Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Les annonces de Nicolas Sarkozy sur l'école

Par Emilie Cailleau, Emilie Weynants, publié le 05/05/2010 à 19:04


Nicolas Sarkozy a annoncé la création d'établissements de réinsertion scolaire pour les décrocheurs.

AFP /MYCHELE DANIAU

Nicolas Sarkozy a annoncé la création d'établissements de réinsertion scolaire pour les décrocheurs.

Le président de la République s'est exprimé devant les inspecteurs d'Académie à l'Elysée. Voici ce qu'il a annoncé.

En moins d'une heure, le chef de l'Etat a réaffirmé ce mercredi 5 mai les grandes lignes de son plan pour la sécurité à l'école devant les inspecteurs d'académies et les préfets réunis à l'Elysée.

-Pour les décrocheurs, Nicolas Sarkozy a annoncé un seul nouveau dispositif: la création d'"établissements de réinsertion scolaire". Dix structures visant à accueillir pour moins d'un an 20 à 30 élèves en situation de rupture scolaire devraient être ouvertes au cours de l'année 2011. Un fichier des décrocheurs pour recenser les élèves quittant l'école après 16 ans va officiellement être ouvert. Le projet avait été dévoilé par le Parisien en avril.

- Sur l'absentéisme scolaire, le chef de l'Etat ne lâche rien malgré la grogne du personnel éducatif, il maintient son soutien à la proposition de loi UMP de supprimer les allocations familiales en cas d'absences répétées. Il plaide pour une application immédiate "avant la fin de l'été pour une entrée en vigueur à la rentrée."

-S'agissant de la violence scolaire, le président de la République, a annoncé le renforcement de la coopération entre l'Education et la Justice. Un policier référent devrait être désigné dans les 53 établissements les plus confrontés à la violence. Les enseignants seront mis à contribution en étant formés à la discipline et à l'autorité. Le plan de sécurisation des établissements scolaires lancé par Luc Chatel, lors des Etats généraux de la sécurité à l'école en avril dernier va être poursuivi. Un diagnostic de sécurité sera réalisé d'ici à fin juin 2010 dans tous les établissements, pour faire face à la violence, a assuré Nicolas Sarkozy.

-Dernier point et non des moindres, le chef de chaque établissement pourra désormais lui-même recruter ses professeurs. Cette mesure expérimentale sera généralisée en 2011.

On ressent un certain malaise à entendre ses propositions sur l'absentéisme et ceux qui arretent l'école à 16 ans.

DEux choses différentes sont mêlées : les allocations familiales et la réussite scolaire.

Et ce fichage de ces élèves dits "décrocheurs" ? Pourquoi aggraver les effets de ce qui en soi sera problématique dans leur vie par ce fichage qui les suivra toute leur vie ?

On veut couler les plus faible et aider les plus forts dans le régime de Nicolas Sarkozy...

Last edited by Angoulmoise (05-05-2010 21:45:24)

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Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

En l'occurrence le fichage sert essentiellement à retrouver les élèves décrocheurs afin de les intégrer dans les structures en question ; car un décrocheur, par définition, ne se retrouve plus sur les listings de l'éducation nationale.

Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

La Cour des comptes dénonce le système scolaire français

C'est le constat dramatique d'un dysfonctionnement généralisé, de la maternelle à la fin du lycée, que tire la Cour des comptes de son analyse du système scolaire français. Présenté mercredi 12 mai lors d'une conférence de presse, le rapport de la Cour (200 pages), intitulé "L'éducation nationale face à l'objectif de la réussite de tous les élèves", repose sur deux ans d'auditions des meilleurs spécialistes de notre système éducatif et une enquête de terrain dans 60 établissements de six académies (Aix-Marseille, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Orléans-Tours, Montpellier, Paris et Versailles), ainsi qu'en Ecosse, Espagne et Suisse.


Contrairement à ce que pensent nombre de Français de leur école – et malgré un budget qui est le premier de l'Etat –, la politique de l'éducation nationale aggrave les inégalités et produit trop souvent de l'échec. Un constat dû en grande partie au fait que le système impose et empile d'en haut ses directives et ses réformes sans tenir compte des besoins de l'élève ni vérifier leur efficacité sur le terrain.

Un échec aussi à aller chercher dans le fait que "l'école secondaire est encore gérée sur la base de décrets datant de 1950, quand on avait 5 % de bacheliers !" Pour inverser la tendance et renouer avec la "réussite de tous les élèves", le rapport préconise de placer enfin réellement l'élève "au cœur du système", notamment en tenant compte de ses manques et de ses besoins.

D'autre part, en changeant radicalement d'approche dans la gestion du système : "Il est désormais impératif de remplacer la logique de l'offre scolaire – qui repose sur des moyens alloués en fonction des programmes : tant d'heures de cours, qui signifient tant d'enseignants, qui signifient tel budget –, par une logique fondée sur la demande, c'est-à-dire sur une connaissance nettement plus précise des besoins des élèves", insiste le rapport.

Au cours de leur enquête, menée de fin 2007 à septembre 2009, les conseillers de la troisième chambre ont ressenti "un grand intérêt du terrain, qui supplie que ça bouge, mais aussi un fort découragement et épuisement devant les effets d'annonce".

En conclusion, le rapport de la Cour énumère 13 propositions réparties en quatre grands chapitres. Elles vont de la reforme de la gestion du système éducatif à la révision de l'organisation des emplois du temps et des rythmes scolaires, en passant par la réorganisation des classes (quels élèves dans quelles classes ?), l'affectation des enseignants (quels enseignants devant quels élèves ?) et une refonte de l'aide apportée aux élèves en difficulté.

    * Une nouvelle gouvernance

Le rapport de la Cour des comptes, pointe un "hiatus" important entre les coûts et les performances de notre école : "La France est le pays de l'OCDE où le retard scolaire à 15 ans est le plus important (…), un de ceux où les écarts de résultats entre élèves se sont le plus accrus [et] où l'impact de l'origine sociale sur les résultats des élèves est le plus élevé ", souligne le rapport.

Si elle continue de la sorte, elle ne pourra jamais atteindre ses objectifs de 80 % d'une classe d'âge au niveau du bac et 50 % avec un diplôme du supérieur. Aujourd'hui, la France est loin du compte, avec seulement 25 % d'une classe d'âge au niveau de la licence (bac + 3). Pour lutter contre l'échec scolaire, le rapport propose "d'accroître le financement du traitement de la difficulté scolaire à l'école primaire", où commence à se construire l'échec.

Il souligne aussi l'importance de "mettre fin à une allocation des moyens uniforme", sans prise en compte des écarts et des objectifs entre établissements. "Entre un lycée qui a 100 % de réussite au bac et un autre qui n'a que 40 % de réussite, il n'y a que 10 % d'écart dans les moyens horaires alloués", dénonce la Cour. Elle remarque au passage que le ministère ne connaît même pas précisément les coûts de sa politique de lutte contre l'échec, "ce qui empêche de déterminer quels dispositifs doivent être maintenus ou supprimés".

    * S'adapter aux besoins de l'élève

Dans ce domaine, tout est à revoir car l'élève, qui est prétendument au centre du système, est en fait "le dernier servi", dénonce la Cour. A commencer par le temps et les rythmes scolaires qui ne lui sont absolument pas adaptés. Surtout pour ceux déjà en difficulté, qui peuvent dépasser la journée de six heures de cours quand ils ont aussi à suivre ceux de soutien scolaire, en sus des heures de cours ordinaires.

Les redoublements, qui sont le plus souvent inefficaces et coûteux, devraient être revus à la baisse et les économies ainsi faites allouées "au financement d'actions d'accompagnement personnalisé". Il faut "arrêter de dire que tous les élèves doivent avoir le même nombre d'heures de mathématiques et que le soutien est le même pour tout le monde", martèle Jean Picq.

