Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

gustave a écrit:

A Marseille, on achète les votes des cités
Révélations. Un juge met à nu la dérive clientéliste des socialistes phocéens.
http://www.lepoint.fr/actualites-politi … 7/0/343376

Sidérant.

"Un gamin de 18 ans tutoie une mama en boubou, oubliant qu'on ne donne plus du camarade dans le coin depuis une paie."

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

J'avais déja entendu parlé de telles pratiques lorsque j'étais en Alsace il y a plusieurs années, j'ai bien peur que ce ne soit ni récent ni localisé...

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Certes, le clientélisme politique existe et existera toujours, mais que cela prenne des proportions au point de favoriser tout un système qui s'apparente à une méthode mafieuse - création d'associations fantômes, incitation aux fausses factures, détournement d'argent de l'Etat par des dirigeants fictifs - me parait être de nature à justifier des sanctions pénales assorties d'une inéligibilité sur une longue durée.

La question qui se pose également est la pertinence et l'efficacité des contrôles qui auraient du avoir lieu quant à l'utilisation effective de l'argent public. Quand on reçoit une subvention, on doit la justifier et si elle dépasse une certaine somme, il doit y avoir un contrôle effectif derrière et il doit être indépendant de la volonté des politiques.

On peut tolérer un clientélisme "soft" (subventions adressées à des associations réellement existantes, reconnues efficaces...), mais pas une utilisation à ce point systématique de l'argent de l'Etat pour obtenir des votes...

"Un gamin de 18 ans tutoie une mama en boubou, oubliant qu'on ne donne plus du camarade dans le coin depuis une paie."

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

J'ai bien peur que ce soit loin d'être marginal...

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

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Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

gustave a écrit:

A Marseille, on achète les votes des cités
Révélations. Un juge met à nu la dérive clientéliste des socialistes phocéens.
http://www.lepoint.fr/actualites-politi … 7/0/343376

N'importe quoi. Encore un coup de Lagardère l'affidé au pouvoir capitalo-fasciste neo-conservateur de Sarkozy.

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

B. comme Bouh a écrit:
gustave a écrit:

A Marseille, on achète les votes des cités
Révélations. Un juge met à nu la dérive clientéliste des socialistes phocéens.
http://www.lepoint.fr/actualites-politi … 7/0/343376

N'importe quoi. Encore un coup de Lagardère l'affidé au pouvoir capitalo-fasciste neo-conservateur de Sarkozy.

Et la marmotte...

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

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Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Elle a récidivé. Mais faites-la taire, par pitié...

Le Figaro - AFP a écrit:

Royal dit "pardon" à l'Afrique

Ségolène Royal a réitéré aujourd'hui ses propos controversés tenus à Dakar (Sénégal) début avril, lançant "pardon, merci, s'il vous plaît" à l'Afrique qui est "notre avenir", tout en refusant la repentance. "Je ne m'attarderai pas longtemps sur les mots que j'ai prononcés à Dakar", a-t-elle déclaré en ouverture d'une "soirée de réflexion" sur l'"avenir commun pour l'Afrique et l'Europe au XXIe siècle". Parlant de mots "simples", "évidents", elle a lancé : "pardon, merci, s'il vous plaît".

"Pardon pour l'esclavage et la colonisation, merci pour tout ce que l'Afrique a apporté à l'Histoire et pour sa participation à la Libération de la France et s'il vous plaît, construisons ensemble notre avenir commun", a demandé l'ex-candidate à la présidentielle.

"Dans un monde menacé par les conflits et déchiré par la crise, nous savons bien que nous aurons besoin de tous, et notamment de ce continent qui est si proche de nous : l'Afrique", a-t-elle poursuivi. Selon Mme Royal, "il ne fut pas question de repentance dans ce discours de Dakar car la repentance se replie sur elle-même, la repentance est dépressive". "Il ne fut question que d'une chose : nous ouvrir à nouveau à l'universel" qui "est au coeur de notre identité", a-t-elle encore dit. "Oui, l'Afrique est notre avenir", a-t-elle lancé.

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Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Certains socialistes sont quand même rigolos. Royal encore plus que les autres...

Ségolène Royal à l'Afrique: "pardon, merci, s'il vous plaît"

Il y a 17 heures

PARIS (AFP) — Ségolène Royal a réitéré lundi ses propos controversés tenus à Dakar (Sénégal) début avril, lançant "pardon, merci, s'il vous plaît" à l'Afrique qui est "notre avenir", tout en refusant la repentance.

"Je ne m'attarderai pas longtemps sur les mots que j'ai prononcés à Dakar", a-t-elle déclaré en ouverture d'une "soirée de réflexion" sur l'"avenir commun pour l'Afrique et l'Europe au XXIe siècle". Parlant de mots "simples", "évidents", elle a lancé : "pardon, merci, s'il vous plaît".

"Pardon pour l'esclavage et la colonisation, merci pour tout ce que l'Afrique a apporté à l'Histoire et pour sa participation à la Libération de la France et s'il vous plaît, construisons ensemble notre avenir commun", a demandé l'ex-candidate à la présidentielle.

"Dans un monde menacé par les conflits et déchiré par la crise, nous savons bien que nous aurons besoin de tous, et notamment de ce continent qui est si proche de nous : l'Afrique", a-t-elle poursuivi.

Selon Mme Royal, "il ne fut pas question de repentance dans ce discours de Dakar car la repentance se replie sur elle-même, la repentance est dépressive". "Il ne fut question que d'une chose : nous ouvrir à nouveau à l'universel" qui "est au coeur de notre identité", a-t-elle encore dit.

"Oui, l'Afrique est notre avenir", a-t-elle lancé.

"Soit l'Europe reste ce qu'elle est, atteinte par une crise de confiance, tentée par le repli sur soi, dépassée par les nations émergentes plus dynamiques, et alors elle se met sur la voie du déclin. Soit l'Europe transforme les ébranlements, les basculements de notre époque pour construire, grâce à un désir d'avenir, une nouvelle harmonie humaine".

Cette nouvelle harmonie, "il nous faut l'imaginer dans un monde dans lequel l'hégémonie occidentale n'est plus". Le partenariat entre l'Europe et l'Afrique constitue un "choix stratégique majeur", pour Mme Royal.

Invité par Mme Royal, José Bové, tête de liste Europe-Ecologie dans le Sud-Ouest pour les européennes du 7 juin, a estimé que "toutes les initiatives qui ont lieu et qui permettent de remettre la relation de l'Europe à l'Afrique au centre et bien montrer qu'il faut sortir de cette ère du néocolonialisme, sont à saluer".

Il faut "être capables d'unir tous les gens qui vont dans ce sens-là". L'Europe doit être "capable de couper les liens avec cette logique coloniale", a lancé l'altermondialiste à des journalistes.

Mme Royal avait déclenché une vive polémique début avril lors d'un voyage à Dakar en demandant "pardon" pour un discours de Nicolas Sarkozy sur l'Afrique prononcé au même endroit en 2007 et très controversé sur le continent.

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Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

En revanche, sous certains aspects, on risque de leur donner un statut de victime expiatoire...

Alors qu'on arrête des hommes et des femmes parce qu'ils ont le malheur de "connaître" Julien Coupat, à l'heure où la loi loppsi 2 va légaliser le piratage à échelle industrielle par l'Etat et mettre effectivement en place le système du "télécran de surveillance orwellien", voilà l'affaire sur laquelle ont décidé de s'intéresser médias et police, les deux pieds du sarkozysme :

EXCLUSIF - Le cadeau empoisonné de Julien Dray

Par Hervé Gattegno

Le cadeau empoisonné de Julien Dray

Un nouveau soupçon pèse sur Julien Dray. En mars 2008, l'élu socialiste aurait acheté une montre de collection avec des fonds provenant de son comité de soutien

On savait Julien Dray collectionneur de montres. Depuis l'enquête préliminaire en cours sur son train de vie , le député de l'Essonne collectionne aussi les soupçons. Dans son édition à paraître mercredi 20 mai, Le Point révèle le dernier épisode d'une enquête à tiroirs : en mars 2008, l'élu socialiste aurait acheté une montre de collection dans une bijouterie de Milan avec des fonds provenant de son comité de soutien.

La brigade financière a retrouvé la trace de cette dépense - qui pourrait s'avérer compromettante - auprès du vendeur italien, chez lequel Julien Dray avait ses habitudes. Ce dernier a en effet payé son achat, d'un montant de 7.000 euros, avec un chèque tiré sur le compte de l'Association pour la 10e circonscription de l'Essonne, structure chargée de l'entretien de sa permanence électorale, à Sainte-Geneviève-des-Bois. La montre, un modèle de collection Rolex pour homme, a été offerte à sa suppléante, Fatima Ogbi ; discrètement interrogée le 15 mai en qualité de témoin, celle-ci l'a confirmé aux policiers, invoquant une sorte de pari conclu avec son mentor avant les dernières élections municipales à Grigny, où elle était candidate. Trois personnes liée à l'association ont été placées en garde à vue mardi dernier, aucune n'a été poursuivie.

"J'achète ce que je veux avec mon argent"

Sollicité par Le Point , Julien Dray n'a pas contesté l'achat de cette montre, ni son mode de financement. "J'achète ce que je veux avec mon argent", a-t-il déclaré, expliquant que l'association n'avait reçu "aucun fonds public" et qu'elle était essentiellement financée par lui, hormis quelques dons qu'il qualifie de "très marginaux". Son avocat, Me Lef Forster, a précisé que la dépense effectuée à Milan avait été "aussitôt remboursée" à l'association par Julien Dray. "Je suis particulièrement impatient de savoir ce que la police pourrait bien me reprocher sur cet achat", a conclu le député, qui a déjà plusieurs fois réclamé publiquement d'être entendu dans cette affaire.

Mis en cause à la fin de l'année dernière dans un rapport de Tracfin (le service antiblanchiment du ministère des Finances) pour une série de mouvements de fonds considérés comme suspects, l'ancien porte-parole du PS est déjà apparu comme le bénéficiaire de chèques établis auprès d'un commerçant d'Antibes par des clients, et que celui-ci lui aurait remis afin de contribuer au financement de ses activités politiques. L'enquête de la brigade financière porte aussi sur une série de prêts consentis à Julien Dray par certains de ses proches, parmi lesquels le négociant Gérard Gerbi, patron des magasins Gérard Darel, et l'homme d'affaires Pierre Bergé.

Au moment où le Président va se payer un 700 m2 dans le VIIème arrondissement, une campagne publicitaire sur les fonds publics, où toute la richesse étatique n'est pas mise au service des Français mais d'un Français qui se paye le luxe de s'augmenter son salaire de 149%, le budget de fonctionnement de son Institution de 35%, tout en creusant le déficit à 7% du PIB (80 Milliards d'euros), qui diminue les impôts du 1% les plus riches, qui met la France sous surveillance pour défendre les intérêts 1% des artistes et des boites de productions les plus riches, eh bien dans ce même temps, le FICOBA et TRACFIN, les deux organismes gérant les fichiers de surveillance financière, s'intéressent aux montres de Julien Dray, petit hobby d'un homme qui a gagné sa vie de façon normalement honnête toute sa vie.

Les médias, feignant l'aveuglement sur le train de vie du Chef de l'Etat, ou plutôt complaisants, sont intraitables pour un homme qu'on a voulu salir honteusement sur la place publique, pour rien.

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Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Mais QUI écrit les discours de Marie-Ségo?
C'est très drôle en même temps !

Lolita, light of my life, fire of my loins. My sin, my soul. Lo-lee-ta: the tip of the tongue taking a trip of three steps down the palate to tap, at three, on the teeth. Lo. Lee. Ta

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Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Je ne sais pas, je ne suis pas dans le secret des godes.

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Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Bonjour

Voici l’argumentaire de Solférino pour défendre le vote "pour" le 3ème paquet de libéralisation de l’énergie, effectué le 24 mars 2009 au Parlement européen :

« On est contre la libéralisation des services publics, les libéraux nous proposent de l’accentuer, on est donc contre.

Alors, ils nous proposent un "compromis" qui accentue néanmoins la libéralisation et garde même comme option ce qu’ils avaient proposé en premier, mais c’est un "compromis", donc on vote "pour" puisqu’ils ne nous forcent pas à aller aussi loin qu’ils l’avaient annoncé en premier. »

C’est toujours la même argumentation : « Ça empire mais ça aurait pu être, dès maintenant, bien pire encore ; or ils nous laissent un répit, donc on participe à leur entreprise de destruction systématique et programmée. »

Mais qui peut être abusé par une telle argumentation qui dénote la soumission, ou le manque de courage, et l’absence de conviction d’une génération usée ? Dans un vote, on vote "pour" si on est pour, c’est-à-dire si c’est une amélioration de l’existant (pas seulement de ce qui aurait existé s’ils avaient mis leur menace à exécution). On vote "contre" si on est contre, c’est-à-dire si c’est une détérioration de l’existant. Mais ce n’est pas ainsi qu’agissent nos (ir)responsables...

Parmi les députés européens français, ont voté contre : Marie-Noëlle Lienemann, Anne Ferreira, se sont abstenus : Benoît Hamon, Harlem Désir, n’a pas pris part au vote : Henri Weber.

Quant à la majorité, ceux qui ont voté pour, à 10 semaines du 7 juin, comptent-ils sur le seul épouvantail "Sarkozy" pour faire passer les listes PS devant les listes UMP ? Est-ce une absence de conviction ou un manque de courage pour défendre sa conviction ? Il faut vraiment qu’ils passent la main à une génération qui a des convictions et du courage.

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Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Le ps va se prendre une raclée mémorable le 7 juin et ce sera bien fait!

Alors oui je le dis, ce sera bien fait pour les adhérents du parti qui ne font pas leur travail ou le font de travers comme ceux qui siègent à Strasbourg (je fais allusion au fait que le PS a voté au parlement européen, pendant cinq ans les lois de Barrosso, chef du parti de la droite européenne, si le ps perdaient les élections et cela je le maintiens.

oui, ce sera bien fait aussi parce que , au lieu de faire campagne sur l’Europe et ceci toute tendance confondue, on fait de l’élection européenne une confrontation franco-française avec l’espoir que les gens vont voté à gauche comme ils voteraient pour des législatives ou des municipales, alors qu’il s’agit d’élire des députés européens chargés de contrôler la commission, rien à voir avec le paquet fiscal français franchement.

Une occasion unique était de faire campagne sur l’Europe avec des européens mais pour masquer les divisions du ps sur cette question (traité de Lisbonne etc) on a préféré dire sus à Sarkozy faisons lui perdre les élections, comme dit D et S le manifesto est pourri, alors quelle campagne ?

Une bonne campagne franco-française  !

____

Si le 7 juin le vote NPA + Front de gauche dépasse celui du PS bien sur s’il descend sous les 15 pour cent (on se sait jamais vu la façon dont on est parti le PS peut faire moins de 15 pour cent aux européennes !), et que les vainqueurs en tirent les conséquences et passent ensemble un contrat de gouvernement pour la France dans le mois qui suit, alors ils pourront chanter victoire et je chanterais avec eux !

Dans ce cas et seulement dans celui-là je ne verserai pas une larme sur ce parti et ses vingt cinq ans de trahison, je le répète j’ai adhéré à ce parti

_____

[edit modération : même IP que le message qui précède]

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Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Je ne crois pas que le PS puisse être accusé de faire une campagne uniquement franco-française.

D'abord il est un des rares partis à avoir un programme européen commun, le manifesto, qui est, si on se donne un peu la peine de le lire (du moins de le parcourir) un bon programme visant à faire avancer l'Europe politique et sociale, ainsi que l'Europe de la défense.

Nous voulons une croissance verte, nous voulons un plan de relance européen (car c'est à cette échelle qu'elle est la plus efficace) qui s'appuie à la fois sur des fonds structurels et sur les nouvelles technologies, environnementales entre autres. 

Après, il est clair qu'il y a des enjeux nationaux dus à la situation politique quelque peu inédite en France, que l'on ne peut pas évacuer comme cela au prétexte qu'il s'agisse d'un vote européen. La vie politique nationale suit son cours, et il y a clairement des centaines de raisons de protester sur le plan nationale.

En outre, ne nous leurrons pas, le PS n'est pas responsable du caractère lointain, distant, complexe (c'est un euphémisme quand je repense aux 3 ou 4 000 pages avalées l'année dernières pour maîtriser mon droit européen), technique, de l'Union européenne. Quand on voit par ailleurs que les amendements du Parlement européen peuvent être supprimés d'un trait de plume par le Conseil, être pris par des "doutes" sur le véritable pouvoir du PE n'est pas si incompréhensible.

Le PS ne sera pas responsable de l'abstention plus qu'une autre formation politique, même si on ne peut pas se le cacher, les candidats de la liste sont peu actifs et se contentent d'une campagne interne au parti socialiste, dans l'attente que les militants se bougent pour eux, et le clip de campagne est franchement pas enthousiasmant.

Reste que le programme est là, et de plus, le traitement médiatique sur l'ump et le ps se fait un peu à l'avantage de la première formation. Sans parler de ce clip "officiel", qui est un monument de détournement de fonds publics à l'avantage d'un parti et particulièrement du Président. D'ailleurs on se demande bien ce que la référence au G20 vient faire là (quel rapport avec l'UE ?).

Enfin...

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Le PSE n'a rien trahi, le paquet énergie est comme beaucoup le résultat d'un accord entre les deux groupes de la "coalition" de fait au Parlement européen. Le paquet améliorant de beaucoup la situation, il a été adopté à une large majorité, c'est logique.

@Greg : alors que le droit français, c'est très peu de pages, toutes simples et parfaitement digestes, c'est bien connu. (je dis rien sur le côté technique où t'as parfaitement raison)

Last edited by Elessar (21-05-2009 11:59:54)

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Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Greg, Le projet européen du PS veut se situer à mi-chemin entre un programme de gauche et le Manifesto, c’est ce qui rend atone la campagne socialiste, à la différence de celle de 2004. Mais le Manifesto est tout à fait libéral-compatible. Il se contente de généralités, comme d’habitude quand les dirigeants ne veulent pas s’engager. Il nous est tombé du ciel comme les Dix Commandements. Il se réclame du traité de Lisbonne dont le contenu avait été rejeté en 2005 par référendum et qui a été rejeté par les Irlandais en 2008. Il ne se prononce ni pour les 35 heures, ni pour un salaire minimum européen unique résultant de critères de convergence sociaux, ni pour la reconstruction à l’échelle européenne des services publics qui, à l’échelle nationale, ont été détruits ou sont en train d’être démantelés par les libéraux européens. Il arrive même que ceux-ci obtiennent le soutien de députés européens socialistes (cf le vote du 3ème paquet de libéralisation de l’énergie : voir mon article à paraître dans D&S 165 et mon message ci-après, posté le 20 mai, sur la nécessité, malgré tout, de voter pour les listes du PS).

[edit modération : même IP que les deux messages anonymes au dessus]

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Ben oui c'est le manifeste du PSE, pas de Melenchon...

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Le parti socialiste se rassemble enfin.

Européennes : Aubry et Royal affichent un PS rassemblé
NOUVELOBS.COM | 28.05.2009 | 14:23
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Les deux socialistes ont enterré la hache de guerre mercredi soir en tenant un meeting commun pour tenter de mobiliser l'électorat pour les européennes.  François Bayrou estime, lui, que ce n'est pas un événement majeure.

Ségolène Royal et Martine Aubry à Rezé (AFP)

Ségolène Royal et Martine Aubry à Rezé (AFP)
Martine Aubry et Ségolène Royal ont enterré la hache de guerre en tenant leur premier meeting commun, mercredi soir 27 mai à Rezé, près de Nantes. Six mois après le Congrès de Reims qui avait vu le PS se déchirer entre ses factions, et 12 jours avant les élections européennes, elles se sont montrées ensemble à la tribune en appelant les électeurs à se rendre aux urnes. Le tout dans un assaut d'amabilités réciproques.
Cette première apparition commune depuis novembre dernier avait été soigneusement préparée par les entourages. Les deux rivales, toutes les deux vêtues d'une veste blanche, ont fait leur entrée ensemble devant quelque 2.500 militants massés sous la Halle de la Trocardière. Elles se sont embrassées trois fois devant les caméras, et se sont exprimées pendant 30 minutes chacune, appelant toutes deux à la mobilisation.

Objectif n° 1 : mobiliser

Parlant la première, Ségolène Royal a adressé un "appel vibrant à la participation électorale", destiné aux salariés des entreprises frappées par la crise. "L'Europe sociale a besoin de vous", a lancé l'ex-candidate à la présidentielle. "Chaque voix qui manque est une voix donnée à la droite qui veut que rien ne change". Combative, Ségolène Royal s'en est prise à "l'hystérie sécuritaire" de la droite au pouvoir, et a appelé à voter contre l'axe "sarko-berlusconien".
Evoquant l'amendement du porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre permettant aux salariés de travailler pendant leurs congés maladie, Martine Aubry a appelé de son côté les électeurs à donner un "coup d'arrêt à cette politique libérale".

Objectif n°2 : se rabibocher

Toutes deux ont rivalisé d'amabilités. Martine Aubry a salué la volonté de rénovation de la vie politique de sa rivale, son discours de Dakar, et son combat de 2007 contre les "mensonges" de Nicolas Sarkozy : "Aujourd'hui tous les Français savent que tu avais raison".
La Première secrétaire a insisté sur sa "sororité, au moins en politique" avec sa rivale : "nous avons l'essentiel en commun. Nous sommes indéfectiblement des socialistes. Nous sommes des femmes, nous savons nous serrer les coudes quand c'est nécessaire".
A la fin du meeting, Martine Aubry a offert à Ségolène Royal une sculpture africaine représentant une femme debout - allusion au dernier livre de l'ex-candidate. Moins élogieuse, Ségolène Royal a salué sa "chère Martine", "vaillante et opiniâtre" Première secrétaire. Elle lui a offert en retour une porcelaine de Deshoulières, entreprise en difficulté de la Vienne.

La place de Royal "réglée avant l'été"



Dans le TGV qui l'amenait à Nantes, Martine Aubry a promis que la question de la place de Ségolène Royal au sein du parti serait réglée "avant l'été" lors d'un nouveau rendez-vous. Ségolène Royal a réclamé par écrit de représenter le PS au sein de l'Internationale socialiste, poste détenu aujourd'hui par son ex-compagnon François Hollande.
La maire de Lille s'est même agacée, devant la presse, des appels pour lui demander comment elle comptait s'habiller pour cette réunion au sommet. "Ce n'est pas parce qu'on est des femmes qu'on doit nous traiter n'importe comment", s'est-elle exclamée dans une phrase digne de sa rivale.
La patronne du PS s'est néanmoins efforcée de banaliser l'événement, jugeant "naturel et normal qu'une grande dirigeante comme Ségolène Royal soit là où elle doit être, avec ses camarades socialistes pour défendre l'Europe", et comparant ce meeting avec ceux de Rouen lundi avec Laurent Fabius, de Paris avec Bertrand Delanoë et de Clermont-Ferrand avec François Hollande.

La campagne pour les Européennes désormais lancée

Reste que l'état-major socialiste comptait sur cette image d'unité retrouvée pour remobiliser l'électorat socialiste dans la dernière ligne droite de la campagne, et éviter une Berezina le 7 juin, qui pourrait faire ressortir les couteaux en interne. "Depuis 10 jours, les gens nous disent vous avez de bonnes idées mais vous êtes divisés. Ce symbole de rassemblement va faire bouger la gauche", espérait Claude Bartolone.
Devant la presse, Martine Aubry a écarté les critiques sur sa première campagne à la tête du PS, rappelant avoir "annoncé dès le départ une campagne en deux temps", appel au vote-sanction de Nicolas Sarkozy puis fin de campagne centrée sur les propositions socialistes pour l'Europe. "Si c'était à refaire, je le referais exactement comme ça", a-t-elle affirmé.

Le PS au plus mal dans les sondages

Alors qu'un sondage donne 19% aux listes socialistes, Martine Aubry a assuré que sans le travail engagé depuis six mois, le PS "serait à 14% aujourd'hui", soit le score de Michel Rocard, qui lui avait coûté son fauteuil de Premier secrétaire en 1994. Pour elle, "l'échec annoncé est celui de l'UMP, quand on a 26% dans les sondages et un président qui a tous les pouvoirs".
Confortée par les statuts du parti - le Premier secrétaire est élu par les militants -, Martine Aubry a exclu de démissionner en cas de déroute le 7 juin : "la question ne se pose même pas".

Un non-événement

De son côté, le président du Mouvement Démocrate (MoDem) François Bayrou souligne jeudi sur LCI que "ce qui est frappant, c'est qu'on essaie de faire un évènement avec la présence sur la même tribune de deux responsables politiques du même parti pour un meeting unique. Ca veut dire quelque chose de l'état du parti, il me semble".
"En tous cas, moi je tiens à rendre à cet évènement sa place, qui n'est pas une place majeure dans l'actualité internationale", a-t-il ajouté.
(Nouvelobs.com)

PS. Aubry et Royal jouent l'union sacrée

28 mai 2009 -

Elles ne s'étaient pas adressé la parole depuis six mois, et voilà Martine et Ségolène qui arrivent, bras dessus, bras dessous, radieuses, surgissant au milieu d'une foule en liesse. Une belle image de retrouvailles, comme le symbole d'une unité que rien, hier soir à Rezé, n'est venu ternir.

Vers qui volaient ces ovations martelées sur les rythmes puissants de Fatboy Slim? Vers Aubry? Vers Royal? Plutôt vers ce duo réinventé, si longtemps attendu et enfin offert aux militants comme un cadeau de campagne inespéré. Certes, les deux femmes ne sont sans doute pas copines pour autant, mais leur complicité affichée a conjuré à Rezé le signe indien des villes en «R» qui, après Rennes et Reims, sont devenues aux socialistes ce que les mois sont aux huîtres. «Non, ce n'est pas pour une photographie!» s'est exclamé le Nantais Jean-Marc Ayrault, en accueillant les deux stars de la soirée. «C'est pour travailler encore plus ensemble, pour réussir, pour une alternative à Nicolas Sarkozy». Alors décidément non, ces retrouvailles, «ce n'est pas seulement une image, c'est une promesse». Une promesse à laquelle les 2.000 militants d'hier soir, gonflés à bloc, veulent désormais croire. Celle de «l'Europe retrouvée de Jacques Delors», comme l'a dit la députée espagnole Maria Badia. Celle ensuite des régionales elles aussi déjà vécues comme promises à en juger par l'hommage de Jean-Marc Ayrault au bilan des trois présidents réunis au pied de l'estrade, Le Drian le Breton, Auxiette le Ligérien et Royal la Charentaise.

«Le bonheur tous ensemble»

«Ce soir, nous avons le bonheur de nous retrouver tous ensemble, dans l'unité, à côté de toi, Martine, si vaillante. N'est-ce pas que ça fait du bien d'être ensemble?», a lancé Ségolène Royal. «Divisés, les socialistes ne peuvent pas gagner, mais unis, nous allons gagner. Notre union va donner, j'en suis sûre, un sursaut à notre campagne». Face à «une droite puissante et arrogante, nous avons notre idéal de justice et de fraternité», a-t-elle résumé avant d'engager un réquisitoire sévère et inspiré contre «le cynisme libéral» basé sur «l'individualisme, l'avidité, la brutalité, l'imposture, le populisme et la démagogie» et enfin d'appeler de ses voeux l'avènement des «Etats-Unis d'Europe», «l'Europe des peuples unis», le «rêve d'hier des fondateurs».

«Nous sommes différentes, mais...»

