Topic: Intégrer les Services secrets et Devenir agent : Concours DGSE

Bonjour,

Je voudrais passer le concours de la DGSE : savez vous comment ça se passe, et surtout quels sont les métiers ouverts, les perspectives...? (je vise plutôt analyste que james bond je dois dire smile  ). A votre avis c'est intéressant ou pas ?

J'ai vu sur certains posts que certains déconseillent d'aller bd mortier: avez vous une idée de pourquoi?

Merci !

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Re: Intégrer les Services secrets et Devenir agent : Concours DGSE

Il y a une BP, il suffit d'écrire et de demander renseignements et dossiers pour concours. L'adresse est sur le site du Mindef.
Le salaires sont consultables sur les grilles indiciaires de la FP.

Et tu as également le grand index principal consacré à l'espionnage et aux techniques d'espionnage.




Actualisation 12 juin 2011 : le concours DGSE 2011

Re: Intégrer les Services secrets et Devenir agent : Concours DGSE

oui effectivement je connais l'adresse et j'ai regardé le site de la dgse... mais ce que je voudrais pour le moment c'est plutôt vos avis ou vos impressions... tout ce que le minDef ne pourra pas m'envoyer par courrier et qui n'est pas sur le site en fait smile

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Re: Intégrer les Services secrets et Devenir agent : Concours DGSE

lil14 a écrit:

oui effectivement je connais l'adresse et j'ai regardé le site de la dgse..

"SAS, alerte à Nairobi" ?

La DGSE n'a pas de site

Re: Intégrer les Services secrets et Devenir agent : Concours DGSE

ben la page de la dgse sur le site du mindef pour être précis...

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Re: Intégrer les Services secrets et Devenir agent : Concours DGSE

lil14 a écrit:

oui effectivement je connais l'adresse et j'ai regardé le site de la dgse... mais ce que je voudrais pour le moment c'est plutôt vos avis ou vos impressions... tout ce que le minDef ne pourra pas m'envoyer par courrier et qui n'est pas sur le site en fait smile

prends rdv si tu veux discuter.
en l'espèce le genre de la maison c'est la discrétion. Donc on n'en parle pas quand on y est. Un forum est le dernier endroit où poser ce genre de questions.
La première étape du concours c'est justement trouver des info...

Re: Intégrer les Services secrets et Devenir agent : Concours DGSE

Je n'y connais pas grand chose mais quand on voit que la CIA a un beau site avec toutes les informations intéressantes pour les futurs candidats et que le MI6 passe des annonces dans la presse pour recruter je ne peux m'empêcher de me dire que toutes ces précautions ont un peu quelque chose de désuet...

Re: Intégrer les Services secrets et Devenir agent : Concours DGSE

Euh, si son pseudo commence par F, évite stp...

http://unefiep2009.wordpress.com/

Re: Intégrer les Services secrets et Devenir agent : Concours DGSE

Drac, merci beaucoup pour ton mail

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Re: Intégrer les Services secrets et Devenir agent : Concours DGSE

Concours très abordable, beaucoup moins sélectif que celui du MAE.
Perspectives d'emploi peu excitantes, sauf si t'aimes l'analyse, ce qui semble être ton cas.

Re: Intégrer les Services secrets et Devenir agent : Concours DGSE

Pas de problème, je suis un peu papa poule des fois !

http://unefiep2009.wordpress.com/

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Re: Intégrer les Services secrets et Devenir agent : Concours DGSE

Alci a écrit:

Pas de problème, je suis un peu papa poule des fois !

Papa poule et maman coq ont une fille, comment elle s'appelle ?

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Re: Intégrer les Services secrets et Devenir agent : Concours DGSE

lil14 a écrit:

Bonjour,
Je voudrais passer le concours de la dgse: savez vous comment ça se passe, et surtout quels sont les métiers ouverts, les perspectives...? (je vise plutôt analyste que james bond je dois dire smile  ). A votre avis c'est intéressant ou pas?
J'ai vu sur certains posts que certains déconseillent d'aller bd mortier: avez vous une idée de pourquoi?
Merci!

La procédure de recrutement est parait-il à la fois d'une simplicité déconcertante et d'une complexité déroutante....

Re: Intégrer les Services secrets et Devenir agent : Concours DGSE

Que veux tu dire par là?

Re: Intégrer les Services secrets et Devenir agent : Concours DGSE

Soit ils te veulent, soit ils te veulent pas, mais tu sauras jamais pourquoi.

"Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d’en être l’organisateur"
Jean Cocteau, Les mariés de la Tour Eiffel

Re: Intégrer les Services secrets et Devenir agent : Concours DGSE

@ drac, peut être qu'elle ne passe plus, mais elle a des gens pour lui répéter....je ne pense pas qu'elle aimerait que tu diffuses son adresse à tout le monde...surtout quand tu ne lui donnes pas denouvelles pendant des lustres alors qu'elle se morfond dans son pays

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Re: Intégrer les Services secrets et Devenir agent : Concours DGSE

moi je veux bien un mail aussi pour m'expliquer, merci les gens

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Re: Intégrer les Services secrets et Devenir agent : Concours DGSE

voila, la seul facon c'est la suivante...
tu écrit a cette adresse:

MINISTÈRE DE LA DÉFENSE
BP 359-07
75327 Paris Cedex 07

Et tu di que tu veux avoir plus t’informations et en t’enverra les info et un dossier d’inscription. Pour le reste bonne chance mais sache que James Bond c’est qu’un film… ciao

Plus d'infos :

NOTES DE RÉFLEXION N°1
LES LIMITES DES POLITIQUES D'INTERCEPTION SATELLITAIRES FACE AUX NOUVEAUX MODES OPÉRATOIRES TERRORISTES

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Alain Charret
31-12-2005

En pleine guerre ouverte contre le terrorisme international, il est difficile d'évoquer les interceptions sans imaginer immédiatement de grandes paraboles dressées vers le ciel, écoutant les satellites de communications orbitant autour de la terre.

Dans ce contexte, parler de transmissions en ondes courtes au XXIe siècle peu paraître pour le moins désuet. Alors que tout le monde surfe sur Internet, envoie des e-mails aux quatre coins de la planète, le téléphone portable collé à l'oreille, nous serions en droit de croire que les procédés de transmission utilisant les ondes courtes sont devenus obsolètes. D'autant que même les services étatiques d'écoutes ne parlent plus que d'interceptions satellitaires par lesquelles transiteraient la majorité des communications privées, professionnelles ou encore officielles mondiales. D'ailleurs ceux qui ont eu l'occasion d'approcher des installations d'écoutes, en Europe comme aux États-Unis, ont pu observer le changement rapide des antennes qui ne sont plus composées que de paraboles et autres radômes. Un signe qui ne peut tromper un œil averti.

Pourtant certaines informations tendraient à réfuter cette thèse et, plus grave encore, laisseraient supposer que les services chargés des interceptions se seraient fourvoyés en misant sur le « tout satellite ».
La persistance des communications clandestines en ondes courtes (HF)

A titre d'exemple, souvenons-nous du cas de cette analyste américaine de la Defense Intelligence Agency (DIA) américaine arrêtée par le FBI, le 21 septembre 2001. Ana Belen Montes, 44 ans, avait rejoint la DIA en 1985. D'après les enquêteurs, elle fournissait des renseignements aux services cubains depuis 1996. Le résultat de l'enquête menée après son arrestation a montré qu'elle recevait ses instructions grâce à un récepteur radio ondes courtes :

Authorities declined to say what led them to focus on Montes or how they believed she became associated with the Cuban government. They said she communicated with her Cuban handlers via shortwave radios, computer diskettes and pagers, methods employed by a Cuban spy ring based in Florida - known as the Wasp Network - that attempted to infiltrate Cuban exile organizations and U.S. military installations2.

Avant l'ère du satellite, ce type d'émission constituée par la diffusion de groupe de chiffres énumérés par une voix synthétique, a été longtemps une des priorités des services d'écoutes de tous les pays. Il était clairement établi que ces émissions chiffrées étaient destinées aux agents clandestins infiltrés en pays ennemis. D'ailleurs on pouvait fréquemment les entendre dans différentes langues, allant du russe à l'allemand, en passant par le roumain, le bulgare, le tchèque, l'anglais et même le français. Le système permettait ainsi à l'agent infiltré de recevoir, en toute discrétion, directives et autres messages de sa centrale. Durant la Guerre froide ce type de transmission foisonnait. Après 1989 et la chute du mur de Berlin, suivi de peu par celle de l'Union soviétique, ces émissions cessèrent. Les services d'écoutes occidentaux dont l'objectif principal était le monde communiste, durent revoir leurs priorités.

A la même époque, le grand public apprit l'existence du réseau Echelon, capable d'intercepter toutes les communications téléphoniques et autres courriers électroniques. Les réactions de nombreux Etats furent immédiates. Après l'attribution des crédits nécessaires, de nouvelles antennes se déployèrent et se mirent à traquer les satellites, comme le faisaient nos alliés les Américains. Petit à petit les ondes HF, appelées traditionnellement ondes courtes, furent donc délaissées.

