Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

Désolé de faire du populisme primaire mais ce genre de grèves me révolte, surtout en ce moment et pour de tels motifs.

Je ne savais pas que primes incluses, un conducteur de RER (niveau bac) touchait entre 2800 et 3300 euros bruts par mois. De plus, il semblerait qu'ils travaillent trois heures par jour (à vérifier).
Sans doute pas suffisant en cette période de crise pour faire grève sur le RER A et bloquer des dizaines de milliers de personnes.

Le Monde a écrit:

La CFDT, la CGT, FO, les Indépendants, SUD et l'UNSA avaient appelé à cesser le travail pour obtenir une prime de 120 à 150 euros par mois. A l'heure actuelle, le salaire des 550 conducteurs de la ligne A oscille entre 2 200 et 2 700 euros bruts par mois, auxquels s'ajoute une prime mensuelle de 660 euros en moyenne, d'après une porte-parole de la RATP. Vendredi, des représentants du personnel ont rencontré la direction, mais la discussion n'a permis aucune avancée.
[...]

Outre la dégradation des conditions de travail, les conducteurs souhaitent une prise en compte de la complexité accrue de leurs tâches, liée au fait qu'ils utilisent alternativement "quatre types de matériels différents", indique Eric Nabet, de la CGT.

D'autres considérations, plus conjoncturelles, ont pu jouer dans le mouvement en cours. Secrétaire général de la CFTC-RATP, Laurent Pouille souligne que les conducteurs de la ligne B ont finalement obtenu un relèvement de leur rémunération d'environ 180 euros par mois, après plusieurs jours de grève en novembre. [...]. Voyant que leurs collègues de la ligne B avaient bénéficié d'un coup de pouce, les conducteurs de la ligne A ont voulu obtenir leur part du gâteau, estime M. Pouille.

Last edited by RPC (12-12-2009 19:15:06)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

RPC a écrit:

Sans doute pas suffisant en cette période de crise pour faire grève sur le RER A et bloquer des dizaines de milliers de personnes.

Dont mon auguste personne fait partie. Ils me forcent à rester chez moi ce soir, les monstres !

"In heaven, everything is fine." (the Lady in the Radiator)
"You'd never guess...There was a fish... in the percolator."
"I like to remember things my own way... not necessarily the way they happened."

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

Je trouve quand même étrange que suivant que l'on soit conducteur sur une ligne ou une autre - en l'occurence la ligne A et la ligne B - on ne touche pas le même salaire.

Quand on post on raconte pas sa vie.

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

Ouais enfin, pour 150€, faire chier un bon paquet de gens alors qu'ils touchent déjà plus que le smic et pour un boulot toute somme pépère et des conditions de retraite très avantageuses, ça m'a l'air extrèmement exagéré de faire une grève. Autant la grève est un droit fondamental, autant là on devrait appliquer la jurisprudence Clément Bayard pour les sanctionner.

Ça en calmerait un bon nombre.

Par contre, effectivement, la disparité de salaire entre différentes lignes est curieuse et à priori choquante - je les comprends - alors qu'il s'agit de la même qualification de travail, durée et avec les mêmes avantages. Ceci étant, le procédé consistant à prendre en otage des dizaine de millier d'usagers du service est tout aussi scandaleux.

Last edited by kobayashi (12-12-2009 21:37:13)

"Un gamin de 18 ans tutoie une mama en boubou, oubliant qu'on ne donne plus du camarade dans le coin depuis une paie."

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

Je suis aussi d'accord sur le caractère excessif de cette grève. Ca me rappelle les grèves de diplomates quand je bossais en ambassade... neutral
Ce genre de grèves galvaude le principe de la grève et rend plus difficile les grèves justes et légitimes.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

RPC a écrit:

Désolé de faire du populisme primaire mais ce genre de grèves me révolte, surtout en ce moment et pour de tels motifs.

Je ne savais pas que primes incluses, un conducteur de RER (niveau bac) touchait entre 2800 et 3300 euros bruts par mois. De plus, il semblerait qu'ils travaillent trois heures par jour (à vérifier).
Sans doute pas suffisant en cette période de crise pour faire grève sur le RER A et bloquer des dizaines de milliers de personnes.

Ca te pose un problème que les conducteurs de RER qui remplissent probablement une des missions les plus importantes pour la vie de l'Ile-de-France touchent entre 2800 et 3300 euros bruts par mois ?

un habitus de brave comptable

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

Broz a écrit:
RPC a écrit:

Désolé de faire du populisme primaire mais ce genre de grèves me révolte, surtout en ce moment et pour de tels motifs.

Je ne savais pas que primes incluses, un conducteur de RER (niveau bac) touchait entre 2800 et 3300 euros bruts par mois. De plus, il semblerait qu'ils travaillent trois heures par jour (à vérifier).
Sans doute pas suffisant en cette période de crise pour faire grève sur le RER A et bloquer des dizaines de milliers de personnes.

Ca te pose un problème que les conducteurs de RER qui remplissent probablement une des missions les plus importantes pour la vie de l'Ile-de-France touchent entre 2800 et 3300 euros bruts par mois ?

Non, ce qui me pose un problème, c'est qu'ils fassent grève pour en toucher 150 de plus sans raison valable alors qu'ils sont déjà excessivement bien payés par rapport à leurs compétences. Qu'ils soient bien payés ne me dérange pas, mais cela impose des responsabilités comme ne pas bloquer plusieurs dizaines de milliers de parisiens pour leur petits caprices personnels.

Last edited by RPC (13-12-2009 13:10:00)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

Broz a écrit:

Ca te pose un problème que les conducteurs de RER qui remplissent probablement une des missions les plus importantes pour la vie de l'Ile-de-France touchent entre 2800 et 3300 euros bruts par mois ?

Quand un professeur d'université en fin de carrière touche moins, déjà ouais.

Greg a écrit:

Ce genre de grèves galvaude le principe de la grève et rend plus difficile les grèves justes et légitimes.

Lesquelles ? Celles qui se servent d'un droit d'ordre purement professionnel pour prendre part à une action d'ordre politique d'envergure nationale un jour de semaine ?

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

Donc pour toi aucune grève n'est légitime ?

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

reductio ad absurdum toi même.

Je suis d'accord avec RPC, cette grève est honteuse.

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

Classhole a écrit:

reductio ad absurdum toi même.

C'est un homme de paille, pas une reduction ad absurdum.

un habitus de brave comptable

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

Vrai. Je mourrai moins bête.
Merci.

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

kobayashi a écrit:

Ouais enfin, pour 150€, faire chier un bon paquet de gens alors qu'ils touchent déjà plus que le smic et

Il est parfaitement évidemment qu'on devrait souhaiter à tout le monde de n'avoir que le SMIC et de fermer sa gueule si on a le malheur de toucher plus. On est pas censé se niveler par le bas par égard pour le reste de la population. C'est vraiment une idéologie de médiocres.

kobayashi a écrit:

des conditions de retraite très avantageuses

A ouais ? Avantageux ? Le taux de cotisation total d'un agent de la RATP, c'est 29% quand le régime général est à 21. Il n'y a pas de treizième mois, juste des primes exceptionnelles si l'entreprise est rentable. Ensuite, ils sont allés dans le public car on leur a dit retraite à temps, aujourd'hui, on revient sur ça. Y a 50% de différences de salaires entre le privé et le public. En France, il est vrai, au niveau des métros, le privé n'est pas tant développé (recherche ingénieur principalement). Mais regarde l'avenir de la RATP avec le présent de la SNCF. Railway team, depuis peu cité à coté de la SNCF dans toutes les annonces au départ des TGV = là où les mecs de la sncf se barre avec leurs compétences parce qu'ils touchent plus, retraite à 60 ans dans tous les cas avec les réformes sarkozystes annoncées.

