Topic: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

http://www.contribuables.org/wp-content … ration.pdf

il compare les dépenses annuelles que l’Etat consent pour les immigrés (71,76 milliards d’euros) avec les recettes qu’il encaisse de leur part (45,57 milliards d’euros), soit un solde négatif de plus de 26 milliards.

Il me semble que Jean-Paul Gourévitch oublie dans son ouvrage, L'immigration, ça coûte ou ça rapporte ?une possibilité parmi les moyens de réduire les coûts: l'ouverture totale des frontières, qui supprimerait le manque à gagner en cotisations sociales lié à la clandestinité, ainsi que la police administrative et judiciaire des étrangers.

Last edited by apokrif (05-05-2008 18:44:22)

Oder so ähnlich.

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

Un autre ouvrage: Immigration/intégration, un essai d'évaluation des coûts économiques et financiers (sous la dir. de Laulan)

Sur le coût de l'asile:
RAPPORT D'INFORMATION relatif au suivi des travaux de la mission d'évaluation et de contrôle sur l'évolution des coûts budgétaires des demandes d'asile N° 3012
rapport sur L'ÉVOLUTION DES COÛTS BUDGÉTAIRES DES DEMANDES D'ASILE N° 2448

Oder so ähnlich.

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

En économie la faute de raisonnement est toujours difficile à déceler et très lourde de conséquence.
La preuve en est que depuis vingt ans des économistes remportent des prix Nobel avec des théories largement contradictoires.


Une autre façon d'aborder ce problème du coût de l'immigration (comme beaucoup de problèmes) serait de se demander :

Que se serait-il passé s'il n'y avait pas eu d'immigration en France après guerre ?  Où en serait notre pays aujourd'hui ?
PIB, culture, rayonnement dans le monde, natalité et population.

Pour mémoire un français sur quatre a un grand parent d'origine étrangère.

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

--

Last edited by RPC (03-03-2011 04:00:32)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

RPC a écrit:

Peux-tu citer les économistes nobellisés et leurs travaux "contradictoires" ?

Je pense qu'il parle d'un Nobel à l'autre.

So, where's the Cannes Film Festival being held this year?

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

Hayek - Myrdal   bien sûr  (c'est à dire au fond Hayek - Keynes (nobélisable) )        L'attribution d'un prix dit "Nobel" d'économie est d'ailleurs toujours contesté par les héritiers Nobel.

Mais effectivement au niveau d'un Nobel il est peu probable qu'il s'agisse d'une faute de logique pure.
Les fautes - ou écarts d'interprétation - viennent du poids donnés aux variables. Ou bien de la non prise en compte de certaines variables.

Exemple frappant à mon avis : le célèbre "pourquoi les prix baissent" de Jean Fourastié et Béatrice Bazil. Alors que les indices de l'INSEE faisaient croire à une augmentation régulière des prix, cet ouvrage a démontré en considérant d'autres variables plus pertinentes que les prix de quasiment tous les produits baissaient régulièrement et souvent massivement.

Il n'y a avait aucune erreur de logique dans les deux méthodes.

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

http://www.lexpress.fr/actualite/societ … 55913.html :

Michèle Tribalat a écrit:

Pourtant l'immigration est, selon de nombreux observateurs, utile à notre économie?

C'est ce que l'on nous martèle de tous côtés, mais je n'ai pas lu beaucoup d'études traitant de la question en France. Cette insistance contraste avec le silence assourdissant qui a accueilli le rapport du CAE, silence qui montre le peu d'intérêt pour la réalité, ou tout au moins pour un diagnostic éclairé. Et les études qui sont disponibles, souvent réalisées aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, ne mettent pas en avant une augmentation décisive du produit intérieur brut [PIB] par habitant due à l'immigration. Que le PIB s'accroisse avec le nombre de travailleurs (au moins en période de croissance) n'est pas une grande nouvelle. Mais très peu semble revenir aux natifs et aux immigrés déjà présents.
Les nombreuses études étrangères s'accordent généralement pour constater un effet négatif sur les plus bas salaires lorsque l'immigration est faiblement qualifiée. Les nouveaux immigrés entrent en concurrence avec les salariés peu qualifiés déjà présents, dont les immigrés, et font baisser les salaires. Une enquête britannique a testé l'effet de l'immigration récente de travailleurs des pays de l'Est, en particulier de travailleurs polonais. Ces immigrés étaient plutôt bien qualifiés mais se sont déclassés sur le marché du travail britannique et ont concurrencé les salariés les moins bien payés.

Le rapport du CAE est ici: http://www.cae.gouv.fr/IMG/pdf/084.pdf

Oder so ähnlich.

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

oladuc a écrit:

Que se serait-il passé s'il n'y avait pas eu d'immigration en France après guerre ?  Où en serait notre pays aujourd'hui ?
PIB, culture, rayonnement dans le monde, natalité et population.

Mouais, comparer l'immigration en France il y a 60 ans avec celle d'aujourd'hui n'a aucun sens: la structure économique du pays n'a plus rien à voir (baisse énorme du nombre d'emplois dans les secteurs agricole et industriel, tertiarisation et augmentation du niveau de qualification exigé sur le marché du travail).

De plus, le spectre couvert par la protection sociale s'est considérablement élargi. Les Français de 1950 étaient bien moins protégés que ceux de 2010. Ce qui induit nécessairement un coût supplémentaire pour la société et les finances publiques.

Last edited by sabaidee (22-03-2010 10:34:16)

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

Relance du débat par Michèle Tribalat, celle qui était dans Arrêt sur image pour parler de Zemmour.

Une chercheuse met en doute les bienfaits économiques de l'immigration en France

De Amer OUALI (AFP) – il y a 1 heure

PARIS — La chercheuse Michèle Tribalat, qui pourfend un "antiracisme idéologique" dans le débat sur l'immigration, remet en cause les bénéfices économiques de l'accueil des étrangers en France, mais ses travaux et sa méthode suscitent le scepticisme de ses confrères.

