Topic: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

360 burkas en France. Personne ne soutiendra cette pathologie religieuse, ni n'affirmera que la burka est une bonne chose, naturellement. Mais on peut parler d'une anecdote qui sont d'ailleurs le plus souvent le fait de femmes jeunes qui veulent affirmer leur identité d'origine (vous savez, l'identité, ce truc qui a été mis en avant récemment par le gouvernement)

Pourtant, la majorité a trouvé là sa grande marotte, la plus grande menace pour la République, contre les femmes, contre les Institutions...

En bref, l'ump, défaite aux régionale, essaie de reprendre la main sur son électorat en jouant une partition jusqu'auboutiste sur un fait divers complètement anecdotique, comme si on avait là la plus grande menace qui soit contre la France.

C'est ridicule, mais ça permet de meubler l'écran, de mettre au centre du débat un truc qui met tout le monde d'accord ("la burka c'est pas bien"). En bref, c'est un gros truc de com' bien gras et bien lourd, alors qu'il y aurait beaucoup de sujets beaucoup plus graves et importants sur lesquels légiférer. Et comme d'habitude, le fait divers, l'anecdote fait l'agenda politique de ce gouvernement de droite.

Il faudrait parler du Grenelle de l'environnement, oublié, de la politique économique, au point mort, de la politique de l'emploi complètement délaissée, etc. Mais non, le truc sur lequel il faut s'épancher et aller au plus loin, ce sont les 360 burkas en France.

Fatigante cette droite. Et risible.

Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

Bien vu gourkuff. Même le Conseil d'Etat est méprisé par la stratégie de communication umpiste.

Voile intégral: les députés UMP prêts à passer outre au Conseil d'Etat

Par AFP, publié le 30/03/2010 à 08:12 - mis à jour le 30/03/2010 à 18:58

PARIS - S'estimant confortés par l'exécutif, les députés UMP sont prêts à passer outre aux réserves du Conseil d'Etat pour voter une interdiction totale du port du voile intégral.
(deGàD) Le président du Sénat Gérard Larcher, le président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer et le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand écoutent les intervenants, le 29 mars 2010 à Paris, lors d'une réunion des parlementaires UMP

"L'interdiction, elle est totale ou elle est incompréhensible ! Lorsque l'on passe un message, on le passe vite, on le passe clair et on ne tergiverse pas sur les modes d'application. Aujourd'hui, on est tout à fait déterminé", a dit mardi le vice-président du groupe UMP, Jean Leonetti, à l'issue de la réunion hebdomadaire des députés de la majorité.

Un peu plus tôt, le Conseil d'Etat, saisi pour avis fin janvier par François Fillon, avait émis des réserves sur une prohibition générale du voile intégral, pas "juridiquement incontestable" selon lui.

Cet avis est "respectable", a réagi pour sa part le chef de file des députés UMP, Jean-François Copé, avant de souligner, fort du soutien de 220 membres de son groupe à sa proposition de loi, qu'il "appartenait aux responsables politiques de prendre (leurs) responsabilités".

Photo montage, du 19 juin 2009, d'une femme indienne portant le niqab (G) et de femmes afghanes portant des burqas (C et D)

"Les conseilleurs ne sont jamais les payeurs" et l'avis du Conseil d'Etat "n'a qu'une valeur très relative", estime le député UMP Lionnel Luca.

Une interdiction non pas dans tout l'espace public mais dans les seuls services publics conduirait à des aberrations, a fait valoir M. Copé, en observant qu'une femme interdite de porter le voile intégral à La Poste et dans le bus pourrait le revêtir dans la rue et à la boulangerie...

Fait nouveau, le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, longtemps hostile à une interdiction totale, a souhaité mardi sur Itélé qu'elle soit "claire, nette et précise" et concerne "tout le territoire" français.
Francois Fillon s'exprime lors d'une réunion des parlementaires UMP, le 29 mars 2010 à Paris

Francois Fillon s'exprime lors d'une réunion des parlementaires UMP, le 29 mars 2010 à Paris

De fait, les parlementaires se sont sentis confortés par les propos du Premier ministre la veille au séminaire de travail de la majorité. François Fillon avait alors appelé de ses voeux une loi qui aille "le plus loin possible dans la voie de l'interdiction générale".

Il "adhère à notre philosophie", décode M. Copé. M. Leonetti y voit même "un message qui consiste à dire +Je m'affranchis éventuellement de la restriction que pourrait donner le Conseil d'Etat et qui rendrait l'opération législative que nous menons complètement discréditée+".

Jean-François Copé, qui pense tenir avec le voile intégral un marqueur dans l'opinion, rappelle qu'en 1989, le Conseil d'Etat s'était montré "plutôt en défaveur" d'une loi contre les signes religieux ostentatoires à l'école. "Les responsables politiques étaient passés outre et l'Histoire montre qu'ils ont bien fait".

Parmi les voix discordantes figure celle du président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, qui continue à traîner des pieds, estimant que le sujet n'est "pas une priorité". Nicolas Perruchot (Nouveau Centre) met en garde, lui, contre le risque d'une censure du Conseil constitutionnel, qui constituerait "un camouflet pour la République toute entière".

Mais, dans les meetings UMP pendant la campagne des régionales, c'est de loin l'interdiction du voile intégral qui l'emportait à l'applaudimètre, font valoir les députés UMP. "Le +peut-être qu'il faut une loi+, +peut-être qu'il faut pas+ de la direction du parti a été catastrophique et nous a coûté beaucoup de voix aux élections. Fini les tergiversations !", affirme l'un deux, sous couvert de l'anonymat.

Matignon a fait savoir qu'il n'y aurait pas de communiqué mardi du Premier ministre, qui réfléchit aux suites à donner à l'avis du Conseil d'Etat.

UMP et FN, depuis quelque temps, on s'entend bien, surtout quand il s'agit de taper sur les minorités :

PARIS, 30 mars 2010 (AFP) - Voile intégral: le FN dénonce une décision "insensée et dangereuse"

Marine Le Pen, vice-présidente du Front national, a qualifié mardi d'"insensée et dangereuse" la décision du Conseil d'Etat de "tenter d'empêcher derrière des arguties plus technocratiques que juridiques l'interdiction totale de la burqa".

"Cette décision qui intervient comme d'habitude une fois les élections passées, vient annoncer et couvrir la lâcheté du gouvernement Sarkozy. Venant de la part de hauts fonctionnaires, elle n'en demeure pas moins insensée et dangereuse", ajoute le FN dans un communiqué.

Le Conseil d'Etat a estimé mardi qu'une interdiction absolue du voile intégral pourrait être contestée au plan juridique, jugeant néanmoins que l'obligation de maintenir le visage à découvert peut être justifiée par des exigences de sécurité ou la lutte contre la fraude "soit dans certains lieux, soit pour effectuer certaines démarches".

Selon le FN, cette décision est "insensée car comment justifier que ce vêtement soit attentatoire à la dignité de la femme dans certains lieux publics et pas dans d'autres" et "est dangereuse car elle donne aux groupes politiques qui instrumentalisent la religion ou certaines communautés, un signal de faiblesse dont on n'a pas fini de mesurer les terribles conséquences".