L'ovation debout semble ne pas vouloir s'arrêter, Ségolène a fini, Martine monte à la tribune, la bise est souriante, et les applaudissements reprennent de plus belle. «C'est un très grand bonheur pour moi de retrouver le PS tel que je l'aime, soudé, combatif», confie la première secrétaire. Après avoir repris le message d'optimisme qui aura marqué ce meeting - «Nous savons que nous pouvons gagner» - c'est vers Ségolène qu'elle s'est tournée pour dire «le bonheur que j'ai d'être avec elle, à ses côtés», pour rendre hommage à «sa détermination» parce qu'elle «a raison de faire bouger les choses y compris dans notre parti», parce qu'elle a eu aussi «raison de dire ce qu'elle pense du discours de Sarkozy à Dakar». «On aime nous opposer», a-t-elle poursuivi. «C'est vrai que nous sommes différentes, mais nous avons l'essentiel en commun, nous sommes socialistes, européennes, et nous sommes des femmes». Un cadeau devait sceller cette belle réconciliation publique: «J'ai pour toi une sculpture africaine», a annoncé Martine Aubry. «Elle représente une femme, debout!». Il fallait que ce soit dit avant de poursuivre avec «la seule tête d'affiche de ce soir, l'Europe», comme l'avait dit Bernadette Vergnaud, tête de liste de l'Ouest.


La vidéo :
http://www.letelegramme.com/ig/generale … 398566.php

Le soulagement des socialistes
France Info - 10:48
Marie-Eve Malouines.

Au lendemain de la photo Aubry-Royal à Rezé, les socialistes poussent un très grand Ouf de soulagement !

Tout s’est bien passé entre Martine Aubry et Ségolène Royal, qui se sont embrassées sans se tirer dessus.

Pourtant, ces retrouvailles n’avaient rien d’évident, "on pouvait avoir un scepticisme, on pouvait se dire cela va être artificiel, ça va être froid... Mais tout le monde a vu qu’il y avait une certaine chaleur et des propos qui montraient un certain respect", explique Pierre Moscovici.

Une image qui fait plaisir au-delà des rangs du PS : José Bové, salue la performance. "Il fallait qu’ils montrent cette image. C’était un minimum. Vu les sondages aujourd’hui, ils avaient intérêt, parce qu’ils se sont fait avoir par Nicolas Sarkozy qui les a amenés dans une campagne ’bilan ou sanction’."

Last edited by Gambetta (28-05-2009 15:04:45)

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

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Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Ca arrive un peu tard, je pense, pour avoir un impact sur l'issue des européennes.
Dommage, parce que le PSE est toujours mieux que le PPE...

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

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Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Bon texte, qui pose les problèmes comme il se doit, me semble-t-il.

LETTRE DE BERTRAND DELANOË
15 juin 2009

Chers amis,

Depuis le soir du 7 juin, nous sommes nombreux à nous poser la question : comment en sommes-nous arrivés là ? Comment les socialistes, qui naguère incarnaient le progrès et l’espoir d’un autre avenir, ont-ils pu perdre à ce point, la confiance des Français ?

Disons-le, le Parti socialiste présente aujourd’hui des similitudes inquiétantes avec la SFIO, ses baronnies locales, son clientélisme et sa paresse intellectuelle Cette dérive vient de loin et notre responsabilité est évidemment collective. Elle est dans la somme des égoïsmes, des contradictions et des compromissions.

Aujourd’hui, l’enjeu est donc bien la survie du socialisme au service de la France : comment dessiner une vraie alternative de gauche ? Comment adapter nos idées et nos méthodes aux enjeux du monde qui va naître de l’après crise ?

Dans ce contexte, le combat qui nous a réunis à l’occasion du congrès de Reims conserve tout son sens.

Car, qu’est-ce qui nous rassemble ? L’attachement à un Etat puissant et régulateur, le combat pour la justice sociale, une conviction profondément européenne, la volonté de faire de notre parti la première force écologique de ce pays, le goût des libertés et l’ambition de les défendre, en un mot, cette « efficacité de gauche » propre au socialisme réformiste.

Et cela commence par l’exigence de vérité. Ne nous racontons pas d’histoires : personne ne croit que si la gauche revient au pouvoir, il n’y aura plus ni chômage, ni souffrance sociale, ni déficit public. Personne ne croit non plus qu’une opposition systématique soit le meilleur gage de crédibilité. Nous devons nous opposer honnêtement et fermement, et surtout proposer clairement.

Affirmons ce que nous sommes, en fidélité à notre idéal. Face au règne de l’argent, à la démagogie ambiante et à la menace populiste présente en Europe, nous devons construire une opposition fondée sur les valeurs, sur les attentes réelles, sur le besoin de justice, sur une certaine dignité et même sur la conscience de l’Histoire. Convaincus qu’une République moderne se nourrit aussi de l’éthique.

Cette reconquête implique d’abord et avant tout que nous définissions une orientation politique identifiée. Car j’en suis convaincu : elle est le préalable à toutes les autres questions qui nous sont posées, notamment celle des alliances. Alors que la démocratie française va mal, le PS doit être, plus que jamais, un facteur de clarté.

Ce sera difficile, et rien n’est acquis. Mais entre le présent et l’avenir, il n’y a qu’une frontière, celle de notre volonté. La créativité de tous est indispensable : nous avons besoin d’idées. J’en esquisse quelques-unes dans l’entretien au Monde que je joins à ce courrier et que vous trouverez en cliquant que ce lien. J’attends vos réactions et vos commentaires, et je souhaite que reprenne aujourd’hui, entre nous, le dialogue de la confiance et de l’imagination.

C’est pourquoi je serai amené prochainement à vous donner des précisions sur un rassemblement que nous organiserons à La Rochelle lors de nos universités d’été. Et dès à présent, je tiens également à vous annoncer qu’en septembre, une journée destinée à lancer de nouvelles pistes de réflexion et d’action nous réunira.

Amitiés socialistes.

Bertrand DELANOË

Et l'inteview du Monde :

Interview de Bertrand Delanoë au « Monde »

Quelle est votre analyse du très mauvais score du PS aux élections européennes du 7 juin ?

C’est un rendez-vous manqué. Nous ne nous faisons plus comprendre. Si l’on ajoute la faiblesse de notre score au niveau élevé de l’abstention, l’évidence s’impose : les électeurs n’ont pas voté pour nous parce qu’ils n’en avaient pas
envie. Nous payons bien sûr l’insuffisante clarté de notre proposition européenne mais aussi un comportement. Cela vient de loin et le congrès de Reims n’a rien arrangé. Aujourd’hui, ce qui domine dans l’opinion et altère tout autre
message, c’est que nous avons perdu le sens du désintéressement et de la victoire collective. Il y a là un grave enjeu de culture démocratique.

La responsabilité est-elle collective ou est-ce la direction du PS qui a mal manœuvré ?

C’est une responsabilité collective, de la base au sommet. Les électeurs n’ont plus le sentiment d’être notre principale préoccupation. Ce processus lourd rappelle
les dérives de la SFIO : des phénomènes de clientélisme en interne, des votes pas forcément clairs, une paresse intellectuelle. Fondamentalement, depuis
avril 2002, nous n’avons pas réussi à arrêter une orientation claire, ni à mettre en harmonie notre force locale et notre force nationale. Au congrès de Reims, il y avait quatre composantes principales. Or, j’ai éprouvé personnellement l’impossibilité
de dégager une option majoritaire basée sur le fond, sur une identité assumée, sur la clarté des alliances. Il faut donc un sursaut. Notre tâche prioritaire est de construire une orientation politique de gauche, réformiste, européenne,
écologiste. Il est temps de recréer un mouvement à ancrage populaire, moderne, réinventant sa relation aux citoyens et s’assumant comme une gauche de gouvernement.

Vous savez, dans ce parti, il y a toujours eu des débats d’idées et des rivalités de personnes mais aux moments essentiels, l’objectif d’une victoire de nos idées, pour la France, était plus fort que tout. Il faut créer les conditions pour
que cela redevienne possible quel que soit celle ou celui qui aura mérité d’être notre leader.

A Paris aussi vous incarniez une gauche écologique et responsable. Vous aviez choisi la tête de la liste. Or, vous subissez un échec. Comment l’expliquer ?

Le résultat est effectivement un échec. J’y prends ma part. Et Harlem Désir, pas plus que les autres candidats, n’est en cause. Car le vote des Parisiens s’est fait sur une offre nationale, déconnectée de l’enjeu municipal. J’avoue d’ailleurs que je n’ai rien vu venir car sur le terrain, l’accueil était comparable à celui des municipales de 2008 où j’avais recueilli 41% au premier tour.

Pourquoi Daniel Cohn-Bendit a-t-il autant marqué de points?
D’abord, c’est un très bon candidat. Il l’avait déjà montré en 1999. Il parle net, direct. Il est nature, il est malin, aussi.
Daniel Cohn-Bendit a su transformer en force ce qui aurait pu être son point faible : il a rassemblé des gens très différents. J’observe aussi qu’il a fait une campagne européenne et écologiste située au centre-gauche en parvenant à gommer
dans le discours des Verts, certains aspects à tonalité un peu gauchiste.

Vous voulez dire qu’il est plus ouvert que les autres Verts ? Il est « libéral libertaire », comme vous ?

Oh, je ne réfute pas cette comparaison là, même si elle est réductrice. Mais au plan économique, il est beaucoup plus libéral que moi. Par exemple, il est plus indulgent que je ne l’aurais été sur la dérégulation des transports ferroviaires. Et
aux municipales de mars 2008, Daniel Cohn-Bendit m’avait publiquement demandé de faire alliance avec le MoDem alors que les Verts de Paris me disaient : « pas question ! ». J’ai choisi de rassembler d’abord sur la clarté d’un
projet.

Vous restez hostile aux alliances avec le Modem ?

Je continue de penser que la droite et la gauche, ce n’est pas la même chose : donc, quelle cohérence politique dans une alliance avec un parti qui refuse de dire s’il se sent plus proche du camp progressiste ou du camp conservateur ? En
revanche, si des forces du centre assument cette clarification et acceptent de gouverner avec toutes les composantes de la gauche, pourquoi pas ? Mais j’exprime
une autre condition : il est inacceptable de s’allier avec une formation qui pratique des accords à géométrie variable, avec la gauche à un endroit, avec la droite à un autre. C’est cela qui crée la confusion et installe, dans l’esprit de
l’électeur, le sentiment de « bricolages » politiciens. Au contraire, il faut lui proposer une offre bien différenciée. Je désapprouve donc ce que le PS a toléré aux dernières élections municipales. La démocratie française est malade, le PS doit
redevenir un facteur de clarté et d’honnêteté.

En Ile de France, Jean-Paul Huchon se dit déjà prêt à une alliance avec le centre.

D’abord, je lui fais confiance pour porter le projet d’avenir de l’Ile de France.

Ensuite, je ne suis pas un donneur de leçons. Je vais donc en parler directement avec lui, et certainement pas par journaux interposés.

La réponse de Martine Aubry au conseil national mardi 9 juin,
a t elle été à la hauteur de la situation ?

Quand on doit se ressaisir après des années d'affaiblissement, il me semble normal de ne pas trouver la solution en 48 heures. Ce qui doit être à l’ordre du jour,c’est le courage et l’esprit collectif, pour le renouveau. Car les Français attendent
de nous du travail et des actes.

Etes vous prêt à l'aider ?

Bien sûr.

A quelles conditions ?

Il n'y pas de condition. Je suis loyal et collectif mais j'ai aussi des convictions. J'ai donc l'intention d'être libre dans mes convictions et totalement collectif dans
mon engagement.

Avez-vous fait une croix sur vos ambitions personnelles au
sein du PS ?

Je n'ai fait de croix sur rien du tout. J’agis en fonction de ce que je crois utile et efficace. Au lendemain de ces élections européennes, il serait ridicule de penser
à autre chose. Je veux servir mon pays par les valeurs de la gauche. Et cela peut se faire sans a-priori sur les postes.

Le débat sur les primaires vous paraît-il prématuré ou
négatif ?

Ni prématuré, ni négatif. Sur l’ensemble de nos modes de fonctionnement, nous devons ouvrir non seulement les fenêtres mais aussi les portes. Mais les primaires
ne résument pas à elles-seules la rénovation indispensable de nos pratiques, par exemple, sur le cumul des mandats, y compris dans le temps.

D’ailleurs, pourquoi s’appliqueraient-elles seulement à l’élection présidentielle ?

Ce débat, nous devons donc le traiter en cohérence, j’allais dire comme une composante de l’essentiel : notre projet et son articulation avec la stratégie d'alliances.

Comment s’opposer à Nicolas Sarkozy ? Partagez vous la critique de François Bayrou sur l’abus de pouvoir ?

Je serai plus nuancé, il faut distinguer les niveaux. Il y a chez le chef de l’Etat ce qui relève de l’habileté et même de l’intelligence politique : sa façon de mettre en scène son pouvoir et de saturer l’espace médiatique. Mais il y a beaucoup
plus inquiétant : la pression qu’il exerce sur les acteurs de la vie médiatique, l’hymne à l’argent roi, une forme d’arrogance et d’auto encensement permanent.

Voilà un aspect sur lequel nous pourrions nous opposer fermement et honnêtement.

Qu’appelez vous une opposition honnête ?

Ne pas se disperser, cibler nos critiques sur ce qui heurte nos valeurs et se révèle inefficace dans l’action de Nicolas Sarkozy. Et lier toujours cette critique à des propositions opérationnelles. Dire par exemple que fusionner l’Anpe et l’Unedic pour en faire un grand service public de l’emploi est une bonne idée. Mais que le gouvernement n’y met pas les moyens nécessaires pour assurer une indemnisation
convenable et le suivi individualisé des chômeurs, les jeunes notamment dont un quart des moins de 25 ans sont sans emploi. La droite saccage les services publics en supprimant mécaniquement des postes dans l’éducation et la santé. Nous devons nous y opposer, tout en affirmant notre conception des services publics qui ne doivent pas fonctionner au 21e siècle comme dans les années 60. Aujourd’hui, les Français veulent qu’on les protège mais ils demandent en même temps qu’on assure la promotion individuelle. Le socialisme moderne
doit concilier ces deux exigences.

Compte tenu de l’ampleur des déficits, la gauche peut-elle proposer autre chose que des hausses d’impôts en 2012 ?

Je ne veux être ni lâche ni avoir de tabous. La politique fiscale du gouvernement est profondément injuste. En 2012, la gauche devra proposer un changement profond de la fiscalité, en disant la vérité sur ses priorités pour le pays, sur la façon
de les financer et sur une répartition plus juste de l’effort.

