Topic: Observatoire de la corruption

Bonjour à tous,

J'ouvre aujourd'hui un topic rassemblant toutes les affaires de corruption en cours, afin de centraliser les informations sur ce sujet.

Je vous informe tout de même qu'une association existe en France, AntiCor, qui travaille à lutter et à dénoncer la corruption qui existe dans les Institutions publiques. http://anticor.org/

On va commencer avec cette belle affaire, britannique, qui va probablement défrayer la chronique dans les semaines qui viennent chez nos voisins d'outre Manche :

Nouveau scandale de corruption à Westminster

Par Cyrille Vanlerberghe
23/03/2010 | Mise à jour : 10:21
Stephen Byers, député travailliste et ancien ministre de Tony Blair, était prêt à proposer son influence pour 3000 à 5000 livres par jour.


À peine un an après le scandale des notes de frais des députés, l'image du Parlement britannique est de nouveau ternie par une nouvelle affaire de corruption. Des députés travaillistes, dont d'anciens ministres de Tony Blair sont accusés d'avoir proposé leurs services pour faire secrètement du lobbying auprès du gouvernement. Le leader conservateur David Cameron a profité de ce nouveau scandale à quelques semaines des prochaines législatives pour attaquer le pouvoir, et demander à Gordon Brown de mettre sur pied une commission d'enquête officielle. Harriet Harman, la numéro deux du Labour a tenté de limiter les dégâts en affirmant hier lors d'une séance houleuse à la Chambre des communes qu'aucune action «impropre» n'avait eu lieu.

L'affaire a été lancée par un coup monté du Sunday Times et de Channel 4, dont des journalistes se sont fait passer pour des représentants d'une société de lobbying américaine. Pour asseoir leur crédibilité, ils ont monté un site Web pour une société imaginaire, Anderson Perry Associates, allant jusqu'à payer une compagnie californienne pour avoir une adresse et un numéro de téléphone réels. Le piège a bien fonctionné puisque sur les 20 députés contactés, 10 ont accepté de rencontrer les journalistes.

Caméra cachée dans un pot de fleurs

Un extrait diffusé hier soir sur Channel 4 et filmé par une caméra cachée dans un pot de fleurs, montre Stephen Byers, ancien ministre du Commerce puis des Transports sous Tony Blair, expliquer avec beaucoup d'assurance que pour 5 000 livres (5 500 euros) par jour il était prêt à intervenir auprès de ses bons amis Peter Mandelson et Andrew Adonis, les actuels ministres du Commerce et des Transports. Comme pour prouver son efficacité, il a affirmé avoir aidé la société ferroviaire National Express à éviter de payer de lourdes pénalités au gouvernement l'année dernière ainsi qu'avoir fait amender une loi sur l'étiquetage pour le compte de la chaîne de supermarchés Tesco.

Geoff Hoon, ancien ministre de la Défense de Blair, a été à la fois moins gourmand et un petit peu plus prudent, ne demandant que 3 000 livres par mois, sans faire de promesse particulière. Margaret Moran, une députée travailliste déjà critiquée l'année dernière après avoir dû rembourser 25 000 euros pour des notes de frais abusives, a pour sa part promis d'appeler «le gang de ses copines», des femmes influentes comme Jacqui Smith, ancienne ministre de l'Intérieur de Gordon Brown et Harriet Harman, numéro deux travailliste.

Stephen Byers a depuis été obligé de faire marche arrière, expliquant qu'il n'avait fait qu'inventer ses prétendus exploits pour National Express et pour Tesco. Les deux entreprises et les deux ministres concernés nient également avoir eu à faire avec l'ancien ministre. Pour prouver son innocence, ce dernier a demandé à la commission interne du Parlement d'ouvrir une enquête.

Malgré ces démentis, l'affaire rappelle étrangement la précédente histoire de «cash contre influence», où un lord piégé par le Sunday Times, avait demandé en janvier 2009 un peu plus de 120 000 euros pour amender une loi passant devant la Chambre des lords.

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Observatoire de la corruption

Il y a déjà un thread sur Julien Dray je crois.

Last edited by RPC (23-03-2010 12:13:32)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Observatoire de la corruption

Julien Dray a été blanchi par la justice je crois...

Re: Observatoire de la corruption

Angoulmoise a écrit:

Julien Dray a été blanchi par la justice je crois...

Ouh, il y a déjà eu un gros débat dessus, il vaut mieux se reporter au thread en question plutôt que d'en refaire un ici. Mon post était de l'humour, j'ai naivement cru qu'il serait compris ainsi. Il faut croire que non.

Last edited by RPC (23-03-2010 15:33:54)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Observatoire de la corruption

De l'humour ?... Ah d'accord, mais qui touche un homme qui a subi une procédure mettant sa vie privée sur la place publique pendant près de 2 ans, qui a subit tous les colibets possibles et inimaginables pour finalement être lavé de toute mise en cause... Moi ça me fait moyennement rire qu'on accuse des gens innocents de corruption.

Last edited by Angoulmoise (23-03-2010 15:21:01)

Re: Observatoire de la corruption

Angoulmoise a écrit:

De l'humour ?... Ah d'accord, mais qui touche un homme qui a subit une procédure mettant sa vie privée sur la place publique pendant près de 2 ans, qui a subit tous les colibets possibles et inimaginables pour finalement être lavé de toute mise en cause... Moi ça me fait moyennement rire qu'on accuse des gens innocants de corruption.

Un rappel à la loi ne constitue aucunement un acquittement, les juristes confirmeront.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Rappel_%C3%A0_la_loi

"le rappel à la loi est une mesure qui permet de « procéder au rappel auprès de l'auteur (d'une infraction) des faits des obligations résultant de la loi »

Donc il semble bien qu'il y ait eu infraction n'est-ce pas ??

Soyons précis :-)))

Mais encore une fois, je n'ai aucune envie de revenir dessus, mon post était une blague, une boutade, un trait d'humour. OK ?
Je n'ai aucune envie de parler de JD.

Tiens le thread en question si tu veux intervenir à ce propos :
http://forum-scpo.com/forum-scpo/viewto … 29&p=6

Last edited by RPC (23-03-2010 15:39:10)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Observatoire de la corruption

Personnellement j'ai rigolé. Mais je sais pas si ma caution niveau humour vaut quelque chose.

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

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Re: Observatoire de la corruption

Broz a écrit:

Personnellement j'ai rigolé.

Pareil.

Broz a écrit:

Mais je sais pas si ma caution niveau humour vaut quelque chose.

Pareil.

Re: Observatoire de la corruption

Des rebondissement dans l'affaire des ventes de sous-marin au Pakistan, et de l'attentat de Karachi qui a causé la mort de 14 ingénieurs de la DCN au moment où ont cessé les commissions d'affluer au Pakistan.

Il semblerait bien que la campagne de Balladur, dont Nicolas Sarkozy était le grand argentier, ait bénéficié de retro-commissions. 10 000 000 de francs en espèces auraient été versées sur un compte en banque soi-disant provenant de dons perçus au moment des meetings, dont la moitié en coupures de 500 francs.

Inutile de dire qu'il est assez peu probable que des militants aient donné en masse des billets de 500 francs au moment de collectes. 

Dans ce contexte, on se demande pourquoi Hervé Morin refuse de publier l'intégralité du dossier du GIGN sur ces commissions. Enfin non, on ne se demande pour pourquoi. C'est clair comme de l'eau de roche.

Vente d'armes au Pakistan : les juges s'intéresseraient à Balladur


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J.Cl. | 26.04.2010, 08h04 | Mise à jour : 10h04

Dix millions de francs en liquide sur un compte parisien d'un côté, 130 millions de rétrocommissions à des intermédiaires pakistanais désignés par la France de l'autre. En faisant ce parallèle, Libération cherche à étayer un lien trouble, déjà dénoncé en décembre, sur le financement de la campagne présidentielle - perdue - d'Edouard Balladur en 1995, estimant que l'ancien Premier ministre a pu bénéficier d'un coup de pouce illégal dans sa course à l'Elysée.

Le quotidien, qui enquête de longue date sur les attentats qui avaient fait 14 victimes à Karatchi en mai 2002, avance que les juges antiterroristes qui enquêtent ont trouvé une piste : la piste Balladur. Dans son éditorial, Libé prévient : «Pour l'instant, la preuve décisive que ces fonds auraient permis de solder les comptes de campagne d'Edouard Balladur manque».

Un contrat d'armement de plus de 5 milliards de francs

Depuis le mois de février, la division nationale des investigations financières (Dnif) enquête, dans un cadre préliminaire, sur des soupçons de corruption politique internationale dans le cadre des contrats d'armement au Pakistan.

Au printemps 1994, la Direction des constructions navales (DCN) de Cherbourg décroche un gros contrat d'armement au Pakistan, d'un montant de 5,41 milliards de francs, pour construire et armer trois sous-marins. La loi ne l'interdit pas encore, la DCN s'engage donc à verser aux intermédiaires locaux qui ont permis d'emporter la mise. 6,25%, soit 338 millions de francs.

Selon Libération, un peu plus tard, ordre est donné à la DCN, sous tutelle du ministère de la Défense, d'ajouter 4% à ce montant, pour rétribuer les services de deux intermédiaires, Ziad Takieddine et Abdurahman el-Assir. Le premier aurait été présenté au patron de la DCN, Dominique Castellan, par Renaud Donnedieu de Vabres, alors au cabinet de François Léotard, ministre de la Défense, a affirmé le directeur financier de la DCN au juge Marc Trévidic. Le nom du second «avait été donné par les autorités françaises», aurait confié Dominique Castellan à un cadre de son équipe. Les deux hommes, représentés par une société off shore baptisée Mercor finance, reçoivent 130 millions d'euros le 24 janvier 1995.

Dix millions en liquide sur le compte de campagne de Balladur

Trois mois plus tard, le 26 avril 1995, dix millions de francs en liquide sont déposés sur le compte de l'Aficeb, l'Association pour le financement de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur. La moitié est versée en coupures de 500 francs.

L'affaire de ces contrats d'armement a connu plusieurs rebondissements au rythme des efforts internationaux pour mettre un coup d'arrêt à la corruption internationale. On pensait les versements stoppés depuis juillet 1996, sur ordre de Jacques Chirac, mais un flux d'argent aurait continué jusqu'en 2001. Ce qui redonne du poids à l'hypothèse des juges, défendue par les familles des victimes, selon laquelle l'attentat de Karatchi visant un bus d'employés de la DCN relève d'une vengeance après l'interruption des versements.

Au mois de décembre dernier, six familles de victimes de l’attentat avaient déposé plainte pour «corruption» contre l’Association pour la réforme, le club politique d’Edouard Balladur. Leur avocat avait accusé Nicolas Sarkozy d'être «au coeur de la corruption» dans ce dossier, quand il était ministre du Budget et porte-parole d'Edouard Balladur. Un mois plus tôt, hors de ce nouveau contexte, Nicolas Bazire et Renaud Donnedieu de Vabres s'expliquaient devant la mission d'information parlementaire sur les circonstances entourant l'attentat du 8 mai 2002. A huis-clos.

Projecteur


Par Laurent Joffrin

   

L’affaire de l’attentat de Karachi n’a pas fini de livrer ses mystères. Petit à petit, au fil de notre enquête, de nouveaux éléments apparaissent, qui en font un écheveau complexe et sulfureux. D’abord braqué sur les commissions versées au Pakistan - et dont l’interruption, selon certaines sources, aurait causé l’attentat -, le projecteur se déplace maintenant sur les rétrocommissions, c’est-à-dire sur l’argent occulte issu des mêmes contrats d’armement, mais versé cette fois en France.

Ces rétrocommissions, il faut le préciser, sont doublement condamnables. Non seulement elles sont l’aboutissement d’un circuit d’argent noir, mais encore elles viennent alimenter un financement illégal sur le territoire même de l’Etat qui a vendu les matériels, en l’occurrence la France. Pour l’instant, la preuve décisive que ces fonds auraient permis de solder les comptes de campagne d’Edouard Balladur manque. Mais deux éléments mis au jour par Libération renforcent le soupçon : le gouvernement Balladur a imposé ses intermédiaires dans les circuits de financement occultes ; le compte de campagne du même Balladur a été au même moment alimenté par une somme importante versée en liquide. Bien sûr, les intéressés se défendront en expliquant que ces deux faits - qu’ils contesteront - sont de toute manière indépendants l’un de l’autre. Peut-être. Mais leur concomitance et la précision des éléments que nous décrivons doivent inciter les enquêteurs à redoubler d’énergie. La lutte contre l’argent noir est un rocher de Sisyphe.

Last edited by Gourkuff (26-04-2010 10:46:34)

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Re: Observatoire de la corruption

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Last edited by OZ (09-07-2011 15:20:32)

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Re: Observatoire de la corruption

Affaire de Karachi : Balladur dément et contre-attaque
L'ancien Premier ministre conteste tout financement illégal de sa campagne présidentielle et renvoie la balle dans le camp chiraquien. L'avocat des familles des victimes de l'attentat de Karachi, dans lequel 11 Français avaient péri en 2002, l'accuse de mentir et va demander son audition devant la justice.


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26.04.2010, 15h44 | Mise à jour : 18h52

Edouard Balladur conteste formellement avoir bénéficié d'un financement illégal de sa campagne présidentielle de 1995. Selon «Libération» de lundi, l'ancien Premier ministre aurait perçu 10 millions de francs (1,5 millions d'euros) en espèces provenant de rétrocommissions occultes liés à la vente de sous-marins français au Pakistan.


En savoir plus
    Vente d'armes au Pakistan : l'enquête des juges antiterroristes
     

Dans une tribune à paraître mardi dans le «Figaro», Edouard Balladur rétorque : «Pour assurer le financement des dépenses électorales de ma campagne, j'ai eu recours à l'ensemble des moyens légaux dont je disposais.» Les comptes de sa campagne «ont été audités puis remis au Conseil constitutionnel et validés par lui dans une décision publiée au Journal Officiel du 12 octobre 1995», souligne-t-il.

Il souhaite être entendu par les députés

«Tout s'appuie pour l'essentiel sur une note émanant d'un agent d'une officine privée de sécurité, note établie en 2002, après l'attentat, et qui amalgame un tissu d'invraisemblances et d'absurdités», fait-il valoir. Il a demandé à être entendu par la mission d'information parlementaire sur l'attentat de Karachi en 2002, a indiqué son entourage au Point.fr. Contre toute attente, car les députés UMP majoritaires dans cette commission y sont opposés.

«Ainsi est invoquée ma responsabilité indirecte dans la mort de onze Français»

L'ancien Premier ministre s'indigne également d'être mis en cause dans une affaire qui va bien au-delà d'une question de trésorerie. Onze Français travaillant pour la Direction de la construction navales (DCN) sont morts dans un attentat en 2002 à Karachi au Pakistan.

Le juge d'instruction antiterroriste Marc Trévidic, enquête sur l'hypothèse d'une vengeance liée au non-versement de commissions promises dans le cadre signé par la DCN. «Ainsi est invoquée ma responsabilité indirecte dans la mort de onze Français, dès lors que l'annulation des commissions en 1996 aurait entraîné, par rétorsion, l'attentat de 2002», relève l'ancien Premier ministre.

La balle renvoyée dans le camp chiraquien

«Depuis maintenant deux ans, ce drame a fourni à certains un prétexte pour me mettre en cause, au motif, prétendent-ils, qu'à la faveur de la vente de ces sous-marins en 1994, j'aurais autorisé le versement de commissions permettant ultérieurement le financement de ma campagne présidentielle de 1995», écrit Edouard Balladur. Soutenu par l'UDF et une partie du RPR dont Nicolas Sarkozy, le Premier ministre, qui se présentait contre Jacques Chirac, ne bénéficiait pas comme lui des capacités de financement du RPR.

Rappelant que «selon des responsables gouvernementaux de l'époque, le versement des commissions qui auraient été afférentes» au contrat des sous-marins «a été interrompu en 1996, alors que (sa,ndlr) campagne présidentielle était terminée depuis un an», l'ex-Premier ministre s'interroge sur le «fondement» de cette décision et sur sa «portée». «C'est aux autorités françaises de l'époque de faire la clarté sur ce point», ajoute-t-il, en renvoyant la balle dans le camp chiraquien.

L'avocat des familles : «Balladur ment d'une façon absolument éhontée»

L'affaire avait été remise au premier plan en décembre dernier. Six familles de victimes de l’attentat avaient alors déposé plainte pour «corruption» contre l’Association pour la réforme, le club politique d’Edouard Balladur. Leur avocat avait accusé Nicolas Sarkozy d'être «au cœur de la corruption» dans ce dossier, quand il était ministre du Budget et porte-parole de la campagne de Balladur.

