Topic: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Le Congrès terminé, il est temps que le PS se mette sérieusement au travail, sur les sujets cruciaux qui ont été débattus pendant ce Congrès par certaines motions. La crise économique, la politique de l'emploi, l'environnement, comment avancer vers l'égalité réelle, quelle politique sociale, comment faire face aux défis de la protection sociale, quelle politique du logement, comment être aux côtés des syndicats et des associations sur le terrain, etc.

Martine Aubry va organiser sa direction en la forme d'un shadow governement et nous allons enfin rechercher l'efficacité dans la contre-proposition, et pas seulement la contestation de la politique actuelle.
C'est une bosseuse, qui ne s'intéresse pas aux luttes internes, et qui vise à recentrer le travail du PS sur le fond.

Et pour commencer, la première annonce de Martine Aubry, première secrétaire à propos de la politique de l'emploi et de la relance nécessaire, la grande oubliée de cette crise économique face à laquelle on n'a pensé qu'à distribuer de l'argent aux banques sans contrepartie, alors que ce sont les premières responsables de cette crise, et que certains d'entre elles ont déjà distribué de l'argent à leurs dirigeants, et à leurs cadres. Il est temps de s'intéresser au peuple, aux travailleurs, à toutes les vraies victimes de cette crise, ceux qui ne parviennent pas à joindre les deux bouts, les travailleurs pauvres, les mal ou pas logés du tout, les malades qui sont peu à peu mis à l'écart du système de soins (qu'il s'agisse des bénéficiaires de la CMU ou des "franchisés" dissuadés de se tourner vers le système de soins à temps).

C'est cela que l'on attend du PS, et c'est dans ce boulot que les socialistes doivent maintenant se concentrer.

http://www.lexpress.fr/actualites/2/fac … 82338.html

A vous les studios.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

De l'importance d'ouvrir les nouveaux threads pour avoir le titre orienté dans le sens qui nous plaît.

Version alternative : "Tout va très bien madame la marquise !"
http://www.youtube.com/watch?v=rdLUV0hhYZY

"Je sens en deux parti[e]s mon esprit divisé." (Pierre Corneille, Le Cid)
"Et en deux sous-parties" (Richard Descoings)

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Le Figaro a écrit:

Royal reste la préférée de la gauche pour 2012

Pour la présidentielle, les sympathisants socialistes privilégient une alliance avec Besancenot sur un accord avec Bayrou.

Est-ce vraiment une surprise ? Face à Martine Aubry qui vient d'accéder au poste de première secrétaire du PS, Ségolène Royal reste la préférée des sympathisants de gauche pour une candidature à l'élection présidentielle. D'après les résultats d'un sondage OpinionWay pour Le Figaro et LCI , la présidente de Poitou-Charentes serait préférée par 45 % des sympathisants socialistes contre 35 % qui choisiraient la maire de Lille. «Pour gagner ses galons de présidentiable, Martine Aubry doit réussir sa mission à la tête du PS alors que Ségolène Royal bénéficie encore de son statut de candidate à l'Élysée», explique Bruno Jeanbart, directeur des études politiques chez OpinionWay.

Alors, naturellement, les sympathisants PS préfèrent que Ségolène Royal reste au sein du parti. Ils sont 70 % à assurer ne pas souhaiter qu'elle quitte le parti : 42 % de «non, pas du tout» et 28 % de «non, plutôt pas». Sur l'ensemble des Français, cette proportion descend à 32 %.

Inquiets pour l'avenir du parti

Mais pour arriver jusqu'à l'élection présidentielle, et franchir le premier tour, encore faut-il disposer d'un parti en bon état. Or même parmi les sympathisants socialistes, on s'inquiète pour l'avenir du PS. 64 % d'entre eux estiment que le parti est entré dans une «crise durable» contre 27 % qui ne la jugent que «passagère». Ils sont 76 % à penser que le PS sort «affaibli» du congrès de Reims. Un résultat même légèrement au-dessus de celui de l'ensemble des Français qui sont 73 % à exprimer la même opinion.

Or les déchirements des socialistes ont passionné les Français. «L'élection de Martine Aubry» et «les rivalités au sein du PS» sont de loin les événements qui les ont le plus marqués cette semaine. Les deux sujets arrivent en tête avec 42 % et 41 %, loin devant la crise financière (4 %), ses impacts sur l'économie (4 %) et les plans de relance des États européens (3 %). La dernière fois qu'un sujet s'était imposé de la sorte dans les discussions, c'était il y a un peu plus d'un mois, et il s'agissait justement de la crise financière.

«Il faudra du temps au PS pour modifier cette image très négative envoyée par le congrès de Reims, note Bruno Jeanbart. Une évolution positive dépend de beaucoup de facteurs, notamment le jugement des Français sur l'action du gouvernement et de chef de l'État et les signes qui vont être envoyés par la nouvelle direction du PS.»

Martine Aubry veut marquer les esprits avec son équipe de direction mais elle devra aussi régler la question des alliances, un sujet qui avait divisé lors du congrès de Reims. Or pour les sympathisants socialistes, le débat semble clair. Ils sont 41 % à privilégier des alliances à gauche, y compris avec Olivier Besancenot, contre seulement 16 % qui envisagent de se tourner vers le MoDem de François Bayrou. Sur ce point, Martine Aubry a les sympathisants de son côté. Sur cette question des alliances, il faut noter que ce sont plutôt les sympathisants du MoDem qui envisagent un rapprochement avec le PS. Ils sont 35 % à souhaiter que le PS s'allie avec le parti de François Bayrou.

C'est un peu contradictoire de préférer Ségo à Aubry, puis l'alliance avec la gauche plutôt qu'avec le centre. Parce que la vraie différence de fond entre les 2 candidates, c'est la question de l'alliance avec le Moudem.

"Moult a appris qui bien connut ahan"

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

En même temps, c'est un sondage et je suis curieux de connaître leur définition de "sympathisants de gauche", quels "sympathisants de gauche" sont-ils allé chercher?

Ce sont les enfants sages, Madame, qui font les révolutionnaires les plus terribles. Ils ne disent rien, ils ne se cachent pas sous la table, ils ne mangent qu'un bonbon à la fois, mais plus tard ils le font payer cher à la Société.
Sartre, in Les mains sales
N'essayez pas de devenir un homme qui a du succès. Essayez de devenir un homme qui a de la valeur. Albert Einstein

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Réunion du PS de Sciences Po, ouverte à toutes celles et tous ceux qui partagent les valeurs et les idées de la gauche de gouvernement

Mardi 2 décembre, à 19h en salle A11: AG sur le thème de la justice.

Invité: André Vallini, secrétaire national du PS en charge des questions de justice

Les étudiants échangeront avec le député socialiste autour de sujet comme "la rétention de sureté", "la prison à 12 ans", "la réforme de la carte judicaire", "la révision constitutionnelle", "la pratique du politique" (Vallini a présidé la commission d'enquête "Outreau" au Parlement), etc

Socialistes du forum (encartés ou pas), on vous attend nombreux !

"Ne me siffle pas mon camarade, parce que moi, je t'aime!"

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

anarchange a écrit:

En même temps, c'est un sondage et je suis curieux de connaître leur définition de "sympathisants de gauche", quels "sympathisants de gauche" sont-ils allé chercher?