Koba. Enfin, est-ce qu'on pourrait arrêter de dire "prendre en otage" ? Ils renferment pas les voyageurs dans le wagon, à ce que je sache.

kobayashi a écrit:

pour un boulot toute somme pépère et

RPC a écrit:

Non, ce qui me pose un problème, c'est qu'ils fassent grève pour en toucher 150 de plus sans raison valable alors qu'ils sont déjà excessivement bien payés par rapport à leurs compétences.

Excessivement bien payés par rapport à leurs compétences ? Que sais-tu de leurs compétences ? Tu as déjà suivi une formation pour travailler comme chauffeur à la RATP ? Tu sais les batteries de tests et le stress du à un examen permanent des conditions physiques (vue, réflexe), et de la connaissance des protocoles de sécurité, des signaux qui changent constamment (c'est pas le code civil), des technologies de plus en plus nombreuses ?

Classhole a écrit:

Quand un professeur d'université en fin de carrière touche moins, déjà ouais.

Pour répondre également à Koba, moi un prof de 60 ans, ça me rassure. ça lui donne une certaine crédibilité, une certaine somme de connaissances, à tort ou à raison. Un conducteur de train ratp à 50 ans, ça me fait peur. Ils sont à la retraite tôt pour une raison de sécurité et de responsabilité. Et va essayer les recycler, c'est des "mécanos", pas des commerciaux.

RPC. C'est aussi très mignon de pester contre leurs intérêts personnels en opposant un supposé intérêt collectif. Une multitude d'intérêts personnels n'a jamais fait un ordre public. A toi de voir s'il est plus important que chacun ne manque aucun jour de travail ou si la société n'est pas plus désordonnée en tolérant des inégalités aussi inexplicables ou légères soient-elles.

M'enfin bon.

14

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

Coke a écrit:
RPC a écrit:

Non, ce qui me pose un problème, c'est qu'ils fassent grève pour en toucher 150 de plus sans raison valable alors qu'ils sont déjà excessivement bien payés par rapport à leurs compétences.

Excessivement bien payés par rapport à leurs compétences ? Que sais-tu de leurs compétences ? Tu as déjà suivi une formation pour travailler comme chauffeur à la RATP ? Tu sais les batteries de tests et le stress du à un examen permanent des conditions physiques (vue, réflexe), et de la connaissance des protocoles de sécurité, des signaux qui changent constamment (c'est pas le code civil), des technologies de plus en plus nombreuses ?

N'importe quoi. Redescend sur terre, tout ce boulot, c'est d'appuyer au bon moment sur un bouton et de freiner au niveau du signal, il doit exister une vingtaine de signaux différents à connaître. J'ai un oncle qui est conducteur à la RATP et qui m'a dit qu'il est beaucoup plus difficile de conduire un bus dans Paris qu'un RER avec tous les protocoles qui sont automatisés. En passant, sais-tu combien de temps il faut pour former un conducteur ?

"Les technologies toujours plus nombreuses" mais big LOL ! La technologie les aide au quotidien dans leur travail et simplifie au contraire les tâches.
"les signaux qui changent constamment" big LOL too !! c'est le but d'un signal de changer, hein ! Sinon, ça ne sert à rien et ils feraient mieux de mettre des panneaux de signalisation routière

Fort heureusement qu'on leur demande un minimum de condition physique, pour toucher 3000 euros bruts, il ne manquerait plus que ça !

Tu ne me sembles pas y connaître grand chose non plus ahah !



Coke a écrit:

RPC. C'est aussi très mignon de pester contre leurs intérêts personnels en opposant un supposé intérêt collectif. Une multitude d'intérêts personnels n'a jamais fait un ordre public. A toi de voir s'il est plus important que chacun ne manque aucun jour de travail ou si la société n'est pas plus désordonnée en tolérant des inégalités aussi inexplicables ou légères soient-elles.

Oui, c'est sûr, moi non plus je ne tolère plus ces inégalités, c'est inadmissible de voir des gens gagner autant pour la qualité du service rendu !
Parfaitement d'accord avec toi.

Last edited by RPC (13-12-2009 20:12:19)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

RPC a écrit:
Coke a écrit:

RPC. C'est aussi très mignon de pester contre leurs intérêts personnels en opposant un supposé intérêt collectif. Une multitude d'intérêts personnels n'a jamais fait un ordre public. A toi de voir s'il est plus important que chacun ne manque aucun jour de travail ou si la société n'est pas plus désordonnée en tolérant des inégalités aussi inexplicables ou légères soient-elles.

Oui, c'est sûr, moi non plus je ne tolère plus ces inégalités, c'est inadmissible de voir des gens gagner autant pour la qualité du service rendu !
Parfaitement d'accord avec toi.

Pas tout à fait sûr que tu te rendes bien compte de la qualité du service rendu.

un habitus de brave comptable

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

RPC a écrit:
Coke a écrit:
RPC a écrit:

Non, ce qui me pose un problème, c'est qu'ils fassent grève pour en toucher 150 de plus sans raison valable alors qu'ils sont déjà excessivement bien payés par rapport à leurs compétences.

Excessivement bien payés par rapport à leurs compétences ? Que sais-tu de leurs compétences ? Tu as déjà suivi une formation pour travailler comme chauffeur à la RATP ? Tu sais les batteries de tests et le stress du à un examen permanent des conditions physiques (vue, réflexe), et de la connaissance des protocoles de sécurité, des signaux qui changent constamment (c'est pas le code civil), des technologies de plus en plus nombreuses ?

N'importe quoi. Redescend sur terre, tout ce boulot, c'est d'appuyer au bon moment sur un bouton et de freiner au niveau du signal, il doit exister une vingtaine de signaux différents à connaître. J'ai un oncle qui est conducteur à la RATP et qui m'a dit qu'il est beaucoup plus difficile de conduire un bus dans Paris qu'un RER avec tous les protocoles qui sont automatisés. En passant, sais-tu combien de temps il faut pour former un conducteur ?

"Les technologies toujours plus nombreuses" mais big LOL ! La technologie les aide au quotidien dans leur travail et simplifie au contraire les tâches.
"les signaux qui changent constamment" big LOL too !! c'est le but d'un signal de changer, hein ! Sinon, ça ne sert à rien et ils feraient mieux de mettre des panneaux de signalisation routière

Fort heureusement qu'on leur demande un minimum de condition physique, pour toucher 3000 euros bruts, il ne manquerait plus que ça !

Tu ne me sembles pas y connaître grand chose non plus ahah !



Coke a écrit:

RPC. C'est aussi très mignon de pester contre leurs intérêts personnels en opposant un supposé intérêt collectif. Une multitude d'intérêts personnels n'a jamais fait un ordre public. A toi de voir s'il est plus important que chacun ne manque aucun jour de travail ou si la société n'est pas plus désordonnée en tolérant des inégalités aussi inexplicables ou légères soient-elles.

Oui, c'est sûr, moi non plus je ne tolère plus ces inégalités, c'est inadmissible de voir des gens gagner autant pour la qualité du service rendu !
Parfaitement d'accord avec toi.

