Topic: Le fil des perspectives économiques

J'ouvre ce fil afin de rassembler sur la durée les divers articles, rapports, publications diverses et variées sur l'évolution de l'activité, nationales et/ou internationales. Les articles rapports de prospectives sont également les bienvenus.

Il s'agirait également de noter les divers traitement de l'actualité économique, selon les positionnement des auteurs et/ou journaux.




Et pour commencer, la crise...

Notez la différence de traitement entre libération et challenges sur l'information économique du jour : l'inquiétude financière conséquente aux premières secousses sur le marché immobilier américain :

http://www.liberation.fr/actualite/econ … 503.FR.php

Chute du marché immobilier américain de 22%, contagion au secteur financier par l'ensemble des crédits sur lesquels la bulle était assise.

En revancheici, pas de panique. Jusqu'ici tout va bien. Les analystes restent optimistes : http://www.challenges.fr/20070727.CHA82 … la_bo.html

Et vive la méthode coué.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Le fil des perspectives économiques

Si les analystes étaient alarmistes, l'économie s'effondrerait réellement, et ils seraient au chômage, donc on ne peut pas les blâmer wink

Ik ben Vlaming, en daar ben ik fier op !

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Re: Le fil des perspectives économiques

Donc les analyses sont biaisées par nécessité... Vive l'analyse fi et les conjoncturistes !

Re: Le fil des perspectives économiques

Hum, et on pourrait pas avoir une petite crise de l'immobillier, ici, à Paris?
Ca en arrangerait quelques uns.

Sinon, pour les analyses économiques sur des sujets plus spécifiques, quoiqu'un peu académique : nber.org
Oui, je sais, c'est US, saimal.

"Every society honors its live conformists and its dead troublemakers."
“Cynicism is an unpleasant way of saying the truth.”

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Re: Le fil des perspectives économiques

http://bourse.lepoint.fr/actualite/Defa … icle=64913

Non non, je ne suis jamais en vacances.

Re: Le fil des perspectives économiques

Près de 3 millions de logements, achetés au moyen d'emprunts hypothécaires, sont en passe d'être saisis aux Etats-Unis, suite à la crise de ce secteur.

Par ricochet on peut s'interroger sur l'opportuité économique de la décision récente du CC de censurer le crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunts immobiliers. Cette censure, justifiée sur le plan juridique, empêche la mise en oeuvre d'une mesure qui, pour marginale qu'elle fut, permettait de soutenir le secteur immobilier français (sur lequel repose une partie non négligeable de la résistance économique française dans la nouvelle économie mondiale) et d'éviter des retournement trop brusques d'anticipations, qui pourraîent avoir les mêmes conséquences facheuses sus-mentionnées qu'aux USA, du fait de l'étroite interdépendance entre l'immobilier et les secteurs bancaires et financiers.

Ceci peut être nuancé par le fait que la France se caractérise par une moindre propension à réaliser des emprunts hypothécaires qu'aux Etats-Unis, même si ce type de prêts est en croissance. Cette pratique n'est pas en soi un mal, à condition de s'enourer de garanties et de stratégies. prudentielles.

D'un point de vue purement politque, on notera qu'il s'agit du deuxième "retour au réel" consécutif à l'élection du nouveau pouvoir (le premier ayant été l'annonce de futures augmentations de la TVA dite "sociale" pour payer la facture des baisses d'impôt sur le patrimoine, baisses sur les impôts somptuaires qui eux, resteront bien place).

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
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Re: Le fil des perspectives économiques

Greg : aux USA, la vraie cause est que des gens à faibles revenus ont emprunté à taux variable : confrontés à la hausse des taux, ils ne peuvent pas rembourser et leurs logements sont saisis.
Ce type de problème est très pru probable en France, puisque les banques privilégient les prêts à taux fixe.

"Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d’en être l’organisateur"
Jean Cocteau, Les mariés de la Tour Eiffel

Re: Le fil des perspectives économiques

L'hypothèse de 3 millions de logement est une hypothèse maximale. Par ailleurs, les établissements de crédit vont avoir intérêt à trouver un terrain d'entente avec les particuliers car le marché immobilier US va devenir illiquide. Autrement dit, il vaut mieux qu'un particulier rembourse 60% de son emprunt que de devoir brader le bien dans un marché massivement vendeur.

S'agissant de la décision du cc, il me semble qu'elle n'invalide que le cas des prêts contractés avant la loi. La mesure reste donc entière.
Je ne partage pas ton avis sur les conséquences de ce dispositifs. Les ménages achètent des biens immobiliers non pas en réflechissant en terme de coût global du crédit mais de la mensualité max qu'ils peuvent sortir.

Donc là où ils pensaient: "on met 1000 euros par mois, ça fait 12000 par an, ça fait 200 000 empruntables sur 20 ans"
ils vont désormais faire le calcul suivant: "on récupère le plafond du dispo (1500 euros par an max déductible), on peut donc mettre 1150 euros par mois, ça fait 13500 euros par an, ça fait 220 000 empruntables sur 20 ans."

Or comme le marché immobilier français est contraint par l'offre, ça fait mécaniquement monter les prix de tout le marché immobilier sans conséquence sur le pouvoir d'achat. Le dispo en aurait eu en fait si ceux qui avaient déjà contracté avaient bénéficié de cette aide.

Au final, ça organise un transfert entre les finances publiques et les propriétaires. C'est une mesure idiote. L'argent aurait été autrement mieux utilisé à encourager la construction de nouveaux logements.

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Re: Le fil des perspectives économiques

Oui et aussi que le secteur bancaire français est ultra-peu compétitif et que donc ce n'est pas demain qu'elles vont consentir à un prêt à un particulier présentant le moindre signe de risque : toute personne non-fonctionnaire, non bac+5 avec un revenu mensuel inférieur à 5000 € et sans une caution des parents, grand-parents et tiers.

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Re: Le fil des perspectives économiques

+1 pour querty.

L'absence de politique de l'offre de logement, sans doute instillée par la peur de retomber dans le complexe de la barre à béton et des villes-dortoirs des années 60-70, est aujourd'hui impardonnable. A quand la construction de cité dans Paris et en périphérie immédiate?

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Re: Le fil des perspectives économiques

Cité Universitaire s'entend.

Re: Le fil des perspectives économiques

dans le commerce de proximité, en voila un qui a voté sarkozy:

http://www.libertes-internets.net/archi … colere.jpg

il peut toujours faire greve le 18 octobre...

Last edited by sheila (14-10-2007 15:59:55)

Re: Le fil des perspectives économiques

sheila a écrit:

dans le commerce de proximité, en voila un qui a voté sarkozy:

http://www.libertes-internets.net/archi … colere.jpg

il peut toujours faire greve le 18 octobre...

http://dorianwybot.typepad.com/blog_officiel/images/2007/03/30/pierre_poujade_1_2.jpg

"Je sens en deux parti[e]s mon esprit divisé." (Pierre Corneille, Le Cid)
"Et en deux sous-parties" (Richard Descoings)

Re: Le fil des perspectives économiques

Sanz Antoine a écrit:

Attali préconise pour relancer la croissance de complétement libéraliser l'installation de grandes surfaces.Un rapport très serieux d'une Chambre de Commerce prouve que la création d'un emploi en grande surface en détruit 4 autres dans le commerce de proxilmité.Au vus de ce rapport je m'interroge sur l'intéret de "libéraliser" l'installation de grandes surfaces déjà très présentes.En effet la France est le pays où il y a le plus de grandes surfaces aux nombres d'habitants.D'autre part,la position ultradominante des grandes surfaces qui font la pluie et le beau temps d'une très grande partie de l'économie,va encore s'accroitre avec cette libéralisation qui va créer une quasi situation de monopole dans lequel les producteurs sont de plus en plus étranglés par des centrales d'achats qui font la loi sur le marché.Visiblement Mr Attali veut favoriser le lobbie des grandes surfaces et grandes fortunes.

Et après on nous dit que choisir de présider les commissions ce n'est pas une trahison.

D'autant que plus d'installations ne me semble pas avoir une grosse influence sur les habitudes de consommation ni sur la croissance. Il donne quoi comme conséquence concrète ?

A part une croissance temporaire dans le bâtiment, avec pour coût une nouvelle défiguration des paysages urbains, je vois mal...

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Re: Le fil des perspectives économiques

Le pire chiffre de croissance depuis la seconde guerre mondiale.
Pourtant, la France recule moins que les autres grâce à tout ce qu'a combattu Nicolas Sarkozy pendant sa campagne présidentielle. D'ailleurs, la crise est venu de tout ce que Nicoals Sarkozy avait voullu promouvoir pendant sa campagne (crédit hypothécaire...).