Il faudra soulager les classes moyennes sans être démagogue avec les classes moyennes supérieures. Car avant même la crise, la droite a mis les finances publiques dans un état calamiteux : l’addition est lourde, il faudra donc être courageux.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Moscovici a lancé une pétition pour organiser des primaires : http://www.primairesouvertes.fr/

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Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Je suis très réservé sur ces primaires ouvertes.

C'est une façon de saborder le parti socialiste.
Ce n'est pas bien compliqué de s'inscrire au PS pour désigner son candidat favori si on le souhaite. Beaucoup de gens s'étaient inscrits pour la dernière primaire.

En revanche, des solutions pour permettre aux verts, au PDG, aux PRG et MRC, de voter me parassent plus légitimes. Permettre aux gens de droite de voter, à la manière d'un caucus (cocus ?) pour désigner le plus mauvais candidat, ça me paraît n'importe quoi.

Une certaine génération des quadras passe à l'assaut, et ils auraient bien fait de préparer leurs sorties du bois avec un programme, un bilan, une mandature sérieuse, et des projets concrets. Entre le prétendant à la présidence des blancs, des whites, des blancos et le prétendant à la présidence de tout et n'importe quoi, y a encore du travail me semble-t-il.

Se lancer dans de telles avantures en sciant la branche collective sur laquelle on doit travailler ne me paraît pas une bonne façon d'aborder la chose. Ils feraient bien de penser leurs projets régionaux.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

C'est non seulement une façon de saborder le PS mais aussi de remettre en cause les partis politiques et l'engagement politique au sein des partis, qui est un des fondements des régimes démocratiques un peu partout en Europe. C'est bien triste que cet espèce d'anti parti politique primaire sorte à gauche alors qu'historiquement c'était un dada de la droite réac.

124

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Elu député européen de la Région Est, membre du CN du PS, je pense qu'il faut sortir de ces débats stériles sur les personnalités. Je vous propose une contre analyse et des contres mesures aux analyses fournies et mesures suggérées par M Attali à Monsieur Sarkosy.
_______________________

contre analyse

Jacques Attali nous invite à considérer en bloc la cohérence de son rapport. L’analyse synthétique qui suit relève ce défi, et s’attelle à présenter sommairement les premiers éléments d’une contre-expertise. 7 février 2008.

En 316 propositions, le rapport Attali décline sous forme de mode d’emploi les grandes « réformes structurelles » recommandées par de nombreux rapports publiés au cours de la période récente, notamment les rapports Minc, Boissonnat, Virville, Camdessus ou encore le rapport de suivi du « programme national pour l’emploi » remis régulièrement, en application de la stratégie de Lisbonne renouvelée de 2005 à la Commission européenne en application des « Lignes directrices intégrées pour la croissance et l’emploi ».

Prises isolément, il est toujours possible de discuter certaines de ces propositions.

Mais Jacques Attali nous invite à considérer en bloc la cohérence de son rapport.

L’analyse synthétique qui suit relève ce défi, en épargnant donc au lecteur le commentaire de texte citation par citation, et s’attelle à présenter sommairement les premiers éléments d’une contre-expertise.

1. Une stratégie d’ores et déjà engagée en France et en Europe

Le diagnostic établi par la commission Attali est que le déclin dont souffrirait la France est avant tout lié au poids du « modèle hérité de l’après-guerre », celui-ci ayant accouché de « conservatismes » et de « privilèges » ayant accru les inégalités, entretenu des rentes et bridé la croissance.

Celle-ci serait en particulier contrainte par un système de formation inadapté, un poids excessif des dépenses publiques, une fiscalité pesant sur le coût du travail et la compétitivité, une mobilité insuffisante sur le marché du travail.

Pour favoriser l’avènement de l’économie de la connaissance, le rapport Attali propose donc de

poursuivre la réforme des universités (où la part du financement privé de dix pôles d’excellence pourrait atteindre 80%),

de réduire d’un point par an la part des dépenses publiques dans le PIB,

d’abaisser le coût du travail en fiscalisant le financement de la protection sociale à travers la hausse de la CSG et de la TVA,

d’asseoir la « flexisécurité » du marché du travail,

d’allonger la durée du travail et d’accroître le taux d’emploi des seniors.

Enfin, pour s’attaquer à l’épineuse dégradation du pouvoir d’achat, le rapport Attali caresse l’utopie selon laquelle la concurrence, notamment dans le secteur de la distribution, suffirait à faire baisser les prix.

Il comporte également des recommandations dont les effets sur la croissance paraissent marginaux ou sont loin d’être évidents

(suppression de la carte scolaire et des départements, déréglementation des professions de notaires, de coiffeurs de pharmaciens et de chauffeurs de taxis).

La stratégie recommandée par le rapport Attali est celle qui est actuellement menée en Europe, notamment en application de la stratégie de Lisbonne,

renouvelée en 2005, sous des variantes diverses en vertu du principe de subsidiarité.

Dans cette direction, la France a déjà largement « réformé », si ce n’est détricoté, son modèle économique et social. À cet égard, le rapport Attali se trompe d’époque. La France d’aujourd’hui n’est pas celle du Général de Gaulle.

Les champions nationaux ont été destitués, au gré des quatre vagues de privatisations (1986, 1993, 1997, 2002) . Sous la surveillance de Mario Monti (membre de la commission Attali), qui fut un commissaire européen farouchement opposé à la recapitalisation d’Alstom, l’ouverture à la concurrence fut assurée. Elle est en passe de s’achever dans tous les secteurs stratégiques.

Le marché du travail est devenu extrêmement flexible.

Le taux de turn over est supérieur à celui qui prévaut au Danemark, pays de la flexisécurité par excellence.

La durée et le montant des indemnités chômage ont été corrigés

et le suivi des chômeurs s’est durci.

Trois millions de chômeurs dans la force de l’âge sont disponibles pour travailler sur un marché du travail aux conditions de plus en plus dégradées sans qu’il ne soit utile de chercher en vain [1] à accroître le taux d’emploi des plus âgés.

Le chômage a considérablement affaibli le pouvoir de négociation des syndicats.

Au cours de ces vingt dernières années, la déformation à la baisse de la part des salaires dans la valeur ajoutée a été plus accentuée que dans les principaux pays industrialisés : la part des salaires était de 75% en 1983. Elle est aujourd’hui de 65%.

Le coût du travail en France se situe dans la moyenne européenne et reste inférieur au coût salarial allemand.

La durée effective du travail est la même qu’en Allemagne (41 heures hebdomadaires)

et les travailleurs français détiennent la médaille de bronze de la productivité horaire.

Les « baisses de charge », généralisées sur les bas salaires depuis la loi quinquennale de 1993), ont considérablement réduit le coût du travail non qualifié.

La CSG est progressivement montée en puissance.

La réforme des retraites a évité d’augmenter les cotisations sociales, en allongeant les durées de cotisations et réduisant les taux de remplacement.

Les rigidités du marché du marché du travail se sont donc largement estompées, sans provoquer d’effets significatifs sur l’emploi : en effet, les « baisses de charges » n’ont pas suscité plus de 200 000 emplois, soit deux fois moins que les dispositifs de RTT.

En matière budgétaire, la progressivité du système d’imposition directe a été considérablement réduite par les mesures prises en 1993, 2005 et 2007.

Quant à la dépense publique, sa part dans le PIB est strictement identique à ce qu’elle était il y a vingt-cinq ans (53%) et demeure inférieure à la dépense publique des pays nordiques, brandis comme modèles de « flexisécurité » à imiter.

Les politiques de rigueur budgétaire ont conduit à une réduction de 5 points la part des dépenses de fonctionnement dans les dépenses de l’Etat. La loi organique relative aux lois de finance (LOLF) permet un suivi extrêmement strict des missions et des moyens attribués à chaque administration. La part des dépenses sociales dans le PIB s’est certes accrue de 2 points.

Mais le creusement de la dette publique provient essentiellement de la baisse des recettes, observable depuis que s’est affirmée la stratégie dont la commission Attali préconise l’approfondissement.

La dette publique représentait 36% du PIB en 1993, 58,5 % du PIB en 1996 et 64% en 2007. La baisse des recettes est due à la baisse du rendement de l’impôt, consécutive aux réformes fiscales accomplies et à l’incapacité des politiques macroéconomiques conduites à ramener la croissance française à son taux potentiel, supérieur à 3%.

Le rapport Attali aurait pu dresser le bilan d’étape de cette stratégie dans laquelle la France s’est d’ores et déjà engagée depuis quinze ans, soit plus que le moyen terme.

Notons que le mal n’est pas spécifique à la France, certes plus atteinte que ses partenaires au cours de ces quatre dernières années. L’Europe, qui a initié une telle stratégie, est devenue la zone où la croissance est la plus faible du monde.

Il est frappant que l’avis des macroéconomistes n’ait pas été convoqué dans une commission chargée d’étudier les freins à la croissance (les seuls économistes consultés étaient Philippe Aghion, Christian de Boissieu et Jean-Philippe Cotis), comme si, en matière médicale, le diagnostic d’une pathologie était pratiqué par les malades eux-mêmes, accompagnés de leur famille et du curé, sans tenir compte des avis, parfois contradictoires, des spécialistes.
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contres-mesures

2. Les véritables freins macroéconomiques à la croissance

D’un point de vue macroéconomique, la faiblesse devenue chronique de croissance française est avant tout due à la panne d’investissement des grandes entreprises, particulièrement dans le secteur innovant, supposé être le moteur de la nouvelle économie.

La part des investissements dans le secteur des NTIC est de 15% de l’investissement total, contre 45% aux États-Unis. Les entreprises cotées peuvent pourtant se financer sur les marchés boursiers sur lesquels se porte l’abondante épargne des bénéficiaires des dividendes du capitalisme financier. Elles jouissent de surcroît de taux de marge reconstitués et disposent de capacités d’autofinancement et de fonds propres importants.

Malheureusement, les profits sont majoritairement consacrés à la rémunération des dividendes et à la croissance externe, plutôt qu’à l’investissement productif. divorce entre le taux de marge et le taux d’investissement.

La restauration de la part des profits dans la valeur ajoutée a pour contrepartie la faiblesse de la part des salaires et la baisse du pouvoir d’achat des ménages à bas et moyens revenus.

La croissance française est exclusivement tirée par la consommation des classes aisées, bénéficiaires de l’accroissement des inégalités.

Le bouclier fiscal alimente certes les revenus des classes aisées. Mais cette politique rencontre des limites, dans la mesure où la propension à consommer des ménages à hauts revenus est faible.

Une telle politique fiscale risque donc d’entretenir une épargne devenue excédentaire, dans la mesure où les entreprises ne la mobilisent pas pour l’investissement.

Il en résulte une situation de croissance molle, accompagnée d’un chômage persistant et de déficits publics chroniques, compte tenu de l’insuffisance de rentrées fiscales.

Dans ces conditions, il n’est pas aberrant, d’un point de vue macroéconomique, que cette épargne oisive soit mobilisée par les pouvoirs publics pour financer des dépenses porteuses de croissance (investissement public, innovation, recherche, santé, éducation).

À l’heure de l’impératif de développement durable, que l’on oppose abusivement à la croissance, l’investissement public dans les énergies renouvelables pourrait ainsi être une priorité nationale.

Le problème de la dette doit en tout état de cause être relativisé, dès lors que l’abondante épargne disponible se révèle férue d’obligations du Trésor que l’État peut émettre à très bas taux. La dette serait alors soutenable si elle alimentait la croissance.

Celle-ci engendrerait les recettes fiscales permettant en fin de course de réduire l’endettement public. Au contraire, l’objectif fixé par le rapport Attali de réduire de 1% la part des dépenses publiques dans le PIB pourrait au final produire l’effet inattendu d’une explosion de l’endettement.

Trop de rigueur tue la rigueur, à l’instar des politiques menées en application du pacte de stabilité et qui s’avèrent incapables, dans la moitié des pays de l’eurogroupe d’en respecter les critères. L’impact sur la croissance d’une politique budgétaire est toutefois suspendu à son contenu. D’importantes marges de manœuvre budgétaires ont malheureusement été gaspillées par les 15 milliards du paquet fiscal, dont l’effet sur l’investissement est quasi-nul l’impact sur la consommation extrêmement faible.

En simplifiant à l’extrême, la spécificité du mal français peut se résumer à un problème de répartition des revenus.

L’excès d’épargne, consécutif à l’insuffisance d’investissement et à la baisse de la part des salaires dans la valeur ajoutée, est le véritable frein à la croissance.

Elle alimente les bulles boursières et immobilières dont l’éclatement est susceptible de provoquer des effets de richesse négatifs. La répartition des revenus, stabilisée à un niveau élevé en faveur des profits, n’est pas étrangère à ce paradoxe des coûts et de l’épargne.

Les modèles postkeynésiens de répartition des revenus , peu connus par le grand public, montrent pourquoi ce paradoxe est inhérent aux effets des « politiques de l’offre », prédominantes en Europe au cours de ce quart de siècle.

Paradoxe il y a car, bien que la baisse des coûts salariaux et la hausse de la part des profits aient gonflé l’épargne (par le biais des dividendes distribués aux actionnaires dont la propension à consommer est inférieure à 0,4), cette épargne ne trouve pas comme contrepartie le regain d’investissement escompté par le « théorème Schimdt » (« les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain »). La perte de compétitivité de nos entreprises, qu’illustre un déficit extérieur devenu chronique, est avant tout liée à ce déficit d’investissement dans le secteur innovant.

Elle est aggravée par un taux de change de l’euro auquel nos entreprises exportatrices sont plus sensibles que les entreprises allemandes (une appréciation de 10% de l’euro plombe la croissance de 0,2 à 0,5 % et détériore aussi la situation des PME qui sous-traitent pour les entreprises exportatrices).

Le retournement de la consommation amenuise à son tour les débouchés pour l’investissement (souffrant d’un effet déccélérateur). Les capacités de productions sont sous-utilisées. Le potentiel de croissance endogène, lié à l’investissement dans
« l’économie de la connaissance », n’est absolument pas exploité.

