Topic: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

J'aimerais savoir si certains d'entre vous connaissent des techniques d'espionnage ?
En effet, je sais qu'il existe des moyens pour pouvoir écouter quelqu'un au travers de son téléphone portable, ou de surveiller sa femme lorsqu'elle essaie de nous tromper.
Je sais aussi, mais j'arrive pas à en trouver, des sites qui proposent des traçages GSM.
Il y a également les moyens de détecter si on est écouté par téléphone ou s'il y a des micro chez nous.
Il y a enfin les façon de pirater les ordinateurs, ça je sais pas faire du tout.
Y a t il des gens portés sur ce genre de trucs ? Ca m'intéresserait d'avoir vos avis, des liens ou des mails sur le sujet.
Merki !

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Hummm je profite de ta question pour donner de nombreuses ressources documentaires et bibliographique sur l'histoire et les techniques d'espionnage :

Voici d'abord une biblographie que je recommande pour bien s'informer sur le sujet :

- Dans les archives inédites des Services Secrets de Bruno Fuligni et Collectif
- Le grand livre de l'espionnage de Gérard Desmaretz
- Histoire mondiale de l'espionnage de Eric Denécé et Gérald Arboi ou bien Renseignement et espionnage dans la Rome antique de Rose Mary Sheldon et Alexandre Hasnaoui, ou encore (sur la guerre de 14-18) Guerres mondiales et conflits contemporains, N° 232, Décembre 200 : Renseignement et espionnage en 1914-1918 de Jean-Claude Allain et Collectif
- Espionnage Industriel de Frederic P. Miller, Agnes F. Vandome et John McBrewster
- Les secrets de l'espionnage français de 1870 à nos jours de Pascal Krop
- Et encore d'autres ouvrages didactiques sur l'espionnage

Ensuite, tu as beaucoup de discussions sur l'espionnage sur le forum :

- Guerre froide et espionnage
- Les services d'espionnages de la CIA
- Discussion sur le concours pour devenir agent secret et pour intégrer les services d'espionnage de la DGSE
- divers évènement d'actualité impliquant des question d'espionnage : Le pentagone piraté par la Chine, écoutes et cambriolages de journalistes en série, la désinformation hez Renault.
- Y a-t-il une législation permettant des assassinats par les services secrets en France ?
- La question du fichage des citoyens par les services de police secrète
- Les manipulations médiatiques et la contre-information
- La guerre et l'intelligence économique
- Wikileaks
- James Bond

http://www.horreur.net/img/bluevelvet_pic1.jpg

Last edited by Spymasta (27-02-2009 01:54:28)

"In heaven, everything is fine." (the Lady in the Radiator)
"You'd never guess...There was a fish... in the percolator."
"I like to remember things my own way... not necessarily the way they happened."

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Merci beaucoup !

C'est déjà pas mal. J'aurais aimé avoir également des fournisseurs d'outillages d'espionnage, avez-vous des adresses ?

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

De rien.

J'oubliais : Un peu de cinématographie d'espionnage avant les outils mon cher ^^

"In heaven, everything is fine." (the Lady in the Radiator)
"You'd never guess...There was a fish... in the percolator."
"I like to remember things my own way... not necessarily the way they happened."

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Merci quand même wink

Last edited by James Bond (27-02-2009 02:21:25)

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

woahhh j'avais pas vu ce fil !

Très bon pour les paranos du forum comme moi. En plus j'y connais rien.

Ah nan j'oubliais, ça va foutre les chokotes à ceux qui ont peur d'être surveillés par nos amis des RG/DST/DGSE.

D'ailleurs s'ils nous lisent, je voulais leur dire : je vous aime, laissez moi tranquille !
bouaaahahahahahaha

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Je viens de faire un tour sur un site poposant des outils d'espionnage. C'est complètement ouf !
Je sens que je vais flancher pour le stylo détecteur de micros et de faux billets ! lol

Alors, concernant les outillages d'espionnage, voici ce qui est le plus génial :

- Tout d'abord, l'incontournable à tout bon voyeur espion qui se respecte : La mini caméra espion
- Ensuite, le must des beaux gosses : La montre caméra espion
- La classe : le stylo espion.

Sinon, vous avez également les portables enregistreurs, mais il faut l'acheter prêt et "l'offrir" à la personne que l'on veut tracer. Autrement dit, efficace que avec des gros pigeons conrairement aux outils sus mentionnés qui sont beaucoup plus indétectables et donc efficaces.

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Qu'est ce qu'on se marre avec toi Gamby...

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

En plus des charmants stylo/vidéos ou mini dictaphone et autre que tu trouves sur ebay chez des revendeurs chinois pour une poignée de dollars, tu peux t'essayer au phone spying (un espion parle un anglais, c'est bien connu, ian a pas inventé james pour des pommes) : http://www.spy-safetyphone.com/, http://www.korben.info/transformez-un-i … one.html), Track me/Trace me, Mobile tracker.

M'enfin bon.

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Bon, allez un ptit coup de pouce.

Pour le tracking GSM, t'as intérêt à avoir un ami chez un opérateur, sinon c'est galère mais tu peux éventuellement pirater les satellites, ça redevient à la mode.

Pour les lignes dures, si tu as un accès physique c'est plus simple regarde du côté des box : beige box, black box et autres.

Pour le hack, c'est tellement vaste que je peux pas te dire grand chose comme ça, mais si tu veux t'y mettre, deux choses :

1) Apprends à programmer (je te recommande le C, le php/mysql et le python).
2) Ca s'apprend tout seul, traîne un peu sur IRC éventuellement mais si tu poses tes questions comme ici, tu vas te faire jeter.

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Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

stalky a écrit:

Bon, allez un ptit coup de pouce.

Pour le tracking GSM, t'as intérêt à avoir un ami chez un opérateur, sinon c'est galère mais tu peux éventuellement pirater les satellites, ça redevient à la mode.

Pour les lignes dures, si tu as un accès physique c'est plus simple regarde du côté des box : beige box, black box et autres.

Pour le hack, c'est tellement vaste que je peux pas te dire grand chose comme ça, mais si tu veux t'y mettre, deux choses :

1) Apprends à programmer (je te recommande le C, le php/mysql et le python).
2) Ca s'apprend tout seul, traîne un peu sur IRC éventuellement mais si tu poses tes questions comme ici, tu vas te faire jeter.

OMG UN 1337 H4XX0R 111!!!!1!11!

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

traîne un peu sur IRC tu comprendras

un habitus de brave comptable

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

>hack the gibson
>send spike

>>spike sent

un habitus de brave comptable

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Quelqu'un sait-il si ça existe un programme que l'on installe sur téléphone portable à partir de l'ordinateur téléchargeable sur internet pour avoir le même effet qu'un nokia spy phone, parce qu'offrir un portable déjà préparé c'est trop grillé.

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Parmi les boulots des agents, il y a celui de l'information, désinformation, provocation. Il n'y a pas que les agents qui le font, mais également tout un ensemble de cabinets de lobbying, toutes les boites de communication, et un certain nombre d'associations ou d'ONG qui sont en sous main les pantins d'intérêts qui veulent rester discrets. Voilà un exemple.

Une ingérence trop visible
Affaire Freeman : le Lobby israélien vacille
par John J. Mearsheimer*

Alors que la coalition qui a porté Barack Obama à la Maison-Blanche s’entredéchire, le Lobby israélien (AIPAC) est parvenu à écarter l’ambassadeur Freeman de la présidence du Conseil du Renseignement national. C’est que, depuis plusieurs années, Chas Freeman est le leader d’un courant, au sein du département d’État et de la CIA, qui tente de recentrer la politique de Washington au Proche-Orient sur les intérêts nationaux US. Il a organisé la publicité autour du livre critique des professeurs John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt, il a aidé à la conclusion des contrats pétroliers entre la Chine et l’Iran, il a organisé l’invitation du président Ahmadinejad à l’université de Columbia et, plus récemment, a apporté son soutien à l’envoyé spécial de l’ONU dans les Territoires palestiniens Richard Falk. Pour lui barrer la route, le Lobby israélien l’a accusé de servir les intérêts saoudiens et chinois ce qu’il ne pouvait démentir sauf à révéler son rôle exact au sein des services de renseignement US. Cependant, l’action trop visible du Lobby israélien contre un membre éminent de la Communauté du Renseignement US a eu pour effet de mobiliser celle-ci contre lui.