Directrice de recherche à l'Institut national des études démographiques (Ined), Mme Tribalat vient de publier "Les yeux grands fermés" où elle dénonce une "vigilance antiraciste" empêchant, de son point de vue, une "analyse rationnelle du réel qui pourrait conduire à l'analyse de politiques adéquates". Elle affirme se baser sur des études volontairement ignorées par ses confrères.

Son collègue, le sociologue Hervé Le Bras, estime que Mme Tribalat ignore volontairement les débats actuels car elle "désire se consacrer à une science des migrations, pure et objective qui les surplombe". Sauf que, selon lui, "elle ne fait pas preuve de rigueur dans les chiffres et surtout dans les concepts".

"L'Ined fait de la bonne recherche et la diffuse", sans embrigadement idéologique, ni dissimulation, renchérit l'ancien directeur de l'Ined, François Héran, en affirmant "récuser avec la dernière énergie" ces arguments qui sont une "atteinte à l'honneur professionnel" des chercheurs.

Mais "la réalité ne compte guère", accuse Mme Tribalat: "il faut se montrer favorable à l'immigration quoi qu'il en soit et quelles que soient ses caractéristiques".

En écrivant "Les yeux grands fermés", dit-elle à l'AFP, "mon idée était de réhabiliter, pour les réintégrer dans le cercle du débat légitime, des points de vue différents qui ne marquent pas un engouement particulier pour l'immigration".

Pour cela, la chercheuse affirme avoir passé en revue un grand nombre d'études (rarement françaises) en vue de vérifier des "affirmations dont on a fini par croire qu'elles étaient incontestables à force de les répéter". Ces études "mettent en doute l'impact déterminant de l'immigration sur la production de richesse", remarque-t-elle.

"Les effets d'une immigration dépendent grandement de ses caractéristiques et de l'économie du pays d'accueil: la plupart des études montrent que seule une immigration très qualifiée est susceptible d'aider à l'amélioration des finances publiques", ajoute Mme Tribalat. Un argument qui conforte les options du gouvernement actuel pour une "immigration choisie".

Reconnaissant que "la maîtrise des flux migratoires est difficile", Mme Tribalat estime que "les États ne doivent pas abandonner toute prise sur l'immigration" car "les hommes ne vivent pas quelque part par hasard" mais "ont des attachements territoriaux sans lesquels toute responsabilité démocratique serait impossible".

"Un peuple ne peut résulter" de mouvements de population aléatoires: "aucune protection sociale ne tient dans un tel contexte", argumente-telle.

Evoquant l'articulation entre les politiques migratoires nationales et le respect des conventions internationales sur les droits de l'Homme, elle juge que "dans un système fondé sur des droits, la réduction des flux migratoires passe par des restrictions appliquées à ces droits, en posant des conditions nouvelles d'accès, tout en veillant à rester dans la légalité internationale".

Et elle questionne: "l'immigration est-elle un objet politique comme un autre, c'est-à-dire soumis au contrôle démocratique des citoyens des pays d'accueil?".

Sollicitées par l'AFP, des ONG mises en cause dans son ouvrage n'ont pas souhaité réagir affirmant n'avoir pas lu "Les yeux grands fermés".

Il me semble qu'elle ne prend pas en compte l'apport en terme de main d'oeuvre sur tout un tas de métiers où il y a clairement des besoin de main d'oeuvre. Il me semble qu'elle ne prend pas en compte le fait que si on les déclarait, on aurait un apport très important de cotisations sociales.

Par ailleurs, cela illustre bien selon moi la libération de la parole xénophobe, surtout le passage sur la "réduction des droits des immigrés", un peu honteux. Elle oublie que ce sont les droits de l'Homme, et non pas seulement les droits du citoyen.

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

Ce n'est pas ce que je comprends perso: je comprends juste qu'il est difficile en France d'aborder les coûts-avantages de l'immigration. Un peu comme il fut assez longtemps quasi-impossible d'aborder la colonisation en termes de dépenses de la métropole tant l'a priori "colonisation = exploitation" était prégnant.

Gambetta a écrit:

Il me semble qu'elle ne prend pas en compte l'apport en terme de main d'oeuvre sur tout un tas de métiers où il y a clairement des besoin de main d'oeuvre. Il me semble qu'elle ne prend pas en compte le fait que si on les déclarait, on aurait un apport très important de cotisations sociales.

Quels sont ces métiers? Les jobs non qualifiés de services à la personne?

Certes, on peut estimer qu'il est possible de faire venir des gens non qualifiés pour occuper les jobs ingrats que les Français ne veulent pas faire.

Certes, s'ils étaient déclarés ils paieraient des cotisations, mais ils auraient aussi accès à l'aide sociale (RSA, allocations familiales...etc.) et il semble bien que personne ne souhaite savoir si objectivement, ils rapporteraient plus qu'ils ne coûteraient.

Je ne sais pas si c'est moralement bon ou mauvais, mais il n'en reste pas moins qu'en agissant ainsi, on comble ces besoins rendant impossible une augmentation des salaires qu'aurait engendré la pénurie de main d'oeuvre.

Par ailleurs, compte tenu de l'évolution économique de la France, il y a de moins en moins d'emplois non qualifiés - en particulier dans l'industrie et dans l'agriculture.

Perso, je trouve ça hallucinant que personne ne veuille savoir si cela rapporte ou non à l'Etat. On préfère laisser l'extrème droite s'exciter sur le coût supposé de cette immigration, voire lui laisser loisir de dire qu'"on nous cache tout", plutôt que de démontrer que c'est faux.

Gambetta a écrit:

Par ailleurs, cela illustre bien selon moi la libération de la parole xénophobe, surtout le passage sur la "réduction des droits des immigrés", un peu honteux. Elle oublie que ce sont les droits de l'Homme, et non pas seulement les droits du citoyen.