Et puis s'ils l'aimaient tant que ça ces gens-là, ils seraient rués sur les urnes pour l'élire, non?

Laissez dire les sots, le savoir a son prix (Jean de la Fontaine)

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Greg a écrit:

comment avancer vers l'égalité réelle

La social-démocratie résumée en une structure verbale.

"Je hais les indifférents. Pour moi, vivre veut dire prendre parti. Celui qui vit vraiment ne peut pas ne pas être citoyen ou partisan. L'indifférence est apathie, elle est parasitisme, elle est lâcheté, elle n'est pas vie. C'est pourquoi je hais les indifférents." - Antonio Gramsci (La Città futura, 11 février 1917).

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Greg a écrit:

C'est une bosseuse, qui ne s'intéresse pas aux luttes internes, et qui vise à recentrer le travail du PS sur le fond.

Wishful thinking.

Enfin on verra.

"It's better to burn out than to fade away".
Joseph Goebbels ou Neil Young ?

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Je crois bien me rappeller qu'avant le Congrès, Delanoé était le préféré des sympathisants et des français, très loin devant Aubry, elle même devant Ségolène.

Ségolène Royal est l'alliée objective du système merdiatique et la candidate préférée de Sarkozy. On va avoir droit, pendant les années qui viennent à une matraquage du système merdiatique pour faire désigner Ségolène Royal.

Toutes les méthodes de manipulations vont être de mises 5 articles pro-ségolène pour 1 article sur le travail du PS ; actions de ségolène montrée sous un jour mayennement favorable, action du PS montrées comme "divisées" ; le discours et la grille d'interprétation fallacieuse des ségoliens ("le péhesse cédéméchans" et "je suys une vyctiiim") va être reprise par tous les merdias affidés au pouvoir. Des sondages biaisés et mensongers payés par on ne sait quelle officine proche du pouvoir, ou de Pierre Bergé va nous annoncer à intervalles réguliers "une avance de Ségolaine Rouaillale".

Aux socialistes de résister courageusement à cette manipulation.

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Gambetta a écrit:

actions de ségolène montrée sous un jour mayennement favorable,

Il faut dire qu'elle a bien fait en Mayenne.

http://i74.servimg.com/u/f74/11/94/92/48/carte_10.png

"It's better to burn out than to fade away".
Joseph Goebbels ou Neil Young ?

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

C'est vraiment obligatoire le "merdia" toutes les deux lignes ?

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Tu l'as trouvée sur quel site, la carte ?

"Je hais les indifférents. Pour moi, vivre veut dire prendre parti. Celui qui vit vraiment ne peut pas ne pas être citoyen ou partisan. L'indifférence est apathie, elle est parasitisme, elle est lâcheté, elle n'est pas vie. C'est pourquoi je hais les indifférents." - Antonio Gramsci (La Città futura, 11 février 1917).

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Aah c'est mon département !! (en même temps 300 votants un truc dans le genre avec le député maire élu en mai en sa faveur + 1 vache par habitant ==> à un moment on voit le résultat)

" La mort n'est qu'un autre chemin " G.

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Necrid_Master a écrit:

Tu l'as trouvée sur quel site, la carte ?

CNN, dans la rubrique lol.

"Les Français veulent l'égalité, et quand ils ne la trouvent pas dans la liberté, ils la souhaitent dans l'esclavage" Alexis de Tocqueville

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Mets ta petite souris sur l'image. Regarde en bas de ta page. Magiiiiie, l'adresse du site apparait smile.

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Trèfle a écrit:

Mets ta petite souris sur l'image. Regarde en bas de ta page. Magiiiiie, l'adresse du site apparait smile.

J'aurais dit +1, mais c'est un serveur d'hébergement d'images... donc niveau sources...

"Les Français veulent l'égalité, et quand ils ne la trouvent pas dans la liberté, ils la souhaitent dans l'esclavage" Alexis de Tocqueville

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Ah moi, je réponds à la question hein, pas plus.

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

N'empêche, on pourrait comparer cette carte à celle du 2nd tour de l'élection de 2007...

Last edited by Necrid_Master (28-11-2008 21:44:34)

"Je hais les indifférents. Pour moi, vivre veut dire prendre parti. Celui qui vit vraiment ne peut pas ne pas être citoyen ou partisan. L'indifférence est apathie, elle est parasitisme, elle est lâcheté, elle n'est pas vie. C'est pourquoi je hais les indifférents." - Antonio Gramsci (La Città futura, 11 février 1917).

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Necrid_Master a écrit:

Tu l'as trouvée sur quel site, la carte ?

Ici :
http://uselectionatlas.org/FORUM/index. … ic=83707.0

Oui, le monde entier s'est captivé pour cette bataille homérique.

Par contre je crains que les comparaisons avec les scrutins nationaux soient oiseuses... Comme le dit Nirnaeth, pleins de départements comptent très peu de membres, dès lors, c'est plus du hasard qu'autre chose.

"It's better to burn out than to fade away".
Joseph Goebbels ou Neil Young ?

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

http://accel6.mettre-put-idata.over-blog.com/0/55/29/21/Carte-France.jpg

Mouai, moyen quand même.

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

putain elle s'est vraiment faite éclater..

Tu me fais tourner la tête

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

jesous chraist a écrit:

putain elle s'est vraiment faite éclater..

Ce qui est quand même une amélioration.
http://i74.servimg.com/u/f74/11/94/92/48/presid10.png

"It's better to burn out than to fade away".
Joseph Goebbels ou Neil Young ?

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

La Guyane a été gagnée par Taubira. Pourquoi cette couleur ?

"Je hais les indifférents. Pour moi, vivre veut dire prendre parti. Celui qui vit vraiment ne peut pas ne pas être citoyen ou partisan. L'indifférence est apathie, elle est parasitisme, elle est lâcheté, elle n'est pas vie. C'est pourquoi je hais les indifférents." - Antonio Gramsci (La Città futura, 11 février 1917).

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Necrid_Master a écrit:

La Guyane a été gagnée par Taubira. Pourquoi cette couleur ?

Il y a quatre couleurs différentes dans la légende, je suppose que la Guyane correspond à la quatrième, mais c'est vrai qu'on fait mal la distinction avec le joli beige de Jean-Marie.

Last edited by Surfin'USA (28-11-2008 22:13:02)

"It's better to burn out than to fade away".
Joseph Goebbels ou Neil Young ?

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Necrid_Master a écrit:

La Guyane a été gagnée par Taubira. Pourquoi cette couleur ?

Waciste.

Certes.

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Ah exact. Je me disais aussi.

"Je hais les indifférents. Pour moi, vivre veut dire prendre parti. Celui qui vit vraiment ne peut pas ne pas être citoyen ou partisan. L'indifférence est apathie, elle est parasitisme, elle est lâcheté, elle n'est pas vie. C'est pourquoi je hais les indifférents." - Antonio Gramsci (La Città futura, 11 février 1917).

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Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Yep a écrit:

Réunion du PS de Sciences Po, ouverte à toutes celles et tous ceux qui partagent les valeurs et les idées de la gauche de gouvernement

Mardi 2 décembre, à 19h en salle A11: AG sur le thème de la justice.

Invité: André Vallini, secrétaire national du PS en charge des questions de justice

Les étudiants échangeront avec le député socialiste autour de sujet comme "la rétention de sureté", "la prison à 12 ans", "la réforme de la carte judicaire", "la révision constitutionnelle", "la pratique du politique" (Vallini a présidé la commission d'enquête "Outreau" au Parlement), etc

Socialistes du forum (encartés ou pas), on vous attend nombreux !

Un petit rappel...

"Ne me siffle pas mon camarade, parce que moi, je t'aime!"

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Il a déjà répondu qu'il n'en était pas question. Mais qui vivra verra.

http://unefiep2009.wordpress.com/

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Un mec bien.

http://unefiep2009.wordpress.com/

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Bah alors ?

http://unefiep2009.wordpress.com/

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Alci a écrit:

Un mec bien.

Et qui porte tout le temps de jolies lunettes.

"It's better to burn out than to fade away".
Joseph Goebbels ou Neil Young ?

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

http://photos.pes.org/photos/manifesto_adoption__PES5982low_49344766b4f01.jpg

http://www.pes.org/downloads/PES_manifesto_2009-EN.pdf

Aujourd'hui, les leaders des partis socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes d'Europe ont adopté le manifeste du PSE pour les élections européennes de 2009.

Le manifeste du PSE, intitulé "Les citoyens d'abord: Une nouvelle direction pour l'Europe”, présente plus de 60 propositions concrètes, parmi lesquelles

- Une stratégie européenne pour une croissance verte et intelligente afin de créer 10 millions de nouveaux emplois pour 2020
- Une nouvelle réglementation pour les marchés financiers couvrant tous les acteurs financiers, y compris les fonds spéculatifs et de capital d'investissement
- Une réduction des émissions engendrant un changement climatique dans des industries comme le transport et le bâtiment
- Un pacte européen sur les salaires afin de garantir des salaires minimaux décents dans tous les Etats membres
- Un renforcement de la lutte contre la traite des femmes et des enfants à des fins d'exploitation sexuelle.

Les propositions sont regroupées sous six domaines prioritaires de réforme:

Relancer l'économie et empêcher de nouvelles crises financières
Améliorer la vie des citoyens dans une nouvelle Europe sociale
Faire de l’Europe le leader mondial de la lutte contre le changement climatique
Promouvoir l'égalité entre les sexes en Europe
Elaborer une politique efficace de l’immigration pour l'Europe
Renforcer le rôle de l'Europe comme partenaire pour la paix, la sécurité et le développement

Le président du PSE Poul Nyrup Rasmussen a déclaré: “La droite détient la majorité depuis quatre ans en Europe. Qu'a-t-elle fait pour une société plus juste? Elle a ignoré les intérêts des ménages et des salariés. Nous voulons engager l'Europe dans une nouvelle direction afin de créer une société plus juste et placer les citoyens d'abord."

“Notre manifeste présente aux électeurs un choix clair entre le PSE et nos opposants. Un choix clair entre une Union européenne progressiste où les Etats membres travaillent ensemble pour endiguer la crise économique et du climat au service de tous les citoyens en Europe et une Europe conservatrice qui met notre avenir dans les mains du marché.”

Le manifeste du PSE a été adopté à Madrid par plus de 232 délégués représentant 33 partis membres du PSE et plus de 300 militants de la base venant de toute l'Europe, parmi lesquels Jose Luis Zapatero, Franz Munterfering, Martine Aubry, Jose Socrates, Ferenc Gyurcsany, Alfred Gusenbauer, Sergei Stanishev, Borut Pahor, Gediminas Kirkilas, Jean Asselborn, Carolin Flint, George Papandreou, Mona Sahlin, Elio Di Rupo, Caroline Gennez, Helle Thorning Schmidt, Jutta Urpilainen, Eamon Gilmore, Grzegorz Napieralski, Janis Dinevics, Riccardo Nancini, Yiannakis Omirou, Joseph Muscat, Piero Fassino, Margot Wallstrom, Martin Schulz et Mercedes Bresso.

Le manifeste a été élaboré sur la base d'une consultation de neuf mois axée sur un débat en ligne avec plus de 300.000 visites sur le site de la consultation, quelque 120 réunions partout en Europe, plus de 500 contributions écrites en ligne, et plus de 60 articles présentés par des ONG, des syndicats, des fondations et des partis membres.

“Nos politiques sont plus solidaires que celles de la droite”, a déclaré M. Rasmussen “et nous faisons de la politique de façon plus solidaire également.”

http://photos.pes.org/photos/manifesto_adoption_20081201-_MG_4085_4934182b58fb2.jpg

Please could you take this note, ram it up your hairy inbox and pin it to your fucking prostate.

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Pes2009?

Last edited by Indosilver (01-12-2008 22:12:58)

"Sautez dans l'urinoir pour y chercher de l'or, je suis vivant et vous êtes morts." -PKD

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Puzzle Socialiste a écrit:

Du tirage du côté de la motion A

Il y a du tangage depuis quelques jours entre Delanoïstes et Hollandais. Les deux camps qui représentent chacun  45% des délégués au Conseil national élus sur la motion A (le reste a été attribué aux amis de Pierre Moscovici) ne se positionnent pas de la même façon face à la nouvelle direction. Alors que les premiers sont disposés à intégrer la majorité, les autres, redoutant d’être marginalisés et pris en étau entre delanoïstes et royalistes, sont beaucoup moins enthousiastes.
      Michel Sapin, proche de François Hollande, s’inquiète de ce que sera la position de la future direction (au sein de laquelle Benoit Hamon compte occuper une fonction importante) sur les questions européennes. Ce n’est pas tout. « On sent depuis quelques jours que les boute-feux remontent au créneau » se plaint aussi Michel Sapin qui dit viser autant le camp Royal. En réalité, il fait surtout allusion aux jospinistes. En particulier à Harlem Désir, accusé de ne laisser à ses alliés que la portion congrue et faire de l’anti-Royalisme une obsession. « Le mariage de raison est en train de tourner au mariage forcé ; si ça continue comme ça se sera la rupture » redoute un élu au Conseil national sur la motion A. « Les partisans du maire de Paris accusent ceux de François Hollande de porter la responsabilité de la défaite alors que les autres font remarquer que les meilleurs scores de la motion A ont été réalisés dans les fédérations hollandaises » explique-t-il.
     Les dernières quarante-huit heures, les pro-Hollande se sont retrouvés pour un dîner où leur mécontentement s’est nettement exprimé alors que le bureau du maire de Paris a été le théâtre, mardi, d’un « sommet » des jospinistes historiques. Ces derniers refont ce qu’ils ont tenté de faire à Reims, pendant la réunion de la commission des résolutions, avec les motions Aubry et Hamon. Ils continuent de discuter du texte d’orientation que Martine Aubry pourrait proposer à ses interlocuteurs jeudi et, parallèlement, se préoccupent de ce que Bertrand Delanoë a pudiquement baptisé « le dispositif humain ». C’est à dire la répartition des places. 

