Re: Jean-Baptiste Botul et la non-philosophie de Bernard Henri Lévy

Le Nouvel Obs a écrit:

Bernard-Henri Lévy en flagrant délire

NOUVELOBS.COM | 08.02.2010 | 15:27

Ce devait être le grand retour philosophique de BHL. Patatras! L'opération semble compromise par une énorme bourde contenue dans "De la guerre en philosophie", à paraître le 10 février. Une boulette atomique qui soulève pas mal de questions sur les méthodes de travail béhachéliennes.


Ce devait être le grand retour philosophique de Bernard-Henri Lévy. Patatras ! L’opération semble compromise par une énorme bourde contenue dans « De la guerre en philosophie », livre à paraître le 10 février. Une boulette atomique qui soulève pas mal de questions sur les méthodes de travail béhachéliennes

Nul ne peut plus l’ignorer, Bernard-Henri Lévy, « ennemi public » ainsi qu’il se présentait à l’automne 2008 dans sa correspondance avec Michel Houellebecq, est de retour dans les magazines. Tous les magazines. Lorsque nous l’avions invité à débattre au « Nouvel Observateur », le 13 janvier dernier, avec le philosophe Slavoj Zizek, un de ses adversaires, nous étions encore loin de deviner l’ampleur de la tornade à venir. Grand entretien dans « l’Express », portrait d’ouverture dans « Paris Match », couverture de « Transfuge », panégyrique dans « le Point » signé Christine Angot, interview de six pages dans « Marianne ». On en oublierait presque une chose. La cause occasionnelle, le détail à l’origine d’une telle profusion : la parution de deux livres, le 10 février prochain chez Grasset. Un épais « Pièces d’identité », recueil de textes et d’entretiens déjà parus sur toutes sortes de supports, et « De la guerre en philosophie », version remaniée d’une conférence prononcée en 2009 à l’ENS de la rue d’Ulm.
Plaidoyer pro domo en faveur d’une œuvre injustement décriée, la sienne, ce second opus d’environ 130 pages, « De la guerre en philosophie », se présente comme le « livre-programme » de la pensée béhachélienne. Un « manuel pour âges obscurs, où l’auteur « abat son jeu » et dispose, chemin faisant, les pierres d’angle d’une métaphysique à venir » – rien de moins, trompette l’éditeur au dos de la couverture. On l’aura compris, ce livre devait signer le grand retour de BHL sur la scène conceptuelle dite sérieuse. Son ultime plaidoirie face à une caste philosophique qui l’a depuis toujours tourné en dérision, de Deleuze à Bourdieu, en passant par Castoriadis. Une lecture attentive dudit opuscule révèle cependant que l’affaire est assez mal engagée.
« La vraie question pour une philosophie, c’est de savoir où sont vos adversaires, et non où sont vos alliés. » Ainsi l’auteur se lance-t-il, chemise au vent et sans crampons, à l’assaut de quelques contemporains gauchistes renommés, mais aussi de Hegel ou de Marx, « cet autre penseur inutile, cette autre source d’aveuglement », notamment reconnu coupable de ne pas donner les moyens de penser le nazisme. A la décharge, l’idéalisme et le matérialisme allemands, toutes ces conneries superflues! Bernard-Henri Lévy ne s’est jamais laissé intimider par les auteurs mineurs.
Il s’en prend tout aussi fougueusement à Kant, « ce fou furieux de la pensée, cet enragé du concept ». Un peu audacieux de la part d’un penseur qui ne peut, somme toute, revendiquer à son actif qu’un brelan de concepts pour news magazines comme le « fascislamisme »? Même pas peur. BHL a des billes. Le vieux puceau de Königsberg n’a qu’à bien se tenir. A la page 122, il dégaine l’arme fatale. Les recherches sur Kant d’un certain Jean-Baptiste Botul, qui aurait définitivement démontré « au lendemain de la seconde guerre mondiale, dans sa série de conférences aux néokantiens du Paraguay, que leur héros était un faux abstrait, un pur esprit de pure apparence ». Et BHL de poursuivre son implacable diatribe contre l’auteur de « La Critique de la raison pure », « le philosophe sans corps et sans vie par excellence ».
Il en sait des choses, Bernard-Henri Lévy. Le néo-kantisme d’après-guerre. La vie culturelle paraguayenne. Seul problème, Jean-Baptiste Botul n’a jamais existé. Pas plus que ses conférences dans la pampa, auxquelles BHL se réfère avec l’autorité du cuistre. Ce penseur méconnu est même un canular fameux. Le fruit de l’imagination fertile de Frédéric Pagès, agrégé de philo et plume du « Canard enchaîné », où il rédige notamment chaque semaine « Le journal de Carla B. ». Un traquenard au demeurant déjà bien éventé depuis la parution de « La vie sexuelle d’Emmanuel Kant », pochade aussi érudite qu’hilarante publiée en 2004 aux éditions Mille et une nuits sous le pseudonyme de Botul. Une simple vérification sur Google aurait d’ailleurs pu alerter le malheureux BHL. Le même Botul y est en effet aussi répertorié pour avoir commis une œuvre au titre prometteur : « Landru, précurseur du féminisme ».
Renseignement pris, personne ne s’était encore jamais pris sans airbag cet énorme platane. C’est désormais chose faite. Toutes proportions gardées, c’est un peu comme si Michel Foucault s’était appuyé sur les travaux de Fernand Raynaud pour sa leçon inaugurale au « Collège de France ». Mais alors, qu’a-t-il bien pu se passer dans le cerveau infaillible de notre vedette philosophique nationale ? Une fiche mal digérée ? Un coup de sirocco à Marrakech ? « C’est sans le moindre état d’âme que j’ai, depuis 30 ans et plus, choisi le rôle du renégat, endossé l’habit du disciple indocile, et déserté ce mouroir de toute pensée qu’est devenue l’Université », écrit Bernard-Henri Lévy. Un peu trop, sans doute.
Ainsi se sera-t-il toujours trouvé un importun, un pédagogue indiscret et pointilleux, pour venir s’interposer entre sa personne et la gloire philosophique. Il y a trente ans, c’était l’historien Pierre Vidal-Naquet, qui avait recensé dans un texte mémorable publié par « le Nouvel Observateur » les nombreuses perles d’écolier contenues dans son essai, « Le Testament de Dieu ». Cette fois-ci, c’est un philosophe burlesque qui n’existe même pas.
Aude Lancelin

