Topic: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

J'aimerais savoir si certains d'entre vous connaissent des techniques d'espionnage ?
En effet, je sais qu'il existe des moyens pour pouvoir écouter quelqu'un au travers de son téléphone portable, ou de surveiller sa femme lorsqu'elle essaie de nous tromper.
Je sais aussi, mais j'arrive pas à en trouver, des sites qui proposent des traçages GSM.
Il y a également les moyens de détecter si on est écouté par téléphone ou s'il y a des micro chez nous.
Il y a enfin les façon de pirater les ordinateurs, ça je sais pas faire du tout.
Y a t il des gens portés sur ce genre de trucs ? Ca m'intéresserait d'avoir vos avis, des liens ou des mails sur le sujet.
Merki !

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Hummm je profite de ta question pour donner de nombreuses ressources documentaires et bibliographique sur l'histoire et les techniques d'espionnage :

Voici d'abord une biblographie que je recommande pour bien s'informer sur le sujet :

- Dans les archives inédites des Services Secrets de Bruno Fuligni et Collectif
- Le grand livre de l'espionnage de Gérard Desmaretz
- Histoire mondiale de l'espionnage de Eric Denécé et Gérald Arboi ou bien Renseignement et espionnage dans la Rome antique de Rose Mary Sheldon et Alexandre Hasnaoui, ou encore (sur la guerre de 14-18) Guerres mondiales et conflits contemporains, N° 232, Décembre 200 : Renseignement et espionnage en 1914-1918 de Jean-Claude Allain et Collectif
- Espionnage Industriel de Frederic P. Miller, Agnes F. Vandome et John McBrewster
- Les secrets de l'espionnage français de 1870 à nos jours de Pascal Krop
- Et encore d'autres ouvrages didactiques sur l'espionnage

Ensuite, tu as beaucoup de discussions sur l'espionnage sur le forum :

- Guerre froide et espionnage
- Les services d'espionnages de la CIA
- Discussion sur le concours pour devenir agent secret et pour intégrer les services d'espionnage de la DGSE
- divers évènement d'actualité impliquant des question d'espionnage : Le pentagone piraté par la Chine, écoutes et cambriolages de journalistes en série, la désinformation hez Renault.
- Y a-t-il une législation permettant des assassinats par les services secrets en France ?
- La question du fichage des citoyens par les services de police secrète
- Les manipulations médiatiques et la contre-information
- La guerre et l'intelligence économique
- Wikileaks
- James Bond

http://www.horreur.net/img/bluevelvet_pic1.jpg

Last edited by Spymasta (27-02-2009 00:54:28)

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Merci beaucoup !

C'est déjà pas mal. J'aurais aimé avoir également des fournisseurs d'outillages d'espionnage, avez-vous des adresses ?

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

De rien.

J'oubliais : Un peu de cinématographie d'espionnage avant les outils mon cher ^^

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Merci quand même wink

Last edited by James Bond (27-02-2009 01:21:25)

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

woahhh j'avais pas vu ce fil !

Très bon pour les paranos du forum comme moi. En plus j'y connais rien.

Ah nan j'oubliais, ça va foutre les chokotes à ceux qui ont peur d'être surveillés par nos amis des RG/DST/DGSE.

D'ailleurs s'ils nous lisent, je voulais leur dire : je vous aime, laissez moi tranquille !
bouaaahahahahahaha

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Je viens de faire un tour sur un site poposant des outils d'espionnage. C'est complètement ouf !
Je sens que je vais flancher pour le stylo détecteur de micros et de faux billets ! lol

Alors, concernant les outillages d'espionnage, voici ce qui est le plus génial :

- Tout d'abord, l'incontournable à tout bon voyeur espion qui se respecte : La mini caméra espion
- Ensuite, le must des beaux gosses : La montre caméra espion
- La classe : le stylo espion.

Sinon, vous avez également les portables enregistreurs, mais il faut l'acheter prêt et "l'offrir" à la personne que l'on veut tracer. Autrement dit, efficace que avec des gros pigeons conrairement aux outils sus mentionnés qui sont beaucoup plus indétectables et donc efficaces.

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Qu'est ce qu'on se marre avec toi Gamby...

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

En plus des charmants stylo/vidéos ou mini dictaphone et autre que tu trouves sur ebay chez des revendeurs chinois pour une poignée de dollars, tu peux t'essayer au phone spying (un espion parle un anglais, c'est bien connu, ian a pas inventé james pour des pommes) : http://www.spy-safetyphone.com/, http://www.korben.info/transformez-un-i … one.html), Track me/Trace me, Mobile tracker.

M'enfin bon.

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Bon, allez un ptit coup de pouce.

Pour le tracking GSM, t'as intérêt à avoir un ami chez un opérateur, sinon c'est galère mais tu peux éventuellement pirater les satellites, ça redevient à la mode.

Pour les lignes dures, si tu as un accès physique c'est plus simple regarde du côté des box : beige box, black box et autres.

Pour le hack, c'est tellement vaste que je peux pas te dire grand chose comme ça, mais si tu veux t'y mettre, deux choses :

1) Apprends à programmer (je te recommande le C, le php/mysql et le python).
2) Ca s'apprend tout seul, traîne un peu sur IRC éventuellement mais si tu poses tes questions comme ici, tu vas te faire jeter.

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Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

stalky a écrit:

Bon, allez un ptit coup de pouce.

Pour le tracking GSM, t'as intérêt à avoir un ami chez un opérateur, sinon c'est galère mais tu peux éventuellement pirater les satellites, ça redevient à la mode.

Pour les lignes dures, si tu as un accès physique c'est plus simple regarde du côté des box : beige box, black box et autres.

Pour le hack, c'est tellement vaste que je peux pas te dire grand chose comme ça, mais si tu veux t'y mettre, deux choses :

1) Apprends à programmer (je te recommande le C, le php/mysql et le python).
2) Ca s'apprend tout seul, traîne un peu sur IRC éventuellement mais si tu poses tes questions comme ici, tu vas te faire jeter.

OMG UN 1337 H4XX0R 111!!!!1!11!

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

traîne un peu sur IRC tu comprendras

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

>hack the gibson
>send spike

>>spike sent

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Quelqu'un sait-il si ça existe un programme que l'on installe sur téléphone portable à partir de l'ordinateur téléchargeable sur internet pour avoir le même effet qu'un nokia spy phone, parce qu'offrir un portable déjà préparé c'est trop grillé.

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Parmi les boulots des agents, il y a celui de l'information, désinformation, provocation. Il n'y a pas que les agents qui le font, mais également tout un ensemble de cabinets de lobbying, toutes les boites de communication, et un certain nombre d'associations ou d'ONG qui sont en sous main les pantins d'intérêts qui veulent rester discrets. Voilà un exemple.

Une ingérence trop visible
Affaire Freeman : le Lobby israélien vacille
par John J. Mearsheimer*

Alors que la coalition qui a porté Barack Obama à la Maison-Blanche s’entredéchire, le Lobby israélien (AIPAC) est parvenu à écarter l’ambassadeur Freeman de la présidence du Conseil du Renseignement national. C’est que, depuis plusieurs années, Chas Freeman est le leader d’un courant, au sein du département d’État et de la CIA, qui tente de recentrer la politique de Washington au Proche-Orient sur les intérêts nationaux US. Il a organisé la publicité autour du livre critique des professeurs John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt, il a aidé à la conclusion des contrats pétroliers entre la Chine et l’Iran, il a organisé l’invitation du président Ahmadinejad à l’université de Columbia et, plus récemment, a apporté son soutien à l’envoyé spécial de l’ONU dans les Territoires palestiniens Richard Falk. Pour lui barrer la route, le Lobby israélien l’a accusé de servir les intérêts saoudiens et chinois ce qu’il ne pouvait démentir sauf à révéler son rôle exact au sein des services de renseignement US. Cependant, l’action trop visible du Lobby israélien contre un membre éminent de la Communauté du Renseignement US a eu pour effet de mobiliser celle-ci contre lui.

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21 mars 2009

Depuis
Washington

Thèmes
« Administration Obama : le changement dans la continuité »

   
Le professeur John J. Mearsheimer. M. Freeman avait une remarquable carrière de trente années au service de la diplomatie et du ministère de la Défense, mais il a critiqué publiquement la politique israélienne et la relation spéciale que les États-Unis entretiennent avec ce pays, disant, par exemple, au cours d’un discours prononcé en 2005, qu’« aussi longtemps que les États-Unis continueraient à lui fournir de manière inconditionnelle les financements et la protection politique qui rendent l’occupation israélienne et la politique violente et autodestructrice [pour Israël ndt] que cette occupation génère, il y aura très peu de raisons, voire strictement aucune raison, d’espérer que quoi que ce soit qui pût ressembler au défunt processus de paix puisse être ressuscité ». Des mots tels que ceux-là sont rarement prononcés à Washington, et quiconque les utilise est quasi certain de ne pas accéder à une responsabilité gouvernementale de haut-niveau. Mais l’amiral Dennis Blair, le nouveau directeur du Renseignement national, admire beaucoup Freeman, qu’il estimait être exactement le genre de personne capable de revitaliser les milieux du renseignement, qui avaient été extrêmement politisés, durant les années Bush.

Mis en émoi, comme c’était prévisible, le Lobby israélien a lancé une campagne de diffamation à l’encontre de Freeman, dans l’espoir que, soit il démissionnerait de lui-même, soit il serait renvoyé par Obama. Le Lobby tira sa première salve sous la forme de l’affichage d’un texte, sur un blog, par Steven Rosen, un ancien responsable de l’Aipac (American Israel Public Affairs Committee), aujourd’hui mis en examen pour avoir transmis des secrets à Israël. L’opinion de Freeman sur le Moyen-Orient, disait-il, « est celle que vous attendriez du ministre des Affaires étrangères saoudien, auquel il est, du reste, très lié ». Des journalistes pro-israéliens de grand renom, comme Jonathan Chait et Martin Peretz, du bimensuel The New Republic, et Jeffrey Goldberg du mensuel The Atlantic, se joignirent très vite à la meute, et Freeman fut pilonné par des publications qui défendent en permanence Israël, comme The National Review, The Wall Street Journal et le Weekly Standard.

Le véritable coup de chaud, toutefois, provint du Congrès, où l’Aipac (qui se qualifie lui-même de « Lobby pro-israélien de l’Amérique ») détient un pouvoir écrasant. Tous les membres républicains de la Commission sénatoriale du Renseignement sont tombés à bras raccourcis sur Freeman, comme l’ont fait des sénateurs démocrates tels que Joseph Lieberman et Charles Schumer. « J’ai exhorté je ne sais pas combien de fois la Maison-Blanche à l’écarter », a dit Schumer, « et je suis heureux qu’ils aient fini par faire la seule chose qu’il y avait à faire ». Même histoire à la Chambre des représentants, où la charge fut menée par le républicain Mark Kirk et le démocrate Steve Israel, qui poussa Blair à déclencher une enquête impitoyable au sujet des finances de Freeman. Finalement, la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, déclara que la nomination de Freeman était abusive. Freeman aurait pu survivre à cette curée, si la Maison-Blanche l’avait soutenu. Mais les basses flatteries qu’avait faites Barack Obama au lobby israélien durant la campagne électorale et son silence assourdissant durant la guerre contre Gaza montrent que le Lobby n’est pas, pour lui, un opposant qu’il s’aviserait d’affronter. Donc, sans surprise, il resta silencieux, et Freeman n’eut d’autre choix que de se démettre.

Depuis lors, le Lobby a déployé d’énormes efforts pour dénier son rôle dans la démission de Freeman. Le porte-parole de l’Aipac, Josh Block, a dit que son organisation « n’avait pas pris position sur cette question et qu’elle n’avait exercé aucune action de lobbying auprès du Capitole à son sujet ». Le Washington Post, dont la page éditoriale est dirigée par Fred Hiatt, un homme totalement voué à la pérennisation de la « relation spéciale » [entre les États-Unis et Israël, ndt] a publié un éditorial affirmant que le fait de mettre en cause le Lobby dans la démission de Freeman relevait des seuls rêves « de M. Freeman et de théoriciens du complot du même acabit ».

En réalité, les preuves de la profonde implication de l’Aipac et d’autres partisans fanatiques d’Israël dans la campagne visant Freeman sont surabondantes. Block a reconnu avoir parlé de Freeman à des journalistes et à des bloggers, et leur avoir donné des informations, toujours après s’être mis d’accord avec eux afin que ses commentaires ne lui soient jamais attribués à lui personnellement, ni à l’Aipac. Jonathan Chait, qui a nié qu’Israël ait été à l’origine de la controverse, avant le limogeage de Freeman, a écrit, après coup : « Bien sûr, je reconnais que le lobby israélien est puissant et qu’il a été un élément clé dans la curée contre Freeman, et que ce lobby n’est pas toujours une puissance bénéfique ». Daniel Pipes, qui dirige le Middle East Forum, où Steven Rosen travaille aujourd’hui, a envoyé prestement une lettre circulaire par mél, portant aux nues le rôle joué par Rosen dans l’éviction de Freeman.

Le 12 mars, soit le jour où le Washington Post a publié son éditorial raillant quiconque ayant suggéré que c’était le lobby israélien qui avait grandement contribué à évincer Freeman, ce même journal a publié un article en première page, décrivant le rôle central que le Lobby avait joué, dans cette affaire. Il y avait aussi un commentaire d’un journaliste chevronné, David Broder, qui commençait ainsi : « L’administration Obama vient de subir une défaite embarrassante de la part de ces lobbyistes-mêmes que le président a juré de remettre à leur place. »

Les détracteurs de Freeman maintiennent que son opinion concernant Israël regardait d’autres que lui. On dit de lui qu’il a des relations particulièrement étroites, voire peut-être même inappropriées [pour un diplomate, ndt] avec l’Arabie saoudite, où il a été, par le passé, ambassadeur des États-Unis. Cette charge n’a pas porté, toutefois, car il n’existe aucune preuve pour l’étayer. Les supporters d’Israël ont dit, aussi, qu’il avait fait des remarques dépourvues de toute compassion à propos du sort qu’avaient connu les manifestants chinois sur la Place Tiananmen de Pékin [en 1989, ndt], mais cette accusation, que les défenseurs de Freeman contestent, a été tirée du sac uniquement parce que les détracteurs pro-israéliens de Freeman étaient en quête de n’importe quel argument leur permettant de salir sa réputation.

Pourquoi le Lobby se préoccupe-t-il à ce point d’une nomination à un poste, certes important, mais certainement pas suprême ? Voici une raison, parmi d’autres : Freeman aurait été responsable de la publication des évaluations des services de renseignement nationaux. Israël et ses partisans états-uniens ont été fous de rage après que le Conseil du Renseignement national eut conclu, en novembre 2007, que l’Iran ne construisait pas la bombe nucléaire, et ils avaient travaillé d’arrache-pied afin de saper ce rapport, ce qu’ils continuent à faire jusqu’à ce jour. Le Lobby veut s’assurer que la prochaine évaluation des capacités nucléaires de l’Iran [par les États-Unis, ndt] parvienne à la conclusion diamétralement opposée, et cela avait bien moins de chances d’arriver, avec Freeman aux manettes. Mieux vaut avoir quelqu’un qui soit dûment estampillé Aipac, pour mener la danse.

Une raison —encore plus importante—, pour le Lobby, de chasser Freeman de son poste, c’est la faiblesse de l’argumentation susceptible de justifier la politique actuelle de l’Amérique vis-à-vis d’Israël, qui rend impératif d’intimer le silence ou de marginaliser quiconque oserait critiquer la relation spéciale. N’eût Freeman été puni, d’autres auraient vu qu’on pouvait critiquer ouvertement Israël et faire carrière brillamment à Washington. Et aussi que, dès l’instant où quelqu’un obtiendrait qu’un débat ouvert et libre s’instaure autour d’Israël, la relation spéciale serait sérieusement compromise.

Un des aspects les plus remarquables de l’affaire Freeman, ce fut le fait que les médias consensuels lui ont accordé très peu d’attention. Ainsi, par exemple, le New York Times n’a pas publié le moindre article au sujet de Freeman jusqu’au lendemain de sa démission, alors qu’une bataille féroce autour de sa nomination avait commencé à faire rage dans la blogosphère, dès la date de ladite nomination. Mais quelque chose s’est produit, dans ladite blogosphère, qui ne se serait jamais produit dans les médias consensuels : le Lobby a été confronté à une réelle opposition. De fait, tout un éventail de bloggers, énergiques, bien informés et hautement respectés, défendit Freeman, dans toutes les péripéties, et ils auraient vraisemblablement emporté le morceau, si le Congrès n’avait pas pesé de tout son poids contre eux. Bref : Internet a permis un débat sérieux aux États-Unis, sur une question impliquant Israël : ce fut une première absolue. Le Lobby n’a jamais eu grand-mal à faire observer la ligne du parti par le New York Times et le Washington Post, mais il a peu de moyens de faire taire les critiques s’exprimant sur Internet.

Lorsque les forces pro-israéliennes étaient entrées en conflit avec une personnalité politique majeure, par le passé, cette personnalité, généralement, avait reculé. Jimmy Carter, traîné dans la boue après qu’il eut publié son livre Palestine : la Paix, pas l’apartheid, a été le premier États-unien éminent à tenir bon et à répliquer. Le Lobby n’a pas pu le faire taire, et ça n’est pas faute, pour lui, d’avoir essayé. Freeman marche dans les brisées de Carter, mais avec plus de pugnacité. Après s’être démis, il a publié une dénonciation au vitriol [1] de « gens dénués de scrupules entièrement dévoués à défendre les vues d’une faction politique d’un pays étranger » dont le but est « d’empêcher par tous les moyens que des opinions un tant soi peu différentes des leurs puissent être diffusées ». « Il y a », avait-il poursuivi, « une ironie particulière dans le fait de se voir accusé d’appréciation inappropriée au sujet des positions de gouvernements et de sociétés étrangers, par un clan si manifestement voué à imposer l’adhésion à la politique d’un gouvernement étranger » [en l’occurrence, le gouvernement israélien, ndt].

La remarquable déclaration de Freeman est parvenue au monde entier, elle a été lue par des personnes innombrables. Cela n’est pas bon, pour le lobby, qui aurait préféré briser dans l’œuf la nomination de Freeman sans laisser d’empreintes digitales. Mais Freeman continuera à s’exprimer au sujet d’Israël et du lobby pro-israélien, et peut-être que certains de ses alliés naturels, à l’intérieur du Beltway, finiront par le rejoindre.

Lentement, mais sûrement, un espace commence à s’ouvrir, aux États-Unis, où il sera possible de parler sérieusement d’Israël.

John J. Mearsheimer

Professeur de sciences politiques à l’université de Chicago. Dernier ouvrage publié : The Israel Lobby and U.S. Foreign Policy (version française : Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine).

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

J'ai hésité sur le topic approprié et finalement je choisis celui-là.

Pour les personnes intéressées par les questions relatives aux services sercrets, je recommande l'ouvrage collectif Histoire secrète de la Vème République sous la direction de Jean Guisnel.

Il est à la fois quasi-exhaustif sur toutes les guerres secrètes que se sont livrés les services secrets des différents pays pendant 50 ans d'Histoire, et synthétique puisque chaque affaire est résumée en quelques pages. L'ouvrage est un bon pavé qu'on avale assez rapidement tant il révèle un nombre assez importants d'affaires qui n'ont jamais franchi le mur médiatique.

Assez allusif sur les techniques d'espionnage et de contre espionnage au sens propre, il n'en est pas moins très instructif sur les fins et les moyens des services.

C'est dans l'ensemble un ouvrage passionnant, à lire impérativement pour ne pas mourir idiot.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

dst  ? qu'est ce ?

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Un bon complément d'enquête sur l'intelligence économique en ce moment.

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Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

bonjour,

voilà comment fonctionne un programme de GSM espion!

Il s'agit de modifier un GSM puis de l'offrir à la personne que vous désirez surveiller. La personne surveillée peut mettre la carte SIM de son choix dans le GSM espion. Si elle change de carte SIM vous serez averti par texto.

pour plus d'informations:
http://www.amazon.fr/gp/search?ie=UTF8& … ative=6746

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Le marché de la jalousie

Posté par Juliette Speranza
le 17 mai 2010 à 10 h 42 min

Il y en a qui investissent dans les vêtements, d’autres dans les voitures, et d’autres dans…  l’espionnage. Fini l’amour libre des années 70, la méfiance à l’égard de l’être aimé n’est plus un tabou. Ce que l’on sait moins, c’est que tout un marché se crée progressivement autour de l’épidémie névrotique. Enquête sur une nouvelle mine d’or.


Surveiller les sms de son conjoint lorsque celui-ci est au toilette ou sous la douche : c’est une tendance qu’avouent plus de la moitié des français. Nadia a, quant à elle, « testé » son mari sur msn, se faisant passer pour une belle inconnue. Par chance, elle est très heureuse du résultat : «  il m’a dit bonjour et m’a ignorée ensuite ! Je suis persuadée qu’il est fidèle maintenant ! »

Les logiciels pour surveiller SMS, appels, et bloquer certaines personnes  foisonnent. Il suffit pour les installer d’avoir accès au téléphone de votre moitié, ce qui n’est, en soi, pas très compliqué ! Le site GSM Espion propose même de transformer son téléphone en micro, de recevoir en copie carbone SMS et MMS sans aucun signe extérieur sur le téléphone cible,  ou encore d’enregistrer des vidéos. Un nouveau logiciel, Google Latitude, est capable de vous indiquer les coordonnées géographiques de vos contacts en temps réel, vous permet de localiser votre conjoint, si il dispose d’un téléphone nouvelle génération. L’amoureux délaissé pourra alors vérifier que la réunion qui finit à 22 heures se déroule dans les locaux de l’entreprise et non dans une chambre de Formule 1 !

L’année dernière, Marie-Anne a dépensé 190 euros en gadgets pour dévoiler au grand jour les frasques extraconjugales de son époux, notamment sur le site gadgetselectroniques.com . On y trouve, pour une soixantaine d’euros, un stylo caméra ou une mini caméra, des mouchards divers, ou encore un stylo micro. « Je n’avais pas le choix, mon mari me trompait et ne me touchait plus depuis plusieurs mois. Je lui ai demandé des dizaines et des dizaines de fois, rien n’y faisait. Je sais que ce n’est pas très moral mais je n’en pouvais plus. »

Pour les férus d’informatique, les forums foisonnent de « techniques » pour récupérer les historiques de conversation msn, skype ou Facebook… Que ceux qui considéraient les correspondances virtuelles, de par leur inaccessibilité, comme la panacée, se détrompent : pour une centaine d’euros, des logiciels espions comme Espion pro, All In One Keylogger,  ou encore SniperSpy, proposent une surveillance complète de l’activité de l’ordinateur, même à distance, et permettent de visualiser les sites internet visités, les photos et textes copiés dans le presse papiers, les programmes utilisés, l’affichage des textes saisis au clavier, et même d’effectuer des captures d’écran ! SniperSpy propose d’ailleurs une installation à distance via une pièce jointe envoyée par mail.

Benjamin, 27 ans, nous a raconté comment il en est venu à espionner son ancienne compagne, chose qu’il regrette profondément aujourd’hui : « Je sortais avec une très belle femme et tout se passait très bien a tous les niveaux. Mais elle passait beaucoup de temps sur l’ordi et  très souvent, quand je m’approchais d’elle, elle cliquait sur une autre page. Puis ça a commencé à m’énerver. J’ai fait installer un programme espion sur l’ordi. En fait, le principe est assez simple: dès qu’on allume l’ordi, le programme espion enregistre chaque 10 secondes, par exemple, la page a l’écran. Puis restait qu’à lire ….J’ai acheté également un mouchard, qui n’est qu’un GPS espion, que j’ai caché dans sa voiture.  Le principe est assez simple, le mouchard enregistre tous les mouvements de la voiture et les temps d’arrêts… Puis, il ne reste qu’à brancher le mouchard sur l’ordi par USB   , et  regarder  les moindres gestes sur Google… Voilà comment j’ai démasqué l’infidélité … »

Ne soyez pas outrés, le pire reste à venir : pour faire tester votre partenaire par un irrésistible (enfin, tout dépend des goûts) tentateur, inutile d’adopter la vie insulaire pendant quelques semaines et de vous exhiber devant quatre millions de téléspectateurs. Des agences spécialisée proposent  des filatures, mais davantage encore, organiser faire une rencontre entre un tentateur ou une tentatrice et votre conjoint, avec enregistrement vidéo.

L’argument de ces agences : il est indispensable d’être sûr de la fidélité de votre conjoint, avant de l’épouser, ou d’emménager avec lui. Chiffres, statistiques, ou analyse de vos doutes, ils feront tout, si vous prenez contact avec eux, pour vous convaincre de la nécessité d’en « avoir le cœur net ». Ils vous offriront, pour plusieurs centaines d’euros, les services d’un « professionnel de la séduction » qui fera ce qu’il faut, implicitement, pour faire passer à l’acte le « prédisposé à l’adultère », et enregistrera les conversations. Pour un reportage vidéo complet, le prix sera triplé. Une chose est sure, être jaloux, de nos jours, ça peut coûter très cher !


Juliette Speranza

Last edited by Gambetta (24-05-2010 21:37:26)

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Petit dossier d'actu sur l'espion qui a écrit un ouvrage sur les services secrets français et qui est maintenant poursuivi pour cela.