Les carnets de commandes des entreprises sous-traitantes sont donc peu fournis.

Celles-ci souffrent certes de l’accès au crédit et des délais de paiements, comme le souligne le rapport Attali. Elles sont de plus mises en concurrence et contraintes de comprimer leurs marges, reportant les risques sur des salariés précarisés.

La sous-traitance est parfois délocalisée par leurs donneuses d’ordre dans les pays à bas coût et/ou en zone dollar

Il convient d'arrêter  ce commerce suicidaire !

Le réseau des PME sous-traitantes se délite dans chaque bassin d’emploi qui se désindustrialise désespérément.

Nul doute que la double question de la préférence communautaire en matière industrielle et de la politique de change doit être posée lors de la prochaine présidence française du Conseil européen.


En attendant, l’accroissement de la flexibilité de l’emploi par la « séparation à l’amiable », recommandée par le rapport Attali, aura peu d’effet sur l’emploi.

La flexibilisation du CDI fragilisera plus encore le pouvoir de négociation des salariés à l’heure où le pouvoir d’achat est à la traîne. Pour nécessaire qu’elle soit, la « sécurisation des parcours professionnels » ne fera qu’inverser l’ordre de la file d’attente des chômeurs.

Elle ne doit pas semer l’illusion que la formation est la solution miracle au chômage,

alors que la véritable cause du marasme de l’emploi qualifié tient dans le fait que les entreprises n’ont pas investi dans la nouvelle économie, censée représenter le nouvel Eldorado !

L’INSEE recense tout au plus 400 000 emplois vacants. Ces derniers ne se situent aucunement dans les Nouvelles Technologies de l’information et de la communication, mais dans les secteurs traditionnels du bâtiment et de la restauration, où de nombreuses entreprises font appel à une main-d’œuvre en situation irrégulière.

Alors que nombre de travailleurs sans papiers occupant des emplois dans ces secteurs en pénurie de main-d’œuvre ne sont toujours pas régularisés, le recours à une nouvelle « armée de réserve industrielle », par le biais d’un appel à l’immigration, exercera une nouvelle pression à la baisse sur les salaires.

Au final, le rapport Attali ne perçoit aucunement les conséquences de la stratégie économique dans laquelle la France s’est d’ores et déjà avancée, tant en matière d’abandon de la politique industrielle, où le bilan des privatisations s’avère désastreux (tandis que l’agence pour l’innovation industrielle, érigée au nom du patriotisme économique, n’est dotée que… d’un million d’euros !), qu’en matière de politiques fiscale et salariale, où la montée des inégalités entretient l’épargne des classes aisées au détriment de la consommation populaire.

À cet égard, si la fiscalisation du financement de dépenses universelles est naturellement souhaitable pour définir l’assiette la plus juste,

le scénario proposé par le rapport Attali d’une hausse de la CSG de 0,6% et de la TVA de 1,2% est un scénario limité, aux effets macroéconomiques risqués, dès lors que la consommation est le seul moteur de la croissance et l’investissement relativement insensible aux coûts.

La CSG est un impôt proportionnel alors que la TVA est un impôt dégressif. Leur montée en puissance est donc de nature à entamer encore plus le pouvoir d’achat des ménages à faibles et moyens revenus dont la propension à consommer est égale à l’unité.

Elle s’avère contradictoire avec l’objectif de justice fiscale. Une véritable réforme moderne du financement des dépenses sociales universelles consisterait à remplacer l’actuel système par un grand impôt universel sur le revenu et une nouvelle fiscalité des entreprises.

À cet effet, le scénario de fusion de la CSG avec l’impôt sur le revenu est ignoré par Attali.

Il permettrait pourtant d’élargir l’assiette de l’impôt sur le revenu tout en rendant progressif le financement de la protection sociale. De même, le remplacement des cotisations patronales par une contribution fiscale sur la valeur ajoutée, plus favorable aux PME, n’est pas évoqué.

3. Comment relancer le pouvoir d’achat ?

Pour améliorer le pouvoir d’achat, le rapport Attali s’en tient à prêcher la concurrence dans la grande distribution. Les chiffres publiés en décembre 2007 par une enquête du Nouvel Observateur sont à cet égard accablants.

Les prix dans la grande distribution ont augmenté en moyenne de 29% depuis le passage à l’euro et ses marges se sont accrues de 3% entre 1996 et 2004.

Pour autant qu’elle soit souhaitable, l’ouverture à la concurrence dans la distribution risque, au contraire de l’objectif recherché, d’accroître le pouvoir du loup dans la bergerie.

Les réseaux de grands distributeurs jouissent d’une rente liée à la double domination qu’ils exercent sur les producteurs et sur les consommateurs.

Premièrement, ils sont en situation de quasi-monopole ou d’entente oligopolistique face à la multitude des consommateurs.

« Libéraliser » les implantations de grandes surfaces pourrait tuer définitivement le petit commerce local, sans nécessairement provoquer une baisse des prix.

Deuxièmement, les grands distributeurs sont peu nombreux (6 centrales d’achat se partagent 85% du marché) face à quelques multinationales de l’agroalimentaire et à une multitude de petits producteurs locaux (les économistes disent qu’ils sont en position de quasi-monopsone vis-à-vis des petits producteurs).

La loi Galland entendait protéger ces derniers en fixant un seuil en dessous duquel la revente à perte est interdite, celui-ci excluant les « marges arrières ».

Celles-ci sont des commissions versées par les fournisseurs aux distributeurs en contrepartie de la promotion de leurs produits. Seuls les industriels de l’agroalimentaire sont en mesure de payer ces imposantes « marges arrières » aux distributeurs. Ils fixent alors des prix élevés pour pouvoir souscrire au versement de ces « marges arrières », tout en préservant leurs marges (qui se sont accrues de 5 points de 1996 à 2004). Les petits producteurs locaux ne disposent naturellement pas du même rapport de force pour fixer leur prix, ni de la même capacité financière pour acquitter les « marges arrières ».

La suppression de la loi Galland, proposée par Attali et revendiquée par Michel-Edouard Leclerc au nom de la mise en concurrence des producteurs pour obtenir des prix plus bas, condamnerait nombre de petits producteurs.

Pour l’heure, la loi Chatel est un compromis qui maintient un seuil de revente à perte avec déduction des « marges arrières » des prix d’achat des distributeurs… qui n’ont toujours pas répercuté sur leurs prix la déduction de 20%, déjà autorisée par la loi Dutreil de 2002…

Pour contrecarrer franchement à la baisse du pouvoir d’achat, la question salariale devient dès lors incontournable.

Elle pose le problème de la répartition des revenus et donc de la réduction des inégalités. Elle est malheureusement la grande absente du rapport Attali, qui prétend pourtant s’attaquer aux rentes. Or les études récentes indiquent que les hauts revenus ont littéralement explosé entre 1998 et 2005 [4]. Pour les 5 % des foyers les plus riches,

les revenus déclarés ont progressé de 11%.

Pour 1% des foyers, l’augmentation a été de 19,4%.

Pour le 0,1% des foyers représentant le dessus du panier, elle a été de 32%.

Pour les 3500 foyers les plus riches, soit 0, 01% des foyers, elle a été de 42,6 %.

Dans le même temps, le revenu médian, de 1 480 euros mensuels en 2005, stagnait, progressant de 0,6 % par an.

Le niveau médian n’est pas un outil faible puisqu’il ne traduit pas notre vécu d’appauvrissement. Un outil intéressant dont on commence à parler serait peut-être la moyenne logaritmique (moyenne du logarithme de chaque revenue, repassée par la fonction inverse)

Tout se passe comme si la distribution des ressources convergeait vers une distribution de Dirac ! (Un courbe de plus en plus plate, mais qui au moment d'atteindre son bout se met à grandir de plus en plus vite pour atteindre un total dont la moyenne ordinaire fait plus que compenser le résultat précédent)

En bas de l’échelle, 7,1 millions de pauvres survivent désormais en France avec un revenu inférieur 817 euros (correspondant au seuil de pauvreté de 60% du revenu médian).

Le revenu réel de la grande majorité des Français a donc baissé, en raison d’une inflation de 2% par an. Pour une grande partie de la population, la perte de pouvoir d’achat est d’autant plus réelle que l’indice des prix de l’INSEE est construit à partir de la pondération des biens entrant dans le panier de la ménagère.

Cette pondération sous-estime notamment le poids du logement qui est devenu le premier poste budgétaire des ménages, alors que l’indice de l’INSEE le place en troisième position (sa part estimée dans la dépense des ménages est seulement de 13% !), derrière les transports et l’alimentation.

Si l’on entre dans les détails, l’accroissement observable des inégalités est dû à l’explosion des très hauts salaires et des revenus du patrimoine au cours des dix dernières années, alors que les revenus de l’immense majorité de la population stagnaient.

Les revenus des capitaux mobiliers se sont ainsi accrus de 31 % entre 1998 et 2005. Ils représentent 10% du revenu des foyers les plus privilégiés, alors que les ménages modestes n’épargnent pas, faute de ressources suffisantes.

Quant aux revenus salariaux, la progression du salaire moyen de 1,5% par an depuis 1978, mis en évidence par l’INSEE ne rend pas compte de la situation du nombre croissant de salariés subissant le travail précaire et bénéficiant donc d’un nombre inférieur de jours rémunérés.

C’est pourquoi l’INSEE calcule désormais le revenu salarial net, en tenant compte du fait que la part des salariés qui ne sont pas à temps complet sur l’année (en CDD, intérim ou temps partiel) est de 31%, contre 17% en 1978 [5].

Ce nouvel indicateur montre alors que le revenu salarial net moyen a stagné entre 1978 et 2000 et qu’il a baissé de 0,5% entre 2000 et 2005 malgré les revalorisations du SMIC horaire.

Deux ans pour entendre un socialiste dire cela et le démontrer !

Ces moyennes masquent enfin des disparités salariales qui se sont accrues. Entre 1998 et 2005, le salaire de 90% de la population ne s’accroissait que de 4% quand l’inflation progressait de 13% au total.

Au cours de la même période, les 0,1% des salariés les mieux rémunérés voyaient leurs salaires augmenter de 29%. Les 0,01% des plus hauts salaires bénéficiaient d’une hausse de 41%. Dans certaines entreprises cotées, la hiérarchie salariale s’échelonne désormais de 1 à 300 ! Si le pouvoir d’achat a donc bel et bien augmenté pour les cadres et les actionnaires du nouveau capitalisme, il a baissé pour l’immense majorité des salariés,

Qui subit les conditions de plus en plus dégradées du marché du travail, et dont le taux d’endettement explose. Les politiques de rigueur salariale expliquent en grande partie le déplacement de 10 points du partage des revenus en faveur des « nouveaux rentiers ».

On a su, à partir de 1983, organiser la désindexation des salaires sur les prix. L’inflation salariale a depuis disparu. Le gestionnaire public saurait, « techniquement », comment procéder pour accroître la part des salaires dans la valeur ajoutée.

Il est possible

- de modifier le mode de raisonnement dans la fonction publique pour indiquer le chemin à suivre dans le secteur privé,

- de revaloriser le SMIC

- et d’étendre les accords de branche organisant le relèvement des minima conventionnels pour provoquer une hausse pour tous les niveaux dans les grilles salariales.

Une conférence salariale annuelle réunissant les partenaires sociaux pourrait enfin fixer des règles stables de progression du pouvoir d’achat. Elle pourrait retenir l’idée qu’une hausse des salaires n’est aucunement inflationniste dès lors qu’elle est indexée sur les gains de productivité, ni plus, ni moins.

Enfin, pour relancer immédiatement le pouvoir d’achat, il est également possible de baisser la TVA ; le coût de la baisse d’un point du taux de TVA est de 6 milliards d’euros, soit 2,5 fois moins que le paquet fiscal.

Conclusion

Si la cible désignée par la commission Attali est le « modèle hérité de l’après-guerre », c’est que nombre de ses membres entendent en rendre irréversible la destruction, faisant ainsi écho à un vœu récemment formulé par Denis Kessler dans la presse : « Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie ». L’autonomie des universités,

la réforme de l’État,

la suppression massive de postes de fonctionnaires, pouraarit ^ter avantageusement remplacée par une gestion plus efficace notamment :

a) l'équirépartition des charges

b) chacun là où il est le plus opérationnel (pas de comptable sur poste secrétaire ou inversement)

c) la responsabilisation de la catégorie C en lui donnant les mêmes tâches mais moins en quantité qu'à la catégorie B

les réformes fiscales en cours ou en projet, l’achèvement de la privatisation de l’énergie,

la flexibilisation du marché du travail, la réforme des régimes de protection sociale,

le recours à « l’immigration choisie » sont autant de chantiers creusés par Nicolas Sarkozy et que le rapport Attali a pour fonction idéologique de légitimer.

S’il faut indéniablement adapter notre modèle social au nouvel environnement économique, il n’est pas évident que la direction vers laquelle le rapport Attali nous invite à nous enfoncer soit la plus juste socialement, ni la plus efficace économiquement.

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Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Cher amis, quittons un court instant l'univers feutré où la politique arrive entre le petit four et le thé, le petit doigt en l'air, la tasse à la main.

Afin d'illustrer mon propos, je suscite vos réactions devant la réalité d'un conflit social qui a lieu en ce moment même gare Saint-Charles à Marseille.

a) Ce conflit illustre -t-il la justesse des contre-analyses et contre propositions au rapport Attali que j'ai eu l'honneur de vous soumettre ?

b) Ou au contraire suscite -t-il chez vous le rejet de ce genre de mouvement ?

Afin d'éviter de ma part toute interprétation allant dans mon sens je ne vous soumets dans l’ordre chronologique que les textes écrits et  publiés par les grévistes eux-mêmes, qui modifient leur désignation au fur et à meure de l’évolution du conflit.
________________________________________________________________
Cahier de revendication des personnels ("sous traitants") de la sécurité des Gares Saint-Charles et Aix TGV

- Intégration des agents assurant la prévention et la sécurité sur la gare Saint Charles et Aix TGV au sein de la SNCF

- Emploi, statut et entreprise stable

- Fourniture de locaux, dignes, propres, pourvus de vestiaires, de casiers individuels, de salles de repos et de réfectoire pour le personnel.

- Assurer un développement de carrière et une formation continue des agents de prévention et de sécurité (sécurité "malveillance", sécurité des personnes et des installations, maîtres chiens, sécurité incendie)

- Fourniture des tenues

- rétablissement des tickets restaurant

- Amélioration des conditions de travail

- Plus de concertation des délégués, la SNCF sur les insuffisances de sécurité.

- réunion mensuel des DP et tenue à disposition du registre des DP

- tableau d’affichage

- Payement des salaires réguliers le 5 du mois

- Primes d’ancienneté et de qualité

- Vérification du payement des charges aux organismes collecteurs

- Avenants aux contrats

Marseille le 4 Juin 2009

* CGT CFDT FO LES AGENTS DE SECURITE De la gare St Charles veulent être payés et respectés !

Les agents qui assurent la sécurité des voyageurs et des installations sur la gare St Charles en ont assez d’être baladés d’une entreprise à l’autre ( 4 changements d’employeurs en 1 an !) toutes "défaillantes"

Depuis un mois nous avons encore été repris par une nouvelle entreprise sous-traitante, Inter sécurité Services, qui ne nous a toujours pas versé la paye du mois de mai !!!

A chaque nouvelle "entreprise" qui nous reprend c’est la galère avec des remises en cause permanentes, de nos peut de droits, de nos qualifications, de nos emplois, de nos salaires...

Maintenant cela suffit !

Si d’ici demain (après une semaine de retard et d’attente le payes ne sont pas versées nous cesserons le travail.

Nous exerçons un travail difficile et particulièrement pénible qui comporte de nombreux risques, pour un salaire au SMIC alors qu’il est un maillon essentiel du service public de transports.

NOUS VOULONS ETRE RESPECTES ET RECONNUS NOUS EN AVONS ASSEZ DE CETTE PRECARITE ABSOLUE LA SNCF DOIT ASSUMER SES RESPONSABILITES

Marseille le 10 juin 2009

*INTERSYNDICALE CFDT-CGT-FO Intersecurite service (12S) MARSEILLE SAINT-CHARLES

Nous salariés de la société de Prévention et sécurité 12S, avons décidé unanimement de protester par un mouvement de grève à durée indéterminée, afin de réclamer à notre direction le paiement intégral de notre salaire du mois de Mai.

Notre nouvel employeur 12S qui aurait acheté DEFENDER au 1er Mai 2009 dans des conditions obscures, n’a pas les moyens de gérer plus de 80 salariés et de payer les salaires.

Force est de constater aujourd’hui, qu’ils sont tous pareils, prêts à vendre au moindre coût les salariés que nous sommes en faisant fi du Code du Travail et des institutions de l’état.

Nous en avons marre de nous faire "bananer" par des employeurs successifs, qui ne respectent rien et qui ne pensent qu’à s’en mettre plein les poches grâce à la SNCF alors que les salariés qui se lèvent l’esprit au travail, doivent se battre pour obtenir leur salaire.

La SNCF joue à la politique de l’autruche, alors que c’est bien elle qui est responsable de cette situation, en retenant lors des appels d’offre, des sociétés à bas coûts et sans scrupules, sans prendre la peine de s’assurer de la pérennité financière et sociale des sociétés retenues et ce malgré avoir signé des engagements pour une charte de bonne conduite.

La SNCF conformément aux articles L.8232-1 et suivants du Code du Travail, doit se substituer à notre patron, pour que nos salaires soient enfin payés.

Nous avons tous des familles à nourrir et des crédits à payer.

Il faut à l’avenir que la SNCF prenne conscience de ses erreurs et que lors des prochains appels d’offres, elle soit plus regardante sur les garanties financières et sociales, que doit avoir la société repreneuse des marchés.

en l’espace de deux ans et par des tours de passe-passe financiers, de rachat au dépôts de bilan bidon, les 4 sociétés de sécurité, qui ont repris successivement le marché de la Gare Saint-Charles, ont toutes reçue la bénédiction de la SNCF, malgré nos indignations et mécontentements.

Trop c’est trop, nous ne sommes plus disposés à subir la politique financière des sociétés de sécurité, même si certains individus sont disposés à vouloir nous exploiter.

Fini l’esclavage et l’exploitation.

Le travail ne reprendra pas, tant que la totalité de nos salaires y compris le reliquat des heures supplémentaires nous soient payés, et que toutes nos revendications qui n’ont jamais été prises en compte par le passé et ce malgré des grèves successives et des accords de fin de conflits signés, qui ne sont pas appliqués et respectés.

Pour rappel nous avions réclamé :

1) La mise en place des institutions représentatives (CE, DP, CHSCT)et la reconnaissance du rôle des délégués syndicaux

2)Le maintien pour tous de la prime de qualité fixée à 25 euros net par mois

3)Le paiement des heures supplémentaires, conformément au Code du Travail et non en heures complémentaires

4)Des tenues de travail adaptées et en nombre suffisantes pour permettre une hygiène corporelle décente

5)La revalorisation des coefficients du 120 au 130

6) une prime de transport fixée à 4 euros par vacation, quelque oient le nombre d’heures effectuées ou le remboursement intégral de la carte mensuelle RTM qui utilise les transports en communs

7) paiement de la prime d’ancienneté conformément à notre CCN

8) un organigramme précis sur les dirigeants et responsables de la société 12S et des explications sur les conditions de la vente de la Sté DEFENDER

9 Reprise point par point des revendication demandées en inter syndicale par courrier le 22.01.09

Si toutes ces revendications ne sont pas réglées une bonne fois pour toutes, nous somme déterminés à poursuivre pour une durée indéterminée ce mouvement de grève.

fait à Marseille le 11 juin 2009.

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Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

@ Nguyen machin chose : Tu comptes nous copier/coller ton truc sur tous les threads?

@ Greg : tu pourrais mettre un peu de gras dans tes citations de texte géant ? "Faites ce que je dis, pas ce que je fais wink"

Lolita, light of my life, fire of my loins. My sin, my soul. Lo-lee-ta: the tip of the tongue taking a trip of three steps down the palate to tap, at three, on the teeth. Lo. Lee. Ta

127

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

??????

Non, c'est pas moi Lieng-ngyuen-chsais pas quoi.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

128

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Je sais bien ! Mais juste au-dessus tu as mis deux trèèès long textes....

Lolita, light of my life, fire of my loins. My sin, my soul. Lo-lee-ta: the tip of the tongue taking a trip of three steps down the palate to tap, at three, on the teeth. Lo. Lee. Ta

129

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Et bien alors rassurez vous je vais vous mettre un texte plus court,
Et avec des paragraphes en  gras !

____

Thème de dissertation, croyez vous souhaitable le contrôle des entreprises par les salariés ?

a) Peut-il y avoir un contrôle souhaitable par les salariés de l'entreprise elle-même?

On court alors le risque comme en Yougoslavie de voir le capitalisme se recréer mais non plus individu contre individu mais usine contre usine.

Selon Attac, il faut faire correspondre à chaque entreprise
non patronale , un "Conseil" en dehors d'elle,  comprenant des représentants de cette usine mais aussi des représentants des fournisseurs et des représentants des sous-traitants, en demandant à chaque entreprise non patronale de respecter l'avis de ce "Conseil" hors d'elle même.

b) Est-il souhaitable d'établir un contrôle par l'état ou par un parti?

Tout le monde pense alors à la dérive soviétique.Comment éviter que des apparatchiks au départ animés des meilleurs intentions du monde, ne se transforment en ce qu'a été la "nomenklatura" soviétique, tenant son peuple en esclavage, s'ils ne vivent pas le quotidien des salariés?
____________________________________
La seule réponse positive que je puisse vous donner est l'exemple des SCOP, ces entreprises reprises par leurs salariés souvent après le départ d'un patron "voyou" vers des pays à bas salaires.

On peut aussi vous parler des AMAP, associations regroupant directement consommateurs et producteurs, pour court-circuiter la grande distribution et en général permettant de s'en sortir à des agriculteurs en difficulté comme à des consommateurs très modestes.

Ces SCOP ne sont pas des abstractions, les deux SCOP les plus connus en ce moment sont :


1)la CEPAM, entreprise de bâtiment, appartenant au groupe ERLEBE, liquidation judiciaire en juillet 2008, 135 000 euros de dettes, grâce à l’aide de la Région et de son SCOP reprise par 66 salariés ayant versé chacun entre 1 000 euros et 2000 euros.

2)l'Entreprise GENTIL, transport, appartenant au groupe GEODIS, liquidation judiciaire en 2007, grâce à l’aide de la région et de son SCOP reprise par 77 salariés, effectifs passé le 1er décembre 2008 à 165 salariés, parmi les 88 arrivants une partie associés une partie salariés.

Ils sont bels et bien réels et montrent que l'économie solidaire et sociale n'est pas une vue de l'esprit.

Les SCOP peuvent recevoir l'appui de collectivités territoriales (conseils régionaux, conseils généraux, communautés de commune, ou communes), et cela bien sûr les rends moins vulnérables aux fluctuations du marché, leur permet d'accéder plus facilement au crédit, c'est à dire à l'investissement productif.

Groupe Attac Sud 06 75 70 72 00

130

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Greg a écrit:

Je ne crois pas que le PS puisse être accusé de faire une campagne uniquement franco-française.

D'abord il est un des rares partis à avoir un programme européen commun, le manifesto, qui est, si on se donne un peu la peine de le lire (du moins de le parcourir) un bon programme visant à faire avancer l'Europe politique et sociale, ainsi que l'Europe de la défense.

Nous voulons une croissance verte, nous voulons un plan de relance européen (car c'est à cette échelle qu'elle est la plus efficace) qui s'appuie à la fois sur des fonds structurels et sur les nouvelles technologies, environnementales entre autres. 

Après, il est clair qu'il y a des enjeux nationaux dus à la situation politique quelque peu inédite en France, que l'on ne peut pas évacuer comme cela au prétexte qu'il s'agisse d'un vote européen. La vie politique nationale suit son cours, et il y a clairement des centaines de raisons de protester sur le plan nationale.

En outre, ne nous leurrons pas, le PS n'est pas responsable du caractère lointain, distant, complexe (c'est un euphémisme quand je repense aux 3 ou 4 000 pages avalées l'année dernières pour maîtriser mon droit européen), technique, de l'Union européenne. Quand on voit par ailleurs que les amendements du Parlement européen peuvent être supprimés d'un trait de plume par le Conseil, être pris par des "doutes" sur le véritable pouvoir du PE n'est pas si incompréhensible.

Le PS ne sera pas responsable de l'abstention plus qu'une autre formation politique, même si on ne peut pas se le cacher, les candidats de la liste sont peu actifs et se contentent d'une campagne interne au parti socialiste, dans l'attente que les militants se bougent pour eux, et le clip de campagne est franchement pas enthousiasmant.

Reste que le programme est là, et de plus, le traitement médiatique sur l'ump et le ps se fait un peu à l'avantage de la première formation. Sans parler de ce clip "officiel", qui est un monument de détournement de fonds publics à l'avantage d'un parti et particulièrement du Président. D'ailleurs on se demande bien ce que la référence au G20 vient faire là (quel rapport avec l'UE ?).

Enfin...

Pas étonnant que le PS est en train de crevé avec de tels dénis de la réalité.

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Fabbb a écrit:

Pas étonnant que le PS est en train de crevé avec de tels dénis de la réalité.

PAN !

"Je sens en deux parti[e]s mon esprit divisé." (Pierre Corneille, Le Cid)
"Et en deux sous-parties" (Richard Descoings)

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Greg a écrit:

Je suis très réservé sur ces primaires ouvertes.

C'est une façon de saborder le parti socialiste.
Ce n'est pas bien compliqué de s'inscrire au PS pour désigner son candidat favori si on le souhaite. Beaucoup de gens s'étaient inscrits pour la dernière primaire.

En revanche, des solutions pour permettre aux verts, au PDG, aux PRG et MRC, de voter me parassent plus légitimes. Permettre aux gens de droite de voter, à la manière d'un caucus (cocus ?) pour désigner le plus mauvais candidat, ça me paraît n'importe quoi.

Je ne suis pas du tout d'accord avec tout ça. Le PS est en perte de vitesse parce que bien au delà de ses partisans, il n'arrive plus à susciter l'intérêt des citoyens. Les associer à son renouveau par une primaire ouverte peut être un moyen de recréer un engouement pour ce parti, en se débarrassant un temps des vieilles mécaniques d'appareil qui font sourire le soir au JT.

Quant à la partie sur les "gens de droite', je te trouve bien méprisant. On ne pourrait pas imaginer que des citoyens responsables (oui oui même de droite) décident de choisir la personne la plus compétente, quelque soit le camps, pour gouverner notre pays ?
Même si les modèles européens diffèrent grandement du modèle américain, je ne suis pas certain que la primaire ouverte soit l'ennemie du débat d'idée, et puis franchement au vu de la situation actuelle du PS, je pense que le mode d'engagement des militants est à revoir, sous peine de se viander encore plus méchamment à la prochaine.

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

"Un terroriste ne mérite pas de mourir. Il mérite de vivre l'enfer. A perpétuité. Et seule la déchéance de la nationalité le permet." Greg

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Barney a écrit:

Quant à la partie sur les "gens de droite', je te trouve bien méprisant. On ne pourrait pas imaginer que des citoyens responsables (oui oui même de droite) décident de choisir la personne la plus compétente, quelque soit le camps, pour gouverner notre pays ?

Non on peut pas, parce qu'on est en démocratie et qu'on choisit les gens parce qu'on approuve ce qu'ils veulent. La compétence ça joue entre les candidats, certes ça peut être un critère, mais c'est pas le seul. Parce que si c'est juste sur la gueule du CV et sur la compétence qu'on choisit les gens, autant faire un simple tirage au sort parmi une série de promos de l'ENA.

