Nira a écrit:OneAgain a écrit:- "on ne quitte pas un navire en pleine tempête" : mais c'est lui qui a mis le bateau dans la tempête ! Certes il y a eu cette crise, mais on n'a jamais vu un capitaine de navire aussi incapable de mener la barre en temps de crise.
C'est vrai que l'Espagne de Zapatero à 25% de chômage, la Grèce de Papandreou qui maquillait ses comptes et le Royaume-Uni de Gordon Brown qui croulait sous le déficit ont beaucoup mieux géré la crise. C'est la réussite totale de l'internationale socialiste en Europe !
Le seul pays qui s'en sort mieux que nous ? L'Allemagne d'Angela Merkel, CDU.
Donc désolé mais non, tu peux attaquer Sarko sur pleins de choses, mais pas sur sa gestion de la crise. D'ailleurs cela ne prend pas dans l'opinion.
Sous Jospin, on faisait 1% de plus de croissance que tous nos voisins, Allemagne inclus. Cela n'a pas empêché la droite de dire que Jospin n'y était pour rien et que sa politique était mauvaise alors qu'elle avait créé des millions d'emplois bruts et des centaines de milliers d'emplois nets.
La gestion de la crise par Sarkozy a été très mauvaise puisqu'elle a consisté à faire de la redistribution pour les riches c'est à dire ceux qui en ont le moins besoin et ceux qui ont une propension marginale à consommer la plus faible donc un effet de relance minime, d'où les 500 milliards de dette supplémentaires, dont Sarko est comptable d'au moins les 2/3. Ceci est la conséquence d'un manque patent de culture économique de notre candidat président, d'où d'ailleurs le fait qu'il ait abrogé à la fin de très nombreuses mesures prises au début de son quinquennat...
La France fait toujours mieux que ses voisins en période de crise car son économie bénéficie de stabilisateurs économiques plus marqués qu'ailleurs (emploi public, droit du travail, allocations, etc.) qui permettent de mieux résister aux chocs. De ce point de vue, Sarko bénéficie justement de ce qu'il veut détruire. Au contraire, c'est un exploit que l'on ait fait mieux que nos voisins en période de relance à la fin de la décennie 90 vu que normalement la France redémarre toujours plus lentement. Et d'ailleurs, pendant la période de croissance mondiale du milieu de la décennie 2000, la France faisait cette fois ci moins bien que ses voisins, faute d'une politique économique digne de ce nom.
D'un point de vue général, M. Sarkozy, et les personnes de droite parient en ce moment à fond sur l'amnésie médiatique, ce "présentisme" permanent pointé du doigt par Alain Finkielkraut qui balaie par le flot d'images et de postures présentes le passé comme les alluvions érodent les roches montagneuses. A entendre M. Sarkozy hier soir, on pouvait croire qu'il n'a jamais été Président de la République. Une nouvelle séquence est ouverte, rien n'a existé avant. L'entendre invectiver son compétiteur de mensonge fut comme d'entendre un imbécile traiter quelqu'un de con : un délice de fin gourmet ; un délice amer certes, mais un délice tout de même. Au passage, Hannah Arendt montre que c'est un trait du régime totalitaire (ici, toutes proportions gardées, on parlera simplement d'un homme qui se dit providentiel), que de jouer en permanence sur l'oubli du passé.
On voit bien la stratégie de campagne de la sarkozye se dessiner : faire oublier le passé, invectiver son adversaire en tâchant de le disqualifier et continuer à proposer n'importe quoi, comme on avait fait n'importe quoi en début de quinquennat (il sera toujours temps de revenir en arrière).
Je crois de ce point de vue que la plus grosse farce de cette campagne restera la promesse de référendums sur des questions techniques, dont lui-même dit qu'il ne les fera d'ailleurs que si partenaires sociaux et parlementaires ne font pas passer d'eux-mêmes la mesure. Il fallait posturer l'appel au peuple, et on l'a fait sur deux points techniques complètement dérisoires. "faut-il que ce soit le juge administratif plutôt que le juge des libertés et de la détention qui juge des mesures de rétention ?" ; quelle blague ! Surtout venant d'un homme qui a roulé sur le non au référendum à la Constitution européenne...
En ce qui me concerne, je suis pour que l'on organise des référendums en France, je suis même pour que l'on s'inspire de ce qui se fait en Suisse avec des référendums presque tous les week end, mais c'est dans ce cas tout un système qui est à mettre en place. Là , c'est comme d'habitude avec Nicolas Sarkozy : on se réveille un matin, on a deux mesures à proposer en main, et on se dit "tiens, il faut parler de référendums" alors on associe ces mesures à l'idée d'un référendum ; tout cela est brouillon, improvisé au maximum. Pour rappel, le référendum d'initiative populaire tel que mis en place dans la Constitution est un vaste blague puisqu'il faut que 4 millions d'électeurs le demandent et que le Parlement ne se saisisse pas de la question posée, raison pour laquelle, d'ailleurs, aucun référendum de ce type n'a été ni ne sera organisé...
Alors certainement, NS fait de bons discours, il sait tenir son auditoire, il sait jouer les bonnes postures et de ce point de vue, c'est un monstre sacré de la "politiciennerie" ; mais il reste le plus mauvais Président de la République française de la Vème République et il essaie par sa compétence à mener des campagnes à le faire oublier. De ce point de vue, c'est l'anti-Jospin qui fut probablement l'un des meilleurs gouvernant de la Vème mais le plus mauvais candidat, faute de donner une importance suffisante aux process de communication moderne. Mais ce n'est pas Jospin qui est candidat pour la gauche aujourd'hui : c'est François Hollande, et Hollande ne se laissera pas enfermer dans la tactique de la table rase de Nicolas Sarkozy.
"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)