Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

@ Broz: Villeneuve d'Ascq, c'est pas très loin de chez toi, je t'y verrai bien...

http://www2.pole-emploi.fr/espacecandid … resListe=0

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

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Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Gustave, les deux points essentiels dans un tel reçu, c'est d'une part le motif que devra contenir un tel papier et d'autre part la possibilité de démontrer, si c'est le cas que l'on a été trop contrôlé plusieurs fois de suite. Si une personne est en train de commettre un fait illégal, alors c'est tout à fait normal. Quelqu'un qui tourne en rond et est notoirement en train de "dealer" mérite des contrôles de police, et même des arrestations. Quelqu'un qui hurle dans la rue peut à juste titre être contrôlé. Mais un jeune avec un cartable qui rentre chez lui pacifiquement n'a pas à être contrôlé, et le fait de devoir inscrire un motif sur un tel reçu limitera ce genre de perte de temps et de moyens des forces de police qui altèrent la relation entre la police et les citoyens qu'ils sont chargés de défendre. Le but est de limiter l'arbitraire.

Je vous livre cette interview de Didier Fassin sur Rue 89 :

http://www.rue89.com/2011/12/03/pourquo … tes-227094

Pourquoi la BAC a des manières « rudes et humiliantes »

Augustin Scalbert
Journaliste

Pendant quinze mois, l'anthropologue Didier Fassin a pu suivre des policiers en région parisienne. Son constat est accablant. Grand entretien.

Anthropologue, sociologue et médecin, Didier Fassin est une des figures des sciences humaines en France. Directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), il est aussi professeur à l'université de Princeton, aux Etats-Unis.

Le document qu'il vient de publier aux éditions du Seuil est exceptionnel. « La Force de l'ordre : une anthropologie de la police des quartiers » est une enquête menée durant quinze mois, en deux fois, entre mai 2005 et juin 2007, dans un commissariat d'Ile-de-France, qu'il ne nomme pas.

En juin 2007, l'administration lui retire l'autorisation qui lui avait été donnée. Mais la matière récoltée était suffisante. Ses observations sont dérangeantes : racisme ou provocations gratuites des policiers, dans un univers où deux camps (jeunes et policiers) s'observent et se mesurent, avec l'avantage de la loi pour les seconds.

Le constat de Didier Fassin n'est pas « antiflics » comme une lecture rapide de son livre pourrait le laisser croire ; parmi les policiers se dessine la lassitude d'une profession pressée par le pouvoir politique de « faire du chiffre ».

Pour les habitants des quartiers de banlieue, le travail de cette police visible n'a pour effet que d'exacerber la tension.

Rue89 : Votre enquête porte surtout sur une brigade anticriminalité (BAC). Quand vous décrivez la journée-type de cette unité spécialisée dans les flagrants délits, vous notez que seul 10% à 20% du temps est réservé à des interventions sur appel de la population.

Didier Fassin : D'abord, mon travail n'a pas porté uniquement sur les brigades anticriminalité. Il a porté plus largement sur l'ensemble de l'activité d'un commissariat d'une grande circonscription de la région parisienne. J'ai eu l'occasion de suivre le travail de plusieurs unités, principalement celles qui interviennent sur le terrain au titre de la sécurité publique. Pour simplifier, il y a deux types de patrouilles :

celles qui sont immédiatement visibles, car elles ont des véhicules sérigraphiés et des policiers en uniformes ;
et celles de la BAC, qui sont composées de fonctionnaires en civil dans des voitures banalisées.

Intervention de policiers de la BAC lors d'une manifestation contre le CPE, Lille, le 18 mars 2006 (Pascal Rossignol)
J'ai plus travaillé avec ces BAC, car c'étaient celles qui avaient les contacts les plus fréquents et les plus rudes avec la population, une chose que je voulais comprendre.

Pour ce qui est de l'inaction, c'est le cas de la plupart des brigades du genre dans le monde. Des études extrêmement précises ont été réalisées aux Etats-Unis, qui montrent que le temps consacré véritablement à répondre aux demandes des habitants et à intervenir sur des situations de délits ou de crimes représente une toute petite partie de l'activité.

« Un décalage entre l'image de la police et la réalité »

L'observation que je fais, c'est celle d'un décalage entre l'image de policiers toujours sur le terrain et la réalité. Pour autant, il ne s'agit pas de suggérer que les policiers ne travaillent pas : ils ne peuvent pas produire plus de délits qu'il n'y en a d'accessibles. Un vol de téléphone portable, c'est un acte extrêmement rapide, et même la brigade la plus rapide n'arrive quasiment jamais à temps pour attraper le voleur.

Les policiers se plaignent souvent de n'avoir eu qu'un ou deux appels pendant une nuit, pour des faits mineurs, alors qu'ils apprennent le lendemain qu'un cambriolage ou qu'un crime a été commis, sur lequel ils ne sont pas intervenus.

Cette inaction, qui génère de l'ennui, a deux conséquences :

le moindre événement prend une dimension extraordinaire, au sens littéral, c'est-à-dire que même sur un fait mineur, on va avoir une intervention de l'ensemble des unités disponibles sur le terrain, puisqu'il ne se passe pas grand-chose. Du point de vue des habitants, c'est assez saisissant, puisqu'ils peuvent voir une dizaine de voitures avec leurs sirènes et leurs gyrophares intervenir dans leur quartier ;
les policiers doivent s'occuper, aller au contact de la population. Et ce contact se fait essentiellement au moyen de contrôles d'identité, accompagnés de fouilles. Le contrôle d'identité est ce qui leur permet, ensuite, de répondre à la demande de la politique actuelle, depuis 2002, qui est une demande de chiffres et notamment d'objectifs quantifiés d'interpellations. Ces contrôles permettent de réaliser des actes supplémentaires, surtout des « ILE », infractions à la législation sur les étrangers, et des « ILS », infractions à la législation sur les stupéfiants.
« L'ennui des policiers explique le harcèlement de certaines populations »

On voit donc que l'ennui devient un élément explicatif, aussi bien de l'excès de certaines interventions, que du harcèlement de certaines populations.

Citant un habitant d'une cité, vous dites que les contrôles d'identité visant toujours les mêmes personnes n'affectent nullement les activités illicites, mais font monter la tension.

Les contrôles ciblés sur l'apparence physique, les pressions exercées sur des quartiers ou des territoires, il est évident que ça crée des tensions. Et les gens, qui sont plutôt demandeurs d'intervention des forces de police quand il y a des jeunes qui font du bruit ou qu'ils ont connaissance de trafics, sont souvent choqués par le caractère brutal, indifférencié et finalement contre-productif de l'action de la police.

Il y a plusieurs services de police, et certains font un travail de fond qui est efficace, par exemple pour démanteler des trafics de stupéfiants. Mais les policiers dont je parle, qui sont ceux que voient les habitants, ont une productivité faible du point de vue de la réduction de la délinquance. En revanche, ils génèrent de la tension par leur type d'intervention, à la fois en ciblant certaines populations, et aussi en usant de manières de faire particulièrement rudes et humiliantes.

« Ils doivent montrer qu'ils n'ont pas peur »


« La Force de l'ordre : une anthropologie de la police des quartiers » de Didier Fassin, éd. Seuil, octobre 2011
Vous écrivez que les pratiques de la BAC sont « nettement plus rugueuses et provocatrices » que celles des policiers en tenue, pourquoi ?

C'est la mission qu'on leur a confiée, et c'est aussi le style qu'ils se donnent. Leur mission n'est pas seulement de faire du flagrant délit, c'est aussi de montrer qu'ils sont ceux qui n'ont pas peur, qui sont capables d'aller au contact de façon physique – un haut fonctionnaire les qualifiait de « pêchus ».

Vous racontez une provocation dont vous avez été témoin. Un collégien d'origine africaine marche sur un trottoir, son cartable au dos. Une voiture de la BAC le suit en roulant au pas, pendant qu'un des policiers le couvre d'insultes racistes. Après quelques instants, le collégien dit : « Mais laissez-moi tranquille ! » Les policiers sortent et veulent l'arrêter, apparemment pour outrage, jusqu'à ce qu'une habitante du quartier intervienne...

D'une manière générale, les provocations individuelles comme celle-ci sont fréquentes, en voiture ou pendant les interpellations. Des mots blessants, des gestes brutaux, des bousculades, voire des insultes. Au point que c'est un des apprentissages qu'on reçoit quand on est adolescent dans les cités, les parents leur enjoignent : « Ne répondez pas aux provocations des policiers. »

Quand on dit ça, les gens s'insurgent en disant que les jeunes eux-mêmes provoquent les policiers. Les provocations existent, bien sûr, mais dans des conditions très différentes : en relation individuelle, jamais un jeune ne provoquera un policier, car c'est aller au devant de graves ennuis. Alors que la nuit, de loin, un groupe d'adolescents peut narguer des policiers, voire leur jeter des projectiles.

La banalité des provocations policières

Les provocations existent donc des deux côtés. Mais on peut quand même s'étonner qu'elles soient aussi banales de la part de ceux qui représentent l'autorité publique.

Vous notez que quasiment les seuls individus à réagir de manière insolente aux contrôles d'identité sont issus des classes moyennes ou supérieures. Pourquoi ?

Les gens des classes moyennes en général, et les jeunes en particulier, sont assez rarement contrôlés. Lorsqu'ils le sont, ils vont demander des comptes, essayer de savoir pourquoi on les contrôle.

Les jeunes des quartiers populaires savent très bien qu'on les contrôle, le plus souvent, non pas parce qu'on risquerait de trouver quelque chose (car ils font bien attention de ne rien avoir sur eux), mais parce que c'est un moyen de leur imposer une forme de contrôle social.

Ces jeunes, notamment ceux qui appartiennent aux minorités d'origines subsaharienne et maghrébine, sont extrêmement souvent contrôlés et sujets à des fouilles aux corps. Ils apprennent très vite qu'ils vont être soumis à ces contrôles. Ils savent également qu'ils n'ont aucun moyen d'aller contre ces pratiques, injustifiées et d'ailleurs assez souvent illégales au regard du code de procédure pénale. Ils savent enfin que la moindre protestation peut donner lieu à un outrage ou à une rébellion, dont le coût s'avérerait très élevé en termes de sanction pénale.

Il faut savoir que les outrages et rébellions sont un moyen pour les policiers d'anticiper une plainte pour violence policière. Si la victime dépose plainte, ce sera la parole du policier contre celle du plaignant – dans la plupart des cas, un jeune. Or, les magistrats ont très largement tendance à considérer que ce sont les policiers qui disent la vérité.

L'« outrage et rébellion », outil de contrôle social

L'outrage et rébellion est ainsi un outil de contrôle social particulièrement fort, puisqu'il permet de renverser la question des violences. Du reste, les officiers et les commissaires savent très bien qu'un gardien de la paix qui « fait » souvent des outrages et rébellions doit être particulièrement suivi, car c'est quelqu'un de violent. Il y a des policiers qui n'en ont jamais, ce qui traduit la qualité de leur relation avec les gens, et d'autres qui en ont énormément, et qui sont aussi ceux qui sont le plus convoqués par la commission de discipline.

Donc la hiérarchie sanctionne ?

Elle est tout à fait consciente de ce que je viens de décrire, elle est donc vigilante. Cela dit, les sanctions sont extrêmement rares. Par exemple, pour quelqu'un qui aura eu un certain nombre de rappels en raison de plaintes pour violences, ce sera, dans le pire des cas, de le passer d'une équipe de nuit à une équipe de jour. Il est exceptionnel que les sanctions aillent au-delà.

Vous constatez aussi un racisme affiché, avec un poster du Front national épinglé sur un mur du commissariat, ou des T-shirts de policiers en service siglés « 7-3-2 », pour 732, date à laquelle Charles Martel a battu les Arabes à Poitiers. Parmi les réactions à votre livre, des hauts fonctionnaires et syndicalistes policiers ont affirmé que ce racisme est « exceptionnel ». En convenez-vous ? Et au-delà, était-il pertinent d'effectuer votre enquête dans une brigade entièrement masculine et blanche, dont un responsable, dites-vous, était ouvertement raciste ?

La forme la plus banale de dénégation que j'aie entendue, y compris dans la circonscription où j'ai travaillé, c'est de dire « bien sûr, nous savons qu'il y a des policiers racistes ou violents, comme il y a du racisme et de la violence dans la société en général, mais c'est l'exception et non la règle ». On me disait aussi qu'il y a probablement moins de racisme dans la police que dans la population en général.

C'est un argument classique pour démonter des éléments de preuve.

Donc vous n'en convenez pas ?

Dans la mesure où il n'y a pas d'autre étude prolongée sur des BAC, il n'y a pas d'élément de comparaison.

« Le racisme n'est pas exceptionnel »

Mais je dirais que cela n'est certainement pas exceptionnel, pour les raisons suivantes :

un certain nombre de personnalités que j'ai pu rencontrer (représentants syndicaux, hauts fonctionnaires...) m'ont confirmé que ce que je voyais était des choses qu'ils connaissaient, et qu'un certain nombre d'entre eux essayaient d'ailleurs de lutter contre ces pratiques. Il suffit d'ailleurs de voir un certain nombre de faits divers dans lesquels sont impliquées ces brigades pour voir que cela ne relève pas de l'exception. Cela étant, je sais que toutes les BAC de France n'ont pas les mêmes affinités avec les groupes d'extrême droite qu'un certain nombre des membres de celle avec laquelle j'ai travaillé ;
il faut bien comprendre qu'il y a des logiques plus générales, des logiques de fond, qui ne peuvent donc pas relever de l'exception. Les missions confiées à ces unités spéciales, le traitement spécial dont elles bénéficient, l'autonomie qu'on leur laisse. Mais aussi le recrutement de leurs effectifs, qui concerne des hommes (exceptionnellement des femmes) qui seront amenés à avoir une vision dure de l'ordre public. Quant aux opinions politiques, on le voit dans nombre d'études internationales sur ces polices, en Angleterre ou au Royaume-Uni par exemple : les policiers sont nettement plus conservateurs que la population en général.
Quel est l'effet du recrutement (géographique, sociologique) des policiers sur leur manière de travailler ?