RPC, si tu veux jouer à l'oncle qui, je te bas à plates coutures.
Appuyer sur un bouton et 20 signaux, je te poste ce WE ce qu'on attend d'un mec et le temps complet de formation de base d'un mec avant qu'il touche un bouton de wagon.

Je ne répondrais pas à ton tas d'anneries en LOL. Les signaux qui changent, cest la nomanclature qui change banane. C'est pas vert à rouge, c'est qu'en 2008, par exemple, un danger était signalé par 3 bips et maintenant 5 bips pour l'exemple, capisce ?

Et au lieu de croire sur parole ton oncle, monte dans une cabine avec un mécano, ils sont pas contre la plupart du temps. Et observe, imbécile.

Last edited by Coke (13-12-2009 20:19:58)

M'enfin bon.

17

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

Broz a écrit:
RPC a écrit:
Coke a écrit:

RPC. C'est aussi très mignon de pester contre leurs intérêts personnels en opposant un supposé intérêt collectif. Une multitude d'intérêts personnels n'a jamais fait un ordre public. A toi de voir s'il est plus important que chacun ne manque aucun jour de travail ou si la société n'est pas plus désordonnée en tolérant des inégalités aussi inexplicables ou légères soient-elles.

Oui, c'est sûr, moi non plus je ne tolère plus ces inégalités, c'est inadmissible de voir des gens gagner autant pour la qualité du service rendu !
Parfaitement d'accord avec toi.

Pas tout à fait sûr que tu te rendes bien compte de la qualité du service rendu.

Ouaip, c'est sûr !

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

18

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

Coke a écrit:
RPC a écrit:
Coke a écrit:

Excessivement bien payés par rapport à leurs compétences ? Que sais-tu de leurs compétences ? Tu as déjà suivi une formation pour travailler comme chauffeur à la RATP ? Tu sais les batteries de tests et le stress du à un examen permanent des conditions physiques (vue, réflexe), et de la connaissance des protocoles de sécurité, des signaux qui changent constamment (c'est pas le code civil), des technologies de plus en plus nombreuses ?

N'importe quoi. Redescend sur terre, tout ce boulot, c'est d'appuyer au bon moment sur un bouton et de freiner au niveau du signal, il doit exister une vingtaine de signaux différents à connaître. J'ai un oncle qui est conducteur à la RATP et qui m'a dit qu'il est beaucoup plus difficile de conduire un bus dans Paris qu'un RER avec tous les protocoles qui sont automatisés. En passant, sais-tu combien de temps il faut pour former un conducteur ?

"Les technologies toujours plus nombreuses" mais big LOL ! La technologie les aide au quotidien dans leur travail et simplifie au contraire les tâches.
"les signaux qui changent constamment" big LOL too !! c'est le but d'un signal de changer, hein ! Sinon, ça ne sert à rien et ils feraient mieux de mettre des panneaux de signalisation routière

Fort heureusement qu'on leur demande un minimum de condition physique, pour toucher 3000 euros bruts, il ne manquerait plus que ça !

Tu ne me sembles pas y connaître grand chose non plus ahah !



Coke a écrit:

RPC. C'est aussi très mignon de pester contre leurs intérêts personnels en opposant un supposé intérêt collectif. Une multitude d'intérêts personnels n'a jamais fait un ordre public. A toi de voir s'il est plus important que chacun ne manque aucun jour de travail ou si la société n'est pas plus désordonnée en tolérant des inégalités aussi inexplicables ou légères soient-elles.

Oui, c'est sûr, moi non plus je ne tolère plus ces inégalités, c'est inadmissible de voir des gens gagner autant pour la qualité du service rendu !
Parfaitement d'accord avec toi.

RPC, si tu veux jouer à l'oncle qui, je te bas à plates coutures.
Appuyer sur un bouton et 20 signaux, je te poste ce WE ce qu'on attend d'un mec et le temps complet de formation de base d'un mec avant qu'il touche un bouton de wagon.


Je t'en prie.

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

RPC a écrit:
Coke a écrit:

quote


Je t'en prie.


+ ce que j'ai ajouté après edit

M'enfin bon.

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

Coke a écrit:
Classhole a écrit:

Quand un professeur d'université en fin de carrière touche moins, déjà ouais.

Pour répondre également à Koba, moi un prof de 60 ans, ça me rassure. ça lui donne une certaine crédibilité, une certaine somme de connaissances, à tort ou à raison. Un conducteur de train ratp à 50 ans, ça me fait peur. Ils sont à la retraite tôt pour une raison de sécurité et de responsabilité. Et va essayer les recycler, c'est des "mécanos", pas des commerciaux.

Sauf qu'on te parlait pas de l'âge de la retraite mais du salaire. Faut suivre.

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."

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Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

Bon au temps pour moi, je me suis laissé emporter comme un gros beauf de TF1.

Mon point n'a jamais été de dire qu'ils sont bien payés, mais bien qu'ils fassent grève alors qu'ils sont bien payés. La nuance est importante.
La question n'est pas sur le boulot qu'il font, pour ton information, des contremaîtres dans des usines, des infirmières dans des hôpitaux, ont ausi
des boulots importants et complexes, ce n'est pas pour autant qu'on les voie en grève souvent.

Je vais prendre un autre exemple, finalement pas si éloigné : un gendarme mobile par exemple est payé aussi bien qu'un conducteur RATP si ce n'est plus, pour un boulot pas trop compliqué. Simplement, dans son contrat, c'est prévu qu'en plus de ces avantages, il a une mission de service public (si j'ose dire) à assurer, et qu'il ne peut pas faire grève.

Donc qu'on paye bien ces personnels, pas de soucis, ils ont un boulot difficile et ingrat. Mais là, on a quand même l'impression (pour dire, même Greg trouve que la grève est excessive, et c'est pourtant pas vraiment un réac) qu'il y a de l'abus : ils ont un pouvoir de négociation énorme et parviennent à paralyser la région à la moindre revendication. En l'occurence, je suis au regret de te dire que leur argument n'est pas convaincant, car la fatigue du boulot ne date pas d'hier ni la technicité. On les paye déjà bien en conséquence et je ne vois pas ce qui justifierait une prime de 150*12 = 1800 euros de plus par an.

Donc ce dont j'ai peur, et c'est d'ailleurs ce à quoi on assiste, c'est une espèce d'escalade, où du fait de leur très important pouvoir de négociation, ils vont en demander toujours plus sans fondements solides. L'an prochain, que vont-ils demander ?

Je suis pour un contrat très clair, où ils sont bien payés et où les conditions sont revues mettons tous les deux ans lors de discussion avec les syndicats et les forces patronales. mais interdiction de paralyser tout le pays en-dehors de ces rounds de négociation, ou du moins, obligation d'assurer un service minimum.

Il faut cadrer un tout petit peu le droit de grève quand la profession est stratégique : sinon on est dans un schéma insiders\outsiders inefficace.

Car nom d'un chien, ils assurent un service public et c'est une responsabilité. Trouverais-tu normal que demain toutes les urgences cessent de travailler pendant un mois ? Non, car il s'agit de vies humaines ; bien sûr, on n'en est pas là avec la RATP, mais il y a quand même un petit côté, "on tire sur la corde pour voir jusqu'où on peut aller" qui est tout simplement ahurissant.

Last edited by RPC (13-12-2009 21:19:23)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

L'escalade me semble justement qu'ils n'ont plus de "pouvoir de négociation énorme". Sinon, depuis le temps que ça dure, ils auraient du obtenir ce qu'ils voulaient, non ?
Ou justement cela traine (non parce que leurs demandes sont irréalistes), mais on veut montrer à tout le monde comment les mecs de la RATP sont des fainéants et heureusement, qu'on va leur sucrer leurs avantages en 2010.