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21 mars 2009

Depuis
Washington

Thèmes
« Administration Obama : le changement dans la continuité »

   
Le professeur John J. Mearsheimer. M. Freeman avait une remarquable carrière de trente années au service de la diplomatie et du ministère de la Défense, mais il a critiqué publiquement la politique israélienne et la relation spéciale que les États-Unis entretiennent avec ce pays, disant, par exemple, au cours d’un discours prononcé en 2005, qu’« aussi longtemps que les États-Unis continueraient à lui fournir de manière inconditionnelle les financements et la protection politique qui rendent l’occupation israélienne et la politique violente et autodestructrice [pour Israël ndt] que cette occupation génère, il y aura très peu de raisons, voire strictement aucune raison, d’espérer que quoi que ce soit qui pût ressembler au défunt processus de paix puisse être ressuscité ». Des mots tels que ceux-là sont rarement prononcés à Washington, et quiconque les utilise est quasi certain de ne pas accéder à une responsabilité gouvernementale de haut-niveau. Mais l’amiral Dennis Blair, le nouveau directeur du Renseignement national, admire beaucoup Freeman, qu’il estimait être exactement le genre de personne capable de revitaliser les milieux du renseignement, qui avaient été extrêmement politisés, durant les années Bush.

Mis en émoi, comme c’était prévisible, le Lobby israélien a lancé une campagne de diffamation à l’encontre de Freeman, dans l’espoir que, soit il démissionnerait de lui-même, soit il serait renvoyé par Obama. Le Lobby tira sa première salve sous la forme de l’affichage d’un texte, sur un blog, par Steven Rosen, un ancien responsable de l’Aipac (American Israel Public Affairs Committee), aujourd’hui mis en examen pour avoir transmis des secrets à Israël. L’opinion de Freeman sur le Moyen-Orient, disait-il, « est celle que vous attendriez du ministre des Affaires étrangères saoudien, auquel il est, du reste, très lié ». Des journalistes pro-israéliens de grand renom, comme Jonathan Chait et Martin Peretz, du bimensuel The New Republic, et Jeffrey Goldberg du mensuel The Atlantic, se joignirent très vite à la meute, et Freeman fut pilonné par des publications qui défendent en permanence Israël, comme The National Review, The Wall Street Journal et le Weekly Standard.

Le véritable coup de chaud, toutefois, provint du Congrès, où l’Aipac (qui se qualifie lui-même de « Lobby pro-israélien de l’Amérique ») détient un pouvoir écrasant. Tous les membres républicains de la Commission sénatoriale du Renseignement sont tombés à bras raccourcis sur Freeman, comme l’ont fait des sénateurs démocrates tels que Joseph Lieberman et Charles Schumer. « J’ai exhorté je ne sais pas combien de fois la Maison-Blanche à l’écarter », a dit Schumer, « et je suis heureux qu’ils aient fini par faire la seule chose qu’il y avait à faire ». Même histoire à la Chambre des représentants, où la charge fut menée par le républicain Mark Kirk et le démocrate Steve Israel, qui poussa Blair à déclencher une enquête impitoyable au sujet des finances de Freeman. Finalement, la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, déclara que la nomination de Freeman était abusive. Freeman aurait pu survivre à cette curée, si la Maison-Blanche l’avait soutenu. Mais les basses flatteries qu’avait faites Barack Obama au lobby israélien durant la campagne électorale et son silence assourdissant durant la guerre contre Gaza montrent que le Lobby n’est pas, pour lui, un opposant qu’il s’aviserait d’affronter. Donc, sans surprise, il resta silencieux, et Freeman n’eut d’autre choix que de se démettre.

Depuis lors, le Lobby a déployé d’énormes efforts pour dénier son rôle dans la démission de Freeman. Le porte-parole de l’Aipac, Josh Block, a dit que son organisation « n’avait pas pris position sur cette question et qu’elle n’avait exercé aucune action de lobbying auprès du Capitole à son sujet ». Le Washington Post, dont la page éditoriale est dirigée par Fred Hiatt, un homme totalement voué à la pérennisation de la « relation spéciale » [entre les États-Unis et Israël, ndt] a publié un éditorial affirmant que le fait de mettre en cause le Lobby dans la démission de Freeman relevait des seuls rêves « de M. Freeman et de théoriciens du complot du même acabit ».

En réalité, les preuves de la profonde implication de l’Aipac et d’autres partisans fanatiques d’Israël dans la campagne visant Freeman sont surabondantes. Block a reconnu avoir parlé de Freeman à des journalistes et à des bloggers, et leur avoir donné des informations, toujours après s’être mis d’accord avec eux afin que ses commentaires ne lui soient jamais attribués à lui personnellement, ni à l’Aipac. Jonathan Chait, qui a nié qu’Israël ait été à l’origine de la controverse, avant le limogeage de Freeman, a écrit, après coup : « Bien sûr, je reconnais que le lobby israélien est puissant et qu’il a été un élément clé dans la curée contre Freeman, et que ce lobby n’est pas toujours une puissance bénéfique ». Daniel Pipes, qui dirige le Middle East Forum, où Steven Rosen travaille aujourd’hui, a envoyé prestement une lettre circulaire par mél, portant aux nues le rôle joué par Rosen dans l’éviction de Freeman.

Le 12 mars, soit le jour où le Washington Post a publié son éditorial raillant quiconque ayant suggéré que c’était le lobby israélien qui avait grandement contribué à évincer Freeman, ce même journal a publié un article en première page, décrivant le rôle central que le Lobby avait joué, dans cette affaire. Il y avait aussi un commentaire d’un journaliste chevronné, David Broder, qui commençait ainsi : « L’administration Obama vient de subir une défaite embarrassante de la part de ces lobbyistes-mêmes que le président a juré de remettre à leur place. »

Les détracteurs de Freeman maintiennent que son opinion concernant Israël regardait d’autres que lui. On dit de lui qu’il a des relations particulièrement étroites, voire peut-être même inappropriées [pour un diplomate, ndt] avec l’Arabie saoudite, où il a été, par le passé, ambassadeur des États-Unis. Cette charge n’a pas porté, toutefois, car il n’existe aucune preuve pour l’étayer. Les supporters d’Israël ont dit, aussi, qu’il avait fait des remarques dépourvues de toute compassion à propos du sort qu’avaient connu les manifestants chinois sur la Place Tiananmen de Pékin [en 1989, ndt], mais cette accusation, que les défenseurs de Freeman contestent, a été tirée du sac uniquement parce que les détracteurs pro-israéliens de Freeman étaient en quête de n’importe quel argument leur permettant de salir sa réputation.

Pourquoi le Lobby se préoccupe-t-il à ce point d’une nomination à un poste, certes important, mais certainement pas suprême ? Voici une raison, parmi d’autres : Freeman aurait été responsable de la publication des évaluations des services de renseignement nationaux. Israël et ses partisans états-uniens ont été fous de rage après que le Conseil du Renseignement national eut conclu, en novembre 2007, que l’Iran ne construisait pas la bombe nucléaire, et ils avaient travaillé d’arrache-pied afin de saper ce rapport, ce qu’ils continuent à faire jusqu’à ce jour. Le Lobby veut s’assurer que la prochaine évaluation des capacités nucléaires de l’Iran [par les États-Unis, ndt] parvienne à la conclusion diamétralement opposée, et cela avait bien moins de chances d’arriver, avec Freeman aux manettes. Mieux vaut avoir quelqu’un qui soit dûment estampillé Aipac, pour mener la danse.

Une raison —encore plus importante—, pour le Lobby, de chasser Freeman de son poste, c’est la faiblesse de l’argumentation susceptible de justifier la politique actuelle de l’Amérique vis-à-vis d’Israël, qui rend impératif d’intimer le silence ou de marginaliser quiconque oserait critiquer la relation spéciale. N’eût Freeman été puni, d’autres auraient vu qu’on pouvait critiquer ouvertement Israël et faire carrière brillamment à Washington. Et aussi que, dès l’instant où quelqu’un obtiendrait qu’un débat ouvert et libre s’instaure autour d’Israël, la relation spéciale serait sérieusement compromise.

