Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Je n'ai pas encore vu la vidéo mais, apparemment, ce n'est Brice Hortefeux qui lui en veut mais plutôt les policiers.

Quand on post on raconte pas sa vie.

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Eh bien je crois que Mélissa Theuriau mérite un soutien dans cette affaire. Le Ministère de l'Intérieur se comporte sur un mode qui ressemble à certains égards aux habitudes du régime de Téhéran.

D'une part elle ne fait qu'énoncer des faits, elle n'est ni arrogante, ni agressive, ni irrespectueuse. Elle pose une question et cherche à surmonter la langue de bois.

Elle fait son travail, en quelque sorte. Chose dont la Sarkozye a un peu perdu l'habitude, depuis que les amis ou soutiens du patron dirigent les chaines de télé et autres.

Les mecs d'Alliance n'ont aucune crédibilité : leur corporatisme les oblige à mépriser l'action de l'IGPN quelle qu'elle soit, et à dénoncer quiconque se pose des questions sur l'existence de bavures (existence que plus personne ne nie).

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

"Un terroriste ne mérite pas de mourir. Il mérite de vivre l'enfer. A perpétuité. Et seule la déchéance de la nationalité le permet." Greg

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Rien d'étonnant : un ministre raciste donne un feu vert implicite pour du racisme au sein de ses propres services.

Six gendarmes se disent victimes de propos racistes
NOUVELOBS.COM | 26.09.2009 | 11:47

Leur avocat va saisir la Halde. Un des hommes affirme avoir été appelé de nombreuses fois "bougnoule" tandis que d'autres disent avoir été humiliés.

Les six gendarmes souhaitent saisir la Halde afin de ne plus être la cible de propos racistes (AP)

Les six gendarmes souhaitent saisir la Halde afin de ne plus être la cible de propos racistes (AP)
Six gendarmes mobiles de Satory, près de Versailles, vont saisir la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde), a annoncé vendredi 25 septembre leur avocat. Ils se disent ciblés par des propos racistes et discriminatoires de la part de collègues.
La Halde n'avait pas reçu vendredi soir le courrier des plaignants.

Le "quota" du secrétariat

Affectés dans les Yvelines, les six gendarmes ont "depuis leur arrivée été régulièrement victimes de propos racistes tout comme ils font l'objet de discriminations", d'après la saisine de la Halde rédigée par Maître Joseph Cohen-Sabban.
Un des gendarmes aurait ainsi été "maintes fois" appelé "bougnoule" par le commandant qui lui rappelait régulièrement qu'"il est le 'quota' du secrétariat".
D'origine maghrébine, deux autres gendarmes musulmans affirment avoir été humiliés lors de séances de remises de galons.
La direction de la gendarmerie, qui n'a pas encore reçu la saisine de la Halde, a confirmé qu'un gendarme s'était plaint en février de propos racistes tenus par son commandant d'escadron. Celui-ci aurait écopé de trente jours d'arrêt, d'après le Service d'information et de relations publiques des armées.

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

On te retrouve encore plus subtil qu'avant ; non vraiment tu nous avais manqué. Pourquoi n'es tu pas venu au dîner forum par ailleurs ?

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

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Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Elle est pas belle la vie ? On sort de chez soi pour raccompagner des amis, on se fait agresser par des jeunes puis tabasser le reste de la nuit par la police qui ne veut rien savoir et vous couvre d'injures homophobes.

Est-il des mots pour exprimer la honte et la consternation que suscite ce genre d'articles et de faits extrêmement graves ?


Kerusore raconte et accuse les policiers d'homophobie
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Que s'est-il passé à Marseille lors de l'arrestation de l'acteur de "Plus belle la vie", Laurent Kerusore ?

L'acteur parle pour la première fois, ce matin dans le Parisien et il raconte ce qui s'est passé.

Selon lui, Michel Cordes qui joue son père, Roland Marci, dans la série et sa compagne ont dîner chez Laurent et son compagnon. Vers 2 heures du matin, ils sont sortis pour les accompagner jusqu’au taxi. C’est alors que deux jeunes filles et un garçon sont venus demander un autographe.

Laurent raconte la suite dans le Parisien :

"Comme je n’avais ni crayon ni carte sur moi je n’ai pu le leur donner. Le ton est monté tout de suite, les injures aussi. Le jeune homme a porté un coup à Fabrice. J’ai eu le réflexe de défendre mon amoureux, et j’ai poussé le gars. Et à ce moment-là, on s’est jeté sur nous…« Je me suis fait tabasser » (...)
Il s’agissait de policiers. Fabrice était menotté et piétiné. Une fois que j’ai été remis debout, on m’a donné un coup de pied dans les menottes pour que je m’écroule à nouveau avec des insultes homophobes. (...)

On est montés dans la voiture, je me suis énervé et je me suis fait tabasser. Toute la nuit, en garde à vue, placé dans une cellule de dégrisement,fouillé au corps, on a eu droit à des insultes homophobes."

En revanche, selon la version policière, le comédien participait à une rixe avec deux autres hommes, tous en état d’ivresse, vers 2 h 30. Il se serait rebellé contre la patrouille venue pour séparer le petit groupe, et c’est dans la voiture de police que tout aurait dérapé.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=24241

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Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

La garde à vue fait-elle partie de l’identité nationale ?

Les conditions jugées dégradantes de placement en garde à vue d’une avocate du barreau de Paris relancent le débat sur les modalités d’une procédure indigne d’une démocratie moderne. Alors que le gouvernement veut ouvrir le débat sur l’identité nationale, il serait temps de mettre un terme à la dégradation de l’ensemble de notre chaîne judiciaire de la garde à vue aux conditions de détention sans oublier l’indigence des moyens alloués au fonctionnement de la justice ordinaire.  Si l’on veut être fier de notre identité nationale, commençons par ne pas avoir honte de notre système judiciaire.

Le bâtonnier de l’ordre des avocats de Paris Christian Charrière-Bournazel s’est indigné lundi soir des conditions dégradantes de placement en garde à vue de l’avocate Caroline Wassermann, convoquée au commissariat de Meaux sous le prétexte d’un problème personnel.

L’avocate est suspectée d’avoir prévenu de démarches policières le complice d’un trafiquant de drogue présumé. “Elle a été menottée, elle a été mise nue, on lui a mis un doigt dans l’anus. On la traite comme la dernière des dernières des dernières au mépris du respect de la personne humaine le plus élémentaire“, a précisé Christian Charrière-Bournazel.  Belle image de la France !

Le bâtonnier ulcéré promet de ne pas en rester là et menace de déposer une plainte pénale contre les policiers et le parquet.

Peu importe finalement que Maître Charrière-Bournazel donne le sentiment de céder à un réflexe de caste en s’étonnant subitement du traitement de droit commun réservé au citoyen anonyme. La vraie question est de savoir comment un pays tel que le nôtre a pu, dans l’indifférence générale, en arriver là.

Il s’agit bien d’un abaissement national ou les descendants de ceux qui ont fait le siècle des lumières se voient régulièrement mis à l’index par différents organismes : Conseil de l’Europe , Département d’Etat américain …

Cette dégringolade dans l’échelle des valeurs s’est illustrée dernièrement dans le débat initié par le gouvernement et Michèle Alliot-Marie autour de l’idée de “castration chimique”. Une dérive qui a suscité l’ire de Robert Badinter. L’ancien garde des Sceaux est l’une des rares personnalités à s’en être publiquement offusqué.

Au micro de France Inter, il déclarait dernièrement “penser que la justice française puisse châtrer un homme, c’est insupportable. L’utilisation même du terme est une honte. Cela met dans la tête du public qu’on pourrait aller jusqu’à châtrer“. Les mots révèlent un état d’esprit même si dans les faits, le gouvernement fait référence à un traitement hormonal destiné à limiter la libido. Peu importe, il fallait que dans un silence assourdissant ce soit Robert Badinter qui rappelle l’article 3 de la convention européenne des Droits de l’Homme en vertu duquel, “nul ne sera soumis à un traitement inhumain et dégradant“.