Et si à l'issue de ces magnifiques primaires il s'avérait que l'UMP se voit imposé comme candidat une personne qui ne plait pas du tout à ses militants, le candidat/la candidate en question va la faire avec l'appui de qui sa campagne ? des électeurs du camp adverse qui l'ont désigné peut-être ? Par exemple Greg qui dans le cas de telles primaires irait voter pour Rachida Dati comme candidate de l'UMP rien que pour faire gagner le PS, il ira pas faire campagne pour la personne pour qui il a voté.

Et pour le Modem, va falloir s'inscrire comme "electeur centriste" ? Et si les militants du Nouveau Centre ils veulent soutenir Sarkozy mais que l'électorat leur impose de présenter Morin tiens ?

Ces primaires ouvertes, c'est le meilleur moyen de flinguer les partis, et d'avoir un régime avec le chef et directement les citoyens. Le délire bonapartiste recyclé par les gaullistes. Et même des socialistes défendent un truc pareil, c'est sciant.

Last edited by Elessar (25-06-2009 19:42:35)

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Elessar a écrit:
Barney a écrit:

Quant à la partie sur les "gens de droite', je te trouve bien méprisant. On ne pourrait pas imaginer que des citoyens responsables (oui oui même de droite) décident de choisir la personne la plus compétente, quelque soit le camps, pour gouverner notre pays ?

Non on peut pas, parce qu'on est en démocratie et qu'on choisit les gens parce qu'on approuve ce qu'ils veulent. La compétence ça joue entre les candidats, certes ça peut être un critère, mais c'est pas le seul. Parce que si c'est juste sur la gueule du CV et sur la compétence qu'on choisit les gens, autant faire un simple tirage au sort parmi une série de promos de l'ENA.

Je me suis mal exprimé, je veux juste dire qu'un socialiste aura des préférences de candidats de droite, sans que ce soit le plus mauvais pour que son parti gagne.

Et si à l'issue de ces magnifiques primaires il s'avérait que l'UMP se voit imposé comme candidat une personne qui ne plait pas du tout à ses militants, le candidat/la candidate en question va la faire avec l'appui de qui sa campagne ? des électeurs du camp adverse qui l'ont désigné peut-être ? Par exemple Greg qui dans le cas de telles primaires irait voter pour Rachida Dati comme candidate de l'UMP rien que pour faire gagner le PS, il ira pas faire campagne pour la personne pour qui il a voté.

C'est justement cette logique que je ne comprend pas, et je ne suis vraiment pas sûr que les personnes prenant la peine d'aller voter auraient ce comportement, quel que soit leur camp/idéologie.

Et pour le Modem, va falloir s'inscrire comme "electeur centriste" ? Et si les militants du Nouveau Centre ils veulent soutenir Sarkozy mais que l'électorat leur impose de présenter Morin tiens ?

Chaque parti est bien libre d'appliquer ces primaires ou pas. Tu changes complètement le cadre d'application, il est évident que pour un petit parti qui ne représente pas la structure bipolaire de la vie politique la pertinence est moindre.

Ces primaires ouvertes, c'est le meilleur moyen de flinguer les partis, et d'avoir un régime avec le chef et directement les citoyens. Le délire bonapartiste recyclé par les gaullistes. Et même des socialistes défendent un truc pareil, c'est sciant.

Oui, enfin bon on peut peut être arrêter l'hypocrisie qui consiste à lutter contre la personnalisation du pouvoir, alors qu'elle est déjà totale. Dans l'esprit des gens c'est bien UMP = Sarkozy, Modem = Bayrou, NPA = Besancenot et PS = La merde. L'élection au scrutin universel direct du Président donne déjà cet effet, et j'ai du mal à penser, vu la situation actuelle, qu'il puisse vraiment être exacerbé.
On pourrait sinon penser à une facilitation des mécanismes d'adhésions au PS, mais ça n'enthousiasme pas vraiment ceux qui se considèrent "vrais" militants. Et puis il faudrait arrêter la parano de "la droite va venir nous flinguer notre candidat dans NOTRE parti" : déjà personne n'ira voter ou presque, parce que tout le monde s'en branle du PS ; ensuite les dirigeants de droite ne seront pas assez cons pour donner des consignes de vote et flinguer leur image.

Last edited by Barney (25-06-2009 20:05:27)

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

"Un terroriste ne mérite pas de mourir. Il mérite de vivre l'enfer. A perpétuité. Et seule la déchéance de la nationalité le permet." Greg

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Barney a écrit:

Je me suis mal exprimé, je veux juste dire qu'un socialiste aura des préférences de candidats de droite, sans que ce soit le plus mauvais pour que son parti gagne.

Penses-tu que la naiveté, la bonté et (au sens politique du terme) la connerie sont répandues à ce point ?


Barney a écrit:

Chaque parti est bien libre d'appliquer ces primaires ou pas. Tu changes complètement le cadre d'application, il est évident que pour un petit parti qui ne représente pas la structure bipolaire de la vie politique la pertinence est moindre.

Ah bon ? Donc certains partis vont utiliser les moyens de l'Etat (listes électorales and co) et d'autres pas pour faire campagne ? Ca peut être intéressant comme campagne au niveau de l'égalité des moyens.

Barney a écrit:

Oui, enfin bon on peut peut être arrêter l'hypocrisie qui consiste à lutter contre la personnalisation du pouvoir, alors qu'elle est déjà totale. Dans l'esprit des gens c'est bien UMP = Sarkozy, Modem = Bayrou, NPA = Besancenot et PS = La merde. L'élection au scrutin universel direct du Président donne déjà cet effet, et j'ai du mal à penser, vu la situation actuelle, qu'il puisse vraiment être exacerbé.

Alors dans ce cas à quoi ça sert tes primaires ? Si on a déjà les chefs, faut juste que le PS s'en trouve un si il veut espérer gagner dans le système de la Ve.

136

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Ségolène Royal s'illustre encore par son attitude stupide, matinée de fausse moraline, qui évolue vers une censure injustifiable, vu que la chanson qui a posé des problèmes à Orelsan n'est pas programmé, et qu'il a décidé de ne plus la jouer.

Francofolies: Orelsan juge "aberrant" de "déprogrammer un concert qu'on n'a pas vu"

il y a 1 heure

PARIS (AFP) — Le rappeur Orelsan, déprogrammé des Francofolies de La Rochelle, a jugé "vraiment aberrant", de "déprogrammer un concert qu'on n'a pas vu" et a exprimé le souhait de rencontrer le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, dans une interview diffusée lundi sur Europe 1.

"Quand on étudie l'affaire de A à Z et qu'on voit tous les faits, on voit vraiment qu'il y a des pressions, que la déprogrammation n'est pas justifiée. Les personnes qui déprogramment mon concert ou qui mettent des pressions sur les organisateurs n'ont pas vu le concert", a déclaré le rappeur qui fait l'objet d'une polémique pour une chanson, "Sale pute", dans laquelle des associations ont vu une apologie de la violence envers les femmes. "Déprogrammer un concert qu'on n'a pas vu, je trouve ça vraiment aberrant", a-t-il ajouté.

Orelsan aurait dû se produire mardi aux Francofolies.

Interrogé sur la position de la présidente PS de la région Poitou-Charentes, Ségolène Royal, qui s'était réjouie début juillet de sa déprogrammation et avait expliqué au journal Sud Ouest avoir demandé des "clarifications" au festival sur la présence de l'artiste, Orelsan a déclaré que "bien sûr" il aimerait la rencontrer. Mais "ce n'est pas Ségolène Royal qui arrangera mon cas. J'aimerais peut-être mieux rencontrer Frédéric Mitterrand qui, lui, est chargé de ça", a-t-il ajouté.

"J'aimerais montrer que les gens qui me déprogramment me font passer pour quelque chose que je ne suis pas et ne connaissent pas le fond du sujet", a encore déclaré le rappeur.

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Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Aubry met en demeure Valls de taire ses critiques ou de quitter le PS

il y a 1 heure

PARIS (AFP) — La première secrétaire du Parti socialiste Martine Aubry a sommé le député de l'Essonne Manuel Valls de cesser ses critiques à l'encontre du parti, sans quoi elle lui demande de quitter le PS, dans un courrier dont une copie a été transmise mercredi à l'AFP.

"Mon cher Manuel, s'il s'agit pour toi de tirer la sonnette d'alarme par rapport à un parti auquel tu tiens, alors tu dois cesser ces propos publics et apporter en notre sein tes idées et ton engagement", écrit Martine Aubry dans cette lettre rendue publique par Le Parisien/Aujourd'hui en France.

"Si les propos que tu exprimes reflètent profondément ta pensée, alors tu dois en tirer pleinement les conséquences et quitter le Parti socialiste", poursuit-elle.

Manuel Valls, candidat déclaré à d'éventuelles primaires au PS pour la présidentielle de 2012, multiplie les critiques à l'encontre du mouvement.

"Il n'y a pas un jour, mon cher Manuel, où tu n'expliques aux médias que notre parti est en crise profonde, qu'il va disparaître et qu'il ne mérite pas de se redresser. Paradoxalement, tu t'appuies sur nos règles collectives pour appeler à +l'insurrection militante+", lui reproche notamment Martine Aubry.

"S'engager dans un parti, c'est un acte d'adhésion à des valeurs et des pratiques communes, mais c'est aussi - qui plus est dans un parti démocratique comme le nôtre -, accepter de débattre en son sein, d'y apporter ses idées et ses réflexions, et lorsque la décision est prise de la respecter et la porter dans l'opinion", écrit-elle.

"On ne peut utiliser un parti pour obtenir des mandats et des succès, en s'appuyant sur la force et la légitimité d'une organisation collective, et s'en affranchir pour exister dans les médias à des fins de promotion personnelle", poursuit encore la première secrétaire du PS.

Au terme du courrier, dans lequel elle se livre aussi à la défense de son action depuis son arrivée à la tête du PS à la fin 2008, Martine Aubry adresse à Manuel Valls une mise en demeure particulièrement claire: "c'est un moment de vérité. Je te demande de me faire part de ton choix dans les jours qui viennent, et d'en assumer toutes les conséquences pour l'avenir".

138

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Martine Aubry a, de mon point de vue, parfaitement raison.

Ceux qui, depuis 9 mois, passent leur temps à surfer sur un dénigrement systématique et le plus souvent mensonger du PS, en prétendant vouloir le changer, alors qu'ils le détruisent et rendent impossible toute dynamique collective, tout esprit d'équipe, dans une stratégie de communication individuelle déconnectée de toute forme de validation par les AUTORITES LEGITIMES ET ELUES du PS, doivent à mon sens mener leur stratégie individuelle à l'extérieur du parti.

Une simple et bonne raison justifie cela : le temps de parole est compté. Je suis outré à chaque fois que je vois que des personnes qui ne reflètent aucunement quelconque majorité interne "avaler" notre temps de parole médiatique non seulement pour se promouvoir, mais qui plus est pour se promouvoir au détriment même du PS.

Il faut clore le temps où un certain nombre de personnes se croient tout permis au PS. Et Valls, comme un certain nombre d'autres, ont usé et abusé de cette liberté démocratique intrinsèque aux valeurs du PS. 

Ce que dit M. Aubry sur le fait qu'il faille "servir" et non pas "se servir" du PS est parfaitement légitime et approprié à la situation.

Elle a eu le mérite de dire en face et tout haut ce qu'énormément de militants socialistes pensent tout bas.

Je pense que l'ensemble des déclarations de M. Valls devrait entrainer une procédure démocratique de sanction au Conseil National. De même qu'il devrait s'expliquer sur sa participation au groupe Bilderberg.

C'est le seul moyen que le PS redevienne uni autour de son socle de valeurs et de projets, et ne se laisse pas métastaser par de très dangereuses tactiques électorales individualistes et auto-destructrices.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Greg a écrit:

Elle a eu le mérite de dire en face et tout haut ce qu'énormément de militants socialistes pensent tout bas.

L'argument de la majorité silencieuse est indigne de toi.

A part ça, http://tinyurl.com/lthmpn

Last edited by Broz (16-07-2009 14:47:02)

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Greg a écrit:

Martine Aubry a, de mon point de vue, parfaitement raison.

Ceux qui (...)rendent impossible toute dynamique collective, tout esprit d'équipe, dans une stratégie de communication individuelle déconnectée de toute forme de validation par les AUTORITES LEGITIMES ET ELUES du PS, doivent à mon sens mener leur stratégie individuelle à l'extérieur du parti.

Tu parles de toutes les fois où Ségolène Royal a fait cavalier seul, s'exprimant en son nom propre ou au nom de désirs d'avenir?

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

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Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Broz a écrit:
Greg a écrit:

Elle a eu le mérite de dire en face et tout haut ce qu'énormément de militants socialistes pensent tout bas.

L'argument de la majorité silencieuse est indigne de toi.

A part ça, http://tinyurl.com/lthmpn

Bof, deux ou trois caciques ségoliens montés en épingle par le journal.

sabaidee, je suis tout à fait d'accord avec ce que tu viens de dire. Cette tactique de jouer le PS contre le PS, doublé d'une victimisation "marketing" a été inventée par et pour la stratégie de la personne dont tu parles.

Enfin je vais copier une déclaration d'Hammadi, avec laquelle je suis d'accord à 200%.

Hammadi (PS): Valls "ne pèse pas 1% des militants"

il y a 1 heure

PARIS — Razzy Hammadi, secrétaire national du PS aux services publics, a estimé jeudi que Manuel Valls, sommé de rentrer dans le rang ou de quitter le parti par Martine Aubry "ne pes(ait) pas 1% des militants mais occup(ait) 90% du temps d'expression politique de l'opposition".

"Manuel Valls, il ne pèse pas 1% des militants et occupe, contre notre gré et contre nous, 90% du temps d'expression politique de l'opposition", a dit à l'AFP, ce proche de Benoît Hamon.

"Il y a un vrai ras-le-bol des militants. Au delà des commentaires des caciques, il faut aussi entendre la voix du smicard qui colle des affiches et distribue des tracts et qui, après une journée entière de militantisme, rentre chez lui et voit à la télé Manuel Valls, membre du Bureau national du parti, cracher sur son camp", a poursuivi M. Hammadi.

"S'il a un problème avec le poing et la rose, il faut qu'il soit cohérent avec (ces symboles) et qu'en conséquence, il ne réclame pas le poing et la rose, dont il veut d'ailleurs se débarrasser, pour son investiture".