Un des aspects les plus remarquables de l’affaire Freeman, ce fut le fait que les médias consensuels lui ont accordé très peu d’attention. Ainsi, par exemple, le New York Times n’a pas publié le moindre article au sujet de Freeman jusqu’au lendemain de sa démission, alors qu’une bataille féroce autour de sa nomination avait commencé à faire rage dans la blogosphère, dès la date de ladite nomination. Mais quelque chose s’est produit, dans ladite blogosphère, qui ne se serait jamais produit dans les médias consensuels : le Lobby a été confronté à une réelle opposition. De fait, tout un éventail de bloggers, énergiques, bien informés et hautement respectés, défendit Freeman, dans toutes les péripéties, et ils auraient vraisemblablement emporté le morceau, si le Congrès n’avait pas pesé de tout son poids contre eux. Bref : Internet a permis un débat sérieux aux États-Unis, sur une question impliquant Israël : ce fut une première absolue. Le Lobby n’a jamais eu grand-mal à faire observer la ligne du parti par le New York Times et le Washington Post, mais il a peu de moyens de faire taire les critiques s’exprimant sur Internet.

Lorsque les forces pro-israéliennes étaient entrées en conflit avec une personnalité politique majeure, par le passé, cette personnalité, généralement, avait reculé. Jimmy Carter, traîné dans la boue après qu’il eut publié son livre Palestine : la Paix, pas l’apartheid, a été le premier États-unien éminent à tenir bon et à répliquer. Le Lobby n’a pas pu le faire taire, et ça n’est pas faute, pour lui, d’avoir essayé. Freeman marche dans les brisées de Carter, mais avec plus de pugnacité. Après s’être démis, il a publié une dénonciation au vitriol [1] de « gens dénués de scrupules entièrement dévoués à défendre les vues d’une faction politique d’un pays étranger » dont le but est « d’empêcher par tous les moyens que des opinions un tant soi peu différentes des leurs puissent être diffusées ». « Il y a », avait-il poursuivi, « une ironie particulière dans le fait de se voir accusé d’appréciation inappropriée au sujet des positions de gouvernements et de sociétés étrangers, par un clan si manifestement voué à imposer l’adhésion à la politique d’un gouvernement étranger » [en l’occurrence, le gouvernement israélien, ndt].

La remarquable déclaration de Freeman est parvenue au monde entier, elle a été lue par des personnes innombrables. Cela n’est pas bon, pour le lobby, qui aurait préféré briser dans l’œuf la nomination de Freeman sans laisser d’empreintes digitales. Mais Freeman continuera à s’exprimer au sujet d’Israël et du lobby pro-israélien, et peut-être que certains de ses alliés naturels, à l’intérieur du Beltway, finiront par le rejoindre.

Lentement, mais sûrement, un espace commence à s’ouvrir, aux États-Unis, où il sera possible de parler sérieusement d’Israël.

John J. Mearsheimer

Professeur de sciences politiques à l’université de Chicago. Dernier ouvrage publié : The Israel Lobby and U.S. Foreign Policy (version française : Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine).

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

J'ai hésité sur le topic approprié et finalement je choisis celui-là.

Pour les personnes intéressées par les questions relatives aux services sercrets, je recommande l'ouvrage collectif Histoire secrète de la Vème République sous la direction de Jean Guisnel.

Il est à la fois quasi-exhaustif sur toutes les guerres secrètes que se sont livrés les services secrets des différents pays pendant 50 ans d'Histoire, et synthétique puisque chaque affaire est résumée en quelques pages. L'ouvrage est un bon pavé qu'on avale assez rapidement tant il révèle un nombre assez importants d'affaires qui n'ont jamais franchi le mur médiatique.

Assez allusif sur les techniques d'espionnage et de contre espionnage au sens propre, il n'en est pas moins très instructif sur les fins et les moyens des services.

C'est dans l'ensemble un ouvrage passionnant, à lire impérativement pour ne pas mourir idiot.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

dst  ? qu'est ce ?

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Un bon complément d'enquête sur l'intelligence économique en ce moment.

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Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

bonjour,

voilà comment fonctionne un programme de GSM espion!

Il s'agit de modifier un GSM puis de l'offrir à la personne que vous désirez surveiller. La personne surveillée peut mettre la carte SIM de son choix dans le GSM espion. Si elle change de carte SIM vous serez averti par texto.

pour plus d'informations:
http://www.amazon.fr/gp/search?ie=UTF8& … ative=6746

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Le marché de la jalousie

Posté par Juliette Speranza
le 17 mai 2010 à 10 h 42 min

Il y en a qui investissent dans les vêtements, d’autres dans les voitures, et d’autres dans…  l’espionnage. Fini l’amour libre des années 70, la méfiance à l’égard de l’être aimé n’est plus un tabou. Ce que l’on sait moins, c’est que tout un marché se crée progressivement autour de l’épidémie névrotique. Enquête sur une nouvelle mine d’or.


Surveiller les sms de son conjoint lorsque celui-ci est au toilette ou sous la douche : c’est une tendance qu’avouent plus de la moitié des français. Nadia a, quant à elle, « testé » son mari sur msn, se faisant passer pour une belle inconnue. Par chance, elle est très heureuse du résultat : «  il m’a dit bonjour et m’a ignorée ensuite ! Je suis persuadée qu’il est fidèle maintenant ! »

Les logiciels pour surveiller SMS, appels, et bloquer certaines personnes  foisonnent. Il suffit pour les installer d’avoir accès au téléphone de votre moitié, ce qui n’est, en soi, pas très compliqué ! Le site GSM Espion propose même de transformer son téléphone en micro, de recevoir en copie carbone SMS et MMS sans aucun signe extérieur sur le téléphone cible,  ou encore d’enregistrer des vidéos. Un nouveau logiciel, Google Latitude, est capable de vous indiquer les coordonnées géographiques de vos contacts en temps réel, vous permet de localiser votre conjoint, si il dispose d’un téléphone nouvelle génération. L’amoureux délaissé pourra alors vérifier que la réunion qui finit à 22 heures se déroule dans les locaux de l’entreprise et non dans une chambre de Formule 1 !

L’année dernière, Marie-Anne a dépensé 190 euros en gadgets pour dévoiler au grand jour les frasques extraconjugales de son époux, notamment sur le site gadgetselectroniques.com . On y trouve, pour une soixantaine d’euros, un stylo caméra ou une mini caméra, des mouchards divers, ou encore un stylo micro. « Je n’avais pas le choix, mon mari me trompait et ne me touchait plus depuis plusieurs mois. Je lui ai demandé des dizaines et des dizaines de fois, rien n’y faisait. Je sais que ce n’est pas très moral mais je n’en pouvais plus. »

Pour les férus d’informatique, les forums foisonnent de « techniques » pour récupérer les historiques de conversation msn, skype ou Facebook… Que ceux qui considéraient les correspondances virtuelles, de par leur inaccessibilité, comme la panacée, se détrompent : pour une centaine d’euros, des logiciels espions comme Espion pro, All In One Keylogger,  ou encore SniperSpy, proposent une surveillance complète de l’activité de l’ordinateur, même à distance, et permettent de visualiser les sites internet visités, les photos et textes copiés dans le presse papiers, les programmes utilisés, l’affichage des textes saisis au clavier, et même d’effectuer des captures d’écran ! SniperSpy propose d’ailleurs une installation à distance via une pièce jointe envoyée par mail.

Benjamin, 27 ans, nous a raconté comment il en est venu à espionner son ancienne compagne, chose qu’il regrette profondément aujourd’hui : « Je sortais avec une très belle femme et tout se passait très bien a tous les niveaux. Mais elle passait beaucoup de temps sur l’ordi et  très souvent, quand je m’approchais d’elle, elle cliquait sur une autre page. Puis ça a commencé à m’énerver. J’ai fait installer un programme espion sur l’ordi. En fait, le principe est assez simple: dès qu’on allume l’ordi, le programme espion enregistre chaque 10 secondes, par exemple, la page a l’écran. Puis restait qu’à lire ….J’ai acheté également un mouchard, qui n’est qu’un GPS espion, que j’ai caché dans sa voiture.  Le principe est assez simple, le mouchard enregistre tous les mouvements de la voiture et les temps d’arrêts… Puis, il ne reste qu’à brancher le mouchard sur l’ordi par USB   , et  regarder  les moindres gestes sur Google… Voilà comment j’ai démasqué l’infidélité … »

Ne soyez pas outrés, le pire reste à venir : pour faire tester votre partenaire par un irrésistible (enfin, tout dépend des goûts) tentateur, inutile d’adopter la vie insulaire pendant quelques semaines et de vous exhiber devant quatre millions de téléspectateurs. Des agences spécialisée proposent  des filatures, mais davantage encore, organiser faire une rencontre entre un tentateur ou une tentatrice et votre conjoint, avec enregistrement vidéo.

L’argument de ces agences : il est indispensable d’être sûr de la fidélité de votre conjoint, avant de l’épouser, ou d’emménager avec lui. Chiffres, statistiques, ou analyse de vos doutes, ils feront tout, si vous prenez contact avec eux, pour vous convaincre de la nécessité d’en « avoir le cœur net ». Ils vous offriront, pour plusieurs centaines d’euros, les services d’un « professionnel de la séduction » qui fera ce qu’il faut, implicitement, pour faire passer à l’acte le « prédisposé à l’adultère », et enregistrera les conversations. Pour un reportage vidéo complet, le prix sera triplé. Une chose est sure, être jaloux, de nos jours, ça peut coûter très cher !


Juliette Speranza

Last edited by Gambetta (24-05-2010 22:37:26)

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Petit dossier d'actu sur l'espion qui a écrit un ouvrage sur les services secrets français et qui est maintenant poursuivi pour cela.

Un ancien sous-directeur de la DGSE mis en examen

   
PARIS (AP) — Maurice Dufresse, alias Pierre Siramy, ancien sous-directeur de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) et auteur d'un ouvrage intitulé "Vingt-cinq ans dans les services secrets", a été mis en examen mercredi soir pour "compromission du secret de la défense nationale" et "violation du secret professionnel", a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

L'ancien agent, à la retraite depuis novembre 2009, avait été placé en garde à vue mardi. Le ministère de la Défense avait déposé plainte fin avril après la publication de cet ouvrage. Le parquet de Paris avait ensuite ouvert une enquête préliminaire.

Dans cet ouvrage, Pierre Siramy relate de nombreuses affaires, décrit le recrutement des "sources", les techniques développées... L'ancien responsable de la DGSE s'était signalé après la libération d'Iran de Clotilde Reiss affirmant que cette dernière avait donné des informations sur la situation de ce pays avant qu'elle ne soit arrêtée après des manifestations post-électorales de juin 2009. Paris avait formellement démenti ces allégations. AP

Déballages entre "amis" à la DGSE

Par Jean Guisnel

Les mémoires d'espion sont un genre à part : les anciens des services secrets sortent parfois quelques informations, mais prennent en général la précaution de demeurer dans les généralités, pour éviter de donner des indices qui dévoileraient, soit des noms d'anciens collègues, soit des sources. De la même manière, procédures, méthodes et outils techniques sont généralement sérieusement protégés. Dans un ouvrage publié aux éditions Flammarion, un ancien cadre de la DGSE s'affranchit de ces principes.

Sous le nom de plume de Pierre Siramy, Maurice Dufresse déballe les secrets de famille. Il en connaît vraiment beaucoup, puisqu'il termina en 2009 sa carrière d'un quart de siècle dans la boîte au poste de chef du STA (service technique d'appui) comptant 400 fonctionnaires et gérant 61 millions d'euros de budget annuel. De manière étonnante, il livre des noms d'ex-collègues, en se contentant parfois de la transparence du prénom et de l'initiale du patronyme.

Commérages et accusations

Certaines histoires sont anciennes et déjà connues : le rôle étrange du pseudo-journaliste Michel Lambinet, la bizarre soustraction à la justice, par le ministre Charles Hernu, d'un dossier sur le milicien Paul Touvier ; les accusations sans fondement des paranos délirants du service contre Greenpeace ou le commandant Philippe Rondot ; il n'oublie pas non plus les accusations infamantes contre le gaulliste Lucien Bitterlin. Et on passe les attaques renouvelées contre le résistant Roger Stéphane ou la communiste Marie-Claude Vaillant-Couturier ; ces histoires prennent toutefois un relief particulier sous la plume de l'auteur - tenue par le journaliste Laurent Léger - puisqu'il a eu souvent un accès exceptionnel aux informations détenues par le service.

Mais pourquoi mettre en cause Claude M. - l'initiale dissimule bien mal un ancien journaliste d'un grand hebdomadaire parisien - dont les relations avec la DGSE sont décrites avec un luxe de détails sulfureux ? Son recrutement, ses possibles faiblesses personnelles, ses émoluments, ses activités professionnelles actuelles sont détaillées. Au motif, nous assure l'auteur lors d'un entretien, qu'il représente "un très bel exemple de recrutement. J'ai eu l'occasion de bien le connaître, et il déclare lui-même être membre des services spéciaux. Il se veut spécialiste, il entretient des relations avec les services, et il est transparent. J'ai eu d'autres sources, y compris dans les médias, que je ne citerai jamais !" Seul problème : si Claude M. confirme avoir travaillé pour la DGSE, il assure au Point que "c'est fini depuis longtemps". Après avoir lu les pages le concernant et rassemblé ses souvenirs, il estime : "J'ai connu l'auteur du livre durant deux ans à Paris, jamais à Bruxelles. Ses affirmations à mon égard sont fausses pour l'essentiel." Claude M. assure notamment qu'en avril 1988, il était toujours membre de sa rédaction parisienne, et non pas installé à Bruxelles ; selon ses dires, il n'a jamais eu en main les carnets du milicien Paul Touvier. Et, surtout, n'a pas été recruté dans les conditions décrites par Dufresse, qui, c'est humain, se donnerait le beau rôle dans l'affaire !

Petites habitudes

Au-delà des commérages et des accusations peu convaincantes, notamment contre les hommes politiques de gauche, cet ouvrage est sans doute le premier à livrer autant de détails sur les petites habitudes de la DGSE. On se retrouve à la cafétéria, à la brasserie du quartier, dans les bureaux dont on visite les armoires fortes et leurs procédures de sûreté ; on n'ignore plus rien des formalités d'accès au service des archives, ni des travers de chacun des collègues de l'auteur, qui ouvre avec jubilation la boîte à claques. Mais de la rancoeur fait-on un bon livre ? Et au fait, pourquoi ressent-il un tel rejet envers sa personne ? Il a son explication : "Je suis l'homme qui regarde sous les jupes de la République. Rien de beau à voir, pourtant. Résultat : on m'adresse peu la parole." C'est une explication...

De ce livre, on retient surtout les détails qu'il livre sur le fonctionnement d'une administration qui se débat entre ses fonctions secrètes, ses opérations clandestines et sa bureaucratie. Sans jamais oublier qu'elle est d'abord un outil politique. On découvre au détour d'une page comment le service gère le contact au Soudan avec des islamistes algériens ; comment un politique cherche à faire rémunérer grassement un informateur peu fiable. Le récit inédit d'une réunion de cadres de la DGSE chez Matra - où oeuvre le Lagardère's boy Jean-Louis Gergorin - confirme d'étranges collusions entre les services secrets et une entreprise française en bataille contre une autre (Thomson-CSF, devenue Thalès). Le renseignement technique permet à la DGSE de découvrir que des gendarmes français travaillaient à la traque des criminels de guerre serbes ; ou encore que la DGSE pense qu'effectivement, les moines de Tibéhirine sont morts sous les armes des militaires algériens. Mais le problème de l'auteur, c'est qu'il possède une bribe des informations, au nom du cloisonnement. De celles qui lui passent dans les mains, il peut parler savamment. Les autres, il ne peut que supposer, déduire et extrapoler, ou se reporter à des analyses de presse. Il compense par des conditionnels cette ignorance partielle des activités du service.

Sur cet ouvrage, l'impression générale est mitigée. L'auteur s'est affranchi des règles du secret qu'il avait fait serment de préserver, et se prend aujourd'hui à analyser froidement les poursuites civiles, pénales et administrative que son livre lui fait encourir. Mais peu importe, il assume tout : "Je veux montrer comment ça marche, c'est une manière de montrer ma vraie passion pour mon service. Je ne crois pas que je compromette quoi que ce soit, je me fais l'écho de ce que pensent les gens de l'intérieur." Il avoue candidement que son voeu le plus cher serait que le directeur de la DGSE, le préfet Erard Corbin de Mangoux, lise son ouvrage. Tout en en doutant un peu : "La DGSE n'est pas l'Union soviétique, mais on est parfois en Corée du Nord." Vraiment ? Rassurons l'auteur : un tel ouvrage ne serait jamais paru en Corée du nord.

Dans les coulisses de la DGSE

La fiche d’identité de la DGSE

Création : le 2 avril 1982 en remplacement du SDECE (Service de documentation extérieure et de contre-espionnage).

Directeur général depuis 2008 Le préfet Erard Corbin de Mangoux.

Effectifs : environ 4 500 personnes, dont près de 3 200 fonctionnaires civils et 1 300 militaires.

Budget : 545 millions d’euros en 2009 plus des « fonds spéciaux ».

Recrutement : les civils sont recrutés par concours dans les trois catégories de la fonction publique classique (A, B et C). Les militaires proviennent de l’armée.

Adresse : 141, boulevard Mortier à Paris XXe, www.defense.gouv.fr/dgse.

Pierre Siramy a appartenu pendant vingt-cinq ans à la DGSE, le service français de renseignement extérieur. Il en dévoile les coulisses et le mode de fonctionnement. Loin du mythe des James Bond et autres SAS.

François Labrouillère - Paris Match

Les journalistes et romanciers d’espionnage la surnomment « la Piscine », parce que son siège, une ancienne caserne, est situé boulevard Mortier à Paris, dans le XXe arrondissement, juste à côté de la piscine des Tourelles. Mais ses membres ne disent jamais la Piscine. Entre eux, ils parlent du « Service », de « la Centrale », plus encore de « la Boîte ». Variantes : « ces cons de Mortier » ou « ces cons de la Centrale », quand un agent en poste à l’étranger râle contre les directives de sa hiérarchie.

Pierre Siramy raconte : « La DGSE est un service d’élite. C’est aussi une administration avec ses luttes de clans et ses incohérences : quand vous parlez bulgare, on vous affecte en Amérique latine. Vous maîtrisez des langues rares africaines ? Destination l’Iran. Mais ces défauts, on les retrouve dans toutes les bureaucraties. »

Jeune étudiant en lettres, le futur espion – boulevard Mortier, on préfère dire « officier de renseignement » – s’oriente d’abord vers la marine. Après un tour du monde sur la « Jeanne-d’Arc » et quelques années en mer, les séquelles d’un accident de tir l’obligent, en 1984, à un poste à terre. Ce sera la DGSE. Il rejoint la prestigieuse Direction du renseignement, chargée de tous les rapports et notes confidentielles transmises au gouvernement.
Encore aujourd'hui, il lui est interdit de dévoiler sa véritable identité

Premier pas dans le monde de la clandestinité, le nouvel arrivant se voit attribuer un pseudonyme qui ne le quittera plus. Désormais, pour ses interlocuteurs extérieurs à la Centrale, il sera Pierre Siramy, nom d’un cousin éloigné. Cet alias lui est décerné par le Service de sécurité et le bureau R de la DGSE. Deux structures chargées, à l’époque, de la protection des agents amenés à traiter les « sources humaines » : diplomates, scientifiques, ingénieurs, journalistes, hommes d’affaires, marchands d’armes, etc., auprès desquels sont récoltées secrètement des informations. Aujourd’hui encore, le règlement intérieur de la maison lui interdit de dévoiler sa véritable identité.

A son arrivée au service, l’apprenti espion hérite aussi d’un « numéro de rédacteur » : le matricule 3625. Comme son pseudo, il le conservera pendant toute sa carrière. Il sera sa « signature » anonyme sur tous les documents et rapports rédigés de sa plume. Affecté au « secteur K » du service de contre-espionnage de la DGSE, Pierre Siramy constate vite que le travail à la Boîte n’a pas grand-chose à voir avec les romans d’espionnage.

Chargé d’abord de surveiller les « organisations de masse » de l’ex-URSS, ces associations à l’apparence anodine qui, sous couvert de pacifisme ou d’aide au tiers-monde, relaient alors la propagande de Moscou, le jeune espion commence par jouer les gratte-papiers. Il lui faut apprendre comment rédiger un rapport, évaluer la fiabilité d’un renseignement ou aller à la pêche aux informations dans la masse des archives « secret-défense » de la maison.

Il découvre que tous les renseignements obtenus par la DGSE sont cotés par une lettre et un chiffre. La lettre fait référence à la « source ». A indique qu’elle est très bonne et bien placée. B un peu moins. Le chiffre précise s’il s’agit d’un document (1) ou d’une conversation avec un tiers (2). Exemple : A-1 désigne un document original, directement vu par le traitant. La plus basse notation est F-6 pour un renseignement impossible à recouper, donné par une source inconnue du service ou en cours d’approche. « Savoir lire le renseignement, évaluer sa valeur est la base du métier. Par exemple la cotation B-2 indique un renseignement récolté auprès d’une source de second niveau lors d’une conversation. A vérifier. »
La DGSE dispose de «grandes oreilles» très puissantes

Parmi les outils de la DGSE, il y a aussi les écoutes téléphoniques. Officiellement baptisées « interceptions de sécurité », elles sont dénommées les « Z » ou les « constructions » dans le jargon de la Boîte. Très réglementées, elles doivent, en principe, recevoir l’aval du cabinet du Premier ministre. Avec les stations d’écoute du STR, le Service technique de recherche, la DGSE dispose par ailleurs de « grandes oreilles » très puissantes, scrutant inlassablement les ondes radio, téléphoniques et satellitaires partout dans le monde. Leurs comptes rendus sont sur papier blanc pour les interceptions de messages en clair. Sur papier jaune quand les communications ont dû être décryptées.

Promu chef de la section « contre-ingérence-contre-subversion », l’ancien officier de marine va devenir expert dans l’art de recruter et « traiter » une source. Puis il occupe, à partir de 1996, plusieurs postes clés à l’état-major de la Direction du renseignement, où il verra passer tous les dossiers chauds de la Boîte. « L’une de mes spécialités était les contacts avec les journalistes, indique-t-il. Nous faisons d’ailleurs un peu le même job qu’eux, mais sans carte de presse. Le travail avec les sources prend des années. Il faut établir un rapport de confiance. Au fil des ans, le carnet d’adresses s’épaissit. »
«Les Russes n'hésitent pas à utiliser des Mata Hari pour séduire»

Au risque de décevoir les candidats espions, la DGSE décrite par Pierre Siramy est beaucoup moins « glamour » que les images véhiculées par les James Bond, OSS 117 et autres SAS : « La Boîte est très prude, sauf rares exceptions, une femme ne “traite” jamais un homme et vice versa. Ce n’est pas le cas de certains services concurrents. Les Russes, par exemple, n’hésitent pas à utiliser des Mata Hari pour séduire de possibles sources. »

De plus, les « gros bras » sont loin de constituer la base des bataillons, boulevard Mortier. « Certes, les opérations clandestines menées par des agents surentraînés, harnachés des technologies les plus futuristes ont leur place à la DGSE, reconnaît Pierre Siramy. Mais ces missions, spécialités des services “Action” et “Mission”, ne représentent pas plus de 5 % de nos effectifs et de nos activités. »

En revanche, les « analystes rédacteurs » de la Centrale ont un rôle essentiel, révèle Siramy : « Peu connus, très nombreux, ils ressemblent à des bureaucrates installés au chaud dans des bureaux exigus, parfois des préfabriqués, où ils travaillent bien au-delà des 35 heures, et pourtant ils forment le cœur de la Boîte. Ce sont les analystes qui orientent l’action des postes à l’étranger, formulent les différentes demandes en renseignements, recoupent les informations secrètes récoltées, évaluent leur crédibilité et rédigent au bout du compte les notes destinées aux ministres de la République. Un travail de bénédictin sans qui le renseignement demeurerait une matière stérile ! »
Il devient une sorte de «Q», l'homme qui invente les gadgets de James Bond

A la fin de sa carrière, Pierre Siramy devient le patron du Service technique d’appui de la DGSE, une sorte de « Q » – l’homme qui inventait les gadgets de James Bond –, avec sous sa responsabilité 400 fonctionnaires, militaires ou civils, et un budget de 61 millions d’euros. Aussi n’oublie-t-il pas les « petits métiers » de la Boîte : les « ouvreurs de coffres », capables de venir à bout de n’importe quelle serrure, les couturières, membres du corps des ouvriers de l’Etat, fabriquant sur mesure des sacs ou des vêtements dissimulant du matériel photo ou d’enregistrement, ou encore les imprimeurs, disposant, boulevard Mortier, de tout le matériel pour réaliser de vrais-faux passeports, encres et papiers compris.