    Le futur secrétariat national  serait resserré (20 à 25 membres contre 42 actuellement) et pourrait faire une place de choix à Harlem Désir qui vise le secrétariat à la coordination, ce qui en ferait le numéro-deux implicite du PS. Autre enjeu d’importance, le secrétariat national aux fédérations est l’objet de nombreuses rumeurs. Les jospinistes y enverraient volontiers l’un des leurs. Alain Fontanel, énarque et adjoint au maire de Strasbourg, serait un candidat de compromis… même s’il n’a pas vraiment le profil de la fonction. Par ailleurs, il semble que l’obligation, édictée par Martine Aubry, d’une stricte parité créée quelques difficultés dans les rangs de la motion A. L’équipe Delanoë-Hollande n’est, à n’en pas douter, sûrement pas la seule à se trouver dans ce cas.
    Renouvellement oblige, les « grands architectes » du congrès (Bartolone, Cambadélis ou Vaillant) ne devraient pas jouer les premiers rôles dans l’exécutif de Martine Aubry. Mais leur poids politique n’en sera pas moins essentiel. 
     Enfin, l’idée d’un « shadow cabinet » semble écartée. Chaque secrétaire national sera chargé d’animer son secteur, indépendamment des groupes parlementaires. En tout état de cause, les présidents des groupes socialistes à l’Assemblée et au Sénat seront invités à assister à toutes les réunions du secrétariat national.

Jean-Michel Normand

Patin...

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Et ça recommence...
http://www.lexpress.fr/actualites/2/seg … 19742.html

Quand donc les socialistes vont-ils exclure une bonne fois pour toute ces agents de la 5ème colonne droitière ?...

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

http://www.liberation.fr/politiques/010 … pour-aubry

deux choses:

je pressens que les royalistes vont être impossibles à gérer, et que la moitié du PS va chouiner parce que les textes seront trop à "gauche".

Manuel valls s'autorise le verlan quand il parle à la presse. Il est vraiment cool, ce Valls, hein?

Over The Line Smokey!

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Ségolène Royal in Le Monde a écrit:

"Deux fois dans son bureau et une fois au téléphone, je lui ai dit que je suis disponible pour travailler, que nous attendons que Martine nous propose des responsabilités à la hauteur de ce que nous pouvons apporter aux Français (...) je souhaite avoir des responsabilités"

Les points de suspension tombent à pic!

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Le Monde a écrit:

Mme Aubry s'entoure d'une direction renouvelée et rajeunie

Le "rassemblement" des socialistes se fera sans Ségolène Royal et les siens. Le conseil national du Parti socialiste, réuni samedi 6 décembre à Paris, a entériné la rupture et la constitution, autour de l'ex-candidate à l'élection présidentielle, d'une minorité au sein du parti. Comme ils l'avaient annoncé la veille, après avoir pris connaissance de la "feuille de route" proposée par Martine Aubry pour les trois ans à venir, les amis de Mme Royal ont refusé toute participation à la nouvelle direction. Ils exigeaient notamment le poste de numéro 2 pour le député européen Vincent Peillon, et la présidence de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains pour Mme Royal.

A l'issue d'une réunion tendue, les partisans de Mme Royal se sont abstenus sur le texte d'orientation soumis au vote. Ce texte, qui prône "l'exigence d'un socialisme de gouvernement clairement ancré à gauche" et consacre un long chapitre à l'exigence d'une "rénovation profonde" du PS, est le résultat d'un compromis entre les trois motions qui se sont alliées pour faire gagner Mme Aubry. Il a été adopté par 146 voix pour et 72 abstentions lors d'un vote nominal, procédure rarissime au PS qu'avaient exigée les "royalistes".

Dans une nouvelle tentative pour se faire entendre - mais en l'absence de Mme Royal comme de celle du premier secrétaire sortant, François Hollande -, les soutiens de l'ex-candidate (Julien Dray, Pascal Terrasse, François Rebsamen et David Assouline) se sont succédé à la tribune pour dénoncer "l'ostracisme" dont ils s'estiment victimes. Leurs cinq amendements au texte d'orientation ont été rejetés. Ils portaient sur des thèmes qui leur sont chers, sur lesquels ils comptent bien continuer à marquer leur différence avec la nouvelle direction socialiste : la politique européenne, l'instauration d'une cotisation "modique" pour adhérer au PS, ou encore l'organisation de "primaires de toute la gauche" pour la désignation du futur candidat à l'élection présidentielle.

NOUVEAUX" ET VIEUX ROUTIERS

Mme Aubry avait promis une direction féminisée, rajeunie et renouvelée. Sur ces trois points, elle a tenu ses engagements. Le nouveau secrétariat national est paritaire : 19 hommes, 19 femmes ; 60 % de ses membres font leur entrée à la direction du parti ; 40 % ont moins de 40 ans. En revanche, la nouvelle direction est moins "resserrée" qu'attendu (38 membres au lieu de 45 pour l'équipe sortante). Parmi les nombreux "nouveaux" figurent l'ex-président de l'UNEF, Bruno Julliard (éducation), la députée strauss-kahnienne de Paris Sandrine Mazetier (immigration) ou Bertrand Monthubert, président de l'association "Sauvons la recherche" (enseignement supérieur et recherche). Toutefois, le premier cercle de la nouvelle direction est solidement charpenté par des hommes-clés, pour la plupart des vieux routiers appartenant aux courants qui ont soutenu Mme Aubry, comme Claude Bartolone, Christophe Borgel ou Harlem Désir. Ce dernier, député européen et principal lieutenant de Bertrand Delanoë, fait partie du carré de tête de l'organigramme. On y trouve aussi François Lamy, nommé "conseiller politique auprès de la première secrétaire", Arnaud Montebourg, chargé de la "rénovation", et, enfin, Benoît Hamon, dont la motion représentant la gauche du PS avait remporté 18,5 % à Reims.

Outre neuf postes pour ses proches, M. Hamon obtient la fonction convoitée de porte-parole. Il est passé aux travaux pratiques dès dimanche matin, sur France Info, en demandant "le rétablissement d'une forme d'autorisation administrative de licenciement pour les licenciements boursiers".

Autre poste stratégique, celui des "élections et de la vie des fédérations" est confié au strauss-kahnien Christophe Borgel, tandis que le député de Seine-Saint-Denis et bras droit de Laurent Fabius, Claude Bartolone, récupère les "relations extérieures". La création d'un "laboratoire des idées", sorte de méga- "think-tank" socialiste, est confiée à l'ancien ministre Christian Paul, proche de M. Montebourg, et le "Forum des territoires" à l'ancienne garde des sceaux Marylise Lebranchu. Soucieuse d'apaiser les tensions, Mme Aubry a assuré "à Ségolène Royal" que la porte "resterait ouverte" pour elle et ses proches "pendant les trois années" de son mandat de première secrétaire. "Faux départ" et "mascarade", a répliqué Vincent Peillon, tandis que l'ex-candidate a réaffirmé, dimanche soir sur France 2, qu'elle souhaitait se "mettre à la disposition du parti".

http://www.lemonde.fr/politique/article … 23448.html

L'audace du renouvellement est ébourrifante.

Ca se traduit d'ailleurs dans le fond : l'autorisation administrative des "licenciements boursiers" (sic).

"Moult a appris qui bien connut ahan"

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Bonjour Bouh,

L'idée que tu mentionnes ne me paraît pas, en l'état de la situation économique et financière internationale, être une mauvaise proposition.

La légitimité de la domination boursière sur l'économie réelle paraît de moins en moins forte, et de moins en moins justifiée.
La bourse démontre chaque jour l'absence totale de signification à sa variabilité extrême quotidienne et hebdomadaire. Sa déconnection avec l'économie réelle sur laquelle elle aurait un ascendant doit être régulée, et la proposition que tu cites permet un "re-connection" entre la situation financière, et la situation de la PRODUCTION.