La France plongée
dans une sévère récession
Marie Visot - Le Figaro

15/05/2009 | Mise à jour : 09:00 | Commentaires 11 | Ajouter à ma sélection
Le produit intérieur brut a reculé de 1,2% au premier trimestre, après -1,5 % au trimestre précédent. L'Élysée table désormais sur un repli  de 3% pour l'année 2009.

L'Insee a confirmé officiellement l'entrée de la France en récession vendredi matin. Après avoir plongé de 1,5 % au dernier trimestre 2008 - un chiffre revu à la hausse par rapport à la précédente estimation - l'activité a reculé de nouveau, de 1,2%, au cours des trois premiers mois de 2009. Demande intérieure totale en repli (-0,4 point de contribution) demande étrangère atone, mouvement de fort déstockage, attentisme des industriels en matière d'investissements… Tous les ingrédients ont été réunis en ce début 2009 pour que l'activité plonge. L'annonce de ce nouveau recul du PIB ne sera pas une surprise. En début de semaine, le gouvernement avait préparé les esprits : la ministre de l'Économie, Christine Lagarde, prévenait que le premier trimestre serait «mauvais», tandis que le premier ministre François Fillon assurait dans un entretien au Figaro jeudi que «2009 sera très difficile pour toutes les grandes économies».

À l'Élysée, on estime néanmoins que la France est arrivée «à un point d'inflexion : on ne parle pas de signes de reprise, mais de signes de moindre décrue de l'économie». Qui se traduirait, de fait, par une décélération de l'activité moins accentuée au deuxième trimestre qu'au premier. «Probablement de moitié moins», estime-t-on dans l'entourage de Nicolas Sarkozy. Une «consommation qui résiste et la fin d'un violent mouvement de déstockage» expliqueraient ce mouvement. «La solidité des banques françaises» qui ont moins durci leurs conditions d'octroi de crédit qu'ailleurs permet aussi à l'Hexagone de s'en sortir mieux que ses voisins.

Ces facteurs positifs seront toutefois insuffisants pour limiter le recul du PIB à 1,5 % cette année - qui constitue la prévision officielle du gouvernement, inscrite dans le collectif budgétaire. La France s'apprête à prendre comme nouvelle hypothèse un recul de 3 %. Christine Lagarde annoncera ce nouveau scénario avant l'Eurogroupe, prévu début juin. Le déficit public sera également «revu à la hausse», confirme l'entourage du chef de l'État. Aujourd'hui, le gouvernement table sur un déficit de 5,6 % du PIB. Mais il assure qu'il fera tout pour que la barre des 6 % ne soit pas franchie. Quant à la dette, «dans l'immédiat, on ne fait rien ; ça irait à l'encontre des mesures que nous avons prises pour relancer l'activité», confie-t-on au sommet de l'État. Où l'on rappelle une fois de plus que «ces mesures ne pèseront pas sur les finances publiques au-delà de la crise». Pas question non plus de prendre des décisions «qui pèseraient sur la consommation».


Maîtriser les dépenses publiques



En d'autres termes, une fois la crise terminée, le redressement des finances publiques ne passera pas par des impôts supplémentaires, promet l'exécutif. «En France, la hausse des prélèvements n'a jamais résorbé les déficits !», martèle-t-on à Bercy. Pour l'heure donc, le gouvernement compte sur le fait «que la machine va repartir», selon l'expression de Christine Lagarde, ainsi que sur la maîtrise des dépenses publiques. Du côté de l'Élysée, on ne s'interdit pas, quand même, de se pencher sur le «trou de la Sécu» et de remettre sur la table des sujets comme l'âge de départ à la retraite ou la réforme du système de santé…

La fin est drole quand même, quand on parle de maîtriser les dépenses publiques avec un déficit à 7%... Enfin...

Re: Le fil des perspectives économiques

Une bon résumé économique dans la tribune. Ce serait pas mal d'actualiser régulièrement ce fil, qui pourrait être utile pour nos révisions d'économie approfondie.

Economie

Une semaine ponctuée par la nouvelle hausse du chômage en France
La Tribune.fr - 29/05/2009 à 22:12



A la Une de l'actualité cette semaine, la nouvelle progression du chômage en France, qui concernent désormais plus de 2,5 millions de personnes. Les derniers préparatifs pour le dépôt de bilan de General Motors, l'emprunt d'un milliard d'euros auprès des particuliers lancé par EDF et l'augmentation de capital de Danone ont également fait les gros titres.
Le chômage passe le cap des 2,5 millions de personnes en France

Le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi (catégorie A) s'est établi à fin avril en France métropolitaine à 2.506.700 personnes. Soit 58.500 personnes de plus qu'à fin mars (+2,4%). Par rapport à la même période l'an passé, le taux de chômage en France croît de 24,6 %. Pour les hommes, l'augmentation est plus importante (+3,1 % par rapport à mars, 34,9 % sur un an) que pour les femmes (+ 1,6 % par rapport à mars, +14,9 % sur un an). Par ailleurs, le nombre de demandeurs d'emploi de moins de 25 ans est en hausse de 4,6 % en avril par rapport à mars et de 39,9 % sur an. Depuis février 2009, les données sur les demandeurs d'emploi sont présentées selon de nouvelles catégories. La catégorie A comprend les demandeurs d'emploi "tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi, sans emploi". En incluant les demandeurs d'emploi exerçant une activité réduite (catégories B et C), un total de 3,571 millions de Français en métropole et 3,785 millions avec les départements d'Outre-mer étaient inscrits à Pôle Emploi fin avril, et à ce titre tenus de faire des "actes positifs de recherche d'emploi". Le nombre d'inscrits dans ces trois catégories a donc progressé de 2,6% en un mois et de 16,2% en un an. Les entrées à Pôle emploi ont augmenté en avril en métropole (+14,6% en un an en catégories A, B, C), tandis que les sorties ont diminué (-4,8% en un an). Environ un tiers des nouvelles inscriptions en métropole à Pôle emploi en février proviennent des fins de missions d'intérim et de CDD. Si les entrées pour fins de mission d'intérim ont reculé en un mois (-5,4%), elles restent en progression en un an (+3,8%).Les licenciements économiques ne représentent que 4,4% du total des inscriptions, mais ont bondi de 46,8% en un an.

General Motors se prépare à déposer le bilan, la vente d'Opel se précise

Comme Chrysler avant lui, General Motors va très vraisemblablement se placer sous la protection du Chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, devenant ainsi le plus important groupe industriel à déposer le bilan aux Etats-Unis. Cette procédure "accélérée" devrait être lancée le 1er juin et durera au moins entre 60 et 90 jours. A condition que les détenteurs de sa dette obligataire du géant de Detroit acceptent de convertir 27 milliards de dollars de créances contre 10% de son capital et des garanties pour l'acquisition de 15% supplémentaires. Dans le cas contraire, GM n'échappera pas à une procédure plus douloureuse. Et le traitement réservé aux détenteurs d'obligations risque de leur être beaucoup moins favorable. Ils pourraient perdre même l'essentiel de leur mise, a averti le constructeur. L'offre court jusqu'à samedi soir. Aucun seuil d'acceptation n'a été fixé et sa réussite serait déterminée en fonction de l'identité des créanciers l'ayant refusée et acceptée. Selon les premières informations, la nouvelle proposition de GM serait soutenue par des créanciers représentant 35% de la dette du groupe. En cas de succès, les actifs rentables du constructeur dans une nouvelle entité, financée par le gouvernement américain. Ce "nouveau GM" aurait pour actionnaire principal le Trésor, à 72,5%. Le syndicat United Auto Workers (UAW) contrôlerait 17,5% du capital et les créanciers 10%. Et pour financer sa restructuration, le groupe pourrait recevoir 40 milliards de dollars supplémentaires d'aides gouvernementales. Il sera également retiré temporairement de la cote.

Par ailleurs, Opel, la grande filiale européenne de General Motors (GM), lui-même au bord du dépôt de bilan, devrait être cédé à l'équipementier auto canadien Magna. Les deux parties auraient conclu un accord de principe et souhaitent conclure un accord définitif avant la fin de la journée. Le gouvernement allemand, qui avait précédemment présélectionné Magna et Ford examine cette opération.