Dans le service, également, une palette d’ingénieurs et de techniciens de haut niveau formés aussi bien pour la chimie, l’analyse des images satellitaires que pour l’identification des voix, telles que celle d’Oussama Ben Laden. Point final

Pierre Siramy. L'espion qui parlait trop

25 mai 2010 -

On ne dévoile pas les ficelles du plus secret de nos services de renseignement, la DGSE. Secret défense! Après vingt-cinq ans passés au coeur du système, PierreSiramy a décidé le contraire. Rencontre avec un espion... atypique. Qui risque la prison.

L'info «Clotilde Reiss, contact de la DGSE en Iran»? C'est lui. Pierre Siramy n'en finit plus de révéler les «petits secrets» de notre service d'espionnage à l'étranger. Il y a passé vingt-cinqannées. Et dans un livre paru en mars dernier, il en a raconté les arcanes et les travers. Notamment l'histoire des «dossiers ministres»: ceux qui renferment parfois des infos compromettantes et qui «disparaissent» quand les intéressés entrent au gouvernement. Cet épanchement lui vaut aujourd'hui plusieurs procès, dont un intenté par le ministère de la Défense. «Ils me font la totale», siffle l'ex-agent. La totale, c'est une poursuite pour violation du secret de la défense nationale qui pourrait lui valoir sept ans de prison et 100.000€ d'amende.

Serré, l'interrogatoire!

Combien d'autres secrets se cachent derrière la barbe poivre et sel de Pierre Siramy? On l'imaginerait volontiers donnant les clés de toutes les grandes affaires d'État de ces trente dernières années. De la mort de Robert Boulin à l'affaire Clearstream... On imagine aussi un personnage mystérieux. La faute à la barbe, à l'imper et au feutre mou de la photo sur laquelle il apparaît en couverture de son livre. Pierre Siramy n'est pas ce personnage-là. D'ailleurs, ce n'est pas son vrai nom. C'est l'identité fictive -celle d'un lointain cousin- que la DGSE lui a donnée, à son entrée dans le service. Son vrai patronyme figure sur sa boîte aux lettres! C'est là, devant un modeste pavillon mitoyen, à Saint-Lô, dans la Manche, que nous le retrouvons, entouré de trois petits chiens turbulents, Monsieur, Vermine et Emma. «C'est une grande joie de vous rencontrer!». Les mots font sourire. Pierre Siramy, c'est d'abord un bouquet d'amabilités. Un ton sucré, agréablement désuet, qui surprend. Désarme. Comme ses réponses. Peu de mots qui, parfois, nous ont laissé tout penaud. Interrogatoires serrés, évaluations, débriefings: l'homme connaît la musique.

En 1986, des notes annonciatrices

La carrière de l'espion débute à Brest, en 1979. À l'école militaire de la Flotte. Pierre Siramy y devient officier de la Royale. «Un rêve», qui lui laisse le temps d'écrire. Une autre passion. Son job: à bord du Vauquelin, escorter les SNLE (sous-marins nucléaires lanceurs d'engins) de l'Ile Longue et écarter les puissances étrangères indésirables. Mais un accident, lors d'un exercice de tir de mortier, le ramène définitivement à terre. Il postule à laDGSE. Banco. En 1984, en pleine guerre froide, le voilà dans la peau d'un agent secret, affecté au «contrôle des journalistes véhiculant la doctrine soviétique». Puis ce sera le bureau des affaires réservées, l'état-major de la direction du renseignement et, finalement, la direction technique et tous ses «gadgets». En vingt-cinq ans, l'agent Siramy est passé du bureau de simple rédacteur à celui de sous-directeur. De la chute du mur de Berlin - «J'avais lu des fiches, en 1986, annonçant de très lourds changements à l'Est...»- aux attentats du 11septembre 2001 - «On les a vécus, comme tout le monde, en direct, effarés». C'est aussi au service qu'il a rencontré sa femme. Une espionne, forcément. L'interview se poursuit dans un restaurant italien... sous une photo du film «Les tontons flingueurs». «Cela me suit partout», sourit l'ancien agent, qui porte les premiers coups de fourchette à une copieuse assiette de jambon et foie gras. De son passé, il évoque quelques moments forts. Les hurlements des moines de Tibéhirine sur le message de revendication des ravisseurs. Sa course, derrière la voiture du patron, pour lui remettre en mains propres les photos satellite prouvant que l'histoire des armes de destruction massive irakiennes, servie par les Américains, était bidon. «L'idée d'en découdre avec l'Irak ne déplaisait pas à tout le monde...».

Trois crises cardiaques

Il y eut aussi des camarades pris en otage ou tués. Sa demande refusée pour aller en poste au Liban. «Vous en savez trop», lui a répondu son chef, en guise d'explication. Celui qui est parti à sa place sera assassiné. «Il agissait sous identité fictive. On n'a pas pu officiellement déclarer sa mort. Cela a été terrible». Et puis il y eut ces pépins de santé. À54 ans, après trois crises cardiaques, un triple pontage et un cancer du poumon, l'espion a été contraint de prendre une retraite anticipée. Rideau? Non. Si vous passez devant le petit pavillon de l'espion à Saint-Lô, vous avez toutes les chances de l'apercevoir derrière la baie vitrée du salon. À ses côtés, un ordinateur portable connecté à internet, quatre téléphones et un téléviseur verrouillé sur LCI. L'espion est à son bureau. Au bureau. Toujours à prendre le pouls du monde. «25 ans dans les services secrets», Pierre Siramy. 340 p, 21€. Flammarion.

Les dossiers secrets de la DGSE
Les dossiers secrets de la DGSE

Mitterrand, Chirac, Rocard, Hernu, Dumas, Joxe... des dossiers sensibles, de tous bords.

François Labrouillère - Paris Match

La DGSE lui avait donné le nom de code « Satanic ». En 1985, la calamiteuse affaire Greenpeace où un photographe a été tué en Nouvelle-Zélande dans le dynamitage – par le service « Action » – du bateau de l’organisation écolo est la première affaire d’Etat que côtoie Pierre Siramy. « J’ai été missionné pour débusquer les sources des journaux ayant révélé l’opération », se souvient-il.

Le Service lui soumet alors une liste de journalistes parmi lesquels Edwy Plenel (alors au « Monde »), Georges Marion et Claude Angeli (du « Canard enchaîné ») ou encore Jacques-Marie Bourget (de « VSD » avant de rejoindre « Paris Match »). Il doit aussi se renseigner sur le ministre de l’Intérieur, Pierre Joxe, son frère, Alain, et leurs proches, parce que c’est son ministère qui a transmis aux Néo-Zélandais le numéro de téléphone d’alerte de la DGSE trouvé sur les faux époux Turenge.
«Nous avons mis des années à nous remettre de l'affaire Greenpeace»

Deux proches collaborateurs de Siramy, un colonel et un ancien nageur de combat, vont par ailleurs être brutalement évincés de la DGSE, suspectés d’avoir été trop bavards. « L’affaire Greenpeace a fait beaucoup de mal à la Boîte, déplore Siramy. Le Service a été le jouet d’hommes politiques n’assumant pas leurs responsabilités. Nous avons mis des années à nous en remettre. Aujourd’hui encore, la DGSE est hantée par le fantôme de Greenpeace, ses directeurs hésitant à s’engager dans des opérations un peu audacieuses par peur du scandale. »

En mai 1988, quand François Mitterrand est réélu à l’Elysée, Pierre Siramy se voit confier une tâche urgente : collecter dans l’heure tous les documents secrets concernant le nouveau Premier ministre, Michel Rocard, et les sortir des archives officielles du Service. Le dossier Rocard est particulièrement épais, eu égard à son passé gauchiste au PSU, le Parti socialiste unifié. Mais c’est la règle à la Boîte : à chaque changement de gouvernement, la DGSE « purge » ses archives des papiers pouvant être gênants pour les nouveaux ministres.
Le dossier de Roland Dumas sur les frégates de Taïwan... irrémédiablement égaré!

Ils sont remis au directeur général qui les stocke dans un coffre sécurisé. Ils retrouveront leur place dans les rayonnages du boulevard Mortier une fois que les mêmes ministres auront quitté le gouvernement. Parfois, ces documents top secret se perdent en route. Ce sera le cas du dossier de Roland Dumas, en 1993, qui évoque, entre autres, l’affaire des frégates de Taïwan ! Irrémédiablement égaré après son départ du Quai d’Orsay !

