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Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

Une histoire intéressante sur les sondages en Languedoc. Rendez-vous dans trois semaines pour la réponse. En tout cas, pas mal de réactions ici où là :

Damien Alary (Tous ensemble pour la région Languedoc- Roussillon, Gard) : « La légitimité est visiblement sur le président sortant, ses têtes de listes départementales, son bilan et son programme. L’espace d’Hélène Mandroux se réduit, d’autant qu’Europe Écologie et le Front de gauche font leur score, et ne lui laissent que portion congrue. L’investiture de Mandroux n’a pas été décidée chez nous, elle est soumise, dès lors, à la réactivité des gens du Sud. »

Jean-Louis Roumégas (Europe Écologie) : « Ce dernier sondage est encourageant, même s’il ne nous donne pas favoris. On aime bien ce genre de challenge qui sert notre objectif : battre l’UMP et changer la gauche. Aux européennes, Europe Écologie était créditée de 9 % à trois semaines du scrutin et nous avons atteint 16 %. »

François Liberti (A gauche maintenant, Hérault) : « Les sondages sont plus faits pour influencer l’opinion que refléter le réel. Méfiance : notre liste était donnée à 7 % puis à 11 %. Quelle leçon tirer ? Cela nous conforte dans notre volonté de labourer le terrain. »

Patrice Drevet (Alliance écologiste indépendante) : « L’important c’est de présenter ma liste et expliquer mon programme. Ce sondage est encourageant et démontre que j’ai eu raison de ne pas m’embarquer avec le soutien du MoDem. L’opinion comprend que je suis le seul écologiste du centre. »

Jacqueline Amiel-Donat (PS, Pyrénées-Orientales) : « Il y a une constante dans ces sondages : la droite ne gagne pas ! Arrêtons de dire qu’il faut voter Frêche car sinon c’est Couderc qui va gagner. Notre démarche est difficile. On est face à des gens qui espèrent quelque chose ou qui ont peur. Il y a cette facilité d’aller vers ce qui apparaît être la victoire. »

Robert Morio (FN, Aude) : « Nous sommes au-dessus des 10 %. La campagne me donne ce sentiment. Les 2 % de Martinez me semblent élevés. Ce qui nous pénaliserait, c’est l’abstention. Les 6 % de Mandroux ne m’étonnent pas. Ici dans l’Aude, elle a pris des vingt-cinquièmes couteaux et est perçue comme la liste de la division. »

Francis Saint-Léger (UMP, Lozère) : « Pour qu’un sondage soit fiable, il faut que les données le soient : poids de l’abstention, présence du MoDem… Le prochain sondage sera plus significatif. Je pense que les 6 % attribués à Hélène Mandroux sont nettement sous-évalués. Quant au score de Raymond Couderc, il fait les frais d’une campagne éclipsée par la médiatisation du trio Frêche-Roumégas-Mandroux. Tout rentrera dans l’ordre lorsqu’on sera dans le vif du sujet, projet contre projet. »

François Lamy (bureau national du PS) : « Malhonnête »
« Surpris » par les résultats, François Lamy, conseiller politique de Martine Aubry, l’est plus encore par la façon dont le sondage OpinionWay a été réalisé. « Dans la question posée au panel, pourquoi présenter Hélène Mandroux comme la candidate de la direction nationale du PS, sinon pour influer sur les réponses. C’est malhonnête. Hélène Mandroux est maire de Montpellier et candidate du Parti socialiste tout court. Par ailleurs, je suis surpris que la ventilation des personnes interrogées ne soit pas fournie », commente-t-il.

Il se dit « prêt à tout entendre, notamment la difficulté de monter une liste à la hâte et la popularité de Georges Frêche », mais il estime que ce sondage est sujet à caution. « Comment tout d’un coup, Hélène Mandroux passerait-elle de 11 % à 6 % des intentions de vote ? Il n’y a pas d’explication rationnelle, d’autant qu’on aurait pu imaginer que les 5 % prétendus perdus abondent le score de la liste Europe Écologie. Il n’en est rien, 2 % vont au Front de gauche de Revol, 3 % se perdent dans la nature. Il y a de l’intox dans l’air et la volonté de faire croire que Mandroux aurait un lancement de campagne désastreux. Il n’en est rien, nous ferons démentir les sondages. »

Source : midi libre

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

Un sondage qui ne nous apprend pas grand-chose et qui confirme ce qu'on savait déjà : les provinciaux sont des bouseux (just kidding, quoique...)

Le Figaro a écrit:

Les Parisiens n’ont pas la cote

Les Français ne sont pas tendres avec les Parisiens. Dans une enquête CSA pour réalisée pour l’hebdomadaire Marianne, les Français résidant en dehors de l’agglomération parisienne jugent les Parisiens plus pressés qu’eux (93%), plus stressés (91%), plus snobs (71%), plus arrogants (66%), plus agressifs (65%), plus chauvins (62%) ou encore plus nombrillistes (58%).

A l’inverse, ils les estiment moins souriants (71%), moins respectueux de l’environnement (68%), moins drôles (61%), moins épanouis (61%), moins tolérants (59%), moins accueillants (59%), moins sympathiques (57%) ou encore moins généreux (52%).

Rares bonnes notes, les Français pensent que les Parisiens sont plus travailleurs que la moyenne (56%), plus cultivés (52%), plus informés (70%), plus branchés (80%) et plus chics (71%).

Sondage réalisé par téléphone les 17 et 18 février auprès d’un échantillon représentatif de 839 personnes âgées de 18 ans et plus résidant hors de l’agglomération parisienne. Méthode des quotas.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

Plus chics c'est à classer dans les bonnes notes ?

Pardon, je sors.

Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

Dans la rubrique des sondages bidonnés on trouvera cet article où la droite "repasse en tête dans LES sondages" en Alsace, mis en exergue par le Figaro, TF1, Le Point. "LES" sondages, il s'avère que c'est "UN" sondage "LCI-Opinion Way (le bien connu)-le figaro-fiducial" tous ensemble tous ensemble OUAIS OUAIS !

C'est drôle comme les sondages de cette élection régionale suivent le cours de l'orientation politique de la clientèle principale de l'institut de Sondage qui publie le dernier sondage...

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

Gambetta a écrit:

Dans la rubrique des sondages bidonnés on trouvera cet article où la droite "repasse en tête dans LES sondages" en Alsace, mis en exergue par le Figaro, TF1, Le Point. "LES" sondages, il s'avère que c'est "UN" sondage "LCI-Opinion Way (le bien connu)-le figaro-fiducial" tous ensemble tous ensemble OUAIS OUAIS !

C'est drôle comme les sondages de cette élection régionale suivent le cours de l'orientation politique de la clientèle principale de l'institut de Sondage qui publie le dernier sondage...

Non, il s'agit bien de deux sondages, le OpinionWay et le TNS-Sofres ci-dessous.
http://www.tns-sofres.com/_assets/files … alsace.pdf

Par contre effectivement les articles qui s'y réfèrent sont très drôles, notamment celui du Monde : "Régionales : l'UMP s'attend à une surprise en Alsace." Pour rappel, on parle d'une région qui a voté à 65 % pour Sarkozy...

"It's better to burn out than to fade away".
Joseph Goebbels ou Neil Young ?

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Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

Euh... Quel est l'intérêt de cette question ?

Le Figaro - AFP a écrit:

Marine Le Pen ministre: la France contre

Plus de deux Français sur trois sont opposés à la participation de la vice-présidente du Front national, Marine Le Pen, à un gouvernement, selon une enquête Ipsos réalisée pour Le Point et publiée aujourd'hui.

A la question "seriez-vous favorable ou opposé à la participation de Marine Le Pen à un gouvernement?", 68% des personnes interrogées se déclarent opposées, 48% y étant même "très opposées". 28% se disent en revanche favorables à cette hypothèse, 4% ne se prononçant pas.

Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

Remettre le fascisme triomphaliste à sa place ?

Last edited by Sourire d'Enfer (28-04-2010 16:31:28)

On n'était pas dans l'air du temps, on était dans la magie du siècle.

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Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

Sourire d'Enfer a écrit:

Remettre le fascisme triomphaliste à sa place ?

Je ne suis pas sûre, je trouve que ce genre de questions, dont on publie après les résultats, vise à prendre la température de l'opinion, et même à faire de la place dans l'esprit des gens pour des idées assez saugrenues (les sondages sur la supression des remboursements de certains médicaments, le sondage sur le travail le dimanche, le sondage sur la gratuité de l'école publique...)

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Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

Je serais tenté de croire que le travail le dimanche et autres idées saugrenues sont plus susceptibles de se concrétiser qu'une arrivée de Marine Le Pen au gouvernement.

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Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

FDL nl a écrit:

Je serais tenté de croire que le travail le dimanche et autres idées saugrenues sont plus susceptibles de se concrétiser qu'une arrivée de Marine Le Pen au gouvernement.

