Re: Projet Grand Paris - Paris Métropole : Bertrand Delanoé
Je vous livre un mail que j'ai reçu dans la liste de BErtrand Delanoé car il rappelle quelques faits qui caractérises la société sarkozyste.
L’été de l’injustice
Cet été, la moitié des Français ne partent pas en vacances. La saison de l’insouciance et de la légèreté est pour beaucoup celle de la solitude et de la peur du lendemain. Cette différence entre les étés des Français, c’est l’injustice inscrite dans la vie quotidienne. C’est un fait, il est terrible, ayons le courage de le regarder en face : il y a deux France, celle des privilégiés et celle des laissés pour compte, qui habitent deux univers séparés et toujours plus étrangers l’un à l’autre. Entre les deux, les classes moyennes vivent dans l’angoisse du déclassement ; la précarité les menace, et elle est une spirale, dans laquelle on entre brutalement et d’où l’on ne sort qu’au prix d’immenses difficultés : chaque mois, dans notre pays blessé, combien de nouveaux pauvres…
Pendant ce temps, que fait l’Etat ? Il accentue les injustices. Il tire vers le haut la France d’en haut, et vers le bas la France d’en bas. Dernier exemple en date : la réduction de 25% du budget du Samu social. 5 000 places d’hébergement d’urgence disparaissent ainsi en Ile-de-France : à la fin de l’été, des milliers de familles, privées de tout, se retrouveront à la rue. La ville de Paris fera tout ce qu’elle pourra, avec ses moyens, pour leur venir en aide. Mais il lui sera impossible de se substituer à un Etat qui se dérobe à ses missions élémentaires. Renvoyer à la misère, quand revient l’automne, les plus démunis et les exclus: c’est la dernière réponse gouvernementale à la crise.
Mais il ne suffit pas, pour l’Etat, de prendre à ceux qui n’ont rien. Il faut encore donner à ceux qui ont tout. L’illustration la plus scandaleuse en a été la récente réforme de l’impôt de solidarité sur la fortune. L’ISF concernait 500 000 contribuables, il ne s’applique plus désormais qu’à 200 000. Et pour ceux-ci, il est allégé dans des proportions indécentes au regard de la situation financière de notre pays.
Ainsi va la France de l’été 2011, favorisant les favorisés et délaissant les délaissés. Je formule ici un vœu : que l’été 2012 soit différent, qu’il soit celui du retour de l’espoir, d’une énergie reconquise, d’un esprit de dialogue et de partage enfin retrouvé. Notre devoir est de convaincre les Français que c’est possible. Notre tâche est d’éviter que le découragement ne succède à l’exaspération. Répartir autrement les richesses, aider ceux qui n’ont rien, demander un effort supplémentaire aux plus fortunés, attendre de chacun qu’il donne selon ses moyens, permettre à chacun de recevoir selon ses besoins : rien de tout cela ne relève de l’utopie. C’est dans cet esprit, avec cette volonté de rendre justice aux Français, avec la conviction que le changement est accessible, que je m’engage auprès de Martine Aubry.
Dès la rentrée, un grand moment de démocratie nous attend, les primaires, fraternelles et non pas fratricides, qui devront constituer une rencontre entre les citoyens de gauche et les candidats de l’alternance. Nous devrons donner toutes ses chances au changement, c’est-à -dire à la fois restaurer la confiance dans la parole publique, et créer les conditions du rassemblement des forces progressistes et écologistes. Pour que 2012 soit l’année du retour d’une puissance publique protectrice et dynamique.
Nous nous retrouverons sur ce site à la fin du mois d’août, pour continuer de proposer du dialogue, du débat, de la vitalité démocratique. A bientôt.Bertrand Delanoë