Ce lundi, l'avocat des familles de victimes, Me Olivier Morice, a déclaré : «Les parties civiles considèrent que M. Balladur ment d'une façon absolument éhontée (...). Il est bien évident que dans les prochains jours nous allons demander l'audition de M. Balladur qui n'est couvert par aucune immunité». Il s'agit selon lui de confronter l'ancien candidat «à un certain nombre de pièces du dossier, de témoignages qui détruisent totalement (son) système de défense» alors qu'il «se retranche totalement derrière la validation de ses comptes (de campagne, ndlr) par le Conseil constitutionnel».

L'avocat a également indiqué qu'il demanderait les auditions de Renaud Donnedieu de Vabres, collaborateur de François Léotard au ministère de la Défense en 1994,ou encore de l'ancien directeur de campagne d'Edouard Balladur, Nicolas Bazire.

L'ancien trésorier «troublé»

Interrogé par Mediapart, René Galy-Dejean (ex-UMP), ancien maire du XVe arrondissement de Paris et trésorier de la campagne présidentielle de Balladur, répond : «Cela ne me dit rien. Une telle somme, tout de même, je ne l'aurais pas oubliée». Selon«Libération», la moitié des 10.250.000 francs aurait été apportée en coupures de 500 francs et le bordereau bancaire mentionnait que l'argent provenait de collectes effectuées lors des meetings électoraux.

«Ce qui me trouble le plus, c'est qu'il s'agisse de grosses coupures, alors que je n'en voyais quasiment jamais passer», a ajouté l'ancien trésorier, indiquant que les collectes lors des meetings représentaient une «source de financement non négligeable». «Mais, c'est l'argent des militants et des sympathisants, donc presque toujours des petites coupures, comme des billets de 10, 20 voire 50 francs, et jamais des billets neufs. Non, vraiment, je ne comprends pas», a-t-il ajouté.

Pourquoi Balladur ne répond pas sur l'essentiel


Par RENAUD LECADRE


Après les révélations de «Libération» sur un financement présumé illégal de sa campagne présidentielle de 1995, Edouard Balladur a demandé à être entendu par la mission d'information parlementaire sur l'attentat de Karachi en 2002.

«Il a lui-même demandé à être entendu», a déclaré à l'AFP le député UMP Yves Fromion, président de cette mission, confirmant une information du Point.fr. La date d'audition de l'ancien Premier ministre (1993-1995) n'est pas encore connue.

Dans ce contexte, «Libération» revient point par point sur la réponse d'Edouard Balladur à nos révélations sur des soupçons de financement illégal de la campagne présidentielle de 1995.

1) «La vente de trois sous-marins au Pakistan a été autorisée par moi lors de la visite en 1994 de Mme Bhutto. La décision d’autoriser l’octroi de commissions n’était pas de la responsabilité du Premier ministre ou de ses services. J’ignore si, en l’espèce, il a été décidé d’y avoir recours.»

Edouard Balladur se réserve les lauriers industriels d’un grand contrat d’armement (5,4 milliards de francs à l’époque), mais sans se mêler des basses contingences financières. Contrairement à ce qu’il proclame, le versement de commissions relevait bien d’une décision gouvernementale - ne serait que pour permettre au vendeur de les déduire de son bénéfice imposable. En matière d’armement, le ministre du Budget (Nicolas Sarkozy à l’époque) devait obligatoirement donner son feu vert. Nicolas Bazire, alors proche conseiller à Matignon, a également eu son mot à dire. A entendre Balladur, ses deux Nicolas ne faisaient pas partie de «ses services»… A moins que lui-même n’eut été un Premier ministre fantoche.

2) «Pour assurer le financement des dépenses électorales de ma campagne, j’ai eu recours à l’ensemble des moyens légaux dont je disposais (…). Les comptes de ma campagne ont été audités puis validés par le Conseil constitutionnel.»

Edouard Balladur se garde bien de répondre ou de démentir l’information de «Libé»: dix millions de francs ont atterri sur son compte électoral en avril 1995, soit 20% du budget de sa campagne. L’intitulé officiel de cette colossale remise en espèces (collectes effectuées lors de meetings électoraux) colle difficilement avec ces coupures de 500 euros. Que le Conseil constitutionnel ait décidé de valider le tout ne change rien à cette incongruité.

3) «En 1996, si j’en crois les déclarations de certains responsables gouvernementaux de l’époque, le versement des commissions qui auraient été afférentes à ce contrat a été interrompu, alors que ma campagne présidentielle était terminée depusi un an et qu’il n’était nul besoin de la financier.»

De fait, les chiraquiens revenus au pouvoir en 1995 ont interrompu un certain nombre de commissions allouées sous le précédent gouvernement. Mais là encore, l’ex-Premier ministre fait mine d’ignorer la seconde information de «Libération»: deux intermédiaires du contrat pakistanais, introduits dans le circuit par des balladuriens, ont obtenu que leurs commissions (théoriquement échues tout au long du contrat, sur une période de dix ans), soient versées d’un seul bloc au cours du premier semestre 1995, en pleine campagne présidentielle.

Ajout à 18h: réaction de Me Olivier Morice

L'avocat des familles de victimes de l'attentat de Karachi, Me Olivier Morice, a accusé l'ancien Premier ministre de mentir et annoncé qu'il demanderait aussi son audition, mais devant le juge d'instruction antiterroriste chargé de l'enquête, Marc Trévidic.

«Les parties civiles considèrent que Monsieur Balladur ment d'une façon absolument éhontée par rapport aux éléments qui sont dans le dossier», a-t-il déclaré. «Il est bien évident que dans les prochains jours nous allons demander l'audition de M. Balladur qui n'est couvert par aucune immunité.»

Il s'agit selon lui de confronter l'ancien candidat «à un certain nombre de pièces du dossier, de témoignages qui détruisent totalement (son) système de défense» alors qu'il «se retranche totalement derrière la validation de ses comptes (de campagne, ndlr) par le Conseil constitutionnel».

Last edited by Gourkuff (26-04-2010 18:30:11)

Re: Observatoire de la corruption

A lire à partir d'en bas.

PARIS (AFP) - Pasqua devant la Cour de justice: le procès en direct

[Deux des avocats de Charles Pasqua Jacqueline Laffont et Pierre Haïk, le 26 avril 2010 au palais de justice de Paris. - © 2010 AFP - Patrick Kovarik]

19H20 - Notre direct s'achève avec ce témoignage d'Henri Guaino. Mardi, la Cour entendra le fils de Charles Pasqua.

19H18 - FIN DU TEMOIGNAGE D'HENRI GUAINO, ANCIEN CONSEILLER SPECIAL DE CHARLES PASQUA. Les deux hommes échangent quelques mots.

19H16 - Témoin de la défense. M. Guaino répond aux questions de la défense, forcément favorables à M. Pasqua. "C'est un homme profondément humain, d'une très grande civilité qui ne faisait pas de traitement différent en fonction des titres des personnages avec qui il travaillait", conclut Henri Guaino.

19H07 - Très dévoué. Guaino poursuit son éloge en insistant sur sa "profonde estime pour l'homme politique qu'il était et pour la manière dont il a travaillé avec une grande dignité et dévouement. Il a beaucoup compté dans l'idée que je me suis faite de ce que doit être un homme politique. Non pas pour faire carrière mais pour servir un idéal."

19H05 - Dévoué. Guaino dresse un portrait élogieux de l'ancien ministre. "Il travaillait du matin au soir. Un ministre qui avait le sens de l'Etat, avec qui je partageais une certaine idée de la République. Dans l'exercice de ses fonctions, il a toujours mis en avant ses valeurs. Il a toujours servi une certaine idée de l'intérêt général."

19H00 - Européennes. "J'ai rencontré M. Pasqua dans le cadre de sa campagne pour les Européennes (1999). Puis je suis devenu son conseiller économique et social au ministère de l'Intérieur, notamment sur les questions d'aménagement du territoire." relate Henri Guaino.

18H58 - Témoin de moralité. Arrivée d'Henri Guaino. Il est cité par la défense de Charles Pasqua en tant que témoin de moralité.

[Le conseiller de l'Elysée Henri Guaino, le 9 avril 2010. - © 2010 AFP - Jacques Demarthon]

18H56 - TEMOIGNAGE D'HENRI GUAINO, ANCIEN CONSEILLER SPECIAL DE CHARLES PASQUA AU MINISTERE DE L'INTERIEUR.

18H55 - Falcone, connais pas. "Solennellement, je vous vous dis que je ne suis jamais allé dans les établissements de M. Falcone", soutient Charles Pasqua les bras ballants.

18H55 - PASQUA S'EXPLIQUE SUR UNE RENCONTRE AVEC FALCONE.

18H53 - Confondu. "C'était un soir de décembre 1996, j'ai entendu un fort accent méridional, je me suis retournée et j'ai vu Charles Pasqua", témoigne Annabelle Tomaszewski, une ancienne secrétaire de Brenco, société de Falcone.

18H50 - TEMOIGNAGE D'UNE SECRETAIRE DE PIERRE FALCONE

18H41 - FIN DU TEMOIGNAGE DE L'HOMME D'AFFAIRES PIERRE FALCONE. Il est congédié par le président "vous pouvez regagner la résidence qui est la vôtre en ce moment. " (la prison, NDRL)

18H40 - Pasqua ? Connais pas. "Monsieur Pasqua n'est jamais venu dans mon bureau. Ca n'a pas de sens ! Je n'ai jamais rencontré M. Pasqua, jure Pierre Falcone. Un ministre ne se déplace pas ainsi." Deux de ses anciennes secrétaires ont pourtant certifié le contraire lors de l'instruction.

18H35 - Vocabulaire limité. "Je ne suis pas familier des financements politiques. J'ai appris le mot "rétrocommission". Je ne suis pas né ici, je ne connaissais pas ce mot. je n'ai jamais pratiqué de rétrocommission", tente d'expliquer Falcone.

18H30 - Précision. L'accusation estime que Falcone a prêté les "coquilles de ses sociétés" pour faire transiter plus de 30 millions de francs vers des intermédiaires. Le 22 février 1994, un million de francs passe ainsi d'un compte de Falcone à un compte de Léandri. Un second paiement de 12 millions de francs le 12 juillet 1994 transite également par deux comptes de Léandri avant d'atterrir sur un compte de... Pierre-Philippe Pasqua.

18H25 - Recentrage. "Pourquoi votre société Brenco perçoit de l'argent et le retransfère à Léandri ?", questionne le président. "On a abusé de mon travail, Etienne Léandri m'a menti. Il s'est fait payer pour un travail que j'avais fait", répond l'homme d'affaires.

18H17 - Zéro bénéfice. "Pas une seconde, je ne peux penser qu'il (Léandri) a des intérêts illicites dans la Sofremi. Je n'ai à aucun moment bénéficié d'un seul centime de ces versements qui ont eu lieu sur mon compte, poursuit Falcone.

18H12 - Un ami de papa. "J'ai connu Léandri à 21 ans, c'était un ami de papa, raconte Falcone. Je ne l'ai plus jamais revu jusqu'en 1993-1994. J'en avais même oublié son existence." L'ombre d'Etienne Léandri ne peut que peser sur cette salle et dans ce procès. L'homme est décédé en 1995.

18h10 - Lassitude. "Pour la énième fois, je répète que je n'ai eu aucun type d'intimité, d'entente secrète ou illicite avec Charles Pasqua. Je n'ai jamais voté pour Charles Pasqua, je n'ai jamais cotisé pour le parti de Pasqua", explique l'homme d'affaires en se tournant vers l'intéressé qui ricane.

18H05 - Comme neige. "En ce qui concerne mes travaux dans la Sofremi, il n'y a jamais eu une once de malhonnêteté, ni calculée, ni préparée, ni accomplie", explique Pierre Falcone d'entrée.

18H04 - TEMOIGNAGE DE PIERRE FALCONE, HOMME D'AFFAIRES.

18H00 - Tiré de prison. Pierre Falcone qui purge une peine de 6 ans de prison liée à sa condamnation dans l'affaire de l'Angolagate, souhaitait ne pas témoigner aujourd'hui devant la CJR. Le parquet a ordonné sa venue.

[L'homme d'affaires Pierre Falcone (d), le 27 octobre 2009 lors du procès de l'Angolagate à Paris. - © 2010 AFP - Martin Bureau]

17H50 - Intermédiaires. Avec Etienne Léandri, Pierre Falcone est l'autre homme d'affaires rétribué pour ses opérations d'intermédiaire dans plusieurs contrats de la Sofremi. 15 millions de francs lui ont été indûment versés selon l'accusation. Ces commissions ont transité via des sociétés écrans sur des comptes dans des paradis fiscaux. Le fils Pasqua a été l'un des bénéficiaires: il a touché ainsi un peu plus de 9 millions de francs. Pierre-Philippe Pasqua a été définitivement condamné à deux ans de prison dont un an ferme pour détournement de fonds. Même peine pour Pierre Falcone.

17H30 - A VENIR LE TEMOIGNAGE DE L'HOMME D'AFFAIRES PIERRE FALCONE.

17H15 - PASQUA SE LEVE. "Je ne pourrai pas laisser dire par le juge que ce que j'ai dit n'était pas la vérité", s'insurge Charles Pasqua qui se lève lourdement. "Je n'ai pas l'habitude de mentir. Je ne suis jamais intervenu dans les affaires de la Sofremi sauf dans l'affaire du Koweit parce qu'elle mettait en cause des intérêts nationaux."

17H10 - UN DES JUGES S'ADRESSE DIRECTEMENT A PASQUA. Pour la première fois depuis le début du procès, un juge interroge le prévenu Pasqua: "Vous nous avez dit la semaine dernière que vous n'étiez jamais intervenu dans les affaires de la Sofremi et là, votre collaborateur explique que vous vous êtes impliqué dans un contrat de déminage au Koweït ? demande le député UMP Warsmann, les joues empourprées.

17H00 - Déshonneur. "J'aurais très bien pu perdre la vie lors de ma garde à vue. Pour un fonctionnaire, c'est une perte d'honneur. Ce que le juge instructeur a écrit, il l'écrit sans que je puisse m'y opposer. Il n'y a rien à faire à partir du moment où il a décidé d'instruire à charge et d'obtenir un étalon de plus à déposer sur le plateau de la balance de la justice", explique B. Guillet.

16H55 - Petit rappel. "Tout cela est très émouvant", ironise l'avocat général. Mais vous avez déclaré devant M. Courroye: "Il (Pasqua) m'a dit que c'était quelqu'un (Léandri) qu'il rencontrait et en qui on pouvait avoir confiance".

16H50 - Main sur le coeur. "Je crois que Charles Pasqua est innocent et c'est pour ça que je témoigne aujourd'hui", insiste B. Guillet. Rires dans la salle.

16H45 - REPRISE DU TEMOIGNAGE DE BERNARD GUILLET . "L'instruction a été rédigée à charge pour compromettre les uns et les autres et renvoyer Charles Pasqua devant ce tribunal, reprend Bernard Guillet. Moi, je ne suis rien dans cette affaire. C'est Charles Pasqua qu'on voulait. Qui? Le juge Courroye l'a cherché avec acharnement et méthode."

16H30 - PASQUA MINIMISE SES RELATIONS AVEC LEANDRI. Amené à s'expliquer Charles Pasque précise que "le contact avec M. Léandri a été établi par Patrick Devedjian dans les années 70 à l'occasion des difficultés du groupe Boussac (textile, NDLR)."Je suis étonné d'entendre Bernard Guillet qui prétend que j'avais des contacts réguliers avec Léandri. Je n'avais rien à faire, rien à voir avec lui. Point final. Je n'ai aucun souvenir de ce dîner mais après tout...je peux avoir oublié."

16H25. Contradiction. Durant toute l'instruction, Charles Pasqua a démenti connaître le fameux Léandri. Ce n'est que du bout des lèvres qu'il a consenti à reconnaître devant la Cour de justice de la République qu'il connaissait "un peu" l'homme.

16H22 - Pasqua, le "Grand". "Vous disiez à l'époque que Pasqua et Léandri se connaissaient bien et qu'ils avaient des relations de confiance", interroge l'avocat général. Réponse de Guillet: "Certainement, ils se voyaient régulièrement, nous avions même eu un dîner ensemble, tous les 3. Comment va le Grand ? me demandait Léandri à propos de Pasqua. il était attentionné. Il voulait aider Pasqua."

16H10 - Bon chrétien. "Vous laissez entendre que tout cela est un montage, monsieur le Président. "Tu ne commettras pas de faux témoignages", en tant que chrétien, je dis la vérité! s'exclame l'ancien conseiller. Vague de rires ironiques dans la salle.

16H05 - Si j'avais su. "J'ignore tout de ces circuits. M. Léandri m'a consenti un prêt pour ma résidence principale. Si j'avais su que l'argent provenait de commissions indues de la Sofremi, j'aurais naturellement refusé", assure Bernard Guillet.

16H00 - Personnage à part. "Ce n'est pas Charles Pasqua qui m'a présenté Etienne Léandri" poursuit Bernard Guillet. Cet homme est un personnage à part. Bien malin celui qui aurait pu savoir qui il était réellement. Il avait une connaissance exceptionnelle des milieux d'affaires internationales. Il aurait été le dernier à me dire qu'il était commissionné par la Sofremi".

