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Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

sabaidee a écrit:

Tu crois qu'à Bercy, ils n'aimeraient pas récupérer cet argent?

Bien sûr que si.

Quelles mesures préconises-tu?

Celles que viennent de prendre les USA: coopération banque et paradis fiscaux avec les Etats où l'évasion fiscale a lieu. Nous sommes sur la bonne voie puisque nous allons actuellement dans ce sens.

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Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

sabaidee a écrit:
Comparatif a écrit:

Et si je dis que la mise en place de mesures fiscales restreignant fortement l’évasion fiscale permettrait l’économie de montants suffisamment importants pour financer des mesures sociales.

Tu crois qu'à Bercy, ils n'aimeraient pas récupérer cet argent?

Quelles mesures préconises-tu?


Je ne sais plus si c'est toi qui l'a écrit précédemment ou non mais je crois aussi que le problème majeur est que Bercy n'a aucune idée exacte de l'ensemble des niches fiscales et autres exemptions (aussi bien de toutes les aides distribuées). C'est une merveilleuse usine à gaz et ils s'arrachent les cheveux à la compta nat

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

Comparatif a écrit:
sabaidee a écrit:

Tu crois qu'à Bercy, ils n'aimeraient pas récupérer cet argent?

Bien sûr que si.

Quelles mesures préconises-tu?

Celles que viennent de prendre les USA: coopération banque et paradis fiscaux avec les Etats où l'évasion fiscale a lieu. Nous sommes sur la bonne voie puisque nous allons actuellement dans ce sens.

Mouais. D'une part, je ne suis pas sûr que la menace française de sanctions commerciales ait autant de poids que celle venue des Etats-Unis.

Et d'autre part, l'argent risque d'aller ailleurs. Le fort rebond du PIB singapourien de plus de 20 % en T/T serait dû entre autre à la très bonne santé du secteur financier et à l'afflux de fonds venus de pays spécialisés dans la gestion de fortune...

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

RPC a écrit:

Je ne sais plus si c'est toi qui l'a écrit précédemment ou non mais je crois aussi que le problème majeur est que Bercy n'a aucune idée exacte de l'ensemble des niches fiscales et autres exemptions (aussi bien de toutes les aides distribuées). C'est une merveilleuse usine à gaz et ils s'arrachent les cheveux à la compta nat

Exact. Et cela fait aussi que l'IR français est le plus coûteux à collecter de tous les pays industrialisés (source OCDE).

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

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Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

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Last edited by kimmy (15-10-2009 15:48:17)

Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

L'acharnement sur le secret bancaire suisse ne reglera pas grand chose à long terme. On s'attaque à un des pays les plus "friendly" diplomatiquement, et qui est le moins en mesure de tenir le bras de fer. La fuite des capitaux vers d'autres pays a déjà été évoquée pas mal de fois, mais concrètement on peut faire quoi si les gens décident d'aller foutre leur thune à Hong-Kong ? On va aller demander aux chinois de nous donner des noms sous peines de mesures de rétorsion ?

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

"Un terroriste ne mérite pas de mourir. Il mérite de vivre l'enfer. A perpétuité. Et seule la déchéance de la nationalité le permet." Greg

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Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

sabaidee a écrit:

Exact. Et cela fait aussi que l'IR français est le plus coûteux à collecter de tous les pays industrialisés (source OCDE).

Tiens je ne savais pas ça. Peut-être qu'un prélèvement à la source (par exemple sur les revenus salariés), comme le fait la majorité des autres pays, baisserait considérablement le coût ?

Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

Comparatif a écrit:
sabaidee a écrit:

Exact. Et cela fait aussi que l'IR français est le plus coûteux à collecter de tous les pays industrialisés (source OCDE).

Tiens je ne savais pas ça. Peut-être qu'un prélèvement à la source (par exemple sur les revenus salariés), comme le fait la majorité des autres pays, baisserait considérablement le coût ?

L'OCDE préconise:
* élargissement de l'assiette
* retenue à la source
* simplification des échelons
* fin des niches fiscales

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

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Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

kimmy a écrit:

Quand à toi, comparatif, si ce que tu dis est juste (oui, j'avais bien compris l'idée merci), tu sembles justement oublier que pour faire rentrer dans les caisses ces montants qui sont envoyés à l'étranger, ça coute de l'argent (coût de l'information) et que donc si le compromis était acceptable, ça aurait été fait depuis longtemps!!
or tu comparais bien une somme que l'état verserait réellement dans le cadre d'une mesure sociale à une somme que l'état récupérerait de manière hypothètique, à grand renfort de recherches coûteuses ...

J'ai comparé 10 Mards d'euros (coût du RSA) à 30 Mards (coût grossièrement estimé de la fraude fiscale). Aussi opaque que ce soit le système de l'évasion fiscale, on a une marge de 15-20 Mards pour la financer. Ce montant me semble amplement suffisant, non? ;-)

Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

Comparatif a écrit:
kimmy a écrit:

Quand à toi, comparatif, si ce que tu dis est juste (oui, j'avais bien compris l'idée merci), tu sembles justement oublier que pour faire rentrer dans les caisses ces montants qui sont envoyés à l'étranger, ça coute de l'argent (coût de l'information) et que donc si le compromis était acceptable, ça aurait été fait depuis longtemps!!
or tu comparais bien une somme que l'état verserait réellement dans le cadre d'une mesure sociale à une somme que l'état récupérerait de manière hypothètique, à grand renfort de recherches coûteuses ...

J'ai comparé 10 Mards d'euros (coût du RSA) à 30 Mards (coût grossièrement estimé de la fraude fiscale). Aussi opaque que ce soit le système de l'évasion fiscale, on a une marge de 15-20 Mards pour la financer. Ce montant me semble amplement suffisant, non? ;-)

Le problème c'est que tu veux financer quelque chose avec de l'argent "virtuel" car non récupéré.

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

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Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

sabaidee a écrit:

Le problème c'est que tu veux financer quelque chose avec de l'argent "virtuel" car non récupéré.

Cas classique d'un investissement, non? Coût élevé aujourd'hui mais gain plus élevé demain. A priori le ROE est positif.

112

Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

Tout à fait!
Et c'est bien là le problème: si c'était aussi simple, pourquoi cela n'a-t-il pas été fait avant?????

Les pays qui reçoivent ces fonds n'ont aucun intérêt à nous donner l'information.
On a 3000 noms et 30 Mds dehors (10M par tête ...):  à mon avis il en manque qq uns wink

ça se tassera et chacun vaquera à ses occupations sans déranger l'autre

Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

Comparatif a écrit:
sabaidee a écrit:

Le problème c'est que tu veux financer quelque chose avec de l'argent "virtuel" car non récupéré.

Cas classique d'un investissement, non? Coût élevé aujourd'hui mais gain plus élevé demain. A priori le ROE est positif.

Et si l'on ne récupère qu'un petit milliard: genre somme surestimée ou envoyée dans d'autres pays?

Cette somme serait peut être plus utile dans le désendettement de l'Etat selon moi.

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

Comparatif a écrit:
sabaidee a écrit:

Le problème c'est que tu veux financer quelque chose avec de l'argent "virtuel" car non récupéré.

Cas classique d'un investissement, non? Coût élevé aujourd'hui mais gain plus élevé demain. A priori le ROE est positif.

Pourquoi "gain plus élevé demain"?

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

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Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

sabaidee a écrit:

Pourquoi "gain plus élevé demain"?

Je n'ai pas fait d'actualisation de cashflows hein smile . J'ai juste raisonné sur les chiffres annoncés. Si, pour un coût de 5 Mards d'euros, l'Etat arrive à récupérer 20 Mards par an de la fraude de 30 Mards, il est déjà gagnant.

sabaidee a écrit:

Et si l'on ne récupère qu'un petit milliard: genre somme surestimée ou envoyée dans d'autres pays?

On serait perdant dans ce cas.

Cette somme serait peut être plus utile dans le désendettement de l'Etat selon moi.

Là c'est un autre débat.

Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

Comparatif a écrit:

Si, pour un coût de 5 Mards d'euros, l'Etat arrive à récupérer 20 Mards par an de la fraude de 30 Mards, il est déjà gagnant.

D'où tires-tu ce chiffre de 5 Mrds?

Etant donné que l'on ne sait même pas combien la fraude représente, où elle est, si les autorités locales seront coopératives... Tu t'avances beaucoup.