Un ancien sous-directeur de la DGSE mis en examen

   
PARIS (AP) — Maurice Dufresse, alias Pierre Siramy, ancien sous-directeur de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) et auteur d'un ouvrage intitulé "Vingt-cinq ans dans les services secrets", a été mis en examen mercredi soir pour "compromission du secret de la défense nationale" et "violation du secret professionnel", a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

L'ancien agent, à la retraite depuis novembre 2009, avait été placé en garde à vue mardi. Le ministère de la Défense avait déposé plainte fin avril après la publication de cet ouvrage. Le parquet de Paris avait ensuite ouvert une enquête préliminaire.

Dans cet ouvrage, Pierre Siramy relate de nombreuses affaires, décrit le recrutement des "sources", les techniques développées... L'ancien responsable de la DGSE s'était signalé après la libération d'Iran de Clotilde Reiss affirmant que cette dernière avait donné des informations sur la situation de ce pays avant qu'elle ne soit arrêtée après des manifestations post-électorales de juin 2009. Paris avait formellement démenti ces allégations. AP

Déballages entre "amis" à la DGSE

Par Jean Guisnel

Les mémoires d'espion sont un genre à part : les anciens des services secrets sortent parfois quelques informations, mais prennent en général la précaution de demeurer dans les généralités, pour éviter de donner des indices qui dévoileraient, soit des noms d'anciens collègues, soit des sources. De la même manière, procédures, méthodes et outils techniques sont généralement sérieusement protégés. Dans un ouvrage publié aux éditions Flammarion, un ancien cadre de la DGSE s'affranchit de ces principes.

Sous le nom de plume de Pierre Siramy, Maurice Dufresse déballe les secrets de famille. Il en connaît vraiment beaucoup, puisqu'il termina en 2009 sa carrière d'un quart de siècle dans la boîte au poste de chef du STA (service technique d'appui) comptant 400 fonctionnaires et gérant 61 millions d'euros de budget annuel. De manière étonnante, il livre des noms d'ex-collègues, en se contentant parfois de la transparence du prénom et de l'initiale du patronyme.

Commérages et accusations

Certaines histoires sont anciennes et déjà connues : le rôle étrange du pseudo-journaliste Michel Lambinet, la bizarre soustraction à la justice, par le ministre Charles Hernu, d'un dossier sur le milicien Paul Touvier ; les accusations sans fondement des paranos délirants du service contre Greenpeace ou le commandant Philippe Rondot ; il n'oublie pas non plus les accusations infamantes contre le gaulliste Lucien Bitterlin. Et on passe les attaques renouvelées contre le résistant Roger Stéphane ou la communiste Marie-Claude Vaillant-Couturier ; ces histoires prennent toutefois un relief particulier sous la plume de l'auteur - tenue par le journaliste Laurent Léger - puisqu'il a eu souvent un accès exceptionnel aux informations détenues par le service.

Mais pourquoi mettre en cause Claude M. - l'initiale dissimule bien mal un ancien journaliste d'un grand hebdomadaire parisien - dont les relations avec la DGSE sont décrites avec un luxe de détails sulfureux ? Son recrutement, ses possibles faiblesses personnelles, ses émoluments, ses activités professionnelles actuelles sont détaillées. Au motif, nous assure l'auteur lors d'un entretien, qu'il représente "un très bel exemple de recrutement. J'ai eu l'occasion de bien le connaître, et il déclare lui-même être membre des services spéciaux. Il se veut spécialiste, il entretient des relations avec les services, et il est transparent. J'ai eu d'autres sources, y compris dans les médias, que je ne citerai jamais !" Seul problème : si Claude M. confirme avoir travaillé pour la DGSE, il assure au Point que "c'est fini depuis longtemps". Après avoir lu les pages le concernant et rassemblé ses souvenirs, il estime : "J'ai connu l'auteur du livre durant deux ans à Paris, jamais à Bruxelles. Ses affirmations à mon égard sont fausses pour l'essentiel." Claude M. assure notamment qu'en avril 1988, il était toujours membre de sa rédaction parisienne, et non pas installé à Bruxelles ; selon ses dires, il n'a jamais eu en main les carnets du milicien Paul Touvier. Et, surtout, n'a pas été recruté dans les conditions décrites par Dufresse, qui, c'est humain, se donnerait le beau rôle dans l'affaire !

Petites habitudes

Au-delà des commérages et des accusations peu convaincantes, notamment contre les hommes politiques de gauche, cet ouvrage est sans doute le premier à livrer autant de détails sur les petites habitudes de la DGSE. On se retrouve à la cafétéria, à la brasserie du quartier, dans les bureaux dont on visite les armoires fortes et leurs procédures de sûreté ; on n'ignore plus rien des formalités d'accès au service des archives, ni des travers de chacun des collègues de l'auteur, qui ouvre avec jubilation la boîte à claques. Mais de la rancoeur fait-on un bon livre ? Et au fait, pourquoi ressent-il un tel rejet envers sa personne ? Il a son explication : "Je suis l'homme qui regarde sous les jupes de la République. Rien de beau à voir, pourtant. Résultat : on m'adresse peu la parole." C'est une explication...

De ce livre, on retient surtout les détails qu'il livre sur le fonctionnement d'une administration qui se débat entre ses fonctions secrètes, ses opérations clandestines et sa bureaucratie. Sans jamais oublier qu'elle est d'abord un outil politique. On découvre au détour d'une page comment le service gère le contact au Soudan avec des islamistes algériens ; comment un politique cherche à faire rémunérer grassement un informateur peu fiable. Le récit inédit d'une réunion de cadres de la DGSE chez Matra - où oeuvre le Lagardère's boy Jean-Louis Gergorin - confirme d'étranges collusions entre les services secrets et une entreprise française en bataille contre une autre (Thomson-CSF, devenue Thalès). Le renseignement technique permet à la DGSE de découvrir que des gendarmes français travaillaient à la traque des criminels de guerre serbes ; ou encore que la DGSE pense qu'effectivement, les moines de Tibéhirine sont morts sous les armes des militaires algériens. Mais le problème de l'auteur, c'est qu'il possède une bribe des informations, au nom du cloisonnement. De celles qui lui passent dans les mains, il peut parler savamment. Les autres, il ne peut que supposer, déduire et extrapoler, ou se reporter à des analyses de presse. Il compense par des conditionnels cette ignorance partielle des activités du service.

Sur cet ouvrage, l'impression générale est mitigée. L'auteur s'est affranchi des règles du secret qu'il avait fait serment de préserver, et se prend aujourd'hui à analyser froidement les poursuites civiles, pénales et administrative que son livre lui fait encourir. Mais peu importe, il assume tout : "Je veux montrer comment ça marche, c'est une manière de montrer ma vraie passion pour mon service. Je ne crois pas que je compromette quoi que ce soit, je me fais l'écho de ce que pensent les gens de l'intérieur." Il avoue candidement que son voeu le plus cher serait que le directeur de la DGSE, le préfet Erard Corbin de Mangoux, lise son ouvrage. Tout en en doutant un peu : "La DGSE n'est pas l'Union soviétique, mais on est parfois en Corée du Nord." Vraiment ? Rassurons l'auteur : un tel ouvrage ne serait jamais paru en Corée du nord.

Dans les coulisses de la DGSE

La fiche d’identité de la DGSE

Création : le 2 avril 1982 en remplacement du SDECE (Service de documentation extérieure et de contre-espionnage).

Directeur général depuis 2008 Le préfet Erard Corbin de Mangoux.

Effectifs : environ 4 500 personnes, dont près de 3 200 fonctionnaires civils et 1 300 militaires.

Budget : 545 millions d’euros en 2009 plus des « fonds spéciaux ».

Recrutement : les civils sont recrutés par concours dans les trois catégories de la fonction publique classique (A, B et C). Les militaires proviennent de l’armée.

Adresse : 141, boulevard Mortier à Paris XXe, www.defense.gouv.fr/dgse.

Pierre Siramy a appartenu pendant vingt-cinq ans à la DGSE, le service français de renseignement extérieur. Il en dévoile les coulisses et le mode de fonctionnement. Loin du mythe des James Bond et autres SAS.

François Labrouillère - Paris Match

Les journalistes et romanciers d’espionnage la surnomment « la Piscine », parce que son siège, une ancienne caserne, est situé boulevard Mortier à Paris, dans le XXe arrondissement, juste à côté de la piscine des Tourelles. Mais ses membres ne disent jamais la Piscine. Entre eux, ils parlent du « Service », de « la Centrale », plus encore de « la Boîte ». Variantes : « ces cons de Mortier » ou « ces cons de la Centrale », quand un agent en poste à l’étranger râle contre les directives de sa hiérarchie.

Pierre Siramy raconte : « La DGSE est un service d’élite. C’est aussi une administration avec ses luttes de clans et ses incohérences : quand vous parlez bulgare, on vous affecte en Amérique latine. Vous maîtrisez des langues rares africaines ? Destination l’Iran. Mais ces défauts, on les retrouve dans toutes les bureaucraties. »

Jeune étudiant en lettres, le futur espion – boulevard Mortier, on préfère dire « officier de renseignement » – s’oriente d’abord vers la marine. Après un tour du monde sur la « Jeanne-d’Arc » et quelques années en mer, les séquelles d’un accident de tir l’obligent, en 1984, à un poste à terre. Ce sera la DGSE. Il rejoint la prestigieuse Direction du renseignement, chargée de tous les rapports et notes confidentielles transmises au gouvernement.
Encore aujourd'hui, il lui est interdit de dévoiler sa véritable identité

Premier pas dans le monde de la clandestinité, le nouvel arrivant se voit attribuer un pseudonyme qui ne le quittera plus. Désormais, pour ses interlocuteurs extérieurs à la Centrale, il sera Pierre Siramy, nom d’un cousin éloigné. Cet alias lui est décerné par le Service de sécurité et le bureau R de la DGSE. Deux structures chargées, à l’époque, de la protection des agents amenés à traiter les « sources humaines » : diplomates, scientifiques, ingénieurs, journalistes, hommes d’affaires, marchands d’armes, etc., auprès desquels sont récoltées secrètement des informations. Aujourd’hui encore, le règlement intérieur de la maison lui interdit de dévoiler sa véritable identité.

A son arrivée au service, l’apprenti espion hérite aussi d’un « numéro de rédacteur » : le matricule 3625. Comme son pseudo, il le conservera pendant toute sa carrière. Il sera sa « signature » anonyme sur tous les documents et rapports rédigés de sa plume. Affecté au « secteur K » du service de contre-espionnage de la DGSE, Pierre Siramy constate vite que le travail à la Boîte n’a pas grand-chose à voir avec les romans d’espionnage.

Chargé d’abord de surveiller les « organisations de masse » de l’ex-URSS, ces associations à l’apparence anodine qui, sous couvert de pacifisme ou d’aide au tiers-monde, relaient alors la propagande de Moscou, le jeune espion commence par jouer les gratte-papiers. Il lui faut apprendre comment rédiger un rapport, évaluer la fiabilité d’un renseignement ou aller à la pêche aux informations dans la masse des archives « secret-défense » de la maison.

Il découvre que tous les renseignements obtenus par la DGSE sont cotés par une lettre et un chiffre. La lettre fait référence à la « source ». A indique qu’elle est très bonne et bien placée. B un peu moins. Le chiffre précise s’il s’agit d’un document (1) ou d’une conversation avec un tiers (2). Exemple : A-1 désigne un document original, directement vu par le traitant. La plus basse notation est F-6 pour un renseignement impossible à recouper, donné par une source inconnue du service ou en cours d’approche. « Savoir lire le renseignement, évaluer sa valeur est la base du métier. Par exemple la cotation B-2 indique un renseignement récolté auprès d’une source de second niveau lors d’une conversation. A vérifier. »
La DGSE dispose de «grandes oreilles» très puissantes

Parmi les outils de la DGSE, il y a aussi les écoutes téléphoniques. Officiellement baptisées « interceptions de sécurité », elles sont dénommées les « Z » ou les « constructions » dans le jargon de la Boîte. Très réglementées, elles doivent, en principe, recevoir l’aval du cabinet du Premier ministre. Avec les stations d’écoute du STR, le Service technique de recherche, la DGSE dispose par ailleurs de « grandes oreilles » très puissantes, scrutant inlassablement les ondes radio, téléphoniques et satellitaires partout dans le monde. Leurs comptes rendus sont sur papier blanc pour les interceptions de messages en clair. Sur papier jaune quand les communications ont dû être décryptées.