15H55 - Inutile. Bernard Guillet affirme qu'il a été "un des premiers à dire et à répéter que la Sofremi ne servait à rien mais qu'elle n'était pas dans le cadre légal d'appels d'offres et que donc on pouvait très bien s'en passer."

15H45 - TEMOIGNAGE DE BERNARD GUILLET, ANCIEN CONSEILLER DIPLOMATIQUE DE CHARLES PASQUA. Condamné à 6 mois de prison avec sursis et 50.000 euros d'amende dans l'affaire Sofremi , pour avoir touché un prêt de 600.000 francs d'Etienne Léandri.

15H25 - LE DEUXIEME TEMOIN FAIT FAUX BOND. Françoise Poli, femme de l'ancien collaborateur de Charles Pasqua Jean-Jacques Guillet, s'est fait porter pâle malgré les menaces d'amende et de mandat d'amener délivrées par la Cour. Elle ne témoignera pas cet après-midi. "A mon grand regret", confie son mari.

15H10 - Innocent. Toutefois, l'information n'a pas permis de démontrer de manière suffisamment probante que Jean-Jacques Guillet et son épouse savaient que les fonds investis par Etienne Léandri provenaient de commissions indues versées par la Sofremi.

15H08 -"Une croix dans le dos". Selon l'accusation, sur les 24 millions de commissions perçues par Etienne Léandri dans le cadre de contrats de la Sofremi, 12 millions ont été versés à la société d'édition du "Quotidien du maire". Nombre de témoins ont rapporté que Léandri avait investi ces fonds sur ordre de Pasqua. A l'époque, M. Léandri parlait du "Quotidien du maire" comme "de la croix dans son dos".

15H05 - Bis. La réponse de Guillet est loin de convaincre la Cour. "Il faut que vous nous expliquiez mieux l'implication de M. Léandri dans un investissement à fonds perdu ?", insiste la députée socialiste Josette Durrieux. "Il estimait que c'était un bon investissement, avance Guillet. Il y avait un certain nombre de choses qui pouvaient intéresser un investisseur. Après la situation économique s'est dégradée. Pourquoi ? C'est très difficile de parler à sa place !"

15H00 - Interrogation. "Quel est l'intérêt pour quelqu'un de verser de l'argent pour un journal qui ne paraissait plus ? s'enquiert le député UMP Warsmann, l'un des douze parlementaires de la Cour de justice de la République. Réponse de Guillet: "A l'époque Monsieur Léandri était malade ! ".

14H52 - Insistance. Guillet revient sur les liens Pasqua-Léandri. "J'exclus totalement qu'il y ait eu des relations entre Pasqua et Léandri. Je n'en ai jamais été témoin. J'avais de bonnes relations avec les deux hommes. En mon âme et conscience, je pense qu'il n'y avait aucune relation entre les deux hommes. Dix ans d'enquête n'ont pas réussi à prouver de liens entre les deux hommes", ironise-t-il, très à l'aise.

[L'ancien ministre de l'Intérieur Charles Pasqua, le 19 avril au palais de justice de Paris. - © 2010 AFP - Patrick Kovarik]

14H45 - Amis ou simples collègues ? L'ancien collaborateur relate ensuite sa rencontre avec Charles Pasqua. "Je l'ai connu en 1976 puis j'ai suivi son parcours politique. Je ne travaillais pas de manière constante avec lui, à part dans les Hauts-de-Seine. "Mais en 1994, insiste l'avocat général, vous aviez des conversations de stratégies électorales?". "Oui, naturellement, mais rien d'anormal entre deux députés", rétorque Jean-Jacques Guillet.

14H42. Via le Liechtenstein et la Suisse. "A l'époque de l'instruction, Vous ne paraissiez pas intéressé par le financement de votre journal. J'ai relevé 18 fois dans la procédure l'expression "Je ne sais pas", s'étonne l'avocat général qui rappelle "le circuit étonnant de financement de ce journal via des comptes au Liechtenstein et en Suisse."

14H30 - Où va l'argent ? "Il faut bien que l'argent soit allé dans la poche de quelqu'un ? s'étonne le président de la Cour. Jean-Jacques Guillet répond indigné: "Je ne comprends pas votre question ! Je ne peux pas accepter cette remarque, s'insurge-t-il. C'était une entreprise normale: salaires, charges, papier... Léandri ne posait aucun problème pour moi, c'était un investisseur sérieux. Il n'y avait pas de question." précise-t-il.

14H25 - Insolite. Le journal de Guillet cesse de paraître en juillet 1993. Etienne Léandri a tenu formellement à continuer à verser des financements. Il tenait à aller jusqu'au bout de son "devoir d'actionnaire", confie Jean-Jacques Guillet, partisan lui, de déposer le bilan.

14H20 - Manne. Etienne Léandri, proche de Charles Pasqua, vole au secours de cette publication de Guillet. "Je m'engage formellement à faire en sorte que ce journal garde son indépendance". Entre 1993 et 1994, Etienne Léandri a apporté via des investisseurs différents près de 12 millions de francs au "Quotidien du maire".

14H15 - TEMOIGNAGE DE JEAN-JACQUES GUILLET, UN PROCHE DE PASQUA. Avant Pierre Falcone et Henri Guaino, Jean Jacques Guillet se présente à la barre. Jamais inquiété par la justice, il a un long cheminement politique avec Charles Pasqua. Elu conseiller général en 1986 puis député des Hauts-de-Seine en 1993, il est l'un de ses plus proches collaborateurs. En 1987, il cofonde avec Philippe Tesson "Le Quotidien du maire". Dès le début, la publication rencontre des difficultés liées, selon lui "au modèle économique de la revue" et au "contexte général de la presse".

14H10 - FALCONE ET GUAINO ATTENDUS. Pierre Falcone, déjà condamné à deux ans de prison dont un ferme dans cette affaire de la Sofremi, est attendu à la barre en fin d'après-midi. L'actuel conseiller de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, est également attendu en tant que témoin de moralité cité par la défense. Entre 1994 et 1995, il était conseiller spécial de Charles Pasqua au ministère de l'Intérieur.

14H05 - Volte-face. Jeudi, la première journée d'auditions dans cette affaire a été marquée par la volte-face de l'ancien PDG de la Sofremi, Bernard Dubois. Alors qu'il avait dit avoir eu connaissance de rétrocommissions servant à financer les activités politiques de Charles Pasqua, ce dernier a affirmé devant la Cour: "Aujourd'hui, je dis clairement que je n'ai jamais eu connaissance d'un système de financement des activités politiques de Charles Pasqua et pour lequel on m'aurait désigné à la tête de la Sofremi".

14H00 - La Sofremi au menu. Cette journée de lundi est consacrée au dossier de la Sofremi, un organisme vendant du matériel de police à l'étranger et dépendant du ministère de l'Intérieur. Des commissions illicites ont bénéficié à des proches de Charles Pasqua en marge de contrats passés par la Sofremi. L'argent versé en échange des contrats transitait principalement par l'homme d'affaires Pierre Falcone ou Etienne Léandri, proche de Charles Pasqua mort en 1995, via des sociétés écrans dans des paradis fiscaux. Selon l'accusation, une part importante de cet argent a bénéficié à l'entourage de Charles Pasqua, notamment à Pierre-Philippe, son fils unique.

13H55 - Le procès de l'ancien ministre de l'Intérieur Charles Pasqua pour trois affaires de corruption présumée se poursuit cette semaine devant la Cour de justice de la République (CJR). Le verdict est attendu le vendredi 30 avril.

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

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Re: Observatoire de la corruption

Après Dray :

Le monde a écrit:

Après dix ans d'aléas judiciaires, l'ancien premier ministre PS Pierre Mauroy a été renvoyé en correctionnelle lundi 3 mai dans l'affaire de l'emploi fictif présumé de Lyne Cohen-Solal, adjointe du maire de Paris, qui fut brièvement sa collaboratrice en 1992 à la communauté urbaine de Lille.

L'actuel sénateur du Nord et ancien maire de Lille de 81 ans devra ainsi répondre des accusations de "détournement de fonds publics" pour lesquels il avait été mis en examen en juin 2008. Le parquet avait pourtant requis un non-lieu général en octobre dernier. Mme Cohen-Solal, qui avait été mise en examen pour "recel de détournement de fonds publics", et l'ancien directeur de cabinet de Pierre Mauroy, Bernard Masset, qui l'avait été pour "complicité", sont également convoqués devant le tribunal correctionnel.

Cette décision conclut une longue procédure, issue d'une plainte en juin 2000 d'Eric Darques, ancien élu de la ville de Lambersart, dans l'agglomération lilloise, qui avait fait valoir qu'en 1992 Lyne Cohen-Solal avait, pendant dix mois, occupé en même temps le poste d'attachée de presse pour la communauté urbaine et celui de rédactrice en chef de l'hebdomadaire du PS Vendredi, à Paris.

L'ancien premier ministre avait été particulièrement affecté au moment de sa mise en examen. Il avait alors affirmé que pendant la période concernée, sa collaboratrice avait "parfaitement rempli sa mission" de promotion de la métropole lilloise et que sa "faible rémunération […] n'avait pas été usurpée". Elle avait alors touché l'équivalent de 19 000 euros. Il avait également souligné que cette affaire avait été déclenchée longtemps après les faits reprochés, en 2000, "à un moment où Lyne Cohen-Solal était engagée dans un combat politique très médiatisé contre le maire de Paris d'alors, Jean Tiberi", et que cette coïncidence n'était "pas fortuite". Mme Cohen-Solal, cinq fois adversaire électorale de l'ancien maire de Paris et maire UMP du Ve arrondissement Jean Tiberi, avait alors porté plainte contre ce dernier pour une affaire de faux électeurs.

Re: Observatoire de la corruption

Comme il faut être juste...

Le bénéfice du doute a profité à Charles Pasqua
LEMONDE | 03.05.10 | 14h07  •  Mis à jour le 03.05.10 | 18h52

La Cour de justice de la République a rendu publiques, lundi 3 mai, les motivations du verdict par lequel elle a condamné, vendredi 30 avril, Charles Pasqua, à une peine d'un an d'emprisonnement avec sursis pour complicité et recel d'abus de biens sociaux dans l'affaire de la Sofremi, et l'a relaxé dans les deux autres dossiers, celui du casino d'Annemasse et de GEC-Alsthom.

Les juges ont considéré que, dans ces deux cas, la preuve n'avait pas été suffisamment rapportée d'une implication personnelle de l'ancien ministre de l'intérieur. Ils évitent ainsi à M. Pasqua une condamnation pour corruption au bénéfice du doute qui était seule susceptible d'entraîner automatiquement une peine d'inéligibilité - il était poursuivi de ce chef dans l'affaire du casino d'Annemasse.

Dans les attendus de sa décision, la Cour de justice considère "que n'est pas établie l'existence d'un pacte de corruption" entre M. Pasqua et Michel Tomi - qui a été condamné définitivement pour corruption active par la juridiction de droit commun - "à la date à laquelle le ministre d'Etat accorde l'autorisation des jeux au Casino d'Annemasse". "Il est certain, souligne l'arrêt, qu'en accordant son autorisation, Charles Pasqua, qui savait que Michel Tomi était le partenaire d'affaires de Robert Feliciaggi, a voulu favoriser un ami de longue date. Il est certain également que Michel Tomi, cinq ans plus tard, a voulu aider financièrement Charles Pasqua en apportant par l'intermédiaire de sa fille, une somme de 7,5 millions de francs (pour financer sa campagne aux européennes). Mais il n'est pas établi que le service rendu à cette occasion ait conditionné l'octroi de l'autorisation en 1994." En conséquence, la Cour le relaxe du chef de corruption passive.

Sur l'affaire GEC-Alsthom - un pot-de-vin de 5 millions de francs versé en contrepartie d'un agrément ministériel pour déménager son siège social - la Cour relève que "toute cette affaire a été montée par Etienne Leandri et Christian Roos, qui se sont concertés pour faire craindre à la société GEC-Alsthom un refus d'agrément. Pierre-Henri Paillet, délégué général de la Datar, a prêté la main à ces manoeuvres, mais l'intervention personnelle du ministre dans ce processus n'est pas prouvée." Les juges ne retiennent pas le fait que le fils de M. Pasqua, Pierre-Philippe, a été condamné pour avoir perçu des virements sur un compte à l'étranger de la part d'Etienne Leandri.

La présence de son fils et celle de conseillers proches de M. Pasqua est, en revanche, mise en avant par les juges pour retenir la culpabilité de l'ancien ministre dans l'affaire de la Sofremi. Faisant leurs les arguments de l'accusation, les juges observent que cette société de ventes de matériel de sécurité placée sous la tutelle du ministère de l'intérieur a été "mise en coupe réglée" par un "trio" composé de Etienne Leandri, Bernard Dubois (le PDG de la Sofremi nommé par M. Pasqua) et son numéro deux, Bernard Poussier.

Les juges estiment qu'ils ont opéré "à leur profit personnel et au profit de proches du ministre dont Pierre-Philippe Pasqua, son fils, Bernard Guillet, son conseiller diplomatique, et Jean-Jacques Guillet, fondateur du Quotidien du Maire". "Ayant mis en place ce système, Charles Pasqua lui a apporté sa caution et l'a sciemment laissé perdurer, relève l'arrêt. Sa proximité avec les divers auteurs des abus commis et leurs bénéficiaires ne laissent pas de doute sur son implication dans le processus mis en place" et son "intérêt à la pérennisation d'un tel système".

Ces faits présentent "une gravité certaine", écrivent les juges, car ils ont été commis par un ministre d'Etat dans l'exercice de ses fonctions et que les sommes obtenues sont "importantes". S'ils estiment nécessaire qu'il convient de "stigmatiser" ce comportement en prononçant une peine d'emprisonnement, ils tiennent néanmoins compte de l'âge du prévenu et de son "passé au service de la France", pour assortir leur condamnation du sursis. A aucun moment, les juges n'évoquent l'hypothèse d'une suppression des droits électifs de M. Pasqua, qui avait été requise par l'avocat général, Yves Charpenel.

Le sénateur (UMP) des Hauts-de-Seine n'en a pas pour autant terminé avec son parcours judiciaire. Si sa condamnation définitive à dix-huit mois avec sursis pour financement illégal de sa campagne européenne de 1999 a été confondue avec celle prononcée par la Cour, M. Pasqua a fait appel de son autre condamnation, pour trafic d'influence, à trois ans d'emprisonnement dont deux avec sursis, dans l'affaire de l'Angolagate.
Pascale Robert-Diard

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

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Re: Observatoire de la corruption

RPC nl a écrit:

Après Dray :

Le monde a écrit:

Après dix ans d'aléas judiciaires, l'ancien premier ministre PS Pierre Mauroy a été renvoyé en correctionnelle lundi 3 mai dans l'affaire de l'emploi fictif présumé de Lyne Cohen-Solal, adjointe du maire de Paris, qui fut brièvement sa collaboratrice en 1992 à la communauté urbaine de Lille.

L'actuel sénateur du Nord et ancien maire de Lille de 81 ans devra ainsi répondre des accusations de "détournement de fonds publics" pour lesquels il avait été mis en examen en juin 2008. Le parquet avait pourtant requis un non-lieu général en octobre dernier. Mme Cohen-Solal, qui avait été mise en examen pour "recel de détournement de fonds publics", et l'ancien directeur de cabinet de Pierre Mauroy, Bernard Masset, qui l'avait été pour "complicité", sont également convoqués devant le tribunal correctionnel.

Cette décision conclut une longue procédure, issue d'une plainte en juin 2000 d'Eric Darques, ancien élu de la ville de Lambersart, dans l'agglomération lilloise, qui avait fait valoir qu'en 1992 Lyne Cohen-Solal avait, pendant dix mois, occupé en même temps le poste d'attachée de presse pour la communauté urbaine et celui de rédactrice en chef de l'hebdomadaire du PS Vendredi, à Paris.

L'ancien premier ministre avait été particulièrement affecté au moment de sa mise en examen. Il avait alors affirmé que pendant la période concernée, sa collaboratrice avait "parfaitement rempli sa mission" de promotion de la métropole lilloise et que sa "faible rémunération […] n'avait pas été usurpée". Elle avait alors touché l'équivalent de 19 000 euros. Il avait également souligné que cette affaire avait été déclenchée longtemps après les faits reprochés, en 2000, "à un moment où Lyne Cohen-Solal était engagée dans un combat politique très médiatisé contre le maire de Paris d'alors, Jean Tiberi", et que cette coïncidence n'était "pas fortuite". Mme Cohen-Solal, cinq fois adversaire électorale de l'ancien maire de Paris et maire UMP du Ve arrondissement Jean Tiberi, avait alors porté plainte contre ce dernier pour une affaire de faux électeurs.

