Topic: L'Académie française

Un siège en moins de vacant : Max Gallo à l'Académie.

PS: manque une majuscule dans le titre du thread dédié à l'Académie. Ca fait désordre.

Last edited by Bouh (31-05-2007 17:02:28)

"Moult a appris qui bien connut ahan"

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Re: L'Académie française

L'Académie a écrit:

Max GALLO
Élu en 2007 au fauteuil 24

Prédécesseur : Jean-François REVEL

Écrivain, homme politique

Biographie

Né le 7 janvier 1932 à Nice (Alpes-Maritimes).
Études au lycée du Parc Impérial à Nice, Faculté des lettres et Institut d'études politiques de Paris.
Agrégé d'histoire, Docteur en histoire contemporaine, Docteur ès lettres.
Professeur au lycée de Nice (1960-65) puis Maître assistant à la faculté des lettres de Nice (1965-70), Maître de conférences à l'institut d'études politiques de Paris (1970-75), Directeur des collections Ce Jour-là, l'Histoire que nous vivons, la Vie selon.... Le Temps des révélations aux éditions Robert Laffont, Collaborateur de divers journaux, Éditorialiste à l'Express (1971-81), Auteur de l'émission télévisée Destins du siècle (1973), Député socialiste des Alpes-maritimes (1re circonscription. : Nice 1er, 2e, 3e) (1981-83), Secrétaire d'État, Porte-parole du gouvernement (1983-84), Rédacteur en chef du Matin de Paris (1985-86), Parlementaire européen (1984-94), Secrétaire national du Parti socialiste (culture) (1988-90), Président du Mouvement des citoyens (MDC) (1992-93).
Élu à l’Académie française, le 31 mai 2007, au fauteuil de Jean-François Revel (24e fauteuil).

Belle réactivité de l'Académie.

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Re: L'Académie française

Et en concurrence avec Claude Imbert.

L'Académie est très progressiste, en ce moment.

Re: L'Académie française

C'est là qu'à des croutes, c'est l'Académie (d'à peu près Pierre Desproges).

Re: L'Académie française

Tout dans la continuité avec Gallo sur la chaise perçée de Revel...
La dérive des incontinents...

"À bas le second degré !" "Monsieur, vous êtes d'une remarquable insignifiance."
Don't hit me with them negative waves so early in the morning.

Re: L'Académie française

Demian a écrit:

Pff... Claude Imbert & Max Gallo... Où va le monde...

NO MORE SUPER HEROES

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Têtu[e]

Re: L'Académie française

Bibliographie Max Gallo : (et ses negres ?)

Roman

Le Cortège des vainqueurs, Robert Laffont, 1972.
Un pas vers la mer, Robert Laffont, 1973.
L'Oiseau des origines, Robert Laffont, 1974.
Que sont les siècles pour la mer, Robert Laffont, 1977.
Une affaire intime, Robert Laffont, 1979.
France, Grasset, 1980 (et Le Livre de Poche).
Un crime très ordinaire, Grasset, 1982 (et Le Livre de Poche).
La Demeure des puissants, Grasset, 1983 (et Le Livre de Poche).
Le Beau Rivage, Grasset, 1985 (et Le Livre de Poche).
Belle Époque, Grasset, 1986 (et Le Livre de Poche).
La Route Napoléon, Robert Laffont, 1987 (et Le Livre de Poche).
Une affaire publique, Robert Laffont, 1989 (et Le Livre de Poche).
Le Regard des femmes, Robert Laffont, 1991 (et Le Livre de Poche).


Suites romanesques

La Baie des Anges :
   I. La Baie des Anges, Robert Laffont, 1975 (et Pocket).
   II. Le Palais des Fêtes, Robert Laffont, 1976 (et Pocket).
   III. La Promenade des Anglais, Robert Laffont, 1976 (et Pocket).
(parue en un volume dans la coll. " Bouquins ", Robert Laffont, 1998.)
Les Hommes naissent tous le même jour :
   I. Aurore, Robert Laffont, 1978.
   II. Crépuscule, Robert Laffont, 1979.
La Machinerie humaine :
   I. La Fontaine des Innocents, Fayard, 1992 (et Le Livre de Poche).   
   II. L'Amour au temps des solitudes, Fayard, 1992 (et Le Livre de Poche).   
   III. Les Rois sans visage, Fayard, 1994 (et Le Livre de Poche).   
   IV. Le Condottiere, Fayard, 1994 (et Le Livre de Poche).   
   V. Le Fils de Klara H., Fayard, 1995 (et Le Livre de Poche).   
   VI. L'Ambitieuse, Fayard, 1995 (et Le Livre de Poche).   
   VII. La Part de Dieu, Fayard, 1996 (et Le Livre de Poche).   
   VIII. Le Faiseur d'or, Fayard, 1996 (et Le Livre de Poche).   
   IX. La Femme derrière le miroir, Fayard, 1997 (et Le Livre de Poche).   
   X. Le Jardin des Oliviers, Fayard, 1999 (et Le Livre de Poche).   
   XI. Un homme de pouvoir, Fayard, 2002.   
Bleu Blanc Rouge :
   I. Mariella, Éditions XO, 2000.
   II. Mathilde, Éditions XO, 2000.
   III. Sarah, éditions XO, 2000 (et Pocket).
Les Patriotes :
   I. L'Ombre et la Nuit, Fayard, 2000 (et Le Livre de Poche).   
   II. La flamme ne s'éteindra pas, Fayard, 2001 (et Le Livre de Poche).   
   III. Le Prix du sang, Fayard, 2001 (et Le Livre de Poche).   
   IV. Dans l'honneur et par la victoire, Fayard, 2001 (et Le Livre de Poche).   
Les Chrétiens :
   I. Le manteau du soldat, Fayard, 2002.   
   II. Le baptême du roi, Fayard, 2002.   
   III. La Croisade du Moine, Fayard 2002.   
Morts pour la France :
   I. Le Chaudron des sorcières, Fayard, 2003.   
   II. Le Feu de l'enfer, Fayard, 2003.   
   III. La Marche noire, 2003.   
L'Empire :
   I. L'Envoûtement, Fayard, 2004.   
   II. La possession, Fayard, 2004.   
   III. Le désamour, Fayard, 2004.     
La croix de l'Occident :
   I. Par ce signe tu vaincras, Fayard, 2005.   
   II. Paris vaut bien une messe, Fayard, 2005.   
Les Romains :
   I. SPARTACUS, La révolte des esclaves, Fayard, 2006.   
   II. NERON, Le règne de l'Antéchrist, Fayard, 2006.   
   III. TITUS, ou le martyre des juifs, Fayard, 2006.   
   IV. MARC-AURELE, le martyre des Chrétiens, Fayard, 2006.   
   V. CONSTATIN LE GRAND, L'Empire du Christ., Fayard, 2006.   


    Politique-fiction

La Grande Peur de 1989, Robert Laffont, 1966.
Guerre des gangs à Golf-City, Robert Laffont, 1991.


    Histoire, essais

L'Italie de Mussolini, Librairie Académique Perrin, 1964, 1982 (et Marabout).
L'Affaire d'Éthiopie, Le Centurion, 1967.
Gauchisme, Réformisme et Révolution, Robert Laffont, 1968.
Histoire de l'Espagne franquiste, Robert Laffont, 1969.
Cinquième colonne, 1939-1940, Plon, 1970, 1980, éd. Complexe, 1984.
Tombeau pour la Commune, Robert Laffont, 1971.
La Nuit des Longs Couteaux, Robert Laffont, 1971, nouvelle édition 2001 (et Le Livre de Poche).
La Mafia, mythe et réalités, Seghers, 1972.
L'Affiche, miroir de l'Histoire, Robert Laffont, 1973, 1989.
Le Pouvoir à vif, Robert Laffont, 1978.
Le XXe siècle, Librairie Académique Perrin, 1979.
La Troisième Alliance, Fayard, 1984.
Les idées décident de tout, Galilée, 1984.
Lettre ouverte à Robespierre sur les nouveaux Muscadins, Albin Michel, 1986.
Que passe la Justice du Roi, Robert Laffont, 1987.
Les Clés de l'histoire contemporaine, Robert Laffont, 1989, nouvelle édition Fayard, 2001.
Manifeste pour une fin de siècle obscure, Odile Jacob, 1989.
La gauche est morte, vive la gauche, Odile Jacob, 1990.
L'Europe contre l'Europe, éditions du Rocher, 1992.
Jè. Histoire modeste et héroïque d'un homme qui croyait aux lendemains qui chantent, Stock, 1994.
L'Amour de la France expliqué à mon fils, Le Seuil, 1999.


