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Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

Et le Japon, en stag-recession continue depuis 1990...

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

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Last edited by RPC (21-04-2009 07:11:40)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

http://www.lemonde.fr/economie/video/20 … SS-3208001

Un petit bilan (provisoire ?) du G20, présenté par notre cher Président.

Pas si mauvais, et pas si démago, pour la peine.

"Les Français veulent l'égalité, et quand ils ne la trouvent pas dans la liberté, ils la souhaitent dans l'esclavage" Alexis de Tocqueville

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Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

P!erre a écrit:

http://www.lemonde.fr/economie/video/20 … SS-3208001

Un petit bilan (provisoire ?) du G20, présenté par notre cher Président.

Pas si mauvais, et pas si démago, pour la peine.

ouais, si on oublie qu'on dit "supervision" et pas "supervisation"

Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

orthofacho a écrit:
P!erre a écrit:

http://www.lemonde.fr/economie/video/20 … SS-3208001

Un petit bilan (provisoire ?) du G20, présenté par notre cher Président.

Pas si mauvais, et pas si démago, pour la peine.

ouais, si on oublie qu'on dit "supervision" et pas "supervisation"

Oh pardon c'est vrai j'aurais dû le mentionner.

"Les Français veulent l'égalité, et quand ils ne la trouvent pas dans la liberté, ils la souhaitent dans l'esclavage" Alexis de Tocqueville

Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

P!erre a écrit:

http://www.lemonde.fr/economie/video/20 … SS-3208001

Un petit bilan (provisoire ?) du G20, présenté par notre cher Président.

Pas si mauvais, et pas si démago, pour la peine.

Justement si. Il a été particulièrement mauvais: discours imprécis (quand ce n'était pas tout simplement faux) sur quasiment toutes les questions financières (hors bilan, tritisation, hedge fund...), n'insistant pas sur les points principaux (refonte du FMI/BM/FSF, prise de pouvoir par la Chine et les pays émergents etc ). Personnage agité, nerveux, tremblant, ramenant toute la gloire sur lui alors qu'il n'a joué qu'un rôle de second plan...

Tu devrais comparer avec le discours de Gordon Brown histoire de le réaliser.
-> Gordon Brown: http://www.lemonde.fr/economie/video/20 … _3234.html

-> Sarko: http://www.lemonde.fr/economie/video/20 … _3234.html

Bref, je pense que la presse étrangère de demain, qui mentionnera certainement sa conférence dans la rubrique "faits divers" sera croustillante. D'autant plus qu'il a encore fait preuve de "diplomatie" en doublant Gordon Brown pour s'exprimer avant lui lors de la conférence (alors que c'est le dirigeant du pays hôte du sommet qui a normalement la primeur)

Peut-être la faute de cette petite pique... http://www.dailymotion.com/video/x8uf85 … -peti_news

Last edited by lehussard (02-04-2009 22:20:50)

Quand on post on raconte pas sa vie.

Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

lehussard a écrit:
P!erre a écrit:

http://www.lemonde.fr/economie/video/20 … SS-3208001

Un petit bilan (provisoire ?) du G20, présenté par notre cher Président.

Pas si mauvais, et pas si démago, pour la peine.

Justement si. Il a été particulièrement mauvais: discours imprécis (quand ce n'était pas tout simplement faux) sur quasiment toutes les questions financières (hors bilan, tritisation, hedge fund...), n'insistant pas sur les points principaux (refonte du FMI/BM/FSF, prise de pouvoir par la Chine et les pays émergents etc ). Personnage agité, nerveux, tremblant, ramenant toute la gloire sur lui alors qu'il n'a joué qu'un rôle de second plan...

Tu devrais comparer avec le discours de Gordon Brown histoire de le réaliser.
-> Gordon Brown: http://www.lemonde.fr/economie/video/20 … _3234.html

-> Sarko: http://www.lemonde.fr/economie/video/20 … _3234.html

Bref, je pense que la presse étrangère de demain, qui mentionnera certainement sa conférence dans la rubrique "faits divers" sera croustillante. D'autant plus qu'il a encore fait preuve de "diplomatie" en doublant Gordon Brown pour s'exprimer avant lui lors de la conférence (alors que c'est le dirigeant du pays hôte du sommet qui a normalement la primeur)

Peut-être la faute de cette petite pique... http://www.dailymotion.com/video/x8uf85 … -peti_news

Ah, oui en effet vu comme ça. Enfin bon, Sarkozy a au moins réussi à parler à peu près couramment français cette fois. Sa gestion de la diplomatie aura été c'est vrai assez calamiteuse jusque là...

"Les Français veulent l'égalité, et quand ils ne la trouvent pas dans la liberté, ils la souhaitent dans l'esclavage" Alexis de Tocqueville

Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

Par ailleurs - j'aurais pu le poster dans un linkdump- The Big Picture signe encore une très bonne entrée sur les émeutes "en marge" du G20, avec de magnifiques photos (comme à l'accoutumée).

http://www.boston.com/bigpicture/2009/0 … ummit.html

"Les Français veulent l'égalité, et quand ils ne la trouvent pas dans la liberté, ils la souhaitent dans l'esclavage" Alexis de Tocqueville

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Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

P!erre a écrit:

Par ailleurs - j'aurais pu le poster dans un linkdump- The Big Picture signe encore une très bonne entrée sur les émeutes "en marge" du G20, avec de magnifiques photos (comme à l'accoutumée).

http://www.boston.com/bigpicture/2009/0 … ummit.html

A l'avenir, ils feraient mieux de faire le G20 en Chine, histoire que les manifestants fassent connaissance avec la police (et l'Armée) chinoise !

Certainement que les sommets se dérouleraient dans de bien meilleures conditions !

Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

Il y a pas à dire, la dictature c'est efficace ! Merci et tais-toi.

"Je sens en deux parti[e]s mon esprit divisé." (Pierre Corneille, Le Cid)
"Et en deux sous-parties" (Richard Descoings)

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Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

Excellente analyse de deux linguistes sur le discours anti crise de Nicolas Sarkozy sur la crise, et qui s'étaient déjà illustrés positivement ici


Sarkozy dans le texte : tous coupables face à la crise, par Louis-Jean Calvet et Jean
Véronis

LEMONDE.FR | 06.05.09 | 12h18  •  Mis à jour le 06.05.09 | 13h24   

Que nous dit Nicolas Sarkozy sur la crise ? Le discours économique ne semble pas être son terrain de prédilection. Ministre, il a surtout laissé de lui l'image de son passage Place Beauvau. Kärcher, racaille... ces mots semblent devoir lui coller à la peau pour le restant de ses jours politiques. En revanche, la trace linguistique de son passage au ministère de l'économie et des finances est beaucoup plus ténue... Président de la République, il ne cherche guère à corriger cette image. On chercherait en vain de sa part des discours économiques complexes. Tout au plus expliquait-il pendant la campagne de 2007 que les Français n'étaient "pas suffisamment endettés", qu'il faillait "développer le crédit hypothécaire" sur le modèle américain. C'était avant la crise des subprimes... Il faut dire, à sa décharge, que l'économie n'est guère le centre d'intérêt principal de nos présidents successifs. Même le général de Gaulle, qui a dû faire face à un redressement économique majeur, avouait son peu d'intérêt pour la chose. Peut-être que ce n'est pas, après tout, le rôle du pouvoir suprême que de parler de l'intendance : ne finit-elle pas toujours par suivre ?

Mais Nicolas Sarkozy a tout de même innové pendant la campagne présidentielle. Alors que plus personne dans la gauche parlementaire ne parlait de capitalisme (même le PCF semblait avoir enterré le mot avec la chute du mur de Berlin), il a créé la surprise en remettant le mot à l'ordre du jour en invoquant avec force Jaurès, Blum et les valeurs de la "vraie gauche". Ne l'avons-nous pas entendu fustiger les "patrons voyous", les "parachutes en or" et les "retraites chapeaux", et faire le procès en règle du "capitalisme sans scrupule" avec des accents dignes d'Arlette Laguiller ? "Je ne peux pas accepter de vivre dans une société où l'on explique à des salariés qu'il faut supprimer 10 000 emplois pour trouver de l'argent et dont le patron, responsable de cette situation, part avec un chèque de 8 millions d'euros !", s'écrit-il à Bercy au point culminant de la campagne (29 avril 2007).

Quelques jours avant le fameux épisode des vacances sur le yacht Bolloré, cela ne manque pas, rétrospectivement, de piquant, mais il est intéressant de relire ce discours à la lettre. Ce n'est pas n'importe quel capitalisme qu'attaque Nicolas Sarkozy : c'est le capitalisme sans scrupule. La question économique est donc traitée sous l'angle moral : "Ce n'est pas mes valeurs, ce n'est pas ma morale", ajoute-t-il d'ailleurs à la fin de la tirade précédente.

Il n'est pas certain que beaucoup de vrais libéraux se reconnaissent dans ces paroles. Il y a plus de deux siècles, Adam Smith expliquait déjà que si le boulanger vendait son pain à un prix qui n'écrasait pas la ménagère, ce n'était pas par bonté d'âme ou par générosité de cœur, mais parce que tel était son intérêt. Et il devait s'y connaître en matière de morale : avant d'écrire la Richesse des nations, texte fondateur du libéralisme économique, le personnage avait tenu la chaire de philosophie morale à l'université de Glasgow et écrit une Théorie des sentiments moraux qui l'a fait connaître comme philosophe dans l'Europe entière...

FINANCIERS IRRESPONSABLES ET COUPABLES

Elu président, Nicolas Sarkozy garde plus les habits du ministre de l'intérieur que ceux du ministre de l'économie. "Surveiller et punir", pourrait-on dire, en paraphrasant Michel Foucault. Il n'est certes pas le seul à n'avoir rien vu venir de la crise. Faute d'avoir pu surveiller, il reste donc à punir. Ou à en parler... Le discours peut ainsi se continuer dans sa logique déictique. Après avoir menacé les patrons voyous de foudres aussi hypothétiques qu'inapplicables, il peut désigner les nouveaux coupables (pointer du doigt n'est-il pas son geste favori ?) : les financiers irresponsables, dont il vantait il y a peu les vertus en matière de crédit hypothécaire. Irresponsables et coupables : devant l'ONU, en septembre dernier, Nicolas Sarkozy demandait désormais que "ceux qui mettent en danger l'argent des épargnants soient sanctionnés".

On ne sait trop quelle police et quels tribunaux pourraient régler le sort des puissances financières de la planète. Ce n'est pas dans le texte. Ces difficultés pratiques n'ont peut-être pas complètement échappé à l'intéressé, car, le 23 mars à Saint-Quentin, il nous explique finalement : "Dans une crise aussi profonde, aussi grave, chacun d'entre nous, quelle que soit la place qu'il occupe dans la société, a une responsabilité morale." Ce n'est plus la faute des patrons voyous, des spéculateurs sans scrupule. C'est la nôtre. Tous coupables, plus de coupables. L'astuce rhétorique est vieille comme le monde. Les chômeurs en fin de droit, les salariés qui perdent leur emploi par charrettes, et tous les meurtris de la crise apprécieront certainement.

Louis-Jean Calvet et Jean Véronis

Professeurs de linguistique et d'informatique à l'université d'Aix-Marseille, auteurs de l'ouvrage Les Mots de Nicolas Sarkozy (Seuil, 2007), ils avaient déjà décryptés pour Le Monde.fr le langage du chef de l'Etat, un an après son élection, en le comparant à ses propos de candidat.

Je sais pas vous, mais moi, cette politicaillerie au fond de veau me donne des noeuds dans l'estomac.

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Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

Un document reçu sur ma boite mail de la part de Moneyweek, plutôt très intéressant sur l&a crise actuelle.

Au menu :
Entrée : ça va mal
Plat principal : ça va aller encore plus mal (CDO/CDS)
Fromage : Combinaison inflation/déflation
Déssert : misez sur l'or pendant encore quelque temps.


Protégez votre capital contre l'explosion de la Nouvelle Bulle
Nous sommes au beau milieu de la pire crise financière de mémoire d'homme. Et nous sommes confrontés à un ralentissement mondial qui pourrait atteindre les proportions de la Grande dépression.

Jamais encore tant de richesse n'avait disparu en si peu de temps. Les pertes planétaires suite à la crise boursière dépassent désormais les 32 000 milliards de dollars.
C'est plus de deux fois le PIB des Etats-Unis.

En 2008, le CAC 40 a perdu 52%. On est à -33% pour le Dow Jones. -31,3% pour le FTSE à -31,3 %.

Toutes ces pertes sont vertigineuses – mais elles ne sont qu'un début. La majeure partie des dégâts reste à venir.

En effet, pour lutter contre cette crise, les autorités ont mis en place plan de relance après plan de relance... Les Etats-Unis, notamment, ont choisi d'émettre des obligations gouvernementales à tour de bras... gonflant une véritable bulle de dette publique qui les force à faire appel à des mesures telles qu'elles pourraient détruire le dollar -- et par conséquent le système financier mondial.

Nous sommes à un moment crucial. Les décisions que vous prenez maintenant affecteront le reste de votre vie. Au milieu de la tourmente actuelle, il existe un moyen sûr et simple de protéger votre épargne -- et, en fin de compte, votre mode de vie : comme vous le verrez dans notre rapport gratuit, cet investissement bien particulier vous permettra de mettre votre patrimoine à l'abri, mais aussi de sortir gagnant d'une crise qui réduira en fumée la richesse de millions d'investisseurs partout dans le monde.

Vous découvrirez pourquoi nous en sommes arrivés à la situation actuelle... quels nouveaux dangers menacent votre patrimoine... et comment vous positionner sur ce qui est selon nous le seul placement vous permettant de résister à la dépression qui s'installe.
Les booms ne peuvent pas durer éternellement.

Comme la mort, personne n'aime les corrections économiques. Mais elles permettent de se débarrasser des vieilles erreurs et du bois mort. De la sorte, elles sont à la fois utiles et essentielles.

Les booms ne peuvent pas durer éternellement... et ils ne le devraient pas.
Lorsque les gens empruntent trop d'argent, le jour finit par arriver où les choses changent et où ils doivent le rembourser.

Ou, pour dire les choses autrement, lorsque la fête devient trop folle pendant trop longtemps, inévitablement, les gens finissent en cure de désintoxication.
Durant cette période de désintoxication, les investisseurs et les ménages se remettent d'aplomb. Ils doivent se débarrasser des maisons, des projets, des entreprises et des spéculations qu'ils ne peuvent pas se permettre.

Le krach de cycle du crédit entre ensuite dans une "récession de bilan", comme le dit l'économiste Richard Koo – qui n'est pas une récession économique classique.
S'ensuit une phase durant laquelle les entreprises, les investisseurs et les ménages se rendent compte que s'ils ne réduisent pas leurs dépenses, ils pourraient faire faillite.
Les bilans doivent être régularisés. Les dettes doivent être remboursées. Et les dépenses réduites, de manière à ce que les revenus puissent y suffire.

Et il faut quelque chose reste pour rembourser la dette et construire l'épargne.
C'est difficile, car les revenus chutent aussi. Et parce que les dépenses d'une personne sont les revenus d'une autre.

L'homme qui économise un euro en ne prenant pas le taxi enlève au chauffeur un euro de revenu... il achète donc un euro d'essence... ou de vêtements... ou de bière... en moins.
C'est ce que les économistes appellent "le sophisme de composition" : l'idée fausse selon laquelle ce qui est bon pour une personne l'est forcément pour tout le monde.

Réduire ses dépenses est clairement bon pour l'individu. Mais cela fait à une économie ce que la visite d'un petit-fils reniflant fait à une arrière-grand-mère grabataire.
La vieille dame ne tarde pas à mourir.

Bien entendu, les autorités font tout ce qu'elles peuvent pour que cela n'arrive pas.
Tout comme les Japonais dans les années 90...
Nous sommes japonais aussi, maintenant...

Si vous pensez que la situation est grave en ce moment, pensez un peu aux pauvres Japonais.

Un investisseur japonais qui a acheté des actions en 1982, quand il avait 35 ans, a désormais 62 ans... et ses actions ne valent pas un centime de plus !
Non seulement ça, mais il a récemment appris que l'économie japonaise était à nouveau en récession.

Durant son propre ralentissement post-bulle immobilière, le Japon a accumulé des déficits se montant à 6% du PIB. Sa banque centrale a mis les taux d'intérêt à près de zéro et les y a laissés pendant des années.
Ca vous rappelle quelque chose ?

Malgré tout, les investisseurs japonais sont environ 15 000 milliards de dollars plus pauvres qu'ils l'étaient il y a 18 ans.

Le président Obama va suivre l'exemple de Hata, Obuchi, Mori et Murayama. Il promet d'utiliser de l'argent sain pour rattraper l'argent pourri – de l'argent des contribuables, bien entendu – pour "réparer l'économie". Et tous les gouvernements de la planète lui emboîtent le pas.

Ben Bernanke de même. Il baisse le taux directeur des USA... tout comme l'avait fait la Bank of Japan.

Il adopte désormais aussi une politique d'"assouplissement quantitatif" à la japonaise.
C'est un terme officiel qui recouvre le fait d'inonder le système d'un excès de liquidités. C'est le dernier effort pour regonfler le crédit après que les banques centrales ont mis leurs taux près du zéro et se retrouvent à court d'options pour "stimuler" l'économie.

Mais il y a une différence cruciale entre le Japon et les Etats-Unis : le Japon avait une économie plus saine avec une balance commerciale positive et une épargne gigantesque.
Le gouvernement américain pourrait consacrer 6% de son PIB à essayer de remplacer les dépenses privées par des dépenses gouvernementales.

Les Japonais ont épargné 19% du PIB. Le gouvernement pouvait donc simplement emprunter à ses propres citoyens – comme l'ont fait les Etats-Unis pour financer la Seconde guerre mondiale.

Mais les Etats-Unis ne peuvent pas financer de gigantesques déficits internes.
Ils n'ont pas assez d'argent : les Américains n'épargnent pas...
Tout l'argent que le gouvernement obtiendra des Américains devra provenir des dépenses privées actuelles ou bien d'autres investissements. Bien évidemment, cela ne servira pas à grand'chose, puisqu'il n'y a pas d'augmentation nette de la dépense ou de l'investissement.

Pas plus que le gouvernement américain ne peut s'attendre à importer des financements illimités provenant de sources étrangères. Le reste du monde épargne – mais ces pays ont besoin de leur argent pour secourir leurs propres économies.
Non seulement le Japon avait un "coussin" d'épargne qui lui a permis de surmonter la correction relativement confortablement, mais il n'avait pas de raisons d'agir autrement.
Avec de l'argent en banque, les Japonais n'ont jamais été vraiment menacés par un effondrement économique global. L'argent qu'ils devaient, ils se le devaient à eux-mêmes.
Les Etats-Unis n'ont pas ce confort.