PS: ces 20 Mrds ne sont pas "annuels", je crois, ils représentent les "encours d'évasion fiscale" accumulés au fil du temps

Last edited by sabaidee (31-08-2009 17:00:48)

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

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Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

sabaidee a écrit:
Comparatif a écrit:
sabaidee a écrit:

Exact. Et cela fait aussi que l'IR français est le plus coûteux à collecter de tous les pays industrialisés (source OCDE).

Tiens je ne savais pas ça. Peut-être qu'un prélèvement à la source (par exemple sur les revenus salariés), comme le fait la majorité des autres pays, baisserait considérablement le coût ?

L'OCDE préconise:
* élargissement de l'assiette
* retenue à la source
* simplification des échelons
* fin des niches fiscales

et aussi améliorer le système de collecte, avec par exemple la fusion du Trésor et des Impôts

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

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Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

sabaidee a écrit:

D'où tires-tu ce chiffre de 5 Mrds?

Etant donné que l'on ne sait même pas combien la fraude représente, où elle est, si les autorités locales seront coopératives... Tu t'avances beaucoup.

C'était un raisonnement "au doigt mouillé". Effectivement ça ne nous avancera pas.


PS: ces 20 Mrds ne sont pas "annuels", je crois, ils représentent les "encours d'évasion fiscale" accumulés au fil du temps

Non, c'est bien le coût annuel.

Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

Enfin la fin du PIB comme indicateur phare pour la mise en place des politiques économiques? Peut-être bientôt un indicateur intégrant des notions de développement durable et équitable?

Quelle vie après le PIB ?

La plupart des économistes en sont convaincus, la notion de produit intérieur brut ne suffit plus à mesurer la performance économique.  Mais comment prendre en compte, outre la production de richesse, les inégalités sociales, la qualité de la vie, celle de l'environnement ? Le prix Nobel américain Joseph Stiglitz remet aujourd'hui à Nicolas Sarkozy son rapport sur le sujet.

La crise a prouvé que la croissance mesurée aux Etats-Unis était erronée. Les bénéfices n'étaient pas corrects, les investissements non plus. Tout était faux. » Fichtre ! Qui a trafiqué les chiffres ? Les gouvernements, les banquiers, les économistes ? Personne. Comme l'explique le prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz dans une interview accordée au magazine « Challenges », « il n'est pas facile de chiffrer la complexité de notre réalité, mais on peut trouver de bien meilleurs instruments de mesure que ceux du PIB ».

Voilà donc le coupable désigné : le fameux produit intérieur brut, alpha et oméga de notre mesure de la croissance économique, a failli. Au moins a-t-il aveuglé ses disciples, persuadés que hausse du PIB rimait avec richesse et bien-être. Pourtant, le PIB a doublé au cours des vingt-cinq dernières années, et les inégalités culminent à un niveau jamais enregistré dans l'histoire, puisqu'un cinquième de l'humanité se partage 2 % du revenu mondial, tandis que les écarts d'espérance de vie ont dépassé quarante ans d'un point à l'autre de la planète ! Le doublement du PIB s'est aussi accompagné d'une dégradation de 60 % des écosystèmes. Enfin, cet indicateur, qui ajoute aux valeurs produites dans la sphère marchande les coûts de production des services non marchands, n'a pas fourni la moindre alerte sur les risques liés à l'emballement des services financiers. Alors est-il temps de l'abandonner ? Si oui, par quoi le remplacer ? Au moins est-il nécessaire de se « désintoxiquer », plaide Joseph Stiglitz, qui remet aujourd'hui à Nicolas Sarkozy le rapport commandé en janvier 2008 sur « la mesure de la performance économique et du progrès social ».

A vrai dire, quand le président de la République a confié cette étude à Joseph Stiglitz, il songeait moins à une remise en cause du PIB qu'au divorce croissant entre la statistique et l'opinion publique. Tandis que le PIB par tête ne cesse d'augmenter, les citoyens se plaignent d'un « reste à vivre » en constante diminution. Depuis, la récession a frappé sans qu'aucun économiste ou presque ne l'anticipe, et les dirigeants du monde scrutent avec angoisse la ligne d'horizon fuyante du PIB. La conférence programmée aujourd'hui dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne autour de la remise de ce rapport, fruit du travail de 25 économistes, dont 5 prix Nobel (1), sera-t-elle l'occasion d'un grand mea culpa ?

Le paradoxe d'abondance
Nous n'avons pas trouvé par quoi remplacer le PIB, mais nous sommes tous d'accord sur ses insuffisances et la nécessité de le compléter, reconnaissent les membres de la commission. Le rapport va donc officialiser les failles de cet agrégat, incapable de mesurer la qualité de la vie, puisqu'il ne compte pas l'activité bénévole, ni les loisirs, mais additionne en revanche le carburant consommé dans les embouteillages ou le nettoyage des plages après une marée noire. Un indicateur qui ne dit rien des inégalités : « Si Bill Gates entre dans un bar, le revenu moyen de tous les consommateurs est automatiquement multiplié par 1.000 », ironise Xavier Timbaud, économiste à l'OFCE, rapporteur des travaux de la commission. Un indicateur de croissance, mais pour qui, jusqu'où et à quel prix ? Au-delà d'un certain revenu, la perception du bien-être n'augmente plus, c'est ce qu'on appelle le paradoxe d'abondance. Le « happy planet index », mis au point par la New Economic Foundation, révèle qu'au-delà de 15.000 dollars de PIB par habitant, il n'y a plus aucune corrélation entre la satisfaction des citoyens et la hausse des revenus. Peu importent les démonstrations, chacun comprend que si les Chinois étaient équipés de voitures comme les Américains, la totalité de la production pétrolière actuelle n'y suffirait pas. Le bonheur ne pourra donc se mesurer à l'aune du PIB américain, faute de planète de rechange. Il faut inventer une nouvelle croissance.

La critique s'embourgeoise
« Une prise de conscience, déclenchée par l'urgence écologique et la montée des inégalités, a eu lieu. Rares sont aujourd'hui les économistes qui ne pensent pas qu'il faut aller au-delà du PIB. Au sein de la commission, le débat a surtout porté sur la radicalité des propositions à faire », explique Jean
Gadrey, professeur émérite d'économie à Lille et membre de la commission. Autrefois réservée à des économistes iconoclastes, aux mouvements écologistes et à la nébuleuse altermondialiste adepte du rapport Halte à la croissance du Club de Rome de 1970 et du rapport Brundtland de 1987 sur le développement durable, la critique de la « dictature du PIB » s'embourgeoise… Depuis trois ans, l'OCDE, la Banque mondiale, la Commission européenne ont relancé la recherche de nouveaux indices afin de mesurer le progrès des sociétés autrement qu'à travers le prisme du PIB. La Commission européenne, qui travaille depuis quinze ans sur le calcul d'un PIB vert, promet ainsi de finaliser un « indice de pression environnementale » l'an prochain.

Président du Conseil d'analyse économique, Christian de Boissieu confirme : « Je suis un économiste classique, loin des altermondialistes, mais il est clair que le PIB ne tient pas compte des externalités, de l'épuisement des ressources naturelles, de la nécessité de diviser par quatre nos émissions de gaz à effet de serre. Il est temps de mieux articuler des problématiques jusqu'ici séparées, sociales, environnementales, économiques. Depuis trente ans, les institutions internationales cherchent des indicateurs multidimensionnels et pluridisciplinaires, on attend des sauts qualitatifs. »Xavier Timbaud souligne lui aussi que les économistes doivent sortir de leur appareil de comptabilité nationale pour répondre aux questions portées par la société civile et apporter des données solides pour éclairer le débat.

