Re: Fichiers, immigration, politique de la peur, suveillance des citoyens : face au régime de la peur et du mépris, la résistance est un devoir

Merci beaucoup Edouard.

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Re: Fichiers, immigration, politique de la peur, suveillance des citoyens : face au régime de la peur et du mépris, la résistance est un devoir

L’Etat Français veut vendre les fichiers personnels de cartes grises.
Qu’est-ce que c’est cette histoire ?
Afin d'aider l’industrie automobile ?
Je suis indignée.
http://www.leparisien.fr/faits-divers/l … 190546.php

On lit que l’Etat peut vendre à des fins d’enquêtes ou de prospection commerciale des données personnelles de cartes grises
1)    sans possibilité d’être prévenus ni consultés
2)    sans qu’il y ait possibilité de refuser. C’est complètement déloyal et malhonnête
3)    afin d’aider les constructeurs automobiles, en cas de rappel de voitures
4)    Pour aider les entreprises automobiles (et autres) à se développer, à prospecter ?

Je trouve le principe d’aider les entreprises automobiles ou autres par ce biais tout à fait scandaleux, ça me dérange au plus haut point. Pourquoi ?

Je pense que l’état n’a pas à « vendre »  ce qui ne lui appartient pas (ici des données personnelles). A contrario l’Etat pourrait « vendre » tout ce qui lui appartient.
Même si l’intention était à priori une intention louable dans le  but d’aider à rappeler des voitures défectueuses, disons, il faudrait demander la permission aux usagers…
D’ailleurs l’Etat n’aurait-il pas d’autres choses à vendre ?
Maintenant si le but inavoué était de relancer l’industrie automobile française eu leur fournissant des stats par exemple, je trouve cela culotté de le faire sans accord.

Je pense que c’est aux entreprises et à elles seules de trouver des idées innovantes /originales/ pertinentes/ inédites/ révolutionnaires, en adéquation avec le marché/ la demande pour fabriquer de nouveaux produits plus dans l’air du temps, pour vendre plus… (produits que le monde entier s’arracheraient, ça va de soi…  wink ).

L’Etat n’a pas à s’immiscer là dedans, je trouve qu’il n’est pas dans son rôle.

C’est une responsabilité de chef d’entreprise que de se doter (ce qui pourrait vouloir dire recruter) des meilleurs marqueteurs, ingénieurs, concepteurs, designers etc. . ou/et surtout de mettre bien en valeur leurs talents, leur travail, bien déceler leurs compétences et bien les utiliser (au sens noble). C’est même le cœur de leur métier il me semble…

http://www.lefigaro.fr/actualite-france … grises.php

edit: je pense que je ne suis pas dans le bon thread mais je n'ai pas réussi à trouver plus adéquat.

Last edited by zaza's birthday (16-12-2010 15:13:15)

"Rédupliquer, c'est être ce qu'on dit." (S.Kierkegaard)

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Re: Fichiers, immigration, politique de la peur, suveillance des citoyens : face au régime de la peur et du mépris, la résistance est un devoir

zaza's birthday a écrit:

C’est une responsabilité de chef d’entreprise que de se doter (ce qui pourrait vouloir dire recruter) des meilleurs marqueteurs, ingénieurs, concepteurs, designers etc. . ou/et surtout de mettre bien en valeur leurs talents, leur travail, bien déceler leurs compétences et bien les utiliser (au sens noble). C’est même le cœur de leur métier il me semble…

Qu'ils envoient donc un MP à mami ! :-)

Re: Fichiers, immigration, politique de la peur, suveillance des citoyens : face au régime de la peur et du mépris, la résistance est un devoir

Eurrrreka a écrit:
zaza's birthday a écrit:

C’est une responsabilité de chef d’entreprise que de se doter (ce qui pourrait vouloir dire recruter) des meilleurs marqueteurs, ingénieurs, concepteurs, designers etc. . ou/et surtout de mettre bien en valeur leurs talents, leur travail, bien déceler leurs compétences et bien les utiliser (au sens noble). C’est même le cœur de leur métier il me semble…

Qu'ils envoient donc un MP à mami ! :-)

smile  Recruter en France : on a perdu le mode d'emploi (j'ai me^me pas fais exprès, mon inconscient bosse bien!)

"Rédupliquer, c'est être ce qu'on dit." (S.Kierkegaard)

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Re: Fichiers, immigration, politique de la peur, suveillance des citoyens : face au régime de la peur et du mépris, la résistance est un devoir

http://4.bp.blogspot.com/_t_xlGGymR7U/TBKCinOBBOI/AAAAAAAAFeI/THwxUS5rdH0/s1600/Wut+you+tawkin+bout.jpg

Re: Fichiers, immigration, politique de la peur, suveillance des citoyens : face au régime de la peur et du mépris, la résistance est un devoir

Je vous recommande l'émission le bien commun (émission juridique) de samedi dernier, sur France Culture, sur les 3 nouveaux fichiers qui vont être utilisée par la Gendarmerie Nationale. http://www.franceculture.com/emission-l … mun.html-0

Re: Fichiers, immigration, politique de la peur, suveillance des citoyens : face au régime de la peur et du mépris, la résistance est un devoir

L'UMP et le gouvernement, spécialistes du fichage massif et généralisé de la population accusent le PS de vouloir ficher leurs opposants politique à travers la primaire.

La raisonnement est tordu pour ces ficheurs et surveillants généralisés professionnels. Ceux qui viendraient voter seraient considérés comme sympathisants et tous ceux qui ne seraient pas sur ces listes seraient considérés comme opposants politiques.

Le non fichage aboutirait au fichage des non-fichés. une sorte de fichage "négatif". Ils ciblent les municipalités socialistes qui ficheraient ainsi négativement les agents municipaux qui ne viendraient pas voter à ce vote...

Claude Guéant, le raciste à la couperose, l'un des concepteurs du fichage généralisé des citoyens français, des roms, et de la politique de la peur sarkozyste reprend à son compte, en tant que Ministre de l'Intérieur ces affabulations plutôt droles.

Décidément, l'UMP se ridiculise en attaquant un vote démocratique d'une façon perverse, en feignant d'oublier qu'eux fichent positivement les citoyens, et notamment les personnes qui ont un engagement dans une association ou un parti. Que le nombre de fichiers de police ou de gendarmerie a quasiment doublé, et qu'ils ont largement tenté de créer des statistiques ethniques.

Pervers, c'est vraiment le mot. Pervers dans leurs arguments (le fichage "négatif"), pervers dans leurs stratégie de communication, en accusant leurs opposants de "vouloir faire" quelque chose qu'eux font à un niveau extrême n usant pour cela les services de l'Etat, pervers dans le côté "procès d'intention" de l'accusation, puisqu'ils n'ont aucune preuve.

Le PS se défend en arguant qu'ils ont déjà contacté la CNIL, le Ministère de l'Intérieur (impartial, comme on le sait...), etc. etc.

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Fichiers, immigration, politique de la peur, suveillance des citoyens : face au régime de la peur et du mépris, la résistance est un devoir

apokrif a écrit:

Le mariage mixte n'est pas défini plutôt par la différence de nationalité ?

Alors cet argument peut être limite: si une personne d'origine turque mais française épouse une turque du village de ses parents après un mariage "arrangé" s'agit-il d'un mariage mixte?

Il me semble que oui, avec la terminologie employée :
http://ethnocide.blogspot.com/2009/08/r … ro-et.html

La terminologie n'est pas claire: ici, je lis:

Arnaud Vernet a écrit:

Les mariages mixtes mieux acceptés

Ils représentent aujourd’hui 27 % des mariages soit près d’un tiers! Plus de la moitié de ces mariages unissent un français et une personne originaire du Maghreb ou d’Afrique francophone.

Le journaliste semble considérer qu'un Français ne peut pas être originaire de certaines régions (il semble par ailleurs ignorer qu'une grande partie du Maghreb est en Afrique francophone).

Oder so ähnlich.

Re: Fichiers, immigration, politique de la peur, suveillance des citoyens : face au régime de la peur et du mépris, la résistance est un devoir

Aurélie Fillipetti a écrit dans l'ouvrage "Sarko m'a tuer" comment l'Elysée violait la vie privée, avec la complicité inacceptable de la prefectorale et des services de police.

Alors qu'elle avait déposé une plainte un soir contre son compagnon, elle se rend compte le lendemain matin que l'information avait été publiée dans le Figaro.

«Je suis sortie du commissariat à 22h30 et à 06h00 du matin, la plainte était dans Le Figaro»

«Des journalistes m’ont appelé en me disant qu’ils avaient obtenu cette information et qu’ils l’avaient obtenue de source élyséenne, de très très proche du président, du premier cercle». «Vous faites une déposition à Paris, tout remonte au préfet de police, qui est un proche du président de la République».

«D’après ce que je sais, la décision de publier cette information a été prise à un très haut niveau». «Le Figaro sert de courroie de transmission aux basses oeuvres de l’Elysée».

Sarko, sa bande et certains dirigeants de la police parisienne sont des voyous. D'ailleurs le fait que Claude Guéant apporte son soutien à ses sbires dans l'affaire des journalistes écoutés dans l'affaire worth Bettencourt montre bien que tous ces gens sont des mafieux et leur place, en réalité, loin des Palais républicains, est en prison.

Last edited by Emmanuel Goldstein (04-09-2011 16:44:17)

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Re: Fichiers, immigration, politique de la peur, suveillance des citoyens : face au régime de la peur et du mépris, la résistance est un devoir

Le scandale des "fadettes" prend de l'ampleur
Enquête | LEMONDE.FR | 05.12.11 | 10h45   â€¢  Mis à jour le 05.12.11 | 12h27

Le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, est soupçonné d'avoir supervisé la surveillance téléphonique, au cœur de l'affaire Bettencourt, de journalistes du "Monde".

Lorsque le patron lui a demandé de venir immédiatement dans son bureau, Patrick Nieto, commandant de police à l’inspection générale des services (IGS), la police des polices, a bien senti, le 9 septembre 2010, qu'il se passait quelque chose. Le boulot du commandant, c’est les fadettes. Les factures téléphoniques détaillées, il en avale toute la journée : il est chef de brigade depuis trois ans et contrôle les procédures de ses enquêteurs avant de les transmettre à la justice. Mais dès que l’affaire est sensible, c'est lui qui prend les choses en main.

Le commissaire divisionnaire Daniel Jacquème, directeur adjoint de l’IGS, a fermé la porte et lui a tendu un soit-transmis, une note du parquet de Nanterre. Le commandant a jeté un œil à la signature, Marie-Christine Daubigney, la procureur adjointe. Elle avait l’honneur de le prier "d’obtenir par voie de réquisitions de toute personne, de tout établissement ou organisme privé ou public ou de toute administration publique, les documents intéressant l’enquête". Elle y avait joint une plainte de Georges Kiejman, l’ex-avocat de Liliane Bettencourt, qui s’indignait d’une violation du secret professionnel après un article du Monde du 2 septembre 2010 titré "Les policiers à la recherche des petits papiers de Mme Bettencourt". Le procureur de Nanterre lui-même a demandé au divisionnaire de mettre la main sur les fadettes de Gérard Davet et Jacques Follorou, auteurs de l’article.

C’est cette enquête, conduite en toute illégalité par le procureur Courroye, que la cour d’appel de Bordeaux a annulé le 5 mai. La Cour de cassation dira, mardi 6 décembre, si elle confirme sa décision, mais se dessine en creux, dans le travail policier, la routine d’un espionnage des sources des journalistes mais aussi de la vie privée de tout un chacun. Les fadettes, conviendra le commandant Nieto au juge, "c'est un peu notre pain quotidien".

ENQUÊTE SUR ISABELLE PRÉVOST-DESPREZ

Les policiers de l’IGS ne sont pas nés de la dernière pluie et n’ignoraient rien de la sourde guerre qu’entretiennent le procureur Philippe Courroye et la présidente de la 15e chambre du tribunal de Nanterre, Isabelle Prévost-Desprez. On leur demandait en somme d’habiller une enquête sur la magistrate, par un long détour sur les sources des journalistes, sur le fondement juridique d’une plainte déposée fort à propos.

Philippe Courroye savait évidemment que l’un des auteurs de l’article, Jacques Follorou, avait des liens d’amitié avec Isabelle Prévost-Desprez, avec qui il avait co-signé un livre, Une juge à abattre (Fayard), quatre mois avant que le procureur s’intéresse aux fadettes.

Le commandant a noté sur un bout de papier le numéro de téléphone de Gérard Davet, l’autre signataire de l’article, que lui a donné le parquet de Nanterre. Il a bien compris qu’il ne lui servirait qu’à trouver celui de Follorou, pour confondre ensuite la magistrate. Le commandant a senti qu’il marchait sur des œufs. Le patron lui a d’ailleurs demandé "de travailler discrètement" et de faire vite, il fallait rendre la procédure avant le 30 octobre ; il devait rendre compte tous les jours des avancées de l’enquête. "Comment pouvez-vous être certain que les interceptions que vous sollicitiez n’étaient pas illégales ?", lui a demandé la juge Sylvia Zimmermann après la plainte déposée par Le Monde. "C’est quand même M. Courroye, qui est procureur du deuxième tribunal de grande instance de France, ancien juge d’instruction, qui me les a demandées, a répondu le policier. Je pensais que le parquet de Nanterre savait ce qu’il faisait."

LA CORVÉE DES FADETTES

Le commandant s’est mis aussitôt au travail. Il lui a fallu un mois pour rassembler un dossier de 700 pages, où sont minutieusement explorés les contacts des journalistes, les coups de fil de leurs enfants, de leurs parents, de leurs amis. On trouve de tout dans les fadettes. Les adresses des gens, leur date de naissance et parfois jusqu’à leur numéro de compte bancaire, ou l’heure à laquelle ils se réveillent le matin avec leur téléphone portable. Une entrée par effraction dans la vie privée de chacun, dans une parfaite discrétion.

Evidemment, éplucher des fadettes n’est pas un boulot totalement exaltant. Ce ne sont que des listes et des listes innombrables de numéros ; c’est comme l’annuaire, disait Desproges, on tourne trois pages et on décroche. Le commandant Nieto, en homme avisé, commence par résumer l’entretien avec son chef dans un procès-verbal où il relève soigneusement, pour se couvrir en cas de pépin, que "monsieur le procureur de la République nous demande de procéder aux investigations techniques sur les téléphones de messieurs Davet et Follorou", du 23 juillet au 2 septembre 2010, date de parution de l’article.

Ensuite, il fait comme tout le monde, il tape le nom des journalistes dans Google, et note que Gérard Davet est né le 25 août 1966, précision nécessaire pour les réquisitions aux opérateurs téléphoniques. Jacques Follorou lui donne un peu plus de fil à retordre, il lui faut consulter le fichier national des automobiles (FNA) – mais le journaliste n’a pas de voiture. Il essaie le fichier national des permis de conduire (FNPC) pour apprendre qu’il a vu le jour le 11 novembre 1967.

LES SMS DE LINDA

Le commandant Nieto a le numéro professionnel de Gérard Davet, mais se dit astucieusement que le journaliste a peut-être un autre téléphone. Il faut faire le tour des opérateurs pour leur poser la question, et les réquisitions sont toujours un peu fastidieuses. "Prions et requérons monsieur le directeur de Bouygues Télécom de bien vouloir nous faire connaître si une ou plusieurs lignes téléphoniques sont ouvertes au nom de Gérard Davet", tape le policier à midi. La réponse arrive trois heures plus tard : "recherche infructueuse". Même chose pour Orange. SFR sera le bon : l’IGS a désormais le numéro de téléphone personnel de Gérard Davet.

Le commandant réclame à SFR le lendemain la liste des appels reçus et émis du 23 juillet 2010 au 1erseptembre inclus. La réponse arrive par mail trois jours plus tard : 1 450 appels pour le mois d’août, dont 1 000 SMS. Le policier se dit, fichtre, le journaliste doit avoir un sacré forfait. Il reçoit aussitôt 42 feuillets de tableaux à 9 colonnes, qui recensent les appels, les SMS ou MMS envoyés ou reçus, le numéro de téléphone du suspect, celui de son correspondant, éventuellement celui d’un troisième interlocuteur, la date, l’heure, la durée de la communication, la cellule (la borne téléphonique utilisée) et le numéro IMEI du téléphone, c’est-à-dire l’International Mobile Equipment Identity, le numéro unique de chaque portable – pour connaître le sien, il suffit de taper sur son clavier *#06#. Les listings ne sont pas totalement complets, il manque ça et là un numéro de correspondant, une durée ou le numéro de la cellule, mais enfin il y a de quoi faire.

Le commandant relève et classe les numéros appelés. Il faut ensuite de nouvelles réquisitions, opérateur par opérateur, pour identifier les titulaires des lignes: c’est fait le 14 septembre. C’est un plaisir de travailler avec Bouygues : non seulement l’opérateur donne le nom et l’adresse du titulaire de la ligne, mais aussi sa date de naissance et son numéro de compte bancaire. Le policier note sans broncher que la femme de Gérard Davet est avocate, et fait donc théoriquement partie d’une profession protégée, ça n’empêche pas de livrer son compte bancaire, évidemment à son insu. Le commandant vérifie ensuite dans le fichier des fonctionnaires qu’il n’y a pas un policier parmi eux, éventuel auteur des fuites. Il relève surtout que le journaliste a appelé bien souvent une certaine Linda, 142 fois pour un mois d’août, c’est louche. Une brève vérification sur Facebook lui permet de surcroît de découvrir que c’est une jeune étudiante. L’enquête n’a pas été plus loin : le téléphone était en fait celui de la fille de Gérard, c’est évidemment le papa qui avait pris l’abonnement à son nom, et l’adolescente de 14 ans a appelé sa copine tout l’été. Les parents de Linda seront heureux d’apprendre que leur fille figure désormais dans les procès-verbaux de la police des polices.

Le numéro professionnel de Gérard Davet est chez Orange, qui envoie 30 pages de listings, soit 116 numéros appelants ou appelés, d’un peu tous les opérateurs. Le commandant écrit à tous et récupère une liste de noms. Il y a un peu de tout. Des avocats célèbres – dont Me Kiejman, à l’origine de la procédure – nombre de journalistes, des magistrats, des policiers de haut rang, le cabinet du ministre de l’intérieur et la présidence de la République. Il manque beaucoup de numéros de téléphone lorsque des SMS ont été envoyés, c’est agaçant. Gérard Davet a reçu "plusieurs centaines de SMS", note le policier et il n’a qu’une petite trentaine de numéros. Il appelle Orange pour savoir s’il y a moyen d’obtenir la liste complète, une aimable opératrice lui répond que malheureusement "la déperdition de l’information en matière de SMS est conséquente". Tant pis.

Le commissaire Jacquème rend compte presque chaque semaine au parquet de Nanterre. "La ligne du téléphone portable professionnelle de M. Davet permet de constater de nombreux contacts avec des journalistes et des avocats", écrit le divisionnaire. Il en profite pour demander au procureur à quoi correspond l’un des coups de fil au tribunal de Nanterre. Philippe Courroye lui répond que c’est celui du secrétaire général.

"Ce qui me choque le plus, explique Gérard Davet, c’est qu’ils ont vu tout de suite que je n’avais pas de contact avec la juge Prévost-Desprez. Et ça ne les a pas empêché de faire un environnement très large de ma famille proche, de mes contacts, de mes amis, d’identifier les copains de ma fille et de trouver leurs coordonnées personnelles."

OÙ EST FOLLOROU ?

Mais le commandant Nieto n’a toujours pas mis la main sur le numéro de Jacques Follorou, et on est déjà le 20 septembre. Le journaliste a un téléphone prêté par Le Monde, qui n’est donc pas à son nom. Le policier a remarqué que quatre lignes du Monde avaient appelé Gérard Davet, dont l’une peut-être "est susceptible d’être utilisée par Jacques Follorou". Le procureur ordonne «de solliciter les fadettes" de ces quatre numéros qu’il sait pertinemment venir du journal, quatre autres personnes qui n’ont probablement rien à voir avec l’affaire. Le commandant demande à Orange les fadettes de ces quatre numéros, 19 pages pour l’un d’entre eux, 4 seulement pour chacun des autres – "mentionnons que les numéros susceptibles d’intéresser l’enquête seront identifiés", note l’officier.

Le premier numéro a échangé plusieurs appels le 1erseptembre avec Gérard Davet, et le policier a le sentiment d’avoir enfin trouvé le numéro de Jacques Follorou. Il a appelé plein de gens, un avocat, une banque, le ministère des affaires étrangères, l’Assemblée nationale ou le Conseil d'Etat. Le policier s’interroge sur un numéro qui revient souvent, et demande à Colt Telecom, une société de télécommunications pour les entreprises, de lui faire connaître l’identité du titulaire du numéro 01 57 28 20 00. Colt ne connaît pas. Nous, si. C’est le standard du Monde.

Le commandant s’aperçoit de sa bévue le 1er octobre : "au vu des interlocuteurs identifiés", la ligne n’était pas celle de Jacques Follorou, mais celle de Raphaëlle Bacqué, "chef du service politique au journal Le Monde". Elle l’a été, elle est en fait grand reporter et a d’ailleurs signé un portrait de Philippe Courroye resté sur l’estomac du magistrat. La police a ainsi épluché les contacts de la journaliste par erreur, regardé quand elle appelait son mari, le collège de ses enfants, sa banque… Deux autres numéros du Monde, qui ne sont pas utilisés, n’ont pas été identifiés. Le dernier est celui d’Elise Vincent, chargée de l’immigration au journal, dont les policiers ont lu les fadettes, mais sans éplucher ses contacts.

LE COUP DU STIC

En faisant le tour des opérateurs, le commandant Nieto découvre que Jacques Follorou a ouvert une ligne chez Orange le 14 juillet 2010, à son adresse parisienne. Manque de chance : il n’a passé ni reçu aucun appel du 23 juillet au 1er septembre et le policier fait chou blanc. L’affaire devient agaçante. Le commandant prend alors les grands moyens : il décide de consulter le STIC, le système de traitement des infractions constatées, énorme fichier qui comptait 6,2 millions de personnes au 1erdécembre 2010, à la fois des auteurs et des victimes. Il découvre que Jacques Follorou a porté plainte, cinq ans auparavant, pour dégradations de véhicule. Et il a laissé son adresse et son numéro de téléphone… L’épisode en dit d’ailleurs long sur la fiabilité du fichier, le journaliste n’a pas de voiture et encore moins de véhicule dégradé : il a manqué de se faire écraser avec sa fille en traversant une rue et avait laissé une main courante au commissariat du 6e arrrondissement de Paris.

En tout cas, le commandant détient ce qu’il cherchait – le numéro de Jacques Follorou – moyennant un détournement de finalité de fichier : il constate avec satisfaction qu’il a appelé Gérard Davet le 31 août pendant 387 secondes. Il suffit ensuite de demander les fadettes à Orange, qui fournit 82 copieuses pages de listing. Beaucoup de sources du journalistes sont là, des avocats, des magistrats, le secrétariat général du gouvernement, des ambassades, Médecins sans frontières, des journalistes, des amis, ses enfants, le ministère de l’intérieur… Le policier annexe paisiblement les coordonnées de la patronne du club d’équitation, à Ouessant, où sa fille fait du cheval l’été, la patronne du magasin de location de vélo et même le numéro du taxi de la gare. Le commandant passe 40 noms au fichier du personnel de la préfecture de police, dont une forte proportion de journalistes du Monde, pour en déduire qu’aucun "n’est fonctionnaire de police".

Le commandant en revanche ne s’attarde pas une seconde sur les numéros de portables des directions centrales de la police judiciaire ou du renseignement intérieur : il ne serait sans doute pas très bon pour sa carrière de noter en procédure les noms du gratin de la police. "On laisse de côté des gens qui pourraient être des sources, s’indigne Jacques Follorou, et on s’intéresse à la mère de mes enfants ou à leur monitrice d’équitation. Ça prouve bien que toute cette enquête n’est qu’un habillage, une dépense en pure perte d’argent public."

L'IGS A BIEN SENTI QU’IL SE PASSAIT QUELQUE CHOSE

Le commandant a effectivement trouvé ce qu’il cherchait depuis le début : le numéro d’Isabelle Prévost-Desprez, l’ennemie jurée du procureur Courroye. Le policier fait la liste des SMS échangés entre la magistrate et le journaliste, il y a le jour et l’heure, mais pas le contenu, et parfois le nombre de caractères, une cinquantaine en moyenne, c’est-à dire très peu et en tout cas pas de quoi résumer un procès-verbal: le plus long fait 160 caractères, le plus court 3, sans doute un smiley. Le journaliste et la magistrate ont échangé 57 SMS entre le 23 juillet et le 2 septembre. "J’ai des relations amicales avec Isabelle Prévost-Desprez, convient Jacques Follorou, oui, on s’est envoyé des SMS, on le fait d’ailleurs toujours aujourd’hui."

Marie-Christine Daubigney, la procureur-adjointe, franchit le 30 septembre une étape supplémentaire, et demande à l’IGS d’obtenir le contenu de ces messages : si certains doutent que les fadettes soient comparables aux écoutes, ce n’est pas le cas de la magistrate. Le commandant en fait la demande le jour-même, Orange répond que ce n’est pas techniquement possible.

L’enquête est close le 6 octobre. Daniel Jacquème et Patrick Nieto ont été la porter en mains propres, si l’on peut dire, au procureur Courroye et à Mme Daubigney. "Vous ont-ils fait des réflexions ?", demande la juge Zimmermann au commandant. "Ils nous ont juste dit, 'très bien, merci'."

Lorsqu'un procureur, ami personnel du Président cité dans l'enquête, autorise des comportements de barbouze, au mépris de la procédure et de son devoir d'impartialité, non seulement pour répondre aux besoins de son ami mandant mais aussi pour régler des comptes personnels avec une Magistrate qu'il considère manifestement comme rivale, on se dit qu'il y a un très très gros problème dans la France de Sarkozy.

Lorsqu'un policier exécute des ordres aussi manifestement illégaux, et lorsqu'il est aussi simple d'accéder aux données personnelles des individus, au travers d'entreprises auxquels on est abonnés, on se dit que la crise de confiance que connaît notre pays, à l'égard de ses "élites" n'a pas encore atteint son point maximal.

Il est temps que des hommes nouveaux accèdent aux responsabilités et remettent de l'ordre en sanctionnant le plus sévèrement ceux qui, à partir d'une position d'autorité où ils sont sensés garantir la sécurité, la liberté, la vie privée, en un mot l'ordre public et au total la confiance d'un peuple en son système, se comportent d'une façon qui instille la défiance à l'égard de toute forme d'autorité.

Cela vaut également pour Claude Guéant et sa récente "saillie" sur M. Strauss-Kahn qui est absolument inqualifiable.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Fichiers, immigration, politique de la peur, suveillance des citoyens : face au régime de la peur et du mépris, la résistance est un devoir

Greg a écrit:

Cela vaut également pour Claude Guéant et sa récente "saillie" sur M. Strauss-Kahn qui est absolument inqualifiable.

Pour le coup ( big_smile ) les saillies sont plutôt à chercher du côté de DSK...

"Les hommes qui disent que les femmes sont frigides sont de mauvaises langues" Guitry

Re: Fichiers, immigration, politique de la peur, suveillance des citoyens : face au régime de la peur et du mépris, la résistance est un devoir

Voici le pays dans lequel nous vivons.

Cette administration préfectorale est devenu une officine raciste et inhumaine, la lie de l'humanité, la vermine de la France, avec à sa tête l'abjection humanoïde Guéant.

Une Américaine : « Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter l'expulsion ? »

Julie Smith
Américaine vivant en France
Lorsque cette conseillère en finance a tenté de devenir autoentrepreneuse, la préfecture y a vu « un moyen dilatoire de rester indûment sur le territoire ».

Voici mon histoire d'immigrée américaine. Celle de plein d'autres, depuis le durcissement de la politique d'immigration menée par le ministre de l'Intérieur Claude Guéant. Cette politique détruit les vies de beaucoup d'étrangers installés et intégrés depuis longtemps ici. Elle prive la France de leur réelle contribution à l'économie. Elle est appliquée d'une façon complètement illogique et injuste.

Après une licence en science politique d'une université américaine, j'ai obtenu le diplôme du programme international de Sciences-Po Paris en 2000. Je suis arrivée à Paris en 2005 dans le cadre d'un double diplôme en économie et en finances entre une autre université américaine et Sciences-Po.

Une fois diplômée, on m'a proposé un poste dans une société française spécialisée dans le conseil en finance. Avec mon CDI, j'ai obtenu un titre de séjour salarié auprès de la préfecture de police, régulièrement renouvelé depuis 2005.

Je pensais que cela serait automatique

En mars 2010, j'ai décidé de créer une entreprise avec le statut d'autoentrepreneur : je voulais donner des cours d'anglais et des services de traduction aux particuliers et aux entreprises. Je me suis inscrite auprès de l'Urssaf et j'ai obtenu un numéro Siret en avril.

