Topic: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

La situation en Grèce promet d’être explosive cette année. Aussi la création d’un thread spécifique pour analyser les spéculations sur sa dette, les réactions de la population aux différentes mesures d’austérité qui lui seront imposées et la réaction européenne (enfin une solidarité financière entre les états membres ?) me semble justifiée.

Le Monde a écrit:

Des milliers de fonctionnaires grecs manifestent contre les mesures d'austérité

Des milliers de fonctionnaires grecs ont répondu, mercredi 10 février, à l'appel à la grève de leur syndicat, l'Adedy, pour protester contre les mesures d'austérité salariale prévues par le gouvernement socialiste pour sortir le pays de la crise financière. L'Adedy a notamment appelé ses adhérents à se mobiliser contre les "sacrifices injustes et inefficaces" du plan de sortie de crise du gouvernement qui prévoit une baisse des salaires réels des fonctionnaires, un coup de frein aux embauches et une suppression des privilèges fiscaux.

Les fonctionnaires membres de l'Adedy, qui compte près de trois cent mille adhérents, devaient manifester en fin de matinée dans le centre d'Athènes et à Salonique, la grande ville du nord de la Grèce. Le Front de lutte syndical (PAME), émanation de l'ultra-orthodoxe parti communiste (KKE), a appelé ses membres à se joindre au mouvement. La grève touche les employés des ministères, des services des impôts, des préfectures et des municipalités, ainsi que les enseignants. Les contrôleurs aériens se sont joints à la grève et il n'y aura aucun trafic aérien mercredi en Grèce. Les deux grandes compagnies aériennes grecques, Olympic Air et Aegean, ont annulé tous leurs vols de mercredi et avaient avancé l'heure de départ des vols de mardi soir.

L'organisme national des chemins de fer (OSE) a aussi réduit fortement ses trains sur les lignes intérieures en raison d'un arrêt de travail de neuf heures de la Fédération nationale des chemins de fer (POS). Les lignes internationales ne sont pas touchées par le mouvement. Un personnel d'astreinte a été mis en place dans les hôpitaux publics pour répondre aux urgences. La grève de l'Adedy ne touche pas les transports urbains.

Quand on post on raconte pas sa vie.

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Evolution des spreads (c'est-à-dire les primes de risques) des dettes gouvernementales :

http://blogs.lesechos.fr/IMG/jpg/evolution_spread.jpg

Les Echos a écrit:

Les Européens cherchent une solution pour venir en aide à la Grèce
[ 10/02/10  ]

A l'occasion du sommet de Bruxelles, les partenaires européens de la Grèce devraient lui proposer demain un plan d'aide. La situation grecque et l'affolement des marchés qu'elle a provoqué vont constituer un premier test pour la crédibilité de la gouvernance économique que les Vingt-Sept devraient enfin se décider à mettre en place.

L'Europe était sur les dents et les marchés suspendus hier dans l'attente du sommet européen de demain qui doit apporter sinon « la » solution du moins une série de réponses à la crise de la dette grecque. Au point que le léger changement d'horaire de l'avion de Jean-Claude Trichet, décidé à rentrer un peu plus tôt que prévu d'Australie, hier, pour ne pas rater l'ouverture du sommet, a fait trébucher l'euro. Il est clair en tout cas que les dirigeants européens joueront, demain à Bruxelles, une partie difficile. Il s'agit tout à la fois de sauver la Grèce, de mettre fin aux tensions sans précédent que les craintes de faillite de ce pays font peser sur l'ensemble de la zone euro et de proposer une stratégie crédible de sortie de crise. Les institutions européennes, d'un côté, les principaux dirigeants de l'Union, de l'autre, semblent sur le point d'avoir bouclé un plan à double détente.

Sous haute surveillance
D'après un député allemand CSU, Michael Meister, l'Allemagne a travaillé avec ses partenaires de la zone euro à la mise en place d'une aide financière sous condition au gouvernement grec. Soit un emprunt soit des aides bilatérales. Le « Wall Street Journal » et le « FT Deutschland » précisaient hier soir que l'Allemagne serait prête à étudier des garanties de prêt. Athènes, aux abois, a annoncé hier un nouveau durcissement de sa politique budgétaire alors que le pays va être confronté aujourd'hui à un mouvement de grève des fonctionnaires. A l'issue de la réunion à huis clos qui devrait durer six heures, les 27 dirigeants de l'Union devraient annoncer qu'ils ont décidé d'écarter toute intervention du FMI, vécue comme un constat d'échec par les pays de la zone euro. Et qu'ils ont placé la Grèce sous haute surveillance afin qu'elle applique à la lettre son programme d'assainissement. L'autre volet du plan européen porterait sur la mise en place rapide d'une gouvernance économique commune pour éviter la répétition de ce scénario catastrophe. Le Belge Van Rompuy, président du Conseil européen, a donné le ton dans un document transmis aux Vingt-Sept lundi. Il y évoque la création d'un « gouvernement économique » entre les pays partageant l'euro, via des incitations financières octroyées aux bons élèves. Un document préparé par José Manuel Barroso irait dans le même sens en fixant quelques objectifs prioritaires et en expliquant qu'une coordination plus rigoureuse - pourquoi pas assortie de sanctions ? -aurait empêché la Grèce de « gaspiller » les recettes de l'Etat, selon l'expression de Joaquin Almunia, encore commissaire chargé des affaires économiques et monétaires.

Des mesures de correction

Hier à Strasbourg, ce dernier n'a pas caché la gravité de la situation. « La situation de la Grèce constitue un sujet de préoccupation pour la zone euro… avec un sérieux risque de contagion dans d'autres parties de cette zone », a-t-il expliqué à la tribune du Parlement européen, plaçant les capitales de l'Union face à leurs responsabilités. Avant d'ajouter : « Nous n'avons pas besoin de faire appel au FMI. Nous pouvons et nous devons aider nous-mêmes ce pays. » L'aide européenne ne sera toutefois délivrée à la Grèce qu'après la mise en oeuvre scrupuleuse des mesures de correction.