Les secours post-1929 n'ont pas fonctionné non plus
L'Oncle Sam n'a guère mieux réussi à "réparer" la Grande dépression.

Pourquoi ?

C'est simple, en fait : les présidents Hoover et Roosevelt n'avaient pas confiance dans les marchés.
En ce sens, ils n'étaient pas très différents des présidents Bush et Obama.
Tout comme leurs successeurs du 21ème siècle, Hoover et Roosevelt ont agi comme si la gestion de l'économie par le gouvernement était la seule solution aux problèmes économiques du pays.

Mais le vrai problème était, et est encore, l'intervention gouvernementale.
L'introduction de barrières tarifaires douanières par Hoover, en vertu de la loi Smoot-Hawley, est un exemple évident.
Plutôt que d'aider à protéger l'économie américaine blessée, comme l'espérait Hoover, cela a divisé par deux les importations et exportations américaines, et cette opération est largement reconnue comme ayant été un catalyseur de la Grande dépression.
Bush, Paulson, Bernanke et Obama pensent vraiment que le meilleur moyen de calmer la crise actuelle est de jeter par pleines poignées l'argent des contribuables aux banques, aux sociétés de cartes de crédit, aux constructeurs automobiles, et à quiconque aurait des lobbyistes assez riches pour venir frapper aux portes du département du Trésor US.
Mais tout le monde passe à côté d'un point fondamental.

Comme le dit Shlaes :
"La grande question, concernant la dépression américaine, n'est pas de savoir si l'Allemagne et le Japon y ont mis fin. C'est de savoir pourquoi la Dépression a duré jusqu'à la guerre. De 1929 à 1940, de Hoover à Roosevelt, les interventions gouvernementales ont aidé à faire de la dépression une Grande dépression".
L'économiste de l'école autrichienne et père du libertarianisme moderne Murray Rothbard, a passé en revue l'historique de l'équipe de secours post-1929 et en est arrivé à la conclusion suivante :
"Les administrations Hoover et Roosevelt ont relevé le défi de la Grande dépression en agissant rapidement et de manière décisive, presque continuellement, même... mettant en effet le plus grand programme d'attaque et de défense contre la dépression jamais tenté aux Etats-Unis, [en utilisant] tous les outils, tous les mécanismes d'économie progressive et éclairée, toutes les facettes de la planification gouvernementale pour lutter contre la dépression".

"Pourtant, la dépression n'a pas disparu. Elle s'est intensifiée. Les augmentations de salaires réels et la hausse des dépenses gouvernementales ont étouffé une reprise attendue en 1931."

"La culpabilité de la Grande dépression doit être, enfin, ôtée des épaules de l'économie de libre-échange et placée là où elle appartient vraiment : devant les politiciens, les bureaucrates et la masse des économistes 'éclairés'. Et dans toute autre dépression, passée ou à venir, ce sera la même histoire".
Un sauvetage titanesque

Pourtant, à l'annonce du plan de sauvetage de 700 milliards de dollars mis en place par le gouvernement américain, les places boursières du monde entier ont poussé un soupir de soulagement... qui a toutefois été bref.
Ce n'est rien d'inhabituel.

Comme je l'ai déjà souligné, après le krach d'octobre 1929, les actions ont rebondi jusqu'en avril. Puis elles ont recommencé à dégringoler et ne se sont pas entièrement remises avant les années 50 – plus de 20 années plus tard.
Les investisseurs peuvent toujours trouver des raisons d'être optimistes... lorsqu'ils sont d'humeur. Après tant d'année de hausse des prix, l'élan du marché haussier les maintient plein d'espoir...
C'est comme si les passagers du Titanic avaient vu, à distance, ce qui ressemblait à une flotte de bateaux de sauvetage à l'horizon.

Ils ont jeté leurs chapeaux en l'air. Ils ont jeté leurs bouées de sauvetage. Les investisseurs ont crié Alléluia et braillé youpi. L'orchestre a arrêté de jouer Plus près de toi mon Dieu pour se lancer dans une version imbibée de Tout va très bien Madame la Marquise.
Quelques jours plus tard, les bateaux de sauvetage se sont rapprochés... et les passagers sont restés bouche bée lorsqu'ils ont réalisé que c'était simplement d'autres icebergs ! Les actions ont à nouveau chuté.

A 8 000 milliards de dollars environ, la crise du crédit est déjà l'opération la plus chère de l'histoire américaine. C'est plus que ce que le pays a dépensé pour lutter contre Hitler et ses alliés durant la Deuxième guerre mondiale.
Et les banques ne prêtent toujours pas !

Washington ne comprend tout simplement rien.

Comme le dit Rothbard :
"La dépression est le processus de 'reprise', et la fin de la dépression annonce le retour à la normale et à l'efficacité optimum".
"Par conséquent la dépression, loin d'être un fléau maléfique, est le retour nécessaire et bénéfique de l'économie à la normale après les distorsions imposées par le boom. Le boom nécessite donc un 'krach'."

Mais après avoir coulé le Titanic de Wall Street et les canots des propriétaires en distribuant trop de crédit facile, nos chevaliers des temps modernes sont arrivés sur les lieux avec des bouées de plomb : encore plus de crédit facile.

Protégez vos investissements contre les folies et les aberrations boursières et économiques: retrouvez des stratégies financières saines et solides dans tous les numéros de MoneyWeek
Le dollar est devenu une devise basée sur la confiance
Cette fois-ci, les marchés ne corrigent pas uniquement des excès spéculatifs, comme c'était le cas durant la panique de 1907 ou le krach de 1987.
Pas plus qu'il ne s'agit simplement d'un marché baissier comme celui qui a suivi le grand sommet haussier de 1966.

Ce serait déjà assez mauvais. Le marché baisser post-1966 a duré 16 ans et a mené le Dow à un niveau qu'il n'avait pas vu, en termes de ratio cours/bénéfices, depuis les années 30.
Si cela devait se produire aujourd'hui, on pourrait s'attendre à voir les prix baisser durant encore sept ans – c'est-à-dire jusqu'en 2016. On pourrait également s'attendre à voir le Dow passer sous les 5 000 points, et le CAC 40 sous les 2 400 points.
Mais non. Ce n'est pas la seule chose dont vous devriez vous inquiéter.
Il y a aussi le petit événement qui s'est produit au milieu de ce marché baissier – le dimanche 15 août 1971.

Vous vous en souvenez ? Nous oui.
L'administration Nixon était le dos au mur.
Les taux d'inflation augmentaient alors que le gouvernement dépensait de plus en plus. Ils ne tardèrent pas à dépasser les 10% par an.
A ce taux, les obligations – y compris les obligations du Trésor US – étaient balayées. Les T-Bonds avaient un coupon de seulement 5% ou 6%.
Avec une inflation à 10%, leur propriétaire perdait de l'argent.
Résultat, les investisseurs se débarrassèrent des obligations US, qui ne tardèrent pas à gagner le surnom de "certificats de confiscation garantie".
Les étrangers ne restèrent pas sourds à cette leçon.
Chaque fois qu'un Américain achetait quelque chose à l'étranger, les dollars terminaient entre des mains étrangères.

Est-ce que cela vous rappelle quelque chose ?
Ce devrait être le cas. Environ deux milliards de dollars quittent actuellement les Etats-Unis chaque jour.

Bien entendu, la quantité était bien moindre à l'époque. Mais le principe était le même.
Lorsque le président Charles de Gaulle a vu ce qui était en train de se passer, il a ordonné à ses ministres de se rendre à Washington et d'échanger leurs dollars contre de l'or au taux fixé par le Trésor US : 35 $ l'once.

L'administration Nixon était consternée. Les Français ponctionnaient l'or américain. Et derrière eux se tenait toute une file de puissance étrangères. Si cela continuait, l'Oncle Sam ne tarderait pas à se retrouver à court d'or.

Plutôt que d'adopter une conduite honorable, Nixon renia les promesses solennelles faites six générations auparavant. Il refusa d'échanger de l'or contre des dollars au taux promis.
Depuis 1971, il est impossible d'échanger des dollars contre de l'or à un taux fixe.
Le dollar est devenu une devise "basée sur la confiance".
Il fluctue selon les sentiments des investisseurs, comme tout le reste du marché. Il achète ce que les gens sont prêts à vous en donner. Y compris de l'or.

Nous ajoutons une petite note évidente. La différence entre les dollars et la majeure partie des autres actifs, c'est que la production de dollars est incroyablement peu chère.
En fait, la marge de profits sur un billet de 100 $ pourrait être la plus élevée au monde.
Comme le déclare Ben Bernanke, le gouvernement peut produire des dollars "à un coût négligeable".

Il y a là bien entendu une tentation gigantesque. Si on peut produire de l'argent sans aucun frais, pourquoi ne pas en produire plus ?

Et voilà où notre histoire prend un tournant intéressant...
Parce qu'aujourd'hui, tout comme ils pensaient que l'inflation serait toujours un problème durant les années 70, les investisseurs en sont venus à croire dans les années 2000 qu'elle serait toujours sous contrôle.

Les gens ont plus peur des pellicules que de l'inflation.
Ils pourraient avoir raison. Mais pas pour longtemps...
Une montagne de dettes

Selon Bloomberg, le gouvernement US a déjà engagé plus de 7 700 milliards de dollars, de la part des contribuables américains, pour "réparer" l'économie – soit la moitié de tout ce qui a été produit dans le pays en une année.

Combien finiront par coûter tous ces sauvetages, c'est un mystère pour l'instant.
Mais Bloomberg nous fournit un détail utile de l'aubaine des renflouements jusqu'à présent : 4 750 milliards de dollars par la Réserve fédérale 1 550 milliards par la Federal Deposit Insurance Corp. 947 milliards par le département du Trésor 300 milliards par la Federal Housing Administration Jusqu'à 200 milliards pour soutenir Fannie Mae et Freddie Mac n'ont été alloués à aucune agence

D'où provient tout cet argent ?

Certainement pas de l'épargne comme durant la décennie perdue du Japon. Les Etats-Unis ont actuellement un déficit de compte courant gigantesque de près de deux milliards de dollars par jour ! Et ils ont récemment annoncé un nouveau déficit budgétaire record de 455 milliards de dollars.

La dette nationale US vient de passer les 10 000 milliards de dollars.
La dette US se nourrit désormais d'elle-même. Elle augmente même si les autorités n'augmentent pas leurs dépenses. C'est à cause des intérêts, qui sont devenus si élevés – environ un milliard de dollars par jour – que le gouvernement doit désormais emprunter pour payer les intérêts.

Pendant ce temps, la dette nationale "non-officielle" dépasse les 50 000 milliards de dollars. Et elle augmente très rapidement.
Ce n'est pas terminé.
Le véritable déficit américain, en 2009, devrait être plus proche des 2 000 milliards de dollars que des 1 000 milliards.

Telle est l'estimation publiée par le principal économiste de Morgan Stanley, qui ne fait que supposer que les choses ne se passeront pas comme prévu.
Un déficit de 2 000 milliards de dollars, c'est 12% du PIB américain.
Où le gouvernement obtiendra-t-il tout cet argent ?

Pas de ses citoyens. Ils sont purement et simplement ruinés. Et pas d'Europe non plus. L'Allemagne, l'Italie et la France ont encore de l'épargne – environ 10% de leur PIB – mais ils ont besoin du moindre centime pour couvrir leurs propres déficits.
Même l'intégralité des dollars détenus dans les réserves chinoises ne financerait que la moitié environ du déficit US.
Et qu'en est-il des exportateurs d'énergie comme la Russie, le Golfe persique et le Venezuela ? Oubliez ça.

Au plus haut de la bulle pétrolière, les imports nets de capitaux dans leurs fonds souverains atteignaient environ 2 000 milliards de dollars par jour. A ce rythme, l'équivalent d'une année entière ne suffirait pas à couvrir le déficit US anticipé pendant quatre mois.
Et même s'il était possible d'emprunter le genre de somme dont les Etats-Unis ont besoin pour rembourser leur dette, cela ferait naître de sérieux problèmes.
C'est précisément ce problème que le gouvernement a eu – et ignoré – en 1929 et en 1990. Dans les deux cas, les dépenses gouvernementales ont grimpé tandis que les dépenses privées ont chuté.

C'est tout à fait sensé. Une économie a des ressources limitées. Soit les gens les utilisent pour leurs propres buts, soit le gouvernement les réquisitionne.
Lorsque le gouvernement s'en empare, il les prend de quelque part. Cela se produit par les impôts ou l'emprunt.

Le gâteau de l'épargne a des limites. Prenez-en une tranche, et il en reste moins.
Prenez cette tranche et utilisez-la pour financer plus de béton, payer plus de professeurs ou étayer plus de banques mortes-vivantes, et vous avez une situation où tout le monde perd. Les ressources disparaissent, et vous n'avez rien en échange.
En bref, les gens deviennent plus pauvres lorsque le gouvernement essaie de "secourir" l'économie avec de l'argent emprunté.

Au lieu de subir l'inflation comme tout le monde... protégez-vous! Les experts de MoneyWeek vous révèlent les meilleurs investissements, stratégies et astuces pour préserver votre épargne de ce danger imminent

Les taux d'intérêt vont grimper

Mais il reste encore un problème.
Emprunter de l'argent à une telle échelle a de sérieuses conséquences pour les marchés de la dette.

Si les prêteurs veulent encore prêter (et en sont encore capable), ce qui n'est pas garanti, ils voudront des taux d'intérêt plus élevés.
Les taux d'intérêt répondent aux lois de l'offre et de la demande comme tout le reste. Augmentez la demande de prêts et leur prix – les taux d'intérêt – ne peuvent que grimper.
Mais les taux plus élevés ne font que ralentir l'économie. C'est exactement ce que le gouvernement essaie d'éviter.
En ce sens, emprunter n'est pas du tout inflationniste. C'est déflationniste. Cela n'augmente pas la masse monétaire, juste son coût.
Mais ne vous inquiétez pas, cher lecteur. Les Etats-Unis d'Amérique ne vont pas vraiment emprunter des milliers de milliards de dollars supplémentaires pour empêcher la correction.
Ils ne vont pas le faire parce qu'ils n'en ont pas besoin.
"Nous avons une petite technologie appelée la planche à billets", a un jour déclaré Ben Bernanke...

Le chemin du désastre

En fin de compte, la logique implacable de l'argent de la planche à billets aura le dessus sur les dirigeants financiers.
Tout comme Roosevelt dans les années 30, ils pensent devoir dépenser des milliers de milliards de dollars pour "sauver" l'économie.
Mais ce dont l'économie a besoin, c'est de nouvel argent qui ne soit pas pris autre part. Il lui faut plus de pouvoir de dépenses, pas simplement un pouvoir de dépense qui a été passé d'une main à une autre.
Aucun gouvernement n'a pu résister à la tentation d'imprimer plus d'argent – pas durant plus de quelques décennies.

Grâce à Paul Volker, les Etats-Unis se sont exceptionnellement bien débrouillés. Le gouvernement n'a pas soutenu le dollar avec de l'or depuis 1971... et la devise fiduciaire vaut encore quelque chose.

Mais à mesure que cette crise financière mondiale s'aggrave, la capacité des créditeurs étrangers à financer les programmes de nationalisation américaines sera grandement réduite.

Début novembre, la Chine a annoncé son propre plan de relance économique. La dictature communiste en place veut dépenser 586 milliards de dollars sur divers projets de travaux publics à la japonaise.

La Chine détient environ 1 000 milliards de dollars de titres américains. Cela comprend 541 milliards de dollars de bons du Trésor US, et 200 milliards supplémentaires de "titres d'agence" – des titres émis par des agences américaines comme Fannie Mae, Freddie Mac ou les Federal Home Loan Banks

Si la Chine décide de vendre ces titres, alors que le gouvernement américain est déjà censé émettre de grandes quantités de dette pour financer ses propres mesures de relance économique, les Etats-Unis vont se retrouver dans des problèmes sans fond.

Pourquoi ?

Parce que cela augmenterait plus encore les coûts de l'emprunt, comme les taux hypothécaires, qui sont liés aux rendements hypothécaires.
L'effet pourrait être cataclysmique. Une hausse des taux déclencherait plus de défauts de paiement hypothécaires, plus de pertes bancaires, plus de chutes des cours et plus de chômage.

Tel est le scénario cauchemardesque qui empêche John Whitehead de dormir.
Whitehead, désormais âgé de 86 ans, est un ancien président de Goldman Sachs et secrétaire d'Etat adjoint sous Ronald Reagan.

Comme nous, Whitehead pense que l'économie américaine se trouve confrontée à une crise pire que la Grande dépression. Il pense également que le déficit croissant menace le crédit des Etats-Unis eux-mêmes.

Dans un récent entretien avec Reuters, Whitehead a dit : "je ne vois rien d'autre que de vastes augmentations du déficit, qui servent toutes à diminuer le statut de crédit de l'Amérique".

"Avant de m'endormir, je me demande si demain est le jour où Moody's et S&P annonceront une rétrogradation des obligations gouvernementales américaines. En fin de compte les obligations gouvernementales US ne seront plus de grade Triple-A comme elles l'ont toujours été".

Ne vous y trompez pas : la faillite du gouvernement américain est tout à fait du domaine du possible.
Le gouvernement américain joue un jeu de roulette russe qu'il ne peut pas se permettre de perdre.

Il y a déjà une crise de financement. Et le pays devra vendre bien plus d'obligations l'an prochain pour financer les plans de renflouement qui ont déjà été approuvés.
Mais un argument fort nous fait croire que, tôt ou tard, les autorités auront recours à la presse à imprimer plutôt qu'aux étrangers pour financer ses coûts de renflouements en croissance galopante.

Ce genre de crise ne peut qu'empirer
Au début, les principales victimes de la crise ont été les investisseurs et les institutions de Wall Street.

Mais à mesure qu'elle se développait, l'écroulement du secteur financier a fini par se propager à l'économie dans son ensemble, qu'il a atteinte de plein fouet.
Aujourd'hui, les entreprises et les consommateurs se serrent la ceinture – ils la resserrent même de plusieurs crans.

Comme notre ami Doug Casey le disait récemment, "ce genre de crise ne peut qu'empirer. Au départ, seuls les banquiers paniquaient. Ensuite, les investisseurs ont suivi. Maintenant, c'est au tour des hommes d'affaire. Et bientôt, ce seront les consommateurs".
(Doug s'y connait en matière de crises financières. En 1979, il a écrit un livre à leur sujet, Crisis Investing. C'est le livre financier qui s'est le mieux vendu dans l'histoire de l'édition. Il est resté au sommet de la liste des meilleures ventes du New York Times pendant 12 semaines.)

