Topic: Observatoire des manipulations médiatiques...

Fil dédié à toutes les manipulations médiatiques, biais éditoriaux, genuflexion journalistiques, corporatisme, opérations de propagande à grande échelle sur Internet ou dans les médias traditionnels. A relier au fil central sur l'espionnage, la désinformation et autres techniques des services secrets.

Pour commencer, un bon résumé de quelques une de ces manipulations :

Complet manque d’enquête : L’effroyable montage
Que vaut l’information sur Internet ? Rien, ou pas grand chose, selon Thomas Horeau et Régis Mathé, auteurs d’un reportage surréaliste diffusé en fin d’année dernière dans Complément d’enquête sur France 2. Un reportage qui avait pour but de ramener les brebis égarées de l’Internet sur le droit chemin cathodique. Effet inverse garanti !

Au delà de l’exemple précis que je donne dans cet article, c’est une attitude plus générale des médias traditionnels vis-à-vis d’Internet qui est questionnée.

Derrière l’agressivité et la haine, il y a souvent une souffrance, une peur, une fébrilité. De nombreux journalistes, dans leurs reportages, font montre depuis plusieurs années d’une attitude très négative, faite de méfiance, de suspicion, presque de haine, lorsqu’ils traitent d’Internet. Des échanges qui s’y déroulent, des informations qu’on y trouve. Est-ce à dire qu’Internet les mette en danger, les inquiète, leur inflige une souffrance ?

Un certain nombre d’entre eux entretiennent un mauvais rapport au Net, d’abord parce qu’ils y perçoivent une concurrence à leur travail, jugée inacceptable, une source de critiques aussi, auxquelles ils ont bien du mal à se faire. Ensuite, tout simplement, parce qu’ils ne semblent pas bien connaître l’objet de leur courroux ; ils développent alors la peur classique que l’on éprouve devant l’étranger, l’inconnu, ce qu’on ne comprend pas, et qui nous dépasse, et met à mal les cadres figés de notre monde. Alors on attaque, on se défend, on mord, on montre les crocs.

Cette attitude désastreuse a pu être constatée, de manière particulièrement claire et caricaturale, dans un reportage abracadabrantesque de l’émission Complément d’enquête sur France 2, le 1er décembre 2008. D’aucuns auront dû se pincer pour croire ce qu’ils voyaient, tant ce reportage semblait avoir été fait par des hommes d’un autre temps, d’un autre siècle. Internet y était présenté comme le mal, le lieu de toutes les perditions en matière d’information, du moins lorsqu’il est le terrain de jeu, libre et sans contrainte, des amateurs, non encadrés par les professionnels des médias.

Biaisé d’entrée. Le reportage, signé Thomas Horeau et Régis Mathé, était intitulé "La vérité est ailleurs" et présenté ainsi sur le site de France 2 : "Ils ne font plus confiance aux médias traditionnels. Désormais ils s’informent uniquement sur Internet. Sites d’infos indépendants, débats citoyens, échanges de vidéos, mais aussi rumeurs, mensonges et films truqués ; pourquoi le web est-il devenu leur unique référence ?" D’emblée on remarque un présupposé : les aficionados d’Internet auraient rompu avec les médias traditionnels, ils ne s’informeraient plus que sur le seul média Internet. Et ils seraient de ce fait en grand danger, car soumis aux fausses informations, qui pullulent sur Internet, tandis que les médias traditionnels en sont, eux, comme chacun sait, exempts.




Crescendo. La construction du reportage parle d’elle-même. C’est un passage en revue de différents sites : d’abord Hoaxbuster, qui déniche les fausses rumeurs du Net, pour rétablir la vérité. Le ton est déjà donné : Internet est le royaume de la rumeur et du faux. Attention danger. Puis, le site ReOpen911, qui recense des informations sur les attentats du 11-Septembre et milite pour la réouverture d’une enquête indépendante, et que le reportage présente, en gros, comme ce qui se fait de pire sur Internet en matière de propagation de fausses informations. On est là au coeur de la Rumeur, presque dans l’antre de la folie... La séquence qui traite de ce site est d’ailleurs introduite par une accumulation d’informations, plus risibles et ridicules les unes que les autres : "Nicolas Sarkozy et Carla Bruni chantent en duo à l’Elysée... la preuve en image de visiteurs venus d’un autre monde..."

Puis vient le tour d’AgoraVox, "autoproclamé le média citoyen" (on continue dans le registre de l’imposture), où l’on ne trouverait que "très peu d’info, et beaucoup, beaucoup de commentaires". Si le site ne propose, en effet, que peu d’informations inédites, il est faux de dire qu’il ne contient que peu d’informations ; il en regorge. Même dans une analyse, une critique, un point de vue, l’auteur se base en général sur des informations (souvent sourcées) ; en outre, il peut en effet participer aux commentaires de son article, pour éclaircir certains points et débattre, ce que Thomas Horeau et Régis Mathé ne peuvent pas faire suite à leur reportage ; heureusement pour eux, tant ils se feraient vraisemblablement incendier.

Combat d’arrière-garde. Ensuite, la raison d’être d’AgoraVox serait, nous dit-on, qu’un nombre croissant d’internautes ne se fient plus aux journalistes - jugés "paresseux et suivistes" et soumis à "une censure qui ne dit pas son nom" - et ne se fieraient "plus qu’à la toile pour s’informer". Dans cette curieuse assertion, le journaliste semble oublier que tous les médias sont aujourd’hui sur Internet, que nombre d’individus regardent la télévision, écoutent la radio et lisent la presse traditionnelle sur la toile, sans plus passer par les canaux anciens. La distinction rigide entre médias traditionnels et Internet est donc absolument désuète aujourd’hui et vient créer un antagonisme qui n’existe pas en réalité, ou qui est largement exagéré. Internet met simplement tous les médias, professionnels ou non, au même niveau, les rend sujets à la critique et à l’enrichissement de chacun, ce que les mauvais journalistes continuent de vivre comme un scandale et une souffrance, au lieu de comprendre que c’est au contraire une chance pour eux, comme l’a montré le journaliste de la Silicon Valley Dan Gillmor, dès juillet 2004, dans son livre We the media - et dont la célèbre devise est : "Mes lecteurs en savent plus que moi" (alors coopérons !).

Silences coupables. Le reportage nous présente l’un des rédacteurs d’AgoraVox, Manuel Atreide (appelé ici simplement "Manuel"), pour nous dire que lui, ce qu’il n’aime pas, ce sont les journalistes qui ne paient pas leur place à l’opéra (sans préciser pourquoi) et que ce qu’il aime, c’est de ne pas avoir un rédacteur en chef qui lui dit sur quoi écrire. Un peu court comme description... lorsque l’on sait que l’équipe de France 2 a passé 2h30 en sa compagnie ! En effet, invité le 6 décembre dernier des Immédiatiques sur France Culture, pour parler de son expérience de rédacteur sur AgoraVox, Manuel Atreide n’a pas manqué de se plaindre du montage - d’une minute - que les journalistes de Complément d’enquête ont fait de son interview... longue de 2h30. Avait-on intérêt à taire les motivations du "journaliste citoyen" pour faire apparaître sa démarche comme puérile, relevant du simple caprice ?

Le critique littéraire Pierre Assouline, qui débattait avec Manuel Atreide, a jugé que celui-ci était "tombé sur un mauvais journaliste" : "Votre type de France 2, il était pas bon, et c’est pas parce que vous êtes tombé sur quelqu’un d’approximatif et qui était pas un très bon journaliste qu’il faut en faire une règle".




Certes, pas de généralité ; même si, lorsque l’on traite d’Internet, les reportages équilibrés se font rares. Un récent reportage d’Envoyé spécial (France 2) sur Facebook a ainsi, à son tour, défrayé la chronique, prenant le parti de mettre l’accent sur tous les dangers potentiels du célèbre réseau social, et en passant sous silence ses aspects positifs. De très nombreux internautes ont vivement réagi à ce reportage, décortiquant notamment ses approximations, au point que France 2, ébranlée par ce tollé, leur a proposé de faire eux-mêmes un reportage sur le sujet, que la chaîne a promis de diffuser sur son site Internet.

Mensonges par omission. Des approximations, il y en a, et pas qu’un peu, dans le reportage de Complément d’enquête. Ainsi, on laisse penser que, sur AgoraVox, les articles passent en ligne selon la seule volonté des internautes qui votent "sous pseudonyme" (ce qui est le cas de certains, mais pas de tous). Le choix du plus grand nombre, d’une marée d’anonymes... laisse-t-on penser. Sans autre préalable. C’est tout simplement omettre l’ensemble du processus de modération, dont les étapes sont pourtant décrites sur le site, et dont on peut imaginer que Carlo Revelli, le fondateur d’AgoraVox, a parlé aux reporters venus l’interroger. Le reportage veut laisser entendre que tout peut passer en ligne, et qu’aucun filtre n’existe. Faux. Au lieu de s’intéresser aux inévitables imperfections d’un système en constante évolution, on fait croire que le système de filtrage n’existe tout simplement pas. On parle d’information "sans contrôle"... Et on préfère mettre l’accent sur une déclaration faite manifestement en off par Carlo Revelli, où il dit en blaguant craindre "l’horrible montage" que les "horribles journalistes" feront de son interview... Il s’agit de faire passer les internautes pour des paranoïaques, qui craindraient sans raison les montages des vertueux journalistes : en revenant, dans un instant, sur le cas de ReOpen911, on verra que cette crainte est malheureusement plus que justifiée. Notons encore que le reportage affirme que la "une" d’AgoraVox résulte du choix des internautes, alors qu’elle relève, jusqu’ici, de celui de la rédaction. On n’en est plus à une approximation près...

La rumeur de Val. Le reportage traite enfin de sites d’information indépendants, mais animés par des journalistes professionnels : Rue 89 et Mediapart. Le salut de l’information sur Internet ? Comme s’il fallait choisir entre les uns et les autres... Mais on peut même en douter, puisque Thomas Horeau et Régis Mathé, entre la présentation de ces deux sites, donnent la parole, sans réserve apparente, à Philippe Val, qui ne dirige pourtant aucun site, mais un journal papier, Charlie Hebdo, et qui vient nous dire que l’information crédible sur Internet, "c’est juste une bonne blague dans le royaume du n’importe quoi" (l’homme est connu depuis janvier 2001 pour sa position farouchement "internetophobe" [1], qui explique sans doute son intervention dans ce reportage au parti pris assez explicite). Pour illustrer sa brillante idée, Philippe Val lance face caméra : "Y a jamais eu d’avions sur les Twin Towers, et en plus y avait pas de juifs dedans et c’est les Américains qui ont envoyé les avions, mais tout ça doit tenir ensemble. Mais sur Internet, ça tient, ça touche un peu les murs, mais ça tient". L’humanité la plus élémentaire aurait sans doute voulu que ces propos incohérents soient coupés au montage... tant ils ridiculisent leur auteur.

Selon Philippe Val, ces propos existent sur Internet ; on aimerait lui demander où. La première idée qu’il lance n’est soutenue par personne, si ce n’est par quelques illuminés qui se comptent sur les doigts de la main. La deuxième est une rumeur que celui-là même que l’on présente comme le pape du complotisme, Thierry Meyssan, a démontée dans son livre L’Effroyable imposture... dès 2002 ! Sur Wikipédia, on peut lire : "L’historien Pierre Rigoulot écrit dans son livre L’Antiaméricanisme : « Meyssan n’hésite même pas à relancer les plus odieuses rumeurs sur la responsabilité du Mossad car "les juifs avaient été prévenus et étaient peu nombreux dans le bâtiment" ». Ce livre a été condamné en diffamation par jugement de la 17e chambre du TGI de Paris, le 13 avril 2005, Pierre Rigoulot ayant inventé de toutes pièces cette fausse citation de Thierry Meyssan alors même que celui-ci réfute cette thèse dans L’Effroyable imposture" (voir aussi ce débat sur LCI, le 21 mars 2002, à partir de 8min30). Val est aujourd’hui l’un des seuls à continuer à donner vie à cette rumeur, enterrée depuis longtemps, au moins en France.

