Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Enfin il en sera quand même administrateur s'il est élu...mais certes, ne pas lui confier la présidence aura du bon.
Mais je pense que Papa lui trouvera quand même un autre petit poste bien douillet pour jeune arriviste non-diplômé mais Fils de...

On n'était pas dans l'air du temps, on était dans la magie du siècle.

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Il parle comme son père. sad On va encore l'entendre pendant cinquante ans.

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Sourire d'Enfer a écrit:

Enfin il en sera quand même administrateur s'il est élu...mais certes, ne pas lui confier la présidence aura du bon.
Mais je pense que Papa lui trouvera quand même un autre petit poste bien douillet pour jeune arriviste non-diplômé mais Fils de...

Bien niveau café du commerce c'est du lourd ça.
Il a laissé tomber pour l'epad et je crois au contraire que tout le monde va surveiller ses moindres faits et gestes pendant un (long) moment. Peut-être jusqu'à ce qu'il décroche enfin un diplôme d'ailleurs.

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Trèfle a écrit:
Sourire d'Enfer a écrit:

Enfin il en sera quand même administrateur s'il est élu...mais certes, ne pas lui confier la présidence aura du bon.
Mais je pense que Papa lui trouvera quand même un autre petit poste bien douillet pour jeune arriviste non-diplômé mais Fils de...

Bien niveau café du commerce c'est du lourd ça.
Il a laissé tomber pour l'epad et je crois au contraire que tout le monde va surveiller ses moindres faits et gestes pendant un (long) moment. Peut-être jusqu'à ce qu'il décroche enfin un diplôme d'ailleurs.

Boaf. Il sera administrateur quand même. Et comme jusqu'à présent personne ne savait que ça existait, on n'en reparlera plus... pendant un temps.

355

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Saine décision. Je pense que le brouillage des enjeux nationaux de premier plan que constituait cette affaire a contraint le père à faire admettre raison au fils.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

356

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

J'aimerais bien voir la réaction de Mougeotte.

357

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Greg a écrit:

Saine décision. Je pense que le brouillage des enjeux nationaux de premier plan que constituait cette affaire a contraint le père à faire admettre raison au fils.

Il n'est pas impossible que la décision était prise depuis déjà quelques jours, et qu'ils ont tenu à faire durer le suspens afin d'occuper la scène politique.

Assez finement joué finalement. Sarko fils venant de se faire connaître auprès des Français, et son refus de dernière minute pourra lui bénéficier sur la durée

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

RPC a écrit:
Greg a écrit:

Saine décision. Je pense que le brouillage des enjeux nationaux de premier plan que constituait cette affaire a contraint le père à faire admettre raison au fils.

Il n'est pas impossible que la décision était prise depuis déjà quelques jours, et qu'ils ont tenu à faire durer le suspens afin d'occuper la scène politique.

Je ne vois pas trop l'intérêt d'occuper l'espace si c'est pour l'occuper d'une manière qui discrédite Sarkozy aux yeux d'une majorité de Français. D'un autre côte je ne vois pas l'intérêt de faire cette annonce maintenant, alors que la polémique commençait lentement à retomber.

Méandres de la communication politique...

"It's better to burn out than to fade away".
Joseph Goebbels ou Neil Young ?

359

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Surfin'USA a écrit:

Je ne vois pas trop l'intérêt d'occuper l'espace si c'est pour l'occuper d'une manière qui discrédite Sarkozy aux yeux d'une majorité de Français. D'un autre côte je ne vois pas l'intérêt de faire cette annonce maintenant, alors que la polémique commençait lentement à retomber.

Méandres de la communication politique...

J'avais lu une étude quelque part - je vais chercher- qui montrait que le temps d'espace occupé dans les médias avait un effet direct positif sur le vote. Ce fut d'ailleurs la stratégie de Le Pen pendant de nombreuses années, à raconter des horreurs ce qui ne l'empêchait pas de récolter 15% des suffrages.

Les Français ont la mémoire courte des faits, pas des têtes !

Mais effectivement, pour le PS, cela a moins bien marché !!

Last edited by RPC (22-10-2009 21:16:40)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Effectivement, une étude a bien montré cela (je l'ai quelque part dans mes notes de cours, je la posterai quand je les relirai). Le problème avec ces études, c'est que bien souvent elles ne distinguent pas corrélation et causalité, de sorte qu'on se retrouve à dire qu'un candidat, quelles que soient ses positions politiques, bénéficie électoralement de toujours davantage d'attention des médias; or il me semble que l'on observe bien le phénomène inverse avec Sarkozy... et d'autres études ont montré exactement le contraire. Bref, c'est un domaine passionnant mais malheureusement souvent un peu fumeux.

361

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

loup des steppes a écrit:

Effectivement, une étude a bien montré cela (je l'ai quelque part dans mes notes de cours, je la posterai quand je les relirai). Le problème avec ces études, c'est que bien souvent elles ne distinguent pas corrélation et causalité, de sorte qu'on se retrouve à dire qu'un candidat, quelles que soient ses positions politiques, bénéficie électoralement de toujours davantage d'attention des médias; or il me semble que l'on observe bien le phénomène inverse avec Sarkozy... et d'autres études ont montré exactement le contraire. Bref, c'est un domaine passionnant mais malheureusement souvent un peu fumeux.

Oui, enfin en l'occurence il faut traiter du biais d'endogéneité (je passe à la TV parce-que je suis important ou je suis important parce-que je passe à la TV) ?

ce n'est pas fumeux ou non fumeux, c'est juste que c'est fait par des sociologues ou des politologues, donc c'est en général pas très bien fait (attention, je n'ai pas dit que tous le font mal, mais qu'en général les questions d'endogéneité dans leurs études n'étaient pas suffisamment traitées).

Last edited by RPC (22-10-2009 22:11:08)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

362

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Je ne crois pas à la thèse de RPC et apporte mon plussoiement à Surfin'. Je crois au contraire que c'est le niveau et la durée de la polémique qui a surpris alors que l'on croyait au départ que ça passerait comme dans du beurre. Dans certaines sphères UMPistes on disait il y a peu de temps "oh vous savez, un buzz ça dure 3 jours..." Or celle-là dure depuis plus d'une semaine.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

RPC a écrit:
Surfin'USA a écrit:

Je ne vois pas trop l'intérêt d'occuper l'espace si c'est pour l'occuper d'une manière qui discrédite Sarkozy aux yeux d'une majorité de Français. D'un autre côte je ne vois pas l'intérêt de faire cette annonce maintenant, alors que la polémique commençait lentement à retomber.

Méandres de la communication politique...

J'avais lu une étude quelque part - je vais chercher- qui montrait que le temps d'espace occupé dans les médias avait un effet direct positif sur le vote.

Oui enfin déjà nous ne sommes pas vraiment prêt d'une élection et donc l'influence des médias aujourd'hui sur le vote dans six mois doit vraiment être minime ; deuxièmement, les prochaines élections ce sont des régionales, des élections de second-ordre lors desquelles la participation est faible et où ce sont donc les électeurs les plus politisés qui votent, ce qui réduit d'autant plus l'effet des variables à court-terme (tout ce qui est campagne électorale, personnalité des candidats, etc.) sur le vote ; troisièmement, ce qui a surtout été démontré à ma connaissance, c'est que les campagnes électorales et donc les médias n'altèrent pas les opinions (et in fine le vote) des individus, mais leurs permettent plus simplement de mettre en cohérence leurs opinions avec celles de leur parti, ou, en France, de leur "tendance politique" (gauche/droite/extr.-droite).

Après il est vrai que si on suit cette idée, il semble logique de dire que plus on passe à la TV, plus on parvient à réactiver les prédispositions latentes de son électorat, ce qui revient au même bien que la processus psychologique soit un peu plus complexe qu'une simple relation de causalité.

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Joseph Goebbels ou Neil Young ?

364

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Greg a écrit:

Je ne crois pas à la thèse de RPC et apporte mon plussoiement à Surfin'. Je crois au contraire que c'est le niveau et la durée de la polémique qui a surpris alors que l'on croyait au départ que ça passerait comme dans du beurre. Dans certaines sphères UMPistes on disait il y a peu de temps "oh vous savez, un buzz ça dure 3 jours..." Or celle-là dure depuis plus d'une semaine.

Bof, depuis trois jours tout le monde était déjà résigné...

Et puis, pour le coup, tu as la mémoire courte sur les polémiques sarkozystes, qui elles ont été très vite oubliées : Zapatero, Pérol, l'augmentation de son salaire, les dépenses de l'Elysée, le Yacht de Bolloré, etc. etc. La victoire aux Européennes étant à mon avis une preuve assez flagrante (mais tu me diras à juste titre que c'était davantage une défaite du plus mauvais parti d'opposition que la France n'ait jamais connu qu'une victoire de l'UMP, ce à quoi je répondrai que tu as sans doute raison).

Par de nombreux côtés, certaines me paraissent bien plus graves que Prince Jean.

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

365

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

http://www.lemonde.fr/politique/article … id=1052464

Hum, les joies de la communication... "courage et sagesse de Jean Sarkozy"

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

La thèse de RPC ne me semble pas dénuée de sens. Le fait de s'être porté candidat à la présidence de l'EPAD - et d'y avoir renoncé à court terme - lui permet aujourd'hui d'en être administrateur sans que personne ne soit choqué. Coup double (de ses conseillers en communication) à mon avis : il devient administrateur de l'EPAD et prépare les esprits pour en devenir bientôt le président.

Quand on post on raconte pas sa vie.

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

lehussard a écrit:

La thèse de RPC ne me semble pas dénuée de sens. Le fait de s'être porté candidat à la présidence de l'EPAD - et d'y avoir renoncé à court terme - lui permet aujourd'hui d'en être administrateur sans que personne ne soit choqué. Coup double (de ses conseillers en communication) à mon avis : il devient administrateur de l'EPAD et prépare les esprits pour en devenir bientôt le président.

Non mais en fait c'est un complot du lobby juif soutenus par les illuminatis.
La réaction des médias tels que le figaro et la communication de l'Elysée laisse à penser que le coût a été élevé dans les rangs même de la majorité - ce qui n'était pas forcément le cas des buzz précédents. Je ne pense pas que quiconque ait pu avoir intérêt à faire durer le machin alors que le président allumait autant de contre-feux (du type Gandrange)

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

"Un terroriste ne mérite pas de mourir. Il mérite de vivre l'enfer. A perpétuité. Et seule la déchéance de la nationalité le permet." Greg

368

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Vox populi a écrit:

Comme quoi la pression a du bon ! Et ne pas se contenter d'attendre des élections pour manifester son mécontentement peut donner des résultats (hein mami ;-))

Mami elle avait signé la pétition et a gueulé comme tout le monde. Il a fait quoi de plus le "vox populol"? Je disais juste que si rien ne bougeait, il risquerait de se prendre une grosse claque aux régionales.