Ce n’est donc pas un hasard si Christian Charrière-Bournazel entame une croisade pour considérer que, sur la base d’un arrêt du 13 octobre 2009 de la Cour européenne des Droits de l’homme, les gardes à vue en France seraient toutes illégales (source France Info). Le bâtonnier de Paris, qui représente 21.000 avocats, appelle l’ensemble de la profession à faire annuler toutes les procédures.

La Cour européenne considère en effet que, dès qu’il est privé de liberté, un accusé doit bénéficier d’un avocat pour organiser sa défense et préparer des interrogatoires. Or ce droit n’apparaît pas dans la loi française.

De 336 718  en 2001, les gardes à vue on atteint le chiffre record de 577 816 en 2008, soit 1% de la population française. Une banalisation préoccupante, surtout dans les conditions où elles se déroulent.

http://lamouette.blog.lemonde.fr/

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Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Plus d'informations sur cette affaire de garde à vue d'une avocate pour des motifs et selon des méthodes inacceptables.

La police a menti sur le motif de la convocation de Me Wassermann, qui dénonce des conditions de garde à vue inhumaines.

C'est parce que la police a assuré à son bâtonnier qu'elle avait été convoquée « pour une raison personnelle » que Caroline Wassermann a accepté de se rendre à la PJ de Meaux. Pour vivre une garde à vue musclée. Choquée, fatiguée, l'avocate ne décolère pas :

    « Les gardes à vue en France sont un scandale. Les chiens sont mieux traités à la SPA, parce qu'au moins, on leur donne une gamelle. Il faut que cela change, ou alors, il faut cesser de se targuer d'être la patrie des droits de l'homme. »

Le fait que la police l'ait attirée dans un pur piège, allant jusqu'à instrumentaliser Christian Charrière-Bournazel, le bâtonnier de l'ordre des avocats du barreau de Paris, n'est pas fait pour atténuer sa volonté de faire du bruit autour de toute cette affaire.
A l'origine des ennuis de l'avocate, un simple appel d'un client potentiel

L'histoire commence en septembre : Me Wassermann, connue pour représenter le trader Jérôme Kerviel, défend alors un client arrêté dans une affaire de stupéfiants, à Meaux (Seine-et-Marne).

Un de ses complices, « client potentiel », l'appelle alors. L'avocate ne peut l'inviter à son cabinet pour parler, ce qui est l'usage, car il se trouve à plusieurs centaines de kilomètres de là. Mais elle lui conseille -imprudemment, on va le voir- de changer de ligne téléphonique, pour avoir une discussion loin de possibles écoutes policières.

La convocation que Caroline Wassemann a reçue de la police de Meaux.Deux mois plus tard, elle reçoit une convocation de la police de Meaux. Elle prévient son bâtonnier : un avocat est tenu au secret professionnel et ne peut en en être délié que devant un juge d'instruction.

Me Charrière-Bournazel s'enquiert par écrit des intentions de la police. Le commandant Jean-Jacques Venera (qui n'a pas souhaité répondre à mes questions sur cette affaire) lui répond le 13 novembre et rassure le bâtonnier :

    « Il est bien évident que maître Wassemann n'aurait jamais été convoquée au service si cette convocation avait eu un rapport avec un dossier dont elle a la charge.

    S'agissant d'une question personnelle, je suis sûr que, comme tout bon citoyen, maître Wassermann déférera cette convocation. »

L'avocate décide de s'y rendre, lundi matin : « Je me disais alors, j'ai dû brûler un feu rouge sans m'en rendre compte… »
Soupçonnée d'avoir fait dérailler l'enquête

Dès son arrivée, elle comprend qu'elle est convoquée parce qu'elle a parlé au complice de son client, et qu'elle est soupçonnée d'avoir fait dérailler l'enquête policière sur l'affaire.

Elle proteste contre la méthode, le bâtonnier ayant été trompé, et déclare qu'elle ne dira pas un mot.

Elle est mise en garde à vue. Elle se retrouve dans une minuscule cellule, demande en vain une bouteille d'eau. Elle est prise en photo, ses empreintes sont prélevées. Elle est déshabillée entièrement pour une fouille ; sa ceinture, son soutien-gorge lui sont confisqués. Les policiers, raconte-t-elle, essayent de la menotter à un banc « plein de crasse et de tâches de sang ».

Elle restera là huit heures. Puis, elle sera déférée devant une juge d'instruction, Mme Raymond, pour être mise en examen pour « violation du secret professionnel ». Un étrange motif, selon l'avocat de Caroline Wassermann : si elle avait parlé aux policiers, qu'aurait-elle fait d'autre que violer ledit secret ?
« La police de Meaux n'a pas hésité à mentir au bâtonnier »

Aujourd'hui, l'avocate entend ne pas rester silencieuse :

    « Je dénonce les conditions de garde à vue en France, ce “no man's land” juridique. On traite des êtres humains comme des bêtes, c'est un véritable scandale. Je ne dis pas cela pour moi : même si ce traitement s'applique au pire des bandits, il ne mérite pas cela. La pire des ordures reste un être humain.

    Je dénonce aussi les méthodes de police qui conduisent à bafouer le respect de ma profession : afin d'extorquer je ne sais quel aveu, la police de Meaux n'a pas hésité à mentir au bâtonnier de Paris qui représente 20 000 avocats. »

Ce dernier, Me Charrière-Bournazel, a appelé ses confrères à faire annuler les procédures de garde à vue de leurs clients :

    « Elles sont toutes contraires au principe du procès juste et équitable. »

Une décision de la justice européenne ouvre une brêche

Le 27 novembre 2008, la Cour européenne des droits de l'homme a en effet condamné la Turquie (un de ses quarante-sept pays signataires) pour n'avoir pas donné accès à un avocat à un homme placé en garde à vue. La bombe à retardement qu'avait décrite Rue89 est donc déclenchée.

Le ministère de la Justice considère que cet arrêt ne saurait servir de base pour contester les gardes à vue en France : « Nous ne partageons pas du tout l'avis et l'analyse de Christian Charrière-Bournazel », a déclaré Arthur Dreyfuss, porte-parole adjoint du Garde des sceaux, interrogé par 20minutes.fr.

    « L'arrêt de la Cour européenne condamne le système judiciaire turc, qui n'a rien à voir avec le système judiciaire français. La lecture de l'arrêt dit qu'un accusé doit avoir un avocat au plus vite, or ça tombe bien, c'est ce que prévoit le code pénal français depuis dix ans. »

Source : Rue89

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Prise de conscience bien tardive, "maître".
Il a fallu q'elle fasse un tour dans un commissariat pour s'en rendre compte, et crier au scandale.  Ca donne une idée de la façon dont les avocats connaissent bien les conditions de traitement des personnes dont ils ont la charge

Mais le point positif est qu'enfin, certains se bougent pour faire changer les choses.

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

C'est effectivement assez surprenant cette prise de conscience soudaine, mais à la limite tant mieux.

RPC a écrit:

Ca donne une idée de la façon dont les avocats connaissent bien les conditions de traitement des personnes dont ils ont la charge

Ca donne une idée de l'accès qu'ont les avocats aux gardés à vue aussi !

Last edited by Elessar (21-11-2009 16:57:43)

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Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Deux articles : l'un sur la réaction de deux syndicats de policiers à la déclaration "émue" de François Fillon sur les conditions de garde à vue en France, qui expliquent que c'est le gouvernement qui fixe des "quotas" de garde à vue. Première nouvelle. On se demande bien comment on peut, à l'avance, fixer des objectifs chiffrés de garde à vue dans la mesure où la garde à vue ne se décide qu'au regard des faits d'espèce...

Garde à vue: deux syndicats de police critiques sur les propos de Fillon

(AFP) – Il y a 3 heures

PARIS — Deux syndicats de police se sont montrés critiques dimanche concernant les propos de François Fillon sur la nécessité de "repenser" la garde à vue, l'Union SGP-FO/Unité police mettant en cause la "politique du chiffre" tandis qu'Alliance parlait de "faux problème".

"Si M. Fillon veut +repenser la garde à vue+, il doit également repenser la politique du chiffre dans la police", a déclaré dans un communiqué Nicolas Comte, secrétaire général de l'Union SGP Unité Police (1er syndicat de gardiens de la paix).

