Topic: Le Parti de Dominique de Villepin
Villepin lance un mouvement politique «indépendant»
Par Thibault Lieurade
25/03/2010 | Mise à jour : 13:50Dominique de Villepin se dit «mal à l'aise» avec la politique menée par la majorité.
Devant un parterre de journalistes, l'ex-premier ministre s'est livré à un réquisitoire contre la politique de Nicolas Sarkozy et n'a pas exclu de se présenter en 2012.Dominique de Villepin n'a jamais prononcé son nom. Mais Nicolas Sarkozy était omniprésent durant toute son intervention. «J'ai entendu le message de défiance, d'exaspération et de sanction des Français» a-t-il lancé en ouverture d'un discours d'une demi-heure devant un parterre de 150 journalistes réunis à Paris.
L'ex-premier ministre, qui avait annoncé son intervention dimanche soir, a pointé du doigt «l'échec d'une stratégie et d'une politique» pour expliquer la défaite de la droite aux élections régionales. Il a regretté «le choix d'un parti unique qui n'a pas permis de rassembler les électeurs» et le risque de dispersion créé par «les réformes tous azimuts».
«Mal à l'aise»
Dominique de Villepin a déclaré être «mal à l'aise dans la politique menée actuellement par la majorité». «Ce ne sont pas les conciliabules, les aménagements techniques, des changements de personnes qui sont attendus», a-t-il affirmé, estimant que «seul un changement de cap» permettra de sortir d'une crise à la fois sociale, économique et culturelle.
L'ex-premier ministre a ensuite décliné plusieurs propositions, comme une esquisse de programme, à contre-courant de la politique de Nicolas Sarkozy. Il a ainsi proposé de «suspendre le bouclier fiscal», mesure-phare du quinquennat de son rival. Dominique de Villepin a également égratigné la réforme pénale à venir en regrettant que le lien entre la chancellerie et le parquet ne respectent pas «les critères démocratiques européens».
Il a condamné le débat sur l'identité nationale en expliquant que «notre bien commun, la nation, ce n'est pas : ‘par ici les uns et par ici les autres'» avant de s'interroger sur l'opportunité d'une loi sur la burqa.
«Je n'ai pas de solution miracle»
Le chiraquien a cité l'ex-président de la Cour des comptes, Philippe Séguin décédé en janvier dernier, qui expliquait que le non-remplacement « d'un fonctionnaire sur deux, ce n'est pas efficace ». «Est-ce que les Francais veulent moins d'infirmières, moins d'enseignants, moins de policiers ?», s'est-il interrogé.
«Je n'ai pas de solutions miracle, mais je crois en la France, celle qui fait ce que nous sommes » a affirmé solennellement Dominique de Villepin, qui a conclu en annonçant le lancement d'un «mouvement politique indépendant» le 19 juin prochain à Paris. Il a souhaité que celui-ci soit «ouvert à tous, au-dessus des clivages partisans» et qu'il «rassemble toutes les bonnes volontés».
Une écurie présidentielle ? «La politique a ses règles : un homme, un peuple, des circonstances. Je ne suis pas là pour défendre une ambition personnelle, mais un projet pour la France», s'est défendu Villepin alors qu'il était interrogé après son intervention sur ses objectifs.
Enfin, l'ex-premier ministre a estimé que l'entrée au gouvernement du villepiniste George Tron était le «choix personnel» d'un «homme libre». «Je garde toute mon amitié pour George Tron», a-t-il assuré.
Dominique de Villepin crée un mouvement politique, avec 2012 dans le viseur
(AFP) – Il y a 3 heures
PARIS — Dominique de Villepin a annoncé jeudi la création d'un mouvement politique en juin, affirmant encore davantage son ambition à deux ans de la prochaine présidentielle, en se livrant à un réquisitoire contre la politique de réformes "tous azimuts" de Nicolas Sarkozy.
L'ex Premier ministre de Jacques Chirac, qui s'est posé depuis quelques mois en "alternative" au chef de l'Etat, a appelé à "un changement de politique" dans le pays, d'autant plus "indispensable" selon lui après la débâcle de la droite aux élections régionales.
"J'ai le sentiment qu'au lendemain des élections, ce n'est pas une nouvelle politique, ce n'est pas un changement de politique qui a été choisi alors qu'il s'impose", a déclaré Dominique de Villepin lors d'une conférence de presse à Paris.
"J'ai décidé de créer un mouvement politique, un mouvement libre et indépendant, ouvert à tous (...) au-dessus des clivages partisans, qui pourra rassembler toutes les bonnes volontés", a-t-il annoncé.
"Servir la République, servir la France, c'est pour moi la clé de l'engagement politique", et "avec tous ceux qui nous rejoindront, nous porterons sur les fonts baptismaux ce mouvement politique le 19 juin à Paris", a-t-il ajouté.
L'idée de ce "mouvement" n'est pas de proposer un programme "mais des pistes", a-t-il dit, d'apporter "une contribution tout au long de ces deux prochaines années", une manière de fixer l'échéance de la présidentielle de 2012 dans son viseur.
Il s'agira "de défendre le moment venu nos idées et notre projet".
Il a balayé toute une série de sujets allant de la nation, aux institutions en passant par la justice, et fixé "trois priorités" pour l'avenir : emploi, innovation, réduction des déficits.
Pour lui la première partie du quinquennat de Nicolas Sarkozy a échoué à défendre la justice sociale.
"On ne peut pas accepter de vivre dans un pays où des situations d'inégalité et d'injustice atteignent un tel niveau et c'est pour cela que je suis mal à l'aise dans la politique qui est menée par la majorité", a-t-il déclaré, ajoutant: "nous ne pouvons pas différer la réponse".
Il a mis en cause "une politique de dispersion, de réformes tous azimuts incapable de choisir ses cibles et au bout du compte peu lisible". "Il faut avoir le courage quand on fait une politique à contre-temps de revenir dessus", a-t-il insisté.
Dans le contexte de crise actuel, "quel est le sens du travail du dimanche (...) de l'exonération des heures supplémentaires", a demandé M. de Villepin, appelant aussi à "suspendre le bouclier fiscal", vilipendé à gauche, "augmenter la plus haute tranche de l'impôt sur le revenu, à 45%" et à "créer une surcote pour l'impôt sur les grandes sociétés de 10 à 15%... tout cela le temps de permettre aux Français de traverser une crise qui les éprouve les uns et les autres".
Il a aussi proposé la "création d'une charte des salaires pour réduire l'écart entre les revenus".
Il s'est posé en défenseur de l'Etat: "Un fonctionnaire sur deux ce n'est pas efficace (...) La politique du rabot n'est jamais, en ce qui concerne l'Etat, une bonne politique".
J'ai plusieurs question sur ce nouveau parti :
- Pensez-vous qu'il peut se développer rapidement ?
- Peut-il rivaliser à moyen terme avec l'UMP ?
- Pensez-vous que Villepin y va en kamikaze avec l'idée d'accrocher Sarkozy dans sa chute ou bien croit-il sincèrement en ses chances ?
- Quelle est la cohérence d'un tel mouvement ? Droite sociale ? gaulliste ? MAM fait remarquer à juste titre que Villepin a plus écrit sur Napoléon que sur de Gaulle.
La vidéo de la conférence de presse : http://www.publicsenat.fr/