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualit … elire.html

Last edited by Adil (08-02-2010 15:43:20)

Re: Jean-Baptiste Botul et la non-philosophie de Bernard Henri Lévy

http://allainjules.wordpress.com/2010/02/08/la-nouvelle-imposture-de-bhl-demasquee/ a écrit:

Une histoire cocasse mais néanmoins pittoresque. Pas forcément celle du livre mais un peu, plutôt, celle de l’illustre penseur du rien, grand mamamouchi médiatique qui fait et défait qui il veut. L’auteur de « talent » Bernard-Henri Levy vient d’être pris en flagrant délit de mythomanie. Avec le même panache qu’on lui connaît, et la même désinvolture, il vient de terminer en beauté deux livres à paraître chez Grasset à partir du 10 février, pour « De la guerre en philosophie », et, « Pièces d’identités ». Hélas, la propagandasteffel de la machine bien  huilée vient de prendre un sacré coup de massue et, probablement, l’un des livres ira au pilon. Fichtre.

Après « American Vertigo » qui donnait des vertiges tellement ça sonnait creux et faux, il poursuit sa destruction massive de la littérature, que dis-je, de la philosophie. Or il annonça en grande pompe qu’il avait parcouru l’Amérique sur les pas de Tocqueville. Pourtant, il admirait le paysage depuis sa chambre d’hôtel. Ensuite vint  l’escroquerie  sur ses fameux entretiens avec Michel Houellebecq dont l’échec retentissant lui était resté en travers de la gorge après avoir reçu un a-valoir faramineux. Aujourd’hui,  il récidive.

