801

Re: Nicolas Sarkozy, Président de la République

louf a écrit:

Argument massue pour le cumul des fonctions et des mandats :

« Tu comprends si on n’a ici que des gens qui se contentent de 5000 euros par mois, on n’aura que des minables. »

Cette citation n'a pas d'auteur puisque JFC l'a démentie, cependant, on peut la dédier collégialement à l'UMP en général.

Ca a été dit par un député UMP je crois, peut-être socialiste en fait, il y a quelques années quand quelqu'un a proposé de diminuer leur salaire. J'avais vu le mec le dire devant la caméra.

Re: Nicolas Sarkozy, Président de la République

On ne peut pas mieux argumenter !

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Last edited by Gourkuff (24-01-2012 00:22:08)

Re: Nicolas Sarkozy, Président de la République

Nicolas Sarkozy devrait se présenter dimanche soir, il a le feu au derrière !

Hollande le devance encore d'un point supplémentaire suite au débat d'hier soir où le candidat socialiste a démontré sa compétence et sa vision claire.

Fillon a dit : "s'il ne se présente pas maintenant, c'est cuit"

Petite précision sur cette interview de dimanche de sarko, elle passerait, selon certaines déclarations entendues au Sénat, sur 6 chaînes différentes ! Encore une bananièrerie ! Ce sale mec est vraiment incorrigible.

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Nicolas Sarkozy, Président de la République

En fait, ce ne seront pas six, mais huit chaines de télé qui rediffuseront cette intervention.

Ce mec est malade ! On est revenu 50 ans en arrière, à l'ère de l'ORTF...

En ce qui me concerne, je propose de boycotter cette diffusion.

Vivement que l'on revienne en France en mai 2012, ce pays démocratique et développé. Parce que pour le moment, on nage dans le délire d'un mégalomaniaque dont on se demande rétrospectivement comment un tel incompétent a pu s'élever aussi haut dans la hiérarchie sociale.

Ah oui si, on sait : il avait du charisme et ses équipes étaient formées de très bon organisateurs. Il a vraiment fallu que notre pays tombe très bas du point de vue du niveau moral et intellectuel pour s'abaisser aussi bas et désigne un avatar de l'ère des régimes charismatiques.

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Re: Nicolas Sarkozy, Président de la République

Angoulmoise a écrit:

En fait, ce ne seront pas six, mais huit chaines de télé qui rediffuseront cette intervention.

Ce mec est malade ! On est revenu 50 ans en arrière, à l'ère de l'ORTF...

En ce qui me concerne, je propose de boycotter cette diffusion.

Vivement que l'on revienne en France en mai 2012, ce pays démocratique et développé. Parce que pour le moment, on nage dans le délire d'un mégalomaniaque dont on se demande rétrospectivement comment un tel incompétent a pu s'élever aussi haut dans la hiérarchie sociale.

Ah oui si, on sait : il avait du charisme et ses équipes étaient formées de très bon organisateurs. Il a vraiment fallu que notre pays tombe très bas du point de vue du niveau moral et intellectuel pour s'abaisser aussi bas et désigne un avatar de l'ère des régimes charismatiques.

PLUS, PLUS, PLUS, IL LUI FAUT PLUS DE CHAÃŽNES! PLUS DE SPECTATEURS! PLUS DE BADAUDS POUR VOIR SA CHUTE!

Re: Nicolas Sarkozy, Président de la République

C'est l'heure d'éteindre sa télé.

Re: Nicolas Sarkozy, Président de la République

Ne soyez pas sectaires. Il y a Docteur Cac à la télé en ce moment sur France 5.

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

808

Re: Nicolas Sarkozy, Président de la République

Pour ceux qui veulent quand même le voir, notez qu'il est en direct en page d'accueil du forum ;-)

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

809

Re: Nicolas Sarkozy, Président de la République

Monsieur Patron à la télé... malheureusement, la France en a marre de voir des patrons! Retour à la valeur travail, retour aux salariés!

810

Re: Nicolas Sarkozy, Président de la République

Cette intervention était simplement grotesque.

- D'abord Notre Encore Président s'engage sur des mesures qu'il ne pourra en aucun cas faire passer puisque son mandat s'achève dans 3 mois et demi.