De précieuses images. Arrêtons-nous justement, un instant, sur la séquence du reportage consacrée à ReOpen911 (que l’association a "débunkée" en vidéo, et que l’éditeur Arno Mansouri a aussi décryptée longuement sur le Réseau Voltaire). Nous avons la chance de disposer de la quasi intégralité de l’interview, que les personnes interrogées ont eu la bonne idée de filmer. Et le décalage entre ce film de 53 minutes et les 2 minutes sélectionnées par les journalistes de France 2 est saisissant. Ce qui est extraordinaire, c’est que la voix off du reportage introduit la séquence en disant : "Une défiance jusqu’à l’excès, jusqu’à l’obsession du complot. Ce jour-là, ils acceptent de nous recevoir, mais en filmant l’entretien. Ils se méfient des journalistes, de leurs questions et de leurs montages..." Et, alors qu’on s’attendrait à un montage irréprochable, fidèle, honnête, compte tenu de la dénonciation qui précède d’une défiance injustifiée, le reportage va nous présenter le montage le plus malhonnête qui soit, le plus à charge, le plus biaisé, le plus mensonger même. A noter que c’est la deuxième fois, avec le passage de Carlo Revelli, que le journaliste ironise sur la crainte injustifiée de ses interlocuteurs vis-à-vis de son futur montage... ce qui ne va pas l’empêcher de commettre son méfait. C’est ce qu’on appelle le culot.




A bas la complexité ! Ici, Thomas Horeau et Régis Mathé veulent faire passer un message simple, "sans ambiguité" : les "jeunes militants" qu’ils mettent en scène sont des "révisionnistes", qui "nient le 11-Septembre" ; on n’en fait parler qu’un seul, censé représenter tous les autres, et censé être aligné sur les premières déclarations maladroites de Jean-Marie Bigard. En regardant l’interview dans son entièreté, on est sidéré d’une telle manipulation. On y entend des gens réfléchis, qui ne pensent pas tous exactement la même chose ; l’un dit qu’il ne croit pas à la thèse de Thierry Meyssan du missile sur le Pentagone, qu’il adhère plutôt à l’idée d’un crash de Boeing, même si des questions subsistent. Un autre dit qu’il serait prêt à admettre qu’il se trompe, qu’il fait fausse route, qu’il en serait même heureux si on le lui montrait, mais qu’il souhaite un dialogue à base d’arguments, et pas d’insultes. Impensable d’intégrer de tels passages dans le montage final...

On remarque que le journaliste pose des questions souvent fermées, qui veulent simplifier le débat, comme s’il était à la recherche de la petite phrase définitive qui lui permettra de cataloguer une fois pour toutes ses interlocuteurs. Mais de manière sans doute assez désespérante pour lui, les personnes interviewées demeurent prudentes et appellent toujours à complexifier les problèmes. L’un dira à la fin que le point commun de tous les membres de son association, c’est qu’à un moment dans leur vie, ils ont eu la chance d’avoir du temps pour s’informer et prendre du recul ; Thomas Horeau et Régis Mathé n’avaient manifestement pas de temps à perdre dans la réalisation de leur reportage. Ils avaient une idée préconçue à faire valoir, une thèse, et n’ont pas démordu de leur projet ; au lieu que l’expérience ne les pousse à construire un angle à leur reportage, c’est l’angle, décidé manifestement en amont, qui a plié l’expérience pour qu’elle s’en accomode. Un journaliste devrait être ouvert à l’expérience, à l’imprévu, être réellement disposé à s’enrichir des rencontres qu’il fait, et non pas vouloir de manière forcée imposer ses préjugés.

Un joli roman. Au final, ce reportage de Complément d’enquête nous a-t-il proposé de l’information ? Cette denrée si rare sur Internet, à ce qu’on nous dit ? J’ai posé la question à Manuel Atreide. Voici sa réponse : "Le reportage est habilement fait. C’est plaisant, c’est rythmé mais ce n’est pas de l’info. C’est une histoire scénarisée, construite, pour laquelle on assemble des bouts d’interviews pour aller dans le sens qu’on veut donner. L’information, c’est raconter une histoire ou donner des faits pour que les gens se fassent leur propre idée ? Il n’y a rien à redire au reportage en lui-même, en ce qui me concerne, pas de déformation de mes propos. Mais c’est tout le montage que j’analyse comme problématique. Et je peux le faire puisque je sais ce qui a été dit, au moins en partie. C’est cela qui m’inquiète au fond. Thomas Horeau a fait un joli roman video. Pas de l’info. Selon moi !"

Ce reportage est un comble : il dénonce la désinformation sur Internet, et pratique lui-même la désinformation. Il pointe la paranoïa des internautes, inquiets des montages malhonnêtes des journalistes, et (pour mieux leur donner raison ?) pratique le pire montage qui soit. Un reportage à diffuser assurément dans toutes les écoles de journalisme... comme contre-exemple à ne surtout jamais suivre !

Vigilants. Si Internet (sous-entendu : l’Internet amateur) diffuse inévitablement du faux (on se demande par quel miracle il en serait autrement), les médias traditionnels (c’est une autre évidence à rappeler) en sont aussi les vecteurs. L’article d’Ignacio Ramonet, "Médias en crise", publié en janvier 2005 dans Le Monde diplomatique, est une bonne piqûre de rappel, qui rappelle justement quelques-uns des plus retentissants bidonnages médiatiques aux Etats-Unis et en Europe, ou de simples erreurs, qui ont largement participé à remettre en cause la crédibilité des médias installés. Il rappelle aussi comment ces médias se sont parfois transformés, notamment en temps de guerre, en véritables organes de propagande et d’intoxication. Internet, qui n’est ni le média idéal ni le média du mal, aura eu au moins le mérite de mettre en lumière certains des mensonges ou des simples erreurs propagés dans les grands médias.

L’un des derniers exemples en date est la révélation, dans la blogosphère, qu’une vidéo-buzz, censée montrer les ravages causés par les bombes israéliennes sur des civils palestiniens début janvier à Gaza, datait en réalité du 23 septembre 2005 et faisait suite à l’explosion accidentelle d’un camion contenant des roquettes du Hamas dans un camp de réfugiés à Jabalya. Ce qui n’empêcha pas le 13h de France 2 de l’utiliser dans un de ses reportages, lundi 5 janvier, avant de s’excuser le lendemain de l’erreur.


Note :

[1] Philippe Val, éditorial de Charlie Hebdo du 17 janvier 2001, cité par ACRIMED : "A part ceux qui ne l’utilisent (Internet) que pour bander, gagner en bourse et échanger du courrier électronique, qui est prêt à dépenser de l’argent à fonds perdus pour avoir son petit site personnel ? Des tarés, des maniaques, des fanatiques, des mégalomanes, des paranoïaques, des nazis, des délateurs, qui trouvent là un moyen de diffuser mondialement leurs délires, leurs haines, ou leurs obsessions. Internet, c’est la Kommandantur du monde ultra-libéral. C’est là où, sans preuve, anonymement, sous pseudonyme, on diffame, on fait naître des rumeurs, on dénonce sans aucun contrôle et en toute impunité. Vivre sous l’Occupation devait être un cauchemar. On pouvait se faire arrêter à tout moment sur dénonciation d’un voisin qui avait envoyé une lettre anonyme à la Gestapo. Internet offre à tous les collabos de la planète la jouissance impunie de faire payer aux autres leur impuissance et leur médiocrité. C’est la réalité inespérée d’un rêve pour toutes les dictatures de l’avenir."

Annexe :

Il n’est pas inintéressant de mettre ces propos en rapport avec ceux tenus par Caroline Fourest sur France Culture le 30 janvier 2009. Dans les deux cas, on a affaire à des personnalités qui supportent mal certaines dérives facilitées par Internet, et qui - là est leur dérive propre - tendent à faire de comportements certes répréhensibles mais minoritaires le comportement-type de l’internaute moyen.




Fourest s’en prenait, dans sa chronique, à un phénomène "en vogue sur Internet" : "la haine des médias, du système médiatique, qui semble devoir jouer le même rôle que la haine du lobby judéo-maçonnique ou que la focalisation sur l’immigration, celui du bouc-émissaire". Selon cette pensée, "les médias seraient tous un peu sionistes, manipulateurs et vendus au pouvoir". Cette "pensée complotiste", qui règne selon Fourest sur Internet, se caractérise par "l’absence délibérée de discernement et de raisonnement : le réflexe, l’amalgame et le préjugé remplacent l’analyse". On remarque ici qu’à une pensée simpliste (tous les médias nous manipulent), on en oppose une autre du même acabit (la foule des internautes est dangereusement paranoïaque).

Fourest en vient à justifier "l’allergie" d’un certain nombre de journalistes "à la pensée bouc-émissaire en vogue sur Internet". En effet, quoi que feraient les journalistes, ils seraient immanquablement critiqués. Et la fondatrice de la revue ProChoix, dont l’objet, rappelons-le, est la défense des libertés individuelles, de rêver tout haut à quelques freins à la liberté d’expression : "Autant l’avouer, il y a des moments où l’on se prend à regretter le temps où il fallait au moins prendre sa plume, rédiger une lettre, payer un timbre et aller à la Poste pour vous donner des leçons...". Le parallèle avec les nostalgiques du suffrage censitaire serait ici tentant... De la même manière que le peuple, sous le règne du suffrage universel, vote parfois mal (la dernière fois c’était en 2005, paraît-il...), il commente aussi parfois bêtement sur les forums. Est-ce une raison pour le lui interdire ?

Selon l’analyste de France Culture, "l’internaute possède sur le journaliste un avantage qui ne sert pas forcément le débat public : en un clic anonyme, le moindre redresseur de torts peut mentir, tronquer et insulter sans avoir à se justifier." On pourrait dire exactement la même chose (à la question de l’anonymat près) des journalistes ; le reportage de Complément d’enquête l’a illustré : des journalistes peuvent mentir (au moins par omission), tronquer, insulter (l’air de rien), sans avoir à se justifier. Caroline Fourest, en opposition frontale avec la conception de Dan Gillmor, semble regretter la prise de parole du plus grand nombre sur Internet et l’ascendant qu’avait autrefois sur lui la classe journalistique.

La journaliste dit ensuite son malaise face aux innombrables commentaires sur Internet, qui auraient jusqu’au redoutable pouvoir de nous faire perdre "tout courage de penser"  ; car "les redresseurs de torts" (les gens qui postent des commentaires) "sont les meilleurs chiens de garde de la pensée unique et molle. Si vous les écoutez tous, vous ne direz plus rien sur rien." Mais qui a dit qu’il fallait les écouter tous ? Par ailleurs, les "chiens de garde" n’existent-ils pas aussi parmi les journalistes ? Serge Halimi, auteur des Nouveaux chiens de garde, avait pourtant fait le boulot sur cette question... Déjà oublié ? Les "chiens de garde" sont partout, y compris en chacun de nous. Pas sûr cependant que "les meilleurs" d’entre eux (les plus puissants et efficaces) soient les commentateurs du web...

Rejetant finalement la tentation de haïr l’interactivité et l’outil web en lui-même (ouf...), Caroline Fourest reconnaît que les "miracles" existent parfois : "des commentaires constructifs, qui vous signalent une erreur ou vous mettent sur une piste et contribuent à ouvrir votre horizon de journaliste". Enfin un peu de positif... "Le propre du journaliste, proclame-t-elle, c’est d’avoir le cuir assez épais pour discerner le commentaire imbécile de l’alerte utile". On pourrait dire que c’est le propre de tout internaute, journaliste ou non, qui écrit sur Internet.