Pour le président de la troisième chambre de la Cour des comptes, rédactrice du rapport, "l'égalitarisme de notre système maintient l'inégalité". La composition des classes est aussi visée par le rapport, qui note que leur "hétérogénéité est plus vécue comme une contrainte que comme un objectif louable".

La Cour pointe encore du doigt une orientation qui se fait par défaut et sur la base de l'échec. La troisième chambre, confirme ce qu'elle avait été la première à pointer, dans un précédent rapport : le risque de ghettoïsation des établissements les plus difficiles qui voient fuir leurs meilleurs élèves du fait de l'assouplissement de la carte scolaire.

    * Des enseignants plus efficaces

Dans son rapport, la Cour relève que l'affectation des enseignants n'est pas faite en fonction de leurs compétences et des élèves qu'ils auront en face d'eux. Il faut, dit-elle, "définir un cadre réglementaire conforme à la diversité de leurs missions" : enseignement disciplinaire, mais aussi coordination des équipes pédagogiques, accompagnement personnalisé (suivi, aide méthodologique, dispositids spécifiques, conseil en orientation…). "Un accord annuel arrêté entre les enseignants et les responsables des établissements [devrait] définir les modalités pratiques de répartition de ces missions", estime le rapport.

    * Des établissements responsabilisés

La Cour demande "que ce soient les équipes pédagogiques qui déterminent les modalités de répartition des moyens d'enseignement et d'accompagnement personnalisé". Une mesure révolutionnaire que le ministère ne peut accepter, car elle reviendrait à le destituer.

Enfin, elle propose de systématiser les affectations "sur profil" des responsables et des enseignants des établissements les plus difficiles, et de les évaluer à partir des "bonnes pratiques relevées en France et à l'étranger".

Le rapport de la Cour sort une semaine après celui de l'Institut Montaigne sur l'école primaire. Beaucoup plus complet, il enfonce le même clou : la réforme de fond en comble de notre système scolaire est urgente. Surtout quand on est supposé élaborer une société de la connaissance.

Reste à savoir si le ministère aura le courage de s'y atteler, tant le changement de cap implique de changements en matière de politique éducative.

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

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Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Extrait texte de Gambetta a écrit:

Contrairement à ce que pensent nombre de Français de leur école – et malgré un budget qui est le premier de l'Etat –, la politique de l'éducation nationale aggrave les inégalités et produit trop souvent de l'échec.

Ce n'est pas vraiment nouveau.


Si elle continue de la sorte, elle ne pourra jamais atteindre ses objectifs de 80 % d'une classe d'âge au niveau du bac et 50 % avec un diplôme du supérieur. Aujourd'hui, la France est loin du compte, avec seulement 25 % d'une classe d'âge au niveau de la licence (bac + 3).

Tiens, je pensais qu'il y avait plus de monde au niveau licence.

* S'adapter aux besoins de l'élève

Dans ce domaine, tout est à revoir car l'élève, qui est prétendument au centre du système, est en fait "le dernier servi", dénonce la Cour. A commencer par le temps et les rythmes scolaires qui ne lui sont absolument pas adaptés. Surtout pour ceux déjà en difficulté, qui peuvent dépasser la journée de six heures de cours quand ils ont aussi à suivre ceux de soutien scolaire, en sus des heures de cours ordinaires.

Les redoublements, qui sont le plus souvent inefficaces et coûteux, devraient être revus à la baisse et les économies ainsi faites allouées "au financement d'actions d'accompagnement personnalisé". Il faut "arrêter de dire que tous les élèves doivent avoir le même nombre d'heures de mathématiques et que le soutien est le même pour tout le monde", martèle Jean Picq.

Ils proposent un système scolaire "à la carte" ou quoi ?

Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Gambetta a écrit:

La Cour des comptes dénonce le système scolaire français

http://www.ccomptes.fr/fr/CC/documents/ … eleves.pdf

Oder so ähnlich.

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Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Le Monde a écrit:

Le ministre de l'éducation dévoile sa réforme des rythmes scolaires

Le ministre de l'éducation Luc Chatel a l'intention d'expérimenter, dès la rentrée de septembre, dans une centaine de collèges et lycées volontaires un nouveau rythme scolaire favorisant le sport, révèle, mardi 25 mai, Le Parisien/Aujourd'hui en France. Selon le quotidien, "deux à quatre établissements par académie seront retenus", à charge pour eux d'aménager des semaines "où les élèves auront cours le matin et se consacreront à des activités sportives l'après-midi". "Il s'agit d'expérimenter un nouveau rythme scolaire", déclare Luc Chatel, et "ne seront retenus que les établissements volontaires et qui disposent des équipements adaptés".

Pour le ministre de l'éducation,"il s'agit d'une expérimentation qui, pour d'évidentes raisons d'organisation, ne concernera qu'une à trois classes dans chaque établissement concerné". Le plan passe également par la relance du sport associatif scolaire, qui ne compte qu'un petit million de licenciés, précise Le Parisien/Aujourd'hui en France.

Interrogé mardi par France Info, Luc Chatel a précisé qu'il a "déjà demandé aux recteurs de prendre contact, à partir du moment où ils ont identifié des collèges ou des lycées, avec les communes concernées pour que ceci se passe en bonne intelligence"."Dans les pays où cette expérimentation est étendue, cela a eu des résultats en matière d'absentéisme scolaire, poursuit le ministre. Les élèves peuvent s'épanouir différemment, et cela permet de prévenir la violence. Je souhaite que cette expérimentation vienne nourrir la conférence sur les rythmes scolaires que j'installerai le mois prochain, qui traitera de manière beaucoup plus globale de l'organisation du temps passé à l'école, dans la journée, dans la semaine et dans l'année", a-t-il indiqué.

Une initiative du ministère de la Santé et des Sports ?

Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Luc Chatel justifie l'augmentation du nombre d'élèves par classe

Créé le 01.06.10 à 19h19 -- Mis à jour le 01.06.10 à 19h19
Le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, le 9 février 2010 à Paris.

EDUCATION - Le ministre réagit après la publication de documents internes visant à réduire le nombre d'enseignants...

Contraint de s'expliquer. Luc Chatel a confirmé ce mardi le fait que le ministère de l'Education travaillait sur différentes pistes avec les académies pour réduire le nombre d'enseignants entre 2011 et 2013. La veille, le Parisien avait publié des documents internes révélant que l'augmentation des effectifs par classe en primaire et au collège était notamment envisagée. Objectif: respecter l'objectif du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

Interrogé dans les couloirs de l'Assemblée, Luc Chatel a rétorqué ce mardi que «la question des moyens n'[était] pas la réponse aux problèmes de l'Education nationale aujourd'hui». «C'est une question d'organisation, d'efficacité du système», qui relève d'un travail «académie par académie, école par école à partir des besoins locaux», afin de «s'adapter à la diversité des situations que l'on rencontre».

«On peut être 32 par classe à Henri IV»

Le ministre s'appuie notamment sur un récent rapport de la Cour des comptes qui explique que les enquêtes internationales ne montrent pas une meilleure efficacité lorsque le taux d'encadrement est plus important.

Il faut «davantage de moyens là où il y a davantage de besoins», a ajouté Luc Chatel sur RTL, en prenant l'exemple du lycée Henri IV à Paris «où l'on peut être 32 par classe sans problème; par contre, dans un collège d'une zone difficile, il ne faut pas être plus de 22».

Selon lui, il y a par ailleurs 700.000 élèves de moins en France qu'au début des années 1990 et 50.000 professeurs de plus. «Nous avons un taux d'encadrement qui est plus important en France que celui d'autres grands pays développés», insiste-t-il. Pourtant, selon l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) en 2007, la France avait 22,6 élèves par classe en primaire et 24,3 dans le secondaire, plus que la moyenne de l’OCDE: respectivement 21,4 et 23,9 élèves.
Entre 15.000 et 17.000 suppressions de postes?