Certes.
Mais cette idée de sondage sort bien de quelque part? Ou alors c'est un mec de Sofres qui en a eu l'idée un soir au bar alors qu'ils voyait à la télé un reportage sur la riante bourgade d'Henin-Beaumont...

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Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

*qu'il

Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

Sourire d'Enfer a écrit:

Remettre le fascisme triomphaliste à sa place ?

http://www.threadbombing.com/data/media/54/facepalm_statue.jpg

http://www.youtube.com/watch?v=xY3jUuFBWIM

« Hit me right in my white guilt »

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Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

eden nl a écrit:
Sourire d'Enfer a écrit:

Remettre le fascisme triomphaliste à sa place ?

Je ne suis pas sûre, je trouve que ce genre de questions, dont on publie après les résultats, vise à prendre la température de l'opinion, et même à faire de la place dans l'esprit des gens pour des idées assez saugrenues (les sondages sur la supression des remboursements de certains médicaments, le sondage sur le travail le dimanche, le sondage sur la gratuité de l'école publique...)

Oui, ou tout simplement mesurer si, avec la retraite de Jean-Marie Le Pen, une évolution "à la MSI" du FN est envisageable...

Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

eden nl a écrit:
FDL nl a écrit:

Je serais tenté de croire que le travail le dimanche et autres idées saugrenues sont plus susceptibles de se concrétiser qu'une arrivée de Marine Le Pen au gouvernement.

Certes.
Mais cette idée de sondage sort bien de quelque part? Ou alors c'est un mec de Sofres qui en a eu l'idée un soir au bar alors qu'ils voyait à la télé un reportage sur la riante bourgade d'Henin-Beaumont...

Auquel cas le mec s'est sûrement fait foutre dehors, parce qu'un sondage, ça coûte cher...

En fait c'est une enquête pour Le Point... Ca n'explique pas ce qui leur passe par la tête, un article sur Marine cette semaine à combler, peut-être ?

http://www.ipsos.fr/CanalIpsos/articles … p?rubId=19

"It's better to burn out than to fade away".
Joseph Goebbels ou Neil Young ?

Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

Tiens tiens :

Présidentielle 2012 : Nouvelles manipulations sondagières en vue pour l'UMP ?

L'Elysée et l'UMP auraient selon le site les INDISCRETS : " trouvé un moyen de contourner les lois sur le financement par des sociétés des campagnes électorales ... / ... " Celui-ci fait référence à un article très détaillé de l'Express du 28 avril, qui explique qu'on s'agite en coulisse, pour créer de toutes pièces : " une entreprise d'études d'opinion et de marketing" qui serait financée par des sociétés amies du CAC 40 et qui aurait comme client : l'UMP !

Que dit la loi française sur le financement des partis politiques ?

" ... / ... depuis 1995, les pouvoirs publics ont décidé de couper le cordon ombilical entre l'argent des entreprises et les caisses politiques, en interdisant définitivement aux personnes morales -quelles qu'elles soient- de prendre part au financement de la vie politique .. / ... " - Source Sénat

Oui, mais une campagne présidentielle ça coûte cher et on ne peut pas toujours compter sur la "docilité" des sociétés d'études d'opinion ! De plus, la récente affaire des sondages de l'Elysée révélée par la Cour des Comptes a montré qu'il fallait faire preuve ... d'imagination.

Pour l'instant, force est de constater que la cote du Président de la République est au plus bas depuis pas mal de temps et qu'on commence à craindre à l'Elysée comme à l'UMP la possibilité d'une défaite en 2012.

Il faut dire que " 65% des Français ne font pas confiance au président de la République pour réussir à améliorer la situation de la France d'ici la fin de son quinquennat" et que " Deux tiers des Français (65%) ne souhaitent pas que Nicolas Sarkozy se représente à la présidentielle de 2012 - Source Nouvel Obs

Un autre chiffre vient accentuer le divorce entre le "Président du pouvoir d'achat" et les électeurs. Il s'agit d'une étude publiée par l'Humanité qui indique : "70 % des Français soutiennent les manifs du 1er Mai "

" C’est sans appel ! Notre sondage réalisé par l’institut CSA le montre : à 70 %, les Français soutiennent ou expriment de la sympathie pour les manifestations unitaires du 1er mai organisées par la CGT, la CFDT, la FSU, Solidaires et l’Unsa, sur l’emploi, les salaires et les retraites. Ce résultat dépasse les chiffres atteints le 23 mars (65 %) et lors des grandes manifestations de 2009 (69 % le 29 janvier, 62 % le 19 mars). On flirte même avec les records de soutien et de sympathie enregistrés lors du mouvement des lycéens d’avril 2008 (73 %) ! ... / ... "

Alors, lorsque l'opinion résiste et ne veut pas changer d'avis, quoi de mieux que de lui donner "d'autres informations" en remettant en marche les bonnes vieilles "officines privées" chères à l'UNR, UDR et RPR et si l'on en croit L'Express, à l'UMP ...

Que dit l'Express sur ce nouveau : "moyen de contourner les lois sur le financement par des sociétés des campagnes électorales " ?

" C'est une opération menée dans une discrétion absolue. Car le sujet, celui des sondages et de leur financement, est particulièrement délicat. Depuis le début de l'année, Grégoire Chertok, 44 ans, banquier d'affaires en pleine réussite, s'active. Cet associé-gérant de Rothschild ' Cie a l'habitude de travailler avec les entreprises du CAC 40. Elu conseiller régional (UMP) en Ile-de-France en mars, il présente une singularité: très proche de Jean-François Copé, il soutient pleinement Nicolas Sarkozy ... / ... "

Il est également collaborateur du très droitier Institut Montaigne comme l'indiquent les Ateliers du Changement de l'UMP , membre du Conseil d'analyse économique et Conseiller municipal du 16 eme arrondissement

Pour faciliter la réélection du chef de l'Etat en 2012, Chertok l'aide sur un point sensible: la réalisation et le financement de radioscopies de l'opinion. Au cours des derniers mois se sont déroulés des rendez-vous secrets, pilotés par un cadre de Rothschild ' Cie. Avec des représentants d'entreprises et surtout un homme, Julien Vaulpré, qui se présente à ses interlocuteurs pour ce qu'il est: conseiller technique à la présidence de la République, chargé de l'opinion ... / ... Pourtant, les rencontres auxquelles le conseiller de l'Elysée a assisté ne portent pas sur les nouveaux concepts en matière de sondages, mais sur le nerf de la guerre: l'argent.

Elles ont clairement pour objectif de convaincre sept entreprises d'apporter 1 million d'euros chacune. De quoi créer une structure, dirigée par un cadre actuellement salarié de L'Oréal, qui commanderait des études sur l'évolution des clivages de la société française. Certes, ce type de travaux est utile à une entreprise soucieuse de définir sa stratégie de marketing, mais il offre aussi un grand intérêt à un candidat en campagne présidentielle. Pour garantir sa viabilité économique, cette société "bénéficierait d'un contrat de cinq ans avec l'UMP", explique un intime de Nicolas Sarkozy. "L'entreprise veut avoir des clients privés, éventuellement des clients politiques", précise Julien Vaulpré, qui refuse d'en dire plus: "Un projet d'entreprise est par nature confidentiel." Surtout quand il concerne aussi une élection présidentielle ... / ... " Source L'Express

La création de cette société permettrait surtout d'éviter de se faire piéger une nouvelle fois, par la Cour des Comptes, comme ce fut le cas en 2009, comme l'expliquait Gérald Andrieu dans Marianne2 : " ... / ... la 4e chambre de la Cour des comptes chargée de l’épluchage des factures a découvert une « convention » signée entre un cabinet d’études et la Présidence de la République qui, selon l’expression de son président Alain Pichon, « ne préservait pas bien les intérêts de la Présidence ». Heureusement, le rapport se fait plus précis. Cette convention, dont le coût avoisinerait les « 1,5 million d’euros », a été signé en dépit du code des marchés publics ... / ... " et de ne pas faire, bien entendu, figurer le montant des études et sondages dans les comptes de campagne du candidat de l'UMP ...

Encore sans doute, une nouvelle manifestation de la "Démocratie irréprochable" ...

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

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Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

Je poste cet article qui colle bien dans ce thread :

Retraites : la guerre des sondages

Par TF1 News (D'après agence), le 23 juin 2010 à 14h05, mis à jour le 23 juin 2010 à 14:37

Les Français sont abondamment sondés sur la réforme. Avec des résultats parfois divergents. Alors que, selon un sondage publié par Le Figaro, 58% des Français jugeraient le report de l'âge légal "acceptable", Bernard Thibault monte au créneau.