Digression - hors grève ratp sur la ligne A :
Il y a aujourd'hui une figure du personnel RATP/SNCF et dans une moindre mesure Banque de France (alors qu'en niveau cotisation/retraite, c'est le plus effarant) qui fait aujourd'hui dire aux gens sur TF1 ou sur Itélé pour les retards de SNCF que c'est la faute du personnel, rattachant le tout à la grève RATP en mode "tous pareil". Alors que bon, si les catainers s'arrachent comme des fils, c'est peut être qu'il y a plus personne pour les remplacer ou que la Suge déserte la province.
Tout le monde a un devoir de service public, à commencer par les assimilés-fonctionnaires sauf qu'ils doivent en avoir les moyens et les conditions appropriées.

Quant à ton précédent message, Koba a pourtant bien parlé des retraites, je l'ai même cité.

Sur le bien-fondé de la grève, je te rejoins sur le fait que cela a assez duré pour 150 euros. Mais pour comprendre leur état d'esprit, je pense qu'il est important de rappeler qu'ils sentent leurs avantages sociaux très très menacés et qu'ils se sentent prêts à lutter dès maintenant. My 2 cents.

M'enfin bon.

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

Non c'est moi qui ai parlé en ce qui concerne la confusion retraite/salaire. (on suit bis)
Et puis tu as cité classhole en disant "pour répondre à koba" ce qui n'est pas des plus logiques.

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

Trèfle a écrit:

Non c'est moi qui ai parlé en ce qui concerne la confusion retraite/salaire. (on suit bis)
Et puis tu as cité classhole en disant "pour répondre à koba" ce qui n'est pas des plus logiques.

Oh purée, vous le faites exprès.

kobayashi a écrit:

Ouais enfin, pour 150€, faire chier un bon paquet de gens alors qu'ils touchent déjà plus que le smic et pour un boulot toute somme pépère et des conditions de retraite très avantageuses, ça m'a l'air extrèmement exagéré de faire une grève. Autant la grève est un droit fondamental, autant là on devrait appliquer la jurisprudence Clément Bayard pour les sanctionner.

Ça en calmerait un bon nombre.

Par contre, effectivement, la disparité de salaire entre différentes lignes est curieuse et à priori choquante - je les comprends - alors qu'il s'agit de la même qualification de travail, durée et avec les mêmes avantages. Ceci étant, le procédé consistant à prendre en otage des dizaine de millier d'usagers du service est tout aussi scandaleux.

C'est quoi là ?

Et j'ai dit pour répondre EGALEMENT à Koba, car ça rejoignait aussi ce qu'il disait. Classhole + Koba, c'est sous entendu dans le EGALEMENT.

M'enfin bon.

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

On suit, ter.
Et on apprend les liens logiques avec des adverbes tels également.

Last edited by Coke (13-12-2009 22:23:26)

M'enfin bon.

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

De toute façon, ces mecs, si on les payait à leur productivité marginale, ils crèveraient de faim.

Certes.

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Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

Coke a écrit:

L'escalade me semble justement qu'ils n'ont plus de "pouvoir de négociation énorme". Sinon, depuis le temps que ça dure, ils auraient du obtenir ce qu'ils voulaient, non ?
Ou justement cela traine (non parce que leurs demandes sont irréalistes), mais on veut montrer à tout le monde comment les mecs de la RATP sont des fainéants et heureusement, qu'on va leur sucrer leurs avantages en 2010.


Quant à ton précédent message, Koba a pourtant bien parlé des retraites, je l'ai même cité.

Sur le bien-fondé de la grève, je te rejoins sur le fait que cela a assez duré pour 150 euros. Mais pour comprendre leur état d'esprit, je pense qu'il est important de rappeler qu'ils sentent leurs avantages sociaux très très menacés et qu'ils se sentent prêts à lutter dès maintenant. My 2 cents.


Le fait est qu'en pleine période de crise, avec un taux de chômage autour des 9%, voir des salariés payés 3000 euros brut par mois avec la sécurité de l'emploi faire grève, fait grincer tout de même pas mal de dents.

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

Evidemment, je ne souhaite pas que tout le monde touche le smic. Fort heureusement. Ceci étant, alors qu'ils ont un salaire plus élevé que la moyenne, ce que j'aimerais souligner est que cette grève est assez mal venue dans la conjoncture actuelle. Beaucoup de personnes dans mon entourage sont en profession libérale et une bonne partie d'entre eux, d'une part sont au chômage, d'autre part ne toucheront pas de retraite ou devront travailler jusqu'à 65 ans (voire plus) pour en toucher une - s'ils retrouvent du travail.

Tu imagines bien que s'ils pouvaient faire grève et avoir le formidable pouvoir de pression dont ils disposent (les transports sont l'un des rares secteurs ou les pouvoirs des syndicats n'ont pas été brisés - que ce soit pour le rail ou l'aviation), ces personnes ne s'en priveraient pas.

Ce qui fait que ces personnes sont tout de même très privilégiées : un seul mécontentement, ils se mettent en grève, ce qui a une répercussion sur les emplois, sur l'économie (une grève, ça coûte, et ce ne sera pas les conducteurs qui paieront financièrement), et indirectement, implique le gouvernement, du fait de la mission de service public qu'ils exercent.

Ensuite, concernant les conditions de retraite très avantageuses : effectivement, elles le sont car du fait de l'assurance d'avoir un emploi stable, contrairement aux professions libérales - ou, de manière plus générale, aux 9% de chômage (voire plus, si on compte le chômage déguisé) qui actuellement sont tous sauf certains de retrouver un emploi. Si l'on rajoute leur salaire qui est plus élevé que la moyenne, effectivement, je les considère très très très privilégiés, quand bien même le taux de cotisation serait plus élevé ou que la différence de salaire serait de 50% avec le privé, ainsi qu'un départ en retraite à 50 ans.

A ce propos, quant aux réformes sarkozystes à venir, elles tendent à aligner le public sur les conditions du privé. C'est critiquable, c'est probablement pas une bonne idée, mais l'objet de la grève n'est pas de protester contre cela, au contraire, il s'agit d'obtenir une augmentation de 150€. Elle le serait pour la 1e raison, d'accord. Pour la seconde, c'est disproportionné.

Concernant le "boulot toute somme pépère", je caricature un peu, c'est peut-être mal venu, et effectivement je ne connais pas les conditions d'évaluations qui doivent être stressantes - comme tout boulot, entretien avec un patron, réunion d'urgence, horaires dans le privé qui s'étendent à l'infini, perspective d'être licencié à tout moment... Le stress, à mon avis, est inhérent à chaque travail, prend des formes diverses. Simplement, quand j'évoque le "boulot pépère", c'est qu'une fois ces tests effectués (une journée par mois ?) et dans leur cabine, leur environnement est relativement plus calme qu'un autre. (corrige moi si je dis une connerie)

Coke a écrit:

Pour répondre également à Koba, moi un prof de 60 ans, ça me rassure. ça lui donne une certaine crédibilité, une certaine somme de connaissances, à tort ou à raison. Un conducteur de train ratp à 50 ans, ça me fait peur. Ils sont à la retraite tôt pour une raison de sécurité et de responsabilité. Et va essayer les recycler, c'est des "mécanos", pas des commerciaux.