Au printemps 1990, Pierre Siramy doit faire le tri de pièces sensibles datant de la Seconde Guerre mondiale : des documents de la Gestapo, du SD allemand et du BCRA, le Bureau central de renseignements et d’action de la France libre. Un voyage dans les secrets de la Résistance et des services allemands où apparaissent les noms de Klaus Barbie ou Paul Touvier.

Siramy découvre alors qu’en décembre 1983, en pleine instruction du procès Barbie, Charles Hernu, ministre de la Défense, s’est fait remettre, en mains propres, l’ensemble des documents de la DGSE concernant ce dossier explosif. Bien après sa démission du ministère, en 1985 (suite à l’affaire Greenpeace), il les a conservés jusqu’en février 1988 dans le coffre de sa mairie de Villeurbanne. Se gardant bien de les communiquer au magistrat de l’affaire Barbie qui en avait fait la demande.

Si «l'affaire» était sortie, c'était un scandale d'Etat

Pour quelles raisons ? Charles Hernu s’en était expliqué au numéro deux de la DGSE : « J’ai vu que certains documents pouvaient nuire à deux personnes, non de mon bord mais aujourd’hui patrons de presse ou personnalités médiatiques. » Enquête faite, Pierre Siramy tombe sur les noms de deux personnes, aujourd’hui décédées : une ancienne résistante, ex-épouse d’un député communiste, présentée comme un « agent de grande classe » par l’ancien chef de la Milice de Lyon ; et un journaliste-écrivain de la Résistance, peu connu du public, cofondateur d’un hebdomadaire et ami de François Mitterrand, qui aurait été en relation avec les Allemands. Si « l’affaire » était sortie, c’était un scandale d’Etat.

Fin 2001, notre espion est consulté par le général Dominique Champtiaux, alors numéro deux de la DGSE, pour savoir s’il connaît une banque japonaise, la Tokyo Sowa Bank. Pierre Siramy sait seulement que ce dossier est traité par le magistrat Gilbert Flam, dont la femme est alors une adjointe de Bertrand Delanoë, maire de Paris. Ce sont les développements de la ténébreuse affaire du prétendu compte de Jacques Chirac, démenti par lui mais qu’une source de la DGSE à Tokyo croyait pouvoir situer dans cette Sowa Bank.

Le dossier rebondit en 2006 quand de nombreux documents de l’enquête sont saisis au domicile du général Rondot, dans le cadre de l’affaire Clearstream. Pierre Siramy est cité, sous sa véritable identité, dans un mémo rédigé par un membre du Service. Facilement reconnaissable, il figure ensuite dans le livre « L’incroyable histoire du compte japonais de Jacques Chirac » (éd. Les Arènes) des journalistes Nicolas Beau et Olivier Toscer. L’officier de renseignement ne décolère pas : c’est la première fois, en vingt-cinq ans de carrière et de dossiers chauds, qu’il apparaît à la lumière.
François Labrouillère Point final

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Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

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Last edited by OZ (09-07-2011 16:09:26)

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Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Ses déclarations sur Clotilde Reiss, afin de faire parler de lui et de faire vendre son bouquin, étaient vraiment pas judicieuses et pas classes du tout...  Ca va pas jouer en sa faveur dans les poursuites qu'il encoure en tout cas.

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Je verse à ce thread sympathique ce petit article sur l'ISI, les services secrets pakistanais, exécutant des basses oeuvres d'Al CIAda :

http://www.lemonde.fr/international/art … _3210.html


Pakistan : l'ISI, un service de renseignement puissant et contesté
LEMONDE.FR | 10.05.11 | 16h19  •  Mis à jour le 10.05.11 | 16h23


Le dernier acte de la traque du chef suprême d’Al-Qaida, Oussama Ben Laden, tué le 1er mai, a relancé les spéculations sur le rôle trouble joué par l’Inter-Services Intelligence (ISI), les services secrets pakistanais. Retour sur l'histoire de cette organisation tentaculaire, souvent qualifiée d’"Etat dans l'Etat".



Hors des frontières du Pakistan, l’ISI véhicule, depuis quelques années, les fantasmes les plus divers, alimentés par sa proximité supposée, et parfois avérée, avec certains groupes islamistes de premier plan. Cette réputation sulfureuse, la plus grande des trois agences de renseignement du pays (voir encadré) la doit essentiellement à son passé. Elle lui vaut régulièrement les coups de semonce de "l’allié" américain.

1948 : naissance au sortir de la première guerre contre l'Inde
L'ISI est fondé en 1948 par un officier de l'armée britannique, le major-général Cawthome, dans la foulée de la création de la République islamique du Pakistan par Muhammad Ali Jinnah. L'organisation est née de l’échec du renseignement lors de la première guerre contre l’Inde en 1947-1948. A l’époque, les deux pays sont engagés dans une lutte sans merci. Objectif : la conquête du Jammu-et-Cachemire, vaste Etat montagneux situé dans le nord de l’Inde, mais dont Islamabad lui dispute la souveraineté.

Pendant les trente années qui suivent l’indépendance du pays, acquise le 15 août 1947, l’ISI se concentre sur le renseignement intérieur, notamment dans les provinces contiguës du Baloutchistan (sud-ouest) et du Sind (sud-est), en proie à des tensions nationalistes récurrentes. Cependant, les autorités pakistanaises commencent la décennie 1970 échaudées par trois conflits avec le grand rival indien (1947-1948, 1965, 1971) qu’elles considèrent comme une menace grandissante pour la sécurité nationale. Elles prennent conscience de la nécessité d'avoir recours plus largement au renseignement extérieur. Le "basculement" s’opère véritablement en 1979.

1979-1989 : le "grand jeu" afghan
Cette année-là, l'ISI se trouve propulsé en première ligne. Non seulement il est chargé par le président d’alors, Muhammad Zia-ul-Haq, de surveiller les activités des organisations chiites sur le territoire en écho à la révolution islamique iranienne survenue en février. Mais il est aussi et surtout confronté au coup de force militaire des Soviétiques chez le voisin afghan, fin décembre. De cette époque troublée, l’ISI, agence exclusivement militaire et sous tutelle du ministère de la défense pour son budget, conservera une double casquette : celle du renseignement intérieur et celle du renseignement extérieur.

"C’est en cela que ce service extrêmement puissant, qu’il convient de placer sur le même plan que l’armée de terre, l’armée de l’air et la marine, se démarque de la CIA [Central Intelligence Agency] américaine et de la DGSE [Direction générale de la sécurité extérieure] française, lesquelles ne travaillent qu’à l’extérieur. L’ISI, lui, est également très implanté sur le territoire, même si cela ne fait pas partie de ses objectifs prioritaires", souligne Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R).

La guerre qui fait rage en Afghanistan pendant près de dix ans renforce le tropisme extérieur de l'ISI. En coulisses, appuyée par la CIA, qui l’utilise comme "paravent", l’agence mène bataille contre l’Armée rouge. Elle soutient les mouvements de résistance à l’occupant soviétique, dont ceux de Jalaluddin Haqqani, de Gulbuddin Hekmatyar – avec lequel elle entretient des liens étroits – et de feu le commandant Massoud. Une section spéciale est même créée pour assurer le suivi de la situation sur place. Au total, plus de 10 000 combattants auraient été formés sous le couvert de l’ISI. Et le retrait de l’URSS en 1989 ne change pas fondamentalement l'engagement des services secrets pakistanais, toujours soucieux d’installer à Kaboul un régime "ami".

A partir de 1994 : la carte "talibans"
Ce n’est qu’en 1994 que l’ISI va se tourner vers les talibans. A l'époque, l'agence vient alors de "lâcher" Gulbuddin Hekmatyar en raison de son implication dans l'attentat du 26 février 1993 contre le World Trade Center à New York. L’organisation joue d’autant plus volontiers la carte "talibans" qu’elle redoute l’influence déstabilisatrice des chefs de guerre, obnubilés par leur pouvoir personnel. Les voix discordantes sont réduites au silence : ainsi, le futur président afghan, Hamid Karzaï, est expulsé de son refuge pakistanais pour avoir manifesté un peu trop vivement son opposition au mouvement taliban...