Promu chef de la section « contre-ingérence-contre-subversion », l’ancien officier de marine va devenir expert dans l’art de recruter et « traiter » une source. Puis il occupe, à partir de 1996, plusieurs postes clés à l’état-major de la Direction du renseignement, où il verra passer tous les dossiers chauds de la Boîte. « L’une de mes spécialités était les contacts avec les journalistes, indique-t-il. Nous faisons d’ailleurs un peu le même job qu’eux, mais sans carte de presse. Le travail avec les sources prend des années. Il faut établir un rapport de confiance. Au fil des ans, le carnet d’adresses s’épaissit. »
«Les Russes n'hésitent pas à utiliser des Mata Hari pour séduire»

Au risque de décevoir les candidats espions, la DGSE décrite par Pierre Siramy est beaucoup moins « glamour » que les images véhiculées par les James Bond, OSS 117 et autres SAS : « La Boîte est très prude, sauf rares exceptions, une femme ne “traite” jamais un homme et vice versa. Ce n’est pas le cas de certains services concurrents. Les Russes, par exemple, n’hésitent pas à utiliser des Mata Hari pour séduire de possibles sources. »

De plus, les « gros bras » sont loin de constituer la base des bataillons, boulevard Mortier. « Certes, les opérations clandestines menées par des agents surentraînés, harnachés des technologies les plus futuristes ont leur place à la DGSE, reconnaît Pierre Siramy. Mais ces missions, spécialités des services “Action” et “Mission”, ne représentent pas plus de 5 % de nos effectifs et de nos activités. »

En revanche, les « analystes rédacteurs » de la Centrale ont un rôle essentiel, révèle Siramy : « Peu connus, très nombreux, ils ressemblent à des bureaucrates installés au chaud dans des bureaux exigus, parfois des préfabriqués, où ils travaillent bien au-delà des 35 heures, et pourtant ils forment le cœur de la Boîte. Ce sont les analystes qui orientent l’action des postes à l’étranger, formulent les différentes demandes en renseignements, recoupent les informations secrètes récoltées, évaluent leur crédibilité et rédigent au bout du compte les notes destinées aux ministres de la République. Un travail de bénédictin sans qui le renseignement demeurerait une matière stérile ! »
Il devient une sorte de «Q», l'homme qui invente les gadgets de James Bond

A la fin de sa carrière, Pierre Siramy devient le patron du Service technique d’appui de la DGSE, une sorte de « Q » – l’homme qui inventait les gadgets de James Bond –, avec sous sa responsabilité 400 fonctionnaires, militaires ou civils, et un budget de 61 millions d’euros. Aussi n’oublie-t-il pas les « petits métiers » de la Boîte : les « ouvreurs de coffres », capables de venir à bout de n’importe quelle serrure, les couturières, membres du corps des ouvriers de l’Etat, fabriquant sur mesure des sacs ou des vêtements dissimulant du matériel photo ou d’enregistrement, ou encore les imprimeurs, disposant, boulevard Mortier, de tout le matériel pour réaliser de vrais-faux passeports, encres et papiers compris.

Dans le service, également, une palette d’ingénieurs et de techniciens de haut niveau formés aussi bien pour la chimie, l’analyse des images satellitaires que pour l’identification des voix, telles que celle d’Oussama Ben Laden. Point final

Pierre Siramy. L'espion qui parlait trop

25 mai 2010 -

On ne dévoile pas les ficelles du plus secret de nos services de renseignement, la DGSE. Secret défense! Après vingt-cinq ans passés au coeur du système, PierreSiramy a décidé le contraire. Rencontre avec un espion... atypique. Qui risque la prison.

L'info «Clotilde Reiss, contact de la DGSE en Iran»? C'est lui. Pierre Siramy n'en finit plus de révéler les «petits secrets» de notre service d'espionnage à l'étranger. Il y a passé vingt-cinqannées. Et dans un livre paru en mars dernier, il en a raconté les arcanes et les travers. Notamment l'histoire des «dossiers ministres»: ceux qui renferment parfois des infos compromettantes et qui «disparaissent» quand les intéressés entrent au gouvernement. Cet épanchement lui vaut aujourd'hui plusieurs procès, dont un intenté par le ministère de la Défense. «Ils me font la totale», siffle l'ex-agent. La totale, c'est une poursuite pour violation du secret de la défense nationale qui pourrait lui valoir sept ans de prison et 100.000€ d'amende.

Serré, l'interrogatoire!

Combien d'autres secrets se cachent derrière la barbe poivre et sel de Pierre Siramy? On l'imaginerait volontiers donnant les clés de toutes les grandes affaires d'État de ces trente dernières années. De la mort de Robert Boulin à l'affaire Clearstream... On imagine aussi un personnage mystérieux. La faute à la barbe, à l'imper et au feutre mou de la photo sur laquelle il apparaît en couverture de son livre. Pierre Siramy n'est pas ce personnage-là. D'ailleurs, ce n'est pas son vrai nom. C'est l'identité fictive -celle d'un lointain cousin- que la DGSE lui a donnée, à son entrée dans le service. Son vrai patronyme figure sur sa boîte aux lettres! C'est là, devant un modeste pavillon mitoyen, à Saint-Lô, dans la Manche, que nous le retrouvons, entouré de trois petits chiens turbulents, Monsieur, Vermine et Emma. «C'est une grande joie de vous rencontrer!». Les mots font sourire. Pierre Siramy, c'est d'abord un bouquet d'amabilités. Un ton sucré, agréablement désuet, qui surprend. Désarme. Comme ses réponses. Peu de mots qui, parfois, nous ont laissé tout penaud. Interrogatoires serrés, évaluations, débriefings: l'homme connaît la musique.

En 1986, des notes annonciatrices

La carrière de l'espion débute à Brest, en 1979. À l'école militaire de la Flotte. Pierre Siramy y devient officier de la Royale. «Un rêve», qui lui laisse le temps d'écrire. Une autre passion. Son job: à bord du Vauquelin, escorter les SNLE (sous-marins nucléaires lanceurs d'engins) de l'Ile Longue et écarter les puissances étrangères indésirables. Mais un accident, lors d'un exercice de tir de mortier, le ramène définitivement à terre. Il postule à laDGSE. Banco. En 1984, en pleine guerre froide, le voilà dans la peau d'un agent secret, affecté au «contrôle des journalistes véhiculant la doctrine soviétique». Puis ce sera le bureau des affaires réservées, l'état-major de la direction du renseignement et, finalement, la direction technique et tous ses «gadgets». En vingt-cinq ans, l'agent Siramy est passé du bureau de simple rédacteur à celui de sous-directeur. De la chute du mur de Berlin - «J'avais lu des fiches, en 1986, annonçant de très lourds changements à l'Est...»- aux attentats du 11septembre 2001 - «On les a vécus, comme tout le monde, en direct, effarés». C'est aussi au service qu'il a rencontré sa femme. Une espionne, forcément. L'interview se poursuit dans un restaurant italien... sous une photo du film «Les tontons flingueurs». «Cela me suit partout», sourit l'ancien agent, qui porte les premiers coups de fourchette à une copieuse assiette de jambon et foie gras. De son passé, il évoque quelques moments forts. Les hurlements des moines de Tibéhirine sur le message de revendication des ravisseurs. Sa course, derrière la voiture du patron, pour lui remettre en mains propres les photos satellite prouvant que l'histoire des armes de destruction massive irakiennes, servie par les Américains, était bidon. «L'idée d'en découdre avec l'Irak ne déplaisait pas à tout le monde...».

Trois crises cardiaques

Il y eut aussi des camarades pris en otage ou tués. Sa demande refusée pour aller en poste au Liban. «Vous en savez trop», lui a répondu son chef, en guise d'explication. Celui qui est parti à sa place sera assassiné. «Il agissait sous identité fictive. On n'a pas pu officiellement déclarer sa mort. Cela a été terrible». Et puis il y eut ces pépins de santé. À54 ans, après trois crises cardiaques, un triple pontage et un cancer du poumon, l'espion a été contraint de prendre une retraite anticipée. Rideau? Non. Si vous passez devant le petit pavillon de l'espion à Saint-Lô, vous avez toutes les chances de l'apercevoir derrière la baie vitrée du salon. À ses côtés, un ordinateur portable connecté à internet, quatre téléphones et un téléviseur verrouillé sur LCI. L'espion est à son bureau. Au bureau. Toujours à prendre le pouls du monde. «25 ans dans les services secrets», Pierre Siramy. 340 p, 21€. Flammarion.

Les dossiers secrets de la DGSE
Les dossiers secrets de la DGSE

Mitterrand, Chirac, Rocard, Hernu, Dumas, Joxe... des dossiers sensibles, de tous bords.

François Labrouillère - Paris Match

La DGSE lui avait donné le nom de code « Satanic ». En 1985, la calamiteuse affaire Greenpeace où un photographe a été tué en Nouvelle-Zélande dans le dynamitage – par le service « Action » – du bateau de l’organisation écolo est la première affaire d’Etat que côtoie Pierre Siramy. « J’ai été missionné pour débusquer les sources des journaux ayant révélé l’opération », se souvient-il.

Le Service lui soumet alors une liste de journalistes parmi lesquels Edwy Plenel (alors au « Monde »), Georges Marion et Claude Angeli (du « Canard enchaîné ») ou encore Jacques-Marie Bourget (de « VSD » avant de rejoindre « Paris Match »). Il doit aussi se renseigner sur le ministre de l’Intérieur, Pierre Joxe, son frère, Alain, et leurs proches, parce que c’est son ministère qui a transmis aux Néo-Zélandais le numéro de téléphone d’alerte de la DGSE trouvé sur les faux époux Turenge.
«Nous avons mis des années à nous remettre de l'affaire Greenpeace»

Deux proches collaborateurs de Siramy, un colonel et un ancien nageur de combat, vont par ailleurs être brutalement évincés de la DGSE, suspectés d’avoir été trop bavards. « L’affaire Greenpeace a fait beaucoup de mal à la Boîte, déplore Siramy. Le Service a été le jouet d’hommes politiques n’assumant pas leurs responsabilités. Nous avons mis des années à nous en remettre. Aujourd’hui encore, la DGSE est hantée par le fantôme de Greenpeace, ses directeurs hésitant à s’engager dans des opérations un peu audacieuses par peur du scandale. »

En mai 1988, quand François Mitterrand est réélu à l’Elysée, Pierre Siramy se voit confier une tâche urgente : collecter dans l’heure tous les documents secrets concernant le nouveau Premier ministre, Michel Rocard, et les sortir des archives officielles du Service. Le dossier Rocard est particulièrement épais, eu égard à son passé gauchiste au PSU, le Parti socialiste unifié. Mais c’est la règle à la Boîte : à chaque changement de gouvernement, la DGSE « purge » ses archives des papiers pouvant être gênants pour les nouveaux ministres.
Le dossier de Roland Dumas sur les frégates de Taïwan... irrémédiablement égaré!

Ils sont remis au directeur général qui les stocke dans un coffre sécurisé. Ils retrouveront leur place dans les rayonnages du boulevard Mortier une fois que les mêmes ministres auront quitté le gouvernement. Parfois, ces documents top secret se perdent en route. Ce sera le cas du dossier de Roland Dumas, en 1993, qui évoque, entre autres, l’affaire des frégates de Taïwan ! Irrémédiablement égaré après son départ du Quai d’Orsay !

Au printemps 1990, Pierre Siramy doit faire le tri de pièces sensibles datant de la Seconde Guerre mondiale : des documents de la Gestapo, du SD allemand et du BCRA, le Bureau central de renseignements et d’action de la France libre. Un voyage dans les secrets de la Résistance et des services allemands où apparaissent les noms de Klaus Barbie ou Paul Touvier.

Siramy découvre alors qu’en décembre 1983, en pleine instruction du procès Barbie, Charles Hernu, ministre de la Défense, s’est fait remettre, en mains propres, l’ensemble des documents de la DGSE concernant ce dossier explosif. Bien après sa démission du ministère, en 1985 (suite à l’affaire Greenpeace), il les a conservés jusqu’en février 1988 dans le coffre de sa mairie de Villeurbanne. Se gardant bien de les communiquer au magistrat de l’affaire Barbie qui en avait fait la demande.

Si «l'affaire» était sortie, c'était un scandale d'Etat

Pour quelles raisons ? Charles Hernu s’en était expliqué au numéro deux de la DGSE : « J’ai vu que certains documents pouvaient nuire à deux personnes, non de mon bord mais aujourd’hui patrons de presse ou personnalités médiatiques. » Enquête faite, Pierre Siramy tombe sur les noms de deux personnes, aujourd’hui décédées : une ancienne résistante, ex-épouse d’un député communiste, présentée comme un « agent de grande classe » par l’ancien chef de la Milice de Lyon ; et un journaliste-écrivain de la Résistance, peu connu du public, cofondateur d’un hebdomadaire et ami de François Mitterrand, qui aurait été en relation avec les Allemands. Si « l’affaire » était sortie, c’était un scandale d’Etat.