      Biographies

Maximilien Robespierre, histoire d'une solitude, Librairie Académique Perrin, 1968, 2001 (et Pocket).
Garibaldi, la force d'un destin, Fayard, 1982.   
Le Grand Jaurès, Robert Laffont, 1984, 1994, 2001 (et Pocket).   
Jules Vallès, Robert Laffont, 1988.
Une femme rebelle. Vie et mort de Rosa Luxembourg, Fayard, 2000.   
Napoléon :
  I. Le Chant du départ, Robert Laffont, 1997 (et Pocket).   
  II. Le Soleil d'Austerlitz, Robert Laffont, 1997 (et Pocket).   
  III. L'Empereur des Rois, Robert Laffont, 1997 (et Pocket).   
  IV. L'Immortel de Sainte-Hélène, Robert Laffont, 1997 (et Pocket).   
De Gaulle :
  I. L'Appel du destin, Robert Laffont, 1998 (et Pocket).   
  II. La Solitude du combattant, Robert Laffont, 1998 (et Pocket).   
  III. Le Premier des Français, Robert Laffont, 1998 (et Pocket).   
  IV. La Statue du Commandeur, Robert Laffont, 1998 (et Pocket).   
Victor Hugo :
  I. " Je suis une force qui va ! … ", Editions XO, 2001.
  II. " …Je serai celui-là ! ", Editions XO, 2001.
César :
  César Imperator, Editions XO, 2003.


    Conte

La Bague magique, Casterman, 1981.


    En collaboration

Au nom de tous les miens de Martin Gray, Robert Laffont, 1971 (et Pocket).

Re: L'Académie française

Long mais tres interessant :

Académie française
Gallo ou Imbert? Histoire secrète d'une élection

Jérôme Dupuis

Chez des "immortels" frappés par une véritable hécatombe - six décès en quelques mois - qui va succéder à Jean-François Revel? L'éditorialiste Claude Imbert et l'historien Max Gallo lorgnent le fauteuil n° 24. Premier vote ce jeudi après-midi


Le premier nous déclare: «Je reste coi et la bouche close. Au revoir!» Et le second: «Je ne peux strictement rien vous dire. Bonne chance!» Voici donc, recueillies en exclusivité par L'Express, les interviews des deux candidats à l'élection au fauteuil n° 24 de l'Académie française, fixée au 31 mai. Le tout, bien entendu, avec l'extrême courtoisie qui sied à tout prétendant à l'immortalité.

L'heure est grave, pourtant, dans la maison fondée par Richelieu en 1635. Jamais, depuis la dernière guerre, on n'avait assisté à pareille hécatombe. Six morts en quelques mois: Jean-François Revel, Bertrand Poirot-Delpech, Jean-François Deniau, Henri Troyat, Pierre Moinot et René Rémond. «Il faut saisir cette occasion pour donner un nouvel élan à notre institution en la rajeunissant», exhorte son secrétaire perpétuel, Hélène Carrère d'Encausse. La première échéance est donc fixée au 31 mai, avec l'élection au fauteuil de Jean-François Revel. Depuis quelques semaines, la fièvre verte s'est donc emparée du Quai Conti, avec ses visites officielles et ses clans, ses conciliabules ultrasecrets et ses coups de théâtre. Récit d'une campagne très feutrée.

Jeudi 8 mars, petite salle de l'Académie, sous le portrait de Richelieu, 15 heures
Lors de la traditionnelle séance du Dictionnaire - la dernière édition date de 1935 et nos actuels académiciens planchent sur la lettre «r» de la nouvelle - Hélène Carrère d'Encausse déclare officiellement vacant le fauteuil n° 24. Un fauteuil prestigieux, jadis occupé par Colbert, La Fontaine, Marivaux... Dans les heures qui suivent, deux candidats se déclarent: le romancier Amin Maalouf et l'éditorialiste du Point, Claude Imbert. «Ils m'ont chacun fait une visite pour m'informer de leur décision», confie Hélène Carrère d'Encausse.

Mais une candidature n'est jamais totalement spontanée. «Il est déconseillé de se présenter si l'on n'a pas été pressenti par un ou plusieurs académiciens», décrypte Marc Fumaroli, élu en 1995. Même si ces «appels du pied» sont censés demeurer secrets. C'est justement Fumaroli qui a décroché son téléphone pour suggérer à Claude Imbert «d'y aller». «Il a le profil», justifie-t-il. Le fondateur du Point, âgé de 77 ans, peut se targuer de quelques ouvrages sérieux - dont l'un, Par bonheur (Grasset), avait reçu le prix de l'Essai de l'Académie française en 1995, signe toujours encourageant - mais aussi, de Tristesse d'Olympus, un polar de jeunesse moins académique, paru sous le pseudonyme de Julius Quins. Il était très proche de Jean-François Revel.

Amin Maalouf, lui, a été encouragé par Jacqueline de Romilly, académicienne depuis 1988. A 58 ans, le romancier d'origine libanaise, Prix Goncourt 1993 pour Le Rocher de Tanios, rêve depuis long- temps d'endosser l'habit vert. Mais une première candidature, en 2004, lui avait laissé un goût amer: face à de parfaits inconnus, il n'avait obtenu que 10 voix mais, surtout, avait recueilli 16 bulletins marqués d'une croix, façon pour les académiciens de manifester un refus catégorique. Du coup, le romancier avait annulé la petite réception qu'il devait donner au Lutetia le soir même et à laquelle, c'est l'usage, les perdants doivent aussi sacrifier. «Ce geste avait été très mal perçu, se souvient un académicien. Après tout, Hugo a bien perdu quatre fois avant d'être élu...»

Jeudi 15 mars, petite salle, 15 heures
Hélène Carrère d'Encausse donne lecture des deux lettres de candidature. Les «visites» peuvent commencer. Ah, ces fameuses visites! «L'exercice relève à la fois de l'entretien d'embauche, du dîner galant et du thé chez la vieille tante dont on voudrait qu'elle vous couche sur son testament», ironise Jean-Marie Rouart. Sont-elles seulement autorisées? Certains immortels ne reçoivent pas, s'abritant derrière les statuts de 1816. C'est le cas de Claude Lévi-Strauss - le doyen de la compagnie devrait entrer dans sa centième année à l'automne, mais il a encore récemment stupéfié ses confrères en étant le seul capable de réciter intégralement le sonnet Correspondances de Baudelaire - ou de l'historien Pierre Nora. D'autres, comme Pierre Messmer, reçoivent systématiquement, invoquant un autre règlement, datant, lui, de 1752.

Et puis, il y a tous ceux qui décident au cas par cas... «Je reçois peu, mais j'ai fait une exception pour Amin Maalouf, que je connaissais mal», explique un académicien. «Longtemps j'ai refusé les visites, confie Pierre-Jean Rémy. Mais cette fois-ci, j'ai accepté les deux. Je connais Claude Imbert depuis plus de trente ans.» Angelo Rinaldi, élu en 2001, a, lui, coutume de recevoir au Café Marly, avec vue sur la cour du Louvre.

Alors, flatter ou ne pas flatter? «Je me souviens que Pierre Moinot m'avait prêté ses propres antisèches sur chaque académicien: ce qu'il fallait dire, les gaffes à ne pas commettre...», se souvient, amusé, Jean-Marie Rouart. «Nous sommes toujours touchés, sans être totalement dupes, lorsque le candidat évoque avec chaleur nos modestes ouvrages», sourit Alain Decaux...