- L'entendre affirmer pouvoir augmenter de 30% la construction d'un claquement de doigts est juste sidérant de démagogie et de simplisme... L'on aimerait bien que cela soit possible mais outre que cela relève du "demain on construit gratis", il faut bien voir que sur le terrain, en Ile-de-France par exemple, et particulièrement à Paris, l'UMP s'oppose à TOUS les projets de logements sociaux et de construction. Par ailleurs, il faut voir ce qu'il advient des constructions dans les zones sans équipements publics et commerces qui ont été réalisées dans le cadre des Scellier et autres mécanismes de défiscalisation : des logements vides ; il faut donc espérer que les hausses de constructions qui se réaliseront dans les années à venir, en cas d'alternance ou de poursuite du pouvoir par Nicolas Sarkozy se feront sans négliger la réflexion nécessaire sur l'aménagement harmonieux du territoire... Enfin, on oublie complètement d'abord les contraintes réelles du foncier, ensuite des contrantes juridiques du droit de l'urbanisme, du droit de la montagne, du droit littoral, du Code de la construction et de l'habitation qui rendent légèrement plus complexe à réaliser cet objectif que la simplicité d'une phrase lancée à l'emporte-pièce comme cela laisserait accroire (sans parler des éternels recours dès qu'une projet est lancé). En bref, cette nouvelle annonce, c'est vraiment de l'amateurisme, des chifres sortis du chapeau qui relèvent de la plus pure escroquerie intellectuelle et juridique et qui à l'arrivée n'arriveront tout simplement pas, et en tout cas pas ni évidemment cette mandature, ni sous la responsabilité de Nicolas Sarkozy. Reste que l'objectif de maximiser la construction est louable, et personne ne le contestera, quand cela est possible, et si toutefois, comme à Paris, les UMPistes évitent d'empêcher par tous les moyens possibles la construction de tout immeuble, comme ils le font, pas exemple, dans mon arrondissement.

- Heureux d'entendre que le Pésident est pour une banque publique d'investissement, l'une des mesures phares proposées par François Hollande que d'ailleurs Alain Juppé raillait il y a à peine quatre jours...

- On aura droit à une TVA sociale, bien éloignée du dispositif intelligent qui aurait consisté à répercuter sur les salaires nets des salariés en poste toute baisse de cotisation sociale ou patronale ce qui aurait compensé cette hausse de la TVA. Bon 1,6 points, ça va pas bien loin, mais vu le niveau relatif de la TVA française par rapport à nos voisins, on n'aurait pas pu aller bien plus loin...  Outre les effets bien réels sur le pouvoir d'achat, il faut relever le caractère intellectuellement frauduleux du refus de Nicolas Sarkozy d'appeler cette hausse TVA sociale mais TVA anti-délocalisation, puisque les normes européennes interdisent évidemment toute différenciation entre les produits français et étrangers. Enfin, sur ce point, on se demande comment il est possible de prendre à ce point les gens pour des imbéciles en leur disant que "les prix n'augmenteront pas" ! Evidemment que les prix augmenteront.

- Concernant la baisse de charges patronales familiales, elle est minime, donc son effet "compétitivité" sera trop faible pour avoir quelque impact... Précisons d'ailleurs sur ce point que, contrairement à la question des journalistes, il n'existe pas de part salariale familiale, personne autour du plateau, du Président aux journalistes, ne semblait maîtriser ce dossier... Enfin passons.

- Nicolas Sarkozy propose enfin que les accords d'entreprise prennent le pas sur la loi, renversant par là même "l'ordre public social", autrement dit la hiérarchie des normes dans le domaine social, avec pour conséquence la possibilité de baisser les salaires ce qui, couplé avec la hausse de la TVA implique de désastreuses conséquences sur le pouvoir d'achat.

- On lui donnera raison sur l'idée d'augmenter la CSG sur les revenus du patrimoine, sur la taxe sur les transactions financières (également présente dans le programme de François Hollande) et sur l'augmentation de 4 à 5% du quota obligatoire d'apprentis en entreprises.

Mais comme tant d'autres promesses déjà faites au cours du mois de janvier, cela a peu de chance d'entrer en vigueur d'ici mai 2012. Notez d'ailleurs que le Sénat clôturera bientôt ses sessions, car il est de tradition qu'il lève le rideau 3 mois avant les élections législatives... Il n'y a donc plus que les règlements pour modifier quoique ce soit. Ces mesures sont donc une partie du programme présidentiel de Nicolas Sarkozy, et non des mesures décidées par le Président Sarkozy. Et de ce point de vue, on ne peut que constater que le candidat résident courre derrière François Hollande !

