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Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Keitaro a écrit:

Baroin parle, fait le gars optimiste méthode Cauet,

J'ai presque envie de croire que c'est volontaire.

* réponse cinglante à Broz, si seule compte la souveraineté de la France, il ne fallait pas faire l'Europe, car - surprise - les autres Etats européens aussi ont une souveraineté *

*paragraphe vaguement sérieux soulignant que l'Europe ne se limite pas à l'Allemagne, et que donc il y a une différence entre accepter un plan européen et se soumettre à un plan allemand.

paragraphe rigolard sur le fait que de toute façon la souveraineté nationale est en réalité le cadet de mes soucis, conclu par une expression de ma volonté de voir les régimes européens effacés des pages de l'histoire*

un habitus de brave comptable

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Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

*double post volontaire insistant sur le fait que je n'ai pas dit "rayés de la carte"*

un habitus de brave comptable

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Broz a écrit:

*paragraphe vaguement sérieux soulignant que l'Europe ne se limite pas à l'Allemagne, et que donc il y a une différence entre accepter un plan européen et se soumettre à un plan allemand.

Bis repetita placent: l'Allemagne n'est pas la seule à être opposée aux eurobonds; les Pays-Bas, l'Autriche, la Slovaquie, la Finlande, l'Estonie, la Slovénie, le Luxembourg sont eux aussi opposés à cette idée...

En gros, sont partisans des eurobonds, les Etats qui voient leurs notes et leur taux exploser du fait d'un endettement trop important (qui n'a pu s'effectuer que du fait du "crédit allemand" sur les marchés de capitaux) et de l'incurie de leurs gouvernements (Grêce, Espagne, Italie, Irlande, Belgique, Portugal et France y sont favorables).

Les partisans des eurobonds souhaitent en gros que les contribuables des pays opposés aux eurobonds (qui ont bien souvent fait des réformes douloureuses pour gagner en compétitivité) acceptent de se porter caution pour eux.

Concrètement, l'Allemagne pourrait sortir de l'Euro avec un Deutsch Mark fort, relativement surévalué; alors qu'une sortie de la zone Euro des pays favorables aux eurobonds signifierait explosion immédiate de leur taux et dévaluation dans la foulée (ce qui pour le coup ne serait pas non plus une catastrophe en termes de compétitivité, mais qui réduirait considérablement leur capacité d'emprunt, si ce n'est complètement l'annihiler).

Sans compter dans le cas de la France, un "bank run" probable du fait de la part très conséquente des dettes de l'Europe du Sud dans le bilan des banques; d'ailleurs le sauvetage de Groupama préfigure bien ce qui nous pend au nez...

Donc, la négociation franco-allemande ne pouvait que se faire aux conditions de celui qui se porte caution, c'est-à-dire l'Allemagne.

Last edited by sabaidee (06-12-2011 11:38:42)

"Les hommes qui disent que les femmes sont frigides sont de mauvaises langues" Guitry

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

La dégradation collective de Standard and poors relève de la même logique que l'abaissement de recommandation de tous les actifs européens par la Goldman Sachs : celui d'une guerre économique provenant des Etats-Unis qui veulent détourner l'attention de leurs propres problèmes.

La Plunge Protection Team n'est probablement pas étrangère à tout cela.

La Chine également, qui vit de sa monnaie sous-évaluée (quand nous continuons de mourir de notre monnaie surévaluée... esprit de suicide européen quand tu nous tiens...), joue l'armaggedon, car elle est dans une dynamique où elle peut s'en sortir tout en mettant suffisamment à terre ses concurrents. C'est du pur dumping monétaire, et nous acceptons cette escroquerie sans broncher, en continuant à délocaliser là bas, en continuant à leur donner tous les bâtons pour nous faire battre.

Cette guerre économique et informationnelle s'avère être une guerre de tranchées, dont nos dirigeants européens ne parviennent pas à concevoir la structure faute, comme le dit Goldstein, d'avoir des dirigeants compétents (une physicienne à la tête de l'Allemagne, et un acteur de série B pour la France...). C'est une guerre de tranchées car nous continuerons de subir des coups psychologiques de la part de ces banques d'affaires et des ces agences chaque fois que nous remonterons la pente, comme c'est le cas depuis 6 mois. Seule une offensive massive, orientée sur les points nodaux de nos assaillants nous permettant de saigner l'ennemi économique.

C'est un Clémenceau qu'il nous faudrait. Quelqu'un qui dirait "je fais la guerre" et qui mettrait toutes les forces disponibles dans la bataille économique. Quelqu'un qui prendrait les Agences de notation au cou, et les banques d'affaires ennemis à la gorge ; quelqu'un qui définirait un plan de guerre économique totale et  emprisonnerait et exécuterait (symboliquement) tous les traîtres et les ennemis de l'économie nationale. Au lieu de ça, nous avons en France un Laval, plus préoccupés par sa xénophobie que par la nécessité de faire face à la guerre, et une espèce de boutiquière en Allemagne, plus préoccupée par le respect de règles qui nous tuent et tueront l'Allemagne que par la conscience de la guerre informationnelle de tranchées à laquelle nous devons faire face.

Il est temps de dire "Aux armes économiques citoyens", et pas "je fais don de ma personne à la France" (et en fait à l'Allemagne), après avoir été le principal acteur de la ruine économique de la France, comme l'est Sarkozy.

Les mesures qui devraient être prises sont extrêmement claires :

- Injection massive de liquidités par la BCE
- Mutualisation d'une partie des dettes souveraines
- Relance budgétaire européenne par emprunt supranational réservé aux européens
- Taxation sévère sur les transactions financières
- Régulation sévère des actifs financiers exotiques (CDS réservés aux détenteurs de titres à couvrir, interdiction de la vente à découvert à nu, interdiction du trading automatisé, etc...)
- Nationalisation-sanction des actifs européens des banques d'affaires ennemies et des agences de notation
- Restauration de l'équilibre des comptes publics par une vaste cure d'amaigrissement du secteur public en mettant fin au statut de la fonction publique
- On peut aussi imaginer une vente d'une partie de l'or de la Banque de France, ce qui permettrait de profiter un peu de la hausse très importante de l'or qui a eu lieu ces 3 dernières années.

Avec un tel plan de guerre, croyez moi, on restaure la confiance et on relance massivement l'économie.

Hélas, les incompétents et les collaborateurs par aveuglement qui nous gouvernent sont incapables de prendre de telles mesures. Ils préféreront (en France) détourner l'attention de cette guerre économique sur les étrangers, les noirs et les arabes, les mendiants et les fragiles, et en Allemagne, protéger l'épargne de leurs rentiers improductifs et la supériorité technique et de spécialisation de leurs industrie d'exportation par rapport à leurs voisins vus comme des concurrents et non comme des partenaires en gardant suicidairement une monnaie surévaluée.

La seule différence avec l'époque de Clémenceau est que l'ennemi n'est pas au-delà du Rhin, mais ils sont bien au-delà de l'Atlantique et de l'autre côté de l'eurasie et l'enjeu n'est plus l'Alsace-Lorraine (et à travers elle l'intégrité de la France), mais la Grèce-Italie-Espagne (et à travers elles, l'intégrité de l'Europe).

Last edited by Gambetta (06-12-2011 12:29:57)

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

sabaidee a écrit:
Emmanuel Goldstein a écrit:

[justify]Nous venons d'assister à l'accord le plus minable de toute l'Histoire de l'Union européenne.

D'abord, une capitulation en règle de Sarkozy, qui a renoncé à toutes les demandes de la France.

Qui dit accord, dit négociation; qui dit négociation, dit deux partenaires égaux: or, y en a un qui connaît un triple déficit depuis 40 ans et l'autre qui connaît le deuxième excédent commercial de la planète.

Il était évident qu'étant donné que la France ne souhaite que maintenir la protection du parapluie allemand sur sa note souveraine, nous devrions accepter les conditions allemandes.

La France n'est absolument pas en mesure d'effectuer des demandes à l'Allemagne.

Je tombe sur un article du Point d'aujourd'hui, et qu'est-ce que je lis ?  parti pris d'Hervé Gattegno: Sarkozy-Merkel, il ne s'est rien passé"

Article qui va complètement dans le sens de ton post Sabaidee et de ton post 441.

http://www.lepoint.fr/politique/parti-p … 64_222.php

Et aussi qui reprend l'idée d'EG :"Bref, ils n'ont absolument rien décidé, ou plutôt ils étaient d'accord pour ne rien faire, d'accord pour ne pas être d'accord. Mais il fallait bien annoncer quelque chose."