Pas faux. Il faudrait que Tribalat explique un peu ce qu'elle entend par là. Je note toutefois qu'elle précise "dans le respect des conventions internationales", contrairement à ce que tu laisses entendre.

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

Il y a eu une émission de radio avec Michèle Tribalat justement sur le sujet jeudi 18 mars 2010

du grain à moudre sur France Culture a écrit:

Peut-on penser l'immigration en termes de coûts et bénéfices ?

Quels sont les effets réels de l’immigration sur la structure démographique de nos populations ? Est-il exact que cette immigration, tende, dans toute l’Europe, à en empêcher le vieillissement ? L’afflux d’immigrés entraîne-t-il ou non une baisse des salaires des ouvriers et employés sous-qualifiés natifs ? Les immigrés sont-ils davantage chômeurs que les natifs et quelle est leur contribution à l’augmentation de la masse salariale ? Quels seront les effets à long terme des nouvelles vagues d’immigrations sur les comptes sociaux ? Sur les montants des retraites ? On aimerait pouvoir discuter sereinement de ces questions, mais on sent bien que c’est difficile. Les données disponibles sont rares, contradictoires, sujettes à caution. C’est que tout débat sur l’immigration est immédiatement piégé par des oppositions idéologiques manichéennes. Même l’estimation précise de l’ampleur des flux migratoires est, dans notre pays, imprécise, allant du simple au triple selon l’administration compétente. Comment, dans ces conditions, se donner les moyens de politiques migratoires dignes de ce nom ? Alors même que ces politiques pourraient bien échapper à nos Etats-nations pour être transférées à des instances communautaires sur lesquels les citoyens n’ont que peu de contrôle et sur des juridictions internationales sur lesquelles ils en ont encore moins.

Invités :
Michèle Tribalat.  Démographe Directrice de recherche à l'INED
Catherine Wihtol de Wenden. Politologue et juriste Directrice de recherche au CERI

Elle est toujours écoutable en format Real audio sur
http://sites.radiofrance.fr/chaines/fra … n_id=82441

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

sabaidee a écrit:

Perso, je trouve ça hallucinant que personne ne veuille savoir si cela rapporte ou non à l'Etat. On préfère laisser l'extrème droite s'exciter sur le coût supposé de cette immigration, voire lui laisser loisir de dire qu'"on nous cache tout", plutôt que de démontrer que c'est faux.

La gauche intervient dans le débat, mais uniquement en ce qui concerne le coût des éloignements : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualit … debat.html

Nouveau texte de Gourévitch: "Le coût de la politique migratoire de la France" :

http://www.le-cout-de-la-politique-migr … rance1.pdf

dans lequel il écrit que le débat sur la question est plus vivant dans les autres pays. Est-ce exact ? Pourquoi la situation serait-elle tellement différente en France ?

Gourévitch cite une objection à l'opportunité de ce débat:

Dans un pays où
la protection sociale repose, à côté de règles d’assurances et de répartition, sur un
principe de solidarité nationale, il n’y a pas lieu de s’interroger sur le coût de telle
ou telle catégorie sociale. Sinon pourquoi les immigrés, plutôt que les accidentés de
la route et du travail, et pourquoi pas les handicapés

Il me semble au contraire important que les coûts des accidents et des handicaps sont évalués, ceci, d'une part, afin de savoir quelles actions de prévention mener en priorité, et, d'autre part, de fournir les moyens pour que les victimes puissent bénéficier des soins et des aides nécessaires.

Last edited by apokrif (28-07-2010 22:55:05)

Oder so ähnlich.

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

Gambetta a écrit:

Relance du débat par Michèle Tribalat, celle qui était dans Arrêt sur image pour parler de Zemmour.

Une chercheuse met en doute les bienfaits économiques de l'immigration en France

De Amer OUALI (AFP) – il y a 1 heure

PARIS — La chercheuse Michèle Tribalat, qui pourfend un "antiracisme idéologique" dans le débat sur l'immigration, remet en cause les bénéfices économiques de l'accueil des étrangers en France, mais ses travaux et sa méthode suscitent le scepticisme de ses confrères.

Directrice de recherche à l'Institut national des études démographiques (Ined), Mme Tribalat vient de publier "Les yeux grands fermés" où elle dénonce une "vigilance antiraciste" empêchant, de son point de vue, une "analyse rationnelle du réel qui pourrait conduire à l'analyse de politiques adéquates". Elle affirme se baser sur des études volontairement ignorées par ses confrères.

Son collègue, le sociologue Hervé Le Bras, estime que Mme Tribalat ignore volontairement les débats actuels car elle "désire se consacrer à une science des migrations, pure et objective qui les surplombe". Sauf que, selon lui, "elle ne fait pas preuve de rigueur dans les chiffres et surtout dans les concepts".

"L'Ined fait de la bonne recherche et la diffuse", sans embrigadement idéologique, ni dissimulation, renchérit l'ancien directeur de l'Ined, François Héran, en affirmant "récuser avec la dernière énergie" ces arguments qui sont une "atteinte à l'honneur professionnel" des chercheurs.

Mais "la réalité ne compte guère", accuse Mme Tribalat: "il faut se montrer favorable à l'immigration quoi qu'il en soit et quelles que soient ses caractéristiques".

En écrivant "Les yeux grands fermés", dit-elle à l'AFP, "mon idée était de réhabiliter, pour les réintégrer dans le cercle du débat légitime, des points de vue différents qui ne marquent pas un engouement particulier pour l'immigration".

Pour cela, la chercheuse affirme avoir passé en revue un grand nombre d'études (rarement françaises) en vue de vérifier des "affirmations dont on a fini par croire qu'elles étaient incontestables à force de les répéter". Ces études "mettent en doute l'impact déterminant de l'immigration sur la production de richesse", remarque-t-elle.