Les études qui ont été réalisées montrent que 80% des policiers viennent soit de zones rurales, soit de petites et moyennes villes de province. Autrement dit, 80% n'ont pas d'expérience du milieu urbain, des grandes agglomérations. Or, la première affectation des jeunes recrues qui sortent de l'école nationale de police est dans les banlieues, car ces postes ne sont pas très prisés.

« Un décalage ethnique et racial avec la population »

Il y a donc un décalage entre la population et la police en termes ethnique et racial. Les policiers sont majoritairement blancs, même si c'est un peu en train de se corriger ces dernières années, à la suite des efforts faits pour diversifier le recrutement.

Mais le problème me paraît plus complexe qu'une question ethnico-raciale. En réalité, je crois que c'est surtout une question de socialisation. C'est-à-dire où est-ce qu'on a été quand on était enfant ? Dans quelle école on est allé ? Avec qui on jouait au foot ? Qui on avait comme copains ?

Sur le terrain, j'ai pu constater une très grande différence entre des policiers qui avaient grandi dans les quartiers populaires de grandes villes, qui n'avaient pas de préjugés particuliers vis-à-vis des jeunes de banlieue, à l'inverse des policiers qui découvraient la banlieue. Ces derniers ont une image très homogène de territoires qui leur semblent hostiles, de populations qui leur paraissent ennemies. Alors qu'il y a dans ces quartiers, comme partout, une très grande diversité de profils.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Fassin a écrit:

Vous racontez une provocation dont vous avez été témoin. Un collégien d'origine africaine marche sur un trottoir, son cartable au dos. Une voiture de la BAC le suit en roulant au pas, pendant qu'un des policiers le couvre d'insultes racistes. Après quelques instants, le collégien dit : « Mais laissez-moi tranquille ! » Les policiers sortent et veulent l'arrêter, apparemment pour outrage, jusqu'à ce qu'une habitante du quartier intervienne...

Lucienne Bui-Trong a écrit:

En dépit de leur aspect quantitativement limité (au nom duquel, bien souvent, le phénomène se trouve purement et simplement nié, ou considéré comme insignifiant), et en raison de leur caractère aléatoire et donc imprévisible, ces violences anti-policières engendrent un sentiment d’insécurité chez les fonctionnaires, d’autant plus qu’elles bénéficient de la passivité, voire de la connivence, de la communauté : si les auteurs sont peu nombreux, rares sont les habitants qui osent les désapprouver ouvertement, et encore moins les dénoncer, et il arrive même,
depuis peu, que des projectiles soient lancés des fe n ê t res et des balcons, signe de complicités parentales, alors que, jusqu’à présent, les auteurs restaient en territoire public (toits, coursives, passerelles) pour réaliser leurs méfaits. (...)

Malgré ces déficiences en matière d’organisation, les groupes à l’œuvre dans les quartiers sensibles présentent certains éléments révélateurs d’une cohésion interne. Leurs membres font ainsi preuve d’une solidarité aveugle et sans faille, basée sur le voisinage, sur l’âge et sur l’appartenance communautaire, tout le monde faisant immédiatement bloc, avec une entière partialité, sans se poser de question, dès que l’un d’eux entre en conflit avec des habitants du quartier ou avec des représentants des institutions. Par ailleurs, ils manifestent un attachement viscéral à leur quartier : lorsque, à l’issue d’un processus d’enhardissement, les « bandes » finissent par exe rcer leur emprise, non seulement sur les bandes adverses, mais jusque sur les adultes eux mêmes, qui subissent des représailles s’ils protestent contre le bruit et les dégrad ations ou s’opposent aux violences et à la délinquance, le
quartier devient un « territoire » fermé, où les plus forts tiennent lehaut du pavé et s’opposent aux « institutionnels ». C’est alors que la police est perçue comme un adversaire parmi d’autres, qu’on cherche à attirer dans les « jeux » de l’affrontement, à placer sur un terrain qui n’est pas le sien.

Mobiles de ces violences
Fondamentalement distincte de la délinquance classique, de profit,qui est rationnelle et discrète, et dont les auteurs reconnaissent les
« règles du jeu », acceptant d’avoir « perdu » quand la police les interpelle, la violence urbaine s’exerce de manière ouvert e, provocatrice, « gratuite » (destruction des biens des voisins ou de la collectivité) et disproportionnée, comme il sied à des auteurs jeunes, en révolte contre les adultes et leurs règles, et contre une société perçue comme inégalitaire et « raciste ». C’est d’abord une violence d’expression ou de représailles. Son mot clé est « la haine ». Elle est vindicative et s’accompagne d’un discours de rejet global des institutions.

C’est dans cet esprit que les jeunes des banlieues mettent en avant, pour justifier leur conduite hostile envers les policiers, certains dysfonctionnements de l’institution, ou bien des erreurs, voire des fautes professionnelles de fonctionnaires. Irrationnel et stéréotypé, ce discours accusateur est fondé sur une totale méconnaissance, uniformément partagée par l’ensemble de la société française, du mode de recrutement des policiers, du fonctionnement de l’institution et du contrôle exercé sur elle par la justice. Souvent issus de familles immigrées ne connaissant que l’arbitraire exercé ailleurs, les « jeunes de banlieue » ignorent l’existence du Code de procédure pénale et les garanties de l’État de droit. Le jeu des « gendarmes et des voleurs » auquel ils se
livrent en dit d’ailleurs long sur leurs fantasmes, nés d’une peur elle même cultivée pour l’excitation qu’elle procure : on joue à défier ce que l’on craint le plus, ce que l’on a érigé au rang d’ennemi dangereux.

Pour leur part, peu regardants sur la rationalité des accusations lancées par de jeunes « tchatcheurs » heureux de se mettre en vedette, et se heurtant par ailleurs au silence de fonctionnaires tenus à l’obligation de réserve, les médias relaient involontairement les stéréotypes et font naître dans le public l’idée que les policiers ne commettraient en permanence que des « bavures ».

S’il est indéniable que les fonctionnaires commettent parfois des fautes, lesquelles, du reste, sont identifiées au nom de textes et sanctionnées par les conseils de discipline et par les tribunaux, à la suite d’enquêtes diligentées par l’Inspection générale de la Police nationale ou par l’Inspection générale des services, et si la violence urbaine peut avoir le mérite, en certains cas, d’aider l’institution à mieux prendre en compte les besoins du public, il convient donc d’être très prudent face au discours anti-policier des jeunes.

Dans l’écrasante majorité des cas, et alors que des récriminations anti-policières se trouvent toujours mises en avant pour justifier des violences dont on passe sous silence la genèse, les actes de violence urbaine n’ont nul besoin de la faute d’un fonctionnaire pour démarrer.

En ce qui concerne, par exemple, les violences « réactionnelles » les plus graves, et contrairement à ce que prétend obstinément le sens commun, on s’aperçoit qu’elles sont rarement des réactions à des « bavures » policières : l’examen des 120 incidents de ce type enregistrés entre octobre 1990 et juin 1996 montre que, dans 64% des cas, la police était totalement absente lors de l’incident déclencheur. Il s’avère aussi que, au total, ce n’est que dans 16% des cas qu’une forte flambée est née du décès d’un jeune au cours d’une interpellation, et sans que l’accusation de « bavure » véhiculée par les rumeurs locales, voire par les médias, ait pu être justifiée plus de deux fois.

http://www2.cndp.fr/revueVEI/112/04mfmars98.pdf

La référence constante à Fassin est intéressante, mais tu noteras quand même, que les interviews qu'il fait son un ensemble de "choses vues et entendues", ce qui peut amener légitimement la question de la subjectivité de son enquête. Un vieux réflexe: le "d'où tu parles", nous apprend que Didier comme son frère Eric est quelqu'un d'engagé politiquement (et notamment un partisan acharné du multiculturalisme), ce n'est pas un crime, mais cela peut effectivement soulever la question des a priori et du "cherry picking" dont auraient pu souffrir ses 15 mois au sein de la Bac. D'ailleurs, la critique (légitime ou non) de la "politique du chiffre" de Sarkozy nous met sur la voie d'une certaine subjectivité de l'auteur de l'étude.

L'exemple du jeune au cartable est à cet égard particulièrement caricatural.

Pour ce qui est de ton idée du reçu, en gros, tu nous annonces que seul le flagrant délit doit être pris en compte par la police. Pourquoi pas?

Il n'en reste pas moins et c'est mon argument depuis fort longtemps qu'il règne une grande hypocrisie: tout le monde "catégorise" les gens et tout le monde me semble-t-il adopte un comportement bien plus attentif lorsqu'il croise un groupe de 4-5 jeunes à casquette que lorsqu'il croise une mamie avec son caddie. Et je suis quasiment sûr que tu n'agis pas autrement.

J'ajouterai que la police (dont le vote d'extrème droite est relativement faible, 6% pour le FPIP) a pour elle l'expérience du terrain qui la pousse peut être empiriquement à contrôler plus souvent telle ou telle catégorie de la population. Ce qui serait logique selon le discours de minorités visibles discriminées et donc plus pauvres, vue que la délinquance est engendrée par des causes sociales, on peut évidemment faire un syllogisme: les noirs et les arabes sont plus pauvres, les pauvres sont plus souvent délinquants donc noirs et arabes sont plus souvent délinquants.

Last edited by sabaidee (07-12-2011 14:52:33)

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Une vision in situ, qui semble plutôt raisonnable et sans esprit de caricature:
http://www.lefigaro.fr/actualite-france … nlieue.php

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Greg a écrit:

Faisant suite à notre débat avec sabaidee, voici un article sur l'opération d'une ONG visant à sensibiliser l'opinion sur les contrôles au faciès qui propose à mon sens de justes mesures pour réguler l'arbitraire qui gît dans le dispositif actuel des contrôle d'identité, notamment celui de donner au contrôlé un "reçu" de ce contrôle.

Le reçu de contrôle risque de simplement déplacer le problème, voir ce message signé Zdwarf.

La révolution orange: Casimir président !

306

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Toute mesure de protection peut entraîner contournement. Des moyens existent pour protéger les documents officiels de toute constitution de faux.

Quant aux problèmes techniques exprimés dans ce post, ils sont fort bien gérés par tous les Etats où ces reçus contrôles d'identité sont donnés aux contrôlés. De simples machines à impression rapide (ressemblant à un terminal de carte bleu) peuvent très bien être mis à disposition des policier. Si un tel dispositif est trop coûteux, de simple carnets ressemblant aux procès verbaux apposés sur les pare-brises de voiture lors d'amendes de stationnement peuvent être fournis aux policiers en maraude.

Quelqu'un qui pourrait démontrer avoir été contrôlé plusieurs fois au cours de la même semaine pourrait fort bien, au bout d'un moment, soulever et prouver son problème de contrôle excessif auprès des autorités.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

A l'heure où police et justice (entre autres) manquent de budgets il te semble donc pertinent d'acheter des dizaines de milliers de terminaux destinés à délivrer des reçus qui vont avoir pour avantage de satisfaire en partie quelques milliers de personnes se proclamant victimes et inconvénients:
-d'ajouter une nouvelle perte de temps pour les agents (délivrance, perception des machines, problèmes de pannes, programmation, dépouillement...)
-de contraindre les agents ayant consommé leur crédit casquette/rasta/noir/chinois/autre à ne pas controler l'individu en question lui semblant intéressant à contrôler, sauf à contrôler d'autres catégories pour regonfler son crédit...
-de calculer un ratio par type de délinquants pour chaque lieu d'exercice, ce qui risque de ne pas être facile au vu de la législation, et de le mettre à jour
-de soumettre les agents à un harcèlement par certains groupes organisés en usant de ces reçus
-de coûter des sommes non négligeables pour effectuer les opérations évoquées ci-dessus (impliquant des recrutements ou le retrait d'agents du service actif)
-de renforcer la démotivation de nombre d'agents qui sentent peser de plus en plus sur eux le soupçon a priori, l'absence de reconnaissance des autorités (pas seulement en France, plusieurs enquêtes en Europe évoquent ce fait)
Accessoirement les honnêtes citoyens des cités (pour faire court) souhaitent le retour des services de police plus que l'allègement des contrôles qui sont l'étendard très idéologique supposé prouver le racisme intrinsèque des forces de l'ordre, et surtout sont l'exutoire pratique de gens dont les pratiques de bon voisinage sont perfectibles pour un certain nombre. Alors oui, certains en sont victimes, comme le sont certaines catégories d'entrepreneurs s'agissant des contrôles fiscaux (ce qui semble moins attirer la compassion), mais les responsables en sont ceux qui conduisent les policiers à rechercher leur "look", pas les policiers.
Au passage:
http://www.lefigaro.fr/actualite-france … n-2011.php
14 tués et 11.179 blessés parmi les forces de l’ordre en 2011
http://yahoo.bondyblog.fr/201112110044/ … policiers/
À Saint-Ouen, le contrôle au faciès touche désormais… les blonds. Les policiers assument. Expérience journalistiquement prouvée.
Pour conclure, une mesure purement démagogique qui coutera cher sur beaucoup de plans pour ne rien amener de significatif.

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

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Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Si on parle de contrôles au faciès sans qu'aucun autre élément de contexte ne vienne étayer le choix de la personne, c'est quand même moyen. D'autant plus si c'est pour finir par gauler le type qui aura eu le tort de se balader avec un peu de shit sur lui (ce qui reste bien sûr illégal mais pas dangereux et qui a le mérite de bien orienter les statistiques). Après si les policiers contrôlent des gens qui ont un comportement suspect et qu'il s'avère qu'ils sont ethniquement orientés, ben...

Ce n'est à mon avis pas tant des contrôles statistiquement représentatifs de la population dans son ensemble qu'il faudrait envisager, c'est peut-être plutôt de réorienter les forces de l'ordre vers des opérations plus productives (même si c'est de façon moins quantifiable) que des contrôles d'identités.

De toute façon évaluer les dérives de la police restera toujours un exercice impossible, il n'empêche que l'exemple du sociologue cité un peu plus haut est quand même saisissant. Bien sûr, ça n'a aucune valeur représentative mais on notera que la réaction du ministère n'a pas été de l'envoyer, lui ou d'autres chercheurs, dans d'autres BAC, mais d'interdire ce genre de démarche...