A mesure que le chômage augmente, le citoyen moyen aura de plus en plus de mal à payer ses factures.

Et le moins qu'on puisse dire, ces derniers temps, c'est que le chômage grimpe !
Selon David Leonhardt, du New York Times, "le pourcentage d'hommes adultes ayant un emploi – qui chute progressivement depuis quelques décennies – a maintenant atteint son niveau le plus bas depuis que le département du Travail US a commencé à enregistrer les taux en 1948".

Et les travailleurs en col bleu ne sont pas les seuls à se faire virer. Un nombre record de gros investisseurs de Wall Street est aussi frappé de plein fouet.
Les grandes banques ont déjà licencié près de 150 000 travailleurs. Et il semblerait qu'elles aient l'intention d'en licencier au moins 15% de plus.
Goldman Sachs a récemment mis à la porte 3 200 de ses employés, soit environ 10% de ses effectifs.

Citigroup, la dernière banque à avoir demandé l'aumône à Washington, a annoncé dernièrement qu'elle avait l'intention de licencier plus de dix fois ce chiffre – 52 000 employés – en 2009.

En France, on compte 217 000 chômeurs de plus sur l'ensemble de l'année 2008 -- dont 45 000 rien que sur le mois de décembre. Cela représente une hausse de 11,4% sur un an... la plus forte depuis la crise de 1993.
Presque tous les économistes de la planète s'accordent à dire que la situation sur le marché de l'emploi ne fera qu'empirer.
Selon Leonhardt, tout cela devrait nous mener à la pire récession que nous ayons connue depuis le début des années 1980

Mais il y a quelque chose qu'on oublie... comme toujours...
Selon Henry Blodget, ancien analyste d'Oppenheimer, la récession du début des années 1980 était arrivée à la suite d'une augmentation des taux de près de 20% décidée par le président de la Fed, Paul Volcker.

On peut raisonnablement s'attendre à ce que, dans ces circonstances, le taux de chômage augmente.

Mais le tsunami actuel de destruction d'emplois arrive alors que la Fed, ainsi que les banques centrales du monde entier, font exactement l'inverse.
La Fed est tellement désireuse de relancer l'économie qu'elle met en fait les taux d'intérêt au plancher !

La comparaison avec les années 1980 semble par conséquent d'un optimisme qui frôle le ridicule.

Ce qui nous ramène au cercle vicieux qui est au coeur de cette crise...
Dès la fin du premier trimestre 2008, près de 2,5% de toutes les hypothèques américaines étaient saisies. Et les nouvelles se faisaient de plus en plus inquiétantes.
Entre juillet et septembre 2008, 18% de toutes les propriétés hypothéquées étaient "à l'envers" : elles valaient moins sur le marché que ce que le propriétaire devait pour rembourser son prêt.

Ces 18% représentent plus de 7,5 millions de maisons. Et 2,1 millions d'hypothèques supplémentaires étaient à 5% de passer "à l'envers".
Dans l'ensemble, près d'un quart (23%) des prêts américains étaient "à l'envers" ou au seuil de la negative equity.

Et les prix de l'immobilier continuent de chuter. S'ils diminuent encore de 20%, le nombre de propriétaire "à l'envers" pourrait atteindre le tiers.
Imaginons maintenant que le taux de chômage continue d'augmenter. Et imaginez ces 30 millions de chômeurs environ – avec leurs prêts immobiliers, leurs cartes de crédit, leurs prêts hypothécaires, leurs prêts étudiants...
Ceci n'est pas une crise... c'est un effondrement
Une dernière chose...

Essayez maintenant d'imaginer le visage de l'économie au cours des années difficiles qui sont à venir.

Imaginez l'immobilier en baisse de 20% supplémentaires. Imaginez le CAC 40 à la moitié de son niveau actuel. Imaginez un travailleur sur dix sans emploi.
Imaginez huit années supplémentaires de valeurs boursières en baisse... et deux ou trois ans de plus de baisse des prix de l'immobilier... et de plus en plus de plans de renflouage gouvernementaux.

Imaginez les consommateurs devenir de plus en plus économes... des cartes de crédits à la poubelle... les centres commerciaux de tout le pays plongés dans le silence... et plus de faillites encore.

Maintenant, imaginez le président... ou notre ministre des Finances... ou la Fed de Bernanke qui dirait "non" lorsqu'on leur demande plus d'argent. "Non" à de nouveaux plans de sauvetages, "non" à plus de remises, et "non" à plus de dépenses.
Imaginez un Paul Volcker arrivant à la Fed et disant : "Fini les crédits ! Nous allons protéger le dollar et l'intégrité financière du gouvernement des Etats-Unis".
Vous y arrivez ? Nous pas.

Nous faisons confiance à Bernanke lorsqu'il dit qu'il préfèrerait "larguer de l'argent par hélicoptère" plutôt que de voir sombrer les Etats-Unis comme le Japon.
En réalité, même si nous n'avons pas entendu parler d'hélicoptères volant au dessus de Wall Street, le fait que Bernanke ait adopté "l'assouplissement quantitatif" à la japonaise revient au même – jeter des quantités illimitées d'argent à la tête du problème.
Et c'est là qu'on passe de la correction de la plus grande bulle de l'Histoire à la correction de l'ensemble du système monétaire post-1971.

Voilà ce que Ludwig Von Mises, économiste de l'école autrichienne, avait à dire au sujet de la situation désespérée à laquelle les Etats-Unis doivent maintenant faire face.
"Il est impossible d'éviter l'effondrement final d'un boom crée par l'expansion du crédit. On ne peut choisir qu'entre une crise précoce, qui résulterait de l'abandon volontaire d'une expansion supplémentaire du crédit, ou une crise plus tardive, avec pour conséquence une catastrophe totale et définitive pour le système monétaire concerné".
Cela n'était pas qu'une observation d'universitaire. Ludwig von Mises avait été aux premières loges de l'effondrement économique et social causé par l'hyperinflation en Allemagne et en Europe centrale dans les années qui suivirent la Première guerre mondiale.
A présent, des conditions similaires menacent les Etats-Unis.
On assiste aujourd'hui à une reprise du dollar. Mais ce n'est qu'une illusion.
Dans une interview au Financial Times donnée récemment, le célèbre investisseur Jim Rogers disait que la reprise du dollar était due à une utilisation massive de la vente à découvert comme technique de couverture et à un recours sans précédent aux liquidités – et non à une quelconque vigueur sous-jacente du billet vert.

Peter Schiff, président d'Euro Pacific Capital, est d'accord. Schiff prédit cette crise avec précision depuis le milieu de l'année 2006. Et nous pensons qu'il a également raison au sujet du dollar.

Récemment sur CNBC, Schiff déclarait : "le dollar rebondit pour les mêmes raisons que celles qui ont motivé les précédents rebonds de l'immobilier ou des dot.coms – et ça n'a rien à voir avec les fondamentaux".
Il a également prévu qu'une "catastrophe totale" pour le système monétaire américain approchait à grands pas.

En réalité, selon Schiff, le credit crunch n'est pas du tout le problème.
Le problème, c'est un gouvernement beaucoup, beaucoup plus important sous le président Obama. Ce sont les milliers de milliards de dollars empruntés par les Etats-Unis et qui ne peuvent pas être remboursés. C'est le trou béant dans les programmes de retraite, qui laissera des millions de baby-boomers sans filet de sécurité. C'est le fait que tous les plans de relance et de renflouement qui ont été décidé jusqu'à maintenant aggravent le problème de fond, et nous préparent un désastre plus important encore.

Le problème n'est pas que les gens iront à la banque et ne pourront plus retirer d'argent ; c'est que les gens qui iront à la banque pourront retirer de l'argent, mais ne pourront rien acheter avec.

Vous êtes prévenus. Contrairement aux habitants de Pompéi, qui ont connu un destin tragique, vous n'êtres pas obligés d'attendre qu'une éruption ravage votre monde avant de tenter de vous échapper.
Il est temps d'agir.

Prenez dès maintenant les bonnes décisions pour votre argent et votre patrimoine! MoneyWeek vous aide à préparer votre avenir financier quoi que nous réservent les marchés: rendez-vous dans le prochain numéro... Un seul rempart contre l'éclatement de la bulle obligataire: l'or Par Simone Wapler (*)

Nous allons assister à une poursuite de la déflation des actifs financiers et immobiliers, une reprise de l'inflation, une montée du chômage.
Poursuite de la déflation

Les marchés actions n'ont pas encore atteint leur point bas. A mon sens, le point bas sera très proche de celui de 2003. Ceci signifie un CAC 40 entre 2 500 et 3 000 points.
Mon analyse reste inchangée : la bulle de l'éclatement des nouvelles technologies n'a pas été correctement purgée. Le processus de déflation a été interrompu par l'abaissement des taux de crédit entre 2000 et 2004.

Ce crédit à bas coût a été employé pour gonfler une autre bulle, celle de l'immobilier américain et de la consommation sans richesse. La bulle immobilière du crédit hypothécaire n'est toutefois que la partie émergée de l'iceberg du papier imprimé. La partie immergée concerne les CDS ou crédit default swap. Pour faire simple, il s'agit de subprime appliqué aux entreprises. L'en cours de cette bulle s'élève, selon la Banque des règlements internationaux (BRI) à 60 000 milliards de dollars. Avec la détérioration de la situation économique, des emprunteurs industriels pourraient devenir insolvables. La facture des banques risque de
s'alourdir encore. Pour le moment, nous n'en sommes qu'au début de la montée des défaillances de ces emprunteurs industriels.

La situation des CDS ressemble à celle des subprime à la mi-2007. Sauf que les sommes en jeu sont bien plus importantes. La déflation va aussi toucher les biens immobiliers. La multiplication des défaillances des entreprises va se traduire par du chômage. L'immobilier résidentiel, tout comme l'immobilier commercial ou professionnel, auront du mal à trouver preneur en récession.

Reprise de l'inflation

Je sais, cela peut paraître contradictoire d'avoir inflation et déflation. Ce n'est pas dans les livres d'économie. Et pourtant, c'est ce qui va nous arriver. En effet, la monnaie fiduciaire et digitale n'est que peu évoquée.

La monnaie est fiduciaire car elle n'est ancrée à aucun actif tangible. La monnaie est digitale car elle se présente principalement sous forme de 0 et 1 stockés dans des ordinateurs. Dans un monde idéal cette monnaie devrait être émise proportionnellement à la richesse créée. Son volume devrait refléter fidèlement l'évolution du PIB, la somme des biens et services produits.

Ces dernières années, il n'en a rien été. Baisse des taux directeurs, endettement des États dits riches, politiques de relance par la consommation... Tout ceci a conduit à une émission monétaire sans précédent historique dans l'Histoire.

Les Etats-Unis ne peuvent pas faire faillite, pas officiellement. Pourquoi ? Parce que toutes les banques centrales du monde détiennent des dollars et des bons du Trésor comme réserve monétaire. Que vont-ils faire ? Emettre de la monnaie, ce qui revient à une dévaluation pour pouvoir payer leurs dettes en monnaie de singe.

Mais que ce soit monnaie rognée, papier imprimé à partir de rien ou ligne de crédit apparaissant sur un ordinateur, ceux qui échangent des biens tangibles entendent en avoir pour leur argent. Quand ils constatent que la monnaie est abondante ils augmentent leurs prix. Ils ne sont pas dupes.

Prenons l'exemple du pétrole. Il est actuellement un peu au-dessous de 90 $ le baril. C'est son niveau du début de l'année 2008. Une bonne déflation par rapport à son point haut. Mais ce retour au début de 2008 est trompeur. Car la parité eurodollar de l'époque était de 1,48. Elle est aujourd'hui de 1,37. Le pétrole est en fait aussi cher qu'au début de 2008. Dès que le dollar va repartir à la baisse, le pétrole corrigera. Le pétrole à lui tout seul suffirait à propager de l'inflation.

Mais ce n'est pas tout. Même durant la crise de 1929, la Grande Dépression, les matières premières ont surperformé les actions. Les nécessités de la vie -- se nourrir, se vêtir, se chauffer -- ont toujours cours, mais les investissements s'assèchent. Après une période de flottement, d'hésitation, les matières premières repartent à la hausse. C'est ce qui s'est produit en 1933.

Aux nécessités de la vie s'est ajouté un plan de relance américain par grands travaux de génie civil. Ce type de plan est également gourmand en matières premières. Notre production est largement automatisée et mécanisée. La part de main-d'oeuvre a considérablement diminué et la part des matières premières et capitaux d'investissement a augmenté. Le chômage -- qui induira une baisse du coût de la main-d'oeuvre -- n'amortira pas le choc.
Enfin, nous (les pays riches) n'avons plus les moyens d'une politique de relance économique par de grands travaux. Nos gouvernements sont trop endettés. Mais les pays émergents, forts de leurs montagnes de cash, ont les moyens d'une telle politique. Le new deal de la Deuxième Grande Dépression sera sans doute chinois.
Deux facteurs vont faire augmenter les prix des matières premières:
- Relance par grands travaux de génie civil dans les pays émergents,
- Répercussion par les producteurs de matières premières sur leurs prix de l'inflation
monétaire.
Que faire ? Se concentrer sur l'or et seulement l'or, guetter les signes de redémarrage dans l'énergie et l'activité minière.

Se concentrer sur l'or

La finance a perdu tous ses repères, elle n'est plus crédible. Le retour vers l'or se manifeste partout dans le monde. Les émetteurs de certificats or cotés en continu, les bullions, n'ont jamais connu un tel afflux. Les boutiquiers se frottent les mains. Les vendeurs de coffres-forts également. L'or monte, mais doucement.
L'Europe est la plus timide dans cette démarche. La folie spéculative n'est pas encore d'actualité, même si les signes de retour en grâce de la relique barbare se multiplient. Les médias généralistes commencent à en parler.
Comme déjà dit, l'or est le SEUL actif qui ait progressé depuis un an (avec le pétrole si on corrige le cours de la parité eurodollar). Je maintiens mon objectif final de 2 300 $ (1 500 euros) pour l'once d'or.

Emission monétaire et baisse concertée des taux de la part des banques centrales sont favorables à l'or Le dollar va retrouver son parcours baissier. Les 700 milliards de dollars du plan Paulson ne sont que du papier. La baisse du dollar est favorable à l'or.
L'or est l'antidote des monnaies fiduciaires
Cette année sera-t-elle celle de l'explosion finale du chien de garde qu'est l'or et du retour à la raison monétaire ? Difficile à dire...

La bulle des monnaies fiduciaires pourrait aussi bien éclater en 2010 ou en 2011. Mais une chose est certaine, plus une bulle dure longtemps, plus son explosion est dévastatrice.
Une bulle obligataire s'est formée

Plus la bulle des monnaies fiduciaires gonflera, plus le niveau final de l'or sera élevé. En cas de retour à la raison en 2009, je m'attends à un point culminant d'environ 2 500 $ et 1 800 euros.

Il est très difficile de prévoir quand exactement les marchés prendront conscience de la folie dans laquelle ils sont plongés, mais les nuages s'amoncèlent autour des obligations d'Etat. La dernière émission du pays européen le plus solide, l'Allemagne, a eu beaucoup de mal à trouver preneur.

La signature des Etats est régulièrement notée par les agences. Celle du Portugal vient d'être dégradée comme celles de l'Espagne, de la Grèce, de l'Irlande et de l'Italie. La signature de l'Etat devenant moins solide, il est contraint, pour emprunter à nouveau, d'émettre de nouvelles obligations avec un rendement supérieur. Résultat : les anciennes obligations sont immédiatement dévalorisées.

Une bulle obligataire s'est formée aux Etats-Unis à la fin de l'année 2008. Les investisseurs ont reflué en masse vers les bons du Trésor libellés en dollars. Le dollar, malgré tous ses défauts, présente l'immense avantage d'être liquide. En outre, c'est la monnaie d'échange de toutes les matières premières. Les investisseurs acceptent, pour le moment, de stocker de l'argent en dollar moyennant une non-rémunération puisque les taux courts sont à zéro. Pour le moment tout va bien.

La vertu budgétaire ne règne pas outre-Atlantique
Que se passerait-il si le dollar se dégradait pour cause de nouvelle dégradation du climat économique. Cela équivaudrait à une dégradation de la note américaine. Or, les Etats-Unis, qui ont déjà émis une montagne de dollars de bons du Trésor, s'apprêtent à continuer.
La première économie du monde pourrait bien être contrainte de relever ses taux pour trouver d'obligeants prêteurs (mon regard se tourne vers la Chine) ; les obligations déjà émises à un taux inférieur seraient bradées.

Mais le gouvernement fédéral a tout prévu!
Dans ce cas, il rachèterait ses propres obligations. Oui, vous avez bien lu. Madoff est un plaisantin. Les Etats-Unis ont le projet de racheter leur propre dette en émettant une autre dette plus chère.

Un seul rempart contre l'éclatement de la bulle obligataire : l'or Voilà pourquoi je suis très optimiste quant aux perspectives de l'or sur 2009.
Retrouvez ces idées d'investissement -- et de nombreuses autres -- toutes les semaines dans MoneyWeek, la source la plus complète et la plus pratique de conseils financiers, de stratégies d'investissement et de nombreuses autres informations ultra-profitables.

413

Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

Bof, pas très nouveau comme idée, se réfugier sur l'achat de commodities en cas de crise.

L'or c'est très classique, le pétrole serait aussi une très bonne idée car il est très bas en ce moment.
Tous les métaux utilisés par les Chinois aussi car ils en consomment de plus en plus et les cours vont très certainement être haussiers dans les années à venir (zinc, cuivre, etc.)

Un élève de term ES peut écrire la même chose que ce mail.

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Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

La consommation des ménages continue de résister

La prime à la casse automobile a permis à la consommation des ménages de continuer de résister en avril en France, une bonne nouvelle pour l'économie en attendant que les autres moteurs de la croissance repartent.

L'Insee a annoncé mardi une progression de 0,7% des dépenses en produits manufacturés en avril, alors que 25 économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne un repli de 0,1%.

La hausse de mars, initialement annoncée à +1,1%, a toutefois été révisée à +0,6%.

Sur un an, la consommation en produits manufacturés - qui représente le quart environ de la consommation totale des ménages - affiche une progression de 0,6% en avril.

Les achats des ménages en automobiles ont flambé de 3,7% sur le seul mois d'avril et de 5,8% sur un an, conséquence de la prime de l'Etat instaurée en décembre et des promotions des différents constructeurs.

Mais ce comportement positif n'est pas seulement observable dans l'automobile.

Après deux mois de baisse, les dépenses dans l'équipement sont ainsi reparties à la hausse avec un gain de 0,3%, tout en reculant de 1,1% sur un an.