Des questions très politiques
Mais comment trier les informations et établir un système normalisé ? Là, les querelles réapparaissent. De l'indice de développement humain à l'indice de santé sociale, en passant par des tentatives de PIB vert, dans lequel les dommages environnementaux viendraient en déduction du PIB, de très nombreux travaux existent. Aucun système de mesure ne fait l'unanimité. Chacun retrouve ses réflexes défensifs. « D'accord pour trouver de nouvelles normes, mais je ne crois pas à la magie d'un indicateur unique. Prenez la pauvreté, comment la mesurer ? Par la méthode de Gini, par la situation du décile inférieur, par les écarts de déciles ? Ce débat n'a jamais été tranché, tant la question est politique », souligne l'économiste Jean Pisani-Ferry. Même scepticisme du côté de Jean-Paul Betbèze, directeur des études économiques au
Crédit Agricole :« Ce débat sur les indicateurs est aussi ancien que l'économie politique, John Stuart Mill évoquait déjà “ l'état stationnaire ” », ou de Jean Hervé Lorenzi : « Il n'existe pas d'indicateur du bonheur. »

Compléter le tableau de bord
Abandonner le PIB ? Impossible. Pour les économistes, c'est l'équivalent du système métrique. « En réalité, on pourrait construire un PIB corrigé, en pondérant de manière monétaire des externalités négatives, mais il y a un énorme problème d'acceptabilité, tempère le spécialiste du climat Jean-Marc Jancovici. Car cela reviendrait à accepter toute l'horreur de passer d'un monde infini, celui de la croissance éternelle du PIB, à un monde fini, celui des ressources naturelles limitées. Et je ne crois pas possible de convertir les milliers d'experts de la comptabilité nationale, qui ont bâti lentement un système statistique normé et sérieux et sont les véritables gardiens du temple. »

Au moins pourrait-on compléter le PIB par un indice social et un indice environnemental qui feraient partie du tableau de bord sans cesse ausculté par les puissants ? Rêvons un peu. Au lieu de « Nous tablons sur une baisse de 1,4 % du PIB mondial et un retour de la croissance en 2010 », le directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, déclarerait : « La croissance est atone mais les indices de bien-être s'améliorent et les émissions de CO2 sont orientées à la baisse ». Après tout, ce serait quand même deux bonnes nouvelles au sein des trois piliers du développement durable.
http://www.lesechos.fr/journal20090914/ … e-pib-.htm

Quand on post on raconte pas sa vie.

Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

En conséquence de la crise et sous la pression des industriels américains, le pays du "libre échange" remet en place des mesures protectionnistes sans même se donner la peine de les dissimuler (comme il l'a toujours fait):

AFP a écrit:

Pneus : la Chine porte plainte contre les USA à l'OMC

La Chine a déposé une plainte officielle contre les Etats-Unis auprès de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), estimant "abusive" l'imposition par Washington de droits de douane supplémentaires sur ses importations de pneus, a indiqué lundi l'ambassade chinoise à Genève.

Pékin considère que les nouvelles mesures américaines constituent des "pratiques abusives" qui vont "contre les règles" du commerce international, a expliqué l'ambassade dans un communiqué.

Le porte-parole du ministère chinois du Commerce Yao Jian a également dénoncé sur son site internet des "mesures de protection contre les pneus chinois exportés aux USA" qui "violent les règles de l'OMC".

Le président américain Barack Obama a signé vendredi un décret imposant des droits de douane supplémentaires sur toutes les importations de pneus pour véhicules de tourisme et véhicules légers en provenance de Chine pour une période de trois ans afin de préserver les entreprises américaines.

Ces droits s'élèveront à 35% la première année, 30% la deuxième et 25% la troisième.

M. Obama est sous pression aux Etats-Unis pour réduire les importations grandissantes de biens chinois, qui selon certaines estimations ont conduit à supprimer 5.000 emplois.

Cette décision a provoqué la fureur de la Chine ce week-end. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a estimé dimanche que "les Etats-Unis (avaient) failli au respect de leur engagement pris au sommet financier du G20".

Ceci représente "une (forme) grave de protectionnisme qui mine les liens économiques et commerciaux sino-américains ainsi que le début de la reprise économique mondiale", avait-il insisté.

La colère est d'autant plus grande, que, selon des experts cités par l'agence officielle Chine nouvelle, ces mesures pourraient entraîner la destruction de 100.000 emplois en Chine et coûter environ un milliard de dollars à l'industrie chinoise du pneu.

Pékin a ainsi dénoncé "un très mauvais exemple" dans le contexte de crise économique mondiale.

Dans un rapport publié lundi, l'OMC a reconnu que la crise et surtout la menace grandissante du chômage maintenait très présente la tentation protectionniste, appelant les pays du G20 à "rester vigilants" face à cette menace qui risque de ralentir la reprise économique.

Cette plainte ouvre la voie à des consultations entre les deux parties qui, si elles échouent au bout de 60 jours, conduiront l'Organe de règlement des différends de l'OMC à constituer un groupe spécial chargé de statuer.

Et après on nous parle du cycle de Doha...

Quand on post on raconte pas sa vie.

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Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=23601 : Ca confirme un peu plus le titre de ce fil :

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Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

Le Monde a écrit:

Dès 1964, Benoît Mandelbrot, l'inventeur de la théorie mathématique des fractales, avait perçu que les modèles mathématiques utilisés par les financiers étaient erronés, et avait tenté d'alerter sur leurs dangers. Son denier livre, Une approche fractale des marchés (Odile Jacob, 2004), paru quatre ans avant la crise financière, était prémonitoire. Mais il ne fut guère écouté.

Benoît Mandelbrot n'est pas certain qu'il le soit davantage aujourd'hui, nous a-t-il confié, lors de son passage à Paris, le 11 octobre, à l'occasion de la projection à Paris du film Fractales, à la recherche de la dimension cachée, dans le cadre du festival international du film scientifique Pariscience.

Dans votre livre, vous dites que "la finance doit abandonner ses mauvaises habitudes et adopter une démarche scientifique". Or il a été dit que la crise était en partie due aux mathématiques financières, avec lesquelles on avait conçu des produits trop sophistiqués dont personne ne mesurait les risques. Qu'en pensez-vous ?

Les gens ont pris une théorie inapplicable - celle de Merton, Black et Scholes, issue des travaux de Bachelier qui datent de 1900 -, et qui n'avait aucun sens. Je l'ai proclamé depuis 1960. Cette théorie ne prend pas en compte les changements de prix instantanés qui sont pourtant la règle en économie. Elle met des informations essentielles sous le tapis. Ce qui fausse gravement les moyennes. Cette théorie affirme donc qu'elle ne fait prendre que des risques infimes, ce qui est faux. Il était inévitable que des choses très graves se produisent. Les catastrophes financières sont souvent dues à des phénomènes très visibles, mais que les experts n'ont pas voulu voir. Sous le tapis, on met l'explosif !

Avez-vous l'impression maintenant que les risques sont mieux pris en compte ?

Il y a quelques jours, j'ai déjeuné avec des dirigeants d'une grande banque américaine. Ils me disent qu'ils sont contents de leurs modèles. Ils ne veulent pas reconnaître qu'ils se sont trompés. J'espère que ce qu'ils me disent n'est pas la réalité. Personne ne les oblige à dire ce qu'ils font réellement. Les financiers sont très attachés à cette théorie d'une simplicité merveilleuse, que l'on peut apprendre en quelques semaines, puis en vivre toute sa vie. Cette théorie a toujours été complètement fausse. Depuis quelques années néanmoins, on m'écoute de plus en plus. Beaucoup de grands banquiers, en privé, me disent que j'ai parfaitement raison, mais ils estiment que ce n'est pas dans leur rôle de prendre parti.

En 2004, quelques années après l'éclatement de la bulle Internet, vous demandiez qu'une petite fraction des budgets de recherche et développement des grandes institutions financières de Wall Street soit consacrée à la recherche fondamentale. Avez-vous été entendu ?

Aujourd'hui, la plupart de ces compagnies ont renvoyé leurs chercheurs. Alors la question est de savoir à quelle théorie ils se fient ? A celle du doigt mouillé ? Je ne sais pas.

Mais vos élèves sont-ils maintenant davantage prisés ?

Plusieurs de mes élèves, parmi les premiers, ont changé d'avis après leur thèse. Ils ont fait de très belles carrières, en niant ce qu'ils avaient affirmé dans leur thèse. Donc, je n'ai pas beaucoup de disciples. Beaucoup de jeunes étaient intéressés, mais ils trouvaient cela dangereux.

Parce que vous n'étiez pas reconnu par l'establishment ?

C'est cela.

Aux Etats-Unis. Mais est-ce aussi le cas en Europe, en Asie ?

C'est très difficile de le savoir. En un sens, le monde est très unifié ; en un sens, il ne l'est pas. Je sais que mon livre s'est très bien vendu au Japon. Au point qu'ils ont ressorti mes livres antérieurs. La France est moins active à cet égard. L'école de mathématique financière n'a pas changé. Elle est le fait de gens très estimables, de très bons mathématiciens, mais ils sont satisfaits de leur manière de faire et je ne suis pas écouté. En Allemagne, la chancelière (Angela Merkel) avait, paraît-il, mon livre sur sa table de chevet ! Un grand quotidien m'a fait très bien connaître dans ce pays !

Quel est le sujet du livre sur lequel vous travaillez actuellement ?
On m'a demandé d'écrire mon autobiographie. L'influence extraordinaire de mon année de naissance, 1924, qui a fait que j'étais adolescent pendant la guerre, dans des conditions rocambolesques, et que j'ai survécu. Cela m'a rendu extrêmement indépendant. Je n'appartiens à aucune école. J'en ai créé une. Mais elle est indépendante des puissances et des intérêts.

Propos recueillis par Annie Kahn

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Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

Le spectre de la bulle plane à nouveau
Laura Raim -  06/11/2009 18:25:00
Shannon Stapleton / Reuters
Nouriel Roubini, l'expert qui avait, le premier, prédit la crise des crédits immobiliers à risque


Deux ans après l'effondrement des subprimes, de nouvelles "bulles" financières se forment à nouveau. Avec un mot magique: "carry trade". Dollar faible et liquidités abondantes facilitent en effet cette lucrative opération spéculative. Décryptage.

Depuis quelques mois, tout monte ! Aussi bien les marchés boursiers asiatiques, que les marchés obligataires et les matières premières. Le dollar australien a pris 35% par rapport au billet vert depuis janvier. Les places financières de Brésil et de Hong Kong ont respectivement flambé de 72 et 51%. Et de l'aveu même des autorités de Pékin, le secteur immobilier chinois connaît lui un début de surchauffe. A l'image de Nouriel Roubini, aka Docteur Catastrophe, certains experts n'hésitent pas à qualifier le phénomène de bulle. Explications.
Un excédent des liquidités

A l'origine de toute bulle : un excédent des liquidités sur le marché. Et actuellement, "la liquidité  augmente de 30% par an, à comparer avec une croissance de 15% an entre 1990 et 2007", explique Jean-François Robin, stratégiste chez Natixis. Dans la zone euro, on estime qu'il y a 100 milliards de dollars de trop." D'où provient tout ce cash ? Premier facteur : Les injections massives de centaines de milliards de dollars par les banques centrales pour éviter une déflation prolongée. Le deuxième facteur, selon une note de Patrick Artus, directeur de recherche à Natixis, est l'accumulation de réserves de change dans les pays émergents et exportateurs de matières premières, afin d'éviter la dépréciation du dollar. Ce serait le cas particulièrement à Taïwan, en Corée, au Brésil, en Thaïlande, en Inde, aussi en Chine.
Où vont ces liquidités ?

A partir de 2003, la liquidité injectée par Alan Greenspan après l'éclatement de la bulle internet est allée dans l'immobilier, générant la bulle qui a éclaté en 2007. Où vont-elles aujourd'hui ? Idéalement, dans des prêts aux ménages et aux entreprises. Mais ce n'est pas le cas.  Pour Agnès Bénassy Quéré, directrice du CEPII, "les banques préfèrent augmenter leur ratio de capital". De plus, "les ménages et entreprises ne sont pas en demande de prêts, étant plutôt occupés à se désendetter", ajoute Jean-François Robin. La liquidité va donc ailleurs, et surtout sur les marchés émergents et les matières premières. C'est pourquoi les prix de ces dernières augmentent, alors même que le ralentissement de l'économie réelle aurait dû provoquer l'effet inverse.

Mais le transfert des liquidités ne s'arrête pas là. Selon Patrick Artus, les banques centrales des pays émergents et producteurs de matières premières les "recyclent" vers les titres publics des pays de l'OCDE. Ce qui contribue à maintenir des taux d'intérêt bas sur ces titres, malgré des niveaux de déficits publics et de dettes dangereusement élevés. Des taux bas qui ne reflètent donc pas le risque réel de ces placements.

Ainsi, en plus de la bulle de matières premières et de marchés émergents, il y a donc aussi un potentiel de bulle sur  les titres publics des pays de l'OCDE.
Et le carry trade dans tout ça?

Le carry trade, ou portage, est l'opération spéculative qui structure et aggrave cette bulle. Il consiste à profiter des écarts de rendement entre différents types d'actifs et prend plusieurs formes. D'abord, il s'agit d'emprunter dans une devise à faible taux d'intérêt pour réinvestir dans une monnaie plus rémunératrice. Cela s'est toujours fait. Ce qui a changé, c'est que le dollar a remplacé  le yen comme monnaie d'emprunt.

Plus les investisseurs sont nombreux à le faire, plus cette sortie de capitaux des Etats-Unis déprécie le dollar, plus elle valorise les autres devises, et plus cela devient une opération rentable, l'écart de taux étant de plus en plus important. Ainsi, le dollar canadien, le dollar australien et le dollar néozélandais ont, depuis mars, respectivement progressé face au dollar de 20 %, 40 % et 47 %.

En plus, "comme le dollar continue de baisser, les investisseurs peuvent aussi acheter desactifs qui ne sont pas intrinsèquement rentables, puisque la chute du dollar rend l'opération rentable de toute façon", ajoute Felix Salmon sur son blog. L'économiste Nouriel Roubini estime en effet dans le Financial Times que cela revient en fait à emprunter à un taux négatif de 10 voire 20%.

Les investisseurs se privent d'autant moins de recourir au carry trade, que les conditions qui la rendent rentable semblent parties pour durer : à savoir la faiblesse du dollar et une liquidité abondante. En effet la modestie de la croissance, freinée par la nécessité de se désendetter, justifie une politique expansionniste de la Fed et de la BCE qui ont d'ailleurs confirmé qu'elles privilégiaient encore le statu quo des taux bas. Relancer l'économie est clairement la priorité . D'autre part, la faiblesse du risque inflationniste à moyen terme n'oblige pas la Fed à resserrer ses taux.
L'explosion est-elle inéluctable ?

Si bulle il y a, elle va nécessairement éclater. "Dans six mois, dans un an", prédit Nouriel Roubini, sur la chaîne américaine CNBC. En tout cas, c'est inévitable : le dollar va bien finir par se stabiliser. Il rappelle que le plan de rachat de 1 800 milliards de la Fed sera terminé d'ici le printemps 2010. Si l'économie se redresse plus tôt, la Fed pourrait resserrer sa politique monétaire plus tôt que prévu. "On a déjà constaté par le passé l'aptitude des Etats-Unis à rebondir", souligne Agnès Bénassy Quéré. A l'inverse, s'il y a des craintes d'une reprise d'économie "en W", alors les investisseurs fuiront les actifs à risque pour investir à nouveau dans le dollar comme valeur refuge. Résultat, le dollar commencera à remonter. les investisseurs retireront brutalement leurs fonds des marchés émergents pour rembourser leurs emprunts en dollar. "On sait ce qui se passe quand une bulle éclate mais maintenant la bulle n'est plus seulement américaine, avertit Nouriel Roubini, elle est mondiale".

Au fait, je suis en train de lire la face cachée des banques d'Eric Laurent, qui a interviewé pas mal de banquiers de Wall Street, et apparemment, la "théorie du hold-up", notamment par Goldman Sachs et quelques réseaux périphériques semble se confirmer.

Il faut dire tout de même que Paulson, ex président de Goldman Sachs, a aidé son ancienne compagnie qui s'est empressée de filer beaucoup de milliards de bonus à ses 300 plus hauts dirigeants. Idem, le conseiller financier qui avait conseillé à Clinton l'abrogation du Glass-Steagal act de 1932 qui séparait les activités de dépot des banques d'affaires (évitant que ces dernières ne "jouent" littéralement avec l'argent de leurs déposant eu égard au caractère risqué de leurs investissements.

Confirmés également, la masse et la dangerosité des produits dérivés, qui pourraient avoir en cas de retournement de leur situation ou des titres auxquels ils sont adossés, des effets pro-cycliques dévastateurs. Je crois qu'il faut un grand débat international sur ces produits dérivés, afin d'en interdire l'usage spéculatif et les limiter à leur usage assuranciel.

Un ouvrage à lire.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

124

Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

Intéressant.

Cependant, il est difficile de distinguer ce qui relève d'un mécanisme d'ajustement dans le choix de l'allocation du portefeuille avec la création d'une "bulle" immobilière (qui doit être très certainement nuancée si on regarde en volume).

Il reste cependant très curieux que l'excès de liquidité sur les marchés profite si peu aux entreprises alors que des signes de reprise s'amorcent

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

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Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

Je continue ma lecture de l'ouvrage la face cachée des banques d'Eric Laurent.

selon ses informations, Bear Stearn et Lehman Brother ont clairement été amenées à l'effondrement par les stratèges de Goldman Sachs et de Morgan Stanley, avec leur ramifications au sein de l'appareil d'Etat américain (Henry Paulson notamment et certains autres).

Comme le fait remarquer un document de 68 pages publié aujourd'hui par la Société Générale, nul ne sait si nous sommes réellement sortis de la crise, dans la mesure où les pertes liées aux subprimes ont été intégralement transférées au secteur public dont les niveaux d'endettement atteignent des sommets et ne sont pas encore au bout de la montée (cf. le grand emprunt qui pourrait, selon les dernières informations du jour, se monter finalement à 60 milliards).

Encore une fois, si l'on relie ça aux sommes faramineuses accaparées par ceux-là mêmes qui furent responsables de cette crise (tant par la conception, l'enrichissement sur les produits dérivés toxiques, que par l'organisation de la chute de certaines entités très importantes), l'idée que cette crise est liée à un  hold-up conçu et organisé par un réseau assez restreint de gros bonnets de Wall Street fait grand sens.

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Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

Greg a écrit:

Comme le fait remarquer un document de 68 pages publié aujourd'hui par la Société Générale, nul ne sait si nous sommes réellement sortis de la crise, dans la mesure où les pertes liées aux subprimes ont été intégralement transférées au secteur public dont les niveaux d'endettement atteignent des sommets et ne sont pas encore au bout de la montée (cf. le grand emprunt qui pourrait, selon les dernières informations du jour, se monter finalement à 60 milliards).

L'endettement public n'est pas dû au transfert des titres pourris des banques. Hormis les quelques banques nationalisées en urgence, les pertes liées au subprime n'ont pas été transférées au secteur public.

La hausse de l'endettement des Etats est dûe plutôt aux plans de relance enclenchés pour relancer l'économie "réelle" et non à un transfert des pertes.

D'ailleurs, les bons résultats des banques ces derniers trimestres sont en grande partie dûe à la culbute sur les titres souverain des Etats qu'elles ont elles-même placé.

PS: je te rejoins par contre sur la consanguinité inquiétante entre le secrétariat au trésor de Bush et les grandes banques d'affaires.

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

127

Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

Sur le document de 68 pages que j'évoquais où il est clairement dit que ces pertes ont intégralement été transférées au secteur public : http://www.boursier.com/vals/ALL/econom … r-3129.htm

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Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

D'ailleurs je partage les inquiétudes d'Obama ( http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2009 … nomie-.php  ). Quand on voit la quantité de dérivés en circulation qui, au moindre retournement, pourraient provoquer l'effondrement total et définitif des marchés financiers (vu qu'ils sont valorisé à près de 10 à 15 fois le PIB de l'économie mondiale), on se dit qu'il faut faire attention à qui l'on confiera ses économies dans les années suivantes, voire même s'il est juste de faire gérer ses économies par qui que ce soit d'autre qu'à soit même.

Il faut vraiment lire Eric Laurent, le meilleur journaliste de la corporation à l'heure actuelle à mes yeux.

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Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

Greg a écrit:

Sur le document de 68 pages que j'évoquais où il est clairement dit que ces pertes ont intégralement été transférées au secteur public : http://www.boursier.com/vals/ALL/econom … r-3129.htm

L'expression me semble bizarre: les banques n'ont pas transféré leurs titres pourris aux gouvernements, donc parler de transfert d'endettement me semble étrange. Entreprises et ménages se désendettent quand l'Etat s'endette, c'est sûr, mais ce n'est pas particulièrement un vase communiquant, l'Etat ne prend pas à proprement parler ces dettes à son compte.

Sur le phénomène de bulle, tu as raison, d'autant que les injections massives de liquidités dans les économies pour pallier la crise et un loyer de l'argent très bas ont permis de considérablement l'accroître (ainsi que les réserves de quelques pays exportateurs).

Encore qu'un effondrement total des marchés me semble assez peu probable: il faut bien qu'elles aillent quelque part ces liquidités. Non, je pense qu'elles iront sur un autre produit, probablement à nouveau les matières premières et notamment les agricoles.

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

Le risque serait la tentation de l'inflation pour permettre aux Etats de se désendetter: un peu d'inflation n'a jamais tué une économie, mais elle a tendance à généralement s'emballer.

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

131

Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

sabaidee a écrit:

Le risque serait la tentation de l'inflation pour permettre aux Etats de se désendetter: un peu d'inflation n'a jamais tué une économie, mais elle a tendance à généralement s'emballer.

Pour le coup, je suis rassuré en Europe en ce qui concerne l'inflation monétaire, vu la stratégie de la BCE. Je suis plus inquiet sur l'inflation liée à l'arrondissement aux unités supérieures, qui semble inarretable dans certains secteurs (restauration, alimentaire, produits à forte valeur ajoutée, complétez la liste selon vos humeurs du jour)

Le risque d'inflation monétaire est en revanche très prégnant aux USA.

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Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

Et la politique monétaire de la Chine, qui n'a pas bougé d'un iota, va recréer les mêmes déséquilibres commerciaux qu'avant la crise, déséquilibres qui sont une des causes de ladite crise.
Un billet (très clair et assez inquiétant) de Paul Krugman à ce sujet: http://www.rtbf.be/info/economie/chroni … nde-161245
Pour lui, c'est encore plus nocif de s'entêter dans cette voie maintenant, étant donné le retournement de la conjoncture au niveau mondial.

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."

133

Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

Un autre article sur cette étude de la Société Générale.

La Société Générale craint un nouvel effondrement de l'économie
NOUVELOBS.COM | 21.11.2009 | 16:32
Réagissez à l'article 2 réactions
La Société Générale a adressé un rapport à ses clients, les conseillant en vue d'un probable nouvel effondrement de l'économie mondiale. La banque affirme que l'or et les denrées alimentaires seront des valeurs refuge.

La Société Générale a adressé un rapport à ses clients

La Société Générale craint un nouvel effondrement de l'économie mondiale. Un article, paru sur le site du figaro.fr vendredi 20 novembre, révèle que la banque française a adressé un rapport à ses clients, les appelant à dessiner une stratégie d’investissements de défense afin de se préparer à l’explosion éventuelle de nouvelles bulles financières. Ce rapport, intitulé " Le pire scénario de la dette" affirme que les récents plans de sauvetage mis en place par les gouvernements mondiaux n'ont fait que transférer des passifs du secteur privé au secteur public, déplaçant donc le problème, et en aggravant d'autres, comme par exemple celui de la dette.

La dette, plus difficile à effacer

«Le niveau de la dette paraît tout à fait insoutenable à long terme. Nous avons pratiquement atteint un point de non retour en ce qui concerne la dette publique» peut-on lire dans le rapport.
L'endettement des pays développés par rapport à leur PIB est très élevé : aux Etats-Unis et dans l’UE, la dette publique représentera ainsi 125% du PIB dans deux ans. Au Royaume-Uni, elle s’élèvera à 105% et au Japon, à 270%.
Le vieillissement de la population risque de rendre plus difficile l'effacement de cette dette avec la croissance. Selon ce rapport, les pays émergents ne seront pas non plus épargnés, bien que leur marge de manœuvre soit plus importante.

L'or et les denrées alimentaires, valeurs refuge

Le rapport envisage différents scénarios à venir, le pire d'entre eux étant une nouvelle chute des marchés, une inflation galopante ainsi qu’une forte chute du dollar. Le prix de l'or, valeur refuge en temps de crise, atteindrait alors des sommets, et le rapport affirme que les denrées alimentaires, autre valeur refuge, devraient également "tirer leur épingle du jeu".
A contrario, la banque conseille de se désengager du dollar et des valeurs cycliques, telles que les technologiques ou celles liées au secteur de l’automobile.

(Nouvelobs.com)

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
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Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

+1
La une du NYT ce matin était focalisé sur la dette américaine. C'est pas réjouissant.

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."

Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

Après Charles Wilson qui, lors de la belle époque pour General Motors, déclarait : "Ce qui est bon pour le pays est bon pour General Motors, et ce qui est bon pour GM est bon pour le pays" voici la version financière de Lloyd Blankfein, PDG de Goldman Sachs : "[Goldman Sachs fait] le travail de Dieu." Cette sorte de sociodicée de leur business est assez effarante.

Les Echos a écrit:

Goldman Sachs dans l'oeil du cyclone

Jamais le nom de Goldman Sachs n'a été aussi malmené et la banque tente, tant bien que mal, de résister aux assauts de la presse et de l'opinion publique en multipliant excuses et gestes d'apaisement. Sans effet apparent.

Opinion publique ulcérée, pression des actionnaires, Goldman Sachs doit faire face à un maelström sans précédent. Entre les manifestations organisées sous ses fenêtres à Washington par des syndicats qui lui reprochent ses liens trop serrés avec le gouvernement, les articles de presse insultants (le fameux numéro de "Rolling Stones" assimilant la banque à un poulpe géant), la dérision ou la colère qui imprègnent désormais tout commentaire sur la voracité de la banque avec ses milliards de bonus et les maladresses de langage de son patron - Lloyd Blankfein a assuré que Goldman Sachs "faisait le travail de Dieu" -, l'image du roi de Wall Street est passablement ternie.

A petites touches, la banque essaie de corriger le tir. Lloyd Blankfein se fait très visible. Il donne des interviews dans des titres auxquels il n'a pas forcément l'habitude de parler et apparaît dans de nombreuses conférences. Cela lui a d'ailleurs donné l'occasion de s'excuser publiquement. "Nous avons participé à des choses qui sont mal et nous avons des raisons de le regretter. Nous présentons nos excuses." (lol) Mais le message ne passe pas. Goldman Sachs a déjà réalisé 8,44 milliards de bénéfice net sur les neuf premiers mois de l'année. Outre l'ire du public, il devra aussi affronter celle des élus alors que les législateurs sont en train de mettre la dernière main à la réforme de la régulation des services financiers qui pourrait avoir un impact substantiel sur le secteur bancaire et sur les pratiques de Goldman Sachs.

Nouvelles tactiques
La banque, qui a pour l'instant mis de côté 16,7 milliards de dollars pour rémunérer ses salariés en 2009, essaie de diminuer l'impact causé par la somme avec de nouvelles tactiques. Selon un article du "Wall Street Journal" vendredi, elle inclut désormais dans ses effectifs les consultants et les salariés temporaires. Cela permet de faire baisser la moyenne de ce qu'un salarié de Goldman Sachs pourrait gagner cette année, de 775.000 dollars à 717.000.

Les bonus ont également touché un point névralgique chez ses actionnaires. Selon le quotidien américain, certains voudraient qu'il diminue son enveloppe de rémunérations, pas seulement parce que cela fait mauvais effet mais parce qu'ils souhaiteraient que la banque rétribue davantage ses actionnaires. Goldman Sachs a émis plus de 100 millions d'actions nouvelles pour renforcer son capital et cela a mathématiquement diminué le revenu par action, qui devrait cette année être inférieur de 22% à celui de 2007.

Pour contrecarrer toute cette publicité négative, la banque vient d'annoncer la création d'un fonds d'aide aux PME de 500 millions de dollars qui fait beaucoup de bruit. Ce geste, a priori pensé comme un acte de bonne volonté, serait aussi une décision intéressée. Selon le "Financial Times", depuis que Goldman Sachs est devenu une banque holding en octobre 2008, de nouvelles règles s'imposent à elle. Et notamment de respecter le Community Reinvestment Act en aidant des communautés démunies. Pour Gillian Tett, chroniqueuse vedette du quotidien britannique, la création de ce fonds est aussi un moyen de s'armer face à la colère du contribuable qui ne manquera pas de resurgir contre les banques dans les années à venir, quand il faudra pour de bon porter le poids des hausses d'impôts résultant du sauvetage des banques et des pertes en point de croissance. Les problèmes d'image de Goldman ne sont sans doute pas finis.

Quand on post on raconte pas sa vie.

Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

Rencontre avec Michel DRAC

Michel Drac travaille depuis quinze ans comme contrôleur de gestion dans un grand groupe. Spécialisé dans la micro-économie, il s’est risqué dans la macro-économie avec « Crise ou coup d’Etat ? » parce que, selon lui, nous en sommes arrivés au point où il est absurde de continuer à faire de la micro-économie sans poser la question du système dans son ensemble. Le travail a été conduit sur le site scriptoblog.com avec un collectif d’auteurs. « Crise ou coup d’Etat ? » est en partie un ouvrage collectif, développé en particulier avec Michel qui signe, sur le site, sous le pseudo « Le Zélote ». Rencontre avec un auteur à la vision géopolitique économique pertinente.

Pouvez-vous présenter votre bouquin dans ses grandes lignes ?

MD - Il y a trois parties. La première décrit la mécanique qui s’est déroulée entre 2000 et 2007, avec une mise en perspective par rapport aux décennies précédentes. La politique macro-économique consiste en gros, depuis dix ans et plus, à mettre en endettement tous les acteurs non financiers, pour garantir le maintien du pouvoir des acteurs bancaires, en particulier ceux de la haute finance, de la haute banque et surtout de banques d’affaires adossées aux banques commerciales. La deuxième partie s’éloigne de l’économie financiarisée et s’intéresse plutôt à l’économie productive. Je montre que dans la réalité de la production, le centre de gravité de l’économie-monde est en train de basculer vers l’Asie. Je montre ensuite que tout s’est passé comme si, confrontée à cette donne, la haute finance s’était organisée pour garantir, à travers l’endettement des acteurs, le maintien de son pouvoir dans le cadre d’un futur système, un capitalisme poly-centré, avec à la clef un ajustement brutal de la structure de classe en Occident. Enfin, la troisième partie essaie d’esquisser les conséquences de la crise. J’essaie en particulier d’expliquer que certaines de ces conséquences sont voulues par les dirigeants, et d’autres pas. Nous entrons dans un contexte très instable, où la confrontation entre l’OTAN et l’Organisation de Coopération de Shanghai peut dégénérer. Nous nous retrouvons dans la situation qui déboucha sur les deux guerres mondiales : un centre du capitalisme thalassocratique menacé par la montée en puissance d’une économie continentale.

Le titre évocateur est « Crise ou coup d’état ? ». De la manière dont la question est posée, est-ce à dire qu’il s’agit plus d’un coup d’Etat que d’une crise financière ?

Je pense qu’il y a une crise : le basculement latent du centre de gravité de l’économie-monde. Pour schématiser, la haute finance anglo-américaine a voulu capter l’offre de main d’œuvre asiatique pour achever d’écraser les peuples occidentaux, avec en arrière-plan l’idée que la montée en puissance de la Chine serait assez lente pour que les USA conservent toujours clairement le leadership technologique et militaire. La politique de Vladimir Poutine a été le grain de sable enrayant cette machine. Les USA doivent maintenant casser la Russie, ou à défaut l’éloigner de la Chine, pour conserver la prééminence malgré un déclin économique relatif, inéluctable vu le potentiel asiatique. S’ils échouent, le protectorat européen pourrait s’émanciper, dans la foulée d’une Allemagne qui penche de plus en plus clairement vers l’Est. La vraie crise, c’est cela. Elle est économique dans ses causes, géostratégique dans ses conséquences.

A côté de cette vraie crise, il y a un coup d’Etat déguisé en crise. Ce coup d’Etat, c’est la vampirisation de l’économie productive US et, à un degré moindre européenne, par une économie spéculative devenue folle. Il est très difficile de dire, en la matière, si ce coup d’Etat a été entièrement planifié, ou si, dans une certaine mesure, l’intelligence émergente construite par les marchés ne s’est pas en partie imposée aux oligarchies. Mais ce qui est certain, c’est qu’au final, tout s’est passé comme si par une politique systématique de mise en endettement, la haute finance avait préparé un ajustement brutal de la structure de classe et le démantèlement d’un modèle démocratique que nos oligarques jugement aujourd’hui inadapté, face à la montée en puissance d’un monde chinois qui, rappelons-le, n’a rien de démocratique. Ce coup d’Etat a pris la forme d’une crise financière, mais en réalité, je pense avoir montré que cette crise-là, la crise des subprimes, pour dire les choses simplement, a été fabriquée, et qu’elle vise en réalité à garantir le pouvoir des oligarchies malgré l’autre crise, la vraie, celle qui se joue à l’échelle géostratégique.

Pour vous, la crise des subprimes n’est pas la vraie crise. Elle est la partie visible de l’iceberg, celle que l’oligarchie financière anglo-atlantiste a souhaité mettre en avant.

Bien sûr. La crise des subprimes a été fabriquée par deux évènements déclenchant : l’abolition des règlementations qui interdisaient l’adossement des banques d’affaires aux banques commerciales, et le maintien par la FED, de 2002 à 2005, de taux directeurs ridiculement bas par rapport à l’inflation réelle. Il est impossible que les régulateurs n’aient pas vu où tout cela conduisait. Tout simplement impossible. Qui nous fera croire que Greenspan a pu croire que les taux d’intérêt réels négatifs seraient maintenus éternellement ? Qui peut croire une chose pareille ? Il est bien évident qu’un pays obligé de rechercher des financements extérieurs ne peut pas offrir des taux négatifs de manière permanente. L’actuelle « reprise » en trompe-l’œil n’est donc que la réédition de la mécanique qui a conduit à la crise de 2008. Le but de l’oligarchie anglo-américaine étant de construire un mondialisme où son pouvoir ne serait pas ou peu remis en cause, en évitant que le centre de gravité de l’économie-monde bascule vers l’Asie.