J'espère pour elle que LCS est innocente (et je le présume), car ce serait quand même une drôle d'ironie, elle la chevalière (?) blanche contre le méchant Tibéri.

Cela dit, une condamnation accélererait sa carrière : au PS, c'est le ticket pour le Conseil Régional.

Re: Observatoire de la corruption

Karachigate : l’affaire qui empoisonne la présidence Sarkozy

L’article de Bertrand le Gendre dans les colonnes du Monde le 7 avril n’est pas passé inaperçu. Le journaliste livre une analyse pertinente dans laquelle il relève des similitudes frappantes dans les parcours de Chef de l’Etat de VGE et de Nicolas Sarkozy. La conclusion est cruelle pour l’actuel locataire de l’Elysée suspecté de se Giscardiser. Le parallèle ne serait pas complet sans une affaire gênante. A ce titre, le Karachigate pourrait bien constituer pour Nicolas Sarkozy, en plus explosif, ce que fût le dossier noir des diamants pour VGE.

Le Karachigate n’aurait pas pris une telle ampleur sans la détermination à faire émerger la vérité d’un quotidien, Mediapart , et d’un homme politique, le député Bernard Cazeneuve, rapporteur de la mission d’information parlementaire mandatée pour éclaircir le dramatique attentat de Karachi .

En septembre 2008, Mediapart lance l’affaire. Le quotidien d’Edwy Plenel évoque une affaire d’Etat dans laquelle s’entremêle corruption liée aux ventes d’armes et financement illicite de la vie politique.

En 2002 un attentat est commis contre des employés de la Direction des constructions navales (DCN). Onze d’entre eux sont tués. Le pôle antiterroriste est saisi. Le dossier est confié au juge Jean-Louis Bruguière. Fin 2008, Marc Trévidic lui succède et soulève la piste d’un acte terroriste lié à l’arrêt du versement de commissions promises à des décideurs pakistanais suite à la vente de sous-marins en 1994. L’enquête du juge fait également apparaître des soupçons sur l’existence de rétrocommissions qui auraient notamment été reversées à des politiques français par des intermédiaires rémunérés.

Les rétro-commissions sont suspectées avoir, en partie, été destinées à financer la campagne présidentielle d’Edouard Balladur. Ce soupçon est alimenté par le versement d’un peu plus de 10 millions de francs essentiellement en billets de 500 francs sur le compte de campagne de l’ancien premier ministre, au lendemain de sa défaite au premier tour. L’affaire éclabousse par ricochet le ministre du Budget en poste en 1994, un certain … Nicolas Sarkozy. Selon plusieurs documents et témoignages, ce proche d’Edouard Balldur aurait personnellement suivi de très près le dossier, c’est en tout cas ce qu’avance Mediapart .

Mission parlementaire contre commissions financières. Début 2009, Bernard Cazeneuve député-maire PS de Cherbourg, ville dont sont originaires les victimes de l’attentat souhaite à la demande des familles faire la lumières sur les causes de l’acte terroriste. Pour cela, il demande que soit mise en place une mission d’information parlementaire dont les prérogatives sont beaucoup plus restreintes qu’une commission d’enquête mais se heurte au refus du bureau de l’Assemblée nationale.

Soutenu par Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste, le parlementaire s’obstine et finit par décrocher en juillet 2009, la création de la « mission d’information sur les circonstances ayant entouré l’attentat de Karachi ». Trop beau pour être vrai. Contrairement à l’usage qui veut que pour des raisons d’impartialité le président et le rapporteur soient de bords différents, deux UMP, signe de fébrilité sont désignés. Après un nouveau bras de fer avec Guy Tessier, président UMP de la commission de la Défense, M. Cazeneuve est désigné rapporteur.

Très vite pourtant le torchon brûle entre l’impétueux parlementaire et ses collègues de la mission, notamment le président. Tout est fait pour entraver l’avancement de l’enquête. Mediapart qui a consciencieusement suivi le dossier à travers de nombreux articles cite Bernard Cazeneuve : “Il y a eu une opération d’entrave, menée par les plus hautes autorités de l’Etat, visant à empêcher notre mission de travailler. Sans doute le gouvernement a-t-il eu peur qu’en coopérant, il expose le président de la République.”

Publié mercredi, le rapport de la mission parlementaire confirme le lien possible entre l’attentat de Karachi et l’arrêt du versement de commissions sur la vente de sous-marins. Les conclusions opposent toutefois Bernard Cazeneuve et le président de la mission Yves Fromion, député du Cher qui désapprouve le rapport , dénonçant le fait qu’on puisse « entretenir la fiction » d’un lien entre l’attentat et les commissions. Interrogé en 2009 sur le sujet, Nicolas Sarkozy avait qualifiée cette piste de « fable », la jugeant « ridicule » et grotesque ».

Quelques vidéos :
ITW de Bernard Cazeneuve : http://www.dailymotion.com/video/xdad1m … ?start=359

Question parlementaire de Bernard Cazeneuve : http://www.dailymotion.com/video/xda3k0 … ws?start=1

Bernard Cazeneuve sur RFI : http://www.dailymotion.com/video/xd9yce … ws?start=1

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

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Re: Observatoire de la corruption

Suite de l'affaire de Karachi :

Libération - AFP a écrit:

Ventes d'armes au Pakistan: la police luxembourgeoise met en cause Sarkozy et Balladur

Un rapport policier luxembourgeois étaie les soupçons de rétrocommissions vers la France via une société off-shore créée avec l’aval, en 1994, du ministre du Budget Nicolas Sarkozy, et évoque, sans en apporter la preuve, un financement occulte de la campagne d’Edouard Balladur (lire nos révélations sur ce sujet dans Libération du 26 avril).

Ce rapport rédigé en janvier et révélé mercredi par Médiapart a été réalisé à la demande de juges financiers parisiens qui enquêtent sur un espionnage informatique présumé à la Direction des constructions navales (DCN).

Dans le cadre de cette enquête, les juges Françoise Desset et Jean-Christophe Hullin se sont penchés sur une société luxembourgeoise baptisée Heine et créée en 1994 par la branche internationale de DCN avec l’aval de M. Sarkozy, à l’époque ministre du Budget d’Edouard Balladur.

C’est par cette société off-shore que transitaient une partie des commissions, légales jusqu’en 2000, sur les contrats d’armement, dont la vente de sous-marins Agosta au Pakistan en 1994, susceptible d’avoir servi de mobile à l’attentat de Karachi en 2002.
Rétrocommission

Selon les policiers du Grand-Duché, «une partie des fonds qui sont passés par le Luxembourg reviennent en France pour le financement de campagnes politiques françaises».

«En 1995, des références font croire à une forme de rétrocommission (illégale, ndlr) pour payer des campagnes politiques en France», poursuivent les policiers luxembourgeois.

«Nous soulignons qu’Edouard Balladur était candidat à l’élection présidentielle en 1995 face à Jacques Chirac et était soutenu par une partie du RPR, dont Nicolas Sarkozy et Charles Pasqua», ajoutent les policiers.

Des sources proches du dossier interrogées par l’AFP ont confirmé la teneur du rapport et les indices relatifs aux rétrocommissions mais s’interrogeaient sur les éléments ayant conduit les enquêteurs luxembourgeois à conclure à un financement politique.

Le nom de Heine était déjà apparu dans une enquête préliminaire antérieure à l’information judiciaire visant la DCN: les policiers français avaient trouvé à la DCN une note mentionnant l’aval pour la création de cette société du directeur de cabinet de M. Balladur à Matignon, Nicolas Bazire, et celui de M. Sarkozy, ministre du Budget et porte-parole de la campagne d’Edouard Balladur.

Elle laissait «supposer des relations ambiguës avec les autorités politiques en faisant référence au financement de la campagne électorale de M. Balladur pour l’élection présidentielle de 1995», estimaient dès 2007 les policiers français. Le parquet de Paris n’avait à l’époque pas donné suite.
Fable

Le chef de l’Etat avait qualifié, en juin 2009, de «fable» la thèse d’un financement occulte de M. Balladur. L’ancien Premier ministre a lui aussi fermement démenti tout financement illégal de sa campagne présidentielle de 1995.

Pour l’avocat de six familles de victimes de l’attentat de Karachi, Me Olivier Morice, «ce rapport montre que Nicolas Sarkozy est au coeur de la corruption et qu’il a menti aux familles».

«Nous ne sommes pas en présence d’une fable mais d’un mensonge d’Etat», a estimé l’avocat, ajoutant que «les familles sont indignées et demandent sa démission».

Dans leur rapport, les policiers luxembourgeois relèvent la sophistication des circuits financiers, selon Médiapart, et reconnaissent qu’«il n’existe aucune preuve concrète de corruption».

«Les documents sont tous entièrement vides de noms et les descriptifs des services ou prestations sont vagues», affirment-ils.

(Source AFP)

Re: Observatoire de la corruption

Karachi: l'existence de rétrocommissions illicites confirmée

Par LEXPRESS.fr avec AFP, publié le 18/06/2010 à 13:45

Le juge chargé de l'enquête sur l'attentat de Karachi l'a confirmé ce vendredi.

Le juge Marc Trévidic, chargé de l'enquête sur l'attentat de Karachi en 2002, a confirmé l'existence de "rétrocommissions illicites" en marge du contrat de vente de sous-marins au Pakistan.

C'est ce qu'a indiqué ce vendredi 18 juin l'avocat de parties civiles de l'attentat, Me Olivier Morice, à l'issue d'une réunion avec le juge.

Il a aussi suggéré que Nicolas Sarkozy savait "parfaitement" les motifs qui ont conduit à l'arrêt du versement des commissions versées sur ce contrat, a ajouté l'avocat à l'issue d'une réunion avec les parties civiles.

"La seule piste" crédible est "la piste financière"

"Il est clair qu'au plus haut niveau de l'Etat français on sait parfaitement les motifs qui ont conduit à l'arrêt du versement des commissions", a dit Me Morice.

"Il a confirmé sans équivoque possible l'existence de rétrocommissions illicites en expliquant qu'il démontrait cela notamment par les propres documents internes de DCN", la Direction des constructions navales (DCN) signataire du contrat avec le Pakistan, a ajouté l'avocat.

Les commissions versées sur ce contrat pourraient avoir donné lieu à des rétrocommissions pour financer la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, selon des témoignages et rapports versés au dossier.

Onze salariés de la Direction des constructions navales (DCN), qui travaillaient à la construction de ces sous-marins, ont été tués dans l'attentat contre leur bus le 8 mai 2002 à Karachi.

Selon Me Morice, qui a déposé mardi une nouvelle plainte pour corruption, le juge a aussi confirmé que la "seule piste crédible" envisagée était "la piste financière", à savoir celle de représailles pakistanaises à la suite de l'arrêt du versement de commissions sur le contrat de vente de sous-marins Agosta au Pakistan.

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Observatoire de la corruption

Voici un excellent rappel des méfaits commis par le premier traitre de France.

Une effarante accumulation de scandales autour du pouvoir et de Sarkozy

Médiapart devient un poids lourd dans la révélation des scandales qui entourent le président. Il y a bien sûr l’affaire Karachi, dont on va un peu parler, avec leur livre en plus de leurs révélations, mais il y a tout récemment une autre bombe, ce matin-même à propos de la possible évasion fiscale de Liliane Bettencourt aidée en cela par la femme d’Eric Woerth, sa gestionnaire de fortune, et des liaisons, selon Médiapart, avec l’ex ministre du budget, - il faut rappeler qu’il est aussi trésorier de l’UMP, j’y reviendrai - ainsi qu’une possible intervention élyséenne dans le procès intenté par la fille à sa mère.
Pour bien nous rafraîchir la mémoire faisons une petite liste des quelques indélicatesses :

    * la nuit du Fouquet’s offerte par Desmarais
    * le Paloma (plusieurs centaines de milliers d’euros pour 4 jours) payé par Bolloré
    * Air Bolloré pour le voyage en Egypte
    * la villa à Wolfeboro offerte par des amis de Prada et Tiffany
    * le voyage mexicain dans une villa d’un banquier condamné aux USA pour blanchiment d’argent de la drogue
    * 5 Nissan 4X4 mis à disposition gracieuse pour la famille Sarkozy Bruni à Megève quand on licenciait 20 000 personnes
    * cocktail à New Tork qui a coûté 200 000 €
    * concert payé à Jaunni pour le 14 juillet, l’évadé fiscal et ami du couple présidentiel (1 et quelques millions d’euros)
    * le repas de l’UPM à 1 million d’euros et une douche
    * le salaire de Boutin
    * les 12 000 euros de cigares de Christian Blanc en un an payé par l’Etat, puis contrôle fiscal avec suspicion de dissimulation
    * les repas bi-tri hebdomadaires du chef de l’Etat au Bristol (menu à 200 €) alors qu’il y a un chef payé à l’année à l’Elysée
    * les invitations permanentes des élus UMP à des cocktails, repas, déjeuners, petits déjeuners dîners à l’Elysée par centaines d’invités et par dizaines d’invitations
    * le budget voyage de l’Elysée explosé
    * l’aménagement de Air Sarkozy One plusieurs centaines de millions d’euros
    * le fils Bachelot et son poste dans un organisme dépendant du ministère de sa mère
    * la fameuse affaire de l’Epad
    * le fils Pierre emmené, comme le fils Louis, dans des voyages officiels d’agrément comme le Maroc, le Mexique, l’ONU ou les jeux Olympiques, quand ils n’ont aucune charge de responsabilité politique ni industriel
    * la réservation de la suite junior pour Rama Yade (plus de 600 € la nuit) pour son voyage en Afrique du sud
    * l’affaire des préfets saqués (pour des sifflets et pour crime de lèse pelouse)
    * le coût astronomique des voyages sécurisés du Président de la République, coûts directs et indirects par paralysie des villes
    * les sondages et les rémunérations illégales et énormes des conseillers en « sondagistique » Giacometti et Buisson (enquête refusée par le parlement UMP)
    * déclaration new yorkaise concernant la culpabilité avant procès, procès qui a relaxé Villepin
    * l’affaire Tapie avec 45 millions d’euros d’indemnités
    * conseil donnés au Président de la République par un conseiller du ministère de la justice dans l’affaire Clearstream
    * Président attaquant en justice alors qu’il est protégé par son immunité ce qui crée une distorsion devant la justice et une inégalité certaine et préjudiciable
    * le voyage d’Estrosi en jet privé depuis New York payé par l’Etat,
    * l’appartement de fonction de Fadela Amara illégalement mis à disposition de sa famille
    * Pérol nommé à la tête du regroupement des Caisses d’Epargne et des Banques populaires
    * Richard nommé à la tête d’Orange, Richard condamné pour fraude fiscale, qui a reversé au trésor public 660 000 € en septembre 2007, alors directeur de cabinet du ministère de l’économie (on croit rêver) dont 5 % pour mauvaise foi
    * Michèle Laroque, compagne d’un certain Baroin, ex Chiraquien reconverti, revient d’urgence se fiscaliser en France après une évasion de plusieurs années aux USA dans l’Etat du Nevada le moins fiscalisé,
    * rémunération illégale du Président de la République de septembre 2007 au 31 décembre 2007
    * les légions d’honneur distribuées comme des petits pains aux amis du pouvoir dont le Belge Frère et le Canadien Desmarais, les amis couturiers de Clara, les copains Clavier et Réno…

etc

Venons aux trois gros morceaux.

1- Tout d’abord l’affaire Clearstream. Instrumentalisation de la justice, justice qui passe étrangement à côté d’une certaine Michèle Alliot Marie, ministre de la défense à l’époque des faits, ministre proche de l’espion Rondot, ministre qui donc savait mais n’a même pas été interrogée, ministre étrangement impliquée dans d’autres affaires comme l’affaire Boulin où elle savait avant même que la justice ne rejette pour une troisième ou quatrième fois la demande de révision du procès, les courriers et enveloppes ayant judicieusement disparu en mars 2010. Etrange affaire Clearstream où le principal accusé et accusateur Imad Lahoud avait rencontré de très nombreuses fois un certain Pérol, très proche collaborateur de Nicolas Sarkozy, dont la femme était amie d’une certaine madame Woerth et avait travaillé avec ce même Woerth dans son cabinet (20 minutes) : Imad Lahoud aurait également, selon les policiers, organisé le 25 février 2004, quelques semaines avant l’envoi de listings falsifiés à la justice, une réception à laquelle participait François Pérol, Gilles Grapinet, conseiller de Jean-Pierre Raffarin à Matignon et le beau-frère de Dominique de Villepin, Michel Piloquet.

Plus loin, on apprend que le 5 mai 2005, c’est l’actuel ministre du Budget, Eric Woerth, qu’invite Imad Lahoud, dont l’épouse, Anne-Gabrielle Heilbronner, dirige alors le cabinet. De même, l’actuelle secrétaire d’Etat à l’Economie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet, a partagé à deux reprises avec son époux, à l’époque cadre chez EADS, la table d’Imad Lahoud.