Certaines prévisions récentes :

27 janvier (Reuters) - La crise et le recours au soutien
public ont entraîné une forte hausse des déficits et de la dette
publics de nombreux pays matures et émergents, ce dont les
marchés ont pris acte en réappréciant leur risque de signature. L'étalonnage de la qualité de la dette des Etats - reflété
par les dérivés de crédit (Credit Default Swaps) qui mesurent le
coût contre le risque de défaut à une échéance donnée - ne
traduit toutefois qu'imparfaitement les situations comparées des
finances publiques, notamment au sein de la zone euro mais aussi
entre pays émergents et pays matures, selon plusieurs analystes. Au sein de la zone euro, un réexamen de la hiérarchie de la
dette souveraine doit sans doute intervenir alors que les
mouvements brusques entraînés par la dégradation de la notation
de la Grèce ont conduit les investisseurs à accorder trop de
confiance aux grands pays et pas assez aux petits, estiment
ainsi les équipes de recherche d'Amundi, l'entité issue du
rapprochement des activités de gestion du Crédit agricole et de
la Société générale. Selon la Commission européenne, rappelle Amundi, la moitié
des pays de la zone euro ont un risque élevé de soutenabilité de
leur dette publique (Irlande, Grèce, Espagne, Chypre, Malte,
Pays-Bas, Slovénie et Slovaquie),
quasiment tous les autres
(Belgique, Allemagne, France, Italie, Luxembourg, Autriche,
Portugal) ont un risque jugé moyen.
(...)
Au sein de la zone euro, "les risques de poursuite de la
dégradation de la notation de certains pays sont certes
importants", prévient Amundi, citant en particulier la Grèce qui
a lancé avec succès un emprunt de 8 milliards d'euros en début
de semaine sans que le coût de l'assurance contre un défaut ne
s'en trouve fortement réduit.Mais, "du point de vue d'un investisseur ayant la possibilité
de conserver la dette à maturité, les obligations
gouvernementales à haut rendement dans la zone euro (comme la
Grèce ou l'Irlande) nous paraissent particulièrement
attractives", écrivent les analystes d'Amundi.
"Il est extrêmement peu probable qu'un Etat de la zone euro
soit en défaut de paiement dans les dix ans, et encore moins sur
les trois années à venir." "Par ailleurs, l'écart avec le taux de dettes souveraines
émergentes n'a jamais été aussi faible et les investisseurs ont
là une occasion de profiter d'une rémunération digne d'un
emprunt émergent en investissant dans la zone euro",
soulignent-t-ils.
http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt … CE20100127

Quand on post on raconte pas sa vie.

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Va te faire endetter.

Certes.

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Sinon, Lehussard, ton graphe des spreads est mignon mais ça serait chouette d'ajouter l'Allemagne, pour qu'on se fasse mal, nous aussi.

Certes.

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

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Last edited by RPC (06-03-2011 19:17:15)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

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Last edited by RPC (06-03-2011 19:17:51)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

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Last edited by RPC (06-03-2011 19:18:32)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

RPC a écrit:
Jacques-Henri a écrit:

Sinon, Lehussard, ton graphe des spreads est mignon mais ça serait chouette d'ajouter l'Allemagne, pour qu'on se fasse mal, nous aussi.

Les spreads sont calculés en référence à l'Allemagne, c'est donc l'axe des abscisses si tu préfères

Ah ok, quel débile. Merci.
je vais essayer de retrouver un graphe montrant la stabilisation dont tu parles, j'en ai vu passé un récemment, je dois encore l'avoir.

Certes.

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

On ne voit pas grand chose mais c'est déjà ça. On remarque surtout la période avant/après crise. Crédit : PM Duhamel
http://img64.imageshack.us/img64/3522/spread.jpg

Certes.

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Jacques-Henri a écrit:

Ah ok, quel débile. Merci.

Bien vu, RPC. ;-)
Le «Bund» allemand à 10 ans est considéré comme benchmark pour les marchés européens.

Quand on post on raconte pas sa vie.

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

RPC a écrit:
lehussard a écrit:

(enfin une solidarité financière entre les états membres ?) me semble justifiée.

C'est ironique ou bien ?

Yep.

Quand on post on raconte pas sa vie.

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Honnêtement la gestion des finances grecques a été catastrophique certes mais le risque de défaut est largement illusoire (la situation est loin d'être neuve !). Comme d'habitude, l'anticipation de la banqueroute crée la banqueroute et les traders le savent très bien c'est pourquoi ils sont en train de mener une attaque spéculative sur la dette de ce pays qui est proprement scandaleuse car elle met toute la zone euro en danger.

Last edited by Trèfle (10-02-2010 16:23:38)

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."

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Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

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Last edited by RPC (06-03-2011 19:19:30)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

RPC a écrit:

Je me demande si le rachat des bons du Trésor Grec par la BCE ou n'importe quel autre organisme européen ne serait pas très pertinent. Mais je ne me suis pas penché sur la question ni lu les propositions

C'est interdit (heureusement). Et inutile (voir plus bas).

Sinon +1 pour l'analyse de Trèfle. Les journaux font leur gros titres sur le défaut de la Grèce alors qu'elle n'a eu aucun mal (bien au contraire) à trouver preneur lors de sa dernière émission de bons, il y a 10/15 jours. Cette polémique fleure bon l'enculade de chèvre.

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Rating Moody's & Standard and Poor's a écrit:

Moody's    Standard and Poor's    Commentaire
Aaa    AAA    Le risque est quasi nul, la qualité de la signature est la meilleure possible.
Aa    AA    Quasiment similaire à la meilleure note, l'émetteur noté AA est très fiable.
A    A    Bonne qualité mais le risque peut être présent dans certaines circonstances économiques
Baa    BBB    Solvabilité moyenne
Ba    BB    A partir de cette note, l'affaire commence à être spéculative. Le risque de non   remboursement  est plus important sur le long terme
B    B    La probabilité de remboursement est incertaine. Il subsiste un risque assez fort.
Caa    CCC    Risque très important de non remboursement sur le long terme.
Ca    CC    Très proche de la faillite, emprunt très spéculatif.
C    D    Situation de faillite de l'emprunteur.