"Les effets d'une immigration dépendent grandement de ses caractéristiques et de l'économie du pays d'accueil: la plupart des études montrent que seule une immigration très qualifiée est susceptible d'aider à l'amélioration des finances publiques", ajoute Mme Tribalat. Un argument qui conforte les options du gouvernement actuel pour une "immigration choisie".

Reconnaissant que "la maîtrise des flux migratoires est difficile", Mme Tribalat estime que "les États ne doivent pas abandonner toute prise sur l'immigration" car "les hommes ne vivent pas quelque part par hasard" mais "ont des attachements territoriaux sans lesquels toute responsabilité démocratique serait impossible".

"Un peuple ne peut résulter" de mouvements de population aléatoires: "aucune protection sociale ne tient dans un tel contexte", argumente-telle.

Evoquant l'articulation entre les politiques migratoires nationales et le respect des conventions internationales sur les droits de l'Homme, elle juge que "dans un système fondé sur des droits, la réduction des flux migratoires passe par des restrictions appliquées à ces droits, en posant des conditions nouvelles d'accès, tout en veillant à rester dans la légalité internationale".

Et elle questionne: "l'immigration est-elle un objet politique comme un autre, c'est-à-dire soumis au contrôle démocratique des citoyens des pays d'accueil?".

Sollicitées par l'AFP, des ONG mises en cause dans son ouvrage n'ont pas souhaité réagir affirmant n'avoir pas lu "Les yeux grands fermés".

Il me semble qu'elle ne prend pas en compte l'apport en terme de main d'oeuvre sur tout un tas de métiers où il y a clairement des besoin de main d'oeuvre. Il me semble qu'elle ne prend pas en compte le fait que si on les déclarait, on aurait un apport très important de cotisations sociales.

Par ailleurs, cela illustre bien selon moi la libération de la parole xénophobe, surtout le passage sur la "réduction des droits des immigrés", un peu honteux. Elle oublie que ce sont les droits de l'Homme, et non pas seulement les droits du citoyen.


Haha. J'adore quand les gauchistes défendent la rhétorique patronale. Je ne m'en lasse jamais.

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

Perso, je trouve ça hallucinant que personne ne veuille savoir si cela rapporte ou non à l'Etat. On préfère laisser l'extrème droite s'exciter sur le coût supposé de cette immigration, voire lui laisser loisir de dire qu'"on nous cache tout", plutôt que de démontrer que c'est faux.

Et pourquoi, à ton avis ?
  Tout simplement parce que tout le monde sait bien que l'immigration est un fléau économique. Ils ne cotisent presque rien, et c'est à la communauté nationale de payer toutes les allocations familiales (parce que pour pondre des gosses, oui, ça y va...), les RSA, les ASSEDIC  & cie. Les immigrés ne profitent qu'aux patrons qui tiennent ainsi en bride les augmentations de salaire qui résulteraient du jeu normal de la rencontre entre l'offre et la demande.
   Cela nous coûte des milliards, et il n'y a pas à espérer que cela s'améliore. Croyez-vous vraiment quand ils seront majoritaires, ils se soucieront de payer pour une population blanche raciste esclavagiste de retraités de 80 balais ? Ils nous laisseront (voire même feront) crever. C'est donc maintenant qu'il faut résister.

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

Busi a écrit:

   Cela nous coûte des milliards, et il n'y a pas à espérer que cela s'améliore. Croyez-vous vraiment quand ils seront majoritaires, ils se soucieront de payer pour une population blanche raciste esclavagiste de retraités de 80 balais ? Ils nous laisseront (voire même feront) crever.

La retraite, on y cotise ou on ne cotise pas, on ne choisit pas si on paie la retraite des blancs et pas celles des noirs, ou l'inverse.

Oder so ähnlich.

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

Busi a écrit:

c'est à la communauté nationale de payer toutes les allocations familiales (parce que pour pondre des gosses, oui, ça y va...),

dit le catho tradi

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

17

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

"Coûts" et "profits" de l'immigration (par Abdelmalek Sayad)

«La théorie des coûts et profits comparés de l'immigration», outre qu'elle est révélatrice du statut de l'immigré, contribue à transfigurer un discours qui est, au fond, de nature politique et éthique en arguments «techniques» plus faciles à énoncer. Parce qu'elle engage, à vrai dire, des positions politiques, elle constitue un véritable enjeu de luttes sociales.

Que coutent et que rapportent les immigrés ? Comme si elle était contenue dans la définition implicite de l’immigration, cette question semble traverser tous les propos que l’on peut tenir sur la présence des immigrés. L’immigration n’a de sens et n’est intelligible pour l’entendement politique qu’à la condition qu’elle soit source de « profits » ou, pour le moins, que les « coûts » qu’on lui impute n’excèdent pas les « profits » qu’elle peut procurer.

Mais parce qu’elle n’est pas seulement une pure investigation des incidences de tous ordres que l’on peut avoir l’immigration, la manière habituelle aux économistes et surtout aux économètres de « traiter les problèmes de la migration en termes complémentaires ou antithétiques de coûts et avantages », n’est possible qu’à la condition qu’on s’interroge sur la manière dont est constitué ce qu’on convient d’appeler respectivement « profits » et « coûts », ni sur la signification politique de l’opération elle-même qu’on présente comme n’étant, à la limite, qu’une technique comptable ou technique administrative du type des études de rationalisation des choix budgétaires ou encore des travaux préparatoires des Commissions du Plan.(…)

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

Contre la logique gestion a écrit:

"Coûts" et "profits" de l'immigration (par Abdelmalek Sayad)

Avec le lien, c'est mieux: http://www.persee.fr/web/revues/home/pr … _61_1_2308

L’immigration n’a de sens et n’est intelligible pour l’entendement politique qu’à la condition qu’elle soit source de « profits » ou, pour le moins, que les « coûts » qu’on lui impute n’excèdent pas les « profits » qu’elle peut procurer.