Sur ce dernier point, je suis en grande partie d'accord avec toi. La question de leur reconversion à 50 ans est un vrai problème, mais pourquoi ne pas envisager des formations professionnelles payées par l'entreprise pour exercer dans un autre secteur d'activité, moins exigeant, par la suite ?

Last edited by kobayashi (14-12-2009 01:42:23)

"Un gamin de 18 ans tutoie une mama en boubou, oubliant qu'on ne donne plus du camarade dans le coin depuis une paie."

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

Je n'ai plus l'habitude de poster sur le forum mais j'ai les yeux tellement écarquillés au vu de certaines choses dites ici que je vais essayer de donner mon avis sur quelques points.
Je précise à toutes fins utiles que je ne suis pas un spécialiste de la RATP, que je ne connais pas exactement les conditions de travail des conducteurs de RER.

@RPC : en substance : ils font grève alors qu'ils sont bien payés...
Si j'en crois le QUID : salaire à l'embauche (brut !!!) 1909€ pour un conducteur RATP. A mon sens on peut ajouter au max 1000€ pour la fin de carrière peut-être. Je ne sais pas pourquoi je ne trouve pas que cela soit excessif vu que, comme beaucoup l'ont soulignés dans ce thread, ce sont des millions de personnes qui empruntent chaque jour ces lignes et qu'un dysfonctionnement a d'importantes conséquences économiques pour la Région.
Comme le dit Spiderman, un grand pouvoir ne va pas sans grandes responsabilités et donc sans un salaire important.
Le côté contradictoire n'est pas qu'ils se mettent en gève "alors qu'ils sont bien payés" mais plutôt l'attitude d'expliquer que : "ils ont un pouvoir énorme et c'est honteux qu'ils fassent grèves pour leurs salaires", honnêtement s'ils ont de grandes responsabilités en terme de sécurité mais aussi économique, ce que je trouve anormal c'est qu'on leur refuse une augmentation de 150€ et que l'on aille jusqu'à la grève pour cette question.

PS : tant qu'on est sur le salaire, je crois que les conducteurs sont principalement des agents de droit privé (donc ni des fonctionnaires, ni des contractuels de droit public) contrairement à ce que j'ai cru lire dans différents posts. Je peux me tromper mais je trouverais étrange qu'un EPIC puisse aujourd'hui encore embaucher des fonctionnaires pour des emplois techniques... Donc Koba, c'est mignon d'expliquer qu'ils ont la sécurité de l'emploi (ce que les fonctionnaires n'ont d'ailleurs pas soit dit-en passant) alors qu'en fait pas du tout, ils sont embauchés en CDI ou en CDD comme tout autre salarié du secteur privé. Ce serait cool qu'on arrête les arguments encore plus mauvais que ceux du journal de TF1.

La seule garantie des conducteurs est le fait que la RATP n'arrive pas à trouver assez de conducteurs aujourd'hui (mais ce doit être juste parce que les chômeurs ne se rendent pas compte de la facilité de ce métier comme je l'ai vu ici ou du fait qu'ils sont payés des mines d'or pour 3h de boulot par jour...).

La comparaison avec les gendarmes est particulièrement idiote à mon sens car à moins de dire que le transport public est une compétence régalienne je ne vois pas en quoi on aurait le droit de décider que certaines personnes n'ont pas la possibilité de faire grève comme n'importe quel autre employé (on peut tenter de le justifier mais faudra alors être cohérent et gueuler contre la privatisation de la SNCF, les délégations de service public, et militer pour la nationalisation d'Air France et de l'Eurostar...).


C'est quand même drôle que ce soient toujours contre la RATP/SNCF/La Poste que l'on gueule quand il y a un mouvement social en les accusant de corporatisme quand on sait que toutes les professions en France font preuve d'un même corporatisme. Pour faire plaisir à Koba, je vais parler d'une profession libérale que je connais un peu : les médecins libéraux qui bloquent systématiquement toute réforme de réelle ampleur de l'offre de soins en France jusqu'à causer des "déserts médicaux" dans de nombreux endroits en France et empêcher l'accès aux soins de nombreuses personnes du fait des dépassements d'honoraires de plus en plus largement autorisés. Alors oui ils ne font pas grève car ils n'en ont pas besoin (comparez le nombre d'anciens médecins députés et le nombre d'anciens conducteurs de la RATP devenus députés/sénateurs par exemple) mais ne font pas preuve d'un moindre corporatisme que d'autres (et celui-là coûte bien plus cher).
PS : contrairement à ce qu'on pourrait penser à la lecture de certains posts : une grève ça coûte en premier lieu à ceux qui sont en grève (notamment pour la fonction publique d'Etat mais ça c'est un autre débat) et les conducteurs du RER A vont sûrement perdre beaucoup plus ce mois-ci que 150€ mais ça vaut mieux pas le dire ça ne rentre pas dans le timing du journal télé.

My 2 cents.

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Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

Merci beaucoup pour ta contribution.

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

Merci beaucoup pour ta réponse.

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Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

Alci, tu n'as pas compris mon point : ce n'est pas l'interdiction de faire grève que je réclame, mais bien un encadrement de ce droit de grève.
Cela me paraît normal du fait de l'importance stratégique de la fonction (c'est là où mon exemple sur les gendarmes est mal passé). Ensuite, il est normal de compenser de telles restrictions par des avantages, là n'est pas la question.

Le problème reste qu'au niveau agrégé, on ne peut faire dépendre la vie économique d'une région d'un syndicat qui compte 300 personnes. C'est tout. Il ne s'agit pas d'envoyer l'Armée, mais de trouver des moyens plus efficaces de résoudre les problèmes qu'une grève. Ca se fait ailleurs, pourquoi pas en France ? (et la faute n'est pas dûe qu'aux syndicats)

Pour le salaire, nous n'avons pas les mêmes chiffres, je dois vérifier. Il faut aussi que tu fasses la différence entre conducteur RATP en général et conducteur RER en particulier.

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

Effectivement, grosse connerie de ma part sur le statut des agents travaillant dans un EPIC. J'ai rectifé.

Yay, même point de vue : encadrement du droit de grève pour éviter que des débordements de ce type se produisent. Qu'ils aient des responsabilités, soit. Qu'ils méritent un alignement sur le salaire de l'autre ligne de RER, ce serait normal. Qu'ils empêchent toute une région de fonctionner pour une revalorisation de 150€... là ça devient fortement contestable.

Le problème étant que les syndicats, à la moindre contrariété ou opposition, dans les transports, ne connaissent que la grève comme unique moyen de dialogue. Et j'ai encore le souvenir de la grève des pilotes d'Air France à la veille de la coupe du monde en 98 pour obtenir une revalorisation de salaire.

Last edited by kobayashi (14-12-2009 02:04:29)

"Un gamin de 18 ans tutoie une mama en boubou, oubliant qu'on ne donne plus du camarade dans le coin depuis une paie."

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

kobayashi a écrit:

Yay, même point de vue : encadrement du droit de grève pour éviter que des débordements de ce type se produisent. Qu'ils aient des responsabilités, soit. Qu'ils méritent un alignement sur le salaire de l'autre ligne de RER, ce serait normal. Qu'ils empêchent toute une région de fonctionner pour une revalorisation de 150€... là ça devient fortement contestable.

Le problème étant que les syndicats, à la moindre contrariété ou opposition, dans les transports, ne connaissent que la grève comme unique moyen de dialogue. Et j'ai encore le souvenir de la grève des pilotes d'Air France à la veille de la coupe du monde en 98 pour obtenir une revalorisation de salaire.