Or, de plus en plus fréquemment, des radioamateurs passionnés par ce type de communication, rapportent que les transmissions de chiffres - appelées outre-Atlantique Numbers Stations - reprennent leurs activités. Cela suffit, semble-t-il, à changer les orientations techniques des grands services SIGINT. D'autant qu'une partie du matériel HF a été remisé. Pourtant, le cas Ana Beles Montes démontre une nouvelle fois, que suivre aveuglément l'exemple américain n'est pas forcément un gage de réussite.
Comment Al-Qaeda déjoue les interceptions américaines

La lutte contre le terrorisme est un autre exemple flagrant d'une certaine inadaptation des politiques d'interception actuelle. Non seulement le fait d'avoir tous les téléphones de la planète sur écoute n'a pas permis aux Américains de capturer Oussama Ben Laden3, mais cela a encouragé les terroristes à éviter ce type de transmission au profit de moyens radioélectriques traditionnels (spectre HF), aujourd'hui délaissé par les grands services d'interception.

Un des premiers à l'avoir signalé est Georg Klingenfuss, un ressortissant allemand, spécialiste de l'écoute radio, qui publie régulièrement des recueils de fréquences et autres manuels de codes. Sur son site Internet, il n'hésite pas à indiquer, capture d'écran à l'appui, que les réseaux terroristes tels qu'Al-Qaeda communiquent grâce aux ondes courtes. Il cite pour exemple les nouveaux systèmes de transmission permettant l'acheminement d'e-mails par radio, utilisés par les ONG, notamment le Comité international de la Croix Rouge (CICR). Or, certaines ONG opérant en Afrique et en Asie, se seraient fait dérober plusieurs de ces émetteurs. D'autre part la radio bulgare a fait état, par le passé, d'une information selon laquelle des membres d'Al-Qaeda se seraient procurés, au Japon, du matériel performant de radiocommunication HF.

Un nouvel élément vient corroborer cette théorie. Il a été publié le 2 janvier 2006 par la presse privée algérienne. Il s'agit de la capture d'Abou Billel El-Oulbani, présumé représentant d'Al-Qaeda pour la région Afrique et Maghreb. Lors de son arrestation par les forces de sécurité algériennes, il a été découvert une « station radio UHF ultrasophistiquée » installée dans une maison abandonnée au sommet d'une colline. Celle-ci aurait été utilisée pour communiquer avec les différents réseaux d'Al-Qaeda en Afrique.

Il est important de noter qu'il s'agit d'une station UHF (Ultra High Frequency, ou ultra haute fréquence), c'est-à-dire utilisant des fréquences qui, en fonction de la topographie et des puissances utilisées, offrent une portée dépassant rarement la centaine de kilomètres. Si cette station était bien utilisée pour transmettre sur de plus longues distances cela indiquerait l'utilisation d'un procédé bien connu des radioamateurs. Il s'agit d'un système alliant l'Internet et la radio. Une hypothèse rendue encore plus vraisemblable quand on sait que parmi les objets saisis, figurent 3 ordinateurs portables. Il suffit pour cela de relier ladite radio à un ordinateur équipé d'un logiciel spécifique. De tels programmes existent et sont même gratuits. Développés par des radioamateurs, ils permettent ainsi de communiquer dans le monde entier à travers des réseaux privés reliés à Internet et interconnectés entre eux. Ce système permet de transmettre de deux manières. Soit à partir d'un ordinateur connecté à Internet qui activera un émetteur récepteur implanté n'importe où dans le monde. Soit à l'inverse, grâce à un émetteur-récepteur, il sera possible de se connecter à un ordinateur relié à Internet qui fera transiter la communication à l'autre bout de la planète si besoin est.

Concrètement, Ben Laden pourrait très bien donner ses instructions au Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien à partir d'un cybercafé de Jalalabad, sa voix étant retransmise par un émetteur situé sur les hauteurs d'Alger. Et cela avec très peu de moyens et de manière très discrète, puisque la majeure partie des services d'écoutes étatiques, suivant l'exemple américain, a délaissé les traditionnelles écoutes radio, au profit de l'interception satellitaire.
Un procédé particulièrement discret

Ce système de transmission a la particularité d'utiliser différents procédés. Tout d'abord la partie transitant par Internet allie la technologie dite Peer to Peer et la téléphonie IP, rappelant à la fois les techniques utilisées pour le partage des fichiers audios (MP3 et autres) et la téléphonie via Internet. Sachant qu'actuellement les services officiels en sont à la définition des normes d'interception de telles communications et qu'ils ont fixé un délai de 18 mois aux fournisseurs d'accès pour leur fournir la possibilité technique de procéder à des interceptions légales, il ne fait aucun doute que ce procédé offre une grande sécurité pour ses utilisateurs.

La seconde partie utilise les ondes radioélectriques traditionnelles. Bien que les interceptions radios aient considérablement diminué, le risque d'être écouté demeure. Cependant, si l'émission radio sert uniquement à donner des instructions à des activistes déployés sur le terrain, elle peut se faire à partir de stations isolées ne comportant qu'un ordinateur et une radio, un ensemble totalement autonome. D'ailleurs en ce qui concerne la découverte opérée par les forces algériennes, l'installation se trouvait dans une maison abandonnée. On peut facilement imaginer que les terroristes utilisent plusieurs stations relais. Seuls ces émetteurs sont susceptibles d'être détectés par les services d'écoutes, les destinataires pouvant se borner à recevoir leurs instructions sans émettre eux-mêmes. De plus de nouvelles stations radios associées à un ordinateur portable peuvent être facilement et rapidement déployées. Il est donc aisé pour les logisticiens de remplacer une installation découverte par les forces de sécurité et maintenir ainsi une infrastructure de communications à la fois opérationnelle et relativement sûre et discrète.

Ce procédé permet ainsi à tout leader d'Al-Qaeda disposant d'une connexion Internet de s'adresser par radio à des terroristes répartis aux quatre coins du monde. L'individu n'ayant besoin d'aucun matériel spécifique, il peut ainsi être très mobile et déjouer toute surveillance éventuelle. Il sera donc très difficile pour un service spécialisé d'intercepter ses communications

Cette découverte confirme qu'Al-Qaeda utilise des moyens de communications radio traditionnels, des moyens maintenant abandonnés par la plupart des organismes officiels, y compris les services d'écoutes. Preuve en est le dernier mini-scandale des écoutes illégales ordonnées par George Bush dans le cadre de la lutte antiterroriste. Il s'agit presque exclusivement d'écoutes téléphoniques, un procédé qui ne semble plus avoir la faveur des terroristes potentiels. Le fait de délaisser les écoutes radioélectriques classiques au profit de l'interception de satellites a laissé une faille dans laquelle semble s'être engouffré Al-Qaeda.
L'utilisation offensive des interceptions

Cependant ne noircissons pas trop le tableau. Il existe quelques services qui, s'ils sont toujours un peu sourds lorsqu'il est question d'écouter les ondes courtes, ont su utiliser l'interception des téléphones cellulaires ou des communications par sattellites à des fins beaucoup plus offensives que la simple écoute.

Citons pour exemple les services israéliens qui, en 1996, ont éliminé l'artificier du Hamas, Yeyia Ayache, grâce à son GSM. Après avoir mis hors service sa ligne fixe, les Israéliens l'ont forcé à utiliser son portable préalablement piégé. Après avoir identifié sa voix, ils ont déclenché à distance l'explosion de son appareil, le tuant sur le coup.

Les Russes ne sont pas en reste, puisque quelques mois plus tard, ce fut au tour du président indépendantiste tchétchène, Djokhar Doudaev, de subir un sort semblable. Utilisant un téléphone satellitaire, il fut localisé par les services de Moscou qui déclenchèrent aussitôt un raid aérien sur sa position. Il fut tué lors de cette attaque.

Gageons que si la chute de l'Union Soviétique a révolutionné la politique mondiale des interceptions, le 11 septembre 2001 aura un effet similaire. Espérons que ce tragique évènement ouvre un peu plus les yeux des décideurs et les encourage à prendre en compte l'avis des spécialistes confrontés quotidiennement à la réalité du terrain.

Alain Charret

NOTES DE RÉFLEXION N°2
L'ABSENCE DE SUIVI DES ACTIVITÉS DES SERVICES DE RENSEIGNEMENT PAR LE PARLEMENT : UNE LACUNE DE LA DÉMOCRATIE FRANçAISE

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Eric Denécé
31-01-2006

Au cours de l'examen du projet de loi de lutte contre le terrorisme, le 24 novembre 2005, Nicolas Sarkozy a créé la surprise en proposant d'instaurer un contrôle parlementaire des services de renseignement. Le ministre de l'Intérieur s'est engagé auprès des députés à « mettre en place un groupe de travail avec un représentant par groupe parlementaire et les chefs des services de renseignement » et a proposé de « déposer un texte avant le 15 février, soit une proposition de loi, soit un projet de loi du gouvernement ». Cette initiative devrait venir remédier à une lacune significative de la démocratie et de la gouvernance françaises.
Renseignement, démocratie et transparence

Depuis la désintégration de l'Union soviétique, la diversification des enjeux géopolitiques et économiques, la dispersion géographique des crises et le développement du terrorisme islamiste, confèrent au renseignement un poids encore plus déterminant que pendant la Guerre froide. Les services spécialisés jouent un rôle de plus en plus important dans notre sécurité. Il est légitime que les élus de la représentation nationale s'y intéressent, d'autant qu'en ce début de XXIe siècle, la transparence des institutions est l'une des conditions de l'exercice de la démocratie. Or, l'opacité quant à l'activité des services dites "secrets" tend à inquiéter davantage qu'elle ne rassure, même si les raisons en sont comprises. Dans un Etat de droit, ces services demeurent tenus de respecter un cadre éthique et juridique qu'il appartient au législateur de définir.