L’agence de rating Moody’s note actuellement la dette à long terme de la Grèce "A" avec perspective négative, ie avec le risque de descendre prochainement en Baa (catégorie solvabilité moyenne). Donc, actuellement, le risque de défaut est très faible (improbable mais possible). Néanmoins chaque coût porté à la qualité de sa signature rend ses emprunts beaucoup plus chers et cette situation n’est pas tenable sur le long terme : plus la note sera basse, plus le pays empruntera à un taux élevé (le taux inclut une part de risque déterminée par sa notation) et plus les investisseurs stables (les états et les institutionnels) se détourneront des obligations qu’émettra ce pays. Alors il lui faudra se tourner vers les hedge funds et autres véhicules spéculatifs pour se financer… bref, il vaudrait mieux pour la Grèce qu’elle ne passe pas en catégorie Ba (toujours selon le référentiel de Moody’s)

Sinon, c’est effectivement sur les CDS (produit dérivé dont le sous-jacent est le risque de défaut) que les traders spéculent. Plus précisément, ils font des paris sur la valeur du coût de la protection contre un éventuel défaut du pays. C’est donc le retour en force de la spéculation à l’aide des produits dérivés alors que la crise financière n’est pas encore terminée…

Quand on post on raconte pas sa vie.

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Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

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Last edited by RPC (06-03-2011 19:20:14)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

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Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

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Last edited by RPC (06-03-2011 19:20:46)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

les investisseurs stables (les états et les institutionnels) se détourneront des obligations qu’émettra ce pays. Alors il lui faudra se tourner vers les hedge funds et autres véhicules spéculatifs pour se financer

C'est de la science-fiction ça honnêtement.

Se focaliser sur le coût de la dette et la spéculation sur les CDS ne sert qu'à se détourner du vrai problème (ou des vrais problèmes) dans le cas de la Grèce. La Grèce se finance à 6%, c'est beaucoup mais c'est pas ça qui va plomber les finances de l'Etat grec.. vu la situation déjà dramatique.

La spéculation se fait sur la dette parce qu'elle ne peut plus se faire sur la monnaie, c'est tout... Pas la peine d'accuser les méchants marchés de tirer sur l'ambulance. Sans les méchants marchés, les Etats ne se financeraient pas..

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Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

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Last edited by RPC (06-03-2011 19:21:26)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Buster Keaton a écrit:

C'est de la science-fiction ça honnêtement.

Les Etats et les assureurs (par exemple) ont des critères d’éligibilité très stricts quant aux placements de leurs actifs en actions et obligations. La part de leurs investissements dédiés aux placements à risque est très limitée pour des raisons évidentes de risques puisque, pour l’essentiel, il s’agit - in fine - de l’épargne des particuliers. Une dette qui se dégrade, ce n’est pas vraiment de la science fiction…

Pour le reste, je n’ai nulle part parlé de « méchants marchés » car ces derniers jouent évidemment un rôle essentiel de financement de l’économie, en permettant la rencontre entre les investisseurs et ceux qui sont en recherche de liquidité, ainsi qu’un rôle de transfert des risques (non négligeable).

Last edited by lehussard (10-02-2010 19:55:09)

Quand on post on raconte pas sa vie.

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

RPC a écrit:
Trèfle a écrit:

Honnêtement la gestion des finances grecques a été catastrophique certes mais le risque de défaut est largement illusoire (la situation est loin d'être neuve !). Comme d'habitude, l'anticipation de la banqueroute crée la banqueroute et les traders le savent très bien c'est pourquoi ils sont en train de mener une attaque spéculative sur la dette de ce pays qui est proprement scandaleuse car elle met toute la zone euro en danger.


Tout à fait, mais le seul moyen de lutter contre les spéculateurs est effectivement de ramener les fondamentaux à un point "safe" de sorte que toute anticipation de défaut serait nécessairement erronée.

(Au passage, les spéculateurs y perdraient beaucoup).

Le problème vient justement du fait qu'ils savent presque certainement que la Grèce ne fera pas défaut car l'UE ne peut se permettre de voir un de ses membres sortir de la monnaie unique.
Donc c'est de la spéculation assez vicieuse sur les CDS, comme l'expliquait bien mieux que moi Lehussard.

J'avoue être perplexe sur les solutions à adopter : structurellement parlant, il faut certes assainir les finances publiques aucun doute.

Je me demande si le rachat des bons du Trésor Grec par la BCE ou n'importe quel autre organisme européen ne serait pas très pertinent. Mais je ne me suis pas penché sur la question ni lu les propositions


Je suis bien d'accord mais les fondamentaux, pour autant qu'ils soient mauvais, ne justifient absolument pas un spread aussi élevé. Comme le disait lehussard "c’est le retour en force de la spéculation à l’aide des produits dérivés alors que la crise financière n’est pas encore terminée…" et plus que de voir fleurir les articles à base de "la Grèce au bord du précipice", les acteurs financiers devraient calmer le jeu au lieu d'aller nourrir l'instabilité des marchés. Les traders ne sont après tout que les exécutants et ce sont GS et Deutsche Bank qui se frottent les mains en ce moment. D'un autre côté, c'est leur métier et à la limite on ne peut leur en vouloir de chercher à amasser un maximum de $$. Je déplore surtout la mollesse des Etats de ne pas avoir eu la volonté politique d'interdire certaines pratiques (les SIV pour commencer qui titrisaient les emprunts pourris des banques) et d'instaurer un cadre minimal de régulation avec pour objectif de reconnecter économie et finance. Tout cela aurait dû être fait il y a déjà 2 ans, ce n'est pas le cas, qu'on ne s'étonne pas de retomber dans les mêmes travers qu'avant 2007, qui furent après tout bien commodes pour tout le monde jusqu'à la crise.

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

SIV ?

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Free French a écrit:

SIV ?

http://en.wikipedia.org/wiki/Structured … nt_vehicle ;-)

Gros +1, Trèfle.

Quand on post on raconte pas sa vie.

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Merci !

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Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

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Last edited by RPC (06-03-2011 19:22:36)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

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Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

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Last edited by RPC (06-03-2011 19:23:11)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

De toute façon, avec les projections de la dette française, la France est sur la liste pour les années à venir.