Lolita, light of my life, fire of my loins. My sin, my soul. Lo-lee-ta: the tip of the tongue taking a trip of three steps down the palate to tap, at three, on the teeth. Lo. Lee. Ta

369

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

mami a écrit:
Vox populi a écrit:

Comme quoi la pression a du bon ! Et ne pas se contenter d'attendre des élections pour manifester son mécontentement peut donner des résultats (hein mami ;-))

Mami elle avait signé la pétition et a gueulé comme tout le monde. Il a fait quoi de plus le "vox populol"? Je disais juste que si rien ne bougeait, il risquerait de se prendre une grosse claque aux régionales.


Allons allons mes amis, ne nous disputons pas en ce moment de fête, qui a vu la victoire de la contestation populaire sur l'ignoble despotisme de l'Elysée !

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

370

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Barney a écrit:
lehussard a écrit:

La thèse de RPC ne me semble pas dénuée de sens. Le fait de s'être porté candidat à la présidence de l'EPAD - et d'y avoir renoncé à court terme - lui permet aujourd'hui d'en être administrateur sans que personne ne soit choqué. Coup double (de ses conseillers en communication) à mon avis : il devient administrateur de l'EPAD et prépare les esprits pour en devenir bientôt le président.

Non mais en fait c'est un complot du lobby juif soutenus par les illuminatis.
La réaction des médias tels que le figaro et la communication de l'Elysée laisse à penser que le coût a été élevé dans les rangs même de la majorité - ce qui n'était pas forcément le cas des buzz précédents. Je ne pense pas que quiconque ait pu avoir intérêt à faire durer le machin alors que le président allumait autant de contre-feux (du type Gandrange)

Sûrement, mais il n'en reste pas moins que du coup peu nombreux seront ceux à continuer à s'offusquer qu'il soit administrateur alors qu'à la base le poste n'est vacant que parce que le prédecesseur a voulu complaire Notre Seigneur.

Je ne dis pas que c'était une stratégie délibérée de la part de Sarko junior, juste que le coût politique de cet affaire ne sera sans doute pas si élevé que ça pour lui.

"Ecarte-toi, gnome fétide. Ma virilité n'a pas la place de passer..."

371

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Tout à fait.

Et ce qui me surprend, c'est le rejet "dernière minute", alors que le "pic" de la polémique était il y a quelques jours.


Donc Barney, loin d'un complot, il s'agit simplement de se demander pourquoi attendre le dernier moment, alors que, comme l'a noté Surfin USA, ce n'était certainement pas le meilleur moment.

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Le pic était il y a quelques jours... et allait reprendre de plus bel le 4 décembre pour l'élection du président.

Je crois qu'il ne faut pas chercher de complot là dessus, juste de l'amateurisme.

Please could you take this note, ram it up your hairy inbox and pin it to your fucking prostate.

373

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Pierre-L a écrit:

Le pic était il y a quelques jours... et allait reprendre de plus bel le 4 décembre pour l'élection du président.

Je crois qu'il ne faut pas chercher de complot là dessus, juste de l'amateurisme.

Certes.

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

374

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Il ne faut pas non plus confondre "complot" et "stratégie". Un complot est une stratégie, mais une stratégie (ce dont il s'agit peut-être dans le cas présent) n'est pas nécessairement un complot. Par exemple, je ne pense pas qu'un PDG qui établit une stratégie pour gagner des parts de marché soit un comploteur !

375

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Mais effectivement il peut aussi s'agir tout simplement d'amateurisme.

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Hussard nl a écrit:

Il ne faut pas non plus confondre "complot" et "stratégie". Un complot est une stratégie, mais une stratégie (ce dont il s'agit peut-être dans le cas présent) n'est pas nécessairement un complot. Par exemple, je ne pense pas qu'un PDG qui établit une stratégie pour gagner des parts de marché soit un comploteur !

Si c'est une stratégie elle est juste contreproductive.
Enfin, les municipales de Neuilly ont montré que Sarkozy pouvait être très malhabile en matière de stratégie, surtout quand ça implique des proches.

Pour Médiapart c'est la faute à la recomposition du cabinet et plus particulièrement à Guéant.

Elysée: enquête au cœur d'un système qui grippe

Sur la mauvaise passe actuelle du président de la République, le bon mot appartient incontestablement à François Hollande, l'ancien premier secrétaire du parti socialiste dans le JDD: «Il n'a pas perdu la main. Il a perdu pied.» L'effet d'accumulation est tel qu'il n'est en effet pas nécessaire d'en dresser l'inventaire: depuis cette rentrée le système grippe. Reste à comprendre les raisons du phénomène, du moins à les approcher. Qu'est-ce qui a failli? Le chef de l'Etat lui-même, qui s'épuise ou qui a moins goût à la fonction? Un entourage qui ne fait plus son office? Et pourquoi donc cet équipage, qui, hier, paraissait tellement en avance sur ses adversaires, subit, aujourd'hui, les problèmes davantage qu'il ne les prévoit?

Deux constats en forme de diagnostic fleurissent ici ou là.

Le premier renvoie à l'esprit magique ou à la science politique et pose la fameuse malédiction de la mi-mandat. Le méchant coup de mou qui frappe l'Elysée serait arrivé à tous les présidents à ce moment précis de leur mandature – gauche et droite confondues. Il n'y aurait donc rien à opposer à cette implacable mécanique de l'usure du pouvoir et pas grand chose à faire. Juste patienter. Il n'y a donc rien à en dire.

Le second va chercher dans l'état de santé de Nicolas Sarkozy lui-même. Après deux années sur un train d'enfer, le président de la République aurait tiré les leçons de son malaise de l'été et aurait considéré favorablement les conseils à la tempérance et à l'économie personnelle. Délicate, voire taboue en France puisqu'elle touche à l'intimité, et pas n'importe laquelle, celle du monarque élu, cette thèse doit s'envisager. On se souvient que le 3 juillet le chef de l'Etat faisait connaître un bulletin de santé attestant de sa pleine forme. Le 26, il était hospitalisé à la suite d'un footing intense programmé aux heures chaudes de la journée. Le 28, il faisait lui-même savoir sur sa page Facebook qu'il allait mieux, rassurant ses supporters et les remerciant de leur soutien. Depuis, rien.

De longues vacances, un agenda officiel très sérieusement allégé depuis septembre, la réunion quotidienne de 8 h 30 dorénavant pilotée par Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée, hors sa présence, ne semblent pas avoir suffi à lui redonner la pêche. On le voit amaigri, les traits tirés. On le dit irritable. La chronique relate ses colères. Le président perdrait ses nerfs, ce que sa récente charge contre la presse et les «commentateurs» laisse entrevoir. Il y a comme de la lassitude.


La vidéo du discours présidentiel de Saint-Dizier (Haute-Marne), le 20 octobre.
L'énergie qui débordait jadis se fait, disons, moins prégnante. Le rythme est incontestablement en dessous, la densité de l'exercice du pouvoir aussi. Pour autant, il faudrait établir un lien de cause à effet entre le manque de tonus et les ennuis qui dégringolent. Ce qui est loin d'être évident, chacun peut s'en convaincre pour lui-même. Donc, il faut chercher ailleurs.

bon mot appartient incontestablement à François Hollande, l'ancien premier secrétaire du parti socialiste dans le JDD: «Il n'a pas perdu la main. Il a perdu pied.» L'effet d'accumulation est tel qu'il n'est en effet pas nécessaire d'en dresser l'inventaire: depuis cette rentrée le système grippe. Reste à comprendre les raisons du phénomène, du moins à les approcher. Qu'est-ce qui a failli? Le chef de l'Etat lui-même, qui s'épuise ou qui a moins goût à la fonction? Un entourage qui ne fait plus son office? Et pourquoi donc cet équipage, qui, hier, paraissait tellement en avance sur ses adversaires, subit, aujourd'hui, les problèmes davantage qu'il ne les prévoit?

Deux constats en forme de diagnostic fleurissent ici ou là.

Le premier renvoie à l'esprit magique ou à la science politique et pose la fameuse malédiction de la mi-mandat. Le méchant coup de mou qui frappe l'Elysée serait arrivé à tous les présidents à ce moment précis de leur mandature – gauche et droite confondues. Il n'y aurait donc rien à opposer à cette implacable mécanique de l'usure du pouvoir et pas grand chose à faire. Juste patienter. Il n'y a donc rien à en dire.

Le second va chercher dans l'état de santé de Nicolas Sarkozy lui-même. Après deux années sur un train d'enfer, le président de la République aurait tiré les leçons de son malaise de l'été et aurait considéré favorablement les conseils à la tempérance et à l'économie personnelle. Délicate, voire taboue en France puisqu'elle touche à l'intimité, et pas n'importe laquelle, celle du monarque élu, cette thèse doit s'envisager. On se souvient que le 3 juillet le chef de l'Etat faisait connaître un bulletin de santé attestant de sa pleine forme. Le 26, il était hospitalisé à la suite d'un footing intense programmé aux heures chaudes de la journée. Le 28, il faisait lui-même savoir sur sa page Facebook qu'il allait mieux, rassurant ses supporters et les remerciant de leur soutien. Depuis, rien.

De longues vacances, un agenda officiel très sérieusement allégé depuis septembre, la réunion quotidienne de 8 h 30 dorénavant pilotée par Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée, hors sa présence, ne semblent pas avoir suffi à lui redonner la pêche. On le voit amaigri, les traits tirés. On le dit irritable. La chronique relate ses colères. Le président perdrait ses nerfs, ce que sa récente charge contre la presse et les «commentateurs» laisse entrevoir. Il y a comme de la lassitude.


La vidéo du discours présidentiel de Saint-Dizier (Haute-Marne), le 20 octobre.
L'énergie qui débordait jadis se fait, disons, moins prégnante. Le rythme est incontestablement en dessous, la densité de l'exercice du pouvoir aussi. Pour autant, il faudrait établir un lien de cause à effet entre le manque de tonus et les ennuis qui dégringolent. Ce qui est loin d'être évident, chacun peut s'en convaincre pour lui-même. Donc, il faut chercher ailleurs.
Un cabinet réduit de moitié

Deux pistes se présentent alors. D'abord celle de l'équipe. Au détour d'une intervention de Christian Frémont, le directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, auprès de la commission des finances de l'Assemblée nationale, le 13 octobre, on apprenait que le nombre de conseillers était passé de 82 en septembre 2008 à 48 aujourd'hui. Presque deux fois moins! Accusé de mener un train de vie d'empereur, pris la main dans le sac, sommé par la Cour des comptes de revenir à la légalité des marchés publics dans un contrat concernant des enquêtes d'opinion, Nicolas Sarkozy tente de repeindre la maison Elysée au couleur de la modestie.