BHL s’est surpassé. Il a voulu même déconstruire la pensée kantienne, avec un zèle indescriptible. C’est à croire que le concept béhachélien comme le note le Nouvel Observateur, surclasse tous les autres. Or, enseigner du Bernard-Henri Levy au secondaire (premières et terminales) abrutirait les jeunes. C’est probablement un concept pas très éloigné du groupe marseillais I AM, chemise ouverte, blanche toujours, et cheveux longs.  Sa charge hallucinante contre Emmanuel Kant relève d’une psychose ou d’une idéologie divergente. Les mots sont assassins, la fougue habituelle du jeune qui ne recule devant rien pour faire croire que ses contemporains ne sont que des escrocs et pourtant, il vient de faire preuve d’une vaste fumisterie, une arnaque incommensurable. Il faut avoir lu juste des bouts de Kant pour oser écrire ceci : « ce fou furieux de la pensée, cet enragé du concept ». Mais, qu’est-ce que BHL a inventé, lui ? On se demande bien si l’aliéné mental n’est pas le narrateur.

Mais, depuis ce jour, il est plutôt la risée de tout le monde littéraire….philosophique, puisqu’il vient de prouver à la face du monde qu’il ne vérifie rien et que dans les maisons d’éditions, seule la réputation d’une personnalité compte. Point de relecture ni de lecteur ? En parlant du fameux Jean-Baptiste Botul, philosophe fictif, inventé, illusoire, oeuvre de l’auteur-philosophe du Canard Enchaîné Frédéric Pagès, BHL prouve qu’il ne sait même pas utiliser un ordinateur. Ne pouvait-il pas au moins vérifier tout ça ? Quand on pense à la déferlante médiatique habituelle qui accompagne ses livres. L’Express, Paris Match, Transfuge , le Point, Marianne sans compter les radios et les télévisions, bref, il est partout. BHL fait même chavirer le coeur de l’écrivaine Christine Angot…

Pierre Vidal-Naquet avait déjà éventé l’imposture de BHL dans le Nouvel Observateur il y a trente ans. Mais, il a poursuivi sa carrière avec bonheur et éclat médiatique. Devrais-je dire son autoflegellation ? Pour se guérir de sa mythomanie, ne faudrait-il pas qu’il se rende chez le psychiatre le plus proche. Quand une forte gueule se fait ainsi gauler en beauté après la tentative d’une arnaque, on peut au moins remercier son plan média qui a permis de déceler la faille.

Last edited by RPC (10-02-2010 10:38:06)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Topic: Jean-Baptiste Botul et la non-philosophie de Bernard Henri Lévy

Pour comprendre ce qui pousse le système médiatique à continuer à parler de BHL et à être compréhensif avec lui, il faut lire la dernière ligne et comprendre que quand on y a de l'influence, du réseau, et des actions à droite à gauche dans la presse, la petite caste vous choie.

Quand donc va-t-on cesser de considérer ce dandy comme un philosophe ?
Réponse possible : Quand la caste merdiatique, composée par "les grands étiquetteurs", les grands éditorialistes et leurs petites mains obéissantes, sera purgée à sa tête et remplacée à sa tête par les quelques vrais journalistes d'investigation ?

Sinon sur le fond, il faut dire que BHL se moquant de Kant est assez cocasse. Il est vrai que ce pauvre Kant n'a eu que trop peu d'occasion de forniquer dans sa vie, mais lui, au moins, c'était un vrai philosophe, contrairement à BHL.



Bernard-Henri Lévy et l'auteur qui n'existait pas

Dans son dernier livre, Bernard-Henri Lévy cite un auteur imaginaire. Interrogé par Libération, il reconnaît son erreur et salue «l'artiste» qui l'a piégé.

Eric Aeschimann et Robert Maggiori


A la page 122 de son dernier livre, De la guerre en philosophie (Grasset), Bernard-Henri Lévy veut montrer que la «froideur» de certains concepts de Kant traduit une volonté de «contenir» les affres d’une vie ou une «folie souterraine».