Le rapport révèle enfin que le faussaire présumé a également déjeuné avec Bernard Casanova, alors proche de Bernard Squarcini, l’actuel patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et Brigitte Henri, qui travaillait alors avec le directeur central des Renseignements généraux (DCRG), Yves Bertrand.

On le voit ce cher, très cher Woerth se retrouve partout. Il est évident que dans une démocratie qui se respecte le ministre du budget ne peut en même temps être le trésorier du parti au pouvoir, mais cela est possible en Sarkoland. Ce même Woerth qui est allé en Suisse chercher des financements pendant la campagne électorale d’un candidat, un certain Nicolas Sarkzoy (Le Matin) : Ce 23 mars 2007, Eric Woerth, alors trésorier de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, était venu en ami à Genève. Patrick Devedjian, à l’époque député des Hauts-de-Seine, l’accompagnait. Cette visite en Suisse avait un but : récolter de l’argent pour financer l’« effort de guerre » du candidat de la droite, opposé à sa rivale socialiste, Ségolène Royal. Le comité de soutien UMP Suisse avait vu grand pour accueillir les émissaires de Sarkozy : une réception à l’Hôtel Crowne Plaza en début de soirée, suivie d’une réunion au Caviar House, dans la très chic rue du Rhône, avec le « premier cercle », autrement dit, les donateurs les plus fortunés.

Banquier français amer
« Eric Woerth ne cherchait pas alors à savoir si les chèques qu’on lui remettait étaient prélevés sur des comptes suisses non déclarés au fisc français », raconte un banquier français opérant dans une banque genevoise. S’il parle au « Matin Dimanche » aujourd’hui, c’est qu’il est dégoûté par les « techniques peu glorieuses » employées en ce moment par le même Woerth pour faire plier les évadés fiscaux.

En 2007, les Français ayant placé illégalement leur fortune en Suisse, « pouvaient espérer qu’une fois élu, Nicolas Sarkozy ferait voter une amnistie fiscale, poursuit le banquier désenchanté. Mais le président de la République préfère écouter la rue, qui lui demande de punir les riches. »
[…] Avant de devenir président de la République, Nicolas Sarkozy fut, notamment, avocat d’affaires. A ce titre, il accompagnait des clients à Genève et les introduisait auprès de financiers, rapporte le site Rue89 en date du 2 avril 2009.

2- De ce lourd scandale de Clearstream il faut se souvenir que cela a un lien avec le Luxembourg et au départ avec l’affaire des frégate de Taïwan, Luxembourg qui par sa police a fait savoir qu’elle soupçonnait Nicolas Sarkozy d’être clairement impliqué dans la création de la société Heine qui a reçu les commissions des ventes des sous-marins à Karachi mais également aussi semble-t-il des ventes à l’Arabie saoudite ou a essayé. Cette société a été crée avec l’aval obligatoire du ministère du budget dont Nicolas Sarkozy était le ministre. Mais il n’y a pas que la police qui sait. Il y a aussi un certain Boivin, dirigeant de cette société qui a continué ses activités malgré l’interdiction de toucher des commissions de vente d’arme. Ce même Boivin, selon le Nouvel Obs (papier, de la semaine passée) aurait touché les 8 millions d’euros qu’il réclamait. Il avait envoyé des lettres qui ressemblaient fort à un chantage déguisé à différentes personnalités dont Chirac et Sarkozy. Sarkozy qui parle de fable, mais là c’est du lourd et très lourd. Ce même Boivin a changé de nationalité pour devenir Luxembourgeois. Il aurait déposé dans une banque des documents, une sorte d’assurance vie, qui prouveraient les implications des politiques dans les rétrocommissions en particulier le même montant que l’argent déposé en liquide sur les comptes de campagne d’un certain Edouard Balladur avec pour proche collaborateur un certain Nicolas Sarkozy. Et c’est là où l’on retrouve à nouveau MAM. Libération a pu consulter les documents que s’est procurés la police luxembourgeoise. On ne peut qu’être effaré de ce qu’on apprend : Selon des documents inédits obtenus par Libération, cette société offshore a pu servir à violer la législation anticorruption, au moins jusqu’en 2005. Tandis qu’elle a entretenu, au moins jusqu’en 2009, des relations directes avec les plus hautes autorités politiques françaises - dont l’actuel président de la République. Un rôle étonnant pour une société implantée dans un paradis fiscal et qualifiée de « shadow company » (entreprise de l’ombre) par l’un de ses principaux administrateurs, Jean-Marie Boivin, homme-orchestre des commissions sur les marchés de l’armement.Ainsi, dans une lettre du 29 novembre 2006, le comptable luxembourgeois de Heine, Yves Schmit, s’adresse-t-il à Nicolas Sarkozy, pourtant ministre de l’Intérieur, pour régler un problème capitalistique touchant la société. Et en des termes révélateurs d’un lien de subordination : « Votre lettre du 28 septembre nous est bien parvenue. Mais à ce jour, elle n’a pas été suivie d’effet. Nous n’avons toujours pas reçu d’instruction de la part de l’Etat français » (voir fac-similé ci-dessus).

Deux mois plus tard, le 16 janvier 2007, dans un courrier à en-tête de Heine, Boivin demande à Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Défense, devenue depuis ministre de la Justice, de lui « accorder prochainement un rendez-vous ». Une démarche, semble-t-il, fructueuse. Car selon une décision méconnue jusqu’à ce jour émanant de la Haute cour de justice de l’Ile de Man, un accord a été passé sur cette île le 24 janvier 2009, entre Heine et un « représentant du gouvernement français », avec la participation de deux fleurons de l’armement national, Thales et la DCNS (successeur de la Direction des constructions navales). Il prévoit le versement de 8 millions d’euros d’honoraires à Jean-Marie Boivin. Pour prix de son silence ?

Tutelle. Si MAM n’est que l’un des nombreux interlocuteurs de Heine, et pas forcément le plus assidu, son cas soulève un conflit d’intérêt. En 2007, elle intervient comme ministre de la Défense, alors que la DCNS appartient à 74% à l’Etat. Deux ans plus tard, elle est mutée à la Justice, tutelle d’un parquet qui freine des quatre fers une enquête pénale visant les relations entre Heine et la DCNS…

Cette affaire est sans doute un des plus gros scandale que la France ait eu à connaître. Non seulement à l’époque des faits des ministres semblent y être impliqués, mais encore aujourd’hui. Les postes dont dépend la justice sont verrouillés. On oublie toujours un autre acteur majeur et pourtant il faut que cela se sache. Il s’agit d’un certain Hervé Morin. A l’époque des faits il est directeur de cabinet de François Léotard, qui l’a impliqué, ministre de la défense. Il ne pouvait évidemment pas ignorer les transactions en cours pour les ventes d’armes. Il était de fait impliqué. Et jusqu’au cou. Il faut également se souvenir de ce fait qui ajoute à son déshonneur. Il semblerait qu’en février 2007, en pleine campagne présidentielle, se disant le soutien de François Bayrou, il aurait négocié sa place de ministre de la défense - à la lumière de cette affaire de Karachi on peut comprendre qu’il avait une monnaie d’échange - auprès de Sarkozy. De nos jours, ce même Morin est ministre de la défense. Il bloque la transmission aux juges chargés de l’enquête, juges qui avec courage s’acharnent à découvrir la vérité, des documents essentiels classés secret défense. Avec les deux postes clés, celui de la justice - on retrouve à nouveau MAM, l’épargnée du procès Clearstream, à nouveau en première ligne - et celui de la défense, détenus par des ministres qui n’ont d’autre choix que de ralentir sinon arrêter le chemin vers la vérité, on ne peut qu’être inquiet de savoir si cela va aboutir, sachant qu’en plus ce n’est rien de moins que le Président de la République qui semble impliqué. Ce dernier peut toujours parler de fable, mais la police luxembourgeoise, les documents saisis, la pugnacité de l’avocat des familles, et le semble-t-il séreux des juges d’instruction finiront peut-être à ce que ce qui semble être une triste et épouvantable réalité soit enfin dévoilée.

3- Après le scandale de niveau supérieur de Clearstream où la justice a été instrumentalisée avec la bonne volonté du procureur Marin, peut-être pour cacher l’autre immense scandale, celui de Karachi, voici un troisième scandale, celui révélé par Médiapart : Stupéfiant rebondissement dans l’affaire Liliane Bettencourt. La fille unique de la milliardaire, convaincue que sa mère est dépouillée de ses biens, a transmis à la police judiciaire des enregistrements pirates de conversations entre l’héritière de L’Oréal et ses principaux conseillers. Ces documents audio, dont Mediapart a pris connaissance, révèlent diverses opérations financières destinées à échapper au fisc, des relations avec le ministre Eric Woerth et son épouse, ainsi que les immixtions de l’Elysée dans la procédure judiciaire. Il faut savoir que la fille accuse la mère ou plutôt accuse un photographe d’avoir dépouillé la mère de près d’un milliard d’euros. Or madame Woerth est la gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt. Il y a là peut-être danger pour elle. Sans compter que dans cet article du Post on liste le nombre inimaginable de sociétés dans des paradis fiscaux appartenant à cette même fortunée dame conseillée pour ce faire par la femme de l’ex-ministre du budget, responsable de la lutte contre la fraude fiscale.

En conclusion, on retrouve souvent les mêmes : MAM, Pérol, Woerth, Morin et bien évidemment Nicolas Sarkozy. Dans n’importe quel pays démocratique cette invraisemblable accumulation de petits et gigantesques scandales aurait déclenché une explosion du pouvoir.


Maintenant, nul ne peut plus ignorer le caractère fondamentalement délictuel et criminel du quarteron d'ennemis du peuple au pouvoir. Et naturellement, les medias amis font l'impasse maximum sur tous ces aspect du régime de Nicolas Sarkozy.

Cette clique devra être jugée en temps voulu par les tribunaux pénaux.

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Re: Observatoire de la corruption

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Last edited by OZ (09-07-2011 12:00:26)

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Re: Observatoire de la corruption

http://www.dailymotion.com/video/xdrf7j … tart%3D275

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

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Re: Observatoire de la corruption

@Gambetta : Sans vouloir minimiser la portée des scandales évoqués par Mediapart, donc beaucoup sont bien réels, le passage qui mêle Clearstream, Taïwan, Karachi, Heine & Boivin, MAM, Morin et Sarkozy me semble être, après une ou deux lectures, un gros, gros délirium. Pour connaître un peu ces sujets, y'a du pétage de plombs dans l'air.

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Re: Observatoire de la corruption

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Last edited by OZ (09-07-2011 11:53:50)

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Re: Observatoire de la corruption

Diantre, en ce moment c'est l'effervescence au Canard !


http://www.lemonde.fr/societe/article/2 … _3224.html

La nouvelle présidente de la Halde, Jeannette Bougrab, a fait voter début mai par le collège de l'instance de lutte contre les discriminations une délibération visant à doubler son indemnité mensuelle, qui passe de 6 900 à 14 000 euros, selon Le Canard enchaîné à paraître mercredi 23 juin.

L'hebdomadaire précise que cette délibération, en date du 3 mai et qui ne figure pas sur le site de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité, a été votée sous le titre de "Modification de règlement de gestion des professionnels". Toujours selon Le Canard enchaîné, la présidente de la Halde bénéficiera également d'une indemnité de résidence.

Jeannette Bougrab, 36 ans, a été nommée présidente de la Halde par un décret du 16 avril du président de la République, Nicolas Sarkozy. Créée par la loi du 30 décembre 2004, la Halde bénéficie d'un budget annuel de 11,9 millions d'euros et emploie 87 personnes. Elle était présidée depuis sa création par Louis Schweitzer dont le mandat est arrivé à échéance le 8 mars.

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

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Re: Observatoire de la corruption

C'est le festival... un salaire déjà relativement élevé qu'elle multiplie par 2 !

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Re: Observatoire de la corruption

L'intéressée dément : http://www.lemonde.fr/societe/article/2 … _3224.html

Re: Observatoire de la corruption

http://videos.tf1.fr/jt-20h/royal-au-20 … 01765.html

Interview de Ségolène Royal où elle revient sur les différents scandales qui parsèment actuellement l'actualité.

Eh bien, ma foi, je trouve que cette fois, elle s'est fort bien exprimée. Elle a raison de rappeler la définition de Montesquieu du terme de "corruption" (confusion des biens publics et privés, perte du sens du bien commun, et totale impunité) de rappeler les règles de l'engagement public, de relier cette impunité à la dureté de l'administration lorsque des formalités n'ont pas été respectées par de petits commerçants ou artisans...

Elle a de plus très bien géré le caractère manifestement favorable au gouvernement de Laurence Ferrari.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: Observatoire de la corruption

Les leçons de morale d'une mitterrandienne pure souche, lol.

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Re: Observatoire de la corruption

Greg a écrit:

http://videos.tf1.fr/jt-20h/royal-au-20 … 01765.html

Interview de Ségolène Royal où elle revient sur les différents scandales qui parsèment actuellement l'actualité.

Eh bien, ma foi, je trouve que cette fois, elle s'est fort bien exprimée. Elle a raison de rappeler la définition de Montesquieu du terme de "corruption" (confusion des biens publics et privés, perte du sens du bien commun, et totale impunité) de rappeler les règles de l'engagement public, de relier cette impunité à la dureté de l'administration lorsque des formalités n'ont pas été respectées par de petits commerçants ou artisans...

Elle a de plus très bien géré le caractère manifestement favorable au gouvernement de Laurence Ferrari.


Au fait, elle les a payé finalement ses assistants à la région Poitou-Charentes ?

Il n'y avait pas eu un scandale aussi sur ses frais de coiffure et d'habillement durant la campagne présidentielle ? J'ai une mauvaise mémoire

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Observatoire de la corruption

Et avec quoi est-ce qu'elle a payé sa dernière opération de chirurgie esthétique, hein ?

"It's better to burn out than to fade away".
Joseph Goebbels ou Neil Young ?

Re: Observatoire de la corruption

D'après la "Tribune de Genève" de ce matin, quelques banquiers suisses rancuniers seraient tout prêts à "balancer", au détriment de certaines personnes "qui le valent bien". Affaire à suivre...

It is always a silly thing to give advice, but to give good advice is fatal. - Oscar Wilde

Re: Observatoire de la corruption

Voici l'article de La Tribune de Genève ou des banquiers suisses commencent à balancer et Eric Woerth et surtout sa femme Florence :
http://www.tdg.ch/actu/economie/genevag … 2010-07-01

Re: Observatoire de la corruption

On apprend que le comptable de Bettencourt retirait 50 000 € de liquide chaque semaine pour le distribuer. Les medias disent qu'il est très probable que ça allait dans les poches de politiciens.

J'aimerais bien savoir comment le gouvernement compte s'y prendre la semaine prochaine pour repousser avec la même violence et la même mauvaise foi que cette semaine les attaques du PS à l'Assemblée.

Attendons de lire les carnets du comptable, et mangeons du pop-corn, y a gros feuilleton de l'été.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Observatoire de la corruption

Tiens, ça faisait longtemps qu'on n'en parlait plus dans les medias. C'est pourtant la plus grosse affaire de corruption concernant Nicolas Sarkozy.


Les comptes de campagne de Balladur dans l'enquête Karachi

 

PARIS (AP) — Les rapporteurs du Conseil constitutionnel qui ont examiné en 1995 le compte de campagne d'Edouard Balladur avaient proposé de le rejeter en l'absence de justificatifs à propos d'un versement d'un peu plus de 10 millions de FF en espèces, selon un document provenant de l'enquête sur le volet financier de l'attentat de Karachi dont l'AP a pu prendre connaissance. Le Conseil constitutionnel, présidé par Roland Dumas, avait au final approuvé le compte de campagne.

Le 5 septembre 1995, Edouard Balladur, Premier ministre de 1993 à 1995 et candidat à la présidentielle, a été interrogé par trois rapporteurs du Conseil constitutionnel sur l'origine d'un versement en espèces de 10.250.000 FF. Effectué le 26 avril 1995, dans une agence du Crédit du Nord, sur le compte du mandataire de sa campagne, ce versement était dépourvu de tout justificatif et représentait 77,5% des recettes en espèces.

M. Balladur "ne sait manifestement pas quelle argumentation opposer aux questions de vos rapporteurs", écrivent ces derniers dans leur rapport dont des extraits ont été retranscrits par les enquêteurs dans un procès-verbal. Dans un premier temps, il a justifié ce versement par les dons des personnes physiques. Puis, il a assuré qu'il provenait de la vente de gadgets, tee-shirts, effectuée lors des manifestations.

"Il prétend que les sommes auraient été accumulées dans un coffre-fort et déposées sur le compte bancaire globalement à la fin de la campagne, pour éviter les transports de fonds", notent les rapporteurs. Ceux-ci relèvent que le compte bancaire de l'association de financement de la campagne de M. Balladur a fait l'objet de 22 versements entre le 13 mars et le 24 avril 1995 pour un montant de 2.758.662 FF. "On voit d'ailleurs mal un ancien ministre des Finances endetté pour 31 millions de FF laisser dormir jusqu'à dix millions dans un coffre au lieu de les placer pour récupérer quelques intérêts".