Passer par le "fortement contestable" (grève) pour aboutir au "normal" (alignement de salaire) me semble logique SI toutes les autres tentatives de négociation ont précédemment échouées (ce qui doit être le cas j'imagine).

RATP.   Rémunérations mensuelles brutes (en €, au 1-5-2005, début et fin de carrière, primes comprises) : autobus : machiniste-receveur (conduite) 1 701 à 2 478. Réseau ferré (métro et RER) : conducteur : 1 909 à 2 829, agent de station : 1 498 à 2 580. Maintenance : opérateur non qualifié : 1 329 à 1 885 ; opérateur qualifié : 1 600 à 2 421. Encadrement : maîtrise : 1 928 à 3 478. Cadres : 2 418 à 5 008. Retraite (âge minimum de départ pour une pension non nécessairement à taux plein) : agents de conduite 50 ans, de maintenance 55, autres catégories 60.
http://www.quid.fr/2007/Fortune_Salaire … ecisions/2

A priori, RPC, pas de distinction salariale entre chauffeurs de métro et de RER.

EDIT : il s'agit de salaires 2005 - donc certainement à revaloriser de l'inflation (et autres éventuelles grèves ayant abouties) pour aboutir aux salaires 2009.

Last edited by lehussard (14-12-2009 02:18:20)

Quand on post on raconte pas sa vie.

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Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

Ah, ok au temps pour moi, les chiffres avancés par le Monde sont faux. j'ai effectivement un oncle (oui Coke, ce n'est pas une blague) qui est conducteur de métro, et comme son salaire ne correspondait pas à celui avancé pour les RER, je me suis dit qu'il y avait un différentiel.  A tort donc.
C'est vrai que s'ils gagnent 1000 euros de moins qu'annoncé, le débat prend une autre forme, on est d'accord.

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Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

Honnêtement, vu la situation de tout le monde actuellement sur le marché du travail, ils sont pas à plaindre. Y a beaucoup de catégories qui auraient autrement plus de raison d'exiger une augmentation de 150 euros. Je rappelle qu'il y a des millions de travailleurs qui n'ont pas de logement, de chômeurs que l'on radie illégalement des listes, que la salaire médian français est à peine plus élevé que le SMIC (entre 1100 et 1500 euros par profession sauf exceptions)... Je crois qu'il y a des mobilisations beaucoup plus urgentes. et par ailleurs, ils ont beau être embauché en CDI/CDD, c'est bien de l'argent public qui subventionne la RATP en cas de déficit. La collectivité a donc son mot à dire. 

En revanche, je m'oppose fortement à l'idée préconisée par RPC d'encadrer encore plus le droit de grève. Je pense que c'est la responsabilité de chaque syndicat professionnel de déterminer la pertinence d'une grève au regard de sa situation et de la situation générale. Et en l'occurrence, c'est sur ce terrain seul que je me fonde pour dire que cette grève en particulier ne me paraît pas légitime.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

Greg a écrit:

En revanche, je m'oppose fortement à l'idée préconisée par RPC d'encadrer encore plus le droit de grève. Je pense que c'est la responsabilité de chaque syndicat professionnel de déterminer la pertinence d'une grève au regard de sa situation et de la situation générale.

Bof, concrètement, ça veut dire quoi ? Surtout quand il y a plusieurs syndicats de couleur politique fort différente, avec en plus un nombre important de non-syndiqués

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Topic: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

Greg a écrit:

Honnêtement, vu la situation de tout le monde actuellement sur le marché du travail, ils sont pas à plaindre.

C'est drôle, c'est un argument qui revient souvent et que je vais penser à développer particulièrement dans mon mémoire. AU vu de la crise, il est actuellement (encore plus) particulièrement mal vu de négocier ses conditions de travail parce que "c'est la crise et qu'il y a de nombreux chômeurs". Du coup, la demande d'une revalorisation de son salaire paraît obscène (ça gueulait moins quand Sarkozy s'était auto-augmenté).

SOUS TOUTES RÉSERVES ET CE SERA JUSTICE.

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

Je trouve cet argument particulièrement malvenu. D’ailleurs, dans la même veine que celui qui nous disait que les salariés de FT ne devaient pas se plaindre car il y a dans le monde des problèmes plus grave comme celui de la famine…
La plupart des salariés vont devoir négocier leurs augmentations de salaire de fin d’année. Et cela bien qu’on soit en crise. Evidemment, les employeurs se serviront, à juste titre ou non, de l’argument de la crise pour pouvoir bloquer ces revendications. Mais chacun utilisera ses ressources disponibles – à juste titre ou non (bis) - pour justifier son augmentation.
La négociation se fait de personne à personne et l'argument du "bien public" (c'est la crise pour tous, contentez-vous de ce que vous avez) ne devrait pas s'appliquer aux revendications salariales qui tendent à être de plus en plus personnalisées.

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Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

Coke a écrit:

Y a 50% de différences de salaires entre le privé et le public.

C'est une contre-vérité que ceci: notamment, parce que les salaires du public ont progressé bien plus rapidement que ceux du privé (en gros, près de 4 % par an depuis 1993 dans le public contre 2 et quelques % dans le privé).

De plus, s'il existe une différence de 50 %, c'est parce que tu raisonnes en salaire moyen et effectivement, un haut manager du privé perçoit bien plus qu'un cadre de catégorie A; à l'inverse, si tu prends les salaires les plus bas du public (primes comprises), ils sont supérieurs d'environ 20 % à ceux du privé.

Près de 3000 € pour un conducteur de RER, c'est effectivement bien au-dessus de la rémunération que perçoit un chauffeur routier par exemple (aux alentours de 2000 €). Sans compter les avantages afférents d'un salarié de la RATP, qui bénéficie souvent de logements à prix plus que réduits.

Je trouve que cette grêve est effectivement indécente si l'on tient compte du contexte économique (3 millions de chômeurs sans compter les temps partiels), si l'on met en perspective la rémunération plus que confortable que perçoivent ces salariés du RER.

Je crois surtout qu'à force de faire grêve de manière trop fréquente, la mythologie de la classe traminot défendant les intérêts de l'ensemble des salariés du privé qui ne peuvent pas faire grêve en prend un coup; parce que si la vendeuse des Galeries Lafayettes qui prend son RER pour se rendre au travail venait à comparer son salaire et ses conditions de travail avec ceux des salariés de la RATP, je pense qu'elle l'aurait plus que mauvaise.

"Les hommes qui disent que les femmes sont frigides sont de mauvaises langues" Guitry

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

lehussard a écrit:

La négociation se fait de personne à personne et l'argument du "bien public" (c'est la crise pour tous, contentez-vous de ce que vous avez) ne devrait pas s'appliquer aux revendications salariales qui tendent à être de plus en plus personnalisées.

Sauf dans le public et le para-public... On négocie en bloc selon des statuts et non selon une performance individuelle.

"Les hommes qui disent que les femmes sont frigides sont de mauvaises langues" Guitry

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

sabaidee a écrit:
lehussard a écrit:

La négociation se fait de personne à personne et l'argument du "bien public" (c'est la crise pour tous, contentez-vous de ce que vous avez) ne devrait pas s'appliquer aux revendications salariales qui tendent à être de plus en plus personnalisées.

Sauf dans le public et le para-public... On négocie en bloc selon des statuts et non selon une performance individuelle.

Au temps pour moi. (Déformation professionnelle)

Quand on post on raconte pas sa vie.