Lors de l'inauguration samedi d'une maison d'arrêt dans la Sarthe, le Premier ministre a jugé évidente la nécessité de "repenser" les conditions de la garde à vue, acte "grave" qui ne doit pas être envisagé comme "un élément de routine" par les enquêteurs.

"L'union SGP-unité police ne peut que souscrire à cette belle déclaration de principe démocratique", a commenté le syndicat.

Mais "c'est le gouvernement qui impose des quotas d'interpellations aux fonctionnaires de la police nationale, tout en mettant la pression sur les policiers par une politique du chiffre aveugle ne leur permettant plus d'exercer avec discernement", a-t-il ajouté. "C'est le gouvernement qui impose le nombre de gardes à vue comme un indicateur essentiel de l'activité des services".

"Il est donc trop facile de faire comme si les policiers étaient responsables de cette situation, en les transformant une fois encore en boucs émissaires", a protesté M. Comte.

"C'est un faux problème sur un vieux débat", a pour sa part déclaré à l'AFP Frédéric Lagache, secrétaire général adjoint du syndicat Alliance. "Il ne faut pas confondre la système anglo-saxon et notre système basé sur l'aveu".

"Nous ne sommes pas contre l'intervention de l'avocat durant la garde à vue", a-t-il ajouté, "mais, en vertu de notre système judiciaire, il ne faut pas lui laisser consulter le dossier par exemple".

"Il y aurait un mélange des genres et nous protégerions alors le droit des délinquants", a-t-il estimé.

"L'avocat ne doit pas intervenir dans le dossier", a insisté M. Lagache qui craint que cela soit le cas dans le cadre de cette réflexion.

Ensuite, cet article ma foi, très révoltant dans le nouvel obs, sur les évolutions concrètes des modalités de remplacement de la carte d'identité. Des français dont la nationalité n'a jamais été remise en cause se voient refuser le remplacement de la carte car ils doivent prouver chaque étape de leur naturalisation ou de celles de leurs parents, voire même grands-parents ! Cela concerne des personnes de toutes origines et de toutes classes sociales et même... des militaires français en Afghanistan ! C'est tout simplement sidérant et inacceptable.

Je vais peut-être en choquer certains, mais entre ça et la gestion administrative de la question juive pendant le régime de Vichy, il n'y a pas tant de différence que cela, à part les déportations vers les camps de la mort, remplacées par des déportations plus douces (encore que, ça dépend du pays) vers le pays d'origine. Nous avons notre hybride entre Xavier Vallat et Doriot en la personne d'Eric Besson, nous avons nos Maurice Papon de sous-préfecture et nous avons certains, quelques uns de nos fonctionnaires d'état civils de terrains, zélés, obéissants et tatillons, prêts à prétendument appliquer la loi de façon rigoureuse, surtout quand la consonance du nom est un peu exotique, et si la personne semble, par son teint un peu foncé, provenir d'un peu trop près des tropiques. On retrouve ce même changement de situation pour des personnes qui, français, juifs à l'époque, naturalisés aujourd'hui, qui peuvent voir la situation de leur nationalité évoluer de façon tout à fait inattendue, parce qu'un petit Eichmann de sous-préfecture a décidé de lui poser des problèmes qui peuvent durer des années.

Il y a également une majorité d'anonymes qui, à l'état civil, appliquent avec intelligence et humanité et finalement avec simplicité la gestion de l'état civil en donnant leurs papiers à ceux qui y ont, simplement, le droit.

Etes-vous sûr(e)s d'être Français ?
NOUVELOBS.COM | 20.11.2009 | 17:43

A l'heure où le débat sur l'identité nationale s'embrase, des milliers de Français sont, dans les faits, contraints de prouver leur nationalité. Enquête sur le durcissement de l'administration française.

Ounoussou Guissé aura eu besoin de trois ans pour prouver qu’il était Français. Et de deux rencontres avec Hervé Morin. La première fois, c’était le 31 décembre 2008, en Afghanistan.  Le ministre de la défense était venu fêter le réveillon avec son régiment, là où avait eu lieu quelques mois auparavant l’embuscade qui a coûté la vie à dix soldats Français. "Je connaissais l’un deux, on avait été au Tchad ensemble", se rappelle cet hussard parachutiste. Pourtant, Ounoussou n’a pas hésité à se porter volontaire  pour "l’afgha". C’est un patriote, un vrai. Qui parle de sa fierté "à servir le drapeau Français". Répète qu’il "n’a pas  peur", puisque "c’est le métier". Pendant ces nuits glaciales, ce ne sont  ni les risques, ni ce froid de gueux qui le tenaient éveillés, Ounoussou. Mais ce qu’il appelle pudiquement « ses problèmes de papiers ». En 2007, le para a été convoqué par le tribunal de Rouen qui conteste sa nationalité Française. Lui, qui a toujours eu un passeport et une carte d’identité Française ! Lui dont le père a été naturalisé en 1962 ! Le tribunal, invoquant un récent arrêt de la cour de Cassation, a estimé que la nationalité Française  a été à l’époque donnée par erreur au père, aujourd’hui décédé. A titre posthume, il veut (et peut) donc la lui retirer. A lui et à ses fils. Eh oui, c’est fragile une nationalité. Cela se donne, cela se perd. Même cinquante ans après. Ounoussou  n’a rien compris. "J’ai toujours travaillé, payé mes impôts, servi mon pays". Il en a pleuré de rage, le soir, dans son lit. L’enfer juridique a commencé. L’affaire a été jugée une première fois en 2008. Ounoussou a gagné. "J’étais tellement content que j’ai payé mon coup à tout le régiment". Las ! Dix jours après, coup de massue : le parquet a fait appel. Ounoussou est encore en Afghanistan quand il apprend la nouvelle, à se geler dans un VAB (Véhicule Avant Blindé). Octobre 2009. Cette fois ci, c’est en uniforme qu’Ounoussou va braver le tribunal. Il est reçu par Hervé Morin qui s’offusque de cette "situation kafkaïenne". Même Eric Besson se fend d’un communiqué : considérant déjà que l’impétrant n’est plus Français, il lui assure qu’une demande de "naturalisation pour services exceptionnels rendus à la France" sera examinée de façon favorable (1). Hier, le tribunal a enfin reconnu qu’Ounoussou Guissé était Français…Au bout de trois longues années de procédures.




Français à deux vitesses



Etes-vous vraiment sûr d’être Français ?  Naïvement, on pensait que la carte d’identité nationale et le passeport était un garant suffisant de "Francitude". Erreur. "Des histoires comme celles là, j’en ai de plus en plus. Et malheureusement, ces personnes n’ont pas toujours le soutien d’Hervé Morin !", dit Cécile Madeline, avocate d’Ounoussou Guissé. "Les lois sur l’immigration se sont durcies, du coup, l’administration est plus méfiante. Et beaucoup de Français doivent désormais prouver qu’ils sont bien Français". Et doivent produire un certificat de nationalité Française (CNF). Oubliez le débat sur l’identité nationale, les beaux discours sur la nation, le kit d’Eric Besson fourni aux préfectures avec ses 200 questions autour du drapeau, la cuisine, ou la Marseillaise… Dans les guichets des tribunaux d’instance, chargés de délivrer les fameux CNF, on la définit de façon très claire. Très sèche. Il y a ceux qui "en sont", naturellement. Les Français de souche "né en France, d’un parent Français né en France", qui n’ont pas besoin du précieux document. Et puis il y a tous les autres. Français immigrés de la deuxième génération né en France, Français nés à l’étranger… Considérés comme des fraudeurs potentiels dans un climat de suspicion généralisée. Pour eux, le CNF est désormais obligatoire. A eux de prouver qu’ils sont Français, ce qui peut s’avérer très, très compliqué, comme sont en train de le réaliser des milliers de nos compatriotes quand ils veulent refaire leurs papiers (voir témoignage). Quand ce n’est pas carrément impossible : en 2008, environ 19.000 demandes (sur 149.000)  ont été refusées, contre  13.000 en 2006