Mais, pour le fauteuil du 31 mai, c'est un autre argument qui devrait faire mouche: «Nous sommes particulièrement sensibles à la volonté des candidats de participer aux travaux de l'Académie française et d'intégrer la commission du Dictionnaire, qui s'est littéralement dépeuplée ces derniers temps», prévient Frédéric Vitoux. Cette commission du jeudi matin, où s'effectue le gros du travail, a fondu en raison de décès ou de maladies, passant brutalement de douze à cinq membres. Alors, nos deux candidats n'oublient jamais, lors de leurs visites, de souligner combien il seraient honorés, émus, comblés, de rejoindre cette commission ô combien prestigieuse... Le narquois Fontenelle le remarquait déjà: «Quand nous sommes quarante, on se moque de nous; devenons-nous trente-neuf, on est à nos genoux!» Alors, devenus trente-deux...

Jeudi 19 avril, coup de théâtre lors de la séance du Dictionnaire
Le secrétaire perpétuel fait lecture d'une lettre d'Amin Maalouf: le romancier se retire de la course! Officiellement, il invoque un ouvrage à achever et des activités au Liban. En réalité, l'auteur de Léon l'Africain a commis une grosse bévue. Le 16 mars, il a signé un Manifeste pour une «littérature-monde» en français, publié par Le Monde. Certains académiciens se sont étranglés à sa lecture: on y proclamait «l'acte de décès de la francophonie»! Une bonne âme s'est chargée de signaler la boulette à Jacqueline de Romilly, principal soutien de Maalouf, qui séjournait dans le Midi. Lorsque, munie de sa loupe, l'académicienne de 94 ans découvre le nom de son protégé au bas du manifeste, elle l'appelle au téléphone. Le romancier d'origine libanaise a-t-il mal réagi? La récente élection d'Assia Djebbar, écrivain d'origine algérienne, conseillait-elle de laisser passer encore un peu de temps? Il jette l'éponge.

Imbert se retrouve donc seul en lice. «Etre candidat unique est une catastrophe!» a toujours professé Jean d'Ormesson. On n'a le choix qu'entre le plébiscite - mauvais - et la défiance - une volée de petites croix assassines... Il faut donc trouver un autre candidat. Et vite! Le jeudi, à la «pause-thé» de 10 h 30, puis au traditionnel déjeuner, on passe des noms en revue. On songe d'abord à l'historien de l'art Jean Clair, puis, l'Académie rêvant depuis longtemps de faire entrer un homme de cinéma, à Jean-Claude Carrière, qui a travaillé avec Buñuel. Contacté, ce dernier décline.

Certains lancent alors le nom de Max Gallo. Alain Decaux, qui avait déjà, au côté de Jean Dutourd, encouragé sa candidature en 2000, joue les intermédiaires. Gallo, un boulimique de travail âgé de 75 ans - et à peu près autant de livres au compteur! - fut, lui aussi, proche de Jean-François Revel. Bien sûr, tous gardent en mémoire le souvenir cuisant de son échec en 2000 au fauteuil de Jean Guitton, scrutin où il n'avait pu recueillir plus de 6 voix et qui s'était soldé par une «élection blanche» (aucun candidat élu). Il en faut davantage pour effrayer l'historien et ancien ministre de François Mitterrand, récemment reconverti en «sarkozyste de gauche». Le «grand Max» dit oui.

Jeudi 26 avril, une nouvelle campagne commence
Sa candidature est officialisée. «Une nouvelle fois, il n'y a pas de pur écrivain en lice», se désole un académicien du «clan des romanciers». Depuis quelques années, le Quai Conti peine à attirer les grands noms de la fiction: Gracq a depuis longtemps renoncé; pressentis, Kundera et Modiano ont invoqué leur agoraphobie; Yves Bonnefoy n'a pas donné suite à l'approche du secrétaire perpétuel; Quignard a refusé et Le Clézio a plutôt dit non... Mais, après tout, comme Voltaire le remarquait déjà: «L'Académie est un corps où l'on reçoit des gens titrés, des hommes en place, des prélats, des gens de robe, des médecins, des géomètres, et même parfois des gens de lettres.»

Imbert contre Gallo, donc. Le match est équilibré. «L'un n'a pas écrit assez de livre; l'autre en a écrit trop», résume, perfide, un académicien. En fait, c'est à une opposition de styles que l'on a affaire: le profil plutôt orléaniste d'Imbert, qui séduit des académiciens comme Valéry Giscard d'Estaing, face au panache bonapartiste de Gallo, auquel pourrait succomber un Pierre Nora. Encore que ce dernier ait connu Claude Imbert sur les bancs du lycée Carnot il y a... soixante ans! Rien n'est jamais simple sous la Coupole.

La campagne est feutrée. Imbert, qui connaît le Tout-Paris, peut compter sur des décennies de célèbres dîners, parfois suivis de récitations de poésie, voire de petits concerts, où le maître de maison excelle au violon. Gallo, lui, enchaîne les visites au pas de charge, courant du domicile de Frédéric Vitoux, sur l'île Saint-Louis, au café le Rostand, face au Luxembourg, où l'attend Pierre-Jean Rémy. Les deux candidats ménagent tout particulièrement les «grands électeurs», ces immortels influents capables de faire basculer plusieurs voix: Pierre Nora, ponte des sciences humaines chez Gallimard, Alain Decaux, conscience dont le dévouement chrétien au chevet de Jean-François Deniau a forcé l'admiration de tous, Jean d'Ormesson, que l'on soupçonne toujours de régner sur ce que l'on appelait jadis la «mafia du Figaro»...

Mi-mai, comptages et pointages
A quelques jours du vote, chez les deux candidats, on fait et l'on refait ses calculs à coups de petits bâtonnets. Le scrutin devrait être serré: il n'y aura sans doute que 28 ou 29 votants, compte tenu des nombreux sièges vacants, des ennuis de santé de certains (le cardinal Lustiger, Maurice Druon), de l'absence de René Girard et de la coquetterie de Robbe-Grillet, qui, refusant toujours d'endosser l'habit vert, est privé de vote. Aucune procuration ne sera tolérée. Il faudra donc réunir 15 voix pour obtenir la majorité absolue.

Le spectre d'une élection blanche pointe Quai Conti. «Ce serait une catastrophe dans le contexte actuel», confie Hélène Carrère d'Encausse. Certains ont envisagé de demander à Gallo de se retirer. Sans être suivis. Du coup, ces derniers jours, le secrétaire perpétuel a confidentiellement fait passer le message à quelques confrères: en cas de quasi-égalité aux deux premiers tours, basculez vers le candidat le mieux placé! De toute façon, le perdant ne saura jamais quels académiciens n'ont pas inscrit son nom sur leur bulletin: à l'issue du scrutin, le 31 mai, vers 16 heures, comme l'exige la tradition, les bulletins seront extraits de l'urne en cuivre et immédiatement brûlés. On ne plaisante pas avec un goût du secret vieux de trois cent soixante-douze ans...

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CLAUDE IMBERT, 77 ans

Fondateur du Point

Première candidature

POINTS FORTS: Ses éditoriaux ciselés du Point; son profil d'honnête homme

POINT FAIBLE: Son œuvre, un peu mince

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MAX GALLO, 75 ans

Historien et romancier

Deuxième candidature (non élu en 2000)

POINTS FORTS: Ses premiers ouvrages historiques; sa présence dans le débat d'idées

POINT FAIBLE: Son œuvre, un peu trop prolifique

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A qui le tour?