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

RPC a écrit:

Alci, tu n'as pas compris mon point : ce n'est pas l'interdiction de faire grève que je réclame, mais bien un encadrement de ce droit de grève.
Cela me paraît normal du fait de l'importance stratégique de la fonction (c'est là où mon exemple sur les gendarmes est mal passé). Ensuite, il est normal de compenser de telles restrictions par des avantages, là n'est pas la question.

Le problème avec un tel raisonnement c'est que tout devient d'une importance stratégique : EDF/GDF (sinon on va mourir de froid), l'école (car qui va garder les enfants et ça va déstabiliser l'économie)... Ah merde on a déjà fait une loi pour "encadrer le droit de grève" le mal-nommé service minimum. Le droit de grève ce n'est pas un droit que l'on peut s'amuser à modifier comme cela tout d'abord car c'est une des libertés essentielles dans une démocratie (liberté pour les travailleurs de s'associer et de défendre leurs intérêts) et que de toute façon plus on le restreint plus les actions prennent des formes différentes voires violentes (sans violence par exemple la grève du zèle des douanier qui peut être beaucoup plus efficace qu'une grève ou avec violence la séquestration de patron/DRH dans une entreprise quand la grève n'a aucun écho notamment en cas de PSE).
Le meilleur moyen d'éviter une grève est de développer une vrai relation entre employeur et représentants des salariés. En plus même les économistes les plus obtus nous expliquent que c'est optimal sur le plan du marché du travail (Modèle WP/PS (?) de Jackman et Nickel par exemple (je peux me tromper de noms)).

Le problème reste qu'au niveau agrégé, on ne peut faire dépendre la vie économique d'une région d'un syndicat qui compte 300 personnes. C'est tout. Il ne s'agit pas d'envoyer l'Armée, mais de trouver des moyens plus efficaces de résoudre les problèmes qu'une grève. Ca se fait ailleurs, pourquoi pas en France ? (et la faute n'est pas dûe qu'aux syndicats)

Si, on accepte de faire dépendre la vie économique de salariés que l'on rémunère assez chichement compte tenu des tensions sur le marché du travail, de la technicité du travail mais surtout de leur responsabilité sur la vie économique : si les mecs ont les moyens de mettre une Région en chômage technique, il est indispensable de les rémunérer en conséquence de ce qu'ils apportent à la collectivité en faisant leur travail (productivité marginale on pourrait dire) mais aussi de mettre en place des mécanismes de dialogue social permettant d'associer les salariés à la gestion de l'entreprise pour éviter les conflits. C'est de la simple logique à mon sens.

PS : Il faudrait peut-être aussi veiller à ne pas les traiter de feignants ou de vautours à longueur de journal télévisé, ça aiderait aussi à mieux se sentir dans son emploi.

Pour le salaire, nous n'avons pas les mêmes chiffres, je dois vérifier. Il faut aussi que tu fasses la différence entre conducteur RATP en général et conducteur RER en particulier.

Peut-être, je ne suis pas spécialiste.

Honnêtement, vu la situation de tout le monde actuellement sur le marché du travail, ils sont pas à plaindre. Y a beaucoup de catégories qui auraient autrement plus de raison d'exiger une augmentation de 150 euros. Je rappelle qu'il y a des millions de travailleurs qui n'ont pas de logement, de chômeurs que l'on radie illégalement des listes, que la salaire médian français est à peine plus élevé que le SMIC (entre 1100 et 1500 euros par profession sauf exceptions)... Je crois qu'il y a des mobilisations beaucoup plus urgentes. et par ailleurs, ils ont beau être embauché en CDI/CDD, c'est bien de l'argent public qui subventionne la RATP en cas de déficit. La collectivité a donc son mot à dire.

Je suis entièrement d'accord, c'est vrai merde en Roumanie le salaire moyen est 16 fois inférieur, faut pas qu'ils se plaignent, et puis en Italie les médias sont contrôlés par Berlusconi, pourquoi gueuler en France ? et puis en Corée du Nord il n'y a pas d'élections pourquoi est-ce qu'on en voudrait en France ?
"Il y a des mobilisations plus urgentes" : Non mais LOL putain de merde (désolé), je n'ai beau être qu'un simple militant mais franchement je trouve intellectuellement peu satisfaisant de disqualifier une lutte par une autre surtout quand on sait qu'autant la CGT RATP que SUD Rail (je ne sais si c'est eux) participent à toutes les manifestations nationales sur ces sujets, mais ils doivent le faire par égoïsme.

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Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

Greg a écrit:

En revanche, je m'oppose fortement à l'idée préconisée par RPC d'encadrer encore plus le droit de grève. Je pense que c'est la responsabilité de chaque syndicat professionnel de déterminer la pertinence d'une grève au regard de sa situation et de la situation générale. Et en l'occurrence, c'est sur ce terrain seul que je me fonde pour dire que cette grève en particulier ne me paraît pas légitime.

Encadrer le droit de grève, on a vu à quel point ça a été efficace. Normalement il existe un service minimum dans les transports en commun, je le sais, je l'ai vu se faire voter en 2007. Il n'est pas appliqué ? Il ne suffit pas ?

un habitus de brave comptable

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

edit

Last edited by Broz (14-12-2009 13:44:10)

un habitus de brave comptable

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

Je crois que j'ai été mal compris. Je ne disais pas qu'en général personne ne devait se plaindre parce que c'est la crise, mais qu'en cette période, il y a de plus grandes urgences, en terme d'allocation d'argent public et de situation sociales graves. Et en l'occurrence, ouais, je pense que les conducteurs de RER sont loin d'être dans l'urgence, loin d'être affectés par la crise, loin d'être de connaître des conditions de travail pénibles.

Je pense notamment aux chauffeurs routiers qui ont, eux, toutes les raisons du monde de manifester. Je pense aux chômeurs qui ont énormément de raisons de manifester eu égard aux conditions administratives de gestion du chômage. Je pense aux caissières, souvent honteusement sous payées par des distributeurs qui font d'immenses profits. Voilà, ça, pour moi, ça mérite grève. Faire grève avec un salaire de cadre, c'est détruire le principe de la grève. Et 1900 euros, c'est un salaire de cadre dans une administration en début de carrière.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

Greg a écrit:

Je crois que j'ai été mal compris. Je ne disais pas qu'en général personne ne devait se plaindre parce que c'est la crise, mais qu'en cette période, il y a de plus grandes urgences, en terme d'allocation d'argent public et de situation sociales graves. Et en l'occurrence, ouais, je pense que les conducteurs de RER sont loin d'être dans l'urgence, loin d'être affectés par la crise, loin d'être de connaître des conditions de travail pénibles.

Je pense notamment aux chauffeurs routiers qui ont, eux, toutes les raisons du monde de manifester. Je pense aux chômeurs qui ont énormément de raisons de manifester eu égard aux conditions administratives de gestion du chômage. Je pense aux caissières, souvent honteusement sous payées par des distributeurs qui font d'immenses profits. Voilà, ça, pour moi, ça mérite grève. Faire grève avec un salaire de cadre, c'est détruire le principe de la grève. Et 1900 euros, c'est un salaire de cadre dans une administration en début de carrière.

Pour la FP, ne pas confondre rémunération brute et rémunération nette (je pense qu'on connaît tous la différence sur nos feuilles de salaires).