Les achats de textile-cuir ont quant à eux continué de croître de 0,3% en avril après leur rebond de 3,6% en mars qui faisait suite à une chute de 7,5% en février. Sur un an, ils augmentent modérément de 0,5%.

"Si l'euphorie de la fièvre acheteuse du début des années 2000 n'est plus d'actualité, cette résistance confirme néanmoins que les consommateurs français n'ont pas déposé les armes," affirme Marc Touati, économiste chez Global Equities.

"Même si une correction pourrait s'observer en mai, la consommation devrait permettre au PIB français d'éviter une nouvelle forte baisse au deuxième trimestre," ajoute-t-il.

Le produit intérieur brut de la France a chuté de 1,2% sur les trois premiers mois de l'année, selon les chiffres provisoires communiqués par l'Insee le 15 mai.

FLÉCHISSEMENT EN VUE

Sur l'ensemble du premier trimestre, la consommation avait augmenté de 0,3%, permettant à la France de mieux résister à la crise que ses principaux partenaires de la zone euro, Allemagne en tête, qui a confirmé mardi une chute de 3,8% de son PIB.

Mais les ménages risquent d'être moins dépensiers dans la deuxième partie de l'année.

"Les conséquences de la hausse du chômage vont se faire sentir de plus en plus, y compris sur des marchés comme l'immobilier, le mouvement de désinflation va toucher à sa fin et l'impact marginal de la prime à la casse va s'étioler peu à peu même s'il y a un petit sursaut avant sa suppression," juge Olivier Gasnier, économiste à la Société générale.

"Je ne parle pas d'effondrement mais le mieux qu'on puisse espérer c'est quelque chose de marginalement positif, ce n'est plus du tout les +2,5 à +3,0% qu'on a eus pendant 10 ans, on a changé de monde."

En espérant, d'ici là, que les autres moteurs de l'économie auront pris le relais.

"Dans la mesure où la plupart des entreprises n'ont pas anticipé cette bonne tenue de la consommation et ont déstocké rapidement, un retour de bâton positif pourrait s'enclencher assez rapidement, notamment en matière de stocks mais aussi d'investissements, voire d'emplois," veut croire Marc Touati, pour qui "le bout du tunnel n'est plus très loin".

L'Insee diffusera mercredi les statistiques du moral des ménages et de la confiance des entreprises en mai.

Véronique Tison, édité par Yves Clarisse (lepoint)

415

Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

USA : les commandes de biens durables rebondissent en avril.

(CercleFinance.com) - Les commandes de biens durables ont enregistré un rebond de 1,9% en avril aux Etats-Unis, selon des statistiques publiées jeudi par le Département du Commerce. Les économistes s'attendaient en général à un léger repli.

Cette hausse fait suite à une baisse de 2,1% au mois de mars, chiffre révisé après une première lecture de -0,8%.

Hors transports, les commandes de biens durables s'inscrivent en hausse de 0,8% au mois d'avril et hors défense, elles augmentent de 1%.

Par ailleurs, les stocks de biens durables enregistrent un quatrième mois consécutif de repli, reculant de 0,8% après une baisse de 1,7% en mars.

416

Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

Comment le système bancaire et financier actionnaire de la FED a détourné 9 000 milliards de dollars pour son compte :

http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=23092

Hallucinant.

Pas un médias pour en parler ou pour enquêter, naturellement.

417

Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

Ha ba non, hein, pas le jour de la mort de MJ !!

Lolita, light of my life, fire of my loins. My sin, my soul. Lo-lee-ta: the tip of the tongue taking a trip of three steps down the palate to tap, at three, on the teeth. Lo. Lee. Ta

418

Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

Cette vidéo a plusieurs semaines...

419

Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

Et le second degrés, parfois?

Lolita, light of my life, fire of my loins. My sin, my soul. Lo-lee-ta: the tip of the tongue taking a trip of three steps down the palate to tap, at three, on the teeth. Lo. Lee. Ta

420

Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

Mais je n'ai pas dit que tu ne m'avais pas fait sourire smile

421

Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

Par les tripes, il faut les pendre.

Jean Montaldo dézingue les bandits de la finance
« Chez moi quand on tue le cochon, tout le monde est content ! Sauf le cochon ! ». Cette citation, l’écrivain et journaliste d’investigation Jean Montaldo, la place en exergue de son tout dernier livre (le 16ème depuis 1971) : Lettre ouverte aux bandits de la finance (Albin Michel). Bretteur hors norme, Jean Montaldo, 68 ans, est toujours un combattant actif dont la capacité d’indignation est intacte.

Dans ce nouvel ouvrage documenté, luxuriant, touffu, voire baroque, il tente de démêler pour nous les arcanes de la finance et de comprendre comment la crise annoncée notamment par le FBI en 2004 n’a pas été enrayée par le gouvernement Bush, trop occupé sur d’autres fronts.

Il explique comment un homme de l’ombre, Angelo Mozilo, l’inventeur des subprimes il y a quarante ans, aidé de ses amis, les dirigeants de Fannie Mae et de Freddie Mac, entre autres, ont plongé le monde dans le marasme. Il dévoile enfin pourquoi les banquiers français, dans un bel ensemble, se sont engouffrés dans le piège des subprimes pour aboutir notamment à l’affaire Kerviel.

« Je suis sûr, que s’ils continuent comme avant, nous a-t-il confié en marge de l’interview qui figure ci-dessous, s’ils n’ont pas tiré les leçons de la crise, c’est sûr, il y aura une deuxième vague, une autre crise qui risque de faire exploser totalement le système financier international. Je le crains vraiment. J’ai les chiffres. Il y a aujourd’hui plus de 365, voire 400 000 milliards de produits titrisés en circulation. On ne peut pas les maîtriser. Ils ne sont même pas localisables. C’est ça le problème. Et ils en inventent tous les jours ».

On comprend dès lors pourquoi l’auteur cite Enver Hodja à la fin de son livre : « Malheureusement, l’année qui commence sera pire que la précédente… mais meilleure que la prochaine ». Le dictateur albanais n’est sans doute pas la référence suprême du libéral Montaldo. Gageons qu’il conjure le sort en le citant.

Chevalier blanc ? Populiste ? Prophète ? Jean Montaldo, souvent attaqué par la "bien pensance", n’est rien de tout ça. C’est d’abord un journaliste d’investigation comme on n’en fait plus, qui porte la plume là où ça fait mal et qui ne craint pas d’appeler un chat un chat. Son livre n’est pas un pamphlet. Il attaque les coupables avec impartialité et sans manichéisme.

Jean Montaldo, invité des RDV de l’Agora, répond aux questions d’Olivier Bailly

Olivier Bailly. En quoi ce nouveau livre est-il une suite logique au Marché aux voleurs ?
Jean Montaldo : J’avais prévenu les PDG des grandes banques, lors de la publication d’un de mes précédents livre, le Marché aux voleurs en janvier 2003, que je les maintenais sous haute surveillance. J’ai tenu ma promesse. Quand j’ai vu que loin de renoncer aux méthodes relevant du capitalisme le plus sauvage que je fustigeais dans mon livre tout continuait comme avant, en pire, j’ai compris qu’il fallait reprendre la plume. Pendant l’été 2008, j’ai pris la décision d’écrire cette lettre ouverte. Le Marché aux voleurs était déjà une adresse directe aux PDG faillis et aux banquiers. Cette fois, je m’adresse à eux nommément, en les visant leurs responsabilités respectives dans la crise mondiale. Avec des méthodes effroyables et des chiffres dantesques. Le lecteur peut enfin comprendre ce qui s’était réellement passé. J’ai à peu près tout lu de ce qui a paru, du moins en France, et, sauf à être vraiment un spécialiste émérite, on n’y comprend rien. Moi-même, en expert des milieux financiers, avais du mal à m’y retrouver. J’ai donc voulu vraiment comprendre, disséquer le monstre.

J’aborde, après avoir expliqué en quoi consistaient les subprimes (le principal, mais non pas le seul moteur du désastre), les sandwichs avariés adossés aux subprimes, avec les différents étages : la basse couche venimeuse, puis la couche mezzanine (avariée) et enfin la couche senior ou super senior (qui enjolive l’ensemble). Pour tour dire la titrisation des créances des banques mises hors-bilan. Après avoir expliqué ces arcanes il me fallait bien aborder le chapitre crucial, la bombe atomique qui a tout fait sauter, les mathématiques financières.

Sur toute la planète, vous ne trouverez aucun PDG de banque qui comprend ces formules mathématiques illisibles. Pourtant, ils les utilisent en permanence pour farder leurs bilans, faire de la fausse monnaie. Les extraits des cours des mathématiques financières que je reproduis sont édifiants : on n’y comprend rien ! C’est totalement abscons, déconnecté de la réalité. Appliquées à la finance ces formules mathématiques, notamment la méthode de Monte-Carlo qui a été créée pour la bombe atomique de Nagasaki, ne pouvaient déboucher que sur l’explosion générale de l’économie mondiale. Ce n’est pas à la légère que dans cette Lettre ouverte aux bandits de la Finance je défie les banquiers responsable du cataclysme dont nous sommes tous victimes de venir sur un plateau de télévision m’opposer le plus petit démenti.

OB : Diriez-vous que cette crise est absurde ?
JM : Nous sommes dans l’irréel ! Les méthodes utilisées sont effroyables, malgré les avertissements répétés des meilleurs spécialistes et gendarmes américains. Je donne des preuves absolument formelles, qu’il se soit agit du FBI avec Robert Mueller qui parle de réseaux criminels. Il y a aussi d’autres organismes comme le Fincen. D’autres initiatives sont venues de deux sénateurs, Obama et McCain, dès l’été 2005. On ne sait pas à l’époque, eux-mêmes l’ignorent, qu’ils seront candidats à la présidence des Etats-Unis d’Amérique. Tous deux s’accordent, alors qu’ils appartiennent à des familles de pensée différentes pour diagnostiquer le même mal et proposer les mêmes remèdes. Obama est encore plus franc que McCain quand il demande que les bandits qui vicient la titrisation des subprimes qu’ils soient punis de trente-cinq années de prison, dès lors qu’il serait prouvé qu’ils appartiennent à des réseaux criminels. Toutes ces propositions de loi, du républicain McCain ou du démocrate Obama ont été jetées au panier.

Même chose en France, où j’observe que l’on n’a pas écouté la Banque de France et la Banque des règlements internationaux qui ont toutes deux fait correctement leur travail. Face à ces organismes de surveillance suprême, vous avez des gendarmes, tels que l’AMF, en France, qui leur savonnent la planche. Un exemple : alors que la crise des subprimes a commencé, l’AMF recommande l’utilisation des hedge funds, les véhicules diaboliques de la spéculation, logés pour la plupart dans des paradis fiscaux. ! Je rêve ! Moins d’une année plus tard deux tiers de ces hedge funds sont en faillites. Nous sommes encore une fois dans l’irréel, mais un irréel sous-tendu par la volonté de banquiers criminels de faire toujours plus d’argent, de l’argent capable de tuer, en pervertissant à l’extrême le système capitaliste et libéral dont je demeure un ardent défenseur. C’est pourquoi je demande des châtiments exemplaires. En revanche, si ce que j’écris est considéré comme faux, je demande au grands PDG que je mets en cause de me poursuivre en justice. Ce serait plus élégant que d’user de leurs dérisoires moyens de pressions pour inviter des journaleux à leur botte d’ignorer mes constats référencés. Avec ou sans eux, je parviendrai à me faire entendre. Je n’ai peur de rien, ni de personne !

OB : On voit en lisant votre enquête que les politiques n’ont pas la main sur ce dossier. Au contraire, à chaque fois qu’ils votent des lois sociales comme Jimmy Carter en 1977 ou plus tard Bill Clinton, les financiers les détournent
JM : Jimmy Carter qui hérite de Lyndon Johnson qui lui-même hérite des dispositions prises par Roosevelt au lendemain de la grande crise de 1929. Toutes ces dispositions financières à caractère social partaient de bons sentiments. Mais, effectivement, elles ont été perverties notamment après l’affaire des Junk bonds, obligations pourries de Michael Milken, dans les années 90 avec le gigantesque scandale des prédateurs qui avait ébranlé Wall street. C’est ce qui est impardonnable. Ce sont ces mêmes obligations pourries qui ont été sophistiquées à l’extrême pour titriser les subprimes sous forme de CDO et sous CDO, avec aussi les CDS, en forme de police d’assurances sans en être réellement, pour couvrir les risques liés aux CDO ou autres créances toxiques titrisées. Le jeu consiste à sortir du bilan des banques leurs créances, après avoir distribué à tout va des crédits à n’importe qui…

Là, je parle des Etats-Unis. Car en France, dans le secteur immobilier, vous ne trouverez pas un défaut de règlement sur les crédits qui ont été octroyés par les banques françaises à leurs clients. Curieusement, alors que les banques françaises sont tatillonnes à l’extrême, ne permettant pas le moindre découvert à leurs clients, les signalant en rouge à la Banque de France pour un découvert de 50 euros, les mêmes banques, disais-je, spéculent secrètement sur les subprimes américains qui ne sont rien d’autres que des crédits accordés à des pauvres insolvables. Elles le font parce que ces produits sont à effet de levier avec une possibilité de réaliser des plus-values considérables. Et les banques françaises – comme leurs homologues européennes - ne voient pas que derrière les modèles mathématiques sur lesquels s’appuient les fameux CDO, et tous les produits titrisés permettant de revendre les créances de banques américaines partout dans le monde, reposent sur une hausse continue du marché de l’immobilier, sans qu’ait été intégré dans ces modèles miracles un possible retournement du marché à la baisse. C’est insensé ! Comment des financiers et les agences de notation ont-ils pu valider des produits spéculatifs pour de tels montants, tous reposant sur des modèles mathématiques foireux ? Nous entrons là dans l’univers de la corruption. Ne me cachant pas derrière mon doigt, je donne le noms. Et les preuves.

OB : Pourquoi les banquiers français dans un bel ensemble, alors qu’ils étaient informés de ce qui se passait, sont-ils entrés dans la danse ?
JM : Tous ont perdu la raison. Il leur fallait justifier et maintenir, vaille que vaille, leurs salaires de Maharadjah, bonus de satrape et parachute doré d’émir ! Il leur fallait à tout prix monter en gamme dans leur enrichissement personnel qui, in fine, sera inversement proportionnel à leurs résultats. Tous se foutent éperdument des conséquences de leur incompétence crasse. Ce qui compte pour eux c’est le total annuel de leurs revenus en salaire, en bonus, en stock-options, qu’ils aient réussi ou qu’ils aient fait faillite.
Bref, dans cette Lettre ouverte aux bandits de la Finance, je débobine le fil infernal de la crise. Vous voyez qu’au début les chiffres sont, somme toute considérables, mais absorbables. Au fur et à mesure du temps qui passe, cela devient astronomique, phénoménal. On est projeté dans la ionosphère.

OB : Que pensez-vous de l’emprunt d’état que le gouvernement s’apprête à lancer ?
JM : Que faire d’autre ? Le Premier ministre François Fillon a cette vertu de dire la vérité depuis le départ. Peu de mois après son arrivée à Matignon, ayant fait les comptes, il est le premier Premier ministre de la cinquième république à dire enfin la vérité. Fillon a dit, dès septembre 2007, que la France est en faillite. Depuis septembre 2008 la note ne fait que grossir avec toutes les bêtises additionnées des financiers, notamment celles des PDG des plus grandes institutions financières françaises. Celles-ci ont bénéficié des aides de l’état et de l’heureux volontarisme de Nicolas Sarkozy. S’il n’avait pas été non seulement à la tête de la France mais aussi à celle de l’Europe, tout serait parti en éclat. Sans doute les plus hautes autorités de l’état en France ne le savent pas, mais moi c’est mon rôle de l’établir et de le dire : dans les banques qui ont appelé le gouvernement français au secours, les spéculations continuent comme avant. Soit à Paris, soit par l’utilisation des paradis fiscaux, quoi qu’aient décidé les chefs d’état lors du sommet du G20, le 1er avril dernier.

OB : Selon vous, y a-t-il une solution, un remède ?
JM : J’ai voulu dresser un bilan sérieux et incontestable. Maintenant c’est sur la place publique et il faut ouvrir le débat. On peut demander aux grands banquiers des comptes en justice. Je donne les noms, les chiffres, je parle d’une organisation criminelle et je maintiens le terme. Il s’agit de l’argent de leurs clients, des contribuables européens dilapidé par des financiers irresponsables et inconscients. Il faut impérativement les arrêter, leur demander des comptes et, s’il le faut, les mettre à la porte, voire à l’ombre.

OB : Vous citez au début de votre le livre le cas d’Angelo Mozilo qui a finalement inventé les subprimes il y a quarante ans. Mozilo, comme vous le dites avait des amis, des complices.
JM : En plus de son organisation financière hyper-sophistiquée avec les liens qu’il entretient avec Fannie Mae et Freddie Mac, banques qui le financent en réalité, Angelo Mozilo possède un club, les amis d’Angelo Mozilo, qui n’est rien d’autre qu’un outil de corruption.

OB : Des amis parmi lesquels on remarque notamment Kurt Conrad, président de la commission du budget, et Christopher Dodd, président de la commission des affaires bancaires au Sénat…
JM : Un démocrate et un républicain. C’est un garçon œcuménique !

OB : C’est donc un système, une mafia. Comment voulez-vous arrêter les métastases ?
JM : Vous pouvez faire confiance aux Américains car ils vont aller jusqu’au bout. Grâce à Dieu, on a enfin un président américain courageux. Tout à l’heure je vous disais qu’alors qu’il était simple sénateur il demandait déjà des sanctions exemplaires pour les financiers convaincus de participer à des entreprises à caractère criminel. Laissons la justice américaine agir. Elle le fait correctement et diligemment. C’est toute la différence avec la France où je vous signale que nous n’avons que des enquêtes préliminaires et aucune procédure ouverte. Rien !

OB : En effet, il y a l’affaire Kerviel, mais pas l’affaire Bouton…
JM : Oui, mais il y aussi l’affaire Madoff. Ce dernier a volé 65 milliards à des riches. Il a des complices. Qu’est-ce que c’est que ces salades qui consistent à nous dire que Madoff était un escroc solitaire. Certes, il avait tout imaginé avec l’assistance de son frère, mais en 2005 il avait, en France, des partenaires comme Ixis, filiale de la Caisse d’épargne et de la Caisse des dépôts et consignation, bras armé financier de l’Etat. Je livre un document incontestable. Puisque la justice ne possède pas ce document je le tiens à sa disposition. Dans ce document on voit qu’Ixis est le dépositaire en France du principal produit Madoff vendu en Europe qui est la Sicav Lux-Alpha. C’est ni plus ni moins une caution morale et financière accordée à un escroc, sans que ces gens soient allés vérifier quoique ce soit. Quand vous voyez derrière qu’il y a un cabinet d’audit international, Ernst & Young qui déclare sincère et conforme les écritures comptables de la Sicav Lux-Alpha de Bernard Madoff - j’ai la preuve que cette Sicav est bien à lui, ayant retrouvé les pièces originales à Londres -, vous avez la preuve qu’il s’agit bien d’un réseau criminel qui monte haut.