Outre celui de Jean-François Revel, cinq autres fauteuils vont être pourvus dans les mois à venir. Pour les occuper, plusieurs noms circulent, avancés par les intéressés eux-mêmes ou par certains académiciens.
On peut citer Simone Veil, Danielle Sallenave, Mona Ozouf, l'un des Badinter (Elisabeth ou Robert), Edouard Balladur, Jacques Julliard, Luc Ferry, Guy Dupré, Pierre Bergé, Jean-Noël Jeanneney, Patrick Besson, Jean Echenoz...

http://www.lexpress.fr/info/quotidien/actu.asp?id=11696

Re: L'Académie française

Les Immortels :
(avec Chirac et Sarkozy, et vu les successeurs potentiels, sauf peut-etre Bayrou a la rigueur, a qui ca conviendrait tout a fait je trouve, aucun risque de voir un ancien President a l'Academie avant longtemps)

Wiki a écrit:

Les membres actuels

Fauteuil Membre Date d'élection Reçu(e) par

1 Fauteuil vacant
2 Hector Bianciotti 18.01.1996 Jacqueline Worms de Romilly
3 Jean-Denis Bredin 15.06.1989 Pierre Moinot
4 Jean-Marie Lustiger 15.06.1995 Hélène Carrère d'Encausse
5 Assia Djebar 16.06.2005 Pierre-Jean Rémy
6 Marc Fumaroli 02.03.1995 Jean-Denis Bredin
7 Jacqueline Worms de Romilly 24.11.1988 Alain Peyrefitte
8 Michel Déon 08.06.1978 Félicien Marceau
9 Alain Decaux 15.02.1979 André Roussin
10 Florence Delay 14.12.2000 Hector Bianciotti
11 Gabriel de Broglie 22.03.2001 Maurice Druon
12 Jean d'Ormesson 18.10.1973 Thierry Maulnier
13 Pierre Messmer 25.03.1999 François Jacob
14 Hélène Carrère d'Encausse  13.12.1990 Michel Déon
15 Frédéric Vitoux 13.12.2001 Michel Déon
16 Valéry Giscard d'Estaing 11.12.2003 Jean-Marie Rouart
17 Érik Orsenna 28.05.1998 Bertrand Poirot-Delpech
18 Michel Serres 29.03.1990 Bertrand Poirot-Delpech
19 Fauteuil vacant
20 Angelo Rinaldi 21.06.2001 Jean-François Deniau
21 Félicien Marceau 27.11.1975 André Roussin
22 René de Obaldia 24.06.1999 Bertrand Poirot-Delpech
23 Pierre Rosenberg 07.12.1995 José Cabanis
24 Max Gallo 31.05.2007   
25 Dominique Fernandez 08.03.2007   
26 Jean-Marie Rouart 18.12.1997 Hélène Carrère d'Encausse
27 Pierre Nora 07.06.2001 René Rémond
28 Fauteuil vacant 
29 Claude Lévi-Strauss 24.05.1973 Roger Caillois
30 Maurice Druon [7] 08.12.1966 Louis Pasteur Vallery-Radot
31 Jean Dutourd 30.11.1978 Maurice Schumann
32 Alain Robbe-Grillet 25.03.2004 Pas de réception officielle
33 Michel Mohrt 18.04.1985 Jean d'Ormesson
34 François Cheng 13.06.2002 Pierre-Jean Rémy
35 Yves Pouliquen 29.11.2001 Michel Mohrt
36 Fauteuil vacant
37 René Girard 17.03.2005 Michel Serres
38 François Jacob 19.12.1996 Maurice Schumann
39 Fauteuil vacant[10] 10.04.1986 
40 Pierre-Jean Rémy 16.06.1988 Jacques de Bourbon Busset

? Le fauteuil 1 est vacant depuis le décès de René Rémond, le 14 avril 2007
? Hélène Carrère d'Encausse a été élue secrétaire perpétuelle de l'Académie le 21 octobre 1999
? Le fauteuil 19 est vacant depuis le décès de Pierre Moinot, le 6 mars 2007
? le fauteuil n°28 est vacant depuis le décès d'Henri Troyat, le 4 mars 2007
? Maurice Druon est secrétaire perpétuel honoraire de l'Académie depuis le 1er janvier 2000
? Le fauteuil 36 est vacant depuis le décès de Jean-François Deniau, le 24 janvier 2007
? Le fauteuil 39 est vacant depuis le décès de Bertrand Poirot-Delpech, le 14 novembre 2006

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Re: L'Académie française

Jérôme Dupuis by Oscar Wilde a écrit:

Sa candidature est officialisée. «Une nouvelle fois, il n'y a pas de pur écrivain en lice», se désole un académicien du «clan des romanciers». Depuis quelques années, le Quai Conti peine à attirer les grands noms de la fiction: Gracq a depuis longtemps renoncé; pressentis, Kundera et Modiano ont invoqué leur agoraphobie; Yves Bonnefoy n'a pas donné suite à l'approche du secrétaire perpétuel; Quignard a refusé et Le Clézio a plutôt dit non... Mais, après tout, comme Voltaire le remarquait déjà: «L'Académie est un corps où l'on reçoit des gens titrés, des hommes en place, des prélats, des gens de robe, des médecins, des géomètres, et même parfois des gens de lettres."

Oui, mais ça fait plus longtemps que quelques années. Je dirai que l'Académie est un corps où l'on reçoit les intellectuels qui ne dérangent pas, qui pensent mais ne sont pas subversifs, qui aiment le côté bourgeois et caleufetré de la Coupole. C'était Anatole France qui siégeait à l'Académie, et non pas Zola, Rimbaud, Flaubert. Ce n'étaient pas non plus les Surréalistes (imaginez Breton, Aragon et Eluard dans ces habits verts...), ni Sartre ni Camus. Claude Simon aussi, Prix Nobel 1985, mort il y a peu et immense écrivain n'a jamais hanté ce triste lieu du savoir. Ca a peut-être toujours été le cas en fait : l'art ne se fait pas sur les bancs poussiéreux de l'Académie.

On peut ajouter à cette liste tous les poètes de la modernité contemporaine (Jacques Roubaud, Eugène Guillevic etc.), et les quelques grands écrivains français (Modiano, G. Pérec), Gracq étant en effet le plus charismatique et sans doute celui qui laissera un nom impérissable dans l'histoire littéraire.

Aujourd'hui, le seul véritable écrivain qui y siège, c'est Robbe-Grillet, et encore ce n'est sans doute pas ne Nouveau Romancier qui marquera le plus la postérité. F. Cheng à la limite aussi. Ce sont les seuls que l'on peut croiser dans des études de lettres aujourd'hui (alors qu'on peut croiser de nombreux autre contemporains - ceux cités ci-dessus notamment).
Les autres méritants : Romilly, Fumaroli, Lévi-Strauss et Jacob. Girard à la limite. Le reste...

En histoire et en philosophie, on fait aussi mieux que ceux qui siègent ici. On ne peut pas dire que Gallo soit un grand historien, jamais il n'aurait obtenu une chaire au Collège de France (seule véritable sanctuaire du savoir en France).

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Re: L'Académie française

Ivanovic a écrit:

Oui, mais ça fait plus longtemps que quelques années. Je dirai que l'Académie est un corps où l'on reçoit les intellectuels qui ne dérangent pas, qui pensent mais ne sont pas subversifs, qui aiment le côté bourgeois et caleufetré de la Coupole. C'était Anatole France qui siégeait à l'Académie, et non pas Zola, Rimbaud, Flaubert. Ce n'étaient pas non plus les Surréalistes (imaginez Breton, Aragon et Eluard dans ces habits verts...), ni Sartre ni Camus. Claude Simon aussi, Prix Nobel 1985, mort il y a peu et immense écrivain n'a jamais hanté ce triste lieu du savoir. Ca a peut-être toujours été le cas en fait : l'art ne se fait pas sur les bancs poussiéreux de l'Académie.

On peut ajouter à cette liste tous les poètes de la modernité contemporaine (Jacques Roubaud, Eugène Guillevic etc.), et les quelques grands écrivains français (Modiano, G. Pérec), Gracq étant en effet le plus charismatique et sans doute celui qui laissera un nom impérissable dans l'histoire littéraire.

Aujourd'hui, le seul véritable écrivain qui y siège, c'est Robbe-Grillet, et encore ce n'est sans doute pas ne Nouveau Romancier qui marquera le plus la postérité. F. Cheng à la limite aussi. Ce sont les seuls que l'on peut croiser dans des études de lettres aujourd'hui (alors qu'on peut croiser de nombreux autre contemporains - ceux cités ci-dessus notamment).
Les autres méritants : Romilly, Fumaroli, Lévi-Strauss et Jacob. Girard à la limite. Le reste...