Quand refaire ses papiers devient un enfer



Il n’y a pas si longtemps, pourtant, il n’y avait nul besoin de CNF quand on avait ses papiers. La loi et les pratiques se sont  peu à peu durcies. D’abord avec la circulaire Pasqua de 1993 : avec les nouvelles cartes d’identités informatisées, le CNF devenait obligatoire même en cas de renouvellement. C’est désormais la même chose pour les passeports, selon le décret de 2005 sur les passeports électroniques : Nicolas Sarkozy est alors ministre de l’intérieur. Des modifications administratives qui se révèlent un cauchemar pour les Français de l’étranger, par exemple, pour qui les délais d’attente peuvent atteindre un an ! Même engorgement à Paris, où toutes les demandes de CNF, jadis traitées dans les tribunaux d’arrondissement, sont désormais centralisées dans un unique "Pôle nationalité", rue du Château des Rentiers dans le XIIIe. Elles attendent de longs mois avant d’être traitées… "La nationalité, c’est affectif, cela touche l’identité même des gens. Nous, on est obligé de suivre les textes. »  explique la greffière en chef au tribunal de Rouen « C’est comme une démonstration mathématiques : c’est oui ou non. S’il manque des pièces, on ne peut rien faire. Le droit de la nationalité est très complexe. On s’est retrouvé devant des personnes de soixante ans qui avaient passé toute leur vie en France à qui on disait, non, vous n’êtes pas Français. C’est violent".

C’est ce qui est arrivé à Marc Mouze Amady, 56 ans, né à Marseille, chercheur. (2) "On n’arrivait pas à retrouver le certificat de nationalité de mon père. Bref, pour eux, je n’étais plus Français, plus rien : un apatride. Pendant deux ans, j’ai dû annuler mes déplacements à l’étranger. Et quand je sortais, j’avais la peur au ventre de me faire contrôler : j’avais sur moi une pochette avec ma carte d’identité périmée, mon livret militaire". Aujourd’hui, le certificat du père a été retrouvé, les papiers accordés. Mais cette histoire a fait ressurgir tous les vieux démons de Marc, son désir forcené d’intégration, sa peau de métisse : "j’avais tout refoulé. Mon père a toujours été plus français que français, faisant tout pour gommer ses origines malgaches, mettant de côté sa religion musulmane. J’ai fait pareil, joué à fond la carte de l’intégration, été premier à l’école. Cela n’a servi à rien, finalement, aux yeux de l’état, j’étais un Français de seconde zone". Stéphane Sitbon-Gomez, le bras droit de Cécile Duflot, la patronne des Verts, ne s’était lui non plus "jamais senti fils d’immigré". Ce jeune diplômé de Sciences po né en France essaie d’obtenir son CNF depuis cinq ans. "Cela a commencé en 2004, je passais le bac, ma carte d’identité expirait, j’ai fait une demande de CNF. Mon père est Français né à Tunis. Mais pour le tribunal, sa nationalité est douteuse. On nous a donc demandé de remonter dans la branche paternelle jusqu’au grand père de ma grand-mère né dans le Gers pour prouver notre filiation Française. Comme s’il fallait démontrer la pureté de son sang ! Ce jour là, un truc s’est cassé". Stéphane Sitbon a failli passer le bac en "candidat étranger": "heureusement, on est tombé à la mairie sur une fonctionnaire sympa qui m’a refait ma carte d’identité, sans CNF, en douce". L’odyssée ubuesque continue à ce jour. "La semaine dernière, on  nous a dit que ce serait plus simple de prendre la nationalité tunisienne !".


Consonnance israélite



Derrière la froideur administrative, toujours l’éternelle blessure. La quête identitaire, la transmission, l’héritage, les histoires familiales qui ressurgissent. Et aussi l’Histoire de la France avec un grand H. Et notamment dans ses pages les plus honteuses. Brigitte Abitbol, la soixantaine, a manqué s’étrangler quand on lui ait fait remarquer « la consonance israélite » de son nom et qu’on lui a réclamé un certificat de mariage religieux à la synagogue. "Un fonctionnaire m’a dit que j’étais recensée comme juive algérienne. Moi dont une bonne partie de la famille est morte à Auschwitz…" s’émeut-elle. "Je suis Française avant tout. A l’école en Algérie, je chantais la Marseillaise tous les jours. Quand je suis arrivée en métropole à sept ans, je  connaissais les paroles mieux que tous les autres". Pourquoi le droit de la nationalité s’intéresse-t-il à la religion ? La réponse remonte à loin. Les juifs d’Algérie bénéficiaient du décret Crémieux, signé en 1870, annulé pendant Vichy, puis réétabli, et ont été tous naturalisés Français. Les musulmans, non. Ce qui a créé après l’indépendance de l’Algérie des situations inextricables.

L’histoire d’Ounoussou Guissé, elle, fait ressurgir des fantômes anciens. Celui des tirailleurs sénégalais morts pour la France. Le jeune homme regarde la photo de sa femme et des ses enfants, restés au Sénégal qu’il n’a pas vu depuis plus d’un an.  «Ils ont tout bloqué depuis cette histoire. Je ne peux plus avoir mes actes de naissance à Nantes, donc je n’ai pas pu me marier civilement avec ma femme. Elle n’a jamais pu avoir de visa pour venir en France ».   « C’est certainement la demande de regroupement familial qui a rendu mon client suspect. » analyse Cecile Madeline. « D’où la volonté d’annuler son CNF ».  Nos concitoyens qui galèrent pour obtenir ce fameux CNF seront ravis de l’apprendre : selon le code civil, il "fait foi jusqu’à preuve du contraire". Bref, nous sommes tous des Français provisoires ! A la merci de la méfiance d’un fonctionnaire tatillon ou de l’Etat qui déciderait que notre nationalité a été donnée abusivement…


Jamais assez Français ?




Kim Vo-Thi, née en France, a ainsi eu la surprise de se voir contester son CNF à la préfecture quand elle a voulu refaire ses papiers. Pour la fonctionnaire, le CNF « n’était pas valable », car la jeune femme porte un nom légèrement différent de celui de son père : "C’est un usage particulier à certains noms viêtnamiens. Mais j’avais un papier du tribunal d’instance expliquant tout cela". Rien n’y a fait. On la renvoie d’un sec : "En France, on ne fait pas comme cela". Dans ses mésaventures, Kim a cependant eu de la chance. Au bout de plusieurs mois, elle a pu trouver un fonctionnaire plus compréhensif qui lui a permis de renouveler ses papiers. Et son CNF n’est heureusement pas contesté par la justice. Car oui, il est possible de se faire assigner comme un vulgaire délinquant par le parquet pour se faire retirer sa nationalité. C’est ce qui est arrivé à 438 personnes en 2008.  Imaginez le choc. Une lettre, un jour, vous apprenant que le tribunal considère que vous êtes Français par erreur et qu’il va donc faire machine arrière… Cet enfer, c’est ce qui est arrivé à toute la famille Guissé. Le brigadier Ounoussou Guissé n’est en effet pas le seul dont on a contesté la nationalité. Tous ses frères sont dans le même cas. L’un deux, Amara, devra bientôt être jugé à Strasbourg. A l’origine, c’est bien la nationalité du père, aujourd’hui décédé, qui a été mise en cause. Selon un récent arrêt de la cour de cassation, les personnes naturalisées à l’époque devaient avoir leur résidence en France. C’est le cas du père d’Ounoussou Guissé, sauf que sa famille est elle restée au Sénégal : d’où contestation des tribunaux. Pourquoi lui plutôt qu’un autre et cinquante ans après de surcroît ? "Il y aurait une vingtaine d’enfants et de petits enfants qui se réclament de sa filiation. D’où ces assignations en rafale dans plusieurs tribunaux en France", nous explique-t-on, au tribunal de Rouen, qui ne s’est occupé « que » du cas du brigadier. Bizarrerie du droit. Si Ounoussou, le militaire, a été considéré Français, un frère aîné a déjà été déchu de sa nationalité il y a quelques années. "Beaucoup de personnes dans ce cas n’ont pas les armes pour se défendre. Pas même d’avocats", dit Cécile Madeline. Et dans ce genre d’affaire, si vous êtes seul à défendre votre nationalité devant la Chancellerie, c’est perdu d’avance".

Doan Bui


(1) Il est également possible de (re)devenir Français par "possession d’état" , si la personne a eu ses papiers pendant plus de dix ans. Mais comme dans le cas de la naturalisation, la procédure n’est pas rétroactive. Les enfants nés avant seront considérés nés de père étranger…
(2) Dont l’histoire a été révélée par le journal Libération.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Greg a écrit:

Ensuite, cet article ma foi, très révoltant dans le nouvel obs, sur les évolutions concrètes des modalités de remplacement de la carte d'identité. Des français dont la nationalité n'a jamais été remise en cause se voient refuser le remplacement de la carte car ils doivent prouver chaque étape de leur naturalisation ou de celles de leurs parents, voire même grands-parents ! Cela concerne des personnes de toutes origines et de toutes classes sociales et même... des militaires français en Afghanistan ! C'est tout simplement sidérant et inacceptable.

C'est maintenant que tu découvres cette situation et que tu t'en émeus ? Ce problème existe depuis les premières lois Pasqua et l'introduction de la carte d'identité sécurisée au tournant des années 1990. Ce n'est certainement pas cet article dans le NO qui le met à jour.

Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

113

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Les lois Pasqua ont rendu les naturalisations plus difficiles.

Là, on est un ou deux crans au dessus puisque ce sont des Français, qui ont toujours été Français, qui subissent cette rigueur dans le simple remplacement de leur carte d'identité.

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Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Greg a écrit:

Les lois Pasqua ont rendu les naturalisations plus difficiles.

Là, on est un ou deux crans au dessus puisque ce sont des Français, qui ont toujours été français, qui subissent cette rigueur dans le simple remplacement de leur carte d'identité.

Je connais de très près plusieurs personnes concernées par ce problème, et je t'assure que les casse-têtes administratifs et la rigueur que tu évoques ont commencé dès le début des années 1990. D'ailleurs, l'article que tu cites en fait mention. Il n'y a pas "un ou deux crans au-dessus", à part peut-être dans la connerie des fonctionnaires de préfecture.

Last edited by Allouis Inter (22-11-2009 14:03:34)

Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

115

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Peut-être. J'avoue que c'est la première fois que je lis un article aussi stupéfiant sur la situation de l'état civil en France. Enfin, j'avais également lu un article de ce genre dans Marianne, mais c'était un article sur la soeur de l'auteur (d'origine polonaise mais naturalisée depuis 3 générations !). Difficile donc d'avoir un aperçu aussi complet sur ce sujet avant cet article.

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Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

http://www.liberation.fr/vous/010119557 … e-exemples


Tu ne lisais pas Libé en 1996 ? big_smile

Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Un autre article de 2005, qui fait état de la situation d'une personne aussi mentionnée dans l'article du NO

http://www.liberation.fr/societe/010110 … inistratif

Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

La CNDS, qui contrôle la police, regrette de disparaître

La Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), instance administrative indépendante, déclare que sa suppression au profit du nouveau Défenseur des droits présente de nombreux risques.

Dans une déclaration, elle demande aux parlementaires qui vont débattre de cette réforme dans le cadre d'un projet de loi organique de préserver pour les tâches futures les méthodes de la CNDS et son indépendance, d'affermir ses pouvoirs et de renforcer ses moyens humains et financiers.

"La CNDS permet à chacun de s'élever contre l'arbitraire, d'autant plus insupportable quand il se pare des attributs de la légalité et s'exprime dans la violence. L'amélioration des relations entres forces de sécurité et la population, objectif aussi essentiel que difficile à atteindre, en dépend", écrit-elle.

Instance indépendante créée en 2000, sous la gauche, et qui peut être saisie par les citoyens via les parlementaires, la CNDS a pour mission d'améliorer les méthodes et les pratiques des forces de sécurité, et peut saisir la justice si elle constate des suspicions de crimes ou délits par les forces de l'ordre.

Elle n'est pas populaire auprès des syndicats de policiers, et des controverses l'ont opposée au pouvoir politique, notamment depuis l'arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy en 2007. Dans son dernier rapport 2008, elle condamnait le traitement des mineurs et des étrangers expulsables.

Ses remarques sur les pratiques abusives de "menottages", l'abus de gardes à vue ou d'usages abusifs de la force ont également souvent déplu au pouvoir.

La transmission de ses missions au Défenseur des droits résulte de la réforme constitutionnelle de l'été 2008. La CNDS craint que l'action des nouveaux délégués qui la remplaceront soit rendue inopérante par certaines dispositions.

La CNDS remarque ainsi que les autorités mises en cause auront désormais la possibilité de s'opposer à la venue du Défenseur des droits pour des motifs tenant "aux exigences de la défense nationale ou de la sécurité publique ou dans le cas de circonstances exceptionnelles".

Les autorités auront donc "la faculté de se soustraire à tout contrôle qui pourrait les gêner", estime la CNDS. Cette dernière souligne qu'est aussi désormais interdite toute investigation sur des réclamations émanant de personnes ou associations témoins concernant les opérations de reconduite à la frontière d'étrangers en situation irrégulière.

Dans ce domaine, la CNDS est à l'origine de consignes officielles interdisant certaines techniques de maîtrise brutale des étrangers expulsés, qui ont fait des morts.

Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

La suppression de la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité est symptomatique d'une politique qui veut faire taire les organismes qui, dans le débat public, sont censés exercer un contre-pouvoir indépendant et impartial à l'action de la puissance publique. Le gouvernement a-t-il peur de devoir affronter en face les hausses des cas de bavures en tout genre sur divers innocents que l'on voit ces deux ou trois dernières années ?

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Pour info, le Monde Diplo avait fait un  article avec quasiment le même titre que Libé:
http://www.monde-diplomatique.fr/2002/06/MASCHINO/16579

Voir aussi cette circulaire récente (je ne retrouve plus celle de 2000 ou 2001):
http://www.circulaires.gouv.fr/pdf/2009 … _21025.pdf

ainsi que:

http://groups.google.com/group/fr.misc. … e17cc4d6c/
http://groups.google.com/group/fr.misc. … e8012cde4/

Il y a une question parlementaire récente sur le sujet.

Oder so ähnlich.

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Quelques circulaires:

http://martin.michel47.free.fr/genealog … _02_21.htm
Circulaire du 21 février 1996 relative à la justification de la nationalité française dans le cadre de la délivrance de la carte nationale d'identité

http://profburp.free.fr/vrac/national/circulaire.htm
Instruction générale ayant pour objet de faire la synthèse de la réglementation applicable
en matière de délivrance et de renouvellement de la carte nationale d’identité instituée par
le décret n° 55-1397 du 22 octobre 1955 modifié.

Sur les CNF:
http://www.justice.gouv.fr/bulletin-off … acs96a.htm

Oder so ähnlich.

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Un camarade de Sciences Po avait lancé une page facebook où il dénonce la façon dont il a été traité par des CRS qui lui ont lancé des injures racistes et des propos intimidants le soir d ela qualification de l'algérie à la coupe du Monde. Voilà que l'affaire prend de l'ampleur.

Une vidéo de lui : http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=24389

Etudiant injurié par la police: Alliance veut «une enquête approfondie»
Créé le 25.11.09 à 19h00
Mis à jour le 25.11.09 à 19h00 

POLEMIQUE - Anyss Arbib a déclaré, mardi, avoir été victime d'injures racistes par un CRS...
Les propos tenus par Anyss Arbib ne passent pas inaperçus. Cet étudiant à Science-Po Paris a raconté, mardi, comment il s'est fait asperger de gaz lacrymogène et injurier alors qu'il célébrait à Paris la qualification de l'Algérie au Mondial de football.

«Que les policiers mis en cause soient lavés de telles ignominies»

Le syndicat Alliance police nationale a réagi ce mercredi en demandant à qu'une enquête «approfondie» sur les faits évoqués soit ouverte. «Cette enquête approfondie est nécessaire afin que l'exactitude des faits soit rendue publique et que les policiers mis en cause soient lavés de telles ignominies», a jugé Alliance (deuxième organisation de gardiens de la paix), dans un communiqué.

«On ne dit pas que ses propos (ceux de Anyss Arbib) sont faux, mais s'il a été victime alors il faut qu'il porte plainte et qu'il y ait ensuite une enquête», explique Jean-Claude Delage, secrétaire général d'Alliance, à 20minutes.fr. «Et si les policiers sont mis hors de cause après l'enquête alors on attend la même sévérité envers ceux qui les auront diffamés», a-t-il poursuivi.

«Ceux qui les outragent injustement devront répondre de leurs accusations»

«A l'issue de cette enquête, Alliance police nationale se montrera intransigeant pour que nos collègues soient rétablis dans leur honneur», a précisé le syndicat: «ceux qui les accusent, les diffament et les outragent injustement devront répondre de leurs accusations et de leurs outrances devant la justice».

De son côté, le collectif «Police + Citoyens», qui rassemble notamment la Ligue des droits de l'Homme (LDH) et le Conseil représentatif des associations noires (Cran), a appelé le gouvernement à «agir pour en finir avec les contrôles au faciès», «lot quotidien» de nombre de citoyens.
M. D. avec agence

25/11   
Insultes contre Anyss Arbib : Amara souhaite des poursuites

Fadela Amara a demandé à ce que les CRS qui ont envoyé des bombes lacrymogènes et ont insulté Anyss Arbib soient "identifiés et poursuivis".

"Allez, dégage sale Arabe, aujourd'hui c'est la fête pour vous mais surtout pour nous. On peut vous tabasser comme on veut". Voilà ce que racontait Anyss Arbib hier dans Libération. Rachida Dati, hier soir sur Canal+, a uniquement répondu que la police était le corps de l'État "le plus contrôlé".

Last edited by Gambetta (26-11-2009 19:56:00)

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Donc en gros il faut que les flics soient lavés des accusations (ça sous-entend qu'elles sont fausses non ? ) mais il doit déposer plainte (on est obligés en France maintenant ? ) pour qu'on vérifie si c'est vrai ou pas ?

Ils ont pas un souci avec la logique nos syndicalistes policiers ?

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

-

Last edited by gustave (27-11-2009 15:59:55)

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

124

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Elessar a écrit:

Donc en gros il faut que les flics soient lavés des accusations (ça sous-entend qu'elles sont fausses non ? ) mais il doit déposer plainte (on est obligés en France maintenant ? ) pour qu'on vérifie si c'est vrai ou pas ?

Ils ont pas un souci avec la logique nos syndicalistes policiers ?

Sur ce communiqué je ne vois pas bien où est le problème.

Tant qu'il n'y a pas eu d'enquête, les flics sont présumés innocents. Le meilleur moyen pour qu'une enquête soit menée est qu'une plainte soit déposée. Et s'il n'y a pas lieu à poursuivre au terme de l'enquête, alors les flics demeureront présumés innocents, donc lavés.

Les syndicats de policiers ont fait bien pire dernièrement. Pour ceux qui n'auraient pas suivis :

Synergie Officiers a écrit:

GAV illégales : campagne publicitaire des avocats

[...]

SYNERGIE-OFFICIERS s’insurge contre ces accusations graves portés contre les policiers présentés comme les vigiles zélés d’un totalitarisme larvé et qui jettent encore un peu plus la suspicion sur des femmes et des hommes qui n’ont pas de leçons d’intégrité à recevoir de la part de commerciaux dont les compétences en matière pénale sont proportionnelles au montant des honoraires perçus !

[...]

SYNERGIE-OFFICIERS s’inquiète très sérieusement des grandes manoeuvres en cours depuis plusieurs mois autour de la chose pénale et dont la finalité ne semble pas être d’améliorer la qualité de la Justice rendue mais bel et bien de préparer le terrain à la main mise des avocats sur le fonctionnement total de la Justice.

Rappelons-le, les avocats ne sont pas les garants des libertés publiques, ils ne sont que les représentants des intérêts particuliers de leurs clients !

[...]

(Source)

"Moult a appris qui bien connut ahan"

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Clown Masqué a écrit:

qui n’ont pas de leçons d’intégrité à recevoir de la part de commerciaux dont les compétences en matière pénale sont proportionnelles au montant des honoraires perçus !

?

Clown Masqué 2, le retour a écrit:

d’améliorer la qualité de la Justice rendue mais bel et bien de préparer le terrain à la main mise des avocats sur le fonctionnement total de la Justice.

??

Clown Masqué 3, le bide au box office a écrit:

Rappelons-le, les avocats ne sont pas les garants des libertés publiques, ils ne sont que les représentants des intérêts particuliers de leurs clients !

???


C'est moi ou bien en un seul communiqué ils viennent de pratiquement égaler Frédéric Lefebvre ?

Last edited by kobayashi (27-11-2009 18:03:34)

"Un gamin de 18 ans tutoie une mama en boubou, oubliant qu'on ne donne plus du camarade dans le coin depuis une paie."

126

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Le plus grotesque, c'est l'argument de la "préparation du terrain pour une mainmise totale des avocats sur la procédure pénale". La moindre comparaison internationale montre que la France est complètement sous-développée en matière de droit à l'avocat au début de la procédure pénale.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

fdg

Last edited by JamesNondorfskoya (28-11-2009 16:33:21)

"2ou7ibou jouinta ltanjawiya" Ibn Batouta
"Je vois la vie en Blaugrana" L.W.R

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Greg a écrit:

Le plus grotesque, c'est l'argument de la "préparation du terrain pour une mainmise totale des avocats sur la procédure pénale". La moindre comparaison internationale montre que la France est complètement sous-développée en matière de droit à l'avocat au début de la procédure pénale.

On est au moins à égalité avec la Turquie, eh oh !

Et ce n'est pas tant qu'on est sous-développés en ce domaine, c'est surtout que les lois d'exceptions en matière terroriste (je prends l'exemple le plus flagrant) ont repoussé jusqu'à 72h le droit à l'avocat ce qui témoigne clairement de la mentalité qui prévaut actuellement concernant le respect des droits de la défense.

Last edited by kobayashi (28-11-2009 00:32:16)

"Un gamin de 18 ans tutoie une mama en boubou, oubliant qu'on ne donne plus du camarade dans le coin depuis une paie."

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Bouh a écrit:

Tant qu'il n'y a pas eu d'enquête, les flics sont présumés innocents. Le meilleur moyen pour qu'une enquête soit menée est qu'une plainte soit déposée. Et s'il n'y a pas lieu à poursuivre au terme de l'enquête, alors les flics demeureront présumés innocents, donc lavés.

Sauf que le gars a pas accusé une personne et ne souhaitait apparemment pas déposer plainte, ne serait ce que parce qu'il est impossible de retrouver le gars. Il me semble pas qu'il ait accusé nommément une personne non ? "les flics", quels flics ? Il a bien pris soin de préciser qu'il s'agissait pas de tous les flics présents ce soir là.

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Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Elessar a écrit:
Bouh a écrit:

Tant qu'il n'y a pas eu d'enquête, les flics sont présumés innocents. Le meilleur moyen pour qu'une enquête soit menée est qu'une plainte soit déposée. Et s'il n'y a pas lieu à poursuivre au terme de l'enquête, alors les flics demeureront présumés innocents, donc lavés.

Sauf que le gars a pas accusé une personne et ne souhaitait apparemment pas déposer plainte, ne serait ce que parce qu'il est impossible de retrouver le gars. Il me semble pas qu'il ait accusé nommément une personne non ? "les flics", quels flics ? Il a bien pris soin de préciser qu'il s'agissait pas de tous les flics présents ce soir là.

Un truc qui m'étonne est, qu'après avoir été gazé par des lacrymos, il a pu dix secondes après parler avec les flics pour leur demander des explications. Le fait aussi qu'il ne souhaite pas porter plainte est relativement curieux au regard du "préjudice" qu'il a subi.

M'enfin, ne soyons pas autant sceptique !!

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

RPC a écrit:
Elessar a écrit:
Bouh a écrit:

Tant qu'il n'y a pas eu d'enquête, les flics sont présumés innocents. Le meilleur moyen pour qu'une enquête soit menée est qu'une plainte soit déposée. Et s'il n'y a pas lieu à poursuivre au terme de l'enquête, alors les flics demeureront présumés innocents, donc lavés.