Conclusion : "[Internet] n’est qu’un média. Il n’existe aucun grand ordonnateur, nous sommes tous responsables de ce que nous en faisons". On le voit in fine, avec ces toutes dernières paroles modérées, qui tranchent avec l’attaque initiale : Caroline Fourest n’a rien contre Internet et la libre expression qu’il permet ; elle est seulement atterrée par la bêtise qui y règne parfois, et qui est la bêtise humaine (rien de neuf sous le soleil...), seulement plus visible qu’à l’époque du courrier des lecteurs. Une visibilité accrue qui lui fait grossir le phénomène et minimiser, à l’inverse, les manifestations de l’intelligence (collective ou non), qu’elle va jusqu’à qualifier de "miracles".

Face à Internet, Fourest verrait donc simplement le verre à moitié vide, quand d’autres le verraient à moitié plein... Quant à Philippe Val, un brin plus extrémiste, ses propos suggèrent qu’il n’a pas trouvé la moindre trace de liquide au fond du verre. Aurait-il tout bu ? 


Taiké Eilé sur agoravox.fr


Je crois qu'on d'ores et déjà mettre dans cette rubrique la dernière interview TV de Nicolas Sarkozy qui est une opération de com' décidée en accord avec les patrons de chaîne et les journalistes interviewer et où tout était réglé comme du papier à musique, et où la question des séprations des pouvoirs ne les a pas effleuré, faut comprendre "c'est dur d'êt' Président ma bonne dame, et pi célacrise-onpeurienfer.

Ce soir, bon reportage sur l'Iran, sur arte, comme d'habitude.

Trolls passagers s'abstenir.

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

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Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Je vous manipule

partout où je suis, votre liberté n'est plus. Tremblez, masses apeurées! Mon étendue n'a de limite que celle du verbe exprimé, du regard échangé, du capital engagé.

Sur Internet, la vérité éclate, tout comme les piliers du WTC soufflés par les bombes de la CIA posées par le Mossad. Mais je saurai pourtant vous briser là aussi, aidé par Frédéric Lefebvre qui ne sait pas qu'il est aussi manipulé que tous les autres.

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Brrrr

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Jésus christ, bon dieu, tu peux pas faire des posts qui soient pas des pages et des pages de texte copié collé ? Pour de vrai, c'est agaçant et très difficile à lire, même si c'est intéressant. Pourquoi on a pas eu droit à un lien vers le reportage (que j'ai vu par ailleurs, au moins la partie sur Reopen) ?

Gambetta, tu sais que je ne suis pas journaliste. Mais explorer Internet prouve ce qui est dit dans le reportage : Internet est un fatras de mensonges et de manipulations et de déchets. Il ne faut pas s'en éloigner, il faut savoir trier le vrai du faux, le bon du mauvais, et parfois ça peut être est hyper dur.
Reopen a pris comme une attaque le reportage. Ouais, c'est compréhensible. Mais tous les sites qui auraient pu être pris en exemple l'auraient pris de la même manière : un site pro-ana, un site suprémaciste, hillaryis44, un site créationniste... Internet n'est pas régulé, c'est mieux comme ça, toutes les opinions y circulent, y compris les plus folles.
Le passage sur Reopen, il est intéressant. Parce que oui, Reopen est pour la réouverture d'une enquête, et là ou presque s'arrêtent ses prétentions officielles. Mais sur le forum, tu vois de tout. Tu sais comme moi que tous les membres de Reopen ne partagent pas les mêmes idées sur les attentats, et que chacun y va de ses théories : en dehors de tout le travail "tel ou tel élément ne colle pas avec la VO", il y a toute la partie spéculation, toute la partie "cela n'aurait pas pu se produire s'il n'y avait pas eu...". Et il ne faut pas prétendre que ça n'existe pas, je reviens là dessus dans quelques paragraphes.

Internet permet cela. Internet permet beaucoup de choses, et il y a dans Internet le même déséquilibre qu'il y a dans la société. Il y a des gens qui savent s'en servir et qui s'en servent au dépens des autres. Et les bienfaits d'Internet sont beaucoup plus visibles, et par ailleurs beaucoup plus publiés, que ses dangers. C'est pour ça qu'il y a des émissions comme celle-là. Et toutes les semaines, si on m'en donnait l'occasion, je pourrais alimenter une émission d'une heure en me penchant sur un travers différent d'Internet, sur une désinformation en particulier, ou sur un phénomène. Toi, tu les connais, ces dangers, et en fait tu penses la même chose que l'article - la différence, c'est que eux présentent se servent d'exemples qui te déplaisent. Ils heurtent ta sensibilité de truther. Ce serait mieux si ils heurtaient la sensibilité d'une pro-ana, pourtant elle aussi convaincue de la justesse de ses idées ?

Je n'ai pas vu le reportage sur Facebook, enfin, je ne crois pas. Mais si c'est un reportage sur les dangers de Facebook, alors il n'y a pas de raison pour qu'il dise "Facebook est sans danger". Le danger est minime, quasi-nul pour qui sait se servir d'Internet. Mais ce serait un mensonge que de dire le contraire.

Internet, et le Truth Movement, ne s'arrêtent pas à l'expérience que tu en as. Oui, Val a raison : il y a des types complètement mabouls dans le mouvement. De Woodwill à Icke, il y a tout un tas de types que Reopen considère comme étant à la marge, et qui n'y vont pas parce que pour eux Reopen ne va pas assez loin. Et c'est parce que le Mouvement n'est pas assez actif, parce qu'il se contente presque de ne faire que du prosélytisme sur Internet qu'il n'a pas de retentissement médiatique et qu'il est ridiculisé par Val et les autres. Le truc c'est qu'en France, les actions de Reopen sont toutes invisibles : il y a quoi, deux conférences l'an. Quels événements ? Quelles actions ?
Reopen se contente de geindre de manière pathétique en disant "on ne me prête pas d'attention, on ne me connait pas et après on dit des méchancetés sur moi". Bien arrogants les truthers qui pensent que les médias les combattent ! Les médias considèrent juste qu'ils ont mieux à faire, parce que le Mouvement ne se donne pas de visibilité EDIT et que c'est une sous-culture (sans connotation péjorative ici) d'Internet dont le paradigme de croyances n'est pas compatible avec celui de la société. A vous de lutter pour qu'il le soit, mais n'allez pas réclamer un traitement préférentiel, parce que toutes les sous-cultures d'Internet aspirent à la même chose.

J'ai un peu déraillé.

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

En même temps Internet perme une visibilité à ce qui est trop occulté. Le site de Michel Collon est intéressant, par exemple, sur les média mensonges.

C'est drôle, je venais chercher des infos sur Aymeric Chauprade, et je tombe sur ce fil. Je trouvais significatif ce licenciement pour avoir osé traiter de ce qu'on trouve principalement sur la toile.

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Gizmo a écrit:
Oscar Wilde a écrit:

Le Pen lance sa campagne pour les européennes :

http://blogs.lexpress.fr/barbier/2009/0 … s-potr.php

Jean-Marie Le Pen arrive dans le salon de maquillage de LCI, en avançant avec peine. « Je suis HS, j’ai dû attraper le Chikungunya ». En réalité, le leader du Front national traîne une gastro-entérite…

Cela ne l’empêche pas d’analyser la vie politique en des termes… « La droite est en train de faire avec Besancenot ce que les Américains ont tenté avec les Taliban et Cuba et ce qu’Israël fait avec le Hamas, dit-il : créer un ennemi au sein du camp de l’adversaire, pour le diviser et l’ennuyer. Mais ça vous revient toujours dans la figure. Castro, ce sont les Américains qui l’ont inventé ! Ce sera pareil avec Besancenot, c’est la droite qui en pâtira. » Besancenot ne sera-t-il pas à la gauche ce que Le Pen fut à la droite, grâce à un coup de pouce de Mitterrand ? « Non, le NPA, ça ne prendra pas. La Ligue communiste révolutionnaire, c’était un parti dirigé par des juifs. Krivine m’avait même dit un jour : ‘’Entre nous, à la direction, on parlait Yiddish, mais désormais, il y a un séfarade alors on ne peut plus.’’ Le NPA, au contraire, essaye d’attirer les Arabes des banlieues, pour faire de l’agitation. Mais ça ne peut pas marcher. C’est comme SOS Racisme : Mitterrand a demandé à des juifs de mobiliser des Arabes, ça ne pouvait pas marcher. » Et quand je lui demande pourquoi Alain Soral, écrivain d’extrême droite, a quitté le FN, Le Pen me répond : « Alain, ce n’est pas un politique, c’est un romancier. Et puis il a un fichu caractère. Moi, il ne m’a jamais manqué de respect, mais dès que quelqu’un n’était pas d’accord avec lui, il l’insultait : ‘’juif ! pédé’’. ce n’était plus possible. »

Tiens, voilà encore une théorie sur Besancenot qu'on a déjà lue sur le forum...

Ouaip, d'ailleurs apparemment elle a disparu alors je la reposte.

[fétiche : Désolé mais rien de cette théorie fumeuse n'est avéré, et elle est énoncée à l'indicatif donc en l'état c'est de la diffamation. Poste un lien si vraiment tu veux partager cette théorie du complot]

Last edited by fétiche (18-02-2009 22:58:49)

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Je ne posterai aucun lien, je relate des propos qui m'ont été révélés par des personnes proches du dossier.

Il n'y a aucunement diffamation et je défie quiconque de trouver la moindre diffamation légale ni dommage dans la révélation de cette manipulation politique, et j'ajoute que la CHARTE DE DEONTOLOGIE JOURNALISTIQUE INTERDIT DE DIVULGUER SES SOURCES.

Donc je recommence tout et je rappelle que le CODE PENAL condamne toute atteinte injustifiée à la liberté d'expression.

Le détective privé qui a suivi Besancenot était payé par TAZER FRANCE sur demande de politiciens français et suite à la signature du contrat de marché public avec tazer afin de victimiser Besancenot et diviser de ce fait les voix de la gauche.
Il était donc prévu oralement dans le contrat du détective qu'il devait se faire avoir et dénoncer, et il a en effet bien géré le service "après vente".

Tout ceci se répand actuellement de bouche de détective privé à oreille de détective privé.

Bien qu'il n'y ait évidemment pas de DOCUMENT LAISSES DERRIERE EUX, il est EVIDENT qu'un détective privé qui a l'habitude de suivre des criminels se cachant ne se ferait pas avoir par des particuliers. Et le fait de suivre la femme de BEsancenot visait à accroître le pathos de l'affaire. D'ailleurs il n'y a qu'à voir comment l'affaire a été éventée d'un coup d'un seul, comme si des personnes dans la police étaient au courant de cela, alors que Besancenot, lui, n'en savait rien et l'a appris par d'autres sources !

Besancenot n'y est pour rien, et est deux fois victime dans l'affaire, mais l'UMP veille au grain. Cela marche très bien, puisque l'UMP est en grande baisse (26%) mais le PS l'est encore plus (23%) du fait de la montée du NPA dans les sondages.

Last edited by Emmanuel Goldstein (18-02-2009 23:25:17)

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Emmanuel Goldstein a écrit:

Le respect du contrat social du forum, c'est de respecter les interlocuteurs et il ne me semble pas avoir transgressé cette règle.

Un forum est ouvert à tous, et bien quen'étant pas un journal, il permet à chacun de s'exprimer comme bon lui semble à condition de respecter le respect envers autrui.

Tu as parfaitement le droit de refuser de croire ce que je dis, mais tant que je respecte mes interlocuteurs, n'insulte pas, ne fait pas de promotion gratuite, ne diffame personne en particulier, j'ai le droit d'exprimer mes idées et des faits.

Sur ce, je te remercie de laisser mon message sans le censurer.

Quant à la victimisation, je suis plutôt du genre attaquant que défenseur, donneur plutôt que receveur.

Bien cordialement.


Ecris un livre à compte d'auteur, pour exposer ta théorie.

Et puis, il faut dire que sur le forum il y a d'autres personnes dans "ton genre", avec des théories oh combien passionnantes, je suis persuadé qu'en vous réunissant tous, vous feriez un recueil du tonnerre.

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

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Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Enorme hoax repris par tout le monde...