En histoire et en philosophie, on fait aussi mieux que ceux qui siègent ici. On ne peut pas dire que Gallo soit un grand historien, jamais il n'aurait obtenu une chaire au Collège de France (seule véritable sanctuaire du savoir en France).

Précisément ! Robbe-Grillet n'y siège pas, le vieux dégueulasse. On a même pas eu l'occasion de lui faire son discours "d'intronisation", je crois.

.                                collectif individuel manufacture internet d'objets gentils                             .
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Re: L'Académie française

Je précise qu'Antoine Blondin, académicien n'ayant jamais atteint l'Académie pour cause d'aggrégat de bistrots entre sa maison et le quai Conti, était un écrivain tout à fait bon, un grand styliste -car bègue.
Et Robbe-Grillet est subversif. Il vient encore de sortir un film de cul je crois. Maintenant, il y a ceux qui y dorment, et ceux qui sont sur la liste des membres sans y venir, c'est autre chose.

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Re: L'Académie française

OZ a écrit:

Et Robbe-Grillet est subversif. Il vient encore de sortir un film de cul je crois.

"La pornographie, c'est l'érotisme des autres" RB

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Re: L'Académie française

Et la culture, c'est comme...

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Re: L'Académie française

OZ a écrit:

Et la culture, c'est comme...

mais.... VA TE FAIRE VOIR CHEZ LES GRECS, VILAINE LOUTRE DESECHEE !

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Re: L'Académie française

OZ a écrit:

Précisément ! Robbe-Grillet n'y siège pas, le vieux dégueulasse. On a même pas eu l'occasion de lui faire son discours "d'intronisation", je crois.

Certes, certes. Tu as raison, si j'en crois les liens donnés par Oscar. Mais bon il y a été nommé malgré tout.

OZ a écrit:

Je précise qu'Antoine Blondin, académicien n'ayant jamais atteint l'Académie pour cause d'aggrégat de bistrots entre sa maison et le quai Conti, était un écrivain tout à fait bon, un grand styliste -car bègue.
Et Robbe-Grillet est subversif. Il vient encore de sortir un film de cul je crois. Maintenant, il y a ceux qui y dorment, et ceux qui sont sur la liste des membres sans y venir, c'est autre chose.

Ahahah... Pardon mais c'est un peu trop : Robbe-Grillet subversif... Quant à ton film érotique, je veux bien, je regarde sur allociné et tout ce qu'on y dit à ce sujet est que son dernier film est interdit aux moins de 12 ans. Ca ne doit pas être terriblement érotique... Et s'il suffisait de faire un film érotique pour être un intellectuel subversif, ça se saurait, non ?

Georges Bataille était subversif dans ce domaine. Elfriede Jelinek, écrivaine autrichienne, aussi. Alors que RB et l'érotisme, hmm...

Je ne crois pas qu'on se rende compte de ce qu'étaient les grands écrivains de ce siècle, pour beaucoup. Aragon était subversif, vraiment, lis par exemple son Traité du style. Il y dit d'ailleurs "Bien écrire, c'est comme marcher droit.". De Gaulle marchait droit, mais il n'est pas passé à la postérité littéraire comme Céline, alors le jugement "écrivain tout à fait bon" de ta part me fait doucement rire, car j'imagine bien ce qu'il y a derrière... A part si c'était ironique (non parce que le "un grand styliste - car bègue" me fait doucement rire - l'implication logique semble douteuse...).

Pense à Sartre aussi. Presque 30 ans après sa mort, certains le haient encore. Tous des J. Little ou des Houellbecq en somme (je ne jugerai pas leur production littéraire tout simplement pour ne pas la connaître réllement, mais tout ce que je sais est que même si c'étaient de grands écrivains (probable), ils n'entreraient jamais à l'Académie).

De toute façon ce n'est pas là le vrai problème puisque même Gracq, personne très très sobre qui s'est vite éloigné des excentricités surréalistes n'ajamais pris part à cette mascarade.

Oui, bien sûr, je ne suis pas objectif, je n'aime pas l'Académie, mais je crois avoir mes raisons... De toute façon il ne peut pas y avoir de grands écrivains aujourd'hul là-dedans vu qu'ils ont pour mission notamment de prendre soin de la langue, et cela signifie plus souvent la conserver que la changer, or un écrivain doit révolutionner le langage - tout le monde le dit.

Re: L'Académie française

OZ a écrit:

Je précise qu'Antoine Blondin, académicien n'ayant jamais atteint l'Académie pour cause d'aggrégat de bistrots entre sa maison et le quai Conti, était un écrivain tout à fait bon, un grand styliste -car bègue.

Si Blondin était le plus brillant des Hussards, je pense que Nimier aurait pu lui aussi apporter un peu de fraicheur dans cette institution figée

If it moves, tax it. If it keeps moving, regulate it. And if it stops moving, subsidize it.

« A quoi bon détruire les dictateurs si l’on continue, sous prétexte de discipline sociale et pour faciliter la tâche des gouvernements, à former des êtres faits pour vivre en troupeaux ? Ce ne sont pas les dictateurs qui font les dictatures, ce sont les troupeaux »

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Re: L'Académie française

Ivanovic a écrit:

Ahahah... Pardon mais c'est un peu trop : Robbe-Grillet subversif... Quant à ton film érotique, je veux bien, je regarde sur allociné et tout ce qu'on y dit à ce sujet est que son dernier film est interdit aux moins de 12 ans. Ca ne doit pas être terriblement érotique... Et s'il suffisait de faire un film érotique pour être un intellectuel subversif, ça se saurait, non ?

Georges Bataille était subversif dans ce domaine. Elfriede Jelinek, écrivaine autrichienne, aussi. Alors que RB et l'érotisme, hmm...

Je ne crois pas qu'on se rende compte de ce qu'étaient les grands écrivains de ce siècle, pour beaucoup. Aragon était subversif, vraiment, lis par exemple son Traité du style. Il y dit d'ailleurs "Bien écrire, c'est comme marcher droit.". De Gaulle marchait droit, mais il n'est pas passé à la postérité littéraire comme Céline, alors le jugement "écrivain tout à fait bon" de ta part me fait doucement rire, car j'imagine bien ce qu'il y a derrière... A part si c'était ironique (non parce que le "un grand styliste - car bègue" me fait doucement rire - l'implication logique semble douteuse...).

Pense à Sartre aussi. Presque 30 ans après sa mort, certains le haient encore. Tous des J. Little ou des Houellbecq en somme (je ne jugerai pas leur production littéraire tout simplement pour ne pas la connaître réllement, mais tout ce que je sais est que même si c'étaient de grands écrivains (probable), ils n'entreraient jamais à l'Académie).

De toute façon ce n'est pas là le vrai problème puisque même Gracq, personne très très sobre qui s'est vite éloigné des excentricités surréalistes n'ajamais pris part à cette mascarade.

Oui, bien sûr, je ne suis pas objectif, je n'aime pas l'Académie, mais je crois avoir mes raisons... De toute façon il ne peut pas y avoir de grands écrivains aujourd'hul là-dedans vu qu'ils ont pour mission notamment de prendre soin de la langue, et cela signifie plus souvent la conserver que la changer, or un écrivain doit révolutionner le langage - tout le monde le dit.

Très cher Ivanovic,
Tu m'épargneras je t'en prie les séances de divination quant à mon goût littéraire à partir d'une ou deux phrases que j'ai pu taper.