Fin 2001, notre espion est consulté par le général Dominique Champtiaux, alors numéro deux de la DGSE, pour savoir s’il connaît une banque japonaise, la Tokyo Sowa Bank. Pierre Siramy sait seulement que ce dossier est traité par le magistrat Gilbert Flam, dont la femme est alors une adjointe de Bertrand Delanoë, maire de Paris. Ce sont les développements de la ténébreuse affaire du prétendu compte de Jacques Chirac, démenti par lui mais qu’une source de la DGSE à Tokyo croyait pouvoir situer dans cette Sowa Bank.

Le dossier rebondit en 2006 quand de nombreux documents de l’enquête sont saisis au domicile du général Rondot, dans le cadre de l’affaire Clearstream. Pierre Siramy est cité, sous sa véritable identité, dans un mémo rédigé par un membre du Service. Facilement reconnaissable, il figure ensuite dans le livre « L’incroyable histoire du compte japonais de Jacques Chirac » (éd. Les Arènes) des journalistes Nicolas Beau et Olivier Toscer. L’officier de renseignement ne décolère pas : c’est la première fois, en vingt-cinq ans de carrière et de dossiers chauds, qu’il apparaît à la lumière.
François Labrouillère Point final

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Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

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Last edited by OZ (09-07-2011 15:09:26)

.                                collectif individuel manufacture internet d'objets gentils                             .
[¤=¤] tape            [o=o] VHS           [O=O] ghetto blaster         [O=X] ghetto blaster d'occasion

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Ses déclarations sur Clotilde Reiss, afin de faire parler de lui et de faire vendre son bouquin, étaient vraiment pas judicieuses et pas classes du tout...  Ca va pas jouer en sa faveur dans les poursuites qu'il encoure en tout cas.

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Je verse à ce thread sympathique ce petit article sur l'ISI, les services secrets pakistanais, exécutant des basses oeuvres d'Al CIAda :

http://www.lemonde.fr/international/art … _3210.html


Pakistan : l'ISI, un service de renseignement puissant et contesté
LEMONDE.FR | 10.05.11 | 16h19  •  Mis à jour le 10.05.11 | 16h23


Le dernier acte de la traque du chef suprême d’Al-Qaida, Oussama Ben Laden, tué le 1er mai, a relancé les spéculations sur le rôle trouble joué par l’Inter-Services Intelligence (ISI), les services secrets pakistanais. Retour sur l'histoire de cette organisation tentaculaire, souvent qualifiée d’"Etat dans l'Etat".



Hors des frontières du Pakistan, l’ISI véhicule, depuis quelques années, les fantasmes les plus divers, alimentés par sa proximité supposée, et parfois avérée, avec certains groupes islamistes de premier plan. Cette réputation sulfureuse, la plus grande des trois agences de renseignement du pays (voir encadré) la doit essentiellement à son passé. Elle lui vaut régulièrement les coups de semonce de "l’allié" américain.

1948 : naissance au sortir de la première guerre contre l'Inde
L'ISI est fondé en 1948 par un officier de l'armée britannique, le major-général Cawthome, dans la foulée de la création de la République islamique du Pakistan par Muhammad Ali Jinnah. L'organisation est née de l’échec du renseignement lors de la première guerre contre l’Inde en 1947-1948. A l’époque, les deux pays sont engagés dans une lutte sans merci. Objectif : la conquête du Jammu-et-Cachemire, vaste Etat montagneux situé dans le nord de l’Inde, mais dont Islamabad lui dispute la souveraineté.

Pendant les trente années qui suivent l’indépendance du pays, acquise le 15 août 1947, l’ISI se concentre sur le renseignement intérieur, notamment dans les provinces contiguës du Baloutchistan (sud-ouest) et du Sind (sud-est), en proie à des tensions nationalistes récurrentes. Cependant, les autorités pakistanaises commencent la décennie 1970 échaudées par trois conflits avec le grand rival indien (1947-1948, 1965, 1971) qu’elles considèrent comme une menace grandissante pour la sécurité nationale. Elles prennent conscience de la nécessité d'avoir recours plus largement au renseignement extérieur. Le "basculement" s’opère véritablement en 1979.

1979-1989 : le "grand jeu" afghan
Cette année-là, l'ISI se trouve propulsé en première ligne. Non seulement il est chargé par le président d’alors, Muhammad Zia-ul-Haq, de surveiller les activités des organisations chiites sur le territoire en écho à la révolution islamique iranienne survenue en février. Mais il est aussi et surtout confronté au coup de force militaire des Soviétiques chez le voisin afghan, fin décembre. De cette époque troublée, l’ISI, agence exclusivement militaire et sous tutelle du ministère de la défense pour son budget, conservera une double casquette : celle du renseignement intérieur et celle du renseignement extérieur.

"C’est en cela que ce service extrêmement puissant, qu’il convient de placer sur le même plan que l’armée de terre, l’armée de l’air et la marine, se démarque de la CIA [Central Intelligence Agency] américaine et de la DGSE [Direction générale de la sécurité extérieure] française, lesquelles ne travaillent qu’à l’extérieur. L’ISI, lui, est également très implanté sur le territoire, même si cela ne fait pas partie de ses objectifs prioritaires", souligne Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R).

La guerre qui fait rage en Afghanistan pendant près de dix ans renforce le tropisme extérieur de l'ISI. En coulisses, appuyée par la CIA, qui l’utilise comme "paravent", l’agence mène bataille contre l’Armée rouge. Elle soutient les mouvements de résistance à l’occupant soviétique, dont ceux de Jalaluddin Haqqani, de Gulbuddin Hekmatyar – avec lequel elle entretient des liens étroits – et de feu le commandant Massoud. Une section spéciale est même créée pour assurer le suivi de la situation sur place. Au total, plus de 10 000 combattants auraient été formés sous le couvert de l’ISI. Et le retrait de l’URSS en 1989 ne change pas fondamentalement l'engagement des services secrets pakistanais, toujours soucieux d’installer à Kaboul un régime "ami".

A partir de 1994 : la carte "talibans"
Ce n’est qu’en 1994 que l’ISI va se tourner vers les talibans. A l'époque, l'agence vient alors de "lâcher" Gulbuddin Hekmatyar en raison de son implication dans l'attentat du 26 février 1993 contre le World Trade Center à New York. L’organisation joue d’autant plus volontiers la carte "talibans" qu’elle redoute l’influence déstabilisatrice des chefs de guerre, obnubilés par leur pouvoir personnel. Les voix discordantes sont réduites au silence : ainsi, le futur président afghan, Hamid Karzaï, est expulsé de son refuge pakistanais pour avoir manifesté un peu trop vivement son opposition au mouvement taliban...


Peu après son arrivée au pouvoir, en juin 2001, le président Pervez Musharraf lance une vaste opération de "purge" à l'ISI. Les principaux cadres soupçonnés de collusion avec les talibans ou Al-Qaida sont écartés.AFP/BEN STANSALL
L'après 11-Septembre : les réseaux clandestins perdurent
La période post-11-Septembre 2001 marque un tournant crucial pour l’ISI. Sa devise "Foi, Unité, Discipline" est, pour la première fois, sérieusement ébranlée. Avec la "guerre contre le terrorisme" menée par les Etats-Unis s’ouvre le temps des premières purges. Le tout nouveau président pakistanais, Pervez Musharraf, écarte ainsi de l’organisation tous les cadres réputés un peu trop proches, à ses yeux, des talibans et de leurs alliés d’Al-Qaida. Le patron de l’ISI de l’époque, le lieutenant-général Mahmoud Ahmed, est l’un des  premiers à en faire les frais. D'autres suivront, nombreux. Mais hors de tout contrôle étatique, les réseaux clandestins entre ces membres de l’ISI "mis à la retraite d’office" et les islamistes perdurent, voire se renforcent. Au point d’être aussi, voire plus, virulents contre le pouvoir d’Islamabad que contre la coalition internationale en Afghanistan.

Aujourd'hui, le sentiment de "double jeu" persiste
Aujourd’hui, alors qu’Al-Qaida fait face à l'avenir sans son chef historique, Oussama Ben Laden, tué le 1er mai, l'ISI se targue d'avoir contribué à l’arrestation de plus de 700 membres de la nébuleuse terroriste ces dix dernières années, dont celle de Khalid Cheikh Mohammed. Ce dernier s'était autoproclamé cerveau des attentats du 11-Septembre. Une manière de battre en brèche l’idée largement répandue – particulièrement ces derniers jours aux Etats-Unis – d’un "double jeu".

Mais, pour beaucoup, l’ISI, censé être subordonné aux services du premier ministre, échappe au moins en partie à l’autorité du pouvoir politique et demeure étroitement lié à la mouvance islamiste. Un point de vue que partage Eric Denécé, directeur du CF2R : "Depuis des années, les services secrets pakistanais soutiennent, entraînent et financent des groupes terroristes, aussi bien à l’est, côté indien, qu'à l'ouest, où ils ont tout fait pour que l’Afghanistan devienne un pays satellite du Pakistan. Cela s’explique notamment par le fait que l’ISI est largement composé d’officiers farouchement liés à l’islam radical."

L’agence entretiendrait par ailleurs un climat de crainte permanent, aux dires des associations de défense des droits de l’homme qui l’accusent de répression, de torture et d’exécutions sommaires, notamment au Baloutchistan. Sans aller jusque-là, Eric Denécé, lui, évoque le poids de l’agence dans la société pakistanaise, et notamment sur la classe politique : "L’ISI a déjà, à plusieurs reprises, fait et défait la carrière de personnalités qu’il soupçonnait de nuire aux intérêts nationaux – dont il se pose comme l’unique garant –, notamment en laissant filtrer des informations à la presse." Cette omnipotence explique sans doute que, jusqu’à présent, personne n'a jamais osé s'attaquer de front à cette agence hors norme.

Aymeric Janier
Une organisation très structurée
L’ISI, dont le siège, appelé "Point zéro", se trouve dans le quartier du marché d’Aabpara à Islamabad, est la plus grande des trois agences de renseignement du Pakistan. Les deux autres sont le Renseignement militaire et le Bureau du renseignement, centré, lui, sur les activités politiques intérieures et dépendant du ministère de l’intérieur. L'ISI compte huit départements : renseignement humain, contre-espionnage, renseignement électronique, coordination du renseignement Nord (chargé de la maîtrise des conflits au Jammu-et-Cachemire et en Afghanistan), opérations clandestines, exploitation du renseignement, soutien logistique des opérations et formation au renseignement. L’ISI est dirigé par le lieutenant-général Ahmed Shuja Pasha depuis fin septembre 2008. A cette époque, le service comptait, selon les estimations, au moins 25 000 personnes.

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Il me semble utile de citer le groupe de recherche METIS de l'IEP Paris.

Ca m'intéresserait d'avoir des infos sur l'intervention (mentionnée dans Intelligence Online) que Gérard de Villiers y aurait faite le 16 novembre 2009 sur "la géopolitique de SAS", quelqu'un sait si ça peut se trouver ?

Last edited by apokrif (13-09-2011 20:10:09)

Oder so ähnlich.

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Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Bonjour à tous ...
Depuis hier soir sur le journal de 20H de France 2, où ils parlaient des ecoutes telephoniques faite par l'etat ...
et surtout celle qui sont faites par les particuliers ...
Je savais que ça existe mais le site qu'ils ont montré : http://www.gsmespion.com
Il y a de quoi faire froid dans le dos ...
Donc ça existe VRAIMENT ... en plus de nos jours tout le monde à un telephone portable dans les mains ...

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Pour la bibliographie, j'ajouterais les ouvrages des "époux Turenge" de l'affaire du Rainbow Warrior:
* Carnets secrets d'un nageur de combat : Du Rainbow Warrior aux glaces de l'arctique, Alain Mafart
* Agent secrète, Dominique Prieur

Sur la CIA:
* Blowing My Cover: My Life as a CIA Spy, Lindsay Moran, qui parle de la sélection des candidats (extrait), de l'entraînement et du travail de renseignement (qui, dans le cas de l'auteur, consiste à interroger des ressortissants de l'Ex-Yougoslavie qui n'ont rien à dire mais qui arrondissent ainsi leurs fins de mois. L'auteur finit par démissionner, désabusée, surtout quand elle apprend que personne à la CIA ne croit aux accusations portées par les USA contre l'Irak pour justifier l'intervention militaire). J'aimerais savoir comment est organisée la DGSE par rapport à la CIA: le travail de "case officer" (travail de renseignement, à l'étranger, sous couverture diplomatique) de Moran reviendrait-il, à la DGSE, à la division Action (militaires), à des civils d'une division de renseignement...?

Sur le renseignement militaire américain: quelqu'un a-t-il un avis sur Operation Dark heart ? La version en vente est expurgée mais il semblerait que la plupart des coupures soient de peu d'importance (par exemple, le nom de la NSA serait supprimé) et on trouve sur le web quelques pages de la version intégrale (Wikileaks, qui dit avoir un exemplaire de la version intégrale, n'a malheureusement pas publié de patch à ajouter à la version expurgée !)