Depuis le lancement des débats sur la réforme des retraites et les premières rumeurs sur un possible recul de l'âge légal, plusieurs études d'opinion ont semblé montrer une hostilité des Français à cette mesure. Et leur volonté de s'y opposer. Dans l'une des dernières en date, publiée mardi par Les Echos et menée par l'institut BVA (1), plus de la moitié des sondés (56%) se disaient hostiles à la réforme; parmi eux, 29% se disaient "en colère parce que cette réforme est injuste et inefficace" et disaient vouloir "la combattre". Dans une autre, publiée à la mi-juin par Le Parisien et menée par CSA (2), 52% des sondés évoquaient une réforme "injuste" et "inefficace" ; l'opposition à un recul de l'âge de la retraite à 62 ans rassemblait, dans cette étude, 60% des sondés. Or, Le Figaro, ce mercredi, a fait sa "Une" sur un nouveau sondage, réalisé par l'Ifop (3), aux résultats apparemment très différents : selon cette étude, plus de la moitié des Français (58%) jugeraient "acceptable" le recul de l'âge légal de départ de la retraite de 60 à 62 ans.

Un sondage publié à la veille d'une journée d'action sur les retraites, dont les syndicats espèrent une forte mobilisation afin de faire reculer le gouvernement, et qui n'a pas manqué de faire monter le numéro un de la CGT au créneau. "Anticipant une journée de mobilisation unitaire pour la défense des retraites qui s'annonce puissante, les avocats du projet de loi gouvernemental multiplient les tentatives pour réduire l'ampleur des protestations à l'expression d'une minorité agissante", a estimé Bernard Thibault dans un communiqué.

Bernard Thibault en commentateur de sondages

Commentant la Une du Figaro de mercredi, il voit dans ce sondage Ifop un étonnant "revirement de l'opinion des Français, puisque toutes les enquêtes ont montré jusqu'à présent une forte majorité en profond désaccord avec la volonté de saborder le droit au départ à la retraite à 60 ans". Or, "on interroge les Français sur le caractère 'acceptable' du recul de deux ans de l'âge légal de départ à la retraite et on leur fait dire qu'ils 'approuvent les 62 ans' ", observe-t-il. Avant de proposer un autre titre : selon lui, "Le Figaro aurait pu faire son titre sur les 67% qui jugent la réforme plutôt injuste". A ses yeux, cela constitue tout simplement "une tentative de manipulation de l'opinion".

Il note aussi qu'une autre enquête Ifop, publiée mardi soir, "mettrait en évidence que 57% des Français ne font pas confiance aux syndicats", ce qui constituerait aussi "une rupture avec toutes les enquêtes précédentes sur le sujet qui ont toutes mis en évidence un taux de confiance oscillant entre 53% et 57% à l'avantage des syndicats".

Mais il est difficile de comparer les résultats de ce sondage avec ceux des années antérieures en raison d'un changement du mode d'administration du sondage (auto-administration en ligne au lieu de téléphone), ce qui entraîne un biais selon les spécialistes des sciences sociales. "Faut-il être abonné à internet pour que son opinion soit prise en compte ? Peu importe ce détail pour les commanditaires, l'essentiel est d'alimenter le discrédit sur la parole syndicale", commente Bernard Thibault.

   Alors que le ministre du Travail a écarté lundi l'hypothèse d'un référendum sur les retraites, le secrétaire général de la CFDT a tablé sur "une très grosse manifestation jeudi".

      Le gouvernement poursuit vendredi un dernier round de concertation express avec les partenaires sociaux pour finaliser son projet de réforme dévoilé la veille. Le projet ne sera amendé qu'à la marge.
   
      La CGT et FO ont boycotté jeudi le dernier round de négociations avec Eric Woerth. Les syndicats affûtent leurs armes en prévision du 24 juin, jour de mobilisation sociale, et font assaut de symboles d'unité.
     
      Le ministre du Travail est venu défendre mercredi soir au 20 heures de TF1 l'avant projet de réforme des retraites présenté dans la matinée. Il l'a clairement exprimé : le relèvement de l'âge légal de départ à la retraite ne sera pas renégocié.

      Sitôt après les annonces d'Eric Woerth, FO a réclamé le retrait du projet de réforme des retraites. Pour la CFDT, trop d'efforts sont à la charge des seuls salariés. Pour la présidente de la Cnav, "le compte n'est pas bon".
     
      La détermination d'un métier pénible se fera désormais au cas par cas. Une décision qu'Eric Woerth a tenté d'expliquer mercredi soir sur le plateau du 20h de TF1.
   

(1) Baromètre BVA-Absoluce-Les Echos-France Info : ce sondage a été réalisé par l'Institut BVA par téléphone les 18 et 19 juin auprès d'un échantillon de 1010 personnes, représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus, selon la méthode des quotas.
(2) Sondage CSA/Aujourd'hui en France/Le Parisien réalisé par téléphone le 16 juin sur un échantillon national représentatif de 940 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.
(3) Sondage réalisé sur un échantillon de 1002 personnes, représentatif de la population âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Les interviews ont été réalisées du 18 au 22 juin 2010 par "questionnaires auto-administrés en ligne".

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

Moi aussi je veux jouer au même jeu qu'Ozzie.

http://img205.imageshack.us/img205/8495/be8bc8a96ba4670b5a4b9b0.jpg

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

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Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

Quel est l'intérêt de demander aux Français s'ils sont heureux de bosser plus longtemps ? Les plans d'austérité ne font plaisir à personne...

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Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

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Last edited by OZ (09-07-2011 11:45:04)

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Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

Je viens d'être sondé pendant 16 minutes par l'IFOP. Voici les questions qu'ils m'ont posé :

- Série de questions sur la réforme des retraites avec faits dont on devait dire si on en avait connaissance ou pas (sondage quantitatif et qualitatif avec question ouverte sur les points de la réforme que j'ai retenu)

- Opinion que j'avais sur Nicolas Dupont-Aignan ? (commanditaire du sondage ?)

- Suis-je tatoué ou vais-je le devenir ? (WTF !)


- Questions fermées sur la France :
. France en déclin ?
. Confiance en elle ?
. Modèle pour d'autres pays ?
. capable de se réformer ?

- Parti dont vous vous sentez le plus proche ?

- Question pour redresser la réponse à la question précédente : pour quel candidat ai-je voté au premier tour de la présidentielle 2007 ?

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Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

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Last edited by OZ (06-07-2011 19:35:16)

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Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

Intéressant. Tu as bossé dans un institut de sondage ?

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Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

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Last edited by OZ (06-07-2011 19:34:42)

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Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

OK, merci pour ta réponse.

Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

Free French a écrit:

- Parti dont vous vous sentez le plus proche ?

- Question pour redresser la réponse à la question précédente : pour quel candidat ai-je voté au premier tour de la présidentielle 2007 ?

En l'occurrence, étant donné que les commanditaires se foutent sûrement d'avoir la répartition de l'échantillon par parti, se sont plutôt ces deux dernières questions qui doivent servir à redresser le tout pour les questions retraites/NDA.

Tu ne t'étais pas déjà fait sonder il n'y a pas très longtemps, par ailleurs ?

"It's better to burn out than to fade away".
Joseph Goebbels ou Neil Young ?

Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

Surfin'USA a écrit:

En l'occurrence, étant donné que les commanditaires se foutent sûrement d'avoir la répartition de l'échantillon par parti, se sont plutôt ces deux dernières questions qui doivent servir à redresser le tout pour les questions retraites/NDA.

Oui, tu as raison.


Surfin'USA a écrit:

Tu ne t'étais pas déjà fait sonder il n'y a pas très longtemps, par ailleurs ?

Il y a un an je dirai. Mais en fait mon téléphone fixe est dans l'annuaire et mon mobile aussi, CQFD.

Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

Sécurité: Les mesures de Sarkozy «inefficaces» pour 69% des Français
419 commentaires
Créé le 13.08.10 à 18h17 -- Mis à jour le 13.08.10 à 18h19

OPINION - Mais la semaine dernière, une autre enquête disait le contraire...

D’après un sondage CSA pour Marianne, à paraître samedi, la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy est qualifiée de «plutôt inefficace» par une large majorité de Français (69%). Sans surprise, les sympathisants de gauche sont plus nombreux à partager cet avis (72%) que ceux de droite (53%). Ce jugement négatif concerne toutes les catégories de faits proposés par l’institut de sondage: atteintes aux biens (plutôt inefficace pour 58%), atteintes aux personnes (plutôt inefficace pour 69%), délinquance financière (72%) et encore plus violences urbaines (78%). Les sondés attribuent d’abord aux inégalités sociales, à 73%, la cause de la hausse de la délinquance. Viennent ensuite «la suppression de la police de proximité» (68%), «l'incivilité des citoyens» (68% également) et «la réduction du nombre de policiers» (66%).