Sauf que le gars a pas accusé une personne et ne souhaitait apparemment pas déposer plainte, ne serait ce que parce qu'il est impossible de retrouver le gars. Il me semble pas qu'il ait accusé nommément une personne non ? "les flics", quels flics ? Il a bien pris soin de préciser qu'il s'agissait pas de tous les flics présents ce soir là.

Un truc qui m'étonne est, qu'après avoir été gazé par des lacrymos, il a pu dix secondes après parler avec les flics pour leur demander des explications. Le fait aussi qu'il ne souhaite pas porter plainte est relativement curieux au regard du "préjudice" qu'il a subi.

M'enfin, ne soyons pas autant sceptique !!

Tu te doutes bien qu'il y a quelques petits raccourcis effectués, dans un récit aux accents plutôt littéraires. On va dire que ça reflète globalement la réalité, mais les détails ne sont pas aussi exacts que dans les faits, certains sont (probablement) un peu exagérés.

"Un gamin de 18 ans tutoie une mama en boubou, oubliant qu'on ne donne plus du camarade dans le coin depuis une paie."

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Sur le fait qu'il a peut-être interverti ou enjolivé ou un deux trucs, pourquoi pas. En revanche qu'il ne veuille pas porter plainte, je vois pas en quoi c'est illogique dans la mesure où il estime que ça a peu de chances d'aboutir.

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Elessar a écrit:

Sur le fait qu'il a peut-être interverti ou enjolivé ou un deux trucs, pourquoi pas. En revanche qu'il ne veuille pas porter plainte, je vois pas en quoi c'est illogique dans la mesure où il estime que ça a peu de chances d'aboutir.

Mouais, excuse de merde.
Si tout le monde raisonnait comme ça il n'y aurait plus beaucoup de mains courantes ni de plaintes.

134

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Elessar a écrit:

Sur le fait qu'il a peut-être interverti ou enjolivé ou un deux trucs, pourquoi pas. En revanche qu'il ne veuille pas porter plainte, je vois pas en quoi c'est illogique dans la mesure où il estime que ça a peu de chances d'aboutir.

Oui, c'est exactement le même raisonnement que : "ça ne sert à rien de voter, cela ne va pas se jouer à une voix près". Analyse marginale versus  moyenne.

Sur le fait qu'il ait un peu "enjolivé", je n'ai aucune idée dans quelle mesure cela a été fait. Il faut quand même qu'il soit prudent, car vu le buzz que cela vient de faire, dans les médias, la classe politique et internet, si jamais il s'avère qu'il a vraiment beaucoup exagéré, cela pourrait bien se retourner contre lui. Encore une fois, je ne l'accuse pas, je n'en sais juste rien.

Il faut dire aussi qu'il n'a aucune preuve pour étayer ses propos, que ses amis présents avec lui ne veulent pas témoigner, et que lui même ne veut pas porter plainte...

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Un étudiant qui revendique un profond investissement politique , qui lance des accusations largement médiatisées (à l'insu de son plein gré), très politiquement correctes (méchants policiers racistes contre innocente pépite d'origine immigrée), sans les étayer ni les assummer par une plainte, le tout dans un contexte d'offensive de notre président sur l'identité nationale qui laisse entrevoir des lendemains difficiles pour l'opposition... Il a de l'avenir ce jeune!
Quant à justifier des incohérences (si cela est) par un récit littéraire des faits, comme le font certain,c'est une large mansuétude justifiée par son statut d'étudiant de sc-po?

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

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Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Au fait: lors de son passage au Grand Journal, il justifiait l'absence de plainte par la peur des retombées sur les témoins/amis qui étaient dans la voiture, et notamment au niveau de leur badge d'accréditation sécurité à l'aeroport, qui, dit-il, saute en cas de pépins avec la police.

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

gustave a écrit:

Un étudiant qui revendique un profond investissement politique , qui lance des accusations largement médiatisées (à l'insu de son plein gré), très politiquement correctes (méchants policiers racistes contre innocente pépite d'origine immigrée), sans les étayer ni les assummer par une plainte, le tout dans un contexte d'offensive de notre président sur l'identité nationale qui laisse entrevoir des lendemains difficiles pour l'opposition... Il a de l'avenir ce jeune!
Quant à justifier des incohérences (si cela est) par un récit littéraire des faits, comme le font certain,c'est une large mansuétude justifiée par son statut d'étudiant de sc-po?

Hahahahahahahaha. T'es trop bon

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

"Un terroriste ne mérite pas de mourir. Il mérite de vivre l'enfer. A perpétuité. Et seule la déchéance de la nationalité le permet." Greg

138

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

gustave a écrit:

Un étudiant qui revendique un profond investissement politique , qui lance des accusations largement médiatisées (à l'insu de son plein gré), très politiquement correctes (méchants policiers racistes contre innocente pépite d'origine immigrée), sans les étayer ni les assummer par une plainte, le tout dans un contexte d'offensive de notre président sur l'identité nationale qui laisse entrevoir des lendemains difficiles pour l'opposition... Il a de l'avenir ce jeune!
Quant à justifier des incohérences (si cela est) par un récit littéraire des faits, comme le font certain,c'est une large mansuétude justifiée par son statut d'étudiant de sc-po?

C'est parce qu'il a un parent d'origine étrangère que tu présumes a priori qu'il ment ?

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Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Barney a écrit:
gustave a écrit:

Un étudiant qui revendique un profond investissement politique , qui lance des accusations largement médiatisées (à l'insu de son plein gré), très politiquement correctes (méchants policiers racistes contre innocente pépite d'origine immigrée), sans les étayer ni les assummer par une plainte, le tout dans un contexte d'offensive de notre président sur l'identité nationale qui laisse entrevoir des lendemains difficiles pour l'opposition... Il a de l'avenir ce jeune!
Quant à justifier des incohérences (si cela est) par un récit littéraire des faits, comme le font certain,c'est une large mansuétude justifiée par son statut d'étudiant de sc-po?

Hahahahahahahaha. T'es trop bon

Bah, il n'a pas vraiment tort. Je me souviens d'avoir vu une interview du jeune homme, où après avoir détaillé l'agression dont il aurait été victime, précise à la fin qu'il est tout à fait passionné par une carrière politique, et que d'ailleurs, il est très touché des nombreux mails de soutien qu'il a reçu de la part de DDV, M.Valls, etc. C'est très bien, il n'y a aucun mal à vouloir faire de la politique (sauf au PS, ça c'est mal:-))) certes, mais ça fait un tout petit peu opportuniste comme attitude.

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

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Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Greg a écrit:

C'est parce qu'il a un parent d'origine étrangère que tu présumes a priori qu'il ment ?

L'équivalent du point Godwin pour les bien-pensants. Merci Greg.

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

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Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

De rien. L'argument te concerne aussi.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Je ne parlais pas de l'opportunisme de la personne ou pas, à la limite j'ai aucun moyen de savoir ses motivations. Comme je n'ai jamais eu à subir ce genre de brimades je ne juge pas sa réaction. En revanche les "lendemains difficiles" pour l'opposition suite à la pitoyable manoeuvre (grosse comme une maison) de reconquête de l'électorat de base de droite avec le vrai faux débat sur l'identité nationale, je suis un peu perplexe.

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

"Un terroriste ne mérite pas de mourir. Il mérite de vivre l'enfer. A perpétuité. Et seule la déchéance de la nationalité le permet." Greg

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

RPC a écrit:
Barney a écrit:
gustave a écrit:

Un étudiant qui revendique un profond investissement politique , qui lance des accusations largement médiatisées (à l'insu de son plein gré), très politiquement correctes (méchants policiers racistes contre innocente pépite d'origine immigrée), sans les étayer ni les assummer par une plainte, le tout dans un contexte d'offensive de notre président sur l'identité nationale qui laisse entrevoir des lendemains difficiles pour l'opposition... Il a de l'avenir ce jeune!
Quant à justifier des incohérences (si cela est) par un récit littéraire des faits, comme le font certain,c'est une large mansuétude justifiée par son statut d'étudiant de sc-po?