Last edited by toxic bogoss (09-01-2012 03:03:14)

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Operation Dark Heart n'est pas très bien noté par les reviews sur amazon.com

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Free French a écrit:

Operation Dark Heart n'est pas très bien noté par les reviews sur amazon.com

Les commentaires portent plutôt sur le caviardage du livre, c'est sur le reste que j'aurais aimé un avis. On peut d'ailleurs trouver un ligne quelques pages en version complète (je n'ai malheureusement pas trouvé de "patch" intégral):

http://www.fas.org/sgp/news/2010/09/dark-contrast.pdf
http://www.fas.org/sgp/news/2010/09/dark-contrast.pdf

Des exemples de faits (et plus seulement du nom d'une agence de renseignement) qui ont été retirés:
http://www.armytimes.com/news/2010/10/a … s-100410w/

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Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Je viens de découvrir le site officiel des espions français  smile

http://www.aassdn.org/: "AMICALE DES ANCIENS DES SERVICES SPECIAUX DE LA DEFENSE NATIONALE ( France )
Par l'appellation " Services Spéciaux de la Défense Nationale " ; l'ensemble des Services de Renseignement et de Sécurité ainsi que des Forces Spéciales du Ministère de la Défense et les Services de Renseignement et de Sécurité du Ministère de l'Intérieur, ou d'autres départements ministériels dont les attributions et les missions sont en rapport avec la Défense et la Sécurité de la Nation. ( extrait des statuts )"

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Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Je cherche des infos sur la DSPLE (ex-BSLE), le service de sécurité de la Légion. A part quelques infos, de source peu sûre, sur Wikipedia et dans divers forums, et quelques pages dans le livre de Serge Adam, je n'ai à peu près rien trouvé. Je vais essayer de me procurer l'ouvrage d'Henri Weill qui consacrerait un chapitre à ce sujet, mais quelqu'un sait-il si on peut trouver des infos ailleurs ?

Merci.

Last edited by Charly (13-02-2012 01:12:38)

32

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Un article pour Free French. :)

http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2013/ … ork-times/

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Il y a celui-là aussi http://owni.fr/2011/03/26/les-dessous-d … rcy-anssi/   wink

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Merci à tous les 2

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

FDL a écrit:

Un article pour Free French. smile

http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2013/ … ork-times/

Ca donne presque envie d'en lire, je trouve !

"Moult a appris qui bien connut ahan"

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Ahhh je retrouve ce bon vieux thread pour exprimer ma joie :

L’Elysée annonce un contrôle accru des services de renseignement

10 juin 2013 à 20:24



L’Elysée a annoncé lundi un renforcement du contrôle gouvernemental et parlementaire des services de renseignement français, encore embryonnaire, alors que le débat fait rage en France comme aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne sur les lacunes ou les excès des «services».

Comme le souhaitaient les parlementaires, une «inspection des services de renseignement» verra prochainement le jour, même si la présidence n’en a précisé ni les modalités de fonctionnement, ni la composition, ni même les prérogatives.

Cette nouvelle instance, a-t-elle toutefois assuré, «permettra au gouvernement de consolider le contrôle et l’évaluation sur la politique du renseignement et les services qui en ont la charge».

Pour Jean-Jacques Urvoas, président (PS) de la commission des Lois de l’Assemblée nationale, il s’agit d’une «décision très utile», le gouvernement n’ayant jusqu’à présent d’autre solution que de «s’en remettre à la loyauté de ses fonctionnaires» alors que «l’histoire des services a montré dans le passé qu’elle pouvait être lacunaire».

Le député du Finistère a été récemment à la fois le rapporteur d’une commission d’enquête parlementaire constituée pour analyser les «insuffisances» des services dans l’affaire Merah et celui d’une mission parlementaire sur le contrôle de ces services qui prônait précisément la création d’une inspection.

L’Elysée a indiqué en outre que «le contrôle parlementaire des services de renseignement sera renforcé à travers l’élargissement des prérogatives de la délégation parlementaire au renseignement», sans davantage de détails non plus sur ces nouvelles prérogatives.

Echanges défaillants

Fin mai, après la violente agression d’un militaire à la Défense, le président Hollande avait lui-même souhaité «une meilleure coopération» et un meilleur échange d’informations entre les services, jugeant que ces échanges avaient pu être «défaillants» dans le passé.

Parmi les mesures annoncées lundi, figure aussi la prochaine publication d’une version déclassifiée d’un document exposant la «stratégie nationale du renseignement» alors que jusqu’à présent, le «plan national d’orientation du renseignement» restait totalement confidentiel.

Ces ouvertures interviennent alors que l’efficacité de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) a été mise en cause dans l’affaire Merah.

A l’étranger, un énorme scandale vient d’éclater aux Etats-Unis avec des révélations du Washington Post et du Guardian britannique sur des programmes secrets de l’Agence nationale de sécurité (NSA) américaine.

Il s’agirait du recueil de données téléphoniques aux Etats-Unis par l’opérateur Verizon et d’un programme, baptisé Prism, d’interception des communications d’internautes hors des Etats-Unis, sur neuf réseaux sociaux dont Facebook.

Ce scandale a éclaboussé la Grande-Bretagne où le Premier ministre David Cameron a été interrogé lundi sur l’accès à Prism dont aurait bénéficié les services britanniques, refusant du reste de répondre.

La communauté française du renseignement compte près de 11.000 collaborateurs. Les principaux services sont, outre la DCRI, la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), la Direction du renseignement militaire (DRM) et la Direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD).

Historiquement, la réputation des services français reste durablement entachée par le souvenir des affaires Ben Barka, l’opposant marocain enlevé à Paris en 1965, ou du Rainbow Warior, le bateau de Greenpeace coulé en 1985 par des agents de la DGSE.

Jusqu’à présent, le Parlement français disposait de deux organes de contrôle: la Commission de vérification des fonds spéciaux qui s’élèvent à 60 millions d’euros par an et sont affectés par l’Etat aux services et la Délégation parlementaire au renseignement (DPR).

Cette dernière s’intéresse plus particulièrement au budget, à l’activité générale et à l’organisation des services.

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Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Pour Free French, un (mauvais, désolé) article du Monde sur Gérard de Villiers qui ne prend même pas la peine de cacher son profond mépris pour le sujet dont il traite. Un petit exemple : vomir Bernard-Henri Lévy, entre autres, serait l'apanage du «mâle blanc du siècle dernier». A moins qu'il ne faille considérer BHL comme une relique appartenant au siècle dernier, je considère au contraire que c'est un devoir pour n'importe qui en possession d'un cerveau de le vomir. Bref.

http://www.lemonde.fr/le-magazine/artic … 16923.html

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
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Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Merci !

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

ZdI a écrit:

Comme l'ont récemment souligné le Canard Enchaîné et le blog Bug Brother, les services de renseignement français, parmi lesquels la DGSE, publient régulièrement un certain nombre de documents relatifs à leurs besoins de fonctionnement, dans le cadre des marchés publics. Ces informations sont librement et légalement accessibles à l'ensemble des entreprises et citoyens intéressés, mais également aux services de renseignement étrangers, aux intentions plus ou moins bienveillantes.

http://zonedinteret.blogspot.fr/2013/09 … tives.html

« la propagande frontiste que distille apokrif sur Wikipedia. Sans oublier son petit blog de faf. » (Pierre-L)
« Il y a assez de mots dans la langue française pour dire ce qu'on a besoin de dire. » (mon grand-père)

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

« Le SDECE utilisait SAS pour faire de la désinformation, c'était la mode à l'époque. Par lui, on faisait passer des messages. Marenches raffolait de ça »

A peu près la même chose que ce que Volkoff  dit sur l'origine de son roman Le Montage...

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Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

La NSA a mis en ligne (mais avec beaucoup de caviardages) les archives de l'un de ses journaux internes:

http://www.nsa.gov/public_info/declass/cryptologs.shtml

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Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

P.H a écrit:

L’exposition « Expionnage, les espions se livrent »  retrace les relations entre littératures et renseignements. Pour l'occasion, la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) a accepté de dévoiler certains de ses documents et objets.

Des sous-vêtements féminins à poches secrètes, des montres appareils photos, des machines à écrire pour transcoder, des endoscopes pour regarder par les serrures de porte : bienvenue à la BILIPO, la bibliothèque des littératures policières de Paris. Jusqu’au 24 mars 2014, celle-ci se métamorphose en annexe des services secrets français, le temps d’accueillir l’exposition « Expionnage, les espions se livrent »

http://www.defense.gouv.fr/actualites/a … patrimoine

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Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Bouh a écrit:
FDL a écrit:

Un article pour Free French. smile

http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2013/ … ork-times/

Ca donne presque envie d'en lire, je trouve !

La traduction française de l'article du NYT:
http://www.courrierinternational.com/ar … avait-trop

(attention, il faut recoller les URL, car j'ai dû modifier les liens pour que mon message ne soit pas bloqué par le logiciel du forum)
Ce n'était pas le premier article dans le genre: w ww.liberation.fr/grand-angle/010189925-sas-merci-des-renseignements

A la radio:
w ww.rtl.fr/emission/rtl-soir/ecouter/rencontre-avec-l-auteur-de-sas-gerard-de-villiers-l-invite-de-18h35-vendredi-5-avril-7760133839
w ww.franceculture.fr/emission-le-tete-a-tete-gerard-de-villiers-2013-03-24

Gérard de Villiers connaît les lieux, mais il ferait des bourdes:

w ww.journaldumali.com/article.php?aid=5521

http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2013/ … ent-177623

groups.google.com/forum/?fromgroups#!topic/fr.misc.droit/CvWiMTbk7Jo

Last edited by Apokrif le retour (24-11-2013 20:12:58)

« la propagande frontiste que distille apokrif sur Wikipedia. Sans oublier son petit blog de faf. » (Pierre-L)
« Il y a assez de mots dans la langue française pour dire ce qu'on a besoin de dire. » (mon grand-père)

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Une thèse de sociologie sur le milieu du renseignement des Etas-Unis (comporte une parodie d'À la poursuite d'Octobre rouge, également disponible ici): http://media.philly.com/documents/Nolan … tation.PDF

« la propagande frontiste que distille apokrif sur Wikipedia. Sans oublier son petit blog de faf. » (Pierre-L)
« Il y a assez de mots dans la langue française pour dire ce qu'on a besoin de dire. » (mon grand-père)

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Reportage récent sur la DGSE dans le Figaro Magazine:
http://www.calameo.com/books/0010423537b73e985dca6

Je suis surpris de voir sur une table ce qui ressemble à un smartphone: on dit pourtant que ces appareils, même éteints, sont des passoires piratables par tous les bouts.

http://www.gnurou.org/writing/smartquestionsfr

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Papa Pingouin a écrit:

Reportage récent sur la DGSE dans le Figaro Magazine:
http://www.calameo.com/books/0010423537b73e985dca6

Meilleur lien (téléchargeable en PDF): http://www.defense.gouv.fr/dgse/tout-le … es-secrets

This sentence no adverb.

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

le film sur Edward Snowden "CitizenFour" qui a eu l'oscar du meilleur documentaire est disponible en ligne gratuitement et légalement

https://archive.org/details/LauraPoitrasCitizenfour

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

« Exclusif : 24 heures dans la vie d'une espionne de la DGSE »

http://madame.lefigaro.fr/societe/dgsep … 0215-94803

« "Jean-Marie Le Pen's racism {{citation needed}}" est quand même énorme. » (Free French)
« Tu as beau prendre de haut tout le monde ici » (FDL)

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Ne pas oublier que les civils du boulevard Mortier ne constituent pas la seule force de frappe de la DGSE et que les missions (et la vie) des militaires du Service Action (composé du CPIS (ex-11e Choc), CPEOM et CPES) s'apparent le plus aux mythes du James Bond ... Voici une bibliographie riche à ce sujet.

Histoire du 11ème Choc : Résistance, Indochine (GCMA), Algérie

  • Services spéciaux : armes, techniques, missions (1950 - 1954)

  • Le 11e Choc, d'Eric Huitric

  • Le 11e Choc, d'Erwan Bergot

  • Commandos de choc en Indochine

  • Opérations spéciales - 20 ans de guerres secrètes : Résistance, Indochine, Algérie

  • 11e Choc - 1er Choc : l'école des Forces Spéciales

  • Guerre secrète en Indochine : Les maquis autochtones face au Viêt-Minh

  • Les services secrets en Indochine

Histoire des nageurs de combat de la DGSE :

  • Nageurs de combat, de Bob Maloubier

  • Mission Oxygène

  • Carnets secrets d'un nageur de combat

Divers :

  • Aux services de la République : Du BCRA à la DGSE

  • Service Action : Un agent sort de l'ombre

  • La Guerre de l'ombre des Français en Afghanistan: 1979-2011

  • Mort pour la Françafrique

Last edited by Xanto (30-05-2015 21:35:39)

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Louis Lepron a écrit:

Est-ce que Mission : Impossible – Rogue Nation est réaliste ? À cette question, les réponses d’un agent secret [Pierre Martinet] avec qui on est allés voir le film.