Des arguments battus en brèche par l'opposition. Le Parti socialiste, qui évalue entre 15.000 et 17.000 le nombre de postes supprimés en 2011, dénonce un gouvernement «cynique et brutal». «Rarement la chasse aux économies aura fait aussi peu de cas de l'intérêt des élèves et de toute réflexion sur les finalités de l'école», écrivent dans un communiqué le premier secrétaire, Martine Aubry, et le secrétaire national à l'Education, Bruno Julliard.

Les spécialistes réfutent aussi l'argument du ministère: «Les études montrent que la réduction de la taille des classes a un impact très significatif sur les acquis des élèves, par exemple, en français et en mathématiques, mais aussi sur les facteurs comportementaux: ils travaillent plus en cours», a réagi le chercheur Pascal Bressoux, qui dirige le laboratoire en sciences de l'Education de l'Univesité Pierre-Mendès-France de Grenoble.
«Racler les fonds de tiroirs»

Thomas Piketty, professeur à l'Ecole d'économie de Paris et auteur d'une étude publiée en 2006 par les services du ministère, renchérit: «Je montrais qu'en primaire, on apprend mieux à lire et à calculer quand on est 20 au lieu de 25. C'est encore plus vrai pour les enfants de milieux défavorisés.»

Du côté des parents d'élèves, on déplore que le ministère «racle les fonds de tiroirs». Pour la Peep, si «la question des moyens» n'est pas «centrale», «il y a des seuils à ne pas franchir».
Catherine Fournier avec agence

On peut être 32 par classe dans les bons lycées, certainement, mais dans les lycées et les collèges agités, c'est beaucoup plus difficile justement.

Ce gouvernement ferait bien de réfléchir à redéployer les dépenses administratives vers les postes de terrain plutôt que l'inverse. Ca fait des années que je, que l'on, dit ça, mais manifestement, rien n'y fait, pour faire des pseudo-économies (je dis pseudo parce que les dépenses de fonctionnement ne font qu'augmenter) on préfère supprimer des postes dans l'administration active plutôt que dans la bureaucratie...

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Je ne vais pas défendre Chatel mais c'est toujours étaonnant de constater que l'on obtient à l'échelle nationale des résultats très médiocres alors que le taux d'encadrement est dans la moyenne des pays de l'OCDE et le nombre d'heures de cours sensiblement au-dessus.

"Ecarte-toi, gnome fétide. Ma virilité n'a pas la place de passer..."

Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Chatel réfléchit aux rythmes scolaires... sans parents d'élèves ni syndicats

Par Laurence Debril, publié le 07/06/2010 à 14:28

Semaine de 4 ou 5 jours, vacances d'été raccourcies, journées de cours repensées: les 27 membres de la commission vont se pencher "à froid et sans tabou" sur la question délicate du temps scolaire.

Il y a de tout, parmi les membre du comité de pilotage de la Conférence nationale sur les rythmes scolaires que vient d'installer Luc Chatel. Un ancien recteur (Christian Forestier, son président), un haut fonctionnaire européen (Odile Quintin, co-présidente), un spécialiste de la violence scolaire (Eric Debarbieux), un ancien ex-secrétaire d'Etat à la Jeunesse et aux Sports (Roger Bambuck). Et même, un cadre dirigeant à la SNCF (Claude Solard), la présidente du Centre des monuments nationaux (Isabelle Lemesle) ou un directeur de Sciences Po parallèlement responsable des études à l'Institut Montaigne (Laurent Bigorgne). En tout, 27 personnes, issues de tous les champs, y compris économique et touristique, puisque, comme l'a souligné le ministre de l'Education nationale "aujourd'hui, l'école rythme toute la société".

Issues de tous les champs, ou presque. Car on note deux absents de poids dans la composition de ce groupe d'experts: les représentants des parents d'élèves, pourtant très actifs sur le sujet, la FCPE notamment, et les syndicats d'enseignants, principaux concernés après les élèves eux-mêmes. "Si on invitait les parents, il fallait convier les syndicats et aussi les représentants lycéens et alors, on passait à 100 membres..." indique-t-on dans l'entourage du ministre. Comprenez: ça plombait les débats.

Les conclusions seront rendues lorsqu'elles seront prêtes...

Le temps, pourtant, ne presse pas. Chargée de réfléchir à la manière de réorganiser l'année scolaire dans son ensemble -un jeune de 15 ans suit 1147 heures de cours par an, contre 965 en moyenne dans l'ensemble des pays de l'OCDE, mais durant une période plus courte- la commission se dit prête à envisager toutes les solutions, sans tabou. Et l'échéancier fixé est souple: les conclusions seront rendues lorsqu'elles seront prêtes... Les premières pistes de travail sont attendues pour le premier trimestre 2011, pas avant. Les propositions opérationnelles, pas avant les vacances d'été 2011. Si changement il y a, il ne débutera pas avant longtemps. De surcroît, le calendrier scolaire est déjà fixé pour trois ans.

Cela laisse le temps de la réflexion "à froid", et même, de l'expérimentation. Déjà, à la rentrée prochaine, une centaine de collèges et lycées s'essaieront à un nouveau rythme scolaire avec cours le matin et sports l'après-midi. Dans l'académie d'Aix-Marseille, la méthode Freinet appliquée au collège et au lycée est testée. Elle propose des "plans de travail" modulables selon le rythme de chaque élève. Dans l'Académie de Nice, une classe de 6e expérimente aussi une nouvelle organisation du temps scolaire, avec des sessions de cours d'1 h 30 et des après-midi consacrés en priorité aux arts et aux sports. En plus de voyages d'étude à l'étranger, la commission se penchera sur les diverses expérimentations déjà menées.

Mener une telle réflexion sans représentants des profs ni des parents d'élèves... Seul un Ministre sarkozyste pouvait être assez stupide et mal intentionné pour oser. Caricature d'imbécilité, de bureaucratisme et de traitrise à l'égard du système éducatif à qui l'on veut imposer des réformes qui ne profiteront à personne, ni aux élèves, ni aux professeurs, ni aux parents d'élèves.

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Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

http://www.lefigaro.fr/actualite-france … n-grec.php


Encore un coup de Sciences Po ! Assez !

Le jury du Capes de lettres classiques démissionne pour dénoncer un concours moins exigeant.

Qui se soucie, au cœur de l'été, du devenir des humanités? Thucydide et Tacite ne s'exportent pas sur les plages. Pourtant, le monde des lettres classiques est en émoi et espère, malgré la torpeur estivale, alerter l'opinion. Le 14 juillet dernier, le jury du Capes de cette discipline présentait même sa démission collective, assortie d'une lettre au ministre. L'objet de ce courroux? Les nouvelles épreuves du concours de recrutement des futurs professeurs de latin et grec.

Dans le cadre de la refonte de la formation des professeurs la fameuse «mastérisation» , les concours ont été remaniés et ramenés à deux épreuves écrites et deux épreuves orales pour permettre quelques économies d'organisation. Quid, donc, de ces professeurs qui seront amenés à enseigner trois disciplines, le français, le latin et le grec? Ils seront sélectionnés, non plus sur une version latine et une version grecque, mais sur une épreuve mêlant les deux et comprenant également des questions de civilisation. À l'oral, exit le commentaire des pages d'Homère, de Plutarque ou de Catulle; les candidats se verront interrogés dans le cadre d'une épreuve de commentaire d'un dossier pédagogique comprenant également la question d'éthique sur «Agir en fonctionnaire».

Depuis plusieurs mois, déjà, les membres du jury du Capes réclamaient une nouvelle discussion autour du décret paru au Bulletin officiel en décembre 2009. En février 2010, la vice-présidente du jury, Sabine Luciani, avait été convoquée par le ministère après une première motion de défiance. En ce mois de juillet, ce sont donc vingt membres du jury qui ont démissionné, arguant qu'«un concours de recrutement de professeurs ne peut se dispenser de vérifier [l']aptitude scientifique [des candidats] dans toutes les matières qu'ils auront à enseigner».