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=52868

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Comme c'est bon ! I <3 marketing parfois !

Lolita, light of my life, fire of my loins. My sin, my soul. Lo-lee-ta: the tip of the tongue taking a trip of three steps down the palate to tap, at three, on the teeth. Lo. Lee. Ta

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Attention les matons sourcilleux : Orcid poste un (bon) article, et d'agoravox en plus !

La sape indolore et quotidienne de la démocratie par les médias

Le 7 juin 2008, la Cour Européenne des droits de l’homme annulait la condamnation de Jérôme Dupuis et Jean-Marie Pontaut, auteurs du livre « Les oreilles du Président » sur les écoutes de l’Élysée mitterrandien, en appelant la France à la plus grande prudence avant de sanctionner pour recel de violation de secret de l’instruction ou de secret professionnel « des journalistes qui participent à un débat public et exercent ainsi leur mission de « chiens de garde » de la démocratie  ».
Est-ce bien ce rôle qu’exercent les médias quotidiennement quand ils insinuent dans les esprits par la répétition inlassable certaines représentations notoirement erronées qui égarent les lecteurs et dénaturent les règles de la démocratie.

La répétition, le procédé de l’inculcation

Le doute n’est plus permis. Une stratégie est à l’œuvre, misant sur la répétition, ce procédé de l’inculcation, dont la particularité est d’opérer de manière indolore. Espacées dans le temps, mais régulièrement effectuées, les répétitions créent, en effet, une accoutumance inconsciente, celle de la routine, qui anesthésie toute exigence de rationalité et permet l’inculcation indolore d’un comportement. C’est ainsi qu’agissent les panneaux publicitaires sur les routes ou dans le métro devant lesquels on passe matin et soir. On peut bien ne leur accorder aucune attention : leur perception en périphérie du champ visuel suffit et équivaut à une répétition d’énoncé qui, lentement et progressivement, finit par fixer l’information dans les mémoires.

Ce procédé insidieux était bien connu des Romains. La répétition du même schéma d’urbanisme dans leurs colonies tendaient à favoriser l’assimilation du mode de vie romain chez un Gaulois, un Celtibère ou un Maurétanien. Les Etats-Unis ne procèdent pas autrement pour répandre « l’american way of life » à travers le monde : musique, films, séries télévisées, vêtements et nourriture habituent l’étranger au même mode de vie.

Sans qu’on y prête attention, les médias ressassent avec constance les mêmes représentations erronées qui enferment les lecteurs distraits ou peu éduqués dans un schéma de réflexion contraire aux règles de la démocratie, mais approprié à la tyrannie. Deux exemples sont particulièrement flagrants.

1- Le discrédit de la présomption d’innocence

On a déjà dénoncé le premier dans un précédent article : il s’agit du discrédit pur et simple du principe de la présomption d’innocence par l’usage impropre et systématique de l’adjectif « présumé  » (1). Un crime, un viol ou un vol viennent-ils à être commis ? Les médias parlent aussitôt du meurtrier, du violeur ou du voleur «  présumé », qui a été arrêté et a avoué ou non. Or, « présumé » signifie, sauf erreur, « considéré comme… avant tout examen ». « Le meurtrier présumé  » est donc l’individu "considéré comme meurtrier avant tout examen" ! Les médias habituent ainsi les esprits à estimer que l’on peut être considéré comme coupable avant tout jugement. On a vu ce que cela a donné avec « l’affaire d’Outreau ». Or, cette manière de penser est contraire à celle qu’organise la démocratie, régime sous lequel on est considéré comme «  présumé innocent », et non présumé coupable, tant que l’on n’a pas été reconnu coupable par un tribunal.

Qu’on n’objecte pas que cette négation systématique de la présomption d’innocence serait le fruit d’une distraction ou encore de l’ignorance de ces jeunes journalistes qu’on voit aujourd’hui dans les médias ! On « présume » que leurs patrons ne sont ni distraits ni ignorants. Ils savent très bien, en certains cas, se passer de l’adjectif « présumé » pour qualifier un prévenu. Ainsi, pour parler de ce policier qui aurait tué sa famille avant de se suicider, Libération.fr, Le Figaro.fr et Le Point.fr , les 14 et 15 avril 2009, ont-ils pris soin de le présenter comme « le policier soupçonné du meurtre de sa famille  ». Ils connaissent donc bien le mot « soupçonné » !

Pour ceux qui ne verraient pas le danger à confondre présomption d’innocence et présomption de culpabilité, on peut rappeler que la seconde est la tare de la tyrannie où l’on est par principe coupable tant qu’on n’a pas fait la preuve de son innocence ! Or, est-il si ardu de concevoir qu’il est plus difficile d’apporter la preuve d’un acte non commis qui par nature ne peut laisser de traces, que celle d’un acte perpétré qui, lui, peut en avoir laissé, même si on tente souvent de les faire disparaître ?

2- Le discrédit du débat démocratique

Le second exemple est le discrédit du « débat démocratique » par l’usage impropre systématique du mot « polémique » chaque fois que s’élèvent des critiques. Ainsi Le Monde.fr titre-t-il, le 11 avril 2009 : « Le combat d’un journaliste agace Bogota et crée une polémique. » Le journaliste en question a osé parler de la part de responsabilité qu’ont, dans les crimes commis en Colombie, « les militaires, les groupes paramilitaires d’extrême droite, les élites politiques et les mafias ». Il s’est élevé également un débat à propos du récent tremblement de terre qui a ravagé les Abruzzes en Italie : un scientifique aurait alerté les autorités sans avoir été pris au sérieux : « Derrière l’unité nationale, une polémique ne cesse de s’étendre », écrit aussitôt le Figaro.fr, le 9 avril, récidivant le 13 avril par ce titre : « À L’Aquila, après le recueillement, la polémique ». Le Monde.fr lui emboîte le pas le même jour : « En Italie, dans les ruines de L’Aquila, le deuil cède la place à la polémique ». Le Point.fr évoque de son côté la « polémique sur la non-conformité des bâtiments.  »

De même, discute-t-on des salaires pharaoniques des patrons ? « Rémunérations des patrons : les dix jours qui ont fait polémique, » titre le site 20 minutes. Ou encore, l’assaut contre les pirates somaliens qui avaient pris en otages les passagers d’un voilier, « le Tanit » est-il contesté ? Le Post du 13 avril 2009 annonce que « la polémique monte à propos du choix de l’unité d’élite mobilisée ». Le 17 avril, c’est au tour du Point.fr de poser la question : « Polémique - Ingrid Betancourt : ange ou démon ? ».

Ainsi tout débat, nourri par nature de critiques, est-il dénaturé en « polémique  », tendant à délégitimer cette confrontations d’opinions qui fait la différence entre la démocratie et la tyrannie. Le mot « polémique » vient du mot grec « polemos  » qui signifie « guerre » où tous les moyens sont bons pour venir à bout de l’adversaire. Débattre pourtant ne signifie pas faire la guerre en usant d’ arguments obligatoirement fallacieux. Le discrédit, on le voit, est jeté sur la critique, dénoncée implicitement comme illégitime ou de mauvaise foi. N’est-ce pas habituer les esprits à se détourner de ce qui est l’essence de la démocratie au point d’avoir donné son nom à son institution essentielle, le Parlement, ce lieu où l’on parle et débat, et, dès lors, à recevoir plus volontiers une information qui ne suscite aucune discussion, comme en tyrannie ?

En entretenant le discrédit de la présomption d’innocence et du débat démocratique, les médias ne sont plus les « chiens de garde de la démocratie ». Ils minent insensiblement certains de ses piliers fondateurs pour préparer les esprits à la tyrannie. Qu’on ne s’étonne pas après que l’on cloue au pilori des innocents et que la liberté d’expression avec le droit à la critique qui lui est propre, finisse par scandaliser ! Paul Villach

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Pour les prochaines fois, poste juste les extraits les plus intéressants et surtout à chaque fois un LIEN donnant la SOURCE.

Last edited by Free French (22-04-2009 17:39:04)

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Ou alors, si tu postes un article en entier, mets en gras les passages qui te bousculent!

"Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d’en être l’organisateur"
Jean Cocteau, Les mariés de la Tour Eiffel

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Ou alors crée un thread qui s'appelera "la sélection d'articles d'Orcid".

Lolita, light of my life, fire of my loins. My sin, my soul. Lo-lee-ta: the tip of the tongue taking a trip of three steps down the palate to tap, at three, on the teeth. Lo. Lee. Ta

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Michel Collon sur la propagand de guerre
http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=22554

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Casting de taille pour être derrière Nicolas Sarkozy
NOUVELOBS.COM | 07.09.2009 | 14:09

Un syndicaliste confirme : "il n'y avait que des gens de petite taille qui pouvaient poser aux côtés du président", lors de la visite de Nicolas Sarkozy dans une usine Faurecia, en Normandie.

Dans un reportage de la télévision belge RTBF diffusé jeudi 3 septembre, une ouvrière de l'usine Faurecia de Caligny reconnaît avoir été sélectionnée en fonction de sa petite taille, pour passer à l'image aux côtés de Nicolas Sarkozy. Le reportage du correspondant en France de la chaîne publique belge, Jean-Philippe Schaller, était repris dimanche 6 septembre par plusieurs sites comme Lepost.fr, Rue89 ou Arrêt sur images.


"Saugrenu et grotesque"

Interrogée sur l'existence d'un critère de taille pour sélectionner les salariés placés de façon à se trouver derrière le président, l'un des responsables de l'usine a déclaré que "la direction de Faurecia ne souhaite pas commenter cette information". " C'est totalement saugrenu et grotesque", a déclaré dimanche soir l'Elysée.

"Que des gens de petite taille"

Pourtant, LePost.fr a recueilli le témoignage d'un syndicaliste, qui confirme les informations de la RTBF.
"Il n'y avait que des gens de petite taille qui pouvaient poser aux côtés du président. Ceux qui étaient plus grands que Sarkozy ne le pouvaient pas", déclare, sous couvert d'anonymat, un délégué syndical de l'usine Faurecia. Cette interdiction provient-elle de l'Elysée ? "Oui, je le pense... Vous vous doutez bien que ce n'est pas nous qui l'avons demandée..."

Nous allons de consternations en consternations.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Haha. Grotesque.
Enfin forcément, il perdrait tout son (peu de) crédit restant si en plus, il passait pour un nain.
Ca rappelle Mission Impossible hier soir sur TF1. Bizarrement, personne n'apparaît plus petit que Cruise, pourtant nabot notoire -oui, depuis qu'il est scientologue, ben beurk sur toute la ligne-.

On n'était pas dans l'air du temps, on était dans la magie du siècle.

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Greg a écrit:

Nous allons de consternations en consternations.

C'est la logique de la "société du spectacle" dans laquelle nous vivons. Chaque intervention médiatisée doit être mise en scène selon les desideratas de l’acteur tenant le rôle principal. Bientôt nos politiques feront appel à des réalisateurs d’Hollywood pour organiser leurs interventions publiques devenues des shows. Finalement Sarkozy, en tant que précurseur dans le choix du casting lors de ses « agitations » médiatiques, est un avant-gardiste.

Quand on post on raconte pas sa vie.

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=23895

Petite vidéo de Chavez s'expliquant sur ce qui nous a été présenté en France comme la fermeture de 34 chaines de télévision et radios au Vénezuela, et qui était en fait une réforme consistant à cantonner les chaines appartenant à de grands groupes de presse sur le cable et à ouvrir la télé analogique à des chaines de télés culturelles habituellement de petite envergure. Ce qui est nettement différent. C'est comme si l'on cantonnait TF1 au cable et qu'on ne laissait sur l'analogique (qui va bientôt disparaître car les grands groupes de médias ont du faire pression sur le pouvoir afin d'éviter un phénomène similaire en cas d'alternance) que les chaines culturelles de type arte, france 5, historia, etc.

Il rappelle également que les chaines en question avaient soutenu un coup d'Etat contre un Chef d'Etat élu.