Il n'est pas question d'intelligibilité, mais d'opportunité.

Oder so ähnlich.

19

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

apokrif a écrit:
Contre la logique gestion a écrit:

"Coûts" et "profits" de l'immigration (par Abdelmalek Sayad)

Avec le lien, c'est mieux: http://www.persee.fr/web/revues/home/pr … _61_1_2308

L’immigration n’a de sens et n’est intelligible pour l’entendement politique qu’à la condition qu’elle soit source de « profits » ou, pour le moins, que les « coûts » qu’on lui impute n’excèdent pas les « profits » qu’elle peut procurer.

Il n'est pas question d'intelligibilité, mais d'opportunité.

L'expression "opportunité financière" aurait été plus adéquate. C'est justement la réduction à la dimension économique d'un phénomène humain qui est dénoncé par cet article. Plus généralement, doit-on toujours aborder les faits politiques dans une petite logique de gestionnaire ? La politique doit-elle se plier aux arguments techniques et managériaux ?

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

Contre la logique gestion a écrit:

L'expression "opportunité financière" aurait été plus adéquate. C'est justement la réduction à la dimension économique d'un phénomène humain qui est dénoncé par cet article.

Je suis d'accord pour qu'on tienne compte des aspects non économiques, mais alors il est plus difficile de comparer les avantages et les inconvénients, alors que la mesure en termes économiques nous conduit à une simple comparaison de deux nombres. Ce problème de comparaison ne se limite d'ailleurs pas au domaine de l'immigration.

Oder so ähnlich.

21

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

-

Last edited by OZ (09-07-2011 15:23:10)

.                                collectif individuel manufacture internet d'objets gentils                             .
[¤=¤] tape            [o=o] VHS           [O=O] ghetto blaster         [O=X] ghetto blaster d'occasion

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

Donner une idée sur au moins un aspect.
C'est insuffisant mais toujours mieux que rien. Si tu considères que toute comparaison incomplète et faussée n'a pas lieu d'être, tu ne tiens sans doute pas l'économie en haute estime. Pourtant ce n'est pas une discipline totalement inutile.

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."

23

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

Trèfle a écrit:

Donner une idée sur au moins un aspect.

Pour donner efficacement une idée sur un aspect, il me semble qu'il faudrait savoir quel est le poids de cet aspect dans l'ensemble des aspects que peut revêtir la question. Par exemple : si, sur un plan politique, la vision économique (immigration conçue en termes de flux financiers) pèse peu au final comparée à, disons, la vision sociologique (aspect humain et trajectoires biographiques individuelles des individus) ou à la vision humaniste, que nous apporte-t-elle ? Poser le débat en des termes strictement économiques, n'est-ce pas le réduire ou du moins le biaiser ? Doit-on voir le migrant comme un centre de coûts et de profits ? (Je n'ai pas de réponse, hein, ce sont des questions que je pose).

Apokrif a écrit:

Je suis d'accord pour qu'on tienne compte des aspects non économiques, mais alors il est plus difficile de comparer les avantages et les inconvénients, alors que la mesure en termes économiques nous conduit à une simple comparaison de deux nombres.

Certes, mais seule une approche pluridisciplinaire, aussi difficile soit-elle, me semble adéquate pour aborder cette question. Le raisonnement en termes de tableau comptable est quand même très réducteur, non ?

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

Contre la logique gestion a écrit:
Trèfle a écrit:

Donner une idée sur au moins un aspect.

Poser le débat en des termes strictement économiques, n'est-ce pas le réduire ou du moins le biaiser ?

Bien sûr que si c'est ce que je dis. J'ai l'impression que tu ne comprends pas que toute démarche scientifique est fondée sur des hypothèses qui sont par nature, biaisées, partiellement fausses ou incomplètes. J'ai pris l'économie en exemple parce-que c'est ce qui semble le plus évident. Tu ne crois pas que bâtir un modèle sur l'hypothèse d'efficience des marchés ou de rationalité des agents c'est réduire le débat, ou le biaiser ? Pour autant, est-ce que tu trouves toutes les théories économiques bonnes à jeter ?
C'est une première étape, nécessaire mais pas suffisante: nécessaire pour pouvoir compliquer les termes du problème par la suite et pas suffisante pour apporter une réponse tranchée à la question.
Est-ce que tu peux développer le poids de la vision humaniste s'il te plaît ? Parce-qu'après le texte légèrement jargonneux que t'as posté, il me faut des phrases très simples.

Last edited by Trèfle (25-04-2010 15:49:16)

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

Certes, mais seule une approche pluridisciplinaire, aussi difficile soit-elle, me semble adéquate pour aborder cette question.

Mais je suis bien d'accord pour qu'on tienne compte de tous les aspects de la question (quand je parle de coûts et d'avantages, je ne parle pas seulement de ceux qu'on exprime en argent), en sachant toutefois que si on met l'accent sur l'aspect économique, c'est parce que c'est souvent sous cet angle-ci qu'on présente l'immigration comme nécessaire (par exemple pour le paiement des retraites - on oublie d'ailleurs, à supposer que l'immigration soit nécessaire pour ce faire, de se demander si elle est suffisante; il se pourrait même que la situation des retraites soit mauvaise sans l'immigraiton mais encore pire avec.)

Last edited by apokrif (25-04-2010 15:52:19)

Oder so ähnlich.