- Nicolas Sarkozy se refuse encore à se déclarer candidat, tout en faisant des plans sur l'après mai 2012 ce qui relève, comme tant d'autres choses de la plus pure escroquerie intellectuelle. Mais vous comprenez, Monsieur "est Président de la Vème puissance économique mondiale", il n'a pas le temps de s'occuper de ces considérations démocratiques de si basse ampleur ! Cela ne l'empêchera pas de dire qu'il a "un rendez-vous avec les Français"...Comment la consternation ne peut s'emparer de l'ensemble du Peuple français devant "un petit jeu" si manifeste ?

Le clou du spectacle fut lorsque ce grand comédien dont le jeu est dorénavant éculé nous dire que s'il avait un mot pour slogan, ce serait "sincérité". Mais on se plie en deux d'estomaquerie devant son écran !

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Re: Nicolas Sarkozy, Président de la République

J'espère que le CSA décomptera huit fois le temps de parole de ce candidat masqué qui utilise les moyens de la présidence pour sa campagne électorale.

Si le CSA ne le fait pas, il n y aurait plus aucune crédibilité à donner à cet organisme.

812

Re: Nicolas Sarkozy, Président de la République

Gourkuff a écrit:

J'espère que le CSA décomptera huit fois le temps de parole de ce candidat masqué qui utilise les moyens de la présidence pour sa campagne électorale.

Si le CSA ne le fait pas, il n y aurait plus aucune crédibilité à donner à cet organisme.

C'est déjà le cas quand on voit qu'il se base apparemment (à moins d'une erreur de ma part) sur des sondages pour diminuer le temps de parole de certains candidats à la présidence.

813

Re: Nicolas Sarkozy, Président de la République

Greg a écrit:

- L'entendre affirmer pouvoir augmenter de 30% la construction d'un claquement de doigts est juste sidérant de démagogie et de simplisme... L'on aimerait bien que cela soit possible mais outre que cela relève du "demain on construit gratis", il faut bien voir que sur le terrain, en Ile-de-France par exemple, et particulièrement à Paris, l'UMP s'oppose à TOUS les projets de logements sociaux et de construction.

A décharge, les Verts et des associations de riverains ne sont jamais les dernier à s'opposer à des projets immobiliers ou aux habitations de grande hauteur qui résolvent une partie du problème du manque de foncier à Paris et en petite couronne...

Re: Nicolas Sarkozy, Président de la République

NS n'a pas convaincu :

Last edited by Scientiste (30-01-2012 14:59:18)

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Re: Nicolas Sarkozy, Président de la République

Un excellent article qui rappelle bien une grosse partie des va-et-vient et des contradictions dans la politique de Nicolas Sarkozy depuis 5 ans (liste non exhaustive). Il pourrait figurer dans l'article des girouettes. Il montre bien à quel point Nicolas Sarkozy, à part faire sa grande capacité à faire des discours, n'a aucune compétence politique et économique, et navigue à vue sans aucune analyse de ce qu'il fait. Il agit pour agir, sans s'être à aucun moment demandé si les mesures qu'il prenait avaient un sens ou un impact positif. Et puis au moment du bilan, hop, on change à 180°. On se demande vraiment pourquoi il se représente, et pourquoi son camp le laisse se représenter. Ils pourraient avoir la décence de présenter un type qui sait ce qu'il fait ! Sarkozy, c'est un enfant qui a voulu réaliser son rêve d'être Président, qui l'a réalisé, mais qui n'a jamais compris le sens de ce que ses conseillers lui disaient de faire ou de ce qu'il avait envie de décider. C'était et c'est encore un véritable danger pour la France.

http://tempsreel.nouvelobs.com/election … picks=true

La dissolution de Nicolas Sarkozy
Créé le 30-01-2012 à 13h17 - Mis à jour à 22h58   

Par Renaud Dély

L’étrange stratégie du candidat-président n’est pas sans rappeler celle de Jacques Chirac lors de la dissolution de l’Assemblée en 1997.