Mais il faut raison gardée : tout cela ne porte que sur 65 milliards volés aux têtes couronnées, aux grandes fortunes et aux banques qui se sont fait piéger parce qu’elles n’ont rien vérifié. De l’autre côté vous avez ceux qui volent les pauvres. Ça c’est le réseau des subprimes dont Angelo Mozilo est le parrain. Il y a aussi Lehman brothers, AIG, etc. , ainsi que les banques européennes qui ont plongé dans le gouffre des subprimes, alors qu’elles font, comme je le disais plus haut, la fine bouche avec leurs propres clients, particuliers ou entreprises. Ces banques utilisent les fonds de leurs déposants pour aller spéculer secrètement dans des opérations honteuses, pour des montants délirants, qui dépassent de loin leurs fonds propres…

OB : On en arrive à l’affaire Kerviel
JM : Il y a combien de traders à la Société Générale ? A Paris, ils sont au moins 350. Vous avez un trader Kerviel qui a cinquante milliards de position à l’achat, somme qu’il faut ajouter à celles des autres traders. Et quand vous savez que les fonds propres de la Société Générale sont de trente milliards, vous voyez l’étendu du scandale… Un seul trader se lance dans des spéculations connues de la banque, évidemment, puisque ce sont des opérations à l’achat, reconnues, donc comptabilisées. Donc on autorise un seul trader à prendre des positions à l’achat supérieures de vingt milliards d’euros aux fonds propres de la Société Générale. On est encore une fois dans le délire. Le reste, encore plus inquiétant, est dans mon livre. Je prends mes responsabilités. Qu’ils assument les leurs !

OB : Vous expliquez qu’indirectement c’est à cause de la lutte contre Al Qaida que l’autre lutte, celle contre les subprimes, a été retardée…
JM : Dès 2004, le FBI fait remarquablement son travail. Les rapports qu’ils remettent au gouvernement américain sont terribles. Ils parlent de corruption, de trahison de la démocratie. Mais le gouvernement Bush s’entête en ne voyant pas le sérieux de l’alerte donnée par le FBI et ensuite par les autres autorités de contrôle des marchés financiers. Ils ne le voient pas parce qu’ils considèrent que la priorité des priorités c’est Al Qaida. Mais si le FBI convient qu’Al Qaida est une organisation criminelle éminemment dangereuse, signalant toutefois qu’il y a encore plus dangereux, visant les réseaux financiers qui mettent en péril l’économie mondiale.

OB : Dans votre livre vous vous en prenez à Jean-Marie Messier
JM : C’est l’imposteur numéro un ! Voilà un homme qui en 2002 a mis l’un des fleurons du CAC 40 en quasi-faillite, puis qui a été remercié par son conseil d’administration, Messier dont on découvre qu’il avait fardé ses bilans comme une cantatrice chauve - c’est le mot que j’emploie dans mon livre (et que je maintiens, avec des preuves) – Messier qui fut un innovateur dans le dévoiement du système capitaliste et qui vient nous dire dans un livre, début 2009, que le ciel lui était tombé sur la tête. C’est peut-être son cas, mais ce n’est pas le mien. Dans Le Marché aux voleurs, je visais Monsieur Messier nommément pour ce qu’il avait fait.

Et ce n’est pas ma faute si la justice française a décidé de passer l’éponge sur
ses méfaits alors que la justice américaine, elle, l’a poursuivi et que Messier a reconnu ses fautes et a payé. Et ce type là qui vient nous donner des leçons de sorties de crise, prenant le président Sarkozy en otage pour essayer de se refaire une santé ! Quand je découvre en outre que Jean-Marie Messier est le conseil secret, parce que tout cela n’était pas rendu public, de Charles Milhaud, lors de l’entrée en bourse de Natixis qui va se révéler une véritable spoliation des deux millions et demi de porteurs qui ont souscrit à cette introduction et vont se retrouver nettoyés au Karcher, je m’enfamme. Le cours de bourse, lors de l’introduction est à 19,50 euros et il va tomber en peu de mois à 0,76 euros.

Quand on découvre que Monsieur Messier a touché pour l’introduction en bourse de Natixis, pour quelques mois de travail la somme de six millions d’euros, je m’indigne. Avec un contrat où il est dit que même si l’opération ne se fait pas, ces millions d’euros lui sont garantis. Tout cela va se terminer dans une déconfiture épouvantable, Natixis étant engagée de la manière la plus scandaleuse dans des opérations de spéculations qui l’ont conduit à la ruine, de même que les caisses d’épargne d’ailleurs.

OB : Vous êtes un vieux routier du journalisme d’investigation. Ce qui ne vous empêche pas de vous informer sur le web, et notamment sur Agoravox
JM : Je le lis tous les jours. J’y trouve des pistes qui me permettent d’avancer et de nourrir mes réflexions. Il y a sur le web un espace de liberté qu’on ne trouve pas dans la presse écrite, terriblement dépendante des annonceurs, donc des groupes de pression politiques et économiques. Vous n’avez pas d’auto-censure. Sur Agoravox, de temps en temps vous vous lâchez. Vous avez raison !

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Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

On ignore si la cantatrice chauve se farde, tout ce qu'on sait c'est qu'elle se coiffe toujours de la même façon.

Article médiocre.

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

Je ne vois pas en quoi c'est un article médiocre. D'abord c'est une interview, et ensuite c'est une interview où l'on apprend déjà quelques trucs. Ensuite, je pense que si tu veux du "truth", tu peux lire le bouquin.

Et plus généralement je pense que Montaldo a complètement raison de mener ce combatcontre ceux qui jouent avec les économie des gens.

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

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Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

Parce que visiblement il intériorise une "excuse" de la sphère financière, qui est de dire "les subprimes ont tout fait s'effondrer, parce qu'il était impossible de les repérer dans les produits titrisés". Finalement le blâme retombe non pas seulement sur les financiers, mais sur les pauvres qui ont contracté ces prêts, et sur les Démocrates qui ont légiféré pour permettre aux pauvres de contracter ces prêts.
La vérité, c'est que seuls, ces prêts n'auraient pas pu être "le principal moteur du désastre". Le vrai moteur, ce sont les pratiques des banques, et en particulier de Goldman Sachs, qui étaient de parier sur des prêts dont GS savait qu'ils n'allaient pas être remboursés à coups de CDS.

Et en plus, il ose dire ceci :

JM : Vous pouvez faire confiance aux Américains car ils vont aller jusqu’au bout. Grâce à Dieu, on a enfin un président américain courageux. Tout à l’heure je vous disais qu’alors qu’il était simple sénateur il demandait déjà des sanctions exemplaires pour les financiers convaincus de participer à des entreprises à caractère criminel. Laissons la justice américaine agir. Elle le fait correctement et diligemment. C’est toute la différence avec la France où je vous signale que nous n’avons que des enquêtes préliminaires et aucune procédure ouverte. Rien !

C'est se mettre le doigt dans l'oeil. La nomination de Geithner en mars suffit à le prouver, Geithner qui est l'un des architectes du plan Paulson, qui a sauvé les fesses de Goldman Sachs, et qui prête de la monnaie partout. L'administration Obama n'a fait que créer tout un tas de nouveaux outils pour permettre à la Fed de prêter ce qu'elle veut à qui elle veut en toute opacité, et continue à s'opposer à toute tentative réelle de régulation.
Madoff de son côté n'est qu'un bouc émissaire. Les deux ou trois condamnations ne sont qu'un ersatz de justice.

Last edited by Broz (04-07-2009 13:48:30)

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

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Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

Désintégration financière à l’automne, action dès maintenant
27 juillet 2009 - 22:23


27 juillet 2009 (Nouvelle Solidarité) - On entend dire ici ou là que la reprise est au coin de la rue, que la crise serait aussi bénigne qu’une petite grippette, comme si le facteur psychologique et la manipulation des comportements pouvaient mettre un terme à la réalité. « Le monde entier est pris dans une désintégration financière, a déclaré samedi Lyndon LaRouche, entre les 12 et 15 octobre, c’est-à-dire la fin de l’année fiscale américaine, les Etats-Unis et la plupart des pays vont entrer dans un processus de désintégration accélérée. »

« A moins de lancer une mise en banqueroute organisée du système financier, d’ici à la fin de l’automne nous aurons une situation économique mondiale chaotique. Il faut absolument mettre le système en redressement, en commençant par annuler les plans de renflouement. Nous devons faire en sorte que ce soit les Etats souverains qui reprennent les commandes de l’économie.

« Le système arrive à échéance entre les 12 et 15 octobre, à moins que des changements imprévisibles aient lieu d’ici-là. Lorsque l’année fiscale américaine arrivera à son terme, on verra clairement que nous sommes lancés dans un effondrement mondial. »

En effet, le 30 septembre marquera la fin de l’exercice fiscal outre-atlantique, où banques et sociétés seront dans l’obligation de publier leurs comptes. C’est aussi à l’automne qu’expirera le plan de rachat gouvernemental des actifs titrisés (TALF), qui a fourni à Wall Street près de 1000 milliards de dollars pour aller se refaire sur les marchés. Le 15 juillet, le Comité des normes comptables et financières (FASB), qui en début d’année avait permis aux banques américaines de contourner la comptabilisation de leurs actifs à la valeur du marché et de maintenir leurs bilans artificiellement gonflés, a déclaré son intention de revenir en arrière. Les membres du FASB semblent désormais moins effrayés par les lobbys financiers que par les peines de prison qui les attendent pour complicité de manipulations comptables. L’application du « mark to market » forcerait les banques américaines à comptabiliser leurs pertes sur les prêts et sur les créances titrisées.

De surcroît, l’embellie boursière de ces dernières semaines, qui fait dire aux experts que la crise se termine (au mépris des indicateurs calamiteux de l’économie réelle), se révèle être le fruit d’une manipulation géante des marchés. Depuis trois semaines les bourses ont augmenté de plus de 10% ; dans ces conditions, on aurait du observer une hausse des volumes échangés, mais ces derniers ont baissé de 40% par rapport aux trois mois précédents. Il semble que l’activité des investisseurs traditionnels ait été remplacée par celle des logiciels de trading. L’affaire Aleinikov le confirme. Ce programmeur d’origine russe a été arrêté le 4 juillet à New York pour avoir dérobé les algorithmes top secrets qu’il avait mis au point pour Goldman Sachs. Ces derniers mois, ce logiciel a permis à Goldman Sachs de gagner plus de 100 millions de dollars par jour sur le trading d’actions. Logiciel miracle ? Pas vraiment. Ce programme, avec des codes de sécurité obtenus grâce aux entrées de Goldman Sachs au Trésor et à la Fed, capture les flux de texte des serveurs du New York Stock Exchange et d’autres bourses, ce qui lui permet d’avoir la tendance du marché avant tout le monde, et de jouer automatiquement sur une multitude de petits écarts gagnants à coup sûr (voir la tribune de Marc Mayor dans le MoneyWeek du 23 juillet).

Dans le même domaine, la Chronique Agora, site d’information et d’analyse économique et financière, a dénoncé des manipulations de marché ayant eu lieu début juillet à la bourse de Paris.

Les injections de liquidités pour soutenir cette grande folie spéculative - 23 700 milliards de dollars (170% du PIB américain) rien que pour les Etats-Unis selon l’inspecteur général du TARP (le plan de renflouement américain) - font peser le risque d’une hyperinflation brusque et violente, comparable à celle qui frappa l’Allemagne en 1923.

Les 60 jours qui viennent seront décisifs pour l’avenir : chaos ou bouleversement. Rendez-vous tous les jours dans la rue avec nos militants, et le 1er Août à 19h, pour une conférence internet d’importance capitale de Lyndon LaRouche, en direct de Washington.

Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

Orcid a écrit:

(Nouvelle Solidarité)

Pffff, Orcid, t'en as pas marre de citer des sources de merde?...

http://www.unadfi.org/IMG/pdf/Solidarite_et_progres.pdf

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

427

Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

Génial, un torchon de discrédit ad hominem pour répondre à des arguments factuels. Une belle propagande avec tous les poncifs habituels. Secte, théorie du complot, il manque juste les messes noires avec sacrifice humain, et buveur de sang d'enfants et on aurait réussi la régression médiévale complète. Ah ! et naturellement, l'antisémitisme (démontré dans l'article à partir des attaques contre ces Grands Hommes que sont Wolfovitz, Pearl ou Kissinger, réputés pour leur apport à l'humanité). On arrive même à leur mettre sur le dos une accusation de meurtre, pour laquelle aucune procédure n'est en cours...

Ce qui est génial avec ces papiers de discrédit, qu'on dirait rédigés depuis le quartier général du KGB, c'est qu'ils construisent des images de personnes qui ne sont plus vraiment des êtres humains. Ce sont au plus des sous-hommes, ou des hominidés, mais différents de nous. A la rigueur, ils ne méritent pas vraiment de vivre, ou alors dans une réserve animalière. Ils ne pensent pas comme nous. Leurs raisonnements procèdent de cerveaux extraterrestres ; et mêmes s'ils ont eu raison dans les faits, beaucoup plus que les voix autorisées, ils ne peuvent que se tromper, puisque ce sont des animaux. Ce sont en quelque sorte des monstres, et méfiez-vous si vos enfants les croisent dans la rue !

Bravo sabaidee, merci pour ce papier.

Ton problème, c'est que Larouche est présenté comme cela depuis des années, qu'il a parfaitement prévu et analysé la crise de 2008. Et qu'on le discréditait de la même manière avant. Tu préfères probablement les chroniqueurs autorisés, qui se sont toujours trompés, qu'on invite toujours pour raconter les mêmes merdes au quotidien, qui ont retourné leur vestes, mais qu'on accepte dans l'aristocratie médiatique parce qu'ils ont passé leur carrière à cirer les pompes (pour ne pas être vulgaire) des leaders du système.

C'est bien sabaidee, une vie de cirage de pompes du système et d'autosatisfaction t'attend.

Last edited by Orcid (03-08-2009 11:03:28)

Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

Dieu merci, les masses progressistes peuvent compter sur des personnes vigilantes comme toi qui vont récupérer les merdes paranoïaques qui pulullent sur internet.

Ta finesse d'analyse nous permet à nous qui "gobons" tout ce qu'on nous dit, d'avoir une ouverture lucide sur des hommes tels que Larouche qui nous explique, par exemple, que les Etats-Unis et Obama sont en fait contrôlés par l'Empire Britannique...

http://www.larouchepub.com/lar/2009/web … qanda.html

Quant à sa prévision de la déroute des subprimes, celle de Rubini était d'un autre niveau. Ce n'était pas très difficile de prévoir que l'endettement américain était bien trop élevé.

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

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Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

Encore une sorcière. Un bucher vite !

Crise systémique et mensonges

Nous vivons décidément une époque formidable. On peut ainsi lire dans le Nouvel Obs : « Le pire est passé aux USA mais la reprise sera lente, dit le FMI » ou dans le journal Le Monde :« Les Etats-Unis sur la voie de la reprise économique ». Il s’agit donc de vous informer vraiment et il ne reste plus que le net pour cela. Je vais donc vous faire ici un petit topo de la finance et de l’actualité économique. Attachez votre ceinture car cela va décoiffer.

Le monde de la finance, des requins pour certains, des escrocs pour d’autres, ici ou là des vampires et même les agents de Lucifer himself, après s’être emparé du monde, ce qui est un secret de polichinelle et n’appartient même plus à la théorie du complot, est en train d’achever notre système économique moribond. En effet, le prestigieux Ludwig Von Mises Institute, qui n’est pas un repaire de méchants communistes, diffuse "Money, Banking, and the Federal Reserve : the Complete Transcript" qui reprend l’essentiel des théories du complot concernant la FED.

De plus, pour les sceptiques, les sourds et les aveugles, il existe le fameux livre de Carrol Quigley qui est tout sauf un illuminé car il était professeur d’histoire à l’Université de Georgetown diplômé de Harvard, membre de l’équipe de campagne et mentor de Bill Clinton et surtout consultant au département de la défense des Etats-Unis. Donc quelqu’un de très bien informé. Mr Quigley a ainsi publié « Tragedy and Hope » : A History of the World in Our Time’, by Carroll ...” dans lequel on trouve écrit à la page 324 (version originale de 1966 qui a été modifiée en 1975) ce que tout le monde devrait savoir :

« En addition à ces objectifs pragmatiques, les autorités du capitalisme financier ont un autre but de grande envergure, rien de moins que celui de créer un système mondial de contrôle financier dans des mains privées, capable de dominer le système politique de chaque pays et l’économie mondiale dans son ensemble. Ce système devant être contrôlé en mode féodal par les banques centrales du monde agissant de concert, par des accords silencieux, a vu le jour lors de fréquentes réunions et conférences privées. Le sommet du système était la Banque des Règlements Internationaux de Bâle en Suisse, une banque privée possédée et contrôlée par les banques centrales du monde qui sont elles-mêmes des sociétés anonymes. Chaque banque centrale a cherché à dominer son gouvernement par sa capacité à contrôler les prêts du Ministère des Finances, à manipuler les échanges avec l’étranger, à influencer le niveau d’activité économique dans le pays, et à influencer les hommes politiques coopératifs par des récompenses économiques dans le monde des affaires. »

La phrase de Noam Chomsky : « le monde ne récompense pas l’honnêteté et l’indépendance, il récompense l’obéissance et la servilité » s’applique à merveille à nos élites qui n’ont ni honneur, ni dignité.

Ou encore, plus fort que tout, à la page 954, pour ceux qui auraient encore des illusions sur notre société du spectacle :

« On doit bien comprendre que le pouvoir que ces énergiques militants de gauche ont exercé n’a jamais été leur pouvoir ou un pouvoir communiste mais il était en fait le pouvoir de la coterie financière internationale. »

Donc, ayant balayé le problème du contrôle du monde par la finance, je peux désormais vous décrypter l’actualité.

Certains financiers sont adeptes de la maxime :

« pile, je gagne, face tu perds » ou pour parler autrement, privatisation des profits et socialisation des pertes.

Par exemple, saviez-vous que 18,6% des sommes allouées (par les contribuables américains) dans le cadre du TARP (Troubled Asset Relief Program ou programme de sauvetage de Wall Street) soit 36,2% milliards de dollars ont été utilisés pour payer les bonus de ceux qui sont responsables de la crise ? Une récompense en quelque sorte.