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

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Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Gambetta a écrit:

http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=23895

Petite vidéo de Chavez s'expliquant sur ce qui nous a été présenté en France comme la fermeture de 34 chaines de télévision et radios au Vénezuela, et qui était en fait une réforme consistant à cantonner les chaines appartenant à de grands groupes de presse sur le cable et à ouvrir la télé analogique à des chaines de télés culturelles habituellement de petite envergure. Ce qui est nettement différent. C'est comme si l'on cantonnait TF1 au cable et qu'on ne laissait sur l'analogique (qui va bientôt disparaître car les grands groupes de médias ont du faire pression sur le pouvoir afin d'éviter un phénomène similaire en cas d'alternance) que les chaines culturelles de type arte, france 5, historia, etc.

Il rappelle également que les chaines en question avaient soutenu un coup d'Etat contre un Chef d'Etat élu.

oui, bon, après Chavez niveau liberté de la presse c'est pas non plus l'abbé pierre

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Gambetta a écrit:

http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=23895

Petite vidéo de Chavez s'expliquant sur ce qui nous a été présenté en France comme la fermeture de 34 chaines de télévision et radios au Vénezuela, et qui était en fait une réforme consistant à cantonner les chaines appartenant à de grands groupes de presse sur le cable et à ouvrir la télé analogique à des chaines de télés culturelles habituellement de petite envergure. Ce qui est nettement différent. C'est comme si l'on cantonnait TF1 au cable et qu'on ne laissait sur l'analogique (qui va bientôt disparaître car les grands groupes de médias ont du faire pression sur le pouvoir afin d'éviter un phénomène similaire en cas d'alternance) que les chaines culturelles de type arte, france 5, historia, etc.

Il rappelle également que les chaines en question avaient soutenu un coup d'Etat contre un Chef d'Etat élu.

Patin, Gambetta est tout juste exceptionnel.

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Un article délicieux sur la soirée d'Arte de la semaine dernière contre Internet, soirée orchestrée par Daniel Leconte et Philippe Val, deux vieux copains qui se donnent mutuellement la parole (ainsi qu'à d'autres copains) pour taper sur Internet, sérieux concurrent à cette élite des merdias traditionnels.

Entre copains, au moins, c'est sur, par de contradictions trop dérangeantes. On n'invitera pas de contradicteurs hein, ce serait trop salissant. Cette caste journalistique, sorte de noblesse de blabla, subordonnée à l'aristocratie politico-économico-financière, vit ses derniers jours.On comprend qu'elle soit accrochée à ses privilèges comme des moules que l'on va bientôt récolter. Enfin... l'Etat continuera à les subventionner allègrement avec l'argent et le travail des citoyens, afin qu'ils puissent continuer à manipuler cérébralement le pourcentage d'irréfragables d'imbéciles qui continuent à se laisser duper par leurs sermons de ce qui est déjà l'ancien régime. Il en a trop besoin pour tenir les troupes de journalistes qui, même s'ils se sont lancés dans cette profession la fleur au fusil et l'idéal plein la tête, ne prendront pas non plus le risque d'abandonner leur belle carrière et les quelques privilèges que le système veut bien leur donner... S'ils ne l'ouvrent pas trop. 

« Effroyables imposteurs » sur Arte : le roi est nu
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mercredi 10 février 2010, par Mona Chollet


Rarement le désarroi des caciques des médias devant le discrédit qui les frappe aura été aussi évident que lors de cette soirée sur Arte, mardi 9 février, intitulée « Main basse sur l’info » (et encore visible une semaine sur le site Arte+7). Le premier documentaire diffusé, « Les effroyables imposteurs » de Ted Anspach, consacré aux complotistes qui pullulent sur Internet, dépeint la Toile comme une boîte de Pandore moderne d’où s’échapperaient, au premier clic de souris, tous les fléaux de l’univers – histoire de ramener les téléspectateurs, ces brebis égarées, vers les bons bergers dont ils n’auraient jamais dû s’éloigner.

On a ensuite droit à une réalisation de Denis Jeambar, ancien directeur de L’Express, où interviennent « huit journalistes en colère » (Franz-Olivier Giesbert, Arlette Chabot, David Pujadas, Philippe Val, Jean-Pierre Elkabbach, Edwy Plenel, Eric Fottorino, Axel Ganz) filmés sur fond noir, à grands renforts d’images saccadées et de gros plans intimistes, dans un style qui évoque à la fois un film d’espionnage ringard et un clip publicitaire shooté par Karl Lagerfeld.

Les moyens mis en œuvre pour restaurer un prestige dont l’érosion a atteint le seuil critique sont particulièrement grossiers. Tentant de ranimer les braises de l’antique fascination suscitée par la profession de Tintin et d’Albert Londres, la voix off annonce une « sacrée brochette de journalistes » qui « connaissent de l’intérieur la folle machine des médias » et qui auront « carte blanche pour dire tout haut ce qu’ils pensent tout bas, pour dire ce qu’on ne vous dit pas  ». Ici, l’audience retient son souffle, dans l’attente de sa becquée de savoir : les dieux vont l’admettre dans leur secret. « Ecoutez bien ! » intime encore la voix off.

Et on n’est pas déçu. Mieux vaut s’accrocher, en effet, pour ne pas tomber de son fauteuil lorsqu’on entend David Pujadas déclarer que le journalisme « souffre d’abord de conformisme et de mimétisme ». On retrouve cependant vite un discours plus familier lorsqu’il explicite ce qu’il veut dire par « conformisme » : « L’idée que par définition le faible a toujours raison contre le fort, le salarié contre l’entreprise, l’administré contre l’Etat, le pays pauvre contre le pays riche, la liberté individuelle contre la morale collective. »

Dans cet insupportable penchant gauchisant, libertaire et tiers-mondiste qui suinte des reportages des grandes chaînes françaises et des pages des journaux, il voit « une dérive mal digérée [sic] de la défense de la veuve et de l’orphelin, une posture qui valorise le journaliste et qui a l’apparence – l’apparence ! – du courage et de la révolte ». Où se situent, alors, le véritable courage, la véritable révolte ? C’est drôle : on a l’impression de deviner.

Comme pour mieux inciter à la révérence, Pujadas est présenté comme « une star de l’info » ; Arlette Chabot est « à la tête d’un bataillon de deux cents journalistes » ; Franz-Olivier Giesbert est « une des grandes figures du journalisme français ». Dans les plans de coupe, tous sont montrés en contexte, parés des attributs qui – faute de mieux ? – fondent leur autorité : menant une interview, le casque de radio sur la tête ; marchant d’un pas décidé dans les couloirs de rédactions affairées et cossues ; penchés à plusieurs, d’un air concentré, sur un écran d’ordinateur, en plein processus de production d’une information fiable et impartiale ; ou encore, dans le cas de Philippe Val – car le ridicule ne tue pas –, en pleine conversation téléphonique, le combiné collé à l’oreille. Lorsqu’ils parlent face caméra, ils comptent : « Quatre, trois, deux, un… », avant d’entamer leur discours (« Allez, on y va », lance gaillardement Arlette Chabot). Ils regardent le téléspectateur droit dans les yeux, tels des magnétiseurs hypnotisant leur patient.
« Chacun à sa place ! » Retour à la table des matières

Avant tout, bien sûr, il faut redire à tous ces inconscients combien Internet, c’est mal, et combien les grosses pointures journalistiques qui leur parlent sont indispensables à leur gouverne. Qu’on pouffe devant une émission d’Arlette Chabot ou à la lecture du « roman d’amour » que vient de publier Franz-Olivier Giesbert, en effet, et « c’est toute la démocratie qui est en danger ». Si Arte le dit… « Il faut cesser de faire croire, assène Elkabbach, que le citoyen journaliste va se substituer bientôt au journaliste citoyen : toutes les expériences citoyennes ont besoin de vrais journalistes pour sélectionner, vérifier et écrire. Alors, chacun à sa place ! » Axel Ganz, fondateur de Prisma Presse, dont les publications (Voici, Gala, Capital, VSD, Télé-Loisirs…) sont réputées pour leur contribution de haut vol à la vitalité de la démocratie, estime qu’à long terme Internet fera naître chez les jeunes « un scepticisme sur les valeurs de notre société »  : terrifiante perspective.

Arlette Chabot, presque racinienne, supplie : « Méfiez-vous des théories du complot selon lesquelles la vérité, les vérités de l’information seraient sur la Toile tandis que les médias traditionnels vous cacheraient la vérité. C’est vrai : grâce à Internet, plus aucune information ne pourra être enterrée ou dissimulée. Mais je vous demande d’être prudents, car un jour vous apprendrez que vous avez été manipulés, trompés. Sur Internet, la traçabilité des images n’est pas garantie. » Même la voix off s’y met : « Sur le Web, chacun crée son propre média et se croit journaliste. » La vieille histoire de la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf, en somme. Tout ça finira mal – mal pour les internautes, ces buses présomptueuses, cela s’entend. Philippe Val, qui poursuit le Net de sa vindicte depuis le jour où il a découvert que ce machin pouvait permettre à des cuistres de critiquer sa politique éditoriale à Charlie Hebdo [1], le dit avec fougue : « La presse écrite survivra à Internet, j’en suis sûr. »

Les casseroles que traînent certains de nos preux « journalistes en colère » étant trop pléthoriques pour que leur fracas ne parvienne pas à leurs propres oreilles, ils sont obligés d’en passer par l’exercice de l’autocritique – d’en passer rapidement, qu’on se rassure. Jean-Pierre Elkabbach, qui réclame à grands cris « la rigueur, la curiosité, la qualité », et qui s’exclame : « Marre de nous complaire dans la pipolisation, l’irrationnel et le voyeurisme, j’en peux plus ! », reconnaît à demi-mot : « Est-ce que moi, je me suis fait honte ? Peut-être pour une erreur que j’ai commise et assumée » – référence un brin sibylline à son annonce prématurée, sur Europe 1, en avril 2008, de la mort de l’animateur de télévision Pascal Sevran.

Et Philippe Val, avec une désinvolture qu’on s’en voudrait de prendre pour de la suffisance : « J’ai dû dire une connerie y a pas longtemps. Je ne me souviens plus ce que c’est, mais je me suis trompé, mais méchamment. Putain, c’était la honte. » Moins défaillante que la sienne, notre mémoire a l’embarras du choix. Peut-être pense-t-il à sa récente déclaration selon laquelle l’« actionnaire » de France Inter, Nicolas Sarkozy, ne serait « pas très bien traité » par les journalistes de la station – assertion qui lui donne une légitimité indiscutable pour réfléchir au redressement de la profession ?
« Partenariats » médiatico-idéologiques Retour à la table des matières

Passons sur les viriles amitiés qui nous valent régulièrement ce genre de grandes opérations médiatico-idéologiques : cette soirée d’Arte était produite par Doc en Stock, la société de Daniel Leconte, en partenariat avec France Inter. Daniel Leconte et Philippe Val sont de grands amis : le premier a réalisé un film sur l’affaire du procès de Charlie Hebdo pour les caricatures de Mahomet, le « coup » publicitaire qui a définitivement lancé la carrière du second ; bien souvent, lors de précédents « débats » sur Arte, ils ont fustigé de concert la chienlit gauchiste [2].

Tous deux partagent avec Denis Jeambar, réalisateur de « Huit journalistes en colère » et instigateur en son temps du virage néoconservateur de L’Express, de solides convictions atlantistes. Les incessantes professions de neutralité journalistique et politique, les invocations d’une information « ni de droite ni de gauche », qui auront émaillé cette soirée – y compris lors du débat animé ensuite par Daniel Leconte –, sont franchement désopilantes, tant les obsessions propagandistes de ses initiateurs ont la discrétion d’un éléphant au milieu d’un couloir. Leur cible principale : les contempteurs de la politique israélienne, qui seraient tous, de même que ceux qui trouvent à redire à la politique américaine, de fieffés antisémites.