Hahahahahahahaha. T'es trop bon

Bah, il n'a pas vraiment tort. Je me souviens d'avoir vu une interview du jeune homme, où après avoir détaillé l'agression dont il aurait été victime, précise à la fin qu'il est tout à fait passionné par une carrière politique, et que d'ailleurs, il est très touché des nombreux mails de soutien qu'il a reçu de la part de DDV, M.Valls, etc. C'est très bien, il n'y a aucun mal à vouloir faire de la politique (sauf au PS, ça c'est mal:-))) certes, mais ça fait un tout petit peu opportuniste comme attitude.

Boaf, je suis pas d'accord pour le coup. Donc pour que son témoignage soit recevable, il eût fallu qu'il soit français sous entendu bien blanc pour le prendre en compte ? (c'aurait été caduc de fait) ou bien on a le droit de voir son agression prise en compte mais seulement si on est totalement apolitique (qui l'est ?).

SOUS TOUTES RÉSERVES ET CE SERA JUSTICE.

144

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Greg a écrit:

De rien. L'argument te concerne aussi.


Un argument ? Où ça ?  il suffit que le nom du type ne sonne pas français pour que la moindre critique à son encontre soit qualifiée de raciste ?
C'est ça ton sens du débat ?

Tu préfères bien gentiment gober tout ce qu'on te dit, c'est plus "citoyen" ? Personne ne dit qu'il a menti, simplement qu'il est bizarre qu'il ne puisse fournir aucune preuve ni qu'il veuille porter plaine, alors que d'après ce qu'il dit, c'est quand même suffisamment grave pour la motiver.
A partir du moment où il fait un tel buzz, il se doit de fournir un peu de matière à l'accusation. Ca s'appelle de l'honnêté intellectuelle

Son argument au Grand Journal ne tient en aucune façon, tu peux parfaitement être cité comme témoin ou plaignant dans une affaire sans te voir suspecté en quoi que ce soit ni retirer aucune accréditation. De plus, il peut porter plainte uniquement sur son nom et citer les autres en témoins.

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

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Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

faux semblants a écrit:

Boaf, je suis pas d'accord pour le coup. Donc pour que son témoignage soit recevable, il eût fallu qu'il soit français sous entendu bien blanc pour le prendre en compte ? (c'aurait été caduc de fait) ou bien on a le droit de voir son agression prise en compte mais seulement si on est totalement apolitique (qui l'est ?).

Mauvaise foi. Le gars eût été "bien blanc" que cela eusse été pareil.

Quand tu utilises Descoings pour bouger les médias et faire du bruit, tu t'assures d'avoir un minimum de matière à présenter.
Non pas que je défende les flics, simplement quand tu accuses quelqu'un, il faut un minimum de preuves. Sinon, ça s'appelle comment ? De la calomnie ?

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

146

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Non, les arguments qu'il a avancé pour ne pas porter plainte sont tout à fait légitimes. On connaît bien le système discrétionnaire des accréditations aéroports. Il se justifie dans une certaine mesure mais il présente des risques connus de dérive pour ceux qui en sont détenteurs, notamment quand ils sont d'origine étrangère (souvenez-vous de villiers et l'affaire des "bagagistes").

De plus, cet appel au dépot de plainte comme démonstration de la véracité d'une atteinte verbale de ce type, cest un peu grotesque. Je sais pas si vous connaissez le coût d'une procédure judiciaire et le risque de classement sans suite (surtout sur ce genre d'affaires qui font intervenir les forces de police en situation d'opération d'ordre public) et la désincitation évidente à effectuer des poursuites, quand on est étudiant (sans parler de l'engorgement judiciaire qui amène à juste raison les juges à sélectionner les affaires)... Et à vrai dire, on a autre chose à foutre que de se lancer dans des procédures judiciaires. Faut arrêter de dire n'importe quoi, à un moment, sortir un peu de sa posture d'expert théoricien du monde sur une feuille de papier et comprendre la réalité sociale effective.

L'intérêt de cet histoire n'est pas judiciaire, il est politique et moral, et révélateur d'une certaine mentalité.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

Non mais je comprends pas le souci. Des preuves c'est pas évident. Les CRS sont - et à juste titre quand on voit ce à quoi ils sont majoritairement confrontés- en uniforme noir similaire, avec casque, matraque, "bouclier" (je ne connais pas le terme exact). Bref, qu'est ce qui ressemble plus à un CRS qu'un autre CRS ?

Et concernant ton argument de la citation de témoin, je trouve que c'est toi qui fait de la mauvaise foi (ou alors tu ne saisis pas l'enjeu), mais même cités en tant que témoins simples, je peux t'assurer qu'ils ne seraient pas à l'abri de diverses représailles. C'est tout à son honneur de prendre ça en compte, je trouve.

Quant à utiliser le très médiatique Descoings pour bouger les caméras, il a raison. Ce genre de choses se passent très probablement tous les jours à des endroits -pour ne pas dire des cités- qui ne bénéficient pas du même cadre médiatique. Là le combo jeune beur + intégré + Sciences Po, évidemment que c'était du pain béni pour les journalistes mais je ne vois pas encore une fois pourquoi le type serait à bâmer pour ces choses là.

SOUS TOUTES RÉSERVES ET CE SERA JUSTICE.

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Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

faux semblants a écrit:

Non mais je comprends pas le souci. Des preuves c'est pas évident. Les CRS sont - et à juste titre quand on voit ce à quoi ils sont majoritairement confrontés- en uniforme noir similaire, avec casque, matraque, "bouclier" (je ne connais pas le terme exact). Bref, qu'est ce qui ressemble plus à un CRS qu'un autre CRS ?

Et concernant ton argument de la citation de témoin, je trouve que c'est toi qui fait de la mauvaise foi (ou alors tu ne saisis pas l'enjeu), mais même cités en tant que témoins simples, je peux t'assurer qu'ils ne seraient pas à l'abri de diverses représailles. C'est tout à son honneur de prendre ça en compte, je trouve.

Quant à utiliser le très médiatique Descoings pour bouger les caméras, il a raison. Ce genre de choses se passent très probablement tous les jours à des endroits -pour ne pas dire des cités- qui ne bénéficient pas du même cadre médiatique. Là le combo jeune beur + intégré + Sciences Po, évidemment que c'était du pain béni pour les journalistes mais je ne vois pas encore une fois pourquoi le type serait à bâmer pour ces choses là.

ok

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

149

Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

RPC a écrit:
faux semblants a écrit:

Boaf, je suis pas d'accord pour le coup. Donc pour que son témoignage soit recevable, il eût fallu qu'il soit français sous entendu bien blanc pour le prendre en compte ? (c'aurait été caduc de fait) ou bien on a le droit de voir son agression prise en compte mais seulement si on est totalement apolitique (qui l'est ?).

Mauvaise foi. Le gars eût été "bien blanc" que cela eusse été pareil.

Quand tu utilises Descoings pour bouger les médias et faire du bruit, tu t'assures d'avoir un minimum de matière à présenter.
Non pas que je défende les flics, simplement quand tu accuses quelqu'un, il faut un minimum de preuves. Sinon, ça s'appelle comment ? De la calomnie ?

L'identité nationale passe aussi par la maîtrise de l'orthographe et de la grammaire. Attention, je vais le signaler à Eric Besson.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

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Re: Bavures, violences policières, déontologie de la sécurité

FDL a écrit:
RPC a écrit:
faux semblants a écrit:

Boaf, je suis pas d'accord pour le coup. Donc pour que son témoignage soit recevable, il eût fallu qu'il soit français sous entendu bien blanc pour le prendre en compte ? (c'aurait été caduc de fait) ou bien on a le droit de voir son agression prise en compte mais seulement si on est totalement apolitique (qui l'est ?).

Mauvaise foi. Le gars eût été "bien blanc" que cela eusse été pareil.

Quand tu utilises Descoings pour bouger les médias et faire du bruit, tu t'assures d'avoir un minimum de matière à présenter.
Non pas que je défende les flics, simplement quand tu accuses quelqu'un, il faut un minimum de preuves. Sinon, ça s'appelle comment ? De la calomnie ?

L'identité nationale passe aussi par la maîtrise de l'orthographe et de la grammaire. Attention, je vais le signaler à Eric Besson.

eût été, au temps pour moi

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?