Marine Le Pen demande aux pouvoirs publics une "application complète de l'interdiction dans l'espace public de cet épouvantable vêtement" et demande que "les étrangers qui se croient autorisés à nous imposer leurs provocations communautaristes se voient immédiatement retirer leur titre de séjour et que les naturalisés qui sont dans ce cas se voient déchus de leur nationalité".

Last edited by Orcid (30-03-2010 23:27:47)

Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

C'est juste un coup de bluff du gouvernement pour faire accroire aux masses qu'il est encore à droite...

Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

Gourkuff a écrit:

360 burkas en France. Personne ne soutiendra cette pathologie religieuse, ni n'affirmera que la burka est une bonne chose, naturellement.

Primo, reprendre ce chiffre de 360 que même le ministère de l'intérieur ne soutient plus montre bien à quel point les dénonciateurs pathologiques des manipulations font preuve de peu d'esprit critique sur le fond.
Secundo, certains soutiennent bel et bien que ce peut être une bonne chose pour ces femmes qui le choississent, et il y en a.
Enfin, c'est loin d'être une pathologie, le développement de cette "mode" en Europe le montre.

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

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Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

Sinon, ce qu'on pourrait faire, c'est supprimer le Gouvernement et l'AN pour donner l'initiative et l'adoption des lois au Conseil d'Etat. Puisque son avis est sacro-saint...

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Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

gustave a écrit:
Gourkuff a écrit:

360 burkas en France. Personne ne soutiendra cette pathologie religieuse, ni n'affirmera que la burka est une bonne chose, naturellement.

Primo, reprendre ce chiffre de 360 que même le ministère de l'intérieur ne soutient plus

D'une le ministère de l'intérieur et les statistiques, ça fait deux (cf. les statistiques sur les gardes à vue récemment démontrée fausses ou même les statistiques sur le fichier STIC, complètement peu crédibles).
De deux, tu as d'autres chiffres ?

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Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

On en compterait 2000.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france … rance-.php

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Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

gamby nl a écrit:
gustave a écrit:
Gourkuff a écrit:

360 burkas en France. Personne ne soutiendra cette pathologie religieuse, ni n'affirmera que la burka est une bonne chose, naturellement.

Primo, reprendre ce chiffre de 360 que même le ministère de l'intérieur ne soutient plus

D'une le ministère de l'intérieur et les statistiques, ça fait deux (cf. les statistiques sur les gardes à vue récemment démontrée fausses ou même les statistiques sur le fichier STIC, complètement peu crédibles).
De deux, tu as d'autres chiffres ?

Le chiffre d'environ 2000 selon la sous-direction de l'information générale du ministère de l'Intérieur circule. A noter que le chiffre est dur à évaluer, vu que beaucoup d'entre elles ne sortent jamais de chez elles.

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Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

1000, 2000, 3000 voire 10 000. On s'en fout, non ? Ca reste anecdotique.

Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

Des chiffres qui "circulent" dans les couloirs du Ministère de l'Intérieur (quel service, quelle étude, quelle enquête ?), alors qu'une étude a été publiée sur le sujet, on a d'un côté un truc sérieux, de l'autre un bruit de couloir qui vise plus probablement à diffuser une fausse information plutôt qu'une statistique crédible.

Donc désolé, 360 burkas en France, on peut les critiquer, on peut même crier que c'est honteux d'être dans une burka, et à vrai dire, il y a lieu, lorsqu'on en croise une dans la rue, de lui dire que c'est honteux d'en porter une, mais faire tout ce "ramdam" médiatique alors qu'il y aurait des sujets beaucoup plus importants sur lesquels travailler, oui, je suis d'accord avec gourkuff, c'est ridicule.

Last edited by Gambetta (31-03-2010 16:03:27)

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

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Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

Je sais pas si le chiffre est ridicule, mais le communiste André Gerin, peu susceptible d'être un agent du fascisme rampant disait de ce chiffre : «C'est une évaluation plus raisonnable mais toujours sous-estimée» et à propos du chiffre de 367 «C'était totalement absurde ! On en compte plus dans la seule agglomération lyonnaise !».

Et c'est lui qui est à l'origine de ce débat...

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Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

Gambetta a écrit:

Des chiffres qui "circulent" dans les couloirs du Ministère de l'Intérieur (quel service, quelle étude, quelle enquête ?), alors qu'une étude a été publiée sur le sujet, on a d'un côté un truc sérieux, de l'autre un bruit de couloir qui vise plus probablement à diffuser une fausse information plutôt qu'une statistique crédible.

Le chiffre a été repris dans la presse avec cette source; je suis désolé mais je n'ai pas mes entrées aux RG ou au Ministère de l'Intérieur. Apparemment, plusieurs spécialistes du sujet le considéraient comme crédible en soulignant qu'il était difficile à vérifier.

Il est donc à peu près aussi crédible que ton chiffre de 376 (j'aime d'ailleurs beaucoup la précision du "soixante-seize"...).

Gambetta a écrit:

Donc désolé, 360 burkas en France, on peut les critiquer, on peut même crier que c'est honteux d'être dans une burka, et à vrai dire, il y a lieu, lorsqu'on en croise une dans la rue, de lui dire que c'est honteux d'en porter une, mais faire tout ce "ramdam" médiatique alors qu'il y aurait des sujets beaucoup plus importants sur lesquels travailler, oui, je suis d'accord avec gourkuff, c'est ridicule.

Certes. Mais un article du Monde d'aujourd'hui semble souligner que ce sujet fait aussi débat en Belgique: http://www.lemonde.fr/europe/article/20 … _3214.html

Peut être que Sarko a réussi à convaincre les Belges de parler du sujet pour éviter que nos voisins d'Outre Quiévrain ne parlent des sujets plus importants d' chez nous...

Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

Les voiles tout court (et les voiles intégraux) sont très, très largement plus visibles en Belgique qu'en France.

Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

Allouis, je pense qu'ils sont plus visibles car, en tout cas pour Bruxelles, l'organisation de l'espace est très différent qu'en France.
Bruxelles est une mosaïque de petits ghettos, mais il n'y a pas à proprement parlé de banlieue, du coup, oui, tu en vois partout, dans le centre, dans les transports en commun. Je pense que tu vas faire un tour en banlieue parisienne ou marseillaise, et là tu es étonné du nombre de femmes voilées que tu trouveras.
L'impression ne fait pas le nombre !

Lolita, light of my life, fire of my loins. My sin, my soul. Lo-lee-ta: the tip of the tongue taking a trip of three steps down the palate to tap, at three, on the teeth. Lo. Lee. Ta

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Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

mami a écrit:

Allouis, je pense qu'ils sont plus visibles car, en tout cas pour Bruxelles, l'organisation de l'espace est très différent qu'en France.
Bruxelles est une mosaïque de petits ghettos, mais il n'y a pas à proprement parlé de banlieue, du coup, oui, tu en vois partout, dans le centre, dans les transports en commun. Je pense que tu vas faire un tour en banlieue parisienne ou marseillaise, et là tu es étonné du nombre de femmes voilées que tu trouveras.
L'impression ne fait pas le nombre !

Pan.

Voilà, c'était l'intervention constructive du mercredi soir.

"Ecarte-toi, gnome fétide. Ma virilité n'a pas la place de passer..."

Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

A noter que le Conseil Constitutionnel a finalement, aujourd'hui, exprimé sa position. En gros, seul la protection de l'ordre public serait un fondement recevable pour la justification d'une telle loi, et - en outre - ne pourrait être applicable que dans les cas prévus par une liste très limitative et très restrictive. (interdiction type "rentrer dans une enceinte sportive" ou encore "aller essayer des bracelets dans une bijouterie". Par contre, mais heureusement - la jurisprudence administrative, que l'on ne présente plus d'ailleurs, l'a réaffirmé à maintes reprises - est justifiée le retrait du voile pour des photos d'identités, ce qui n'est pas extrêmement con. Par contre, si un juge est assez retors, il peut condamner sur le fondement de la loi interdisant le port des cagoules... Il y aurait, dès lors, à peine un mince filet d'eau à franchir et la jurisprudence s'est souvent montrée tordue dans certains raisonnements pour permettre une extension d'application de texte législatif...)

Il semblerait également qu'il y ait un alignement sur les positions de la CEDH concernant le port de ce fameux textile dans les endroits publics en général.

6pi a écrit:
mami a écrit:

Allouis, je pense qu'ils sont plus visibles car, en tout cas pour Bruxelles, l'organisation de l'espace est très différent qu'en France.
Bruxelles est une mosaïque de petits ghettos, mais il n'y a pas à proprement parlé de banlieue, du coup, oui, tu en vois partout, dans le centre, dans les transports en commun. Je pense que tu vas faire un tour en banlieue parisienne ou marseillaise, et là tu es étonné du nombre de femmes voilées que tu trouveras.
L'impression ne fait pas le nombre !

Pan.

Voilà, c'était l'intervention constructive du mercredi soir.

Orthofasciste va !

(C'était aussi ma contribution aux interventions constructives qui font la gloire de ce forum)

Last edited by kobayashi (01-04-2010 00:13:58)

"Un gamin de 18 ans tutoie une mama en boubou, oubliant qu'on ne donne plus du camarade dans le coin depuis une paie."

Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

http://www.lexpress.fr/actualite/burqa- … 59849.html

Il faut lire les commentaires.

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

Nouvel éclairage salutaire sur "l'enfumage sarkozyen" (Serge Halimi)


Plume de presse attirait hier l'attention sur un article de "désenfumage" intitulé Burqa-bla-bla, signé Serge Halimi dans Le Monde Diplomatique (une fraction sans cesse croissante de la population prend conscience, au fil des mois, d'une "tactique du rideau de fumée" comme composante centrale du "sarkozysme").

Jeudi 8 avril dernier, Serge Halimi approfondissait le sujet dans Là-bas si j'y suis, la glorieuse émission de Daniel Mermet sur France Inter (sans doute la seule émission vraiment mordante qui se puisse trouver à la radio - les Nicolas Demorand et Thomas Legrand officiant le matin sur la même antenne, disposant pourtant d'images de journalistes "incisifs", font à côté figure de teckels attaquant une poubelle (© "marc44")).

Relevé intégral (Serge Halimi est interrogé par François Ruffin, honneur du journalisme) :
   

François Ruffin :  « On tient absolument à savoir ce que Serge Halimi pense de la burqa. Est-ce qu'il est pour, ou est-ce qu'il est contre. »

Serge Halimi :  « Je me suis plutôt demandé qu'est-ce que la burqa cachait, quels étaient les sujets dont on ne parlait pas pendant qu'on évoquait celui-ci sans s'arrêter. Et j'ai été quand même frappé de voir que le soir même du mauvais résultat des élections régionales, Jean-François Copé a expliqué qu'il fallait absolument tenir compte du message des français, et qu'il fallait donc dans les plus brefs délais, envisager une loi qui interdirait le port de la burqa dans tous les lieux publics. »

Extrait audio (Jean-François Copé sur France 2 le 21 mars 2010) :  « Les français nous ont clairement adressés un certain nombre de messages, à l'occasion de cette campagne difficile. Parmi ces messages, il en est un que nous devons retenir 5 sur 5 : c'est qu'il faut revenir à nos fondamentaux. C'est le retour aux valeurs de la République. Je pense par exemple qu'il faut maintenant faire voter la loi d'interdiction de la burqa que nous avons déposée avec 220 députés. »

Serge Halimi :  « Je me suis dit que c'était tout de même une manière assez particulière de tenir compte du message des français le soir de l'élection. Et cela m'a rappelé une vieille technique qui a été inventée par d'autres j'imagine, mais perfectionnée par la droite américaine dans les années 80, qui consistait à créer ce qu'ils appelaient des wedge issues. "Issues" c'est les questions dont tout le monde discute, et "wedge" c'est un "coin", comme "enfoncer un coin". »

« La droite américaine a compris qu'elle ne disposait pas d'une coalition très large, compte tenu des intérêts économiques et sociaux qu'elle défendait ; et que donc le seul moyen qu'elle avait de l'emporter c'était de diviser la coalition plus large de ses adversaires, qui à priori pouvait compter sur le soutien des ouvriers, des employés, et des agriculteurs, d'un certain nombre de petits patrons qui n'avaient pas envie d'être dévorés par des multinationales. Donc la droite américaine s'est dit "il faut trouver des questions qui vont en quelque sorte "enfoncer un coin" entre les divers éléments de la coalition progressiste." »

François Ruffin :  « Diviser la gauche pour faire régner la droite. »

Serge Halimi :  « "La gauche" c'est un grand terme aux Etats-Unis, disons "ce qui n'est pas la droite dure", le centre droit... Du centre droit à la gauche. Et ces questions ce sont celles qui scandent maintenant la plupart des campagnes électorales : le port libre des armes à feu, la prière dans les écoles, l'avortement, la peine de mort, le mariage homosexuel. Cela ne veut pas dire que ces question ne sont pas importantes, mais disons qu'elles ont acquis une place complètement disproportionnée dans le débat politique. Et chaque fois que la droite américaine se sentait menacée, elle lançait un débat sur une ou plusieurs de ces questions. »

« Et la démarche de Copé m'a rappelé un peu la campagne américaine de 1988, qui est la campagne qui a vu l'élection de Georges Bush père. Et au début de la campagne Georges Bush père voit qu'il a 17 points de retard dans les sondages ; que le candidat démocrate, Michael Dukakis, est donc bien placé pour l'emporter. A la fin de la campagne Bush est élu avec 8 points d'avance. Qu'est-ce qui se passe pendant cette campagne ? »

« Eh bien [Bush père] va marteler un certain nombre de thèmes pendant cette campagne : le respect du drapeau étoilé, et l'interdiction de brûler un drapeau américain. (...) A l'époque il y avait entre 1 et 7 américains qui brûlaient un drapeau en signe de protestation. Cette question a acquis une ampleur absolument obsessionnelle, beaucoup de gens ont voté à partir de ce thème là, en se disant qu'après tout, ils n'en savaient pas beaucoup sur les deux candidats mais que l'un avait l'air plus patriote que l'autre. »

« Et au même moment s'apprêtait à éclater aux Etats-Unis le scandale des caisses d'épargne (dérèglementées par l'administration républicaine avec le concours des élus démocrates), qui allait coûter 500 milliards au contribuable américain. Cette affaire là est passée pratiquement inaperçue pendant toute la campagne ; parce que pendant cette campagne là on parlait du drapeau américain qu'il ne fallait pas brûler. »