«Les attaques contre les lettres classiques ne sont pas neuves, constate Augustin d'Humières, membre du jury et auteur de Homère et Shakespeare en banlieue (Grasset, 2009). Voilà le résultat de la rencontre entre un discours marqué à gauche, qui voulait depuis trente ans “en finir avec l'élitisme”, et un discours pragmatique que l'on trouve aujourd'hui à droite, et qu'incarne Richard Descoings, patron de Sciences Po, quand il déclare “On ne va pas faire faire du latin à tout le monde” sous prétexte que l'avenir serait aux langues vivantes ou à l'informatique.» Pour celui qui s'enorgueillit d'avoir enseigné le grec à des classes de soixante-dix élèves dans des banlieues difficiles, «l'enjeu est celui de la maîtrise du français, pour laquelle les langues anciennes sont un outil formidable. Et les élèves sont demandeurs. Les réticences et les attaques viennent de l'intérieur de l'institution, pas des jeunes ou des familles».

Pendant des années, le vivier d'élèves choisissant d'étudier une ou même deux langues anciennes a diminué sous l'effet des horaires dissuasifs (pendant l'heure du déjeuner ou le mercredi après-midi) et des incompatibilités d'options, mais il s'est stabilisé depuis 2000 autour de 500.000 élèves, qui ne se recrutent pas seulement dans les grands lycées de centre-ville. Mais la réforme du lycée qui entre en vigueur à la rentrée 2010 ne contribuera pas à sauver les humanités classiques puisqu'elle ne prévoit pas, par exemple, que l'on puisse étudier deux langues anciennes.

Pire, elle relève de la même logique que les nouveaux concours, en remplaçant la maîtrise de la langue par une approche culturelle du monde antique. «C'est oublier, plaide Michèle Gally, autre démissionnaire et auteur du Bûcher des humanités (Armand Colin, 2006), que la formation linguistique est fondamentale pour développer la logique et la rigueur. Le débat ne se résume pas à une défense réactionnaire de la vieille culture.» Mais après un été qui se soucie fort peu des langues anciennes, il faudra se faire entendre au milieu du brouhaha de septembre.

Last edited by RPC (04-08-2010 20:45:53)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Pourquoi prohiber l'étude de deux langues anciennes au lycée ?
A priori, les élèves en faisant la demande sont volontaires ..

La patrie, l'honneur, la liberté, il n'y a rien : l'univers tourne autour d'une paire de fesses. Sartre.

Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Que devient l'agrégation dans ces histoires de masterisation et de réforme du CAPES ?

Oder so ähnlich.

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Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

apokrif a écrit:

Que devient l'agrégation dans ces histoires de masterisation et de réforme du CAPES ?

L'agrégation est conservée. Seulement, pour pouvoir la présenter, il faudra être titulaire d'un M2 et non plus d'un M1, ce qui pose pas mal de soucis pour les candidats qui veulent préparer une thèse (qui doit suivre en principe la fin du M2).

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

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Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Le Monde a écrit:

Echec scolaire : une enquête révèle la souffrance des élèves des quartiers populaires

La souffrance au travail n'est pas l'apanage des adultes. Les élèves aussi souffrent à l'école. Et plus quand ils sont de milieux défavorisés que lorsqu'ils sont de familles offrant toutes les garanties de succès scolaire. Réalisé depuis trois ans par l'Association de la fondation des étudiants pour la ville (AFEV), le Baromètre annuel du rapport à l'école des enfants de quartiers populaires met l'accent cette année sur "les souffrances à l'école" des élèves de milieux défavorisés.

Ce baromètre est le fruit d'une enquête effectuée d'avril à juin 2010 par Trajectoires-Reflex, qui a interrogé 760 enfants (192 primaires et 568 collégiens) en difficulté scolaire et soutenus par l'un des 7 000 étudiants bénévoles de l'AFEV. Sa publication est l'un des points forts de la troisième édition de la Journée du refus de l'échec scolaire, organisée mercredi 22 septembre par l'association dans une trentaine de villes de France.

Selon l'enquête, 73,3 % des enfants interrogés "aiment peu, voire pas du tout aller à l'école ou au collège". Ils ne sont d'ailleurs que 9,6 % à aimer être à l'école, contre 60 % qui préfèrent être à la maison. Pourquoi ? Parce que près d'un quart (23,7 %) s'ennuie "souvent, voire tout le temps" à l'école. Mais aussi parce qu'un peu plus de la moitié (52,8 %) reconnaissent avoir été victimes de violences entre élèves dans l'enceinte de leur établissement.

Par ailleurs, le sentiment d'échec scolaire et le manque de confiance de soi sont partagés par plus de la moitié des élèves qui disent penser ne pas pouvoir répondre aux attentes de l'école. L'ensemble, bien sûr, n'est pas sans effets sur la santé et l'état général de ces enfants… et se répercute à son tour sur leurs résultats scolaires. Les élèves interrogés sont 39 % à se plaindre de troubles du sommeil et 35,9 % de maux de ventre qu'ils attribuent pour un tiers au stress lié à leur scolarité.

MANQUE D'EMPATHIE

Déjà épinglé en avril par un rapport du député UMP Jacques Grosperrin, comme une "lieu de souffrance", le collège français est souvent décrit comme le maillon faible de son système scolaire. D'ailleurs, les résultats de la France aux tests Pisa – qui comparent les résultats scolaires des élèves de 15 ans dans les 31 pays de l'OCDE – la classent en 22e position, alors que le budget de l'éducation nationale est le premier du pays.

Dans un livre récent, On achève bien les écoliers (Grasset, 2010, 170 pages, 9 euros), l'auteur Peter Gumbel, journaliste britannique devenu professeur à l'école de journalisme de Sciences Po Paris, vilipende le système scolaire français. Père de jeunes filles scolarisées en France, il n'a de cesse de critiquer une école qui humilie et casse ses élèves avec des remarques et des notes blessantes, manque totalement d'empathie pour les écoliers et ne sait pas mettre l'accent sur leurs progrès.

Pourtant, montre l'enquête réalisée pour l'AFEV, malgré l'ennui, la violence entre élèves et la peur des mauvaises notes, ces élèves en grande difficulté des quartiers populaires sont 57,2 % à percevoir leurs enseignants de manière positive et estiment qu'ils s'intéressent à eux.

Une nouvelle qui leur mettra du baume au cœur, trois jours après l'annonce de la diminution – en Seine-Saint-Denis – d'un quart de l'accompagnement éducatif qui permet, principalement aux enfants des zones d'éducation prioritaires (ZEP), d'être aidés dans leurs devoirs après l'école. Une politique de soutien pourtant voulue par Nicolas Sarkozy en direction des "orphelins de 16 heures".

Ce coup de rabot au soutien scolaire par l'école elle-même devrait alourdir le soutien effectué par l'AFEV hors de l'école. On peut en effet s'attendre à ce que le ministère de l'éducation, qui lui adresse des élèves repérés pour leurs difficultés, ait encore plus recours à ses services.

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Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

D'ailleurs, cet article me fait penser à une analyse de Paul Willis (L'école des ouvriers -> http://www.persee.fr/web/revues/home/pr … _24_1_2615 ) dans laquelle il explique que la "culture d'atelier" (qui désigne, selon lui, la culture de la classe ouvrière), dont héritent les enfants de parents ouvriers, tend à s'opposer à la culture scolaire et désavantage donc ces derniers dans leur rapport à l'école mais les prépare à leur probable futur emploi d'ouvriers.

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Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Débat avec Bruno Julliard, secrétaire à l'éducation du Parti socialiste : http://www.lemonde.fr/politique/chat/20 … 23448.html

Je mets ci-dessous un passage que je trouve assez troublant :

Mathieu : Le PS propose-t-il une alternative à la notation systématique ?