Afin de limiter le pouvoir actuel de la finance sur les restes du monde on pourrait :

- Limiter très fortement la vente à découvert, voire l'interdire.
- Repasser en comptabilité de valeur d'achat et mettre fin à la valorisation du mark-to-market
- Créer de nouvelles agences de notations sous l'égide de l'Union européenne, en concurrence avec les agences existantes qui ont fait de grosses bêtises dans les années à venir mais qui ont toujours un immense pouvoir
- Interdire l'usage des dérivés spéculatifs et les limiter à leur usage de couverture de risques bien définis.
- Viscosifier les marchés pour éviter les retournements brutaux (les transactions doivent être bien mieux contrôlées avant d'avoir lieu notamment par des Autorités Indépendantes sévères), et particulièrement les marchés de gré-à-gré qu'on ne peut plus laisser tourner hors de tout contrôle.
- Interdire de façon totale et définitive les passage du monde de la finance au monde public, afin d'éviter le lobbying du type de celui mis en place par Goldman Sachs depuis les années 90 (un conseiller financier de Clinton et un Ministre des Finances anciens Présidents de Goldman Sachs qui ont, le premier abrogé le Glass-Steagall Act et l'autre injecté de l'argent dans le système bancaire sans demander aucune contrepartie)

Il y a d'autres mesures à envisager mais si on faisait déjà cela, on avancerait un peu et on pourrait éviter ce genre de crises, mais aussi ce genre d'attaques spéculatives liées à la surréactivité des marchés.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

RPC a écrit:

A mes yeux, il faudrait surtout éviter la propagation des chocs financiers sur l'économie réelle, notamment en séparant l'activité des banques et en demandant des taux de couvertures minimaux plus importants (notamment sur les avoirs des compagnies financières en rapport avec ce qu'elles brassent, ce qui rejoint en partie ce que tu dis).

Exactement. C'est inconcevable que les banques consentent (ou aient pu consentir) des prêts à des individus insolvables parce-que leurs activités de banque d'investissement vont leur permettre de se délester du risque inhérent à ces prêts en les revendant sur le marché financier. C'est quand même extrêmement vicieux.
Ensuite, on a, comme par enchantement, oublié la complicité des agences de rating dans l'histoire, qui ont récupéré leur statut de parole d'évangile et se permettent maintenant de menacer d'abaisser la note de la Grèce ou Toyota quand elles filaient des triple A aux CDO.
Réorganiser, réformer, en tout cas faire quelque chose pour que la SEC 1) dispose de plus de pouvoir, 2) une fois qu'il aura été décidé qu'elle cesserait de briller par son incompétence.
"Reconnecter économie et finance" fait fumeux mais il y a des mesures urgentes bien définies à prendre comme celles ci-dessus et on peut en citer d'autres. A titre peut-être plus anecdotique, corréler les bonus des traders (et de leurs patrons) aux positions de la banque rentables sur le long-terme me semble être une bonne idée car il n'y a que par l'argent que les choses peuvent bouger. Après évidemment, il faut des gens compétents pour chapeauter le tout, qui ne se laissent pas entuber à la première contorsion.

edit: +1 pour l'article

Last edited by Trèfle (10-02-2010 21:41:18)

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."

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Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

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Last edited by RPC (06-03-2011 19:24:08)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Trèfle a écrit:

Ensuite, on a, comme par enchantement, oublié la complicité des agences de rating dans l'histoire, qui ont récupéré leur statut de parole d'évangile et se permettent maintenant de menacer d'abaisser la note de la Grèce ou Toyota quand elles filaient des triple A aux CDO.

Oui effectivement, j’avais aussi complètement oublié le rôle des agences de notation dans cette crise ! Il serait vraiment temps de les réformer en profondeur (n'est-ce pas d'ailleurs ce qui avait été annoncé ?) :
- Changer leur financement : comment se fait-il que ce soit les émetteurs de titres financiers qui financent leur propre notation ? En 2008, l’essentiel du CA des agences de notation provenait des produits dérivés. Et on a vu que ça a donné : bonne notation pour bon client…
- Séparer leurs activités de conseil et d’évaluation afin d’éviter tout risque de conflit d’intérêt
- Les soumettre à un contrôle extérieur : il n’y en a aucun dès lors qu’une société obtient son accréditation.
- Contrôler leurs méthodes de calcul opaques (qui ont un impact très important quant au financement des pays et entreprises)

Ps : RPC, merci pour l'article intéressant :-)

Last edited by lehussard (10-02-2010 22:09:12)

Quand on post on raconte pas sa vie.

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Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

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Last edited by RPC (06-03-2011 19:24:49)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Annoncé oui.
Le problème, c'est la propagation de la crise à la sphère économique. En finance, relativement peu d'acteurs détiennent une capacité d'influence colossale et peuvent s'entendre en cas de problème. En économie, beaucoup d'acteurs se partagent une minuscule portion d'influence et n'ont aucun lien entre eux.
Une crise uniquement financière aurait pu mener à de telles réformes. Mais sa propagation à l'économie réelle a relâché la pression sur les acteurs du marché et les Etats ont, sans d'autre choix, payé. Ainsi, les conséquences finalement tièdes de cette crise sur leurs affaires, ont rapidement convaincu les financiers de tout bord qu'un tel chantier n'avait pas lieu d'être lancé, ou qu'en tout cas, il se ferait sans engagement de leur part.

Dans le même temps, les déficits publics explosent, le chômage grimpe, le contexte social se tend, bref les Etats ont autre chose à foutre que réguler ce truc incompréhensible, qui en plus tend à s'afficher comme le seul coin de ciel bleu dans un paysage bien sombre.

Last edited by Trèfle (14-02-2010 03:39:26)

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Au contraire, réguler ce truc "incompréhensible" devrait être leur première mission.

Le monde entier est à la merci qu'une bande de sagouins qui pillent allègrement les Etats.

Les agences de notations actuelles devraient être dissoutes et remplacées par d'autres types d'acteurs.

D'une part elles sont payées par ceux là même qu'elles devraient contrôler (ce qui tend à retarder la visibilité des risques)

D'autre part, lorsqu'elles décident de plomber un acteur, elles le plombent, et bien, car les marchés sont suivistes et réagissent massivement de façon moutonnière.

Les propositions de Greg me paraissent intéressantes à approfondir, bien plus que les glose indigestes qui n'apportent rien d'autre que des diagnostics que l'on connait par cœur...

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Oui en même temps il faut bien dignostiquer si l'on veut bien proposer wink

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Greg a écrit:

- Créer de nouvelles agences de notations sous l'égide de l'Union européenne, en concurrence avec les agences existantes qui ont fait de grosses bêtises dans les années à venir mais qui ont toujours un immense pouvoir

Une agence de notation unique en somme, et sous contrôle voilà une mesure qui tombe sous le coup du bon sens. Mais moi qui y connait rien dans ce milieu là, la fermeture pure et simple des agences actuelles en prime c'est faisable ou ça fait Besancenot ?