« Je me suis demandé si on ne pouvait pas faire une analogie entre la question de la burqa, qui est tout de même relativement secondaire (une fois qu'on a dit qu'on est pas favorable à la burqa, que c'est un symbole régressif, que évidemment ça donne une image de l'égalité entre hommes et femmes qui n'est pas celle qu'on souhaite, on a à peu près tout dit là-dessus). On peut (...) relativiser l'importance de cette question alors que d'autres sujets de débat se posent, et je pensais dans le cas de la France en particulier au fait que lorsque l'Etat est venu au secours des banques, il aurait pu acheter une participation au capital de ces banques, qu'il aurait pu revendre à l'heure actuelle avec un bénéfice très important, de l'ordre de 20 milliards d'euros. Or 20 milliards d'euros c'est à peu près le déficit de la sécurité sociale l'année dernière. Ce sujet là n'a pas semblé hanter Jean-François Copé, quand il a fait le commentaire de l'élection. Mais puisqu'on parlait de réduire le déficit de la sécurité sociale, on aurait pu aussi signaler qu'il y avait un moyen qu'on avait raté, et qu'on avait raté pour le plus grand profit des actionnaires des banques. »

François Ruffin :  « Mais c'est compliqué là votre histoire, de réduire le trou de la sécu en... Tandis que la burqa c'est assez simple on comprend tout de suite. »

Serge Halimi :  « Je pense que si vous dites aux français au moment où on a fait un prêt aux banques : on aurait pu acheter une participation à leur capital, qu'on aurait pu soit conserver soit revendre à l'heure actuelle, et si on l'avait revendue on en aurait tiré une vingtaine de milliards d'euros ; si vous leur dites qu'au même moment le déficit de la sécurité sociale l'année dernière cela a été 22 milliards d'euros : ils peuvent faire le lien entre 20 milliards et 22 milliards d'euros. Si vous leur dites qu'au même moment en ne remplaçant pas un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite, on économise 500 millions d'euros par an, et que donc 20 milliards d'euros c'est l'équivalent de 40 années de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux, ils peuvent faire le calcul, et ils se disent qu'il y a peut-être des choix économiques et financiers qui ont été disons "mal négociés", en tous cas mal négociés pour l'Etat et le contribuable, et très bien négociés pour les actionnaires des banques. »

Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

Ce n'est pas une anecdote. La Français sont laïcs et la pratique du port de la burka est contraire aux principes de laïcité et à une certaine conception majoritaire de la femme et de la liberté.

La burka est en effet, comme il est dit plus haut, une pathologie religieuse. Et même si certes, l'accent médiatique mis par la majorité et le gouvernement sur cette question est suspect au moment où les priorités des Français sont l'emploi et le pouvoir d'achat (on se demande d'ailleurs pourquoi utiliser la procédure d'urgence prévue à l'article 45 de la Constitution), il y a lieu de l'interdire dans l'espace public.

Les femmes qui décident seules de porter la burqa, ou les hommes qui les contraignent à cela se mettent en marge  de la société française, de ses valeurs et de ses fondements intellectuels. Ils imposent au regard d'autrui leur croyance de façon ostentatoire, tout en soustrayant à ce même regard leur visage, leur identité, leur dignité même.

La France a très largement encadré l'Eglise catholique il y a 2 siècles. Elle ne doit montrer ni plus, ni moins de faiblesse à l'égard des autres croyances. Elle ne doit pas non plus laisser les femmes musulmanes et les musulmans modérés être emprisonnées par quelques extrémistes religieux.

Le combat pour limiter l'irrationnel des doxa et des croyances, pour maîtriser ses conséquences sur les vies et pour empêcher les excès de certains représentants du pouvoir religieux est un perpétuel recommencement, sur lequel il faut être vigilant.

Il ne faut pas non plus que les musulmans perçoivent ceci comme une stigmatisation à leur égard. Même si le contexte y serait propice, eu égard aux multiples atteintes verbales que la majorité et le gouvernement leur ont porté, ils doivent résister à cette tentation de croire que l'interdiction de la burqa signifie leur stigmatisation généralisée. Il s'agit au contraire d'une protection de personnes fragiles, influençables ou dépendantes qui pourraient se laisser instrumentaliser par quelque chef de famille extrémiste, ou quelque imam envoyé de l'étranger non reconnu par les représentants légitimes du culte musulman. Il ne faut pas oublier, dans cette perspective, que cette pratique est rejetée par l'immense majorité des imams du monde entier, et est proscrit dans certains pays musulmans même.

La grande majorité des musulmans de France respectent les valeurs de la République, sont modérés et respectables. Mais les pratiques extrêmistes de quelques uns doivent être régulées.


70% des Français favorables à l'interdiction totale de la burqa

70% des Français favorables à l'interdiction totale de la burqa

Selon un sondage LH2 pour nouvelobs.com, sept Français sur dix sont favorables à une loi interdisant le port du voile intégral dans tout l'espace public. /Photo prise le 2 avril 2010/REUTERS/Régis Duvignau


Sept Français sur dix sont favorables à une loi interdisant le port du voile intégral dans tout l'espace public, selon un sondage LH2 pour nouvelobs.com.

Les sympathisants de gauche y sont majoritairement favorables (63%) et ceux de droite plébiscitent l'idée du gouvernement (84%).

Le sondage a été réalisé les 23 et 24 avril au téléphone auprès d'un échantillon de 1.009 personnes.

Laure Bretton, édité par Gilles Trequesser

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

Les Français sont peut-être laïcs mais pas forcément athées. Or qu'on le veuille ou non, porter une burqua ou un niquab dans la rue est compatible avec les règles de la République même si beaucoup moins avec ses valeurs puisqu'effectivement ça ne va pas précisément dans le sens de la dignité de la femme.

Que l'on légifère parce que le besoin se fait sentir dans des cas pratiques où l'identification nécessaire n'est plus possible (JF Copé est demandé dans la salle pour nous ressortir le sempiternel exemple de la maman venant chercher son moutard à la sortie de l'école), soit. Mais que l'on légifère sur la tenue des gens en général, c'est une atteinte aux libertés tout à fait flagrante (dans le cas bien sûr où c'est un choix).

Et il faut bien admettre que ça peut être un choix, de même que certains se tatouent de la tête aux pieds ou que d'autres se font faire de la chirurgie esthétique. On peut ne pas approuver, mais de là à l'interdire...

"Ecarte-toi, gnome fétide. Ma virilité n'a pas la place de passer..."