« Le pire ennemi du journalisme, avance Philippe Val, c’est sa conviction d’être au service du bien et de la pureté. » Celui qui, du temps où il éditorialisait à Charlie Hebdo, maniait avec une égale aisance l’insulte, la diffamation décomplexée et le fantasme échevelé, met en garde contre la « tentation de faire primer la thèse sur les faits » : « Le nombre de journalistes qui sont tombés dans le piège du bien est suffisamment important pour que la profession en soit profondément malade. Le discours démagogique des uns marginalise le travail sérieux des autres. Ce n’est pas quand il exprime une opinion que le journaliste est libre et indépendant : c’est quand il pense d’abord contre son opinion pour ensuite livrer son analyse. (…) On ne discute pas de l’Amérique, on ne peut pas discuter d’Israël et de la Palestine : il y a des tas de sujets sur lesquels on ne peut pas discuter parce que c’est le Bien et le Mal. Il y a des rédactions qui sont malades de ça. »

Le documentaire évoque également un incident navrant, qui en dit long sur cette « poubelle de la démocratie » qu’est la télévision, et qui vit la rédaction de France 2 – sous l’influence méphitique, il est vrai, de l’Instrument de Satan – diffuser, en pleine offensive israélienne sur Gaza, « des images récupérées sur Internet et accablant Israël. Après vérification, Arlette Chabot s’excuse : c’était de l’intox ». Il est bien établi aujourd’hui, en effet, qu’à l’hiver 2008-2009, à Gaza, l’armée israélienne s’est comportée avec un humanisme extravagant [3]. Et dire qu’il est encore de dangereux désinformateurs, en liberté sur Internet, pour persuader les âmes crédules du contraire…

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Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Mélenchon s'attaque avec beaucoup de courage à un journaliste débutant de Scpo :

http://www.dailymotion.com/video/xcrf7q … ws?start=1

Dans le fond, il n'a pas forcément tort mais je trouve sa réaction vraiment méprisante, dédaigneuse et facile.

Sur le site de Libé, on peut lire ce genre de commentaires :

Laszlo a écrit:

    Libé sombre toujours plus dans la connerie
    Libé a eu l'occasion d'ouvrir ses colonnes à des "étudiants" de science-pot (j'ai pas pu résister) pour faire des piges pas chères.

    Je me souviens en particulier d'un "papier" dans lequel un futur pisse-copie, tout de science-pot vêtu, aboyait après des syndicalistes en les appelant au "réalisme". C'est à dire au suicide, au servage, à la résignation. En leur demandant d'avaler la pilule ultra-libérale et de fermer leur gueule.

    T'as raison Libé, défends ce genre de "journalistes" et à défaut de Chávez, tape sur Mélanchon. Il faut varier ses plaisirs. Et puis taper sur les puissants, ce n'est pas ton rôle. Ils ont le pouvoir, ils t'entretiennent, ce serait trop risqué. Que crains-tu de Mélanchon ? Qu'il refuse les interviews que tu ne lui accordes jamais ?

    Tu as bien raison de présenter Mélanchon comme un dangereux dictateur rouge, qui rêve de jouer à Staline, à Mao, à Pol-Pot…

    Et que dire des écoles de "journalisme", usines à fabriquer des soldats de la pensée ultra-libérale triomphante, qui rédigeront des beaux papiers expliquant aux pauvres qu'ils doivent crever s'ils veulent espérer pouvoir survivre dans ce beau système.

    Alors franchement, Libé, même si toi tu en arrives à agiter le chiffon rouge avec ceux qui voulaient fuir en 1981 de peur de se retrouver au goulag, tu ferais mieux de faire comme Siné et de fermer boutique. Mais non, toi, tu es bien vu. Le sarkozysme te subventionne. Justement parce que tu publies des conneries comme celle-ci…

http://www.liberation.fr/brut-de-net/06 … ier-pourri

Il y a des étudiants de l'École de journalisme ici ?

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Oui, enfin, il est très mauvais l'étudiant. C'est ni le lieu, ni l'endroit, ni la personne pour parler de ça.
J'ai l'impression qu'il fait exprès de continuer sur les maisons closes pour l'énerver, bref, il l'a quand même cherché...

Lolita, light of my life, fire of my loins. My sin, my soul. Lo-lee-ta: the tip of the tongue taking a trip of three steps down the palate to tap, at three, on the teeth. Lo. Lee. Ta

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Il a pas tort sur le fond, mais il se comporte comme un gros con arrogant et comme un vulgaire le Pen de bas étage.

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

La suite !
Quelle chance pour notre apprenti "taliban" qui va connaître la célébrité, les putes, la coke ! LOL

Mélenchon ne parle plus qu'aux "talibans professionnels"

Par Delphine Dyèvre, publié le 30/03/2010 à 15:47 - mis à jour le 30/03/2010 à 19:23

Le sénateur Jean-Luc Mélenchon, a passé un sacré savon à un étudiant journaliste.

Etudiant en journalisme, Félix Briaud ne pensait pas déclencher la noire colère de Jean-Luc Mélenchon, fâché contre les "gratte-papiers". Ni que la vidéo de l'altercation ferait le tour du Web. Explications avec le principal intéressé.

"Je ne m'attendais pas à être jeté ainsi dans l'arêne": Felix Briaud, étudiant en journalisme à Sciences Po Paris, n'en revient pas du buzz créé par sa vidéo.

On y voit Jean-Luc Mélenchon, président du Parti de gauche, s'emporter contre son interviewer, exemple, à ses yeux, d'une "sale corporation de voyeuristes vendeuse de papier". Les journalistes.

La scène se déroule durant une distribution de tracts du Front de gauche dans le 12e, le 19 mars dernier. L'étudiant en journalisme interroge Jean-Luc Mélenchon pour le journal télévisé interne de l'école de journalisme de Sciences Po Paris.

Questionné sur l'abstention, Jean-Luc Mélenchon ironise: "Le jour deux, après qu'on ait tous versé de grosses larmes sur l'abstention populaire, quel était le titre du journalLe Parisien? 'Faut-il rouvrir les maisons closes'"... Un sujet selon lui "pas sérieux". Le jeune journaliste tente de le contredire, arguant que c'est "important". C'est alors que Jean-Luc Mélenchon s'emporte. Il s'en prend d'abord à la profession de journaliste, puis directement au jeune homme.

Un cas d'école

Dix jour plus tard, la vidéo est postée, puis relayée sur Twitter, avant d'être reprise par toute la "twittosphère" et publiée par l'ensemble des médias en ligne et des blogs, Rue89 puis LePost, Marianne, Le Nouvel Observateur, guybirenbaum.com ou LEXPRESS.fr.

Interrogé par LEXPRESS.fr, Félix Briaud avoue "être dépassé par ce buzz". "Je ne croyais pas que cela prendrait une telle ampleur (...) je pensais faire 500 vues, on en est à plus de 20 000."

Pourquoi avoir posté une vidéo tournée le 19 mars le 29 mars? L'école de journalisme explique ne pas avoir voulu "polluer le débat de la campagne régionale". De son côté, Félix Briaud assure de ne pas avoir "recherché 15 minutes de gloire" mais avoir simplement "jugé intolérable la manière dont Jean-Luc Mélenchon lui avait parlé".

Au-delà du caractère anecdotique du violent et injurieux coup de gueule de l'élu, cette vidéo a un double objectif pour l'école de journalisme de Sciences Po Paris:

1) Montrer "que ce ne sont pas les journalistes qui poussent à la petite phrase, puisqu'on voit bien que c'est Mélenchon qui la prononce tout seul".

2) Se servir de la diffusion ultra-rapide de cet extrait pour montrer quel type de vidéos fonctionne sur Internet.

"Je ne réponds plus aux étudiants en journalisme"

L'expérimentation est réussie. Coup réussi également pour le président du Parti de gauche, qui a très largement fait parler de lui sur le Web.

Par ailleurs, sa colère est à relativiser. Jean-Luc Mélenchon a pour habitude de verser dans la caricature lorsqu'il s'agit des médias. Il est par ailleurs connu pour être une "grande gueule". N'aurait-il pas surjoué la colère pour s'assurer une plus large diffusion?

Contacté par LEXPRESS.fr, il n'était pas disponible et s'est contenté d'envoyer un texto: "Etes-vous journaliste professionnelle avec une carte ou vous-même étudiante? Je ne réponds plus aux étudiants en journalisme. Seulement aux talibans professionnels." Message reçu.

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Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Ce Mélenchon est assez hallucinant de mauvaise foi et de paranoïa :

Libération a écrit:

Mélenchon se dit «piégé» par un «étudiant en religion médiatique»

Mélenchon piégé par un «étudiant en religion médiatique» puis «mis au pilori médiatique»? Au lendemain de la diffusion d’une vidéo dans laquelle il rembarre un étudiant en journalisme et, avec lui, sa «sale corporation voyeuriste», le président du Parti de gauche veut donner sa propre version dans un long billet publié sur son blog.

Retour au 19 mars, pendant l’entre-deux tours des régionales. Commentant une Une du Parisien après le premier tour, sur les maisons closes, il peste contre le «mélange de voyeurisme et de prostitution de l’esprit public». Le jeune avec sa caméra le relançant sur la prostitution, le ton monte et Mélenchon balance sur «le refoulé politique de la petite bourgeoisie» qui n’intéresse qu’une «corporation» «vendeuse de papier», «ton métier pourri», etc.

Racontant avoir répondu devant «une sorte de caméra visible/cachée», Mélenchon, dans son billet ponctué d’étonnantes images de cactus, estime avoir été «piégé», victime d’un «chef d’oeuvre de manipulation»: «Au mépris de toutes les règles de ce métier, sans mon accord, sans dire où, quoi, comment, le film volé est mis en circulation… dix jours plus tard ! Pour moi ce n’était pas un interview mais un essai d’interview qui tournait à la discussion puis a l’engueulade.»

«Réplique de la confrérie des griots»

Alors que la vidéo, vue plus de 110.000 fois sur Dailymotion, a fait le tour des sites Internet, l’eurodéputé joue l’étonnement, dénonçant «une réplique de la confrérie des griots»: «La corporation est outrée. Haro sur l’iconoclaste!» Et d’assurer que, contrairement aux apparences, «il jubile», que cette affaire l’«amuse trop», voire le sert dans sa critique - habituelle - des médias.

Il n’empêche, Mélenchon apparaît très remonté, promettant, à l’avenir, de ne «plus jamais» se laisser «approcher par un étudiant en journalisme, ni un journaliste stagiaire». Et recommande à ses lecteurs de faire de même, dans une métaphore frisant la paranoïa: «C’est trop risqué car ils ne respectent aucune règle. Ignorez-les, comme vous le faites avec ces jeunes en haillons qui viennent dans le métro vous proposer de signer une pétition contre l’exploitation des enfants mineurs!»

Le billet de son blog, bourré de fautes d'orthographe d'ailleurs : http://www.jean-luc-melenchon.fr/2010/0 … #more-2737

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Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Ben oui FDL, Mélanchon a du courage de s'attaquer à un simple étudiant, conscient je suppose des répercussions que peut avoir une vidéo pourrie présentée comme "un homme politique insulte la liberté de la presse" grâce à l'accès aux médias des étudiants en journalisme, encore facilité par leur appartenance à notre institution.

La pertinence des questions de l'étudiant me laisse accablée et son absence de contrôle sur le déroulé de l'interview donne raison à Mélanchon d'avoir pu croire qu'il s'agissait d'un essai d'interview raté. Si j'avais été dans la position de l'étudiant, j'aurais tiré les conséquences formatrices de cette claque personnelle et évité d'étaler mon amateurisme en publiant la vidéo. Cette réaction minable, symptomatique des illusions du journalisme instantané, de l'instant volé, de la révolution iranienne par Twitter, justifie spontanément la haine que les dérives de la profession peuvent s'attirer. (En fait j'aurais publié la vidéo quand même, parce que tout ce que dit Mélanchon me fait beaucoup rire et je trouve ça absolument juste.)