En matière de renseignement, les sociétés démocratiques sont confrontées à deux exigences contradictoires. D'une part, le contrôle du bon fonctionnement des services n'est possible que si leurs missions sont définies et exécutées avec un certain degré de transparence. D'autre part, la spécificité des services de renseignement leur interdit de se plier aux règles classiques de la responsabilité démocratique.

Historiquement, les organismes de renseignement ont longtemps bénéficié d'une très large liberté d'action. Tout d'abord, parce que les exigences démocratiques de contrôle par des représentants de la nation et de transparence ont mis du temps à irriguer tous les secteurs de l'action publique, en particulier celui de la sécurité. Ensuite, parce que la "raison d'Etat" a longtemps été considérée comme justifiant qu'ils ne relèvent que du pouvoir exécutif.

Progressivement, les régimes démocratiques ont mis en place des dispositifs permettant de contrôler tout ou partie des activités des services de renseignement et de sécurité dans le respect de leur tradition politique et juridique.

La France est aujourd'hui l'une des dernières démocraties qui ne dispose pas d'une commission parlementaire sur le renseignement. Des dispositifs de suivi ou de contrôle existent partout en Europe1, dans les pays anglo-saxons et latino-américains, en Israël, en Afrique du Sud et au Japon. Il est anormal que la France reste à l'écart d'une telle règle, d'autant que le document final du sommet de l'Organisation sur la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) de Budapest de 1994, dont notre pays est signataire, stipule que « les Etats participants considèrent que le contrôle politique démocratique des forces militaires, paramilitaires et de sécurité intérieure, ainsi que des services de renseignement et de police est un élément indispensable de la sécurité intérieure ».

En France, le seul "contrôle" que le Parlement exerce sur les services de renseignement est d'ordre financier, dans le cadre du vote du budget2. La représentation nationale n'est consultée ni sur les priorités à donner aux services ni sur l'utilisation qui doit être faite des informations collectées.

Par ailleurs, il n'existe dans notre pays aucun texte législatif spécifique définissant le statut juridique des activités de renseignement et de sécurité, ni la Constitution, ni la loi n'établissent clairement leurs missions. Cette absence de cadre différencie la France de tous ses partenaires et alliés.
Les raisons du retard français

Les raisons du retard français sont connues. A la différence de nombreux pays étrangers, le renseignement souffre en France d'une image très défavorable et de la méconnaissance de son utilité. Le fond du problème vient du fait que les politiques ne considèrent pas le renseignement comme faisant partie de leur processus de décision. Un homme politique français décide à partir de schémas formatés acquis au cours de ses études et ne considère les modifications du monde extérieur que comme des avatars sans portée réelle. Les élites de notre pays n'ont aucune culture du renseignement et l'intérêt pour les services est très ténu dans la classe politique. Pourtant, le renseignement est un enjeu de souveraineté par excellence.

De plus, dans notre pays, un homme du renseignement est infréquentable. La connotation « immorale » de cette activité a provoqué le désintérêt voire la défiance des élites politiques, administratives, académiques et économiques vis-à-vis de la discipline. Nos élus ou ministres semblent éprouver une certaine crainte vis-à-vis de la DGSE et ne veulent surtout pas de vagues ! Quelques mésaventures passées viennent conforter cette attitude (Rainbow Warrior).

En conséquence, on observe chez les élus des deux chambres, une vraie méconnaissance de ces questions et du rôle qui devrait être le leur. Etonnament, le Parlement s'est détourné d'un pan entier de ses responsabilités. Illustration de cette méconnaissance, certains élus se font même les avocats de l'opacité actuelle et de l'abandon par les assemblées d'une partie de leurs attributions. Ainsi, Bernard Carayon, député du Tarn, déclarait-il en 2002, « qu'il désapprouv(ait) formellement le projet nourri régulièrement d'une structure parlementaire permanente chargée du renseignement (…). Ici les droits de l'Etat commandent à l'Etat de droit ». Et de conclure : « il convient de s ‘opposer à la constitution de délégations parlementaires ou de missions parlementaires permanentes sur le renseignement, qui relève avant tout de la responsabilité de l'exécutif3 ». Propos édifiants.

Les parlementaires français sont par ailleurs systématiquement absents des réunions de travail internationales consacrées au rôle du renseignement dans le fonctionnement de l'Etat et à son contrôle.

Lorsque, d'aventure, certains parlementaires essaient de s'intéresser au renseignement, ils se heurtent à une fin de non recevoir de l'exécutif, qui considère cette activité de son seul ressort et juge les élus incompétents en la matière. Le renseignement leur reste ainsi tabou et inaccessible. Les services ne communiquent pas, n'informent pas et toute idée de suivi parlementaire est assimilée à une démarche inquisitoriale.

Comme le déclarait Serge Vinçon, vice-président du Sénat, "il est très difficile, même pour nous parlementaires, d'avoir des conversations constantes, des discussions constantes, des informations constantes. Je ne parle pas de conversations confidentielles ou secrètes, mais de conversations avec ces organismes qui sont quand même au service des pouvoirs publics et dont la raison d'être est de protéger la Nation française. Je pense que l'on a des progrès à faire. On a toujours mal considéré ces questions de renseignement, de défense, la Surveillance du territoire ou la DGSE. Je crois qu'on a tort, parce que les événements prouvent que les Français ont envie d'être sécurisés sur le plan de leur sécurité individuelle, sur le plan de leur sécurité collective comme sur le plan de leur sécurité sanitaire ou alimentaire. On l'a vu avec certains événements. Donc, il faut que nous prenions l'habitude de discuter ensemble et il y a des sujets qui doivent cesser d'être tabous4".

Les services de renseignement ont une conception du secret qui confine à la paranoïa. Il y a là quelque chose d'anormal. Il est légitime que la représentation nationale s'intéresse à ces questions et qu'elle puisse obtenir des informations. Il est important de remédier à cet état de fait si l'on veut voir la perception du renseignement évoluer. Cessons de prendre nos élus pour des incapables. Il y a des parlementaires tout à fait aptes à comprendre les spécificités de ce métier.

Cette absence d'intérêt et de compétence du monde parlementaire a des conséquences néfastes. Ne connaissant pas exactement le montant des crédits votés destinés à l'activité de renseignement, le Parlement n'est pas en mesure d'en commenter l'évolution ni la pertinence. Nos services disposent-ils des moyens d'investissement suffisants pour adapter leur capacité de collecte d'informations à la croissance exponentielle des flux ? Ont-ils la capacité de recruter et de rémunérer les spécialistes en matière de cryptologie, d'informatique ou de lutte contre le terrorisme ? Qu'attend-on pour créer un grand service de sécurité intérieure ? Autant de questions majeures qui restent sans réponse, le Parlement votant en aveugle les moyens destinés à un pan de l'action gouvernementale pourtant de plus en plus essentiel à la préservation des intérêts nationaux.

Par exemple, aucun parlementaire n'est venu demander des explications au gouvernement quant à l'absence d'augmentation significative des crédits et des effectifs du renseignement depuis le 11 septembre 2001. Alors qu'Américains, Britanniques et Allemands ont considérablement augmenté leurs moyens humains et financiers pour s'adapter aux nouveaux défis, en France, les financements attribués aux services n'ont progressé que de 9% entre 2001 et 2005. Compte tenu de l'ampleur des menaces auxquelles nous sommes confrontés, c'est largement insuffisant. La France n'est pas moins en danger que les autres Etats occidentaux, bien au contraire. Mais l'Assemblée ne semble pas l'avoir perçu.
Quelle forme de contrôle envisager ?

Le principe d'une commission parlementaire posé, il convient de s'interroger sur les modalités, car le renseignement demeure un domaine tout à fait spécifique de l'action publique. Il ne saurait se voir appliquer sans conditions ni restriction le principe de transparence désormais associé à la conduite des affaires publiques.

De quoi parle-t-on ? D'un contrôle ou d'un suivi ? Et que propose-t-on de contrôler ? La notion de contrôle parlementaire demeure encore très influencée par l'exemple américain, où les parlementaires ont progressivement restreint l'action des services jusqu'à les rendre incapables d'agir efficacement. C'est l'une des causes du 11 septembre 2001. Or il existe à travers le monde occidental plus d'une demi-douzaine de modalités différentes quant au contrôle démocratique des activités de renseignement ? A-t-on étudié les différentes formes de contrôle possibles ? Connaît-on suffisamment la variété des situations à l'étranger ?

Le "contrôle" doit répondre à deux impératifs a priori antagonistes : apporter plus de transparence quant aux missions et aux moyens des services, sans toutefois perturber leur fonctionnement ni intenter au secret de leurs activités. Mais une chose est sûre : les opérations clandestines de renseignement et d'action n'ont pas à être portées à la connaissance des parlementaires et encore moins à celle de l'opinion publique.

En revanche, nos élus doivent pouvoir s'assurer que trois conditions sont respectées :

    * d'une part, que les services soient utilisés à bon escient et selon leur vocation par les autorités gouvernementales et qu'aucune dérive ne vienne entacher la réputation de la France ou restreindre sa marge de manœuvre internationale ;
    * d'autre part, que l'exécutif accorde bien à la communauté du renseignement les moyens nécessaires à son action, au regard des menaces pesant sur notre sécurité et de nos objectifs de politique étrangère ;
    * enfin, que les services soient régulièrement orientés et que les renseignements collectés par nos agences soient effectivement intégrés dans le processus de décision gouvernemental5.