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Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

J'ai l'impression que le gouvernement francais n'a rien d'autre à faire que de s'occuper de futilités.  Si le mari de la femme, et encore, il faut le prouver, a plusieurs femmes et une douzoine d'enfants, il faut appliquer la loi fancaise, auquel cas, on ne fait que brasser du vent. Autre chose, j'ai constaté qu'on cherche à chauqe fois à stigmatiser ce qui est musulman. dans quel but ? D'un arbre, on veut faire une forêt. c'est ridicule. Et plus encore, j'ai constaté que de grandes figures de la politique use et abuse de faits divers en les généralisant. La France est le pays de liberté. Pour qui ? Je pense qu'avec la crise, il ya des actions plus importantes à engager. S'occuper de futilités alors qu'il ne faut qu'appliquer la loi (fraude aux allocs par ex) c'est tromper les francais. Comme le fait de créer un sentiment de haine contre ce qui est musulman est lâche  et vil. Il faut savoir donner aux choses leurs justes dimensions. De même qu'avant de critiquer ce qui se rapporte à l'islam, il faudrait avoir au moins le decence de connaître l'islam.
salutations
un algerien fien de l'être

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Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

Broz, si c'est toi le comm. 88 sous le billet d'Eolas je pense que ton argumentation se tient.

Sinon, c'est dingue : je suis toujours incapable de me faire une opinion sur le bien-fondé d'une loi d'interdiction.

Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

hocine a écrit:

De même qu'avant de critiquer ce qui se rapporte à l'islam, il faudrait avoir au moins le decence de connaître l'islam.
salutations

Meme si je trouve limite (aprés lecture d'eolas, je confesse) ce que fait le gouvernement, j'ai du mal a voir en quoi taper bien fort sur les connards comme ce monsieur est une attaque contre l'islam. Meme si il ne faut pas le sous-estimer, car il a un gros potentiel niveau débit de conneries, Besson n'est pas allé jusqu'a dire que nos compatriotes musulmans sont tous comme ca non ?

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Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

Quelqu'un a-t-il déjà fait une analogie avec les affaires du lancer de nain ? Restriction d'une liberté où tout le monde est consentant, au nom du respect de la dignité de la personne humaine. Ca n'a posé aucun problème au Conseil d'Etat, à l'époque.

L'un de vous aurait-il lu un truc là-dessus ?

Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

B. comme Bouh a écrit:

Quelqu'un a-t-il déjà fait une analogie avec les affaires du lancer de nain ? Restriction d'une liberté où tout le monde est consentant, au nom du respect de la dignité de la personne humaine. Ca n'a posé aucun problème au Conseil d'Etat, à l'époque.

L'un de vous aurait-il lu un truc là-dessus ?

Oui, ce matin sur France-Info, dans le débat entre Yves Thréard et Jean-François Kahn.

Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

L'interdiction d'une tenue peut être vue comme une atteinte aux libertés d'une part, difficilement applicable d'autre part (il s'agit de définir précisément cette tenue pour débuter...). Même dans le cadre d'un combat contre l'islamisme une telle mesure est inefficace, si ce n'est contre productive, en tant qu'elle n'a qu'une portée démagogique sans volonté politique. Il n'est que de voir la réponse dudit mari qui se f... ouvertement de la gueule de ces c... de français, chrétiens en particuliers! Et nos bonnes âmes de lui donner raison par argutie juridique ou stupidité politique...

Last edited by gustave (27-04-2010 19:24:54)

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

gustave a écrit:

Et nos bonnes âmes de lui donner raison par argutie juridique ou stupidité politique...

On ne combat pas les trou du cul par leurs moyens, mais avec ceux de l'Etat de droit. Sinon ça sert pas à grand chose.

Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

Nouveau rebondissement. Brice Hortefeux répond à l'éditorial du quotidien Le Monde du 26 avril : ça se passe par ici.

Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

Elessar a écrit:
gustave a écrit:

Et nos bonnes âmes de lui donner raison par argutie juridique ou stupidité politique...

On ne combat pas les trou du cul par leurs moyens, mais avec ceux de l'Etat de droit. Sinon ça sert pas à grand chose.

Je suis entièrement d'accord, c'est l'une des constantes des "guerres révolutionnaires"... Cependant, on combat une volonté politique par une volonté politique s'incarnant dans des lois adaptées, certainement pas en se réfugiant derrière des lois imparfaites (par nature) pour dissimuler son absence de volonté...

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

doublon

Last edited by gustave (29-04-2010 10:06:11)

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

31

Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

http://img532.imageshack.us/img532/5101/57523039.gif

Uploaded with ImageShack.us

Last edited by RPC (29-04-2010 21:16:32)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

Les planches de Martin Vidberg me feront toujours rire. big_smile
Celle d'hier est sur le même thème : http://vidberg.blog.lemonde.fr/files/2010/04/124_planche-a-voile-integrale.1272561222.gif

Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

Les intéressées pourront toujours de couvrir de lunettes de soleil et de toutes sortes de chapeaux, casquettes, foulards, écharpes, manteaux… au motif qu’il fait trop chaud, ou trop froid, ou qu’il y a trop de soleil. Le résultat sera le même, sauf que les intéressées ne porteront pas un vêtement labellisé “intégriste”.

Oder so ähnlich.

Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

B. comme Bouh a écrit:

Quelqu'un a-t-il déjà fait une analogie avec les affaires du lancer de nain ?

Oui:

http://twingine.com/search.php?bing=&am … a+OR+niqab

Last edited by apokrif (02-05-2010 16:52:38)

Oder so ähnlich.

Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

Eric Besson prêt à réviser le Code de la nationalité

Par AFP, publié le 05/05/2010 à 08:30





Dans une lettre, le ministre de l'Immigration assure à son homologue de l'Intérieur, Brice Hortefeux, qu'il est "tout-à-fait disposé" à étudier une "évolution" du droit afin de faciliter les procédures de déchéance de la nationalité.

Dans une lettre datée du 27 avril dont le Figaro publie des extraits, le ministre de l'Immigration Eric Besson répond à son homologue de l'Intérieur Brice Hortefeux sur le cas d'un homme soupçonné de polygamie.

Il souligne que "dans l'état actuel du droit, la procédure de déchéance de nationalité semble très difficilement applicable au cas d'espèce". "Les faits de polygamie et de fraude aux aides sociales, s'ils étaient avérés et faisaient l'objet d'une condamnation, ne pourraient probablement pas fonder une telle procédure", poursuit le ministre de l'Immigration.
Le ministre Eric Besson se dit "tout-à-fait disposé à étudier la possibilité d'une évolution de notre droit" portant sur la déchéance de la nationalité française.

B. Tessier/reuters

Le ministre Eric Besson se dit "tout-à-fait disposé à étudier la possibilité d'une évolution de notre droit" portant sur la déchéance de la nationalité française.

La déchéance de la nationalité est une procédure strictement encadrée, prévue à l'article 25 du Code civil, qui ne prévoit pas le cas de la polygamie. Mais Eric Besson se dit "tout-à-fait disposé à étudier" avec le ministre de l'Intérieur et avec le ministre de la Justice "la possibilité d'une évolution de notre droit sur ce point".

Il ajoute que les "faits signalés" par Brice Hortefeux, "comme d'autres atteintes caractérisées aux valeurs fondamentales de notre République, notamment l'excision ou certains crimes particulièrement graves, apparaissent inacceptables et contraires à l'engagement de respecter les principes républicains indissociables de l'accès à la nationalité française".

Une procédure de déchéance de Lies Hebbadj de sa nationalité pour cause de polygamie comporte un risque, avait déclaré Eric Besson la semaine dernière, car une décision négative des juges ferait "jurisprudence". Il faudra alors une "adaptation législative" sous l'impulsion du président de la République et du Premier ministre, avait-il estimé.