Last edited by Elessar (11-02-2010 00:19:54)

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Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

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Last edited by RPC (06-03-2011 19:25:46)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Oui d'où ma question si il y en a qu'une qui est autorisée sur le territoire de l'UE et que tous les autres sont priés de pointer au pôle emploi avec les mecs qu'ils y ont envoyé est ce qu'il est réaliste de penser que les crapules de la city vont aller spontanément  noter ailleurs et que d'autres agences extra UE se développent en concurrence ?

Last edited by Elessar (11-02-2010 00:27:07)

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Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

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Last edited by RPC (06-03-2011 19:26:33)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Elessar, note que j'ai parlé de cela au pluriel. Fidèle à ses principes la commission créerait ou favoriserait la création d'un nouveau marché avec plusieurs nouvelles agences de notation.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

RPC a écrit:

Car c'est justement là le problème des agences de notation : elles sont à la fois juges et parties. Car bien souvent, leurs clients sont les mêmes grosses boites qu'elles doivent noter. Tout le monde sait qu'elles sont biaisées, mais là n'est pas le point : le point est qu'elles ont une info supplémentaires, car elles ont justement des accès que l'épargnant n'a pas.

Et l'interdiction d'être juge et partie, via la voie réglementaire (un bon petit règlement à l'ancienne) , ça tombe pas dans le champ de la fameuse régulation qu'on nous sert à toutes les sauces ces derniers mois ?

@Greg : en mettre de nouvelles si c'est pour reprendre les mêmes mafieux qui mettent que des triples A parce que sinon ils touchent pas leur prime, ça fait de la paperasse pour rien.

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

RPC a écrit:

C'est mon point de vue perso, mais en finance, la seule chose qui compte, c'est l'information.

Oui. C'est le principe d'efficience des marchés : la valeur de cotation d'un titre est censé refléter à tout moment toute l'information pertinente disponible sur ce titre.

Quand on post on raconte pas sa vie.

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Greg a écrit:

De toute façon, avec les projections de la dette française, la France est sur la liste pour les années à venir.

Afin de limiter le pouvoir actuel de la finance sur les restes du monde on pourrait :

- Limiter très fortement la vente à découvert, voire l'interdire.
- Repasser en comptabilité de valeur d'achat et mettre fin à la valorisation du mark-to-market
- Créer de nouvelles agences de notations sous l'égide de l'Union européenne, en concurrence avec les agences existantes qui ont fait de grosses bêtises dans les années à venir mais qui ont toujours un immense pouvoir
- Interdire l'usage des dérivés spéculatifs et les limiter à leur usage de couverture de risques bien définis.
- Viscosifier les marchés pour éviter les retournements brutaux (les transactions doivent être bien mieux contrôlées avant d'avoir lieu notamment par des Autorités Indépendantes sévères), et particulièrement les marchés de gré-à-gré qu'on ne peut plus laisser tourner hors de tout contrôle.
- Interdire de façon totale et définitive les passage du monde de la finance au monde public, afin d'éviter le lobbying du type de celui mis en place par Goldman Sachs depuis les années 90 (un conseiller financier de Clinton et un Ministre des Finances anciens Présidents de Goldman Sachs qui ont, le premier abrogé le Glass-Steagall Act et l'autre injecté de l'argent dans le système bancaire sans demander aucune contrepartie)

Il y a d'autres mesures à envisager mais si on faisait déjà cela, on avancerait un peu et on pourrait éviter ce genre de crises, mais aussi ce genre d'attaques spéculatives liées à la surréactivité des marchés.

Dans le même sens :

Les Echos a écrit:

« Normes comptables, ventes à découvert, je n'éviterai aucune question difficile »
[ 11/02/10  ]

Quel est, concrètement, votre programme de travail pour les prochaines semaines ?
Nous allons d'abord terminer ce qui est sur la table : la directive sur les « hedge funds » et les autres fonds alternatifs, mais aussi la réforme de la supervision financière, sur laquelle le Conseil est parvenu à un accord en décembre. Mais le Parlement européen a encore à apporter sa valeur ajoutée. Il faudra veiller à ce que les futures autorités européennes de supervision soient pleinement opérationnelles et investies de tous les pouvoirs nécessaires pour que l'Europe se dote d'un système de supervision efficace.

Quelles nouvelles mesures vous semblent prioritaires ?
Nous voulons d'abord mettre fin aux lacunes réglementaires : encourager la standardisation et le développement des chambres de compensation pour les produits dérivés, réformer la directive sur les marchés d'instruments financiers afin d'améliorer la transparence des plates-formes alternatives et traiter le problème des « darkpools » ; modifier, enfin, le droit des titres et celui des dépositaires. Je ne laisserai de côté aucune question difficile : il faudra par exemple traiter la question des ventes à découvert. Nous voulons ensuite travailler à la convergence des normes comptables -comment justifier que, selon qu'on utilise les normes américaines ou les IFRS, la valorisation d'un établissement comme la Deutsche Bank passe de 1 à 2,2 -mais aussi des règles prudentielles, afin de garantir la solidité des banques sans amplifier les cycles économiques.

Les banques disent qu'à trop leur imposer de contraintes on risque de freiner leur capacité à prêter…
Le système actuel n'est pas tenable, et nous allons le réformer. Une rupture s'est produite dans l'économie, et on ne peut pas faire comme si elle n'avait pas existé ! Sur les rémunérations, par exemple, je compte faire des propositions pour éviter que leur montant ne soit lié à des prises de risque démesurées. Et je verrai s'il faut aller au-delà des simples recommandations adoptées par la Commission en avril 2009. Nous nous efforcerons néanmoins de trouver, sur chaque sujet, le bon équilibre.

Ne craignez-vous pas que les établissements financiers installés en Europe ne délocalisent leurs activités ?
Il y a en effet la tentation d'aller se réfugier dans les places financières « offshore ». Mais nous serons intraitables dans notre lutte contre les paradis fiscaux ou prudentiels, pour qu'à terme aucun territoire n'échappe à une régulation intelligente. Aux institutions financières de prendre leurs responsabilités. Je pense pour ma part qu'en partant elles ont plus à perdre qu'à gagner.

Vous parlez surtout des services financiers…
Oui, car, sans ces réformes qui visent à tirer toutes les leçons de la crise, tout le reste risque d'être vain. C'est pourquoi nous voulons aussi ouvrir un autre chantier : celui de la prévision et de la gestion des crises. Je compte aussi proposer un ensemble de mesures visant à rendre les entreprises plus responsables en matière de « corporate governance » : en renforçant la transparence, en permettant aux actionnaires de contrôler davantage la rémunération des dirigeants, mais aussi en donnant plus de place à l'actionnariat salarié et aux femmes dans les conseils d'administration.