Dès lors, la commission pourra confirmer aux deux chambres que le gouvernement et les services s'acquittent honorablement de leurs missions respectives. Sinon, il lui conviendra de dénoncer tout manquement à leurs obligations. Lorsque des dysfonctionnements seront observés, la commission n'interviendra pas. Elle alertera la présidence de l'Assemblée ou du Sénat afin que l'une ou l'autre en informe les autorités compétentes (Présidence de la république, Premier ministre, ministre de la Justice, etc.). Mais ces dysfonctionnements ne seront pas communiqués à l'Assemblée. En fonction des faits observés, une commission d'enquête parlementaire pourra être mise en place, mais l'enquête et les propositions de sanction ne relèveront pas de la commission chargée du renseignement.

L'objet d'une telle commission sera également d'effectuer un effort d'information en direction des parlementaires, ce qui leur permettra de mieux comprendre à quoi servent les services de renseignement et de développer leurs compétences en de domaine, car les représentants de la nation ne s'en préoccupent guère aujourd'hui.

La mise en place de mécanismes de contrôle parlementaire du renseignement soulève cependant de vraies difficultés juridiques. La principale tient aux relations délicates entre le Parlement et le secret. Par nature, celui-ci est un lieu de débat et de parole, loin du monde de l'ombre. Les membres de la commission devront accepter de respecter les règles de sécurité inhérentes au renseignement. Un autre aspect doit être précisé : les dispositions juridiques d'habilitation peuvent-elles être appliquées à un parlementaire ? En effet, il est particulièrement délicat de concilier la protection du secret avec l'immunité de rang constitutionnel. Ce sont autant d'aspects qu'il conviendra de préciser.
Une réforme indispensable et urgente

Instaurer une démarche de suivi des affaires de renseignement par la représentation nationale est à la fois une nécessité pour notre démocratie et pour notre sécurité. Mais faire reconnaître l'utilité du renseignement par nos politiques ne peut s'affranchir d'une logique de contrôle, ou tout au moins de suivi, de la part du Parlement.

Il est indispensable d'avoir des élus compétents pour être les interlocuteurs du gouvernement dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. De nombreux dirigeants des services ont maintes fois affirmé la nécessité d'avoir des parlementaires au fait du sujet. Paul Quilès reconnaît lui-même qu'à l'époque où il était ministre de la Défense, il aurait apprécié d'avoir à l'Assemblée, un interlocuteur désigné et compétent pour dialoguer des questions de renseignement.

L'initiative de Nicolas Sarkozy doit être soutenue par tous ceux qui veulent une démocratie plus transparente et plus responsable, comme par le monde du renseignement, qui en retirera des avantages considérables, car les services ont besoin de reconnaissance et d'interlocuteurs connaissant leur métier.

Nous pouvons seulement regretter que des événements de politique intérieure soient à l'origine de cette démarche (affaire Clearstream). Dès lors, il existe un écueil à éviter : instaurer un dispositif pour gérer un cas particulier. Le vrai enjeu pour le Parlement est autant d'assurer la communauté nationale que des dérives ne se produisent pas, que de contrôler davantage l'utilisation ou la non-utilisation du renseignement par l'exécutif.

Sutout, ne réinventons pas un nouveau projet. La proposition de loi préparée en 1999 par Paul Quilès (PS) et Arthur Paecht (UDF)6 reste d'actualité. Elle est le fruit d'une étude approfondie, fondée notamment sur de nombreuses rencontres avec les autorités françaises compétentes en la matière, ainsi que d'une étude comparée des systèmes de contrôle parlementaire mis en place dans les autres démocraties occidentales. Elle représente une base de travail solide qui devrait permettre de parvenir rapidement à une solution adaptée aux exigences d'une démocratie moderne, dans le respect de notre tradition politique.

Toutefois, autre hypothèse est envisageable, dans la perspective où les parlementaires ne souhaiteraient pas s'investir dans le suivi de ces questions particulières : l'établissement d'une commission indépendante - à l'image de la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité - comme cela existe dans certains autres pays occidentaux. L'exemple de la Norvège mériterait alors d'être étudié.

NOTES DE RÉFLEXION N°3
LES DIFFÉRENTS TYPES DE CONTRÔLE PARLEMENTAIRE DU RENSEIGNEMENT

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David Elkaïm
28-02-2006

Dans toutes les sociétés démocratiques, le contrôle des services de renseignement est moins poussé que celui exercé dans les autres domaines d'activité de l'Etat. De même, les délibérations des commissions parlementaires en charge du renseignement n'ont pas lieu en public et les élus qui y participent sont soumis à des règles strictes de confidentialité. Quelle que soit la forme de contrôle adoptée, les sociétés démocratiques s'efforcent de maintenir l'équilibre entre respect de la loi, transparence des services et la nécessité de préserver le secret et l'efficacité du renseignement.

Divers enseignements peuvent être tirés des comparaisons internationales en matière de contrôle parlementaire dans le domaine du renseignement.
Nécessité d'une répartition des compétences claire entre agences

Le nombre et les prérogatives des différentes agences est un élément crucial du contrôle des activités de renseignement et de sécurité. En effet, il est impératif d'éviter qu'un organe dispose d'un monopole : omnipotent, il serait très difficilement contrôlable et les risques seraient grands de le voir s'autonomiser par rapport au pouvoir politique qu'il est censé servir. Les régimes autoritaires sont d'ailleurs souvent caractérisés par une centralisation extrême du renseignement, entre les mains d'un unique organe qui dépend directement du chef de l'exécutif.

Cependant, la prolifération des structures de renseignement aux prérogatives mal définies présente autant de dangers dans la mesure où la concurrence peut engendrer des rivalités bureaucratiques et déboucher sur une "guerre des services", dont on a pu voir l'esquisse aux Etats-Unis entre le département d'Etat, la CIA et le FBI à différentes époques, et notamment au moment de la dernière guerre du Golfe.

C'est la raison pour laquelle la plupart des Etats confient à des agences distinctes la surveillance du territoire national, le renseignement militaire et la sécurité extérieure.

Ces précautions prises, il s'agit de contrôler les moyens mis à la disposition des services, les objectifs qui leur sont assignés, ainsi que d'évaluer les résultats obtenus. La plupart des régimes démocratiques ont mis en place des dispositifs spécifiques de contrôle ou, du moins, de suivi des activités des services de renseignement, dans lesquels un rôle central est conféré au Parlement.
Traditions juridiques et type de contrôle

En préalable, la Constitution ou les lois fondamentales doivent étendre au domaine du renseignement le principe de la séparation des pouvoirs : le législateur vote les lois applicables et le budget des services de renseignement ; l'exécutif organise le fonctionnement des services conformément au droit en vigueur et leur assigne leurs priorités ; le pouvoir judiciaire veille au respect des libertés individuelles et collectives (perquisitions, interceptions des communications, détentions, surveillance des partis et des associations, etc.).

Une fois ce cadre fixé, le type de contrôle est déterminé par les traditions juridiques de l'Etat, son système politique et des facteurs historiques. Ainsi, les pays de Common Law (Royaume-Uni, Canada, Nouvelle-Zélande, Australie) favorisent l'aspect judiciaire orienté vers la protection des droits individuels des citoyens, tandis qu'en Europe continentale, c'est le contrôle de type législatif, formel, de respect des prérogatives constitutionnelles des différentes institutions, qui est privilégié.

Issu de la tradition nordique de l'Ombudsman, un médiateur a été mis en place dans un certain nombre de pays : Afrique du Sud, Allemagne, Australie, Canada, Israël, Norvège, Suède. Saisi par les citoyens, il est habilité à enquêter sur les violations éventuelles des droits de l'Homme par l'Etat dans toutes ses activités - y compris celles de renseignement - et à publier ses conclusions.
Niveaux de contrôle, représentation de l'opposition et expertise

On peut distinguer trois niveaux de contrôle:

    * le suivi a posteriori des actions menées, sur la base de rapports périodiques fournis par les services au Parlement et faisant l'objet de débats généraux sur les résultats obtenus ;
    * le contrôle restreint, qui correspond à un suivi approfondi : demandes de compléments d'informations, accès direct aux éléments des dossiers et possibilité d'auditionner les responsables des services ;
    * le contrôle entier qui s'étend de l'élaboration du budget à la définition des objectifs fixés aux services de renseignement, sous la forme d'une discussion puis d'un vote pouvant déboucher sur la mise en cause de la responsabilité des chefs de services, voire du ministre compétent.

Si le suivi peut être effectué sous la forme classique du travail parlementaire, sous réserve de classification "secret défense", le contrôle restreint ou entier ne peut réellement exister que sous des conditions clairement établies.

Tout d'abord, il faut que l'opposition soit représentée au sein de l'organe de contrôle, pour que celui-ci puisse travailler avec un minimum d'indépendance vis-à-vis de la formation politique qui dirige le gouvernement. Le rapport sur le contrôle parlementaire des services de renseignement du Sénat1 montre ainsi que, si au Royaume-Uni le leader de l'opposition est seulement consulté par le Premier ministre avant la nomination des membres du comité, partout ailleurs les textes imposent la présence d'au moins un membre de chaque groupe politique. En Allemagne, une restriction a été apportée à ce principe : le PDS, parti regroupant les ex-communistes, est exclu.

Outre la représentation de l'opposition, il est nécessaire d'apporter aux parlementaires une expertise dans le domaine du renseignement, qu'ils connaissent souvent mal. Ainsi, dans tous les pays étudiés, l'instance de contrôle peut librement s'adjoindre les services permanents ou ponctuels d'experts pour rechercher les informations et traiter celles fournies par les instances gouvernementales. La Belgique a été plus loin : le contrôle est exercé par un comité d'experts, nommés par le Sénat, une commission permanente du Sénat étant chargée de superviser le fonctionnement de ce comité.