EDF va lancer un emprunt d'un milliard d'euros auprès des particuliers

Cela fait des années qu'une grande entreprise française n'avait pas lancé une telle opération. EDF a annoncé ce mercredi un emprunt obligataire réservé aux épargnants particuliers. Les obligations, d'un montant de 1.000 euros et d'une durée de 5 ans, seront rémunérées au taux fixe de 4,5% par an, a précisé Pierre Gadoneix, le PDG de l'électricien français. Le rendement sera ainsi supérieur au taux actuel du Livret A (1,75%), un taux d'intérêt "compétitif" explique EDF. L'opération, qui doit encore recevoir le feu vert de l'Autorité des marchés financiers (AMF), sera ouverte du 17 juin au 10 juillet. Les modalités précises seront rendues publies le 3 juin. EDF affiche une dette de 24,5 milliards d'euros actuellement. Elle a crû de 50% suite à deux importantes acquisitions, celle du spécialiste britannique du nucléaire British Energy, pour 13,5 milliards d'euros, et celle de 50% des activités nucléaires de l'américain Constellation Energy, pour 3,5 milliards d'euros. Le groupe français compte aussi se désendetter en cédant des actifs non stratégiques pour environ cinq milliards dans les deux années à venir. Depuis le début de l'année, EDF a levé 7,8 milliards d'euros via trois opérations obligataires, après les 7,3 milliards déjà engrangés en 2008.

Augmentation de capital de 3 millions d'euros pour Danone

Danone va procéder à une augmentation de capital de trois milliards d'euros. Chaque actionnaire du groupe alimentaire français recevra un droit préférentiel de souscription (DPS) par action détenue. La souscription des actions nouvelles sera réalisée au prix de 24,73 euros par action (0,25 euros de nominal et 24,48 euros de prime d'émission) à raison de 4 actions nouvelles pour 17 actions existantes. Le prix de souscription fait apparaître une décote de 31,4% par rapport au cours de clôture de l'action Danone du 28 mai 2009. D'après un communiqué du groupe français, la levée de fonds a pour objectif de renforcer sa structure financière, de réduire son endettement et d'améliorer ses ratios de crédits. Elle va également servir à accroître sa flexibilité financière et stratégique et financer des acquisitions de petite et moyenne taille. Le groupe agroalimentaire écarte toute difficulté financière, malgré une conjoncture difficile. Il a confirmé ses objectifs 2009 de bénéfice net courant dilué par action. La croissance du chiffre d'affaires devrait être inférieure de quelques points à l'objectif de croissance de long terme et le résultat net courant devrait augmenter de 10% cette année.

latribune.fr

http://www.latribune.fr/actualites/econ … rance.html

Re: Le fil des perspectives économiques

Zone euro : le chômage dérape fortement en avril

[ 02/06/09  - 11H38   - actualisé à 11:38:00  ]
Le taux de chômage a grimpé à 9,2%, contre 8,9% en mars. Il s'agit du niveau le plus élevé depuis septembre 1999.

Du jamais vu depuis près de dix ans. Le taux de chômage dans les 16 pays de la zone euro a grimpé à 9,2% en avril, contre 8,9% en mars, a annoncé l'office européen des statistiques, Eurostat. Il s'agit du rythme le plus élevé depuis septembre 1999. Il est supérieur aux attentes, les économistes tablant sur un taux de chômage de 9,1% en moyenne. Au total, la zone euro comptait à la fin avril 14,579 millions de demandeurs d'emploi, soit 396.000 de plus qu'un mois auparavant.

L'emploi risque de pâtir encore pendant quelques mois de la crise économique. "Le pire en termes d'activité économique est derrière nous, mais cela n'empêchera pas les entreprises de continuer à réduire leurs effectifs au second semestre", a indiqué à l'agence Bloomberg, Christoph Weil, économiste à Commerzbank. "Nous nous attendons à ce que le chômage monte aux alentours de 11%", a-t-il ajouté.

La Commission européenne s'attend pour sa part à un taux de chômage de 9,9 % dans la zone euro en 2009 puis de 11,5 % en 2010, ce qui serait le plus haut niveau jamais atteint depuis la Seconde Guerre mondiale. Sur l'ensemble de l'Union, la Commission prévoit 8,5 millions de postes en moins sur 2009-2010, à mettre en regard avec les 9,5 millions d'emplois créés entre 2006 et 2008. S'ils se confirmaient, de tels chiffres correspondraient à un taux de chômage de 9,4 % en 2009 et 10,9 % en 2010. L'an prochain, le taux pourrait atteindre 20,5 % en Espagne, contre 10,4 % en Allemagne et 10,7 % en France.
Les Echos

Re: Le fil des perspectives économiques

3 millions de chômeurs... On y est...

Plus de trois millions de personnes sans emploi en France
AP | 04.06.2009 | 10:31

La France comptait au premier trimestre 2009 plus de trois millions de personnes sans emploi et souhaitant travailler, selon les statistiques trimestrielles sur le chômage publiées jeudi matin par l'INSEE. Un chiffre qui dépasse les stricts critères de mesure du chômage au sens du BIT.

La taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) s'appuie sur deux critères: avoir effectué des "démarches actives de recherche d'emploi" dans le mois précédent et être disponible dans les deux semaines pour travailler.

Sur la base de ces deux critères, le taux de chômage en France métropolitaine s'établissait au premier trimestre 2009 à 8,7% de la population active selon l'INSEE (9,1% en ajoutant les DOM), soit 2.455.000 personnes.

Mais l'INSEE recense également une "partie de ce qui est désigné comme le 'halo' du chômage, c'est-à-dire l'ensemble des personnes qui ne sont pas forcément considérées comme des chômeurs au sens du BIT mais qui sont cependant dans une situation 'proche' du chômage", selon les documents publiés par l'Institut jeudi.

Au total en France métropolitaine, en ajoutant aux chômeurs BIT les personnes qui souhaitent travailler mais qui ne sont par exemple pas disponibles dans les deux semaines ou qui n'ont pas effectué de recherche active d'emploi dans le mois précédent, l'INSEE calcule que 3.108.000 personnes étaient sans emploi au premier trimestre 2009. AP

Re: Le fil des perspectives économiques

Etude de l'INSEE peu enthousiasmante :...

L'Insee annonce 700.000 destructions d'emplois en 2009
Selon les dernières prévisions de l'Institut, le PIB va reculer de 3%  et le chômage grimper à 10,1% en 2009.

Selon les dernières prévisions rendues publiques vendredi 19 juin par l'INSEE, Le PIB de la France va régresser de 3 % en 2009. L'institut se veut toutefois optimiste pour la fin de l'année et prévoit une stabilisation de l'économie au dernier trimestre.
Si la France peut sortir de la récession au quatrième trimestre, elle devra compter sur la destruction de 700.000 emplois dans le secteur privé en 2009, selon les prévisions annoncées.

Stabilisation au 4e trimestre

La croissance négative depuis 2008 va petit à petit s'atténuer d'ici la fin de l'année. Après -1,2 % au 1er trimestre, le PIB perdrait 0,6 au 2e et 0,2% au 3e avant de se stabiliser au 4e trimestre.

En perdant 3 % de PIB, la France enregistre une baisse sans précédent depuis 1949. La production de richesse nationale atteindrait ainsi quelque 1.595 milliards d'euros en volume, soit un niveau inférieur à celui de 2006.

"Notre scénario central table sur une stabilisation au dernier trimestre de cette année mais cette sortie de récession n'est pas acquise", a indiqué Eric Dubois, chef du département de la conjoncture de l'Insee, lors d'une conférence de presse.

Les conditions de financement resteront difficiles même si elles s'améliorent, et l'ampleur de la chute de l'activité depuis un an laisse les entreprises avec des surcapacités et des sureffectifs importants. Leur résorption "devrait peser sur l'activité tout au long de l'année et elle pourrait, si elle se poursuivait, retarder la sortie de récession", a précisé Eric Dubois.

Investissements en baisse

L'Insee prévoit également une baisse des investissements de 8,9 % en 2009, mais avec une diminution de la baisse à partir du 2e trimestre parallèlement à un déstockage moins important des entreprises.
Le marché du travail devrait enregistrer 592.000 destructions d'emplois en 2009. Dans les seuls secteurs principalement marchands, ce chiffre atteindra le record de 699.000 pour ramener l'emploi salarié à son niveau de 2000, selon les prévisions de l'Insee.
"L'ajustement du marché du travail n'a été que partiel", a précisé Benoît Heitz, chef de la division synthèse conjoncturelle de l'Insee, lors de la conférence de presse.

La hausse du pouvoir d'achat des ménages de 1,1% devrait toutefois soutenir la consommation, selon l'Institut. Cette bonne tenue est liée à la désinflation et au versement des prestations sociales relevant du plan de relance.

Mais il subsiste un espoir de reprise dès 2010 :

http://www.challenges.fr/actualites/pol … _2009.html

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Re: Le fil des perspectives économiques

Orcid, tu ne veux vraiment pas utiliser les codes pour mettre en gras les passages intéressants ? UN EFFORT PITIE. (j'en peux plus de tes c/c avec une phrase laconique qui servirait vaguement à justifier la présence de l'article que l'on peut trouver autre part...)

Re: Le fil des perspectives économiques

L'OCDE voit le PIB français céder 3% en 2009, +0,2% en 2010

L'OCDE a revu à la hausse ses prévisions économiques pour la France mais ne prévoit qu'une reprise modeste en 2010 et prône un élargissement de l'assiette de l'impôt pour contenir les déficits. L'Organisation table désormais sur une baisse de 3,0% du PIB cette année et une reprise modeste de 0,2% en 2010.

L'OCDE a revu à la hausse ses prévisions économiques pour la France mais ne prévoit qu'une reprise modeste en 2010 et prône un élargissement de l'assiette de l'impôt pour contenir les déficits.

L'Organisation de coopération et de développement économiques, dans ses Perspectives économiques publiées mercredi, révise sa projection pour cette année à -3,0%, soit l'objectif du gouvernement, au lieu d'une prévision de -3,3% en mars qui en faisait alors la plus pessimiste des institutions internationales.

La Commission européenne, le Fonds monétaire international et l'Insee ont aussi une prévision de -3,0% cette année pour la France, qui traverse ainsi sa plus grave récession depuis 60 ans.

Pour 2010, l'OCDE table sur une reprise modeste de 0,2%, au lieu de la contraction de 0,1% qu'elle anticipait en mars.

La France fait ainsi mieux que l'ensemble de la zone euro (-4,8% prévu en 2009) et surtout l'Allemagne (-6,1% attendu) grâce à la résistance de la consommation des ménages et à sa moindre exposition à l'effondrement du commerce international.

La récession n'en fera pas moins grimper le taux de chômage à 11,2% en 2010, contre 9,7% en 2009 et 7,4% en 2008, mais l'OCDE ne conseille pas de nouvelles mesures de relance.

ÉLARGIR L'ASSIETTE DE L'IMPÔT

"Les mesures budgétaires adoptées pour faire face à la crise commencent à produire leurs effets et, dans une large mesure, elles sont auto-réversibles," se félicite le rapport en notant que l'effort de relance du gouvernement, principalement centré sur les infrastructures et le financement des PME, représente 1,3% du produit intérieur brut.

Les mesures de relance et la perte de recettes fiscales due à la baisse d'activité vont toutefois faire gonfler le déficit budgétaire à 6,7% du PIB en 2009 puis 7,9% en 2010, prévient l'OCDE qui voit en outre la dette publique atteindre 86% du PIB à cet horizon.

Le déficit était de 3,4% en 2008 alors que le Traité de Maastricht, dont les règles ont été mises en veilleuse par la crise, le limite en principe à 3% du produit intérieur brut.

"La mise en place d'un plan crédible de retour à la viabilité budgétaire est le grand défi qui va attendre les autorités une fois que l'économie se redressera," souligne l'OCDE dont le rapport a été rédigé avant l'annonce, par le président Nicolas Sarkozy, du lancement à la rentrée d'un emprunt public pour financer des investissements.

Le chef de l'Etat a en outre exclu tout plan d'austérité ou d'augmenter les impôts.

Pour l'OCDE pourtant, "une fois que la reprise sera bien ancrée, il conviendra que le gouvernement mette en oeuvre un plan à moyen terme de réduction des dépenses et d'élargissement de l'assiette des impôts qui assurera la viabilité budgétaire."

Véronique Tison, édité par Yves Clarisse

Re: Le fil des perspectives économiques

Deux articles de fond important.

La BCE un brin plus optimiste pour l'économie de la zone euro

De Isabelle LE PAGE (AFP) – Il y a 12 heures

FRANCFORT, Allemagne — La Banque centrale européenne (BCE) a suggéré jeudi une reprise de la croissance en zone euro plus précoce qu'envisagé jusqu'à présent, semblant enterrer une fois pour toute l'hypothèse d'une nouvelle réduction des taux directeurs.

Depuis mai, date de la dernière baisse, le président Jean-Claude Trichet répète que le conseil des gouverneurs n'a pas décidé si le principal taux directeur a, avec 1%, atteint son plus bas niveau.

Jeudi, "la question n'a pas été discutée", a-t-il déclaré, comme si elle était entendue. Les gardiens de l'euro avaient fait savoir plus tôt leur décision de maintenir les taux inchangés à l'issue de leur dernière réunion avant la pause estivale.

Alors que la Banque d'Angleterre a annoncé jeudi une extension de son programme d'achat d'actifs, augmenté de 50 milliards à 175 milliards de livres, pour stimuler l'économie, le Français a déclaré qu'il n'était "pas dans (leur) intention de faire plus pour le moment".

La BCE a engagé un programme d'achat d'obligations sécurisées, d'un volume global de 60 milliards d'euros, et abreuve généreusement les banques de liquidités pour les inciter à prêter davantage.

Jean-Claude Trichet s'est globalement montré plus confiant pour la conjoncture. Le retour à des taux de croissance trimestriels positifs aura toujours bien lieu l'an prochain, mais peut-être plus tôt qu'envisagé jusqu'à présent, soit la mi-2010, a-t-il laissé entendre.

"Nous n'excluons pas d'avoir pour l'an prochain un profil qui sera un peu différent", a-t-il concédé, donnant rendez-vous pour plus de détails début septembre, quand la BCE annoncera ses nouvelles prévisions économiques.

"Les récentes données (...) suggèrent toujours que l'activité économique va rester faible sur le reste de l'année, mais la vitesse de la contraction ralentit clairement", a-t-il souligné.

Quand aux craintes de déflation -cette spirale à la baisse des prix destructrice pour l'économie-, il ne semble pas les partager, contrairement au Fonds monétaire international.

La baisse de 0,6% des prix en juillet a été "anticipée". Elle est liée essentiellement à un effet de base après la flambée des prix des matières premières à l'été 2008. Le recul des prix est "temporaire", a-t-il martelé.

Même si le président de la BCE a mis en garde contre une sur-interprétation de ses propos et contre les risques qui continuent de peser sur la croissance -notamment la montée en cours du chômage-, ces déclarations vont sans doute lancer les spéculations sur les marchés concernant une hausse de taux rapide, peut-être dès cette année, estiment des économistes.

D'autant plus qu'interrogé sur la stratégie de sortie de crise, il a souligné que la BCE ne suivrait pas un ordre pré-établi, à savoir retirer d'abord les liquidités en surabondance du marché, puis remonter les taux directeurs. Les deux peuvent aussi être réalisés simultanément, a-t-il dit.

Le rebond des commandes industrielles en Allemagne, confirmé jeudi par la forte progression de 4,5% sur un an en juin, laisse entrevoir un rétablissement de l'économie dès le troisième trimestre, et pas seulement dans la première économie européenne, estime Joerg Krämer, économiste à la Commerzbank.

La BCE "pourrait être surprise par des statistiques économiques solides dans les mois à venir", indique-t-il.

Mais une remontée des taux directeur paraît improbable dès cette année, selon des économistes, qui continuent à miser sur la deuxième moitié de 2010.

Le timing sera de toute façon délicat. Si la BCE resserre trop tôt ses taux directeurs, elle prend le risque d'étrangler la reprise. Mais si elle agit trop tard, ce sont les dangers d'inflation qui menacent, étant donné la masse des liquidités injectées sur les marchés.

La France, en "récession profonde", doit limiter le déficit et la dette, dit le FMI

(AFP) – Il y a 6 jours

PARIS — La France doit faire face à une "récession profonde", un chômage en hausse et un secteur financier "sous tension" mais la priorité est de limiter les déficits et "d'éviter une dynamique insoutenable de la dette", estime le FMI dans son rapport annuel sur l'économie française.

"L'économie française n'a pas été à l'abri de la crise mondiale. Le pays se trouve dans une récession profonde, le chômage est en hausse et le secteur financier est sous tension", résume le Fonds monétaire international (FMI) dans ce rapport publié vendredi dans le cadre des consultations annuelles de l'organisation.

Selon les experts de Washington, le produit intérieur brut (PIB) de la France devrait reculer de 3,0% cette année - du jamais vu depuis 1949 - "avant de se redresser progressivement" pour gagner seulement 0,4% en 2010. Une prévision en ligne avec celle du gouvernement français.

Mais alors que ce dernier table sur une croissance de 2,5% en 2011 et 2012, il faudrait attendre 2013 pour que la France retrouve une croissance supérieure à 2%, comme avant la crise internationale, selon les prévisions du FMI.

Le taux de chômage atteindrait de son côté 9,5% de la population active fin 2009, puis 10,2% en 2010. Il ne refluerait que progressivement, pour s'établir à 8,1% en 2014.

Même si les projections économiques "sont entourées d'une incertitude inhabituelle à ce stade", "les perspectives risquent d'être révisées à la baisse", avertit le Fonds.

