L'argument de la synecdoque ne tient pas, FDL. Ou alors, c'est que tu tiens pour postulat que TOUTES les épiceries sont tenues par des Arabes. Et par ailleurs, FDL, quand on dit ici "on se fait un jap, on se fait un chinois", il faut entendre "restaurant japonais/chinois", ça n'a rien à voir avec la personne qui les tient. Car contrairement au restaurant, chinois parce qu'il sert de la cuisine chinoise, c'est l'épicier qui est arabe et non son épicerie.
Je ne vois pas en quoi regarder les statistiques pourrait justifier de normaliser des rapprochements entre professions et nationalités. Dans ce cas, changeons le nom des professions : portugais pour peintre, italien pour plombier, antillais pour femme de ménage, asiatique pour les blanchisseurs et gérants de pressing... C'est bien, l'éventail des amalgames qui passent dans le langage courant montre clairement que la France aime l'intégration, la diversité etc.
Et tout cela n'a rien à voir avec une question de politiquement correct. Il y a des professions dont le caractère déshonorant a été nommé d'après des réalités coloniales sur un fond de hiérarchie des ethnies. Alors oui, parler de "nègre" pour les écrivains de l'ombre est une dérive vraiment sérieuse qui montre bien qu'on associe un travail exigeant dont on ne récolte aucun fruit ni aucune gratification avec une réalité coloniale.
Mais le pire, c'est la normalisation. Un dictionnaire en apprend plus sur la psychologie d'un pays que toutes les études possibles.
Je lubrifie les relations humaines.