Au total, les charges de personnel étaient de 72 millions d'euros en 2008, elles seraient de 69,9 millions en 2009 et passeraient à 67,9 millions pour 2010. Avec cette explication, qui a laissé pantois plusieurs députés présents ce jour-là: selon le directeur de cabinet, cette baisse des effectifs pourrait expliquer «la création d'une ligne consacrée aux heures supplémentaires». En quelque sorte, le fameux «travailler plus pour gagner plus» de la campagne présidentielle appliqué aux collaborateurs: il y a moins de conseillers mais ils travaillent plus pour gagner plus.

L'hypothèse d'une troupe épuisée s'étudie donc. Attaqué sur le train de vie et le caractère pléthorique de son administration, l'Elysée aurait mis la pédale douce mais avec comme conséquence un surmenage généralisé. Faute de petites mains, la machine tourneraient moins vite et moins bien. D'où les couacs à répétition, les circuits qui se grippent, les mauvaises décisions. Et du coup, les dossiers qui bafouillent, la majorité UMP qui s'énerve, l'opinion qui ne comprend plus...

Le site de l'Elysée confirme la coupe claire. Mais le chiffre de 48 conseillers est-il le reflet de la réalité? «Impossible à dire. C'est toujours l'opacité, tonne le député René Dosière (apparenté PS), qui a écouté Christian Frémont, le 13 octobre. Qui plus est, on ne sait rien sur les heures supplémentaires et leur ventilation.» Interrogé par Mediapart, le préfet Frémont maintient sa déclaration, les collaborateurs du président de la République, membres de son cabinet, sont au nombre de 48. Et pas un de plus.

Il assure que plus personne n'est pris en charge par les ministères sans que les rémunérations fassent l'objet d'un remboursement au corps d'origine du fonctionnaire. Quant aux heures supplémentaires, il apporte une information intéressante. Selon lui, le montant de ces heures pour 2008 s'élevait à 2.006.939 euros. Il a été de 889.376 eurospour le premier semestre de 2009. On suppose que l'enveloppe est globale et ne concerne pas que les membres de cabinet, il n'en demeure pas moins que, rapportée aux nombres respectifs de gens employés, l'augmentation est sensible. On en conclut que le staff est effectivement mis à contribution.

L'argument paraît pourtant un peu court même si le lien mécanique entre le volume de travail qu'impose la verticalité du pouvoir voulu par Nicolas Sarkozy et le nombre de gens chargés d'en assurer le fonctionnement est évident. Il est un élément, certainement pas l'explication fondamentale du grippage actuel.

Reste le côté qualitatif. La thèse se résume ainsi: non seulement, les conseillers seraient moins nombreux, mais ils seraient moins bons. En bref, si la machine connaît des ratés, c'est que l'esprit des premiers mois s'est essoufflé, que le moral est en berne, que les illusions sont tombées... Là aussi, l'exercice est délicat. Le fait est que l'équipe qui a assuré la première partie du quinquennat n'est plus mobilisée comme avant.

François Pérol, le secrétaire général adjoint, est parti s'embaucher aux Caisses d'épargne. Son abattage (le procès Clearstream vient de le démontrer quand on apprend que ce haut fonctionnaire fréquentait Imad Lahoud avant que ce dernier plonge dans l'affaire des faux fichiers) et son réseau font défaut. Il a été remplacé, en février, par Xavier Musca, un proche du chef de l'Etat, ancien directeur du Trésor. François Pérol aime le business et les coups, c'est un politique comme le chef de l'Etat les souhaite: stratège et malin, complètement décomplexé sur l'argent et sans illusion sur le monde, un libéral pur jus. Xavier Musca préfère la macro-économie et s'accroche à l'idée d'une puissance publique capable d'impulser un élan comme on a pu le constater tout au long du G20 où il a tenté en vain d'arracher des résultats tangibles en matière d'encadrement des bonus, de régulation des marchés financiers.

Il est probable que Nicolas Sarkozy a perdu au change. Mais au moins, l'arrivée de Xavier Musca a-t-elle renforcé le pôle des partisans de l'action publique. Henri Guaino, la plume et conseiller spécial, n'est donc plus seul dans ce rôle. On peut même dire que ce dernier, ancien militant du «non» au référendum de Maastricht, a pris de l'importance grâce à la crise. La patte «keynésienne» des discours de Nicolas Sarkozy, leur tour presque «gauchisant» parfois, c'est lui. Personne d'autre que lui ne pourrait faire dire à Nicolas Sarkozy ce qu'il lui fait dire. Exemple: cet incroyable discours devant le Bureau international du travail. Mais est-ce une bonne chose pour Nicolas Sarkozy, sa visibilité auprès de son électorat, ses relais dans le monde de l'entreprise ou tout simplement à l'étranger où Henri Guaino passe le plus souvent pour un parfait rêveur quand il n'est pas accusé de saboter les sacro-saints critères de bonne gestion européenne? La question mérite d'être posée.

En 2007, «Sarko-l'américain», «Sarko-le-libéral-bon-teint», étalant son bronzage et ses montres, avait le mérite de donner une image cohérente et pleine de promesses à tous ceux qui l'avaient cru. Que reste-t-il du rêve maintenant qu'il s'agit d'encadrer, de compter, de réduire et qu'on a comme seule perspective à offrir un Grand emprunt (une idée de Henri Guaino). Hier, «ensemble» tout «était possible». Et aujourd'hui?

Idem pour Raymond Soubie, le discret monsieur social, fidèle au poste mais en décalage avec l'époque. Les ministres du travail défilent mais le vrai patron c'est lui. Or, pour donner la pleine mesure de son talent «Raymond-la-science» a besoin de «grain à moudre» comme disait André Bergeron, mythique patron de FO, avec lequel il entretenait les meilleures relations. Seulement voilà: de grain à moudre il n'y a plus, ni petits arrangements avec les confédérations et pas la moindre perspective contractuelle. Que du sang et des larmes, du chômage et du pouvoir d'achat en moins. La CFDT est au piquet. Le Medef se plaint. Raymond Soubie tourne à vide. Les rendez-vous de 2010 sur le dossier des retraites s'annoncent difficiles.

Centrale de renseignements et thermomètre

Emmanuelle Mignon, l'ancienne directrice de cabinet, la cheville ouvrière de la campagne électorale, à la fois au four (le programme du candidat, c'était elle) et au moulin (elle fut la directrice de cabinet de la première période du sarkozysme), se morfond. La voilà reléguée au rang de conseillère, en charge de la presse et de collectivités locales. Très régulièrement, la rumeur la donne en partance (au secrétariat général du gouvernement ou, quand il s'est agi d'offrir une carrière ministérielle à Richard Descoings, le patron de l'Institut d'études politiques de Paris, pour son remplacement), et très régulièrement elle est démentie.

Le cas de Patrick Ouart est plus intéressant. Dans le premier cercle, le conseiller justice du chef de l'Etat est pratiquement le seul à oser dire ce qu'il pense surtout quand ce qu'il pense contrevient au Prince (il s'est particulièrement distingué en bombardant le président de notes assassines sur l'incapacité de Rachida Dati alors que cette dernière était en très en cour), et ce qu'il dit en petit comité, il ne va pas le répéter. C'est sa règle, pas un mot à la presse, rien non plus dans les dîners en ville. Une tombe. Cette tombe s'en va. Mediapart a écrit qu'il quittait le navire pour retourner «pantoufler» chez LVMH, leader mondial du luxe, sans que le transfert soit avéré. Cette fois, l'affaire se précise. Patrick Ouart cherche un successeur parmi ses confrères magistrats. Le départ ne devrait plus tarder. En principe, la succession sera effective pour la fin de l'année.

Enfin, il y a le cas Catherine Pégard. Ancienne journaliste (J'informe, le Quotidien de Paris, Le Point), la conseillère politique de Nicolas Sarkozy est également donnée partante. De source sûre, on la voyait, il y a peu, débarquant à la direction de la communication d'EDF dans les valises d'Henri Proglio auquel Nicolas Sarkozy lui-même aurait demandé de recaser sa collaboratrice. Interrogée par Mediapart, Catherine Pégard ne dément pas, elle fait mieux, elle nie tout en bloc et demande à ne pas être citée. «Je fais mon travail», s'accroche-t-elle. Aucune raison de ne pas la croire. Elle reconnaît juste un déménagement dans une autre partie du bâtiment du palais de l'Elysée, elle qui occupait un bureau du premier étage, là où il faut être quand on veut peser auprès du chef.

Catherine Pégard resterait malgré tout un bon soldat. Pas sûr. Impossible en effet de taire que, depuis septembre, on ne la voit plus en province effectuer les brefs séjours dont elle avait pris l'habitude, labourant le terrain pour faire remonter les informations, réglant les différents, canalisant les ambitions. Impossible de cacher que sa présence médiatique est pour le moins maigrelette (une émission en tout et pour tout sur Radio Classique, le 6 octobre). Or, il ne fait aucun doute qu'une partie du succès des deux premières années de l'aventure sarokozyste tient à son travail de fond.

C'est tout simple, «celle qui sait et ne dit rien», ainsi que l'avait décrit Le Figaro, a mis son carnet d'adresses et ses connaissances au service du chef de l'Etat. Plus de vingt ans de journalisme politique au compteur à déjeuner, à arpenter les sections, les états-majors, Catherine Pégard connaît son monde, de droite et de gauche, les secrets et les haines recuites. Sans elle, il est probable que les humiliations subies par François Fillon auraient été moins bien supportées par le premier ministre. Quand Pierre Moscovici annonce qu'il a croisé Claude Allègre dans un restaurant et qu'il a appris de la bouche du cheval que ce dernier va entrer au gouvernement, c'est avec Catherine Pégard qu'il a rendez-vous. On pourrait multiplier les anecdotes.

Catherine Pégard était (est) à la fois une centrale de renseignements et un thermomètre. Malgré son démenti, on s'autorisera à penser que si «travail» il y a, ce n'est plus tout à fait le même. Certes, là encore, il serait peu raisonnable de faire un lien de cause à effet entre le retrait de Catherine Pégard et l'état de nerfs de la majorité parlementaire. N'empêche.