Après sur sa grossièreté et son agressivité "digne d'un Le Pen" (!! wait what), mais vous hallucinez, il cite une maxime romaine et traite le mec de "bonhomme" et de "petite cervelle". Il faut vraiment avoir occulté les chahuts du collège dont nous avons tous été victimes pour trouver ça insultant. L'incivilité et la vulgarité est bien plutôt du côté de qui considère la politique comme assez basse pour la mettre en devoir de répondre à trois questions sur les putes dans les bois. Pour publier cette vidéo, il fallait avoir du métier de journaliste une opinion bien plus mesquine que celle qu'a Mélanchon du métier de politique.

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Non quand je le compare à le Pen, c'est pour le côté "j'attaque le système médiatique en m'en présentant comme une victime pour en faire mon fond de commerce électoral". J'ai bien précisé que sur le fond, Melenchon a pas tort, et qu'à partir du moment où les journalistes sont de moins en moins lèche cul avec les politiques, il y a pas de raison qu'ils se fassent taper dessus en retour.

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Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Je remarque par ailleurs être incapable d'orthographier son nom correctement. :-S

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

La presse a beaucoup parlé d'une certaine Najlae Lhimer, présentée comme une Marocaine qui aurait fui son pays, où elle était menacée d'un mariage forcé, puis aurait séjourné irrégulièrement en France, puis aurait été renvoyée dans son pays après avoir porté plainte pour des violences dont elle aurait été victime, en France, de la part d'un proche:
http://www.liberation.fr/societe/010162 … i-soumises
http://immigration.blogs.liberation.fr/ … emain.html

Bien qu'à ma connaissance les faits en question aient fait l'objet de la part de simples allégations, de la part de Lhimer, que ces faits n'aient pas été prouvés, et qu'il n'ait même pas été allégué que Lhimer ait déposé en France une demande d'asile qui lui aurait permis d'espérer obtenir un titre de séjour, la presse, dans l'ensemble, semble accepter telle quelle la version présentée par cette personne (c'est-à-dire qu'on lit en général "elle a été victime de tels faits", plus, éventuellement, "elle a été expulsée dans le pays qu'elle a été contrainte de fuir, c'est un scandale") au lieu de se borner à présenter les seuls faits certains, c'est-à-dire: "elle déclare avoir été victime de tels agissements, dont la réalité est ou non confirmée par telle déclaration, et elle dénonce, en conséquence, son expulsion".

Au contraire, les faits qui remettent en question la version de Lhimer ont été très rarement évoqués par la presse:
http://frenchcarcan.com/2010/03/15/najl … lle-menti/
http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine … apeau-.php
http://www.jeuneafrique.com/Article/ART … digne.html

Last edited by apokrif (04-04-2010 15:59:15)

Oder so ähnlich.

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Comment une enquête sur la restauration rapides et ses horreurs a été censurée par M6 parce que "c'est des copains" :

Les vidéos : http://television.telerama.fr/televisio … ,54290.php

Début 2009, l'agence de presse Tony Comiti vend à M6 une enquête sur les coulisses de la restauration rapide. La première partie du film montre que certains restaurants et boulangeries de quartier n'offrent pas toujours des produits irréprochables. Du classique. Les journalistes s'intéressent alors à McDonald's et KFC, où ils enquêtent en caméra cachée faute d'obtenir des autorisations de tournage. Là encore du classique. Ce qui l'est moins, c'est la découverte que, contrairement à ce qu'affirme le site de McDonald's, les hamburgers qui ne sont pas vendus en dix minutes ne sont pas jetés. Chez le franchisé où sont tournées les images, ils continuent même d'être vendus... quatre heures après leur fabrication. Mieux, des étiquettes mentionnant la date de péremption des produits sont remplacées sitôt leur durée de vie dépassée. A KFC, l'enquête, aussi décapante, prouve que le poulet censé être halal, n'est pas abattu selon le rite musulman.

Cette vidéo est disponible pendant 7 jours.

Les journalistes font connaître le résultat de leurs trouvailles aux directions de McDonald's et de KFC pour recueillir leurs réactions. Un triomphe. McDonald's dénonce des méthodes de voyou, exige de voir le film et surtout de connaître le nom du franchisé. L'agence refuse mais doit concéder un visionnage au terme duquel le vice-président de McDonald's France disposera d'un quart d'heure de réflexion avant de répondre face caméra. Le quart d'heure se transforme en une journée puis en trois jours et finira par un refus de répondre. Entre-temps, la pression monte. La régie publicitaire de M6 intervient auprès de la rédaction en chef. McDonald's exige la livraison du film et de tous les rushes tournés en caméra cachée faute de quoi il menace la chaîne d'un procès. Des députés appellent le producteur en lui demandant de « laisser tomber » avec cet argument imparable : « C'est des copains. » Copains vraiment ?

A M6, la pression est maximale, les réunions se succèdent. Le lissage du film aussi. La séquence du syndicaliste racontant que les croque-monsieur sont baptisés « disques durs » quand ils ont trop attendu, est coupée. M6 et McDonald's finissent par transiger : pour contrebalancer l'image désastreuse donnée par le film, une nouvelle séquence sera tournée chez un autre franchisé. Un savoureux moment de communication d'entreprise.

La réaction de KFC est moins brutale. Le directeur général accepte l'interview mais répond trop légèrement. Il en prend conscience et exige une seconde interview. Elle se déroulera chez les avocats de KFC. Communication verrouillée là aussi. Une semaine avant la diffusion, la direction de l'information de M6 et l'agence s'accordent sur une version finale. Fin de l'histoire ? Pas encore. Au dernier moment, les dirigeants de M6 se ravisent et exigent la suppression de toute la séquence McDonald's et KFC. Tony Comiti refuse et renvoie la balle à M6. En clair : nous vous livrons le film, à vous d'assumer la censure. M6 assume. L'intégralité de l'enquête est « trappée ». Coût pour la chaîne : environ 70 000 euros et un bug d'image sans lendemain. Moins cher que de perdre un de ses si chers annonceurs.

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Oui, mais essayons de réfléchir deux minutes au lieu de s'enflammer. Les deux aspects de la question sont très discutables.

1. M6 n'est pas une association de consommateurs chargée d'informer les gens des méthodes en place dans les chaînes de restauration rapide. C'est une entreprise qui bâtit son fond de commerce sur les recettes publicitaires. A partir de là, comment lui reprocher de choisir de ne pas diffuser une émission qui va potentiellement lui faire perdre beaucoup d'argent ? Ce serait quand même particulièrement hypocrite et malvenu.

2. Sur le thème abordé, qui est encore dupe ?
Le sujet en lui-même a passé le stade du réchauffé, c'est du recuit douze fois. Quand, en plus, le résultat est plutôt tiède.
Savoir qu'un hamburger peut être vendu quatre heures après sa fabrication ne m'inspire qu'une horreur modérée, quand je sais déjà depuis x années que les steaks servis chez MacDo contiennent de la merde au sens propre (cf Fast Food Nation). J'ai encore vu un autre documentaire du même genre y a pas longtemps, c'était un peu plus crade que des poulets pas abattus selon le rite musulman.

Donc qu'on arrête de faire chier avec ça, on sait tous depuis toujours que les fast foods vendent de la bouffe pas chère et dégueulasse, quand on veut manger sain et équilibré, on fait le marché le samedi ou on achète bio putain.

Last edited by Trèfle (05-04-2010 03:28:06)

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Trèfle a écrit:

quand on veut manger sain et équilibré, on fait le marché le samedi ou on achète bio putain.

+1

35

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

les pauvres, c'est bien connu, sont aussi très cons. Ils ne savent pas que le boucher du marché de Maubert-Mutu est bien meilleur que KFC. Sinon, ils prendraient le RER.

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Journalisme et médiacratie : un nouveau clergé
Ce qu’il est désormais convenu d’appeler "l’affaire Mélenchon" met en évidence le fonctionnement ecclésial des médias. Le rapprochement entre l’église catholique et son clergé (au moins au moyen-âge) et la sphère journalistique est à cet égard plein d’enseignement.

Le clergé, souvent inculte et très mal renseigné sur la Bible, du moins le bas clergé, était conçu comme une médiation entre le peuple et le Livre. L’église catholique voulait à tout prix avoir le monopole de la diffusion de l’information, la doctrine, pour pouvoir contrôler la foi donc la croyance. Les gueux, les serfs étaient soumis à un contrôle étroit que Foucault aurait qualifié de "biopouvoir". Pour asseoir cette domination sur les esprits, l’église règlementait fermement la diffusion de la doctrine, excommuniait, imposait une doctrine unique (toute ressemblance avec la pensée du même métal ne serait pas fortuite), contrôlait les moyens de diffusion (scriptoriums dans les monastères, lieux fermés, interdits aux laïcs), et contribuait à maintenir les masses dans l’illettrisme.

C’est effectivement à la fois le comportement et l’objectif des principaux médias aujourd’hui. Il est remarquable de constater que dans "l’affaire Mélenchon", aucun journaliste n’a pris le temps de se demander si, par hasard, le fonctionnement moderne des médias n’était pas exempt de toute critique. Absolument aucune auto-critique, aucune trace de recul sur les pratiques journalistiques, cela rappelle, évidemment le postulat d’infaillibilité du Pape lorsqu’il s’exprime ex-cathedra (c’est-à-dire en tant que docteur de la foi, en situation d’enseignement) défini solennellement en 1870.

Le journaliste est aujourd’hui frappé du même syndrome que le Pape : il est infaillible par nature quand il s’exprime "ex-cathedra", c’est-à-dire dans un journal ou un magazine. Il faut d’ailleurs rappeler que cette infaillibilité du Pape est liée à l’infaillibilité de l’église tout comme celle du journaliste est liée à celle du système médiatique homologue contemporain de l’église apostolique romaine.

Beaucoup de termes passés dans le langage courant accréditent cette thèse : ne parle-t-on pas de la "messe du 20 heures " ? Plus encore, quelle est l’émission qui, même sur une chaîne aussi vendue aux annonceurs que TF1 , ne subit aucune coupure publicitaire ? Le JT. Cet espace reste sacré car il est l’endroit par où passe la doxa, il est le moment où se rassemblent les fidèles, il est le lieu de l’élaboration de la croyance. Quand, au moyen-âge et plus tard, l’église s’appuie sur une société autoritaire et violente, sur un "biopouvoir" pour dominer les masses, la société contemporaine, elle, s’appuie sur les médias et le marketing pour leur enlever le désir de s’informer réellement. Les "sociétés de contrôle", expression inventée par Deleuze et Guattari, sont nées en même temps que le journalisme moderne intimement lié au marketing qui le finance.

Quand aux XII° et XIII° siècle le commerce des indulgences fait florès, celui des encarts publicitaires aux XX° et XXI° siècles fait de même. Ces indulgences qui permettaient de se faire pardonner tous les péchés. Quelle différence entre le "vendeur d’espace d’un magazine" et le dominicain Johann Tetzel, qui fut chargé en 1516-1517 de vendre les indulgences au nom de l’archevêque de Mayence, et qui était intéressé à la vente par une commission de 50% promise par la Curie ? Décidément furieusement moderne ce Tetzel qui inventa selon certains historiens le slogan (publicitaire dirions-nous) : « aussitôt que l’argent tinte dans la caisse, l’âme s’envole du Purgatoire ». Il faudrait peut-être traduire de nos jours par : « Aussitôt que l’annonceur paraît, le scrupule disparaît ». Nul doute qu’aujourd’hui Tetzel enseignerait dans la même école de journalisme que celle dans laquelle l’étudiant qui voulait faire un scoop avec M. Mélenchon a appris les ficelles de sa triste besogne.