Et le reste du marché intérieur ?
Nous devrons également ouvrir les chantiers de la vente sur Internet et réfléchir à une réforme des marchés publics. Je veux proposer un « Social Business Act » pour encourager les entreprises à but lucratif à lutter contre l'exclusion. Alors que déposer un brevet coûte encore dix fois plus cher en Europe qu'aux Etats-Unis, nous voulons aboutir sur le brevet européen. Et encore travailler avec les banques à plus de diversité dans le domaine des cartes bancaires, pour sortir du duopole qui oppose actuellement MasterCard et Visa. Au total, il faut remettre les citoyens, les consommateurs, les entreprises et d'abord les PME au coeur du marché européen.

Quand on post on raconte pas sa vie.

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Les Echos a écrit:

Accord à Bruxelles sur un soutien à la Grèce

Le président permanent du Conseil européen a annoncé avoir trouvé "un accord", précisant que les détails seraient rendus publics à l'issue du sommet européen
Un accord a enfin été trouvé. Le président permanent du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a annoncé qu'un accord avait été trouvé par les Vingt-Sept sur un soutien à la Grèce, confrontée à une grave crise budgétaire qui menace de s'étendre à d'autres Etats membres. "Nous avons un accord", a déclaré Herman Van Rompuy, à l'occasion du sommet européen à Bruxelles, après avoir rencontré dans la matinée le Premier ministre grec Georges Papandréou, le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel.

Il n'a pas fourni d'autres précisions sur cet accord, indiquant simplement que les détails seraient rendus publics à l'issue de ce conseil européen informel. Le soutien apporté à Athènes par ses partenaires de l'UE vise à apaiser les attaques sur la dette grecque et à rassurer les marchés financiers, qui attendent d'un plan européen qu'il apporte des garanties concrètes de sauvetage de la Grèce.

"Les Etats membres de la zone euro prendront des mesures déterminées et coordonnées, si nécessaire, pour sauvegarder la stabilité dans la zone euro dans son ensemble. Le gouvernement grec n'a demandé aucun soutien financier", a-t-il ajouté.

EDIT :

AFP a écrit:

L'euro reste nerveux après l'engagement de Bruxelles à secourir la Grèce :

L'euro restait nerveux, repartant en hausse puis en baisse après l'engagement jeudi par Bruxelles à secourir la Grèce.

Alors que le sort de la monnaie unique évolue depuis lundi au gré des espoirs d'un sauvetage par l'Union européenne de la Grèce, lourdement endettée, la monnaie unique était sur les charbons ardents jeudi.

L'Union européenne ne va "pas laisser tomber" la Grèce face à ses difficultés budgétaires, a assuré jeudi la chancelière allemande Angela Merkel, tout en indiquant qu'Athènes devrait respecter les "règles" communes sur les déficits.

Après cette déclaration, de nature à soulager les marchés malgré son caractère encore très vague, la monnaie unique s'est ressaisie, avant de repartir en baisse et d'atteindre un plus bas du jour à 1,3708 dollar pour un euro à 12h21 GMT.

Une heure auparavant, l'euro avait déjà plongé jusqu'à 1,3714 dollar, après des déclarations du président de la Commission européenne José Manuel Barroso Barroso, qui avait demandé à la Grèce de prendre des mesures "supplémentaires", et appelé la zone euro dans son ensemble à être prête à "préserver" sa stabilité financière menacée par la crise grecque.

Si 'Euro a baissé, c'est que les marchés anticipent aujourd'hui une réponse qui n'est pas à la hauteur des espérances qu'ils avaient auparavant.

Last edited by lehussard (11-02-2010 14:21:09)

Quand on post on raconte pas sa vie.

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Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

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Last edited by RPC (06-03-2011 19:27:21)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Le journaliste de Libération à Bruxelles Jean Quatremer a live-twitté la conférence de presse Merkel-Sarkozy
http://twitter.com/quatremer

Pas d'aide financière à la Grèce mais une "solidarité". Et un beau plan de rigueur pour les Grecs confirmé. Ca va gueuler à Athènes (manifestations...).

Ca me fait un peu rire que Sarkozy se permette de donner des leçons au Grecs quand on sait que dans quelques mois/années le plan de rigueur c'est la France qui va se le taper.

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Lehussard, j'ai la flemme de chercher, qui est l'interviewé ?

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Un problème qui n'a pas été évoqué mais qui est une variable essentielle à prendre en compte lorsqu'on parle de la Grèce: l'économie informelle.

Je ne sais pas dans quelles proportions cet article est exagéré mais il donne quelques exemples intéressants http://news.bbc.co.uk/2/hi/programmes/f … 509244.stm

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Trèfle a écrit:

Lehussard, j'ai la flemme de chercher, qui est l'interviewé ?

De mémoire, je pense qu'il s'agit du Secrétaire général de l'AMF.

Free French a écrit:

Pas d'aide financière à la Grèce mais une "solidarité".

C'est ce qui explique les ventes.

L'euro était en baisse jeudi sur le marché des changes en dépit de l'accord annoncé par le président permanent du Conseil européen Herman Van Rompuy sur un soutien de l'UE à la Grèce dont les conditions financières n'ont pas été précisées.

La devise européenne, qui s'échangeait jusqu'à 1,38 dollar dans la, matinée, reculait à 1,37 dollar en milieu de journée. Elle avait atteint 1,51 dollar en décembre.

"Les membres de la zone euro prendront si nécessaire des mesures coordonnées pour assurer la stabilité dans l'ensemble de la zone", a déclaré M. Rompuy avant l'ouverture du sommet de Bruxelles, en lisant une déclaration adoptée par les 16 Etats membres concernés.

Selon Neil Mackinnon, analyste macro-économique pour la firme VTB Capital, cette annonce risquait de susciter la "déception" des marchés financiers, qui attendent de l'UE des garanties concrètes quant au sauvetage de la Grèce.

"Il ne semble s'agir que d'une déclaration de solidarité et non d'un véritable plan de soutien, ce qui explique que l'euro reste dans le marasme", a-t-il commenté. AP
http://www.boursorama.com/international … 7b4f7a8697



Free French a écrit:

Et un beau plan de rigueur pour les Grecs confirmé. Ca va gueuler à Athènes (manifestations...).