Les exigences de rentabilité de la période dont nous sortons, qui servait à justifier ces licenciement boursiers (qualifiés par certains professionnels des marchés financiers de licenciement "prospectifs") ne peuvent plus se justifier aujourd'hui.

L'autorisation administrative pour ces cas de licenciements (une partie limitée de l'ensemble des licenciements) ne me paraît pas choquante, et surtout, n'interdit pas le licenciement, s'il est justifié. De plus, une telle procédure aurait le mérite d'associer l'administration, entité tiers et extérieure à l'entreprise, et permettrait une meilleure légitimation des licenciements lorsqu'ils sont justifiés.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Drac a écrit:
Le Monde a écrit:

Mme Aubry s'entoure d'une direction renouvelée et rajeunie

Parmi les nombreux "nouveaux" figurent l'ex-président de l'UNEF, Bruno Julliard (éducation) [...] ou Bertrand Monthubert, président de l'association "Sauvons la recherche" (enseignement supérieur et recherche).

Au choix : le PS noyaute la société civile ou la société civile se prostitue au PS.

Comment présenter quelque chose de positif comme un complot ("noyautage"...) du PS ou une "prostitution" des individus.

Le PS est en contact et l'a toujours été avec la société civile ; il est dans la société civile. Le fait que des personnalités de la société civile participent aux Instances du PS démontre bien qu'ils y voient un espoir de changement. Mais on peut préjuger les choses comme tu le fait, en cassant, en insultant,en biaisant l'information.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
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Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Greg a écrit:

Bonjour Bouh,

L'idée que tu mentionnes ne me paraît pas, en l'état de la situation économique et financière internationale, être une mauvaise proposition.

La légitimité de la domination boursière sur l'économie réelle paraît de moins en moins forte, et de moins en moins justifiée.
La bourse démontre chaque jour l'absence totale de signification à sa variabilité extrême quotidienne et hebdomadaire. Sa déconnection avec l'économie réelle sur laquelle elle aurait un ascendant doit être régulée, et la proposition que tu cites permet un "re-connection" entre la situation financière, et la situation de la PRODUCTION.

Les exigences de rentabilité de la période dont nous sortons, qui servait à justifier ces licenciement boursiers (qualifiés par certains professionnels des marchés financiers de licenciement "prospectifs") ne peuvent plus se justifier aujourd'hui.

L'autorisation administrative pour ces cas de licenciements (une partie limitée de l'ensemble des licenciements) ne me paraît pas choquante, et surtout, n'interdit pas le licenciement, s'il est justifié. De plus, une telle procédure aurait le mérite d'associer l'administration, entité tiers et extérieure à l'entreprise, et permettrait une meilleure légitimation des licenciements lorsqu'ils sont justifiés.

je suis atterré.

Tant qu'à faire, pourquoi ne pas demander à des gens qui connaissent mieux la boîte qu'une administration, mais qui jouissent d'une indépendance à toute épreuve ? Mettons les licenciements boursiers entre les mains des syndicats.

Et au fait, comment définis-tu un licenciement boursier ? Tout licenciement par une société cotée ?

Et où commence l'injustifiable ? Outsourcing ou gains de productivité, par exemple, bien ou pas bien ?

Last edited by Bouh (08-12-2008 15:28:37)

"Moult a appris qui bien connut ahan"

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Bouh a écrit:
Greg a écrit:

Bonjour Bouh,

L'idée que tu mentionnes ne me paraît pas, en l'état de la situation économique et financière internationale, être une mauvaise proposition.

La légitimité de la domination boursière sur l'économie réelle paraît de moins en moins forte, et de moins en moins justifiée.
La bourse démontre chaque jour l'absence totale de signification à sa variabilité extrême quotidienne et hebdomadaire. Sa déconnection avec l'économie réelle sur laquelle elle aurait un ascendant doit être régulée, et la proposition que tu cites permet un "re-connection" entre la situation financière, et la situation de la PRODUCTION.

Les exigences de rentabilité de la période dont nous sortons, qui servait à justifier ces licenciement boursiers (qualifiés par certains professionnels des marchés financiers de licenciement "prospectifs") ne peuvent plus se justifier aujourd'hui.

L'autorisation administrative pour ces cas de licenciements (une partie limitée de l'ensemble des licenciements) ne me paraît pas choquante, et surtout, n'interdit pas le licenciement, s'il est justifié. De plus, une telle procédure aurait le mérite d'associer l'administration, entité tiers et extérieure à l'entreprise, et permettrait une meilleure légitimation des licenciements lorsqu'ils sont justifiés.

je suis atterré.

Tant qu'à faire, pourquoi ne pas demander à des gens qui connaissent mieux la boîte qu'une administration, mais qui jouissent d'une indépendance à toute épreuve ? Mettons les licenciements boursiers entre les mains des syndicats.

Et au fait, comment définis-tu un licenciement boursier ? Tout licenciement par une société cotée ?

Et où commence l'injustifiable ? Outsourcing ou gains de productivité, par exemple, bien ou pas bien ?

En général, dans une procédure d'autorisation administrative de licenciement, les syndicats sont informés et doivent pouvoir donner un avis.

Un licenciement boursier est un licenciement qui intervient soit à cause d'une évolution boursière non corrélée à une situation économique réelle, soit pour simplement augmenter le cours boursier alors que la production se porte bien. Un licenciement boursier,  intervient lorsque l'entreprise fait des bénéfices, mais licencie pour envoyer un signal "positif" au marché financier. C'est, au total, un LECO à finalité financière.

Ce que je trouve atterrant, c'est que devant la situation économique et financière, on continue à nous expliquer qu'il faut continuer dans la logique non régulée actuelle qui nous a menée dans le mur.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
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Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Drac a écrit:
Le Monde a écrit:

Mme Aubry s'entoure d'une direction renouvelée et rajeunie

Parmi les nombreux "nouveaux" figurent l'ex-président de l'UNEF, Bruno Julliard (éducation) [...] ou Bertrand Monthubert, président de l'association "Sauvons la recherche" (enseignement supérieur et recherche).

Au choix : le PS noyaute la société civile ou la société civile se prostitue au PS.

Genre, Julliard a attendu Aubry pour faire le tapin au PS.
Je trouve bien que Monthubert entre à la direction du PS (ça fait du bordel à SLR, non ?), faut voir ensuite les développements. Genre si les universitaires continuent d'être ignorés dans les commissions dont ils sont membres, hein Vallini. Mais tu peux pas dauber un jour sur la rupture entre PS et monde universitaire et crier au tapin dès que les choses semblent s'améliorer.

Oh il est pas génial le texte de BM sur le site de SLR : http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article2269

Le seul point négatif est le fait que cela puisse marquer SLR comme trop proche du PS. Cela changerait certes des commentaires de certains journalistes sur notre proximité avec les altermondialistes

"lol"

Last edited by Pierre-L (08-12-2008 18:44:37)

Please could you take this note, ram it up your hairy inbox and pin it to your fucking prostate.

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Greg a écrit:

Un licenciement boursier est un licenciement qui intervient soit à cause d'une évolution boursière non corrélée à une situation économique réelle, soit pour simplement augmenter le cours boursier alors que la production se porte bien. Un licenciement boursier,  intervient lorsque l'entreprise fait des bénéfices, mais licencie pour envoyer un signal "positif" au marché financier. C'est, au total, un LECO à finalité financière.