Goldman Sachs bat tous les records en reversant 40% de la somme allouée, un record. Elle mériterait un livre à elle seule et l’article de Terry Kenan dans le New York Post vous donne un aperçu du fonctionnement de la finance.

Saviez-vous par exemple que Goldman Sachs fait partie de la petite liste des banques accréditées pour la vente des bons du trésor US (la dette américaine), touchant une commission sur la dette ? Kenan résume : « Ce qui est mauvais pour l’Amérique est bon pour Goldman Sachs ».

Après avoir gagné des sommes d’argent colossales en ruinant les USA, elle récolte maintenant la même chose mais sur la dette. Le beurre, l’argent du beurre et la crémière !

Mais, certains vont me rétorquer que ce petit monde va être régulé, contrôlé. Bien sûr, ils seront régulés et contrôlés, par des personnes à leur service.

Et puis, après le marché des dérivés, il est temps de passer à autre chose. On va donc créer une bourse carbone qui permettra de continuer à se remplir les poches : business as usual.

La taille du marché du carbone estimé par la Banque Mondiale à 11 milliards de dollars en 2005 est passé à 126 milliards en 2008 (page 7, The World Bank State and Trends of the Carbon Market 2009). En gros, il double chaque année. Il y aura donc un système d’échange de quotas de CO2 car ne l’oublions pas, les financiers nous annoncerons (avec l’aide de leurs médias) que seule l’industrie financière permettra d’organiser et de fluidifier le marché. Quant au « bon peuple », Michel Rocard a prévenu les Français : "S’ils sont inquiets, c’est légitime parce que la taxe sera lourde". Michel Rocard : la taxe carbone "sera lourde" - Politique ...

Au passage, il faudrait penser à créer une taxe carbone sur Mars, Jupiter, etc, car là-bas aussi nous assistons à un réchauffement global. Le réchauffement climatique affecterait la planète Mars et Des pluies de particules qui réchauffent l’atmosphère de Jupiter.

D’autres horreurs, vous en voulez encore, allez on continue. Je vais maintenant vous révéler la vérité sur la fameuse dette du tiers monde.

Pour rester dans « le cadre » il convient de noter que Goldman Sachs (encore !) va distribuer 20 milliards de dollars à ses dirigeants, c’est à dire plus que ce que verse le G8 contre la faim dans le monde.

Plus fort encore, et ceci est un véritable scandale, la dette des pays du sud est passée de 70 milliards en 1970 à 3360 milliards en 2007 (versée aux pays riches du nord).

Pour résumer, en 2007, les pays en voie de développement ont remboursé 18,9 milliards de plus qu’ils ont reçu. Nous nous comportons ainsi comme de véritables pillards comme au bon vieux temps de la colonisation.

Il n’y a pas que les pays en voie de développement, la France (ainsi que le reste du monde) est totalement noyée par la dette. Ainsi, le FMI prévoit que la dette publique de la France sera de 95,5% du PIB en 2014 (Dette de la France : le FMI prévoit une forte hausse).

Pour info, ce ratio sera de 119,7% pour l’ensemble des pays développés. Et encore, ils n’évaluent pas correctement l’ampleur du tsunami à venir.

Pour ma part, les 100% seront atteints fin 2011 car le calcul de la dette ne tient pas compte des engagements hors bilan de la France, à savoir la dette de la sécurité sociale qui va exploser et le financement des retraites des fonctionnaires qui sont prélevées directement sur le budget de l’état.

Il y a donc là une véritable bombe à venir et nous allons assister à la reproduction de l’exemple Letton à grande échelle, c’est à dire :

-chômage de masse (plus de 20% partout dans le monde)

-diminution des pensions de retraite de 20 à 30%

-diminution du salaire des fonctionnaires de 30 à 50%

-fin de la sécurité sociale

-fin des aides sociales

Nous sommes nombreux à tenter de résoudre les problèmes de façon pacifique et proposer des alternatives comme le projet ECCE (ecce - home) mais j’ai bien peur que lorsque le citoyen va se rendre compte qu’il a perdu son travail, sa retraite et sa sécurité sociale au profit de quelques-uns, cela ne se termine très très mal.

« Le monde est dangereux à vivre. Non pas à cause de ceux qui font le mal,
mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire. » Albert Einstein



Gilles Bonafi

Last edited by Orcid (03-08-2009 11:20:12)

Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

sabaidee a écrit:

Ce n'était pas très difficile de prévoir que l'endettement américain était bien trop élevé.

Pas de prévoir, de constater l'insoutenabilité du déficit et de prévoir ses conséquences. Ce qui avait été fait dès 2005 par l'ancien directeur du FMI.

Rodrigo Rato a écrit:

Si les politiques économiques ne s’adaptent pas pour réagir à ces déséquilibres [les déficits américains], nous courons le risque d’une correction abrupte des marchés à un moment où, pour diverses raisons, la confiance pourrait s’évaporer.

Last edited by Trèfle (03-08-2009 23:25:34)

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."

Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

BEUUUAAAARRRRRHHHHHHH

CAC40 : Dubaï sème la pagaille, le $ bondit, indices plongent

(CercleFinance.com) - 'La journée de jeudi devrait être calme' écrivaient de nombreux commentateurs mercredi: la demande de moratoire sur une partie de la dette des plus émetteurs obligataires de Dubaï était pourtant connue dès hier matin.

Un vent de panique souffle maintenant sur les marchés alors que les investisseurs s'interrogent maintenant sur le niveau d'exposition des banques créancières en Europe: les estimations vont du simple au double, de 13MdsE à 26MdsE selon les différents experts qui se penchent sur la question.

En ce qui concerne le coût de la facture, il est très prématuré d'envisager un défaut de paiement à la mode islandaise car Abu Dhabi ne laissera certainement pas tomber son voisin, victime du retournement de la conjoncture au moment de commercialiser les projets immobiliers les plus ambitieux de tout le Moyen-Orient.

Le CAC40 enregistre sa plus sévère chute (-3,5%) en une seule séance depuis le début du mois de mars: l'indice phare perd -140Pts à 3.675Pts.

Ailleurs en Europe, Londres cède 3,1% et Francfort 2,96%, l'Euro-Stoxx50 dévisse de -3,3%.
Les places boursières accusent donc le coup avec 24h de retard: trop occupés à tirer les cours à la veille de Thanksgiving, les opérateurs avaient complètement occulté la demande par Dubai d'un rééchelonnement de la dette de Dubai World et de sa filiale Nakheel (ce qui équivaut dans les esprits à un défaut de paiement sur des créances arrivant à échéance fin décembre 2009).

Dubai World est notamment la maison mère de Nakheel, le promoteur au coeur des importants investissements immobiliers réalisés dans l'Emirat au cours des dernières années: les prix du foncier ont chuté de -50% depuis le mois de septembre 2008 dans la capitale de l'Emirat.

L'agence Moody's a dégradé ses notes sur six entités émettrices d'obligations publiques de cet Etat membre des Emirats Arabes Unis. Elle est notamment passée de A3 à Baa2 sur DP World et sur Dubai Electricity & Water Authority (DEWA), et de A3 à Ba1 sur DIFC Investments (DIFCI).

Plombées par l'alerte rouge sur la dette souveraine de Dubaï (beaucoup d'investisseurs asiatiques sont présents dans l'Emirat), les Bourses d'extrême orient avaient fini dans le rouge ce matin, chutant de -1,2% (Séoul) à -3% (Shanghai).
Le Nikkei a notamment clôturé en baisse de plus de 0,6%, pénalisé en grande partie par l'appréciation du yen face au dollar.

Sur le marché des changes, après avoir atteint mercredi soir un plus haut depuis août 2008 face au billet vert, à 1,5140 dollar, l'euro replonge de -1,1% vers 1,496 dollar, dans un contexte de regain d'inquiétudes qui favorise aussi le yen.
Les investisseurs qui gèrent les fonds US depuis Londres sont certainement en train de tenter de se couvrir sur le Dollar et vendent par anticipation (et agressivement) des actions qui ont pris 80% en 8 mois (en incluant la hausse de l'Euro) alors les marchés américains resteront fermés ce jeudi à l'occasion de Thanksgiving.

Saint-Gobain décroche de plus de 6,2% ce jeudi à la Bourse de Paris dans le sillage d'une dégradation de recommandation de Goldman Sachs (NDRL : BATARDS DE GOLDMAN SACHS, AU BILLOT !). Le bureau d'études a abaissé ce matin sa recommandation sur le titre Saint-Gobain de 'neutre' à 'vendre' dans le cadre d'une étude consacrée au secteur de la construction. Son objectif de cours est de 40,7 euros. L'intermédiaire financier fait remarquer que le titre a surperformé son secteur d'environ 16% au cours des trois derniers mois, ce qui en fait le plus dynamique au sein de l'industrie des matériaux de construction sur la période.

Goldman Sachs réaffirme en revanche sa recommandation d'achat fort ('conviction buy') sur Lafarge, avec un nouvel objectif de cours de 85,5 euros (contre 91,1 euros précédemment) laissant entrevoir un potentiel de hausse de 47%. L'analyste dit s'attendre à une surperformance du titre liée à sa valorisation séduisante sur la foi des ratios 2011: Lafarge se traite en effet à six fois son EV/Ebitda contre une moyenne de 7,6x sur cinq ans.
Lafarge se traite en effet à six fois son EV/Ebitda contre une moyenne de 7,6x sur cinq ans.
Mais une fois n'est pas coutume, la 'reco' de Goldman Sachs n'est pas suivie par les opérateurs et le titre dévisse de -6,65% (lanterne rouge du CAC40).

Les turbulences obligataires dans le Golfe persique puisque les dernières déclarations de Dominique Strauss Kahn concernant les 50% de créances douteuses non dévoilées et encore détenues par les établissements financiers font chuter les banques avec des écarts de -5% sur BNP-Paribas, -5,5% sur Crédit AGricole, -6,15% sur Sté Générale et -5,9% sur AXA. Aux étrangères, HSBC et Credit Suisse plongent de -5,2% et Aegon et RBS de -7,5%.

EADS (-45%) a rejeté des chiffres parus dans un article paru dans Die Welt concernant les surcoûts du programme d'avion de transport militaire A400M. Le journal allemand, tenant ses informations de personnes 'proches du dossier', a affirmé que ces surcoûts pourraient s'avérer supérieurs à cinq milliards d'euros, et cite même un montant de 5,5 milliards. En réaction, le constructeur aéronautique déclare 'mettre en garde contre toute interprétation de chiffres sortis de leur contexte, tant que les négociations avec le client, l'OCCAR, et les pays de lancement, ne seront pas terminées'.

Air-France/KLM traverse un gros trou d'air de -6,5% alors que les prévisions de fréquentation des vols en baisse -hors catégorie 'low cost'-et la chute du Dollar sont perçus négativement.

Officiellement nommé hier en conseil des ministres, le nouveau PDG d'EDF Henri Proglio réaffirme ce matin au quotidien 'Le Figaro' les grandes ambitions qu'il souhaite pour son groupe. Il souhaite diversifier le catalogue qui ne contient que le réacteur nucléaire EPR: 'EDF doit donc diversifier son offre dans le nucléaire, mais aussi reprendre son leadership en thermique et en hydraulique'. Enfin, le rapprochement avec Veolia, dont il reste le président non exécutif pour une durée indéterminée, reste toujours d'actualité, tout comme sa volonté d'améliorer la disponibilité des centrales en évoquant un objectif de 85%.

Sur le SBF 120, Teleperformance perd près de 3%: le groupe a mis à jour ses prévisions, à la suite de quoi le bureau d'études Gilbert Dupont a suspendu son conseil d'achat. Teleperformance a indiqué ce matin qu'en 2009, les ventes devraient atteindre 1.820-1.830 millions d'euros et l'EBITA 8,5% des ventes cette année, puis 9-9,5% en 2010, année où le chiffre d'affaires devrait rester stable. Gilbert Dupont estime que 'pour la première fois, ses objectifs 2010 s'arrêtent au niveau de l'EBITA, le résultat net part du groupe n'est pas donné.'



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« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

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Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

Une bonne analyse à mes yeux de la crise à Dubaï trouvé sur le site d'un libéral. Je m'étais fait le même raisonnement à une époque où j'étudiais le marché immobilier à Miami, au moment de la crise et de la très brutale chute des prix là bas - on trouvais des 150 m2 pour 250 000 dollars, une bouchée de pain, dans des tours vides.

Dubaï : une faillite prévisible, et une explication que vous ne lirez nulle part ailleurs !


Cette faillite n'aurait dû surprendre personne. Pourtant, de très nombreux prêteurs, selon un article du monde, semblent pris au dépourvu, et se retrouvent en danger de devoir enregistrer de nouvelles très lourdes pertes. Il est question de 13 milliards d'euros pour les banques européennes dont quelques banques Françaises...

Pour comprendre pourquoi la chute financière de Dubaï était écrite et outrageusement prévisible pour les tenants des cycles autrichiens de la monnaie et du crédit, voici une explication de la faillite du promoteur World Dubaï que vous ne trouverez certainement pas dans la presse mainstream.

Dubaï : la malédiction des gratte-ciels ?

La faillite du premier promoteur, quasi monopolistique et sous contrôle de l'état via la famille princière, World Dubaï, dont la dette représente 80% de la dette de l'émirat, ne devrait surprendre personne. D'abord parce qu'une structure publique de cet accabit, gérée par des gens habitués à l'argent facile, est l'archétype des structures candidates aux pires erreurs de gestion.

Mais surtout, l'économiste Andrew Lawrence a lancé en 1999 une théorie intéressante, qu'il a appelé le Skyscraper Index (wikipedia), ou "index gratte-ciel", qui constate que (presque) toutes les crises du crédit de l'ère moderne ont commencé après que les gratte ciel les plus ambitieux et orgueilleux aient été construits. Non point qu'il y ait relation de causalité directe, mais parce que l'émergence de projets immobiliers pharaoniques est un indicateur semble-t-il assez fiable de l'émergence d'une bulle de crédit non soutenable par le système financier.

Naturellement, ce n'est pas le seul bon indicateur, et d'autres auteurs ont estimé que parler d'effet gratte ciel était quelque peu abusif. Mais déjà en 1995, carol Willis avait constaté que bien des projets de gratte ciel "record" s'étaient terminés par de grands déboires financiers pour leurs promoteurs, et que leur mise en service avaient souvent coïncidé avec le début de crises économiques.

Un senior Fellow de l'Institut Ludwig Von Mises d'Auburn (Georgia), Mark Thornton, représentant de l'école économique autrichienne, décrit en 2008 cet "effet gratte ciel"  dans cette étude de 41 pages (HTML ou Pdf) qui en décortique les mécanismes, les forces et les faiblesses, que  je vais tenter de vous résumer en quelques lignes.

Les gratte-ciels géants, symbole de l'euphorie née des taux d'intérêts maintenus artificiellement trop bas trop longtemps

En clair, les projets de gratte ciel sont d'excellents "marqueurs" du cycle de la monnaie pervertie par une mauvaise "régulation de marché" de la monnaie.

Thornton, s'inspirant des travaux de Richard Cantillon, économiste physiocrate du début XVIIIème souvent cité comme l'un des inspirateurs des premiers autrichiens (Böhm Bawerk ou Menger) constate que les différentes phases du cycle de la monnaie décrits par l'économiste Irlandais (et parisien d'adoption) se retrouvent dans les différentes phases de la décision de construction et de l'édification d'un gratte ciel.

D'une part, des taux d'intérêts trop bas favorisent une expansion de la taille des firmes, provoquant un besoin accru d'espace. Or, les entreprises qui sont candidates à l'édification de grands sièges sociaux souhaitent généralement le faire dans de grands centres d'affaires très regroupés, comme Manhattan ou La défense, où le foncier est nécessairement contraint. Or, les taux d'intérêt bas, dans ces conditions, provoquent une hausse du foncier constructible: les firmes sont donc tentées de maximiser l'usage du foncier en construisant en hauteur.

Les promoteurs, qui construisent ces immeubles dans plus de 2/3 des cas en vue d'en louer la plus grande partie, tendent à se méprendre sur le potentiel de marché de ces tours, puisque les indicateurs économiques nés des taux d'intérêt trop bas sont exagérément optimistes. D'autre part, les taux d'intérêts bas permettent d'investir dans les technologies de construction les plus pointues pour battre des records de hauteur ou réaliser d'authentiques exploits techno-architecturaux.

L'orgueil humain fait le reste. Les grands batisseurs ne veulent pas seulement construire une tour: ils veulent construire "la" tour, à laquelle leur société laissera son nom. Ils se persuadent que ce projet haut de gamme attirera des clients à la fois prestigieux et nombreux, ce que tout bon vendeur de produits lambda sait qu'il est très difficile de faire: on ne peut être à la fois Fiat et Aston Martin...

Un archétype de mal-investissement

Le résultat est que ces opérations, financés par des taux d'intérêt très faibles, tombent généralement dans la catégorie des "malinvestments" décrits par Mises puis Hayek dans leurs analyses respectives du cycle du crédit. De surcroit, le temps d'érection de ces monstres (j'emprunte cette phraséologie phallique à dessein, tant la psychologie du "plus gros gratte ciel" me parait relever du complexe du phallus que l'homme voudrait toujours plus grand...) fait qu'entre la décision de construire et l'arrivée sur le marché, le retournement du cycle tend à se produire: trop de projets financés par des taux faibles arrivent sur le marché à contretemps, au moment où les banques centrales, pour éviter les risques d'inflation provoqués par l'euphorie  monétaire liée à l'explosion du crédit, doivent remonter les taux. Et nombre d'immeubles construits dans l'euphorie des taux bas se remplissent mal : les loyers n'équilibrent pas les charges nées de l'exploitation de la tour, et du service de la dette.

Les propriétaires de gratte ciels, financés par un effet de levier important et dont les loyers ne rentrent pas, se retrouvent étranglés par le refinancement de leur dette à échéance, et sont parfois mis en faillite, ou rachetés à vil prix.

A Dubaï, ils auraient dû lire les économistes autrichiens...

Or, nulle part ailleurs qu'à Dubai, les projets de construction plus orgueilleux et délirants ne se sont multipliés, dont la tour de 824m de haut "Burj Dubaï" (photo). Depuis un an, des vidéos circulent sur Youtube, montrant que les immeubles ou les villas des "îles palmier" ne trouvent pas preneur. La folie des grandeurs des nouveaux pharaons les a précipité dans un mur financier. Les constructeurs privés qui se sont associés à World Dubaï vont certainement l'accompagner dans sa chute. La vidéo ci dessous (anglais remarquablement audible) est éclairante. Tournée et diffusée en février 2009, elle montre l'étendue du désastre, avec des pertes estimées déjà à l'époque de plus de 50 milliards d'Euros pour l'ensemble du secteur de la construction.

Ce qui est frappant est l'attitude de déni des personnes interviewées, tels des joueurs de Poker acculés qui misent tout sur un seul coup, persuadés que le marché se retournera sous 6 à 9 mois. Je présume que tous les protagonistes de cette vidéo doivent réfléchir à leur reconversion... Ou au moyen de fuir leurs créanciers.

La mise en service de la tour géante, presque achevée, était prévue pour Janvier 2010. En Novembre 2009, le promoteur est en cessation de paiement. Le chantier est arrêté, car les entreprises adjudicataires ne sont plus payées... Quelle extraordinaire illustration du principe de Lawrence. Et de la validité des thèses autrichiennes, hélas si peu connues des décideurs politiques qui prétendent gérer l'économie, à Dubaï comme ici...

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Nb. Prochaine "bulle de gratte ciels" à venir ? En Chine, cf. cette note de septembre. En fait, elle est déjà en cours d'éclatement, et la situation de nombre de gratte ciels à Shenzen ou d'autres villes moins médiatisées semble aussi préoccupante qu'à Dubaï. Toutefois, nul ne peut dire si cette bulle sera aussi désastreuse qu'à Dubaï pour les banques, l'économie Chinoise ne reposant pas uniquement sur l'immobilier.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

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Last edited by RPC (03-03-2011 05:08:31)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

Les Echos a écrit:

Banque : Londres va taxer temporairement les bonus

Les banques qui verseront des primes de plus de 25.000 livres à leurs employés devront s'acquitter d'une prime de 50% du montant de ces primes. Une taxe qui devrait rapporter 550 millions de livres au fisc. 
Le ministre britannique des Finances Alistair Darling a annoncé mercredi la création d'une taxe temporaire sur les bonus, que devront acquitter les banques qui verseront des primes dépassant 25.000 livres (environ 27.500 euros) à leurs employés jusqu'à début avril. La taxe s'élèvera à 50% du montant des primes, et elle devrait rapporter au fisc 550 millions de livres, soit plus de 600 millions d'euros, a précisé M. Darling.

Cette taxe temporaire, s'appliquera à "toutes les banques opérant au Royaume-Uni", jusqu'au 5 avril 2010, a ajouté le chancelier. Le ministre des Finances, qui a annoncé cette taxe dans le cadre de la présentation au Parlement des grandes lignes du budget 2010/2011, a expliqué que les sommes récoltées serviraient à financer des aides au retour à l'emploi.

M. Darling a souligné que l'idée d'un prélèvement exceptionnel sur les bénéfices des banques, qui ont reçu des aides considérables de la part de l'Etat suite à la crise financière, avait été évoquée, mais que le gouvernement l'avait écartée pour ne pas pénaliser les établissements qui affecteraient leurs profits à la reconstitution de leurs fonds propres.

"Toutes les banques ont bénéficié, directement ou indirectement", des aides de l'Etat pour enrayer la crise financière, et "ce devrait être le moment pour les banques de reconstituer leurs réserves de capitaux", a-t-il déclaré. "Cependant, certaines banques croient toujours que leur priorité est de verser des bonus substantiels à leurs employés qui recoivent déjà des salaires élevés". "Donc je leur donne le choix : elles peuvent utiliser leurs bénéfices pour augmenter leurs fonds propres, mais si elles persistent à vouloir verser des bonus importants, je suis déterminé à récupérer de l'argent pour le compte des contribuables", a ajouté le ministre.

La création de cette taxe n'est pas une surprise. Des fuites dans la presse laissaient entendre depuis quelques jours que le gouvernement allait s'en prendre aux bonus des banquiers, dans l'espoir de marquer des points au sein de l'opinion avant les prochaines élections législatives, qui devront se tenir d'ici la mi-2010.

Qui l’eût cru ? La Grande Bretagne montre l’exemple avec cette taxe sur les bonus. Ils annoncent la mesure comme étant temporaire, mais je crois surtout que c’est pour calmer les esprits des banquiers et qu’elle a vocation à durer. Et surtout la taxation des bonus, qui tomberont en début d’année prochaine en Angleterre, va servir à financer le retour à l'emploi des plus démunis.
En France, les bonus tombent vers mars. L'argument (légitime) de la fuite des banquiers, vers d'autres terres promises, ne tient plus. Sarko sait ce qui lui reste à faire.

Last edited by lehussard (09-12-2009 20:45:07)

Quand on post on raconte pas sa vie.

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Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

Je recommande cette émission, avec un débat entre Alain Minc et Jacques Julliard
http://sites.radiofrance.fr/chaines/fra … repliques/

De très bonnes analyses y sont échangées.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

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Last edited by RPC (03-03-2011 05:09:15)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

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Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

"Le CAC 40 pourrait tomber d'ici l'été prochain sous 2.800 points"


Président du bureau d'analyses Valquant (groupe DayByDay), Eric Galiègue table sur une rechute de la conjoncture mondiale à moyen terme. Il estime que les bas niveaux de valorisation apparents des marchés actions sont justifiés par un risque maximum, et que l'indice phare parisien pourrait glisser d'ici l'été prochain sous 2.800 points. Cette évolution porterait alors la décote du CAC 40 à 40%, une situation qui ne s'est produite qu'à de rares occasions au cours des trente dernières années. Prudent sur la plupart des placements refuge traditionnels, notamment sur l'or (qui devrait effectuer une correction selon lui), il recommande de rester relativement liquide dans l'immédiat.

Capital.fr : En dépit de récentes statistiques économiques contrastées, la plupart des sociétés de gestion sont positives sur la conjoncture et les actions à moyen terme. Une confiance qui contraste avec votre scénario de rechute…

Eric Galiègue : Effectivement, la situation actuelle est très particulière. Nous n’avons aucun point de repère historique nous permettant de réagir à cette crise systémique… qui n’a pas été traitée sur le fond. Gouvernements comme banques centrales ont été amenés à faire ce qu’ils se sont toujours interdit de faire : emprunter plus que de raison, et faire marcher la planche à billets pour sauver le système bancaire.

Evolution de la dette aux Etats-Unis
http://www.capital.fr/var/cap/storage/images/media/images/dette/6265064-1-fre-FR/dette.jpg

Nous ne pouvons pas rester indifférents à cette fuite en avant vouée à l’échec. En effet, les recettes qui ont fonctionné jusque maintenant, c'est-à-dire la stimulation monétaire de l’économie, sont totalement inefficaces aujourd’hui. Malheureusement, les dernières statistiques américaines montrent clairement un fort ralentissement, ce que la plupart des sociétés de gestion semblent manifestement ne pas vouloir regarder.


Rechute du secteur de l'immobilier outre-Atlantique
http://www.capital.fr/var/cap/storage/images/media/images/immobilier/6265108-1-fre-FR/immobilier.jpg


Comme par ailleurs ce ralentissement est programmé en Chine par des restrictions du crédit depuis janvier, et que l’Europe freine brutalement sur le plan budgétaire, le virage de la conjoncture économique du début de l’année 2011 nous semble très délicat à négocier…

Capital.fr : Pourtant, les actions paraissent bon marché par rapport aux autres placements alternatifs, comme l'immobilier et les obligations. La prime de risque atteint des niveaux record…

Eric Galiègue : C’est juste, mais le fait qu’une prime de risque soit très élevée traduit tout simplement que le risque associé est considérable, et c’est bien vrai aujourd’hui. Par ailleurs, la prime de risque calculée comme l’écart entre la rentabilité attendue des actions et le taux des emprunts d’Etat sans risque intègre de facto un niveau des taux trop bas. En d’autres termes, on peut aussi considérer que ce n’est pas la prime de risque qui est élevée, mais que ce sont les taux des emprunts d’Etat qui sont trop faibles !



Enfin, il paraît maintenant évident que c’est le déroulement du cycle de l’aversion au risque qui domine la dynamique des actions, pas les arbitrages réalisés par des investisseurs dont les rangs se sont clairsemés.

Capital.fr : Jusqu'où pourrait glisser le CAC 40 ?

Eric Galiègue : Le CAC 40 dispose d'un potentiel de baisse significatif, qui pourrait le ramener à 2.800 points environ. Cela correspond, du point de vue de l'analyse technique, à la moyenne des rapports extrêmes observés au cours des vingt dernières années entre le CAC40 et sa moyenne mobile à 200 jours [cours de clôture moyen des 200 dernières séances, NDLR]. Mais le marché baissier pourrait durer encore plus d’un an et porter le CAC 40 à des niveaux inférieurs. Sa sous-évaluation atteindrait alors jusqu'à 40 %. Une situation que nous avons déjà vécue, notamment dans les pires moments des crises récentes, mais aussi au cours de périodes plus longues, comme entre l'été 1981 et fin 1982, ou encore pendant l’année 1995.


Capital.fr : Pourtant, la dépréciation tendancielle de l'euro face au dollar devrait soutenir les valeurs exportatrices ?

Eric Galiègue : En fait de dépréciation tendancielle de l’euro, on se retrouve aujourd’hui à mi-juillet avec un euro qui vient de rebondir de plus de 1,5 % en une journée, suite à la publication d’indicateurs avancés défavorables aux Etats-Unis. Comme le mauvais indice Philly Fed par exemple, qui a confirmé la mauvaise tendance de l’ISM [indice des directeurs d'achats, NDLR]. La monnaie unique se retrouve déjà à 1,29 dollar, soit 10 cents de plus que les plus bas de la crise de mai, et près de 10 % au-dessus de sa parité de pouvoir d’achat [la PPA se situe à 1,18 dollar pour un euro, NDLR]!


Je crois qu’effectivement la baisse marquée, et logique, de l’euro contre le billet vert devrait soutenir les entreprises exportatrices européennes. Mais la logique financière qui domine complètement les marchés fera chuter les indices actions avec l’euro, en tous cas dans un premier temps. Ce n’est que dans un second temps, et à partir de niveaux beaucoup plus bas qu’aujourd’hui, que la dépréciation de l’euro pourrait favoriser les cours de nos sociétés exportatrices…


Capital.fr : Les marchés émergents parviendront-ils à tirer leur épingle du jeu, ou seront-ils affectés comme les indices occidentaux par la remontée de l'aversion au risque ?

Eric Galiègue : J’ai tendance à considérer que la hausse des marchés émergents est comparable aux autres modes -ou bulles financières, pour ne pas dire spéculatives- qui marquent à intervalles réguliers les marchés d’actions : la mode du Japon à la fin des années 80 -la valeur totale des actions nippones représentait alors plus que la valeur totale des actions américaines, la mode d’Internet au tournant du siècle… A chaque fois, il y a toujours de bonnes justifications à ces modes, et pourtant elles se terminent inévitablement par des pertes considérables pour ceux qui craquent au dernier moment… Je pense que les investissements en actions dans les pays émergents doivent se faire via les entreprises occidentales qui y ont investi plutôt que dans des firmes locales, auxquelles sont associés toutes sortes de risques. Il est quand même beaucoup plus risqué d’acheter une société indienne, brésilienne ou chinoise, que d’acheter Air Liquide ou Intel !

Capital.fr : Face à la tourmente, quels placements les investisseurs doivent-ils privilégier ?

Eric Galiègue : L’or, au-delà d’une période de forte consolidation que nous envisageons pour les six prochains mois, a probablement un gros potentiel à horizon cinq à dix ans, selon l'analyse du cycle de Kondratieff [célèbre économiste russe ayant mis en évidence des cycles économiques de 54 ans environ, NDLR].

Vagues d'impulsion du cours de l'once d'or
http://www.capital.fr/var/cap/storage/images/media/images/gold2/6265168-1-fre-FR/gold.jpg

Il faut par ailleurs se méfier des emprunts d’Etat, car les structurations habituelles des taux sont bouleversées par la crise actuelle. Ainsi, dans un futur proche, il ne sera pas rare de voir des rendements sur obligations de certaines entreprises inférieurs aux rendements de certains pays [autrement dit, l'évolution des cours des obligations souveraines risque de décevoir, comparée à celle des emprunts privés, NDLR]. La pierre, en tant qu'actif réel, correspond finalement à un investissement refuge : pourquoi pas, mais pas à n’importe quel prix ! Quant aux matières premières agricoles, elles évoluent surtout en fonction de critères saisonniers. Enfin, malheureusement pour les analystes financiers qui aiment investir, la situation actuelle justifie, au moins temporairement, de rester cash…

Propos recueillis par Nicolas Gallant

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

Le Monde a écrit:

Pourquoi nous sommes des économistes atterrés

Philippe Askenazy, CNRS ; Thomas Coutrot, conseil scientifique d'Attac ; André Orléan, CNRS, EHESS ; Henri Sterdyniak, OFCE

La crise économique et financière qui a ébranlé le monde en 2008 n'a pas affaibli la domination des schémas de pensée qui orientent les politiques économiques depuis trente ans. Le pouvoir de la finance n'est pas remis en cause. En Europe, au contraire, les Etats, sous la pression des institutions européennes et internationales et des agences de notation, appliquent avec une vigueur renouvelée des programmes de réformes et d'ajustements structurels qui ont dans le passé montré leur capacité à accroître l'instabilité économique et les inégalités sociales.

Certes, les pouvoirs publics ont dû partout improviser des plans de relance keynésiens, et même parfois nationaliser temporairement des banques. Mais ils veulent refermer au plus vite cette parenthèse. Le logiciel "néolibéral" est toujours le seul présenté comme légitime, malgré ses échecs patents. Fondé sur un paradigme qui présuppose l'efficience des marchés notamment financiers, il prône de réduire les dépenses publiques, de privatiser les services publics, de flexibiliser le marché du travail, de libéraliser le commerce, les services financiers et les marchés de capitaux, d'accroître la concurrence en tout temps et en tout lieu...

L'Union européenne est prise dans un piège institutionnel. Les déficits publics ont explosé à cause de la crise financière. Mais pour les financer, les Etats se sont contraints à emprunter chèrement auprès d'institutions financières privées, qui obtiennent, elles, des liquidités à bas prix de la Banque centrale européenne (BCE). Les marchés ont donc la clé du financement des Etats.

Dans ce cadre, l'absence de garantie des dettes publiques par la BCE comme le manque de solidarité européen permettent le développement de la spéculation, d'autant que les agences de notation jouent à accentuer la défiance.

Pour rassurer les marchés, un Fonds de stabilisation de l'euro a été improvisé, mais surtout des plans drastiques et bien souvent aveugles de réduction des dépenses publiques ont été lancés à travers l'Europe. Les prestations sociales, des Pays-Bas au Portugal en passant par la France avec l'actuelle réforme des retraites, sont en voie d'être gravement amputées alors que se profile le spectre d'un chômage et d'une précarité persistants. Les fonctionnaires sont souvent touchés en priorité, y compris en France, où la hausse des cotisations retraite sera une baisse déguisée de leur salaire.

Mesures irresponsables

Le nombre de fonctionnaires diminue partout, menaçant le bon fonctionnement des services publics (éducation, santé...). Ces mesures sont irresponsables d'un point de vue politique et social, et même au strict plan économique, puisqu'elles vont maintenir les pays européens dans la récession.

La construction européenne elle-même est menacée. L'économie devrait y être au service de la construction d'un continent démocratique, pacifié et uni. Au lieu de cela, une forme de dictature des marchés s'impose partout.

Face à la crise sociale et à l'impuissance du politique, les tensions xénophobes s'attisent, souvent instrumentalisées par des dirigeants sans scrupules.

Qu'on l'interprète comme le désir de "rassurer les marchés" de la part de gouvernants effrayés, ou bien comme un prétexte pour imposer des choix idéologiques, la soumission sans débat à cette dictature n'est pas acceptable. Un véritable débat démocratique sur les choix de politique économique doit donc être ouvert en France et en Europe.

En tant qu'économistes, nous sommes atterrés de voir que ces politiques sont toujours à l'ordre du jour et que leurs fondements théoriques ne sont pas publiquement remis en cause. D'autres choix doivent être discutés. La crise a mis à nu la fragilité des évidences répétées à satiété par les décideurs et leurs conseillers. Il faut interroger ces fausses évidences, mal fondées scientifiquement. Les économistes doivent donc assumer leurs responsabilités.

La plupart des "experts" qui interviennent dans le débat public le font pour rationaliser les politiques actuelles de soumission des politiques économiques aux exigences des marchés financiers. Mais, à l'instar de celles qui l'on précédée, cette grande crise doit provoquer une refondation de la pensée économique. Nombre de chercheurs commencent d'ailleurs à s'y atteler dans le monde.

Issus d'horizons théoriques très différents, nous avons souhaité favoriser l'expression publique des nombreux économistes qui ne se résignent pas à voir un schéma "néolibéral" réaffirmé et jugent qu'il faut changer le paradigme des politiques économiques en Europe. Nous avons rédigé un "Manifeste d'économistes atterrés".

Nous espérons que notre initiative contribuera, avec d'autres, à vivifier la réflexion sur les alternatives aux politiques actuelles, qui menacent les fondements mêmes de l'idée européenne.

Site web : economistes-atterres.blogspot.com

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Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

Un article sur ce manifeste, avec l'ensemble de leurs propositions. Je relève que pas mal d'entre elles ont déjà été débattues sur le forum :

Des économistes «atterrés» contre le pouvoir de la finance
Emmanuel Lévy- Marianne | Mardi 14 Septembre 2010 à 05:01

Alors que les banques viennent de finaliser pour leur plus grand avantage, leur autorégulation, via les accords de Bâle 3, un groupe d'économistes veut faire entendre une autre petite musique. Dans ce manifeste que nous publions ci-dessous, ils dénoncent les fausses évidences qui sont à l'origine de la crise et qui demeurent aujourd'hui encore l'alpha et l'oméga des politiques économiques. Un manifeste qui est aussi une pétition..


André Orléan, un des quatre auteurs du manifeste. Capture d'écran - Dailymotion
André Orléan, un des quatre auteurs du manifeste. Capture d'écran - Dailymotion
Ils ne sont pas énervés. Le terme aurait donné sans doute un peu trop dans la phraséologie « gauchiste». Ils sont simplement « atterrés » par la (non) qualité du débat économique. Philippe Askenazy, Thomas Coutrot, André Orléan et Henri Sterdyniak, les quatre chercheurs à l’origine de la pétition intitulée « Manifeste d’économistes atterrés  » ont donc pondu un texte qui liste en 10 points « les fausses évidences économiques (qui) inspirent des mesures injustes et inefficaces ».
Comme la première d’entre elles, « l’efficience des marchés », toutes ont été  érigées en quasi loi de la physique, et fondent, selon eux, une pratique politique qui a montré son échec avec la crise de 2007-2008. Pire, cette « orthodoxie libérale » s’applique avec « une vigueur renouvelée » depuis, inspirant aujourd’hui les plans de rigueur, comme hier les « ajustements structurels » et autres déréglementations.