A l’appui, il cite l’ouvrage qu’«au lendemain de la Seconde Guerre mondiale», un certain Jean-Baptiste Botul a consacré au «philosophe sans vie et sans corps par excellence». Pas de chance: la référence est un panneau dans lequel tombe l’essayiste, puisque Jean-Baptiste Botul n’existe pas, et que ses ouvrages - dont La vie sexuelle d’Emmanuel Kant (Mille et une nuits) - sont l’oeuvre de Frédéric Pagès, journaliste au Canard Enchaîné et agrégé de philosophie.

Cela arrive assez souvent, même chez des universitaires rigoureux, d’être piégé par un titre emprunté sans vérification à une bibliographie. Dans le cas de Bernard-Henri Lévy, l’affaire suscite un véritable hourvari.

Levant le lièvre, le site nouvelobs.com parlait hier du «flagrant délire» de Lévy, info relayée de blog en blog.

Sollicité par Libération, Bernard-Henri Lévy nous a transmis un texte où il choisit de prendre l’affaire en beau joueur: «Salut l’artiste. Chapeau pour ce Kant inventé mais plus vrai que nature et dont le portrait, qu’il soit donc signé Botul, Pagès ou Tartempion, me semble toujours aussi raccord avec mon idée d’un Kant (ou, en la circonstance, d’un Althusser) tourmenté par des démons moins conceptuels qu’il y paraît.»

Frédéric Pagès invente Jean-Baptiste Botul en 1996, profitant d’une homophonie prometteuse avec le «botulisme», maladie mortelle provoquée par la toxine «botulique»: le terme Botox vient de là. L’association des amis de Botul organise lectures et conférences qui perpétuent la fiction. «Il n’a jamais été établi explicitement que Botul n’ait pas existé et il n’est donc pas à exclure qu’un jour, l’histoire rende raison à Bernard-Henri Lévy», commentait hier Frédéric Pagès.

[Bernard-Henri Lévy est actionnaire et membre du Conseil de surveillance de Libération]

Re: Jean-Baptiste Botul et la non-philosophie de Bernard Henri Lévy

Tu enfonces des portes ouvertes, mec.

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

Re: Jean-Baptiste Botul et la non-philosophie de Bernard Henri Lévy

Ouaip. Et tu t'engouffres dedans baltringue

Re: Jean-Baptiste Botul et la non-philosophie de Bernard Henri Lévy

J'ai lu il y a longtemps le livre de Jean-Baptiste Botul sur la sexualité d'Immanuel Kant sans savoir à l'époque que c'était un canular.
C'était marrant (une colonie d'Allemands en Amérique du Sud qui aurait perpétué le mode de vie d'Immanuel Kant le prussien et Kant qui n'aurait eu de relations sexuelles qu'avec Lampe son valet).

Last edited by Free French (13-02-2010 14:08:01)

Re: Jean-Baptiste Botul et la non-philosophie de Bernard Henri Lévy

BHL sur France Culture, invité de Jean-Marie Colombani et Jean-Claude Casanova
http://sites.radiofrance.fr/chaines/fra … n_id=81621

Re: Jean-Baptiste Botul et la non-philosophie de Bernard Henri Lévy

[video (flash player not installed)]

J'adooore Didier Porte !

Re: Jean-Baptiste Botul et la non-philosophie de Bernard Henri Lévy

Ouais, bof.
J'ai dit.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Jean-Baptiste Botul et la non-philosophie de Bernard Henri Lévy

Haha décidément, BHL est the most gaged man in France.
Mai sil veut pas arreter d'emmerder le monde, avec sa fortune, sa stupidité, sa solennité, son orgueil et son arrogance, ce type ? Ce doit êtr el'homme au plus gros melon de France. Et il se couvre continuellement de ridicule.

Grosse bourde de BHL, réponse salée en exclusivité de Cassen
David Desgouilles et Marianne2 | Vendredi 24 Décembre 2010 à 16:30

Après l'affaire Botul, philosophe imaginaire, Bernard-Henri Lévy se signale une nouvelle fois en réalisant une belle bourde dans son bloc-note du Point. Trop pressé de clouer au pilori ceux qu'il n'apprécie pas, BHL en perd parfois ses moyens. Cette fois-ci, il a confondu Pierre Cassen, de Riposte laïque, et Bernard Cassen, ancien président d'ATTAC. David Desgouilles décrypte cette énième erreur du philosophe. Et Marianne2 publie les 2 courriers de Bernard Cassen à Eric Fottorino, directeur du Monde, et à Gilles Van Kote, vice-président du Conseil de surveillance du Monde SA.

Franz-Olivier Giesbert devrait faire relire les éditoriaux de Bernard-Henri Lévy avant de les publier. Cela ne nuirait pas à la crédibilité de son journal.

Emporté par la haine envers toutes ses bêtes noires, BHL écrit souvent un peu vite. Trop vite. Et a un gros, un très gros, un énorme problème avec les noms propres. Il y avait eu la fameuse affaire Botul. Ce philosophe qui n’existait pas et qu’il avait cité dans son livre, suscitant la moquerie de tout Paris. Un peu plus tard, BHL voulut se payer Taddéi. En lisant une dépêche lui apprenant que ce dernier allait voir son contrat renouvelé, il se précipita sur sa plume, ou son clavier, et fustigea France Télévisions qui renouvelait un homme dangereux au point  d’organiser des débats entre des gens qui ne sont pas d’accord entre eux. Le problème, c’est que la dépêche ne concernait pas Frédéric, présentateur de Ce soir ou jamais, mais Rodrigo, footballeur transalpin de son état, auquel l’AS Rome venait de proposer ledit contrat.

Dans son bloc-notes, BHL s’emmêle encore dans les patronymes. Il confond cette fois Pierre Cassen, chef de file de Riposte laïque et co-organisateur des assises sur l’islamisation de samedi dernier, avec Bernard, ancien président d’ATTAC et très souvent rédacteur au Monde diplomatique, lequel journal n’entretient pas les meilleures relations -c’est une litote- avec le vieux-nouveau-philosophe. Qu’on le lise : «Il faut le dire et le redire : présenter comme un « arc républicain », ou comme une alliance entre « républicains des deux rives », ce nouveau rapprochement rouge-brun qui voit les crânes rasés du Bloc identitaire fricoter, sur le dos des musulmans de France, avec tel ancien du Monde diplo, Bernard Cassen, est un crachat au visage d’une République qui, à Monte Cassino, puis dans les combats pour la libération de Marseille, puis dans la poche de Colmar, en Alsace, face à la division Das Reich, n’a pas eu de plus vaillants défenseurs que les pères et grands-pères de ces hommes et femmes que l’on voudrait, aujourd’hui, clouer au pilori.»

BHL se paye donc ses ennemis du Monde diplo, le rapprochement des républicains des deux rives, ces salauds dont je suis qui ne verraient pas d’un mauvais oeil une proximité plus grande entre Dupont-Aignan et Chevènement. Il lui importe peu que ni ces deux-là, ni Bernard Cassen et ses confrères du Monde diplomatique ne se soient pas rendus à ces assises. BHL est emporté, comme à son habitude par la haine qui l’aveugle au point de ne pas imaginer un instant qu’il pourrait être victime, encore une fois, d’une confusion patronymique. C’est forcément ce salaud de Bernard Cassen ! Voilà le moment idéal pour se le farcir ! Mon petit doigt me dit que cet édito aura fait rire davantage Pierre que Bernard.

Décidément, BHL demeure la preuve vivante que haine et ridicule font bon ménage.

PS (le 24-12 à 7h33) : La bourde a été corrigée sur le.point.fr. Elle est toutefois demeurée sur le site plus de 24 heures, puisqu’elle a été réparée ce matin peu avant 7h00. Mais le point.fr n’est pas en reste : il indique « modifié le 23-12 à 6h51?. Faute de frappe ou embrouillage ?

PS 2 (le 24-12 à 12h34) : Sur l’édition papier, en revanche, la boulette demeure. Le papier, c’est irremplaçable !

Lettre à Gilles Van Kote, vice-président du Conseil de surveillance du Monde SA

Monsieur le vice-président,

Vous trouverez ci-dessous copie du message que j'ai adressé à M. Eric Fottorino, en sa qualité de directeur du Monde,  au sujet des élucubrations de M. Bernard-Henri Lévy, collaborateur occasionnel du quotidien, et membre du conseil de surveillance du groupe.

Il m'a en effet semblé que la rédaction devait être prioritairement  informée des méthodes "journalistiques"  de ce lecteur  attentif des oeuvres du célèbre philosophe Jean-Baptiste Botul. Je vous saurais donc gré, via la SRM, de diffuser ce texte auprès de vos consoeurs et confrères du quotidien.

Une telle affaire, indépendamment de ses suites judiciaires, ne devrait pas davantage être ignorée de l'ensemble des membres du conseil de surveillance, dans la mesure où elle  est susceptible d'affecter la crédibilité déontologique de l'un d'entre eux. C'est pourquoi je vous serais reconnaissant de bien vouloir communiquer mon message à vos collègues membres de cette instance.

Je vous prie, Monsieur le vice-président, de croire à l'expression de mes sentiments les meilleurs.

Lettre à Eric Fottorino Directeur et membre du directoire du groupe Le Monde
Monsieur le Directeur et membre du directoire du groupe Le Monde,

Je crois devoir vous informer des élucubrations d'un membre de votre conseil de surveillance au sujet de l'ancien directeur général de l'une des publications du Groupe.

Dans son dernier bloc-notes du Point M. Bernard-Henri Lévy écrit : "Il faut le dire et le redire : présenter comme un " arc républicain ", ou comme une alliance entre " républicains des deux rives ", ce nouveau rapprochement rouge-brun qui voit les crânes rasés du Bloc identitaire fricoter, sur le dos des musulmans de France, avec tel ancien du Monde diplo, Bernard Cassen, est un crachat au visage d'une République qui, à Monte Cassino, puis dans les combats pour la libération de Marseille, puis dans la poche de Colmar, en Alsace, face à la division Das Reich, n'a pas eu de plus vaillants défenseurs que les pères et grands-pères de ces hommes et femmes que l'on voudrait, aujourd'hui, clouer au pilori."

Dans ce texte, seuls mon nom et ma qualité d'ancien du Monde diplo correspondent à la réalité. J'ai en effet collaboré à ce journal pendant plus de trente ans et j'en ai été directeur général de 1996 à 2008. 

Tout le reste est une fabrication pure et simple.

Je sais bien qu'un membre du conseil de surveillance ne saurait en rien engager la rédaction du Monde et encore moins intervenir dans sa politique éditoriale ou dans celle des autres publications du Groupe.

On aurait cependant attendu de M. Lévy, qui a très souvent signé dans le quotidien, qu'il respecte les normes minimales de la profession, et tout particulièrement celles inscrites dans la "Charte  d'éthique et de déontologie du groupe Le Monde". Celle-ci stipule notamment que "Les journalistes disposent des moyens nécessaires pour exercer rigoureusement leur métier, collecter et vérifier les informations, indépendamment de toute pression extérieure. Ils s'interdisent toute manipulation et plagiat, ne relaient pas les rumeurs, évitent le sensationnalisme, les approximations et les partis-pris. Ils doivent éviter tout lien d'intérêt avec les acteurs des secteurs sur lesquels ils écrivent, et s'engagent à déclarer tout conflit d'intérêt".

J'ignore si Le Point dispose d'une telle Charte, mais je n'imagine pas  une seconde que ses collaborateurs professent des valeurs différentes.

De toute évidence,  M. Lévy n'a cure des impératifs de '"rigueur" et de "vérification des informations". Ses élucubrations, dont  il nous avait donné un  autre exemple édifiant dans l'affaire Botul, ne contribuent pas au prestige du conseil de surveillance et, partant, à celui du Groupe.

Il va de soi que je vais donner les suites judiciaires qui s'imposent à cette agression qui porte gravement atteinte à mon honneur et à ma considération.

Croyez, Monsieur le Directeur, à l'assurance de mes sentiments les meilleurs.

Bernard Cassen, ancien journaliste et directeur général du Monde diplomatique.

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)