Alors, à quel seuil le système financier va-t-il reprendre ses esprits, voir que la situation n’est pas si mauvaise que cela, et cesser ces stratégies baissières ? Quand va-t-on réellement réformer le système financier, afin de casser les immenses structures bancaires et financières en assainissant les situation, en mettant fin aux conflits d’intérêts, en limitant le court-termisme terrifiant qui rend possible toutes les opérations prédatrices. Les propositions sont nombreuses, sur Forum-Scpo, pour limiter ces défauts intrinsèques aux marchés financiers

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