Ce que je trouve atterrant, c'est que devant la situation économique et financière, on continue à nous expliquer qu'il faut continuer dans la logique non régulée actuelle qui nous a menée dans le mur.

En l'occurence ce n'est pas la dérégulation du marché de l'emploi (qui plus est, toute relative en France) qui nous a menés dans le mur. Que le PS nous explique comment il veut réguler les secteurs bancaires et financiers plutôt que de ressortir ses vieilles formules.

Je suis bien avancé avec ta définition du licenciement boursier, maintenant que je sais qu'il s'agit d'un "LECO [licenciement économique, je suppose] à finalité financière". Ce que j'en aperçois, c'est que le contrôle administratif devrait vérifier une chaîne de causalité complètement invérifiable.

Entre le licenciement et la hausse du cours, il y a des étapes : ce n'est pas le licenciement en lui-même, mais ses conséquences intermédiaires qui vont faire fluctuer le cours. Est-ce vraiment à l'administration de dire que l'on peut se passer de ces conséquences intermédiaires ? Je ne pense pas.

"Moult a appris qui bien connut ahan"

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Bouh a écrit:
Greg a écrit:

Un licenciement boursier est un licenciement qui intervient soit à cause d'une évolution boursière non corrélée à une situation économique réelle, soit pour simplement augmenter le cours boursier alors que la production se porte bien. Un licenciement boursier,  intervient lorsque l'entreprise fait des bénéfices, mais licencie pour envoyer un signal "positif" au marché financier. C'est, au total, un LECO à finalité financière.

Ce que je trouve atterrant, c'est que devant la situation économique et financière, on continue à nous expliquer qu'il faut continuer dans la logique non régulée actuelle qui nous a menée dans le mur.

En l'occurence ce n'est pas la dérégulation du marché de l'emploi (qui plus est, toute relative en France) qui nous a menés dans le mur. Que le PS nous explique comment il veut réguler les secteurs bancaires et financiers plutôt que de ressortir ses vieilles formules.

Je suis bien avancé avec ta définition du licenciement boursier, maintenant que je sais qu'il s'agit d'un "LECO [licenciement économique, je suppose] à finalité financière". Ce que j'en aperçois, c'est que le contrôle administratif devrait vérifier une chaîne de causalité complètement invérifiable.

Entre le licenciement et la hausse du cours, il y a des étapes : ce n'est pas le licenciement en lui-même, mais ses conséquences intermédiaires qui vont faire fluctuer le cours. Est-ce vraiment à l'administration de dire que l'on peut se passer de ces conséquences intermédiaires ? Je ne pense pas.

1) Le PS a déjà dit que pour réguler les secteurs bancaires et financiers, il préconise de prendre des participations directes dans les banques afin d'avoir un contrôle sur elles, d'éviter d'en revenir à ce genre de situation, de limiter la variabilité des marchés (CAC 40 : -9% vendredi + 8,8% lundi quel est le sens ?) et surtout de vérifier au plus près que l'argent prêté serve bien à financer l'économie.

2) Le contrôle administratif sert à précéder une éventuelle saisine des prud'hommes, et permet d'exercer un contrôle de légalité sur le licenciement boursier, en vérifiant qu'ils ne servent pas, en dépit de bénéfices et de gains de productivité importants, à ne servir qu'à être des signaux offerts aux marchés financiers. Ca permet, bénéfice collatéral, de désengorger les Conseils de prud'hommes, et de limiter en temps de crise les licenciements. Ca permet de réfléchir à deux fois sur les types de licenciements les plus contestables. C'est donc un vecteur potentiel de cohésion sociale.

3) J'aime bien ton utilisation de l'expression "vieilles formules". Les formules des 30 dernières années, les "formules nouvelles" fondées sur la dérégulation, les cadeaux aux entreprises ont montré leurs limites.

4) La proposition faite ici n'est pas aussi "rouge" que tu voudrais le faire croire. Les LECO ne représentent qu'une faible part des licenciements, les LECO boursiers une encore plus faible part. Donc, évitons les amalgames et la fausse accusation d'archaïsme. Il me semble au contraire, que par rapport aux anciennes formules, cette mesure est plutôt "dosée".

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Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

http://www.ujsf.fr/IMG/jpg/Boxe_ko.jpg

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=2732

Hamon n'aime pas qu'on se moque de lui, bouuuh.

"Je sens en deux parti[e]s mon esprit divisé." (Pierre Corneille, Le Cid)
"Et en deux sous-parties" (Richard Descoings)

48

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

http://ps-scpo.over-blog.com/article-25871504.html

Mardi 16 décembre 2008, André Vallini était l'invité de la section Jean Zay. Deux thèmes étaient au programme de l'échange fructueux avec les militants de la section et les sympathisants : L'alternative de gauche à la politique judiciaire sarkozyste ; La réforme des collectivités territoriales. La première partie du compte-rendu est consacrée à la première thématique.

Sarkozy et le mensonge du "tout répressif".
La dernière intervention d'André Vallini à Sciences Po remonte à la fin 2006, au moment de la campagne présidentielle, sur le thème des prisons. La situation ne s'est malheureusement pas améliorée, et la France est régulièrement condamnée par la justice internationale. On reviendra plus tard sur cette question essentielle, car la gauche doit agir. En termes de Justice, la gauche peut en effet se prévaloir du plus considérable progrès : l'abolition de la peine de mort en 1981. Plus récemment, le Gouvernement Jospin s'est également illustré, avec la loi sur la présomption d'innocence en 2000, la hausse des moyens de la Justice et la loi Chancellerie-Parquet, dont André Vallini était le rapporteur. Jacques Chirac avait malheureusement mis son veto sur le projet d'autonomie du parquet.
A l'inverse du blian de la gauche, la droite a empilé depuis 2002 des lois répressives et régressives (Perben I et II, puis les lois Sarkozy, et désormais celles de Rachida Dati). Ces lois marquent un retour sur certains grands principes de la Justice française, comme la présomption d'innocence ou le principe de contradictoire. L'instauration des peines-plancher s'oppose au principe d'individualisation des peines, avec comme conséquence la hausse du nombre de détenus et la surpopulation carcérale. La rétention de sûreté baffoue totalement la présomption d'innocence. Désormais, le suspect est présumé coupable et il peut être maintenu en prison pour des durées d'un an reconductibles indéfiniment parce qu'il est jugé "potentiellement dangereux" pour l'ordre public.
Quel sera le discours de Nicolas Sarkozy si la commission d'évaluation relâche un détenu qui récidive ? La droite répand l'idée que le "risque 0" est possible, que l'on peut atteindre une société totalement sûre et aseptisée. C'est une idée fausse, mais qui pénètre l'opinion grâce à un législateur complaisant. Cette politique est un retour au XIXe siècle et à la philosophie conservatrice de l'hygiénisme social. Elle repose sur l'exclusion de tous les marginaux, tous ceux qui vivent dans les quarteirs difficiles, qui sont devenus les nouvelles "classes dangereuses", en lieu et place des ouvriers du XIXe siècle. La loi Sarkozy qui assimile la protistution ou la réunion de jeunes dans les halls d'immeubles à des délits en est une parfaite illustration. Mais la politique du "tout répressif" qui conduit au "tout carcéral" n'est ni juste ni efficace.
La tâche de l'opposition parlementaire est difficile. Il revient aux militants de convaincre les citoyens que ces questions représentent un malaise social grave. Tout est social. La gauche, trop souvent accusée d'angélisme et de laxisme, soit s'inspirer de la formule de Tony Blair : il ne faut pas seulement s'attaquer à la criminalité, mais aussi aux causes de la criminalité. La droite ne fait que dissimuler temporairement les problèmes, car si les politiques ne s'attaquent pas aux racines sociales des problèmes, d'autres prostituées et d'autres ados viendront. La seule solution politique est l'augmentation des moyens. C'est un impératif pour les humanistes en général et pour la gauche en particulier.

