faux semblants a écrit:Je passe outre le fait que la seule alternative était de n'être "pas fiers" d'être Français, mais surtout fiers de quoi ? A quel sujet ? Comment diable peut-on répondre à une telle question sans sourciller ? Je nevendique le droit de m'en foutre, et mon non-patriotisme.
Si la ficelle de relancer le débat sur l'identité nationale est grosse, moi, je trouve justement que le débat n'est pas inintéressant.
Je ne crois pas non plus malheureusement que l'idée nationale se définisse du haut vers le bas. N'empêche que vouloir s'interroger sur les fondements de la nation, un lien commun entre les citoyens n'est pas inutile. Il me semble qu'il faut un minimum de bases morales, éthiques et historiques (qui restent à définir), non seulement pour que nous vivions ensemble, mais aussi que nous puissions intégrer les immigrés.
Franchement, je préfèrerai largement voir des manifs avec des multitudes de drapeaux français, que des manifs où sont brandis - au choix - des drapeaux algériens ou israéliens...
C'est peut être idiot, mais je trouve que enfoncés dans un espèce de cynisme post-national qui confère parfois à l'auto-dénigrement, on a oublié que le vouloir-vivre ensemble, c'est aussi le marquer par des symboles (autres que la liesse d'une coupe du monde). Certes, le patriotisme américain confine parfois au ridicule, il n'empêche que la France est aussi un peu ridicule dans l'auto-dénigrement, alors même que les petits chinois - entre autres - saluent le drapeau tous les matins.
Sur l'immigration, pourquoi a-t-on insisté depuis les années 1980 en s'adressant aux immigrés de deuxième génération, uniquement sur les guerres coloniales et le fait qu'égoïstes, leurs parents ne sont venus en France QUE pour construire des autoroutes? Malek Boutih le soulignait à raison, même si être beur n'est pas facile, il n'en reste pas moins que les perspectives offertes à un jeune français - même d'origine immigrée - sont sans commune mesure avec celles qu'ils auraient au bled.
Un peu de symbolique, ce n'est pas Vichy et ça peut ne pas faire de mal. Pourquoi l'acquisition de la nationalité française n'est qu'un acte administratif, une lettre que l'on reçoit? C'est peut être cucu, il n'en reste pas moins que le serment prêté à son pays d'accueil, l'examen que passent les immigrés aux Etats-Unis est assez lourd de sens et d'implication pour les aspirants américains.
Comment exiger civisme et vouloir vivre ensemble, si nous ne sommes plus que des individus post-nationaux?
Au final et ce n'est pas le moindre des paradoxes, il me semble parfois que le postnationalisme que défend Besancenot est contre-productif: en voulant dépasser la nation, il me semble qu'invariablement, il lui substitue l'individualisme et partant que reste-t-il à l'individu en société, qui est-il? Juste un consommateur?
Auquel cas, il devient l'allié objectif du système capitaliste qu'il cherche à détruire.
PS: quand je parle de patriotisme ou de nationalisme, on peut aussi envisager un nationalisme européen... Dont je n'ai aucune idée de la forme qu'il aurait.
"Les hommes qui disent que les femmes sont frigides sont de mauvaises langues" Guitry