"Au-delà du simple cas Valls qui aurait pu, peut-être, être traité (...) avec plus de préparation et d'échanges y compris dans nos cadres collectifs, notre souci est d'avoir des gens qui ne doivent ce qu'ils sont qu'aux investitures du Parti socialiste", dit M. Hammadi.

"Sans cela, ils ne sont rien. Ils n'ont jamais travaillé de leur vie et à part recevoir du parti, on attend toujours de savoir ce qu'ils lui ont apporté", a-t-il assuré.

"Moins que l'exclusion qui pourrait être instrumentalisée et faire de lui une victime, le vrai sujet est l'investiture. Le parti investit des gens qui défendent ses valeurs, ses principes, ses idées", a dit M. Hammadi. "La procédure disciplinaire est un peu courte pour répondre à un problème politique", a-t-il affirmé.

Le député de l'Essonne Manuel Valls a réaffirmé jeudi qu'il ne quitterait pas le Parti socialiste, soulignant que ce dernier n'avait "jamais exclu quelqu'un pour délit d'opinion".

"Tout cela n'a aucun sens, d'ailleurs le Parti socialiste n'a jamais exclu quelqu'un pour délit d'opinion", a déclaré sur Europe 1 M. Valls, à propos de la lettre en forme d'ultimatum de la première secrétaire lui demandant de rentrer dans le rang ou de quitter le parti.

Martine Aubry "est une femme déterminée et libre mais à l'évidence, elle n'a pas pris la bonne décision", a-t-il ajouté.

J'ajouterais qu'il n'est aucunement reproché à Valls et à certains corelégionnaires un "délit d'opinion", mais bien le sentiment d'une sorte de trahison permanente ddu suffrage et des militants qui construisent un PS qui marche et qui produit, par des personnes qui se sont octroyées un accès privilégié aux médias, au moyen duquel il détruisent au quotidien tout le travail des autres, et réduisent le temps de parole "concerté" de l'opposition.

Et je crois que c'est une excellente chose, la plus excellente chose de ces quelques dernières années qu'enfin,  au PS, une AU-TO-RI-TE rappelle son existence et les règles communes, tape un peu du poing sur la table pour dire "chacun à sa place, dans le respect des statuts et du vote démocratique interne du Congrès".

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Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Je crois surtout que ce qui manque au PS, c'est un (ou une, je m'en fous) leader "charismatique" (pas Hollande, hein !) et des idées.

Toute cette pub autour de Valls ne fait que vous desservir encore plus. Travailler sur un projet fort et ignorer ce guignol serait une idée plus pertinente

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

143

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Des valeurs, des idées, un projet, on en a et on en aura un en 2012, mais comment le construire lorsqu'un courant a décidé, quoi que fasse le PS, de pilonner ses confrères et "camarades" pour sa propre com' ?

Il y a une étape nécessaire, qui est celle de reprendre le PS, sa communication, son accès aux médias, son projet en main par une autorité LEGITIME.

En bref il faut que l'on mette un terme au jeu de certains qui font "ce qu'ils veulent", au mépris du collectif démocratique, quitte à en passer par une étape douloureuse.

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Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

On devrait mettre tous les dirigeants du PS dans une arène et les laisser s'entretuer, et celui qui restera sera considéré comme l'autorité légitime.

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Greg a écrit:

Rappelons tout de même que 70% des votants au dernier Congrès ont voté pour la majorité Aubry-Delanoé-Hamon.

?
Aubry n'a-t-elle pas été élue de justesse face à Ségolène ?

146

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Oui, sur le vote des personnes, mais je parlais du vote des motions.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Ce que dit Hammadi est tellement idiot...

1-90% du temps de parole du PS pour Valls ? lol.

Et même si c'était vrai :

2-depuis quand le temps de parole des leaders d'un parti est fonction de son poids dans ce parti ?

3-A en parler, Hammadi accentue le poids de Valls. Du coup ce qui est faux quand il le dit (les trois-quarts des Français ne connaissent même pas Valls) peut éventuellement devenir vrai, puisqu'au fur et à mesure que la polémique va enfler, Valls sera identifié, et par là même, des gens vont forcément s'identifier à son discours.

En conclusion, ce parti est quand même formidable. On se demande jusqu'où il va falloir qu'il s'enfonce pour réagir...

"It's better to burn out than to fade away".
Joseph Goebbels ou Neil Young ?

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Greg a écrit:

Des valeurs, des idées, un projet, on en a et on en aura un en 2012, mais comment le construire lorsqu'un courant a décidé, quoi que fasse le PS, de pilonner ses confrères et "camarades" pour sa propre com' ?

Des idées, un projet? Je ne parle même pas du fait qu'il soient audibles ou non (ce n'est évidemment le cas) mais pour prendre quelques exemples concrets:
- quelle sont la position et les propositions du PS sur la réforme des retraites, au-delà du traditionnel "élargir la proportion des actifs" ou du refus de l'augmentation de l'âge du départ (question certes biaisée, puisque c'est bien plutôt le nombre d'annuité qui est en jeu: plus on étudie, plus on devrait partir tard à la retraite pour schématiser). Quid ainsi des travaux de Piketty sur la création de comptes retraite individualisés?
- de même pour l'enseignement supérieur, l'autonomie des universités, l'organisation de la recherche? Conserve-t-on le système actuel, le modifie-t-on à la marge, est-ce que l'on conserve ce qui fonctionne plutôt bien en réformant le reste...
- sur le plan économique, au lieu de s'en tenir à une critique bas-du-front du projet "d'emprunt national" sous prétexte qu'il accroît les déficits (alors que le PS prônait une relance plus massive il ya quelques mois encore, cherchez la cohérence) en se posant en gardien des déficits...il serait préférable de discuter par exemple l'idée lancer par quelques-uns (Mathieu Pigasse et Gilles Finchelstein entres autres) d'un "emprunt européen"...qui fleure moins la Belle Epoque...

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Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Surfin'USA a écrit:

Ce que dit Hammadi est tellement idiot...

1-90% du temps de parole du PS pour Valls ? lol.

90% est surement un peu exagéré. La communication individuelle de M. Valls doit bien accaparer 30-40% du temps du PS en ce moment. Et si l'on cumule le temps capté par les ségolistes dans les médias, on s'approche bien de 60-70%

Surfin'USA a écrit:

Et même si c'était vrai :

2-depuis quand le temps de parole des leaders d'un parti est fonction de son poids dans ce parti ?

Depuis toujours (particulièrement pour l'ump qui verrouille totalement l'accès aux médias et le limite à des personnes bien déterminées), et le PS est le seul à laisser s'exprimer chacun librement. On en voit aujourd'hui les dérives.

Surfin'USA a écrit:

3-A en parler, Hammadi accentue le poids de Valls. Du coup ce qui est faux quand il le dit (les trois-quarts des Français ne connaissent même pas Valls) peut éventuellement devenir vrai, puisqu'au fur et à mesure que la polémique va enfler, Valls sera identifié, et par là même, des gens vont forcément s'identifier à son discours.

Oui enfin, à raisonner tout le temps comme ça, on laisse faire n'importe quoi. Il y a un moment où il faut taper du poing sur la table, que l'on montre qu'il y a du répondant, et ne pas laisser s'installer l'idée que tout est permis, même de frapper en permanence sur l'organisation qui vous porte. Ce moment est venu.

Surfin'USA a écrit:

En conclusion, ce parti est quand même formidable. On se demande jusqu'où il va falloir qu'il s'enfonce pour réagir...

Je crois qu'en l'occurence, c'est justement l'objet de cette missive de Martine Aubry. Réagir pour faire cesser les divisions, faire cesser les stratégie de com' individuelles qui se font au détriment de l'organisation collective.



Jalabar Xho a écrit:
Greg a écrit:

Des valeurs, des idées, un projet, on en a et on en aura un en 2012, mais comment le construire lorsqu'un courant a décidé, quoi que fasse le PS, de pilonner ses confrères et "camarades" pour sa propre com' ?

Des idées, un projet? Je ne parle même pas du fait qu'il soient audibles ou non (ce n'est évidemment le cas) mais pour prendre quelques exemples concrets:
- quelle sont la position et les propositions du PS sur la réforme des retraites, au-delà du traditionnel "élargir la proportion des actifs" ou du refus de l'augmentation de l'âge du départ (question certes biaisée, puisque c'est bien plutôt le nombre d'annuité qui est en jeu: plus on étudie, plus on devrait partir tard à la retraite pour schématiser). Quid ainsi des travaux de Piketty sur la création de comptes retraite individualisés?

La réforme des retraites était dans le projet de Lionel Jospin. Il n'a pas su faire entendre ses propositions.

La position du PS est claire :
- il faut des recettes supplémentaires, progressives, pour financer les retraites ; nous avions proposé la fusion de l'IRPP et de la CSG, dans un impôt progressif.
- En outre, une contribution sur la valeur ajoutée destinée à financer les déficits des retraites avaiet été proposée.
- Le fond de réserves des retraites devait être abondé, et il ne l'a plus été ou très peu depuis 2002.
- Enfin, l'allongement de la durée de cotisation n'est pas un tabou, du moment qu'il est progressif et qu'il tient compte de la pénibilité, ce qui n'a jamais, ou très peu été le cas. 


Jalabar Xho a écrit:

- de même pour l'enseignement supérieur, l'autonomie des universités, l'organisation de la recherche? Conserve-t-on le système actuel, le modifie-t-on à la marge, est-ce que l'on conserve ce qui fonctionne plutôt bien en réformant le reste...

L'autonomie des universités a été inaugurée dans les années 80 par la gauche. Mais autonomie n'équivaut pas à laisser tomber les universités !

En ce qui me concerne, j'ai toujours soutenu les réformes de Richard Descoings à Sciences Po, et j'ai depuis des années proposé qu'une contribution progressive soit étendu à l'ensemble des universités, avec un fond de péréquation des moyens supplémentaires ainsi dégagés afin qu'aucune université ne soit laissée pour compte. J'avais écrit à ce sujet sur le tout premier forum officiel de Sciences Po, c'est dire. On me disait "usine à gaz", ce qui n'est pas faux, mais c'est objectivement la seule façon de trouver les financements là où ils se trouvent, de façon équitable, et justement répartie.

Par ailleurs, concernant la recherche, il faut la valoriser FINANCIEREMENT beaucoup plus qu'elle ne l'est. Les chercheurs sont les moteurs de la croissance de demain. A les mépriser comme on le fait depuis des années, on saborde notre économie future. Cela signifie : hausse drastique de leurs salaires, et hausse de leurs budgets de recherche. Démultiplication des secteurs de recherche de pointe, et des recherches en matière d'environnement et de techologie propres.

J'écrivais dans mes 150 proposition pour la France en 2003, à une époque où le sujet n'était pas encore central, que nous devions développer un avantage comparatif dans les énergies propres. J'ai lu il y a à peine deux semaines dans je ne sais plus quel canard, que la France est "retard dans ce domaine", faute d'avoir eu l'intuition et la vision nécessaire au plus haut niveau pour se positionner convenablement au bon moment...

L'UE est à 1,8% de PIB investis dans la recherche. On est à près de 5% en Israel. Ca fait des années que l'on dit que ce doit redevenir la priorité des priorités. Or, cette part n'a fait que diminuer, tout simplement pour des raisons électorales (les chercheurs ne sont pas électeurs de droite). Il parait d'ailleurs, au dire du dernier canard, que Sarkozy souhaite aller à la conquête des "sachants".



Jalabar Xho a écrit:

- sur le plan économique, au lieu de s'en tenir à une critique bas-du-front du projet "d'emprunt national" sous prétexte qu'il accroît les déficits (alors que le PS prônait une relance plus massive il ya quelques mois encore, cherchez la cohérence) en se posant en gardien des déficits...il serait préférable de discuter par exemple l'idée lancer par quelques-uns (Mathieu Pigasse et Gilles Finchelstein entres autres) d'un "emprunt européen"...qui fleure moins la Belle Epoque...

Je te reproduis un post que j'ai écrit à propos de cet emprunt, qui dit exactement la même chose que toi.

Greg a écrit:

http://forum-scpo.com/forum-scpo/viewto … 43#p440443
Un emprunt au niveau européen, comme proposé dans le manifesto, aurait été beaucoup plus efficace économiquement, et par ailleurs beaucoup moins lourd à porter dans la mesure où l'UE n'est quasiment pas endettée.

Par ailleurs, on ne fait pas que "se poser" en gardien des déficits. Les socialistes ont montré, pendant la période Jospin, qu'ils savaient beaucoup mieux réduire la dette et maitriser les dépenses publiques que ce qui a été fait avant, et surtout après, et encore plus depuis 2007, où l'Etat s'endette de 1 milliard d'euros par jour, ce qui est du jamais vu.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Le Parti Socialiste vol III : opposition, propositions, programme et primaires présidentielles

Merci de prendre le temps de me répondre longuement, mais j'en reste d'autant plus sur ma faim:
- sur les retraites tu me dis "Jospin" quand je te dis "alors, aujourd'hui?", les propositions avancées étaient de bon sens, sont-elles utilisées dans le débat sur la réforme (plutôt que la stérile critique du détricotage d'un acquis social)
- sur l'université, ta position est plutôt raisonnable, cependant, et au risque de te faire revenir sur terre, je ne pense pas que tes "150 propositions" constitue le programme du PS, à moins que j'ai omis ton rôle de bras droit d'Aubry?

Enfin tu te laisses clairement aveugler par un accès militant lorsque tu affirmes qu'Aubry représente 70% du PS et Royal 30, simplement parce que 3 motions fort hétéroclites (en leur propre sein et entre elles) ont décidé de s'allier bon gré mal gré (merci M. Cambadélis) contre la personne de Royal (et pas ses idées convenons-en). Or tu méprises complétement le vote des personnes, celle qui a vu un duel très serré (sur les conditions duquelles je ne me prononce pas) dans la désignation du SN. Tu fais preuve d'une affligeante mauvaise foi alors que le PS à besoin à tout prix d'un vrai leader (ce que ne me semblent pas être Royal ni AUbry), pas d'une troika de motions.