Un phénomène de cour

Résumons. Le premier cercle a changé et n'est plus ce qu'il était. Est-ce suffisant pour expliquer la chute de tension? Il faut ajouter deux touches supplémentaires à ce portrait de groupe. D'abord le poids pris par la triplette Patrick Buisson-Pierre Giaccometti-Christophe Lambert (ce dernier ne quitte plus Jean Sarkozy depuis que la pression de son éventuelle arrivée à la tête de l'Epad l'a propulsé sous les feux des médias). Les nouveaux hommes du président, ce sont eux.

Le premier est un ancien journaliste de Minute, le deuxième le sondeur, le troisième un publicitaire. A l'UMP comme dans les couloirs de l'Elysée, ils sont chez eux. Leur emprise sur la politique élyséenne agace. Catherine Pégard et la cellule politique incarnant ce que l'on pourrait appeler la démocratie représentative (les élus), le trio représente la démocratie d'opinion (avec force études et sondages pour tâter le pouls du pays et s'adapter en conséquence). Désormais, ces deux approches se chevauchent en permanence. Sont-elles compatibles? Sont-elles concurrentes? S'ajoute probablement le rôle de Carla Bruni dont il n'est pas neutre de constater qu'elle dispose dorénavant de son propre appareil à l'Elysée, le conseiller qui lui est attaché depuis mars (Pierre Charon) appartenant au premier cercle élyséen. La politique française se fait-elle aussi dans la cuisine de la première dame? Certains le disent et ils ne sont pas tous des courtisans.

Mais l'essentiel est encore, sans doute, à chercher ailleurs, dans ce qui est LE grand mystère de la vie au «Château»: le rôle exact du secrétaire général. L'hypothèse est la suivante: si le noyau des fidèles n'a plus le feu sacré des débuts, si le cabinet ne dispose plus du même «fond de jeu» qui impressionnait les adversaires, si la machine paraît détraquée, c'est que le seul et vrai maître de la situation est devenu Claude Guéant et qu'en prenant le contrôle de tous les rouages, l'ancien premier flic aurait détraqué le fragile équilibre entre les personnes et leurs diverses utilités. Décourageant les uns, saquant les autres.

La thèse est expliquée par un habitué du palais, sarkolâtre de la première heure, que l'on ne peut soupçonner de verser dans le dénigrement systématique: «C'est Claude Guéant qui fait tout. Tout passe par lui, la semaine aux manettes de l'Etat, le week-end en mission diplomatique à l'étranger. Il n'y a pas un dossier qui lui échappe, pas une nomination. Il a tout mis à sa mesure. Or sa mesure, c'est l'Etat, la planification, une méthode et une approche très centralisatrice, on ne peut pas lui demander de faire ce qu'il ne sait pas faire. Avec lui, il n'y a plus de vision, plus de projet. C'est une politique de sac et de corde, au mieux, on fait des coups.»
Là encore, l'affaire est subtile: on ne trouvera personne pour dire officiellement que le président-bis s'appelle Claude Guéant. C'est pourtant le cas. Et il n'y aura personne pour expliquer comment cette division du travail entre les deux hommes accentue encore les effets de cour et cette verticalité du pouvoir qui finit par inquiéter jusqu'aux députés UMP. Qu'un Jean-Pierre Raffarin hurle au retour de l'étatisme et en appelle à la défense de la décentralisation n'est pas rien. Que toutes les associations d'élus, y compris l'Association des maires de France, se battent pour conserver leur autonomie, non plus. Il est fascinant de voir l'évolution de la politique élyséenne en la matière.

Il y a encore peu dans le camp des girondins face à des gaullistes plus jacobins, voilà que Nicolas Sarkozy, par la Révision générale des politiques publiques (RGPP), par la taxe professionnelle, par la réforme des collectivités, passe pour le premier (re)centralisateur depuis 1982. Or ce n'est pas Nicolas Sarkozy qui a changé: c'est Claude Guéant qui a pris la direction des opérations.

Sur un autre plan, l'affaire Jean Sarkozy a bien montré que plus personne n'ose parler au chef de l'Etat pour l'avertir ou le prévenir. Pas plus Brice Hortefeux que les époux Balkany. Absent de la réunion du matin, protégé par la cohorte des nouveaux courtisans et des anciens fidèles, voilà le chef de l'Etat coupé du réel. Or, si Claude Guéant est un homme très organisé et très renseigné, il n'a pas ce flair ou cette intuition, indispensables à quiconque veut durer quand il fait de la politique au sommet. Nicolas Sarkozy avance seul, sans limites, sans contre-pouvoir, sans interlocuteur véritable, avec le sentiment de sa puissance et de son impunité.

Dans un article du Monde , le 18 octobre, Arnaud Leparmentier cite un ministre racontant la vie courante d'un conseil des ministres: «Sarkozy monologue et après il dit: «Ah j'aime bien, quand on a ces discussions.»» On retrouve à peu près la même citation dans la dernière livraison du Canard enchaîné: «Quand on est en réunion avec Sarko, il n'arrête pas de parler et à la fin de son monologue, il nous dit que la discussion était passionnante.»

Aussi l'explication est-elle à rechercher encore ailleurs. Dans cet homme qui tourne sur lui-même, prisonnier d'un personnage qu'il s'est créé et d'un discours dont il ne peut plus se défaire. Nicolas Sarkozy voulait incarner un rêve moderne: travail, pouvoir d'achat, ordre, mouvement, volonté, épanouissement personnel grâce à un collectif libéré de certaines contraintes. La crise économique a liquéfié le projet. Il faut être en ce moment à l'Assemblée nationale et écouter les membres de la commission des finances de droite et de gauche disserter sur ce qui attend le pays (les retraites revisitées, la santé cantonnée, les impôts augmentés, les services publics réduits) et mesurer ce qu'un tel programme peut susciter de dépit et de déception chez un homme qui se voyait pour longtemps en haut d'une vague qui le porterait loin.

A ce train de déficits, vers 2013, la dette représentera 100% du PIB français. Le jouet est cassé. Peut-être Nicolas Sarkozy a-t-il touché sa limite. Et peut-être cette prise de conscience, malgré tout le mal qu'il se donne pour faire croire qu'il est toujours à fond dans le job, le place-t-elle dans des dispositions moins favorables à l'exercice de son pouvoir. Voilà, peut-être, la véritable explication: le président de la République a trouvé quelque chose qui lui résiste encore puisque ceux qui l'entourent ont renoncé: la réalité.

Please could you take this note, ram it up your hairy inbox and pin it to your fucking prostate.

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Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Petite sélection par la Pravda de Mougeotte des meilleurs lèche-bottes de la presse (hormis Libé et les Echos) :

Le Figaro a écrit:

Derrière le recul de l'Elysée, le «bel avenir» du fils Sarkozy

REVUE DE PRESSE - Si la presse nationale est persuadée que la décision de Jean Sarkozy a été prise à l'Elysée, les quotidiens régionaux prédisent un bel avenir politique au fils du président.

La presse quotidienne n'est pas dupe du renoncement de Jean Sarkozy à briguer la tête de l'Epad. Jeudi soir, le fils du chef de l'Etat a eu beau assurer que c'est lui et lui seul qui avait fait son choix, ses arguments n'ont pas convaincus les éditorialistes. «A l'évidence, ce recul a été directement dicté par l'Elysée», considère Libération. Sa décision «sonne comme un aveu. Celui d'un Président qui a compris qu'il est allé un peu trop loin dans l'exercice personnel de son pouvoir», estime Fabrice Rousselot dans un éditorial titré «Guillotine». Et Libé d'enfoncer : «Le fils prend ses cliques, le père une claque».

«Difficile de ne pas voir dans la décision d'hier la patte du chef de l'Etat», confirment Les Echos, pour qui le renoncement de Jean Sarkozy «sonne comme un recul majeur» pour son père. «Le président de la République pouvait-il prendre le risque que cette affaire trouble durablement son électorat et compromette son travail de réformes (...) ? De toute évidence non.»

«Pour autant Jean Sarkozy ne renonce pas à la politique et ne ferme aucune porte pour l'avenir», estime Frédéric Gerschel dans Le Parisien, même s'il n'est «pas sûr que le fils du président ait envie de se lancer dans une nouvelle campagne tout de suite». L'avenir, c'est justement ce sur quoi se penchent la plupart des quotidiens régionaux vendredi matin. «Jean plus fort que Nicolas le père ? Le jeune homme de 23 ans présenté comme immature en économie a fait preuve d'un grand sens politique, loue Yann Marec dans les colonnes de Midi libre. C'est un grand bond dans l'avenir qu'il a effectué en montrant que dans son fonctionnement, il y avait de l'apaisement. De la sagesse aussi. Et de la responsabilité. Ça ressemble presque à du panache.»

Et Hervé Fabre d'enfoncer le clou dans La Voix du Nord : «Le père peut être rassuré sur les capacités du fils à tirer parti d'un échec». Pour lui, aucun doute, «on entendra encore parler de Sarkozy Junior, sans doute dès 2011, lorsqu'il s'agira (...) de la présidence du conseil général des Hauts-de-Seine».

«Une étoile est née», lance Le Télégramme

«Il a renoncé mais il n'a rien lâché, constate également Olivier Picard dans les Dernières Nouvelles d'Alsace. Ce jeune homme de 23 ans qui, à aucun moment, n'a laissé paraître le moindre doute sur l'essentiel, ses capacités et sa légitimité à occuper des fonctions qui supposent de l'expérience et des compétences.» Même avis pour Francis Lachat dans le Courrier Picard : Jean Sarkozy «s'enlève une grosse épine du pied, il se libère pour l'avenir». «Il accepte de faire une pause dans son cursus, de redescendre d'un échelon, dans le but évident, et assumé, de rebondir dans l'avenir.»

«En cinq minutes à peine, Jean Sarkozy nous a tout fait : l'innocent persécuté, le fils obéissant, l'élu dévoué à ses électeurs, l'homme blessé, le jeune mûri dans l'épreuve, le politique porteur d'une ambition. Du très grand art. Son père en plus blond, plus jeune et plus calme», lance Francis Brochet dans Le Progrès. «La gauche se réjouit ? Les inconscients !». «Une étoile est née», avance même Hubert Coudurier dans Le Télégramme.

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Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Le PS a les victoires qu'il mérite. A n'en pas douter, l'éviction de Jean Sarkozy de la tête de l'EPAD est de celles-là, à la mesure de ce grand parti.

Pendant ce temps-là, on renvoie toujours les Afghans chez eux.

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Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Le PS n'était pas le seul à s'insurger de cette nomination, qui ne faisait pas l'unanimité au sein de l'UMP elle-même. Ce n'est pas seulement "une victoire du PS", ça va au-delà. Je t'épargne les sentencieuses formules montebourgiennes du genre "c'est un grand jour pour la démocratie" etc.