Ouep. Affaire à suivre.

Free French a écrit:

Ca me fait un peu rire que Sarkozy se permette de donner des leçons au Grecs quand on sait que dans quelques mois/années le plan de rigueur c'est la France qui va se le taper.

Article "L'UE doit agir vite sur la dette pour éviter l'effet domino", cf. http://www.boursorama.com/infos/actuali … e9a7c1f855

Last edited by lehussard (11-02-2010 17:48:30)

Quand on post on raconte pas sa vie.

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Next Finance a écrit:

Grèce : Pourquoi le mouvement de marché est-il aussi violent ? Vers une sortie de la zone euro ? Quelle stratégie de gestion adopter ?
Fin janvier, les spreads contre Allemagne ont atteint un niveau record depuis 1998, à 396 bps sur le 10 ans et 476 bps sur le 2 ans...


Les spreads sur la Grèce se sont violemment écartés depuis l’automne avec un mouvement qui s’est accentué au début de l’année. Ce brusque retournement fait pourtant suite à un important resserrement des spreads, entre mars et septembre 2009, sur l’ensemble du crédit et des dettes périphériques dans le sillage de la résolution de la crise financière.

Fin janvier 2010, les spreads contre Allemagne ont atteint un niveau record depuis 1998, à 396 points de base sur le 10 ans et 476 points de base sur le 2 ans, soit des niveaux nettement supérieurs à ceux observés avant l’entrée de la Grèce dans la zone euro. Ces niveaux ne se justifient que si l’on croit à un défaut de la Grèce et/ou à une sortie de la Grèce de la zone euro.

Voici quelques éléments de réponse aux questions les plus fréquentes liées à la situation actuelle...

Pourquoi la Grèce fait-elle l’actualité depuis fin 2009 ?
À l’issue des élections d’octobre 2009, le nouveau gouvernement a annoncé que le déficit de la Grèce était beaucoup plus élevé qu’attendu (proche de 13 % du PIB contre les 6 % annoncés préalablement). Suite à cette révélation, la Grèce a été dégradée à BBB+ avec une perspective négative par Fitch Ratings en novembre 2009, puis par S&P en décembre. La Grèce est ainsi devenue le seul pays de la zone euro à avoir une notation inférieure à A-. Cette dégradation de notation a suscité une vive réaction des marchés. Une réaction aggravée par une demande émanant de la Banque de Grèce aux banques commerciales afin qu’elles limitent leur recours à la BCE pour se refinancer. Cela a généré une forte inquiétude et une certaine confusion quant à la capacité des banques grecques à se financer sur les marchés.

Pourquoi le mouvement de marché est-il aussi violent ?
Les titres grecs sont nettement moins liquides que les titres allemands et français. Si la liquidité est revenue sur le marché monétaire, elle reste très limitée sur l’ensemble des marchés obligataires. En effet, avec la faillite de Lehman Brothers, les banques ont globalement réduit leurs expositions alors que l’activité des hedge funds s’est fortement réduite. Dans toute tension, les écartements de spreads sont par conséquent accrus et les fourchettes de prix s’élargissent nettement (40 à 50 bp sur un emprunt d’Etat 10 ans grec).
On assiste à des mouvements de ventes forcées en raison :
  de la dégradation des notations des titres et le passage en catégorie BBB ;
  de la hausse de la volatilité sur les positions sur la Grèce qui accroît la consommation de VAR ;
  des pertes potentielles générées par l’écartement de spreads.

Enfin, le mouvement a également été alimenté et amplifié par les marchés des dérivés où les investisseurs (hedge funds) ont massivement joué le spread souverain contre le spread crédit (d’où une convergence des indices SovX et Itraxx), ainsi que le risque d’éclatement de la zone euro. Dans ce contexte, des interrogations sur le niveau effectif de la demande lors de la dernière émission grecque de maturité 5 ans, auxquelles sont venus s’ajouter des articles de presse alarmistes comparant la Grèce à l’Argentine et le démenti d’un placement privé de 25 milliards d’euros auprès de la Chine, ont encore accru la défiance sur les marchés.

La Grèce aurait-elle un quelconque intérêt à sortir de la zone euro ?
Sur cette question, Jean-Claude Trichet a lui-même répondu qu’il s’agissait d’une « hypothèse absurde ». Les agences de notations voient souvent dans l’appartenance à la zone euro la contrainte du manque de détermination de la valeur de la monnaie. Dans le cas de la Grèce, qui a un faible taux d’ouverture en termes de commerce extérieur, cette contrainte est toutefois réduite. En revanche, l’appartenance à la zone euro permet à la Grèce de bénéficier globalement d’un coût de financement beaucoup plus réduit.

Quelle attitude pour les autorités monétaires et les autres membres de la zone euro ?
Afin de préserver la crédibilité de la zone euro, du pacte de stabilité et l’indépendance de la zone euro, les autorités ont adopté un discours sévère à l’égard de la Grèce. Un discours visant surtout à inciter l’Etat grec à adopter rapidement un plan d’urgence. Il a ainsi été rappelé qu’aucune exception ou plan de sauvetage n’étaient prévus pour aucun pays de la zone. La BCE a également maintenu qu’elle reviendrait aux règles initiales sur les collatéraux en 2011. Ce discours devait être, pour le gouvernement grec, une incitation à faire l’effort nécessaire. Toutefois, en cas de situation d’urgence, des prêts européens sont envisageables. De même, dans le cadre de son mandat sur la stabilité du système financier européen, il n’est aucunement exclu que la BCE prolonge ses mesures d’extension sur la gamme des collatéraux si les conditions du marché venaient à l’exiger. Un plan de sauvetage du type FMI à l’initiative de l’Eurogroupe n’est pas exclu.

Le plan présenté par la Grèce est-il crédible ?
L’avenir de la dette grecque passe par l’adoption d’un plan budgétaire ambitieux et crédible alors qu’il est urgent pour l’Etat grec de restaurer sa crédibilité aux yeux des investisseurs. Le plan de rigueur présenté par le gouvernement est pour le moins ambitieux puisqu’il s’agit de ramener le déficit de 13 % à 3 % d’ici 2013 dans un contexte de croissance négative en 2010 et inférieure au potentiel jusqu’en 2012.
Le principal axe est une réduction des dépenses de fonctionnement de l’Etat (services généraux des administrations publiques) qui représente un poids beaucoup plus élevé en Grèce, qu’en Espagne ou en Irlande par exemple.