En règle générale, on observe que les commissions dédiées au renseignement ne font pas double emploi avec les commissions parlementaires permanentes, mais les complètent et n'empêchent pas la création de commissions d'enquête ponctuelles sur des événements mettant en cause les services de renseignement.

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Re: Intégrer les Services secrets et Devenir agent : Concours DGSE

Si tu aimes le travail de bureau, la routine, l'analyse, pondre des rapports, faire la queue à la cantine, c'est super, fonce !

Si tu veux de l'action et parcourir le monde à la recherche de terroristes, va à St-Cyr (Loïc !) et parles-en au plus gradé de ta caserne.

Sinon, si tu penses qu'avec le concours (A, B ou C) tu vas parcourir le désert du sahara armé de ta kalachnikov et de ton sang-froid pour tuer à tout va et te loger dans les Hilton des plus belles villes du monde, t'as pas frappé à la bonne porte.

Le concours est, comme le dit Florian, aléatoire, soit on te veut, ou pas, faut pas chercher à comprendre. De plus, personne (pas les étudiants en tout cas) ne doit connaître le programme du concours, mêlant devoirs écrits mais aussi épreuves en pleine ville... pour ceux qui ont le profil-type (enfin là je m'éloigne)...

RAPPELEZ-VOUS : Beaucoup d'appelés, vraiment TRES peu d'élus...

Cf. article de Alain Rodier, ancien de la DGSE, pour ceux qui ne me croiraient pas :

NOTES DE RÉFLEXION N°4
SERVICES SECRETS, IL FAUT SAVOIR CE QUE L'ON VEUT !


Alain Rodier
30-06-2006

Il ne se passe une semaine sans que le public ne soit informé des turpitudes des services secrets, en particulier de celles « commises » par les Américains : transferts de prisonniers vers des pays tiers, espionnage des transactions financières internationales, enlèvements de terroristes supposés, etc. Les media montent en exergue ces affaires car, dès que l'on parle de services secrets, le taux de vente des périodiques (actuellement en crise) et l'audimat des journaux télévisés augmentent considérablement. C'est le syndrome de « James Bond » car ce type d'information a toujours intéressé les foules avides de romanesque et de sensationnel. Cependant, cet état de fait a des conséquences extrêmement dommageables, particulièrement dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée transnationale.
Les conséquences néfastes d'une surmédiatisation des services

Le premier problème posé réside dans le fait que le monde politique s'empare de ces informations divulguées par la presse afin de prouver qu'il existe et qu'il a à cacher de nombreuses incuries. L'Union européenne, grande « donneuse de leçons de morale » à l'ensemble de la planète, et dont les représentants semblent avoir de piètres connaissances en Histoire, est d'ailleurs toujours très prompte à réagir, généralement en condamnant ces agissements, surtout quand ils sont imputés aux Américains. Des hommes politiques, notamment Allemands, sont en pointe dans ce processus. Par exemple, ils n'hésitent pas à mettre en cause l'action de leurs propres services lorsqu'ils sont soupçonnés d'avoir fourni des informations à leurs homologues américains lors de l'invasion de l'Irak, opération militaire, il est vrai, condamnée à l'époque par le gouvernement berlinois.

Le deuxième problème provient du fait que lorsqu'une action secrète est étalée au grand jour, elle ne peut plus se poursuivre, au moins durant une longue période.

La troisième conséquence, sans doute la plus tragique, est que parfois, la sécurité de membres des services secrets - et plus encore celle de leurs correspondants extérieurs - est mise en jeu. Cela peut aller jusqu'à leur élimination physique. Durant la Guerre froide, plusieurs affaires de ce genre ont coûté la vie à des agents recrutés dans les pays de l'Est. Actuellement, l'adversaire, qu'il soit terroriste ou criminel, ne fait pas non plus de cadeau à ceux qu'il considère comme des traîtres. La sanction est généralement la mort, précédée de tortures infligées « pour l'exemple ». Il est d'ailleurs curieux que les « intellectuels » si prompts à dénoncer les actions américaines ne se mobilisent pas de la même manière pour condamner ces crimes abominables. Un parallèle peut être fait avec les guerres révolutionnaires. Certaines élites se sont apitoyées, parfois à juste titre, sur le sort des victimes des forces colonialistes (selon ces mêmes élites, les Américains entrent aujourd'hui dans cette catégorie). Par contre, elles n'ont pas versé une larme pour les prisonniers français du vietminh - or, le pourcentage des survivants des camps de rééducation vietnamiens est inférieur à celui des camps de concentration nazi - ni pour ceux du FLN algérien - qui n'a jamais rendu un détenu français vivant, sans oublier le douloureux problème des Algériens qui avaient choisi la France. Pas de protestation non plus pour les soldats israéliens capturés par des groupes palestiniens - que l'Etat juif ne récupère, souvent après d'âpres négociations, que les pieds devant - ou pour les Américains faits prisonniers par la « résistance » irakienne qui les torture avant de leur trancher la gorge. Leur compassion ne va pas non plus aux millions de victimes des goulags soviétiques, des martyrs cambodgiens et des prisonniers politiques enfermés à Cuba, en République populaire de Chine, en Corée du Nord ou dans les jungles colombiennes1.

Si l'exploitation mercantile du filon que constituent les affaires d'espionnage est la motivation première des media, ce n'est bien sûr pas le cas de certains hommes politiques qui voient là une manière de participer à l'affaiblissement des Etats-Unis qu'ils considèrent, sans le dire ouvertement, comme leur véritable « ennemi ». Les terroristes de toutes obédiences recueillent toute leur « sympathie » car, s'ils en sont là, c'est bien sûr la faute à la mondialisation qui, selon eux, a poussé des peuples entiers dans la misère, creusant ainsi le lit de la « résistance à l'oppresseur », peu importe si celle-ci se traduit par des exactions qui devraient être condamnées par la communauté internationale.
Mieux comprendre la spécificité des services secrets

Afin d'éclairer le public, il convient de revenir sur ce que sont réellement les services secrets.

Premier point fondamental, ce sont des organismes d'Etat qui obéissent au pouvoir politique en place et donc, n'agissent pas à leur guise. En conséquence, toute opération d'importance doit recevoir l'aval du pouvoir politique, souvent du plus haut niveau étant donné la sensibilité des sujets traités. Les « services » permettent aux gouvernants de s'affranchir des lois nationales et internationales qui deviennent de jour en jour plus contraignantes. La première mission de ces services est d'obtenir des renseignements, c'est-à-dire des informations secrètes. Au temps de l'Internet, d'aucuns s'imaginent que tout est connu, qu'il est impossible de cacher des informations aux journalistes, aux diplomates et autres observateurs de la scène internationale. Cela est vrai dans 90 % des cas, mais, ce qui est vraiment utile aux décideurs, ce sont les 10 % qui restent : l'information cachée : le renseignement.

Afin d'obtenir ces renseignements, les services utilisent plusieurs moyens.

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      Les moyens techniques, qui sont constitués par les interceptions radioélectriques, les photos ou films pris à l'aide de satellites, d'avions espions ou de drones. Les progrès technologiques ont considérablement augmenté l'efficacité de ces méthodes, mais les spécialistes se sont vite rendu compte de leurs limites. Par exemple, afin de ne pas être repérés par les caméras infrarouges aéroportées, les Serbes déplaçaient leurs engins blindés en les attelant à chars à bœufs qui diffusent moins de chaleur que des moteurs tournant, même au ralenti. Une contre-mesure très efficace a également fait ses preuves. Il s'agit de la déception. Durant la Seconde Guerre mondiale, afin de faire croire aux Allemands que le débarquement aurait lieu dans le Pas-de-Calais, les Américains ont constitué une véritable armée fictive équipée de leurres (chars gonflables, campements inoccupés, réseau radio d'un véritable corps d'armée, etc.) que les services allemands pouvaient surveiller à loisir. Pour apporter une crédibilité supplémentaire, la direction de cette « Armée » avait été confiée au Général Patton, très estimé pour ses compétences militaires par le haut commandement allemand. Cette opération est connue sous le nom code de « Fortitude ». Aujourd'hui, il est probable que les Iraniens se livrent à ce même type de subterfuge afin de multiplier les cibles à atteindre en cas de frappe américaine. Enfin, la méthode de la saturation, notamment dans le domaine des écoutes radioélectriques, est aussi une contre-mesure très efficace. Les analystes ont le plus grand mal, malgré des moyens de sélection informatique performants, à sortir le renseignement exact et utile au milieu du fatras de retranscriptions d'enregistrements fantaisistes.
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      Les moyens humains consistent principalement à recruter des agents (leur motivation est la plupart du temps financière, mais il peut également s'agir d'opposants aux régimes ou mouvements espionnés) et des Honorables Correspondants (HC) qui sont en général des natifs du pays agissant.