"Néanmoins, la France a été un peu moins touchée que la zone euro dans son ensemble en raison de son ouverture relativement faible au commerce et de son vaste dispositif de protection sociale", reconnaît le FMI.

Ses administrateurs "saluent" d'ailleurs "la riposte rapide des pouvoirs publics" dont le plan de relance, conjugué à des "facteurs structurels", a permis d'atténuer le ralentissement économique et de stabiliser le système financier.

Si certains administrateurs estiment que "de modestes mesures supplémentaires" de relance seront "peut-être nécessaires" si la situation se dégrade, elles seront de toutes façons restreintes par la marge de manoeuvre limitée dont dispose le gouvernement. D'autres jugent tout simplement ces mesures inenvisageables avec un déficit public attendu autour de 7,5% du PIB pour 2009 et 2010.

"Il est prioritaire, pour les années à venir, de préserver la viabilité des finances publiques à moyen terme et d'éviter une dynamique insoutenable de la dette", insiste le Fonds.

Selon les estimations du FMI, la dette publique (Etat, sécurité sociale et collectivités locales) devrait bondir de 77,5% du PIB cette année à 83,9% l'an prochain. Elle ne cesserait ensuite de s'alourdir pour atteindre 95,6% en 2014.

"La stratégie devrait reposer sur des hypothèses de croissance réalistes, l'identification d'économies spécifiques à tous les niveaux de l'administration publique et la rationalisation" des niches fiscales.

Le rapport préconise également la poursuite des réformes pour favoriser la création d'emplois, en faisant preuve notamment de "modération dans l'établissement du salaire minimum".

Le FMI recommande aussi de développer la formation professionnelle et de "relever l'âge du départ à la retraite pour promouvoir l'emploi des seniors".

Quant aux banques françaises, si elles ont "relativement bien résisté à la crise financière" grâce à "des normes de contrôle rigoureuses et à des pratiques de crédit prudentes", une nouvelle intervention des pouvoirs publics "ne devrait pas être exclue", juge le Fonds.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Le fil des perspectives économiques

Ces deux articles mettent en exergue le problème majeur que sera "l'exit strategy".

Grosso modo, le retour de la croissance risque d'avoir une forme de racine carré: une chute brutale (T4 2008 jusqu'à T2 2009) et un éventuel rebond en T3 2009 qui conduira à une croissance molle.

Hors il convient d'ores-et-déjà de prévoir quand et comment la BCE (et les autres banques centrales) vont devoir réduire ses injections de liquidités et remonter les taux directeurs: trop tôt, cela peut entraîner une déflation ou en tout cas tuer dans l'oeuf la reprise; trop tard, les économies seront frappées par une forte inflation (d'autant qu'avec la reprise, les matières premières repartiront à la hausse). De la même manière, les gouvernements vont devoir faire très attention lorsqu'ils décideront de mettre fin à leurs plans type "prime à la casse"; cette fin des incitations risque de conduire à un écroulement des marchés automobiles.

Quoiqu'il en soit, je suis assez circonspect sur ses signaux positifs que l'on perçoit: ils étaient assez largement anticipés: après avoir très fortement déstocké (et bénéficié de certains plans de relance comme dans l'automobile), les entreprises stockent à nouveau, ce qui entraine la production industrielle, mais l'effet sera vraisemblablement passager.

La forte hausse du chômage risque par contre de fortement peser sur la consommation des ménages et donc le retour de la croissance (en général, après toute crise, la hausse du taux d'épargne des ménages se prolonge pendant trois ans; cf. crise Suédoise des années 90, éclatement de la bulle internet en 2001). Et pourtant ces crises n'avaient pas été aussi brutales et violentes que celle que l'on connait actuellement.

Franchement, les analystes se sont réjouit que les destructions d'emplois en juillet aux US ne soient que de "300 000"... Alors que 300 000 emplois détruits, c'était le pic de la crise de 2001. Et pour que le taux de chômage baisse aux US, il faut que le marché en crée 120 000.

Sans compter que la plupart des emplois créés ces derniers mois sont souvent à temps partiel ou en tout cas, moins rémunérés que ceux qui avaient été détruits.

S'il doit y avoir une embellie, elle n'interviendra pas avant la mi-2010 en zone euro.

Enfin la sortie de crise conduira nécessairement à réduire les déficits publics (8 % du PIB anticipés en 2010); problème d'autant plus crucial qu'il arrivera au moment exact où le départ à la retraite des "baby-boomers" commencera à réellement peser sur les dépenses publiques (le FMI estime qu'il coûterait environ 24 % du PIB en 2050).

On est mal...

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: Le fil des perspectives économiques

France : le déficit du budget se creuse à 86,6 MdsE au 30 juin.

(CercleFinance.com) - Selon les dernières données du Ministère du Budget, le solde général d'exécution s'établit au 30 juin 2009 à 86,6 milliards d'euros contre 32,8 milliards à la même date en 2008.

' L'écart d'une année sur l'autre (49,8 milliards) s'explique principalement par le poids de la conjoncture économique sur l'évolution des recettes et, à hauteur de 21,5 milliards d'euros, par l'effet des différentes mesures de soutien de l'économie ' commente l'administration.

Au 30 juin 2009, les dépenses totales (budget général et prélèvements sur recettes) atteignent 180,6 milliards contre 173,5 milliards au 30 juin de l'année précédente.

Les dépenses exécutées au titre du plan de relance (directement exécutées par les ministères ou versées à des opérateurs de l'État) s'élèvent à 6,3 milliards à la fin du mois de juin, tandis que hors plan de relance, les dépenses du budget général diminuent d'une année sur l'autre de 0,4 milliard essentiellement par la réduction de la charge de la dette sous l'effet d'une évolution favorable des taux d'intérêt.

Au 30 juin 2009, les recettes du budget général (nettes des remboursements et dégrèvements et hors prélèvements sur recettes) s'établissent à 117,3 milliards d'euros contre 156,1 milliards à la même date en 2008.

À la fin du mois de juin, le produit des recettes fiscales nettes s'élève à 108,5 milliards d'euros (en baisse de 35,6 milliards par rapport à la même date en 2008). Cette baisse marquée s'explique par l'évolution défavorable de la conjoncture et, à hauteur de 8,9 milliards, par l'effet des mesures de soutien à la trésorerie des entreprises dans le cadre du plan de relance.

Hors plan de relance, le produit des recettes fiscales est en baisse de 26,7 milliards d'euros par rapport à 2008 à périmètre constant.

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Ca nous fait un déficit à 170 milliards pour l'année. Chouette !

Re: Le fil des perspectives économiques

Orcid a écrit:

Ca nous fait un déficit à 170 milliards pour l'année. Chouette !

Agoravox et toi, vous auriez été les premiers à vous offusquer de l'absence d'un plan de relance...

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: Le fil des perspectives économiques

Ca t'obsède hein agoravox.

Ben heureusement que ça existe parce que l'info propagande pro-gvt, concentrée, cartellisée, mensongère, les gens en ont ras la casquette.

Re: Le fil des perspectives économiques

Ben non, regarde sabaidee, il en a pas marre lui. Lui il en a marre des RACAILLES.

SOUS TOUTES RÉSERVES ET CE SERA JUSTICE.

Re: Le fil des perspectives économiques

T'as raison, "il a vu à la télé que les racailles..."

Re: Le fil des perspectives économiques

sabaidee a écrit:
Orcid a écrit:

Ca nous fait un déficit à 170 milliards pour l'année. Chouette !

Agoravox et toi, vous auriez été les premiers à vous offusquer de l'absence d'un plan de relance...

Je dis simplement qu'avec le plan de relance, les stabilisateurs automatiques et de plus faibles rentrées fiscales, je ne vois pas vraiment comment le déficit ne pourrait pas s'accentuer.

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: Le fil des perspectives économiques

C'est pas tellement qu'il s'accentue le problème. C'est qu'il atteigne ce niveau là alors que depuis des années il aurait fallu faire des économies. Et que l'UMP a géré les finances de la France d'une façon qui ferait passer les dictateurs africains pour d'excellents gestionnaires.

Re: Le fil des perspectives économiques

Elessar a écrit:

C'est pas tellement qu'il s'accentue le problème. C'est qu'il atteigne ce niveau là alors que depuis des années il aurait fallu faire des économies. Et que l'UMP a géré les finances de la France d'une façon qui ferait passer les dictateurs africains pour d'excellents gestionnaires.

Je suis assez d'accord (TEPA, réduction de la TVA pour les restaurateurs...etc.) étaient stupides compte tenu du contexte.

Par contre, sur le "faire des économies", tu conviendras que dans leur grande majorité, il semble que les Français sont assez d'accord sur la nécessité de "faire des économies", mais ils souhaitent que cela se fasse sans que personne ne soit lésé au nom du maintien des acquis sociaux.

Ce qui se révèle somme toute assez problématique...

Last edited by sabaidee (12-08-2009 12:53:43)

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: Le fil des perspectives économiques

Moi j'ai une question là dedans, c'est à combien va se chiffrer, cette année le déficit de la sécurité sociale, avec tous les dé-remboursements, consultation augmentée d'1 €...

"Un gamin de 18 ans tutoie une mama en boubou, oubliant qu'on ne donne plus du camarade dans le coin depuis une paie."

Re: Le fil des perspectives économiques

sabaidee a écrit:
Elessar a écrit:

C'est pas tellement qu'il s'accentue le problème. C'est qu'il atteigne ce niveau là alors que depuis des années il aurait fallu faire des économies. Et que l'UMP a géré les finances de la France d'une façon qui ferait passer les dictateurs africains pour d'excellents gestionnaires.

Je suis assez d'accord (TEPA, réduction de la TVA pour les restaurateurs...etc.) étaient stupides compte tenu du contexte.

Par contre, sur le "faire des économies", tu conviendras que dans leur grande majorité, il semble que les Français sont assez d'accord sur la nécessité de "faire des économies", mais ils souhaitent que cela se fasse sans que personne ne soit lésé au nom du maintien des acquis sociaux.

Ce qui se révèle somme toute assez problématique...

La fiscalité est aussi un moyen de faire rentrer de l'argent...

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

"Un terroriste ne mérite pas de mourir. Il mérite de vivre l'enfer. A perpétuité. Et seule la déchéance de la nationalité le permet." Greg

Re: Le fil des perspectives économiques

kobayashi a écrit:

Moi j'ai une question là dedans, c'est à combien va se chiffrer, cette année le déficit de la sécurité sociale, avec tous les dé-remboursements, consultation augmentée d'1 €...

Selon Woerth, 18 Mrds d'€; donc vraisemblablement au dessus de 20 Mrds d'€ (grosso merdo 1 point de PIB).

Franchises médicales et déremboursement auraient rapporté environ 800 Mio. d'€ en 2008.

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: Le fil des perspectives économiques

Barney a écrit:
sabaidee a écrit:
Elessar a écrit:

C'est pas tellement qu'il s'accentue le problème. C'est qu'il atteigne ce niveau là alors que depuis des années il aurait fallu faire des économies. Et que l'UMP a géré les finances de la France d'une façon qui ferait passer les dictateurs africains pour d'excellents gestionnaires.

Je suis assez d'accord (TEPA, réduction de la TVA pour les restaurateurs...etc.) étaient stupides compte tenu du contexte.

Par contre, sur le "faire des économies", tu conviendras que dans leur grande majorité, il semble que les Français sont assez d'accord sur la nécessité de "faire des économies", mais ils souhaitent que cela se fasse sans que personne ne soit lésé au nom du maintien des acquis sociaux.

Ce qui se révèle somme toute assez problématique...

La fiscalité est aussi un moyen de faire rentrer de l'argent...

Oui, d'où; CSG et CRDS.

Enfin, au moment où les problématiques de "pouvoir d'achat" sont très présentes dans les esprits et que la consommation des ménages vacille, augmenter la fiscalité est hasardeux.

Quant aux plus riches, ils trouverons bien des moyens légaux de contourner une augmentation de la fiscalité. Encore que le gouvernement semble décidé à s'attaquer à un certain nombre de niches fiscales. Voeu pieux?

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

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Re: Le fil des perspectives économiques

sabaidee a écrit:

Oui, d'où; CSG et CRDS.

Et la CA, le PS et la taxe RSA (qui s'assoit sur les revenus du capital) depuis cette année.

Quant aux plus riches, ils trouverons bien des moyens légaux de contourner une augmentation de la fiscalité. Encore que le gouvernement semble décidé à s'attaquer à un certain nombre de niches fiscales. Voeu pieux?

L'intention affichée est récurrente chaque année. Je n'y crois pas.

Re: Le fil des perspectives économiques

Hussard nl a écrit:

Et la CA, le PS et la taxe RSA (qui s'assoit sur les revenus du capital) depuis cette année.

Kézaco? (la fiscalité n'est pas mon fort).

Sinon, on a aussi oublié cotisations et charges sociales.

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

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Re: Le fil des perspectives économiques

sabaidee a écrit:

Kézaco?

Il s'agit justement des cotisations sociales:
CA: contribution additionnelle: 0,3%
PS: prélèvement social: 2%
Taxe RSA (ou taxe Sarko): 1,1%

Re: Le fil des perspectives économiques

Un peu plus de détails sur le déficit budgétaire :

Conséquence directe de la crise sur les finances publiques : le déficit du budget de l'Etat s'est considérablement aggravé au cours du premier semestre. Selon les chiffres publiés, mardi 11 août, par le ministère du budget et des comptes publics, le déficit a atteint 86,6 milliards d'euros au 30 juin, au lieu de 32,8 milliards d'euros pour la même période en 2008.

Parmi ses priorités de la rentrée, le ministre du travail, Xavier Darcos, a inscrit la réforme des avantages de retraite consentis aux mères de famille du privé qui bénéficient d'une prise en compte de cotisation, jusqu'à deux ans par enfant, dans le calcul de la durée d'activité. De nouvelles dispositions devraient être présentées dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2010. Selon le ministère, cette décision est justifiée par "l'insécurité juridique" issue d'une décision de la Cour de cassation et d'un avis de la Haute autorité contre les discriminations (Halde) saisies par des pères qui ont obtenu de bénéficier des mêmes avantages. Selon le ministère, cette réforme "à coût constant" doit respecter l'égalité homme-femme et compenser les écarts, de salaires et de carrière, subis par les femmes pour l'éducation des enfants.

Pour un peu plus de 21,5 milliards d'euros, ce solde intègre la mise en oeuvre du plan de soutien à l'économie. Si la tendance était maintenue à ce rythme, le déficit pourrait dépasser les 150 milliards d'euros, alors que le gouvernement avait tablé sur 127 milliards d'euros.

La facture des dépenses nouvelles a augmenté de 7,1 milliards d'euros pour atteindre 180,6 milliards d'euros. Ce surplus provient pour l'essentiel - 6,3 milliards d'euros - de crédits déjà engagés pour le soutien à la consommation avec la prime de 150 euros versée aux familles modestes et le remboursement anticipé de la TVA aux collectivités locales.

La dégradation des comptes s'explique avant tout par un effondrement des recettes, au-delà des hypothèses les plus pessimistes. Au premier semestre de 2008, l'Etat avait engrangé un montant net de 144,1 milliards d'euros d'impôts ; en 2009, celui-ci accuse un recul de 24,7 %, à hauteur de 108,5 milliards d'euros.

Là aussi, cette baisse provient pour une part des décisions en faveur des entreprises, sous la forme d'allégements de trésorerie (8,9 milliards), de remboursement de crédits de TVA (3,3 milliards), de crédits impôt-recherche (3,4 milliards) et de reports de déficits (2,2 milliards).

Le ralentissement de l'économie et la chute de la production provoquent une diminution des recettes de TVA de 16,4 % (- 7,3 milliards d'euros) ainsi qu'un recul de l'impôt sur les sociétés, en chute de près de 80 %. Sur une prévision de rentrées évaluées entre 20 et 25 milliards d'euros, le solde réel dépasse à peine les 5 milliards d'euros sur la base des résultats de 2008. Dernier élément, la situation des comptes publics au premier semestre intègre les aides et prêts consentis aux constructeurs automobiles, pour 6,25 milliards d'euros.

Parallèlement, la chute d'activité des entreprises et la brusque remontée du chômage devraient aussi peser lourdement sur les comptes de la Sécurité sociale dont le déficit devrait atteindre 20 milliards d'euros.

Pour la fin de l'année, les signes d'embellie ne sont guère perceptibles. Cette perspective rend d'autant plus complexe la préparation du projet de loi de finances pour 2010 qui devrait être présenté fin septembre.

Sans attendre, Gilles Carrez, rapporteur général de la commission des finances de l'Assemblée nationale et Pierre Méhaignerie, président de la commission des affaires sociales, ont relancé la polémique sur les niches fiscales et sociales évaluées à un peu plus de 40 milliards d'euros. Le Journal du dimanche du 9 août rapportait une suggestion des deux députés UMP de passer "un coup de rabot (sur ces niches) pour préserver les recettes de l'Etat amoindries par la récession."
Michel Delberghe

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Re: Le fil des perspectives économiques

Rue89 a écrit:

Banques : où sont passés les milliards de l'Etat ?