> Aussi, le risque de dégradation supplémentaire des notations des titres grecs est-il clairement limité.

Qu’en est-il du refinancement des titres grecs et des banques grecques auprès de la BCE ?
Jusqu’à fin février 2011, sans dégradation du rating au-delà de BBB- (ce que la validation du plan budgétaire rend très improbable), les obligations souveraines grecques devraient toujours être acceptées comme collatéral aux opérations de refinancement de la BCE. Après février 2011, la BCE pourrait prolonger ses conditions exceptionnelles en termes de rating et de collatéraux pour ces opérations de refinancement, non seulement pour les titres grecs mais également pour tous les titres qui n’ont pas retrouvé de liquidité suffisante sur le marché. Pour 2010, la BCE prévoit en effet qu’encore 67 % des profits (avant impôts) des banques seront consacrés aux provisions pour créances douteuses. Il se peut que le gouvernement grec mette rapidement ces mesures en oeuvre afin que les agences révisent à la hausse leur notation avant l’échéance de février 2011. Il est néanmoins probable qu’il faille que les efforts du gouvernement s’accompagnent de bonnes surprises sur la croissance mondiale. Même si les obligations souveraines grecques ne sont plus acceptées comme collatéral aux opérations de refinancement de la BCE, les banques grecques pourront toujours venir se refinancer auprès de la BCE. En effet, pour les opérations de repo, la BCE publie quotidiennement une liste de titres éligibles et dans les statuts, il n’y a pas de contrainte de rating a priori sur les émetteurs.
La question qui se pose est l’éventualité d’une notation HY (High yield) de la dette souveraine et la capacité d’une banque grecque à maintenir, dans ce cas, une notation IG (Investment grade) sur le long terme, et/ou A2/P2 sur le court terme. En tout état de cause, rien n’est automatique car les banques grecques ne sont pas détenues majoritairement par l’Etat. Actuellement, la dette court terme des banques grecques est notée A2/P2/F2 (S&P, Moody’s, Fitch Ratings).

> Par conséquent, les craintes légitimes concernent la hausse du coût du refinancement, mais pas la capacité des banques grecques à se refinancer auprès de la BCE.

Quelle est la situation du système bancaire grec ?
Les principales banques grecques ont été dégradées par les agences. Toutefois, le système bancaire grec présente des fondamentaux solides avec :
  un ratio Tier 1 moyen de 11,5 % pour les quatre grandes banques (versus une moyenne de 9,4 % en Europe
  un ratio Loan-to-deposit (LTD) de 105 % (versus une moyenne de 127 % en Europe).

Contrairement à l’Irlande ou à l’Espagne, les difficultés du système bancaire grec sont une résultante des déséquilibres macroéconomiques. Les banques grecques n’ont pas d’actifs « toxiques » ayant engendré la destruction de la base de capital. Elles n’ont pas non plus misé sur un déséquilibre bilanciel pour maximiser les marges.
Ainsi, l’implémentation du plan de stabilité et de croissance risque d’affecter négativement les dépôts alors même que le gouvernement grec entend lutter contre la fraude fiscale et augmenter le taux d’imposition sur certains revenus. Néanmoins, on peut supposer que le gouvernement grec mettra rapidement en place des mesures incitatives pour favoriser le rapatriement des fonds grecs de l’étranger, comme cela a été fait en Italie.

Quel est le besoin de financement de la Grèce en 2010 ?
Les émissions obligataires grecques seront d’environ 54 milliards d’euros en 2010 (en retrait en brut par rapport aux 66 milliards d’euros de 2009) avec une première échéance importante de remboursement de 8 milliards d’euros en avril. Ainsi, contrairement à la France ou à l’Allemagne, la Grèce émettra moins de papier en 2010 qu’en 2009.
Face à une demande clairement supérieure aux 4 milliards d’euros proposés, le montant de la première émission de 5 ans, le 25 janvier 2010, a été porté à 8 milliards d’euros avec un spread à 381 pb au-dessus de l’Allemagne. C’est donc déjà 15 % du programme de 2010 qui a été servi. Le marché attend désormais une émission de maturité 10 ans courant février, mais il est probable que le gouvernement grec attende un environnement plus calme pour ce faire.

Quelle stratégie de gestion adopter face à cette situation ?
En résumé des huit points précédemment évoqués, il faut distinguer ici les risques des titres à court terme (risque de défaut) des risques à long terme (risque de gestion de la dette et de déficit).
Concernant le risque de défaut et/ou de sortie de la zone euro : Natixis Asset Management pense que ce risque de défaut et/ou de sortie de la zone euro est très faible dans les conditions actuelles. C’est pourquoi, la Gestion obligataire surpondère les obligations à 1 et 2 ans offrant aujourd’hui une prime exceptionnelle. Cette position est toutefois gérée avec des objectifs et des stops, tout en prenant en compte la forte volatilité du marché et les fourchettes très larges de cotation.
Concernant le risque de déficit, il importe de noter que la restauration de la crédibilité de l’Etat grec prendra nécessairement du temps. Les investisseurs resteront probablement méfiants sur le sujet de la consolidation fiscale. Mais la gestion des déficits et des dettes publiques restera un sujet d’actualité dans l’ensemble de la zone euro dans un contexte de croissance et d’inflation faible qui rendra d’autant plus douloureux le retour à un schéma vertueux.
Les primes pays sont de nature à rester plus élevées que par le passé sur les dettes périphériques. Aussi, Natixis Asset Management reste neutre sur les parties longues dans ses portefeuilles.


Direction de la Gestion Obligataire, Natixis Asset Management,
http://www.next-finance.fr/Grece-dette-cds-fonds

Quand on post on raconte pas sa vie.

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Excellent papier du Monde !

  .. le caviar ;

"Rapportées au PIB, les dépenses militaires de la Grèce sont les plus élevées de l'UE et au deuxième rang de l'OTAN, après les Etats-Unis" !

  "La Grece figure ainsi parmi les cinq plus gros importateurs d'armements dans le monde en 2008, avec l'Arabie saoudite, les Emirats et l'Inde." !

   Ahurissant..

http://abonnes.lemonde.fr/europe/articl … id=1268560

Last edited by De Stalle (18-02-2010 15:50:23)

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