Après son introduction, André Vallini a répondu aux questions des nombreux militants présents.

PS Jean Zay : Quel est au fond le vrai rôle de la Justice : s'adresse-t-elle aux victimes ou doit-elle au contraire chercher à résoudre les problèmes ?
AV : "La droite n'a pas le monopole du coeur" ! Il est très difficile dans un débat d'opposer un discours de raison à la politique compassionnelle de Nicolas Sarkozy ou de Rachida Dati, qui s'est autoproclamée "Ministre des victimes". Comment soigner les détenus ? Il faut parfois des soins psychiatriques. Malheureusement, dès qu'il y a un fait divers, comme récemment à Grenoble, les humanistes ddoivent avoir le courage de dire que le "risque 0" n'existe pas. L'enjeu réel est d'augmenter les moyens pour minimiser ces risques. J'ai toutefois un espoir sur le mouvement que l'on perçoit dans l'opinion. Avec l'affaire du journaliste de Libération Vittorio De Filippis, les gens ont réalisé jusqu'où vont les mauvais traitements lors des interpellations. Désormais, tout le monde connaît quelqu'un qui a fait de la garde à vue pour alcoolémie au volant ou "outrage à agent". Nous avons aussi les images des enfants que l'on vient chercher dans les écoles. Il y a un retournement dans l'opinion... à nous de faire le travail politique derrière.

PS Jean Zay : La politique répressive a beaucoup d'écho à court terme. Quelle est l'alternative du Parti socialiste ? Nous avons l'impression que le PS n'a rien à proposer !
AV : C'est une question hélas pertinente, qui s'applique plus globalement à toute la politique. La gauche est aujourd'hui en panne. Nous n'avons pas un programme clés en main à opposer à Sarkozy. Nous avions un en 2007, il faut maintenant nous préparer pour 2012.
Sur la Justice en particulier, j'ai quelques propositions. Mettre moins de gens en prison et développer les alternatives à l'incarcération. Donner plus de moyens aux agents de probation, qui gèrent parfois plus de deux cents détenus : il est impossible d'organiser un suivi individualisé, de trouver des formations. Il y a des solutions pratiques, des solutions médicales. Mais cela demande des sous. Depuis cinq ans, le budget de la Justice a augmenté de 30%, mais si observe dans le détail, on s'aperçoit qu'une grande partie des crédits prévus par en loi de finances sont gelés ou reportés. Du coup, cet argent n'est pas dépensé !
Lors d'un voyage au Canada dans le cadre la commission parlementaire sur les prisons, j'ai pu voir la situation dan les prisons canadiennes, qui sont très réputées. Au Canada, un détendu qui rentre en prison fait un bilan de santé, puis il est encadré et prépare un plan de réinsertion. On note sur une baisse de la récidive et des autres indicateurs de la criminalité en cinq ou dix ans. Mais lors de l'instauration de cette politique volontariste, l'opinion canadienne avait très mal réagi. Le Gouvernement a été battu à l'élection suivante. Les Canadiens ne sont pas différents des Français, ce qu'il faut, c'est du courage politique et de la pédagogie sur le "risque 0".

PS Jean Zay : On confie à la police des pouvoirs qui devraient revenis au juge, par exemple avec les ASBO (Anti-social behaviour ordres) de Tony Blair au Royaume-Uni. Cela corrspond-t-il à une tendance de fond ?
AV : En France, on a tendance ces dernières années à faire reculer les pouvoirs du juge du siège au profit du juge du parquet qui est sous les ordres de l'Exécutif (Rachida Dati a été très claire en se revendiquant "chef des procureurs"), puis du juge du parquet au policier. Le policier est le bras armé de l'Etat, elle n'est pas la gardienne des libertés individuelles. Le juge du siège est le plus indépendant. Le débat sur l'indépendance du juge du parquet ne fait pas l'unanimité à gauche, je suis moi-même plutôt contre. Le parquet doit recevoir des directives de politique pénale, mais il faut avant tout limiter les instructions individuelles de classement (on classe sans suite les affaires qui dérangent le pouvoir). Rachida Dati a lancé la Commission Léger de révision du Code pénal et du Code de procédure pénale. Elle doit rendre son rapport en juin 2009.
Pourtant, on avait déjà travailé sur ces questions lors de la Commission Outreau (dont André Vallini était le co-président, NDLR). Pour une fois, les Français étaient intéressés par des questions austères de procédure. C'était un moment extraordinaire ! Le rapport a été adopté à l'unanimité par la droite et la gauche. Malheureusement, il est arrivé trop tôt, en juin 2006. S'il était sorti en janvier 2007, les condidats n'auraient pas pu faire l'impasse sur cette question. Outreau marquait le retour de la présomption d'innocence, de la nécessité du principe du contradictoire, après la politique sécuriatire de Sarkozy depuis 2002. La France était prête, en partie par compassion, à faire une grande loi pour une politique de liberté inspirée par la gauche. Le cycle Outreau est resté inachevé. Le juge d'instruction a trop de pouvoir, mais les solutions sont connues.

PS Jean Zay : On pointe ici le rôle des médias. Pourrait-on développer un peu la question du principe du contradictoire ?
AV : L'avocat est mal vu dans les procédures d'instruction. C'est l'empêcheur de tourner en rond. Il faut une politique qui s'articule autour de la lettre "C", comme Contradictoire, Collégialité car on se trompe moins à plusieurs, et Citoyenneté. La Justice doit être mieux rendue. Il faudrait des jurés citoyens dans les tribunaux correctionnels, c'est ce que l'on appelle l'échelinnage de la Justice. Les Français verraient que ce n'est pas si simple et qu'il y a bien souvent des circonstances atténuantes. Contrairement à ce que prétend la droite, la gauche veut expliquer les causes et les circonstances de la délinquance, et non l'excuser.

La deuxième partie centrée sur la réforme des collectivités territoriales sera publiée demain.

"Ne me siffle pas mon camarade, parce que moi, je t'aime!"

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

A l'inverse du blian de la gauche, la droite a empilé depuis 2002 des lois répressives et régressives (Perben I et II, puis les lois Sarkozy, et désormais celles de Rachida Dati). Ces lois marquent un retour sur certains grands principes de la Justice française, comme la présomption d'innocence ou le principe de contradictoire.

Tiens donc, l'article 9-1 du code civil ou l'article préliminaire du CPP auraient-il été abrogés ?

Bel exemple de propos non seulement manichéens, mais infondés. Exemple deux phrases plus loin:

La rétention de sûreté baffoue totalement la présomption d'innocence. Désormais, le suspect est présumé coupable et il peut être maintenu en prison pour des durées d'un an reconductibles indéfiniment parce qu'il est jugé "potentiellement dangereux" pour l'ordre public.