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Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

Trefle, lorsque je parle de biais, je ne parle pas des hypothèses sous-jacentes à tout modèle scientifique mais de la façon de poser le débat. Sinon, oui, je partage ton avis sur les hypothèses d'un problème.
Le poids de la vision humaniste ? Je n'en sais rien. Mais par humaniste, j'entends : tolérance, ouverture, etc. indépendamment de tout critère financier. Cela ne signifie pas que ce soit ma vision, hein ; il faudrait analyser les capacités d'accueil, etc. Mais je pose la question.


apokrif a écrit:

Mais je suis bien d'accord pour qu'on tienne compte de tous les aspects de la question (quand je parle de coûts et d'avantages, je ne parle pas seulement de ceux qu'on exprime en argent)

Ok.

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Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

Pour apporter de l'eau au moulin, bulletin de la CAF: une étude sur la part des immigrés dans les versements de prestations sociales:

http://www.caf.fr/web/WebCnaf.nsf/090ba … eMinni.pdf

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

http://www.lemonde.fr/politique/article … id=1329699 :

L'exercice sur ce point risque cependant d'être délicat, tant les travaux dits "économétriques" sont rares en France et tant leurs conclusions nuancent à la fois les discours prônant la libre circulation des personnes et ceux partisans d'une plus grande fermeture des frontières. Leur rareté est une particularité hexagonale. Il existe toute une littérature influente à l'étranger - anglophone le plus souvent.

Oder so ähnlich.

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Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

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Last edited by RPC (03-03-2011 04:02:04)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

Une autre interview de Tribalat: http://www.ledevoir.com/societe/actuali … -brancards

Michèle Tribalat a écrit:

quantité d'études ne sont pas faites pour ne pas donner de grain à moudre au Front national.

Est-il exact que la recherche, dans ce domaine, est influencée par des considérations de propagande politique ?

apokrif a écrit:

Mais je suis bien d'accord pour qu'on tienne compte de tous les aspects de la question (quand je parle de coûts et d'avantages, je ne parle pas seulement de ceux qu'on exprime en argent)

Comme le dit Tribalat:

Mme Tribalat en a contre le discours unique que l'on entend sur l'immigration. Celle-ci ne peut se résumer à un simple calcul économique, dit-elle. Il faut prendre en compte les problèmes d'intégration

Last edited by apokrif (07-12-2010 17:33:08)

Oder so ähnlich.

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Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

apokrif a écrit:

Est-il exact que la recherche, dans ce domaine, est influencée par des considérations de propagande politique ?

Il est difficile d'aborder de façon objective une question aussi sensible politiquement parlant ; et même, dans le cas où on l'aborderait de façon neutre, quid des interprétations des résultats de l'étude ? Dans ce dernier cas, on objectera certainement que les interprétations du travail d'un chercheur ne le concerne pas vraiment, mais bon...

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

http://www.lecri.fr/wp-content/uploads/cache/15541_BnHover.jpg

Oder so ähnlich.

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Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

Contre la logique gestion a écrit:
apokrif a écrit:

Est-il exact que la recherche, dans ce domaine, est influencée par des considérations de propagande politique ?

Il est difficile d'aborder de façon objective une question aussi sensible politiquement parlant ; et même, dans le cas où on l'aborderait de façon neutre, quid des interprétations des résultats de l'étude ?


Bonjour j'aimerions parler de l'avantage de mes couilles. Mais QUID ? QUID ?

QUID.

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

Eric Besson: "Le coût de l'immigration illégale n'est pas tabou"

http://www.lefigaro.fr/politique/2010/0 … -tabou.php

Oder so ähnlich.

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

Emission de radio avec Michèle TRIBALAT
http://www.franceculture.com/emission-l … 07-25.html

La France métropolitaine comptait 5 millions d’immigrés en 2006, soit 8,2 % de la population. Selon l’INSEE, l'immigré est une personne née étrangère, dans un pays étranger, mais qui vit en France. Après son entrée en France, il peut soit devenir français, soit rester étranger, suivant les possibilités offertes par le Code de la nationalité française. Ainsi, pour l’INSEE, tout étranger n'est pas nécessairement un immigré et tout immigré n’est pas forcément un étranger. Dans sa dernière grande étude de 2005, l’INSEE recense 2 millions d’ « immigrés de nationalité française » (soit 40 % du total des immigrés) et 2,9 millions d’« immigrés étrangers ». Entre 1982 et 2006, l’immigration a augmenté de 25% en France, et cette augmentation s’est essentiellement produite a partir de 1999. Malgré une augmentation de 37 % de l’immigration d’Europe de l’Est (hors UE), la part de l’Europe parmi les immigrés a diminué, passant de 57 % en 1975 à 40 % en 2005.
Le point d'équilibre entre immigrés hommes et femmes a été atteint en 2000, grâce au regroupement familial qui a succédé à l'immigration de travail, essentiellement masculine, fortement régulée à partir de 1974. L'étude de l'Insee relève qu’entre 1982 et 2005, « le niveau de formation des immigrants a fortement progressé ». Les immigrés détenant un diplôme de l’enseignement supérieur sont quatre fois plus nombreux. En 2005, près d'un immigré sur quatre (24 %) est diplômé du supérieur, un niveau comparable à celui des non-immigrés (29 %).