Juliard : De la même manière que nous souhaitons accorder une priorité aux innovations pédagogiques, nous pensons que les modalités d'évaluation des élèves sont aujourd'hui obsolètes.
Les notations telles qu'elles existent aujourd'hui favorisent les élèves en situation de réussite, mais stigmatisent les élèves en difficulté. C'est la raison pour laquelle il faut, par exemple, conjuguer une évaluation des savoirs, mais aussi des compétences, des progrès et des acquis.

J'ai l'impression que toutes ces innovations tendent, in fine, à faire diminuer le niveau général dans les écoles. Je m'explique : au lieu de prendre des mesures pour faire augmenter le niveau des élèves, le PS propose de changer le système de notation pour l'adapter aux élèves ! WTF ?

Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Encore une fois c'est là la victoire de la conception "pédagogique" de l'école ; on continue sur la lancée de ce qu'a commencé Meirieu en son temps. "Mettre l'élève au coeur du système", tout ça ... et bien sûr, le fait que la France recule d'année en année dans les comparatifs internationaux n'a rien à voir avec cela, non, ça doit encore être un coup de la politique ultra-libérale des gouvernements successifs, à moins que ce ne soient les francs-maçons.



YouplaBoum, pour ce que j'en dis ...

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Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Attention quand même. Il me semble que les nouvelles méthodes pédagogiques (l'extrascolaire qui prend le pas sur le scolaire au nom du développement de l'autonomie du "jeune" - et non plus de l'élève) et la course aux classements (qui guide la politique marketing des établissements) sont deux processus, produisant tous deux leurs effets pervers, mais qui sont différents.

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Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Ça m'a l'air d'être une fausse bonne idée :

Le Monde a écrit:

Jean-François Copé veut un examen de passage en 6e

Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale Jean-François Copé plaide dans un entretien au Parisien dimanche pour la création d'un "examen de passage en 6e" à la fin de la scolarité primaire.
"Je veux défendre une idée forte : l'entrée au collège ne doit se faire que pour l'enfant qui maîtrise totalement les savoirs fondamentaux", déclare le député-maire de Meaux, qui organise mardi une réflexion sur l'école primaire au sein de son club, Génération France. "Mon idée est de créer un examen de fin de CM2, d'évaluation des enfants. Ce serait un examen de passage en 6e. On réorganiserait complètement le programme du primaire dans cette perspective", poursuit-il. "Si on n'a pas acquis ces connaissances (lire, écrire, compter...), mieux vaut redoubler, pour protéger l'enfant, que le faire passer au collège et lui faire courir un vrai risque de décrochage", ajoute Jean-François Copé.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Je ne sais pas. Sans trop y réfléchir comme ça à chaud, je ne vois pas en quoi ce serait une mauvaise idée, mais je veux bien d'autres opinions.
Peut être parce que l'attente de niveaux est différente selon le collège dans lequel on va arriver ?

SOUS TOUTES RÉSERVES ET CE SERA JUSTICE.

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Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Ben dans l'absolu, je serais pour (c'est être d'accord avec Copé qui m'inquiète ;)). Mais je doute que le redoublement soit une solution.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Il y a probablement d'autres moyens d'assurer que tous les élèves entrent au collège en sachant lire.

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Broz a écrit:

Il y a probablement d'autres moyens d'assurer que tous les élèves entrent au collège en sachant lire.

Affirmation contraire sans argumentation concrète. T'es au PS, toi, non ?

SOUS TOUTES RÉSERVES ET CE SERA JUSTICE.

Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Non. Par ailleurs ce n'est pas une affirmation, c'est une hypothèse soutenue par une intuition. Note le "probablement".

Mais ce qui m'a l'air transparent, c'est que la volonté derrière est de pouvoir affirmer que grâce au gouvernement, tous les élèves entrant en 6e savent lire. Mais il n'y a pas eu d'apprentissage, aucune correction de la situation (ie pas un élève de plus n'aura appris à lire), donc c'est purement cosmétique. C'est le déplacement d'un problème. Cela peut même entraîner des effets néfastes : les professeurs "enseignant le test" aux dépens de réelles connaissances (une des conséquences de la réforme NCLB aux USA), et des classes de CM2 surchargées à force de redoublements répétés, dans des zones déjà fragiles. L'illettrisme est dû à de nombreuses causes, et la plus importante d'entre elle n'est pas le manque de travail au primaire.

Last edited by Broz (24-10-2010 14:02:25)

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

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Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Broz a écrit:

Non. Par ailleurs ce n'est pas une affirmation, c'est une hypothèse soutenue par une intuition. Note le "probablement".

Mais ce qui m'a l'air transparent, c'est que la volonté derrière est de pouvoir affirmer que grâce au gouvernement, tous les élèves entrant en 6e savent lire. Mais il n'y a pas eu d'apprentissage, aucune correction de la situation (ie pas un élève de plus n'aura appris à lire), donc c'est purement cosmétique. C'est le déplacement d'un problème. Cela peut même entraîner des effets néfastes : les professeurs "enseignant le test" aux dépens de réelles connaissances (une des conséquences de la réforme NCLB aux USA), et des classes de CM2 surchargées à force de redoublements répétés, dans des zones déjà fragiles. L'illettrisme est dû à de nombreuses causes, et la plus importante d'entre elle n'est pas le manque de travail au primaire.

Donc en clair on ne fait rien et on continue comme avant ?

Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

faux semblants a écrit:
Broz a écrit:

Il y a probablement d'autres moyens d'assurer que tous les élèves entrent au collège en sachant lire.

Affirmation contraire sans argumentation concrète. T'es au PS, toi, non ?

lol.

Déjà je ne vois pas en quoi le fait de faire passer un examen assure plus que le contrôle continu les acquis d'un enfant de cet âge, d'autant plus qu'on parle de la maîtrise de la lecture - alors à moins que l'on considère que les professeurs des écoles ne sont pas foutus de savoir qui dans leur classe sait lire ou pas au bout d'un an, c'est peut être assez inutile. Ensuite, un examen cela coûte toujours plus cher à organiser. Et pour finir, l'effet anxiogène à 10 ans de l'examen n'est pas forcément très utile non plus.
Mais bon au final on s'en fout, parce qu'un examen ça plaît toujours aux conservateurs, c'est comme ça qu'on a toujours fonctionné, tradition gnagnagna

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

"Un terroriste ne mérite pas de mourir. Il mérite de vivre l'enfer. A perpétuité. Et seule la déchéance de la nationalité le permet." Greg

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Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Effectivement, un examen tout seul ne sert pas à grand chose. Cependant, il me semble qu'il y aurait quand même moyen de mettre sur pied quelque chose qui contrôle des acquis. Pour améliorer la situation, il y aurait une mesure simple : consacrer le primaire aux fondamentaux, réduire le reste à sa plus simple expression. Après tout, on a besoin de savoir lire pour commencer l'histoire.

Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Mais on peut apprendre à lire AVEC l'histoire !

Lolita, light of my life, fire of my loins. My sin, my soul. Lo-lee-ta: the tip of the tongue taking a trip of three steps down the palate to tap, at three, on the teeth. Lo. Lee. Ta

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Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Ouais. Et au collège, on apprend à écrire ; puis, au lycée, à compter. Et, après, stage direct en entreprise. Ah tiens, c'est aussi ce que recommande l'OCDE

Recommandations : appliquer pleinement les règles de scolarisation minimale, revoir les programmes
d’enseignement pour les adapter aux besoins du marché du travail, accroître les dépenses d’éducation en
finançant ces augmentations par des coupes dans des domaines moins importants, déterminer le financement
des établissements en fonction de leur nombre d’élèves et leur confier davantage de responsabilités en matière de
gestion.
http://www.oecd.org/dataoecd/20/46/44746121.pdf

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Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Il n'en reste pas moins que Copé soulève un vrai problème que tout prof de collège connaît : près de 15% des enfants rentrant en sixième ne maitrisent pas correctement ni la lecture ni le calcul (ne parlons pas de l'écriture !). Ces chiffres viennent du petit test que l'on fait passer au sixième lors du premier trimestre. Et comment voulez-vous enseigner au collège à des jeunes qui ne maitrisent pas les fondamentaux ?