Mais le système médiatique est en crise nous dit-on. Evidemment, il souffre de discrédit (de credere, croire). Or un système fondé sur la diffusion de la doxa, dont l’objectif est de diffuser de la croyance ne peut pas survivre à un discrédit. Nous pouvons peut-être même imaginer ce qu’il adviendra de ce système : à peu près la même chose que ce qu’il est advenu de l’église catholique des indulgences. A la fin du XV° siècle un moine augustin, germanique, décida que ce système était trop corrompu et qu’il fallait, entre autres choses, permettre au public de lire lui-même la Bible et non plus de l’abreuver de commentaires. L’église et son clergé n’étaient plus nécessaires. Cette circulation de l’information était rendue possible par les progrès de l’imprimerie qui joua un rôle comparable à celui d’internet aujourd’hui. Cet homme s’appelait Martin Luther, il réunissait des gens qui protestaient contre l’ordre établi, et que cet ordre établi appela plus tard les "protestants". Il bâtit la Réforme avec un disciple qui devint à ses côtés un des promoteurs de cette révolution.

Et devinez comment s’appelait ce protestant de la première heure ? Je vous le donne en mille : Melanchthon.

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Tiens, le voilà qui vire FN années 80 maintenant.

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Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

J'ignorais que le FN se référait à Foucault et à Luther, dans les années 80.

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

mouaif a écrit:

J'ignorais que le FN se référait à Foucault et à Luther, dans les années 80.

Les références sont là pour faire jolies et pour épater le pékin dans la rubrique "ah merde, c'est réfléchi, c'est du sérieux". Je parlais du fond et de la pensée en terme de "système médiatique qui est contre moi".

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Une telle vision des médias est loin d'être l'apanage du FN. Surtout depuis quelques années !

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

L'idée qu'il faille un ministère de l'immigration nationale non plus.

(je parle de l'idée comme argument politique, pas de la réflexion de base sur "ah les médias c'est de la merde")

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Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Certes. Enfin, si parler de tendances dans les médias fait d'un politicien un anti-système frontiste... D'ailleurs, le FN n'étaye que très rarement son discours sur des faits, des doctrines, un système de pensée verbalisé et justificateur. Ca effraie l'électeur.

Il y a de ça chez Mélenchon, mais en nettement plus réfléchi. Il a en plus le courage de vouloir être au-dessus, systématique (qu'on soit d'accord ou pas). Cette prétention à être plus intelligent que son interlocuteur parait insultante - symptôme assez terrible - alors que c'est un risque politique, celui d'expliquer de façon complexe. On peut ne pas être d'accord, mais ce que le journaliste refuse, c'est la complexité même, et le statut de l'homme politique à la maîtriser. Merde, le type dirige un parti, et il n'a pas le droit de dire à un étudiant de se taire et de l'écouter. Un journaliste, c'est AVANT TOUT un relai de la parole politique.

Quand Mélenchon lui assène que son métier est pourri, que les journalistes créent les débats de manière médiocre, et qu'il le fait volontairement grossièrement pour voir ce qu'il a à dire, l'autre n'a même pas le courage élémentaire de défendre ses questions ou son métier. Tout ce qu'il dit, c'est que ça "intéresse les gens". Says who?

Je vous recommande cela (itw a Vendredi sur la place du journalisme): http://www.wikio.fr/video/itw-jl-melenc … t-3014771. Un peu moins bête que la vidéo/buzz, voire intelligent.

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

C'est gros, c'est très gros !

Larsen : « Les dealers dans le reportage de TF1 sont bidons »

Lundi 12/04/2010 | Posté par Aladine Zaiane | Partager

Le médiateur de quartiers, qui craint pour sa famille, livre sa version des faits suite à la diffusion, le 29 mars, d’un reportage consacré au marché de la drogue dans une cité de Tremblay-en-France (93).

BONDY BLOG – Etes-vous lié à la descente de police qui a eu lieu au matin du 29 mars à Tremblay-en-France, le jour de la diffusion du reportage de TF1 consacré au trafic de drogue dans l’un des quartiers de la ville ? LARSEN – Les gens savent que je n’ai rien à voir avec cette descente. Malgré ça, je fais face à des problèmes très complexes depuis la diffusion du reportage.

Des problèmes de quel type ?

La semaine dernière, on s'en est pris à la mère de mes enfants à son domicile, à Tremblay. Des gens ont cassé sa voiture et l'ont menacée sur son palier. Quand je suis au quartier, personne ne me touche et quand je m'absente on s'en prend à mes proches.

Savez-vous qui sont ces individus ?

Cette violence contre les miens n'a aucun lien direct avec le reportage ou la descente de police. J'ai eu un différend avec quelqu’un qui prend prétexte de ce reportage pour essayer de me faire du mal.

La boîte de production d’Emmanuel Chain, « Eléphant et cie », vous a-t-elle versé de l’argent pour votre participation à ce reportage ?

Rien du tout ! Il n'a jamais été question d'argent ! S'il le faut, je sors mes relevés bancaires pour prouver ma bonne foi.

Toutefois, il est étrange que la descente ait eu le matin-même de la diffusion du reportage.

L'un des mecs qui s'est fait arrêter lors de la descente de police était sous commission rogatoire depuis un moment, et lui-même reconnaît que je n'ai rien à voir dans cette affaire. Le commissariat de Villepinte pistait ces gens depuis octobre 2009. Ils étaient sur écoute. Ce n'est qu'après que la police judiciaire a pris le relais.

Comment en êtes-vous venu à participer à ce reportage ?

Il y a un journaliste de RTL qui m'appelle pour me dire qu'il a une collègue qui va quitter la radio pour travailler avec Eléphant et Cie (la boîte de production d'Emmanuel Chain) pour une nouvelle émission. J'ai accepté de participer à ce reportage qui se plaçait non pas du point de vue de la police mais du point de vue des dealers. C’est ce qui m’intéressait. J'ai donc rencontré la journaliste chargée de tourner ce reportage, elle me dit que ça doit s'appeler « Quand les dealers font la loi ». Là, j'ai refusé, ça faisait trop cliché, j'ai demandé à revoir l'angle.

Cela ne vous a-t-il pas mis la puce à l'oreille ? Avez-vous songé à stopper votre collaboration avec l’équipe de tournage ?

Moi, je voulais juste montrer la vie des gens. Pas uniquement des dealers, mais de tout le monde. Je voulais montrer ce qu'on vit. Et en même temps montrer la dure réalité des dealers...

Ne vous êtes-vous pas dit qu'au montage, TF1 ferait à sa « sauce » ?

C'est vrai que je me suis fait avoir. Je leur ai fait confiance pour le montage. J'ai demandé de flouter les bâtiments pour qu’on ne puisse pas reconnaître l'endroit, ça n'a pas été fait. Au bout d'un moment, la journaliste s'étant fait accepter dans le quartier, elle venait seule le matin pour filmer et je n’étais pas là, donc je ne pouvais pas contrôler ce qu'ils faisaient. Mais en même temps, il y a une chose que les gens doivent savoir : les « dealers » qui apparaissent dans ce reportage sont bidons, excepté un.

Donc le reportage de TF1 est en partie bidon ?

Bien sur ! Je n’étais pas complètement bête pour prendre le risque de présenter des vrais dealers à TF1 !

Le fait que les gens se posent des questions sur votre rôle dans cette affaire s'explique en partie par le fait que l'on vous voie à visage découvert dans le reportage...

Alors pour ça, c'est simple : je devais apparaître juste pour parler de mon action sociale auprès des jeunes, qui consiste notamment en la réhabilitation de bâtiments. Après, voyant que les gens ne parlaient pas trop, notamment les jeunes, TF1 a monté un scénario qui n’avait rien à voir avec ce qui était convenu au départ. TF1 m’a utilisé de façon à ce que les jeunes se montrent et parlent à la caméra, mais moi, je ne devais pas apparaître.

Quelle sera la suite pour vous ?

Je vais poursuivre mes efforts. Il y a encore beaucoup de travail et je ne vais pas m'arrêter à cause de cette péripétie.

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Expulsion par la police à la Courneuve: les images buzzent et la manipulation n'est pas loin:
http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=3234
http://www.arretsurimages.net/forum/rea … 30,1096471
http://www.leparisien.fr/seine-saint-de … 019298.php

La simple présence de la police en défrise certains, et en plus ils râlent parce que les médias n'assurent pas assez de diffusion gratuite à leur pub:
http://www.humanite.fr/07_08_2010-la-co … -93-451194

Last edited by apokrif (10-08-2010 02:32:25)

Oder so ähnlich.

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Y'avait ça aussi sur le sujet: http://www.guardian.co.uk/world/2010/au … quat-video

L'éditorialiste n'évite pas les grosses ficelles du genre: "les policiers rasés"...

Par contre, rien sur le fait que ces personnes squattent des logements qui doivent être rasés depuis plus d'un, rien sur le fait que ces personnes ont eu des propositions d'hébergement...

Enfin, parler de "violences policières" est franchement abusif et ce sont les parents qui sont irresponsables de faire un sit-in avec leurs gamins.

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

sabaidee a écrit:

Enfin, parler de "violences policières" est franchement abusif et ce sont les parents qui sont irresponsables de faire un sit-in avec leurs gamins.

Irresponsables en vertu de quoi ? Même si du côté de la loi ils ne sont pas dans leur droit, tu t'attends à ce qu'ils acceptent l'expulsion la fleur au fusil ?

C'est avec ce genre de visions répressives qu'on en a été amené à effacer la clause de non-imputabilité théorique du délit d'évasion en 2004...

Je lubrifie les relations humaines.

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Nick Carraway a écrit:
sabaidee a écrit:

Enfin, parler de "violences policières" est franchement abusif et ce sont les parents qui sont irresponsables de faire un sit-in avec leurs gamins.

Irresponsables en vertu de quoi ? Même si du côté de la loi ils ne sont pas dans leur droit, tu t'attends à ce qu'ils acceptent l'expulsion la fleur au fusil ?

C'est avec ce genre de visions répressives qu'on en a été amené à effacer la clause de non-imputabilité théorique du délit d'évasion en 2004...

Irresponsables en vertu du fait qu´ils se savent fort susceptibles d´etre évacués par la police : s´ils ne veulent pas qu´on fasse du mal à leurs enfants, il ne faut pas les inclure dans le sit-in.

Your mother was a HAMSTER, and your father smelt of eldeberries !

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Nick Carraway a écrit:

Irresponsables en vertu de quoi ? Même si du côté de la loi ils ne sont pas dans leur droit, tu t'attends à ce qu'ils acceptent l'expulsion la fleur au fusil ?

C'est avec ce genre de visions répressives qu'on en a été amené à effacer la clause de non-imputabilité théorique du délit d'évasion en 2004...

Si tu t'assois en refusant de bouger, tu dois t'attendre à ce que les flics te "secouent" un peu, donc la logique veux que tu mette tes enfants à l'abri. A moins qu'un cameraman espère de jolies images de "brutalités" policières...

Last edited by sabaidee (10-08-2010 09:47:30)

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Parce que c'est le sit-in qui déclenche la violence policière ? Il est vrai que jamais les médias n'ont relaté d'expulsions policières violentes et traumatisantes en présence d'enfants. Les sorties d'école, les arrachages au domicile à 6h du matin, tout ça c'est de la désinformation...

Ils ont foutu leurs gosses là parce qu'ils espéraient au contraire de la retenue policière. Mais visiblement la modération dans la répression n'est pas enseignée dans les écoles de police wink

Je lubrifie les relations humaines.

Re: Observatoire des manipulations médiatiques...

Nick Carraway a écrit:

Parce que c'est le sit-in qui déclenche la violence policière ? Il est vrai que jamais les médias n'ont relaté d'expulsions policières violentes et traumatisantes en présence d'enfants. Les sorties d'école, les arrachages au domicile à 6h du matin, tout ça c'est de la désinformation...

Ils ont foutu leurs gosses là parce qu'ils espéraient au contraire de la retenue policière. Mais visiblement la modération dans la répression n'est pas enseignée dans les écoles de police wink

Il n'y a pas de brutalités dans cette vidéo: tu as déjà essayé de déplacer quelqu'un qui le refuse? Ben ça donne ça...

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz