Re: Le crépuscule de Jean-Marie Le Pen, faible score & fin de sa carrière
c'est quoi? vu que je suis pas abonnée au monde.fr?
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c'est quoi? vu que je suis pas abonnée au monde.fr?
D'après France 2, le Pen est à 10,5%. (ministère de l'intérieur)
En Bretagne, ça tombe à 7,41% d'après l'ABP.
De ma courte mémoire, j'avais jamais vu le FN aussi bas...
Bastion du FN : l'Aisne (17,28 %).
J'ai une de ces migraines, moi...
Bon, FF, je t'ai envoyé le fichier .doc. Certains trucs sont intéressants mais ça serait encore mieux si je pouvais faire la même chose avec les % d'inscrits...
Rien à rajouter sur l'analyse de Toast. En fait, même si j'avais eu plusieurs heures pour faire les commentaires, je n'aurais pas réussi à faire aussi bien.
Cette élection, ce fut comme une photographie de l'électorat français.
Déçus, les militants FN se divisent sur l'avenir
LE MONDE | 23.04.07 | 12h43 • Mis à jour le 23.04.07 | 12h43Déçus mais pas abattus. Les quelque deux cents militants et sympathisants réunis pour la soirée électorale par le Front national, salle Equinoxe, dans le 15e arrondissement parisien, se sont consolés en avalant charcuterie, taboulé et fromage, et en acclamant leur "président" venu les rejoindre à 20 h 15. "C'est un coup d'épée dans l'eau, cette élection ne va rien changer, mais la relève avec Marine (Le Pen) et Gollnisch est là", estime Marie-Gabrielle Malacain. Cette retraitée du Val-d'Oise, comme d'autres militants, dit avoir gardé un bulletin Le Pen qu'elle glissera le 6 mai dans l'urne.
A 20 h 30, deuxième bousculade après celle qui a accompagné l'arrivée du chef, c'est Dieudonné, l'"humoriste", qui se déplace entouré d'une nuée de journalistes. Invité par l'épouse de Jean-Marie Le Pen, Jany, il est venu saluer le candidat. Quelques cris, "Fous le camp", et des applaudissements. Mathieu, 18 ans, le trouve "courageux d'être venu". Electeur pour la première fois, cet étudiant en droit n'a "aucun espoir en Sarkozy". Un leitmotiv autour des buffets. L'écrivain Alain Soral, ex-communiste, adepte du "tout sauf Sarko", annonce même qu'il va "voter Royal".
Thomas Chenebeau, 29 ans, n'ira pas jusque-là. "Sarko n'est pas Chirac, il devrait être plus intelligent et faire une droite plurielle", espère-t-il. Sa compagne, Elodie (22 ans), reproche au candidat UMP "les projets qu'il va mener à bien et qu'il n'a pas annoncés, l'islamisation, le mariage homosexuel..." et ne veut pas "choisir entre la peste et le choléra". Thomas, lui, ne balance pas, ce sera "tout sauf Ségo". "L'extrême gauche va manifester contre Sarko, annonce-t-il même, et on sera là contre eux." A 21 h 15, une Marseillaise précède l'ouverture du bal par Jean-Marie Le Pen.
Quelles conséquences politiques à cette faiblesse structurelle et conjoncturelle ?
Un gros vote Sarko au 1er tour ?
Un gros vote Bayrou "anti-système" ?Dans toutes les hypothèses, la stagnation en valeur absolu et la baisse des votants pour Le Pen rend le 2e tour plus serré dans les 3 configurations possibles
- le plus probable :
Sarko - Ségo -> peu de reports le Pen sur Sarko si Sarko a fait le plein au 1er tour, ça relance la Royal et force Sarko à séduire l'électorat UDF (avec la proportionnelle ?)
http://forum-scpo.com/forum-scpo/viewto 58#p260758
edit : propos cités ci-desus tenus le 2007-04-18.
Last edited by Free French (23-04-2007 20:01:03)
Faut vraiment pas être une flèche pour pronostiquer la disparition du FN
Le fait que l'activisme forcené du gnôme ait donné l'impression à une partie de l'électorat du borgne qu'il comptait et avait les moyens de remédier au déclin du pays et qui a entraîné chez cette partie droitière un réflexe de vote "utile" ne change rien aux faits.
La croissance électorale continue du FN est le résultat d'une évolution économique et sociale.
Si une partie a fait du refus de la "société-métissée-équitable-multiculturelle-mes-couilles", la raison première de son vote,l'autre, composée de classes moyennes et populaires qui se prend en pleine gueule le formidable succès de la mondialisation ( Roumains allant jouer les arabes de l'Espagne tandis qu'ils sont remplacés au pays par des hordes niaquouesques) a compris que le protectionnisme était le dernier moyen de survivre face à l'avalanche. Et que le pen est le seul à le prôner
La marge de manoeuvre de sarkozy en la matière sera exactement la même que celle de ses devanciers ou de ses concurrents, anecdotique (l'absence totale de réaction des marchés financiers aux résultats du premier tour est suffisamment éclairante).
Passé l'état de grâce...
Il suffirait même d'un petit happening alquaidesque...
Alors Czarounet, on a voté Le Pen ?
*
Last edited by Oscar Wilde (07-02-2009 04:50:48)
Nonna Mayer en ce moment et pour 1 heure sur France Culture.
Et elle dit quoi, la Nonna ? Sinon le n°2 du FN,
BRUNO GOLLNISCH , DÉLÉGUÉ GÉNÉRAL DU FN
Bruno Gollnisch : "Ce n'est pas la chute de la maison Le Pen"
LE MONDE | 24.04.07 | 15h38 • Mis à jour le 24.04.07 | 15h38Quelles leçons tirez-vous du scrutin du 22 avril ?
Je suis déçu. Nous sommes victimes, un peu comme les Verts, de la reprise de notre problématique, au moins en apparence, par nos concurrents et adversaires. Et, comme les Français sont portés à croire les promesses électorales, cela a payé pour Nicolas Sarkozy. Une part non négligeable de notre électorat a également cru devoir voter Bayrou, pour perturber le duo présélectionné, car elle doutait des chances de succès, au deuxième tour, de Jean-Marie Le Pen. Cela étant, si nous avons essuyé un revers, ce n'est pas un désastre. Ce n'est pas la chute de la maison Le Pen : d'autres, comme le Parti communiste, connaissent un sort plus dramatique.
Est-ce que M. Le Pen a fait la campagne qu'il aurait dû faire ?
Nous sommes en train d'examiner cela. La légitime dédiabolisation a peut-être été perçue comme un recentrage. Ce n'était pas dans les intentions de Jean-Marie Le Pen, mais cela a peut-être été compris comme cela par une partie de son électorat.
Pensez-vous que M. Le Pen a trop laissé les thèmes de la sécurité, de l'immigration et de l'identité nationale à M. Sarkozy ?
Quand on essaie de diversifier le message, on vous fait des reproches. Et si on reste sur les mêmes thèmes, on vous dit que vous ne savez dire que cela, que vous attisez les peurs.
Les électeurs veulent-ils, pour reprendre une expression de M. Le Pen, d'un "FN gentil" ?
Non, je ne le pense pas.
N'était-ce pas l'élection de trop pour M. Le Pen ?
Chacun essaie de trouver des explications sur le compte de l'autre. On peut toujours dire après coup qu'on aurait dû faire ceci ou cela. Il y a un debriefing chez nous. Chacun s'exprime. En 2002, alors que j'étais directeur de campagne, j'aurais aimé avoir un débat interne plutôt que de lire des critiques dans la presse. Les succès comme les échecs dans une entreprise comme la nôtre sont collectifs.
Quelle consigne souhaitez-vous que M. Le Pen donne pour le second tour ?
Je n'ai pas confiance dans les candidats qui restent. Ils ne sont pas tout à fait sur le même positionnement politique, mais ils inscrivent leur action à l'intérieur du même cadre : le mondialisme, l'abaissement des protections douanières, l'asservissement à l'Union européenne... Je ne crois pas que leurs promesses soient sincères. J'attends de voir quel sera leur positionnement pour séduire les électeurs du FN.
Que devrait faire M. Sarkozy pour que vous décidiez de voter pour lui ? Instaurer la proportionnelle pour les législatives ?
Ce n'est pas aujourd'hui, en faisant des promesses tardives, mineures et misérables, que nous allons abandonner notre droit d'aînesse pour un plat de lentilles.
Le FN doit-il être ouvert à d'éventuels rapprochements avec l'UMP lors des législatives ?
Le FN doit être lui-même, imperturbablement. Il incarne un phénomène unique de la vie politique française par la fermeté et par la clarté de ses positions. Nous n'avons pas à nous soucier d'alliances ou de tractations avec des gens qui n'ont pas fait la preuve de leur fiabilité.
Le prochain congrès devra-t-il aborder la question de la succession de M. Le Pen ?
Sans doute, mais je ne vois aucune urgence à l'organisation de ce congrès.
Propos recueillis par Christiane Chombeau
Très intéressant entretien de Gollnisch, dauphin "présumé" de Le Pen. Les prochaines semaines vont être cruciales pour le Front.
Last edited by Necrid_Master (24-04-2007 18:11:09)
Non, c'est encore plus élevé, on est à 1 million 300 000 voix de perdues. J'ai posté le calcul ailleurs, et encore j'ai utilisé le bas de la fourchette des inscrits (update : les journaux donnent 1 million parce que c'est rond mais ils oublient 600 000 mégrétistes en 2002).
Mécaniquement, cela signifie que c'était visible depuis longtemps, car il est statistiquement impossible que ce changement ait eu lieu sans que des militants rendent leur carte, sans que les salles désemplissent, même marginalement.
C'est le premier vote saturé de la Cinquième depuis son vote référedaire initial, on connaît à présent la composition de l'électorat français avec une précision extrême. Il n'y a plus de mystère des abstentionnistes, le réservoir de voix potentiel que cela pouvait représenter s'est exprimé. C'est vrai pour toute la classe politique, on ne peut plus faire le pari que les abstentionnistes viendront rallier tel ou tel parti, toutes les cartes sont sur la table, et dans cette mesure c'est un vote décisif.
C'en est aussi un pour son message principal, le glissement off center de l'électorat vers la droite, et l'absorption du pool idéologique du FN par une nouvelle droite dure qui sera l'équivalence fonctionnelle de Margaret Thatcher, George Bush ou Ronald Reagan en France : neoclassical economics + law and order.
C'est exactement le coup de Mitterrand en 1981, le parti est gagné par l'aile, sauf qu'en 1981 Mitterrand n'a pas besoin d'insister, il donne juste quelques entretiens télévisés sur la possession des forces de production par le salariat (cf. le reportage de Jean Lacouture) et la conjoncture fait le reste. En 1981, Solidarnosc en Pologne et la contradiction impérialiste en Afghanistan ont fait le reste du boulot, et en particulier l'interview télévisée de George Marchais approuvant depuis Moscou (!) la prise de Kaboul par les soviétiques. C'est aussi à cette élection que l'extrême-gauche invente le vote utile pour justifier la baisse du PCF ; or les voix perdues en 1981 ne lui reviendront jamais (update : ce que l'on appelle l'effet-Kaboul).
En 2007, Sarkozy a le contexte contre lui : la gare du Nord fait écho aux banlieues de novembre 2005 et donne raison à Le Pen sur toute la ligne ("trois millions de chômeurs, trois millions d'immigrés qui foutent la merde sans payer en profitant de tout sans rien donner à la France qu'il faudra qu'ils aiment ou qu'ils quittent"). Mais il a un coup de génie : un intitulé de ministère, le couple "immigration et identité nationale", perçu comme "un problème et sa solution", et qui incorpore la xénophobie indolente "à la française" dans la nouvelle "droite de droite". L'antisémitisme a longtemps vécu sur le même mécanisme.
Les totaux TD/TG n'ont pas bougé depuis 2002 si l'on sort Bayrou, qui a pris à parts égales dans chaque camp. C'est spéculatif, comme les sondages qui disent autre chose et qui restent des intentions de vote. Les reports FN->UMP ont joué à plein, c'est tout bonnement hallucinant, ça veut dire que Sarkozy a vu juste en jugeant qu'il y avait un créneau vendeur entre Chirac et Le Pen. Évidemment les électeurs de Sarkozy sur critères traditionnels (économie, chômage, fiscalité pour la branche DL) doivent maintenant apprendre à cohabiter avec les électeurs qui ont voté pour lui avec pour priorité "immigration" et "sécurité", qui estiment qu'il y a trop d'Arabes en France et qui sont pour la suppression de l'AME, qui entérinent l'inégalité des droits civiques et sociaux (terreau idéologique de la nouvelle droite), qui ont apprécié la sortie "pédophilie génétique" et que le "racolage passif" et la surpopulation carcérale ne gênent pas plus que ça, qui soutiennent les lois de sécurité intérieure, et qui votaient non en 2005 au TCE.
Désolé c'est un peu long, j'ai essayé de résumer pourtant. En tout cas c'est spectaculaire car un pan complet des idées qui résidaient à l'extérieur du système politique dans un parti hors-système viennent d'être absorbées à droite, avec par conséquent une translation du centre de gravité de ce côté.
JMLP sort, ses idées rentrent.
Je voudrais réagir à cette analyse, qui, sous ses airs sophistiqués, n’en n’est pas moins d’une désolante simplicité. Elle reprend toutes les idées de « café du commerce » qui circulent au cours de la campagne de discréditation dont le candidat Sarkozy est l’objet. Le parallèle douteux avec la situation politique américaine et son lot de concepts foireux en démontre la faiblesse théorique.
J’ajoute – en pesant mes mots – qu’elle dénote d’une certaine incohérence de pensée, voire d’une certaine malhonnête, de la part de gens qui haïssent Le Pen et souhaitent depuis toujours la disparition du Front National. A l’inverse, je salue l’honnêteté et le courage d’un Jean-François Khan (patron de Marianne) – dont je ne partage pas vraiment les opinions politiques par ailleurs – quand il reconnaît à Nicolas Sarkozy le mérité d’avoir ramené dans le giron républicain une grande partie des électeurs de Le Pen (cf. « Le Grand Journal » de Canal + du 23 avril 2007).
L’idée selon laquelle on assiste à une « droitisation » inquiétante, sur un mode néo-conservateur, de la droite française insulte tant les gens de la droite modéré qui ont voté pour le candidat UMP que ceux de l’extrême-droite qui ont reconnu en lui une échappatoire enfin crédible au vote protestataire FN.
Car il faut au moins avoir la lucidité de voir que ces millions de gens qui ont voté Le Pen en 2002, c’est-à-dire
- contre l’UE et de l’euro,
- contre toute forme d’immigration,
- contre un impôt sur le revenu dépassant 20%,
- pour la peine de mort,
- contre l’avortement,
et bien ces gens là ont voté en 2007
- pour un traité européen a minima voté par le Parlement,
- pour une immigration maîtrisée (ce qui ne veut d’ailleurs pas dire réduite),
- pour une baisse des charges sociales et un CDI généralisé mais flexibilisé,
- pour tous les acquis de la pensée humaniste depuis 1945, de l’abolition de la peine de mort en passant par l’IVG.
Ont-ils voté pour Nicolas Sarkozy car il voyait en lui un cheval de Troie capable de faire appliquer leurs idées avec la « légitimité » républicaine ? A moins de les prendre pour des imbéciles, on ne peut raisonnablement répondre positivement ! D’autant qu’aujourd’hui, alors qu’il adoucit son discours, se voulant plus rassembleur, les 10% d’électeurs FN restant – les « vrais », les « durs » - détestent Nicolas Sarkozy et ne savent pas pour qui voter. Il n’a pas pris ses idées, il lui a seulement pris la partie de ses électeurs qui, sans être xénophobes ou ultra souverainistes – étaient simplement désespérés (notamment face à des gens aussi inactifs que Chirac).
Sans tomber dans l’éloge béat et sans renoncer – pour ses adversaires – à débattre de son programme et à proposer des alternatives, attribuons à Nicolas Sarkozy ce mérite, comme on a attribué à Mitterrand le mérite d’avoir détruit le PC. Celui en a-t-il pour autant repris les idées ? Non. Pourquoi lui pardonnerait-on de manière condescendante la « ruse » dont il a fait preuve – car après tout il s’agit peut-être de cela – et en blâmerait-on aujourd’hui Sarkozy ? Non, définitivement, ce n’est pas une manière courageuse de le combattre.
Ce dont la gauche a besoin pour devenir attrayante, ce n’est pas d’une tête de turc, c’est d’un programme.
Vous avez vu la video de Le Pen à motié bourré le soir du 22 avril et le passage où il dit que les Français, une fois de plus, se sont fait "cocufier"? à mourir de rire.
Bon, sinon, pour revenir aux choses sérieuses, il est clair que le marketing néolibéral de sarko (qu'il nous sert avec des accents de preacher évangéliste compasionnel) procède de l'absorption grossière de ce qu'il y a de plus sommaire dans la production des think tanks post-thatcheriens.
Bon, sinon, pour revenir aux choses sérieuses, il est clair que le marketing néolibéral de sarko (qu'il nous sert avec des accents de preacher évangéliste compasionnel) procède de l'absorption grossière de ce qu'il y a de plus sommaire dans la production des think tanks post-thatcheriens.
Merci vlan de ne pas faire avancer le débat avec de genre d'assertion gratuite.
vlan a écrit:Bon, sinon, pour revenir aux choses sérieuses, il est clair que le marketing néolibéral de sarko (qu'il nous sert avec des accents de preacher évangéliste compasionnel) procède de l'absorption grossière de ce qu'il y a de plus sommaire dans la production des think tanks post-thatcheriens.
Merci vlan de ne pas faire avancer le débat avec de genre d'assertion gratuite.
Oauis t'es bête et méchant Vlan, panpan cucul si tu continues hein... Mais si tu peux mettre la vidéo de Le Pen quand il fait son Boris, je te permets de dire du mal de Sarko-ce-héros encore une petite fois, après ce sera plus féroce...
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