Globalement, l’immigration contribue à l’augmentation de la délinquance pour 47% des Français, 49% estimant au contraire qu’elle n’y contribue «plutôt pas ou pas du tout». On note là une fracture entre les sympathisants de droite et ceux de gauche, les premiers sont 61% à voir dans l’immigration une cause de la hausse de la délinquance, les seconds sont seulement 33% à le penser.

Les exilés fiscaux dans le viseur

Enfin, une courte majorité de Français – 51% - désapprouve le retrait de la nationalité pour sanctionner certains délits comis par des personnes d’origine étrangère. Parmi ces critiques: 63% des sympathisants de gauche, 28% des sympathisants de droite. Quelque 46% (36% sympathisants de gauche, 69% de droite) optent pour la réponse: «plutôt favorable car l'acquisition de la nationalité doit être remise en cause en cas d'acte grave». En revanche, les sondés sont plus sévères avec les exilés fiscaux: 66% jugent qu’ils ne méritent pas la nationalité française.

Les Français auraient-ils changé d’avis en une semaine? La semaine dernière, deux enquêtes, l’une de l’Ifop pour Le Figaro et l’autre du CSA, déjà, pour L’Humanité. Dans la première enquête, les sondés approuvaient à 80% (pour les auteurs d’excision par exemple) ou 70% (pour ceux qui ont porté atteinte à la vie d’un policier) la déchéance de nationalité. Dans la seconde, 57% des Français jugeaient cette mesure «nécessaire» tout en l’estimant «discriminatoire» (55).

«Pas de contradictions» disent les politologues

Interrogés par l’AFP, les politologues Jean-Daniel Lévy (CSA) et Jérôme Fourquet (Ifop ) expliquent en chœur que «tout dépend de la formulation des questions».  «On a passé beaucoup de temps à réfléchir à la formulation pour éviter que la réponse ne soit dans la question», a expliqué le politologue du CSA. «Il faut être précis, le sujet est complexe», ajoute Jérôme Fouquet, qui estime qu’ «il n’y a pas de contradictions» entre les résultats des différents sondages. «Le fait que les Français plébiscitent les mesures préconisées par le président ne veut pas dire qu'il lui donne quitus sur sa politique sécuritaire», assure-t-il.

«Quand on interroge les Français sur leur rapport à l'immigration, ils sont perpétuellement tiraillés entre deux regards: celui qu'ils portent sur la France, pays des droits de l'Homme, et celui qu'ils portent sur le comportement des immigrés. Ils ont le sentiment que la situation économique est plus difficile pour les immigrés, mais que ceux-ci ne font pas toujours ce qu'il faut pour s'intégrer», ajoute Daniel Levy.
M.P. avec AFP

Un sondage tacle la politique sécuritaire de Sarkozy


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13.08.2010, 20h10 | Mise à jour : 22h22

En matière de sécurité, les sondages se suivent mais ne se ressemblent pas. En l'espace de dix jours, les enquêtes d'opinion ont tiré «à hue et à dia», clamant d'abord l'assentiment puis le rejet des Français concernant les mesures sécuritaires menées par Nicolas Sarkozy.

Un sondage CSA*, publié dans les colonnes de Marianne, vient tempérer les chiffres avancés par d'autres enquêtes ce mois-ci.
Selon l'hebdomadaire, près de sept Français sur dix jugent inefficace la politique menée depuis huit ans en matière de sécurité. On apprend même que 53 % des sympathisants de droite dénoncent son inefficacité. Interrogés sur les causes de l'augmentation de la délinquance, 73% l'attribuent aux inégalités sociales contre 47 % à l'immigration.

Contrairement à la forte approbation montrée par deux enquêtes du 6 août (Ifop pour le Figaro, CSA pour L'Humanité), le projet de dénaturaliser des personnes d'origine étrangère après certains crimes est lui aussi rejeté par une majorité.

Interrogés sur ce projet, 51% choisissent la réponse : «plutôt défavorable car tous les Français doivent être égaux devant la loi quelle que soit leur origine». Parmi ces critiques : 63% des sympathisants de gauche, 28% des sympathisants de droite.

Le 6 août dernier, dans un sondage Ifop paru dans le Figaro, la politique sécuritaire du gouvernement remportait une large adhésion auprès des Français, tous bords confondus. Ils étaient 70% à être favorables au projet de dénaturaliser des personnes d'origine étrangère qui ont commis certains crimes. Le gouvernement avait eu alors son heure de gloire...

«Tout dépend de la formulation des questions»

Pour Jean-Daniel Lévy (CSA) et Jérôme Fourquet (Ifop), de tels écarts entre sondages ne signifient pas pour autant qu'ils sont contradictoires. «Tout dépend de la formulation des questions», répondent les deux politologues, qui jugent ces différentes enquêtes «complémentaires». «Il faut être précis, le sujet est complexe», rappellent-ils.

Selon eux, «quand on interroge les Français sur leur rapport à l'immigration, ils sont perpétuellement tiraillés entre deux regards : celui qu'ils portent sur la France, pays des droits de l'Homme, et celui qu'ils portent sur le comportement des immigrés. Ils ont le sentiment que la situation économique est plus difficile pour les immigrés, mais que ceux-ci ne font pas toujours ce qu'il faut pour s'intégrer».

Sondage réalisé par téléphone le 11 août auprès d'un échantillon de 1.021 personnes de 18 ans et plus, méthode des quotas.

Last edited by Gambetta (15-08-2010 11:58:38)

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

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Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

Deux sondages exactement contraires à 4 jours d'intervalle

Terrorisme: Les Français sereins

En dépit d'alertes à répétition, deux tiers des Français pensent que le risque d'attentat en France ne s'est pas spécialement renforcé, selon un récent sondage BVA pour Canal+.

Alors que les autorités font état d'une menace accrue de terrorisme, les Français semblent relativement sereins. Ils sont plus de 65%, en effet, à croire que le risque d'attentat en France ne s'est pas accru ces dernières semaines, selon un sondage BVA pour Canal+ diffusé jeudi, qui confirme la relative indifférence constatée par leJDD.fr dans le métro parisien.
Trop de communication

En revanche, 59% se disent convaincus que le gouvernement communique trop sur le sujet. Seulement 35% des personnes interrogées ont le sentiment que le risque d'attentat en France s'est renforcé ces dernières semaines. Les sympathisants de droite (54%) sont nettement plus nombreux à le croire que ceux de gauche (25%).

Ce sondage intervient pourtant alors que la Tour Eiffel a été évacuée après une alerte à la bombe mardi, la deuxième en quinze jours sur ce site et la quatrième en un mois dans la région parisienne. Le même jour, Sky News évoquait un complot déjoué par les services de renseignement, attribué à un groupe réputé proche d'Al Qaïda et visant à commettre des attentats dans plusieurs grandes villes d'Europe.

Dans la journée, François Fillon avait reçu les présidents des groupes parlementaires de l'Assemblée nationale et du Sénat pour les tenir informés des menaces terroristes pesant actuellement sur la France. Un point réclamé par l'opposition, dont certains ténors ont dénoncé une "manipulation" de la population sur ces questions de sécurité. Sans remettre en cause ce risque, Ségolène Royal ou Yves Cochet on en effet critiqué la façon dont le gouvernement et les autorités policières communiquent sur ce sujet. Des critiques qui semblent donc avoir un certain écho dans la population.

Serait-ce le matraquage du week end, tombant à point entre le débat sur les retraites et les affaires de corruption qui aurait si massivement fait basculer "l'Opinion" ?

79 % des Français jugent la menace « sérieuse »
3 commentaires
Créé le 04.10.10 à 07h32 -- Mis à jour le 04.10.10 à 07h32
Hervé Morin, le ministre de la Défense, l'a encore rappelé, hier dans les colonnes du Parisien : « C'est bien que les Français le sachent... » De fait, les Français sont bien conscients de la m...

Hervé Morin, le ministre de la Défense, l'a encore rappelé, hier dans les colonnes du Parisien : « C'est bien que les Français le sachent... » De fait, les Français sont bien conscients de la menace terroriste qui pèse sur le pays. D'après un sondage Obea/Infraforces (lire l'encadré) pour 20 Minutes et France Info, 79 % des Français pensent que cette menace est « sérieuse ». Parmi eux, 30 % la considèrent même comme « très sérieuse ». Pourtant, le risque d'attentat autour duquel le gouvernement a communiqué ces derniers temps n'arrive pas en tête de leurs préoccupations. Ainsi, le chômage, l'avenir des retraites et même la crise économique sont des sujets bien plus importants à leurs yeux.

L'action du gouvernement plébiscitée
En matière de lutte contre la menace terroriste, les Français approuvent, par ailleurs, l'action du gouvernement : « 65 % des sondés la jugent adéquate, voire tout à fait adéquate », révèle l'institut Obea/Infraforces dans son étude.
En réalité, c'est surtout l'annonce de cette menace par les autorités que les Français approuvent, plus que l'action à proprement parler. « Il y a effectivement un risque d'attentat, nous confirmait il y a peu une source policière. Il faut donc préparer les esprits à cette éventualité... » Au risque d'entraîner un climat de psychose : entre le 16 et le 23 septembre derniers, la préfecture de police de Paris a ainsi recensé 87 alertes au colis suspect dans les rues de la capitale. V. V.

Les Français ne sont pas si bêtes :

Le chômage inquiète plus les Français que l'insécurité
L'Expansion.com -  04/10/2010 10:23:00
Eric Gaillard / Reuters


Les préoccupations premières des Français sont le chômage et l'avenir des retraites, selon un sondage Obea/InfraForces pour France Info et 20 Minutes.

Le chômage est de loin la plus grande inquiétude des Français. Pour 28,8% d'entre eux, c'est la première des préoccupations, selon un sondage Obea/InfraForces pour France Info et 20 Minutes. Les sujets économiques sont d'ailleurs en tête de liste des préoccupations des Français, puisque l'avenir des retraites (20,8%) et la crise économique (19,9%) suivent le chômage, loin devant l'immigration (4,1%), le terrorisme (8,8%) et les menaces environnementales (6,8%).

Le chômage a été cité essentiellement par les jeunes (moins de 34 ans) et les seniors (55-64 ans). La crise économique inquiète quant à elle davantage les personnes en âge de travailler (25-54ans). L'avenir des retraites a été encore plus fréquemment cité par les 35-44 ans.

Même si les Français considèrent à 58,9% que le gouvernement a eu raison d'être ferme à propos de la sécurité, ils estiment qu"'il y a eu peu d'actions et donc peu de résultats probants". A 61,2%, ils estiment que le gouvernement à choisi délibérément de d'afficher une politique davantage sécuritaire "pour des raisons essentiellement électorales".

Enquête réalisée par téléphone du 25 au 30 Septembre 2010 auprès de 1.000 personnes habitant la France Métropolitaine, âgées de 18 ans et plus.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

J'accuse Opinion way de faire des faux sondages. Ils n'utilisent qu'Internet, ils sont payés par l'Elysées, et il leur suffit de se créer eux-même des comptes pour répondre à leurs sondages orientés.

Retraites : quand les sondages se contredisent

Alors que la mobilisation se durcit, l'adhésion de la majorité des Français, revendiquée par les deux parties, varie d'une étude d'opinion à l'autre.


Les Français soutiennent-ils le mouvement de contestation de la réforme des retraites ? Tout dépend des sondages, pourrait-on presque affirmer. Samedi 23 octobre, on apprend que la poursuite de la mobilisation contre le projet, avec l'appel à deux nouvelles journées d'action, est justifiée pour 63% des Français, selon un sondage (1) Ifop à paraître dans Dimanche Ouest-France.

Selon cette enquête, 37% des personnes interrogées ne trouvent pas justifié l'appel intersyndical à se mobiliser les 28 octobre et 6 novembre prochains. D'après l'Ifop, le soutien aux précédentes mobilisations était d'un niveau plus élevé, 70% pour les manifestations des 7 et 23 septembre et 71% pour celle du 12 octobre.

Bien qu'au cœur de la contestation, le recul de l'âge légal de la retraite de 60 à 62 ans demeure acceptable pour une majorité de Français (53%), contre 47% qui la juge inacceptable, selon un autre enseignement de ce sondage.



Respect du vote des parlementaires

A noter : l'étude ne pose pas la question de la continuation ou non de la mobilisation une fois passé le vote parlementaire. Une seconde enquête laisse en effet penser que l'acceptation du projet par le Parlement pourrait sonner la fin de la contestation pour une partie des manifestants et des grévistes.

Ainsi, selon le sondage Opinion Way (2), publié samedi 23 octobre dans Le Figaro, un Français sur deux (51%) comprend les manifestations et mouvements de grève contre la réforme des retraites. Cependant, ils sont 56% à souhaiter un respect du vote parlementaire, considèrant que les syndicats devront respecter le vote des parlementaires et arrêter le mouvement. Pour 43% des Français, il faut le poursuivre jusqu'à un retrait du texte.



Blocage des raffineries

Concernant l'issue du conflit, le sondage ne propose que deux choix à cette question et n'évoque pas l'option de l'ouverture de négociations. Quarante-huit pour cent des personnes interrogées disent ne pas soutenir le mouvement contre le projet de loi.

Les sondés sont par ailleurs 59% à désapprouver le blocage des raffineries et dépôts de carburant (41% sont pour), et 63% estiment que le gouvernement doit le faire cesser. Trente-six pour cent des Français plaident pour qu'il n'intervienne pas.



(Nouvelobs.com)



- (1) Sondage réalisé par téléphone les 21 et 22 octobre auprès d'un échantillon représentatif de 956 personnes de 18 ans et plus (méthode des quotas).

- (2) Sondage réalisé les 20 et 21 octobre auprès d'un échantillon de 1.001 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

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Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

Tu sais ce que c'est la méthode des quotas ?

Lolita, light of my life, fire of my loins. My sin, my soul. Lo-lee-ta: the tip of the tongue taking a trip of three steps down the palate to tap, at three, on the teeth. Lo. Lee. Ta

Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

[video (flash player not installed)]

Y a des sondages bizarres en ce moment... Marine LE Pen "meilleure opposante sur un sondage RMC... Est ce que ça signifie quelque chose ? S'oriente-t-on vers un nouveau 21 avril "féminin ?"

qu'en pensent nos politologues forumers ?

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Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

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Last edited by RPC (03-03-2011 03:56:47)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

La société de la patronne du MEDEF se lance dans la propagande raciste... "Mais c'est vrai quoi après tout, c'est pas nous, c'est les sondés qui répondent ce qu'ils veulent"...

Pour 100% des musulmans, les sondages sont plutôt une menace
par Pierre Tévanian - publié le lundi 10 janvier 2011

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Pour 42% des Français, la « présence musulmane » est « plutôt une menace » : c’est ce que vient de nous apprendre un sondage réalisé par l’IFOP pour le journal Le Monde. On a raison de s’en alarmer, mais pas d’être étonné-e : l’islamophobie progresse, ou plus précisément elle s’épanouit, se lâche, s’exprime en toute bonne conscience. Par voix de sondage pour les 340 personnes (42% des 809 sondés) qui ont accepté de répondre aux questions bêtes et méchantes de l’IFOP et de choisir la plus violente des réponses proposées, mais aussi de mille autres manières, au quotidien : regards hostiles, propos injurieux, discriminations… Sans parler des formes les plus haut-de-gamme, celles qui précèdent, préparent et légitiment toutes les autres : la stigmatisation politique, éditocratique, journalistique… et sondagière.

Il est bon de le rappeler : les sondages sont rarement neutres. Tous les scientifiques le savent : un instrument d’observation peut avoir un impact sur la réalité qu’il est censé enregistrer de manière objective, et même produire cette réalité – et c’est par excellence le cas des sondages d’opinion [1].

C’est le cas, tout particulièrement, du sondage de l’IFOP, pour la simple raison, d’abord, que ce sondage est performatif : le simple fait de poser la question d’une éventuelle « menace islamique » contribue à semer le doute, inquiéter, et donc donner consistance à ladite menace. Chacun-e a déjà pu l’expérimenter : le meilleur moyen de susciter la peur dans une situation anodine, par exemple à la tombée du jour ou en cas de coupure de courant, est de poser la question de la peur. Que l’on demande « Tu as peur ? » ou qu’on affirme « Moi je n’ai pas peur », ou même qu’on déclare qu’« Il n’y a aucune raison d’avoir peur », le message implicite est le même : « Tu pourrais avoir peur », et il y a donc bien, en réalité, des raisons d’avoir peur.

Texte

Le sondage de l’IFOP est d’autant plus anxiogène qu’il ne dit pas, loin s’en faut, qu’il n’y a aucune raison d’avoir peur. Par les mots qu’il utilise, il construit au contraire, de manière discrète mais d’autant plus pernicieuse, une scène belliqueuse sur laquelle s’opposent d’un côté « la France », « notre pays », et de l’autre la spectrale « présence » d’une étrange « communauté musulmane » :

« Diriez-vous que la présence d’une communauté musulmane en France est :

    * plutôt une menace pour l’identité de notre pays ;
    * plutôt un facteur d’enrichissement culturel pour notre pays ;
    * ni l’un ni l’autre. »

Aucun de ces mots n’est neutre. Parler d’une « communauté musulmane », tout d’abord, c’est immanquablement suggérer que les musulmans n’appartiennent pas à la communauté nationale, ou pas vraiment, ou pas loyalement : ce qui est faux et tendancieux – la plupart des musulmans vivant en France étant français, et rien (sinon le racisme) ne permettant de préjuger de leur manière d’être français.

Quant au mot « présence », il réactive, sous une forme à peine euphémisée, le sinistre « occupation » de Marine Le Pen qui a fait la une ces dernières semaines, en suggérant que ladite communauté musulmane forme un corps étranger, n’entretenant pas ou peu de relations avec le reste du pays. Ce qui, là encore, est tout simplement faux : les musulmans sont parfaitement intégrés dans la société française, fût-ce à des places subalternes dans la division du travail, et à la place du mort – je veux dire du bouc émissaire – dans le jeu politique et l’espace médiatique.

Cette inquiétante étrangeté de « la communauté musulmane » est ensuite opposée à « l’identité » du pays, ce qui achève de dicter « la bonne réponse » – en tout cas pour toute personne qui, dans la temporalité TGV des questions-réponses de l’IFOP, reste dans le vague et dans l’abstrait : à l’évidence, l’Autre s’oppose à l’Identique, donc oui, l’Autre musulman ne peut que menacer l’Identité française.

Et pour celles et ceux qui ne l’auraient pas compris, la France est rebaptisée « notre pays », sous-entendu : « pas le leur » – ce qui là encore est aussi faux que tendancieux. Non seulement parce que la majorité des musulmans de France sont de nationalité française, mais aussi parce que des résidents étrangers peuvent tout aussi légitimement, dès lors qu’ils y ont élu domicile, considérer la France comme leur pays.

Enfin, la structure binaire plutôt.../plutôt... construit de toutes pièces une alternative tout à fait fallacieuse : l’Islam serait soit une menace, soit un enrichissement. La question laisse il est vrai la possibilité de répondre « Ni l’un ni l’autre », mais sans donner aucun contenu substantiel un tant soit peu précis et concret à ce « Ni l’un ni l’autre » – alors que, de facto, l’Islam peut représenter, pour un musulman comme pour un non-musulman, mille autres choses qu’une menace identitaire ou un enrichissement culturel.

Hors-texte

Une réponse, par exemple, n’est pas proposée, alors qu’elle aurait sans doute pu recueillir un nombre conséquent de suffrages :

« L’Islam ne représente absolument rien pour moi. Je ne connais pas, et j’ai bien d’autres chats à fouetter. »

Ou encore celle-ci :

« l’Islam, pour moi, est une religion parmi d’autres, à laquelle on pourrait peut-être commencer à lâcher la grappe ».

D’autres réponses assez basiques ne sont pas proposées, par exemple celle-ci :

« La communauté musulmane n’existe pas, cette expression ne veut rien dire, on ne peut pas mettre tous les musulmans dans le même sac. »

Ou encore celle-ci :

« Les musulmans ne forment pas une communauté, ils sont différents les uns des autres, exactement comme les non-musulmans sont différents entre eux. »

Mille autres réponses possibles peuvent être imaginées, et en particulier des réponses non-racistes. En ne les proposant pas, en imposant une fausse alternative entre enrichissement culturel et menace identitaire, le sondage de l’IFOP maximise – c’est arithmétique – les chances pour la réponse raciste de casser la baraque : pour tous ceux qui n’éprouvent pas de sympathie ou de curiosité particulière à l’égard de « la culture musulmane », pour tous ceux qui se contrefoutent de la problématique de l’« enrichissement culturel », pour tous ceux qui, tout simplement, ne voient pas ce que ces mots au fond très vagues peuvent bien signifier, il ne reste plus que :

    * le refus de répondre, qui est la plus sage des réactions, mais que l’orgueil humain et le plaisir d’être pour une fois entendu nous poussent bien souvent à ne même pas envisager [2] ;
    * le vague et peu engageant « Ni l’un ni l’autre » ;
    * la première réponse, « la bonne », qui a pour elle l’apparente évidence de la tautologie : l’altérité (musulmane) menace l’identité (nationale).

En caricaturant à peine, je serais tenté de conclure que la question manifeste – « Diriez-vous que l’Islam est une menace ? » – recouvre une question latente et subliminale, nécessairement entendue par les sondés :

« Savez-vous que l’Islam est une menace ? » [3]

Ce à quoi 340 personnes sur 809 ont donc accepté d’acquiescer. Il ne s’agit pas en disant cela d’exonérer lesdits 340 de toute responsabilité : il y a après tout 469 autres sondés qui n’ont pas joué le jeu, et même davantage si l’on songe aux refus de répondre – toujours effacés soigneusement des résultats publiés par des instituts de sondage soucieux de nous convaincre que leurs questions idiotes et orientées passionnent tous les Français.

Il s’agit plutôt de souligner que les 340 racistes déclarés ne portent pas l’entière responsabilité de leur « opinion », et que les experts en blouse blanche de l’IFOP n’ont pas seulement « enregistré » cette immondice mais l’ont aussi légitimée, en mettant ces réponses racistes au coeur du débat public, et co-produite, en allant poser à des gens qui n’en demandaient pas tant une question qui est tout sauf neutre – puisqu’aussi bien un milliard d’autres menaces virtuelles (ou, pour certaines, bien réelles) ne sont jamais (ou très rarement) mises sur le tapis sondagier : la menace par exemple que pourrait représenter le catholicisme, le judaïsme, le bouddhisme, le libéralisme, le socialisme, le romantisme, le cubisme, le scoutisme, l’athlétisme, l’alcoolisme, le tabagisme, le tourisme, l’échangisme, le journalisme, l’éditorialisme ou… les sondages eux-mêmes !

Contexte

Il ne s’agit pas non plus de faire des sondeurs les seuls « engraineurs », ni même les principaux. L’effet performatif de la question de la menace n’atteint ici sa pleine efficience que parce que ladite question advient dans un contexte particulier, beaucoup moins anodin que la tombée du jour ou une coupure de courant, et beaucoup plus anxiogène : elle ponctue un flot quotidien et ininterrompu d’invectives politiques, de tribunes injurieuses, d’éditoriaux alarmistes et de faits divers dramatisés qui ont, depuis le 11 septembre 2001 et plus encore ces derniers mois, fait de l’Islam la figure par excellence de la menace. Moyennant quoi les sondés savent inconsciemment, lorsque la question leur est enfin posée, quelle est la bonne réponse – celle qu’il convient d’apporter pour donner à son interlocuteur aussi bien qu’à soi-même l’image d’un citoyen responsable, informé, lucide, bref : « averti ».

Cet alliage explosif bruit médiatique + sondages et sa force de suggestion ne sont pas de pures conjectures sorties de mon cerveau paranoïaque : n’importe quel-le psychologue, n’importe quel-le sociologue, sait que l’expression d’une opinion n’est pas un phénomème simple et strictement individuel, mais au contraire une interaction, dans laquelle se jouent de manière largement inconsciente des rapports de pouvoir, des stratégies de distinction et de présentation de soi, des questions d’image, de confiance, de légitimité… Ces phénomènes ont d’ailleurs maintes fois été vérifiés, à chaque fois par exemple qu’on a eu la bonne idée de comparer plusieurs sondages, portant sur les mêmes objets mais formulés différemment – et notamment lorsqu’on a comparé des sondages-standard, proposant une formulation hyper-générale sur un « sujet de société » ayant fait l’objet d’un matraquage médiatique, avec des enquêtes beaucoup plus rares renvoyant les sondés à leur propre individualité, leur propre vécu et leur propre ressenti :

    * une enquête parue dans L’Humanité en novembre 2002 a par exemple fait apparaître que des sondés pouvaient faire de « l’insécurité » le plus préoccupant des « problèmes », devant neuf autres « problèmes » énoncés (comme l’emploi, les retraites, l’éducation ou la santé), et faire de « l’insécurité dans mon quartier et ma ville » le problème le moins préoccupant, très loin derrière « mon emploi », « ma retraite », « ma santé » ou « l’éducation de mes enfants » [4].
    * en avril dernier, un même sondage nous apprenait que 66% des jeunes de 15 à 24 ans estimaient, quand ils étaient interrogés sur « l’autorité en général », que les parents n’en avaient « pas assez », mais que ces mêmes jeunes étaient 89% à estimer que leurs propres parents avaient « suffisamment d’autorité » sur eux.

Qu’est-ce à dire ? Tout simplement que nous sommes capables d’oublier nos propres vies, nos propres expériences, nos propres griefs et nos propres inquiétudes, dès que nous nous trouvons en situation d’avoir à exprimer « une opinion » sur un « problème de société » médiatiquement homologué, et qu’alors nos réponses consistent essentiellement à montrer que nous savons « ce que tout le monde sait » – qui n’est rien d’autre que ce que la télévision nous a appris.

