Re: Wikileaks
Full support pour Julian Assange, ou l'homme libre traqué.
Le fondateur de WikiLeaks se bat pour échapper à l'extradition
publié le 07/02/2011 à 13:16
Julian Assange comparaît ce lundi devant un tribunal britannique appelé à se prononcer sur une demande d'extradition en Suède du fondateur de WikiLeaks, accusé d'agressions sexuelles dans ce pays.Lors de cette audience qui devrait durer deux jours, la défense tentera de convaincre le juge Howard Riddle, du tribunal de Belmarsh, dans le sud-est de Londres, de refuser cette extradition vers le pays scandinave.
Le cabinet d'avocats Finers Stephens Innocent affirme qu'une fois en Suède, Julian Assange, 39 ans, pourrait ensuite être extradé vers les Etats-Unis, où il risquerait la peine de mort pour avoir diffusé sur son site internet des milliers de notes confidentielles du département d'Etat et plongé la diplomatie américaine dans l'embarras.
Deux jeunes femmes qui travaillaient en Suède pour WikiLeaks accusent d'agressions sexuelles leur patron australien, qui clame son innocence.
La justice suédoise veut qu'Assange lui soit livré aux termes d'un mandat d'arrêt européen, une procédure introduite en 2004 pour faciliter et accélérer les extraditions entre pays membres de l'Union européenne.
Pour rejeter une telle demande, les motifs sont assez limités. Il s'agit notamment de savoir si les droits fondamentaux du suspect seront respectés dans le pays qui le réclame ou si le mandat d'arrêt a été émis dans des formes régulières.
Le juge Riddle n'est pas appelé à se pencher sur les faits qui sont reprochés à Julian Assange en Suède.
Les avocats du fondateur de WikiLeaks affirment sur internet que ce dernier est victime d'un règlement de comptes politiques en raison des informations confidentielles qu'il a diffusées sur son site.
"Il y a un risque réel, s'il est extradé en Suède, que les Etats-Unis demandent son extradition et/ou son transfert illégal aux USA, où il pourrait être placé en détention à Guantanamo ou ailleurs", ajoutent-ils.
"Si M. Assange était transféré aux USA sans l'assurance qu'il ne sera pas condamné à mort, il y a un réel risque qu'on le condamne à la peine capitale", estiment les avocats. Il risquerait également, selon eux, de subir de mauvais traitements, voire d'être victime de tortures, des pratiques condamnées par la convention européenne des droits de l'homme.
Julian Assange a bénéficié le 16 décembre d'une mise en liberté conditionnelle, neuf jours après son arrestation par la police britannique sur requête de la justice suédoise.
Si l'issue des débats lui est défavorable, il pourra faire appel et la bataille juridique pourrait durer des mois.
L'expert en informatique qui a provoqué les foudres de Washington dénonce une campagne de diffamation liée à ses activités.
Assigné à résidence dans un manoir de l'est de l'Angleterre, chez un de ses partisans, il doit se présenter tous les jours à la police et porter un bracelet électronique.
La justice américaine tente d'établir de son côté s'il a conspiré avec un ancien analyste du renseignement militaire, Bradley Manning, soupçonné d'avoir transmis des documents confidentiels extraits des serveurs du Pentagone et du département d'Etat.
Manning est actuellement en détention sur une base militaire en Virginie et Assange affirme ne pas le connaître.
Selon les accusations portées contre lui en Suède, Julian Assange aurait sexuellement agressé deux femmes à Stockholm en août dernier. L'une des victimes présumées, "Mademoiselle A", affirme qu'il n'aurait pas mis de préservatif, malgré ses demandes, lors d'un rapport avec elle. L'autre, "Mademoiselle W", dit qu'Assange a également eu avec elle un rapport non protégé alors qu'elle était endormie.
Pour le parquet suédois, cela relève du viol et le suspect peut être condamné à quatre ans de prison.
Guy Kerivel pour le service français
Par Reuters