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Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Ne prétons pas au PS des victoires qui ne sont pas les siennes.

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Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Alain A. a écrit:

Ne prétons pas au PS des victoires qui ne sont pas les siennes.

Exactement. 'sont trop mignons.

Lolita, light of my life, fire of my loins. My sin, my soul. Lo-lee-ta: the tip of the tongue taking a trip of three steps down the palate to tap, at three, on the teeth. Lo. Lee. Ta

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Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

lehussard a écrit:

La thèse de RPC ne me semble pas dénuée de sens. Le fait de s'être porté candidat à la présidence de l'EPAD - et d'y avoir renoncé à court terme - lui permet aujourd'hui d'en être administrateur sans que personne ne soit choqué. Coup double (de ses conseillers en communication) à mon avis : il devient administrateur de l'EPAD et prépare les esprits pour en devenir bientôt le président.

Oui, c'est aussi ce que je pense et ils le "noméliront" président de l'EPAD dans quelque temps.

Bah, de toute manière, il est aussi probable qu'il récupère aussi la présidence du Conseil Général des Hauts de Seine en 2011. Bien plus juteuse, d'ailleurs: 18ème puissance économique mondiale, le PIB de la Grêce...

Ce qui va être intéressant c'est de savoir s'ils vont "nomélire" Ceccaldi junior ou s'ils mettront un fonctionnaire à la tête de ce juteux Etablissement...

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Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Comment la décision de Sarkozy Jr a été prise :

Le Monde a écrit:

Pourquoi Jean Sarkozy a renoncé à briguer la présidence de l’EPAD

Il a fallu cinq jours pour les décider. Cinq jours pour intégrer que la réprobation suscitée, jusque dans l'électorat de droite, par la candidature de Jean Sarkozy, 23 ans, sans diplôme, à la tête de l'Etablissement public de la Défense (EPAD), ne se calmerait pas si facilement. Cinq jours pour que Nicolas Sarkozy envisage de renoncer. Et que son fils Jean, soucieux, disait-il, de "ne pas gêner papa", se décide à jeter l'éponge, en direct sur le plateau du journal de 20 heures de France 2.

Le chef de l'Etat et son fils ont commencé à vraiment s'inquiéter dimanche 18 octobre. Ce jour-là, Nicolas et Jean Sarkozy se retrouvent autour d'un déjeuner. Le père et le fils avaient évoqué, avant l'été, la polémique que pourrait susciter la candidature de Jean Sarkozy à la tête de l'EPAD. Mais cet orage-là… ils ne l'avaient pas imaginé.

Le président de la République n'ignore rien de ce qu'écrit la presse depuis dix jours. La cellule élyséenne qui relève quotidiennement les "buzz" a rapporté que les radios croulent sous les appels d'auditeurs choqués. Le courrier des lecteurs du Figaro est lui aussi submergé de lettres outrées. Le conseil général des Hauts-de-Seine a par ailleurs alerté l'Elysée sur un phénomène jamais vu dans cette assemblée: près de deux cents journalistes, "dont des équipes de télévision de la presse russe et chinoise", se sont accrédités pour suivre, vendredi 23 octobre, le vote qui doit propulser Jean Sarkozy comme administrateur de l'EPAD, première étape de sa candidature à la présidence de la Défense. Il va donc falloir se décider avant vendredi.

Lors des réunions du matin, autour de Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée, bien conscient des effets désastreux de la polémique, répète cependant aux conseillers: "On tient bon. On continue." Mercredi 21 octobre, une nouvelle réunion est cependant organisée à l'Elysée. Cette fois, ont pris place autour du président de la République et de Jean Sarkozy, le secrétaire général Claude Guéant, le conseiller opinion du président Patrick Buisson, le conseiller en communication de l'Elysée, Franck Louvrier, et le publicitaire Christophe Lambert que le chef de l'Etat a dépêché auprès de son fils dès les premières secousses. Cette fois, ce n'est plus seulement la presse qui est évoquée. Mais l'électorat de droite.

Dans toutes les enquêtes commandées par l'Elysée, la candidature de Jean Sarkozy est un sujet majeur de mécontentement parmi les électeurs UMP. Patrick Buisson, qui fût l'artisan de la stratégie de siphonnage de l'électorat d'extrême droite, en 2007, note par ailleurs une inquiétante remontée du Front national. La polémique lancée par Marine Le Pen sur Frédéric Mitterrand a exaspéré. L'élection annoncée de Jean Sarkozy est prise comme un retour des faveurs et des prébendes.

Ces enquêtes ne font cependant que confirmer ce que les parlementaires font remonter de leurs circonscriptions depuis dix jours. Le 13 octobre, lors de la réunion du groupe UMP, à l'Assemblée, Jean-François Copé a coupé court au mécontentement des députés. Mais le même jour, le président du groupe UMP au Sénat, Gérard Longuet a préféré laisser les sénateurs s'exprimer, tant le "malaise" était manifeste. Un mot est revenu: "Indéfendable". Longuet, qui a accompagné Nicolas Sarkozy à Gandrange, jeudi 15 octobre, puis à Saint-Dizier, mardi 20, lui en a glissé quelques mots en tête à tête.

Au sortir de la réunion, ce mercredi, le choix de Jean Sarkozy n'est pourtant pas complètement arrêté. Nicolas Sarkozy, surtout, par orgueil politique autant que par affection paternelle, se refuse à obliger son fils à se retirer. "Je soutiendrai ta décision quelle qu'elle soit", lui a-t-il dit. Parmi les conseillers de Jean Sarkozy, personne ne sait très bien sur quel pied danser. Une interview au Monde est calée pour jeudi 22 octobre.

ENTRETIEN ANNULÉ POUR DES "RAISONS PERSONNELLES"

Jean Sarkozy, pourtant, est très ébranlé. Les caricatures dans la presse l'ont blessé. Il a détesté les éditoriaux qui le présentaient en "fils de", les portraits qui le montrent si bien encadré par l'Elysée, les articles expliquant que les alliés de son père n'osent plus parler au président parce qu'"il n'écoute plus rien". On lui a rapporté qu'au cœur même du procès Clearstream, l'avocat du jeune stagiaire Florian Bourges a fait rire la salle lâchant dans sa plaidoirie: "Il a 23 ans, il n'a pas fini ses études, il est immature… avez-vous dit, monsieur le procureur. Je trouve que c'est une conclusion audacieuse de votre part ! Enfin, pour ce qui est de Florian Bourges, c'est vrai!"

Jeudi, un éditorial du New York Times explique encore: "Le jeune Sarkozy n'est tout simplement pas le candidat approprié pour le poste." Jeudi 22octobre au matin, après une dernière conversation avec son père, Jean Sarkozy décide de renoncer. En réunion de cabinet, à l'Elysée, le sujet n'est même pas abordé par un Claude Guéant devenu laconique. Quelques minutes avant le rendez-vous prévu avec Le Monde, le jeune conseiller général annule son entretien, pour des "raisons personnelles" mais promet une entrevue après 19 heures… qui sera définitivement annulée en fin d'après-midi.

Très rares sont les proches du jeune conseiller général mis dans la confidence. Pas même Isabelle Balkany ou Thierry Solère ne sont informés. Ils ne l'apprendront qu'en fin d'après-midi.

Vers 19h15, Jean Sarkozy arrive avec son épouse Jessica, enceinte de six mois et son conseiller Christophe Lambert dans les studios de France 2. Il a téléphoné quelques instants auparavant à son parrain Brice Hortefeux, invité le soir même de l'émission A vous de juger, pour le prévenir. A 20heures, il se lance: "Je serai candidat au poste d'administrateur de l'EPAD, mais si je suis élu je ne briguerai pas la présidence." Il explique avoir entendu "beaucoup d'excès, de caricatures, d'outrances" avant de reconnaitre: "Et puis, il y a aussi du vrai." Le ton, le timbre font irrésistiblement penser à son père. Sur le fond, il cherche cependant à protéger le chef de l'Etat, assurant: "Est-ce que j'en ai parlé au président? Non. Est-ce que j'en ai parlé à mon père? Oui." A l'Elysée, où l'on a suivi la prestation, chacun respire. Les amis, les alliés qui téléphonent Nicolas Sarkozy l'entendent dire: "Jean a pris la bonne décision." "Pour son père, voir son fils ainsi attaqué était devenu insupportable", confie un intime du chef de l'Etat. Surtout, le président avait fini par comprendre que l'image de son fils, comme la sienne, serait durablement abimée.

Dès jeudi soir, la droite s'est affirmée soulagée. "Il était important de ménager l'avenir de Jean, explique Xavier Bertrand. "Il s'est libéré d'une pression monstrueuse, assure désormais Isabelle Balkany. "Il a pris date pour la suite, dit-elle. Jean Sarkozy n'a pas dit qu'il ne serait pas candidat en 2011 à la présidence du conseil général."

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Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Bon ben apparemment il s’agit bien d’une gaffe de leur part. Mais bon sang, comment ont-ils pu ne pas s’imaginer que de voir ce gars de 23 ans, sans aucun diplôme ni aucun mérite (professionnel ou associatif), parachuté à la tête de l’EPAD dans un contexte de crise de l’emploi où des diplômés et des sur-diplômés galèrent pour un 1er job ne choquerait pas une majorité de français ?!  Exit les parachutes dorés bonjour les parachutes filiaux. Est-ce que nos dirigeants, en plus d’être sourds, sont devenus stupides ?

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Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Un bon résumé (malgré la faute d'orthographe dans la dernière phrase) sur la prestation d'hier soir, entre autres :

Un blog du Monde a écrit:

Jean Sarkozy : une leçon bien apprise

Fin de l’acte II. Le rideau est tombé. Les applaudissements peuvent retentir. Le prince Jean restera sans terres quelque temps. Sa prestation a été incontestablement bonne. Les formules travaillées avec Christophe Lambert , le conseiller en communication qui l’assiste, ont été placées au bon moment, avec le ton juste. Pas de conclusion hâtive. On est encore loin de l’épilogue. Du côté des Sarkozy on sait reculer pour mieux sauter.

La grande gagnante de cet épisode de telenovela , c’est la communication. Pas encore la méritocratie. Le jeune premier des Hauts-de-Seine se voit déjà promettre un bel avenir. Le temps joue pour lui. Chaque jour qui passe le rapproche un peu plus d’un poste à responsabilité. Demain la présidence du Conseil Général ou du futur établissement qui naîtra de la fusion de l’Epad et de l’Esa (projet Epadsa). Après demain un siège de parlementaire et, pourquoi pas dans quelques semaines, un avenir présidentiel. 23 ans et toutes ses dents. Grand papa peut être fier lui qui rêvait tout haut il y a quelques mois à la fondation d’une dynastie (http://www.politique.net/2009040401-int … arkozy.htm).

La décision de Jean Sarkozy est, selon l’intéressé, personnelle. Soit. Le Conseiller général a tout de même consulté papa …mais pas le Chef de l’Etat.  Une formule choc longuement mitonnée dans ses séances de médiatraining. Un remake modernisé du “papa m’a dit” devenu le surnom de Jean-Christophe Mitterrand à une autre époque, sous une autre cour.

Une séquence réussie (vidéo 1) grâce à l’utilisation du trio gagnant du pathos, des expressions ciselées et d’une mise à nu. Ce que Francis Brochet dans Le Progrès décrypte avec talent : “En cinq minutes à peine, Jean Sarkozy nous a tout fait : l’innocent persécuté, le fils obéissant, l’élu dévoué à ses électeurs, l’homme blessé, le jeune mûri dans l’épreuve, le politique porteur d’une ambition. Du très grand art. Son père en plus blond, plus jeune et plus calme“.

Dindons de la farce, les courtisans qui s’étaient livrés au concours de celui qui justifiera le mieux l’injustifiable vont devoir changer de vocalise (vidéo 4). La partition est déjà prête, dévoilée par Frédéric Lefebvre (vidéo 5) sur France 2 : “Je crois que les millions de Français qui l’ont écouté aujourd’hui ont compris ce soir pour quelle raison la majorité UMP-Nouveau centre du département était derrière lui et considère qu’il a parfaitement la légitimité, la maturité, il en a fait la preuve ce soir, pour être candidat”. Mais après tout, comme disait Edgar Faure, “ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent“.

On peut bien sûr en sourire et se féliciter du recul du château (vidéo 2), la vigilance doit pourtant rester de mise. Là encore, on connaît la musique. Les gueux  agitent les fourches, le carrosse passe.

Preuve que la série est loin d’être terminée, ce matin les locaux du conseil général des Hauts-de-Seine à Nanterre est en état de siège. Du jamais vu dans les annales du département selon Le Parisien. Un dispositif de sécurité sans précédent est déployé. Les entrées sont soigneusement filtrées de façon à assurer la présence de supporters de Jean Sarkozy. La recherche de la maîtrise de l’image encore et toujours.

Tout aussi intéressante, la mise en garde de Pierre Mansat, adjoint communiste au maire de Paris et administrateur de l’Epad qui explique que “ la particularité du 4 décembre, c’est tout autant la désignation du président du conseil administration de l’Epad, que le jour d’examen du plan financier” (http://www.rue89.com/2009/10/16/ce-que- … nse-122091). Or selon l’élu communiste, les finances de l’Epad sont délabrées (cf vidéo 3). La fusion projetée avec l’Esa aurait pour objectif de renflouer le système et surtout de le conserver dans le giron du “clan du 92?. Le 92, décidemment un feuilleton passionnant.

http://www.dailymotion.com/video/xaw857 … idenc_news

http://www.dailymotion.com/video/xawazh … ement_news

http://www.dailymotion.com/video/xawbn5 … ste-a_news

http://www.dailymotion.com/video/xawbn5 … ste-a_news

http://www.dailymotion.com/video/xaw781 … -a-fa_news

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Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Bon, comme je m'ennuie, je vais commenter les articles pro-Sarkozy Jr de la presse, ça va m'occuper. Celui-là par exemple :

Le Monde a écrit:

François Jost, professeur en sciences de l'information à l'université Paris-III-Sorbonne nouvelle
"Jean Sarkozy est beaucoup moins caricatural que son père"

La ressemblance entre le style de communication de Jean Sarkozy et celui de son père vous paraît-elle évidente ?

Non, pour moi le fils se démarque beaucoup du père. Jean Sarkozy est habile car il a su éviter les travers de son père. Par son retrait, il a montré qu'il savait mettre sa vie privée en adéquation avec celle des Français, là où son père n'hésitait pas à opposer son mode de vie flamboyant avec celui d'une France en pleine récession. Jean Sarkozy évite les contradictions, il est en cela plus fin que son père. Sur la forme, je le trouve également assez différent de son père. Il a rapidement éliminé tous les détails sur lesquels on pouvait l'attaquer : il ne porte pas de Rolex, ne se fait pas photographier en vacances sur un yacht... Sa présentation a également beaucoup évolué en quelques semaines, que ce soit la coupe de cheveux, les lunettes, la gestuelle... Il fait preuve de réactivité, d'une certaine capacité d'adaptation.

Jean Sarkozy a-t-il intérêt à se démarquer de son père ?

Oui, c'est évident. Il est vrai qu'on retrouve chez Jean Sarkozy la même arrogance rentrée que chez son père, et que les deux ont la même façon de s'exprimer à l'oral. Cela dit, Jean Sarkozy a une gestuelle plus sobre, il est moins familier dans son vocabulaire et a moins de tics de langage. Je le trouve beaucoup moins caricatural que son père. En tout cas, son discours est plus policé, plus formel. Il a certainement intérêt à gommer tout ce qui peut rappeler le style de son père, notamment cette tendance à l'entêtement. On l'a vu dans son intervention sur France 2 hier soir, lorsqu'il a admis que certaines critiques étaient fondées. Mais il n'a pas été capable d'aller plus loin, d'expliquer quelles critiques étaient justifiées et pourquoi. Ce refus de plier, d'admettre l'erreur, est assez typique de Nicolas Sarkozy et transparaît encore beaucoup chez son fils.

Jean Sarkozy est-il, comme le croient certains observateurs, promis à un brillant avenir ?

Je le trouve effectivement très étonnant pour ses 23 ans, en tout cas du point de vue de la communication. En se retirant de la course à la tête de l'EPAD, il vient de montrer qu'il était plus souple que son père. A court terme, c'est un choix discutable car il était pleinement soutenu par l'état-major de l'UMP. Mais à moyen et long terme, c'est un choix judicieux. Contrairement à son père qui a beaucoup abusé du "je suis comme je suis", le fils table sur la sobriété. En trois interventions télévisées, son style a déjà beaucoup évolué. Ce changement est certes un peu trop visible, mais il montre au moins que Jean Sarkozy sait intégrer la critique. C'est un énorme avantage.

François Jost est l'auteur de 50 fiches pour comprendre les médias, éditions Bréal.

"Non, pour moi le fils se démarque beaucoup du père"

Pourtant, je pensais qu'il paraissait assez évident que Sarkozy Jr était le clone de son père en plus jeune. M. Jost va-t-il éclairer ma lanterne ?

"Par son retrait, il a montré qu'il savait mettre sa vie privée en adéquation avec celle des Français"

Ah oui, en effet, épouser l'héritière Darty est à la portée de n'importe quel Français.

"Jean Sarkozy évite les contradictions"

Déclarer dans les médias qu'il irait jusqu'au bout et dire quelques jours plus tard qu'il renonce (le choix du terme est pourtant révélateur) à la présidence de l'EPAD n'est, en effet, pas une contradiction.

"Sur la forme, je le trouve également assez différent de son père."

Même voix, même intonation, mêmes expressions, mêmes gestes etc. Mais il est différent, soit. La couleur des cheveux peut-être.

"Sa présentation a également beaucoup évolué en quelques semaines, que ce soit la coupe de cheveux, les lunettes, la gestuelle..."

Je dirais plutôt en quelques jours, depuis que l'affaire a éclaté, grâce au conseiller en communication de papa (Christophe Lambert, je crois).

"il est moins familier dans son vocabulaire et a moins de tics de langage"

Pourtant, on a eu droit aussi aux "je vais vous dire une chose", les questions qu'il pose et auxquelles il répond lui-même et les interpellations des journalistes par leur prénom puis leur nom ("je vais vous dire une chose, David Pujadas")

"Je le trouve beaucoup moins caricatural que son père."

Je le trouve beaucoup plus caricatural que son père du fait de son manque de personnalité. Au moins, le père a un style propre, qu'on l'apprécie ou pas.

"En tout cas, son discours est plus policé, plus formel"

Ou alors, il a été très bien entraîné par les conseillers en comm.

"En se retirant de la course à la tête de l'EPAD, il vient de montrer qu'il était plus souple que son père"

En même temps, vu l'ampleur du scandale, ce n'est pas étonnant.

"A court terme, c'est un choix discutable car il était pleinement soutenu par l'état-major de l'UMP"

Tout à fait faux. Cf les débats houleux au Sénat (mon message posté au-dessus). Et certains membres du gouvernement ont dû avaler pas mal de couleuvres (Yade, Hirsch etc).

"Ce changement est certes un peu trop visible"

Tu m'étonnes...

"mais il montre au moins que Jean Sarkozy sait intégrer la critique"

Ou alors, la pression était trop forte pour continuer à s'entêter.

387

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/ar … rum2278673

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Ceci était un Orcidisme.

389

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Bon article de l'express, assez complet, sur l'esprit de cour à l'Élysée.

Secrets de cour à l'Elysée

Par Eric Mandonnet, Ludovic Vigogne, publié le 28/10/2009 11:10 - mis à jour le 28/10/2009 16:03

REUTERS/Philippe Wojazer

L'entourage de Nicolas Sarkozy s'interroge sur le rôle de la Première dame de France sur les choix politiques du chef de l'Etat.

L'affaire Jean Sarkozy l'atteste: plaire au président importe plus que lui signaler les colères de l'opinion. Au croisement de la vie privée et du débat public, la place de son fils comme le rôle de son épouse sont des sujets tabous. Toute vérité n'est pas bonne à dire. Bien peu s'y risquent...

Ce matin-là, pas une seule voix ne s'éleva pour lui répondre. Jeudi 22 octobre, petit déjeuner de la majorité à l'Elysée. Le soir, au journal de 20 heures de France 2, Jean Sarkozy annoncera, à la surprise générale, qu'il ne se porte finalement pas candidat à la présidence de l'Epad, l'établissement public d'aménagement du quartier d'affaires de la Défense, dans les Hauts-de-Seine. Quelques heures plus tôt, son père s'emporte: "De toute façon, je sais bien ce que provoque l'affaire de mon fils." Personne ne bronche. Depuis que la controverse a éclaté, douze jours plus tôt, chacun est tétanisé et tout le monde se tait. Le 12 octobre, le chef de l'Etat réunit, comme tous les lundis matin, l'état-major de l'UMP. La réunion commence par un tour de table, au cours duquel chacun rapporte ce qu'il a vu et entendu le week-end sur le terrain. Déjà, la Toile s'empare de la future élection du fils du président et deux ex-candidats de 2007, François Bayrou et Ségolène Royal, ont fait des déclarations tonitruantes sur le sujet. Mais, devant Nicolas Sarkozy, aucun responsable du parti n'évoque la question. Une polémique? Quelle polémique?