C’est ce phénomène qui explique qu’une même « opinion publique » peut, tour à tour et dans un très court intervalle, se montrer par sondages

    * impitoyablement sécuritaire et répressive au lendemain d’un crime atroce qui a fait la une du 20H ;
    * formidablement humaniste et protestataire, capable d’une forte compassion avec des taulards après deux semaines de médiatisation d’un livre dénonçant les conditions de vie dans les prisons [5].

Moyennant quoi le 42% de l’IFOP sur la « menace islamique », comme tous les résultats de sondages, ne nous apprend rien de précis sur le for intérieur, l’intime conviction ou le ressenti profond des Français, et pas davantage sur leurs doutes, leurs contradictions et leurs tiraillements intérieurs, mais nous renseigne en revanche de manière infaillible sur le contenu des magazines, des JT et des talk-shows – et donc sur les préoccupations, les stratégies ou les fantasmes de la petite élite sociale et politique qui décide de ce contenu.

Moyennant quoi, aussi, on pourrait imaginer un contre-point rassurant au sondage ignoble de l’IFOP, qui nous ferait descendre bien en-dessous de ce terrifiant 42% – un sondage par exemple qui demanderait :

« Avez-vous déjà été menacé par un musulman ou une musulmane ? »

Ou même, puisque c’est le « ressenti » des Français que prétendent recueillir les sondeurs :

« Vous êtes-vous déjà senti-e menacé-e par des musulmans ou des musulmanes ? »

Ou encore : un sondage qui demanderait à chacun-e si il ou elle a déjà eu souvent, régulièrement, rarement ou jamais, à se plaindre du comportement d’un musulman, mais aussi d’un catholique, d’un policier, d’un employé de guichet, d’un propriétaire, d’un employeur ou d’un supérieur hiérarchique. Nul doute que la « menace islamique », telle que « les Français » la « ressentent », s’en trouverait pour le moins relativisée.

Effets

Je le répète, mon propos n’est pas ici d’innocenter à tout prix les 340 racistes anonymes que l’IFOP vient d’élever au rang de « stars d’un jour » : même chauffés à blanc – c’est le cas de le dire – par des médias et des sondeurs zélés, ils portent la responsabilité d’un consentement qu’ils étaient fortement incités à donner, mais pas absolument obligés. Il s’agit simplement de souligner l’écrasante responsabilité de tous ceux qui, en amont, ont produit, attisé et légitimé ce racisme.

Mon propos n’est pas davantage d’opposer les salauds qu’acceptent de devenir les sondés quand on leur pose une question générale au chic type qu’ils redeviennent immédiatement quand on les renvoie à leur propre vie, dans leur propre ville, avec leurs propres collègues ou voisins musulmans. Les choses sont malheureusement plus complexes, dialectiques, dynamiques – et là encore performatives : si une même personne peut dire au même instant t que « l’Islam est une menace » et qu’elle n’a jamais rien eu à reprocher à un musulman, le premier énoncé finit par produire un effet sur la seconde problématique.

Je m’explique : entendre tous les jours que l’Islam est une menace, entendre un jour que 42% des Français le pensent, être amené soi-même à prononcer cette phrase magique, tout cela transforme une subjectivité, engendre des comportements (par exemple des réflexes de méfiance ou de défiance face à toute « manifestation ostensible d’islamité ») et bouleverse donc les interactions futures avec des musulman-e-s de chair et d’os. Pour être plus concret : à force d’entendre, puis de dire soi-même, que l’Islam est une menace, on finit qu’on le veuille ou non, qu’on le sente ou non, par adopter vis-à-vis des musulman-e-s qu’on croise une attitude hostile, distante, craintive ou méprisante, que lesdit-e-s musulman-e-s ne peuvent que ressentir, à laquelle ils ou elles ne peuvent que réagir – et à laquelle ils ne peuvent réagir que d’une manière vive qui sera à son tour décryptée par notre bon français comme la preuve que, décidément, « l’Islam est une menace ». Avec en prime, cette fois-ci, une « expérience » à faire valoir si d’aventure on le sonde sur son rapport personnel avec des musulmans réels.

Système

Voilà dans quels cercles vicieux nous ont enfermés plusieurs années de journalisme racoleur et tendancieux (sur « la poussée fondamentaliste », « les filières terroristes » et « les reculs de la laïcité »), d’éditorialisme belliqueux (sur « la défense du modèle républicain »), d’opérations idéologiques (sur « l’identité nationale », « les tournantes » et « les cités du mâle ») et de législations d’exception (sur « le voile » en 2004, sur « la burqa » en 2010).

Les 340 racistes anonymes de l’IFOP ne sont en somme que la toute petite partie émergée d’un immense iceberg : c’est tout un système qui porte aujourd’hui l’idée que « l’Islam est une menace ». Un système dont les agents – conscients ou pas – sont des ministres, des partis de droite, des partis de gauche, des patrons de presse, des intellectuels, des journalistes… et des sondeurs. Un système qui a ses petites mains mais aussi ses Grands Commis : Yves Calvi, Christophe Barbier, Éric Zemmour, Élisabeth Lévy, Caroline Fourest, Alain Finkielkraut, Élisabeth Badinter, Fadela Amara, Sihem Habchi, Abdennour Bidar, Abdelwahab Meddeb, Michel Onfray, Philippe Val, Robert Redeker, Claude Lanzmann et Bernard-Henri Lévy… Un système qui constitue, pour le coup, une véritable menace – pour la démocratie, pour la paix civile, mais plus directement, plus immédiatement, plus durement, pour les musulmans.

Est-il encore temps d’enrayer cette machine infernale ? Y-a-t-il encore une gauche pour rompre clairement avec cette dynamique, plutôt que « refuser-la-haine-de-l’autre-tout-en-restant-à-l’écoute-de-l’inquiétude-des-Français » ? Les musulmans doivent-ils ne plus compter que sur eux-mêmes et une poignée d’islamogauchistes ? Faut-il agir sur le terrain juridique, politique, social, culturel, à l’échelle locale, nationale, internationale ? Je n’ai évidemment pas la réponse – mais une chose est sûre : la propagande islamophobe bat son plein et porte ses fruits, les injures, violences et discriminations sont quotidiennes, et l’histoire nous a appris que tout cela peut, si on laisse faire, aller encore plus loin.

Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

Emmanuel Goldstein a écrit:

La société de la patronne du MEDEF se lance dans la propagande raciste...

C'est une race l'islam?

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

Pierre Tévanian a écrit:

Les 340 racistes anonymes de l’IFOP ne sont en somme que la toute petite partie émergée d’un immense iceberg : c’est tout un système qui porte aujourd’hui l’idée que « l’Islam est une menace ». Un système dont les agents – conscients ou pas – sont des ministres, des partis de droite, des partis de gauche, des patrons de presse, des intellectuels, des journalistes… et des sondeurs. Un système qui a ses petites mains mais aussi ses Grands Commis : Yves Calvi, Christophe Barbier, Éric Zemmour, Élisabeth Lévy, Caroline Fourest, Alain Finkielkraut, Élisabeth Badinter, Fadela Amara, Sihem Habchi, Abdennour Bidar, Abdelwahab Meddeb, Michel Onfray, Philippe Val, Robert Redeker, Claude Lanzmann et Bernard-Henri Lévy… Un système qui constitue, pour le coup, une véritable menace – pour la démocratie, pour la paix civile, mais plus directement, plus immédiatement, plus durement, pour les musulmans.

Si seulement il pouvait aussi donner les adresses et les trajets quotidiens des responsables de cette croisade afin que les croyants puissent signifier concrètement leur réprobation...

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

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Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

sabaidee a écrit:

C'est une race l'islam?

"Le racisme n'existe pas parce qu'il n'y a pas de races." Pratique.

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

Broz a écrit:
sabaidee a écrit:

C'est une race l'islam?

"Le racisme n'existe pas parce qu'il n'y a pas de races." Pratique.

Que nenni, je me demande surtout quel est le point commun "racial" entre un Indonésien, un Pachto, un Arakanais, un Turkmène, un Arabe maghrébin et un Français converti...

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

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Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

Et si le racisme n'avait rien à voir avec le concept suranné de "race" au sens ethnique, au sens du XIXe siècle ?

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

Broz a écrit:

Et si le racisme n'avait rien à voir avec le concept suranné de "race" au sens ethnique, au sens du XIXe siècle ?

La judiciarisation au nom du racisme la critique des religion, c'est introduire une notion subjective et permettre à terme le retour d'une forme de délit de blasphème.

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

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Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

Tu ne comprends pas mon point. Et si ce n'était pas l'Islam qui posait réellement problème à ces personnes ? C'est à dire, que le problème n'est pas celui du contenu de la religion (ou bien non pas seulement), mais plutôt celui des individus qui la pratiquent ?