      Ils comprennent également les moyens collaborationnels, c'est-à-dire les échanges de renseignements entre les services de différents pays dont les intérêts sont communs. Ces sujets d'intérêt commun sont prioritairement la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée transnationale. Par contre, dans le domaine de l'espionnage économique pudiquement désigné sous le vocable d'« intelligence économique », la coopération est exclue dans la plupart des cas, les intérêts nationaux restant bien sûr prépondérants.
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      Le débriefing de prisonniers qui peut fournir des renseignements utiles mais, défaut majeur, ces derniers datent toujours. Le plus intéressant consiste alors à tenter d'en retourner un certain nombre et à les réintroduire dans leur ancien milieu. Ils deviennent alors des agents. Cette manœuvre est particulièrement délicate, surtout pour la sécurité des intéressés. De plus, ils peuvent très bien trahir une seconde fois.
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      Les moyens opérationnels souvent popularisés au cinéma, qui consistent purement et simplement à voler les renseignements recherchés. Par exemple, dans les années 1990 , des hommes d'affaires participant à un congrès international en Chine ont pu constater que leurs ordinateurs portables avait été vidé de leur contenu. Cette action fut cependant un travail bâclé puisque le vol de données a pu être constaté. En effet, à la différence des voleurs, les membres des services secrets se livrant à ce type d'activité ne doivent en aucun cas laisser d'indice permettant de détecter leur opération.
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      La « diplomatie secrète ». Les services se doivent de maintenir le contact avec les gouvernements et les mouvements déclarés politiquement infréquentables, afin de continuer à recueillir des renseignements mais également, savoir qui est qui et avec qui discuter le jour où les sanctions ne sont plus de mise. C'est là une mission qui est interdite aux diplomates classiques qui reçoivent pour consigne de ne pas côtoyer ces « infréquentables ». Ce fut le cas de la Libye, de la Chine, de l'ex-Yougoslavie, aujourd'hui de la Biélorussie, de la Corée du Nord, etc. Pour ce qui est de la France, les diplomates de ces pays en poste dans des pays tiers sont alors « privés de petits fours », c'est-à-dire qu'ils ne sont plus invités aux réceptions données par l'ambassade de France et les diplomates hexagonaux ont ordre formel de ne pas se montrer en public avec leurs homologues considérés comme des pestiférés. Là, les membres des services ont un rôle à jouer. C'est également le cas avec des mouvements d'opposition, même s'ils sont violents. En effet, si d'aventure, ils parviennent au pouvoir, il faut connaître un tant soit peu ces nouveaux interlocuteurs.

      Les services ont une deuxième mission « action » qui permet aux dirigeants politiques d'agir là où leur pays d'origine ne doit pas apparaître. Elle peut revêtir différentes modalités :
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      L'action clandestine directe . Ces missions sont du ressort d'organismes spécialisés dont les opérations doivent rester cachées au grand public, car ces dernières pourraient créer des incidents diplomatiques graves, surtout en cas d'échec (cf. l'affaire Greenpeace qui a embarrassé la France pendant des années). C'est là que réside la différence fondamentale entre les forces spéciales et les services action. Même si les savoir-faire sont globalement les mêmes, les forces spéciales n'interviennent que là où leur Etat est officiellement engagé. Par exemple, en Afghanistan, les forces spéciales mènent des opérations tenues secrètes afin que les Taliban ne puissent trouver les parades efficaces. Mais pour mener une opération « homo » (neutralisation d'individus) ou « arma » (destruction de matériels) au Pakistan, c'est la CIA qui s'en charge car il y a alors indubitablement violation de la souveraineté pakistanaise.
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      L'assistance technique secrète. L'aide apportée à des mouvements d'opposition est également du domaine de l'action. On l'a bien vu avec le soutien que les Américains ont apporté à l'Alliance du Nord en Afghanistan. Le but consistait à faire renverser le pouvoir de Kaboul par les Afghans eux-mêmes.
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      L'intoxication et la désinformation peuvent également être classées dans ce type d'activité car elles ont toujours un objectif offensif. L'opération « Fortitude » citée plus avant, a largement utilisé ces moyens avec de faux agents envoyant de faux rapports à Berlin, des courriers soi-disant secrets découverts par « hasard » et plus terrible encore, des réseaux de résistants préparant le débarquement dans le Pas-de-Calais volontairement sacrifiés, etc. Les Soviétiques étaient passés maîtres dans ce domaine. Preuve en est, plus de quinze ans après l'effondrement du communisme soviétique, il y a encore des gens qui croient « aux petits matins qui chantent ». Beaucoup plus récemment, il semble que les services américains aient été la victime de ce type d'action de la part des Iraniens qui leur ont fait croire en l'existence d'armes de destructions massives en Irak, en particulier via des mouvements d'opposition à Saddam Hussein installés à l'étranger mais pénétrés par leur service de renseignement : le Vevak. Il convient de souligner que les Iraniens jouaient sur du velours, le gouvernement Bush n'attendant qu'un prétexte pour abattre Saddam Hussein. Les services iraniens le leur ont servi sur un plateau et de plus, leur ont fourni les renseignements opérationnels nécessaires qui ont permis aux forces américaines de prendre Bagdad en quelques jours. Quel était l'objectif de Téhéran ? Engager Washington dans un bourbier dont il mettrait des années pour s'en sortir, neutralisant par là même la menace militaire qui pesait sur l'Iran classé à l'époque comme un des principaux pays faisant partie de « l'axe du mal » en raison de sa volonté d'acquérir l'arme nucléaire. Il faut se faire une raison, tant que les forces américaines sont engluées en Irak, elles n'ont pas les moyens opérationnels suffisants pour lancer une offensive contre le régime des mollahs. Accessoirement, Téhéran s'est aussi débarrassé sans intervenir directement, de ses ennemis les plus proches géographiquement : Saddam Husseïn et les Taliban. Un jour, ces Covert Operations seront enseignées dans les écoles d'espionnage comme un modèle du genre.

La responsabilité des dirigeants politiques

Les gouvernants connaissent tous les moyens décrits ci-dessus. C'est là où ils doivent savoir ce qu'ils veulent. Ou bien ils les emploient en acceptant les risques inhérents encourus, ou ils décident angéliquement de ne pas les utiliser et l'existence même de ces services secrets est alors à remettre en question, car ils ne présentent alors plus aucune utilité. En effet, certains beaux penseurs mettent en avant l'immoralité de telles activités. Cela est le cas en Europe avec l'espionnage industriel, les différents gouvernants ayant rendu hors-la-loi toute  rémunération d'agents destinée à obtenir des renseignements qui permettraient de conquérir certains marchés. Le résultat ne s'est pas fait attendre : de nombreuses officines privées ont vu le jour pour apporter aux différents acteurs économiques les renseignements qu'ils ne pouvaient plus obtenir par la voie gouvernementale.

A terme, il risque d'en être le même pour les autres types de renseignements car on assiste de plus en plus à une privatisation de la recherche secrète qui était auparavant une des missions régaliennes de l'Etat. Les conséquences peuvent être extrêmement néfastes. En premier lieu, l'Etat n'a plus aucun contrôle sur ce type d'activité et il est possible d'imaginer les dérapages qui pourraient en découler. L'efficacité de cette activité, alors devenue privée, risque aussi d'être fortement compromise. En effet, même si une grande partie des membres de ces sociétés spécialisées provient en général du monde du renseignement, ceux-ci ne bénéficient pas de la puissance étatique et, en particulier de la mémoire des services qui stockent les informations depuis des dizaines d'années. De plus, ces sociétés ne possèdent pas la puissance financière nécessaire à la réalisation d'opérations simultanées. Enfin et peut-être surtout, si de nombreuses personnes acceptent de collaborer avec un service officiel, en particulier les HC qui le font souvent par pur esprit patriotique, les informateurs de ces officines ne le feront que pour des raisons purement financières et n'hésiteront pas à vendre les renseignements qu'ils possèdent2. au plus offrant quand ce ne sera pas à plusieurs correspondants en même temps. Même si le renseignement est bon, il ne sera vraisemblablement pas exclusif.

Certains observateurs n'hésitent pas à gloser sur les différents fiascos des services. C'est la contrainte partagée par tous les organismes de renseignement et d'action clandestine : les échecs sont connus et largement exploités ; les succès doivent rester dans l'ombre de manière à ne pas compromettre les actions futures. Cependant, quelques exemples échappent à la règle, souvent dans un but de propagande : par exemple la mort d'Al-Zarqaoui ou des différents « présidents » indépendantistes tchétchènes, qui sont tous tombés les uns après les autres.

En conséquence, il semble évident que tout grand pays doit avoir des services secrets3 et les utiliser de manière adéquate tout un maintenant un strict contrôle sur ces activités de manière à éviter tout dérapage intempestif. Il convient de les utiliser pour les missions qui leur sont propres, et à ne pas de les employer dans des activités que couvrent déjà parfaitement les diplomates et les forces spéciales. Enfin, comme les Israéliens ou les Russes, il faut être prêt à assumer ou à nier, même contre l'évidence. C'est une question de volonté et de courage politique. Jusqu'à maintenant, les présidents G. W. Bush et Vladimir Poutine4 n'en manquent pas, ce qui, à l'évidence dérange nombre d'« imbéciles utiles » comme le disait Lénine lorsqu'il parlait de ce qui est devenu la « vieille Europe ».

Alain Rodier

NOTES DE RÉFLEXION N°5
LETTRE OUVERTE AUX CANDIDATS « ESPIONS »

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Alain Rodier
31-12-2006

Durant ma carrière professionnelle au service de l'Etat et, depuis que j'ai pris une retraite que je pense méritée mais active, j'ai été amené à rencontrer de nombreux postulants au métier d'« espion ».

C'est avec beaucoup de réserve que j'ai communiqué avec certains d'entre eux car je savais pertinemment que la majorité de ces « volontaires » se faisait une idée totalement erronée à propos de ce métier. A leur décharge, ce n'est certes pas leur faute. En effet, le mot même « espionnage » a été totalement dévoyé par les auteurs de livres ou de films se rapportant à cette activité. La faute en incombe également aux services eux-mêmes qui, parfois, ont commis des bavures qui ont fait la « une » des médias. Bien sûr les journalistes ont aussi leur part de responsabilité étant donné les reportages pour le moins fantaisistes qu'ils ont commis sans être jamais démentis puisque qu'il est de tradition que les services ne répondent jamais aux attaques auxquelles ils sont régulièrement soumis.