C’est sous l’égide de l’Afep (rien à voir avec l’association française des entreprises privées, le lobby des multinationales hexagonales, avec qui elle a en partage le même sigle) que ce texte a été élaboré. L'Association française d’économie politique, présidée par André Orléan entend dénoncer, au travers de ce texte, le pouvoir de la finance. Pour les signataires, ce pouvoir est la matérialisation sociale, donc le produit des schémas de pensée qui orientent les politiques économiques depuis trente ans.


Cet hyper-pouvoir, par nature a-démocratique, ce même Orléan l’avait déjà identifié, il y a une dizaine d’années avec son livre « le Pouvoir de la finance » (Odile Jacob). Le professeur y décrivait déjà tous les éléments constitutifs d’une crise financière qui s’est finalement matérialisée avec l’explosion d’une de ses composantes pourtant marginales, les subprimes. Les quatre économistes ne se limitent cependant pas à identifier dix fausses évidences. Ils livrent également 22 contre-propositions qu’ils souhaitent mettre en débat. Si ces 22 mesures ne sauraient« constituer un programme alternatif », ainsi que l’affirme, très précautionneusement le texte, elles en ont pourtant la portée, tant d’un point de vue technique que politique. On aimerait bien connaître le sentiment de Martine Aubry ou d'Eva Joly sur ce squelette programmatique.

D’ailleurs en conclusion le manifeste cache moins bien son ambition : « Mettre en débat la politique économique, tracer des chemins pour refonder l’Union européenne. » Il s’agit pour eux de faire du judo : s’appuyer sur la nécessaire remise en cause du pouvoir de la finance pour redonner un projet politique à l’Europe. Bref « dégager les États de l’étreinte des marchés financiers. C’est seulement ainsi que le projet de construction européenne pourra espérer retrouver une légitimité populaire et démocratique qui lui fait aujourd’hui défaut. » Et ils ont même une petite idée sur le modus operendi. Pour eux, « il n’est pas réaliste d’imaginer que 27 pays décideront en même temps », ils poussent donc à une « refondation de l’Union européenne (qui) passera elle aussi au début par un accord entre quelques pays. »


Approfondissement plutôt qu’élargissement, et remise sur l’ouvrage des coopérations renforcées…

De vraies idées, un vrai projet: le manifeste vaut assurément le détour.



FAUSSE EVIDENCE N°1 : LES MARCHES FINANCIERS SONT EFFICIENTS

Mesure n°1 : cloisonner strictement les marchés financiers et les activités des acteurs financiers, interdire aux banques de spéculer pour leur compte propre, pour éviter la propagation des bulles et des krachs
Mesure n°2 : Réduire la liquidité et la spéculation déstabilisatrice par des contrôles sur les mouvements de capitaux et des taxes sur les transactions financières 
Mesure n°3 : limiter les transactions financières à celles répondant aux besoins de l’économie réelle (ex. : CDS uniquement pour les détenteurs des titres assurés, etc.)

Mesure n°4 : plafonner la rémunération des traders.


FAUSSE EVIDENCE N°2 : LES MARCHES FINANCIERS SONT FAVORABLES A LA CROISSANCE ECONOMIQUE

Mesure n°5 : renforcer significativement les contre-pouvoirs dans les entreprises pour obliger les directions à prendre en compte les intérêts de l’ensemble des parties prenantes 


Mesure n°6 : accroître fortement l’imposition des très hauts revenus pour décourager la course aux rendements insoutenables 

Mesure n°7 : réduire la dépendance des entreprises vis-à-vis des marchés financiers, en développant une politique publique du crédit (taux préférentiels pour les activités prioritaires au plan social et environnemental)


FAUSSE EVIDENCE N° 3 : LES MARCHES SONT DE BONS JUGES DE LA SOLVABILITE DES ETATS
Mesure n°8 : les agences de notation financière ne doivent pas être autorisées à peser arbitrairement sur les taux d’intérêt des marchés obligataires en dégradant la note d’un État : on devrait réglementer leur activité en exigeant que cette note résulte d’un calcul économique transparent.

Mesure n°8bis : affranchir les États de la menace des marchés financiers en garantissant le rachat des titres publiques par la BCE.



FAUSSE EVIDENCE N° 4 : L’ENVOLEE DES DETTES PUBLIQUES RESULTE D’UN EXCES DE DEPENSES 

Mesure n° 9 : Réaliser un audit public et citoyen des dettes publiques, pour déterminer leur origine et connaître l’identité des principaux détenteurs de titres de la dette et les montants détenus.


FAUSSE EVIDENCE N°5 : IL FAUT REDUIRE LES DEPENSES POUR REDUIRE LA DETTE PUBLIQUE
Mesure n°10 : Maintenir le niveau des protections sociales, voire les améliorer (assurance-chômage, logement…)

Mesure n°11 : accroître l’effort budgétaire en matière d’éducation, de recherche, d’investissements dans la reconversion écologique... pour mettre en place les conditions d’une croissance soutenable, permettant une forte baisse du chômage.



FAUSSE EVIDENCE N°6 : LA DETTE PUBLIQUE REPORTE LE PRIX DE NOS EXCES SUR NOS PETITS-ENFANTS
Mesure n°12 : redonner un caractère fortement redistributif à la fiscalité directe sur les revenus (suppression des niches, création de nouvelles tranches et augmentation des taux de l’impôt sur le revenu…)

Mesure n°13 : supprimer les exonérations consenties aux entreprises sans effets suffisants sur l’emploi.


FAUSSE EVIDENCE N°7 : IL FAUT RASSURER LES MARCHES FINANCIERS POUR POUVOIR FINANCER LA DETTE PUBLIQUE
Mesure n°14 : autoriser la Banque centrale européenne à financer directement les États (ou à imposer aux banques commerciales de souscrire à l’émission d’obligations publiques) à bas taux d’intérêt, desserrant ainsi le carcan dans lequel les marchés financiers les étreignent.

Mesure n°15 : si nécessaire, restructurer la dette publique, par exemple en plafonnant le service de la dette publique à un certain % du PIB, et en opérant une discrimination entre les créanciers selon le volume des titres qu’ils détiennent : les très gros rentiers (particuliers ou institutions) doivent consentir un allongement sensible du profil de la dette, voire des annulations partielles ou totales. Il faut aussi renégocier les taux d’intérêt exorbitants des titres émis par les pays en difficulté depuis la crise.   



FAUSSE EVIDENCE N°8 : L’UNION EUROPÉNNE DÉFEND LE MODELE SOCIAL EUROPÉEN

Mesure n°16 : remettre en cause la libre circulation des capitaux et des marchandises entre l’Union européenne et le reste du monde, en négociant des accords multilatéraux ou bilatéraux si nécessaire.

Mesure n°17 : au lieu de la politique de concurrence, faire de « l’harmonisation dans le progrès » le fil directeur de la construction européenne. Mettre en place des objectifs communs à portée contraignante en matière de progrès social comme en matière macroéconomique (des GOPS, grandes orientations de politique sociale).



FAUSSE EVIDENCE N°9 : L’EURO EST UN BOUCLIER CONTRE LA CRISE 

Pour que l’euro puisse réellement protéger les citoyens européens de la crise nous mettons en débat deux mesures :
Mesure n°18 : assurer une véritable coordination des politiques macroéconomiques et une réduction concertée des déséquilibres commerciaux entre pays européens 
Mesure n°19 : compenser les déséquilibres de paiements en Europe par une Banque de Règlements (organisant les prêts entre pays européens).

Mesure n°20 : si la crise de l’euro mène à son éclatement, et en attendant la montée en régime du budget européen (cf. infra), établir un régime monétaire intraeuropéen (monnaie commune de type « bancor ») qui organise la résorption des déséquilibres des balances commerciales au sein de l’Europe.



FAUSSE EVIDENCE N°10 : LA CRISE GRECQUE A ENFIN PERMIS D’AVANCER VERS UN GOUVERNEMENT ECONOMIQUE ET UNE VRAIE SOLIDARITE EUROPEENNE   

Mesure n°21 : développer une fiscalité européenne (taxe carbone, impôt sur les bénéfices, …) et un véritable budget européen pour aider à la convergence des économies et tendre vers une égalisation des conditions d’accès aux services publics et sociaux dans les divers États membres sur la base des meilleures pratiques.

Mesure n°22 : lancer un vaste plan européen, financé par souscription auprès du public à taux d’intérêt faible mais garanti, et/ou par création monétaire de la BCE, pour engager la reconversion écologique de l’économie européenne.

Je suis juste un peu dubitatif sur leur idée de recommencer l'UE sur une base plus restreinte. Au fond ce n'est qu'une resucée des coopérations renforcées qui existent déjà dans le Traité de Lisbonne.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

Intéressante conférence d'Hervé Juvin à l'Ecole militaire, sur la mondialisation :

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Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

Deux bonnes chroniques de Paul Jorion :

Pour Jorion, Bâle III n'est pas suffisant, et le fait que les banques doivent n'attendre que 2019 pour appliquer ces nouvelles règles, à ses yeux insuffisantes (notamment les fonds propres demandées aux banques qui passe à 7%) fait qu'à ses yeux, cette réforme ne protegera pas l'économie d'une nouvelle crise dans cet espace de temps :

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Analyse fort intéressante sur les HFT, le high frequency trading et les causes des coups de chauds de ce printemps :

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Réflexions sur les évolutions des marchés des matières premières agricoles, dont les variations entrainent des distorsions qui ont de très lourdes conséquences sur les structures et les incitations agricoles des pays en développement, sur les famines, etc :

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Sur le quantitative easing et la dette des Etats :

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Deux autres chroniques sur les réunions des Pdts de Banques centrales et sur les G8 et G20

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Last edited by Gourkuff (25-10-2010 12:13:39)

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Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

Gourkuff a écrit:

Pour Jorion, Bâle III n'est pas suffisant, et le fait que les banques doivent n'attendre que 2019 pour appliquer ces nouvelles règles, à ses yeux insuffisantes (notamment les fonds propres demandées aux banques qui passe à 7%) fait qu'à ses yeux, cette réforme ne protegera pas l'économie d'une nouvelle crise dans cet espace de temps :

Position pas très risquée que d'annoncer une nouvelle crise financière dans les dix ans. Ca me fait penser à une sorte de retournement de la phrase de Cocteau ("puisque ces mystères nous dépassent, feignons d'en être l'organisateur") qui deviendrait : "puisqu'une prochaine crise financière est probable, feignons d'en voir déjà l'origine".

(Ps : je précise que je n'ai pas vu la chronique)

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Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

Lolilol équiprobable a écrit:
Gourkuff a écrit:

Pour Jorion, Bâle III n'est pas suffisant, et le fait que les banques doivent n'attendre que 2019 pour appliquer ces nouvelles règles, à ses yeux insuffisantes (notamment les fonds propres demandées aux banques qui passe à 7%) fait qu'à ses yeux, cette réforme ne protegera pas l'économie d'une nouvelle crise dans cet espace de temps :

Position pas très risquée que d'annoncer une nouvelle crise financière dans les dix ans. Ca me fait penser à une sorte de retournement de la phrase de Cocteau ("puisque ces mystères nous dépassent, feignons d'en être l'organisateur") qui deviendrait : "puisqu'une prochaine crise financière est probable, feignons d'en voir déjà l'origine".

(Ps : je précise que je n'ai pas vu la chronique)


+1

Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

Un ponte analyse très en verve et énervé par le traitement médiatique des la réalité financière :

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Last edited by Gambetta (26-10-2010 02:30:14)

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

Intéressante analyse de Frédéric Lordon sur les nouvelles normes de régulation Bâle III. Où l'on apprend que les fonds propres rétrospectivement analysés comme nécessaires pour encaisser le choc de la crise s'élevaient à 20% pour la Citybank par exemple; à comparer aux 7% demandés par Bâle III.

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« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

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Jean Ziegler sur les conséquences de la spéculation agricole et du fonctionnement du capitalisme financier qui semble n'avoir aucun égard à la réalité agricole du monde.

Last edited by Gourkuff (05-11-2010 02:26:04)

Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

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Une analyse intéressante sur la crise.

"Les ABS, c'est Trinita"
"Plus la crise est forte, plus elle nous appauvrit, plus la dictature sera forte"

Jovanovic prédit un second crash dans quelques années au regard des données économiques réelles de la finance mondiale. Préparez vos arrières, car il se peut qu'un jour, retrait d'argent collectif ou pas, les économies de tout un chacun disparaissent en fumée.

Quelques erreurs factuelles néanmoins. Il confond l'incendie du Reishtag avec la nuit de cristal et les trillions et les trilliards... Mais il y a beaucoup de vrai dans son analyse hétérodoxe.

Last edited by Emmanuel Goldstein (06-12-2010 21:51:06)

Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

Et également une vidéo de David Mascré, prof à Paris V et HEC, qui analyse la crise en tant qu'elle est devenu un régime permanent des société occidentales. Il étudie également la confluence de la crise économique et financière et la crise agricole, alimentaire et sanitaire qui s'annonce, avec un gros risque de pénurie dans les années qui viennent. Analyse très fine.

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Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

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Olivier Delamarche, toujours aussi bon.

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

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Re: Crise financière, crise économique, crise sociale, crise morale

Henry Ford fut l'un des premiers à prôner des augmentations de salaires pour ses salariés à faibles revenus. Il avait compris que c'était la consommation qui soutenait la production (et accessoirement que ses salariés achèteraient les caisses sorties de ses usines). On va peut-être (enfin) revenir aux fondamentaux ?

Le Monde a écrit:

"La crise a montré qu'augmenter les hauts revenus, c'était gaspiller de l'argent"

Le Bureau international du travail a publié, mercredi 15 décembre, son second rapport sur les salaires dans le monde dans lequel il s'inquiète de la stagnation persistante des revenus, phénomène qui, selon le BIT, "fut un élément déclencheur de la crise" et "continue d'affaiblir la reprise dans de nombreuses économies".

Entretien avec Gérard Cornilleau, directeur adjoint au département des études à l'OFCE, centre de recherche économique de Sciences Po.

Dans quelle mesure la question des salaires a-t-elle pu contribuer au déclenchement de la crise ?

Le facteur de crise, c'est le fait que ces dernières années, les hauts salaires ont fortement augmenté, et cela à peu près partout dans le monde, au détriment des bas salaires, particulièrement ceux qui sont juste au-dessus du salaire minimum, mais en dessous du salaire médian, qui ont stagné. Car d'un côté on a donné beaucoup plus à ceux qui avaient déjà de hauts revenus, donc ceux qui logiquement ne pouvaient pas consommer beaucoup plus que ce qu'ils consommaient déjà – il y a un moment où la consommation sature, pour caricaturer, il est rare que celui qui a déjà une Porsche, en achète une seconde et encore moins une troisième... – et de l'autre on a rationné la consommation de ceux qui en avaient un fort besoin.

Aux Etats-Unis, on a cru un temps avoir résolu la quadrature du cercle en disant "pour consommer, les bas salaires peuvent s'endetter" et c'est comme ça que ce système bancal a été maintenu en vie par des crédits à la consommation et des taux d'intérêt peu élevés. Le résultat de ces logiques, c'est d'un côté des hauts revenus qui ne sachant plus quoi faire de leur argent se mettent à spéculer, et de l'autre des bas revenus qui se sont surendettés pour pouvoir consommer. C'est la crise de 2008. Ce qu'elle a démontré c'est qu'on avait gaspillé de l'argent à donner plus à ceux qui avaient déjà trop. Et qu'il fallait absolument remettre en ordre la hiérarchie salariale pour qu'elle soit efficace du point de vue économique.

Mais la hausse des salaires n'a pas vraiment l'air d'être au cœur des politiques économiques qui sont annoncées pour 2011, en Europe notamment...

La première question est : faut-il augmenter les salaires ? Le BIT le prône, de nombreux économistes aussi, ainsi que la Confédération européenne des syndicats. Mais ce n'est pas forcément la position ni des gouvernants, ni du patronat. La seconde question est : comment faire pour augmenter les bas salaires ? Et là on se rend compte que les moyens d'action des politiques sont relativement limités. Il en existe deux principaux selon moi.

D'abord dans les pays où il existe, on peut augmenter le salaire minimum. C'est le cas de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis, ou encore de la France, mais nous avons vu mardi que le gouvernement n'a pas voulu pousser la revalorisation du SMIC pour 2011 au-delà du minimum légal. Mais ce dispositif n'existe pas en Allemagne par exemple où les bas salaires sont particulièrement faibles. Et l'autre problème, c'est qu'en agissant sur le salaire minimum, on n'agit pas sur les salaires intermédiaires, ceux qui sont entre le minimum et le salaire médian.

L'autre moyen dont dispose l'Etat, c'est la politique de l'exemple, en augmentant les salaires des fonctionnaires. Ce n'est pas systématique mais en général on peut compter sur un effet d'imitation et de diffusion à d'autres secteur. Mais on voit bien là encore que ce n'est pas du tout le choix qui est fait par les gouvernements européens notamment, qui ont tous annoncé des budgets d'austérité, dont beaucoup prévoient au contraire de baisser les salaires des fonctionnaires. Ce sont des choix qui me semblent inquiétants car ils risquent de nous faire replonger dans la crise.

Dans quelle mesure ?

Ces politiques qui visent à faire des économies budgétaires réduisent la dynamique salariale, réduisent l'emploi public, et donc freinent la consommation. On réduit la demande au moment même où les usines sont en sous-production, où le chômage est élevé, donc où on a une capacité industrielle et humaine sous-exploitée. On ne fait qu'approfondir le déséquilibre. Et ceux qui disent que l'Etat n'a plus les moyens de faire des budgets de relance oublient que lorsque les salaires sont bas, les impôts sont bas et les recettes fiscales sont faibles. C'est très déprimant d'être dans une situation d'endettement mais il ne faut pas oublier que ce n'est pas l'endettement public qui nous a mis dans cette situation difficile. C'est une crise de la dette privée. Et c'est pour éviter une crise financière de l'ampleur de celle des années 30 que les gouvernements ont dû creuser la dette publique. Entre deux maux, ils ont choisi le moindre.

Cet endettement public, qui était indispensable, on ne pourra pas le résorber avant dix ou quinze ans. Donc on pourrait voir à moyen terme et envisager d'augmenter les salaires maintenant pour faire repartir l'économie. Mais là on se confronte à ce que les économistes appelle un "problème de cohérence intertemporel" : le temps du politique n'est pas celui de l'économie, il faudrait faire un plan cohérent sur quinze ans. Pas sur les deux prochaines années.