Corrélat obligé, Piketty a montré dans une étude que plus de 80% de l'échec scolaire dans le secondaire est "prévisible" dans le primaire (ce sont des jeunes qui à cette période sont déjà en difficulté).

Alors plutôt que de planter bien profondément la tête dans le sable en laissant cette situation perdurer, il faudrait songer à proposer quelque chose (d'autant plus que cette situation de fait contribue à l'explosion des inégalités : des collèges et des lycées qui préparent moins bien au supérieur, incitant les familles à substituer de l'enseignement particulier privé à la formation publique; le miracle de l'école et des grands idéaux post-68, qui n'a finalement fait que renforcer la domination culturelle de l'élite au détriment des classes plus modestes).

Perso, je ne suis pas certain que tel quel ce soit une bonne idée d'instaurer un certificat d'études sous cette forme du moins. Car en effet, si c'est pour se retrouver avec des classes de CM2 surchargées...
En revanche, il faudrait une évaluation lors de la fin des cycles fondamentaux (CP, CE, et CM) car c'est bien la logique de la chose. Notamment s'assurer qu'à la fin du CE2, les fondamentaux soient en place et décider à ce moment là, ce qu'il convient le mieux pour l'élève.

Eventuellement, songer à instaurer un cycle CM en trois ans pour les élèves le plus en difficulté (avec par exemple un semestre différent pour combler les lacunes) mais je pense que dans la pratique, c'est tout bonnement infaisable.

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

RPC a écrit:

En revanche, il faudrait une évaluation lors de la fin des cycles fondamentaux (CP, CE, et CM) car c'est bien la logique de la chose. Notamment s'assurer qu'à la fin du CE2, les fondamentaux soient en place et décider à ce moment là, ce qu'il convient le mieux pour l'élève.

A ma connaissance, il en existe à la fin de chaque année scolaire. Comment est-ce que ces élèves arrivent à passer ?

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

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Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Broz a écrit:
RPC a écrit:

En revanche, il faudrait une évaluation lors de la fin des cycles fondamentaux (CP, CE, et CM) car c'est bien la logique de la chose. Notamment s'assurer qu'à la fin du CE2, les fondamentaux soient en place et décider à ce moment là, ce qu'il convient le mieux pour l'élève.

A ma connaissance, il en existe à la fin de chaque année scolaire. Comment est-ce que ces élèves arrivent à passer ?

Question rhétorique ?

Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Le Monde a écrit:

Les socialistes s'indignent du retour à un examen en fin de CM2 voulu par M. Copé

Pour le Parti socialiste, Jean-François Copé "a tout faux" lorsqu'il plaide pour la création d'un "examen de passage en 6e" à la fin de la scolarité primaire. Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale a proposé, dans un entretien au Parisien, dimanche 24 octobre, d'introduire un examen en fin de CM2, qui conditionnerait l'entrée au collège. Ces propositions doivent être détaillées mardi soir, lors d'une réunion de son club Génération France.

D'après M. Copé, le retour à une forme de certificat d'études, supprimé en 1989, aiderait à lutter contre l'échec scolaire. Il s'agit "de ne pas envoyer au collège un seul enfant qui ne maîtrise pas les fondamentaux" que sont la lecture, l'écriture et le calcul, a-t-il expliqué, mardi sur France 2. "Le but n'est pas d'exclure qui que ce soit mais que 100 % des enfants réussissent cet examen", a plaidé le député, car ce nouvel examen "engendrerait une réorganisation de l'ensemble du primaire pour parvenir à cet objectif". Jean-François Copé propose, entre autres, d'instaurer une évaluation mutuelle des directeurs d'écoles et des enseignants, de laisser plus de liberté aux équipes dans l'organisation des programmes et d'allonger l'année scolaire avec un programme de zonage pour les vacances d'été.

"RETOUR À L'ARCHAÏQUE CERTIFICAT D'ÉTUDES"

"En proposant la mise en place d'un examen de passage au collège et l'organisation de tout le programme de l'école primaire dans cette perspective le président du groupe UMP à l'Assemblée fait fausse route", affirme le PS dans un communiqué. L'école française "souffre déjà de sa tendance à organiser un tri scolaire et social dès le plus jeune âge". Les socialistes rappellent que selon plusieurs études internationales, les écoliers français "sont parmi les plus stressés et, lorsqu'ils sont en difficulté, les plus en souffrance". Pour le PS, "le retour d'un archaïque certificat d'étude, couperet de la scolarité primaire, ne peut qu'aggraver cette situation". En effet, un tel examen ne ferait que s'attaquer aux conséquences, et non aux causes des problèmes d'illettrisme au collège. Le Parti socialiste propose au contraire de s'appuyer sur les compétences des enseignants, "les mieux à même d'évaluer le niveau [de leurs élèves]". "Le vrai problème, c'est le sous-investissement dont souffre l'école primaire en France", conclut le PS.

Personnellement - et contrairement au PS - je soutiens aussi l'idée de Copé. Après il faudrait songer, pour contrer le biais (souligné par Broz) d"organisation de toute l'activité scolaire autour de la réussite au test", à mettre en place un examen adéquat (et pas une sorte de QCM ou autre facilement détournable en apprenant des trucs et astuces). Mais l'idée me semble bonne.

Quand on post on raconte pas sa vie.

Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Posteur de news a écrit:
Le Monde a écrit:

Dans un livre récent, On achève bien les écoliers (Grasset, 2010, 170 pages, 9 euros), l'auteur Peter Gumbel, journaliste britannique devenu professeur à l'école de journalisme de Sciences Po Paris, vilipende le système scolaire français. Père de jeunes filles scolarisées en France, il n'a de cesse de critiquer une école qui humilie et casse ses élèves avec des remarques et des notes blessantes, manque totalement d'empathie pour les écoliers et ne sait pas mettre l'accent sur leurs progrès.


http://www.guardian.co.uk/world/2010/se … -worthless :

Peter Gumbel a écrit:

It was only when I started teaching at the Institut d'Etudes Politiques in Paris that I figured out the problem. Better known as Sciences Po, it's part of the "grandes écoles" network that has traditionally trained France's political and business elite. To get in you need to have done fabulously well at school. The big surprise for me was not how bright these students were – and most are very, very bright – but how low their self-confidence was. Getting them to participate in classroom discussions was like pulling teeth. Exam time was trauma time: every year, several burst into tears during the oral.

Oder so ähnlich.

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Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

"Chaque année, des élèves éclataient en sanglots" ? C'est quoi ces âneries ? Soit Gumbel était un tyran soit ses élèves étaient vraiment des chochottes (et on les lui refilait tous les ans).
Il ne faut pas exagérer. De toute ma scolarité, je n'ai vu qu'une fille pleurer et ce n'était pas à un oral (Ali Baddou l'avait humiliée et traitée plus bas que terre à cause d'une histoire de retards en cours...).
Franchement...

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Et critiquer le peu d'assurance des élèves de scpo, à d'autres...
Rien de nouveau sous le soleil.
http://ilyaunsiecle.blog.lemonde.fr/files/2009/08/fachoda-petit-journal.1250412130.jpg

Last edited by kioup (16-11-2010 18:22:36)

Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Bah moi j'ai déjà craqué en cours et j'ai déjà vu des élèves craquer.
Et je suis assez d'accord avec ce qu'il dit, la plupart des élèves font les malins hors scpo, moins en salle de classe...

Lolita, light of my life, fire of my loins. My sin, my soul. Lo-lee-ta: the tip of the tongue taking a trip of three steps down the palate to tap, at three, on the teeth. Lo. Lee. Ta

Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

mami a écrit:

la plupart des élèves font les malins hors scpo, moins en salle de classe...

Ici, par exemple?