Sur ces versements en espèces, les rapporteurs soulignent que "d'autres candidats ont fourni des relevés très détaillés des recettes collectées lors des manifestations, en indiquant, pour chaque manifestation, le montant obtenu". L'importance de la somme versée en espèce "rend plus impérative, à la fois pour le candidat et le Conseil constitutionnel, la présence de justificatifs".

"Si on peut accepter, pour les sommes déposées par échelonnements réguliers entre le 13 mars et le 24 avril, l'explication du candidat, même dépourvue de justificatifs, selon laquelle ces sommes proviendraient de ventes et quêtes lors de manifestations, il n'en va pas de même pour la somme de 10.250.000 francs dont l'origine n'est accompagnée d'aucun commencement de preuve", estiment-ils avant de proposer le rejet du compte de campagne.

Interrogé sur cette somme de plus de 10 millions de FF par la mission parlementaire sur l'attentat de Karachi, M. Balladur avait déclaré qu'elle provenait "de la collecte de fonds à la sortie des meetings". AP

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Observatoire de la corruption

Comment le parquet veut enterrer une autre affaire de corruption concernant Sarkozy. Ahhh le bon parquet français, l'avocat du pouvoir, doux avec les puissants, dur avec les faibles... C'est INADMISSIBLE. Je crois qu'il va être temps, avec cette grève reconductible, de donner une bonne leçon à ce pouvoir sans foi ni lois, sans scrupule ni vergogne.

Karachi : enquête pour corruption lancée, Sarkozy dans le viseur

On comprend pourquoi Nicolas Sarkozy voulait supprimer le juge d’instruction. Ces dernières semaines la comparaison entre les procureurs, notamment Marin et Courroye, et les juges d’instruction, notamment Prévost Desprez et Van Ruymbeke, est instructive tant on pourrait parler de la nuit et du jour. Marin a voulu enterrer l’affaire Karachi, est intervenu publiquement dans l’affaire Clearstream après avoir fait un tour au château, a changé d’avis contre Villepin, et veut encore enterrer le Karachi gate, Courroye lui a jeté aux oubliettes l’abus de faiblesse de la veuve dorée, a jeté aux oubliettes les emplois fictifs de la mairie de Paris alors que Juppé a été condamné pour ces faits, tente d’enterrer l’affaire (les affaires) Woerth. Revenons à cette information qui dans une démocratie saine et juste ferait sauter le pouvoir actuel tant les révélations sont tragiques et scandaleuses. Cette information brute est la suivante : le juge van Ruymbeke va enquêter dans l’affaire Karachi sur le volet de corruption, autrement dit les rétrocommissions retournées en France et la campagne d’Edouard Balladur financée par celles-ci.

On savait depuis plus d’un an que le juge Trévidic s’étant intéressé à une autre piste que celle suivie par le juge Bruguières, candidat UMP aux législatives, il faut le rappeler, qui accusait Al Qaida alors qu’un rapport nommé Nautilus privilégiait une toute autre piste, on savait donc que l’attentat de Karachi pouvait provenir de l’arrêt, voulu par Chirac arrivé au pouvoir, du versement des commissions pour assécher les sources de revenus de Balladur. Cet arrêt aurait donc déclenché une sorte de réactions en chaîne en en étant le catalyseur. Il ne s’agit pas ici de s’étendre, l’information est ailleurs, sur cet attentat (sans pour autant oublier que ce fut une tragédie), mais juste d’éclairer un point. Pourquoi attendre 2002 pour perpétrer l’attentat quand les commissions furent stoppées à partir de 1995 ? Ce délai en fait est parfaitement explicable par une suite d’événement dont deux majeurs proches de ce 2002 : l’arrêt des financements par l’ISI des groupuscules mafieux et terroristes, et la poursuite judiciaire de hauts gradés pakistanais. Ces groupes se sont retrouvés dépouillés, plus de revenus et ont alors décidé, seulement à ce moment-là, de racler les fonds de tiroirs (grands tiroirs avec grand fond) et de lancer des appels pressants vers tous ceux qui avaient eu l’étrange idée (pour eux) de cesser les versements. Ce qu’ils pouvaient accepter (attendre ou se passer de ces extras) quand les bakchichs coulaient à flots, ils ne l’ont plus accepté et on fait des menaces mises à exécutions après la réélection de l’ami de Delanoë.

L’information primordiale est donc la suivante (Le Figaro) : Renaud van Ruymbeke va contre l’avis du procureur, qui jugeait les faits prescrits. Le juge d’instruction financier a décidé, mercredi, de se saisir des investigations sur le versement de quelque 84 millions d’euros de commissions destinées à des officiels pakistanais. Cet argent pourrait être revenu pour partie en France et avoir servi à financer la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995, selon les éléments recueillis lors d’une enquête préliminaire de police.

Il faut noter aussi ceci : Selon les documents saisis au Luxembourg, Nicolas Sarkozy serait à l’origine de la création de deux sociétés créées pour recevoir les commissions litigieuses. Le président français a contesté toute implication dans l’affaire et a parlé publiquement de « fable » « ridicule » et « grotesque ».

Tout est parti de l’enquête menée par le juge antiterroriste Marc Trévidic, sur l’attentat du 8 mai 2002 à Karachi, où furent tuées 15 personnes, dont 11 ingénieurs et techniciens français de la DCN travaillant à la construction des sous-marins Agosta. La piste islamiste évoquée initialement a été abandonnée, les suspects ayant été blanchis au Pakistan. Divers renseignements, mais aucune preuve, laissent penser que l’armée pakistanaise aurait commandité l’attentat en représailles du non versement de ces pots-de-vin.

Il y en a au moins un qui ne va pas lâcher le morceau. Il s’agit de l’avocat Morice, celui qui a fait des misères à la France et à Djibouti dans l’affaire Morel. Il avait déjà accusé publiquement Sarkozy d’être au centre de la corruption. Il récidive (Le NouvelObs) : Il déclare avoir eu accès au rapport préliminaire du juge Renaud Van Ruymbeke, qui enquête sur le volet financier de cette affaire de vente de sous-marins au Pakistan en 1994 qui pourrait avoir un lien avec l’attentat qui a coûté la vie à 11 salariés français de la Direction des constructions navales (DCN), en 2002 à Karachi.

S’appuyant notamment sur l’enquête interne de la Direction des constructions navales (DCN) et au rapport des rapporteurs du Conseil constitutionnel sur les comptes de campagne d’Edouard Balladur pour la présidentielle de 1995, Me Morice a lancé : "Nous avions des interrogations, nous avons désormais des certitudes".

De ces documents, il conclut que la version de l’affaire qui a été "soutenue au plus haut sommet de l’Etat" - à savoir que les accusations de corruption étaient "une tentative de manipulation contre Nicolas Sarkozy" - vole en éclat. "Le président de la République est au coeur de la corruption mise en place", a-t-il au contraire assuré. Selon lui, l’intermédiaire Ziad Takkiedine a été imposé "par le pouvoir politique" et Asif Ali Zardari (le président pakistanais, ndlr) a été "corrompu".

"Nous accusons Nicolas Sarkozy et Edouard Balladur d’avoir menti aux familles des victimes", a-t-il poursuivi. "Nous n’avons jamais affirmé que Nicolas Sarkozy était complice de l’assassinat de nos ressortissants", mais que "Nicolas Sarkozy et Edouard Balladur sont au coeur d’un système de financement politique".

Le juge a donc du biscuit pour poursuivre son enquête. Particulièrement ceci : Le nom du porte-parole de cette campagne, Nicolas Sarkozy, ministre du Budget du gouvernement Edouard Balladur entre 1993 et 1995, figure dans des documents saisis par des policiers luxembourgeois lors de leur enquête au Grand-Duché avant l’été.

Les policiers français ont, eux, saisi des pièces au Conseil constitutionnel montrant que des rapporteurs avaient recommandé le rejet des comptes de campagne d’Edouard Balladur, en raison de paiements en espèces sans justificatifs de 2 millions d’euros, a indiqué la même source judiciaire, jeudi. Edouard Balladur prétend que l’argent provenait de dons de militants dans les meetings.

Si Sarkozy parle de fable, c’est bien celle de Balladur qui dirait que des militants lors des meetings ont tous, pas quelques uns, mais tous versé leur obole avec des grosses coupures (pas finies de sécher ?). De qui se moque-t-il sa suffisance ? Il a osé raconter à la commission parlementaire composée de parlementaires un peu benêts et pas trop regardant quant aux explications foireuses de monsieur Je-vous-demande-de-vous-taire qu’ils avaient d’abord changé les piécettes dans une (des) première(s) banque(s) en gros billets avant de déposer ces dernier dans la banque du nord où était son compte bancaire de campagne. Quel est l’imbécile qui ne dépose pas directement les fonds dans sa banque et qui passe par une autre banque ? Cela ne tient pas debout une seule seconde. Par ailleurs on a remarqué que la trésorerie de Heine s’est vidée de la même somme déposée par les militants généreux du candidat Balladur quelques quarante-huit heures après (délai approximatif j’ai la flemme de retrouver le délai exact).

Au château c’est l’incendie. On envoie Marin avec sa lance à tout éteindre et il va faire appel de la décision de van Ruymbeke. Il parle de cette fameuse prescription. Remarquez que la prescription c’est très utile. C’est ce que va nous sortir Courroye dans l’affaire Woerth, et dans le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy supposée par des très grosses enveloppes kraft (quoique 150 000 € cela ne fait jamais que 300 billets de 500 euros et un billet ce n’est pas épais). Et si vous avez bien lu le fameux rapport du président de l’IGF vous aurez remarqué que nombres affaires n’ont pu être poursuivies pour cause de prescription et là c’est du gâteau : vous gardez sous le coude le temps qu’il faut l’affaire et bingo, elle passe à la trappe par ce jeu qui est à tout les coups l’on gagne : prescrit, et hop youp-la boum plus de fraude ! Ce même Marin avait déjà jugé qu’il n’y avait pas matière à poursuivre. Cela ne semble pas être l’avis du juge. Comme c’est étrange, un juge d’instruction indépendant du pouvoir qui, comme avec Prévost Desprez, trouve ce que nos procureurs ne trouvent pas. Nos procureurs ressemblent, la sympathie en moins mais le pouvoir en plus, à la mère Denis qui lave plus blanc avec ses mains calleuses et sa batte à battre le linge.

Selon Morice, le pouvoir a peur : La position du parquet de Paris "s’apparente à une entrave à la manifestation de la vérité", a dénoncé l’avocat. Cette décision démontre, selon lui, que "le pouvoir a peur".

Et de conclure que "c’est la première fois en France que l’on trouve une affaire qui mêle scandale politique avec la mort de nos ressortissants". "Nous sommes confrontés à un mensonge d’Etats, Etats avec un ’s’", souligne-t-il. Lors de sa visite à Paris, le président pakistanais Zardari a soutenu que l’attentat de Karachi était "un peur acte de terrorisme" qui "n’avait rien à voir avec les contrats".


Si vous vous souvenez, parmi les arguments des sarkozyako-balladurien (hormis l’insulte aux victimes du ricanement odieux de Nicolas Sarkozy à Bruxelles tout en les désignant par des « trucs comme ça » - par parenthèse, la grande transparence élyséenne a supprimé le passage de la vidéo présente sur le site du château - ), il y avait l’imparable : la commission a validé les comptes de campagne. Or voici la vérité déjà énoncée plus haut : Les policiers français ont, eux, saisi des pièces au Conseil constitutionnel montrant que des rapporteurs avaient recommandé le rejet des comptes de campagne d’Edouard Balladur, en raison de paiements en espèces sans justificatifs de 2 millions d’euros, a indiqué la même source judiciaire, jeudi. Edouard Balladur prétend que l’argent provenait de dons de militants dans les meetings.

A l’époque le président du conseil constitutionnel s’appelait Roland Dumas, l’ami de l’amie d’Elf, amateur de belles pompes. Evidémment cela ne laisse pas de glace l’actif Morice : L’avocat veut savoir "par quel tour de passe-passe les comptes de campagnes de Balladur ont été validés". Aussi demande-t-il à être reçu par le président du Conseil constitutionnel Jean-Louis Debré "pour des explications" concernant la validation des comptes de campagne d’Edouard Balladur. L’avocat rappelle qu’à l’époque le président du Conseil constitutionnel était Roland Dumas. Il s’interroge sur "la question d’un deal entre Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac", qui vient alors d’être élu à l’Elysée.


Voilà exit cet argument. Il n’en reste plus lourd.

Un conseil, lisez avec attention le renvoi du juge van Ruymbeke du 7 octobre 2010. Il est sur le site du Nouvelobs. Il ne s’agit plus de ragots, de bruits de couloir, de médisances. Il s’agit d’un rapport circonstancié de 7 pages qui conclut à la suite d’enquêtes préliminaires à ce qu’il y ait matière à poursuivre le volet corruption et rétro-commission et donc que la plainte des familles des victimes est recevable.

Un petit mot à ceux qui crient au scandale décrétant que des documents judiciaires se retrouvent dans la presse et que c’est là le plus gros scandale et non les affaires en elle-mêmes. Ces cris d’orfraie ne peuvent résonner ici. En effet il s’agit d’une notification du juge adressé à maître Olivier Morice , notification qui n’est pas une pièce occulte de l’instruction et qui devient la propriété de la personne qui la reçoit et peut librement en communiquer le contenu, et ce en toute légalité.

On y apprend des éléments éminents. En particulier que l’enquête préliminaire à la demande de Marin démontre, grâce à des témoignages concordants qu’il ya bien eu des commissions (Marin a donc en toute connaissance de cause voulu enterrer l’affaire). La DSN, preuve magistrale, a même fourni les ordres de virement (25.659.975 € en 1995 et 3.811.514 € en 1996). Tout comme deux intermédiaires (Takkiedine et El Assir) dont les commissions vont venir se sur-ajouter aux commissions déjà prévues. Ces deux intermédiaires , sulfureux et mafieux selon les termes du mémorandum, très proches du gouvernement français et pakistanais ont été recommandés (mai 1994) par Donnedieu de Vabres (vous savez celui qui a touché une chèque de Bettencourt à la place de l’UMP) et par Léotard ministre de la défense avec pour directeur de cabinet un certain Hervé Morin. La particularité de ces commissions est qu’elles ne seront pas versées au fur et à mesure des paiements par le gouvernement pakistanais comme le veut la règle habituelle et la logique économique tout autant que financière mais d’avance et pour une large part ! En ce qui concerne les déclarations de Balladur sur le versement sur ses comptes, elle est démentie par les relevés de banque indiquant entre le 13 mars et 24 avril 22 dépôts en espèces pour un montant total de 13.229.504 francs dont un dépôt unique (! !) et en compte rond de 10.150.000 FF. Enfin le juge van Ruymbeke répond aux deux éléments du procureur Marin qui concluiait à la prescription et à l’irrecevabilité partielle de la plainte car sans causalité entre la corruption et les dommages subis. Or la corruption, l’arrêt des versements sont directement liés ou peuvent être directement liés à l’attentat et donc aux dommages subis par les victimes. Quant à la prescription, la date de référence est le 28 octobre 2008 lors de la mise à connaissance des victimes du rapport Nautilus. De plus le recel étant un délit continu, il n’y a pas de prescription.

Cette affaire est une des affaires majeures de ce pouvoir. Il implique la justice, des ministres, un ancien Premier Ministre, l’actuel Président de la république, l’ancien président du Conseil constitutionnel, le procureur Marin, l’actuel ministre de la défense, et bon nombre de membres de l’UMP actuelle.

Tout est à vomir dans cette histoire : trafic d’influence, corruption passive et active, abus de bien, financement illicite d’une campagne présidentielle avec attaque directe de la démocratie, de la moralité, de la justice, avec la possible complicité active de procureurs de la République se démenant pour enterrer cette affaire, dont un certain Marin de qui on attend qu’il attaque maître Morice, tout comme nous attendons avec impatience que Nicolas Sarkozy poursuive en diffamation et dénonciation calomnieuse, lui qui attaque pour un sms et engage la puissance du contrespionnage - à la tête duquel il a placé deux de ses amis, dont l’un évite la justice à son fiston qui insulte les force de l’ordre et fait un beau désordre, saoul, sur la voie publique - pour savoir d’où viennent les bruits de basse-cour concernant son couple, maître Morice qui par plusieurs fois l’a accusé d’être au centre de la corruption. même punition pour Balladur qui ne dit mot. N’oubliez pas non plus qu’en plus de financer des mafieux, de corrompre, ces sous-marins ont été vendus à perte. Ce qui veut dire en d’autres mots que ce sont les Français qui ont payés de leur poche des commissions à des individus louches et corrompus, pour lesquels la vie d’un homme n’a strictement aucune espèce de signification, que le seul dieu est le veau d’or, des commissions qui sentent la mort et dont une partie est revenue, sans doute, en France pour financer la candidature honteuse d’un homme politique avec la complicité du ministre du budget de l’époque, porte-parole de sa campagne et grand manitou. N’oublions jamais qu’il y a au bout de ces corruptions toute une chaîne de mort, les groupes mafieux qui avec cet argent ont assassiné combien d’innocents avec des armes financées et des munitions financées, et des véhicules financés par cet argent qui sent le sang, ces mêmes salopards qui ont ôté la vie à quatorze personnes.

Un seul mot à van Ruymbeke : courage !

Last edited by Gambetta (08-10-2010 18:33:29)

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Observatoire de la corruption

Eh oui, avec les affaires sur les rétrocommissions de Karachi, l'affaire Woerth-Sarkozy, l'affaire Malakoff-Mederic dans la réforme des retraites, nous passons pour une Ripoublique bananière.

Lutte contre la corruption :
la France perd des points

Par lefigaro.fr
26/10/2010 | Mise à jour : 15:16 Réactions (21)
Les pays les plus corrompus de la planète, selon l'ONG Transparency International, sont la Somalie, l'Afghanistan et l'Irak. Parmi les plus vertueux figurent le Danemark, la Nouvelle-Zélande et Singapour.

Au classement des pays corrompus, la France a régressé. Selon le classement établi par Transparency International, elle a perdu encore une place. Elle a cédé six places depuis 2007. Elle se classe désormais au 25e rang avec une note de 6,8 sur 10, sur 178 pays. Soit «derrière de nombreux pays européens tels que la Suède (4e), les Pays-Bas (7e), l'Allemagne (15e) et le Royaume-Uni (20e)». Mais elle devance l'Espagne (30e), le Portugal (32e), l'Italie (69e) et la Grèce (78e).

Sur l'ensemble des pays d'Europe de l'Ouest, La France se classe 14e. Depuis 1995 et la création de ce classement annuel, réalisé à partir de différentes enquêtes auprès d'hommes d'affaires et de spécialistes, elle n'a jamais fait mieux que la 18e place mondiale (1995, 2005 et 2006). Pour 2010, elle ne fait néanmoins pas partie des pays pour lesquels l'ONG pointe une «détérioriation» de la situation sur un an, parmi lesquels on compte notamment les Etats-Unis, la République tchèque, l'Italie et la Grèce.

Le Danemark, la Nouvelle-Zélande et Singapour forment le trio de tête des pays les moins corrompus, avec un indice de confiance de 9,3. La Somalie arrive en dernière position (178e), avec une note de confiance de 1,1, tandis que la Nouvelle-Zélande, le Danemark et Singapour se placent en tête du classement avec 9,3. Parmi les mauvais élèves, ex-aequo la Birmanie et l'Afghanistan (1,4), précédés par l'Irak (1,5).

Transparency International a mené des études auprès d'entreprises et d'experts afin d'y mesurer l'indice de perception de la Corruption (IPC) affectant l'administration publique et la classe politique.

«Ces résultats montrent que des efforts beaucoup plus importants doivent être accomplis pour renforcer la gouvernance dans le monde. Lorsque la survie d'un si grand nombre de personnes est en jeu, les engagements des gouvernements en faveur de la lutte contre la perception, la transparence et la redevabilité doivent se traduire par des actes concrets», souligne Transparency International.

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Observatoire de la corruption

Petite surprise pour les sarkozistes "non-liseurs de dépêches" hahahahahaha

Deux nouveaux éléments : plaintes sur l'affaire de des sondages payés sans ouverture de marché public à des amis du Président, plainte contre Accoyer qui refuse de diffuser les verbatim de la commission parlementaire sur l'affaire de Karachi.

Je crois vraiment que Sarkozy devrait démissionner. Trop c'est trop.

Sondages de l'Elysée : nouvelle plainte de l'association Anticor

10.11.2010, 15h56 | Mise à jour : 16h54

Les sondages de l'Elysée font encore parler d'eux. Lundi, c'est le député socialiste Jean Launay qui estimait qu'une partie des sondages de la présidence de la République était payée par Matignon.
Mercredi, c'est l'association Anticor qui annonce son intention de déposer une plainte avec constitution de partie civile dans l'affaire dite «des sondages de l'Elysée», confiés sans appel d'offres à une société dirigée par Patrick Buisson.

L'association, dont le président d'honneur est le magistrat Eric Halphen, va ainsi déposer une nouvelle plainte contre X pour «prise illégale d'intérêts», cette fois directement entre les mains du doyen des juges d'instruction parisiens, a annoncé l'avocat d'Anticor, Me Jérôme Karsenti. Fin octobre, le parquet de Paris avait classé sans suite début novembre une première plainte d'Anticor pour «délit de favoritisme».

Un marché d'environ 1,5 million d'euros

Dans le viseur de l'association, une convention passée en 2007 entre l'Elysée et la société de l'ancien journaliste Patrick Buisson, Publifact, portant sur la fourniture d'enquêtes d'opinion pour un montant d'environ 1,5 million d'euros. C'est la Cour des comptes qui avait mis au jour, en juillet 2009, cette convention passée, selon elle, sans qu'«aucune des possibilités offertes par le code des marchés publics pour respecter les règles de la mise en concurrence (...) n'ait été appliquée».

Le parquet de Paris avait classé sans suite la première plainte d'Anticor au motif que l'irresponsabilité pénale dont jouit le chef de l'Etat «doit s'étendre aux actes effectués au nom de la présidence de la République par ses collaborateurs», selon l'avis de classement. Selon le parquet, la signataire à l'Elysée de cette convention, l'ancienne directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy Emmanuelle Mignon, «n'a juridiquement aucun pouvoir en propre, (elle) n'a pas de pouvoir personnel, même en cas de délégation de signature».

Cette affaire avait alors provoqué un tollé de l'opposition, les députés socialistes avait demandé la création d'une commission d'enquête. Une initiative abandonnée fin janvier, les députés PS, dénonçant le fait que l'UMP ait «tronqué» son champ d'investigation en excluant explicitement les dépenses de l'Elysée.

Comme vous pouvez le voir, je suis mon fil et je verse à ce dossier les éléments nouveaux démontrant la corruption endémique du sarkozysme.

Karachi/refus d'Accoyer: "inacceptable"
AFP
10/11/2010 | Mise à jour : 17:35
Les députés communistes ont jugé aujourd'hui "inacceptable" le refus du président de l'Assemblée Bernard Accoyer de communiquer au juge enquêtant sur l'attentat de Karachi les auditions des personnes entendues par la mission d'information parlementaire.

"Cette attitude ne peut que renforcer les soupçons quant aux tentatives du président de la République et de sa majorité d'étouffer la vérité sur l'attentat du 8 mai 2002" qui a fait 15 morts dont 11 salariés français de la Direction des constructions navales, écrit dans un communiqué Roland Muzeau, porte-parole des députés communistes.

Dans un courrier au juge d'instruction Marc Trévidic, le président de l'Assemblée a affirmé qu'il ne pouvait pas transmettre les auditions réalisées en 2009 et 2010 par la mission parlementaire sur l'attentat pour "des raisons constitutionnelles", au nom du "principe de la séparation des pouvoirs".

Parmi les 62 personnes auditionnées dans le cadre de cette mission d'information sur l'attentat figurent l'ex-premier ministre Edouard Balladur et plusieurs anciens ministres de la Défense. "Les familles des victimes ont droit à toute la vérité. (....) Bernard Accoyer n'est pas au dessus des lois. Il doit accéder à la requête de la justice sous peine de sembler vouloir entraver les nécessaires investigations qu'elle doit mener", ajoute M. Muzeau.

Des parties civiles dans l'enquête sur l'attentat de Karachi ont annoncé mercredi leur intention de porter plainte pour "entrave à la justice" contre le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, qui a refusé de transmettre à la justice le contenu d'auditions parlementaires.

Last edited by Gambetta (10-11-2010 18:34:56)

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Observatoire de la corruption

Gambetta a écrit:

Je crois vraiment que Sarkozy devrait démissionner. Trop c'est trop.

Envoie-lui un courrier avec les articles plus tes arguments, ça devrait le convaincre ! ;-)

Quand on post on raconte pas sa vie.

Re: Observatoire de la corruption

Oui, et surtout n'oublie pas le RAR!  ;-) Comme ça il sera obligé d'aller à la poste... :imotion13:

Last edited by zaza's birthday (10-11-2010 23:31:57)

"Rédupliquer, c'est être ce qu'on dit." (S.Kierkegaard)

Re: Observatoire de la corruption

Une autre affaire dont il n'a été parlé nulle part à part dans l'express et qui pourtant est assez troublant.
Un "carroussel de TVA" - c'est à dire une tactique consistant à acheter dans un pays sans TVA et à facturer avec TVA sans la payer (en réalisant une faillite frauduleuse) et donc en empochant 19,6% au passage - avec une réaction très tardive de Bercy en dépit des alertes de TRACFIN et de la Caisse des Dépôts et Consignations.



Fraude fiscale massive : Bercy étrangement lent

Décidément Woerth n’a pas de chance. De mai 2007 à mars 2010, il est ministre du budget (tout en étant trésorier de l’UMP). En 1997 le protocole de Kyoto a pour ambition de faire diminuer les gaz à effet de serre. Il crée de fait une sorte de bourse d’échange du droit à polluer. Et là on est pas dans la cour d’école autour d’un marronnier. On est dans le monde des grands, dans l’international avec à la clef des millions, des dizaines de millions, des centaines de millions d’euros. Alors me direz-vous, quel rapport avec la tva, avec une fraude ?
C’est L’Express n° 3096 du 3 au 9 novembre 2010 qui nous l’apprend. Dès qu’il y a des flux de capitaux, il y a des petits malins pour en profiter. C’est très simple, voici comment faire. :
a- vous créez une société avec petit capital, une adresse, du papier à entête
b- votre société achète des crédits d’émission de CO2 dans un pays qui les facture sans TVA ;
c- votre société revend TTC en France + 19,6 %
e- votre société ne reverse pas la TVA au trésor public et la garde pour elle
f- votre société disparait et vous aussi avec la TVA dans votre poche. Gain net 19,6 % moins les quelques frais de constitution et, qui sait ?, de corruption. Pas de stock, pas d’investissement, pas de salariés, un petit commerce bien rentable.

Il ne s’agit pas là de bricole. Exemple de L’Express : une entreprise textile qui n’a rien à faire avec le CO2 et sa bourse d’échange, réalise le petit volume de transaction de 263 millions d’euros avec un gain de 50 millions.

Que les escrocs escroquent, après tout, ce n’est certes pas moral et cela doit être puni, c’est dans l’ordre des choses, mais que ceux qui ont pour rôle d’en protéger l’état traîne les pieds, cela l’est beaucoup moins.

Tout d’abord, pour faciliter ces échanges la France, avec comme actionnaire principal (40 %) par l’intermédiaire de la CDC qui dépend du ministère du Budget (tiens cela vous dit quelque chose), lance une bourse du nom très français de Bluenext est créée, c’était en 2007.

En novembre 2008, Pierre Ducret, patron de la filiale Climat de la Caisse des dépôts et consignation, soupçonne un carrousel de TVA. Lorsqu’à la fin du mois de juillet dernier, un des responsables bancaires déclare s’être étonné de volumes de transaction énormes pour des sociétés douteuses. Mais il ne s’arrête pas là : « Des investigations nous ont conduit à une première déclaration de soupçon à TRACFIN en octobre 2008. »

Cette fraude était tellement fleurissante que d’une part il a fallu à Bluenext souscrire un emprunt afin de financer l’avance de TVA avant d’être remboursé, et que d’autre part devant une telle folie qui s’accélère le 2 juin 2009 - les transactions passent d’une moyenne journalière de 9,4 millions de tonnes à 20 - le marché est fermé temporairement. Une semaine après, une exonération de TVA pour les échange de CO2 en France est décidé entraînant immédiatement 80 % de chute des transactions.

L’Express pose la question : Pourquoi l’Etat a-t-il tant tardé à réagir ? Sollicité par L’Express, le ministre du Budget n’a pas donné suite à nos demandes.

Ce qui, en effet, est très curieux, est l’attitude de Bercy : Le ministre du Budget, alors dirigé par Eric Woerth, ne peut pas ne pas être au courant de cette situation trouble. Il est le destinataire des dénonciations de Tracfin. Et la CDC est une institution publique. Enfin, il existe une preuve irréfutable dont dispose le ministère en cette fin d’année 2008 : une réunion organisée à Bercy même, le 21 novembre, en présence des membres du cabinet d’Eric Woerth. Plusieurs des participants sont formels : ce jour-là, les soupçons de fraude ont bien été évoqués, mais sans susciter de réaction immédiate des collaborateurs du ministre. A en croire les déclarations de Pierre Ducret aux enquêteurs, il faudra encore plusieurs mois d’échanges et d’e-mails de relance pour convaincre une direction générale des impôts dont les réponses étaient « laconiques ».

Nous savons tous, que dans l’affaire de l’hippodrome, Eric Woerth a été beaucoup plus efficace et plus rapide.

Faisons ce calcul. Grosso modo la tonne à l’époque vaut 20 € (aujourd’hui autour de 14,5 €) soit environ 4 € de TVA. On nous dit que 80 % des échanges ont chuté après l’exonération de TVA et qu’il y avait 20 millions de tonnes par jour ce qui fait 16 millions de tonnes à la TVA non payée à 4 € cela représente la bagatelle de 0,25 Tapie par jour qui la est nouvelle unité de compte du gouvernement de Nicolas Sarkozy quand il fait des cadeaux, par exemple, tiens au hasard, un Sarko Air One, c’est 0,8 T (unité Tapie notée T). Ce qui nous donne des chiffres assez hallucinants, puisque chaque jour qui passe sans régler l’histoire ce sont 54 millions d’euros (notés €) qui s’envolent au plus fort de la fraude, quand les rouages des petits malins sont bien huilés. Ce qui implique que tout retard dans des décisions a des conséquences désastreuses pour les caisses de l’Etat. En gros depuis octobre (déclaration à Tracfin) - ou même le 21 novembre (réunion à Bercy) - 2008 jusqu’au mois de juin 2009 il s’est passé plus de six mois et donc des centaines de millions d’euros escroqués (on parle de 5 milliards pour toute l’Europe). Des centaines de millions ! Sans que Bercy, au courant, ne réagisse ! Comme pour le sang contaminé où le pouvoir avait été entendu - avec des conséquences autrement plus tragiques, certes - il serait bon que ce pouvoir soit auditionné par une enquête parlementaire et que l’Immaculé explique pourquoi ses services si prompts à pondre un décret pour la vente illégale de l’hippodrome de Chantilly, aient mis si longtemps a enrayer la fuite de TVA. On pourrait demander à la DCRI de faire un petit travail sur les e-mails et les fadettes, non ?

Décidément Woerth n’a pas de chance.

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Observatoire de la corruption

Autre information intéressante : la justice poursuivra l'enquête sur les "biens mal acquis" en France des dirigeants africains (Bongo notamment).

C'est la première fois qu'une plainte pour corruption est déposée et suivie par une association, en l'espèce l'association AntiCor. C'est l'application en droit civil du principe d'inétrêt poru agir par les personnes morales dont l'objet social correspond à l'affaire, bien qu'elle ne soit pas elle même victime.

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Observatoire de la corruption

Gambetta a écrit:

C'est l'application en droit civil du principe d'inétrêt poru agir par les personnes morales dont l'objet social correspond à l'affaire, bien qu'elle ne soit pas elle même victime.

C'est une nouveauté, ça ?

En tout cas, bonne nouvelle.

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

Re: Observatoire de la corruption

La Cour de Cassation a en effet reconnu que si les délits poursuivis étaient établis, ils seraient de nature à causer un préjudice direct et personnel aux associations à l'origine de la plainte. Transparency international et Sherpa en l'espèce qui ont toutes deux pour objet commun de lutter contre le blanchiment et la corruption.

Elle a donc cassé les refus du parquet et de la Cour d'appel de Paris d'enquêter sur ces fameux biens mal acquis.

C'est donc une belle avancée que fait la Cour dans la reconnaissance d'un droit d'action pour des associations défendant un intérêt collectif et un début prometteur dans l'effectivité de la lutte contre l'impunité. 

Un grand arrêt donc, passé un peu inaperçu j'ai l'impression.

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Re: Observatoire de la corruption

Maintenant, les témoignages commencent à affluer.

http://www.rue89.com/2010/11/17/karachi-devant-le-juge-millon-confirme-les-retrocommissions-176265

Karachi : devant le juge, Millon confirme les rétrocommissions
Par David Servenay | Rue89 | 17/11/2010 | 13H02

L'ex-ministre de la Défense assure que des commissions illicites ont été versées dans le cadre des contrats d'armes avec le Pakistan.


Selon le Nouvel Observateur, Charles Millon, ancien ministre de la Défense de Chirac, a confirmé au juge Van Ruymbeke le 15 novembre ce qu'il avait déjà raconté à Paris Match en 2009. Une nouvelle pierre dans le jardin de Nicolas Sarkozy qui, ministre du Budget à l'époque des faits, dément énergiquement l'existence de rétrocommissions (des commissions illégales versés par les intermédiaires à des officiels français). Cette annonce tend à donner raison aux accusations portées par les familles des victimes de l'attentat de Karachi, qui dénoncent les mensonges officiels dans ce dossier.

Obstacles, manœuvres, mensonges et omissions : la liste est longue des avanies subies depuis huit ans par ces familles. Dans un livre, leurs porte-parole Magali Drouet et Sandrine Leclerc racontent comment les plus hautes autorités de l'Etat se sont jouées d'elles. L'Etat, mais aussi un juge antiterroriste, un avocat et une association.
Le trouble jeu de SOS attentats

Dans les semaines qui suivent le 8 mai 2002 et ses quatorze morts (dont onze Français), les familles des ouvriers de la DCN tués au Pakistan dans un attentat à la voiture piégée sont approchés par SOS attentats.

L'association conduite par Françoise Rudetzki, déléguée générale de l'association, leur propose de l'aide. SOS attentat est déjà partie civile dans le dossier et leur conseille de faire de même afin de suivre la procédure à ses côtés. Dans sa lettre, elle conseille un avocat :

    « Je vous indique que plusieurs victimes nous ont exprimé le souhait de se regrouper avec l'association. L'avocat chargé de ce dossier suit également l'affaire du détournement de l'Airbus d'Air France vers Marseille (26 décembre 1994), les attentats commis à Paris en 1995 et 1996 […], l'attentat du 11 septembre 2001 (World Trade Center) et les dossiers des réseaux Al Qaeda.

    SOS Attentats prend en charge une partie des frais d'avocat et de justice pour les membres de l'association, dans le cadre de la procédure pénale. »

Ce choix, raconte les deux femmes, ne se révéla « pas des plus judicieux », cet avocat ayant surtout été une « sorte de fantôme » dans l'affaire :

    « Lors des convocations au tribunal, lorsque nous demandions s'il était présent, personne ne pouvait répondre, personne ne savait à quoi il ressemblait physiquement !

    Nos relations avec Françoise Rudetzki et SOS Attentats se sont donc rapidement dégradées. Il nous est apparu que nos intérêts divergeaient. »

Cet avocat n'est pas nommé dans le livre (sur conseil du service juridique de l'éditeur) mais son nom est familier des dossiers « terro » : il s'appelle Georges Holleaux. « C'est l'avocat fantôme », précise Sandrine Leclerc, qui avoue ne pas savoir « à quoi il ressemble » :

    « En 2008, on s'est rendu compte qu'il était aussi l'avocat du ministère de l'Intérieur, dans différents dossiers, au moment où Nicolas Sarkozy était place Beauvau. »

Magali Drouet :

    « Il y a deux possibilités :

       1.

          C'est un incompétent qui ne fait pas son boulot ;
       2.

          Il est là pour essayer de nous brider.

    Je pense qu'il n'est pas incompétent. Lorsque je lui ai parlé de la piste politique, il s'est vraiment énervé. Il était bien content de se débarrasser de nous. »

Fin 2008, elle décide de changer d'avocat, découvrant alors qu'elles ont un droit d'accès au dossier. Ce que le précédent avocat n'avait jamais demandé au juge d'instruction.
Jean-Louis Bruguière : une instruction à sens unique

« Errances, aveuglement, désert… », les mots sont forts pour qualifier le travail -ou plutôt le manque de travail- réalisé par Jean-Louis Bruguière, le juge antiterroriste chargé du dossier jusqu'à fin 2006, date où il quitte la magistrature pour tenter de se faire élire à l'Assemblée nationale sous l'étiquette UMP. En vain.

Au cours de son enquête, le juge Bruguière écarte des pièces importantes du dossier : une série de clichés prises sur les lieux de l'attentat dans les minutes qui suivent l'explosion. Ces photos lui sont pourtant apportées par une source digne de foi, puisque Randall Bennett est un responsable de la CIA chargé de mener l'enquête sur l'enlèvement du journaliste américain Daniel Pearl :

    « A la lecture de ce document, nous avions eu la confirmation de nos doutes quant aux errances de l'instruction sous Jean-Louis Bruguière.

    Nous savions désormais que quelques minutes après l'attentat, le responsable de la sécurité à l'ambassade américaine, Randall Bennett, arriva sur les lieux. Il fit tous les relevés de cotes, élabora des plans des lieux et prit des photos.

    Il sera auditionné, à sa demande, par les enquêteurs français dans les locaux du consulat de France et fournira alors quatre disquettes de photos prises dans les minutes suivant l'explosion.

    M. Bruguière fit pourtant une demande d'annulation de pièces, saisissant la cour d'appel et évoquant la discontinuité territoriale. Les clichés seront alors détruits.

    Sans vouloir juger du bien-fondé de ce motif de discontinuité territoriale, beaucoup de questions découlaient de cette demande d'annulation de Jean-Louis Bruguière. Cette discontinuité avait été évoquée car l'audition de Randall Bennett avait eu lieu au consulat de France à Karachi. Cet endroit n'étant pas considéré comme un territoire français dans le cadre judiciaire, il aurait fallu que son audition fasse l'objet d'une demande de coopération.

    Pourquoi cette annulation n'avait-elle frappé que les quatre disquettes de photos et non l'intégralité des pièces apportées par Bennett (par exemple, les croquis sont restés joints au dossier) ? Ces photos étaient-elles compromettantes pour le dossier contrairement aux croquis des lieux ? Qui le saura jamais ? »

Pour Magali Drouet, cet incident est révélateur du parti-pris du magistrat :

    « Bruguière évoque l'incompétence territoriale […]. Je veux bien, mais alors ce motif juridique doit porter sur l'ensemble de l'audition, y compris celle de Randall Bennett. Or, ces photos étaient importantes, car il y a un doute sur le fait qu'il y ait eu un kamikaze à bord de la voiture piégée. »

Comment interpréter un tel acte ? Réponse de Magali Drouet :

    « Dans certains cas, c'est sûrement un bon juge d'instruction, mais à partir du moment où l'on touche à une dimension politique, on ne peut que s'interroger sur sa réelle indépendance.

    Dans notre dossier, il n'a pas fait avancer les choses. Par exemple, dès le départ, il sait que l'explosif retrouvé chez les suspects pakistanais est du nitrate d'amonium, pas de la TNT militaire que l'on a retrouvé sur place. »

En 2007, le dossier est récupéré par un nouveau juge, le tenace Marc Trévidic.
Le rôle ambivalent de la Direction des constructions navales (DCN)

Entreprise publique à l'époque des faits, la DCN va adopter une attitude étrange à l'égard des familles. Le principal reproche formulé par les familles de Cherbourg s'attache au rapport Nautilus. Dans les mois suivants l'attentat, la Direction des constructions navales mandate une officine privée pour tenter d'y voir clair.

Claude Thévenet, ancien de la DST, rédige plusieurs notes sous l'intitulé de rapport Nautilus. On peut notamment y lire ceci :

    « Les personnalités militaires ayant instrumentalisé le groupe islamiste qui a mené à bien l'action poursuivaient un but financier. Il s'agissait d'obtenir le versement de commissions non-honorées, et promises par le réseau [Abdulrahman] El Assir lors de la signature du contrat de septembre 1994. »

Or, le contenu de ce rapport sera révélé en… 2008, par la presse. Entre temps, DCN a juste « oublié » d'en faire part au juge et aux familles :

    « Il faut savoir que DCN ne nous avait jamais informées de l'existence de cette note et, encore plus grave, ne l'avait jamais portée à la connaissance de la justice de façon spontanée. Ce n'est que par hasard qu'elle avait pu être jointe au dossier d'instruction, puisqu'elle avait été saisie dans les locaux de DCNI lors d'une perquisition du pôle financier.

    Quant à Marc Trévidic, comme l'a écrit Magali, il en avait appris l'existence en lisant un article du site de Mediapart et avait alors fait une demande d'acte afin que ce document lui soit transmis. Contrairement à la fable officielle, il ne lui avait jamais été remis de façon spontanée par le parquet.

    Le fait que cette note existe n'est pas choquant en soi. DCNS, ex-DCN, est un industriel d'armement, il semble logique que ses responsables aient cherché à savoir ce qui avait pu se passer en mai 2002.

    En revanche, ne pas en avoir avisé la justice est une entrave à l'instruction en cours, d'autant plus que DCNI est partie civile dans ce dossier. Le but d'une partie civile n'est-il pas de faire connaître la vérité ? »

Commentaire de Magali Drouet :

    « Les documents n'ont jamais été transmis à la justice, tout comme le parquet ne les a jamais transmis à Trévidic. On nous a soutenu que Nautilus n'existait pas, alors que le PDG de la DCN était forcément au courant. »

Les mensonges du ministre de la Défense…

Au fur et à mesure que les deux jeunes femmes découvrent l'envers du décor, elles réalisent à quel point les dés sont pipés. Les épisodes liés à la déclassification des documents des services de renseignements (DGSE principalement) sont édifiants.

Cette procédure, initiée par le juge d'instruction, transite par la Commission consultative sur le secret de la défense nationale (CCSDN) qui rend un avis, suivi ou non par le ministre de la Défense. A chaque occasion, Hervé Morin tord la réalité pour accréditer l'idée d'une transparence totale du gouvernement sur ce dossier :

    « Cette tromperie avait été confirmée en avril 2010, lorsque Marc Trévidic, après une seconde demande, demanda que lui soit fourni un document de 137 pages. Il n'obtiendra que trois feuillets…

    Pourquoi tant de mauvaise volonté à faire jaillir la vérité d'une affaire qualifiée de “ fable grotesque ” par le président de la République lui-même ? Tout simplement parce qu'il ne s'agit pas d'une fable, mais bel et bien d'une sombre affaire de corruption, ayant conduit au sanglant résultat que l'on connaît. Et que les soupçons de corruption concernent Edouard Balladur et Nicolas Sarkozy. […]

    Comment se peut-il que de nouveaux documents, retrouvés miraculeusement, aient été soumis à la CCSDN en mai 2010 alors même qu'en octobre 2009, Hervé Morin expliquait sur les radios et sur les plateaux de télévision que l'ensemble des documents classifiés avaient été transmis aux juges d'instruction ? »

… et les mensonges du chef de l'Etat

Lorsque Nicolas Sarkozy est interrogé sur l'affaire, au lendemain des déclarations du juge Trévidic dévoilant une « piste financière cruellement logique », le chef de l'Etat ne peut réprimer un rire qui heurte profondément les familles.


La suite est une série de non-dits ou de phrases parfois très explicites, comme ce dialogue rapporté entre Magali Drouet et Philippe Jacob, le conseiller Marine de l'Elysée et interlocuteur habituel sur le dossier Karachi :

    « La réponse fut sans appel. Elle vint de Philippe Jacob, sous la forme d'une conversation téléphonique avec Magali.

    Tout d'abord, il refusa tout entretien avec le Président et proposa que nous soyons reçues par ses conseillers. Puis, au fil de la discussion, il accepta que certaines victimes soient reçues par le Président, mais sans leur avocat.

    Le refus de Magali fut alors catégorique. Il était hors de question pour nous de venir sans notre conseil… Là, M. Jacob lui assena un : “ Mais Madame, on n'impose pas ses choix au président de la République. ”

    Magali lui répondit du tac au tac : “ Monsieur le Président a le droit de ne pas nous recevoir en présence de notre avocat… Mais comme nous ne sommes pas encore dans une dictature, nous avons le droit de refuser votre proposition. ”

    En guise de réponse, il lui lâcha alors une phrase extrêmement choquante : “ Mais, madame, le Président en a assez que n'importe qui demande audience pour des bobos personnels. ”

    Un attentat ayant causé la mort de quatorze personnes, dont onze Français, serait donc un bobo
    personnel ! »

Pour Sandrine Leclerc, cette anecdote révèle la faille de l'exécutif :

    « Il a menti publiquement à ce moment-là en 2009. Nous savons qu'en tant que ministre du Budget, il a validé la création des deux sociétés offshore, Heine et Eurolux. Comme les commissions étaient légales à cette époque, pourquoi avoir avalisé un circuit de financement opaque, si ce n'est pour permettre le retour d'une partie de cet argent sous la forme de rétro-commissions ? »

Awwwwwwwwwwwwwwwww

Garçon la suite !


Pour mémoire :

[video (flash player not installed)]

Re: Observatoire de la corruption

http://www.agoravox.tv/actualites/polit … yez-28473

Nicolas Sarkozy se défend sur l'affaire des sous-marins, en "off"...

Re: Observatoire de la corruption

N'empêche que sur cette affaire de Karachi, si l'attentat était lié à l'arrêt de versements de commissions en 1995, je me demande pourquoi il aurait fallu 7 ans à l'ISI (services pakistanais) ou aux commanditaires gouvernementaux du pays pour "se venger".

Pour rappel en 1995, c'était Benazir Bhutto et son mari notoirement corrompu qui étaient aux affaires et en 2002, c'était Musharraf: admettons donc que les Bhutto soient vexés de ne plus percevoir leur argent, ils ne sont plus au pouvoir et n'ont vraisemblablement plus accès aux services pakistanais "purgés" par Musharraf après son coup d'Etat.

D'ailleurs les Indiens n'ont vraisemblablement jamais beaucoup apprécié que la France équipe le Pakistan de sous-marins qui pourraient la couper de ses approvisionnements, alors même que l'Etat-continent s'est lancé dans une libéralisation économique qui rend vital la stabilité de ses voies maritimes vers l'Europe.

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: Observatoire de la corruption

Tu reprends la thèse développée hier matin sur France Culture par Alexandre Adler : non-continuité politique au Pakistan entre 1995 et 2002.
Abou Djaffar (pseudonyme), spécialiste du terrorisme a aussi des doutes sur la thèse "attentat commandité par représailles après l'arrêt des commissions" :
http://aboudjaffar.blog.lemonde.fr/2010 … noiseries/

Cet écart de 7 ans entre l'arrêt des commissions et l'attentat est en effet un élément qui incite à la perplexité.
Et si c'est vrai qu'il n'y a pas eu continuité politique au Pakistan entre 1994 (signature du contrat), 1995 et 2002 (attentat), il y a eu continuité dans un domaine : l'armée au Pakistan.

Les commissions versées en 1994-1995 et prévues aussi pour plus tard (dans le domaine de l'armement les commissions sont souvent versées tardivement) n'étaient pas seulement destinées aux décideurs politique au Pakistan. Les militaires pakistanais (Etat-major et Pakistan Navy) étaient aussi à mon avis des destinataires plus que probables : ce sont eux qui ont choisi des sous-marins  Agosta plutôt que des sous-marins allemands.

Donc il est possible que les militaires pakistanais aient voulu d'abord intimider (bombe non-amorcée sous la voiture d'un diplomate français au Pakistan) puis faire payer à la France le prix de sa promesse de commissions non tenues.

Il n'est pas forcé de placer les commanditaires de l'attentat au niveaux des dirigeants politiques du Pakistan.

Au Pakistan, l'armée est un Etat dans l'Etat.

Un amiral et des marins pakistanais ont d'ailleurs été condamnés au Pakistan pour avoir perçu des commissions :
lien vers le paragraphe de l'article Wikipedia de l'affaire DCN édité car le forum ne gère pas les _ dans les URL

Last edited by Free French (24-11-2010 17:18:06)

Re: Observatoire de la corruption

Free French a écrit:

Cet écart de 7 ans entre l'arrêt des commissions et l'attentat est en effet un élément qui incite à la perplexité.
Et si c'est vrai qu'il n'y a pas eu continuité politique au Pakistan entre 1994 (signature du contrat), 1995 et 2002 (attentat), il y a eu continuité dans un domaine : l'armée au Pakistan

Merci de ces infos. N'empêche qu'on ne peut toujours pas écarter complètement la source islamiste...

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: Observatoire de la corruption

sabaidee a écrit:
Free French a écrit:

Cet écart de 7 ans entre l'arrêt des commissions et l'attentat est en effet un élément qui incite à la perplexité.
Et si c'est vrai qu'il n'y a pas eu continuité politique au Pakistan entre 1994 (signature du contrat), 1995 et 2002 (attentat), il y a eu continuité dans un domaine : l'armée au Pakistan

Merci de ces infos. N'empêche qu'on ne peut toujours pas écarter complètement la source islamiste...

Ou la piste de l'armée pakistanaise qui par l'ISI instrumentaliserait des islamistes pour inciter la France à ne pas vendre d'armement à l'Inde.

Re: Observatoire de la corruption

En tout cas, Villepin met en cause sans citer. On sent la jouissance chez le personnage de larguer les bombes de cette façon, dans la foulée de Millon.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)