Michèle Tribalat, vous êtes démographe, spécialiste des flux migratoires et directrice de recherche à l’Institut national d’études démographiques (Ined). Vous avez publié en mars dernier un ouvrage intitulé Les Yeux grands fermés (Denoël), dans lequel vous vous insurgez contre l’ « antiracisme idéologique » français qui, selon vous,  ostracise quiconque met en doute l’idée que l’immigration est bénéfique. En mai 2009, un rapport du Conseil d'analyse économique sur l'impact économique de l'immigration a été remis au Ministre de l’immigration, Eric Besson. Vous avez affirmé dans un entretien à L’Express que ce rapport « mettait en évidence la faiblesse de l'argument économique pour justifier l'immigration ». Vous expliquez son absence de médiatisation par le fait qu’une telle vérité est « trop dérangeante ».
         Vous avez été membre du Haut Conseil à l'intégration, dont vous avez démissionné en 2000 à cause d’un désaccord concernant les méthodes de calcul de l’immigration. Dans Les Yeux grands fermés, vous déplorez les disparités de méthodes des différents organismes chargés de mesurer l’immigration. Vous dénoncez « l'insuffisance de l'appareil statistique français pour étudier l'immigration et les populations d'origine étrangère ». Vous contestez également le recours au solde migratoire (bilan des entrées et sorties d'étrangers et de Français) que vous qualifiez de « trompeur », car seules les entrées d’étrangers sont connues. Un règlement européen de 2007 a obligé les organismes nationaux à adopter la même définition de ce qu’est un immigré afin d’harmoniser les statistiques les flux migratoires. Il définit l’immigré dans l’UE comme la personne physique qui y établit sa résidence habituelle pour une période atteignant ou supposée atteindre au moins 12 mois. Michèle Tribalat, quelles sont selon vous les lacunes de l’appareil statistique français, et en quoi la définition communautaire de l’immigrant peut-elle aider à combler ces lacunes ?

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

Une contribution de Carine Fouteau (principalement consacrée aux pays étrangers), dans Immigration: fantasmes et réalités (sous la dir. de Claire Rodier et Emmanuel Terray).

Oder so ähnlich.

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

C'est dans Capital de ce mois:
http://media.prismashop.fr/catalog/category/file_4.jpg

Oder so ähnlich.

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

France terre d'asile a écrit:

Le budget Asile augmenterait de 3% en 2011 ? Cette annonce ministérielle largement relayée par les médias mérite une mise au point afin d’apprécier à sa juste valeur la réalité budgétaire du droit d’asile en France. Pour ce faire, il convient d’analyser le périmètre examiné ainsi que la référence sur laquelle se base la comparaison, en l’occurrence le budget 2010.

http://webcache.googleusercontent.com/s … officielle

Oder so ähnlich.

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

http://www.courrierinternational.com/ar … migration

Un bon résumé d'une étude sur les "comptes" de l'immigration dans Courrier International. Les pro, qu'en pensez-vous ?


Les immigrés sont une très bonne affaire pour l’économie française : ils reçoivent de l’Etat 47,9 milliards d’euros, mais ils reversent 60,3 milliards. Autant dire un solde positif de 12,4 milliards d’euros pour les finances publiques, qui ne représente pourtant que la part monétaire de transferts bien plus importants. Dans ce pays de 64,7 millions d’habitants, 6,5 millions de Français comptent au moins un immigré dans leur famille. Les chiffres de l’immigration légale sont très fluctuants. En France, on recense environ 5,3 millions de résidents étrangers avec leurs familles.

Une équipe de chercheurs de l’université de Lille, sous la direction du Pr Xavier Chojnicki, a réalisé pour le compte du ministère des Affaires sociales une étude sur les coûts de l’immigration pour l’économie nationale. Travaillant sur des chiffres officiels, les chercheurs ont décortiqué tous les grands postes de transfert des immigrés. Il en ressort un solde très positif. Les chercheurs ont remis leur rapport en 2009, au terme de trois ans d’études. Les 47,9 milliards d’euros que coûte l’immigration au budget de l’Etat (2009) sont ventilés comme suit : retraites, 16,3 milliards d’euros ; aides au logement, 2,5 milliards ; RMI, 1,7 milliard ; allocations chômage, 5 milliards ; allocations familiales, 6,7 milliards ; prestations de santé, 11,5 milliards ; éducation, environ 4,2 milliards.

De leur côté, les immigrés reversent au budget de l’Etat, par leur travail, des sommes beaucoup plus importantes : impôt sur le revenu, 3,4 milliards d’euros ; impôt sur le patrimoine, 3,3 milliards ; impôts et taxes à la consommation, 18,4 milliards ; impôts locaux et autres, 2,6 milliards ; contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) et contribution sociale généralisée (CSG), 6,2 milliards ; cotisations sociales, environ 26,4 milliards d’euros.

A ce solde positif de quelque 12,4 milliards d’euros il faut ajouter d’autres revenus pas toujours monétaires, mais d’une grande importance sociale et économique : les immigrés occupent l’immense majorité des emplois dont les Français ne veulent pas, et 90 % des autoroutes ont été et sont construites et entretenues avec de la main-d’œuvre étrangère. Sans immigrés, les prix à la consommation (produits agricoles et autres) seraient bien plus élevés, la main-d’œuvre étrangère étant bien moins payée.

La comptabilité réalisée par les chercheurs de l’université de Lille fait ressortir aussi de profonds changements sociaux. Majoritairement jeunes, les immigrés sont de grands consommateurs : comme nous venons de le voir, ils versent environ 18,4 milliards d’euros à l’Etat sur leurs dépenses personnelles, notamment en TVA. Les immigrés ont modifié en profondeur le sport et les arts populaires français : la grande majorité des footballeurs de haut niveau sont issus de l’immigration, et les artistes d’origine immigrée, noirs et maghrébins, peuplent le Top 50 de la chanson populaire.

Parallèlement, de nombreux métiers, en particulier dans les services, ne fonctionnent en France que grâce à l’immigration. Plus de la moitié des médecins hospitaliers dans les banlieues sont étrangers ou d’origine étrangère. Pas moins de 42 % des travailleurs des entreprises de nettoyage sont des immigrés. Plus de 60 % des ateliers de mécanique automobile de Paris et de la région parisienne appartiennent à des mécaniciens et petits entrepreneurs d’origine étrangère.

Dans un domaine aussi crucial que l’avenir du système des retraites, les immigrés jouent un rôle des plus favorables. Le très officiel Comité d’orientation des retraites est parvenu à cette conclusion : “L’entrée de 50 000 nouveaux immigrés par an permettrait de réduire de 0,5 point de PIB le déficit des retraites.”