L'inquiétude de SOS Racisme

Dans un communiqué publié mardi, SOS Racisme "s'inquiète" de l'information selon laquelle le ministre de l'Immigration "s'apprêterait à réformer le Code de la nationalité afin de faciliter les procédures de déchéance de la nationalité française".

L'association demande au gouvernement de "s'exprimer avec clarté sur un sujet aussi fondamental que celui de la nationalité" et avertit qu'elle "n'acceptera pas qu'émergent des dispositions visant à faire entrer dans le droit" une distinction entre les "'vrais Français' et des 'Français de papiers', pour lesquels la nationalité serait une réalité de plus en plus aisément réversible".

Symptomatique : un faits divers, un cas particulier émerge dans l'espace public, et c'est tout un pan du droit que l'on veut modifier. Un pan important puisque c'est la déchéance de la nationalité que l'on veut changer, c'est à dire un élément essentiel du droit, qui touchera potentiellement des millions de personnes.

Tout ça pour un sale type que l'on ferait mieux de poursuivre et d'enfermer pour coups et blessures.

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

Le Conseil d'État réaffirme son opposition à une interdiction globale

Reuters

Le Conseil d'État réaffirme son opposition à une interdiction globale

Le Conseil d'État juge dans un avis consultatif qu'une interdiction totale du voile intégral ne reposerait sur "aucun fondement juridique incontestable", rapporte Le Figaro vendredi. Le gouvernement devrait passer outre cet avis et présenter le projet de loi tel quel mercredi prochain en conseil des ministres. "On savait que le Conseil d'État était contre, c'est pas vraiment une nouveauté", a dit Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'État à l'Économie numérique, sur Europe 1. Les conseillers d'Etat, réunis en assemblée mercredi en présence du secrétaire général du gouvernement, ont émis un "avis défavorable" au texte du gouvernement.

La plus haute juridiction administrative estime qu'"une interdiction absolue et générale du port du voile intégral en tant que telle ne pourrait trouver aucun fondement juridique incontestable" et serait "exposée à de fortes incertitudes constitutionnelles et conventionnelles", rapporte Le Figaro. Mardi, les députés ont adopté à l'unanimité une résolution condamnant "les pratiques radicales attentatoires à la dignité et à l'égalité entre les hommes et les femmes", comme le voile intégral. Le texte d'interdiction devrait être examiné début juillet par les députés et début septembre par les sénateurs, l'objectif étant de le voir adopté définitivement à l'automne, selon Le Figaro .

Les socialistes confortés

Dans l'exposé des motifs de son projet de loi, que le journal s'est procuré, le gouvernement justifie son choix d'une interdiction globale en estimant que "l'édiction de mesures ponctuelles, se traduisant par des interdictions partielles limitées à certains lieux ou à l'usage de certains services, n'aurait constitué qu'une réponse affaiblie, indirecte et détournée au vrai problème que pose (...) une telle pratique." Le groupe socialiste de l'Assemblée nationale a déposé mardi sa propre proposition de loi visant à interdire le voile intégral dans le cadre des services publics. Le Conseil d'État lui a donné raison, ont dit les socialistes vendredi.

"On s'aperçoit que le projet des socialistes est plus viable que le projet gouvernemental", a dit le député de Paris Jean-Christophe Cambadélis sur i-Télé. "Je suis très étonné que le gouvernement persiste. On veut sauver la République et on se met face à une possibilité de victoire juridique des islamistes", a-t-il ajouté. En cas d'adoption de la loi sur le voile intégral, les députés socialistes ne la contesteront pas forcément devant le Conseil constitutionnel, a dit Jean-Christophe Cambadélis.

Nathalie Kosciusko-Morizet a laissé entendre sur Europe 1 que la majorité n'était pas disposée à plier face aux députés socialistes pour aboutir à un texte commun. "Dans l'idéal, ce projet de loi, il faudrait vraiment qu'il soit voté dans l'unanimité mais à un moment, si la gauche ne veut pas venir voter ce projet de loi... Il faut aussi à un moment que la gauche fasse un pas", a-t-elle dit.

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Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

http://www.youtube.com/watch?v=e4XEkVJK … embedded#!

A noter vers la fin de la vidéo, cette superbe insulte en vigueur dans certains milieux : "harki".

Enfin, heureusement qu'avec le vivre-ensemble (copyright HALDE), tout va pour le mieux.

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Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

Le Monde a écrit:

Critique de la laïcité à la française, à la manière des "Lettres persanes", par Eric Fassin (sociologue)

Comment peut-on être français ? C'est un grand sujet de curiosité, pour un mahométan, que les moeurs et coutumes de ce pays. Ne crois pas cependant que j'en comprenne tous les ressorts : depuis que je suis arrivé à Paris, je n'ai eu que le temps de m'en étonner. Je songeai d'abord que la France était la fille aînée de l'Eglise, tant son roi aime à célébrer le manteau de clochers qui en recouvre les plaines et collines. Je me pris ensuite à penser que ce peuple répudiait toute religion, tant il s'inquiète des minarets qui pourraient un jour défigurer ses paysages laïques.

Un vieillard philosophe m'éclaira bientôt. "Notre loi interdit seulement de mêler l'Eglise à l'Etat, et l'Etat à l'Eglise." J'applaudis la sagesse de ce peuple. "Dans votre pays, les fêtes religieuses sont donc privées, et non publiques comme chez nous ?
- C'est selon. Nous respectons le calendrier chrétien, par tradition, mais notre Etat ignore les fêtes juives ou mahométanes, par laïcité."


Comme nous passions devant un édifice orné de croix, je l'interrogeai encore : "Cette école est pourtant chrétienne, et non laïque ?
- Les deux à la fois. Elle est tenue par des Pères, mais c'est l'Etat qui la finance. Notre roi a d'ailleurs proclamé la supériorité du prêtre sur le maître d'école. Prêter allégeance au pape est pour nous le signe d'une laïcité positive." Sache que, malgré l'usure du temps, ce monarque reste un grand magicien ; il exerce son empire sur l'esprit même de ses sujets. Il n'a qu'à leur persuader qu'un écu en vaut deux, et ils le croient.

Ma confusion était à son comble : "Qu'est-ce donc que votre laïcité ?" L'homme m'expliqua ce beau principe : "Nous sommes libres de moquer la religion : on peut rire de tout. Les caricatures de votre prophète publiées dans nos gazettes l'ont bien montré : nous nous montrons plus libres que vous.
- Vos lois ne connaissent donc pas le blasphème ?
- Des jeunes gens ont bien été condamnés pour avoir profané la grande église que vous voyez, en y mariant deux femmes ; c'est que leur parodie manquait de respect à notre sainte religion."

J'admirai pourtant la liberté du peuple français : "Pour vous, il n'est rien de sacré ? - Rien, sinon le drapeau et l'hymne du pays, le roi, ses ministres et ses préfets, soit la nation et l'Etat. Tout est permis, poursuivit le vieil homme, à condition de respecter les vérités historiques établies par le législateur. Aussi ne faut-il pas trop critiquer le passé de ce peuple ni son présent. Liberté n'est point licence."