L'affaire Jean Sarkozy a agacé son père.

Au lendemain de l'annonce du retrait de Jean Sarkozy, le quotidien britannique de centre-droit The Timesnotera: " Le président de la Ve République est victime du phénomène de cour, un sentiment d'omnipotence qui vient de l'isolement du poste de dirigeant le plus puissant du monde démocratique." Le 26 octobre, c'est Dominique de Villepin qui lâche: "L'esprit de cour est un danger pour la démocratie. Quand on est proche du pouvoir – c'est quelque chose que j'ai dit très tôt à mes enfants – on a plus de devoirs que les autres." Avant son élection, Nicolas Sarkozy ne manquait pas une occasion de dénoncer, en privé, le mode de fonctionnement de Jacques Chirac: "Il y a ceux qu'il craint et ceux qu'il utilise, les ennemis et les serpillières." Du coup, son prédécesseur n'écoutait personne. Promis, lui saurait retenir la leçon. Le quinquennat est à sa moitié et un ami du chef de l'Etat dresse le bilan: "Je pensais que le côté informel de ce président si atypique empêcherait ces phénomènes de cour. Il n'en est rien. Et il est devenu le roi."

Deux sujets tabous: "la famille et les Hauts-de-Seine"

L' "affaire Jean" restera comme un cas d'école. "Il y a deux sujets qu'on s'interdit d'évoquer avec lui: la famille et les Hauts-de-Seine, relève un proche du chef de l'Etat. Alors, là, vous imaginez!" Une seule loi s'est imposée, celle du silence. "A l'Elysée, personne ne lui dit plus la vérité, sauf quelques très rares conseillers, dans les domaines de leur compétence", ajoute un autre fidèle. Tard, trop tard, Nicolas Sarkozy mesure l'ampleur des dégâts. "C'est la première fois que je le sens atteint. Il sait qu'il a commis une faute", livre un participant à la sortie de la réunion de l'état-major de l'UMP à l'Elysée, le 19 octobre. Questions de famille, problème de politique. Lorsque l'intime se trouve mêlé aux affaires de la nation et donc exposé sur la place publique, toute réserve, toute critique est perçue comme inacceptable. Dans ce genre de situations, Nicolas Sarkozy tient ses collaborateurs à distance. La plupart d'entre eux avaient appris par le communiqué officiel son divorce avec Cécilia ; même le secrétaire général, Claude Guéant, informé de la procédure, n'en connaissait pas le calendrier exact.

Qui dit silence au château dit mutisme au gouvernement. Beaucoup de ministres jugeaient pourtant l'attitude du fils et du père "indéfendables". Mais aucun n'a osé déplaire. A plusieurs reprises, le président leur a dit : "Ne lâchez pas, battez-vous jusqu'au bout. A travers Jean, c'est moi qui suis visé. S'il recule, c'est moi qui paye." Les meilleurs avocats de ce dossier impossible ont reçu des signes de gratitude. Le 14 octobre, au secrétaire d'Etat au Logement, Benoist Apparu, qui, à l'Assemblée, a répondu aux attaques de l'opposition, Nicolas Sarkozy glisse, à l'issue du Conseil des ministres : " Merci, Benoist, pour hier." Proclamer haut et fort le contraire de ce que l'on chuchote, voilà qui caractérise la vie d'une cour. Déjà, lors de la polémique autour de Frédéric Mitterrand, ils étaient nombreux à se retrouver en porte-à-faux, défendant devant micros et caméras leur collègue ministre de la Culture, le désavouant une fois ceux-ci éteints. "Les ministres ne sont que des marionnettes", pointe le député (UMP) de l'Aube, François Baroin. Le haut-commissaire Martin Hirsch finira par admettre, sur RTL, que le débat provoqué par Jean Sarkozy "perturbait tout"... mais c'était au lendemain du 20 Heures où le conseiller général le plus célèbre de France avait jeté l'éponge. Il est toujours plus facile de dire les choses après. Avant, les responsables de la majorité, sommés de monter au créneau pour justifier l'injustifiable, auront préféré être ridicules plutôt que crédibles. Fadela Amara, secrétaire d'Etat à la Ville : "Ce pays a peur de sa jeunesse." Le député de Seine-et-Marne, Yves Jégo: "C'est comme ça que le fascisme arrive dans un pays: quand on s'attaque à quelqu'un à cause de son nom." Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'Ecologie: "S'il s'était appelé Martin, il aurait eu moins de problèmes."

Peut-être même, s'il s'était appelé Martin, le président n'aurait-il pas appelé, en 2008, depuis Prague, Hervé Marseille pour le remercier d'avoir laissé à son fils la tête du groupe majoritaire du conseil général des Hauts-de-Seine, qu'il revendiquait aussi. Peut-être le maire de Meudon, futur démissionnaire du conseil d'administration de l'Epad, n'aurait-il pas eu, au début de juillet, la surprise de voir débouler Nicolas et Jean Sarkozy, pendant un simple rendez-vous à l'Elysée avec un conseiller. Aux sujets coopérants, la cour reconnaissante : le 15 juillet, un décret est publié au Journal officiel, nommant Hervé Marseille au Conseil économique, social et environnemental. Après une jolie bourde : deux jours plus tôt, au Conseil des ministres, c'est Jacques Marseille – l'économiste – qui y avait été envoyé !

User de la flatterie mais pas trop

Et si Louis, 12 ans, ne s'était pas appelé Sarkozy, peut-être aussi le patron du Paris Saint-Germain, Robin Leproux, ne se serait-il pas spécialement déplacé, le 21 octobre, quand il apprit que le troisième fils du chef de l'Etat, qui n'en demandait pas tant, assistait à l'entraînement des joueurs? "Le dirigeant parisien ne savait d'ailleurs pas s'il devait [le] tutoyer ou [le] vouvoyer", écrira Le Parisien.

Au bal des courtisans, les membres du gouvernement ne sont jamais les derniers. "Ils se rêvent tous en saint Jean et se demandent en permanence : "Suis-je le ministre le plus aimé du Seigneur ?'' ", confie un conseiller élyséen. Rien ne les arrête : l'un d'eux a même comparé, au cours d'un dîner, les paroles des chansons de Carla Bruni-Sarkozy à des vers de la littérature classique. "Le seul capital qui ne coûte rien et qui rapporte beaucoup, c'est la flatterie", disait Talleyrand. Encore faut-il la manier avec parcimonie. "Lorsqu'on se rapproche trop, le président se lasse assez vite", constate un ministre qui se veut lucide. Susciter l'attention peut néanmoins permettre de toucher le gros lot : quand il apprit qu'un sommet franco-italien se déroulerait à Rome en février 2009, Frédéric Mitterrand, alors à la direction de la Villa Médicis, multiplia les coups de fil pour obtenir la visite du président – "Juste une demi-heure, nous sommes en ville !" Quatre mois plus tard, il fut nommé ministre de la Culture. "Cela fait très longtemps qu'il soigne ses liens avec le chef de l'Etat, auquel il a envoyé plusieurs lettres", remarque un fidèle de Nicolas Sarkozy.

Nicolas Sarkozy est-il trop sous l'emprise de Carla?

Les reproches n'émaneront donc pas du gouvernement, mais parfois du Parlement. Quelques voix discordantes parviennent à s'y faire entendre, au risque de la réprimande immédiate. " Tiens, ce n'est pas toi qui vas te faire engueuler, aujourd'hui" : le 24 septembre, Gérard Longuet, qui vient de dénoncer l'usage, à la télévision, du mot "coupable" par le chef de l'Etat au sujet du procès Clearstream, plaisante avec un autre "rebelle", Jean-François Copé. Et voit juste – il s'entretiendra au téléphone, dans la foulée, avec le secrétaire général de l'Elysée. Le responsable du groupe UMP au Sénat aura néanmoins le courage d'être l'un des rares à exprimer, en public et en privé, ce qu'il pense de "l'affaire Jean": en marge de déplacements à Gandrange puis à Saint-Dizier, il dira au président à quel point cette histoire ne passe pas dans l'opinion."En petit comité, on arrive tout de même à discuter", assure un député UMP. "Nicolas Sarkozy n'accepte pas la critique sur quelques moments héroïques, ceux qu'il considère comme des faits d'armes établis de son épopée, par exemple la Géorgie", nuance un autre. "Je choisis les sujets en fonction de son humeur", complète un troisième.

Mais les élus de droite n'iront jamais jusqu'à pointer devant lui celle par qui, estiment-ils, sont arrivés la plupart des ennuis du chef de l'Etat en cet automne agité : la première dame de France. Où l'on retombe dans le débat sans issue entre vie privée et décisions publiques, l'une des failles, depuis longtemps, de ce président. L'abandon des tests ADN, le soutien élyséen – tout du moins dans un premier temps – au cinéaste Roman Polanski, le livre de Frédéric Mitterrand... Au sein de la majorité, une question fait florès: Nicolas Sarkozy est-il trop sous l'emprise de Carla Bruni? "Est-ce à cause de son épouse? Toujours est-il qu'il n'aime plus ses électeurs", regrette un dirigeant du parti majoritaire. "C'est vrai qu'elle lui a fait découvrir que l'on s'amuse plus avec un intellectuel de gauche qu'avec un élu UMP!", sourit un ami du président. Passent encore les mondanités, c'est son influence qui agace. Interrogé à ce sujet, le 19 octobre, sur Canal +, le conseiller spécial du chef de l'Etat, Henri Guaino, répond :"Elle en a sans doute beaucoup plus que moi!" La droite bougonne. "Nicolas est subjugué par une femme mannequin, plus riche que lui, mondialement connue et qui constitue une prise de guerre, puisqu'elle vient de la gauche", relève un autre responsable de l'UMP. Ce n'est pas en regardant sur le site que Carla Bruni-Sarkozy vient de lancer que les élus de la majorité se rassureront : elle n'y parle que de deux membres du gouvernement, l'une et l'autre symboles de la fameuse ouverture, Fadela Amara et Martin Hirsch. Mais le président n'avait pas attendu de rencontrer sa future épouse pour nommer des gens de gauche dans son gouvernement...

En septembre, Nicolas Sarkozy s'est rendu à New York, pour la session annuelle des Nations unies. Un membre de la délégation officielle se souvient : "A l'aller, c'est la première fois que, lors d'un long voyage, il ne nous invite pas à venir le rejoindre pour le déjeuner. Il est resté tout le vol avec Carla. Deux de ses conseillers l'ont simplement dérangé un quart d'heure."