Trève de plaisanterie. Je suis partagé, je trouve que l'auteur n'a pas complètement tort, mais le trait est un peu forcé. Si t'es à Stan, ça doit toujours se passer comme ça aujourd'hui. Mais il y a de plus en plus d'établissements de plus en plus difficiles où c'est plutôt le prof qui "manque de confiance en soi"...

It is always a silly thing to give advice, but to give good advice is fatal. - Oscar Wilde

Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Je suis assez d'accord avec Dorian Gray.

Il y a du vrai dans ce que dit  M. Gumbel. Je suis passé par les écoles catholiques et je peux absolument témoigner de ce que les professeurs ont pour certains l'habitude de brimer voire d'humilier outre mesure des élèves.

Qui n'a pas connu ça ?

Mais plus généralement, il y a un vrai problème en France d'une mentalité de sélection par l'échec doublé d'un discours massificateur. Ceci conduit à une moindre utilisation des potentiels de chacun puisque ceux qui ne passent pas dans l'étau étroit de l'excellence scolaire, sont conduits vers un système d'enseignement supérieur massifié et académique qui en conduit une trop grande partie vers le chômage et la précarité, faute de pouvoir tous les transformer en professeurs ou chercheurs et faute de réussir à transformer ceux qui ne sont pas fait pour enseigner ou faire de la recherche vers les entreprises.

L'académisme, c'est bien, pour ceux qui peuvent au final prétendre au niveau suffisant pour en faire partie. Mais quid de ceux qui ne veulent pas faire de la recherche, mais sont amoindris dans leur potentiel d'action au sein des projets économiques faute d'une formation professionnalisante ?

L'échec du système scolaire réside à mon avis dans cette double dérive du système méritocratique : la massification sans orientation de tous vers le déploiement des pleines potentialités de ceux qui ne sont pas formatés à l'académisme, et une sélection par l'échec. C'est à mon avis la raison du départ non négligeable de jeunes de notre génération vers l'étranger.

Je renvoie aux propos absolument incontestables de Louis Chauvel. En France, si on n'a pas un diplôme de grande école réservé à une infime minorité, ou un patrimoine parental, il est extrêmement difficile de gravir l'échelle sociale, et l'on constate alors un niveau de vie moindre que celui de la génération des parents.

Mais ce caractère étriqué du système de "classement" des individus en France va naturellement de pair avec une mentalité fermée et ostracisante de certains réseaux d'élite parisienne (je dis bien certains, hein) dont certains débats de la décennie passée ont illustré le pouvoir et la virulence. Ce système de sélection prémiale va naturellement de pair avec la notion de "rang" issu des tréfonds de l'ancien régime que les révolutions n'ont jamais vraiment fait disparaître. On distribue même des médailles, comme en divers temps d'obscurité. Qu'on repense à la façon dont certains noyaux durs de cette élite parisienne ont ostracisé nombre de personnalités publiques qui avaient le tort de défendre des points de vue ou des analyses "hétérodoxes". Que l'on soit d'accord ou pas avec Thierry Meyssan, avec Michel Onfray, avec Alain Soral, j'en passe et des meilleurs, la façon avec laquelle certaines de ces personnalités médiatiques ou politiques les ont traité est symptomatique d'une société qui n'est pas une société ouverte, d'une "open society", d'une société démocratique. Et la France, pays pourtant fier de son passé de liberté, en est venu à se laisser emprisonner par quelques réseaux très puissants et très conservateurs, qui réussissent deux siècles après la Révolution Française à remettre une chappe de plomb sur le débat public. Oh, il ne s'agit pas d'un complot - j'en  entends déjà sortir leur vieux pistolets verbaux rouillés de discrédit - mais plutôt d'un ensemble de réflexes de caste et d'une série de lâchetés individuelles face au risque pris, maintenant en France, de constester certains dogmes établis du débat public. Alors on excommunie du débat public, comme on excommuniait la pensée hétérodoxe au temps où l'Eglise était puissante (je ne fais pas de parallèle avec l'inquisition, car il est évident qu'on ne risque plus, heureusement, sa peau en étant un peu dissident). MAis ce réflexe d'ostracisme procède exactement de la même pulsion.

Heureusement qu'Internet est là, même si l'on peut se demander si ce n'est pas justement la création d'un espace de liberté qui, en "confinant" en quelque sorte la liberté d'expression et de publicité dans un espace dédié, a amoindri le libéralisme moral, intellectuel et politique de la société française "IRL".

Triste époque... Et pourtant, quand on est dans une logique de projet et quand on étudie les projets innovants, on se rend compte qu'hors des sentiers déprimant de l'atmosphère politique de la période actuelle, il y a lieu de croire que la période qui vient peut apporter un lot important d'innovations et de modification positives dans la vie des hommes. 

Je pense à l'Internet qui, après avoir digéré l'explosion de la bulle, a mené à lui une grande part de la liberté d'expression des hommes. Ce fut le web 2.0. La decennie qui vient va faire du web le véritable cerveau de l'humanité, de par les connexions innombrables qui se créent et continueront à se créer entre les hommes, les entreprises, les Etats. Je pense aux biotechnologies, qui lorsque les recherches sur les cellules souches parviendront à leur terme, présentent des potentiels infinis de guérison. Je pense à la voiture sans pilote, je pense aux évolutions des smartphones. Bref, je me sens devenir idyllique mais je crois que c'est là que se situent les gisements d'emplois de demain et comme je l'avais déjà dit en 2004 à propos des technologies environnementales, la France doit réussir pour une fois à se positionner sur des créneaux de spécialisation au plus vite afin d'essayer d'obtenir un avantage comparatif... Mais pour ça, il faut orienter l'université, les capitaux, les investissements publics vers ces projets porteurs, développer les compétences de chaque jeune Français dans les domaines technologiques, et finalement analyser un peu notre mentalité, nos réflexes, nos petites fermetures d'esprits qui, agrégées, forment d'immenses sources d'exclusion et d'incapacité à agir, nos paresses, interroger nos habitudes avec un peu de recul et finalement, se mettre sérieusement au travail.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

mami a écrit:

Bah moi j'ai déjà craqué en cours et j'ai déjà vu des élèves craquer.
Et je suis assez d'accord avec ce qu'il dit, la plupart des élèves font les malins hors scpo, moins en salle de classe...

Et heureusement que M Gumbel (loi des valeurs extrêmes ? :-)) n'a pas fait une partie de son cursus dans une grande prépa à l'ambiance délétère, il aurait été autrement plus servi en exemples édifiants !!

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

RPC a écrit:
mami a écrit:

Bah moi j'ai déjà craqué en cours et j'ai déjà vu des élèves craquer.
Et je suis assez d'accord avec ce qu'il dit, la plupart des élèves font les malins hors scpo, moins en salle de classe...

Et heureusement que M Gumbel (loi des valeurs extrêmes ? :-)) n'a pas fait une partie de son cursus dans une grande prépa à l'ambiance délétère, il aurait été autrement plus servi en exemples édifiants !!

A qui le dis-tu wink. Je remarque d'ailleurs que c'était souvent les anciens élèves de prépa qui craquaient, bizarrement. Trop habitués à être "humiliés", peut-être ?

Lolita, light of my life, fire of my loins. My sin, my soul. Lo-lee-ta: the tip of the tongue taking a trip of three steps down the palate to tap, at three, on the teeth. Lo. Lee. Ta

Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Il me semble effectivement que la scolarité en France peut parfois avoir quelque chose de violent.
Mais n'exagérons rien : je discutais la semaine dernière avec une Vietnamienne, et elle disait connaître personnellement (au Vietnam) des étudiants qui s'étaient suicidés sous la pression. On n'en est heureusement pas là.
Et il y a l'excès inverse, que j'observe aux Etats-Unis, où les professeurs trouvent presque systématiquement ce que disent les étudiants parfait, intéressant, ou pertinent, même si ça ne l'est manifestement pas. Et ça ne fait progresser ni les étudiants individuellement ni la classe.

Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Sans vouloir tomber dans le pathos, il y en a quand même quelques-uns par an en France aussi qui craquent aussi violemment en prépa...j'en connaissais, hélas...

Lolita, light of my life, fire of my loins. My sin, my soul. Lo-lee-ta: the tip of the tongue taking a trip of three steps down the palate to tap, at three, on the teeth. Lo. Lee. Ta

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Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Teiresias a écrit:

Il me semble effectivement que la scolarité en France peut parfois avoir quelque chose de violent.
Mais n'exagérons rien : je discutais la semaine dernière avec une Vietnamienne, et elle disait connaître personnellement (au Vietnam) des étudiants qui s'étaient suicidés sous la pression. On n'en est heureusement pas là.
Et il y a l'excès inverse, que j'observe aux Etats-Unis, où les professeurs trouvent presque systématiquement ce que disent les étudiants parfait, intéressant, ou pertinent, même si ça ne l'est manifestement pas. Et ça ne fait progresser ni les étudiants individuellement ni la classe.


En Asie en général les étudiants subissent vraiment une pression incroyable du point de vue occidental. Je le vis en ce moment en Chine et d'après ce que j'ai pu entendre, ce n'est rien par rapport au lycée. Idem au Japon ou en Corée. Je crois d'ailleurs que les enfants coréens sont ceux qui dorment le moins au monde, avec une moyenne légèrement supérieure à six heures par nuit (j'ai bien dit une moyenne, pour des enfants-ado)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Pour confirmer et appuyer les propos de RPC voici un reportage visionnable en ligne où ils montrent les tests de sélection à l'entrée des écoles maternelles au Japon.
Ils montrent qu'il existe même des prépas privées pour aider les enfants à bien se comporter lors des tests de sélection.
Où l'on voit aussi des drames et des parents désespérés quand leur jeune enfant échoue.

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Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Ah ça, en revanche, c'est une très bonne initiative :

Le Monde - AFP a écrit:

ALERTE 10h59

L'enseignement de la philosophie expérimenté dès la classe de seconde en 2011
L'enseignement de la philosophie va être expérimenté au niveau national dès la classe de seconde à partir de la rentrée 2011, a annoncé le ministre de l'éducation nationale, Luc Chatel.

Plus de détails :

Le Monde a écrit:

L'enseignement de la philosophie en seconde expérimenté à la rentrée 2011

L'enseignement de la philosophie va être expérimenté au niveau national dès la classe de seconde à partir de la rentrée 2011, a annoncé jeudi 18 novembre le ministre de l'éducation nationale Luc Chatel.

"Avec le président de la République, nous avons décidé de renforcer l'enseignement de la philosophie" et d'"expérimenter un enseignement plus tôt, en seconde et en première", a déclaré M. Chatel à la presse, à l'issue de l'ouverture de la journée mondiale de la philosophie organisée à Paris par l'Unesco. À la rentrée prochaine, le ministère va lancer une expérimentation nationale auprès d'établissements volontaires pour aborder la philosophie en seconde et en première, d'une part au travers des "enseignements d'exploration" (deux modules obligatoires au choix) et d'autre part par l'accompagnement personnalisé (deux heures par semaine). Les professeurs de philosophie pourront aussi "intervenir de manière ciblée au sein des cours d'autres disciplines pour en éclairer la portée philosophique", précise un communiqué du ministère.

Les enseignants de philosophie pourront enseigner l'éducation civique, juridique et sociale (ECJS), un cours dispensé en seconde, selon M. Chatel, qui a cité des thématiques telles que la citoyenneté, les droits et devoirs pouvant être abordées sous l'angle philosophique.

Last edited by FDL (18-11-2010 11:19:22)

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Yep. J'approuve aussi.

Quand on post on raconte pas sa vie.

Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Ça sent le flop encore...

1- L'ECJS est déjà (et depuis quelques années maintenant) enseignée par des professeurs de philosophie (mais aussi par ceux d'histoire-géo, de SVT ou de sciences de l'ingénieur). Si ces derniers n'y rechignent jamais, il faut savoir que c'est plus par nécessité - et pour pallier à l'absence d'enseignants, que par invitation rectorale à voir insufflée la philosophie à ses jeunes lycéens.
2- Philosopher lors des séances d'accompagnement personnalisé... Je crois que le voeu invite lui-même le mutisme, au risque d'être irrévérencieux.
3- Tempérons. L'idée d'ajouter une dimension philosophique aux enseignements d'exploitation semble moins incongrue. La voie considérée à l'heure actuelle est cependant modeste : on s'achemine vers la détermination de pans de programme concernant l'histoire de la philosophie pour chacune des matières dont il est question (dessein qui nécessite il est vrai de tirer les grands traits de la pensée philosophique).
Le désir serait louable si la réalité était autre. Les enseignements d'exploitation (qu'on appelait trop sobrement "options") doivent avant tout guider les élèves dans leur décision d'orientation, en leur offrant notamment un bagage solide afin d'aborder leur 1ère sereinement. La philosophie, et j'ai mal en le disant, rognerait nécessairement sur le temps consacré à l'apprentissage des fondamentaux.

Ce qu'il faudrait c'est un cours de philosophie obligatoire pour tous à partir de la 2nde, à raison de 2 heures hebdo (2 heures de discussion en semaine A et 2 heures d'introduction aux grands courants philosophiques la semaine suivante). Une gradation dans le volume horaire, fonction de la filière obtenue en 1ère, aurait ici toute sa logique. C'est une utopie.

Sans transition (mais toujours sur la philosophie), cette initiative d'une école de Seine-et-Marne : http://www.leparisien.fr/cinema/critiqu … 153612.php ; assez attendrissante. Mais je suis obligé d'aimer car BHL la décriait ce matin même sur Europe 1.

Last edited by Edouard (18-11-2010 17:34:45)

Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Par ailleurs que pensez-vous de cette pétition, et plus précisément de son contenu, suggérant la suppression des notes dans le primaire ?

Last edited by Edouard (18-11-2010 18:28:47)

Re: Le thread de l'éducation nationale (réfomes scolaires, autorité des enseignants, niveau des élèves...)

Ca ne m'étonne pas que Descoings l'ait signée.
Cette histoire de notes revient tout le temps sur le tapis. Je pense que c'est le pire des systèmes à l'exclusion de tous les autres. Nous sommes/avons tous, toujours été notés, nos parents avaient des dictées (miséricorde) chaque semaine: "tu te rends compte c'était 5 fautes zéro" dixit papa, nos grands-parents se prenaient en sus des beignes, pour autant eux comme nous ne sommes pas sortis du primaire avec de graves troubles neuropsychiatriques.
Je crois que ce mouvement de flux et de reflux du débat sur la suppression des notes (au primaire, au collège voire partout) est une sorte de réminiscence molle du genou d'un esprit soixante huitard soucieux de ne froisser personne.
Je ne vois pas en quoi les notes en primaire sont en "total décalage avec l'objectif d'élévation globale du niveau d'étude", bien au contraire.
D'ailleurs, les intellectuels qui défendent ce genre de fadaises ne seraient à mon avis pas là où ils sont aujourd'hui s'ils n'étaient pas eux-mêmes passés, de leur temps, par moins de global et plus de syllabique.
C'est assez vicieux en fait. Sur le papier, ce sont des bonnes intentions mais en réalité, promouvoir ce genre de modèles laxistes pour ne pas traumatiser les gamins les rend sinon nuls du moins carrément feignants. Sérieusement, qui, entre 5 et 10 ans, ne travaille pas uniquement pour les notes ?
Je crois que défendre un système au nom de la représentation idéalisée de l'école où on aurait aimé aller étant enfant (sans notes, sans dictées, sans contrôles, sans devoirs à la maison etc...) est un piège et que réaliser ce vieux fantasme nuirait aux premiers concernés, les élèves d'aujourd'hui.

Last edited by Trèfle (18-11-2010 20:29:59)

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."