La fascination qu'exerce l'espionnage provient d'un sentiment psychologique autant fait d'attirance que de rejet. Attirance due aux fantasmes des auteurs cités plus haut qui laissent croire que l'espion connaît une folle vie d'aventures ponctuée de casinos, de coups de feu et de splendides créatures accueillantes. Le rejet provient de l'immoralité supposée de ces activités, surtout dans les démocraties respectueuses des Droits de l'Homme où les censeurs journalistiques ont remplacé le clergé d'antan.

Je souhaite aujourd'hui tenter de répondre à quelques questions que les postulants à ce métier se posent légitimement.

Il convient donc, dans un premier temps, de revenir à la dure réalité des choses en cassant les pattes à de nombreux canards qui ont cependant la vie dure comme le disait le regretté Robert Lamoureux dans un sketch « le canard est toujours vivant ».
Premier mythe : le mot « espion »

Il faut revenir à un peu de vocabulaire de base. Dans les services, le mot « espion » est proscrit ou, plutôt, il est réservé à l'adversaire car jugé comme péjoratif. C'est pour cela que l'on parle de « contre espionnage », activité qui consiste à déjouer les manœuvres de ses « espions » (car lui il en possède puisque c'est lui le « méchant »).

Donc, selon le jargon usité, on parle de « recherche » et d'« exploitation » du renseignement mais surtout pas d'« espionnage ». Le fonctionnaire est en conséquence un « officier de renseignement », un « officier traitant » - OT - ou un « analyste ». L'« agent » n'appartient pas au service. C'est une personne rémunérée pour fournir des informations à son OT. Si ce quidam n'est pas rémunéré, c'est alors un « honorable correspondant » (HC).
Deuxième mythe : la vie aventureuse

S'il est vrai qu'un fonctionnaire des services est amené à prendre de temps en temps plus de risques que son homologue de la Poste (ce dernier ayant l'avantage d'avoir le droit de grève), cette affirmation est à nuancer. Durant toute sa carrière, il courra beaucoup plus de risques d'être la victime d'un accident de la circulation sur son trajet domicile-travail que dans toutes les activités qu'il pourra mener. Cela m'est arrivé : je me suis fait renverser sur un passage piétons, et il ne s'agissait pas d'une tentative d'assassinat mais d'un banal accident.

Contrairement à ce que l'on peut voir dans les films du genre, c'est un métier ou l'on tue très peu. Si quelqu'un décide d'assassiner un officier de renseignement « histoire d'aérer » comme le disait avec humour Michel Audiard, c'est qu'il l'a repéré. A terme, tout ce qu'il gagne est que sa victime est remplacée par un autre OT qu'il ne connaît pas et qui, en conséquence, représente un risque encore plus important pour lui.

D'autre part, tout fonctionnaire des services passe beaucoup plus de temps derrière un bureau que sur le terrain. Le début de carrière consiste d'ailleurs à devenir un spécialiste exploitant les renseignements et informations recueillis par d'autres. Certains y passeront toute leur carrière.
Troisième mythe : le « terrain »

Lorsque je dirigeais le premier exercice « terrain » destiné aux stagiaires subissant le stage initiatique de début de carrière, je les laissais s'habiller comme ils l'entendaient. La plupart d'entre eux revêtaient alors le déguisement du flic en civil façon « Starky & Hutch ». C'est-à-dire : blouson de cuir ou de toile, jean, baskets. J'avais alors énormément de mal à leur faire comprendre qu'ils étaient repérables par tout professionnel de la vie clandestine et qu'il est plus discret de porter une cravate (pour les hommes) et de l'ôter si l'on se retrouve dans un endroit où cela fait désordre (comme dans un quartier mal fréquenté), mais que l'inverse n'est pas vrai : un traîne savate qui entre dans un hôtel de luxe se fait immédiatement repérer par le personnel du desk.

Ensuite, ce qui les surprenait, c'est le temps que l'on passe à attendre (et souvent pour aucun résultat) sans que rien ne se passe.

La surprise la plus désagréable pour eux était le contrôle tatillon des financiers qui épluchaient leurs notes de frais. Attention à tout dépassement des barèmes imposés et surtout, à des dépenses non justifiées. Il fallait que je leur rappelle sans cesse qu'ils dépensaient l'argent du contribuable et que celui-ci devait être économisé et employé à juste titre. D'ailleurs, les services des autres pays sont liés aux mêmes règles administratives qui sont souvent encore plus draconiennes. Ainsi, dans un pays étranger que je ne nommerai pas, je repérais les personnes chargées de me filer car, une fois assises dans un café (ou un restaurant), elles ne consommaient pas car elles n'avaient de budget alloué pour cela.

Les OT ne sont pas armés. Toujours dans ce pays étranger, j'aimais bien, lorsque je prenais un vol intérieur, m'installer dans la salle d'attente à proximité du portique de sécurité. Je repérais ainsi les policiers qui étaient chargés de surveiller mes faits et gestes car, comme tout passager embarquant sur un vol, ils étaient obligés de laisser leur arme de service aux membres de l'équipage. Il faut dire que pour ma défense personnelle, je ne possédais personnellement que mon stylo Mont Blanc « Diplomate » qui m'avait été gentiment offert par des amis avant mon départ en poste ! En effet, n'en déplaise à certains auteurs, les officiers de renseignement ne sont généralement pas armés car cela constitue un risque d'être repéré au premier contrôle de routine. La hiérarchie préfère un officier traitant mort qu'une « bavure » dont les conséquences diplomatiques et politiques peuvent être catastrophiques. Certes, il existe quelques exceptions à cette règle, mais elles sont extrêmement rares.
Quatrième mythe : la « solitude » de l'espion

Heureusement pour lui, c'est absolument faux. L'officier de renseignement travaille en équipe et d'ailleurs, c'est heureux pour lui car c'est ce qui fait sa force. Tout d'abord, il subit une formation initiale (que d'aucuns jugent trop courte) puis il poursuit son éducation dans les bureaux au contact des ses anciens qui lui enseignent peu à peu les rudiments du métier. Sur le terrain, il est dirigé, orienté et contrôlé en permanence par la hiérarchie. Il peut recevoir des renforts (parfois à son insu) et, s'il bénéficie tout de même d'une certaine autonomie, il doit finalement rendre compte de ses actions dans le moindre de détail. Aucun cadeau ne lui sera fait car il subira les conséquences de ses erreurs. S'il tente de dissimuler quoique ce soit, cela sera fatal pour sa carrière.

Mais cette « assistance » est aussi une grande arme. Grâce à la Centrale, il peut apprendre qui est qui dans son environnement immédiat (elle lui communique uniquement les informations dont il a besoin pour mener à bien sa mission), il peut déjouer certaines chausses trappes, comprendre s'il va dans la bonne direction ou s'il est en train de se « planter en beauté ». C'est d'ailleurs là un des avantages qu'ont les services officiels sur les officines privées, lesquelles n'ont pas de ce soutien de la « base arrière ». L'Administration bénéficie d'une mémoire qu'aucune société privée au monde ne possède. Beaucoup d'anciens des services, passés dans le privé, se sont aperçus à leurs dépens de cette différence fondamentale.
Cinquième mythe : l'espion est un « super héros »

C'est dommage, mais c'est faux. L'officier de renseignement est un être humain, moyen, comme les autres. Les surdoués (ou plus exactement ceux qui croient l'être) considèrent très rapidement que leurs qualités ne sont pas correctement reconnues et exploitées ; que la hiérarchie ne leur fait pas assez confiance ; qu'elle ne leur confie pas les missions qui sont dignes d'eux, etc. Inutile de préciser que ces personnes ne font pas de vieux os dans les services et vont vite pantoufler dans le privé. Ils ont tout simplement oublié qu'une des premières qualités demandée à l'officier de renseignement est la modestie, voire l'humilité.
Sixième mythe : l'enrichissement supposé des officiers de renseignement

Un adage dit « si vous voulez sortir d'un casino avec beaucoup d'argent, il faut y être entré avec encore plus d'argent ». C'est également un peu le cas. En effet, la personne effectuant ce métier est avant tout un fonctionnaire (ce qui a des avantages que je ne contredis pas) qui gagne honnêtement sa vie mais qui n'a aucune chance de faire fortune grâce à ses activités professionnelles. A titre d'exemple, les fonctionnaires des Affaires étrangères parviennent à mettre beaucoup plus d'argent de côté pour leurs vieux jours. Ils passent en général, beaucoup plus d'années à l'étranger, où les salaires sont beaucoup plus avantageux qu'en métropole que les membres des services. D'ailleurs, beaucoup comprennent vite que l'enrichissement ne viendra pas de ce métier et, après quelques années d'activité au sein des services, ils passent dans le secteur privé qui est plus rémunérateur.
Les fondements de la passion pour le renseignement

Malgré tout ce qui précède, le renseignement est un métier passionnant.

D'abord, il ne s'agit pas d'un métier mais de métiers au pluriel. La palette est large, du linguiste distingué au scientifique, de l'expert en armements au chimiste, en passant par le photographe, l'informaticien, le transmetteur, etc. Il faut vraiment être très difficile pour ne pas trouver un sujet qui corresponde à sa personnalité, à ses connaissances initiales - qui seront enrichies par un apprentissage de tous les jours - et à ses goûts et aspirations. D'ailleurs, s'il le souhaite, la carrière d'un membre des services peut évoluer avec le temps. Cependant, il faut bien reconnaître que quelques spécialistes très pointus dans leur domaine auront du mal à changer de branche.