Je me suis aussi renseignée sur la manière d'obtenir un titre de séjour correspondant au statut d'autoentrepreneur. J'ai été dirigée vers le service « Commerçants » de la préfecture puis j'ai effectué toutes les démarches requises pour commencer mon activité.

Janvier 2011. Cinq mois plus tard, toujours pas de réponse définitive. Mon titre de séjour salarié est expiré depuis août 2010, je possède juste un récépissé. Je suis alors contactée par un chasseur de têtes : je signe à nouveau un CDI avec une autre société de conseil spécialisée en finance.

Pour un étranger, il n'existe pas de titre de séjour « salarié et commerçant ». N'ayant pas eu de réponses pour le titre « commerçant », j'ai cherché à renouveler celui de salarié grâce à mon CDI, pour mener mes deux activités. J'avais effectué cette démarche plusieurs fois sans aucun problème. Mon nouveau contrat était presque identique aux précédents : je pensais que cela serait automatique. A tort.

Un mois pour quitter le territoire



VOIR LE DOCUMENT
(Fichier PDF)
En février, la préfecture a refusé ma demande. Elle m'a envoyé, deux semaines plus tard, une obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois, jugeant que ma demande était :

« Un moyen dilatoire de rester indûment sur le territoire. »

J'ai montré cette lettre à tous mes amis, à tous ceux qui ne me croyaient pas. La réaction était toujours la même : choc et incompréhension. Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter l'expulsion ? Plusieurs m'ont même accompagnée à la préfecture pour voir de leurs propres yeux ce qui est en train d'arriver aux immigrés.

Je suis en France depuis six ans, je loue un appartement dans le centre de Paris. J'ai toujours travaillé, cotisé et payé mes impôts. Tout mon réseau professionnel et mes amis sont ici. Je suis complètement intégrée dans la société française. Et tout ce que j'ai construit seule, après des années de travail, est tout d'un coup détruit par la préfecture de police.

Je devais commencer mon nouveau contrat le 1er mars. Mais depuis cette lettre, je vis une vie de galère de pauvreté et de terreur. Je suis obligée de refuser les offres de travail. Je dois bientôt quitter mon studio mais sans papiers et sans contrats, impossible de trouver un autre endroit.

Ma vie en France est tout ce que j'ai

Il reste les canapés des amis. Je fais des petits boulots sans papiers avec le risque de ne pas être payée. Je vis au jour le jour avec le souci permanent de conserver mon toit et de trouver à manger. Tout ça parce que la préfecture a jugé mon CDI comme « moyen dilatoire de rester indûment en France ».

Je refuse de baisser les bras devant une telle injustice. Et je n'ai pas le choix : ma vie en France est tout ce que j'ai. Aux Etats-Unis, en pleine crise économique, je serai au chômage, sans assurance santé, dépendant de mes parents : je ne peux pas leur demander de me soutenir financièrement.

J'ai donc entamé un processus juridique contre la préfecture. J'ai gagné ma première audience qui a suspendu l'obligation de quitter le territoire et forcé la préfecture à réexaminer ma demande. J'ai donc été reconvoquée en mai : fin septembre, elle m'a rappelée pour me dire qu'elle n'avait jamais vu mon contrat.

J'en ai pourtant donné trois copies : en février, en avril et en mai. Je l'ai donc envoyé une quatrième fois par lettre recommandée. J'ai bientôt une dernière audience au tribunal : mon dernier espoir d'avoir enfin des papiers.

Ce lundi 24 octobre, bonne nouvelle : le rapporteur public a annulé l'obligation de quitter le territoire. C'est la reconnaissance de l'illégalité de la décision. Le préfet doit donc à nouveau statuer sur mon dossier.

Vouloir travailler, payer mes impôts, un crime qui mérite l'expulsion ?

De cette expérience, j'ai appris plusieurs choses :

comment survivre seule, dans des circonstances financières terrifiantes ;
l'Etat n'est pas toujours là pour vous protéger. Au contraire : il faut parfois se protéger contre un Etat qui ne respect pas ses propre lois.
Pour beaucoup d'entre nous, l'administration française de l'immigration est un cauchemar. Les lois de la République sont appliquées d'une façon aléatoire ou pas du tout. En tant qu'immigrée, je ne peux pas voter mais je paie des impôts à l'Etat. Ces impôts soutiennent l'Etat-providence et paient les salaires de ceux qui m'expulsent.

Avant de l'être moi-même, j'étais bénévole pour les sans-papiers auprès d'une association à Paris. J'aidais les gens arrivés en France dans des circonstances difficiles. Je ne mérite pas plus qu'eux de rester. Je sais d'ailleurs que j'ai la chance d'être américaine et diplômée. Mais qu'est-ce que j'ai fait pour mériter l'expulsion ? Vouloir travailler, payer mes impôts, c'est un crime qui mérite l'expulsion ?

Je veux vivre dans ce pays que j'aime

La France est perdante quand elle chasse de son pays des immigrés qui participent à l'économie. Elle perd nos impôts, notre consommation intérieure et notre productivité au sein des entreprises françaises.

J'aime la France, sa culture, sa langue, son histoire, son respect pour les droits de l'homme. Aux Etat-Unis, les droits (assurance santé, éducation, etc.) s'achètent de plus en plus : ceux qui n'ont pas les moyens s'endettent pour survivre. Ce n'est pas le cas de la France.

Je demande juste le droit de pouvoir travailler dans ce pays en solidarité avec ses citoyens. De participer à la société et à l'économie, d'offrir mes compétences et de payer mes impôts dans ce pays que j'aime. Merci.

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Re: Fichiers, immigration, politique de la peur, suveillance des citoyens : face au régime de la peur et du mépris, la résistance est un devoir

Emmanuel Goldstein a écrit:

avec à sa tête l'abjection humanoïde Guéant.

Je dirais plutôt un simulacre, un der Alte, tel qu'on peut en trouver dans les romans de Philip K. Dick.

"In heaven, everything is fine." (the Lady in the Radiator)
"You'd never guess...There was a fish... in the percolator."
"I like to remember things my own way... not necessarily the way they happened."

Re: Fichiers, immigration, politique de la peur, suveillance des citoyens : face au régime de la peur et du mépris, la résistance est un devoir

Orcid a écrit:

PARIS, 30 juin 2009 (AFP) - Les contrôles d'identité par la police à Paris se fondent
"principalement sur l'ethnicité et le style de vêtements" portés par les personnes
contrôlées et non sur la base d'un comportement suspect, démontre une étude publiée
mardi.

http://www.franceinfo.fr/justice/delit- … 2012-04-11 :

Délit de faciès : 15 personnes attaquent l'État pour contrôle abusif

Cette action civile collective pour discrimination doit être lancée aujourd'hui. Selon une étude du CNRS en 2009, les personnes noires ou perçues comme arabes ont six à huit fois plus de chance de se faire contrôler.

Sait-on comment les auteurs du recours entendent prouver l'existence des discriminations qu'ils auraient subies ?

Last edited by Charly (11-04-2012 23:28:44)

Re: Fichiers, immigration, politique de la peur, suveillance des citoyens : face au régime de la peur et du mépris, la résistance est un devoir

Vu sur le lien fourni par Charly sur le thread "big brother"
http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise … y/16261797
Dans les faits, le nombre de dealers n’a pas réellement augmenté: ils se sont simplement concentrés dans le secteur de la Combe. En cause, la fermeture du centre d’accueil des requérants d’asile de l’EVAM, au quartier des Fontaines, en février dernier, au profit d’un nouveau lieu d’accueil à Begnins.
Nyon est malgré tout restée une plaque tournante du deal dans la région: «Aucun trafic n’a été constaté pour le moment au centre de Begnins ni à Gland, explique Philippe Jaton, porte-parole de la police cantonale. Mais il y a en effet des activités à Nyon.» Le porte-parole rappelle que les migrants doivent quitter les abris PCi qui les accueillent la nuit, «ils sont donc mobiles».
Sentiment d’insécurité
«Nous avons pu constater une recrudescence du trafic dans le secteur de la Combe depuis que le centre EVAM a fermé, confirme James Lacroix, chef de police secours à Nyon. Il en reste encore quelques-uns au quartier des Fontaines, qui fournissent des habitués.» En tout, une vingtaine de migrants d’origine africaine traficotent en ville. «Ils ont tous passé par un centre de migrants et certains d’entre eux n’ont plus de statut», précise James Lacroix.
«Ça laisse un sentiment d’insécurité qui est détestable, peste Roxane Faraut, conseillère communale PLR. Les parents n’osent plus passer par la place des Marronniers pour rejoindre la place de jeu, dans le parc.»
Le problème, c’est que la marge de manœuvre de la police est restreinte. «La justice n’a pas les moyens de les enfermer», souligne la municipale Elisabeth Ruey-Ray. Parfaitement organisés, les dealers se font en effet pincer pour détention de drogue, presque jamais pour trafic. Ils sont donc rapidement relâchés.
«Le seul moyen d’action, c’est de déstabiliser le marché en intervenant de manière répétée», poursuit Elisabeth Ruey-Ray. La police nyonnaise se rend sur place plusieurs fois par jour, fouille les bosquets pour récupérer la marchandise planquée par les dealers. La police cantonale intervient également avec des chiens pour intercepter la marchandise. Elisabeth Ruey-Ray conclut, un peu pessimiste: «De toute façon, si on les chasse de la promenade d’Italie, ils iront dealer ailleurs.»

Rien de plus clair que ce constat d'incapacité des autorités, dont le dernier sursaut d'énergie est consacré à dissuader les habitants d'agir...

Last edited by gustave (12-04-2012 11:23:07)

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."