De mon côté, je pourrais crier "LOL" à ton association étrange "je ne crois pas qu'on (??) se rende compte de ce qu'étaient les grands écrivains de ce siècle [...] Aragon" (Aragon étant bien moins connu que Blondin, n'est-ce pas ?). Non pas que je conteste le génie de l'un -que j'ai lu par ailleurs, mais je te  remercie de t'en inquièter- mais c'est que tu sembles taper bien vite sur l'autre. Blondin était un bon. Grand styliste car bègue, non pas à cause d'une écriture bègue mais d'une écriture de bègue, et tu sais que les bègues n'ont pas tant le loisir de parler pour ne rien dire ; alors cherche dans les manuscrits de Blondin une rature ou une page barrée et tu n'en trouveras pas, c'est une écriture sans déchets, voilà mon implication logique.
Quant à De Gaulle qui marchait droit et Céline ou je ne sais quel name dropping façon salade russe : marcher droit, Blondin ne l'a pas fait, simplement parce que la majorité du temps il était rond comme une queue de pelle. Il employait les minutes qui restaient à jouer à la corrida avec les voitures. Si je voulais faire comme toi je te demanderais de te renseigner sur lui et de le lire un peu avant de te permettre de tirer des conclusions étranges de l'expression "écrivain tout à fait bon".
Par ailleurs il ne fait pas partie de mes écrivains préférés, et Robbe-Grillet non plus, et peut-être que je me suis trompée dans l'étiquette "subversif" ; je sais juste que ça m'a fait beaucoup rire d'apprendre qu'il réalisait des frottis vaginaux sur des rates toutes les 8 heures pour trouver l'inspiration de son premier roman, et écrivait des bouquins sur la nutrition idéale du jeune porc. On a sûrement empilé beaucoup de conneries théorisantes sur le Nouveau Roman, qui ont suffisamment traumatisé quelques intellectuels américains pour qu'ils en soient restés là avec la littérature française, mais RB n'a pas fait des choses très conformistes ni très fades, jamais. (Et j'aime bien L'année dernière à Marienbad.)

Je n'aime pas l'Académie non plus, il n'y a pas grand chose à aimer ou à détester dedans de toute manière, l'Académie ne servant plus à grand chose d'autre qu'à déguiser de vieux monsieurs pour leur sieste. Y compris Gracq -je ne sais pas si tu es au courant mais cette personne très digne et d'un immense talent est aujourd'hui l'ombre de lui-même.
C'est facile de taper dessus, c'est facile de dire que Sartre et Aragon sont de grands écrivains, et finalement c'est facile de terminer par "un écrivain doit révolutionner le langage - tout le monde le dit" ; mais alors, il y en a bien peu, des écrivains. Certains font ça pour raconter des histoires, tu te souviens, certains font ça pour d'autre choses encore.


Ah oui et je viens de re jeter un coup d'oeil à ton message et mon cerveau s'est mis à pleurer doucement en voyant à quelques lignes près "excentricités surréalistes" et "un écrivain doit révolutionner le langage" ; j'avais oublié que les surréalistes étaient des petits joueurs dont le but avoué était de faire faire au langage un bond en arrière et d'imposer le plus pur académisme. Enfin bref, ce qui ressort de tout ça c'est que dans ton système de valeurs les écrivains que tu aimes sont des génies, et les écrivains que tu n'aimes pas ne valent pas tripette. Je n'affirmerai pourtant pas ça, parce que tu t'es peut-être mal exprimé ou laissé emporter ou, plus probable, que j'ai du rater deux ou trois barreaux de ton argumentation (confuse au possible) et qu'on se comprend mal.
Bonne journée.

Roxx : j'ai pas lu Nimier yikes)

Last edited by OZ (02-06-2007 14:18:44)

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Re: L'Académie française

OZ a écrit:

De mon côté, je pourrais crier "LOL" à ton association étrange "je ne crois pas qu'on (??) se rende compte de ce qu'étaient les grands écrivains de ce siècle [...] Aragon" (Aragon étant bien moins connu que Blondin, n'est-ce pas ?). Non pas que je conteste le génie de l'un -que j'ai lu par ailleurs, mais je te  remercie de t'en inquièter- mais c'est que tu sembles taper bien vite sur l'autre. Blondin était un bon. Grand styliste car bègue, non pas à cause d'une écriture bègue mais d'une écriture de bègue, et tu sais que les bègues n'ont pas tant le loisir de parler pour ne rien dire ; alors cherche dans les manuscrits de Blondin une rature ou une page barrée et tu n'en trouveras pas, c'est une écriture sans déchets, voilà mon implication logique.

Bien sûr qu'Aragon est très connu (au moins de nom), mais je ne suis pas sûr qu'on (= les Français) se rappelle de ses coups d'éclat, de son insolence, de son culot. Et de ceux de bon nombre de nos grands écrivains. Mais de toute façon, ce n'était qu'une parenthèse.





OZ a écrit:

Quant à De Gaulle qui marchait droit et Céline ou je ne sais quel name dropping façon salade russe : marcher droit, Blondin ne l'a pas fait, simplement parce que la majorité du temps il était rond comme une queue de pelle. Il employait les minutes qui restaient à jouer à la corrida avec les voitures. Si je voulais faire comme toi je te demanderais de te renseigner sur lui et de le lire un peu avant de te permettre de tirer des conclusions étranges de l'expression "écrivain tout à fait bon".

Je veux bien t'accorder que ce cher Blondin est peut-être un "bon écrivain", j'irai le lire lorsque mes obligations scolaires m'auront laissé un peu de temps, mais de toute façon ça ne change rien au fait que tu as pris cet exemple pour essayer de me convaincre que l'Acasémie accueillait aussi des hommes subversifs. Je ne peux que répondre que c'est l'exemple qui confirme la règle.


A moins que VGE, Fumaroli, de Romilly, Orsenna soient à tes yeux des agitateurs, auquel cas je suis désespéré...

Tu as le don de me faire dire ce que je ne dis pas, alors je préfère m'expliquer de suite : je ne dis pas qu'il suffit de refuser l'autorité et la camisole pour être un grand écrivain, ni qu'il faut être agitateur pour être un grand écrivain, mais simplement que ce genre de profils me semble déjà très peu fait pour se soumettre aux commandements de la Coupole.

N.B. : ce n'était pas du name dropping, mais tu dois savoir que Céline a un style qui a fait couler beaucoup d'encre à son époque dans les journaux et qui a souvent été décrié. Pourquoi ? Parce qu'il sort des canons rhétoriques tels qu'ils ont été définis dès l'Antiquité et que le classicisme a profondément ancrés dans notre culture littéraire. C'était ça l'idée, tout simplement.

Sinon, ce n'est pas parce qu'on est ivre qu'on ne marche pas droit au sens de la formule d'Aragon, puisqu'il s'agissait justement de savoir si les écrivains qui entrent à l'Académie sont des écrivants rassurants "de qualité supérieure" (je suis volontairement acide), ou des écrivains remettant en cause les canons traditionnels et faisant entendre leur propre voix dans le concert des voix de l'histoire littéraire, et dominant le tintammarre infecte des voix des écrivants qui luis sont contemporains.



OZ a écrit:

Je n'aime pas l'Académie non plus, il n'y a pas grand chose à aimer ou à détester dedans de toute manière, l'Académie ne servant plus à grand chose d'autre qu'à déguiser de vieux monsieurs pour leur sieste. Y compris Gracq -je ne sais pas si tu es au courant mais cette personne très digne et d'un immense talent est aujourd'hui l'ombre de lui-même.

Gracq n'ayant jamais été très adepte des médias et n'écrivant plus guère depuis déjà quelque temps, j'avoue que je ne sais pas trop ce qu'il en est de son état de santé. J'imagine cependant très bien qu'un homme allant sur ses 10 ans n'est plus très fougueux. Ca ne change rien au fait que
1) Gracq n'est pas entré à l'Académie lorsqu'il était encore jeune,
2) Quand bien même il serait quasi gâteux, je préfèrerais le voir nommé à l'Académie vu son oeuvre plutôt que d'y voir VGE ou Gallo.
Il ne voulait sans doute absolument pas y aller, on est d'accord. Mais mon propos était justement de manifester la vanité de l'Académie aujourd'hui.

Ayant la chance d'être khâgneux sur la Montagne, j'avais eu la chance l'année dernière de rencontrer un professeur de géographie au lycée venu nous parler de Gracq et il ne semblait pas nous suggérer qu'il était gâteux mais bon, soit.

Il est très révélateur, d'ailleurs, que M. Orsenna ait trouvé son nom de plume dans un roman de Gracq. Comme si... oui, comme si c'était l'élève qui portait l'habit vert et taquinait les mondanités littéraires pendant que le vrai romancier vit en ermite sur les bords de Loire, bien loin de ce conformisme abominable...


OZ a écrit:

C'est facile de taper dessus, c'est facile de dire que Sartre et Aragon sont de grands écrivains, et finalement c'est facile de terminer par "un écrivain doit révolutionner le langage - tout le monde le dit" ; mais alors, il y en a bien peu, des écrivains. Certains font ça pour raconter des histoires, tu te souviens, certains font ça pour d'autre choses encore.

Oui il y a peu de véritables écrivains, comme il y a peu de véritables mathématiciens, de véritables physiciens. Un véritable écrivain n'est pas là pour nous raconter des histoires je crois. Ca c'est peut-être la préoccupation de J.K. Rowling (que j'aime beaucoup d'ailleurs). Le fond et la forme sont inséparables, c'est aujourd'hui un lieu commun de la critique. Il n'empêche qu'écrire (vraiment), c'est avant tout travailler le langage, travailler l'écriture. C'est évident, sinon il suffirait d'avoir quelque chose à dire pour être écrivain si je caricature. Révolutionner était, je te l'accorde, peut-être un peu fort. Mais l'idée est là, et l'idée n'est pas neuve.


OZ a écrit:

Ah oui et je viens de re jeter un coup d'oeil à ton message et mon cerveau s'est mis à pleurer doucement en voyant à quelques lignes près "excentricités surréalistes" et "un écrivain doit révolutionner le langage" ; j'avais oublié que les surréalistes étaient des petits joueurs dont le but avoué était de faire faire au langage un bond en arrière et d'imposer le plus pur académisme. Enfin bref, ce qui ressort de tout ça c'est que dans ton système de valeurs les écrivains que tu aimes sont des génies, et les écrivains que tu n'aimes pas ne valent pas tripette. Je n'affirmerai pourtant pas ça, parce que tu t'es peut-être mal exprimé ou laissé emporter ou, plus probable, que j'ai du rater deux ou trois barreaux de ton argumentation (confuse au possible) et qu'on se comprend mal.

Il n'y avait pas d'argumentation. Juste un certain ressentiement face à une injustice : que les écrivains de notre temps ne soient pas reconnus à leur juste valeur, ou plutôt qu'on (= la majorité des gens) salue la médiocrité. Je sais bien qu'on n'écrit pas pour la gloire, mais je trouve injuste que la République n'honore pas ceux qui le méritent. C'est pour cela qu'il est bon de taper sur l'Académie, parfois : parce que les Français (aucun mépris dans mes propos) pensent qu'elle est le temple de notre littérature, qu'elle regroupe nos hommes de lettres les plus dignes qui passeront dans l'histoire littéraire or, on est d'accord, ce n'est absolument pas le cas. Et je suis triste quand je constate que Claude Simon, Julien Gracq, J. Roubaud etc. ont écrit dans l'ombre, et n'ont pas (eu) toute la reconnaissance à laquelle ils auraient pu prétendre.




Je ne fais que remuer des poncifs de la critique, mais je vois que c'est nécessaire...

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Re: L'Académie française

Ivanovic a écrit:

Je veux bien t'accorder que ce cher Blondin est peut-être un "bon écrivain", j'irai le lire lorsque mes obligations scolaires m'auront laissé un peu de temps, mais de toute façon ça ne change rien au fait que tu as pris cet exemple pour essayer de me convaincre que l'Acasémie accueillait aussi des hommes subversifs. Je ne peux que répondre que c'est l'exemple qui confirme la règle.
A moins que VGE, Fumaroli, de Romilly, Orsenna soient à tes yeux des agitateurs, auquel cas je suis désespéré...

En fait, je le citais pas pour montrer qu'il y avait des gens subversifs à l'Académie, mais qu'il y avait de grands écrivains à l'Académie, même s'ils y sont rares. Quant à Orsenna évidemment qu'il n'arrive pas à la cheville de Gracq, mais il a fait de beaux livres, et c'est aussi ça être écrivain (disctinction avec être auteur, peut-être ?). Mais comme l'avenir proche (c'est-à-dire la fin de ton message) me l'a appris, on ne pouvait pour toi être un grand écrivain sans vouloir révolutionner le langage, ce qui va couper court à tout dialogue.

N.B. : ce n'était pas du name dropping, mais tu dois savoir que Céline a un style qui a fait couler beaucoup d'encre à son époque dans les journaux et qui a souvent été décrié. Pourquoi ? Parce qu'il sort des canons rhétoriques tels qu'ils ont été définis dès l'Antiquité et que le classicisme a profondément ancrés dans notre culture littéraire. C'était ça l'idée, tout simplement.

Ah je voudrais revenir là-dessus, la question du style de Céline, c'est un auteur qui a en effet a fait couler beaucoup d'encre -mais, bizarrement, son style justement ne lui a pas attiré tant de critiques. Il s'est fait méchamment pasticher par Modiano et quelques autres mais, controversé, Céline, je ne dirais pas qu'il l'était pour son style ; surtout pour son contenu, tu vois lequel, et c'est normal qu'il ait été décrié au vu de certains textes. Mais son style s'est rapidement imposé, je crois me souvenir.

Gracq n'ayant jamais été très adepte des médias et n'écrivant plus guère depuis déjà quelque temps, j'avoue que je ne sais pas trop ce qu'il en est de son état de santé. J'imagine cependant très bien qu'un homme allant sur ses 100 ans n'est plus très fougueux. Ca ne change rien au fait que
1) Gracq n'est pas entré à l'Académie lorsqu'il était encore jeune,
2) Quand bien même il serait quasi gâteux, je préfèrerais le voir nommé à l'Académie vu son oeuvre plutôt que d'y voir VGE ou Gallo.
Il ne voulait sans doute absolument pas y aller, on est d'accord. Mais mon propos était justement de manifester la vanité de l'Académie aujourd'hui.

Padam padam padam, Gracq "le dernier des classiques" aurait-il des qualités pour qui n'en reconnaît qu'aux briseurs de canons ? yikes)

Ayant la chance d'être khâgneux sur la Montagne, j'avais eu la chance l'année dernière de rencontrer un professeur de géographie au lycée venu nous parler de Gracq et il ne semblait pas nous suggérer qu'il était gâteux mais bon, soit.

J'avais parié qu'il passerait l'hiver et ce que tu m'apprends me réchauffe le coeur. Néanmoins, il n'est plus que l'ombre de lui-même puisqu'il n'écrit plus.

Oui il y a peu de véritables écrivains, comme il y a peu de véritables mathématiciens, de véritables physiciens. Un véritable écrivain n'est pas là pour nous raconter des histoires je crois. Ca c'est peut-être la préoccupation de J.K. Rowling (que j'aime beaucoup d'ailleurs). Le fond et la forme sont inséparables, c'est aujourd'hui un lieu commun de la critique. Il n'empêche qu'écrire (vraiment), c'est avant tout travailler le langage, travailler l'écriture. C'est évident, sinon il suffirait d'avoir quelque chose à dire pour être écrivain si je caricature. Révolutionner était, je te l'accorde, peut-être un peu fort. Mais l'idée est là, et l'idée n'est pas neuve.

Bon alors là on rentre déjà dans des choses plus intéressantes qui vont nous empêcher d'écrire des messages contradictoires, c'est "qu'est-ce qu'un véritable écrivain", mais là je n'ai vraiment pas le temps de répondre et surtout j'ai l'impression qu'on n'arriverait pas à grand chose.

Juste pour signaler une chose, il n'existe PAS d'homme de lettre, d'écrivain, d'auteur, appelle ça comme tu voudras, qui n'essaye à son échelle de travailler le langage (si on met Marc Levy à part) ; Siméon avait peu de mots mais ça aussi c'est un travail, etc.
Bref nous ne sommes pas en désaccord sur tout mais le ton de ton message demandait une contradiction.

J'ai plus le temps, je fais comme les candidats de Fort Boyard, je sors sans la clé.

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Re: L'Académie française

Avec les décès de Lustiger récemment et de Messmer aujourd'hui, il n'y a plus que 33 académiciens, une hécatombe. Il n'en restera bientôt plus un seul; doit-on s'en inquiéter ?

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: L'Académie française

Tant que VGE est là...

"Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d’en être l’organisateur"
Jean Cocteau, Les mariés de la Tour Eiffel

23

Re: L'Académie française

Qui voulez-vous à l'Académie française ?

Frédéric Beigbeder
Florian Zeller
Luc Ferry
Richard Descoings
Dominique de Villepin
Edouard Balladur
Claude Chabrol
Maurice Blanchot

...

24

Re: L'Académie française

Tomass a écrit:

Qui voulez-vous à l'Académie française ?

Frédéric Beigbeder
Florian Zeller
Luc Ferry
Richard Descoings
Dominique de Villepin
Edouard Balladur
Claude Chabrol
Maurice Blanchot

...

Il n'y a pas (encore) d'élections posthumes à l'Académie.
Pour le reste, je crains qu'ils ne soient trop jeunes: ils n'ont pas dépassé la barre fatidique des 80 ans.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: L'Académie française

Tomass a écrit:

Qui voulez-vous à l'Académie française ?

Frédéric Beigbeder
Florian Zeller
Luc Ferry
Richard Descoings
Dominique de Villepin
Edouard Balladur
Claude Chabrol
Maurice Blanchot

...

et Marc Lévy.

Last edited by faux semblants (29-08-2007 23:15:09)

SOUS TOUTES RÉSERVES ET CE SERA JUSTICE.

Re: L'Académie française

C'est le moment de postuler les gens, ils ont l'air en galère en ce moment.

"Pourquoi m'a-t-on inoculé l'idéal vulgaire et creux d'une ambition sordide et épuisante."
                                                                                                           [Hermann Hesse]

Re: L'Académie française

Tu ne crois quand même pas sérieusement que l'Académie ait besoin de volontaires de plus ? On ne manque pas de vieux qui courent après les honneurs et les hochets qui vont avec.

"À bas le second degré !" "Monsieur, vous êtes d'une remarquable insignifiance."
Don't hit me with them negative waves so early in the morning.

28

Re: L'Académie française

En fait, je ne vois pas trop qui pourrait être élu... Jean Starobinski ? Jean Daniel ? (ils ont l'âge requis tous les deux) Claude Imbert bis ? Edgar Morin ?
Et puis, en imaginant un peu: Yasmina Reza, Jean-François Kahn, Lionel Jospin...
Bon j'arrête de divaguer.
Sérieusement, j'aimerais bien savoir qui ils vont choisir (ils doivent en élire encore sept...)

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: L'Académie française

Je te soupçonne d'être nécrophile, pour t'intéresser de si près à l'actualité des morts, des vivants (?) et des mort-vivants...

Moi je propose Pascal Sevran, Mazarine Pingeot, Pierre Perret, Paul-Loup Sulitzer, Arielle Dombasle (mais pas BHL), Dominique Rocheteau et Aziz du Loft. Voilà ça fait sept pas besoin de chercher plus loin, surtout si c'est pour rajouter des mots à la con comme mercato ou zigouigoui tous les ans...

Last edited by Moktar (29-08-2007 23:37:31)

Ik ben Vlaming, en daar ben ik fier op !

30

Re: L'Académie française

Perspicace, mon cher, tu m'as démasqué...
J'aime bien faire le compte morbide des académiciens (je vais sur le site de l'Académie, je regarde combien il en reste et je fais des paris)

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: L'Académie française

Tu devrais aller faire ça professionnellement à Londres ...

"À bas le second degré !" "Monsieur, vous êtes d'une remarquable insignifiance."
Don't hit me with them negative waves so early in the morning.

Re: L'Académie française

Pas besoin d'aller si loin à Menin c'est légal aussi...

Ik ben Vlaming, en daar ben ik fier op !

33

Re: L'Académie française

Non mais je plaisante... enfin... ça m'est arrivé une fois ou deux... peut-être un peu plus.

Last edited by FDL (29-08-2007 23:47:57)

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: L'Académie française

Mais sinon, te sens-tu l'âme d'un winner ? Do you love Potage ? Aimes-tu porter un collier de barbe et des mocassins marron ?

Last edited by Chico Dou Brazil (29-08-2007 23:50:26)

"À bas le second degré !" "Monsieur, vous êtes d'une remarquable insignifiance."
Don't hit me with them negative waves so early in the morning.

Re: L'Académie française

oui

Ik ben Vlaming, en daar ben ik fier op !

36

Re: L'Académie française

Un collier de barbe et des mocassins marron ? Moi ?? et puis quoi encore, je ne m'appelle pas Robert Hue !

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: L'Académie française

Mmm, alors Moktar est prêt pour bosser à la COGIP avec Jean-Christian mais pas toi, FDL. Navré, le port du collier de barbe "Hue" et des mocassins marron est obligatoire, surtout pour les femmes.

"À bas le second degré !" "Monsieur, vous êtes d'une remarquable insignifiance."
Don't hit me with them negative waves so early in the morning.

38

Re: L'Académie française

Moktar est un nécrophile qui s'ignore; on peut en parler autour d'une pinte de bière si tu veux, Moktar...

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: L'Académie française

prêt, je commence quand ?

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Re: L'Académie française

Tu devrais déjà y être.

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41

Re: L'Académie française

Quand tu veux, et on invite Chico aussi (il est pas clair, lui non plus...)

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: L'Académie française

Ah oui, je suis tout à fait d'accord avec toi, je ne suis pas clair du tout non plus.

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Don't hit me with them negative waves so early in the morning.

43

Re: L'Académie française

Ok, ça marche ! et on parlera tous les trois de Chevènement et de la fascination qu'il exerce sur nous.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: L'Académie française

Fascination ? C'est bien plus que ça ! Le Chevènement, c'est un style de vie.

"À bas le second degré !" "Monsieur, vous êtes d'une remarquable insignifiance."
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Re: L'Académie française

Quel dommage de ne pouvoir afficher une image que j'ai sur mon pc, je te montrerais ainsi à quel point je suis "pas clair du tout" ...

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46

Re: L'Académie française

Et bien voilà, j'y pense tout à coup; pourquoi pas Jean-Pierre à l'Académie ? Je suis sûr qu'il se sentirait chez lui, au milieu de ses congénères...

Bon, cela dit Chico, je ne vais pas tarder à rejoindre mon linceul.
J'appréhende le moment où, demain, je lirai ce que j'ai écrit; je me rendrai compte que j'ai vraiment pété un plomb...
Bref, je te souhaite une bonne nuit (fais de beaux rêves remplis de petits hommes en habit vert...)

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
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47

Re: L'Académie française

Chico Dou Brazil a écrit:

Quel dommage de ne pouvoir afficher une image que j'ai sur mon pc, je te montrerais ainsi à quel point je suis "pas clair du tout" ...

Haha ! oui, c'est dommage, j'aurais aimé voir ça...

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
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Re: L'Académie française

mami "veille strat radio", D'Ormesson qui parle de l'Académie sur france inter, now, ne live, ça change des accouchements...ça se rapproche de l'hôpital...

Lolita, light of my life, fire of my loins. My sin, my soul. Lo-lee-ta: the tip of the tongue taking a trip of three steps down the palate to tap, at three, on the teeth. Lo. Lee. Ta

49

Re: L'Académie française

Je n'ai pas le courage de l'écouter (trop fatigué); tu nous raconteras ? ça a l'air passionnant !

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: L'Académie française

Dis-moi, que ferais-tu si ton Tipp-Ex disparaissait de ton bureau ?

- Pètes-tu les plombs ?
- Te dis-tu qu'après tout, il y en a d'autres dans le placard à fournitures ?
- Réfères-en tu immédiatement au responsable d'étage ?
- Entames-tu immédiatement une grève de la faim à la cantine ?
- Te coupes-tu les cheveux sans plus attendre ?
- Désignes-tu un responsable au hasard et tu ne le vires pas car tu ne peux virer personne ?
- Te jettes-tu par la fenêtre ?

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