"Pourtant, dis-je alors, vos femmes ont perdu toute retenue ; elles se présentent devant les hommes à visage découvert, et l'usage de se faire servir par des eunuques leur est inconnu." Mon philosophe soupira : "C'est une grande question, parmi les hommes, de savoir s'il est plus désirable d'ôter aux femmes la liberté que de la leur laisser. Pour notre part, nous ne goûtons rien tant que la liberté des femmes.
- Vos épouses et vos filles sont donc libres de ne point porter de voile ?
- C'est tout le contraire : notre liberté leur interdit de se voiler le visage.
- Comment, votre police pourra-t-elle pénétrer jusque dans le sérail ?
- N'ayez crainte. Ces femmes seront enfin libres de rester enfermées. Le voile partiel des filles était déjà interdit à l'école : c'est qu'il s'agit d'un signe religieux. Le voile intégral des femmes pourra désormais être interdit dans tous les lieux publics : c'est qu'il n'a rien de religieux." "Ainsi, dis-je, nos femmes sont libres de sortir si elles revêtent le voile ; les vôtres, pour sortir, sont libres de l'ôter." Tu vois que j'ai pris le goût de ce pays-ci, où l'on aime à soutenir des opinions extraordinaires et à réduire tout en paradoxe.

"Ne vous méprenez pas, répondit mon docte professeur, nul ne demandera aux nonnes de ce pays de se montrer en cheveux ! Nous nous inquiétons moins de nos femmes que des vôtres. L'une d'entre elles demanda naguère à devenir française, comme l'étaient déjà son époux et ses enfants. Dans leur sagesse, nos juges refusèrent : c'est qu'un voile la couvrait tout entière."

"Pour être libre dans la patrie de l'égalité des sexes, ne fallait-il pourtant pas qu'elle devînt l'égale en droit de son époux ?
- Détrompez-vous : l'égalité de droit n'entraîne pas l'égalité de fait. Les femmes sont libres d'égaler les hommes, mais seulement si elles le peuvent. Nous attachons trop de prix à nos principes pour nous embarrasser de la réalité. Il en va ainsi de l'inégale pauvreté entre les sexes : nous ne nous soucions guère d'y songer, même au moment de débattre des pensions accordées à nos aînés.

"En France, continuai-je, les femmes sont bien libres de se marier ?
- Oui, à condition d'épouser un homme.
- Les hommes sont libres d'en faire autant ?
- Oui, à condition d'épouser une femme.
- Ont-ils la liberté d'en épouser plusieurs ?
- Non pas ! Ce serait contrevenir à l'égalité entre les sexes, qui, depuis toujours, ou peu s'en faut, a tant de charme pour nous. Pour s'être vanté de multiplier les femmes, un homme qui avait acquis la qualité de français est aujourd'hui menacé d'en être privé.
- Vos maris n'ont-ils qu'une épouse, ou bien faut-il être français de naissance pour en compter plusieurs ?
- La polygamie est interdite à tous."

"A moins d'être également pratiqué par les deux époux, l'adultère est donc pareillement réprimé ?
- Vous n'y pensez pas ! Ce serait contrevenir à la liberté, qui, depuis toujours, ou presque, nous est si chère !
- Il en va donc pour vous de la polygamie comme du voile : vous tolérez ce qui se cache, il suffit de n'en point tirer gloire.
- Pour arborer plus d'une épouse, reconnut mon philosophe, il est vrai qu'il faut être un grand monarque, ou du moins un grand cuisinier.
- N'est-ce point confondre la vertu avec l'hypocrisie, lui dis-je, pour finir, et réserver l'honnêteté au privilège ?"

A mesure que je découvre ce peuple, il m'apparaît moins étranger. Je vois partout ici le mahométisme, quoique je n'y trouve point Mahomet. Il faut professer la liberté, l'égalité et la laïcité pour être français ; et il faut être français pour s'en dispenser impunément.

Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

La Syrie interdit le port du niqab à l'université

Oder so ähnlich.

Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

Gambetta a écrit:

L'association demande au gouvernement de "s'exprimer avec clarté sur un sujet aussi fondamental que celui de la nationalité" et avertit qu'elle "n'acceptera pas qu'émergent des dispositions visant à faire entrer dans le droit" une distinction entre les "'vrais Français' et des 'Français de papiers', pour lesquels la nationalité serait une réalité de plus en plus aisément réversible".

Pourquoi SOS-Racisme refuse-t-elle qu'on retire la nationalité française à ceux qui ne la méritent pas ? Drôle de conception de ce que doit être la communauté nationale.


http://www.assemblee-nationale.fr/13/pr … on2742.asp :

N° 2742

_____

ASSEMBLÉE NATIONALE

CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958

TREIZIÈME LÉGISLATURE

Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 13 juillet 2010.

PROPOSITION DE LOI

visant à introduire dans le code pénal la peine complémentaire
de déchéance de la nationalité française,

(Renvoyée à la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale
de la République, à défaut de constitution d’une commission spéciale dans les délais prévus
par les articles 30 et 31 du Règlement.)

présentée par

M. Damien MESLOT,

député.

EXPOSÉ DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,

La nationalité ne traduit pas seulement l’existence d’un lien juridique entre la nation et l’individu ; elle est et doit être aussi l’expression d’un sentiment de filiation entre les deux. Sans la volonté de « vivre ensemble » les valeurs de la République, la nationalité est vidée de sa substance. Comme l’a parfaitement exprimé le Président de la République dans son discours du 12 novembre 2009, « devenir Français, c’est adhérer à une forme de civilisation, à des valeurs et à des mœurs » et « on ne peut pas vouloir tous les avantages de la République si l’on ne respecte aucune de ses lois, aucune de ses valeurs, aucun de ses principes ».

Ne pas respecter les valeurs et les lois de la France, c’est ne pas accepter les devoirs attachés à la citoyenneté française. Il n’apparaît pas acceptable que les délinquants qui se sont vus accorder la nationalité française puissent la conserver alors que leurs actes mettent en cause et contrarient les principes du pays qui les a accueillis et les a reconnus comme membres à part entière de la société française.

En l’état actuel du droit, la déchéance de la nationalité française relève du pouvoir réglementaire. En effet, l’article 25 du code civil prévoit que celui qui a acquis la qualité de Français peut, par décret pris après avis conforme du Conseil d’État, être déchu de la nationalité française, sauf si la déchéance a pour résultat de le rendre apatride.

Cette sanction vise des cas limitativement énumérés, à savoir les atteintes aux intérêts fondamentaux de la Nation, les actes de terrorisme, les atteintes aux institutions de la République ou à l’intégrité du territoire national, la soustraction aux obligations du code du service national et l’intelligence avec un État étranger préjudiciable aux intérêts de la France.

De fait, il ressort que cette procédure reposant sur la voie réglementaire est très peu mise en œuvre.

Afin de rendre le dispositif plus cohérent et efficient, il est proposé de permettre aux juridictions répressives de prononcer à titre de peine complémentaire la déchéance de la nationalité française.

À l’heure actuelle, l’article 131-10 du code pénal dispose que « lorsque la loi le prévoit, un crime ou un délit peut être sanctionné d’une ou plusieurs peines complémentaires qui, frappant les personnes physiques, emportent interdiction, déchéance, incapacité ou retrait d’un droit (…) ».

Cet article serait donc complété par un alinéa prévoyant la possibilité pour les juridictions pénales de prononcer la déchéance de la nationalité française.