Les bonus de BNP Paribas relancent la polémique. Mais derrière les annonces, combien l'Etat a-t-il vraiment déboursé ? Les banques ont-elles respecté les contreparties prévues ? Et l'Etat sera-t-il au final gagnant, comme le promettait Nicolas Sarkozy ?


Combien l'Etat a-t-il vraiment déboursé ?

Près de 118 milliards d'euros, sur les 360 milliards prévus par le plan présenté en octobre. Ce total regroupe les prêts accordés aux banques pour garantir leurs crédits, et les fonds propres apportés pour les renflouer.

Les prêts : 75 milliards d'euros. L'Etat emprunte sur les marchés financiers, et prête ensuite l'argent aux banques.

Les fonds propres : 14,75 milliards d'euros. Ils ont été apportés en deux temps. En octobre, l'Etat a distribué 10,5 milliards via des « titres super-subordonnés ». Des obligations dont le détenteur est remboursé en dernier, après tous les autres créanciers.

L'Etat a ensuite proposé d'entrer au capital des banques. En se contentant d'actions « de préférence » : il touchera des dividendes, mais n'aura pas de droit de vote. Les banques ont jusqu'au 31 août pour accepter. Pour l'instant, seules la Société Générale et BNP Paribas l'ont fait.

Le cas de Dexia : une aide spécifique est prévue pour la banque franco-belgo-luxembourgeoise. L'Etat lui a déjà apporté 28 milliards d'euros.

Selon un rapport de la Cour des comptes, à la fin de l'année, l'Etat aura déboursé 173 milliards d'euros pour les banques. Soit, tout de même, 9,1% du PIB. Mais on reste loin des 360 milliards annoncés, un « montant considérable qui a frappé les esprits et qui visait, par son ampleur même, à rassurer », selon la Cour.

Les banques ont-elles rempli leurs engagements ?

En apparence, oui, mais la réalité est plus compliquée. Les banques devaient accorder davantage de crédits, pour relancer l'économie. Et assainir le système financier, notamment en encadrant les bonus des traders.

Les crédits : le montant des prêts a augmenté de 3,5% sur un an, selon la Banque de France. L'objectif se situait entre 3% et 4%. La Fédération bancaire française (FBF) se félicite donc d'avoir respecté cet engagement.

Les chiffres de la Banque de France ne sont pas aussi encourageants que la FBF l'assure. Les prêts aux particuliers affichaient une hausse 4,4% en juin par rapport au même mois de l'année dernière, mais la hausse était de 5% en mai. Ralentissement plus net pour les prêts aux entreprises : +4,2% en mai, +2,4% en juin.

La Cour des comptes avertissait dès juin que « les objectifs (…) pourraient ne pas être tenus à la fin de l'année ». Vendredi, après une réunion avec les banquiers, le gouvernement leur a demandé « d'accentuer l'assouplissement des conditions de crédit ». Et même si la conjoncture s'est dégradée, la baisse des taux directeurs leur a permis d'augmenter leurs marges.

Les rémunérations : les banques françaises se targuent de respecter les règles fixées par le G20 au printemps. Mieux, elles avaient adopté leur propre charte dès février.

Le partage entre salaires fixe et variable serait rééquilibré, et les bonus seraient liés aux performances à long terme des traders. Il faudra attendre les fiches de paye de l'an prochain pour savoir si les banques ont tenu promesse.

Mais rien n'oblige à plafonner le montant des bonus. BNP Paribas a suscité une violente polémique en prévoyant de les augmenter cette année, comme l'a révélé Libération. Ses résultats s'étant améliorés, la banque a peut-être raison, comme l'affirmait une tribune très controversée sur Eco89.

Moralement, c'est plus difficile à défendre. Christine Lagarde demande « la plus grande vigilance » à la Banque de France, chargée du dossier, mais elle ne peut pas faire plus. A moins de légiférer. Comme le note la Cour des comptes, les règles restent floues et leur interprétation varie d'une banque à l'autre.

L'Etat va-t-il récupérer ses milliards ?

Oui, et même beaucoup plus, assurait Nicolas Sarkozy en janvier. L'opération « n'a pas coûté un centime d'euro » aux Français et, mieux, « à la fin de l'année 2009, l'argent que nous avons prêté aux banques (…) rapportera au budget de l'Etat 1,4
milliard d'euros ». Le problème, c'est que le calcul du gain réel pour l'Etat est encore impossible.

Les prêts : ils ont déjà rapporté 1,16 milliard d'euros à l'Etat, affirmait Christine Lagarde fin juillet devant la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale. Les banques avaient en effet accepté un système de paiement par avance des intérêts.

L'opération oblige tout de même l'Etat à s'endetter sur les marchés financiers, en empruntant à des taux compris entre 2% et 3,5%. Mais les banques lui reversent des intérêts de 4%. Selon la Cour des comptes : « D'un point de vue budge?taire, le refinancement des banques (par ces prêts) ne cou?te donc directement rien a? l'Etat et procure me?me des recettes. »

Selon ses prévisions, ce volet du plan d'aide aux banques aura rapporté au total 1,28 milliard fin 2009.

Les fonds propres : le gain est plus difficile à estimer. Selon la Cour des comptes, l'Etat touchera à la fin de l'année 730 millions d'euros d'intérêts sur les « titres super-subordonnés ». Mais il faudra en déduire le manque-à-gagner subi par le fisc, ces intérêts étant déductibles de l'impôt sur les sociétés. Dans l'hypothèse très optimiste où ces titres seraient tous remboursés fin 2009, le gain final serait de 1,81 milliard d'euros.

Et combien rapporteront les actions ? Encore plus difficile à évaluer. L'Etat détient 15,19% de BNP Paribas, 7,2% de la Société Générale et 5,7% de Dexia. Avec les deux premières, qui viennent d'annoncer de bons résultats, l'Etat semble avoir fait une bonne affaire.

Rien ne dit que leurs cours ne repartiront pas à la baisse. Rien ne garantit, non plus, qu'elles décideront de verser des dividendes à leurs actionnaires cette année. Et l'Etat n'aura pas son mot à dire : ses actions « de préférence » ne lui donnent aucun pouvoir. BNP Paribas se dit en tout cas déjà prête à rembourser dès l'an prochain.

lien

Re: Le fil des perspectives économiques

Strauss-Kahn : la reprise viendra au premier semestre 2010

LEMONDE.FR | 24.11.09 | 21h33

Dans un entretien au Figaro à paraître mercredi 25 novembre, et diffusé sur le site Internet du quotidien, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn estime que la crise financière est "à peu près maîtrisée". "En Asie, elle est là. Ailleurs, elle se profile seulement – selon le FMI, elle viendra au premier semestre 2010. Mais la reprise est fragile", estime-t-il.

En 2007, le Danemark est le pays dont la charge fiscale est la plus forte (48,7 %), devant la Suède, la Belgique, la Norvège et la France (43,5 %), 5e de ce classement de trente pays.(capture écran du site de l'OCDE).

Si le FMI ne croit pas à une "rechute", il ne l'excut pas entièrement et appelle donc les gouvernements à maintenir leurs soutiens publics car la demande privée reste faible et le chômage devrait augmenter encore assez longtemps. "Le risque est que dans certains pays on n'estime plus nécessaire de réaliser les programmes de relance prévus pour 2010, ce qui augmenterait la probabilité d'une rechute", explique le directeur général du FMI. Constatant que "la crise sociale reste très forte", il estime que "c'est notre modèle de croissance lui-même qu'il faut repenser".

"L'EURO EST SANS DOUTE UN PEU FORT"

Selon M. Strauss-Kahn, les plans de relance menés dans différents pays se sont révélés très efficaces au plus fort de la crise. "Selon nos calculs, une dépense publique de 100 milliards aura entraîné une croissance de 100 milliards [...] C'est un bon rendement. Rendez-vous compte : certains pays auront été confrontés à des reculs de 10 à 15 % du PIB cette année. On a évité un effondrement généralisé", explique-t-il.

S'agissant des taux de change, le FMI considère également "que l'euro est sans doute un peu fort". Il est certes "très difficile de déterminer de façon incontestable la valeur d'équilibre des devises", mais "les Européens doivent cependant mieux affirmer leur stratégie économique s'ils ne veulent pas laisser le couple sino-américain dominer le débat mondial des vingt prochaines années".

Interrogé sur la situation des banques, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) estime qu'il reste "d'importantes pertes non dévoilées". "50 % sont peut-être encore cachées dans les bilans. La proportion est plus forte en Europe qu'aux Etats-Unis". "L'histoire des crises bancaires, notamment au Japon, démontre qu'il n'y aura pas de croissance vive et saine sans un nettoyage complet du bilan des banques."