Rétention de sûreté contre un "suspect présumé coupable ? Ce n'est pas exactement ce que dit le code :

Code de procédure pénale, article 706-53-13

A titre exceptionnel, les personnes dont il est établi, à l'issue d'un réexamen de leur situation intervenant à la fin de l'exécution de leur peine, qu'elles présentent une particulière dangerosité caractérisée par une probabilité très élevée de récidive parce qu'elles souffrent d'un trouble grave de la personnalité, peuvent faire l'objet à l'issue de cette peine d'une rétention de sûreté selon les modalités prévues par le présent chapitre, à la condition qu'elles aient été condamnées à une peine de réclusion criminelle d'une durée égale ou supérieure à quinze ans pour les crimes, commis sur une victime mineure, d'assassinat ou de meurtre, de torture ou actes de barbarie, de viol, d'enlèvement ou de séquestration.

Il en est de même pour les crimes, commis sur une victime majeure, d'assassinat ou de meurtre aggravé, de torture ou actes de barbarie aggravés, de viol aggravé, d'enlèvement ou de séquestration aggravé, prévus par les articles 221-2, 221-3, 221-4, 222-2, 222-3, 222-4, 222-5, 222-6, 222-24, 222-25, 222-26, 224-2, 224-3 et 224-5-2 du code pénal.

La rétention de sûreté ne peut toutefois être prononcée que si la cour d'assises a expressément prévu dans sa décision de condamnation que la personne pourra faire l'objet à la fin de sa peine d'un réexamen de sa situation en vue d'une éventuelle rétention de sûreté.

La rétention de sûreté consiste dans le placement de la personne intéressée en centre socio-médico-judiciaire de sûreté dans lequel lui est proposée, de façon permanente, une prise en charge médicale, sociale et psychologique destinée à permettre la fin de cette mesure.

Le suspect présumé coupable est en réalité un coupable condamné définitivement et dont la condamnation prévoit la possibilité d'une rétention de sûreté.

La droite répand l'idée que le "risque 0" est possible, que l'on peut atteindre une société totalement sûre et aseptisée. C'est une idée fausse, mais qui pénètre l'opinion grâce à un législateur complaisant. Cette politique est un retour au XIXe siècle et à la philosophie conservatrice de l'hygiénisme social. Elle repose sur l'exclusion de tous les marginaux, tous ceux qui vivent dans les quarteirs difficiles, qui sont devenus les nouvelles "classes dangereuses", en lieu et place des ouvriers du XIXe siècle.

Rien que ça...

M. Vallini devrait se souvenir à qui et où les termes de "racailles" ont été adressés. C'est justement à une personne vivant dans ces quartiers difficiles, pour l'assurer qu'on la débarasserait de cette racaille qui lui pourrit la vie.

Toute la rhétorique de la droite depuis plusieurs années repose (à juste titre) sur l'idée que ce sont ces classes modestes qui souffrent le plus de la délinquance. L'idée que l'UMP et son président visent "tous ceux qui vivent dans ces quartiers diffciles", que tente désespérement d'entretenir le PS, ne repose sur absolument rien. Sinon, pourquoi s'occuper des halls d'immeuble de ces quartiers ?

Qui, d'ailleurs, est le dernier homme politique à avoir clairement (et naïvement) assimilé les chômeurs à des délinquants ?

La seule solution politique est l'augmentation des moyens.

Venant du PS, voilà un aggiornamento courageux.

Pas trop à redire sur la deuxième réponse, cet aspect de la politique du gouvernement m'énerve au plus haut point.

Sur la Justice en particulier, j'ai quelques propositions. Mettre moins de gens en prison et développer les alternatives à l'incarcération.

Porte ouverte, gare à toi.

Mais au fait, c'est déjà le cas. Et qu'on ne vienne pas me dire qu'il y a un problème de moyens sur ce coup-là, le bracelet électronique fonctionne. Développer les alternatives à l'incarcération est aujourd'hui essentiellement entre les mains du judiciaire.

M. Vallini ne fait qu'effleurer la question de la condition carcérale qui est LE véritable scandale de la politique pénale en France. J'aurais aimé lire qu'il faut construire plus de prisons, mais bon... Faut veiller à ne pas être trop iconoclaste non plus.

Au Canada, un détendu qui rentre en prison fait un bilan de santé

Les prisonniers canadiens sont un peu trop relax à mon goût.

En France, on a tendance ces dernières années à faire reculer les pouvoirs du juge du siège au profit du juge du parquet [moyen bof l'expression]

Lesquels, par exemple ?

juge du parquet qui est sous les ordres de l'Exécutif (Rachida Dati a été très claire en se revendiquant "chef des procureurs")

Il n'y a pas que Rachida Dati qui soit très claire là-dessus, il y a aussi beaucoup de textes qui lui préexistent et qui lui survivront. M. Vallini lui-même, cf. réponse à la dernière question, n'est d'ailleurs pas contre cette hiérarchie.

puis du juge du parquet au policier.

Le Procureur est le chef de la police judiciaire dans un département depuis bien avant Mme Dati.

Le policier est le bras armé de l'Etat, elle n'est pas la gardienne des libertés individuelles.

Je suis plutôt d'accord avec ça. A ce sujet, et en aparté, rions un peu avec la Cour de cassation qui affirme très sérieusement le contraire :

La Cour de cassation a écrit:

Mais attendu, d'une part, que la possibilité de faire appel à un conseil ou d'avoir des contacts avec l'extérieur durant les opérations de visite et saisie domiciliaire n'est pas prévue par la loi, s'agissant d'une mesure d'instruction devant se dérouler, en présence de l'occupant des lieux ou de son représentant, le plus rapidement possible, en présence d'un ou de plusieurs officiers de police judiciaire chargés de veiller au respect des droits de la défense et du secret professionnel, de prendre connaissance des documents avant leur saisie et d'informer le juge du déroulement des opérations ;

(Qu'est-ce qu'on se marre, avec moi, hein ?)

Le débat sur l'indépendance du juge du parquet ne fait pas l'unanimité à gauche, je suis moi-même plutôt contre. Le parquet doit recevoir des directives de politique pénale, mais il faut avant tout limiter les instructions individuelles de classement (on classe sans suite les affaires qui dérangent le pouvoir).

J'applaudis. Même si je ne suis pas persuadé que les instructions individuelles de classement soient encore très nombreuses, d'autant qu'on peut passer outre.

Il faudrait des jurés citoyens dans les tribunaux correctionnels, c'est ce que l'on appelle l'échelinnage [pas tout à fait] de la Justice. Les Français verraient que ce n'est pas si simple et qu'il y a bien souvent des circonstances atténuantes.

Ou alors tous les délinquants passant devant le Tribunal correctionnel en prendraient une pleine casquette. Et je ne suis pas persuadé que ça fasse progresser les peines alternatives, par exemple.

Il est urgent que la justice et son fonctionnement soient mieux connus en France. Mais quand j'entends le mot échevinage, je sors mon revolver.

"Moult a appris qui bien connut ahan"

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Le policier est le bras armé de l'Etat, elle n'est pas la gardienne des libertés individuelles.

Que ce soit le policier ou le bras, ils sont rarement repris par elle.

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."