Alors non! Là je dis qu'il y a une forte inspiration, car je ne risquerais pas à parler de "plagiat"! yikes  tongue

Ca ressemble à un "combo" de plusieurs posts en fait . lol

Bref, n'ayant pas d'avis sur la question du traité, je pense toutefois qu'il ne s'est pas rien passé.
Angela à été invitée à l'Elyséé pour que Nicolas lui présente "la p'tite". Et entre 2 séances de travail, il y a eu aussi des" areu-areu" (Comment dit-on cela en allemand? wink)

D'ailleurs il est certainement prévu que Nicolas présente la p'tite Giulia à tout le monde.
Il va y avoir (il y déjà probablement) un sacré défilé de personnalités prochainement : Barack, Michelle, etc. wink

Edit: désolée de cette petite incursion humoristique à la suite de 2 posts sérieux.

Last edited by zaza's birthday (06-12-2011 12:01:54)

"Rédupliquer, c'est être ce qu'on dit." (S.Kierkegaard)

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Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Gambetta a écrit:

C'est un Clémenceau qu'il nous faudrait. Quelqu'un qui dirait "je fais la guerre" et qui mettrait toutes les forces disponibles dans la bataille économique. Quelqu'un qui prendrait les Agences de notation au cou, et les banques d'affaires ennemis à la gorge ; quelqu'un qui définirait un plan de guerre économique totale et  emprisonnerait et exécuterait (symboliquement) tous les traîtres et les ennemis de l'économie nationale.

Quelqu'un qui réprimerait les revendications syndicales à coups de CRS ?

@sabaidee : Je pense que tu fais fausse route en opposant d'un côté des pays méritants et de l'autre des pays irresponsables. Les conditions d'un renforcement de l'union budgétaire et financière ne peuvent être imposées à certains pays par d'autres, et ce renforcement doit se faire probablement dans les deux sens.

un habitus de brave comptable

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Si tu me parles de ces crétins de syndicalistes de la CFDT rail qui ont voulu faire grève aux prochaines vacances de Noël et jour de l'an "pour-protester-contre-le-manque-de-reconnaissance-à-l'occasion-des-changements-d'horaires" alors que le bateau coule et que tout le monde subit de plein fouet les conséquences de cette guerre, je te répond oui.

Si tu me parles des ouvriers d'industries que l'on veut délocaliser pour réduire des coûts sur le sol Français, je te répondrais que j'enverrai plutôt la garde républicaine aligner contre un mur les cadres dirigeants responsables de ces choix funestes.

Last edited by Gambetta (06-12-2011 12:16:27)

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

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Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Gambetta a écrit:

Si tu me parles de ces crétins de syndicalistes de la CFDT rail qui ont voulu faire grève aux prochaines vacances de Noël et jour de l'an "pour-protester-contre-le-manque-de-reconnaissance-à-l'occasion-des-changements-d'horaires" alors que le bateau coule et que tout le monde subit de plein fouet les conséquences de cette guerre, je te répond oui.

Mec tu es en train de passer du côté obscur, n'écoute pas la colère qui gronde en toi, sinon dans 5 ans tu nous exhorteras à voter pour Marine le Pen la révolutionnaire (hahahaha genre dans 5 ans forum-scpo existera toujours)

un habitus de brave comptable

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

"Je fais la guerre".

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

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Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Ben justement la guerre c'est le lieu de toutes les atrocités et surtout de tous les dommages collatéraux.
Tu veux pas plutôt faire la révolution, et plutôt qu'invoquer Clémenceau cet assassin des travailleurs, invoquer genre Mao ou Lénine ?

un habitus de brave comptable

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Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Ne voulez-vous pas cesser de mettre cet affreux accent aigu sur le E de Clemenceau, par pitié ?

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"You'd never guess...There was a fish... in the percolator."
"I like to remember things my own way... not necessarily the way they happened."

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Broz a écrit:

@sabaidee : Je pense que tu fais fausse route en opposant d'un côté des pays méritants et de l'autre des pays irresponsables. Les conditions d'un renforcement de l'union budgétaire et financière ne peuvent être imposées à certains pays par d'autres, et ce renforcement doit se faire probablement dans les deux sens.

Etat échangerait dette contre garantie financière. C'est un marché de dupes.

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Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Gambetta a écrit:

Les mesures qui devraient être prises sont extrêmement claires :
- Injection massive de liquidités par la BCE

Ce qui veut dire une inflation galopante. Injection massive de liquidités pour quoi faire? Juste de la création monétaire? Qui sera chargé de l'allocation des ressources tant en termes de secteurs que de zones géographiques? Un technocrate européen? Un président européen élu et donc légitime?

Gambetta a écrit:

- Mutualisation d'une partie des dettes souveraines

Se pose encore et toujours la question de l'opposition de quasiment la moitié des pays de l'eurozone à une telle mutualisation.

Gambetta a écrit:

- Relance budgétaire européenne par emprunt supranational réservé aux européens

Soit tu fais de la relance, soit tu favorises l'épargne. On injecte massivement des liquidités via la BCE pour faire un emprunt? Pour être un tant soit peu attractif un tel emprunt doit proposer une rémunération d'environ 5%, il revient donc plus cher que l'emprunt de bien des Etats de l'eurozone, voire via le FESF.

Gambetta a écrit:

- Taxation sévère sur les transactions financières

Le serpent de mer de la taxe Tobin qui ne peut être mise en place qu'à l'échelle mondiale pour éviter une fuite des capitaux.

Gambetta a écrit:

- Régulation sévère des actifs financiers exotiques (CDS réservés aux détenteurs de titres à couvrir, interdiction de la vente à découvert à nu, interdiction du trading automatisé, etc...)

Ce qui ne répond pas à l'urgence, tant une telle régulation demande des négociations et comme au-dessus, une unanimité.

Gambetta a écrit:

- Nationalisation-sanction des actifs européens des banques d'affaires ennemies et des agences de notation

Avec quoi payes-tu une telle nationalisation? Une expropriation pure et simple est - en l'état - anticonstitutionnelle.

Gambetta a écrit:

- Restauration de l'équilibre des comptes publics par une vaste cure d'amaigrissement du secteur public en mettant fin au statut de la fonction publique

Une relance sous fond de grève massive du secteur public et de coupes sombres dans l'administration est vouée à l'échec.

Gambetta a écrit:

- On peut aussi imaginer une vente d'une partie de l'or de la Banque de France, ce qui permettrait de profiter un peu de la hausse très importante de l'or qui a eu lieu ces 3 dernières années.

On vend une partie de nos actifs pour financer un plan de relance ou rembourser les dettes?

Concrètement, je pense qu'il va falloir un défaut partiel d'une partie des dettes (au prix du mécontentement des 70% de Français qui possèdent une assurance-vie. Et ensuite, une renégociation des traités avec probablement une mutualisation des dettes, mais aux conditions de l'Allemagne et au prix de l'abandon de la souveraineté budgétaire.

"Les hommes qui disent que les femmes sont frigides sont de mauvaises langues" Guitry

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Broz a écrit:

Ben justement la guerre c'est le lieu de toutes les atrocités et surtout de tous les dommages collatéraux.
Tu veux pas plutôt faire la révolution, et plutôt qu'invoquer Clémenceau cet assassin des travailleurs, invoquer genre Mao ou Lénine ?

Qui n'ont pas tué de travailleurs eux!

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Absence de nouveau plan de rigueur ? pourquoi ?

-    Osef, les Usas ont perdu le leur, c’est pas la fin du monde; de plus malgré son triple A la France paye déjà plus cher ses taux d'intérêts... (mais c’est contraire au paradigme du «   triple A est notre bien le plus précieux » et à sa portée politique) 

-    Les agences de notation savent que quand elles vont dégrader les notes, elles vont lâcher les « chiens de guerre » contre l’économie (et contre elles indirectement) , donc Fillon se dit j’ai, à tord ou à raison, encore un peu de temps pour un « ajustement budgétaire »..(richesse de la langue française, je plussoie). Genre une fois Noël et nouvel an passé..

-    Naïf à croire sincèrement que la modification des traités (si importante soit elle) calmera profondément et durablement les agences de notation et les marchés.

-    Fillon est gaulliste «  je ne prends pas ma politique à la corbeille » et séguiniste /souverainiste, il sait très bien qu’il faut un nouveau plan de rigueur ou autre richesse sémantique…Mais l’annoncer le lendemain de l’annonce par S et P, c’est pas qu’il veut pas, c’est qu’il peut pas….D’autant que politiquement ça donnerait du grain à moudre aux extrêmes : «  regardez comme ils sont trop soumis aux marchés, la France n’a pas de souveraineté »

-    On a demandé au père noël son intervention salutaire et comme il est sympa et membre de l’Europe( Laponie/Finlande/Suède) y a bon espoir


Liste non exhaustive

Si vous avez construit des châteaux dans les nuages, votre travail n'est pas vain ; c'est là qu'ils doivent être. À présent, donnez-leurs des fondations!..

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Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

- L'Allemagne se déclare pessimiste sur le sommet européen de vendredi.
- Le PS ne votera pas la règle d'or, pour de très justes raisons. En revanche il mettra en oeuvre une action en or, beaucoup plus opérationnelle, s'il accède aux responsabilités.

L'accord de lundi, décidé à deux, ne peut en aucun cas passer sans que tous les autres acteurs du système français et européen ne s’accordent avec Nicolas Sarkozy et Angela Merkel.

En ce qui concerne Nicolas Sarkozy, il est évident que l'on ne va pas lui donner un quitus de saine gestion des finances publiques, lui qui a creusé comme jamais les déficits et accumulé comme jamais de la dette publique supplémentaire. En ce qui concerne Angela Merkel, nul n'a envie en Europe d'abonder dans le sens de quelqu'un qui a démontré depuis 2 ans une totale absence de vision et d'ouverture en refusant toute contrepartie aux mesures de rigueur qu'elle exige.

Aussi je suis entièrement d'accord avec ceux qui disent que l'accord de lundi est un accord pour rien. En plus, faire croire que l'on fera passer un nouveau traité en trois mois est totalement absurde. Un nouveau traité, ça prend plusieurs mois voire des années à être élaboré. Il aurait fallu des mesures rapide, et pas un renvoi à l'avenir... Ca fait 2 ans que l'on renvoie à l'avenir...

Je suis très en colère contre les dirigeants allemands et Français qui ont été incapables de proposer une solution pérenne et intelligente, équilibrée et efficace. ils porteront au regard de l'Histoire une très lourde responsabilité sur l'incapacité de l'Europe à acquérir les mêmes pouvoirs et prérogatives que les autres grandes puissances (USA et Chine). Je ne comprends pas, et je suis un peu désabusé devant cette volonté de rester manchot devant la gravité de la situation. C'est vraiment triste et honnêtement, j'ai honte d'être dirigé par des dirigeants aussi peu à la hauteur.

Un juste accord aurait été un accord avec des contreparties et des concessions de part et d'autre :
euro-obligations contre règle d'or.

Keitaro : si la perte du triple A américain n'a pas eu de conséquence sur les taux obligataires américains, c'est néanmoins l'un des gros déclencheurs de la crise financière cet été...

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

gustave a écrit:
Broz a écrit:

Ben justement la guerre c'est le lieu de toutes les atrocités et surtout de tous les dommages collatéraux.
Tu veux pas plutôt faire la révolution, et plutôt qu'invoquer Clémenceau cet assassin des travailleurs, invoquer genre Mao ou Lénine ?

Qui n'ont pas tué de travailleurs eux!

"That was a joke." - Maggie Robbins, The Dig

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Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Après avoir réalisé un accord désinvolte à deux, voilà que M. Sarkozy met la pression sur le sommet, peut-être conscient à l'arrivée que ce n'est pas comme ça que les choses fonctionnent et que l'on n'impose pas de cette façon un traité aux autres partenaires européens. "Il n'y aura pas de seconde chance", dit-il.

Outre le fait que nous sommes déjà, depuis 2 ans, à la 6 ou 7 ème chance... Il est é-vi-dent que ce n'est pas comme ça que l'on construit un accord à 27, ni même à 17.

Que de désinvolture depuis 4 ans, à la tête de la France, et ça veut donner des leçons à l'arrivée ! Mais laissez-moi rire, ou pleurer. Au mieux, on aura droit à des annonces et à un traité qui intégrera des dispositions qui existent déjà dans le Pacte de Stabilité (sincèrement j'aimerais me tromper).

Ce n'est pas autour d'un déjeuner en tête à tête le lundi, avec 4 idées pas claires sur un bout de table, idées qui ne vont que dans un sens et écartent TOUTES les mesures sérieuses et à court termes appelées par l'ensemble des économistes et des investisseurs et par la raison de l'urgence elle-même - à savoir les euro-obligations en contrepartie de la rigueur demandée par l'Allemagne - que l'on arrive à créer un accord le vendredi. Tous les traités réalisés jusqu'ici ont demandé des mois de préparation, en amont, en élaboration et en ratification...

J'aimerais me tromper, et entendre que tout le monde s'est mis d'accord demain soir, mais j'ai beaucoup de mal à y croire. Angie et Nico ont traité leurs partenaires avec le plus grand mépris, et déjà en Angleterre, en Finlande et ailleurs, les bases politiques et citoyennes, les cours constitutionnelles sont en train de dénoncer cette procédure d'accord et l'accord de lundi lui-même.

Nous allons assister à la plus vaste déroute politique du couple merkozy de toute son histoire. C'est peu étonnant pour un duo qui est depuis deux ans incapable de quelconque réussite sur le front de la résolution d'une crise dont TOUTES les solutions sont sur la table depuis le début et qu'ils persistent à refuser par rigidité idéologique, médiocrité politique et absence de vision économique.
Les américains ont donc gagné. Ils sont parvenus à semer une zizanie sans retour en Europe en détournant les yeux du monde de leurs propre dette publique et privée bien plus élevée que celle de la zone euro. La défiance qui aurait du se concentrer sur l'énorme dette américaine s'est focalisée sur quelques souveraines européennes (la Grèce, 2% du PIB européen...), provoquant une contagion procyclique par le simple jeu des anticipations auto-réalisatrices. La zone euro qui est au bord de la chute et ces deux irresponsables politiques en porteront la responsabilité historique.

Pour le reste, les responsables politiques et économiques du monde entier ont mis en place ces deux dernières décennies toutes les bases pro-cycliques de destruction économique : normes comptables IFRS dévastatrices à la baisses, agences de notation aux annonces sur-impactantes, marchés financiers dé-corrélés des fondamentaux, délocalisations qui, après avoir détruit les tissus industriels des pays développés vont se transformer dans les années à venir comme des pièges (pièges à technologies, pièges à salaires qui vont augmenter là-bas, coûts invisibles induits par les systèmes juridiques défavorables aux entreprises qui s'y sont installées, sans parler des dumpings monétaire, social et environnemental sur lesquels joue la Chine pour tuer la concurrence...). Quant à l'Europe, toujours incapable de prendre en main sa souveraineté, refusant de prendre en main les piliers de sa souveraineté.

On a tort de ne se focaliser que sur les dettes publiques européennes qui certes sont élevées, mais elles auraient très bien pu être gérées à conditions que nous ayons pris en main les moyens nombreux qui permettent de gérer ce genre de situations : levier monétaire, levier budgétaire européen, politique industrielle. Nous avons en Europe fait le choix de nous lier les mains. Nous en payons le prix. Mais je suis très très en colère de cette situation que les dirigeants politiques et économiques des générations passées nous ont imposé par un manque criant de vision et d'intelligence. Et nous arrivons aujourd'hui à la fin du cycle.
Les dirigeants actuels devaient passer la main et "cuver" leurs échecs.

469

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Un accord à 27 semble a priori difficilement imaginable au vu de diverses réactions d'Etats non membres de la zone euro. Un accord à 17 va cependant très certainement intervenir. Il y aura certainement quelques points difficiles : - celui de donner un aspect bancaire au futur mécanisme européen de stabilité (MES) qui remplacera le FESF, et que l'Allemagne continue de bloquer,
- la question du niveau de déficit à partir duquel les sanctions automatiques se mettront en oeuvre (on parle actuellement de 0,5% du PIB !)
-  la question des euro-obligations qui reviennent (assez logiquement) par la fenêtre puisque c'est la solution la plus forte et la plus pérenne parmi toutes les options sur la table.

Mais il y aura un accord, je veux l'espérer.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Un premier accord est intervenu, sur un durcissement des règles budgétaires, avec des règles d'or partout et des sanctions automatiques. Et ce, à 27.

Edit : en fait non, à 23 ! Seuls 4 pays restent en dehors de cet accord : UK, Suède, Rep. Tchèque et Hongrie.

Edit 2 : finalement ce sera à 26, la Grande Bretagne restant à l'écart.

Last edited by Greg (09-12-2011 11:52:55)

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Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Pas mal d'éléments nouveaux, aujourd'hui.

Les adjudications obligataires et espagnoles d'aujourd'hui se sont très bien passées. L'Espagne a pu lever 10 Md€ alors que 4-5 étaient envisagés, et l'Italie a pu lever à un taux assez diminué par rapport à la dernière adjudication. Il s'agissaient d'émission de titres à court et moyen terme, et il faudra voir ce qu'il en sera pour les émissions à long temre (les plus sensibles).

Les banques qui ont mis en réserve les fonds apportés à 1% par la BCE fin décembre vont donc probablement les utiliser de façon progressive, au cours de l'année, pour ces émissions obligataires, ce qui signifie que l'on devrait assister à une détente prolongée sur les taux d'obligations souveraines.

Autre point intéressant à relever, il semble que les marchés financiers, dans cette perspective, ne trouvent plus autant, comme il y a quelques mois, de "relais de décroissance", c'est à dire d'éléments objectifs ou subjectifs de revente massive ou de prises de positions vendeuses structurelles ; résultat, les 3150 voire les 3200 pour le CAC tiennent bon, avec une perspective de rattraper les 17% d'écart avec les indices américains sur l'année 2011. En outre, les portefeuilles extra-européens qui contenaient des valeurs européennes se sont déjà délestés au maximum. Les cours des titres sont si bas, que l'on devrait assister pendant les jours qui viennent à des rachats à bon comptes. A condition que de mauvaises nouvelles n'interviennent pas entre temps (sur la négociation de la dette grecque avec les banques créditrices, ou sur les notations des pays encore à triple A).

La lucidité semble donc revenir, et les sombres et fantaisistes spéculations sur d'improbables défauts souverains (comme pour l'Italie) pourraient bien disparaître, même si on se sort pas indemne de 6 mois de volatilité extrême des cours sur la confiance à apporter aux marchés financiers. Cette crise financière d’origine psychologique (voire d'origine "provoquée") a tout même marqué un frein à la croissance de l'économie réelle qui mettra quelques mois à repartir. Autrement dit, j'ai confiance, et je crois depuis le début que cette crise provient du fait  que les acteurs financiers ont abandonné l'analyse fondamentale en sombrant dans une panique latente, panurgique, purement "spéculative" ou "transcendantale" et fort éloignée de la situation économique réelle qui prévalait au début de cette crise.

Dans cette perspective, la baisse de l'euro peut être interprétée comme une facteur d'optimisme, notamment pour les exportations. Cette détente permettra probablement à moyen terme d'attendre une diminution des déficits commerciaux des Etats-membres européens déficitaires, et probablement une augmentation du solde excédentaire pour l'Allemagne,qui présente d'excellents chiffres : chômage au plus bas, 3% de croissance en 2011, un excédent commercial de 150 Md€. Ca laisse songeur...

Un sujet d'inquiétude néanmoins : les prix du pétrole, qui repassent au-dessus des 100$, avec des problèmes possibles avec l'Iran et des problèmes inter ethnique au Nigéria.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

La France perd son triple A mais que fait le forum ?? ( ne demande pas ce que fait le forum mais ce que tu ..)

A moins d'une fake information à la Beckham...

Ironie de l'histoire ,cette perte a lieu un vendredi 13 ...De quoi donner du grain à moudre aux paraskevidékatriaphobistes...
et  il y a 5 ans - 1 jour , notre président rentrait officiellement en campagne ...

Uchronie de l'histoire, Royal aurait elle empêché cette perte du triple A ?  j'en doute très fortement...

Si vous avez construit des châteaux dans les nuages, votre travail n'est pas vain ; c'est là qu'ils doivent être. À présent, donnez-leurs des fondations!..

473

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Cela s'inscrit dans la stratégie de guerre économique d'organisations financières américaines contre l'UE depuis 6 mois, et le fait que cela intervienne justement à un moment où l'on recommençait à espérer pour la suite me paraît tout à fait révélateur. Dès qu'un vent d'optimisme souffle sur l'Europe depuis 6 mois, Agences de notation et analystes sont là pour plomber l’atmosphère et susciter les baisse et les craintes excessives et fallacieuses.

Bien que gérée calamiteusement depuis 5 ans, a France ne présente absolument aucun risque de défaut et cette baisse de la notation est purement arbitraire et aucunement fondée sur quelconque élément factuel.

En ce qui me concerne je suis pour une réaction assez simple de la France à l'égard de cette agence : lui faire payer le surcoût que cette décision fait peser sur les taux obligataires français. D'ailleurs, on se souvient des cris d'orfraie du gouvernement lorsque S&P avait dégradé par erreur la France il y a 2 mois : strictement rien n'avait été fait par la suite !

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474

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Greg a écrit:

En ce qui me concerne je suis pour une réaction assez simple de la France à l'égard de cette agence : lui faire payer le surcoût que cette décision fait peser sur les taux obligataires français.

C'est-à-dire ?

"What we have today is a generation of people that have been raised believing in Evolution, which says rights come from the government.", Kent Hovind

475

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Greg a écrit:

En ce qui me concerne je suis pour une réaction assez simple de la France à l'égard de cette agence : lui faire payer le surcoût que cette décision fait peser sur les taux obligataires français.

Je propose d'étendre cette mesure à tous les facteurs d'augmentation des taux, notamment aux journalistes et à toutes les personnes publiques qui critiquent le niveau de la dette française et mettent en doute la solvabilité de la France.

476

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Pour mémoire :

LES 10 CONSÉQUENCES DE LA PERTE DU TRIPLE A

Créé le 16-12-2011 à 13h19 - Mis à jour le 13-01-2012 à 21h21 

Par Donald Hebert

Hausse des taux d'intérêts, menace sur le système bancaire, augmentation des prix : la dégradation de la note de la dette de la France passée au crible.

"Ce serait une difficulté de plus", avait déclaré Nicolas Sarkozy lundi 12 décembre. Mais "pas un cataclysme", a poursuivi le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé mercredi 14 décembre.

Les commentaires des responsables politiques sur la dégradation de la note de la France par Standard and Poor's évoluent au rythme de la crise européenne. Nicolas Sarkozy n'avait-il pas glissé il y a quelques temps : "Si on perd le triple A, je suis mort" ?

Ainsi, après avoir fait de la préservation de la note souveraine l'indicateur sacré de la réussite de sa politique, la majorité tente d'en minimiser l'impact auprès de l'opinion. Mais quelles seront les conséquences réelles de la perte du AAA en France ?



1. Une hausse des taux d'intérêts

C'est un avertissement pour les créanciers de la France. Le triple A, décerné par les agences de notation comme Standard and Poor's, indiquait que le risque de non-remboursement de la dette française était quasi nul. Rassurant pour les investisseurs à la recherche de placements sûrs, qui acceptaient de lui prêter à taux bas. Vont-ils désormais réclamer des taux supérieurs pour couvrir ce risque ?

2. Une confirmation de la crise

Se basant sur les analyses du Fonds monétaire international, sur les notes des deux autres grandes agences (Moody's et Fitch) et surtout, sur les analyses des banques, les investisseurs n'ont pas attendu la perte du triple A pour paniquer.

La preuve de cette anticipation ? Avant sa dégradation, les taux d'intérêts des emprunts réalisés par l'Agence France Trésor n'ont cessé de monter ces dernières semaines, notamment par rapport à l'Allemagne. Et d'ailleurs, l'annonce, en décembre, de la mise sous surveillance par S&P de la note française a à peine fait ciller les marchés.

Cela dit, bien qu'anticipée, une dégradation n'arrange rien à la situation, car la France n'est pas le premier marché de la dette. Contrairement aux Etats-Unis qui, de ce fait, paient moins chers leurs emprunts aujourd'hui, bien qu'ils aient perdu leur triple A l'été dernier.

3. La fuite des investisseurs

En décembre, Standard and Poor's avait mis sous surveillance quinze pays européens, mais elle avait ciblé plus particulièrement la France, en menaçant de lui retirer deux crans. "Si tous les pays de la zone sont dégradés d'un cran, c'est moins grave pour la France : les investisseurs ne la délaisseront pas au profit de ses voisins", expliquait Pascal Canfin, eurodéputé Verts et fondateur de Finance Watch, le Greenpeace de la finance.

Les fonds de pension, qui gèrent les actifs des retraités, ne prendront aucun risque : ils se tourneront mécaniquement vers les pays les mieux notés.

4. Le début d'un cercle vicieux

La dette de la France est de plus de 1.600 milliards d'euros. Le montant des intérêts est supérieur au plus gros budget de l'Etat. Et ce n'est pas fini : la France devra emprunter près de 180 milliards d'euros pour son financement public en 2012.

La poursuite de la hausse des taux d'intérêts signifierait une nouvelle réduction des marges de manœuvre du gouvernement. Notamment pour réformer l'Etat, relancer l'investissement et mettre en place une économie compétitive. Sans quoi il est impossible pour la France de retrouver une croissance suffisante pour réduire sa dette !

5. Une action de la banque centrale

La BCE n'est pas censée acheter des obligations souveraines. Son indépendance, gravée dans le marbre par les traités européens, lui interdit de financer un pays. Cependant, face au risque d'écroulement du système, elle a tout de même racheté des obligations grecques, irlandaises, portugaises, espagnoles et italiennes ces derniers mois.

Son but ? Restaurer la confiance sur les marchés obligataires et enrayer la hausse des taux, afin de sortir ces pays du cercle vicieux. En cas de déclenchement d'un tel phénomène en France, la BCE interviendra-t-elle ?

6. Une menace sur le système bancaire

Quelques jours après la menace de déclassement de la France, Standard and Poor's a placé les banques françaises sous surveillance. Son exécution entrainera-t-elle une nouvelle dégradation du système bancaire ?

Là encore, les marchés ont sûrement anticipé. Les règles prudentielles européennes obligent les banques à détenir une proportion minimum de dette souveraine dans leur bilan, considérée il y a peu de temps comme un actif sûr.

Mais "elles vont avoir besoin de financement au premier trimestre 2012", expliquait récemment Moritz Krämer, analyste chez S&P. Il estime à 200 milliards d'euros le montant des crédits arrivant à maturité pour une cinquantaine de banques européennes au premier trimestre 2012. Les banques françaises vont devoir vendre des actifs qu'elles avaient gardés jusqu'ici. Les prix étant bas sur les marchés, elles vont afficher des pertes dans leurs comptes. D'où les milliers de suppressions de postes annoncées cette année.

Conséquence de cette menace sur les banques : une hausse probable des taux d'intérêts pour les crédits aux entreprises et aux particuliers.

7. Une dégradation des institutions publiques

Certaines entités, disposant de la même signature que l'Etat pour leurs emprunts, devraient être dégradées. L'Unedic, la Caisse des dépôts et consignations (CDC), Réseau ferré de France (RFF), perdraient tous leur AAA. Même chose pour La Poste dont le coût de financement augmenterait.

Quelle conséquence pour la CDC, qui doit justement venir en aide à l'assureur Groupama et à la banque Dexia ? Ou pour la banque de financement des PME Oseo ? "Bénéficiant d'autres sources de financement que les marchés, elle ne sera pas nécessairement contrainte d'augmenter les taux pour ses clients dans un premier temps", explique un de ses cadres. Mais à plus long terme, il est possible qu'elle doive le faire dans certains cas. Reste à savoir lesquels, et quand.

8. Une augmentation des prix pour les particuliers

L'Etat participe au capital d'EDF, la SNCF, GDF-Suez, Air France-KLM, EADS, France Telecom, Renault, etc. A leur tour, ces grosses entreprises pourront voir leurs coûts de financement augmenter. Cela posera notamment problème aux filiales les moins solides, pour lesquelles la garantie de l'Etat est précieuse.

"Difficile de savoir quand se matérialiseront les conséquences de la perte du triple A pour les clients. L'impact sera probablement inégal et réparti sur plusieurs années", affirme Karine Berger, conseillère de François Hollande pour l'économie.

9. Un nouveau risque pour les collectivités locales

Leur système de financement par les banques est "en train d'exploser" affirme une analyste chez S&P. Leur budget dépend pour moitié des subventions de l'Etat, et elles utilisent sa garantie pour se financer ailleurs à des prix raisonnables. Et "parmi elles, il y a des centaines de petite Grèce", affirme Karine Berger.

10. Un tournant dans l'élection présidentielle

A qui profite la pression des agences ? Pour le président socialiste de la commission des Finances, Jérôme Cahuzac, "en acceptant par avance une dégradation et en refusant de mener une politique de redressement juste et efficace qui permettrait de l'éviter, Nicolas Sarkozy privilégie son intérêt électoral de court terme plutôt que l'intérêt de moyen et de long terme des Français".

François Hollande avait ajouté en décembre : "Je ne sais pas ce qui se passe avec le triple A mais pour l'instant il y a un triple échec de Nicolas Sarkozy: échec par rapport à l'obligation de croissance, nous sommes en récession, échec par rapport à l'objectif de réduire le chômage, échec par rapport à la réduction des déficits".

Ce qui est certain, c'est que les 500 milliards de dette supplémentaire occasionnés par les 5 ans de politique économique de Sarkozy sont très clairement responsables de cette dégradation.

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477

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Nous pensons également que cet accord se base sur un diagnostic incomplet des causes de la crise,
à savoir que les turbulences financières actuelles proviendraient essentiellement du laxisme
budgétaire à la périphérie de la zone euro. Nous pensons pour notre part que les problèmes financiers
auxquels la zone doit faire face sont au moins autant la conséquence de l'accroissement de
déséquilibres extérieurs et de divergences en matière de compétitivité entre les pays du noyau dur de
la zone et les pays dits « périphériques ».
Il nous semble donc qu'un processus de réformes basé sur le seul pilier de l'austérité budgétaire
risque d'aller à l'encontre du but recherché, à mesure que la demande intérieure diminue en écho aux
inquiétudes croissantes des consommateurs en matière de sécurité de l'emploi et de pouvoir d’achat,
entraînant l'érosion des recettes fiscales.
Par conséquent, nous avons ajusté à la baisse le score « politique et institutionnel » de la France,
conformément à nos critères de notation des Etats Souverains. Cette décision traduit notre opinion
selon laquelle l’efficacité, la stabilité et la prévisibilité des politiques et des institutions européennes
n'ont pas été suffisamment renforcées au regard de l’intensité de ce que nous estimons être une crise
financière qui s'accroît et s'aggrave au sein de la zone euro.

Bravo Sarkozy, bravo l'intergouvernemental et la rigueur!

478

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Greg a écrit:

Les cours des titres sont si bas, que l'on devrait assister pendant les jours qui viennent à des rachats à bon comptes. A condition que de mauvaises nouvelles n'interviennent pas entre temps (sur la négociation de la dette grecque avec les banques créditrices, ou sur les notations des pays encore à triple A).

C'est beau parce que les deux éléments en questions sont intervenus le lendemain de mon post :

- la négociation avec la dette grecque a été suspendue car le lobby bancaire remet en cause l'accord sur lequel il s'était engagé. La réaction des Etats à une rupture unilatérale de ce lobby devrait être forte. Mais comme on le voit depuis tant de mois, la faiblesse de l'Europe va-t-elle encore se manifester, ou bien pour une fois, la souveraineté des Etats primera les stratégie du lobby bancaire ?

- Quant à la notation triple A, on sait ce qu'il en est advenu depuis...

Et ce qui est terrible, c'est que les raisons pour lesquelles S&P a dégradé la France sont toutes les raisons dénoncées depuis si longtemps sur ce forum : l'incapacité à mettre en place une gouvernance européenne digne de ce nom, et le fait que les divers plans de sauvetage depuis 6 mois ne marchent que sur un pied, celui de l'austérité, en restant paralysé du côté de la relance au niveau européen du fait du refus de Merkel d'accepter les euro-obligations... Et de ce point de vue, on est obligé de relever que la stratégie d'Angela Merkel est en partie responsable de cet état de fait, tout comme la politique économique de Nicolas Sarkozy, finançant par un gros morceau de dette de beaux cadeaux fiscaux aux plus riches. Le problème pour l'Allemagne, c'est qu'elle paiera d'une façon ou d'une autre (à moins de dissoudre la zone euro en laissant tout tomber) ce positionnement à courte vue, que ce soit par un renchérissement des taux d'emprunt du FESF, ou par l'obligation de payer plus pour le sauvetage des pays en difficulté si elle souhaite continuer l'aventure de la zone euro.

Fait révélateur pour finir, sur l'incapacité de Nicolas Sarkozy à élaborer de justes et efficaces stratégies de sortie de crise, sa seule réaction à cette dégradation fut d'annoncer qu'il "s'adressera aux Français à la fin du mois. Répondre aux dures réalités économiques et sociales par des discours et de la communication, ça ne marche tout simplement pas.

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479

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Je discutais avec un haut fonctionnaire récemment qui ne s'expliquait pas pourquoi NS n'arrivait pas à obtenir plus de Merkel dans leurs négociations. Que ce soit sur les questions de relance ou de gouvernance, elle rejette tout en bloc.
Peut-on espérer un changement de ce point de vue avant les élections allemandes ?

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Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Rayan a écrit:

Je discutais avec un haut fonctionnaire récemment qui ne s'expliquait pas pourquoi NS n'arrivait pas à obtenir plus de Merkel dans leurs négociations. Que ce soit sur les questions de relance ou de gouvernance, elle rejette tout en bloc.
Peut-on espérer un changement de ce point de vue avant les élections allemandes ?

Non mais tu peux espérer que les élections allemandes auront lieu avant 2013. Et parti comme c'est le FDP ne sera meme plus au parlement.

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Rayan a écrit:

Je discutais avec un haut fonctionnaire récemment qui ne s'expliquait pas pourquoi NS n'arrivait pas à obtenir plus de Merkel dans leurs négociations. Que ce soit sur les questions de relance ou de gouvernance, elle rejette tout en bloc.
Peut-on espérer un changement de ce point de vue avant les élections allemandes ?

Aucune chance qu'elle plie... Sarkozy ferait de même, si les données économiques étaient inversées...

"Un gamin de 18 ans tutoie une mama en boubou, oubliant qu'on ne donne plus du camarade dans le coin depuis une paie."

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Bon en même temps, ce que je ne pige pas, c'est toute la critique autour de Sarkozy et sur la perte du triple A, alors que même en gardant cette note, dans les faits, on emprunte depuis 4 mois à un taux normalement attribué à une note AA+

Sur le fond, je vois pas trop ce que ça change sérieusement. Greg, je te trouve spécialement hypocrite de dire "il faut faire payer le surcout aux agences de notation", alors qu'au regard des taux, ce n'est que la note qu'elle devrait normalement avoir.

Last edited by kobayashi (16-01-2012 12:50:47)

"Un gamin de 18 ans tutoie une mama en boubou, oubliant qu'on ne donne plus du camarade dans le coin depuis une paie."

483

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Une anecdote : Un ami qui bosse dans une agence de notation me disait ce we que la plupart des salariés pensaient que leurs modèles (concernant les probas de défaut) étaient mal adaptés pour évaluer la notation des pays (mais plutôt bons pour celles des entreprises). Ca en dit long...

484

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Elessar a écrit:
Rayan a écrit:

Je discutais avec un haut fonctionnaire récemment qui ne s'expliquait pas pourquoi NS n'arrivait pas à obtenir plus de Merkel dans leurs négociations. Que ce soit sur les questions de relance ou de gouvernance, elle rejette tout en bloc.
Peut-on espérer un changement de ce point de vue avant les élections allemandes ?

Non mais tu peux espérer que les élections allemandes auront lieu avant 2013. Et parti comme c'est le FDP ne sera meme plus au parlement.

Le FDP n'est pas président?

485

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

kobayashi a écrit:

Sur le fond, je vois pas trop ce que ça change sérieusement.

Tout ce qui est de près ou de loin lié à l'etat est dégradé de la même façon, et la liste des organismes et entreprises concernées est longue...

kobayashi a écrit:

Greg, je te trouve spécialement hypocrite de dire "il faut faire payer le surcout aux agences de notation", alors qu'au regard des taux, ce n'est que la note qu'elle devrait normalement avoir.

Hypocrite, non. Plutôt très énervé.

Quant au reste de ta remarque, les taux longs de la France ont déjà augmenté de 0,3% ce matin, ce qui est relativement peu certes, mais attendons de voir ce qu'il en sera sur une durée de, disons 6 mois... C'est un processus similaire qui a mené les taux italiens à plus de 7% jusqu'à la fin de 2011...

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
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Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Greg a écrit:

Quant au reste de ta remarque, les taux longs de la France ont déjà augmenté de 0,3% ce matin, ce qui est relativement peu certes, mais attendons de voir ce qu'il en sera sur une durée de, disons 6 mois...

AFP a écrit:

La France emprunte 8,59 milliards d'euros à des taux en baisse malgré la perte du AAA :

L'Agence France Trésor (AFT), qui gère la dette de la France, a annoncé lundi avoir levé 8,59 milliards d'euros de bons du Trésor à taux fixe et intérêts précomptés (BTF) à des taux en baisse malgré la perte du triple A de la France.

Trois jours après la dégradation de la note de la dette française par l'agence de notation Standard and Poor's (SP), les taux auxquels emprunte le Trésor français sur des échéances à court terme reculent par rapport à ceux de la semaine dernière.

"Une bonne nouvelle qui prouve concrètement que la dégradation de la France était déjà largement intégrée sur les marchés", a commenté Jean-François Robin, stratégiste obligataire chez Natixis.

Mais le vrai test aura lieu jeudi quand le Trésor va faire appel au marché pour une somme comprise entre 7,5 à 9,5 milliards d'euros sur des échéances à long terme.

La demande a été soutenue pour cette adjudication de BTF, l'offre des investisseurs ayant été environ le double du montant proposé par l'AFT.

Sur la ligne de BTF à 12 semaines, à échéance le 12 avril, l'AFT a adjugé 4,503 milliards d'euros au taux moyen pondéré de 0,165% contre 0,166% lors de la précédente opération, le 9 janvier.

Sur la ligne de BTF à 25 semaines, à échéance le 12 juillet, l'AFT a adjugé 2,192 milliards d'euros au taux moyen pondéré de 0,281% contre 0,286% lors de la précédente émission, également le 9 janvier.

Enfin, sur la ligne de BTF à 51 semaines, à échéance le 10 janvier 2013, l'AFT a adjugé 1,895 milliard d'euros au taux moyen pondéré de 0,406% contre 0,454% lors de la dernière adjudication, le 9 janvier.

http://www.boursorama.com/actualites/la … 5546c247b1

Last edited by sabaidee (16-01-2012 17:40:11)

"Les hommes qui disent que les femmes sont frigides sont de mauvaises langues" Guitry

487

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

C'est vrai, cette hausse de 0,3% était en cours en milieu de journée sur les marchés secondaire de dette. Tant mieux si les investisseurs ne surréagissent pas à cette annonce de dégradation sur les marchés primaires.

Ces premières évolutions laissent penser que l’Etat en tant que tel sera moins affecté que ses organismes satellites autonomes.

Mais encore une fois, patience pour voir l'intégralité des effets de cette dégradation. J'espère de tout coeur qu'ils seront les plus limités possibles, et que malgré ce coup de semonce, la croissance va repartir et l'économie reprendra là où elle s'est arrêté au début de l'été dernier.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
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488

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Oui, prions tous ensemble pour un retour de la croissance.

489

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Mes frères a écrit:

Oui, prions tous ensemble pour un retour de la croissance.

Le Vatican, quelle note souveraine?

490

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Banca Vaticano a écrit:
Mes frères a écrit:

Oui, prions tous ensemble pour un retour de la croissance.

Le Vatican, quelle note souveraine?

Bah, c'est évident : BB-. En ces temps de crise, le marché des enfants leur devient de plus en plus inaccessible.

491

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Suite logique des évènements : c'est le tour du FESF. "L'agence de notation Standard & Poor's a annoncé lundi 16 janvier qu'elle abaissait la note à long terme du Fonds européen de stabilité financière (FESF), la dégradant de AAA à AA+."

492

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Rayan a écrit:
Greg a écrit:

En ce qui me concerne je suis pour une réaction assez simple de la France à l'égard de cette agence : lui faire payer le surcoût que cette décision fait peser sur les taux obligataires français.

C'est-à-dire ?

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493

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

En l'occurrence, ce sont plutôt les mauvaises décisions jusque 2008 qui sont mises en cause.

"What we have today is a generation of people that have been raised believing in Evolution, which says rights come from the government.", Kent Hovind

494

Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Il y a avant 2008, et puis il y a en 2010 et 2011 :

La police italienne a effectué jeudi des perquisitions au siège de l'agence de notation de Standard and Poor's (S&P) à Milan dans le cadre d'une enquête pour manipulation de marché ouverte en 2010 contre Moody's et élargie ensuite à S&P, a indiqué un avocat de S&P.

"Il s'agit de perquisitions", dans le cadre "d'une enquête du parquet de Trani (sud)", a déclaré à la presse Giuseppe Fornari, avocat de l'agence, qui a assuré ne pas en savoir plus.

Une source proche de l'enquête à Milan a confirmé à l'AFP ces perquisitions, effectuées par la police financière de Bari (sud) sur ordre du parquet de Trani, mais sans donner plus de de détails.

La porte-parole de S&P à Milan n'était en revanche pas joignable dans l'immédiat.

Le parquet de Trani a ouvert fin 2010 une enquête pour manipulation de marché à la suite d'une plainte déposée par des associations de consommateurs contre un rapport de Moody's, concurrente de S&P, datant de mai 2010 à cause de l'effet négatif qu'il avait eu sur les cours de Bourse des banques italiennes.

Dans ce rapport, Moody's mettait en garde contre un risque de répercussion d'une éventuelle dégradation de la note de certains pays européens, comme l'Italie, sur leur système bancaire comme cela avait été le cas pour la Grèce.

L'enquête avait ensuite été élargie à Standard and Poor's après la publication de communiqués sur l'Italie durant le printemps et l'été 2011, le parquet estimant qu'ils contenaient des jugements infondés sur la péninsule ayant eu un effet négatif sur les marchés.

En mai, l'agence avait publié un communiqué pour annoncer qu'elle envisageait d'abaisser la note de l'Italie et en juillet un autre pour souligner que des "risques" pesaient encore sur les objectifs de réduction du déficit malgré la présentation d'un nouveau plan d'austérité.

S&P a depuis dégradé la note de l'Italie d'un cran en septembre et de deux crans vendredi dernier à BBB+.

Les agences de notation sont accusées d'accentuer la crise de la zone euro en dégradant la notation de pays européens à des moments clés.

Et puis si Baroin avait fait son travail, on aurait dû utiliser toutes les voies de droit (et en créer de nouvelles...) devant "l'erreur" de S&P de novembre dernier.

Au total, on constate que les diverses dégradations isolées opérées par cette agences ne sont que des opérations médiatiques et informationnelles dont il serait intéressant de décrypter les intérêts qu'elles servent. Les investisseurs ne semblent pas vouloir y prêter oreille pour le moment. Les émissions obligataires françaises et espagnoles d'ajourd'hui se sont fort bien passées avec une demande soutenue et des taux en forte baisse (il faut dire qu'avec les 500 milliards distribués à bas coût par la BCE, les banques préteuses ont des réserves et il est heureux qu'elles semblent s'en servir...). Ce faisant, il semble bien que cette agence ait dégradé sa propre crédibilité, après avoir déclenché il y a 6 mois et demi une période de défiance généralisée. On ne peut que s'en féliciter. On ne peut plus qu'espérer que cette agence termine comme Andersen Consulting. La roche Tarpéienne est toujours proche du Capitole.

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Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

(En fait c'est Arthur Andersen qui a disparu. Andersen Consulting est devenu Accenture après spin off - et avant Enron. A ne pas confondre avec Archibald Andersen, devenu Andersen Legal et disparu avec Arthur. C'était vraiment très intéressant.)

Quanf j'étais en conf de FiPu à Pipo (en des temps immémoriaux), on apprenait que c'était formidable la notation des collectivités publiques, car c'était formidable de pouvoir se financer sur les marchés. Ma culture financière étant assez pauvre à l'époque, c'est en conf de FiPu que j'ai appris l'existence et le métier de ces 3 agences.

Je me méfie de ces emballements médiatiques contre les boucs-émissaires tout trouvés. Avait-on tort hier, ou a-t-on tort aujourd'hui ?

Je précise que mon maître de conf de l'époque est aujourd'hui un adjoint au maire PS d'une grande collectivité territoriale. Ca ne veut pas dire que c'est la faute au PS, mais que ce genre d'idées était assez communément partagé.

Last edited by Bouh (19-01-2012 15:48:21)

"Moult a appris qui bien connut ahan"

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Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Merci pour cette piqûre de rappel bouh !

La situation sur le front des dettes périphériques connaît de nouveaux remous.

Au cours de la négociation sur l'abandon de créance grecque de la part des créanciers privés, la Grèce avait réussi à jouer dans un premier temps un joli coup en allant au-delà des 50% de dette abandonnés, et en faisant accepter aux créanciers privés d'aller jusqu'à 65%.

Problème, il restait à déterminer les taux d'intérêts sur les futures obligations grecques données en échange des anciennes - décotées - la Grèce ne pouvant plus, depuis maintenant plus de 6 mois, aller se financer sur les marchés (les taux secondaires sur la dette grecque s'élevait à plus de 30% ce qui rendait toute émission absolument impossible). Les créanciers privés refusent d'aller en deçà de 4%, ce qui serait déjà très coûteux pour la Grèce, et risquerait de faire remonter trop rapidement le montant de sa dette (ceci dit, quand on voit que l'Italie continue d'emprunter à plus de 6%...). Il faut dire que les créanciers privés ont déjà accepté beaucoup de choses, car accepter un abandon de créance de 65% sans actionnement des Crédit Défault Swaps (les CDS, des titres assuranciels normalement - mais pas obligatoirement - adossés aux titres de dette) constitue une perte sèche dans les bilans bancaires. Alors certes, cela permet d'éviter un défaut qui aurait des conséquences économiques encore plus néfastes que cette perte sèche bilancielle qui n'est au fond que comptable.

Mais voilà que cette nuit, l’Eurogroupe a ajouté des difficultés à une négociation qui était déjà proche du gouffre (c'est en mars que la Grèce doit rembourser 14 Md€ de principal de dette, faute de quoi on est dans le défaut). A la Grèce, l’Eurogroupe conditionne toute nouvelle tranche d'aide (130 milliards sont promis...) à des efforts d'austérité supplémentaire, et demande à chaque parti politique grec de s'engager par écrit sur le respect de cet accord et sur les mesures d'austérité afin de garantir qu'en cas de changement politique ces accords ne soient pas mis à la poubelle ; au lobby bancaire (l'IFI - l'Institut de Finance Internationale, dirigée par Charles Dallara) elle demande d'accepter que les taux d'intérêt des obligations nouvelles qui seront données en échanges des anciens titres décotés soient inférieurs à 4%, voire inférieurs à 3,5%. Ce dernier élément a constitué le point d'achoppement des négociations la semaines dernières (négociations qui se sont poursuivies "par téléphone"... hem hem).

Les raisons de ces nouvelles demandes de l’Eurogroupe sont liées au fait que les finances publiques grecques n'ont à nouveau pas atteint les objectifs fixés, notamment du côté des recettes fiscales qui n'ont pas été à la hauteur de ce qui était attendu. Et on peut comprendre les raisons de ces difficultés, puisque les mesures d'austérité ont limité la croissance (ou plutôt aggravé la dépression) d'une part et l'avalanche de nouvelles taxes ont probablement suscité d'autre part dans la population de nouvelles stratégie de contournement fiscal...

En échange de ces demandes de l’Eurogroupe, ce dernier évoque de façon assez évanescente la possibilité d'allonger 500 milliards d'euros supplémentaire d'aide. Aucune confirmation effective n'a cependant été donnée sur ce point.

La position de l’Eurogroupe est à la fois rationnelle et dangereuse. Rationnelle car on ne peut pas lâcher la bride à la Grèce et continuer à laisser filer sa dette ; dangereuse car cette négociation est cruciale, et il serait approprié, lorsque l'on est au bord du gouffre, de calmer le jeu en ramenant les parties à la table de négociation, plutôt que d'ajouter des contraintes et des conditions alors qu'il est déjà difficile de s'accorder sur les éléments déjà sur la table...

Le risque principal est que le secteur bancaire pourrait avoir intérêt, finalement, à refuser l'accord afin d’entraîner le défaut et de bénéficier de l'actionnement des Crédit Défault Swap assurantiels. On entrerait alors dans un autre processus, celui du défaut pur et simple, et alors l’Eurogroupe aurait une responsabilité non négligeable dans l'échec de ces négociations en donnant au secteur bancaire une cartouche supplémentaire pour refuser cet accord. Dans le sens inverse, on peut estimer que l'eurogroupe exerce un soutien supplémentaire à la Grèce en soutenant sa demande de bénéficier de taux d'intérêts obligataires inférieurs à 4% afin de desserrer l'étau financier futur qu'aura à gérer la Grèce.

La Grèce se donne jusqu'à la deuxième semaine de février pour boucler l'accord et c'est en mars que l'on entrera dans une zone dangereuse, où la Grèce, faute de liquidité, ne pourrait plus faire face à ses échéances de remboursement du principal de dette, entraînant une faillite pure et simple. On basculerait alors dans un autre processus, celui de la gestion d'une faillite d'Etat où tout devient possible.

Ce qui est étonnant, c'est que l'Eurogroupe n'a pas intérêt à aller vers un tel défaut, car ce serait la crédibilité de toute la zone euro qui serait atteinte en son coeur, et on ne peut qu'être dubitatif devant cette stratégie du quitte ou double de dernière minute par lequel on prend le risque de donner au lobby bancaire un argument supplémentaire pour sortir purement et simplement de la table des négociations. Moi qui suis persuadé depuis le début de cette crise que l'on ne laissera pas la Grèce aller vers le défaut, je dois dire que j'estime que cette opération de l'Eurogroupe fait augmenter la probabilité de défaut.

Et derrière, il y a le Portugal, dont les taux courts sont plus élevés que les taux longs depuis mars 2011, ce qui est généralement un signe que l'on s'approche du défaut et d'ailleurs, le prix des CDS a atteint un nouveau record, signe que les marchés anticipent à tort ou à raison une forte probabilité de défaut (les agences de notation ayant dans cette perspective joué un rôle de pompier pyromane)...

Il me semble donc que l'Eurogroupe joue un peu avec le feu...

A côté de ces évènement, Standards and Poors continue à se lâcher en abaissant de façon totalement hallucinante la Caisse des Dépôt et de Consignation (ainsi que les autres banques françaises sauf la BNP), dans la foulée de l'abaissement de la France, ce qui est ma foi assez stupéfiant car la CDC ne présente strictement aucun risque de défaut. Mais on n'est plus à une agression près...

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Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Le Monde a écrit:

On ne peut exclure que la Grèce fasse défaut sur sa dette souveraine, déclare Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe, dans l'édition à paraître du magazine allemand Der Spiegel.

La Grèce, poursuit-il, ne peut pas tabler sur la solidarité des autres membres de la zone euro si elle n'applique pas les réformes qui ont été négociées dans le cadre du plan de sauvetage du pays. "Si nous devions établir que tout s'est mal passé en Grèce, il n'y aurait pas de nouveau programme [d'aide] et cela signifierait qu'ils devraient se déclarer en banqueroute en mars", dit le président du groupe des ministères des finances des pays de la zone euro.

Cette possibilité très réelle de défaut, ajoute-t-il, doit encourager Athènes à "muscler" la mise en oeuvre des réformes. Les négociations entre le gouvernement grec et ses bailleurs de fonds internationaux sur le versement d'un deuxième plan d'aide de 130 milliards d'euros, crucial pour éviter qu'Athènes se retrouve en cessation de paiement à la fin du mois de mars, se sont poursuivies samedi sans permettre de sortir de l'impasse.

http://www.lemonde.fr/crise-financiere/ … id=1508090

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Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Tout le monde s'en tape de la Grèce.

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Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Mais à quoi jouent les décideurs européens avec la Grèce ?

Les décideurs européens et la troïka ont imposé à la Grèce, depuis maintenant deux ans et demi, tous les plans de rigueur possibles et inimaginables, avec des baisses de salaires, de retraites et d'allocations ; ils ont imposé une spirale dépressive qui a entraîné cinq ans de croissance négative ; ils ont mis la souveraineté grecque entre parenthèses et bloqué toute perspective de redressement en refusant d'aider ce pays autrement que par des prêts alors que le problème relève presque de l'aide publique au développement. Les dirigeants européens ont refusé d'utiliser l'immense levier des euro-bonds, immense parce que contrairement à l’État fédéral américain, l'UE n'a quasiment aucun endettement. Les grecs ont de leur côté surmonté la négociation avec les acteurs privés détenteurs de dette grecque ce qui était loin d'être une mince affaire, et plié devant toutes les demandes de ces entités supranationales.

Et au moment où la Grèce fait voter en urgence par son Parlement un nouveau plan de rigueur, les dirigeants européens annulent une réunion de l'eurogroupe qui aurait du accorder la nouvelle tranche d'aide, répondant aux efforts politiques et économique grecs par le mépris et la surdité.

Et pourquoi ? parce qu'il manque 325 millions d'euros de coupes dans les retraites (autrement dit, rien), et une lettre d'engagement du parti conservateur d'Antonio Samaras ?!

Ce faisant, les dirigeants européens montrent une forme d'intransigeance stupide qui affecte largement la crédibilité de l'UE face au monde. Cette décision est proprement scandaleuse, et Evangélos Vénizélos (qui mène depuis des mois un travail herculéen pour combiner les attentes des entités supranationales et la colère bien légitime du peuple grec) a exprimé ce matin sa colère devant cette décision qui exprime une volonté de certains dirigeants européens de laisser choir ce pays qui a déjà tout donné sur l'autel sacrificiel des plans de rigueur imposés par les instances supranationales.

La Grèce représente 2% du PIB européen. On pourrait très bien remettre à flots ce pays en l'aidant (en l'aidant réellement, avec des DONS en plus des tranches de prêts qui ne lui permettront de sortir la tête de l'eau qu'en 2020). Mais le dogmatisme orthodoxe de certains théoriciens de la rigueur, empêche la sortie de la crise. On dirait qu'ils prennent du plaisir à voir souffrir ce pays qu'il faut "punir". Punir pour ses mensonges originels (sur les conseils de Goldman Sachs), punir pour son économie trop peu industrialisée, punir ce pays considéré comme un pays de paresseux, un "PIGS". Oui, il y a une honteuse dimension punitive dans cette stratégie des dirigeants européens.

Pourtant, dans cette stratégie punitive, on oublie tant de points qui restent étonnement absents des négociations : celui de faire payer l'Eglise orthodoxe d'un côté, premier propriétaire foncier grec et qui ne paye toujours pas d'impôts ; celui de faire payer les armateurs grecs, les plus riches de ce pays, constitutionnellement protégés de toute fiscalité ; celui enfin de réduire les dépenses militaires grecques (plus de 4% du PIB grec), parce que divers Etats européens profitent des contrats d'armements avec ce pays. Ces trois points réglés permettraient de surmonter une grosse partie du problème grec. Oui mais voilà, les dirigeants européens préfèrent sacrifier salaires, retraites et allocations plutôt que l'Eglise, les armateurs et les dépenses militaires grecques. C'est juste aberrant. Autres points laissés de côtés : les euro-bonds, les fonds structurels que l'on pourrait opportunément réorienter vers les pays en difficulté, bref, une aide tangible qui permettrait de réalimenter l'économie grecque en fonds d'investissements permettant de faire repartir une machine économique mise à terre.

Le problème de cette stratégie est qu'en plus de saigner le malade plutôt que de le soigner (comme aux bons vieux temps "pré-pastoriens" ou "pré-bernardiens" de la médecine), on donne au monde l'image d'un continent incapable de régler ses problèmes. On laisse une crise lancinante en suspend affecter l'image de l'UE plutôt que de la régler. Pire, on a l'impression que les dirigeants européens agissent ainsi par "fatigue personnelle", par humeur, liée à la lourdeur des réunions européennes et à "l'agacement" que suscite les difficultés grecques dont les grecs ne parviennent pas à sortir par leur seule logique interne (alors qu'il est évident que sans aide extérieure réelle, l'ampleur du problème est tel, aggravé par cinq ans de dépression, qu'il est quasiment impossible que la Grèce puisse en sortir par sa seule dynamique domestique - dès lors la responsabilité en incombe au plus haut point à l'Union européenne). Le rôle d'un dirigeant est de régler les problèmes qui se posent, en mettant de côté les questions "d'indispositions" personnelles qui interviennent manifestement dans les négociations et il est lamentable que ces questions prennent une importance non négligeable dans ce contexte où il faut résoudre en urgence le pire problème qu'ait connu l'Union européenne depuis le début de son histoire.

D'un point de vue politique, le fait que la majorité des gouvernements européens soient de droite est loin d'être indifférent à ce refus à régler une bonne fois pour toute le problème grec. Des dirigeants sociaux démocrates auraient depuis longtemps accordé l'aide nécessaire pour sortir la Grèce de l'asphyxie. Mais comme à son habitude, la droite, coincée dans une éthique de responsabilité poussée à son paroxysme, retarde et limite au maximum la mise en place d'une éthique de solidarité qui permettrait de régler une bonne fois pour toute ce problème. L'éthique de responsabilité n'est pas contestable en soi ; c'est lorsqu'elle est poussée à ce niveau d'aveuglement qu'elle devient absurde et on en voit les effets désastreux sur l'image de l'UE qui plutôt que d'opter pour le règlement définitif d'un problème lancinant, préfère transformer le premier PIB du monde en vieil homme malade de l'humanité.

De nouvelles générations de dirigeants européens géreront, je l'espère, autrement les futures crises qui se poseront à l’Europe, parce que là, il y a de quoi avoir honte. Honte de médiocrité, honte d'incapacité et même, c'est triste à dire, honte de méchanceté.

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Re: La crise de la dette et des déficits occidentaux : d'abord la Grèce et ensuite (Irlande, Portugal, Italie, Espagne, USA)

Un long article sur l'inflexion drastique dans la politique monétaire européenne à l'oeuvre depuis l'entrée en fonction de Mario Draghi. On peut parler selon moi de révolution monétaire.

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