Ensuite, je ne m'estime pas assez connaisseur de tous les métiers en France, ni même assez certain de mes opinions pour estimer qu'il me revient de dire à certains que leurs revendications sont illégitimes ou légitimes. Je pense qu'il revient à chaque métier de choisir ses revendications portées par leurs syndicats ou représentants, on peut trouver que ces revendications sont contraires à l'intérêt général et les critiquer mais j'estime qu'il faut être sacrément sûr de soi pour dire quels doivent être les personnes qui peuvent avoir des revendications et quelles sont celles qui n'en ont pas le droit.
Surtout quand on explique que cela "détruit le principe de la grève". Encore une fois "LOL mais putain de merde" (copyright) franchement c'est d'expliquer quand on a le droit de faire grève et quand on n'en a pas le droit et le soumettre à des conditions décidées personnellement qu'on en sape les fondations.

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Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

sabaidee a écrit:
lehussard a écrit:

La négociation se fait de personne à personne et l'argument du "bien public" (c'est la crise pour tous, contentez-vous de ce que vous avez) ne devrait pas s'appliquer aux revendications salariales qui tendent à être de plus en plus personnalisées.

Sauf dans le public et le para-public... On négocie en bloc selon des statuts et non selon une performance individuelle.

Euh... 2 choses (et encore une fois je ne suis pas spécialiste de ces questions).
1. J'ai rarement vu des négociations qui se font selon la performance individuelle dans les entreprises privées (mis à part pour de la main d'oeuvre hautement qualifiée qui ont un pouvoir de marché et qui font des négociations individuelles). Les revendications portent quand même sur des grilles salariales, que les salaires soient individualisés après c'est le cas partout que ce soit dans la FP que dans le para-public (notation obligatoire, primes, avancement en partie "au mérite" etc.).
2. Ce que l'on appelle statut dans la FP ou médiatiquement assimilé, on appelle ça des avantages conventionnels partout ailleurs et c'est la même chose (prime exceptionnelle, 13ème mois etc.) et là encore je ne vois pas en quoi le public/para-public est différent.

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Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

Greg a écrit:

Je crois que j'ai été mal compris. Je ne disais pas qu'en général personne ne devait se plaindre parce que c'est la crise, mais qu'en cette période, il y a de plus grandes urgences, en terme d'allocation d'argent public et de situation sociales graves. Et en l'occurrence, ouais, je pense que les conducteurs de RER sont loin d'être dans l'urgence, loin d'être affectés par la crise, loin d'être de connaître des conditions de travail pénibles.

C'est mieux dit que précédemment ;-)

Quand on post on raconte pas sa vie.

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Re: Grèves des conducteurs de RER : quelle légitimité ?

Alci a écrit:

Le problème avec un tel raisonnement c'est que tout devient d'une importance stratégique : EDF/GDF (sinon on va mourir de froid), l'école (car qui va garder les enfants et ça va déstabiliser l'économie)... Ah merde on a déjà fait une loi pour "encadrer le droit de grève" le mal-nommé service minimum. Le droit de grève ce n'est pas un droit que l'on peut s'amuser à modifier comme cela tout d'abord car c'est une des libertés essentielles dans une démocratie (liberté pour les travailleurs de s'associer et de défendre leurs intérêts) et que de toute façon plus on le restreint plus les actions prennent des formes différentes voires violentes (sans violence par exemple la grève du zèle des douanier qui peut être beaucoup plus efficace qu'une grève ou avec violence la séquestration de patron/DRH dans une entreprise quand la grève n'a aucun écho notamment en cas de PSE).

Exactement, mais en fait on est d'accord sur le point stratégique : tous les exemples que tu as donnés (école, armée, transport) sauf électricité (qui était publique et dont j'ai toujours trouvé la privatisation comme une grossière erreur) sont publics. A mes yeux, c'est justement parce-qu'il y a aussi un caractère stratégique que ces entreprises sont publiques, et méritent à ce titre un régime "spécial" (je ne parle pas des retraites).

Et justement, tu l'as très bien montré toi-même dans un exemple, celui de la séquestration des patrons : dans ce cas précis, il n'y avait aucune limitation du droit de grève et pourtant celui-ci a échoué. Preuve que la grève n'est pas une panacée aux conflits sociaux et que penser une alternative plus intelligente serait bienvenu.

Donc, sans doute dois-je reformuler mon point : pas une restriction du droit de grève mais bien une évolution. Je reste très sincèrement persuadé que revoir les conditions tous les deux ans (un peu comme un bail pour les logements, on le révise à périodes fixes) - ou une autre période de temps, peu importe- serait grandement salutaire comme forme de régulation sociale. Cela permettrait aux syndicats de mieux s'organiser à l'annonce de l'échéance, et aux pouvoirs patronaux comme publics de prendre leur marques.

Car ce qui pose problème dans cette grève, c'est bien son caractère désordonné, un message qui passe mal, des revendications qui varient selon les syndicats, etc. Un round de négociation aurait au moins le mérite de mieux préparer les gens, comme les usagers. Rien n'interdirait in fine d'avoir des grèves si le round échoue mais ce ne seraient pas des "grèves sauvages", mais motivée par l'échec des négociations pendant le round : on ferait grève APRES avoir négocié et non avant. On institutionnalise le dialogue social, on l'encadre.

J'essaye de réfléchir comme un économiste : notre pire ennemi n'est pas la grève mais l'incertitude, car les anticipations ne s'adaptent plus : l'équilibre est sous-optimal.

Cela te va-t-il mieux ?

Alci a écrit:

Le meilleur moyen d'éviter une grève est de développer une vrai relation entre employeur et représentants des salariés. En plus même les économistes les plus obtus nous expliquent que c'est optimal sur le plan du marché du travail (Modèle WP/PS (?) de Jackman et Nickel par exemple (je peux me tromper de noms)).

Attention, je vois les modèles auxquels tu penses et ceux-ci ne s'appliquent en aucun cas aux monopoles publics. Car justement le hic d'un monopole c'est par nature d'avoir un pouvoir de pression important, c'est pour cela que souvent on les nationalise. Par ricochet, cela suppose donc que le statut des travailleurs aussi est différent. C'est d'ailleurs le cas historiquement, les statuts publics et privés ayant été encore mieux définis dans l'après-guerre.

D'où mon engagement pour une autre forme de régulation pour le public : on ne peut pas vouloir les avantages du publics tout en ayant les mêmes droits que dans le privé, même pas pour une question d'équité, simplement parce-qu'économiquement parlant, la structure économique de l'entreprise est différente. Il ne s'agit pas de vouloir MOINS de droits mais des droits DIFFERENTS.

Alci a écrit:

Si, on accepte de faire dépendre la vie économique de salariés que l'on rémunère assez chichement compte tenu des tensions sur le marché du travail, de la technicité du travail mais surtout de leur responsabilité sur la vie économique : si les mecs ont les moyens de mettre une Région en chômage technique, il est indispensable de les rémunérer en conséquence de ce qu'ils apportent à la collectivité en faisant leur travail (productivité marginale on pourrait dire) mais aussi de mettre en place des mécanismes de dialogue social permettant d'associer les salariés à la gestion de l'entreprise pour éviter les conflits. C'est de la simple logique à mon sens.

Mais je suis parfaitement d'accord avec toi : encore une fois, d'accord pour qu'ils soient bien payés du fait des éléments évoqués ci-dessus, mais il faudrait revoir la forme de négociation car ils sont justement des agents du public et ont de fait des responsabilités différentes justement du fait de ce qu'ils apportent à la collectivité (bon ici le statut public\privé est plus complexe, je grossis le trait).

Last edited by RPC (14-12-2009 14:16:26)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?