L'euro est sans doute un peu fort, selon Dominique Strauss-Kahn

Le président du FMI, Dominique Strauss-Kahn, déclare dans une interview au Figaro, à paraître mercredi, que l'euro est sans doute un peu fort, mais qu'il est très difficile de déterminer de façon incontestable la valeur d'équilibre des devises.

L'euro est sans doute un peu fort, mais il est très difficile de déterminer de façon incontestable la valeur d'équilibre des devises, déclare Dominique Strauss-Kahn au Figaro, à paraître mercredi.

Interrogé sur la situation des banques, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) estime qu'il reste "d'importantes pertes non dévoilées".

"50% sont peut-être encore cachées dans les bilans. La proportion est plus forte en Europe qu'aux États-Unis", dit-il, ajoutant : "l'histoire des crises bancaires, notamment au Japon, démontre qu'il n'y aura pas de croissance vive et saine sans un nettoyage complet du bilan des banques."

Concernant l'euro, Dominique Strauss-Kahn note que ce sont les Européens "qui se plaignent le plus de la valeur de leur monnaie.

"Le FMI considère également que l'euro est sans doute un peu fort, mais il est très difficile de déterminer de façon incontestable la valeur d'équilibre des devises", explique-t-il.

Sur l'avancement de la reprise économique mondiale, Dominique Strauss-Kahn souligne que "la reprise est fragile" même si la crise financière "est à peu près maîtrisée".

"Nous ne croyons pas à une rechute, ce que l'on appelle un scénario de W, mais nous ne pouvons pas complètement l'exclure. Il faut donc maintenir les soutiens publics car la demande privée reste faible et le chômage va continuer à augmenter encore assez longtemps", dit-il.

"On peut aujourd'hui considérer que la crise financière est à peu près maîtrisée. Le risque est que dans certains pays on n'estime plus nécessaire de réaliser les programmes de relance prévus pour 2010, ce qui augmenterait la probabilité d'une rechute", ajoute le directeur général du FMI.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Le fil des perspectives économiques

Je ne pense pas que le FMI soit le mieux placé pour parler de reprise économique.

Quand on post on raconte pas sa vie.

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Re: Le fil des perspectives économiques

Le CAC 40 progresse de 22,3% en 2009, et le chômage de 22,1%
NOUVELOBS.COM | 31.12.2009 | 16:53
Le CAC 40 termine l'année sur une belle progression (+22,32%). Le nombre de chômeurs connaît une progression comparable: +22,1% sur 12 mois.

La Bourse de Paris a pris 22% en 2009 (Reuters)

La Bourse de Paris a pris 22% en 2009 (Reuters)
Après une année 2008 noire, la Bourse de Paris termine 2009 sur une belle performance (+22,32%). Mais ces douze mois ont mis les nerfs des investisseurs à rude épreuve, passant d'une crainte d'un effondrement général à un optimisme surdimensionné.
Trois périodes caractérisent cette année hors du commun:
- ambiance fin du monde de janvier à mi-mars,
- soulagement avec un redressement spectaculaire jusqu'à octobre
- depuis, retour à la réalité avec des doutes sur la qualité de la reprise économique.

Une perte de 43% en 2008

A la clôture jeudi, dernier jour de cotation de 2009, le CAC 40 offre un beau cadeau de fin d'année aux boursiers en terminant sur ses plus hauts annuels : l'indice phare parisien, affichait un gain de 718 points depuis le 1er janvier, soit +22,32% après avoir perdu 43% en 2008.
Quant au taux de chômage, il a fortement progressé sur un an en France. Entre novembre 2008 et novembre 2009, il a grimpé de 22,1% en catégorie A et 19,7% en A,B,C. La catégorie A retient les demandeurs d'emploi n'ayant pas du tout travaillé dans le mois et prêts à accepter tout type de contrat. Les catégories A, B, C incluent les personnes ayant exercé une activité réduite.
Dans la première catégorie, on recensait à la fin du mois de novembre 2.630.400 d'inscrits en métropole (+0,1% en un mois) et dans la deuxième (catégories A, B, C) 3.815.000 (+0,7%), selon la même source.

"Des anticipations de fin du monde"

Cela n'a pas empêché la Bourse de reprendre 56% par rapport à son plus bas du 9 mars. C'est ce violent mouvement qui a fait toute la spécificité de l'année boursière, note-t-on dans les salles de marché.
"Jusqu'au 9 mars les marchés prévoyaient un effondrement du système financier, à l'image de 1929, et s'attendaient à une faillite en chaîne des grands groupes et notamment des banques", rappelle Bernard Aybran, directeur de la multigestion chez Invesco Asset Management.
"Il y avait réellement fin 2008 et en début d'année des anticipations de fin du monde", renchérit Frédéric Buzaré, responsable de la gestion actions chez Dexia Asset Management.
Les marchés raisonnaient comme si de nombreux acteurs majeurs (banques constructeurs automobiles...) allaient disparaître.

La confiance est revenue progressivement

Le 9 mars "c'est un mémo interne du patron de Citigroup, Vikram Pandit, faisant état d'un retour aux bénéfices en janvier et février, qui a aussitôt enflammé les marchés", explique Bernard Aybran. L'information était d'autant plus surprenante que Citigroup - un des poids lourds de la finance mondiale ayant essuyé 18 milliards de dollars de pertes - était considéré au bord de la faillite.
"A partir de là, on a découvert que le secteur bancaire allait survivre et même refaire des bénéfices, cela a donné du carburant à l'ensemble des autres secteurs", a poursuivi Bernard Aybran.
La confiance est revenue progressivement, confortée dès mars par des indicateurs économiques plus encourageants et les premiers résultats des plans de relance mis en place par les gouvernements pour amortir le choc de la crise. En avril et juillet, les résultats trimestriels des entreprises ont contribué à nourrir l'optimisme.

"Une spirale haussière"

Le soulagement a presque frisé l'euphorie à la fin de l'été malgré des perspectives macroéconomiques qui s'assombrissaient notamment sur le front du chômage. Tout à sa volonté de rattraper la baisse, le marché en a fait fi.
Le marché parisien a atteint un premier plus haut de l'année le 19 octobre. Puis, après ce record, la réalité a repris le dessus. Les interrogations sur la consommation de ménages touchés par le chômage et l'explosion des déficits publics dans de nombreux pays ont commencé à inquiéter les marchés. La déconfiture de Dubaï et la dégradation de la dette grecque ont fait piétiner la tendance haussière.
Mais le marché n'a pas décroché et a bien résisté faisant du "yo-yo autour des 3.800-3.900 points", souligne Marc Touati, directeur des études économiques et financières chez Global Equities.
Mi-décembre à la faveur de bonnes statistiques américaines, de faibles volumes de transactions et des traditionnelles "opérations de toilettage" de fin d'année, le marché s'est résolument engouffré dans une spirale haussière pour finir à ses plus hauts.
On en arrive aujourd'hui à une situation paradoxale en apparence mais qui ne l'est pas pour les marchés financiers : une Bourse à ses plus hauts de l'année alors que les taux de chômage sont à des niveaux record depuis 30 ans.
Une situation normale, estime Frédéric Buzaré, car "c'est toujours au moment le plus noir pour l'homme de la rue que les marchés commencent à monter, jouant ainsi à plein leur rôle d'anticipateurs".

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Re: Le fil des perspectives économiques

Joli pseudo :-)

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Re: Le fil des perspectives économiques

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Last edited by RPC (01-03-2011 06:19:00)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Le fil des perspectives économiques

Et si un truc a réussi il me semble que c'est bien la politique monétaire.

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."

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Re: Le fil des perspectives économiques

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Last edited by RPC (01-03-2011 06:19:58)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Le fil des perspectives économiques

C'est assez tordu de dire que l'euro est un échec en se fondant sur l'argument que les US en ont tiré profit. C'est un "dommage collatéral". Le coût d'opportunité de l'euro me semble tout de même largement à l'avantage de ce dernier et je comprends pas que les Américains continuent à regarder ça par le petit bout de la lorgnette.

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."

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Re: Le fil des perspectives économiques

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Last edited by RPC (01-03-2011 06:22:02)

Mettre la Chine au pas, ne serait-ce pas mettre le feu à l'Annam ?

Re: Le fil des perspectives économiques

Celui du passage des monnaies nationales à la monnaie unique.
Et puis on peut pas séparer la stabilité de l'euro de la politique monétaire menée. La régulation de l'inflation induit une monnaie stable, certes en minant balance commerciale et croissance.
C'est sûr que les Américains mènent une toute autre politique, chacun voit midi à sa porte.

Et c'est sans parler de l'action de la BCE depuis 2007, en effet.
J'ajouterais que les mécanismes de redistribution en Europe ont largement réduit la nécessité d'injecter des liquidités dans l'économie réelle, au contraire des US, comme l'avait très justement souligné Barroso à l'époque.

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."