Peu après son arrivée au pouvoir, en juin 2001, le président Pervez Musharraf lance une vaste opération de "purge" à l'ISI. Les principaux cadres soupçonnés de collusion avec les talibans ou Al-Qaida sont écartés.AFP/BEN STANSALL
L'après 11-Septembre : les réseaux clandestins perdurent
La période post-11-Septembre 2001 marque un tournant crucial pour l’ISI. Sa devise "Foi, Unité, Discipline" est, pour la première fois, sérieusement ébranlée. Avec la "guerre contre le terrorisme" menée par les Etats-Unis s’ouvre le temps des premières purges. Le tout nouveau président pakistanais, Pervez Musharraf, écarte ainsi de l’organisation tous les cadres réputés un peu trop proches, à ses yeux, des talibans et de leurs alliés d’Al-Qaida. Le patron de l’ISI de l’époque, le lieutenant-général Mahmoud Ahmed, est l’un des  premiers à en faire les frais. D'autres suivront, nombreux. Mais hors de tout contrôle étatique, les réseaux clandestins entre ces membres de l’ISI "mis à la retraite d’office" et les islamistes perdurent, voire se renforcent. Au point d’être aussi, voire plus, virulents contre le pouvoir d’Islamabad que contre la coalition internationale en Afghanistan.

Aujourd'hui, le sentiment de "double jeu" persiste
Aujourd’hui, alors qu’Al-Qaida fait face à l'avenir sans son chef historique, Oussama Ben Laden, tué le 1er mai, l'ISI se targue d'avoir contribué à l’arrestation de plus de 700 membres de la nébuleuse terroriste ces dix dernières années, dont celle de Khalid Cheikh Mohammed. Ce dernier s'était autoproclamé cerveau des attentats du 11-Septembre. Une manière de battre en brèche l’idée largement répandue – particulièrement ces derniers jours aux Etats-Unis – d’un "double jeu".

Mais, pour beaucoup, l’ISI, censé être subordonné aux services du premier ministre, échappe au moins en partie à l’autorité du pouvoir politique et demeure étroitement lié à la mouvance islamiste. Un point de vue que partage Eric Denécé, directeur du CF2R : "Depuis des années, les services secrets pakistanais soutiennent, entraînent et financent des groupes terroristes, aussi bien à l’est, côté indien, qu'à l'ouest, où ils ont tout fait pour que l’Afghanistan devienne un pays satellite du Pakistan. Cela s’explique notamment par le fait que l’ISI est largement composé d’officiers farouchement liés à l’islam radical."

L’agence entretiendrait par ailleurs un climat de crainte permanent, aux dires des associations de défense des droits de l’homme qui l’accusent de répression, de torture et d’exécutions sommaires, notamment au Baloutchistan. Sans aller jusque-là, Eric Denécé, lui, évoque le poids de l’agence dans la société pakistanaise, et notamment sur la classe politique : "L’ISI a déjà, à plusieurs reprises, fait et défait la carrière de personnalités qu’il soupçonnait de nuire aux intérêts nationaux – dont il se pose comme l’unique garant –, notamment en laissant filtrer des informations à la presse." Cette omnipotence explique sans doute que, jusqu’à présent, personne n'a jamais osé s'attaquer de front à cette agence hors norme.

Aymeric Janier
Une organisation très structurée
L’ISI, dont le siège, appelé "Point zéro", se trouve dans le quartier du marché d’Aabpara à Islamabad, est la plus grande des trois agences de renseignement du Pakistan. Les deux autres sont le Renseignement militaire et le Bureau du renseignement, centré, lui, sur les activités politiques intérieures et dépendant du ministère de l’intérieur. L'ISI compte huit départements : renseignement humain, contre-espionnage, renseignement électronique, coordination du renseignement Nord (chargé de la maîtrise des conflits au Jammu-et-Cachemire et en Afghanistan), opérations clandestines, exploitation du renseignement, soutien logistique des opérations et formation au renseignement. L’ISI est dirigé par le lieutenant-général Ahmed Shuja Pasha depuis fin septembre 2008. A cette époque, le service comptait, selon les estimations, au moins 25 000 personnes.

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Il me semble utile de citer le groupe de recherche METIS de l'IEP Paris.

Ca m'intéresserait d'avoir des infos sur l'intervention (mentionnée dans Intelligence Online) que Gérard de Villiers y aurait faite le 16 novembre 2009 sur "la géopolitique de SAS", quelqu'un sait si ça peut se trouver ?

Last edited by apokrif (13-09-2011 21:10:09)

Oder so ähnlich.

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Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Bonjour à tous ...
Depuis hier soir sur le journal de 20H de France 2, où ils parlaient des ecoutes telephoniques faite par l'etat ...
et surtout celle qui sont faites par les particuliers ...
Je savais que ça existe mais le site qu'ils ont montré : http://www.gsmespion.com
Il y a de quoi faire froid dans le dos ...
Donc ça existe VRAIMENT ... en plus de nos jours tout le monde à un telephone portable dans les mains ...

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Pour la bibliographie, j'ajouterais les ouvrages des "époux Turenge" de l'affaire du Rainbow Warrior:
* Carnets secrets d'un nageur de combat : Du Rainbow Warrior aux glaces de l'arctique, Alain Mafart
* Agent secrète, Dominique Prieur

Sur la CIA:
* Blowing My Cover: My Life as a CIA Spy, Lindsay Moran, qui parle de la sélection des candidats (extrait), de l'entraînement et du travail de renseignement (qui, dans le cas de l'auteur, consiste à interroger des ressortissants de l'Ex-Yougoslavie qui n'ont rien à dire mais qui arrondissent ainsi leurs fins de mois. L'auteur finit par démissionner, désabusée, surtout quand elle apprend que personne à la CIA ne croit aux accusations portées par les USA contre l'Irak pour justifier l'intervention militaire). J'aimerais savoir comment est organisée la DGSE par rapport à la CIA: le travail de "case officer" (travail de renseignement, à l'étranger, sous couverture diplomatique) de Moran reviendrait-il, à la DGSE, à la division Action (militaires), à des civils d'une division de renseignement...?

Sur le renseignement militaire américain: quelqu'un a-t-il un avis sur Operation Dark heart ? La version en vente est expurgée mais il semblerait que la plupart des coupures soient de peu d'importance (par exemple, le nom de la NSA serait supprimé) et on trouve sur le web quelques pages de la version intégrale (Wikileaks, qui dit avoir un exemplaire de la version intégrale, n'a malheureusement pas publié de patch à ajouter à la version expurgée !)

Last edited by toxic bogoss (09-01-2012 04:03:14)

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Operation Dark Heart n'est pas très bien noté par les reviews sur amazon.com

Vous voulez créer un site Web ? Un blog ? un compte twitter ? Une page fan ou un groupe facebook ? -> conseils et tutoriels sur http://payre.com

Vous avez ou allez acheter un smartphone Google Android -> http://AndroidConseil.wordpress.com

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Free French a écrit:

Operation Dark Heart n'est pas très bien noté par les reviews sur amazon.com

Les commentaires portent plutôt sur le caviardage du livre, c'est sur le reste que j'aurais aimé un avis. On peut d'ailleurs trouver un ligne quelques pages en version complète (je n'ai malheureusement pas trouvé de "patch" intégral):

http://www.fas.org/sgp/news/2010/09/dark-contrast.pdf
http://www.fas.org/sgp/news/2010/09/dark-contrast.pdf

Des exemples de faits (et plus seulement du nom d'une agence de renseignement) qui ont été retirés:
http://www.armytimes.com/news/2010/10/a … s-100410w/

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Je viens de découvrir le site officiel des espions français  smile

http://www.aassdn.org/: "AMICALE DES ANCIENS DES SERVICES SPECIAUX DE LA DEFENSE NATIONALE ( France )
Par l'appellation " Services Spéciaux de la Défense Nationale " ; l'ensemble des Services de Renseignement et de Sécurité ainsi que des Forces Spéciales du Ministère de la Défense et les Services de Renseignement et de Sécurité du Ministère de l'Intérieur, ou d'autres départements ministériels dont les attributions et les missions sont en rapport avec la Défense et la Sécurité de la Nation. ( extrait des statuts )"

Re: Bibliographies sur les services secrets - techniques et bons outils d'espionnage et de contre espionnage - information - désinformation - contre-information

Je cherche des infos sur la DSPLE (ex-BSLE), le service de sécurité de la Légion. A part quelques infos, de source peu sûre, sur Wikipedia et dans divers forums, et quelques pages dans le livre de Serge Adam, je n'ai à peu près rien trouvé. Je vais essayer de me procurer l'ouvrage d'Henri Weill qui consacrerait un chapitre à ce sujet, mais quelqu'un sait-il si on peut trouver des infos ailleurs ?

Merci.

Last edited by Charly (13-02-2012 02:12:38)