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

Broz a écrit:

Tu ne comprends pas mon point. Et si ce n'était pas l'Islam qui posait réellement problème à ces personnes ? C'est à dire, que le problème n'est pas celui du contenu de la religion (ou bien non pas seulement), mais plutôt celui des individus qui la pratiquent ?

Et si le problème n'était pas la pratique religieuse tout simplement? Et si le problème n'était pas la revendication d'aménagements spécifique par certains de ces pratiquants?

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

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Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

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Last edited by RPC (03-03-2011 03:57:39)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

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Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

sabaidee a écrit:

Et si le problème n'était pas la pratique religieuse tout simplement? Et si le problème n'était pas la revendication d'aménagements spécifique par certains de ces pratiquants?

C'est une menace, ça, ou c'est un élément qui est désigné ex-post pour justifier la crainte/le mépris/la haine ?

RPC a écrit:

Je n'en ai pas l'impression en France du moins. As-tu du fond pour étayer cela ?

Les questions du sondage sont suffisamment vagues pour être interprétées comme ça.

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

Broz a écrit:
sabaidee a écrit:

Et si le problème n'était pas la pratique religieuse tout simplement? Et si le problème n'était pas la revendication d'aménagements spécifique par certains de ces pratiquants?

C'est une menace, ça, ou c'est un élément qui est désigné ex-post pour justifier la crainte/le mépris/la haine ?

Oui oui. Et toute personne qui se déclare opposée au financement de la construction de mosquées par l'Etat (par exemple) le fait uniquement parce qu'elle est raciste au plus profond d'elle-même...

Très utile pour rétablir le délit de blasphème: vu que toute critique de l'Islam est un racisme ex post, il faut criminaliser l'expression de la critique de l'Islam. Lire trop de Mouloud Aounit nuit sérieusement à la réflexion.

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

145

Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

Je ne sais absolument pas de quoi tu parles, et je t'invite à prendre une douche pour te rafraîchir les idées. Peut-être seras-tu plus cohérent ?

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

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Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

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Last edited by RPC (03-03-2011 03:58:23)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

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Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

Il a ses mérites mais l'honnêteté intellectuelle n'en est pas un.
Y'a des sujets qui fâchent, et je suis sans ménagement quand ils sont mobilisés. Je ne vais pas le harceler quand il parle d'économie.

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

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Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

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Last edited by RPC (03-03-2011 03:58:57)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

Broz a écrit:

Y'a des sujets qui fâchent, et je suis sans ménagement quand ils sont mobilisés.

Merci RPC. Je te retourne le compliment; de même à Broz, même si je suis en désaccord avec lui sur à peu près tout. Mais le consensus est tellement chiant.

Par contre, c'est vrai que j'ai du mal à comprendre la cohérence qui guide la réflexion brozienne. Il a d'ailleurs en cela plusieurs des défauts d'une partie de la gauche actuelle.

Je comprends qu'il se veuille "intolérant avec les intolérants", même si je me méfie de la définition de l'intolérance qui est si subjective.

Par contre, je m'explique moins bien comment "sa" conception de la tolérance l'autorise à justifier des kiss in devant des lieux de cultes catholiques. Après tout si les cathos estiment que l'homosexualité est une déviance et à partir du moment où ils n'appellent pas à la violence à l'encontre des homosexuels, il devrait tolérer leur point de vue. Enfin, c'est ce que j'en pense.

De la même manière, considérer comme il le fait ici que la crainte de l'islam n'est qu'une forme de racisme inacceptable me semble assez étonnante. J'ai la faiblesse de croire que lorsqu'on est contre les préceptes moraux religieux et l'influence politique des dogmes religieux, on l'est pour toutes les religions.

Parce qu'au final, je veux bien que les cathos soient de méchants homophobes, toujours est-il que j'ai toujours en mémoire le traitement infligé à des homosexuels au Caire qui étaient exhibés dans des cages et qui ont été condamnés à de la prison ferme pour faits d'homosexualité.

Et pour en revenir au sujet en question, je trouve ça extrèmement dangereux de balayer la crainte que peut inspirer l'islam au nom du racisme et/ou d'un sondage biaisé qui manipulerait les gens. Sous entendre que les sondés sont si aisément manipulables uniquement parce que le résultat du sondage n'a pas l'heur de nous plaire, je trouve que c'est faire preuve d'un mépris certain pour ces sondés.

J'en déduis que dans sa conception du monde , une revendication identitaire d'un arabo-musulman français est parfaitement légitime, celle d'un identitaire "de souche" est forcément condamnable car raciste. Je n'ai de sympathie ni pour l'un, ni pour l'autre, mais tant que tous deux ne présentent pas de trouble à l'ordre public, ils peuvent s'exprimer.

Pour conclure, je note que la conception brozienne de la tolérance suit les méandres de sa morale à lui; elle est légitime, mais elle le conduit parfois à une morgue méprisante certaine à l'encontre de ceux qui ont une morale différente et c'est ça qui me gêne.

Last edited by sabaidee (04-02-2011 10:34:00)

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

150

Re: Sondages absurdes et autres lubies des instituts de sondages

sabaidee a écrit:

Mais le consensus est tellement chiant.

Est-ce un aveu de pur contrariaisme ?

Par contre, je m'explique moins bien comment "sa" conception de la tolérance l'autorise à justifier des kiss in devant des lieux de cultes catholiques. Après tout si les cathos estiment que l'homosexualité est une déviance et à partir du moment où ils n'appellent pas à la violence à l'encontre des homosexuels, il devrait tolérer leur point de vue. Enfin, c'est ce que j'en pense.

Je les tolère autant que je tolère les apéros saucisses-pinard devant les mosquées. C'est du trolling IRL, c'est puéril et revendicatif. Cependant il y a une différence de taille à mes yeux : la nature de la revendication. Dans un cas, c'est un groupe opprimé qui s'élève contre l'un de ses oppresseurs les plus symboliques. Dans l'autre, c'est une fraction d'un groupe dominant qui en rajoute à l'humiliation et au mépris que vit un groupe dominé. C'est pourquoi je suis en faveur de l'un et je chie sur l'autre. Mais je ne vais pas appeler à leur interdiction : qu'ils aient lieu, histoire que les racistes fassent leur coming-out !
C'est de là que je tire l'essentiel de ma moralité, à vrai dire : de la position relative des groupes qui sont en conflit. Aurais-je été au Caire, que mon mépris pour les institutions religieuses locales n'aurait connu aucune borne. Là dans la situation qui nous intéresse, les musulmans sont en situation de faible minorité dans l'environnement, minorité qui de fait ne dispose pas de manière égale des opportunités dont bénéficient les groupes dominants.
Par ailleurs la violence n'est pas la seule chose qui soit intolérable. Le lobbying d'organisations visant à poursuivre ou renforcer l'oppression ou la discrimination dont est victime un groupe est tout aussi moralement répréhensible. Que des cathos cherchent à empêcher au nom de leurs valeurs (et qu'ils se dépeignent en victimes) le mariage homosexuel, ou la construction d'une mosquée qui permettrait de faciliter la pratique religieuse, c'est néfaste et je ne l'accepte pas.

De la même manière, considérer comme il le fait ici que la crainte de l'islam n'est qu'une forme de racisme inacceptable me semble assez étonnante. J'ai la faiblesse de croire que lorsqu'on est contre les préceptes moraux religieux et l'influence politique des dogmes religieux, on l'est pour toutes les religions.

Mis à part quand je trolle, je n'ai aucune croyance en la supériorité inhérente de l'Islam sur le catholicisme, ou de l'homosexualité sur l'hétérosexualité, ou des noirs sur les blancs, etc.
Mais la religion qui dispose de la plus grande influence sur les politiques publiques, ce n'est pas l'Islam. C'est pourquoi je crois qu'avant que l'on ne décide de limiter au nom de la sacrosainte laïcité les pratiques de baux emphytéotiques à prix symbolique pour les mosquées, ou d'horaires non-mixtes dans les piscines, on devrait chercher à réduire en priorité l'influence de l'Eglise dans la société. Sinon c'est de l'hypocrisie.

Et pour en revenir au sujet en question, je trouve ça extrèmement dangereux de balayer la crainte que peut inspirer l'islam au nom du racisme et/ou d'un sondage biaisé qui manipulerait les gens. Sous entendre que les sondés sont si aisément manipulables uniquement parce que le résultat du sondage n'a pas l'heur de nous plaire, je trouve que c'est faire preuve d'un mépris certain pour ces sondés.

Je ne dis pas qu'ils sont manipulés.
Mais la crainte de l'Islam est irrationnelle.

Pour conclure, je note que la conception brozienne de la tolérance suit les méandres de sa morale à lui; elle est légitime, mais elle le conduit parfois à une morgue méprisante certaine à l'encontre de ceux qui ont une morale différente et c'est ça qui me gêne.

Moi non plus je ne pourrais pas vivre sans toi.

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016