Cette déchéance serait ainsi placée sous la garantie de l’autorité judiciaire, gardienne des libertés individuelles, qui ne pourra la prononcer que par une décision spécialement motivée.

En outre, dans le cadre de l’article 25 du code civil, cette déchéance est trop limitée. Il apparaît opportun d’étendre la sanction à un nombre beaucoup plus large d’infractions.

Parce que tout acte de délinquance est l’expression d’un rejet des règles et des valeurs de la France, il est proposé que tout étranger ayant acquis la nationalité française pourra être déchu de celle-ci en cas de condamnation à une peine d’emprisonnement ferme d’une durée supérieure à trois mois. Cette déchéance se produira dans les dix ans qui suivent l’acquisition de la nationalité.

PROPOSITION DE LOI

Article unique

L’article 131-10 du code pénal est complété par un alinéa ainsi rédigé :

« Sans préjudice de l’article 25 du code civil, la juridiction pourra, à titre de peine complémentaire et par décision spécialement motivée, prononcer la déchéance de la nationalité française à l’encontre de l’auteur condamné à une peine d’emprisonnement ferme supérieure à trois mois, sauf si la déchéance a pour résultat de le rendre apatride. La déchéance de la nationalité française est encourue dans le délai de dix ans à compter de la date de cette acquisition. »

Une autre piste qu'on pourrait envisager: la perte de la nationalité et/ou l'expulsion de la France des personnes qui, par leurs paroles ou leurs actes, montrent le dégoût qu'elles ont pour la France ou les Français - même si cela a pour effet de les rendre apatrides. En effet, certaines personnes montrent une telle haine de la France que la possession de la nationalité française, ou la résidence en France, constituent manifestement pour elles un traitement inhumain et dégradant, prohibé par le CEDH. Il serait donc conforme aux engagement internationaux de la France de couper au plus vite les liens qui unissent ces gens à la France, au besoin contre la volonté des intéressés (qu'on protégerait ainsi contre eux-mêmes) et sans souci de les rendre apatrides (ce qui serait un inconvénient bien mineur, et les intéressés pourraient toujours se réfugier dans un Etat partie à la convention de 1954 sur l'apatridie).

Last edited by apokrif (20-07-2010 07:34:18)

Oder so ähnlich.

Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

Hé, Apokrif, j'emmerde la France, j'ai honte d'être Français, et moi et ma liberté d'opinion t'emmerdons aussi.

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

Broz a écrit:

Hé, Apokrif, j'emmerde la France, j'ai honte d'être Français, et moi et ma liberté d'opinion t'emmerdons aussi.

Confirmation de ce que j'écris sur l'autre fil. Tu crois jouer au rebelle, en fait tu ne choques personne. Tu es juste outrageusement pathétique et tellement conformiste. Autoflagelle-toi si ça te fait bander... Ta pseudo liberté d'opinion n'est que le cache-sexe d'une rebellocratie mal assumée, tu pourras te révolter à Paris plage en réclamant de la fête,  du sexe et de l'antiracisme. Un Guillon bis, le portefeuille moins garni.

Je suis partout

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Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

je plussoie neige. Le rôle du provocateur surjoué ça commence à gaver.
Le politiquement incorrect bien pensant -qui est à la mode semble-t-il- est à des années lumières du courage intellectuel.


Un Guillon bis, le portefeuille moins garni.

et je préfère 1000 fois guillon!

Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

LOL

et le courage intellectuel c'est la position mille fois rabâchée d'un zemmour au rabais, se réclamant de l'incorrection politique parce que ça le fait mouiller de se croire à contre-courant ? je n'ai aucune prétention au courage intellectuel ou au politiquement incorrect. je démontrais par un exemple grossier l'absurdité du propos d'apokrif.

et je préfère mille fois zemmour

imbécile

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

Broz a écrit:

LOL

et le courage intellectuel c'est la position mille fois rabâchée d'un zemmour au rabais, se réclamant de l'incorrection politique parce que ça le fait mouiller de se croire à contre-courant ? je n'ai aucune prétention au courage intellectuel ou au politiquement incorrect. je démontrais par un exemple grossier l'absurdité du propos d'apokrif.

et je préfère mille fois zemmour

imbécile

Bienvenue en France Broz : http://www.communautarisme.net/

P.S : lorsqu'un caïd reconverti en politique type Soumaré est investi à cause de sa couleur de peau, ça lèse le militant lambda blanc en effet.
De même pour les journalistes à la peau trop claire baisés par la promotion de Rozelmack (Julien Arnaud doit en savoir quelque chose...).

Arrête de fantasmer en buvant ton Banania matinal, assume le fait d'être un blanc waciste dans la Nation qui a connu-les-heures-les-plus-sombres-de-la-rue-Lauriston.

(ou comment retourner l'indigence de ses arguments à un professionnel de la mithridatisation)

Last edited by Neige (23-07-2010 16:20:32)

Je suis partout

Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

amusant, la toute première tribune est écrite par ce guignol de taguieff, par excellence le type qui tente de monopoliser la parole sur les juifs (et accessoirement la théorie du complot) en france. vas-y tu en as d'autre des comme ça ?


.~*une larme pour julien arnaud*~.

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

Broz a écrit:

amusant, la toute première tribune est écrite par ce guignol de taguieff, par excellence le type qui tente de monopoliser la parole sur les juifs (et accessoirement la théorie du complot) en france. vas-y tu en as d'autre des comme ça ?


.~*une larme pour julien arnaud*~.

Taguieff est certes judéomane -son problème majeur- mais ça reste un national-républicain.
Marrant que tu t'arrêtes au premier détail venu en jugeant le contenant au lieu du contenu.
Un deuxième conseil : commande Contre le communautarisme de Julien Landfried, ça débouchera tes oreilles cireuses.

Je suis partout

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Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

Broz a écrit:

et le courage intellectuel c'est la position mille fois rabâchée d'un zemmour au rabais, se réclamant de l'incorrection politique parce que ça le fait mouiller de se croire à contre-courant ?

Justemment, c'est exactement ce que je critiquais dans ton dernier post.

je démontrais par un exemple grossier l'absurdité du propos d'apokrif.

Eh bien ta démonstration par l'absurde était encore plus stupide.

Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

Neige a écrit:

Un deuxième conseil : commande Contre le communautarisme de Julien Landfried, ça débouchera tes oreilles cireuses.

Offre-le moi au dîner. Je serai facilement reconnaissable, je suis en général recouvert de blackface, ou alors je porte un voile islamique.

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

Re: L'affaire de la burka ou le jusqu'auboutisme de l'anecdote

Broz a écrit:

je démontrais par un exemple grossier l'absurdité du propos d'apokrif.

Raté :-)

Broz a écrit:

Hé, Apokrif, j'emmerde la France, j'ai honte d'être Français, et moi et ma liberté d'opinion t'emmerdons aussi.

La liberté d'opinion, on l'invoque pour défendre l'expression d'opinions non conformistes, pas pour dire des platitudes telles que "j'aime pas la France". En remplaçant "la France" par "l'Algérie et Israël", ça pourrait le faire.

Last edited by apokrif (25-07-2010 17:46:11)

Oder so ähnlich.