Puisque j'aborde le problème des carrières, il ne faut pas se faire d'illusion. Comme dans toutes les administrations, la progression et lente, soumise à la réussite de concours pour les personnels civils. En ce qui concerne les militaires, l'encadrement, lors de mon entrée dans les services, avait été très clair et franc : « si vous êtes venus chercher des galons et des décorations, vous vous êtes trompé de maison ». Il est presque impossible à un officier servant dans le renseignement d'atteindre le rang de général, même s'il possède tous les diplômes et la notation nécessaire. Cela est dû en grande partie au fait qu'il est « perdu » pour son arme d'origine dont le bureau des personnels préfère favoriser un officier qui a continué une carrière normale. Son dossier est classé tout au fond du tiroir.

L'officier de renseignement, à la différence de la plupart de ses concitoyens sait qu'il est « en guerre ». Si ce n'est pas un conflit militaire ouvert, c'est une guerre au terrorisme, à la criminalité organisée, économique, politique, stratégique … Il a l'impression de ne pas être dupe. C'est pour cette raison qu'il a souvent envie de casser sa télévision au moment du journal de 20 h 00 en voyant toutes les fadaises qui sont déversées sur le bon peuple. « Citoyens, dormez tranquilles, nous veillons ». Tu parles ! Les dangers auxquels sont confrontés nos sociétés modernes sont immenses, actuels et permanents. C'est encore plus vrai depuis la fin de la Guerre froide car les cartes ont été redistribuées dans le plus grand désordre. Parfois, l'on ne sait plus très bien différencier l'ennemi de l'ami. Pour les services, il n'y a pas d'« amis » mais des pays ou des groupes avec lesquels on coopère à un instant «T» dans un cadre bien précis. Il ne faut pas se bercer d'illusions, personne ne nous fait de cadeau pour nos beaux yeux et notre « exception » française. De toute façon, les belles promesses n'engagent que ceux qui les croient ! Pour cela, il suffit de constater tous les beaux marchés commerciaux qui nous échappent, parfois en raison de l'arrogance, des préjugés ou plus simplement de l'imbécillité de certains décideurs. Cette maxime peut s'appliquer à eux : « si certains préfèrent une vie sans histoire, d'autres font l'Histoire ». Dans cette optique, l'officier de renseignement a l'impression de faire œuvre utile à son niveau dans cette guerre qui n'est pas officiellement déclarée, du moins en France.

Au milieu de la morosité latente, l'officier de renseignement vit épisodiquement des moments de joie uniques, courts certes, mais intenses. Par exemple, quand l'officier traitant obtient le document classifié qu'il convoitait depuis des mois voire des années, quand l'exploitant constate qu'une de ses études amène des changements dans certains détails de la politique de son pays. Je dois reconnaître que j'ai parfois eu cette chance, beaucoup trop rarement à mon goût, mais on ne découvre pas des diamants tous les jours.

Sur le plan humain, l'officier de renseignement est amené à rencontrer des personnes extraordinaires et extrêmement diverses même si, bien évidement, il est loin d'être le seul dans ce cas. Il côtoiera aussi des crapules de la pire espèce et là, il peut y avoir danger, certes pas pour sa vie mais pour son intégrité morale. Attention à ne pas se laisser séduire par les tentations !

Je ne résiste pas au plaisir de citer le prince de Ligne, trouvant que ses paroles peuvent très bien s'appliquer aux métiers du renseignement comme elles le font déjà pour celui des armes (ne pas oublier que les services extérieurs français dépendent du ministère de la Défense) : « aimer le métier militaire au-dessus de tous les autres, à la passion, oui passion est le mot. Si vous ne rêvez pas militaire, si vous ne dévorez pas les livres et les plans de guerre et si vous ne baisez les pas des vieux soldats, si vous ne pleurez pas aux récits de leurs combats, quittez vite un habit que vous déshonorez (…) donnez votre place à un jeune homme tel que je le veux. C'est celui qui sera fou de l'art de Maurice de Saxe et qui sera persuadé qu'il faut faire trois fois son devoir pour le faire passablement. Malheur aux têtes tièdes, qu'elles rentrent au sein de leurs familles ».

Voici donc réunies quelques brèves réflexions sur les métiers du renseignement. De mon expérience personnelle, je ne regrette rien d'autant, qu'avant de m'engager dans cette voie, j'ai d'abord connu une vie classique de militaire. Elle était également passionnante, mais ce qui est curieux, c'est que lorsque je dors, je ne rêve pas de cette période de ma vie alors que, presque toutes les nuits, je replonge dans l'espionnage. Je pense que c'est très symptomatique.

Alain Rodier
Janvier 2006

http://www.cf2r.org/fr/article/article- … ns-4-5.php

Bonne chance à vous tous.

X. D.

Re: Intégrer les Services secrets et Devenir agent : Concours DGSE

« D'autre part, tout fonctionnaire des services passe beaucoup plus de temps derrière un bureau que sur le terrain. Le début de carrière consiste d'ailleurs à devenir un spécialiste exploitant les renseignements et informations recueillis par d'autres. Certains y passeront toute leur carrière »

A la DGSE, il n'y a pas une séparation entre le service Action et les analystes-bureaucrates ?

Oder so ähnlich.

Re: Intégrer les Services secrets et Devenir agent : Concours DGSE

Si, il y a une séparation. Les analystes qui se retrouvent sur le terrain se retrouvent en poste en ambassade, donc couverts par l'immunité diplomatique. Ce qui n'est pas le cas des membres du service action. Et leurs mission sont totalement différentes.

For every complex problem, there is a solution that is simple, neat, and wrong.
H. L. Mencken

Re: Intégrer les Services secrets et Devenir agent : Concours DGSE

De même que leur recrutement...

"Je hais les indifférents. Pour moi, vivre veut dire prendre parti. Celui qui vit vraiment ne peut pas ne pas être citoyen ou partisan. L'indifférence est apathie, elle est parasitisme, elle est lâcheté, elle n'est pas vie. C'est pourquoi je hais les indifférents." - Antonio Gramsci (La Città futura, 11 février 1917).

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Re: Intégrer les Services secrets et Devenir agent : Concours DGSE

comment prendre rendez vous a la dgse , j'y suis passé pour remettre un lettre mais pas nouvelles merci
tristus-city@hotmail.fr

Re: Intégrer les Services secrets et Devenir agent : Concours DGSE

Localise le fleuriste "La rose des sables" boulevard Barbès. En face il y a une grosse poubelle Mairie de Paris. Tape sur le couvercle selon le code suivant : court court long long court long court court long. Attends quelques minutes, une fente devrait s'ouvrir sur le flanc gauche de la poubelle, glisse une enveloppe A4 contenant un cv, une adresse et numéros de téléphone ainsi que toutes tes déclarations d'impôts et un acte de naissance.

Bonne chance, ils te recontacteront.

Last edited by Pierre-L (08-02-2009 22:43:41)

Please could you take this note, ram it up your hairy inbox and pin it to your fucking prostate.

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Re: Intégrer les Services secrets et Devenir agent : Concours DGSE

Pierre-L a écrit:

Localise le fleuriste "La rose des sables" boulevard Barbès. En face il y a une grosse poubelle Mairie de Paris. Tape sur le couvercle selon le code suivant : court court long long court long court court long. Attends quelques minutes, une fente devrait s'ouvrir sur le flanc gauche de la poubelle, glisse une enveloppe A4 contenant un cv, une adresse et numéros de téléphone ainsi que toutes tes déclarations d'impôts et un acte de naissance.

Bonne chance, ils te recontacteront.

reponse eric "tristus-city@hotmail.fr"
merci pour le terme" bonne chance " mais la cognerie de la poupelle ,ce n'etait pas la peine sa ressemble a rien cela même decribilite le service !
je passe le concours mardi 3 mars peut etre je serais bientot dans le service merci pour tes encouragements
et pour les futurs candidats le cv suffit car le service du recrutement  dgse "le reste des infos il le trouverons" .eric

Re: Intégrer les Services secrets et Devenir agent : Concours DGSE

eric a écrit:

je passe le concours mardi 3 mars

Vu l'obscurité qui entoure ce concours, je crains que la divulgation d'une information aussi sensible que la date d'une épreuve ne soit la deuxième cause d'élimination (la première, c'est de compromettre sa future clandestinité en annonçant sa candidature sur un forum, et la troisième, c'est de croire que l'usage d'un pseudo suffit à rendre anonyme).

Oder so ähnlich.

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Re: Intégrer les Services secrets et Devenir agent : Concours DGSE

je voudrais travailer a la dgse mais je ne sais pas ou alller ou me documenter mais note sont entre 14 et 19 et voudrais superviseure d'operation celui qui resemble a genie lewis dans nick cutter contrairement a certain je ne veux etre agent secret et je ne reve pas merci de m'aider et est ce que ce metier existeen france

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Re: Intégrer les Services secrets et Devenir agent : Concours DGSE

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Last edited by OZ (09-07-2011 15:03:47)

.                                collectif individuel manufacture internet d'objets gentils                             .
[¤=¤] tape            [o=o] VHS           [O=O] ghetto blaster         [O=X] ghetto blaster d'occasion

Re: Intégrer les Services secrets et Devenir agent : Concours DGSE

Les "femmes licencieuses" ont toutes leurs chances dans les services israéliens:

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/ … sexuel.php

Oder so ähnlich.