Etrange. Bizarre. Confus. Au lendemain de l’intervention de Nicolas Sarkozy, on se perd en conjectures sur les intentions que poursuivait le président-candidat en convoquant six chaînes (!) au Palais de l’Elysée. Résumons brièvement ce qui ressemble, en définitive, à un festival d’une heure et quart de contradictions tous azimuts : le chef de l’Etat pose en capitaine Courage seul à même de piloter le paquebot France dans la tempête de la crise. Fort bien. Il annonce donc une hausse de la TVA. Logique. Mais il garantit qu’elle n’aura aucune incidence sur les prix et il assure même qu’il ne procèdera à "aucune augmentation d’impôt", comme si la TVA n’en était pas un…

Dans la foulée, Nicolas Sarkozy jure n’avoir jamais prononcé l’expression "TVA sociale", lui qui l’a fait une bonne trentaine de fois ces cinq dernières années. De même, il dresse un tableau noir de l’état de la France, insistant sur la chute de compétitivité subie "depuis dix ans", soit depuis que la droite est au pouvoir. Et il vante par contraste la situation économique de l’Allemagne en couvrant de louanges Gerhard Schröder… qui fut vaincu dans les urnes outre-Rhin. Après avoir supprimé un impôt de bourse cousin, Nicolas Sarkozy confirme également l’instauration d’une taxe sur les transactions financières dans un seul pays, une perspective qu’il jugeait "absurde" il y a encore quelques mois.

Enfin, il remet sur le tapis le chiffon rouge des 35 heures, que la droite s’est bien gardée de supprimer depuis dix ans, et entend confier aux partenaires sociaux le soin de négocier l’allongement de la durée du temps de travail, entreprise par entreprise : en 2007, Nicolas Sarkozy l’emporta grâce au slogan "Travailler plus pour gagner plus", cinq ans plus tard, il repart au combat avec  l’étendard : "Travailler plus pour… travailler plus". Et même "travailler plus… pour payer plus" si l’on prend en compte les probables conséquences de la hausse de la TVA sur l’inflation.

Bouger pour bouger... la noyade assurée

Au final, ultime mais saisissante contradiction, Nicolas Sarkozy qui s’est escrimé  pendant une heure, à poser en président jusqu’au bout, annonce bel et bien sa candidature : "J’ai un rendez-vous avec les Français et je ne me déroberai pas". A disséquer autant d’oscillations, d’approximations, et de tête-à-queue, on comprend que le doute se soit emparé de son camp à 80 jours de l’échéance élyséenne.

Etrange, l’intervention présidentielle de dimanche soir n’est pourtant pas totalement inédite. Elle en rappelle une autre qui ne fut pas moins ubuesque : celle de Jacques Chirac le 21 avril 1997. Ce jour-là, on s’en souvient, le président de l’époque était venu annoncer aux Français une dissolution de l’Assemblée nationale qu’il avait récusée à plusieurs reprises les mois précédents.

Convaincu qu’en demeurant immobile, il continuerait de s’enfoncer dans les sables mouvants de l’impopularité, Jacques Chirac se résolut à bouger…  pour bouger ! Et il se noya. Nul n’a jamais vraiment compris les "circonstances exceptionnelles" qui justifiaient de sa part l’exécution d’une initiative tellement audacieuse qu’elle finit, avec la victoire de Lionel Jospin, par se retourner contre son auteur.

Volte-face stériles

Nicolas Sarkozy marche sur les traces de son aîné. Dimanche soir, il a procédé à la dissolution de son propre bilan. Pour le faire oublier, il est venu dévoiler une batterie de réformes que tout autre dirigeant, en Allemagne ou ailleurs, aurait prise… en début de mandat. Annoncer des mesures qui ne prendront effet que s’il est réélu achève de dessiner les contours d’un mandat qui, de bout en bout, et de secousses en convulsions, se déroula à contre-temps.

En à peine cinq ans, le quinquennat sarkozyste aura consisté à faire tout… et son contraire, et à défaire à la fin ce qui avait été entrepris au début : bouclier fiscal consolidé puis abandonné, TVA restauration abaissée puis augmentée, réception en grandes pompes de Kadhafi puis intervention en Libye, couple franco-allemand négligé puis encensé, relations avec la Grande-Bretagne confortées puis méprisées, police de proximité supprimée puis rétablie, etc…

Dans tous les domaines, les volte-face, que l’impact de la seule crise économique ne saurait justifier, sont tellement nombreuses qu’elles en viennent à cerner la quintessence du sarkozyme, en campagne comme au pouvoir : parler sans cesse, bouger tout le temps, voire agir souvent, mais sans jamais se soucier ni du sens, ni de la cohérence. Avec l’énergie pour carburant, et le bougisme pour viatique, Nicolas Sarkozy a franchi une à une les étapes de la conquête. Une fois au sommet, la même méthode a condamné son volontarisme stérile à se fracasser sur le mur du réel.