Le pouvoir conduit à la solitude. Qui confine parfois à l'isolement. La veille de son départ, le président avait vu Un singe en hiver, le film d'Henri Verneuil. Ce soir-là, il avait entendu Jean Gabin lancer à Jean-Paul Belmondo : "Les choses entraînent les choses. Le bidule crée le bidule. Y'a pas de hasard."

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
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Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Elle a l'air bien cette famille :

Après Jean, un coup de pouce de l'Elysée pour Pierre Sarkozy

Un conseiller de l'Elysée est intervenu auprès de la SCPP afin qu'il obtienne pour son projet musical l'aide qu'on lui avait refusée.



Le site Electronlibre.info révèle une information plutôt gênante [1], après plusieurs semaines de polémique sur Jean Sarkozy : alors que la Société civile des producteurs phonographiques [2] (SCPP) lui avait refusé une aide, son frère Pierre Sarkozy, producteur de rap, est allé se plaindre à l'Elysée. Après intervention d'un conseiller de son père, la direction de la SCPP aurait promis de tout arranger…

ElectronLibre [3], un site spécialisé dans l'actualité high tech, médias et culture, est très lu par les acteurs de ces secteurs, et considéré comme très fiable.

Joint par Rue89, le directeur général de la SCPP Marc Guez reconnaît qu'un conseiller de l'Elysée est intervenu auprès de lui, après le refus de la commission prononcé en septembre :

« Je lui ai répondu qu'on n'avait pas attribué d'aide à la société dont Pierre Sarkozy est actionnaire pour des raisons de manque de budget, et que nous avons préféré privilégier les membres de notre association. Il est très rare que nous versions des aides à des non-membres, même si c'est déjà arrivé.

Mais ce conseiller ne m'a pas demandé de faire en sorte que cette aide lui soit versée. De toute façon, je n'aurais rien pu faire, puisque la commission qui attribue les aides est indépendante. »


Marc Guez aurait pourtant répondu par e-mail, il y a moins de dix jours, qu'il faisait « une affaire personnelle » du dossier de Pierre Sarkozy. Ce dernier, qui a notamment produit un album de Doc Gyneco, cherche des financements pour un projet évalué à environ 80 000 euros. Sa demande d'aide porterait sur un montant inférieur à 10 000 euros.

Une « simple » demande d'explication ? Mais pourquoi de l'Elysée ?
Le conseiller culture de l'Elysée, qui en raison de ses fonctions connaît bien le secteur du disque, a donc essayé d'arranger cet humiliant revers.

Car pourquoi aurait-il simplement demandé une explication au directeur général de la SCPP, alors qu'il est notoire dans le milieu qu'elle n'accorde des aides qu'à ses membres, sauf rares exceptions ? Entre-t-il dans les attributions d'un conseiller du président de la République de savoir pourquoi le dossier de son fils a été refusé par un organisme indépendant ?

Très affirmatif sur ce point, ElectronLibre écrit :

« Dernièrement, la direction générale de la SCPP, contactée par le Château, s'empressa d'apporter toutes les garanties, que lors de la prochaine commission, l'affaire serait réglée dans le sens qu'il convient ».


Le conseiller en question n'a pas encore pu être joint, samedi soir.

Links:
[1] http://www.electronlibre.info/ Nepotisme-et-Sarkozysme-acte-II,02317
[2] http://www.google.fr/url?sa=t&sourc … DjlfkCE20w
[3] http://www.electronlibre.info/
[4] http://www.rue89.com/2009/10/16/ce-que- … nse-122091
[5] http://www.rue89.com/2009/10/29/affaire … ent-123683
[6] http://www.rue89.com/2009/10/28/lelysee … 9-2-123757

http://www.rue89.com/2009/11/07/apres-j … ozy-125100

If it moves, tax it. If it keeps moving, regulate it. And if it stops moving, subsidize it.

« A quoi bon détruire les dictateurs si l’on continue, sous prétexte de discipline sociale et pour faciliter la tâche des gouvernements, à former des êtres faits pour vivre en troupeaux ? Ce ne sont pas les dictateurs qui font les dictatures, ce sont les troupeaux »

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Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Ce qui m'attriste c'est que ces commentateurs fascistes et pédophiles d'Internet vont encore attaquer les sarkozy à cause de leur nom, et surtout de leurs origines. Pourtant, Nicolas Sarkozy a redonné confiance à la France, a recréé une harmonie entre le peuple et ses élites qui ont chaque jour démontré depuis deux ans et demi leur volonté d'agir pour changer la France et enfin lui redonner une situation économique et financière digne de son rang. Ses fils ont hérité d'une génétique exceptionnelle qu'ils ont très largement confirmée par leur travail continu depuis des années. Et puis, c'est quoi ce pays où quand un père se donne à fond pour ses enfants, ou lorsqu'un homme réussit pour sa famille, tous ces mimiles, cette plèbe, ces loosers, syndicalistes, gauchistes et fascistes d'ultra-gauche se permettent de jaser voire pire, de s'exprimer massivement sur Internet ?

J'espère que Jean-François Copé mettra à exécution son projet pour réguler la prise de parole sur Internet.

Edit : merci barney de me réguler.

Last edited by Greg (08-11-2009 21:04:14)

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Mirror Universe Greg.

Ca fout la trouille, je l'imagine avec une petite moustache et en train de se frotter les mains.

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Greg a écrit:

Ce qui m'attriste c'est que ces commentateurs fascistes et pédophiles d'Internet vont encore attaquer les sarkozy à cause de leur nom, et surtout de leurs origines. Pourtant, Nicolas Sarkozy a redonné confiance à la France, a recréer une harmonie entre le peuple et ses élites qui ont chaque jour démontré depuis deux ans et demi leur volonté d'agir pour changer la France et enfin lui redonner une situation économique et financière digne de son rang. Ses fils ont hérité d'une génétique exceptionnelle qu'ils ont très largement confirmé par leur travail continu depuis des années. Et puis, c'est quoi ce pays où quand un père se donne à fond pour ses enfants, ou lorsqu'un homme réussit pour sa famille, tous ces mimiles, cette plèbe, ces loosers, syndicalistes, gauchistes et fascistes d'ultra-gauche se permettent de jaser voire pire, de s'exprimer massivement sur Internet ?

J'espère que Jean-François Copé mettra à exécution son projet pour réguler la prise de parole sur Internet.

Moi aussi

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

"Un terroriste ne mérite pas de mourir. Il mérite de vivre l'enfer. A perpétuité. Et seule la déchéance de la nationalité le permet." Greg

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Ma vie, mon oeuvre, mon scooter - Les faux mémoires du Prince Jean p. 34-35. a écrit:

- Jacques Martin : Alors, mon bonhomme, qu’est-ce qu’il fait, ton papa ?

- Jean Sarkozy : Il bouge. Il y avait des rires dans la salle.

- JM : C’est merveilleux ! s’exclamait le gros monsieur. Les enfants sont merveilleux. Tu as bien de la chance, mon bonhomme, d’avoir un papa qui bouge. Sinon, qu’est-ce qu’il fait d’autre ?

- JS : Il nique ta femme, je répondais.

http://www.liberation.fr/politiques/010 … -les-urnes

395

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Tiens, il semblerait que Prince Jean nous fasse une troisième deuxième année !
Comme quoi en droit, il n'y a pas de passe-droits !

http://www.lesindiscrets.com/article-90 … -deug.html

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

En mme temps , on peut dire que la dérogation est une sorte de passe-droit .

Article de meilleur qualité et quantité sur le sujet
http://www.rue89.com/2009/10/20/jean-sa … nce-122599

Si vous avez construit des châteaux dans les nuages, votre travail n'est pas vain ; c'est là qu'ils doivent être. À présent, donnez-leurs des fondations!..

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Keitaro a écrit:

En mme temps , on peut dire que la dérogation est une sorte de passe-droit .

Article de meilleur qualité et quantité sur le sujet
http://www.rue89.com/2009/10/20/jean-sa … nce-122599

Cet article date un peu.

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Ce pays est redevenu une caricature d'ancien régime. Les Français sont vraiment des veaux de se laisser faire ainsi.

Polémique autour de la nomination du fils Bachelot
La France des privilèges a de beaux restes. Après la mission en or confiée à Christine Boutin, on apprenait dernièrement la nomination de Pierre Bachelot comme chargé de mission au poste de “responsable de plaidoyer de la santé dans toutes les politiques publiques” à l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), Un établissement sous la tutelle du ministère de la santé et donc de sa mère Roselyne Bachelot auprès de laquelle il était déjà employé comme membre de son cabinet.

Touchée par le syndrome “Jean Sarkozy” la ministre, avec le plus grand naturel, a défendu cette nomination au micro de RTL  : “Quand on est fils de ministre, on n’a droit à aucun passe-droit mais on peut poursuivre sa carrière professionnelle quand on en a les compétences et les mérites”.

Les yeux d’une mère pour son fils, employé successivement comme attaché parlementaire puis membre de son cabinet ministériel, lui font oublier la réalité froide des diplômes. En l’espèce, Pierre Bachelot est diplômé de l’Institut supérieur des Arts de Paris, c’est-à-dire sans aucun rapport avec le poste sur lequel il est nommé.

La ministre avance qu’il n’y avait pas de profil correspondant en interne à l’INPES . Officiellement, Pierre Bachelot sera chargé de développer une stratégie d’influence ou de lobbying, notamment auprès du Parlement, et de veiller à ce que la santé soit intégrée dans toutes les politiques.

L’INPES (140 agents) est un acteur de santé publique chargé de mettre en oeuvre les politiques de prévention et d’éducation pour la santé financé par l’Etat et l’Assurance maladie, deux structures lourdement endettées, 13 milliards en 2007 pour la seconde.Cette nomination ressentie par beaucoup comme une nouvelle démonstration de népotisme ne va pas dans le sens de la rigueur budgétaire.

Selon Le Point, “Il s’agit d’un poste de chargé de mission directement attaché auprès de la directrice générale de l’Institut, une fonction qui existait déjà ponctuellement, mais qui a été mise en valeur dans le cadre de l’élaboration du projet d’établissement de l’INPES et du changement récent de l’organigramme”.

Pierre Bachelot, dont on ne connaît pas le niveau de rémunération, sera directement rattaché à Thanh Le Luong, directrice générale de l’Inpes en poste depuis novembre 2009, elle-même issue du cabinet de Roselyne Bachelot.

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

Ce qui n'est (évidemment) pas évoqué dans l'article, c'est que Pierre Bachelot, né en 1969, a 40 ans.

400

Re: Le fil du népotisme sous le régime de Sarkozy et de Hollande

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Last edited by OZ (09-07-2011 15:00:44)

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