On est allés voir le nouveau Mission : Impossible avec un agent secret
par Louis Lepron | 2 months ago

Il se tient face à nous. Un blouson de moto cintré, un regard droit, une poignée de main franche : Pierre Martinet, ancien agent de la direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE), vient de débarquer devant le cinéma. Il nous rejoint, on entre dans la salle obscure. L’idée ? Aller voir Mission : Impossible – Rogue Nation afin d’identifier et d’analyser son réalisme et, en parallèle, en savoir davantage sur le monde caché des espions.

Deux heures et douze minutes plus tard, sa première réaction est positive : “On ne s’ennuie pas, ça passe vite, pas de longueurs, pas trop d’effets spéciaux, plus axé sur l’humain. Plus réaliste, à part deux trois trucs”. Voilà le point de départ d’une longue discussion.

K | Est-ce que vous pouvez vous présenter ?

Pierre Martinet | Je suis entré dans l’armée en 1982 et suis devenu instructeur et moniteur parachutiste, avec aujourd’hui plus de 4500 sauts à mon actif. Côté armement, j’avais un niveau en tir assez élevé. J’ai poursuivi en accédant à la DGSE, qui n’est qu’une continuité de ce que j’ai fait. J’étais militaire au Service Action, avec une formation un peu spéciale, commando. De fil en aiguille, si on tient physiquement et psychologiquement, on peut aller partout. Le Service Action, c’est un peu le Graal. Beaucoup de monde y postule, très peu y arrivent.

    “Je les ai vus arriver. Deux commandos d’une trentaine d’hommes avec les cheveux mi-longs, aucune trace de la tenue réglementaire ni d’arme apparente [...]. C’était la deuxième fois que je croisais les hommes du Service Action, et je pensais que, décidément, si je voulais de l’action, c’était avec eux qu’il fallait être.” [Extrait de DGSE Service action : Un Agent sort de l'ombre, 2005]

L’une des scènes les plus connues du film, avant même sa sortie, voit Tom Cruise s’agripper à un avion au décollage. C’est possible ?

Je l’ai déjà fait. L’avion était à 4000 mètres d’altitude, la porte de gauche était ouverte, je suis sorti. C’était un Lockheed C-130 Hercules. Je me suis tenu, j’avais le pied sur la margelle et, juste avant de partir, je me lâche. Je m’en fous : j’ai un parachute et le Hercules – je pense que dans le film c’est la même chose – possède un déflecteur qui s’ouvre quand on veut larguer des gens. Il permet d’avoir moins de vent.

Dans le film, Tom Cruise s’accroche à un Airbus A400M Atlas. Ce qu’il fait est difficilement possible à 4000 mètres ; pour que cela fonctionne, il faut que la porte soit ouverte et que le déflecteur soit mis. En tous cas, c’est fidèle aux anciens films de la série.

Tom Cruise l’a jouée en vrai, à 1500 mètres d’altitude.

Oui, je sais qu’il réalise toutes ses cascades, et c’est bien fait. Un autre exemple intéressant, ce sont les armes fabriquées. Ce sont des fusils qui peuvent exister.

Le fait de pouvoir fabriquer une arme à partir d’un objet ?

Oui, on en faisait nous.

À partir d’instruments de musique par exemple ?

Voilà. Ça ressemblait à tout sauf à une arme.

Donc le mec qui confectionne un fusil grâce à une clarinette, c’est possible ?

Oui, c’est totalement faisable. L’idée, c’était de faire rentrer des choses cachées. À la DGSE, il y avait une cellule qui fabriquait ces armes. On ne peut pas en faire à partir de tout et n’importe quoi mais de nombreuses compositions sont possibles. Dans les années 80, il y avait des pistolets dans les stylos : c’était du 22 Long Rifle et on pouvait tuer quelqu’un à bout portant.

La technologie, ce héros


Il y a un aspect très important dans la franchise Mission Impossible, c’est la technologie au service de l’espion. Est-ce que ça se passe comme ça dans la réalité ?

Aujourd’hui le niveau technologique est très élevé, entre les Israéliens, les Russes, les Américains et les Français. Mais il y a deux choses à différencier avant d’allier technologie et espionnage. D’abord, quel est le type de mission. Il y a des missions qui demandent peu de moyens, donc on va être le plus dénudé possible histoire de passer inaperçu et, si le besoin se fait ressentir, on fabrique sur place ou bien on se fait livrer. Avec des petits avions de tourisme, des parachutes, on se fait remettre ce qu’on veut.

Il y aussi les missions qui demandent des moyens et c’est ce qu’on peut voir dans Mission: Impossible – Rogue Nation : technique d’approche, de manipulation et de l’action aussi, s’il faut tuer des gens par exemple. Aussi, on a des services techniques qui nous permettent d’accomplir beaucoup : on infiltre des réseaux, on hacke des données.


Y a-t-il de plus en plus de missions qui mélangent opérations virtuelles, comme hacker des données, et opérations de combat ?

Oui, il y a les deux maintenant. La menace est double, à la fois technique et à la fois dénuée de technique : il faut savoir gérer les deux, être très polyvalent.

Vous avez appris ça à la DGSE ?

Non, parce qu’on ne peut pas être comme ça. Un Ethan Hunt, si on en tient un comme ça, il ne faudrait jamais le lâcher.

Mais finalement, il est toujours accompagné d’une équipe.

Exact. Si je devais traduire une “mission impossible” en exemple concret, ça donnerait ça : on a une target dans une chambre d’hôtel et on sait qu’il a des infos qu’on doit piquer sur son ordinateur.

Donc on va monter une opération avec :

    des hackers ;
    des serruriers ;
    des mecs de terrain pour faire de la filature ou de la sécu.

Ce ne sera pas quatre mecs mais entre 15 et 20 personnes. Ça va demander du travail en amont, des infiltrations, du in/out, etc. Dans le film, tout se déroule en deux heures mais dans la réalité, ça peut demander six mois. Finalement, Mission: Impossible – Rogue Nation respecte la division du travail sur la base de la technicité, il y a toujours une équipe, l’équipe Mission Impossible.

À la DGSE, vous réalisiez des “renseignements à fin d’action”, aka des “RFA”. Ça consistait en quoi ?

À monter des dossiers d’action à partir d’un renseignement sur des bâtiments ou des personnes afin de les neutraliser. C’est beaucoup de surveillance, beaucoup de nuits passées dehors, de vidéos, de filatures, beaucoup de notes afin de trouver une habitude pour cerner la cible. C’est fastidieux, c’est long. Si le mec en question est un danger pour la France, deux options se présentent : soit il est arrêté, soit il est mort.

    “Si ce mec est un ennemi de la République ; d’un coup de cutter, je lui ouvre la carotide et on n’en parle plus. Ça fera faire des économies aux contribuables. Il passe certains soirs par la même petite rue…” [Extrait de DGSE Service action : Un Agent sort de l'ombre, 2005]

La torture, cette épée de Damoclès

Comme dans le film, l’espion peut se retrouver seul, dans une situation délicate, celle de la torture. Ça vous est déjà arrivé ?

En Libye il y a quatre ans, en mai 2011. J’ai été enlevé par des islamistes. On a été torturés et ils ont tué mon copain [Pierre Marziali, ndlr] qui était avec moi. C’était pour le privé. On faisait du renseignement pour un État, on avait une mission là-bas. Ce n’est évidemment pas comme dans le film.


Vous vous attendiez à être enlevé ?

Ah non. Mais dès que l’on combat dans un pays en guerre, tout peut arriver, la mort comme un enlèvement. On a été détenus pendant une dizaine de jours.

On est entraîné pour ça ?

Bien sûr, oui. J’ai suivi beaucoup d’entraînements au cours desquels on est poussé dans nos retranchements. On apprend à se retrouver prisonnier. Mouillé, attaché, frappé, des nuits entières à genoux. L’entraînement doit se rapprocher de la réalité et dans toutes les unités spéciales, il est très poussé. C’est pour ça que parfois, au cours d’entraînements, il y a des accidents, des morts.

    “Léon [notre instructeur] était un musicien du calibre et il avait sa propre partition. Elle s’appelait ‘ploum-ploum… ploum !’. Quand vous tirez, n’oubliez jamais : deux balles dans le buffet… ploum-ploum et on finit par un balle dans la tête… ploum !” [Extrait de DGSE Service action : Un Agent sort de l'ombre, 2005]

Il y a des stages qui durent parfois deux mois. On est beaucoup testé pour voir nos réactions, si on est déstabilisé. Même si c’est un entraînement, on est fatigué, on ne mange presque pas pendant des semaines, on est déstabilisé psychologiquement. Je ne pensais pas que ça m’arriverait réellement un jour, neuf ans après être parti de la DGSE. Mais tout se remet en place très vite : les réflexes sont toujours là, après 20 ans de service. C’est en nous. C’est une sorte de deuxième peau.

Concrètement en Libye, comment est-ce que vous avez fait face ?

Je me suis conditionné à tenir et j’essayais de jouer avec mes interlocuteurs. Quand on est enlevé et que l’on se retrouve face à son interrogateur, il faut apprendre à varier entre l’empathie et la résistance. Un moment donné, c’est allé loin. Ils faisaient des simulacres d’exécution. C’est une sorte de jeu : c’est quitte ou double. Depuis les événements du 11 septembre, la plus grosse partie du job des agents du Service Action, c’est le Sahel. Les agents sont formés pour savoir réagir à ces enlèvements.
BMW, frontières et géopolitique

En regardant le film, y a-t-il des scènes qui vous ont rappelé des souvenirs ?

Je n’ai jamais fait de telles missions avec de grosses motos où on se fait tout le temps tirer dessus. J’ai jamais roulé dans des BMW non plus. Par contre c’est une globalité, c’est un état d’esprit, une ambiance similaire.

La grande différence entre le film et la réalité, c’est que Ethan Hunt et sa clique franchissent les frontières comme s’il n’y en avait pas. Aujourd’hui, on ne peut pas prendre l’avion et faire passer une arme. Après nous on sait le faire. On a même pu tester la pénétration dans des centrales nucléaires et on est allé au bout. Ça nous a pris six mois mais on a réussi.

Au-delà de cet aspect, on est tous attirés par ces films : les Mission Impossible, les James Bond, les Jason Bourne, on les a tous vus. Ce sont des personnages qui nous parlent dans notre métier.

Dans le film, le MI5 britannique n’est pas au courant qu’une mission de la CIA se déroule sur son propre territoire : c’est quelque chose de plausible ?

Oui. Quand j’étais à Londres pour une mission de la DGSE, le MI5 ne le savait pas. Et parfois je me suis même demandé si on ne travaillait pas à plusieurs sur la même cible. Un moment, on avait Abou Hamza al Masri [ancien imam britannique connu pour ses prêches intégristes, une opération montée en 1998 et 1999, ndlr] comme cible, on était sûr qu’il était aussi filé par les renseignements britanniques.

Tout reste en haut lieu. Après le 11 septembre il y avait une cellule “DGSE-CIA” à Paris, mais ça n’empêchait pas la CIA d’avoir des agents clandestins comme moi je l’étais pour la France. Ce qui est important c’est de conserver la notion de clandestinité et c’est pour cette raison que personne ne sait qui on est. Quand on part en mission, il n’y a aucun lien entre la vraie et la fausse identité.

Dans le film, il est dit que les pays ne sont jamais alliés, et travaillent ensemble seulement s’ils ont des intérêts en commun. Comment vous l’analysez ?

Il n’y a aucun accord. C’est de la géopolitique : nos amis du jour sont nos ennemis du lendemain, et c’est déjà arrivé. C’est l’obscurantisme de la géopolitique, on peut très bien aider les deux camps, ou être dans les deux camps. Tout dépend des intérêts économiques qu’on a.

Quand on voit le job et les révélations autour de la NSA, il n’y a pas d’amis dans ce milieu. C’est franco-français de s’étonner que nos amis nous espionnent. La NSA a été inventée pour espionner le monde entier, c’est ce qu’elle fait. C’est une question de culture. Américains, Russes, Israéliens ont moins de scrupules que nous, ils ne se posent pas de questions. Et les Français font pareil, avec certes beaucoup moins de moyens.

    La France compte six agences de renseignement : la DGSE,  la DGSI, la Direction du Renseignement militaire (DRM), la Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières, Tracfin (Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins) et la Direction de la Protection et de la Sécurité de la Défense (DPSD). En 2014, son budget était de 1,98 milliard d’euros avec 13 000 personnes.