A propos de la candidature de François Mitterrand en 1988, Lionel Jospin lâcha un jour une interrogation terrible, parce que terriblement juste : "Un second septennat,  pour quoi faire ?". C’est faute d’y avoir répondu que le dernier mandat de l’ancien président socialiste fut un naufrage. Un second quinquennat Sarkozy ? Pour quoi faire ? Par-delà le brouillard attisé par son agitation, c’est à cette question que le candidat Sarkozy ne parvient pas à répondre. Président sans boussole, il s’est transformé dimanche soir en candidat sans cap.

Last edited by Gourkuff (31-01-2012 01:14:44)

Re: Nicolas Sarkozy, Président de la République

;) Je partage en partie ce que tu penses de N. Sarkozy, sa «  grande capacité à faire des discours ».
Faire des discours oui, mais son intervention de ce dimanche était très médiocre. Quantité de palabres oui, qualité non ! Pourquoi ?
Je ne parlerais presque que de la forme :
Tout d’abord,  il n'a eu de cesse de citer l'Allemagne comme modèle.
C'était sa seule référence. Qu’il s’en inspire, soit, qu’il la cite à tout bout de champ, ça n’allait pas. Qu’il « picore » quelques idées, ok, mais que ce pays soit son modèle pour tout ou presque, non ! Pour un chef d’Etat, à la tête d’un pays, ce n’est pas acceptable qu’il n’ait que l’Allemagne à la bouche. Son rôle n’est-il pas de faire avec l’existant et le faire évoluer. Faire avec toutes les ressources, toutes les forces et les faiblesses de SON  pays et d’en tirer le meilleur parti ?

En faisant à chaque fois l’éloge de l’Allemagne, qui s’en tire mieux que nous, se rend t-il compte qu’il fait l’aveu de sa propre impuissance ? Qu'il souligne ainsi son manque d’imagination, de créativité et donc de vision puisqu’il n’est pas capable d’imaginer l’avenir pour SON pays sans se référer à un autre? Bien sûr, me direz-vous rien de nouveau le concernant…

En plus, on a bien vu qu’il était aux abois, il a piqué sans complexe le « made in France » de Bayrou, c’était puéril, qui n’allait pas s’en apercevoir ? Plus d’autres mesures du programme du PS, sans aucune gène, (oui, oui, Sarko le "décomplexé", on voit bien que ce ne sont pas des psys mais des journalistes qui l'ont baptisé ainsi !  ;)  )  mais là je crois qu’il est allé trop loin, en tout cas cette fois -ci, ça ne passera pas.

Ce que j’ai trouvé de plus pathétique, alors que c’est un homme de valeur, (oui, je le pense quand même !), c’est qu’il ne se soit  pas fait « aidé » pour préparer ses interventions télévisuelles. Il a dû tout préparé tout seul. Enfin je l’imagine.* Je pense qu’il ne veut l’aide de personne. C’est son point faible. Et Dieu sait qu’il a pléthore de conseillers…Il ne les écoute pas (pour Gourkuff). Je ne fais que supposer (je ne connais personne aux Ministères.Quant à l’Elysée, j’ai rompu tout contact  :P  )

Car enfin si quelqu’un l’avait conseillé pour cette interview, on lui aurait dit « mais Monsieur le Président, pour la référence à l’Allemagne, allez-y mollo quand même, vous vous adressez aux Français ». C’est un peu comme si il leur disait : « je n’ai pas d’autres idées pour faire sortir la France de ce marasme que de copier sur ce qu’à fait l’Allemagne. Eux savent faire (avec leurs forces et leur faiblesses) mais nous pas ! Mais comment donc ? N’est-ce pas cela justement son rôle, que de chercher des solutions ? N’est-ce pas pour cela que les citoyens l’ont élu ?

Enfin, on le voit bien, il gouverne presque seul, il décide seul, trop seul…mais peut-être me trompé-je ?

*(vous remarquerez que j’ai bcp d’imagination !)

Et puis dans son interview, cette façon de vouloir faire de la pédagogie, que dis-je de marteler, en enfonçant bien le clou, comme si les gens et (avec les journalistes aussi, il a cette attitude) ne pouvaient pas comprendre ce qu’il disait, «  je vais vous expliquer », dit-il,  c’est extrêmement maladroit. Et pas du tout séduisant. Surtout qu’il veut expliquer des choses plutôt simples à chaque fois, si encore il voulait expliquer des choses très compliquées, enseigner, tirer les gens vers le haut…   C’est un défaut qu’un professionnel de la communication aurait pu corriger. Il faut tout de même un minimum de psychologie, des rudiments, lorsqu’on s’adresse à tant de gens…

Je pense que ces erreurs (trop souvent répétées)de communication risquent de lui être fatales.

Donc pour NS, je crois que c'est définitivement "plié", terminé. Un pronostic qui est assez partagé, je crois.

PS: sinon c'est grandiloquent mon pavé, comme d'hab...

"Rédupliquer, c'est être ce qu'on dit." (S.Kierkegaard)

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Re: Nicolas Sarkozy, Président de la République

Greg a écrit:

- L'entendre affirmer pouvoir augmenter de 30% la construction d'un claquement de doigts est juste sidérant de démagogie et de simplisme... L'on aimerait bien que cela soit possible mais outre que cela relève du "demain on construit gratis", il faut bien voir que sur le terrain, en Ile-de-France par exemple, et particulièrement à Paris, l'UMP s'oppose à TOUS les projets de logements sociaux et de construction. Par ailleurs, il faut voir ce qu'il advient des constructions dans les zones sans équipements publics et commerces qui ont été réalisées dans le cadre des Scellier et autres mécanismes de défiscalisation : des logements vides ; il faut donc espérer que les hausses de constructions qui se réaliseront dans les années à venir, en cas d'alternance ou de poursuite du pouvoir par Nicolas Sarkozy se feront sans négliger la réflexion nécessaire sur l'aménagement harmonieux du territoire... Enfin, on oublie complètement d'abord les contraintes réelles du foncier, ensuite des contrantes juridiques du droit de l'urbanisme, du droit de la montagne, du droit littoral, du Code de la construction et de l'habitation qui rendent légèrement plus complexe à réaliser cet objectif que la simplicité d'une phrase lancée à l'emporte-pièce comme cela laisserait accroire (sans parler des éternels recours dès qu'une projet est lancé). En bref, cette nouvelle annonce, c'est vraiment de l'amateurisme, des chifres sortis du chapeau qui relèvent de la plus pure escroquerie intellectuelle et juridique et qui à l'arrivée n'arriveront tout simplement pas, et en tout cas pas ni évidemment cette mandature, ni sous la responsabilité de Nicolas Sarkozy. Reste que l'objectif de maximiser la construction est louable, et personne ne le contestera, quand cela est possible, et si toutefois, comme à Paris, les UMPistes évitent d'empêcher par tous les moyens possibles la construction de tout immeuble, comme ils le font, pas exemple, dans mon arrondissement.

En écho à cela :

Bertrand Delanoé a écrit:

« Vous avez un pavillon… »

Elu il y a bientôt cinq ans, le Président de la République vient de faire une découverte dont il est concevable qu'elle ait pu le troubler : il y a un problème de logement en France. La pénurie de l'offre, l'exubérance de la spéculation conduisent à une crise d'une ampleur inédite. Décidément, il faut faire quelque chose. Quoi donc ? Eh bien, mais comment n'y avons-nous pas pensé plus tôt ? Il faut construire plus de logements. Voilà pourquoi, onze semaines avant les élections, tombe de l'empyrée présidentiel un oracle désarmant de simplicité : « Tout terrain, toute maison, tout immeuble verra ses possibilités de construction augmenter de 30% ». Pour ceux qui n'auraient pas immédiatement compris, le chef de l'Etat a précisé sa pensée : « Vous avez un pavillon; vous aurez le droit de construire 30% en plus sur ce pavillon ».

L'idée repose sur un postulat qui a bien sûr sa logique : il faut densifier le territoire français et particulièrement les espaces déjà urbanisés. Mais rien, en la matière n'est pire que l'improvisation. Depuis des années, dans leurs plans locaux d'urbanisme, les grandes villes françaises ont tenté de résoudre cette équation : trouver de la place pour le logement dans les agglomérations. Elles l'ont, le plus souvent, fait avec détermination, avec inventivité, et surtout avec sens des réalités. Car il n'est pas possible de construire n'importe quoi n'importe où. Les villes elles-mêmes ont leur histoire, leur patrimoine. Et dans la conception des logements on ne peut sacrifier la qualité à la quantité : à Paris, nous avons ainsi augmenté de 20% le coefficient d'occupation des sols, mais en assortissant cette disposition de contraintes écologiques, sociales et patrimoniales qui la rendent réaliste.

Mais soyons sérieux : qui peut penser une seconde que le Président de la République croit vraiment pouvoir faire surgir des milliers de logements de façon indifférenciée sur tout le territoire, ou imposer à des copropriétés de surélever de plusieurs étages des immeubles de centre-ville ? Nous sommes évidemment dans le plus pur effet d'annonce. La démarche apparaît dans tout son cynisme si l'on se donne la peine de regarder ce que le gouvernement a fait en matière de logement, depuis cinq ans. Je peux en parler d'expérience, comme maire de Paris. Dans la capitale, les aides au logement social ont baissé de 20 % en deux ans ; l'Etat gèle depuis cinq ans des terrains qui auraient dû servir à produire plusieurs milliers de nouveaux logements ; la droite parisienne n'a eu de cesse de chercher à faire obstruction, parfois avec succès, à des projets de construction de logements, comme aux Batignolles, à la Croix-Nivert dans le 15ème ou de manière quasi systématique dans le 16ème arrondissement. L'Etat UMP a beau jeu de découvrir ingénument qu'il n'y a pas assez de logements en France : il porte une responsabilité écrasante dans cet état de fait.

Le vrai changement ne passera pas par la démagogie des mesures bricolées par les pompiers pyromanes, mais plus simplement par le changement de Président de la République. Ce que propose la gauche, avec François Hollande, est clair, accessible et réaliste :
- les terrains de l'Etat qui pourront servir à construire des logements seront mis à la disposition des collectivités locales ;
- le seuil de logements sociaux dans les grandes villes sera porté à 25%, et les pénalités multipliées par cinq pour les communes qui ne respectent pas la loi de solidarité urbaine.
- Toute modification du droit de l'urbanisme sera élaborée avec les collectivités locales
- L'augmentation des loyers sera encadrée à la première location et lors des changements de locataires. Le Président de la République a qualifié cette idée de « soviétique ». Il faut croire que Nicolas Sarkozy a, soit une lecture fort inattentive de notre programme, soit beaucoup de mauvaise foi. Ce que nous proposons existe déjà en … Allemagne ; c'est simplement une limite à la spéculation, pour qu'à la première location le loyer ne soit pas disproportionné avec la réalité du marché existant, et qu'au changement de locataire il n'augmente pas plus que l'inflation. Un tel soviétisme demeure très raisonnable, dans un pays où les loyers ont augmenté de 50% en dix ans.

Sur ce sujet, à tant d'égards vital, du logement, François Hollande et Nicolas Sarkozy proposent bien deux modèles. Non seulement deux façons de faire de la politique : la clarté contre le cynisme, l'anticipation contre l'improvisation. Mais surtout, deux visions de la société. La force de François Hollande, c'est qu'il s'adresse à tous les Français, y compris à ceux qui ont peur du déclassement, ceux qui n'arrivent pas à payer leur loyer, ceux qui sont victimes de la folie du marché, ceux qui n'espèrent même pas devenir un jour propriétaires- tous ceux, en un mot, à qui le Président de la République ne parlait pas lorsqu'il énonçait nonchalamment : « Vous avez un pavillon… »


Bertrand Delanoë

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Re: Nicolas Sarkozy, Président de la République

N'oublions pas que le plancher historique en matière de logements neufs a été atteint sous Jospin. Cinq années durant lesquelles les prix de l'immobilier ont quasiment doublé.

"Moult a appris qui bien connut ahan"

Re: Nicolas Sarkozy, Président de la République

Un article dans Marianne, (je viens de le lire), qui s'étonne également de "l'overdose" de références au modèle allemand dans l'interview de Sarkozy de dimanche dernier (15 références en 70 mn d'émission !):

http://www.marianne2.fr/Sarkozy-Ich-bin … m#comments

"Rédupliquer, c'est être ce qu'on dit." (S.Kierkegaard)

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Re: Nicolas Sarkozy, Président de la République

Mais qu'il se taise !

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Last edited by Orcid (12-03-2012 00:14:46)