Attaques financières, intelligence et guerre économique : pourquoi il y a moins à craindre que ne laisse penser le marketing de la peur autour d’une crise mue par les agitations internes du système financier (à part de la peur elle-même…)

Les banques françaises subissent depuis début août des attaques sans précédent, dont il est difficile de connaître la provenance et qui mèlent actions individuelles prédatrices discrètes, et suivisme panurgiste des marchés. Même le Président de la société Générale, Frédéric Oudéa pense que les turbulences financières seront perceptibles jusqu’en novembre 2011 autour de sa banque, en dépit de chiffres et d’un bilan en constitution plutôt favorable.

Nous vivons une véritable attaque économique contre les Etats et contre les banques nationales. Ces attaques spéculatives à la baisse, dénuées de tout fondement rationnel, peuvent être interprétées en termes d’intelligence et de guerre économique. Nombre d’acteurs économiques et financiers, de façon déconcentrée et non concertée, ont décidé intentionnellement d’attaquer des organisation économiques telles que certains Etats, certaines banques et/ou entreprises cotées. Ces stratégies prédatrices sont désormais mieux connues depuis la crise de 2008, mais pas encore intégrée à l’analyse économique théorique.

La théorie économique, raisonnant de façon impersonnelle, doit prendre en compte de la réalité humaine, prédatrice et guerrière de l’économie en action. Il y a bien des acteurs responsables de cette situation, acteurs qui ont de par les implications de leurs stratégies, un pouvoir au niveau mondial. Les techniques de manipulations d’un cours sont nombreuses, et souvent, les Agence de surveillance de marché (SEC aux Etats-Unis, AMF en France) n’agissent souvent que trop tard. souvent, elles ne peuvent que difficilement déméler l’écheveau des séquences d’opérations exécutées parfois par milliers à la micro-seconde, ainsi que le bon grain de l’ivraie dans les délits d’initiés et autres opérations de spéculations combinées à des publications d’informations, plus ou moins objectives, plus ou moins vraie. Aucun mécanisme ne permet aujourd’hui d’entraver ce type de stratégies économiquement belliqueuses et dévastatrices, perverses, qui minent la confiance dans le système économique, mettant en danger les fondements même de l’économie.

Les attaques financières que certaines entreprises subissent sont la conséquences de séries d’attaques informationnelles et d’usage massif d’outils financiers exotiques, tels les warrants ou les ventes à découvert à nu. Divers acteurs privés ont, depuis des mois, et particulièrement depuis le 2 août, mis de l’huile sur le feu en fuitant fausses informations, et rapports alarmistes sur telles ou telles valeurs. Agences de notations, Banques d’affaires très impliquées en fonds propres sur des stratégies ultra-courtermistes, opportunistes et prédatrices, Hedges Funds suivistes et court-termistes. Ces opérateurs jouent à la baisse, par conséquent, ils gagnent sur la baisse de cours qu’ils contribuent à réaliser, que ce soit par leurs rapports (arme informationnelle), ou par leurs actions de « price-making » sur le marché du fait de leur taille stratégique (arme financière).

Certaines stratégies financières permettent de gagner à la dépréciation des actifs réels, permettant toutes sorte de techniques prédatrices à l'encontre d'entreprises-cibles. Le short selling est pourtant très largement utilisé, c'est même au départ une technique de couverture basique largement enseignées dans les cours d'écoles de commerce

Toutes ces opérations non concertées, se font au détriment d’une économie réelle que le système financier a depuis longtemps déserté, oublié, abandonné, et même appauvri. Ce faisant, le système financier engloutit une masse d’épargne considérable, avec lequel il s’amuse à terrifier le reste de l’humanité qui a épargné cet argent. Il s’en fiche, les outils financiers lui-permettent de spéculer à la baisse sur l’économie réelle et d’en tirer un profit.

Pourquoi la situation des banques françaises est bonne ?

Les banques françaises disposent de toutes liquidité, et leur capitalisation est bonne. L’encourt de leurs dépôt est très important, et leur niveau de réserves est sur. Critiquée sur la possession de dette grecques, elles sont en réalité moins exposées que de nombreuses autres banques européennes. La société Générale en ce qui la concerne est peu exposée à la dette grecque.

Les marchés sont dans un sentier de paniques totalement déraisonné qui leur fait perdre le sens des réalité. Les dettes d’Etat sont et restent des actifs sans risques, puisqu’aucun intérêt de dette ne dépasse un pourcentage admissible par ces Etats. Le Fond européen récemment créé sera capable de faire face à tout problème éventuel de liquidité.

Les traders sont simplement en train de changer de paradigme, ne croyant plus aussi dur qu’auparavant du caractère « sans risque » des bons de Trésor souverain. Les banques en payent les conséquences, mais ce phénomène prend une raisonnance financière bien excessive au regard de fondamentaux que l’on a beau tourner en tous sens, sont bons, malgré les inquiétudes d’investisseurs institutionnels qui ont un pouvoir démesuré de peser sur les marchés en des temps très réduits.

Les banques françaises ne méritent pas ces attaques, dont on peine à croire qu’elle n’aient pas un certain nombre d’opérateurs particuliers qui spéculent clairement contre elles, et font tout pour les mettre à terre. Nombre d’opérateurs opèrent « over the counter », c’est à dire que les produits qu’ils échangent ne sont ni standardisés, ni enregistrés publiquement. Ils pèsent néanmoins sur les valeurs, tout en permettant de rester anonyme. Des rumeurs ont été publiées dans la presse faisant état de graves difficulté pour la Sogé. Immédiatement démenties, ces accusations ont lourdement pesé sur la valeur d’une banque, qui perd 50% en quelques semaines, bien en deçs de la valeur de ses actifs. Ceci n’a aucun sens, et n’est pas acceptable.

Il y a des organisations qui ont ce pouvoir de marché. Qu’elles combinent leurs attaques, que les différents opérateurs de marchés suivent dans la foulée. Ce sont ces mécanismes qui doivent pouvoir être analysés très précisément qu’il faut enregistrer. Aussi, il est préconisé sur le forum de mettre un terme aux opérations OTC.

Aussi, en dépit d’un léger coup de froid sur le marché inter bancaire à la mi-août (lié à la constitution par les banques de réserves en « monnaie banque centrale » et donc de disponibilités de prêts légèrement réduites), il y a peu de risque qu’un credit crunch ait lieu, même si les banques vont raisonner dans les mois qui viennent avec plus de parcimonie dans l’attribution de crédits aux entreprises. Le crédit crunch est le point nodal d’une crise, le déclencheurs de toutes les réactions négatives de l’économie réelle. Faillites d’entreprises en défaut de trésorerie, réduction des dépenses d’investissement (de Recherche et développement en premier lieu) et donc de la demande globale. Mais comment peut-on croire que la détention de dette souveraine d’Etats tout à fait capables de payer les intérêts de leurs dettes pourrait s’apparenter à la crise des subprimes où les emprunteurs étaient, là, clairement insolvables dès le départ ?

Les conséquences économique d’un tel coup de panique sont claires :

Conséquences économiques de cette crise financière

Une crise financière « paranoïaque » ?

Nous voyons ces derniers temps fleurir des articles sur la question de savoir s’il faut ou non avoir peur pour ses économies. Cela donne l’impression que nous jouons à nous faire peur. Cette peur est suiviste.

D’aucuns parlent de marketing de la peur. La peur fait vendre, la peur fait lire. Mais en ce qui concerne cette crise financière, elle est tout sauf fondée sur du concret.

Les Etats-Unis ont déclenché cette crise en attendant le dernier moment pour relever le plafond de leur dette. Il se sont amusés à se faire peur. Ceci a eu pour conséquence la dégradation de la note souveraine américaine dans la nomenklature de Standard and Poors. Le monde entier s’est alors engouffré dans une séquence univoquement orientée vers des marchés financiers qui assument leur pouvoir sur le monde, use de ce pouvoir pour faire n’importe quoi et terrifier les travailleurs honnêtes et droits, plongés dans l’économie réelle.

C’est aux Etats de prendre la mesure de ces attaques contre la souveraineté des peuples face au pouvoir de la finance. Les économistes atterrés ont proposé de nombreuses mesures pour mettre un terme au primat de la finance sur l’économie. Le gouvernement ferait bien de l’écouter car la France est l’une des prochaines proie de ce système un peu fou qu’il est temps d’encadrer sans tarder !

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