Xavier Chojnicki commente ces résultats en ces termes : “Il s’agit d’un processus historique lié à la structure de la population immigrée, majoritairement jeune. Comme ils sont peu qualifiés, les immigrés sont très souvent au chômage. Mais ils dépensent aussi beaucoup et sont très entreprenants. Les pensions que nous versons aux retraités sont plus que compensées par la consommation et les cotisations sociales que paient les plus jeunes, parmi lesquels on trouve des gens très dynamiques.”

Lolita, light of my life, fire of my loins. My sin, my soul. Lo-lee-ta: the tip of the tongue taking a trip of three steps down the palate to tap, at three, on the teeth. Lo. Lee. Ta

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Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

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Last edited by RPC (03-03-2011 04:03:38)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

Merci c'est un peu ce qui me semblait.
Et puis surtout j'aimerais bien voir l'étude, parce que dire "6,5 millions de français comptent au moins un immigré dans leur famille", ça ne veut rien dire.
Il ne définit pas ce qu'est un immigré, et s'il compte les expats dedans, etc.

Mais c'est intéressant quand même !

Lolita, light of my life, fire of my loins. My sin, my soul. Lo-lee-ta: the tip of the tongue taking a trip of three steps down the palate to tap, at three, on the teeth. Lo. Lee. Ta

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Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

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Last edited by RPC (03-03-2011 04:04:15)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

J'ai un peu les même réserves que RPC (même si le CEPII où travaille ce chercheur est très crédible): le 90 % des autoroutes construites par les immigrés, je me demande d'où sort ce chiffre.

Je note que l'article ne mentionne pas le poids des remises de fonds des immigrés vers le pays d'origine qui a un impact plutôt négatif.

Je suis un peu surpris de ce raisonnement par équilibre et son impact sur les cotisations: théoriquement, étant plus jeunes et moins qualifiés, les immigrés devraient logiquement être plus touchés par le chômage que la moyenne nationale et donc verser proportionnellement moins par leur travail que ce qu'ils perçoivent en termes de politique redistributive. Même chose sur l'impact des politiques familiales et le fait que leur taux de fécondité est supérieur à la moyenne des Français.

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

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Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

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Last edited by RPC (03-03-2011 04:05:01)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

En réfléchissant à cette étude de Chojnicki, il me semble avoir identifié un biais problématique: il est sûrement vrai que les immigrés rapportent plus qu'ils ne coûtent, car s'ils sont probablement plus souvent au chômage que les nationaux, l'immense majorité d'entre eux sont des personnes en âge de travailler, ils ne coûtent donc quasiment rien en termes de retraites, de formation et étant plus jeunes, ils pèsent moins dans les comptes de la sécurité sociale.

Mais vieillissement aidant, ils pèsent logiquement plus en pensions de retraites, soins, etc.

J'imagine que pour la plupart les "vieux immigrés" sont soit retournés dans leur pays d'origine, soit ils ont acquis la nationalité française (10 ans de résidence); je me demande comment Chojnicki évite cet écueil s'il l'a identifié...

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

L'immigration et ses mythes

L’immigration a toujours été source de fantasmes. Autrefois italiennes ou polonaises, naguère africaines, asiatiques ou roumaines, toutes les vagues d’immigration ont pu être jugées comme sources potentielles de chômage, de baisse de salaires et de criminalité. Pourtant, toutes les recherches sur le sujet n’ont de cesse de prouver le contraire.

Oder so ähnlich.

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

apokrif a écrit:

L'immigration et ses mythes

L’immigration a toujours été source de fantasmes. Autrefois italiennes ou polonaises, naguère africaines, asiatiques ou roumaines, toutes les vagues d’immigration ont pu être jugées comme sources potentielles de chômage, de baisse de salaires et de criminalité. Pourtant, toutes les recherches sur le sujet n’ont de cesse de prouver le contraire.

Je pense que l'immigration amène aussi des éléments positifs non chiffrables type une ouverture sur le pays d'origine des immigrés et donc une influence voire des marchés. Je pense aussi qu'elle est vraisemblablement positive.

N'empêche que ça m'agace que les défenseurs de l'immigration - comme ici - aient tendance à s'appuyer sur des études américaines pour corroborer leur propos. Je suis désolé, mais les marchés de l'emploi et les politiques sociales n'ont rien à voir entre la France et les Etats Unis et cela revient à comparer des choux et des carottes.

D'ailleurs le CAE avait notamment publié un rapport très critique sur la notion d'immigration choisie en soulignant qu'elle ne pouvait pallier à une flexibilisation accrue du marché du travail: http://www.cae.gouv.fr/IMG/pdf/084.pdf

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

sabaidee a écrit:

Je note que l'article ne mentionne pas le poids des remises de fonds des immigrés vers le pays d'origine qui a un impact plutôt négatif.

En fait, pour la France, il semble que non. Nous sommes parmi les premiers bénéficiaires en valeur absolue des transferts de fonds des migrants.
ONU pour 2004 : http://www.un.org/french/events/migrati … french.pdf
Banque mondiale pour 2007 : http://siteresources.worldbank.org/INTP … /Top10.pdf

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Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

Cette logique comptable m'est insupportable... Weber avait raison : l'homo œconomicus n'est pas derrière nous, il est devant nous. Pourquoi ne parle-t-on pas du "bilan coûts-avantages" du Français en France ?

Re: Bilan coûts-avantages de l'immigration par Jean-Paul Gourévitch

Quant à l’instauration d’un droit d’accès à l’aide médicale de 30 euros, s’il rapportera six millions d’euros, il coûtera trois à quatre fois plus cher en raison de l’augmentation des frais de gestion de ce droit d’entrée mais aussi au retard généré dans la prise en charge médicale. L’état du patient s’aggravant, son traitement sera plus onéreux.

http://www.lalsace.fr/fr/article/441411 … -asile.htm

Oder so ähnlich.