Quand et comment a réellement commencé cette sorte d’implosion du système capitaliste financier ?

Si l’on doit remonter à la racine, il faudrait pratiquement s’intéresser aux circonstances qui ont entraîné la création de la FED, après la crise de 1907 ! Cependant, si on se limite aux causes directes, sans remonter aux causes des causes, on peut dire que l’implosion a commencé dès la récession de la fin des années 1950, et qu’elle a été avérée à la fin des années 90. Le moment où le capitalisme financier occidentalo-centré implose franchement, c’est en effet l’explosion de la « bulle Internet », fin des années 90, après de multiples signaux d’alerte. La décennie 2000, sous cet angle, n’a été qu’un immense village Potemkine, avec une reprise totalement artificielle, fabriquée par les USA à coup de taux directeurs absurdes et de déficit commercial délirant. Une « reprise », donc, qui les a ruinés. Etrange reprise…

L’argent-dette, l’usure, la spéculation sont-ils pour vous les principales causes de cette crise ?

Oui et non. En réalité, ce sont des symptômes. Le mal est dans la nature même du système capitaliste, dans ce que l’on appelle la dérive inégalitaire, et son corollaire obligé, la loi des rendements dégressifs. Le mécanisme est le suivant : le capitalisme aboutit à rendre les riches toujours plus riches, spontanément. Il fabrique en effet du profit en sus de la création de richesse réelle, c’est sa vocation. Ce profit fait qu’il y a de plus en plus de capital accumulé, en sus de la croissance du marché. Le capital croît plus vite que le marché, puisqu’une partie des surplus de productivité n’est pas redistribuée aux acteurs de la consommation ou de l’investissement (entreprises, Etats et particuliers). Dès lors, pour sortir de la contradiction interne, il faut que le capital fabrique de la valeur financière en sus de la richesse productive. Ce que je vous dis là n’a rien d’une innovation : c’est la base de l’analyse marxiste, une base d’ailleurs admise par une grande partie de l’école libérale.

Comment va-t-on créer de la valeur sans créer de la richesse ? Par la spéculation. Comment va-t-on financer la spéculation ? Par l’usure (taux d’intérêt supérieurs à la réalité de la croissance économique). Comment va-t-on financer l’usure ? Par l’argent-dette, pour étendre les bilans plus vite que les comptes de résultat. Comment va-t-on faire en sorte que cet argent-dette fasse des petits, plus vite que la croissance réelle ? Par le développement d’une économie virtualisée, qui permet en quelque sorte d’émanciper l’économie financiarisée de sa base productive. Tout le ressort de la crise est là, et si on remonte à la cause, on voit que c’est la dérive inégalitaire. Le capitalisme crève parce qu’il ne partage pas.

En France, la défection du président De Gaulle a-t-elle été le début de la fin ?

Disons que c’est le moment où la France a eu confirmation qu’après sa mort (entre 1916 et 1940), elle n’avait pas le droit de renaître. La tentative gaulliste était de toute manière vouée à l’échec. Mai 68 n’a jamais été que le moment où un peuple exténué s’avouait à lui-même qu’il ne désirait plus qu’une chose : mourir en jouissant. Mais bon, ceci nous entraînerait trop loin du sujet. Ce qui est sûr, c’est que le régime gaulliste refuse les accords secrets sur la non-convertibilité du dollar, accords passés sous l’égide de Londres dès 1966. Et que ce même régime gaulliste « saute » peu après avoir envoyé paître la haute banque basée à Londres. Cherchez à qui le crime profite…

Obama incarne-t-il un espoir selon vous ? Ou est-ce celui de Wall Street ?

Je crois surtout que ce brave Obama n’est pas grand-chose. Si l’on examine sa biographie, on remarque qu’il a été détecté, à l’université, dans les années 80, par un prof de haut renom (Brzezinski), ex-conseiller spécial du président Carter et secrétaire général officieux de la Commission Trilatérale. On me permettra de penser qu’il doit sa carrière à son immense talent… et aussi, un peu, au soutien de la Commission Trilatérale !

La composition de son administration ne laisse guère de doute quant à ses affinités réelles. Cette administration est entièrement peuplée, aux échelons clefs, d’hommes de Wall Street. Peut-on voir des adversaires de Wall Street dans un Summers, dans un Geithner, tous deux disciples de Robert Rubin ? Je ne le pense pas. A mon humble avis, Obama doit sa place au fait que l’oligarchie US s’est dit qu’il serait temps de mettre un Noir à la tête du pays. Changeons la couleur du président pour ne pas avoir à changer de politique. Je crains que ce ne soit pas plus compliqué que ça. Ne jetons pas la pierre à Obama. Il n’est rien, au fond. Juste un bon acteur embauché pour remplacer un acteur déplorable. Ce sera le plus grand président américain depuis George W. Bush !

Un ami américain me disait l’autre jour que quand un président venait de prêter serment, on l’emmenait dans le bunker sous la Maison Blanche pour lui montrer un film sur l’assassinat de Kennedy. Le film qui dit la vérité. Puis on lui posait la main sur l’épaule, et on lui demandait : « Mister President, do you have a question ? » Le pire, c’est que ça se passe comme ça !

Comment voyez-vous l’évolution de la situation économique mondiale ?

Il est difficile de répondre à votre question pour deux raisons : d’abord nous ne savons pas ce que seront les prochains mouvements des acteurs, ensuite il n’est pas du tout certain que nous ayons encore les vrais chiffres. La FED a étendu son bilan dans l’opacité la plus complète, et les opérations hors bilan sont semble-t-il énormes.

Si la logique est respectée, l’actuelle fausse reprise va se poursuivre tant que les taux directeurs resteront nuls. Puis, à un moment qu’il n’est pas possible de préciser, la FED sera obligée de remonter ses taux pour empêcher un effondrement du dollar. Alors le système repiquera du nez, et on entrera dans une deuxième vague de la crise, probablement bien plus violente que la première vague. Le facteur déclenchant a de fortes chances d’être la sortie définitive de la Chine de la zone dollar, et l’établissement d’un nouveau système financier international. La configuration exacte de la crise dépendra en grande partie de la nature de ce système. C’est sans doute ce qui se négocie actuellement en coulisse. Pour nous, Européens, le risque est de faire les frais d’un accord in extremis entre Chine et USA.

Quelles solutions serait-il judicieux d’y apporter ?

La révolution ! Nous entrons dans une période cruciale et historiquement intéressante. Pour la première fois depuis des siècles, les peuples vont se retrouver dans la situation d’avoir à choisir entre l’esclavage et la révolution. Cela sourde d’ailleurs littéralement de partout. Et en particulier, je vous le ferai remarquer, aux USA. « The Revolution, a Manifesto », est le titre d’un best-seller rédigé par Ron Paul. « Don’t start the revolution without me » est celui d’un autre best-seller, rédigé par Jesse Ventura. En Europe même, la rébellion est aux portes. En France, il y a eu des millions de personnes dans la rue, récemment, pour refuser la politique socioéconomique du gouvernement Sarkozy. En Allemagne, et c’est peut-être, pour nous, le plus important, il y a des signes de plus en plus probant de la révolte latente de la nouvelle puissance allemande contre son brutal protecteur américain. Je crois d’ailleurs que le coup de grâce, pour l’Empire, pourrait bien venir de là. Le moment décisif ne sera pas celui où les peuples vont se révolter par la rue mais où une partie des élites va entrer en révolte contre une autre partie, où une partie des élites européennes va se tourner vers Moscou. C’est ce moment qu’il nous faut préparer. Parce qu’à ce moment-là, à part commenter, il y aura enfin quelque chose à faire.

Source : http://livernette.blogspot.com/2009/11/ … ur-de.html

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

Gambetta a écrit:

Rencontre avec Michel DRAC

Michel Drac travaille depuis quinze ans comme contrôleur de gestion dans un grand groupe. ZZzzzzzzZZzzZZz

Trop long, pas lu.
Tu me feras une executive note de 10 lignes la prochaine fois, petit stagiaire. Et plus vite.

Certes.

138

Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

C'est con, t'as raté le passage où la CIA et le MI6 ont organisé mai 68 et le référendum de 69.

"Moult a appris qui bien connut ahan"

139

Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

1/ Goldman Sachs multiplie par 6 son bénéfice en 2009.
2/ Je parlais ce soir avec un ancien brocker qui était absolument sur la ligne du hold-up.

140

Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

En même temps s'ils ont fait un bénéfice pourri l'année précédente...
Apparemment ils ont versé l'équivalent des bonus à des œuvres de charité !

Lolita, light of my life, fire of my loins. My sin, my soul. Lo-lee-ta: the tip of the tongue taking a trip of three steps down the palate to tap, at three, on the teeth. Lo. Lee. Ta

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Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

mami a écrit:

En même temps s'ils ont fait un bénéfice pourri l'année précédente...

Ce n'était pas le cas. C'était l'IB la plus bénéficiaire l'an dernier (en fait comme d'hab quoi) si mes souvenirs sont bons.

Apparemment ils ont versé l'équivalent des bonus à des œuvres de charité !

Une partie seulement. Mais en plus d'être un outil de com, c'est une opération de défiscalisation.

Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

Hussard nl a écrit:
mami a écrit:

En même temps s'ils ont fait un bénéfice pourri l'année précédente...

Ce n'était pas le cas. C'était l'IB la plus bénéficiaire l'an dernier (en fait comme d'hab quoi) si mes souvenirs sont bons.

Apparemment ils ont versé l'équivalent des bonus à des œuvres de charité !

Une partie seulement. Mais en plus d'être un outil de com, c'est une opération de défiscalisation.

Yessssssss!:cool: (marche pas vos smileys)

"Rédupliquer, c'est être ce qu'on dit." (S.Kierkegaard)

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Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

Les Echos a écrit:

Goldman Sachs estime avoir « fait preuve de retenue » sur les bonus

La banque a dédié 16,2 milliards de dollars à la rémunération de ses salariés en 2009, soit 20 % de moins qu'en 2007. Hormis Morgan Stanley, la plupart des banques ont diminué leur niveau de rémunération et toutes ont revu la structure des bonus.

Une fois de plus Goldman Sachs se distingue du lot. La banque n'a mis aucun argent de côté au quatrième trimestre pour rémunérer ses salariés, se contentant de retirer 519 millions de dollars des montants alloués jusque-là pour doter un fonds d'aide aux PME. Sur l'année, elle a tout de même réservé 16,2 milliards de dollars pour payer les « Goldman boys », mais il s'agit du montant le plus modeste depuis son introduction en Bourse en 1999. « Nous avons fait preuve de retenue », a assuré hier David Viniar, le directeur financier de Goldman Sachs, alors que l'opinion publique se déchaîne contre les bonus des banquiers.

Comparé à un Morgan Stanley qui va consacrer cette année, et malgré un quatrième trimestre décevant, 62 % de ses revenus aux rémunérations, Goldman Sachs n'y dédiera que 35,8 % de son produit net bancaire (PNB). Cette année, le paiement moyen par salarié de Goldman devait atteindre un demi-million de dollars, contre 661.500 en 2007, année du record absolu. «  Par rapport à 2007, notre niveau de rémunération est inférieur de 20 %, soit 4 milliards de dollars de moins  », insiste David Viniar. Les 30 premiers dirigeants de la firme ne toucheront pas de cash cette année, la totalité de leurs bonus étant accordée en titres. En 2007, Lloyd Blankfein, le PDG de Goldman Sachs, avait obtenu une rémunération record de 67,9 millions de dollars en cash et titres. Le montant reste néanmoins très important et David Viniar se fait fort de rappeler que la banque a enregistré en 2009 un retour sur capital de 22,5 %. «  Nos salariés ont fait un travail fantastique qui a contribué à ce que la firme réussisse très bien cette année, en fournissant des liquidités et des outils à nos clients. Ce choix est juste vis-à-vis d'eux parce qu'on veut qu'ils restent chez Goldman, mais on montre aussi notre retenue, vu les circonstances extraordinaires de 2009  », assure le directeur financier.

JPMorgan Chase, la deuxième banque américaine en termes d'actifs, a agi dans un esprit assez similaire à celui de Goldman Sachs. Elle n'a mis que 11 % de ses revenus de côté au quatrième trimestre pour sa banque d'investissement, portant la totalité des fonds à 33 % du produit net bancaire pour l'exercice (contre 62 % en 2008). Pour l'ensemble de la banque, les rémunérations représentent 25 % des revenus.

Environnement hostile
Au total, les rémunérations accordées par ces trois banques (qui incluent salaires, bonus, couverture de l'assurance-santé et autres bénéfices) atteignent 40 milliards de dollars. Les banques de Wall Street qui ont reçu - et pour la plupart remboursé -les dizaines de milliards de fonds publics utilisés pour stabiliser le système financier en 2008 ont subi énormément de pression pour modifier leur structure de rémunération, considérée comme à l'origine d'une trop grande prise de risque. La plupart des établissements lient maintenant le bonus à la performance dans le temps, en incluant des clauses de restitution si le succès de certaines opérations n'est pas avéré, en général au bout de trois ans. La part en cash est de plus en plus limitée, au profit de titres qui doivent être conservés un certain temps. Bank of America, par exemple, limiterait à 15 % la partie en cash du bonus de ses dirigeants. Chez Citi, la partie en cash devrait être inférieure à 100.000 dollars, selon le « Financial Times », et le niveau total des rémunérations (25 milliards de dollars) est inférieur de 20 % à celui de l'an dernier. Le comité exécutif de Morgan Stanley aura, pour sa part, 75 % des bonus en paiement différé.

Le sujet est délicat pour les banques, qui veulent pouvoir conserver et recruter les talents avec des rémunérations attractives. Mais elles doivent aussi aménager leurs pratiques dans un environnement qui leur est de plus en plus hostile, avec un cadre réglementaire qui sera sans doute de plus en plus contraignant. En témoigne la taxe sur les banques décidée par Barack Obama pour le budget 2011 et sa volonté de réduire leurs activités de courtage sur fonds propres.

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Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

Au fait, FULL SUPPORT à OBAMA qui je crois a décidé de mettre fin au règne de ces CHIENS de banquiers d'affaires.

La guerre est déclarée. Et il pourra compter sur tous les hommes d'honneur et d'intelligence que compte cette planète.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

Greg a écrit:

Au fait, FULL SUPPORT à OBAMA qui je crois a décidé de mettre fin au règne de ces CHIENS de banquiers d'affaires.

La guerre est déclarée. Et il pourra compter sur tous les hommes d'honneur et d'intelligence que compte cette planète.

LOL encore un qui croit aux molles promesses d'Obama. Tu devrais te mettre en rang, mais désolé ! Les homos et les prisonniers de Guantanamo passent avant toi OK ?

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

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Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

Chut, traitre.

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Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

D'acc, naïf.

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Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

Marrant, j'écoute C dans l'air là, et ils résument ce thread en mode "tout gentil". C'est la première fois que j'entends parler du Glass-Steagall Act à la télé depuis le début de cette crise.
Eh ben, un an et demi après la crise, ils ont fini par se mettre au parfum...

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Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

Greg a écrit:

Marrant, j'écoute C dans l'air là, et ils résument ce thread en mode "tout gentil". C'est la première fois que j'entends parler du Glass-Steagall Act à la télé depuis le début de cette crise.
Eh ben, un an et demi après la crise, ils ont fini par se mettre au parfum...

Ouais, enfin ce qu'ils ont (peut-être, mais je ne me fais plus guère d'illusions sur les médias français) oublié de dire c'est que plutôt que de remettre en vigueur la régulation Glass-Steagall, la loi passée le mois dernier par la majorité démocrate au Congrès (avec le soutien de la Maison Blanche) a satisfait le désir de Wall Street d'éviter la partition des corporations géantes et d'empêcher tout contrôle sur la mise en circulation massive de produits dérivés dont ces banques ont inondé les marchés. Ces banques ont donc recommencé à vendre ces produits dérivés exactement comme avant la crise. Et c'est, ô savoureuse ironie de l'histoire, John McCain qui s'est opposé le plus fermement à cette loi : il a présenté un autre projet de loi visant à re-réguler les banques avec un de ses collègues démocrates en affirmant : “I want to ensure that we never stick the American taxpayer with another $700 billion — or even larger — tab to bail out the financial industry. This country would be better served if we limit the activities of these financial institutions.”  Alors les gesticulations de Obama depuis sa méga-claque du Massachussetts, s'il y a quelqu'un pour y croire, franchement , on ne voit plus quel traitement lui proposer.

Last edited by Surfin'USA (25-01-2010 23:23:37)

"It's better to burn out than to fade away".
Joseph Goebbels ou Neil Young ?

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Re: "La crise" : le plus vaste hold-up de l'Histoire de l'Humanité...

Dédicace à RPC

http://www.youtube.com/watch?v=d0nERTFo-Sk

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"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016