    Les États-Unis possèdent 17 agences du renseignement pour 100 000 personnes et un budget de 55 milliards de dollars en 2013 dont 14,7 milliards pour la CIA.

D’un magasin (extra)ordinaire à Vienne

Il y a une scène au début du film dans laquelle Ethan Hunt débarque dans un disquaire pour récupérer des infos. Est-ce que ce genre de lieu existe dans la réalité ?

C’est pas tout à fait comme ça mais oui, ça existe. On a des gens dans le civil, souvent des anciens militaires, qui travaillent pour nous et qui servent de référent ou de répondant. On peut aller chez eux si besoin. Ils sont ce qu’on appelle des “réservistes”. Cela existe au même titre que la “safe house” [un lieu qui fait office de refuge pour les espions, ndlr].

Une partie du film se passe à Vienne : à quoi vous fait penser cette ville ?

C’est la guerre froide qui ne s’est jamais arrêtée. Londres, c’est pareil. À l’époque on disait que la ville qui comptait le plus d’agents était Paris.

Mais 25 ans après l’effondrement du bloc soviétique, Vienne semble toujours être un point d’ancrage pour les espions en Europe.

C’est exactement comme le Caire après la Deuxième Guerre mondiale où il y avait pas mal d’espions. Il y a des cités qui garderont cette identité. Vienne fait partie de cette “légende”, c’est une ville référence pour les échanges.

Dans un article de Libération de 2012, on apprend que c’est une ville où il est très facile de se procurer de faux passeports.

À Paris aussi, aucun problème. Quand j’opérais pour la DGSE, il suffisait de récupérer une carte d’identité volée ou fausse et on arrivait à se faire des passeports. Je ne sais pas aujourd’hui mais je pense que tout est possible. Si les mafieux ont des faussaires, on en avait directement à la DGSE. Il y a même des formations spéciales : savoir concevoir des faux papiers, voler du courrier, l’ouvrir pour mieux le reposer sans laisser de traces. J’ai fait ça pendant longtemps et il y a beaucoup de techniques.

D’égal à égale

Dans le nouveau Mission : Impossible, Tom Cruise rencontre une espionne, Ilsa Faust, qui est son égale. Première question à ce propos : est-ce que les femmes sont aussi présentes que les hommes dans le milieu de l’espionnage ?

Ce n’est pas un univers masculin : il y a beaucoup de femmes dans les services. Après, tout dépend des postes, si ça demande des qualités physiques hors-normes, très peu de femmes seront présentes. En revanche le métier d’agent, il n’y a pas de différence même s’il y a majoritairement des hommes. Ça m’est arrivé de partir en mission avec une nana. Souvent, ça passe mieux.

Pourquoi ?

On se fond mieux dans le paysage. Ça fait couple. En 2000, je m’étais fait arrêter par les flics à Londres alors que j’étais en filature. C’est une vieille qui nous a dénoncés parce qu’elle trouvait louches deux mecs qui ne bougent pas d’une voiture pendant deux heures.

Il faut presque plus se méfier des riverains que des flics…

Exactement. En 1997 une équipe du Mossad [l’une des trois agences de renseignement d’Israël, ndlr] s’était fait gauler en Suisse. Ils étaient en train de brancher des dérivations sur une ligne téléphonique dans un immeuble. Il y avait une équipe technique et une équipe pour la sécu qui se la jouait couple. Sauf qu’une vieille qui regardait par la fenêtre ne trouvait pas le couple très naturel. Elle a appelé les flics.

Comment est-ce que vous gériez votre travail avec votre famille ?

Je mentais. Ils m’ont découvert quand j’ai sorti mon premier bouquin [Service Action : Un agent sort de l'ombre, septembre 2005, ndlr]. Sauf qu’à l’époque je vivais avec une femme qui faisait le même métier que moi.
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Vous l’avez rencontrée à la DGSE ?

Elle était dans le même service.

Donc ça peut arriver d’avoir des couples d’agents secrets ?

Oui, bien sûr. Ça peut poser problème parfois quand on est tous les deux “actifs”. Parce qu’il y a les “opérationnels” et les “administratifs”. Si ta femme est au bureau, c’est différent, elle peut avoir accès à ce que tu fais mais tu es quand même obligé de lui mentir. Par sécurité on ne peut pas savoir. Au sein des services, tout est cloisonné. Je ne savais jamais ce que faisait mon pote du bureau d’à côté.
La schizophrénie de l’espion

Comment on réagit quand on est grillé ?

On ment aux flics, on se casse, on change de passeport et on évite de revenir pour quelque temps.

La technique c’est d’avoir une double identité ?

C’est une vraie double vie, avec tout ce que cela peut comporter : un appartement, un métier, un quartier à connaître, savoir si le patron du café du coin a une moustache, une fausse femme, des amis qui ne nous connaissent que sous un faux nom. On a plusieurs personnages, plusieurs identités. Mais ce n’est pas comme dans Mission : Impossible – Rogue Nation : eux, ils changent tout le temps d’identité. Nous, on pourrait le faire mais ça demande beaucoup de temps et de travail.

Quand on a une identité, il faut qu’il y ait du vrai derrière. Il faut que pendant 48 heures on soit capable de répondre à toutes les questions s’il y a un simple interrogatoire de police. La première caractéristique de l’agent, c’est de savoir mentir naturellement et que ça fasse vrai.

    “Avoir une nouvelle identité était une chose. Se créer la légende qui allait avec était indispensable [...]. Votre légende, c’est votre gilet pare-balles. Plus elle est épaisse plus on mettra de temps à vous percer à jour. J’étais entré dans la phase schizophrène de l’agent” [Extrait de DGSE Service action : Un Agent sort de l'ombre, 2005]

C’est ce qu’il se passe dans le film d’ailleurs : il y a un détecteur de mensonges et un des personnages ne laisse rien paraître.

Exactement. Et même quand il s’énerve, ça reste naturel.

C’est quelque chose qu’on apprend ?

En réalité, on apprend à être quelqu’un d’autre. Certains ont cette faculté, d’autres pas parce qu’ils ne savent pas mentir à leur femme, à leur fils, à leur famille, ils ne peuvent pas, ils ne savent pas. Moi je vis comme ça depuis 25 ans. Même là, dans le privé, c’est mon métier.

Dans le cadre de votre première phase de votre stage d’un an à la DGSE, vous expliquez dans votre livre que vous avez été “démilitarisé”.

Oui, parce que quand on a une attitude de militaire, ça ne passe pas. Le premier but de la formation c’est de “civiliser” le militaire. De façon à ce qu’il passe partout. On avait une expression pour ça : on disait qu’il avait une “tête de slip”.

Est-ce que vous pouvez parfois être à la limite de la schizophrénie ?

On ne peut pas être agent de 8h à 18h et puis, hop, revenir. C’est impossible. Moi on m’appelait plus souvent Florent que Pierre. Maintenant, quand j’entends “Florent”, je me retourne. Ça laisse beaucoup de traces, il y a des personnes qui finissent mal. J’ai une amie qui est dans un sale état. Elle me disait : “Quand je me regarde dans la glace je me crache dessus”. Si on ne prend pas conscience que l’on n’a pas suivi une voie conventionnelle, ça peut être dangereux.

C’est un peu comme un acteur qui n’aurait jamais fini de jouer.

Exactement. J’ai fait un peu de théâtre, j’ai pris des cours : j’ai pas vu la différence.

Il peut y avoir des réflexes de langages et de comportements qui reviennent ?

Je suis toujours alerte. Je suis pas parano mais une fois que c’est inscrit en nous, ça le reste. L’observation est très importante : être aux aguets, c’est une chose qu’on ne peut pas enlever.
Agent, pour quoi faire ?

Finalement, quels seraient vos points communs avec Ethan Hunt ?

Le fil conducteur que l’on a tous, c’est l’adrénaline, l’excitation de la mission. Aussi, on reste des militaires : on travaille pour la France, on est fier de savoir qu’on va sauver des gens et qu’on va empêcher des attentats.

La discipline et la hiérarchie sont toujours présents dans les services de renseignement. Partout il y a un chef, mais l’esprit est différent : on amène plus notre vision et notre réflexion dans une mission. Intrinsèquement on a des dispositions que d’autres n’ont pas. On est capable de nager, courir, tirer, se débrouiller en informatique, maîtriser les langues. On est complet, on peut tout faire : sport de combat, parachutisme, etc.

Moi j’étais instructeur dans tous ces niveaux-là, sauf en langues où j’étais mauvais. Ce qui rend humble c’est que dans une formation on touche à tout, on peut pas être au top niveau partout mais on est au-dessus de la moyenne partout.

Est-ce qu’il faut avoir l’esprit solitaire ?

Solitaire oui mais pas au sens péjoratif du terme, pas anti-social, pas ermite. C’est être capable de partir trois semaines, deux mois, six mois, seul. Les unités spéciales aujourd’hui agissent rarement de cette manière : elles partent en équipe avec un chef. Moi je partais seul. Ou on partait en équipe, quatre, mais on ne se voyait jamais. On croisait notre boss, on échangeait des infos comme dans les films. Maintenant ça se fait avec des clefs usb ou autre chose.

C’est ce qu’on voit dans les Mission Impossible : des gens seuls, sans famille ni enfants.

Oui : finalement, on a des vies familiales assez dissolues. Moi j’en suis à mon troisième mariage, je ne suis jamais chez moi.

Les agents ont plus de spontanéité, plus de sang-froid par rapport à un militaire, non ?

Oui, parce qu’on est seul. On doit savoir prendre des décisions. Moi je me suis retrouvé seul dans les pays de l’Est où il fallait que je décide. Quand je piquais du courrier à une des maîtresses de Karadzic [Radovan Karadži?, homme politique de la république serbe de Bosnie, ndlr], j’avais le feu vert mais c’était à moi de décider si le moment était propice ou pas. J’étais dans le hall, et la décision se prend instantanément. On ne s’en aperçoit pas parce qu’on est habitué à ça. Ça fait partie de notre vie.

Il n’y a pas forcément de réflexion dans l’action : c’est donc presque inné ?

Primo, on est fait pour ça. Secundo, il y a le “drill” [les manoeuvres, les exercices, ndlr] on fait ça tout le temps. Quand les mecs du GIGN rentrent dans l’Airbus en 94 [lors de la prise d'otages du vol 8969 Air France en décembre 1994, ndlr] ils y vont comme n’importe qui prend son métro pour aller bosser le matin. On appelle ça un acte réflexe. On restitue ce que l’on a appris. Quand on forme les gens sur un plan technique, la mission c’est 25%. Tout le reste ce n’est que de l’entraînement.

Vous ne vous êtes jamais dit à un moment : “Merde je vais y passer” ?

Non, j’ai toujours été sûr de moi. Parfois on prend ça pour de l’arrogance mais non, c’est de l’entraînement au quotidien. Parce que si on se laisse aller, on perd en efficacité, on va avoir des doutes, de là on va stresser et de là on va avoir des mauvais gestes qui vont engendrer un drame. C’est dans les sports comme le parachutisme que l’on apprend cette rigueur : la moindre erreur peut être fatale.
L’espion, plus que jamais utile en 2015

Vous avez quitté la DGSE en 2002, ça avait un rapport au 11 septembre ?

Aucun rapport. Mais je me suis posé la question de savoir à quoi on servait.

Est-ce que l’espion a beaucoup changé depuis cet attentat ?

Oui, c’est très axé sur la lutte contre le terrorisme. À l’époque on travaillait sur des filières, maintenant c’est plus concentré. C’est moins sur les têtes de réseaux parce que si on les connaît, elles ne durent pas. Le travail est axé sur le Sahel mais il y a toujours des gens au Yémen, sur Al-Qaïda, en dehors de l’Europe. C’est le but des services de renseignement, amener un maximum d’infos pour prendre les bonnes décisions et empêcher des attaques en France.

Les agents, sont-ils plus que jamais utiles qu’aujourd’hui ?

Ils ont toujours été utiles. Mais en 2015 c’est très particulier. L’état du monde est très incertain. L’information est donc vitale, parce qu’avant d’avancer un pion, il faut savoir où il va aller. C’est le principe du renseignement économique. Quand je vois les Français s’insurger que la NSA les espionne, ça me fait rire parce que je sais que c’est pour prendre de bonnes décisions. Quoi qu’il en soit, je ne sais pas comment on va s’en sortir.

Une dernière question : est-ce qu’à un moment donné vous vous êtes dit que vous étiez dans une mission impossible ?

Non jamais. Sauf quand j’étais pris en otage, je pensais que c’était fini. C’était pas “impossible” mais fini. Je me voyais partir.

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« Tu as beau prendre de haut tout le monde ici » (FDL)