Topic: Girouettes et traitres

Trahisons, ralliements, ouverture, débauchages, vestes réversibles & co.

- évolution a moyen et long terme des ministres d'ouverture (conflits, Chevenementisation, unité du gouvernement, continuité apres le premier remaniement...)
- contradictions et retournements de veste
- petites histoires des trahisons :  tractations souterraines, etc.

Mais :

Il n'y a pas de traîtres en politique, seulement des perdants.

Edgar Faure a écrit:

Ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent.

Les plus belles girouettes de l'Histoire :
- Talleyrand (mais c'est lui qui la faisait, donc on lui pardonne)
- [...]
- Jacques Chirac, "homme de convictions s'il en est, puisqu'il les eut a peu pres toutes successivement"

- les traitres "purs" (Judas, Brutus, Cauchon, Pierre Laval, etc.) sont moins intéressants mais peuvent etre évoqués.

Actuelles ou récentes :
- la majorité de [feu] l'equipe de campagne de Royal (Djack, Montebourg...)
- Eric Besson
- Maurice Leroy, joli parcours
- Hervé Morin, virage a 180 degrés vers le sarkozysme
- Bernard Kouchner, fidele a une seule chose : lui-meme
- JP Jouyet
- J.Séguéla, joli entre-2-tours
- Jean-Michel Baylet, un virtuose, au moins 3 changements de pied en 48 heures

Girouettes de la parole en l'air :
-Yannick Noah


Postez les casseroles, pointez les declarations antérieures contradictoires, etc.

EDIT : fautes de frappe, oublis de phrases

Last edited by Oscar Wilde (22-05-2007 08:57:02)

Re: Girouettes et traitres

S. Denis a écrit:

Le ralliement en trois leçons.           

On vous propose d'entrer au gouvernement. Plusieurs éléments sont à prendre en considération : votre âge, votre position, ceque vous attendez de la vie. Par exemple, vous êtes chef d'entreprise. Vous gagnez beaucoup d'argent. Devant vous, quinze ans au moins de présidence. Assurez-vous que votre fauteuil n'est pas menacé. On ne fait pas appel à vous pour vos convictions ; vous n'en aviez aucune. Vous avez fait carrière à l'Élysée, sous l'aile d'un chef d'État paternel. Ensuite vous vous êtes fait des amis. C'est la moindre des choses. Allez-vous risquer ce pactole pour un ministère ingrat, fût-il décoré des titres les plus ronflants ? Bien sûr que non. Sagement, vous déclinez l'offre sous les prétextes les plus courageux : l'intérêt de votre société, etc. La suggestion qu'on vous a faite, et qui a été rendue publique, fera connaître à tous que vous avez de nouvelles protections en haut lieu. Excellent. Il en ira différemment seulement si on vous demande de céder la place. Dans cette hypothèse, faites savoir que vous n'avez pu vous dérober. N'écoutant que votre sens de l'intérêt général, vous avez décidé d'apporter au service du pays une expérience qui, que, vous voyez le genre. Mais battez-vous avant de capituler. Dites non, résistez ; le gouvernement n'est pas pour vous.

Votre cas n'est pas tout à fait le même. Vous êtes en fin de carrière. Vous avez occupé des postes prestigieux, tous au pouvoir. D'ailleurs vous avez été ministre. D'une autre majorité ? Aucune importance. Vous n'avez jamais été considéré comme un homme de parti. Vous aussi, vous avez lié votre sort à un protecteur qui vous a gardé auprès de lui. Les circonstances ont fait que vous avez acquis une expérience, un style, un genre. Des scrupules ? Vous n'en avez jamais eu. Les notions de droite et de gauche, si elles ont un sens pour vous, l'ont uniquement dans la mesure où vous considérez qu'il est toujours possible de s'en accommoder. Comme on vous attribue des compétences, il serait dangereux d'en sortir. L'objectivité que revêtirait votre nomination serait gravement entachée si, je ne sais pas, moi, après tant d'années passées aux Affaires étrangères, vous vous retrouviez titulaire du portefeuille de la Culture. Souvenez-vous de Talleyrand : on le disait cynique mais indispensable ; on trouvait naturel de le maintenir dans sa spécialité. Ne versez donc pas dans l'erreur qui serait de vous croire capable de briller par vous-même où que vous soyez placé et battez-vous pour vous en tenir à ce qui fait votre carte de visite. Dans l'hypothèse où l'on vous proposerait autre chose, refusez. Écrivez vos Mémoires. Entrez à l'Académie française.

Enfin, vous pouvez appartenir à cette catégorie dont on ne sait exactement de quoi elle est faite mais qui a du succès. Votre malheur est que ce succès, vous l'avez toujours eu en dehors du parti où vous vous êtes astreint d'adhérer, voyant passer les plats sans pouvoir y toucher. Le talent est impardonnable et même si l'on ignore encore de quoi le vôtre est fait, c'est votre dernière chance : voici l'occasion de la jeter sur la table.

Il est temps que la vérité éclate, qu'on vous pèse à votre poids. Parfait. Changez de camp pourvu qu'il s'agisse d'un vrai ministère et non d'un gadget comme vous en avez connu. Ensuite, apprêtez-vous à souffrir, car à l'excitation des premiers moments succédera la tutelle de celui qui vous a restauré dans vos capacités. J'ignore comment cela se passera mais je vous fais confiance pour faire belle figure en n'oubliant pas que les premiers feux de la rampe lui seront réservés ; en attendant, vous profiterez de votre revanche et de la tête que feront vos anciens camarades.

Des trois, vous êtes celui qui fera jaser le plus. On dira que vous n'avez jamais eu le coeur sincère et que votre engagement était d'un naturel mondain. Laissez dire ; bien sûr, c'est pour embêter les autres qu'on vous fait venir ; mais vous serez flatté qu'on vous prête une valeur politique. Des préjugés pourraient vous arrêter : vous n'en avez plus. Lorsque vous étiez jeune, vous vouliez faire la révolution, eh bien vous l'avez faite : vous êtes devenu raisonnable. Il y a de nombreux exemples de ces conversions réussies chez nos voisins. Mieux, venant de l'extrême gauche, vous bénéficierez du préjugé favorable que la droite réserve à ses fils révoltés. Je ne vais pas vous faire la liste de tous ceux qui, venus du même horizon que vous, ont fait leur nid dans la banque ou le cinéma. Très franchement, il n'y a pas à hésiter. Vous n'y songez pas, je vous en félicite et même suis heureux d'être le premier à saluer ce sympathique tour de l'histoire. Il vous restera à découvrir ceux avec qui vous allez travailler. Là, ce sera moins drôle. Je doute qu'ils vous fassent fête puisque d'une certaine façon vous leur prenez leur place, et puis aussi parce qu'ils ne vous ont jamais trop pris au sérieux. Extérieurement, ils fréquentent un univers beaucoup moins chic que le vôtre, et intérieurement, ce n'est pas pour cela qu'ils ont voté. Voyez-vous, si vous avez été jusqu'ici maintenu dans un splendide isolement, c'est peut-être qu'il y avait une raison ?


http://www.lefigaro.fr/debats/20070517. … econs.html

Re: Girouettes et traitres

C. Barbier le 2/05 a écrit:

Au meilleur des traîtres

La trahison, quand le pouvoir est en jeu, n'est pas seulement une perfidie de couloir. Elle porte en elle un sens politique


La trahison est au cœur de la politique. Et si elle n'en est pas l'essence, c'est parce qu'un ange, sans cesse, combat cette diablesse au sein même des ambitions, un ange qui s'appelle idéalisme. Mais ce séraphin somnole pendant les campagnes électorales et le bal des traîtres fait alors salle comble. Il semble même qu'une forme d'immunité présidentielle permette, durant la bataille suprême, pour l'Elysée, de trahir sans limites: un revirement qui passerait en temps normal pour une inqualifiable apostasie devient une audace, une transgression, un ingénieux coup de serpe dans le paysage politique.

Est-ce parce que Nicolas Sarkozy, en son âge balladurien, fut un parangon de traîtrise que la campagne actuelle pulvérise en la matière tous les records? Quoi qu'il en soit, 2007 est un grand millésime aux vignes de Iago: «Nous ne pouvons pas tous être des maîtres, explique le félon d'Othello dès la première scène. Mais tous les maîtres ne peuvent pas être loyalement servis…» Nulle situation ne se prête mieux à un tel aphorisme que l'élection d'un président.

On voit donc cette année des traîtres ostentatoires et célèbres. Eric Besson quittant Ségolène Royal pour Nicolas Sarkozy, contre lequel pamphlétise Azouz Begag, c'est Judas superstar. Il y eut aussi des renégats à la petite semaine, retournant leur veste dans l'espoir d'empocher un portefeuille ministériel ou de sauver leur siège de député. Peu importe, car, en politique, la traîtrise s'efface avec la victoire. Le félon inspiré qui a su rallier tôt l'étendard du succès devient un visionnaire, un stratège, un audacieux: qui méprisait hier Ganelon demain admirera Machiavel. Un traître réélu est un pionnier, un traître battu est un traître.

Mais la trahison, quand le pouvoir est en jeu, n'est pas seulement une perfidie de couloir. Elle porte en elle un sens politique. La conversion d'Eric Besson est le symptôme de la crise du socialisme, dont la fièvre de la campagne électorale a catalysé l'éruption. L'aversion du ministre Begag pour son ex-collègue de l'Intérieur illustre la fracture sociétale induite par le projet de Nicolas Sarkozy, qui rassemble 11,4 millions d'électeurs du côté droit de la faille, et en mobilise beaucoup d'autres en face.

Ségolène Royal et François Bayrou vont encore plus loin. En leur Embrassons-nous, Folleville, elle clame que le PS ne rassemble pas forcément à gauche et il affirme que le centre n'est plus l'appoint de la droite; elle tente d'arracher le socialisme à son eau croupie, il s'efforce d'extraire le centrisme de son eau tiède. Il y a en leurs abjurations de la tactique et de la métamorphose. Tactique, parce qu'elle cherche d'abord une addition gagnante et parce qu'il se veut avant tout indispensable à Royal, étant insupportable à Sarkozy. Métamorphose, parce que le 7 mai au matin socialisme et centrisme émergeront modernes des urnes, en cas de victoire commune; ou, dans une défaite partagée, en sortiront morts.

http://www.lexpress.fr/idees/tribunes/d … ida=457362

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Re: Girouettes et traitres

Benjamin Constant ou "l'opportunisme méthodologique" (expression de je-ne-sais-plus-qui, peut-être AG Slama).

Le meilleur de sa carrière : Napoléon comparé à Attila et Genghis Kahn (proto-godwin ?) quelques jours avant de travailler pour lui.

Ca ne fait pas de Constant quelqu'un d'inintéressant, au contraire.

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Re: Girouettes et traitres

Talleyrand est à lui seul la cause de deux guerres mondiales, il faut le déterrer et fusiller son cadavre.

Dans le dos.


Judas, Brutus, Cauchon : jugement plus mesuré



Laval ? socialiste européen en 14, socialiste européen en 43.




Sinon, la totalité de la "classe" (comme ce mot leur va si peu) politique s'est reniée et se ferait fister pour un maroquin (un marocain pour Douste et Djack à la rigueur), le pouvoir corrompt par nature quand on n'est pas né pour l'exercer.

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Re: Girouettes et traitres

B. comme Bouh a écrit:

Genghis Kahn

Ces gens-là sont décidément partout

Re: Girouettes et traitres

Czar a écrit:

Laval ? socialiste européen en 14, socialiste européen en 43.

C'est pour ca que je disais qu'il n'entrait pas vraiment dans le thread, étant un traitre (a la France, a ses valeurs, etc.) mais pas une vraie girouette.

Czar a écrit:

Sinon, la totalité de la "classe" (comme ce mot leur va si peu) politique s'est reniée et se ferait fister pour un maroquin (un marocain pour Douste et Djack à la rigueur), le pouvoir corrompt par nature quand on n'est pas né pour l'exercer.

Y a-t-il des exceptions ? that is the question. Pas tres connues, forcement...

Ah sinon girouette journalistique par excellence : Franz-Olivier Giesbert (ce qui n'enleve rien a son talent)

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Re: Girouettes et traitres

Czar a écrit:
B. comme Bouh a écrit:

Genghis Kahn

Ces gens-là sont décidément partout

Eh oui, tu oublies que les fascistes ont repris le pouvoir depuis 10 jours. La réforme politique de l'orthographe est en marche.

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Re: Girouettes et traitres

Czar a écrit:

Talleyrand est à lui seul la cause de deux guerres mondiales, il faut le déterrer et fusiller son cadavre.

alors là je suis curieux de savoir d'où tu tires ça... Pour moi il a au contraire évité pas mal de merdes...

Re: Girouettes et traitres

Le debat (sans fin) sur Talleyrand va polluer le thread...
Vous avez tous les deux en partie raison, et le personnage est aussi fascinant que repugnant.

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Re: Girouettes et traitres

l'évêque apostat a négocié le maintien du royaume de Saxe pour contrer la Prusse au profit de l'Autriche. le gage du marché fût l'abandon de la rive gauche du Rhin aux Prussiens, devenus désormais voisins des Français.

Tout l'enjeu du XIXème sera la prééminence dans les affaires boches entre Autriche et Prusse. La discontinuité territoriale créait pour les Prussiens l'objectif à atteindre et désignait l'ennemi à abattre.

Quoi qu'on en dise, la question territoriale d'après 1870 a totalement orienté notre politique étrangère. Sans le problème alsacien, il est évident qu'on aurait foutu sur la gueule aux rosbifs dès Fachoda au lieu de taper sur les fritz.

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Re: Girouettes et traitres

Oscar Wilde a écrit:

Le debat (sans fin) sur Talleyrand va polluer le thread...
Vous avez tous les deux en partie raison, et le personnage est aussi fascinant que repugnant.

Y a pas de débat. Talleyrand était une merde et l'Empereur était trop grand seigneur de l'avoir crédité d'un bas de soie.

Re: Girouettes et traitres

http://www.imedias.biz/images/221.jpg

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/b7/Rooster_Weather_Vane.jpg/200px-Rooster_Weather_Vane.jpg

Last edited by Oscar Wilde (26-05-2007 09:29:48)

Re: Girouettes et traitres

Girouettes de la parole en l'air :
-Yannick Noah
+ Lilian Thuram

Re: Girouettes et traitres

Je connaissais de reputation mais en effet... il a fait de sa vie une demonstration d'opportunisme :

Wikipedia a écrit:

Olivier Stirn, né le 24 février 1936 à Boulogne-Billancourt, est un homme politique français, ancien ministre, qui a appartenu à plusieurs partis de droite et de gauche. Il est l'arrière-petit neveu d'Alfred Dreyfus.

Élève au lycée Janson-de-Sailly, il entre à l’Institut d’études politiques de l’Université de Paris et suit des études de droit public et de science politique à Paris.

Après avoir été chef de cabinet du préfet de la Meuse en 1961, il arpente rapidement les palais de la République. Il enchaîne les postes de chargé de mission, au cabinet de Louis Jacquinot, ministre d'État chargé des DOM-TOM (1964), au cabinet de Jean Charbonnel, secrétaire d'État aux Affaires étrangères chargé de la Coopération (1966-1967) et au cabinet de Jacques Chirac, secrétaire d'État aux Affaires sociales, chargé des problèmes de l'emploi (1967-1968). Il est ensuite nommé secrétaire d'État auprès du ministre chargé des Relations avec le Parlement (1973-1974), puis secrétaire d’État aux départements et territoires d’outre-mer (1974-1978) puis aux affaires étrangères (1978).

Il s'implante localement à Vire à partir de 1968, en devenant député UDR, conseiller général (1970) et maire de Vire en 1971.

Il quitte le RPR et lance le Mouvement des sociaux-libéraux (MSL) en 1977, parti qui fusionne quelques mois après avec le Parti radical valoisien, alors partie constitutive de l'UDF.

En 1984, Olivier Stirn quitte le Parti radical et lance l'Union centriste et radicale (UCR). Aux élections européennes de 1984, il est tête de liste Entente radicale écologiste pour les États-Unis d'Europe (ERE, unissant UCR, le MRG et certains écologistes dont Brice Lalonde) et obtient 3,32 % des voix.

Aux élections législatives de 1986, l'UCR, rebaptisée depuis 1985 Union centriste et républicaine, participe à des listes d'alliance avec le PS, puis fusionne avec ce dernier. Celui qui était surnommé « l'Andouille de Vire » par Le Canard enchaîné devient ainsi « l'Andouille de Vire à gauche ». Olivier Stirn change alors de département, en s'implantant dans la circonscription de Coutances-Granville, puis à Cherbourg, où il est élu député, mandat dont il démissionne pour devenir ministre dans le gouvernement de Michel Rocard en 1988. Mais il est contraint à la démission en 1990, pour avoir payé des auditeurs pour un colloque sur l'avenir de la gauche. Il quitte en même temps le conseil municipal de Cherbourg, sous la pression de la majorité socialiste locale, abandonnant sa fonction de président de la Communauté urbaine de Cherbourg.

Il rejoint en 1994 le MDR de Jean-Pierre Soisson, puis annonce son soutien à Jacques Chirac à l'élection présidentielle de 1995. Il rejoint ensuite l'UMP, où il est actuellement conseiller du président.

En 2004, il publie Mes Présidents, se qualifie de « gaulliste de gauche » et fait part de son soutien à Nicolas Sarkozy.

Olivier Stirn détient ainsi un record très particulier : il est la seule personnalité à avoir appartenu au parti du président, quel que soit ce parti et ce, pour chacun des six présidents de la Ve République.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_Stirn

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Re: Girouettes et traitres

Jean-Pierre Soisson se défend pas mal. Remember : ministre du gouvernement d'ouverture en 1988, Président de région avec les voix FN en 1998. Mais bon, comme il le dit si bien, "les Français aiment les cicatrices".

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Re: Girouettes et traitres

D'ou le vase de Soissons.

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Re: Girouettes et traitres

B. comme Bouh a écrit:

Jean-Pierre Soisson se défend pas mal. Remember : ministre du gouvernement d'ouverture en 1988, Président de région avec les voix FN en 1998. Mais bon, comme il le dit si bien, "les Français aiment les cicatrices".

Mon seul regret est qu'il ait contribué à la sortie de Florence Parly de la vie politique française :

http://www.bulletindescommunes.fr/images/articles/1190.gif

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Re: Girouettes et traitres

Qui est-ce ? (Wiki dit juste une enarque de gauche)
Comment en est-elle sortie ? Quels etaient leurs liens ?
Ta sympathie pour elle, juste physique ?
Est-elle une girouette (elle est deja sociale-traitre) ?

Tout ca pour information...merki

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Re: Girouettes et traitres

Ancienne secrétaire d'Etat au budget de Jospin, avant cela totalement inconnue. Je me demande si elle n'a pas eu un enfant alors qu'elle était en poste.

Une jeune techno du PS (IGF, Trésor ?)

Ma sympathie est essentiellement mais légitimement physique, même si les photos fournies par Google ne lui rendent pas totalement hommage. Faut avouer qu'elle est un peu mieux que Didier Migaud.

Envoyée contre Soisson, un des pires routiers de la politique française, aux législatives de 2002 : ses talons et tailleurs n'ont visiblement pas ému le payson bourguignon, car elle s'est pris une fessée.

Depuis, je crois qu'elle a pantouflé (mais je ne sais plus où).

[Tout est de mémoire, donc sujet à caution.]

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Re: Girouettes et traitres

ok, merci !

Re: Girouettes et traitres

Thiers pourrait peut-être faire figure de bon prétendant...

Ankh-Morpork had dallied with many forms of government and had ended up with that form of democracy known as One Man, One Vote. The Patrician was the Man; he had the Vote. -- Discworld politics explained(Terry Pratchett, Mort)

Re: Girouettes et traitres

Yannick Noah : «J'ai plein de choses à faire ici»
lefigaro.fr

Le chanteur préféré des Français ne se reconnaît plus dans sa phrase prononcée en 2005: "Si Sarkozy passe, je me casse".

La phrase avait défrayé la chronique il y a deux ans. Retirée d’une interview accordée à Paris-Match, la sentence avait fait trembler tous les fans de l'ancien champion de tennis et aujourd'hui chanteur : "Si Sarkozy passe, je me casse". Aujourd’hui, Yannick Noah change d’avis. Il reste en France et confie au Parisien/Aujourd'hui en France vendredi qu’il n’a "pas de haine, pas de rancœur ni de rancune" après l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République.

"Je suis ici (en France) jusqu'en avril 2008, j'ai plein de choses à faire ici. Je suis parti pour 150 concerts", poursuit l'ancien champion reconverti depuis de longues années dans la chanson. "Maintenant les élections sont passées. Je positive. J'espère que les gens qui ont un espoir de changement vont le trouver", déclare-t-il encore.

Rencontrera-t-il le nouveau président ? "Non, mais ça viendra peut-être. Pour l'instant, il a autre chose à faire et moi aussi. Mais on a le temps, on est jeunes, non?".

Yannick Noah ajoute cependant qu’il n’est pas exclu qu’il aille s’installer à New York -où il possède un appartement- à l’issue de sa grande tournée, pour «se retrouver avec (s)es gosses, tranquille, loin de l’attention quotidienne que l’on nous porte ici». «A vrai dire, j’ai passé plus de temps à l’étranger qu’en France, jusqu’à maintenant, huit ans aux Etats-Unis, deux ans et demi à Montreux, un an à Genève», rappelle-t-il.

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Re: Girouettes et traitres

Oscar Wilde a écrit:

Yannick Noah : «J'ai plein de choses à faire ici»
lefigaro.fr

Le chanteur préféré des Français ne se reconnaît plus dans sa phrase prononcée en 2005: "Si Sarkozy passe, je me casse".

La phrase avait défrayé la chronique il y a deux ans. Retirée d’une interview accordée à Paris-Match, la sentence avait fait trembler tous les fans de l'ancien champion de tennis et aujourd'hui chanteur : "Si Sarkozy passe, je me casse". Aujourd’hui, Yannick Noah change d’avis. Il reste en France et confie au Parisien/Aujourd'hui en France vendredi qu’il n’a "pas de haine, pas de rancœur ni de rancune" après l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République.

"Je suis ici (en France) jusqu'en avril 2008, j'ai plein de choses à faire ici. Je suis parti pour 150 concerts", poursuit l'ancien champion reconverti depuis de longues années dans la chanson. "Maintenant les élections sont passées. Je positive. J'espère que les gens qui ont un espoir de changement vont le trouver", déclare-t-il encore.

Rencontrera-t-il le nouveau président ? "Non, mais ça viendra peut-être. Pour l'instant, il a autre chose à faire et moi aussi. Mais on a le temps, on est jeunes, non?".

Yannick Noah ajoute cependant qu’il n’est pas exclu qu’il aille s’installer à New York -où il possède un appartement- à l’issue de sa grande tournée, pour «se retrouver avec (s)es gosses, tranquille, loin de l’attention quotidienne que l’on nous porte ici». «A vrai dire, j’ai passé plus de temps à l’étranger qu’en France, jusqu’à maintenant, huit ans aux Etats-Unis, deux ans et demi à Montreux, un an à Genève», rappelle-t-il.

Que ne ferait-il pas pour l'argent, le baltringue...

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Re: Girouettes et traitres

Czar a écrit:
B. comme Bouh a écrit:

Genghis Kahn

Ces gens-là sont décidément partout

Excellent !

Pour répondre à B comme Bouh, Florence Parly était effectivement enceinte en plein gouvernement Jospin, alors qu'elle était au budget. Et je partage ton jugement physique à son propos ^^

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Re: Girouettes et traitres

Czar a écrit:

Talleyrand est à lui seul la cause de deux guerres mondiales, il faut le déterrer et fusiller son cadavre.

Dans le dos.

Là faut que tu m'expliques.

Re: Girouettes et traitres

Il a expliqué quelques posts plus bas...

edit : http://forum-scpo.com/forum-scpo/viewto … 96#p281396

Last edited by Oscar Wilde (25-05-2007 15:23:27)

Re: Girouettes et traitres

http://www.imedias.biz/images/221.jpg

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/b7/Rooster_Weather_Vane.jpg/200px-Rooster_Weather_Vane.jpg

Alain Duhamel a soutenu ou pronostiqué :
- Giscard en 81
- Barre en 88
- Balladur en 95
- Jospin en 2002
- Bayrou en 2007

JF Kahn a écrit:

Alain Duhamel est à la bien-pensance ce que la grenouille est à la météorologie.
[ lire dans son Dictionnaire incorrect les articles "Alain Duhamel" et "Président virtuel" ]

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Re: Girouettes et traitres

Tout s'explique a posteriori :

PS et PRG en ébullition, Jean-Michel Baylet fait machine arrière
17/05/2007 - 12h34 - © Reuters

Face au tollé suscité par son ouverture à droite, Jean-Michel Baylet a fait machine arrière, confirmant l'ancrage à gauche - et donc dans l'opposition - de son parti.

Menaçant de remettre en cause son accord électoral pour les législatives, le Parti socialiste avait réclamé au président du Parti radical de gauche (PRG) une "clarification publique" de ses intentions après ses appels à créer "une grande force centrale" rassemblant radicaux de gauche et Parti radical valoisien.

"Nous combattons Nicolas Sarkozy et nous ne changeons pas. Il n'y a pas de virage du tout, il n'y a pas de changement du tout dans nos stratégies", a-t-il affirmé sur France 3 Sud.

Dans une tribune publiée mercredi matin dans Le Figaro, le même estimait que la stratégie d'union de la gauche n'avait "plus d'actualité" - une position dénoncée par la plupart des députés PRG et cadres du parti.

"Les radicaux de gauche ne sont plus décidés à pâtir encore (des) sempiternelles divisions" qui traversent le Parti socialiste dont "l'incapacité à organiser le rassemblement (...) a entraîné ses alliés dans la défaite" lors de la présidentielle, ajoutait le sénateur du Tarn-et-Garonne, qui a été reçu mardi par Nicolas Sarkozy.

François Hollande, premier secrétaire du PS, s'est entretenu avec le président du PRG pendant une heure et demie mercredi matin.

Des "clarifications ont eu lieu auprès de François Hollande. Nous souhaitons qu'elles soient rendues publiques tant le dernier épisode a pu apparaître confusant", a déclaré Benoît Hamon, député européen, lors d'un point de presse à la mi-journée. "Qu'il dise dans quel camp il se situe".

TAPIE "GRAND ENTREMETTEUR"

L'initiative qui semble "très solitaire" de Jean-Michel Baylet ne remet pas en cause a priori l'accord électoral noué entre le PRG et le PS dans 32 circonscriptions pour les législatives de juin, avait-il expliqué.

Il avait cependant demandé à Jean-Michel Baylet de s'exprimer avant la clôture du dépôt des listes, vendredi soir - ce qui laissait planer un doute sur la validation de l'accord.

Pour les socialistes, la rencontre Baylet-Sarkozy est la dernière manifestation en date d'une entreprise de déstabilisation du PS avant les législatives, avec Bernard Tapie, ancien membre du PRG dans le rôle de l'"agent débaucheur numéro un" ou du "grand entremetteur" du nouveau président de la République.

Tout cela a été préparé en sous-main par l'ancien ministre de la Ville de François Mitterrand, qui a rallié Nicolas Sarkozy pendant la campagne, accuse un jeune dirigeant. "On ne sort pas comme ça du chapeau une rencontre avec le président et une tribune" dans la presse.

Au final, estime-t-on rue de Solférino, il y aura "beaucoup d'appelés pour très peu d'élus" dans le futur gouvernement "d'ouverture" - "de la poudre aux yeux" pour "faire perdre" le PS aux scrutins de juin.

Les images et le "bruit" fait autour de ces consultations gauche-droite vont créer un "syndrome 'Ségolène Royal en a rêvé, Sarkozy l'a fait'", déplore un ancien ministre, en allusion à l'ouverture au centre tentée par la candidate socialiste entre les deux tours de la présidentielle. "Sur les électeurs, c'est ravageur", a-t-il ajouté.

Six des neuf députés PRG ont dénoncé la position de Jean-Michel Baylet et une quinzaine de responsables du parti ont réclamé la tenue avant le week-end d'un comité directeur exceptionnel.

Dans leur appel, les députés radicaux expliquent qu'ils "entendent évidemment demeurer fidèles à l'engagement à gauche des élus et des militants" du PRG qui "est indiscutable".

"Aucun flou ne saurait perdurer quant aux intentions des radicaux de gauche. Fidèles à la pensée de (Pierre) Mendes-France, ils rappellent leur refus de l'opportunisme dans la vie publique", déclarent de leur côté des responsables du PRG, dont son vice-président, Thierry Braillard.

Re: Girouettes et traitres

Dette, rapport du conseil d'analyse économique, craintes de l'eurogroupe sur les mesures de sarkozy,
Eric Besson n'a pas commenté les mesures du gouvernement:

http://www.dailymotion.com/video/x21s0j_cest-le-bonheur

Last edited by sheila (16-06-2007 08:01:56)

Re: Girouettes et traitres

lepoint.fr a écrit:

CHAT POLITIQUE
Chat avec Boris Cyrulnik, psychiatre

06/06/2007 - Modérateur Nidam Abdi, saisi par Françoise Vernat - ©

"La fidélité est une arme de la dictature"

Question de marcelius : Quel concept psychiatrique se rapproche le plus de la notion de « virtu » en politique ?

Réponse de Boris Cyrulnik :
Je suis amusé par cette question, et je répondrai que c’est sûrement l’obsession, la névrose obsessionnelle, ou la rigidité mentale. Les obsessionnels sont d’une vertu excessive, mais ça ne les empêche pas parfois de transgresser ; simplement, ils changent de vertu.

Question de gilles : Un internaute du Point a écrit: il faut "rechercher les racines de ces maux au sein de la cellule familiale pour tenter de comprendre l’idée de traîtrise en politique". Êtes-vous d’accord?

Réponse de Boris Cyrulnik :
Je dirai que lorsqu’un dictateur prend le pouvoir, il exige la fidélité sans conditions de tous ceux qui le suivent, et que la fidélité est une arme de la dictature. En revanche, le changement d’opinion, l’infidélité, la traîtrise est souvent une arme de la liberté. Donc, il y a des familles où en effet il y a des loyautés familiales, qui sont affectives, et qui peuvent être un piège de la pensée. Par exemple, lorsqu’on aime quelqu’un, on a envie de lui être fidèle pour ne pas lui faire de mal. On a fait une expérience au moment des élections de Bush et de son opposant Al Gore. On disait aux gens: est-ce que vous êtes partisans de Bush ou d’Al Gore, et quand ils étaient partisans de Bush, on leur faisait une citation d’Al Gore, et ils trouvaient ça bien, c’est-à-dire qu’ils avaient une loyauté affective pour Bush, quelles que soient ses idées. Et inversement, on refaisait la même chose pour les partisans d’Al Gore, on faisait une citation de Bush, et ils continuaient de la trouver bien, par fidélité affective avec Al Gore, alors qu’en fait, la citation disait le contraire de ce qu’avait dit Al Gore. Donc être fidèle, c’est parfois s’interdire la liberté de penser.

Question de lysma73 : Bonjour, je suis étonnée du succès populaire du mot "traître", appliqué aujourd’hui dans tous les contextes (politique, relationnel, show-biz, etc.) : n’est-ce pas le signe paradoxal d’un affaiblissement de la morale, puisqu’on mélange dans la même accusation de traîtrise des comportements très variables, qui vont de la trahison dommageable à autrui à un simple changement d’avis ?

Réponse de Boris Cyrulnik :
Totalement d’accord, puisque ce monsieur confirme la réponse précédente, c’est-à-dire qu’on confond l’intention de profiter et de nuire avec la liberté de penser. Si quelqu’un s’approche d’un puissant avec l’intention de nuire et de lui voler une partie de sa puissance, je crois qu’on est dans la définition de la trahison ; en revanche, si on n’est pas d’accord avec quelqu’un qui a la puissance, on a le droit de ne pas être d’accord, et dans ce cas ça n’est pas une traîtrise, mais un désaccord.

Question d’Alain : Trahir, c’est trahir ce que l’on était, pour s’inventer un nouveau personnage. Est-ce une forme de résilience?

Réponse de Boris Cyrulnik :
Ça c’est trahir son idéal de soi, alors peut-être oui, peut-être non. Je n’aurais pas employé le mot trahir mais employé le mot renoncer, démissionner ; je renonce à mon idéal de moi ou je démissionne parce que c’est trop difficile, mais je n’aurais pas employé le mot trahison comme le dit l’internaute précédent, si on emploie ce mot, on est en train de le dévaluer.

Question de jeffie812 : Les accusations de traîtrise en politique ne montrent-elles pas une confusion entre politique et religion ? On n’entre tout de même pas en politique en prononçant des voeux, et on peut changer d’avis sans être accusé d’apostasie ! Pensez-vous qu’il y ait mélange entre politique et religion, à ce sujet ? Merci beaucoup.

Réponse de Boris Cyrulnik :
Totalement d’accord, c’est qu’il y a des religions sacrées, où, dans ce cas, la moindre déviance devient une trahison du fondamentalisme religieux, et il y a aussi des religions laïques, des théories philosophiques ou psychologiques, où l’on doit réciter les textes fondamentaux, de base, sous peine d’être insulté comme un traître, alors qu’il s’agit simplement d’une liberté de pensée et de choisir le groupe dans lequel on a envie de vivre ou la religion dans laquelle on a envie de vivre. C’est une forme de liberté qu’on est en train d’appeler aujourd’hui trahison.

Question d’emma50  : 1) Les héros tragiques se révoltent souvent contre une traîtrise (Hamlet, Antigone, etc.) qu’eux perçoivent et dont beaucoup dans leur entourage s’accommodent. 2) Le discours politique est toujours masqué, sa fonction étant de mettre en scène une fiction positive qui puisse tenir lieu de réalité. 3) Sommes-nous condamnés à vivre dans le tragique de la dissimulation ? Merci.

Réponse de Boris Cyrulnik :

C’est vrai que les héros éprouvent très facilement le sentiment de trahison, parce que quand un groupe social a besoin de héros, c’est que ce groupe est en grande difficulté psychosociale. Donc la cohésion du groupe devient un facteur de défense. Et dans ce cas, on perd sa liberté, parce que si on critique le héros, on affaiblit le groupe, et on le voit dans les pays en guerre où on nous demande de choisir notre clan. On est dans la défense, pour se défendre on perd sa liberté, on accepte de la perdre. C’est comme ça que des peuples démocratiquement ont voté pour donner le pouvoir à des dictateurs.

Question de dan : Est-ce qu’il y a des traîtres pour la bonne cause? Est-ce qu’il y a des traîtres qui ne sont pas méprisables? Quels sont, d’après vous les bons traîtres? En avez-vous des exemples?

Réponse de Boris Cyrulnik :
Les seuls traîtres méprisables sont ceux qui vont séduire le puissant pour mieux profiter de sa force et l’abattre, c’est-à-dire qu’ils ont séduit avec l’intention de nuire. Ça, je crois que c’est la seule définition correcte de la traîtrise. En revanche, il y a des hommes et des femmes libres qui, lorsqu’ils se rendent compte que le chef, le dictateur ou le capitaine de gendarmerie commence à délirer, refusent de suivre le délire du chef, et sont donc appelés traîtres alors qu’en fait, ce sont les seuls qui ont une vraie conscience du problème, et les exemples sont très nombreux. Les Allemands des années 1930 qui se sont opposés au nazisme ont été appelés traîtres parce qu’ils se désolidarisaient du groupe nazi, alors qu’en fait c’étaient les seuls qui avaient gardé leur liberté de penser, et je pense même que les Françaises, les femmes françaises qui pendant la guerre ont eu des enfants avec des soldats allemands et qui ont été tondues à la Libération - ça s’appelait la trahison horizontale - eh bien je pense que ces femmes et ces hommes-là, qui ont été appelés traîtres à leur cause, étaient en fait des personnalités à l’esprit libre et autonome, qui ne se sont pas soumises à la doxa des dictateurs, au discours convenu des dictateurs.

Question de soulez92  : Que pensez-vous de la figure de Judas dans la religion chrétienne ? N’était-il pas obligé de trahir pour que l’Ecriture s’accomplisse ?

Réponse de Boris Cyrulnik :
Absolument, je pense même que les Juifs de l’époque ont pensé que c’était le christ qui trahissait, et non Judas, puisque le Christ était en train de faire une dissidence, et pendant quatre siècles, les premiers chrétiens étaient appelés « secte juive » par les Romains qui considéraient que les premiers chrétiens étaient une secte juive, et c’est seulement après le concile de Nicée, au IVe siècle que les chrétiens sont devenus une religion autonome, et il a fallu encore attendre le Xe siècle pour que les croisades fassent de la chrétienté une religion différente du judaïsme, c’est-à-dire que pendant très longtemps, les Romains et les Juifs ont considéré que le vrai traître, c’était le Christ.

Question de r2paris :La traîtrise ne risque-t-elle pas, en passant pour un signe d’habileté politique et donc de compétence, de donner au traître un argument électoral tacite? Un électorat pervers ne dédaigne pas parfois d’anciens repris de justice...

Réponse de Boris Cyrulnik :
Effectivement, pendant la Révolution française, l’époque napoléonienne, Talleyrand, Fouché ont été souvent vécus comme des traîtres très habiles politiquement. Et je pense que le mot politique a deux sens différents. Il y a le sens grec où dès l’instant où on cherche à vivre ensemble, il faut en faire une politique. Et il y a le sens populaire, où faire de la politique, c’est comploter, magouiller, et trahir. Et effectivement, certains comploteurs sont doués pour la traîtrise et ils peuvent avoir des arguments électoraux parce qu’on les prend comme Talleyrand, Fouché, peut-être aussi Tapie, on les prend pour des personnages habiles à établir des relations.

Question d’Henri : Bayrou accuse ceux des centristes qui ont rejoint Sarkozy de traîtres. Et les centristes accusent Bayrou d’avoir trahi son lectorat de droite. Qui est le véritable traître?

Réponse de Boris Cyrulnik :
Le traître, c’est toujours l’autre qui ne respecte pas son engagement. Donc ce mode de raisonnement demande à l’autre de se soumettre au programme. Même si le programme est mauvais, ou même si les circonstances obligent à changer le programme. Hitler, à la fin de la guerre, continuait à être entouré par des Allemands fidèles, qu’il envoyait à la mort pour respecter un programme qui a toujours été absurde, et de plus, en 1944, il continuait à respecter ce programme, alors que l’armée russe était à quelques centaines de mètres de son bunker. Donc cette fidélité-là était complètement stupide et délirante, non adaptée au réel, et beaucoup d’Allemands considéraient pourtant qu’il fallait continuer à être fidèle à Hitler, jusqu’à la mort, ou même au suicide.

Question de Michel: Sarkozy a, durant la campagne électorale, affirmé vouloir en finir avec les idées de Mai 68, puis juste après son élection il nomme Kouchner au Quai d’Orsay. Comment vous, le psychiatre, analysez-vous ces deux faits ?

Réponse de Boris Cyrulnik :
Non seulement il a nommé Kouchner au Quai d’Orsay alors que celui-ci a été un moteur de Mai 68, mais il a en plus mis en place un Grenelle de l’écologie, qui était une attitude de Mai 68. Donc ça veut dire qu’il a repris des valeurs de Mai 68 alors qu’électoralement, il avait décidé d’en finir avec Mai 68. Mais je pense que c’est presque rassurant, ça veut dire que Sarkozy est plus souple qu’il ne paraît, qu’il est capable de s’adapter à de nouvelles circonstances, et que si les conditions changent, il est capable de changer de programme, donc de faire le contraire de ce que j’ai indiqué tout à l’heure pour Hitler Je pense que Mai 68 a eu sa part d’erreurs, comme tout mouvement culturel, social, mais a été le point de départ d’une vraie révolution culturelle pour les femmes, pour les psychiatres et psychologues, et pour la nouvelle politique ; le PC a continué sa dégringolade alors que d’autres apprenaient à faire une politique différente de celle des dogmes.

Question de jacquo : La réalité politique actuelle, où il n’y a plus de grande différence entre l’idéologie de droite et de gauche, ne favorise-t-elle pas la traîtrise?

Réponse de Boris Cyrulnik :
C’est vrai, que je pense aussi qu’il n’y a plus de différence idéologique entre la droite et la gauche, parce qu’il n’y a plus de programme politique, mais je pense qu’il y a encore une différence existentielle entre la droite et la gauche. La gauche valorise l’art de vivre et la droite valorise l’efficacité. Donc ce sont deux politiques existentielles nouvelles, alors qu’avant il y avait des politiques idéologiques, mais le clivage reste encore marqué entre deux conceptions différentes de l’existence.

Question de CR : Le découpage droite-gauche a une raison historique, mais n’y voyez-vous pas également une expression phénoménologique de deux univers opposés : celui du cerveau gauche, siège de la raison et de la conscience, qui prévaut dans l’approche de la droite, plus axée sur les aspects pratiques, et celui du cerveau droit, siège des affects, qui prévaut dans l’approche de la gauche, plus axée sur les sentiments et leur représentation ?
Réponse de Boris Cyrulnik :
Ça me rappelle, dans un film, la question de Woody Allen : son fils vote à droite à la stupeur de Woody Allen jusqu’au jour où un médecin lui dit : mais votre fils a une maladie artérielle du cerveau droit, on peut le soigner, et dès que les artères du cerveau droit seront débouchées, le fils se mettra à voter à gauche. Mais ça, c’est du Woody Allen. Je pense que j’ai répondu à cette question tout à l’heure, en disant que le nouveau clivage n’était plus dans le programme idéologique mais dans le programme existentiel, bien plus que dans le cerveau droit ou le cerveau gauche…

Question de Jimm :Je viens de remarquer sur le site du Point qu’il y a un débat autour de votre interview. Certains trouvent que vous êtes sorti de votre champ de compétence, alors que d’autres affirment que votre avis de psychiatre était le bienvenu sur le sujet. Qu’en pensez-vous?

Réponse de Boris Cyrulnik :
Les deux, je suis en effet sorti de mon champ de compétence parce qu’on m’y a invité, et j’ai répondu non pas en tant qu’expert, mais en tant que citoyen, comme tout électeur. Mais c’est vrai que ce n’est pas mon champ de compétence. Et c’est vrai aussi que mes cinquante ans de formation en psychiatrie et en psychologie me donnent un éclairage un peu différent, qui peut surprendre et intéresser.
Merci de vos questions.

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Re: Girouettes et traitres

je n'ai lu que le premier post du thread donc je ne sais pas si quelqu'un a soulevé cela avant moi, mais il me semble que l'auteur de ce topic a oublié de mentionner dans sa liste un maître dans l'art de la traîtrise qui n'a pas à rougir face à des personnages historiques tels que judas ou autres, j'ai nommé nôtre cher Président de la République, Nicolas Sarkozy....

Re: Girouettes et traitres

lepoint.fr a écrit:

Question de marcelius : Quel concept psychiatrique se rapproche le plus de la notion de « virtu » en politique ?

Réponse de Boris Cyrulnik :
Je suis amusé par cette question, et je répondrai que c’est sûrement l’obsession, la névrose obsessionnelle, ou la rigidité mentale. Les obsessionnels sont d’une vertu excessive

Il a bien compris son Macchiavel, au moins. J'ai toujours adoré les psys qui causent politique.

It is always a silly thing to give advice, but to give good advice is fatal. - Oscar Wilde

Re: Girouettes et traitres

Louis_91 a écrit:

Sarkozy [...] qui n'a pas à rougir face à des personnages historiques tels que judas ou autres

Tempérance et modération dans la comparaison, j'adore.  Toi, je parie que tu manifestes avec de petits panneaux "... = ..." que tu remplis au gré de tes combats (le pen = nazi, sarko = facho, administration de la fac = nazis, ratp = nazis, etc.)

Last edited by Ranu (07-06-2007 13:55:45)

A gentleman is someone who can play the bagpipe and who does not.

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Re: Girouettes et traitres

Libération a écrit:

L’UMP adoube l’ex-FN Simonpieri pour Marignane

Joli recyclage : l’UMP a donné mardi son investiture à Daniel Simonpieri, 56 ans, pour les municipales à Marignane (Bouches-du-Rhône). Le maire, qui brigue un troisième mandat, n’appartient pourtant pas au parti présidentiel. Il a été élu en 1995 sous l’étiquette FN, son parti pendant vingt-cinq ans. Il a été réélu en 2001, avec le soutien du MNR de Bruno Mégret, qu’il a quitté. En 2002, il a appelé à voter Le Pen, et n’a jamais renié ses idées. «Il va prendre les couleurs de l’UMP, mais ce sera toujours un homme d’extrême droite», déplore Christiane Azam, du Mrap. «Il a fait sa mutation», rétorque Renaud Muselier (UMP). Pour la droite, Simonpieri, aujourd’hui apparenté UMP, est utile, voire indispensable : bien implanté, il gagne facilement les élections dans son fief. C’est pourquoi il a été préféré au chef de file local de l’UMP adoubé par les militants. Depuis 1998, la droite régionale menée par Jean-Claude Gaudin se targuait de lutter contre l’extrême droite. Là, elle revient à ses premières amours, quand Gaudin gérait le conseil régional avec le FN. Sacrifiant ses principes sur l’autel de l’efficacité électorale, l’UMP délivre un signal qui dépasse de loin Marignane : elle remercie un homme qui a appelé à voter Sarkozy au printemps, et lance un clin d’œil à tous les électeurs lepénistes.

C'est beau, l'ouverture...

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

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Re: Girouettes et traitres

Parce que l'ouverture ne doit concerner que la gauche?

Re: Girouettes et traitres

Ouvrir, mais pas dans la fange...

"Nobody fucks with the Jesus."

Re: Girouettes et traitres

Bah, la première ouverture de Sarko était bien de ce côté avant de voir la gauche !

C'est logique avec la politique de Sarkozy !

Last edited by Alci (15-11-2007 11:57:42)

http://unefiep2009.wordpress.com/

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Re: Girouettes et traitres

Allons-y pour Roger Hanin. Très drôle.

http://www.dailymotion.com/relevance/se … hanin_news

Re: Girouettes et traitres

Witold a écrit:

Ouvrir, mais pas dans la fange...

Hum, on dirait une remarque lepéniste ça.

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."

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Re: Girouettes et traitres

c'est dingue, le Pen aurait dû déposer un copyright sur la moitié des mots/expressions de la langue française.

Après "détail", "patrie", il a maintenant le monopole du mot "fange".

Re: Girouettes et traitres

Non, ça n'a rien à voir avec le vocabulaire.
C'est juste une catégorisation et même une discrimination comme une autre d'une partie de la société.

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."

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Re: Girouettes et traitres

Cavada bientôt ministre de la Culture ?

Le Figaro a écrit:

Cavada et Lagarde en tandem dans le XIIe

Le député européen UDF devrait conduire une liste de droite, en concurrence avec le MoDem.
Jean-Marie Cavada et Christine Lagarde. Ce devrait être le tandem de choc de la droite pour tenter de reconquérir le XIIe arrondissement, l’une des clés de la victoire aux municipales à Paris. Candidate UMP contre Bertrand Delanoë, Françoise de Panafieu devrait dévoiler mardi la liste de ses chefs de file dans les vingt arrondissements de la capitale.

Jean-Marie Cavada sait déjà à quoi s’en tenir. Lui qui rêvait de conduire une liste d’union MoDem-UMP a été formellement désavoué, tant par François Bayrou que par Marielle de Sarnez, candidate de l’UDF-MoDem à Paris. «Je ne peux pas être dans une stratégie d’autonomie et en même temps faire des listes d’union avec l’UMP », explique celle-ci. «La politique ne peut se faire que dans la clarté. Et la clarté, c’est vingt listes du Mouvement démocrate à Paris.»

Bayrou, qui a officialisé hier sa candidature à la mairie de Pau, se montre sévère à l’égard de l’ancienne star de l’audiovisuel entré en politique sous les couleurs de l’UDF et dont il a fait un député européen. «Cavada a successivement annoncé sa candidature à Montpellier, à Toulouse, à Strasbourg, à Saint-Dié. Il s’est présenté aux législatives dans le Val-de-Marne. Il se met aux enchères.» Bayrou avait une autre idée : que Cavada se présente à Neuilly, où il habite, contre David Martinon, porte-parole de l’Élysée. «Il aurait eu de réelles chances de victoire», estime-t-il. Un avis que partagent certains proches de Nicolas Sarkozy. Mais Cavada rêve d’être ministre, glissent ses détracteurs, et, à 67 ans, ne voulait pas courir le risque de mécontenter le chef de l’État. «Sarkozy lui a promis la Culture», avance-t-on au QG de Panafieu.


Botte secrète

Depuis des mois, Françoise de Panafieu cherche la botte secrète pour reconquérir le XIIe arrondissement, perdu aux municipales en 2001, puis aux législatives en juin dernier avec Arno Klarsfeld. Jean-Louis Borloo, avant la présidentielle, le très populaire champion olympique de judo David Douillet, la spationaute Claudie Haigneré ont été pressentis. Et enfin Jean-Marie Cavada.

Sarkozy l’a récemment reçu en tête-à-tête pour le convaincre de se présenter. Même si leurs relations se sont espacées, les deux hommes se connaissent depuis longtemps. Cavada a invité Sarkozy à plusieurs reprises dans son émission vedette «La Marche du siècle», notamment pour une spéciale consacrée à la prise d’otages de Neuilly. Les investitures parisiennes portent la marque de l’Élysée. Après Rachida Dati dans le VIIe, c’est le ministre de l’Économie Christine Lagarde qui devrait subir son baptême du feu électoral dans le XIIe, renonçant ainsi à se présenter au Havre.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
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Re: Girouettes et traitres

Cavada la suite: il trahit officiellement Bayrou.

Le Figaro a écrit:

Cavada: «J’ai épuisé tous les recours de la loyauté avec Bayrou»

Dans un entretien au Figaro, le député européen du MoDem explique pourquoi il va mener la liste UMP dans le XIIe arrondissement de Paris.

LE FIGARO. – L’UMP vous propose de conduire la liste de la majorité dans le XIIe arrondissement de Paris depuis juillet. Avez-vous pris votre décision définitive??

Jean-Marie CAVADA. – Oui. J’ai accepté la proposition de l’UMP. En juillet, j’étais chargé d’organiser le forum des démocrates du MoDem, dont l’ambition me convenait. Je suis un homme de centre gauche, un enfant du Delors des années Chaban et du Rocard période Matignon. Pour moi, la France dans l’Europe est la seule réponse possible à la mondialisation, à condition de ne pas se crisper sur le passé. Il est clair que les pays qui s’adaptent résistent mieux à la mondialisation. Ceux qui se crispent souffrent beaucoup plus. Il faut rassembler les énergies nationales autour de réformes justes et aider à les négocier équitablement. François Bayrou l’a dit durant la campagne présidentielle, mais c’est Nicolas Sarkozy qui fait bouger la France. Il est allé chercher les meilleurs pour réussir les réformes que nous aurions dû faire il y a trente ans. Toutes les lignes politiques et syndicales bougent, jusqu’à la CGT. Et pendant qu’il agit, certains attendent son échec, tout en spéculant sur l’affaiblissement de la gauche pour la croquer. Moi, je ne veux pas bâtir une carrière politique sur les ruines de mon pays.

Le reproche vise-t-il François Bayrou??

François Bayrou a un programme romantique, mais un tempérament qui lui fait refuser l’obstacle de la décision. S’il avait voulu que ses idées prévalent, iI aurait pu négocier une alliance de gouvernement sur la base d’un programme minimal : relance de l’Europe, revalorisation des bas salaires, priorité à l’éducation, la culture et la recherche, et introduction de la proportionnelle pour garantir un soutien plus large aux réformes. Il s’y est refusé.

Allez-vous rejoindre le Nouveau Centre??

Non. J’ai voulu accompagner François Bayrou jusqu’aux limites de la loyauté, pour des raisons essentiellement humaines, et par fidélité aux militants. Lors de la création du MoDem, je pensais que les zones de faiblesse de cette formation pouvaient être corrigées collectivement, pas en catimini. Mais aujourd’hui, j’ai épuisé tous les recours de la loyauté. Je refuse que les militants de l’UDF-MoDem soient sacrifiés aux négociations municipales ou à l’échéance présidentielle de 2012. Le prochain du MoDem doit selon moi répondre à deux exigences : faire en sorte que l’arrivée des nouveaux adhérents ouvre enfin des débats collectifs et ne jette pas par-dessus bord les Européens que sont les UDF, et instaure enfin la démocratie interne.

Vous considérez-vous toujours comme un membre du MoDem ?

Oui. Je vais conduire une liste de candidats de rassemblement soutenue par l’UMP, mais aussi par des personnalités venues d’ailleurs. À ceux qui menacent de m’exclure, je rappelle que les adhérents et les sympathisants du MoDem parisien, notamment, demandent des primaires. Pourquoi des accords de premier tour avec la droite ou la gauche seraient-ils possibles à Bordeaux, à Saint-Brieuc, à Dijon ou à Pau, où François Bayrou lui-même est tête de liste, et pas à Paris ? Au temps de sa splendeur paisible, Bayrou disait que les municipales ne peuvent pas être assimilées à un scrutin national, ce qui permettait en effet de faire alliance avec les meilleurs. Je suis toujours sur cette position, à une condition : qu’on fasse tomber les masques. Les électeurs du MoDem doivent savoir pour qui ils voteront en réalité au deuxième tour si les candidats qui sont en tête de listes arrivent en troisième position. Seront-ils appelés à voter pour Bertrand Delanoë et l’union PS-Verts, ou pour les membres de la majorité et les quelques éléments de la gauche qui se rassemblent autour de Françoise de Panafieu ? J’appelle les militants du MoDem à réclamer cette clarification dès avant le premier tour. S’ils ne l’obtiennent pas, cela voudra dire que les candidats de leur parti se vendront au plus offrant. Ce sera de la politicaillerie.

Le MoDem affirme que c’est Nicolas Sarkozy qui vous a convaincu d’accepter la proposition de l’UMP, en vous promettant en contrepartie une place au gouvernement. Est-ce le cas ?

J’ai effectivement vu Nicolas Sarkozy le 9 novembre, mais il ne m’a pas promis de ministère ! Pour tout vous dire, il m’avait fait une proposition gouvernementale entre les deux tours de la présidentielle, et je l’avais déclinée. Je l’ai d’ailleurs dit à François Bayrou. Lors de mon dernier entretien avec le président de la Ré­publique, nous avons parlé d’Eu­rope. Je lui ai demandé que l’immigration fasse partie des priorités de la présidence française de l’Union, et il m’a répondu oui. Nous avons aussi évoqué les municipales. Il ne m’a pas fait de demande pressante, mais il m’a expliqué que le XIIe était un arrondissement stratégique. Je lui ai dit que j’y réfléchirai. Aujourd’hui, ma décision est prise.

Allez-vous prendre Christine Lagarde comme deuxième de liste ?

Je la connais très peu, mais j’apprécie qu’elle accepte de renoncer au Havre, où son avenir était quasiment assuré, pour venir mener un combat difficile à Paris. C’est un honneur de l’avoir à mes côtés.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

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Re: Girouettes et traitres

J'ai TOUTE ma place dans ce thread, en prônant le OUI au traité de Lisbonne, après avoir été un fervent noniste en 2005...
Et ce n'est pas mon premier changement de pied...

Re: Girouettes et traitres

Normal, tu en as deux, Vincent. Et pour avancer, il faut mettre un pied devant l'autre (et recommencer). En 2012, tu seras noniste, ne t'inquiète pas ! C'est ça la dialectique (?).

"Je sens en deux parti[e]s mon esprit divisé." (Pierre Corneille, Le Cid)
"Et en deux sous-parties" (Richard Descoings)

47

Re: Girouettes et traitres

fétiche a écrit:

C'est ça la dialectique (?).

En fait, non.

Re: Girouettes et traitres

Hegel, tu es une girouette toi aussi ?

"Je sens en deux parti[e]s mon esprit divisé." (Pierre Corneille, Le Cid)
"Et en deux sous-parties" (Richard Descoings)

49

Re: Girouettes et traitres

Les courbettes de Monsieur Cavada:

Le Figaro a écrit:

Un «cercle» d’accueil pour les déçus du MoDem 

En lançant un club autonome, il tente d’élargir la stratégie d’ouverture de Nicolas Sarkozy.

Et une de plus ! Après Hervé Morin et son Nouveau Centre, et Gilles de Robien qui relance sa Société en mouvement, Jean-Marie Cavada crée à son tour sa propre structure : l’Alliance des citoyens pour la démocratie. L’ancien homme de télévision a rompu avec François Bayrou en acceptant de mener la liste soutenue par l’UMP dans le XIIe arrondissement parisien. Il veut désormais consommer cette rupture en animant «un cercle d’associations» destiné à «accueillir» les militants du MoDem et à leur «dessiller» les yeux sur la «dérive poujado-frontiste» de leurs leaders. «Ils prennent les militants pour de la chair à canon », a-t-il affirmé hier sur France 2 à propos des dirigeants du MoDem, dont le «seul objectif» est, selon lui, «la présidentielle de 2012».

Au lendemain de l’annonce de sa candidature aux municipales, Jean-Marie Cavada avait envisagé sur France Inter de rejoindre La Gauche moderne de l’ex-PS Jean-Marie Bockel. En lançant un club autonome, il tente d’élargir la stratégie d’ouverture de Nicolas Sarkozy à un public que les autres anciens centristes n’ont pas encore réussi à atteindre. Ses efforts seront-ils récompensés par une nomination au gouvernement ? Cavada continue de jurer que Sarkozy ne lui a promis «aucun ministère». Et Bayrou pense toujours le contraire.

J'aurais plutôt dit "centre d'accueil"; ç'aurait été de circonstance...

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

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Re: Girouettes et traitres

Pour résumer, après le hype centriste, on a :

Modem - Alliance des citoyens pour la démocratie - Société en mouvement - Nouveau centre - Gauche moderne.

C'est fou ! Et Bayrou qui croyait unifier les centres...