Cette affaire ne pouvait qu'être un échec. Le système juridique actuel rend les banques obligatoires pour de nombreuses opérations :
- Interdiction de se balader avec plus de 7500 € en liquide
- Interdiction de payer en liquide pour plus de 3000 €
- Risques de se faire piquer son liquide d'un coup
- délai légal pour les retraits dépassant un certain montant
Par ailleurs, pour retirer de l'argent de la banque, il faut déjà en avoir, des économies...
Concernant la discussion dans ce fil :
- Mami : Hiérarchiser les banques n'a en effet pas de sens.
En revanche, je trouve l'initiative de "Sauvons les riches" intéressante : profitant de l'echo médiatique de ce buzz, ils appellent à déplacer leur argent vers le crédit coopératif, qui propose divers mécanismes permettant d'aider une grande diversités d'associations. Le crédit coopératif, c'est une banque solidaire.
Et au vu des taux d'intérêts actuels sur un livret A, le crédit coopératif ne rapportera pas moins qu'une banque classique.
- Cassandre : Je relève un argument intéressant dans ce fil, c'est celui d'une ré allocation progressive des avoirs des banques vers divers actifs réels. Mais, cela ne se fait pas à la légère, comme ça, en sortant de sa banque avec une valise de billets... Cela passe par une analyse économique des différents secteurs d'activité et des divers placements existants. Mais je pense aussi que si on a 100 000 ou 200 000 euros sur un compte en banque (assurance vie par exemple, ou héritage), il vaut mieux les allouer vers l'achat d'un bien immobilier (à visée locative par exemple), ou vers des investissements dans des entreprises innovantes que de les laisser dormir. Une stratégie de diversification de patrimoine est dans cette perspective requise.
- Les rendements sont meilleurs (immobiliers notamment) ou le capital peut connaitre une meilleure valorisation (entreprises innovantes)
- les taux de croissance des prix des biens sont plus élevés que ce que l'accumulation d'intérêts peut rapporter à terme (plus value)
- on évite en effet comme dit plus haut les frais d'intermédiation bancaire sur les rendements des actifs
- on est sécurisé par rapport aux variations des marchés financiers (mais attention, on est lié à la variation de l'activité des entreprises sur lesquelles on décide d'investir)
- en bonus, pour ceux qui aiment ça on a aussi la satisfaction de gérer soi-même son patrimoine
Reste que cela est malheureusement réservé à une minorité de Français aisés.
Si on a que quelques centaines ou milliers d'euros d'économies, on est la proie des frais bancaires, des redressement en cas de découverts (ce qui n'est pas le cas des personnes ayant de l'argent qui bénéficient de conditions préférentielles), et on ne peut en rien investir cet argent car les sommes sont trop faibles.
Mais tu oublies dans ce raisonnement que dans le cas, par exemple, d'un achat d'appartement, celui qui achète l'appartement débourse les fonds, mais l'autre les encaisse. Certes il en utilisera peut-être une partie pour acheter un autre appartement, mais il y aura de toute façon, à un moment ou à un autre de la chaine quelqu'un qui encaissera. L'opération est donc à peu près nulle pour les banques.
Comme toujours en économie, il faut tenir compte des situations particulières, car les généralités théoriques n'ont que peu de prise avec la réalité (problème fondamental de la théorie économique dans sa prétention prévisionnelle d'ailleurs et raison pour laquelle l'orthodoxie économique sera toujours battue en brèche car elle ne peut qu'analyser/extrapoler les phénomènes passés, définir des modèles fondés sur des hypothèses qui ne prennent jamais en compte l'intégralité des détails effectifs de la réalité qui impactent celle-ci, ne dispose pas de toute l'information présente nécessaire, et ne peut présager des conditions réelles des années à venir, la crise a bien montré ces aspects).
"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)