Last edited by 6pi (12-12-2011 23:34:58)

"Ecarte-toi, gnome fétide. Ma virilité n'a pas la place de passer..."

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Il y a indéniablement une dérive policière liée aux statistiques, mais elle n est malheureusement pas récente ni le privilège d un parti, un peu comme les chiffres du chômage! La réaction du ministère est critiquable néanmoins, comme d autres il est condamné à sélectionner des "rapporteurs" et être accusé de manipulation ou donner un crédit à des enquêtes à charge... La dite enquête se signalant surtour par des anecdotes dont aucune organisation ne saurait être préservée au vu du temps concerné et de la taille de la structure étudiée, sans même parler du contexte! L exemple donné des insignes relève au mieux de la naïveté au pire de la mauvaise foi: qu imaginait il voir dans des unités d intervention? Les autres unités européennes ont des symboliques similaires...
Pour en revenir au sujet, je ne vois pas grand chose d efficace dans cette histoire de reçu qui ressemble plus à un ballon d essai en ces temps de campagne qu à une mesure inspirée par un solide raisonnement!
À mon sens la recherche de plus d efficacité policière passe avant tout par un renforcement du traitement judiciaire et une facilitation de la charge de preuve policière ainsi que les saisies d avoirs, déjà développée ces dernières années avec succès.

Last edited by gustave (13-12-2011 12:18:57)

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Un bel exemple, que faire figurer sur le reçu (avant le lynchage)?
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/ … police.php
"Deux policiers qui avaient entrepris de verbaliser une femme intégralement voilée hier soir au centre commercial d'Evry (Essonne) ont été pris à partie par des jeunes d'un quartier voisin, et légèrement blessés, [...] Le député-maire d'Evry, Manuel Valls (PS) a condamné "fermement", ce soir, l'agression de deux fonctionnaires, précisant que "le contrôle qu'ils effectuaient était strictement prévu dans le cadre de la loi interdisant le port du voile intégral dans l'espace public", [...] Un des deux hommes qui accompagnait la femme intégralement voilée, a tenté de la soustraire au contrôle en l'entraînant et en proférant "des insultes à caractère raciste" à l'adresse des patrouilleurs, a affirmé une de ces sources.Toutefois, selon une source judiciaire, les policiers n'ont pas tenté de la contrôler, mais ont simplement voulu lui faire comprendre qu'elle devait respecter la loi. Elle a ensuite pleuré et c'est à ce moment-là que la tension est montée, son mari et son frère s'étant emportés, selon cette source.

Appelés en renfort, des fonctionnaires de la Brigade anti-criminalité (Bac) se sont trouvés aux prises avec plusieurs jeunes du quartier voisin des Pyramides, a poursuivi une source policière.Ils ont alors à nouveau essuyé des insultes à caractère raciste et une altercation a éclaté"

Je sais, c'est facile et ne fait guère avancer le schmilblick mais montre bien les limites d'une vision victimaire des "banlieues" sous les coups de la police.

Last edited by gustave (20-12-2011 17:11:45)

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

311

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Je suis tout à fait d'accord sur le fait que c'est parfaitement inadmissible et que les auteurs de ces violences devraient être pénalement sanctionnés, mais quel rapport avec un reçu (qui aurait d'ailleurs comporté le motif du rappel à la loi totalement justifié en l'espèce) gustave ? Nous ne sommes absolument pas dans le cadre des dérives sus mentionnées.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Tout simplement dans le fait que la présentation des faits des proches de la contrevenante ou des "jeunes" venus à la "rescousse" (par un reflexe qui me parait bien plus inquiétant que quelques controles peu motivés ceci dit) évoquerait très vraisemblablement un harcèlement ou un manque de respect policier...

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

313

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Non mais là de toute façon, on n'est pas dans le cadre d'un contrôle d'identité, mais bien dans le cadre d'une verbalisation liée au fait que la personne portait vraisemblablement un niquab, interdit par la loi française. C'est un fait tout à fait objectif, qui n'a rien à voir avec les contrôles liés aux perceptions subjectives des policiers. Quant aux violences, elles constituent un élément distinct qui justifie des mesures pénales à l'encontre des intéressés.

Mais c'est drôle, je soupçonne que ton message n'est pas simplement destiné à pointer les problèmes éventuels d'un reçu ou de reporter un fait divers, mais bien d'en faire une affaire symptomatique ciblant dans leur généralité les arabes et les musulmans. Je sais, je sais, c'est un procès d'intention...

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Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Non, comme je te le dis ce message vise à souligner la faiblesse de la victimisation des banlieues rendues violentes par une agressivité policière gratuite, vision directement liée également à la légitimisation d'une dangereuse propension à casser du policier (ou du postier, pompier, voire médecin...) ne faisant pas profil bas sur un territoire approprié par les "jeunes".
Et les témoins amenés à témoigner auprès d'un énième sociologue fort engagé se seraient fait un plaisir de mentionner le nième harcèlement manquant de respect envers une soeur innocente...

Last edited by gustave (20-12-2011 18:30:23)

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315

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Mais personne ne victimise "les banlieues" dans leur généralité...

En cette matière, je crois qu'il faut d'abord et avant tout, justement, éviter les généralisations car ce sont elles qui polarisent les fausses opinions de part et d'autre... Je ne connais que des dérives particulières des deux côtés, et des deux côtés elles doivent être sanctionnées dans leur particularité, comme tout fait de justice.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
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Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Greg a écrit:

éviter les généralisations

Généralisation du type "notre soeur est attaquée, c'est notre religion qu'on souille"? Ou bien généralisation à la Fassin dont tu te gargarises "les policiers sont racistes"...

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Le problème vient de poser l'égalité des généralisations entre des actes policiers très encadrés et surveillés (à l'excès estiment nombre de policiers qui y voient un facteur d'inefficacité par inhibition) et les comportements quasi tribaux qui sont la norme dans un certain nombre de lieux et s'étendent.

Last edited by gustave (20-12-2011 20:32:24)

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

318

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

sabaidee a écrit:
Greg a écrit:

éviter les généralisations

Généralisation du type "notre soeur est attaquée, c'est notre religion qu'on souille"? Ou bien généralisation à la Fassin dont tu te gargarises "les policiers sont racistes"...

Mon Dieu, mais j'hallucine le raccourci et la déformation de mes propos.. On se demande à quoi sert de faire des débats aussi nuancés où l'on pèse chaque mot si c'est pour se vautrer ainsi, à la fin, dans une si grosse et fausse caricature... hmm

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Greg a écrit:
sabaidee a écrit:
Greg a écrit:

éviter les généralisations

Généralisation du type "notre soeur est attaquée, c'est notre religion qu'on souille"? Ou bien généralisation à la Fassin dont tu te gargarises "les policiers sont racistes"...

Mon Dieu, mais j'hallucine le raccourci et la déformation de mes propos.. On se demande à quoi sert de faire des débats aussi nuancés où l'on pèse chaque mot si c'est pour se vautrer ainsi, à la fin, dans une si grosse et fausse caricature... hmm

C'est juste qu'à force de vouloir tout enrober dans un gloubi-boulga politiquement correct, tu en viens à établir une équivalence entre un comportement tribal inacceptable et des dérapages exceptionnels d'une police garante de l'ordre républicain. Faut pas généraliser gnagnagna: et résultat, tu les mets sur un même pied d'égalité sans évidemment répondre quoique ce soit.

PS: @ gustave: je n'avais pas lu ta réponse. Désolé de répéter ce que tu as dit...

Last edited by sabaidee (20-12-2011 21:13:25)

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

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Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

sabaidee a écrit:
Greg a écrit:
sabaidee a écrit:
Greg a écrit:

éviter les généralisations

Généralisation du type "notre soeur est attaquée, c'est notre religion qu'on souille"? Ou bien généralisation à la Fassin dont tu te gargarises "les policiers sont racistes"...

Mon Dieu, mais j'hallucine le raccourci et la déformation de mes propos.. On se demande à quoi sert de faire des débats aussi nuancés où l'on pèse chaque mot si c'est pour se vautrer ainsi, à la fin, dans une si grosse et fausse caricature... hmm

C'est juste qu'à force de vouloir tout enrober dans un gloubi-boulga politiquement correct, tu en viens à établir une équivalence entre un comportement tribal inacceptable et des dérapages exceptionnels d'une police garante de l'ordre républicain. Faut pas généraliser gnagnagna: et résultat, tu les mets sur un même pied d'égalité sans évidemment répondre quoique ce soit.

PS: @ gustave: je n'avais pas lu ta réponse. Désolé de répéter ce que tu as dit...

Non, non et non !

Je récuse absolument ta caricature.

- "sans répondre quoi que ce soit" ? mais relis ce thread, je crois bien avoir fait toutes les réponses les plus argumentées qui soient à tes remarques.
- " gloubi-boulga politiquement correct" : chacun voit le politiquement correct à sa porte. Je trouve que TU es politiquement correct lorsque tu te positionnes en grand défenseur de la police républicaine, position que je ne condamne pas par ailleurs puisque j'estime en effet que, tant que le respect aux présumés innocents est assuré, les policiers méritent soutien et parfois admiration. De mon côté, je ne minimise absolument pas la gravité des délits, violences ou crimes commises par ces individus, cailleras et autres. Mais je ne fais pas non plus deux poids deux mesures. Quant, enfin, à quantifier les dérives, désolé mais depuis que ce gouvernement a supprimé la CNDS, il devient plus difficile de porter au public un diagnostic précis sur ce sujet.
- "mettre sur le même plan blablabla" : une dérive est une dérive. Un comportement raciste est un comportement raciste, qu'il soit perpétré par ceux que tu qualifies de tribaux, comme ceux qui sont effectués par des policiers. Lorsqu'un policier commet un délit ou un crime, il mérite sanction, tout comme lorsqu'un individu commet des crimes ou des délits. De ce point de vue, ce n'est pas moi qui mets en équivalence, c'est la loi. Tu as beau user de tournures de phrases pour tâcher assez ignominieusement de me discréditer, c'est un fait.
- Lorsque les policiers agissent dans le cadre de leurs compétences, et en effet, parfois, comme dans les exmples mentionnés dans le livre de Fassin que tu méprises (c'est ton droit), abusent de leur autorité, ils sont souvent protégés par l'action exorbitante de droit commun, par le "parole contre parole" et par leur hiérarchie. Et de ce point de vue, cela n'est pas considéré comme équivalent par le droit. Dois-t-on justifier ces injustices par le comportement des vrais voyous ? Chacun peut penser ce quil veut mais je crois, moi, que ces dérives nuisent à la société et à l'image de la police, et de ce fait je crois en effet nécessaire d'encadrer les contrôles d'identité, notamment afin d'éviter qu'ils soient répétitifs sur les mêmes personnes lorsqu'ils se fondent sur des raisons subjectives. Cela ne veut en aucun cas dire que je mets les voyous et la police républicaine sur le même plan (hors cas de bavures avérées lorsque ça tombe sous le coup de la loi). Et à nouveau, le fait de ne pas généraliser, et de se focaliser sur des faits précis permet de segmenter les problèmes (relis le discours de la méthode de Descartes il t'en rappellera l'intérêt) et d'éviter de dire des bêtises.

Au total, désolé, mais malgré l'outrance que tu utilises à mon égard et qui me pique au vif car c'est mensonger et malhonnête, je persiste à dire qu'il faut éviter de généraliser, et que si tu relisais ce que j'avais écrit, tu verrais que j'ai dit que la majorité des policiers font un travail extrêmement difficile et admirable et qu'il fallait combattre fortement l'idéologie caillera, mais qu'il existe, comme le dit Didier Fassin dont tu dis que je me gargarise mais qui a effectué un travail de terrain, et qui est loin de n'être qu'un "sale prof gauchiste", des dérives qui, bien que protégées par les divers éléments susmentionnés sont en effet inacceptables car, commises par certains, elles privent les policiers dans leur ensemble d'un levier, celui de la coopération des citoyens sur le plan local, et rend au total leur travail plus difficile de par la défiance qu'elles provoquent. Ce n'est pas non plus moi qui l'invente, ce sont des syndicats de policiers eux-mêmes, qui dénoncent l'inefficacité et les contrecoups de la politique du chiffre. Je te renvoie à ce sujet à une émission d'arte commentée sur ce forum par FF et moi-même d'il y a quelques mois sur le malaise policier.

Au total, je me refuse à perdre de vue l'objectif de Justice et d'équité. Donc si, par démagogie et en usant de l'émotion bien légitime que peut provoquer naturellement le fait divers répercuté par gustave, tu essaies de me faire passer pour un défenseur de ces voyous, tu te fourres le doigt dans l'oeil jusqu'à l'omoplate, j'ai dis à plusieurs reprises qu'il fallait combattre l'idéologie caillera et je ne me laisserai pas faire par cette malhonnêteté intellectuelle.

C'est évidemment un sujet délicat car marqué par l'émotion, et ce n'est certainement pas par des caricatures envoyées aux visages des uns et des autres que l'on fera avancer le débat.

Last edited by Greg (20-12-2011 22:57:21)

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Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

En parcourant la diagonale, il ne me semble pas avoir vu ce témoignage sur le topic :

[video (flash player not installed)]

Il date, mais bon...

J'ai failli oublier... [insulte] (histoire d'être politiquement correct)

Last edited by Mayrik (21-12-2011 02:58:33)

sic

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Greg a écrit:

En cette matière, je crois qu'il faut d'abord et avant tout, justement, éviter les généralisations car ce sont elles qui polarisent les fausses opinions de part et d'autre... Je ne connais que des dérives particulières des deux côtés, et des deux côtés elles doivent être sanctionnées dans leur particularité, comme tout fait de justice.

L'articulation de cette phrase met de facto ces deux choses sur un même plan.

Ton raisonnement est pervers car il renverse la charge de la preuve, les policiers étant suspects a priori d'être racistes, ils doivent démontrer qu'ils ne le sont pas, c'est une généralisation abusive. Pour le fait divers, il s'agit évidemment et tu as raison d'un événement isolé; mais il n'en reste pas moins que Lucienne Bui-Trong démontre bien que le "nationalisme de la cité" existe et qu'il est fréquent.

Pourtant, concrètement, les bavures policières occasionnant la mort sont particulièrement rares, alors que les tentatives (et réussites) d'atteintes à la vie de policiers sont de plus en plus courantes: quand on caillasse ou on jette des objets lourds sur les flics du dixième étage d'une cité, c'est pour donner la mort. J'ajoute comme gustave que les dérives sont généralement sanctionnées.

Or, cette équivalence que tu as faite entre ce fait divers (dont je n'avais jamais entendu parler) et les dérives dans une partie de la police est dangereuse. Concrètement quand une partie du territoire et une population donnée estiment partager un ordre différent de l'ordre républicain, cela s'appelle de la sédition et ça finit en général très mal.

Et involontairement tu entretiens cette sédition en nourrissant la présomption de racisme des flics.

PS: je ne méprise pas Fassin, son boulot est intéressant, mais cela relève plus - d'après ce que j'en lis - du journal de bord de quelqu'un qui raconte une expérience au sein d'une BAC par une longue série d’anecdotes probablement sélectionnées soigneusement pour corroborer un angle et non un travail objectif. Cela étant dit Jean-Claude Kaufmann fait exactement pareil, il est d'ailleurs critiqué pour cela et il n'en reste pas moins que son travail est intéressant...

Last edited by sabaidee (21-12-2011 13:17:19)

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

323

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Je vois que tu as décidé de t'enfermer dans cet honteux faux procès, et je n'ai plus rien à y répondre tant il est insultant et mensonger.

Juste un point tout de même. La charge de la preuve appartient toujours à l'administration lorsque c'est elle qui agît. C'est vrai dans l'administration fiscale (sauf mauvaise foi ou fraude - qui doit être prouvée en amont), c'est vrai dans la Justice où tout procédure doit démontrer les preuves factuelles de ses accusations ainsi que les bases légales sur lesquelles elle appuie ses décisions. Les contrôles d'identité de police sont une des exceptions à ce fondement qui découle en fait de l'article XI de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen.

Mais ce rappel "pervers" des bases juridiques de notre pays va surement me faire passer un "séditieux".

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
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Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Greg a écrit:

  Lorsqu'un policier commet un délit ou un crime, il mérite sanction, tout comme lorsqu'un individu commet des crimes ou des délits.

Nul ne le conteste, je crois.

Greg a écrit:

- Lorsque les policiers agissent dans le cadre de leurs compétences, et en effet, parfois, [...], abusent de leur autorité, ils sont souvent protégés par l'action exorbitante de droit commun, par le "parole contre parole" et par leur hiérarchie. Et de ce point de vue, cela n'est pas considéré comme équivalent par le droit. Dois-t-on justifier ces injustices par le comportement des vrais voyous ?

Ce corporatisme n'est en rien propre aux policiers. La parole d'un policier est supposée valoir plus que celle de certains citoyens (par exemple "défavorablement connus de la justice") mais n'est pas non plus parole d'évangile (l'affaire Neyret en est un bon exemple très émotionnel là aussi), et je m'en réjouis.

Greg a écrit:

Chacun peut penser ce quil veut mais je crois, moi, que ces dérives nuisent à la société et à l'image de la police, et de ce fait je crois en effet nécessaire d'encadrer les contrôles d'identité, notamment afin d'éviter qu'ils soient répétitifs sur les mêmes personnes lorsqu'ils se fondent sur des raisons subjectives.

A partir du moment où il s'agit du comportement/tenue d'auteurs de délits on n'est plus dans le subjectif (pour mémoire les jeans larges taille basse sont issus des populations des prisons US par exemple), du moins autant que cela est possible car sauf à se limiter à la constatation de flagrants délits l'objectivité n'existe guère. Et là la délinquance va exploser!

Greg a écrit:

Didier Fassin dont tu dis que je me gargarise mais qui a effectué un travail de terrain, et qui est loin de n'être qu'un "sale prof gauchiste",

Travail de terrain aux conclusions basées sur quelques exemples caricaturaux dont on sait à quel point il peut être subjectif (cf ce chercheur du CNRS affirmant sans rire à l'issue d'une très sérieuse étude ou prétendue telle que la proportion de magrhébins en prison était dû à l'acharnement de la justice raciste en France!).

Greg a écrit:

des dérives qui, bien que protégées par les divers éléments susmentionnés sont en effet inacceptables car, commises par certains, elles privent les policiers dans leur ensemble d'un levier, celui de la coopération des citoyens sur le plan local, et rend au total leur travail plus difficile de par la défiance qu'elles provoquent.

Croire que c'est l'attitude policière qui est à l'origine du comportement des bandes des cités est au mieux naïf, quant à la coopération des populations elle sera davantage favorisée par l'assurance d'une présence policière permanente et de sanctions judiciaires rapides et sévères (cf les opérations très médiatiques mais efficaces ces derniers jours à Sevran notamment)!

Greg a écrit:

Ce n'est pas non plus moi qui l'invente, ce sont des syndicats de policiers eux-mêmes, qui dénoncent l'inefficacité et les contrecoups de la politique du chiffre.

Rien à voir avec les contrôles d'identité, mais là je suis d'accord, tout miser sur certains chiffres est parfois très pervers.

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

325

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

D'abord merci Gustave de ramener ce débat contradictoire dans le sentier du respect et de l'argumentation de fond plutôt que l'attaque ad hominem et le faux procès.

gustave a écrit:
Greg a écrit:

- Lorsque les policiers agissent dans le cadre de leurs compétences, et en effet, parfois, [...], abusent de leur autorité, ils sont souvent protégés par l'action exorbitante de droit commun, par le "parole contre parole" et par leur hiérarchie. Et de ce point de vue, cela n'est pas considéré comme équivalent par le droit. Dois-t-on justifier ces injustices par le comportement des vrais voyous ?

Ce corporatisme n'est en rien propre aux policiers. La parole d'un policier est supposée valoir plus que celle de certains citoyens (par exemple "défavorablement connus de la justice") mais n'est pas non plus parole d'évangile (l'affaire Neyret en est un bon exemple très émotionnel là aussi), et je m'en réjouis.

Je ne parlais pas vraiment de corporatisme (qui n'est en effet pas propre aux policiers, loin de là, mais je ne sous-entendais pas cela), mais simplement du fait qu'il existe un certain nombre d'interventions ou d'incriminations qui ne justifient pas d'autre base légale que la volonté subjective ou le "parole contre parole". C'est exorbitant du droit commun et des fondements du droit (qui, rappelons-le tout de même, visait et vise toujours à limiter l'arbitraire de l'administration), et que ce fameux reçu dont je parlais plus haut me semble pouvoir encadrer sans toutefois entraver leur action de sécurité.

gustave a écrit:
Greg a écrit:

Chacun peut penser ce quil veut mais je crois, moi, que ces dérives nuisent à la société et à l'image de la police, et de ce fait je crois en effet nécessaire d'encadrer les contrôles d'identité, notamment afin d'éviter qu'ils soient répétitifs sur les mêmes personnes lorsqu'ils se fondent sur des raisons subjectives.

A partir du moment où il s'agit du comportement/tenue d'auteurs de délits on n'est plus dans le subjectif (pour mémoire les jeans larges taille basse sont issus des populations des prisons US par exemple), du moins autant que cela est possible car sauf à se limiter à la constatation de flagrants délits l'objectivité n'existe guère. Et là la délinquance va exploser!

Plusieurs choses :

- d'abord faire une caractérisation a priori des personnes susceptibles de commettre des délits sur la base des jean's taille basse me parait tout à fait fantaisiste.
- Absolument d'accord avec toi sur le fait que, dès lors qu'une personne est auteur d'un délit, on n'est plus dans le subjectif. Mais là il s'agit d'une question de résolution d'une affaire, et non dans une intervention a priori, comme l'est un contrôle d'identité. Autrement dit, il y a une contradiction puisque tu justifies une intervention a priori par une éventuelle résolution a posteriori. Seul le flagrant délit ne pose aucun problème et comme je te l'avais dit plus haut (lorsqu'il s'agit par exemple d'une personne portant une burqa), on est bien dans une forme de flagrant délit (mais il ne s'agit que d'une infraction contraventionnelle et non d'un délit ou d'un crime).
- Le débat sur la nécessité d'un élément objectif ou subjectif dans la justification d'un contrôle d'identité ou d'une interpellation en pleine rue est très ancien, et les termes de la loi autorisant les contrôles d'identité ont continuellement évolué au cours de 30 dernières années. Le problème est que dès lors que l'on justifie totalement le contrôle subjectif, on favorise la dérive, on favorise le focus sur une politique du chiffre qui résulte irrésistiblement dans les contrôles inutiles qui gonflent les statistiques et que l'on peut lire dans l'ouvrage de Didier Fassin, avec de pauvres jeunes arrêtés et menés en garde à vue car ils n'avaient que le malheur de se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment. Je ne crois pas que cela fasse exploser la délinquance que l'on recherche un élément objectif dans un contrôle de police. Dans le sens contraire, je crois surtout que ne demander qu'un élément subjectif fait exploser le nombre de gardes à vue, amenant à la polémique de début 2011 sur les 900 000 gardes à vue annuelles, polémique qui s'est conclue par la déclaration d'inconstitutionnalité du régime de GAV par la Cour de Cassation ! Tu penses qu'un élément objectif comme base de contrôle va faire exploser la délinquence, je pense moi qu'un élément seulement subjectif comme c'est le cas aujourd'hui fait exploser l'arbitraire.

gustave a écrit:
Greg a écrit:

Didier Fassin dont tu dis que je me gargarise mais qui a effectué un travail de terrain, et qui est loin de n'être qu'un "sale prof gauchiste",

Travail de terrain aux conclusions basées sur quelques exemples caricaturaux dont on sait à quel point il peut être subjectif (cf ce chercheur du CNRS affirmant sans rire à l'issue d'une très sérieuse étude ou prétendue telle que la proportion de magrhébins en prison était dû à l'acharnement de la justice raciste en France!).

Plus que le terme de "caricaturaux", j'utilis(er)ais le terme de "particulier", et des exemples de ce type, il y en a des deux côtés ! L'exemple que tu as posté plus haut en est un. L'exemple d'ouverture de l'ouvrage de Didier Fassin en est un autre. Encore une fois, la Justice ne connait que des faits particuliers, avec une qualification particulière. Dès lors que l'on essaie de partir d'un fait pour aboutir à une généralité, on tombe dans l'erreur. Malheureusement, c'est bien cette logique du fait divers émotionnel qui constitue la base de la politique de communication sécuritaire du sarkozysme, et je veux bien admettre que cela a entraîné ses contradicteurs à tomber dans la même logique du "fait émotionnel" pour en déduire des conclusions générales. Alors essayons d'éviter de tomber dans cet écueil avec pour unique objectif de sortir de cette logique du fait émotionnel afin d'en revenir aux fondements de notre droit : revenir à la loi générale s'appliquant à des situations particulières, qualifiées et prouvées.


gustave a écrit:
Greg a écrit:

des dérives qui, bien que protégées par les divers éléments susmentionnés sont en effet inacceptables car, commises par certains, elles privent les policiers dans leur ensemble d'un levier, celui de la coopération des citoyens sur le plan local, et rend au total leur travail plus difficile de par la défiance qu'elles provoquent.

Croire que c'est l'attitude policière qui est à l'origine du comportement des bandes des cités est au mieux naïf, quant à la coopération des populations elle sera davantage favorisée par l'assurance d'une présence policière permanente et de sanctions judiciaires rapides et sévères (cf les opérations très médiatiques mais efficaces ces derniers jours à Sevran notamment)!

Non non, je ne crois (ni ne dis) aucunement que c'est l'attitude policière qui est à l'origine du comportement des cités.

Je pense qu'il y a eu un cercle vicieux qui a bien démarré avec l'idéologie caillera qui s'est développée dans les années 80-90 (provenant des Etats-Unis + d'un défaut d'éducation + d'une politique d'urbanisme calamiteuse favorisant une explosion du sentiment d'inégalité et de différenciation sociale voire ethnique), qui a résulté en la volonté des pouvoirs publics de partir "en reconquête" (terme quasi-militaire) avec la démultiplication des BAC et de la logique "gros-bras/flashball/tazer" et la focalisation sur la politique du chiffre qui, au travers de ses dérives a coupé d'un soutien de ceux qui ne font pas partie des "bandes" et qui seraient bien contents que l'on sorte les vrais délinquants de leur cité.

Ce que je dis c'est que lorsque des jeunes qui n'ont rien à se reprocher se retrouvent contrôlés X fois par mois faute d'un "ciblage", les policiers perdent là des soutiens qui pourraient leur être utiles lorsqu'ils veulent véritablement traquer les vrais "bad guys". Cela se sait dans les familles qui sont écoeurées de voir que malgré tous ces contrôles sur leurs enfants/ados/jeunes adultes sans reproches, les bandes véritablement délictuelles ou criminelles continuent de faire leurs petits commerces illicites.

Et cela ne peut être surmonté qu'avec un travail de "renseignement" au sens propre du terme, avec infiltration des bandes, et connaissance du terrain par les acteurs locaux. Cela passe par un travail de dialogue avec les locaux, associatifs, "grands frères", jeunes n'ayant rien à se reprocher, etc. Et de ce point de vue, oui, la police a besoin de relais dans la population locale afin de savoir qui est qui, qui fait quoi, etc.

Comment en sortir : combattre cette idéologie caillera en augmentant la présence d'une police de quartier, avec des policiers qui sont à même de connaître les populations locales, qui sachent faire oeuvre de pédagogie, mais sans tomber dans le travers du contrôle policier virulent, en sanctionnant lourdement les auteurs d'infractions, mais en sanctionnant tout aussi lourdement les auteurs de propos racistes dans la police (afin de faire montre d'équité, source de légitimation), en encadrant les contrôles de police en les fondant sur des éléments objectifs "opposables". Par ailleurs, si reconquête il doit y avoir, elle doit se faire par l'éducation, et de ce point de vue, il faut revoir la politique d'allocation des moyens de l'éducation nationale en concentrant les moyens là où le besoin de reconquête éducative est le plus criant. De même, dès le premier délit, il faut une sanction, et une "rééducation" (non pas au sens morbide du terme - mais au sens positif, c'est à dire mettre le jeune en situation de dérive devant ses droits, et ses devoirs, si besoin est par des moyens coercitifs - centres fermés voire ré-encadrement militaro-éducatif). Et lorsque dans certains quartiers des caillassages ont lieu, il ne faut en effet pas hésiter à utiliser des moyens plus musclés (envoi de CRS notamment - avec interpellations ciblées).

Je crois qu'au final, il faut montrer que l'on veut changer de logique et tâcher d'associer les acteurs locaux bien plus qu'on ne l'a fait jusque là. D'un côté il faut imposer inflexibilité et intraitabilité avec les auteurs avérés de crimes et de délits (je pense notamment les braqueurs de commerce à la petite semaine), mais accompagné de pédagogie pour les autres. En outre, je crois que l'on n'a pas suffisamment utilisé la technique du "dépaysement" des cailleras, afin de les sortir de leur quartier, de leur bande, lorsqu'ils commettent des crimes et des délits. Et cela passe naturellement par des centres éducatifs fermés supplémentaires. Mais je crois aussi que l'on ne s'exonérera pas de cette remise en cause des pratiques actuelles d'envoi de "chasseurs" multipliant les contrôles inutiles, en les remplaçant par une police de proximité qui connait sa population et est capable de faire du "renseignement local" afin de savoir qui est qui et qui fait quoi pour pouvoir interpeller les bonnes personnes, les caïds, les dealers connus, les auteurs de crimes et de délits, plutôt que le "jeune passant en jean taille basse" qui n'a rien à se reprocher et s'avère être un bon élève...

gustave a écrit:
Greg a écrit:

Ce n'est pas non plus moi qui l'invente, ce sont des syndicats de policiers eux-mêmes, qui dénoncent l'inefficacité et les contrecoups de la politique du chiffre.

Rien à voir avec les contrôles d'identité, mais là je suis d'accord, tout miser sur certains chiffres est parfois très pervers.

Encore que, je vais me faire l'avocat du diable et mon auto-contradicteur : il faut voir de quels chiffres l'on parle. Une politique du chiffre qui se focalise sur l'accumulation de GAV résultant en des libérations, une politique du chiffre résultant sur une augmentation des outrages ou des GAV de détenteurs de barettes de shit, c'est complètement contre-productif et ça coute beaucoup d'argent pour pas grand chose. En revanche, une augmentation des résolutions de crimes et de délits caractérisés et/ou grave, là oui, ce serait une excellente chose. Une baisse des violences, une diminution des atteintes réelles aux biens et aux personnes, ce serait une excellente chose. Mais la structuration actuelle des contrôles d'identité et des types de maraudes dans les banlieues aboutit aujourd'hui à l'augmentation des chiffres de la première catégorie et cela, oui, ça pose un véritable problème sur l'image de la police et sur le regard que porte le policier sur lui-même, aboutissant au malaise actuel dénoncé par les syndicats de policiers. Au total, j'oppose une logique "d'intelligence" (au sens du renseignement) à la logique du gros bras qui est pratiquée actuellement. Malheureusement, c'est moins médiatique et moins politique, et c'est à mon avis pourquoi le gouvernement actuel est incapable de s'orienter dans cette voie.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Fausse manip.

Last edited by sabaidee (29-12-2011 15:30:35)

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Greg a écrit:

du fait qu'il existe un certain nombre d'interventions ou d'incriminations qui ne justifient pas d'autre base légale que la volonté subjective ou le "parole contre parole". C'est exorbitant du droit commun et des fondements du droit (qui, rappelons-le tout de même, visait et vise toujours à limiter l'arbitraire de l'administration), et que ce fameux reçu dont je parlais plus haut me semble pouvoir encadrer sans toutefois entraver leur action de sécurité.

Le droit n'a pas pour seul but de limiter l'arbitraire de l'administration, ce peut même être le contraire, mais d'assurer la bonne marche de la société. L'orientation qu'on en donne peut ensuite très largement varier.
Pour toutes les raisons que j'ai déja évoqué je crois au contraire que ce reçu gadget compliquera la tâche des policiers et coutera cher sans apport notable.

Greg a écrit:

d'abord faire une caractérisation a priori des personnes susceptibles de commettre des délits sur la base des jean's taille basse me parait tout à fait fantaisiste.

C'était un exemple pas si fantaisiste puisqu'à l'origine il s'agissait d'un signe de reconnaissance d'anciens délinquants fiers de leur statut, et se reconnaissant tout à fait objectivement ainsi. Maintenant évidemment la signification est moins marquée...

Greg a écrit:

Absolument d'accord avec toi sur le fait que, dès lors qu'une personne est auteur d'un délit, on n'est plus dans le subjectif. Mais là il s'agit d'une question de résolution d'une affaire, et non dans une intervention a priori, comme l'est un contrôle d'identité. Autrement dit, il y a une contradiction puisque tu justifie une intervention a priori par une éventuelle résolution a posteriori.

Justement, la seule possibilité d'empêcher l'acte est bien d'intervenir avant le flagrant délit, et donc avec une part de subjectivité... A défaut on en vient aux caméras de surveillance: rassurez vous madame, on a le film de votre viol!

Greg a écrit:

Le problème est que dès lors que l'on justifie totalement le contrôle subjectif, on favorise la dérive, on favorise le focus sur une politique du chiffre qui résulte irrésistiblement dans les contrôles inutiles qui gonflent les statistiques et que l'on peut lire dans l'ouvrage de Didier Fassin,

Les contrôles d'identité n'ont que peu voire rien à voir avec la politique du chiffre qui se concentre surtout sur les petits clients "shiteux" facilement verbalisables, autrement dit pas du tout les "jeunes" des cités dont on sait les complications qu'entraine la volonté de les interpeller ...

Greg a écrit:

pauvres jeunes arrêtés et menés en garde à vue car ils n'avaient que le malheur de se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment.

Oui, et alors? Si tu récuse le lieu, le moment, la tenue et le comportement, je crains qu'il ne reste plus beaucoup d'éléments à nos policiers! Sans compter que je ne crois pas que beaucoup de "pauvres jeunes" finissent en GAV juste pour s'être trouvés là...

Greg a écrit:

Je ne crois pas que cela fasse exploser la délinquance que l'on recherche un élément objectif dans un contrôle de police. Dans le sens contraire, je crois surtout que ne demander qu'un élément subjectif fait exploser le nombre de gardes à vue, amenant à la polémique de début 2011 sur les 900 000 gardes à vue annuelles, polémique qui s'est conclue par la déclaration d'inconstitutionnalité du régime de GAV par la Cour de Cassation !

Encore une fois le pb des GAV n'a rien à voir avec le pb des contrôles et la décision n'a pas été motivée par le nombre de GAV mais par des considérations de droit européen et de fond donc. Rien à voir avec le nombre de contrôles ou de GAV dont les conditions n'avaient pas significativement évolué auparavant.

Greg a écrit:

Tu penses qu'un élément objectif comme base de contrôle va faire exploser la délinquence, je pense moi qu'un élément seulement subjectif comme c'est le cas aujourd'hui fait exploser l'arbitraire.

Au vu de la situation actuelle je préfère l'arbitraire (très relatif d'ailleurs, sauf à accuser l'ensemble des policiers de dérive quasi systématique) à l'encontre de populations (au sens comportement/tenue/lieu/âge...) statistiquement délinquantes que le laxisme et la bureaucratie inefficaces.

Greg a écrit:

Plus que le terme de "caricaturaux", j'utilis(er)ais le terme de "particulier", et des exemples de ce type, il y en a des deux côtés ! [...] Encore une fois, la Justice ne connait que des faits particuliers, avec une qualification particulière. Dès lors que l'on essaie de partir d'un fait pour aboutir à une généralité, on tombe dans l'erreur.

Pas forcément, au contraire la loi évolue à partir de faits particuliers généralisés...

Greg a écrit:

Malheureusement, c'est bien cette logique du fait divers émotionnel qui constitue la base de la politique de communication sécuritaire du sarkozysme, et je veux bien admettre que cela a entraîné ses contradicteurs à tomber dans la même logique du "fait émotionnel" pour en déduire des conclusions générales.

Oui, il y a inefficacité complète du traitement, alors on se rabat sur les déclarations d'intention.

Greg a écrit:

Je pense qu'il y a eu un cercle vicieux qui a bien démarré avec l'idéologie caillera qui s'est développée dans les années 80-90 (provenant des Etats-Unis + d'un défaut d'éducation + d'une politique d'urbanisme calamiteuse favorisant une explosion du sentiment d'inégalité et de différenciation sociale voire ethnique), qui a résulté en la volonté des pouvoirs publics de partir "en reconquête" (terme quasi-militaire) avec la démultiplication des BAC et de la logique "gros-bras/flashball/tazer" et la focalisation sur la politique du chiffre qui, au travers de ses dérives a coupé d'un soutien de ceux qui ne font pas partie des "bandes" et qui seraient bien contents que l'on sorte les vrais délinquants de leur cité.

Heureusement que l'Etat part en reconquête (ou plus exactement prétend le faire), tu aurais été le premier à critiquer le contraire.

Greg a écrit:

Ce que je dis c'est que lorsque des jeunes qui n'ont rien à se reprocher se retrouvent contrôlés X fois par mois faute d'un "ciblage", les policiers perdent là des soutiens qui pourraient leur être utiles lorsqu'ils veulent véritablement traquer les vrais "bad guys".

Les policiers n'ont jamais bénéficié du soutien de ces jeunes qui, même sans être délinquants se sentent et sont solidaires des délinquants pour de multiples raisons, même aux plus grandes heures de la police de proximité (sous ce nom ou un autre).

Greg a écrit:

Cela se sait dans les familles qui sont écoeurées de voir que malgré tous ces contrôles sur leurs enfants/ados/jeunes adultes sans reproches, les bandes véritablement délictuelles ou criminelles continuent de faire leurs petits commerces illicites.

Oui, le problème ne sera traité que par une double action policière et judiciaire efficace donc sans concession aucune.

Greg a écrit:

Et cela ne peut être surmonté qu'avec un travail de "renseignement" au sens propre du terme, avec infiltration des bandes, et connaissance du terrain par les acteurs locaux. Cela passe par un travail de dialogue avec les locaux, associatifs, "grands frères", jeunes n'ayant rien à se reprocher, etc. [...]Comment en sortir : combattre cette idéologie caillera en augmentant la présence d'une police de quartier, avec des policiers qui sont à même de connaître les populations locales, qui sachent faire oeuvre de pédagogie, [...]Par ailleurs, si reconquête il doit y avoir, elle doit se faire par l'éducation, et de ce point de vue, il faut revoir la politique d'allocation des moyens de l'éducation nationale en concentrant les moyens là où le besoin de reconquête éducative est le plus criant.

Les expériences passées de police de proximité n'on en rien réduits les réseaux ni gagnés les populations locales (sauf rares exceptions très localisées), tout comme les milliards investis dans les éducateurs et autres médiateurs qui ne permettent que de maintenir un semblant de paix sociale par l'achat de celle-ci (cf la politique sociale de Dassault en son fief). Quant aux réformes de l'EN des sommes très considérables sont déja consacrées à ces zones pour des résultats que les témoignages de professeurs laissent supposer spécieux. Il en est en ce domaine comme dans la sécurité routière: les beaux discours sur la prévention, la coopération et l'appel à l'intelligence n'aboutissent qu'à des réussites très exceptionnelles montées en épingle alors que la multiplication des contrôles sans pitié et avec sanction importante entrainent des résultats efficaces.

Greg a écrit:

De même, dès le premier délit, il faut une sanction, et une "rééducation" ([...]mettre le jeune en situation de dérive devant ses droits, et ses devoirs, si besoin est par des moyens coercitifs - centres fermés voire ré-encadrement militaro-éducatif)..

Cf ci-dessus, les condamnés se foutent de cela, et hormis pour quelques volontaires les centres militaro-éducatifs et autres équivalents aux intitulés rassurants ne sont qu'un maigre cautère malgré les incantations de tout bord.

Greg a écrit:

Et lorsque dans certains quartiers des caillassages ont lieu, il ne faut en effet pas hésiter à utiliser des moyens plus musclés (envoi de CRS notamment - avec interpellations ciblées). Je crois qu'au final, il faut montrer que l'on veut changer de logique et tâcher d'associer les acteurs locaux bien plus qu'on ne l'a fait jusque là.

Cf ci-dessus, les intervenants locaux "victimes" veulent des actions fermes pour être tranquilles, quitte à avoir des tonnes de contrôle! Quant aux interpellations ciblées il est facile d'en parler, mais pour ce qui est de concrétiser... Comme si les policiers ne préfèreraient pas y recourir si cela était réalisable!

Greg a écrit:

Mais je crois aussi que l'on ne s'exonérera pas de cette remise en cause des pratiques actuelles d'envoi de "chasseurs" multipliant les contrôles inutiles, en les remplaçant par une police de proximité qui connait sa population et est capable de faire du "renseignement local" [...]plutôt que le "jeune passant en jean taille basse" qui n'a rien à se reprocher et s'avère être un bon élève...

Bel exemple émotionnel dont je ne crois pas qu'il soit représentatif, quant au renseignement local les BAC et autres chasseurs connaissent très bien une bonne part de leur "clientèle" (d'où leurs contrôles souvent d'ailleurs), et les services judiciaires voire GIR et autres RG font efficacement leur travail. Mais ils écopent la mer à la petite cuillère et leur plus dur obstacle est le sentiment d'impunité et l'absence de respect envers tout représentant d'une autorité (pas seulement face à la police d'ailleurs contrairement à ce que devrait entrainer ton raisonnement liant non coopération et comportement policier).

Greg a écrit:

il faut voir de quels chiffres l'on parle. [...]Mais la structuration actuelle des contrôles d'identité et des types de maraudes dans les banlieues aboutit aujourd'hui à l'augmentation des chiffres de la première catégorie et cela, oui, ça pose un véritable problème sur l'image de la police et sur le regard que porte le policier sur lui-même, [...] Au total, j'oppose une logique "d'intelligence" (au sens du renseignement) à la logique du gros bras qui est pratiquée actuellement.

Dans la situation actuelle l'un n'a aucun sens sans l'autre. Et comme déja dit cette dérive réelle des chiffres n'a rien à voir avec les contrôles d'identité.

Pour conclure je crois que ton approche est faussée par un a priori idéologique (oserais-je électoraliste) s'agissant du reçu.
Après des années de discours identique (prévention/association/accusation des policiers) l'insécurité n'a enfin reculé aux USA que par une action de fermeté auprès de laquelle Sarko (ou plutôt l'image qu'on en donne) fait rigoler. Mais nous nous écartons là du strict problème du reçu.
Ton reçu démotivera un peu plus les policiers, coutera cher, entrainera d'autres dérives, et ne servira qu'à faire jubiler les "jeunes" (pas forcément délinquants mais content de se foutre de la gueule d'un flic), en plus d'attirer certains votes peut-être (seul avantage potentiel réel de court terme et pas vraiment d'intérêt général).

Last edited by gustave (21-12-2011 22:25:33)

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Un article a priori peu suspect de partialité qui critique assez fortement le livre de Fassin:

Blog du Monde a écrit:

l n’est pas facile de rendre justice au livre publié en octobre dernier par notre collègue anthropologue Didier Fassin (La force de l’ordre. Une anthropologie de la police des quartiers, éditions du Seuil). En effet, d’un côté ce livre dit des choses fondamentales sur la façon dont la police nationale intervient souvent de nos jours dans les quartiers réputés sensibles et, plus largement, sur la façon dont le gouvernement français traite les habitants de ces quartiers.

Mais, d’un autre côté, notre collègue a observé un cas extrême - une BAC commandée par un policier aux opinions d’extrême droite virulentes - auquel il donne un retentissement voire une valeur exemplaire qui semblent à tout le moins exagérés. Le risque est donc que beaucoup de citoyens (et parmi eux les policiers) rejettent en bloc ce travail qui peut pourtant permettre non seulement de dénoncer des pratiques violentes et racistes déshonorant la République, mais aussi et plus profondément de comprendre dans quelle impasse nous ont entraîné les politiques sécuritaires qui se renforcent sans cesse depuis le début des années 1990, et plus encore depuis les émeutes de 2005.

Parions donc positivement que nos lecteurs seront capables d’entendre un message un minimum complexe et de faire la part des choses. Dans un premier temps, nous nous concentrerons sur la contribution directe et positive de ce livre au débat sur l'organisation de la police nationale en France. Dans un second temps, nous discuterons certaines de ses interprétations générales qui nous semblent plus fragiles.(...)

Malgré tout ce que l’on vient de dire, nous ne pouvons pas suivre totalement notre collègue Didier Fassin dans ses conclusions les plus générales. Ayant d'un côté observé une BAC dirigée par un brigadier-major d’extrême droite raciste cherchant à recruter des hommes partageant les mêmes opinions et les galvanisant en ce sens, et ayant d'un autre côté constaté la situation de ghettoïsation de certains quartiers des agglomérations où la population est souvent majoritairement non-blanche de peau, D. Fassin en conclut que la police est l’instrument de la gestion post-coloniale des banlieues, qu’elle n’est là au fond que pour permettre à un système inégalitaire et raciste de perdurer. La police n’est pas la garante de l’ordre public mais de l’ordre social qui est aussi un ordre racial.

Or ceci nous semble à la fois en partie vrai et pourtant un peu trop simple. Dans tous les cas, pour être incontestable, la démonstration aurait du respecter toutes les étapes requises, procéder par élargissement progressif des observations et des preuves, plutôt que par déduction à partir d’une grille de lecture générale préexistante (celle de la société post-coloniale) qui se trouve peut-être un peu trop rapidement plaquée sur la complexité du réel.

D’abord, il aurait fallu pousser beaucoup plus loin la discussion sur ce que fait réellement la police, c’est-à-dire sur la distance qui sépare la formation initiale des policiers, les épreuves de sélection à l’entrée dans les BAC (que notre collègue semble ignorer) et les comportements réellement développés sur le terrain. Pourquoi ce décalage ? Pourquoi des policiers sélectionnés au concours d’entrée de la police puis sélectionnés aux épreuves d’entrée dans la Bac (course à pied, tir, technique d’interpellation, mais aussi gestion du stress et de l’agressivité) finissent-ils par se comporter parfois comme les voyous qu’ils prétendent traquer ? La police (a fortiori les Bac) attire t-elle fatalement certains types de personnes, d'opinions et de motivations en particulier ? La socialisation professionnelle des policiers les rend t-elle plus cyniques et plus racistes que d'autres professions ? Le type de métier qu'ils exercent, les situations de vie qu'ils rencontrent les transforment-ils en un sens particulier ? L'on aurait apprécié ici une discussion serrée des travaux sociologiques de référence sur ce que Dominique Monjardet appelait la culture professionnelle des policiers (voir la bibliographie en fin d'article).

Certes, l’image virile et agressive des BAC attire d’emblée un certain type de policiers. Comme le rappelle D. Fassin, l’iconographie est révélatrice. Il n’y a qu’à voir les écussons des BAC pour être dans l’ambiance : ce sont quasiment tous des têtes d’animaux sauvages montrant les dents et/ou les griffes... Mais si l’on voit bien pourquoi de nombreux jeunes policiers sont attirés par les BAC, l’on ne comprend toujours pas pourquoi les comportements déviants qu’ils peuvent y adopter sont tolérés par l’institution. A l’évidence, il y a un problème de contrôle hiérarchique qui aurait du être investigué. Quelle est la part du manque d’information d’un commissaire sur ce que font réellement ces unités lâchées sur le terrain sans aucun contrôle ? Quelle est la part de son éventuel intérêt pratique et statistique (la culture du chiffre !) pour les quelques affaires, gardes à vue et mises en cause que ramènent tout de même de temps à autre les BAC ? Quelle est la part de la complicité passive (voire active) de certains avec cette façon de faire la police ? Et entre les gardiens et les commissaires, quid des officiers (totalement absents dans le livre de D. Fassin) ? Comment les sanctions interviennent-elles quand parfois elles interviennent finalement ? Qu’en pensent les responsables de l’IGS et de l’IGPN ? Que deviennent les plaintes que tentent parfois d’introduire les habitants ou des élus ? Combien de cas de ce type la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) avait-elle traité ces dernières années avant qu’elle soit supprimée ?

Ensuite, ce que notre collègue a observé est-il généralisable à toutes les BAC dans toutes les villes ? Ce n’est pas sûr. Il y a du reste des BAC de nuit mais aussi des BAC de jour, des BAC de secteur mais aussi des BAC départementales. Et est-ce spécifique à des quartiers habités par une population presque exclusivement non-blanche de peau ? Ce n’est pas sûr non plus. L’étude est fatalement limitée voire minée par le caractère unique de son terrain d’observation. D. Fassin n’y est pour rien. Il explique clairement comment l’institution l’a empêché de faire d’autres observations dans d’autres commissariats d’autres villes. Mais là où il aurait pu solliciter ses collègues chercheurs spécialistes de la police pour être mis en relation avec d’autres policiers voire s’insérer dans d’autres programmes de recherches, D. Fassin a au contraire choisi de mener son étude puis la rédaction de son livre dans le plus grand secret, ne faisant aucune présentation de son projet dans les séminaires de recherches ou les colloques spécialisés. C’est là un « péché d’orgueil » au fond bien regrettable car il aurait pu profiter d’autres contacts, d’autres terrains et d’autres expériences et ainsi donner au final une force bien supérieure à son livre.

Qu’est-ce qu’une société « post-coloniale » ?

Enfin, que penser de cette grille de lecture générale qu’est celle du post-colonialisme ? Rappelons qu’à travers la description de type ethnographique du comportement d’une unité de police, notre collègue D. Fassin prétend mettre à jour la nature post-coloniale de la société française (métropolitaine). N’est-ce pas aller un peu vite en besogne ? N’est-ce pas un peu trop ambitieux ? Constater l’exclusion socio-économique, les discriminations, le racisme et toutes les violences matérielles et symboliques subis beaucoup plus fortement qu'ailleurs par les habitants des quartiers dits sensibles est une chose (fait n°1). Mais est-ce causé essentiellement par le fait qu’ils aient le plus souvent la peau non-blanche ? Constater par ailleurs que la police nationale française est probablement un des secteurs de la fonction publique les plus conservateurs et les plus incapables de prendre acte du caractère multiracial de la société française est également une chose (fait n°2). Mais est-ce généralisable à toutes les composantes de l’État français ? Constater enfin que nous sommes actuellement dirigés par des hommes et des femmes politiques dont certains ont des opinions racistes est également une chose (fait n°3). Mais est-ce généralisable à la majorité de la classe politique ? Cela paraît difficile sans plus de preuves. Dès lors, déduire de ces trois faits que la France est une société post-coloniale ayant instauré un ordre racial (un apartheid) protégé par la police est un jugement qui semble trop rapide. A tout le moins, il faudrait pour le démontrer une recherche d’une toute autre ampleur, une recherche collective...

http://insecurite.blog.lemonde.fr/2011/ … iminalite/

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

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Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Affaire de l'IGS : « On était présumés coupables depuis le début »

Trois des cinq fonctionnaires de la préfecture de police de Paris, injustement mis en cause en 2007 par une enquête de l’IGS, la police des polices, livrent un témoignage accablant. Brisés, ils attendent toujours leur réintégration.

DAMIEN DELSENY ET THIBAULT RAISSE | Publié le 14.01.2012, 10h14

  Préfecture de police de Paris, hier. En 2007, une enquête de l’inspection générale des services (IGS), la police des polices, met en cause cinq fonctionnaires du bureau des affaires réservées de la préfecture de police de Paris. Ils ont été blanchis trois ans plus tard.

« C’est l’Outreau de la préfecture de police. » Me David Lepidi ne fait pas dans la nuance. L’avocat des cinq anciens fonctionnaires du bureau des affaires réservées, qui géraient notamment les demandes de régularisation des étrangers, et qui s’estiment victimes d’une enquête truquée de l’inspection générale des services (IGS) en 2007, parle bien d’une « machination » dont la cible principale était Yannick Blanc, patron du service de police générale alors classé « à gauche ».

Si le préfet de police Michel Gaudin a affirmé hier dans « le Monde » n’avoir rien à se reprocher, le rôle de l’IGS, lui, semble de plus en plus trouble. Le procureur de la République de Paris a souligné de son côté que les six informations judiciaires ouvertes à la suite de plaintes des mis en cause « étaient conduites avec diligence ».

Trois des acteurs malheureux de ce dossier qui travaillaient pour Yannick Blanc — Zohra Medjkoune et Dominique Nicot, deux agents du service, et leur chef Bruno Triquenaux, ancien chef du bureau des affaires réservées — ont accepté de témoigner. Mis en examen pendant plus de trois ans et suspendus, ils ont été blanchis mais restent marqués à jamais.

Comment s’est déroulée votre interpellation du 30 mai 2007 ?

ZOHRA MEDJKOUNE. Nous étions derrière notre guichet à la préfecture avec Dominique Nicot. Il y avait du monde dans la salle. Soudain, des policiers de l’IGS ont déboulé en tapant dans la porte. Tout le monde a eu peur. Immédiatement, ils nous ont montré une commission rogatoire et se sont mis à fouiller nos bureaux, les tiroirs. Nous avions trente ans d’ancienneté dans l’administration et, en quelques secondes, on s’est retrouvées plongées dans quelque chose qui nous dépassait.
DOMINIQUE NICOT. Je n’ai rien compris ; j’ai eu peur.

Vous avez alors été placées en garde à vue…

Z.M. D’abord, les policiers nous ont escortées à nos domiciles privés respectifs pour une perquisition. Chez moi, il y avait mon fils de 17 ans qui devait fêter ses 18 ans le lendemain. Quand je suis arrivée entourée de policiers, je leur ai demandé de pouvoir parler quelques secondes avec lui pour lui expliquer. Ils ont refusé.
D.N. Chez moi, ils ont pris les téléphones. De toute façon, il n’y avait rien à prendre.

Comment se sont passées vos auditions ?

Z.M. Ils nous ont sorti des dossiers, dont certains que nous n’avions même pas traités. Ils ne cherchaient pas à savoir, ils affirmaient. En plus, ils n’y connaissaient rien en droit des étrangers. Et puis ils m’ont sorti les écoutes téléphoniques faites sur ma ligne depuis des semaines. Pour moi, ç’a été comme un viol. Ensuite, on a passé notre première nuit en cellule. Là, d’un seul coup, j’ai vu passer M. Blanc. Puis Christian Massard, mon ancien compagnon et le père de mon fils (NDLR : lui aussi injustement mis en cause dans cette affaire avec Yannick Blanc). Puis mon fils lui-même, qui était là, mais que je n’ai même pas pu embrasser. Là, j’ai réalisé l’ampleur de ce qui se passait. Je me suis dit : « Je lâche tout, je leur dis ce qu’ils veulent entendre pour que tout ça s’arrête. »
D.N. J’étais dans un autre monde. Je devais partir en vacances le lendemain et je me souviens leur avoir demandé à quelle heure j’allais ressortir pour pouvoir faire ma valise… Ils voulaient que je soulage ma conscience. Mais je n’avais rien à soulager. En cellule, j’étais dans un état second. Je ne croyais pas ce que j’étais en train de vivre.

Après quarante-huit heures de garde à vue, vous avez été présentées au juge d’instruction…

Z.M.Pour la première fois, nous avons été menottées pour traverser les sous-sols du palais. Finalement, nous avons été mises en examen sous contrôle judiciaire avec l’interdiction pour moi de voir le père de mon enfant. Il fallait aussi que nous pointions au commissariat une fois par mois.
D.N. Dans son bureau, la juge a surtout lu la synthèse de l’IGS dont on sait maintenant qu’elle était truquée. Là, j’ai pensé à la prison.

Dans quel état avez-vous recouvré la liberté ?

Z.M. Des idées noires plein la tête. Je me suis dit, pour nous, des petits fonctionnaires, tout est fini. Je me suis accrochée pour mon fils. Pendant des mois, je suis descendue à ma boîte aux lettres en espérant y trouver ma lettre de réintégration. Le seul qui a cru à notre innocence, c’est notre avocat.
D.N. Totalement anéantie. Je me souviens avoir traversé la Seine. J’aurais pu me jeter à l’eau ce soir-là. J’ai pris des antidépresseurs. Moi, j’imaginais toujours que le malentendu serait levé.

Comment avez-vous vécu le non-lieu de janvier 2011 qui a reconnu votre innocence ?

Z.M. Il est tombé le jour de mon anniversaire. C’est mon plus beau cadeau.
D.N. On était présumés coupables depuis le début. C’est comme une chape de plomb qui se retirait. Moi, je pensais être réintégrée le lendemain.

Et ce n’est toujours pas le cas ?

Z.M. Nous avons retrouvé notre dignité. Mais, moi, je veux retravailler, et pas dans un placard.
D.N. On nous a oubliées. Pour l’administration, nous sommes perdues.

Pensez-vous avoir été victimes d’une machination ?

Z.M. Nous avons été des instruments pour s’en prendre à M. Blanc ; ça, nous en sommes sûres.
D.N. Et pour cela, nous avons été traitées comme des malfrats. Je ne suis même pas en colère, je suis au-delà.

C'est juste stupéfiant. Les fonctionnaires qui ont commis ce méfait mériteraient la révocation pure et simple. Quand on entend Mme Zohra Medjkoune expliquer à la radio la façon avec laquelle a été menée l'interrogatoire, il y a de quoi être véritablement choqué. On l'a menacé de mettre son fils mineur en garde à vue si elle n'avouait pas ! C'est inadmissible et j'espère que tous les responsables de cette opération d'élimination seront sévèrement condamnés.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
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Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Un rapport de Human Rights Watch sur les contrôles d'identité: http://www.hrw.org/fr/node/104721

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Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Greg a écrit:
ZOHRA MEDJKOUNE a écrit:

des policiers de l’IGS ont déboulé en tapant dans la porte. Tout le monde a eu peur. Immédiatement, ils nous ont montré une commission rogatoire

Je croyais que dans la réalité, les policiers français ne présentaient pas de commission rogatoire ou de « mandat de perquisition » ?

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Un policier mis en examen dans l'affaire de Villiers le Bel pour faux témoignage.

Il faut se souvenir de l'affaire pour se rendre compte que toutes ces émeutes ont été déclanchées devant le mépris des autorités à l'égard de deux enfants tués.

Les flics avaient renversé deux jeunes gens sur un scooter. Tous les témoins interrogés sur place tenaient un autre discours que la vérité officielle et pointaient un excès de vitesse des policiers voire pour certains une véritable volonté de provoquer l'accident. Malheureusement, ils étaient un peu trop colorés pour avoir quelque crédibilité dans le contexte racialo-sarkozyste.

On avait en effet nié toute faute, tout excès de vitesse des policiers. L'on se souviens que le gouvernement, et particulièrement cette vieille peau de fesse de vache toute fripée de Michèle Alliot Marie avaient menti en boucle pour défendre une version officielle qui niait la réalité des faits et des éléments qui montraient un excès de vitesse des policiers. L'ensemble du gouvernement et toutes les autorités qui se sont penchées sur cet accident avaient menti.

Les policiers avaient pendant toute la période récente carte blanche pour faire ce qu'ils voulaient, sans assumer leurs manquements à la loi, et en les faisant assumer au maximum à la population, et aux populations basanées de banlieue. On était en Etat policier, où les flics se sont cru tout permis même le pire. Les bavures n'ont jamais été aussi nombreuses, et aussi peu sanctionnées, cependant que l'on frappait toujours plus fort sur les populations "d'apparence" pour reprendre le terme raciste de sarkozy et que l'on supprimait tous les contrôles sur les comportement policiers déviants. Ce racisme latent et ordinaire aura constitué la trame de fond de cette mentalité policière sarkozifiée.

Encore une fois, les policiers furent responsables de ces deux morts et de ces émeutes qui ont été aggravées par les déclarations mensongères des autorités qui s'élevaient contre la réalité d'un accident que de nombreux témoins avaient vu, et avaient jugé comme étant un véritable homicide volontaire, dans l'excitation d'une course poursuite.

Cette mise en examen a le parfum agréable de la mort d'un régime abject.

Last edited by Emmanuel Goldstein (20-04-2012 09:16:56)

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

La conséquence logique du système de suspicion envers les contrôles policiers, perte de temps et démotivation...et d'autres contrôles encore plus injustifiés!
Un rapport de Border Agency révèle que les agents de l’aéroport de Gatwick fouillent les passagers blancs pour éviter d’être suspecter de racisme envers les voyageurs noirs ou d’autres origines ethniques. John Vine, inspecteur en chef du service, a ainsi expliqué au Times anglais que les agents avaient pris l’habitude d’arrêter des passagers blancs lorsqu’ils souhaitaient questionner des voyageurs noirs tout simplement pour d'éviter d'éventuelles plaintes pour discrimination raciale.
http://www.deplacementspros.com/Les-age … 15259.html

Last edited by gustave (18-05-2012 21:17:41)

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Bientôt en France, le progrès est en route vers des lendemains qui chantent le mieux vivre ensemble, de gré ou de force (pour certains du moins)!

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

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Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

ah ! Greg, je crois que le gouvernement t'a entendu !

Contrôle au faciès : les syndicats de police s'insurgent contre le «récipissé»

1 juin 2012 à 10:37 (Mis à jour: 15:10)


Le gouvernement prépare un texte qui obligera les forces de l’ordre à délivrer un récépissé à chaque personne dont l’identité est contrôlée, afin d'éviter notamment la multiplication des contrôles au faciès, a confirmé vendredi Jean-Marc Ayrault (photo Reuters).

«C’est important de ne pas contrôler trois fois la même personne (...) c’est une mesure que l’on va faire mais qui n’a rien d’extraordinaire, ça se fait ailleurs», a plaidé le Premier ministre sur BFMTV et RMC.

«Il ne s’agit pas d’arrêter les contrôles d’identité, les policiers font leur travail (...) simplement on donne (aux personnes contrôlées) un reçu», a-t-il ajouté. Cette mesure «est en préparation, le ministre de l’Intérieur y travaille», a poursuivi le chef du gouvernement, rappelant qu’elle était un «engagement» de campagne du président François Hollande.

«Je pense que ça sera utile à tous. Aux personnes contrôlées, qui doivent être contrôlées mais pas trois, quatre fois, et aux policiers aussi parce que les policiers ont besoin de retrouver la confiance et le respect», a également jugé Jean-Marc Ayrault.

«Moi, j’ai confiance dans la mission qu’ils exercent au service de la sécurité. Ils ont besoin qu’on les respecte, qu’on leur fasse confiance. Une mesure de ce type n’a rien de vexatoire pour eux, c’est simplement pour remettre de la sérénité. Je crois qu’on a besoin dans notre pays de plus de sérénité pour être plus fort pour affronter les problèmes», a-t-il conclu.

«Débat public»

Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls (photo Reuters), a de son côté rencontré vendredi matin le Défenseur des droits, Dominique Baudis, pour évoquer une réforme de la procédure des contrôles d’identité, jugés «nécessaires» mais à réévaluer pour «ne plus être perçus comme abusifs».

Les contrôles d’identité sont «un outil totalement nécessaire», mais il convient de mener un «débat public» lui aussi «nécessaire», afin de les «réévaluer pour qu’ils ne soient plus perçus comme quelque chose d’abusif», a expliqué le ministère de l’Intérieur vendredi à l’AFP.

La «piste» du récépissé est bien l’un des axes principaux de la réflexion de Manuel Valls, qui a demandé une «remontée d’informations sur les différentes initiatives prises en ce sens au Canada, en Espagne et en Grande-Bretagne», a relevé le ministère de l’Intérieur.

Il s’agira ensuite de «voir ce que ça amène» ainsi que «les modalités en terme d’organisation», a-t-on souligné de même source. «Les syndicats de police comme les associations seront associés» à la réflexion, avant que le ministre de l’Intérieur ne présente ses propositions, a-t-on ajouté place Beauvau.

Hostilité des syndicats

Les syndicats de police interrogés vendredi par l’AFP ont exprimé leur opposition au fait de remettre un reçu aux personnes faisant l’objet de contrôles, un message «de défiance» envoyé aux policiers selon eux, «inadmissible», «stigmatisant» et décidé sans concertation.

«On stigmatise la police comme étant une police raciste. C’est inacceptable», explique Jean-Claude Delage, le secrétaire général d’Alliance, deuxième syndicat des gardiens de la paix. «Il est inacceptable de partir de cette présomption. L’annonce faite par le Premier ministre jette le discrédit sur l’honnêteté morale des policiers en laissant penser qu’ils font des contrôles en dehors de la loi», s’insurge-t-il.

«Cela part d’une présomption de discrimination des policiers, qui seraient coupables de pratiquer des contrôles au faciès. Or aujourd’hui il y a la même diversité dans la police que dans la population qu’elle contrôle», renchérit Patrice Ribeiro, secrétaire général de Synergie-Officiers, deuxième syndicat d’officiers. «C’est un message de défiance envoyée aux policiers», regrette-t-il.

Le secrétaire général d’Unité Police (premier syndicat des gardiens de la paix) Nicolas Comte estime lui que cette mesure n’est pas «une priorité». «On ne solutionnera pas la fracture police-population en donnant l’impression aux policiers que la faute vient d’eux», juge-t-il.

Les syndicats de police sont d’autant plus surpris de cette annonce que le sujet avait été évoqué lors de leur rencontre vendredi dernier avec Manuel Valls. Ce dernier leur avait indiqué qu’au sujet des contrôles d’identité, il faudrait s’inspirer «de ce qui se pratique en Grande-Bretagne» mais qu’il n'était «pas dans la précipitation», selon Patrice Ribeiro.

Depuis le milieu des années 2000, un Britannique contrôlé par la police est en droit de demander un reçu sur lequel figure le numéro de matricule du policier.

«Mais là, le Premier ministre annonce cela sans la moindre concertation avec les syndicats, c’est inadmissible», a regretté Jean-Claude Delage.

Pour Patrice Ribeiro, cette mesure aura également un effet pervers sur le terrain. «Cela va nous enlever des outils comme la palpation où on peut trouver des armes, de la drogue», assure-t-il, «les voyous contrôlés le matin brandiront un récépissé le reste de la journée et on ne pourra plus les contrôler. Cela va générer une dynamique qui n’est pas saine.»

«Cela va avoir un impact considérable sur la motivation des policiers. Les policiers le prennent très très mal», a prévenu Jean-Claude Delage.

Ciotti dénonce une «défiance» envers la police

Eric Ciotti, secrétaire national de l’UMP chargé de la sécurité (photo AFP), a estimé vendredi que Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls «(confirmaient) leur défiance à l'égard de la police».

«En annonçant la préparation d’un texte de loi qui obligera les forces de l’ordre à délivrer un récépissé à chaque personne dont l’identité est contrôlée, M. Ayrault et Valls confirment la défiance que les socialistes portent envers elles», écrit dans un communiqué le député des Alpes-Maritimes.

«Cette mesure, purement démagogique et dogmatique, paralyserait l’action des forces de l’ordre en faisant peser sur elles un principe de suspicion. Le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur devraient faire preuve de plus de respect et de considération à l'égard des policiers et gendarmes, qui quotidiennement risquent leurs vies pour assurer la sécurité de tous les Français», conclut-il.

Lors de sa campagne, le candidat François Hollande avait annoncé son intention de «mettre un terme» aux «contrôles au faciès». C’est «une discrimination de la vie quotidienne, une injustice que je n’accepte pas», avait-il dit, «chaque citoyen mérite la même considération, le même respect».

En janvier, l’organisation américaine Human Rights Watch avait sévèrement épinglé la France sur les contrôles d’identité, mettant notamment en évidence un «profilage ethnique». La direction de la police et les syndicats de policiers avaient farouchement démenti l’existence de «contrôles au faciès».

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Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Haha ! Arrière, gueux ! Que la valetaille fasse donc place nette devant la demeure de M. Valls !

(ce n'est peut-être pas le bon thread mais je n'en trouve pas d'autre)

Le Figaro a écrit:

Valls aurait fait évacuer des SDF

Selon Le Canard Enchaîné, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls aurait ordonné aux forces de l’ordre de renforcer leurs effectifs et de réduire la présence des sans domiciles fixes rue de La Roquette, dans le XIe arrondissement de Paris, où il est domicilié.

Selon l’hebdomadaire satirique, le patron de la place Beauvau aurait été alerté par son épouse, la violoniste Anne Gravoin, de la présence gênante de SDF et de Roms, notamment devant un supermarché où elle aurait l’habitude de faire ses courses. Le Canard raconte que le commissariat du XIe arrondissement a reçu l’ordre d’éloigner ces individus. Les forces de l’ordre auraient pour cela réactivé un arrêté datant de 2008, interdisant la consommation d’alcool sur la voie publique dans le quartier à partir de 16h.

Le cabinet du ministère de l’Intérieur dément toute «demande privative» de la part du ministre. La préfecture de Paris évoque quant à elle des «consignes liées à des plaintes d’élus UMP et à des pétitions de riverains depuis trois mois".

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Odieux :

Des policiers mutés de force après avoir dénoncé des dérives dans leur service
LE MONDE | 14.03.2013 à 11h22 • Mis à jour le 15.03.2013 à 09h50 Laurent Borredon


Du jamais-vu. Sept policiers en délégation sont venus dénoncer les turpitudes de certains de leurs collègues – alcoolisme, vols, dégradations, voire corruption – directement auprès de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN, la "police des polices"), à Paris.

Des membres de la brigade canine de Seine-et-Marne se sont résolus à mener cette action inhabituelle, le 19 novembre 2012. Ils ont ainsi outrepassé leur hiérarchie, qu'ils assurent avoir alertée sans résultat. Et ils l'ont payé cher : ces fonctionnaires bien notés et expérimentés ont dû quitter leurs postes.

Les "canines" sont des unités réputées au sein de la police. Dans chaque département, elles viennent soutenir les commissariats, renforcer les patrouilles. La maîtrise des chiens laisse peu de place à l'indiscipline et à l'approximation. Celle de Seine-et-Marne est appréciée, localement et nationalement – en 2009, l'un de ses membres est cité en modèle sur le blog de recrutement de la police. Mais en 2011, les brigades du sud et du nord du département fusionnent, et le choc des cultures est brutal, dans le huis clos d'un chenil isolé du reste des services.

Il y a l'alcool, d'abord, consommé et stocké sans gêne. Certains pots, durant les heures de service, dégénèrent. Le chef tire avec son arme de service sur un lapin qui passe sur le terrain – situé en bordure d'une zone d'activité et d'une route –, le formateur canarde le bungalow d'entraînement, criblé d'impacts. Ils s'amusent à mettre un fumigène dans la vieille Renault 25 qui sert à l'entraînement des chiens. La voiture s'enflamme... Un jour, le commissariat voisin appelle, inquiet : des riverains ont signalé un incendie. En réalité, pour se distraire, quelques policiers ont mis le feu à un touret en bois aspergé de carburant avant de le faire rouler jusqu'à la route.

Ce relâchement crée des tensions, aggravées par des faits plus graves, comme la découverte dans un véhicule du service de nombreuses pièces automobiles, dont certaines encore emballées. Elles ont été volées dans un hangar prêté à l'unité pour un entraînement, et elles finissent sur un site de vente en ligne, cédées par l'un des brigadiers. Ce même policier est soupçonné de corruption lors de la verbalisation d'automobilistes.

Le 19 novembre 2012, les sept fonctionnaires assurent à la police des polices qu'ils détiennent des preuves. L'affaire remonte jusqu'au directeur général de la police nationale, Claude Baland, et ils sont reçus sur le champ par la directrice centrale adjointe de la sécurité publique, Martine Nauté. "S'ils avaient des choses importantes à dire, je ne voulais pas le louper", explique-t-elle aujourd'hui.

Les "sept" ne seront plus réentendus. Durant deux mois, l'unité se déchire au rythme des auditions des autres fonctionnaires. Puis, le 24 janvier, la directrice départementale de la sécurité publique de Seine-et-Marne, Chantal Baccanini, son adjoint et le patron du service d'ordre public (qui chapeaute la brigade canine, les brigades anticriminalité, les compagnies d'intervention, etc.) se rendent au chenil. L'enquête est bouclée, et la directrice commence par en lire de larges extraits devant l'unité.

La journée bascule alors en une douloureuse catharsis. La désillusion est brutale. L'IGPN assure que les "comportements dénoncés ont déjà fait l'objet d'un traitement disciplinaire local". Surtout, elle retient contre les sept policiers la visite à la police des polices, qui "témoigne d'un état d'esprit irrespectueux de la chaîne hiérarchique". Mais elle leur reproche dans le même temps de ne pas avoir prévenu le procureur.

Le grand écart se poursuit. Face aux "comportements critiques et contestataires permanents de certains éléments", mais aussi aux "accusations vérifiées" des mêmes éléments, l'IGPN recommande de "sanctionner les fautes administratives", et de "redéployer une partie des effectifs".

Les trois policiers dont les dérives ont été dénoncées sont immédiatement reçus par la directrice. Ils sont sanctionnés (blâmes ou avertissements), mais maintenus à leurs postes. Quelques minutes plus tard, les noms des fonctionnaires qui vont devoir quitter l'unité sont égrenés. Ils sont dix : les sept du 19 novembre et deux autres qui avaient pris fait et cause pour leurs chefs. Et puis une invitée surprise, qui fond en larmes. Son seul tort : avoir confirmé les accusations lors de son audition.

"Nous avons respecté les règles administratives, assure Mme Baccanini. Le traitement est le plus humain possible." Les postes proposés aux déplacés restent proches de leurs domiciles. Mais l'un d'entre eux se trouve rétrogradé de fait, et deux autres basculent aux contrôles radars – pas franchement une promotion. A l'inverse, les deux policiers proches des chefs sont mutés à la BAC départementale, très demandée.

"On le vit comme une sanction, on est passionné par notre travail, et on doit laisser tous nos chiens", se désole l'un des mutés. "Je n'avais jamais vu ça dans ma carrière. Des fonctionnaires jouent le jeu, sont dans le respect de la déontologie, et on les déplace", dénonce James Dutertre, délégué départemental du syndicat Unité-SGP Police (majoritaire). Pour Mme Nauté, le dossier s'est au contraire "révélé être une affaire un peu banale de tensions entre fonctionnaires". "Les faits d'alcool ne sont ni banals ni véniels, ils ne sont pas tolérables", précise-t-elle néanmoins.

L'affaire est désormais suspendue à la décision du procureur de la République de Melun, Bruno Dalles, qui a été alerté. Le rapport de l'IGPN assure qu'il a décidé de "ne pas ouvrir d'enquête judiciaire". Mais l'intéressé dément : "J'attends d'éventuelles décisions sur le plan disciplinaire et le retour des enquêtes administratives pour décider des suites."

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

On liquide les restes de l'horreur sarkozyste :

Jacqueline Bernard, commissaire des Renseignements Généraux, réhabilitée par la justice

Le Tribunal Administratif de Poitiers a suspendu l'arrêté imposant un arrêt d'activité forcé à la commissaire des RG de La Rochelle. Jacqueline Bernard avait refusé d'enquêter en 2007 sur la vie privée de Ségolène Royal alors en campagne pour l'élection présidentielle.

    Nicole Lambert
    Publié le 23/04/2013 | 10:04, mis à jour le 23/04/2013 | 10:32

En janvier 2007 Jacqueline Bernard commissaire des Renseignements généraux de La Rochelle refuse à sa hiérarchie d'enquêter sur la vie privée de Ségolène Royal. Le mois suivant elle est mutée à Lille au contentieux des contraventions, poste qu'elle refuse et elle porte plainte contre sa hiérarchie dénonçant la pression dont elle fait l'objet . En 2008 elle reçoit un courrier anonyme la menaçant de mort puis elle est se retrouve sans affectation.
Aujourd'hui Jacqueline Bernard est réhabilitée , elle occupe le poste de chargée de mission au commissariat de Poitiers.

Les supérieurs hiérarchiques de cette commissaire mériteraient révocation définitive, ou en tout cas de très lourdes sanctions.

Encore un bel exemple du comportement abominable de la droite au pouvoir...

Last edited by OneAgain (23-04-2013 10:03:45)

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Sûr que la gauche n'a jamais utilisé le moindre des services français à des fins politiques...

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Pfffff... Quel argument merdique... Je ne crois pas avoir entendu parler de fouilles de vie privée sur des personnes candidates aux présidentielles jusqu'à présent.

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

gustave a écrit:

Sûr que la gauche n'a jamais utilisé le moindre des services français à des fins politiques...

Paie ton argumentation de collégien.

Je lubrifie les relations humaines.

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Mitterand n'aurait effectivement jamais osé faire une chose pareille...
Après si tes chastes oreilles veulent entendrent que Sarko a été le seul à bénéficier des services des quelques centaines d'agents payés jusqu'il y a peu pour suivre la vie politique...

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Je ne sais pas trop ce que cela vaut mais ça ne parait pas invraisemblable non plus...
http://tvmag.ouest-france.fr/programme- … xiste.html

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

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Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

C'est beau comme du Gilbert Collard cet article : "j'ai dans cette enveloppe LA PREUVE blablabla".

Que de sous-entendus dans tes posts Gustave, que d'accusations formées de non-faits, non-dits et de "on s'est compris"...

Que des services aient suivi "la politique", certainement. Que des autorités politiques aient utilisé les services pour des opérations sur la vie privée de concurrents politiques, j'en doute très fortement. Donc avec tes sous-entendus, tu peux tout sous-entendre, tout et n'importe quoi, sans jamais rien prouver. Tu ne déroges point en cela, hélas, d'une dérive (pour ne pas dire d'une frénésie, parfois) populiste qui affecte toute une partie des commentaires d'Internet.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Oui, Greg, la République exemplaire et irréprochable dans une France apaisée, c'est cela?

A propos de polices utiles...

http://www.economiematin.fr/tout-sauf-l … -melenchon
[...] De sources autorisées au ministère de l'Intérieur, il nous a été expliqué sous le sceau de la confidence que les effectifs de police (essentiellement, de CRS) et de gendarmerie mobile commençaient à manquer, et que la situation serait intenable au mois de mai, alors que les manifestations inscrites "au planning" sont de plus en plus nombreuses. [...]
[...] Or, ces cinq escadrons, le ministère de l'Intérieur en a désormais cruellement besoin face au succès des manifestations quotidiennes organisées par La manif pour tous, en particulier à Paris. A tel point que des compétitions sportives commencent à pâtir de ces mesures de restrictions. Le match OM-Brest de Ligue 1 s'est ainsi joué samedi à 17h00 au lieu de dimanche 21h00, et le Nice-PSG, exactement l'inverse. Objectif : réduire le nombre de supporters extérieurs et donc les besoins en maintien de l'ordre. Les supporters lésés se voyant informer par téléphone et par e-mail que leurs billets seraient utilisables sur un autre match, mais pas celui-là, faute... de CRS pour sécuriser les abords du stade, et éviter les heurts habituels entre supporters de clubs rivaux. [...]

http://www.facebook.com/permalink.php?s … 3075785107
END
Après trois semaines d'enquête sur ces clichés truqués de la Préfecture de Police, j'arrête.
Il y a non seulement la preuve scientifique de ce trucage mais aussi la preuve visuelle accessible à tous.
Je souhaite ne plus être dérangé par et pour cette affaire.
J'ai juste voulu vérifier une info. Cela n'a pas été simple.
Je retourne à mon documentaire long métrage qui représente 4 ans de travail et que j'ai interrompu pour vérifier cette foutue info !
Tout est dit et montré dans le petit sujet de 10' et réalisé SANS trucages.
L'"AFP, par la voix de son rédacteur en chef Photo et avec qui j'ai examiné les clichés m'a indiqué dimanche à 16H35 qu'il porterait plainte contre moi ainsi que l'AFP.
J"ai été content d'apprendre hier matin qu'il n'avait pas été licencié comme il me l'avait pourtant dit ce même dimanche. Qui croire?
Suis très serein mais triste. Triste pour ce métier que j'aime et malmené par des journalistes militants qui confondent information et communication.
Pierre Barnérias

Etc...

Last edited by gustave (24-04-2013 18:26:38)

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Etonnament cette mort semble moins choquer que celle d'un dealer... Il y a de bonnes et moins bonnes victimes...
http://www.lexpress.fr/actualite/societ … 47793.html
Cet homme de 34 ans a été agressé jeudi soir avec son frère par quatre individus alors qu'ils revenaient d'un repas de famille. Selon les premiers éléments de l'enquête, ce meurtre n'aurait rien à voir avec les règlements de compte pour contrôler le trafic de drogue.

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Tout le monde ne semble pas tomber dans la grossière manipulation qui vise à présenter ces personnes comme des ligues factieuses d’extrême-droite.

Le Monde a écrit:

Le Conseil de l'Europe saisi sur la "répression" de la "Manif pour tous"

Le Conseil de l'Europe a été saisi d'une question du Parti populaire Européen (PPE, droite) sur "la répression croissante et inquiétante" en France des opposants au mariage homosexuel, révèle samedi 11 mai Le Figaro. Selon le quotidien, le Comité des ministres – qui regroupe les ambassadeurs des 47 États membres du Conseil de l'Europe – "vient d'être saisi par l'Italien Luca Volontè, président du groupe PPE à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, d'une question écrite mettant en cause la gestion, par le gouvernement français, des manifestations contre la loi Taubira".

"Le mouvement social de défense de la famille qui anime actuellement la France, écrit Luca Volontè, fait l'objet d'une répression croissante et inquiétante, inacceptable de la part d'un État membre du Conseil de l'Europe", ajoute le quotidien conservateur. "Ainsi, lors de la manifestation du 24 mars 2013, poursuit-il, de nombreuses personnes dont de très jeunes enfants, des femmes et des personnes âgées ont été violentées par les forces de l'ordre", assure le parlementaire italien, selon Le Figaro. "Quelles mesures le comité des ministres entend-il prendre pour engager le gouvernement français à mettre un terme à cette violence ?" demande M. Volontè.

Le Comité des ministres – qui exerce notamment un rôle de surveillance du respect par les Etats membres de la démocratie, des droits de l'homme et de l'Etat de droit – devrait répondre avant la fin du mois, assure le quotidien.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2 … _3224.html

Quel dommage qu'Orcid, Gambette et consorts qui étaient toujours prompts à nous dégainer des condamnations d'obscures sous-commissions de l'ONU ou du Conseil de l'Europe dénonçant le "fakisme" de Sarkozy ne soient plus là...

J'aurai lu avec gourmandise leurs justifications.

Last edited by sabaidee (11-05-2013 12:11:05)

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

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Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Par contre toi tu sautes à pieds joints dans la grossière manipulation qui consiste à dire que les manifestants ont été davantage réprimés que pour toute autre manif, sans doute sur ordre du gouvernement.

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

349

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

En bonus, un petit lol sur Gustave et son délire "Etonnament cette mort semble moins choquer que celle d'un dealer... Il y a de bonnes et moins bonnes victimes..." Je ne sais pas à qui tu as demandé ça mais c'est grotesque.

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Broz a écrit:

Par contre toi tu sautes à pieds joints dans la grossière manipulation qui consiste à dire que les manifestants ont été davantage réprimés que pour toute autre manif, sans doute sur ordre du gouvernement.

Non. Je ricane de te voir défendre la répression d'une manifestation et je rigole de voir une partie de la gauche fulminer de voir des gens de droite utiliser les outils manipulatoires des "violences policières" qu'elle utilise depuis 40 ans.

C'est très drôle.

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz