Topic: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Planete a écrit:

Fort d'un taux de pertinence exceptionnel dans ses réponses et d'une politique favorisant les avancées technologiques, la suprématie du moteur de recherche n'a pas été remise en cause jusque là. Le projet des dirigeants de Google est de concentrer le maximum d'informations en provenance du monde entier tous supports confondus (nouvelles émanant de la presse, de la radio et autres médias bien sûr, mais aussi livres, vidéos ou encore photos) et de la délivrer à un nombre grandissant d'utilisateurs. Mais les détracteurs de l'entreprise craignent que la situation de quasi monopole du moteur de recherche soit un danger, à terme, pour la liberté de l'information. Preuves à l'appui, et non démenties par les dirigeants, ils démontrent que le site conserve une partie des données personnelles des utilisateurs, y compris des emails. Si les responsables assurent que ces renseignements ne servent qu'à établir des statistiques et à améliorer la qualité de leurs services, il n'en reste pas moins vrai que le gouvernement des Etats-Unis a demandé à plusieurs reprises l'accès à ces données.
La volonté affirmée de l'entreprise de vouloir archiver la totalité des livres de la planète dans sa banque de données contribue aussi à alimenter la polémique autour de ses ambitions réelles.
L'ombre de Big Brother plane...

Last edited by Balladur von Chirac (04-07-2011 10:51:05)

« Hit me right in my white guilt »

Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Souriez, vous êtes surveillés :

Publicité comportementale : Google monte d'un cran

Le groupe Internet va s'appuyer sur l'historique de navigation des internautes pour effectuer un ciblage publicitaire plus affiné.

Google pousse encore un peu plus loin sa stratégie publicitaire en ciblant ses annonces en fonction de l'historique des recherches d'un internaute.

Le pas tant redouté est franchi : après la publicité contextuelle, la publicité comportementale. Si Google n'emploie pas l'expression, c'est bel et bien ce qu'il décrit dans un post intitulé "Rendre la publicité plus intéressante" sur son blog officiel.

Par exemple, lorsqu'un internaute ira visiter un site de recettes de cuisine, Google s'en souviendra et proposera des publicités sur des ustensiles culinaires sur les prochains sites visités, même si ces sites ne parlent pas de cuisine.

Le groupe Internet de Mountain View s'appuie sur son réseau de sites partenaires incluant YouTube et un ensemble de sites et de blogs qui utilisent déjà le service publicitaire AdSense.

Une perspective à la fois effrayante et fascinante, tant le nombre d'internautes potentiellement concerné est important. L'objectif des outils publicitaires développés par Google, que ce soit AdWords ou AdSense, est d'inciter les internautes à cliquer sur les annonces se trouvant sur la page des résultats de recherche ou bien directement hébergées sur un site ou un blog.

Tout d'abord, il y a eu la publicité contextuelle (programme AdWords de Google) :  le message publicitaire s'adapte en fonction du mot clef ou de l'expression recherchée dans le moteur de recherche. Avec AdSense, la publicité s'adapte au contexte du blog ou site sur lequel elle est hébergée : de la publicité sur la mode dans un blog d'actualités people par exemple

Améliorer le taux de clics

La publicité comportementale, ou "basée sur l'intérêt" selon l'expression utilisée par Google, permet de rendre "la publicité en ligne encore plus pertinente et utile en se servant des sites que les gens visitent", explique Susan Wojcicki, vice présidente du management de produit.

"Ces publicités associent au sein du navigateur des catégories d'intérêt - sport, jardinage, voitures, animaux - en fonction des sites et des pages visitées. Nous pourrions ensuite utiliser ces catégories pour afficher des publicités mieux ciblées", continue la dirigeante de Google.

Une question de cible, donc. Car le modèle économique de Google repose sur la pertinence de ses publicités. Le but est donc d'améliorer le "taux de clics", selon le jargon publicitaire de l'entreprise. Un objectif que Google espère atteindre grâce à l'étude de l'historique de navigation des internautes (Google a déposé une vidéo d'explication).

On peut désactiver la fonction mais il faut chercher un peu

Cette nouvelle stratégie se base sur la technologie développée à l'époque par DoubleClick, racheté par Google il y a près de deux ans, pour l'extraordinaire somme de 3,2 milliards de dollars.

Pour autant, Google n'est pas le premier à se lancer sur la publicité comportementale. Microsoft et Yahoo expérimentent déjà la personnalisation de la publicité en fonction de l'historique de navigation.

Mais ce nouveau pas franchi par Google fait grincer des dents les organisations de défense des consommateurs en raison de la position hégémonique de la firme IT. Marc Rotenberg, de l'Electronic Privacy Information Center, considère ce nouvel outil comme du "profilage".

Google assure toutefois ses arrières et indique qu'il suffit d'aller dans ses préférences publicitaires pour désactiver le cookie installé dans son navigateur. Un moyen de faire taire les plus ardents critiques.

Mais Google espère - à raison - que la majorité des internautes ne se donnera pas la peine, faute de temps ou d'information, de désactiver le cookie. Part ailleurs, Google maintient qu'il ignorera les sites visités contenant des "informations sensibles", et qu'il ne s'en servira pas pour cibler la publicité.

Sinon, une nouvelle qui ne concerne pas Google (pas encore) mais qui fera plaisir à Big Brother : lire dans les pensées, un vieux fantasme bientôt réalisé ?

The Telegraph a écrit:

Mind reading 'a step closer to reality'

Mind reading has come a step closer to reality after scientists used a brain scanner to decipher memories in the brains of four volunteers.

Researchers said the development meant it could be possible to tell whether someone was telling the truth or a lie by observing their thought patterns. However, the technology is thought to be at least 10 years away.

The British scientists were able to tell where an individual had been "standing" inside a virtual reality room from records of their brain activity.

Using a computer keypad, four young male volunteers navigated virtual reality rooms, choosing to "stand" in one of four locations marked by a rug.

Their heads had been placed in a functional magnetic resonance imaging (fMRI) scanner, allowing their brain activity to be monitored.

Focusing on the hippocampus, the small area of the brain vital to navigation, memory recall and imagining future events, the scientists measured blood flow related to neural activity.

A sophisticated computer program was then used to work out the locations the subjects had visited in virtual space based on their brain activity.

Patterns were detected which reflected the participants' memories of where they had been.

Professor Eleanor Maguire, from the Wellcome Trust Centre for Neuroimaging at University College London, said: "Just by looking at the brain data we could predict exactly where they were in the virtual reality environment. In other words we could 'read' their spatial memories. With this kind of research, we are approaching the realm of mind reading.

"By looking at activity over tens of thousands of neurons, we can see there must be a functional structure - a pattern - to how these memories are encoded," said Prof Maguire. "Otherwise, our experiment simply would not have been possible to do."

Retrouvez d'autres discussion sur la société de surveillance génralisée :

- Fichage généralisé
- La politique de la peur

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Les Big Brother Awards : http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2009/ … ines-sont/
Très intéressant. J'ai d'ailleurs appris l'existence du projet européen Humabio.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Je ne sais pas si vous connaissez ce nouveau réseau social (Aka-Aki). C'est allemand mais ça risque de s'étendre.
Il s'agit pour les membres de ce réseau de localiser tous les autres membres passant à proximité, de les pister et de suivre leur itinéraire sur leur téléphone.
Je trouve ça très grave et effrayant, c'est un pas de plus vers la société hyper-surveillée de Big Brother. Même les concepteurs inconscients ne savent pas où ça va les mener (cf dernier paragraphe).

Le Monde a écrit:

Tous amis, tous pistés

Un quartier animé de Berlin, par un soir printanier. Thomas, 31 ans, artiste peintre encore méconnu, s'installe dans son bar habituel et sort son téléphone mobile, un "smartphone" connecté à Internet. Aussitôt, son mini-écran affiche la page d'accueil de Aka-Aki, le nouveau réseau social "géolocalisé" permettant à ses membres de détecter tous les autres membres se trouvant dans les parages, et de communiquer avec eux en temps réel.

D'un coup d'oeil, Thomas constate que des centaines de Berlinois inscrits sur Aka-Aki sont connectés en ce moment, dont dix-sept à moins de dix minutes de marche. Leur nom et leur photo défilent automatiquement. D'un geste, il peut consulter leur profil, contenant toutes sortes de renseignements : ils habitent le quartier, ou y travaillent, ou sont venus pour dîner. Presque tous ont pris l'habitude de coller sur leur profil des stickers (étiquettes) pour expliquer en images leurs goûts et leurs préférences dans tous les domaines. Même ceux qui ne font que passer près du bar, à pied ou en tramway, sont recensés et archivés.

Le système précise que, sur les dix-sept personnes présentes dans le quartier, trois se trouvent à quelques dizaines de mètres de Thomas. La première s'appelle Zina, une jolie brune. Sans hésiter, Thomas lui envoie un message. Zina répond qu'elle habite en face du bar, mais qu'elle n'a pas le temps de venir boire un verre, car elle révise un examen : "Pas grave, se console Thomas, je la retrouverai facilement." Aka-Aki a enregistré la date et l'heure de la rencontre entre les mobiles de Thomas et de Zina, et a inscrit l'événement sur leurs profils respectifs. S'ils se croisent à nouveau, dans un jour ou dans un an, ils recevront un message d'alerte.

Thomas affirme qu'il a fait plusieurs rencontres grâce à Aka-Aki : "La première fois, je me suis fait draguer par un homosexuel qui ne l'avait pas indiqué sur son profil. Moi, je suis hétéro, dès le lendemain, je l'ai mentionné sur le mien." Il a aussi fait connaissance avec un autre jeune artiste : "Un matin de bonne heure, j'ai remarqué que son profil était apparu près de chez moi. Même chose les jours suivants, alors je lui ai demandé s'il venait d'emménager dans le secteur. C'était le cas, nous avons très vite sympathisé."

Soudain, le smartphone de Thomas émet un jingle indiquant qu'un nouveau membre vient de pénétrer dans sa zone de proximité : "C'est un ami à qui j'avais donné rendez-vous plus tard, pour dîner. Lui aussi a vu que j'étais ici plus tôt que prévu, il arrive."

Thomas et sa bande ont adopté Aka-Aki comme mode de communication principal. Quand deux membres signalent au système qu'ils sont officiellement "amis", chacun est mis au courant en temps réel de tout ce que fait l'autre. Et lorsque deux membres qui ne se connaissent pas encore se croisent par hasard, le système leur envoie la liste de leurs amis communs, directs et indirects - un premier sujet de conversation possible.

Peter, 28 ans, l'un des copains d'enfance de Thomas, aujourd'hui instituteur en maternelle, est devenu un inconditionnel d'Aka-Aki : "Je mets mon profil à jour aussi souvent que possible, toutes les dix minutes parfois. Quand je fais quelque chose d'intéressant, j'aime bien partager avec mes potes." Récemment, Peter faisait la queue devant une discothèque, quand il a vu sur son mobile que deux de ses amis étaient déjà à l'intérieur : "Ils m'ont dit que l'ambiance était nulle et la bière trop chère. Nous nous sommes donné rendez-vous ailleurs. Ce qui est vraiment nouveau, c'est qu'on se retrouve spontanément sans être obligés de planifier ni de prendre des rendez-vous contraignants."

Pour les utilisateurs, Aka-Aki est simple et instinctif, mais en coulisses le système est complexe. Les téléphones se trouvant à moins de 30 m les uns des autres se repèrent grâce à leurs émetteurs Bluetooth - installés pour faire fonctionner les oreillettes sans fil et échanger des photos. Au-delà de 30 mètres, Aka-Aki localise les appareils en interrogeant les nombreux réseaux Wi-Fi qui quadrillent la ville. Il peut aussi capter les signaux GPS, indiquant la longitude et la latitude des smartphones qui en sont dotés. Quand aucun autre système n'est disponible, Aka-Aki repère les mobiles connectés au même relais de téléphone GSM, ce qui fournit une localisation approximative. Si un membre se promène avec un vieux mobile non connecté à Internet, il est quand même inclus dans le réseau : à chaque fois qu'il croise un autre membre, il reçoit un SMS d'alerte.

Après des débuts incertains, Aka-Aki comptait plus de 100 000 membres en mars, surtout en Allemagne, en Autriche et en Suisse. Mais rien n'empêche le reste du monde de se connecter : l'interface est en partie en anglais, et des versions en diverses langues sont en préparation. L'idée est née en 2006 : il s'agissait au départ d'un projet de fin d'études imaginé par cinq étudiants du département publicité de l'Ecole des beaux-arts de Berlin. Le succès de leur invention fut tel auprès de leur entourage qu'ils décidèrent d'interrompre leurs études et de créer une start-up.

Aujourd'hui, la société Aka-Aki, un nom facile à retenir, qui ne veut rien dire, compte 17 salariés, tous jeunes et branchés, installés dans un immeuble agréable au centre de Berlin. Son avenir à court terme est assuré grâce à une société allemande de capital-risque. Cela dit, son business model reste flou. Ses jeunes patrons essaient d'imaginer plusieurs scénarios : publicités géolocalisées ultraciblées, promotion d'événements, partage des recettes avec les opérateurs Internet... Ils ont déjà passé un accord avec la compagnie de télécom allemande E-Plus, pour que le trafic Aka-Aki reste gratuit. Aka-Aki pourrait aussi devenir un outil de travail. Roman Haensler, 29 ans, l'un des cofondateurs, lance une piste : "Dans un Salon professionnel, tous les téléphones vont s'échanger des cartes de visite et des CV numériques, ça va décupler le maillage."

La puissance de Aka-Aki semble illimitée, car un mobile doté de son logiciel ne repère pas seulement les autres membres, il recense tous les appareils émettant un signal Bluetooth : téléphones mobiles ordinaires, ordinateurs, imprimantes, GPS de voiture... Till, 29 ans, chercheur en biologie, fait une démonstration dans un café fréquenté par des étudiants. Dès qu'il entre, son mobile affiche une liste de 22 mobiles, 1 GPS et 7 ordinateurs portables. Le plus souvent, le signal Bluetooth diffuse simplement la marque et le modèle de l'appareil, mais parfois, le propriétaire a entré un pseudo, ou même son vrai nom. Le serveur central de Aka-Aki crée un profil pour chaque appareil et note qu'ils ont été "découverts" par Till en indiquant le jour et l'heure : "C'est comme un jeu de piste, tous mes amis savent que je suis passé par ici, puis par là, et combien de fois. C'est étrange, mais sur Aka-Aki, les objets acquièrent une vie propre." L'ordinateur du gérant du bar, installé dans une arrière-salle, possède bien sûr son profil depuis longtemps. Il affiche la liste de tous les membres de Aka-Aki ayant fréquenté le lieu, avec pour chacun d'eux le nombre de visites et la date du dernier passage.

Les filles, très rares au début, arrivent en masse. La première copine Aka-Aki de Till s'appelle Mona, 25 ans, étudiante en droit, détectée dans une fête, puis retrouvée dans un supermarché. Mona, qui a grandi dans une petite ville, fait un stage professionnel à Berlin, mais elle a du mal à s'adapter : "Dans ma ville natale, toutes les familles se connaissent, si un garçon me plaît, je n'aurai aucun mal à savoir qui il est. De toute façon, il n'y a que deux discothèques là-bas, tous les jeunes s'y retrouvent. Mais Berlin est si grand, on se sent perdu."

Un soir, alors qu'elle rentrait chez elle en tramway, elle remarqua qu'un jeune homme lui souriait. Elle le trouva beau, se sentit aussitôt séduite : "Nous nous sommes dévorés des yeux pendant tout le trajet, c'était intense." Mais Mona n'ose pas aller vers lui, et le garçon ne se décide pas non plus. Quand elle arrive près de chez elle, elle descend du tramway, la mort dans l'âme : "Je pense à lui tous les jours. S'il avait été inscrit sur Aka-Aki, son nom et sa photo se seraient affichés sur mon mobile. Une fois chez moi, j'aurais étudié son profil, et je lui aurais envoyé des messages, pour faire connaissance avant de lui fixer un rendez-vous. Bientôt, tous les jeunes Berlinois seront sur Aka-Aki, la vie des filles timides va changer."

Certaines femmes, dont la photo attire le regard, sont déjà célèbres sur le réseau. Clara, 24 ans, chef de projet marketing, est repérée sans arrêt, car elle circule beaucoup dans Berlin. Si on veut la voir pour de vrai, il suffit d'être un peu patient. Après trois tentatives, elle est enfin localisée un matin, dans un café, devant un petit déjeuner : "Je reçois 20 à 30 messages par jour. Je les lis tous, et je réponds parfois, s'ils sont drôles ou malins. Quand un garçon m'intéresse, je sais que je le retrouverai, à ma guise, sans stress. Aka-Aki offre cette liberté." Sur son profil, Clara a affiché sa nouvelle devise : "Bye-bye, vie privée !"

Le problème du respect de la confidentialité des informations n'a pas échappé aux créateurs de Aka-Aki : "Nous avons contacté les autorités compétentes pour savoir si notre système est licite, explique Roman Haensler, mais elles n'ont pas su nous répondre, Aka-Aki est trop nouveau. Nous collaborons avec les fonctionnaires pour imaginer un cadre juridique adapté." Cela dit, Roman et ses collègues sont convaincus que les jeux sont faits : "La fusion entre le monde numérique et le monde réel, souvent promise, est enfin en train de se réaliser. Nous allons créer une "réalité augmentée" inédite, dont personne, pas même nous, ne peut encore mesurer les conséquences."

http://medias.lemonde.fr/mmpub/edt/ill/2009/04/06/h_4_ill_1177131_aka-aki.jpg

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Impressionnant.
Ils devraient mettre en place un système d'autorisation, cela réglerait certains problèmes. Je m'explique : pouvoir quand on le veut, ne pas être localisé par les autres membres du réseau.

Faites l'amour pas la guerre !
"Les gens préfèrent glisser leur peau sous les draps que de la risquer sous les drapeaux" - Raymond Devos.

Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Aporie a écrit:

Ils devraient mettre en place un système d'autorisation, cela réglerait certains problèmes. Je m'explique : pouvoir quand on le veut, ne pas être localisé par les autres membres du réseau.

Ca existe :
http://www.google.com/intl/fr_fr/latitude/intro.html

Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Sur Google Latitude, je ne vois aucun problème. Après tout, si on a envie que tout le monde sache où l'on se trouve ... pourquoi pas ?

Mais j'ai cru comprendre que la détection était systématique sous Aka-Aki (ex : Dans l'article posté, la jeune fille qui se voit proposer un café alors qu'elle révise chez elle). Là ça pose un réel problème.

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Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Tu peux couper facilement ton Bluetooth.
Le problème c'est que ce n'est pas off par défaut.

Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Je veux pouvoir utiliser librement mon bluetooth sans pour autant être localisé par tout Paris.

Tu as raison, ça devrait être off par défaut.

Faites l'amour pas la guerre !
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Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Mes détracteurs vont encore réagir à cette répercution d'article, mais pour le coup ça se passe de commentaires...

24 heures de garde à vue pour une mauvaise blague par SMS

C'est la désagréable expérience à laquelle a été confronté un jeune menuisier d'Abbeville, dans la Somme. Le contenu du texto: «Pour faire dérailler un train, t'as une solution ?»

24 heures de garde à vue... pour une mauvaise blague reçue par texto. Le Courrier Picard raconte, dans son édition de ce week-end, comment Stéphane, un jeune homme de 29 ans habitant Abbeville (Somme), a passé une nuit au poste. Tout commence avec un SMS envoyé par un collègue de travail: «Pour faire dérailler un train, t'as une solution ?».

Stéphane ne réagit pas à la plaisanterie. Mais le 16 avril, il est convoqué au commissariat d'Abbeville en fin d'après-midi. Il s'y rend sans inquiètude. Mais sur place, le ton change: «J'entends parler d'affaire criminelle, de terrorisme, et d'une garde à vue qui pourrait durer dix jours, raconte Stéphane au Courrier Picard. On me demande si je suis capable de choses farfelues comme, par exemple, faire dérailler un train.» Le jeune menuisier donne le nom de son collègue, auteur du SMS. La police perquisitionne chez lui, et le ramène également au commissariat.

Vers 16 heures, Stéphane est placé en garde à vue, sur instruction du parquet. «C'était un véritable choc. En deux secondes, j'ai eu l'impression de devenir un vulgaire criminel. Je me retrouve dans une belle cellule jaune qui sent la pisse, j'ai l'impression d'être traité comme un chien.» Le lendemain, les auditions reprennent. Stéphane ne retrouve la liberté qu'à partir de 16 heures, soit au bout de 24 heures de garde à vue. L'auteur du SMS est également libéré.

L'affaire de Tarnac en toile de fond

Stéphane s'est en fait rendu coupable de «non dénonciation de crime» face à ce SMS jugé «tendancieux». D'où le placement en garde à vue, une «procédure pénale [qui] est la même pour tout le monde, que le risque soit probable ou peu probable», rappelle Éric Fouard, le procureur de la République d'Abbeville. Ce dernier admet cependant que la récente affaire de Tarnac (Corrèze) «a certainement joué en sa défaveur».

Quant à savoir comment ce SMS a fini sur le bureau du procureur, il faut chercher du côté de l'opérateur, selon Le Courrier Picard. «L'appareil sur lequel Stéphane a reçu ce SMS était un téléphone prêté par l'opérateur, le sien étant en réparation», explique le journal. «L'opérateur a le droit de consulter ces messages et le devoir d'alerter les autorités s'il estime qu'un crime ou un délit est susceptible d'être commis», ajoute le procureur d'Abbeville. Sur Rue89, une porte-parole de l'opérateur concerné, Bouygues Telecom, indique qu'une enquête interne a été ouverte. «Un opérateur n'est pas autorisé à délivrer le contenu d'un SMS aux autorités, sauf s'il y a réquisition judiciaire. Nous n'avons pas le droit de prendre connaissance des contenus échangés par nos clients.» Contacté par Liberation.fr, Bouygues Telecom n'a pas souhaité faire de commentaire.

Brrrr

Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Je sais pas si je suis à ranger dans tes détracteurs, mais cet article me fait réagir. Et figure toi que je suis d'accord avec toi :-)

Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Dans une certaine mesure cette affaire me rassure.

Last edited by Aporie (04-05-2009 17:27:42)

Faites l'amour pas la guerre !
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Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Dans quelle mesure ?

Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Celle de la peur que mon train déraille...

Pensée irrationnelle, j'en conviens.
Mais je suis prêt à ce que mes sms soient lus si ça peut me garantir la sécurité.
Il faut savoir faire certaines concessions. Liberté ou sécurité ?

J'ai choisi le camp de Big Brother !

En tout cas j'avoue n'avoir aucun argument, mais uniquement des sentiments (la peur en l'occurrence).
Je dois être idiot, mais tant pis.

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Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Aporie a écrit:

Celle de la peur que mon train déraille...

Pensée irrationnelle, j'en conviens.
Mais je suis prêt à ce que mes sms soient lus si ça peut me garantir la sécurité.
Il faut savoir faire certaines concessions. Liberté ou sécurité ?

J'ai choisi le camp de Big Brother !

En tout cas j'avoue n'avoir aucun argument, mais uniquement des sentiments (la peur en l'occurrence).
Je dois être idiot, mais tant pis.

...

J'espère que peu de gens pensent comme toi car c'est ce type de comportement (peur confuse et diffuse) qui permet la mise en place de pratiques policières de plus en plus autoritaires afin d'arriver à une sorte d'Etat d'urgence permanent.

Last edited by lehussard (04-05-2009 17:56:14)

Quand on post on raconte pas sa vie.

Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Bof, il faut tenter de trouver un équilibre convenable entre les deux en essayant justement de faire abstraction de considérations "passionnelles" que tu (Aporie) définis toi-même comme irrationnelles.
Dans ce cas précis, on ne peut pas considérer que le risque de sabotage soit assez élevé pour justifier de telles atteintes à la liberté individuelle.

D'ailleurs: Est-ce que quelqu'un connaît des trucs pour faire dérailler un train ? Merci.

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."

Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Trèfle a écrit:

Bof, il faut tenter de trouver un équilibre convenable entre les deux en essayant justement de faire abstraction de considérations "passionnelles" que tu (Aporie) définis toi-même comme irrationnelles.
Dans ce cas précis, on ne peut pas considérer que le risque de sabotage soit assez élevé pour justifier de telles atteintes à la liberté individuelle.

Bien résumé.


D'ailleurs: Est-ce que quelqu'un connaît des trucs pour faire dérailler un train ? Merci.

Moi, non. Mais je connais un site sympa où Aporie se fera peut-être une joie d'y indiquer ton pseudo.
-> http://www.denonciation.com/ héhé

Quand on post on raconte pas sa vie.

Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

C'est déjà fait smile

Plus sérieusement, je cherchais juste à vous faire réagir... Je suis un peu parano mais pas à ce point.

Un petit commentaire sur l'affaire :
Ce qui est le plus aberrant n'est pas que ce pauvre homme ait été mis en garde à vue, mais les circonstances ayant conduit à cette garde à vue.

Un seul sms et la sauce prend. Qu'est-ce que ça peut révéler ?
Ou bien que les services de police ne poussent pas assez leur investigations, ou encore qu'ils ne peuvent la pousser plus loin.
Ils sont donc aux aguets de la moindre info et se jettent dessus.

Informations incertaines + dispositif "exceptionnel" = INEFFICACITE de la police.

=> Au lieu de se concentrer sur d'autres affaires sur lesquelles ils sont bien informés, ils s'éparpillent et gaspillent temps et effectifs sur n'importe quoi...

Last edited by Aporie (04-05-2009 19:26:49)

Faites l'amour pas la guerre !
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Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Syndrome Stasi (non, ce n'est pas une comparaison foireuse): on amasse une tonne d'information sans pouvoir vraiment faire le tri, donc au final, on ne peut rien faire.

Ankh-Morpork had dallied with many forms of government and had ended up with that form of democracy known as One Man, One Vote. The Patrician was the Man; he had the Vote. -- Discworld politics explained(Terry Pratchett, Mort)

Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Je suis tombé dans le panneau Aporie! ;-)

Quand on post on raconte pas sa vie.

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Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

On vous surveille, on vous espionne mais c'est pour votre bien :

Libération a écrit:

Google : Les données personnelles, une question de vie ou de mort

Larry Page, le cofondateur de Google, n’hésite pas à verser dans l’alarmisme pour justifier la collecte de données personnelles par le moteur de recherche.

« Le fait d’avoir ces données personnelles a beaucoup de valeur. Moins on gardera de traces comme celles-là, plus on aura de chances de tous mourir ». On s’est un peu pincé en lisant dans le Telegraph cette déclaration attribuée à Larry Page, cofondateur de Google, présent près de Londres pour le Google Zeitgeist 2009. A deux doigts de penser que le vénérable quotidien anglais nous sortait soit une citation tronquée, soit un poisson d’avril à retardement. Et pourtant, d’autres médias comme la BBC la rapporte également — sans préciser toutefois si la phrase n’a pas été déclarée sur un ton badin, du genre « Barack Obama s’est inspiré de ma campagne ». Ce qui ne changerait de toute manière pas grand chose au propos. Petite remise en contexte.

Comme nous l’avions déjà signalé dans ces pages, l’Union Européenne souhaite réduire à 6 mois (maximum) la durée de rétention des données personnelles par les moteurs de recherche. Beaucoup trop court pour Google, qui a déjà fait « l’effort », en septembre dernier, de réduire de moitié sa durée de conservation des données en passant de 18 mois à 9 mois. Et pour appuyer son propos, Larry Page n’a pas trouvé meilleur argument que... la grippe porcine. Selon lui, réduire la fameuse durée pourrait diminuer la « valeur » des données, empêchant notamment Google de prévoir avec succès la propagation des maladies et d’épidémies comme la grippe porcine. D’où la citation toute en finesse qui ouvre cet article.

Les réactions n’ont pas tardé. Sur le site Econsultancy, pourtant mesuré et professionnel, un article sobrement intitulé Google’s Larry Page is crazy a fustigé l’exagération du cofondateur de Google. Son rédacteur, Patricio Robles, écrit : « je ne doute pas de l’utilité publique de certaines données collectées par Google. Mais quand Page suggère qu’on a plus de chances de mourir si Google ne peut pas stocker ses données, je ne peux pas m’empêcher de penser que Page passe peut-être trop de temps à faire la fête dans l’avion de Google. »

Eric Schmidt, PDG de Google récemment pointé du doigt pour sa proximité douteuse avec Apple, désapprouve également la décision de l’Union Européenne via un argument qui laisse songeur : « historiquement, quand les marchés commencent à être règlementés, le niveau d’innovation ralentit dramatiquement ». Le même Eric Schmidt invitait paradoxalement lundi les 6000 étudiants de l’Université de Pennsylvanie à « éteindre leurs ordinateurs », à « découvrir ce qui est humain autour de vous ». Un mode de vie analogique, en quelque sorte, par ailleurs moyen radical d’éviter la collecte de ses données personnelles pour une longue durée. Il fallait y penser.

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Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Petite question d'un gros nul aux amateurs avisés :

Ne voulant pas mourir idiot, je me suis inscrit sur Fessebouc pour voir à quoi ça ressemblait. Ma page est inactive (je n'y vais quasiment jamais), je l'ai très peu renseignée.

Or, FB me propose spontanément toute une série de contacts, de façon assez étonnante. Des membres du forum, par exemple, avec qui j'ai correspondu 1 ou 2 fois.

Est-ce à dire que FB, sans rien me demander, va piocher ces suggestions dans ma boîte gmail ?

Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Non, cela veut dire que ces gens t'ont envoyé une invitation / demande de mise en relation. Après tu es libre d'accepter ou pas.

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Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Ca m'étonnerait beaucoup.

Rien de tel n'est dit. Ce sont des "suggestions"  faites par FB, mais aucune allusion à une quelconque demande de ces personnes (un certain nombre).

J'ai déjà reçu des demandes de mise en relation/ajout, ça n'y ressemble pas.

Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Ou alors ces personnes ont permis à facebook d'accéder à leur carnet d'adresses gmail, yahoo ou hotmail.
Bizarre ton truc ceci-dit.

Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Bien sûr que non. Si tu as adhéré à un seul groupe, ou ajouté un seul ami ou même deux, il va essayer de te trouver automatiquement des amis communs. Peu importe si ton profil est très peu renseigné.

Last edited by Broz (22-05-2009 15:59:16)

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

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Last edited by Gombrowicz (21-03-2011 16:19:58)

"Nobody fucks with the Jesus."

Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Broz a écrit:

Bien sûr que non. Si tu as adhéré à un seul groupe, ou ajouté un seul ami ou même deux, il va essayer de te trouver automatiquement des amis communs. Peu importe si ton profil est très peu renseigné.

J'ai effectivement un seul ami (c'était vraiment pour voir, j'en ai plus dans la vraie vie, hein). Qui ne connaît certainement pas les 6-8 personnes suggérées par FB avec lesquelles j'ai été très peu en contact.

L'explication de FF me paraît plausible : accès à ton carnet d'adresse par FB, qui recherche. Tu ne donnes pas suite à certaines recherches, mais FB va contacter les résultats de cette recherche et leur suggérer de prendre contact (dès fois que ça fonctionne mieux dans le sens inverse).

Ca explique non seulement les très proches (FB m'a sorti ma soeur et mon meilleur pote) mais aussi ceux avec qui j'ai correspondu 1 ou 2 fois (ex. certains forumeurs, certains anciens camarades de stage jamais revus...).

Cela dit ça ne peut pas tout expliquer, car je ne connais absolument pas certaines de ces suggestions. Il faudrait donc coupler avec le critère "connaissance de connaissance" ?

PS : parmi cette dernière catégorie, une recherche google permet parfois de faire un lien (ex: liste d'admission à tel diplôme).

Last edited by Bouh (22-05-2009 18:11:38)

"Moult a appris qui bien connut ahan"

Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Présomption de culpabilité.


Le Monde a écrit:

Londres va ficher les 11,3 millions de Britanniques qui s'occupent d'enfants
LE MONDE | 17.09.09 | 15h18  •  Mis à jour le 17.09.09 | 17h34


Londres Correspondante

A Wandworth Common, un parc du sud-ouest de Londres, tous les samedis matin, un groupe de pères britanniques apprend le football à une centaine d'enfants, pour une participation annuelle de 30 livres (environ 33 euros). Pendant ce temps, les mères de famille distribuent le café. Dans moins d'un mois, ces parents dévoués seront fichés par l'Independent Safeguarding Authority (ISA), une agence gouvernementale. L'ISA procédera à une enquête sur leurs antécédents et jugera s'ils ne représentent pas un danger pour des footballeurs en herbe.


A compter du 12 octobre, tous ceux qui sont amenés à s'occuper "de manière fréquente (au moins une fois par mois) ou intensive (trois fois par mois)" d'enfants en Angleterre, au Pays de Galles et en Irlande du Nord devront s'inscrire auprès de l'ISA. Laquelle vérifiera qu'ils n'ont pas, dans une vie précédente, été suspectés de pédophilie ou de violence. Auquel cas ils devront se retirer.

Les enseignants, les infirmières, les médecins, les assistantes maternelles, les proviseurs ou encore les dentistes sont concernés au premier chef. Mais la loi de 2006, qui a créé ce dispositif, va bien au-delà. Un adulte qui accompagne régulièrement des sorties de scouts, par exemple, devra lui aussi être accrédité. Tout comme les familles qui accueillent des enfants étrangers désireux de perfectionner leur anglais.

Ceux qui oublieront de s'inscrire auprès de l'ISA encourent une amende de 5 000 livres. Tout comme leurs employeurs, qui seront passibles d'une peine de prison s'ils font travailler une personne que l'ISA a jugée inapte. ""La base de données anti-pédophiles", comme l'appelle le Daily Telegraph, qui mène une violente campagne contre son entrée en vigueur, devrait in fine ficher 11,3 millions de personnes, soit un adulte sur quatre. Jusqu'ici, le gouvernement recensait exclusivement les professionnels de l'enfance, mais pas de manière exhaustive et avec une enquête à leur sujet plus limitée que ce qui est désormais prévu. Il a ainsi déjà collecté plus de 5 millions de noms.

Lors de son adoption à Westminster en 2006, la loi était apparue consensuelle. Les rares débats qu'elle avait suscités concernaient les 64 livres que doivent verser les fichés de l'ISA au titre des frais d'enquête qu'ils occasionnent. Il a été décidé que les bénévoles en seraient exonérés. Pour le reste, il n'y avait pas eu de polémique. Il a fallu attendre que l'ISA précise, il y a quelques jours, les modalités de sa mission pour que les critiques se fassent entendre.

Des écrivains pour enfants, comme Philip Pullman et Anne Fine, se sont offusqué des "exigences insultantes" de l'ISA et ont menacé de ne plus se rendre dans les écoles. Le travailliste Barry Sheerman, qui préside la commission à l'enfance et aux familles de la Chambre des communes, a condamné la manière dont la loi était mise en oeuvre et a appelé le gouvernement "à se saisir du dossier".

"Nous allons voir les clubs et les centres de loisirs pour enfants se vider et cela finira avec des jeunes qui s'ennuieront dans la rue", a ainsi commenté Chris Gayling, ministre de l'intérieur du cabinet fantôme conservateur. Dans le même ordre d'idées, la National Society for the Prevention of Children a jugé que cette législation mettait en péril "des activités parfaitement saines et normales". "Quand un dispositif destiné à protéger les enfants est critiqué de toutes parts, c'est qu'il va trop loin", a de son côté jugé Chris Huhne, pour les libéraux-démocrates.

Ed Balls, le ministre de l'éducation, a dû annoncer, lundi 14 septembre, qu'il allait faire réexaminer l'ensemble du dispositif pour vérifier que le gouvernement "a bien placé le curseur là où il faut". Sir Roger Singleton, le président de l'ISA, a jusqu'à décembre pour juger si des "ajustements" doivent être envisagés.

M. Balls a jugé utile de préciser que "les adultes qui rendent occasionnellement service à des amis en allant, par exemple, chercher leurs enfants à l'école, ne seraient pas concernés. Pas plus que les parents qui se rendent à l'école de leurs enfants pour le spectacle de Noël, ou autre".

La loi de 2006 qui a créé l'ISA et sa base de données trouve ses origines dans un fait divers qui a ému la Grande-Bretagne en 2002. Holly Walls et Jessica Chapman, deux petites filles de 10 ans, avaient été tuées à Soham (Cambridgeshire) par Ian Huntley. Cet homme travaillait dans le collège voisin, bien qu'il ait été impliqué dans des affaires d'agression sexuelle et de viols. Mais il n'avait pas été condamné dans ces dossiers.

"La fureur qui a saisi le pays avec l'affaire de Soham nous a tous rendus paranos", juge aujourd'hui le détective à la retraite Chris Stevenson, qui a mené l'enquête sur les deux meurtres. Londres "a surréagi", juge-t-il, alors que la plupart des affaires de pédophilie sont le fait de membres de la famille ou d'amis. M. Stevenson n'est pas certain que la nouvelle loi aurait empêché le drame : Ian Huntley a rencontré ses victimes parce qu'elles étaient les élèves de sa compagne, rappelle-t-il. Et cela, aucune loi ne pourra rien y changer.

Il y a quelques jours, M. Stevenson accompagnait son petit-fils de 9 ans à un match de football. Il était en train de le mitrailler avec son appareil photo quand un entraîneur lui a demandé de supprimer toutes ses prises ou de demander l'autorisation à tous les parents qui étaient présents.

Virginie Malingre

http://www.lemonde.fr/europe/article/20 … _3214.html


Je m'imaginais que le fichage généralisé prendrait des formes répugnantes, mais de là à instrumentaliser des viols d'enfants...
D'ailleurs, si l'enquête s'arrêtait véritablement  à la consultation du casier, elle ne couterait en aucun cas 64 livres (on rira bien des motifs de "certification non-conforme").

« Hit me right in my white guilt »

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Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Le Figaro - AFP a écrit:

Application Iphone pour les méfiants

Une nouvelle application pour le téléphone portable d'Apple, l'iPhone, offre aux méfiants ou aux déçus des relations amoureuses de tout savoir sur leurs amants ou futurs partenaires. L'application baptisée "DateCheck" (Vérification de rendez-vous galant) a été conçue par l'entreprise américaine Intelius, spécialisée dans la collecte d'informations destinées aux personnes et entreprises, et présentée mardi lors du salon DEMO en Californie (ouest).

Avec un simple nom ou un numéro de téléphone, les utilisateurs de DateCheck peuvent fouiller la gigantesque base de données d'Intelius pour savoir si leur rendez-vous amoureux a oublié de mentionner son passé criminel ou son statut d'homme ou de femme marié(e) par exemple. La recherche de base est gratuite, mais les analyses plus poussées peuvent coûter jusqu'à 40 dollars.

"DateCheck est plus sévère avec mes soupirants que mon propre père ne l'était", a relevé une responsable d'Intelius, Katherine Herman, en présentant l'application.
DateCheck met en évidence les violences sexuelles, les arrestations liées aux stupéfiants ou encore les condamnations pour conduite en état d'ivresse, selon Intelius. Mais l'application peut aussi utiliser une adresse pour révéler si une personne vit seule et connaître la superficie et le prix de son domicile.

DateCheck passe également en revue les principaux sites de socialisation comme Facebook, MySpace ou Flickr, et créé un résumé de ce qu'y fait la personne scrutée, fournissant des liens vers ses pages personnelles.

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Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Je trouve que Vanneste ne va pas assez loin. On devrait être filmé 24h/24, qu'on soit dehors ou chez soi, et tête nue, toujours. La sécurité avant tout.
PS : ne pas se fier au titre de l'article, le délire de Vanneste va plus loin.

Un blog du Monde a écrit:

Vanneste veut interdire les travestis

Christian Vanneste vient de déposer un projet de loi “visant à interdire l’ensemble des vêtements ou accessoires permettant de masquer l’identité d’une personne“…

En juin dernier, rappelle le député, Nicolas Sarkozy avait déclaré, à Versailles, que la burqa n’était “pas la bienvenue” en France. Et Vanneste, aujourd’hui, d’ajouter :

    Il s’agit ici de ne pas se limiter au seul problème de la burqa et de l’entrevoir à travers le prisme de la sécurité. (…) Celle-ci constitue, selon Montesquieu, la première des libertés publiques.

    Pour que les systèmes de vidéosurveillance soient efficaces, tout vêtement qui empêche l’identification en cachant le visage doit être proscrit sur la voie publique, sauf lorsqu’il correspond à une exigence médicale.

C’est vrai quoi : la burqa, c’est bien, mais pourquoi ne pas en profiter pour pousser le bouchon encore un peu plus loin ?

N’était-ce d’ailleurs pas le sens du décret anti-cagoules qui, en juin dernier, visait déjà à interdire “le fait pour une personne, au sein ou aux abords immédiats d’une manifestation sur la voie publique, de dissimuler volontairement son visage afin de ne pas être identifiée” ?

Christian Vanneste a d’ailleurs tout plein d’arguments :

    La sécurité publique justifie l’interdiction du port du turban par un sikh motocycliste ou l’obligation de retirer le voile pour des contrôles de sécurité.

    Les raisons de sécurité et d’hygiène justifient également l’interdiction du port du voile ou d’une cagoule pour la pratique du sport à l’école et l’exclusion de l’élève qui refuse de s’y soumettre.

    Ces mêmes raisons pourraient être évoquées pour interdire la dissimulation du visage sur la voie publique.

D’autre part, note le député, “la notion d’ordre public peut également être invoquée à propos des bonnes mœurs“.

Ainsi, “il n’est pas licite en France de se promener nu ou en monokini sur la voie publique.” Alors qu’il est tout à fait possible de se travestir avec force maquillage, faux seins et perruques… ce qui n’est probablement pas vraiment pour plaire à ce député, qui fut le premier homme politique français à être condamné pour homophobie, faut-il le préciser (et même si, depuis, sa condamnation a été annulée).

On notera cela dit que l’idée ne vient pas de lui, mais d’”une députée belge, chef de file des libéraux du Mouvement Réformateur, Christine Defraigne, (qui) vient de déposer une proposition de loi visant à interdire à toute personne de circuler sur la voie publique et/ou dans les lieux publics le visage masqué, déguisé ou dissimulé“.

La proposition de Christian Vanneste a dès lors pour objectif de “permettre à tout moment l’identification des personnes dans les espaces publics pour une question de sécurité publique pour répondre à l’exigence de sécurité à laquelle doivent se soumettre toutes les personnes sans discrimination et dans une parfaite égalité des droits” :

    PROPOSITION DE LOI

    Article 1er

    Toute personne allant et venant dans l’espace public doit avoir le visage découvert et porter des vêtements ou accessoires permettant aisément sa reconnaissance ou son identification.

    Le principe mentionné à l’alinéa précédent ne s’applique ni aux services publics en mission spéciale, ni aux activités culturelles telles que le carnaval ou le tournage d’un film.

    Article 2

    Est puni de deux mois d’emprisonnement et 15 000 € d’amende la violation du principe mentionné à l’article 1er. Est puni de la même peine l’incitation à violer ledit principe.

    En cas de récidive, ces peines seront portées à un an de prison et 30 000 € d’amende.

Et les enfants, ils auront droit de se déguiser, ou de porter une cagoule pour se protéger du froid ? Et les motards, ils devront rouler sans casque ? Et les skieurs, ils devront retirer leurs bonnets et lunettes ? Les porteurs de postiches devront-ils ôter leurs perruques ? Les travestis devront-ils aller se déshabiller (et se démaquiller) ? Et les nonnes, il y a pensé, aux nonnes ? Elles vont devenir quoi, les nonnes ?…

Mise à Jour à 20h : visiblement, certains (notamment en commentaires) n’ont pas compris l’ironie de ce billet. Christian Vanneste n’a pas rédigé son projet de loi pour “interdire” les travestis, mais la rédaction, en l’état, de son projet de loi, laisse grande ouverte la porte à ce type d’interprétation, ce qu’il reconnaît d’ailleurs lui-même dans le billet qu’il vient d’y consacrer sur son blog, en réponse au mien :

    Personnellement, je ne me suis jamais opposé au port du voile. Par ailleurs, ma proposition de loi admet bien sûr des exceptions, liées notamment aux exigences de la médecine ou aux activités ludiques comme le carnaval. Je n’ai pas cité la Gay Pride, mais j’aurais pu…

    Qu’ils se rassurent, je n’y avais même pas pensé, et je ne vois pas en quoi celui-ci serait concerné dès lors que son visage apparaîtrait avec ou sans perruque…Si quelque doute subsiste encore dans leur esprit, je suis tout prêt à demander à un collègue d’amender mon texte, s’il vient à être discuté !

    Cela dit, je tiens à remercier les auteurs de l’article car ils m’ont procuré un beau moment d’hilarité.

Ravi, en tout cas, de lire que j’ai pu faire rire Mr Vanneste avec son propre projet de loi… mais moins que d’avoir pu faire rire (jaune) ceux qui, et au-delà de l’ironie, ont eux aussi noté ce que ce projet de loi pouvait révéler de l’inconscient sécuritaire de certains…

PS : le problème des motards reste entier…

Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

encore une belle ordure, l'ump n'en a pas marre de fournir un alibi politique à ces gens ?

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

"Un terroriste ne mérite pas de mourir. Il mérite de vivre l'enfer. A perpétuité. Et seule la déchéance de la nationalité le permet." Greg

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Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Ce thread est vraiment déprimant...

Le Monde a écrit:

Le voyeurisme récompensé en Grande-Bretagne

Une société britannique privée va proposer aux citoyens d'outre-Manche ayant chez eux un ordinateur de visionner en direct des images prises par des caméras de surveillance pour dénoncer les crimes et délits. Cette pratique est proposée par Internet Eyes (littéralement Les Yeux d'Internet) sur son site www.interneteyes.co.uk. Une récompense de 1 000 livres sterling sera versée chaque mois à la personne qui dénoncera le plus de crimes. "Les gens ont des tendances voyeuristes", se réjouit Tony Morgan, directeur d'Internet Eyes. "Notre initiative est utile et nécessaire, la criminalité augmente, les cambriolages se multiplient. Nous allons stopper de nombreux crimes", affirme-t-il.

Concrètement, les commerces et magasins paieront un abonnement de 20 livres par mois pour que les images prises par leurs caméras de surveillance soient diffusées sur le site d'Internet Eyes. Néanmoins, certains défenseurs des libertés individuelles du royaume dénonce une pratique "malsaine" et "attentatoire".

Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

FDL nl a écrit:

Ce thread est vraiment déprimant...

Le Monde a écrit:

Le voyeurisme récompensé en Grande-Bretagne

Une société britannique privée va proposer aux citoyens d'outre-Manche ayant chez eux un ordinateur de visionner en direct des images prises par des caméras de surveillance pour dénoncer les crimes et délits. Cette pratique est proposée par Internet Eyes (littéralement Les Yeux d'Internet) sur son site www.interneteyes.co.uk. Une récompense de 1 000 livres sterling sera versée chaque mois à la personne qui dénoncera le plus de crimes. "Les gens ont des tendances voyeuristes", se réjouit Tony Morgan, directeur d'Internet Eyes. "Notre initiative est utile et nécessaire, la criminalité augmente, les cambriolages se multiplient. Nous allons stopper de nombreux crimes", affirme-t-il.

Concrètement, les commerces et magasins paieront un abonnement de 20 livres par mois pour que les images prises par leurs caméras de surveillance soient diffusées sur le site d'Internet Eyes. Néanmoins, certains défenseurs des libertés individuelles du royaume dénonce une pratique "malsaine" et "attentatoire".


Les États-Unis ont lancé le concept il y a quelques années...pour surveiller la frontière mexicaine.
Feront-ils pareil pour le dépistage en temps réel du cancer colorectal ?

« Hit me right in my white guilt »

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Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Enfin on fait déjà ça depuis un bout de temps pour "videosurveiller" et tenter de fliquer les extra terrestres et aucune organisation a réagit.... enfin je dit ça, j'dis rien...

tongue

Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

ORB a écrit:

Enfin on fait déjà ça depuis un bout de temps pour "videosurveiller" et tenter de fliquer les extra terrestres et aucune organisation a réagit.... enfin je dit ça, j'dis rien...

tongue

http://www.gedixprod.com/southp/1.png

?

« Hit me right in my white guilt »

Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

FDL nl a écrit:

Ce thread est vraiment déprimant...

Le Monde a écrit:

Le voyeurisme récompensé en Grande-Bretagne

Une société britannique privée va proposer aux citoyens d'outre-Manche ayant chez eux un ordinateur de visionner en direct des images prises par des caméras de surveillance pour dénoncer les crimes et délits. Cette pratique est proposée par Internet Eyes (littéralement Les Yeux d'Internet) sur son site www.interneteyes.co.uk. Une récompense de 1 000 livres sterling sera versée chaque mois à la personne qui dénoncera le plus de crimes. "Les gens ont des tendances voyeuristes", se réjouit Tony Morgan, directeur d'Internet Eyes. "Notre initiative est utile et nécessaire, la criminalité augmente, les cambriolages se multiplient. Nous allons stopper de nombreux crimes", affirme-t-il.

Concrètement, les commerces et magasins paieront un abonnement de 20 livres par mois pour que les images prises par leurs caméras de surveillance soient diffusées sur le site d'Internet Eyes. Néanmoins, certains défenseurs des libertés individuelles du royaume dénonce une pratique "malsaine" et "attentatoire".

Ce n'est pas que le voyeurisme qui est récompensé mais aussi et surtout la délation. Ecoeurant.

Quand on post on raconte pas sa vie.

Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Ah bon ? La délation, c'est le Mal ?

C'est vraiment une éthique de cours de récréation. "Je l'ai frappé, mais lui c'est pire, parce qu'il m'a dénoncé". Un système qui protège le délinquant contre l'honnête, le fort contre le faible.

"Pourquoi m'a-t-on inoculé l'idéal vulgaire et creux d'une ambition sordide et épuisante."
                                                                                                           [Hermann Hesse]

Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Le gouvernement crée deux nouveaux fichiers de sécurité
AP | 18.10.2009 | 12:10

Après l'abrogation l'an dernier du controversé fichier Edvige, deux nouveaux fichiers de sécurité voient le jour. Selon les décrets parus dimanche au Journal officiel, le premier concerne notamment les personnes impliquées dans des violences urbaines ou dans les stades, alors que le second a trait aux postulants à des postes sensibles. Le PS a dénoncé la méthode du ministre de l'Intérieur qui agit "dans le dos du Parlement" par simple décret.

Brice Hortefeux avait justifié mardi dernier la création de ces nouvelles bases de données, assurant qu'elles seraient établies "dans le respect des libertés individuelles". Les décrets stipulent que le traitement de données "ne fait l'objet d'aucune interconnexion, aucun rapprochement ni aucune forme de mise en relation avec d'autres traitements ou fichiers".

Le premier fichier a pour finalité "de recueillir, de conserver et d'analyser les informations qui concernent des personnes dont l'activité individuelle ou collective indique qu'elles peuvent porter atteinte à la sécurité publique", notamment les individus "susceptibles d'être impliqués dans des actions de violence collective, en particulier en milieu urbain ou à l'occasion de manifestations sportives".

Peuvent être recensées les informations concernant notamment l'état civil, la nationalité, la profession, les adresses et numéros de téléphone, les signes physiques et photographies, les informations patrimoniales, les activités publiques, les déplacements et les informations sur ceux entretenant ou ayant eu des relations "directes et non fortuites" avec l'intéressé. Les données, qui peuvent être conservées dix ans, peuvent concerner les mineurs âgés d'au moins 13 ans.

Ce fichier ne comprend pas d'informations liées à la santé ou l'orientation sexuelle, ce qui était le cas avec Edvige et qui avait été vivement contesté. Mais les associations risquent de contester le fichage des données sur "l'origine géographique" et les "activités politiques, philosophiques, religieuses ou syndicales" prévu à l'article 3 du décret.

Le second décret a trait à la création d'un fichier permettant de "faciliter la réalisation d'enquêtes administratives liées à la sécurité publique", notamment pour les personnes postulant à des emplois sensibles (police, gendarmerie, aéroports, etc.). Peuvent y être enregistrées les informations usuelles, ainsi que le rapport de l'enquête administrative "contenant les éléments permettant de déterminer si le comportement de la personne concernée n'est pas incompatible avec l'exercice des fonctions ou des missions envisagées, compte tenu de leur nature". Les données, qui peuvent être conservées cinq ans, peuvent concerner les mineurs âgés d'au moins 16 ans.

Le fichier Edvige, qui avait fait l'objet d'une vive contestation en 2008, "est mort. Il n'est pas question de le ressusciter", avait assuré mardi M. Hortefeux en expliquant que "des travaux ont été engagés, ils sont passés devant le Conseil d'Etat, ils ont été discutés devant -à ma demande- des associations comme la LICRA, SOS Racisme" qui "sont attentives aux libertés individuelles".

Des assurances qui n'ont pas convaincu Delphine Batho, députée PS des Deux-Sèvres et spécialiste des questions de sécurité. "Le ministère de l'Intérieur vient de décider, dans le dos du Parlement, de créer les remplaçants d'Edvige par simple décret", dénonce-t-elle en observant que "la méthode choisie est une fois de plus celle d'un pouvoir qui veut passer en force sur tout".

Dans un communiqué, elle note qu'une proposition de loi votée en commission des Lois "offrait toutes les garanties de protection des libertés publiques et réglait de façon démocratique l'ensemble des problèmes de fichiers afin que les policiers puissent travailler efficacement et sereinement". Or, le gouvernement "a fait obstacle à son inscription à l'ordre du jour cet été". AP

Le gouvernement, bloqué par une première polémique monstre à l'époque d'Edvige, publie par décret un texte proche (avec quelques retouches) un an plus tard, sans passer par le Parlement... Autant sur les violences dans les stades, pourquoi pas. Mais pourquoi faire re-rentrer par la fenêtre le fichage des orientations philosophiques, politiques et religieuses qui avait été sorti par la porte à l'issue du débat de l'année dernière ?
C'est honteux.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Les réactions aux deux nouveaux fichiers de police
NOUVELOBS.COM | 18.10.2009 | 17:30
Voici les réactions de SOS Racisme, de la Licra et du Cran sur les décrets créant deux nouvelles "bases de données" destinées à renforcer les moyens d'enquête de la police, rendus publics dimanche 18 octobre:

-Samuel Thomas, vice-président de SOS Racisme, a dénoncé le fait que le décret consacré à la "prévention des atteintes à la sécurité publique" "porte dérogation à la loi informatique et liberté en autorisant les
renseignements généraux (RG)" à mentionner l'origine géographique des personnes.
Pour lui, "ce nouveau décret est un recul pour les droits de l'Homme" et est "extrêmement dangereux pour la cohésion nationale", car il laisse la possibilité de "mentionner l'origine africaine ou algérienne" des personnes. Il "pose un énorme problème d'interprétation en n'indiquant pas clairement que la mention de l'origine raciale ou ethnique est interdite".
Le décret est "un pied de nez et une trahison vis-à-vis de la commission Bauer (groupe de contrôle des fichiers, réactivé à la suite de la polémique sur Edvige, ndlr) qui avait adopté à l'unanimité en octobre 2008 des garanties importantes contre toute velléité des RG de faire des fichiers des personnes en fonction de leur origine ethnique, de leur appartenance politique, syndicale ou religieuse".
SOS Racisme réclame donc "que le gouvernement revienne à ce que la commission avait adopté" et "retire de l'article 3 du décret la dérogation portant sur l'origine géographique des personnes". (Déclaration à l'AFP)

- La Licra accueille "avec satisfaction l'évolution des deux nouveaux fichiers de renseignement (...) qui enterrent définitivement leurs ancêtres, les projets Edvige et Edvirsp", même si elle reste "réservée quant au fichage des mineurs de moins de 16 ans susceptibles de porter atteinte à la sécurité publique".
Ces deux décrets "apportent incontestablement des garanties supplémentaires par rapport aux textes précédents, notamment par une terminologie utilisée plus adéquate, par la fixation d'une durée de conservation des données et par une protection particulière et renforcée pour les mineurs".
Ils apportent, selon la Licra, "une précaution essentielle" en "distinguant les finalités du traitement entre ce qui relève de la prévention des atteintes à la sécurité publique et ce qui concerne la réalisation des enquêtes administratives liées à la sécurité". (Communiqué)

-Le Conseil représentatif des associations noires de France (Cran) s'est dit "très préoccupé" par l'un des articles du décret qui comporte une référence à "l'origine géographique".
Si le CRAN se dit satisfait du retrait des données "ethniques" ou "raciales" figurant dans les anciens fichiers de police, il se dit "très préoccupé" par la référence à "l'origine géographique", redoutant qu'il s'agisse là d'une "manière de contourner l'interdiction de ficher l'origine 'ethnique', ce qui serait inacceptable". L'association demande donc au ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux de "lever toute ambiguïté sur cette inquiétante référence". (Communiqué)

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Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

La nouvelle version d'Edvige? Des «clones» du texte précédent
Créé le 19.10.09 à 13h29 | Mis à jour le 19.10.09 à 13h31  | 0 commentaires
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Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, le 31 août 2009
Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, le 31 août 2009/C.PLATIAU / REUTERS

REVUE DE WEB - Le nouveau dispositif suscite des réactions pour le moins mitigées sur le Net...
La mobilisation contre le fichier Edvige avait atteint des sommets sur le Net, en 2008, avec plus de 200.000 signataires pour une la pétition lancée par le collectif «Non à Edvige». Finalement, le gouvernement avait décidé de scinder le fichier en deux parties: l'une, est consacrée à la «prévention des atteintes à la sécurité publique», dixit le ministère de l'Intérieur. Sa cible: «les bandes, les hooligans et les groupuscules». La seconde, relative aux «enquêtes administratives liées à la sécurité publique», porte sur les postulants à un emploi dans la police, la gendarmerie ou des secteurs sensibles (aéroports, centrales nucléaires, etc). Edvige (Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale) est ainsi devenu Edvirsp (Exploitation documentaire et valorisation de l’information relative à la sécurité publique).

Sur le fond. Le fichier Edvige, soit-disant enterré, revient-il par la cheminée? «Edvige est mort, il n'est pas question de le remplacer», assurait mardi le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux. Or, pour le collectif «Imaginons un réseau Internet solidaire» (IRIS), ce sont «deux clones». En ce qui concerne le premier fichier, le collectif dénonce «des moyens tout à fait disproportionnés et donc illégitimes pour lutter contre la petite et moyenne délinquance. Comme dans EDVIGE, les enfants sont visés, à partir de l'âge de 13 ans, au mépris des Conventions internationales de protection des enfants». Le site PC impact pointe quant à lui «de véritables puits sans fond comme ces fameux "agissements susceptibles" d’être pénalement interdits, ou les “comportements”, les “déplacements”, mais encore tout le tissu de ses liaisons avec les proches (amis, copains, famille, collègues de travail, etc.). Seule et maigre rempart: "Le traitement ne comporte pas de dispositif de reconnaissance faciale à partir de la photographie".»

Sur le second fichier, le blog Sarko France estime, texte à l'appui, que «le décret élargit les facultés de fichage habituellement autorisées en France» et permettra même de «conserver des informations relatives au passé adolescent d'un fonctionnaire, puisque ce nouveau fichier sera ouvert aux données relatives aux mineurs de 16 ans au moins».

Parmi les dérogations possibles, une circulaire adressée aux préfets cite la possibilité de consigner les «origines géographique». Selon Patrick Lozès, du Conseil représentatif des associations noires (et qui tient un blog sur 20minutes.fr), il ne s'agit pas du lieu de naissance: «Avec cette nouvelle notion, on pourra dire d’un Français noir né en France qu’il est d’origine africaine ou antillaise».

Sur la forme. Le ministre de l'Intérieur a choisi de mettre en place ces nouveaux fichiers par décret. C'est à dire sans passer par le vote du Parlement. Selon le blog La Mouette, cela illustre une méthode contestable: «Attendre un fait divers, s’en saisir et faire passer à la hussarde et en catimini un texte qui attendait au chaud son heure dans un tiroir». Le gouvernement a effectivement passé ces textes à la suite des évènements survenus à Poitiers, le week-end du 11 octobre. Une impression renforcée par le fait que les deux textes aient déjà été validés par le Conseil d'Etat. «il a suffi d’une émeute dans les rues de Poitiers pour voir poindre, en une journée, deux nouveaux fichiers, dont les décrets - miracle - auraient déjà été soumis au Conseil d’Etat», note le blog Bug brother.

Sur le timing. Les deux décrets ont été publiés le 16 octobre 2009... jour de la Sainte Edvige. Le collectif Iris y voit un «signe de l'humour devenu légendaire du ministre de l'Intérieur».
E.J.

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Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Ce qui me paraît le plus effrayant dans cette affaire, c'est que plus on prend les gens dans le dos, moins il réagissent, et plus cela conforte les décisions prises les moins démocratiquement,  les décisions plus dangereuses pour la démocratie, les libertés, la vie privée et la vie de la conscience.

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Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Greg a écrit:

Ce qui me paraît le plus effrayant dans cette affaire, c'est que plus on prend les gens dans le dos, moins il réagissent, et plus cela conforte les décisions prises les moins démocratiquement,  les décisions plus dangereuses pour la démocratie, les libertés, la vie privée et la vie de la conscience.

Tiens, on n'a pas beaucoup entendu l'opposition à ce sujet.
Juju par exemple, pourtant victime de ce genre de fichiers (similaire) aurait son mot à dire... à moins qu'il n'attende un strapontin gouvernemental, comme tout bon socialiste qui se respecte

Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Delphine Batho s'est exprimée sur le sujet, des députés UMP contestent, et un recours est déjà déposé...


Fronde et recours contre les fichiers de police


PARIS - Les deux nouveaux fichiers de la police française ont continué à provoquer des remous lundi, le champ des mécontents s'étendant à un député de la majorité, et feront l'objet d'un recours devant le Conseil d'Etat.
Les deux nouveaux fichiers de la police française ont continué à provoquer des remous lundi, le champ des mécontents s'étendant à un député de la majorité, et feront l'objet d'un recours devant le Conseil d'Etat. (Reuters/Charles Platiau)

Les deux nouveaux fichiers de la police française ont continué à provoquer des remous lundi, le champ des mécontents s'étendant à un député de la majorité, et feront l'objet d'un recours devant le Conseil d'Etat. (Reuters/Charles Platiau)

Jacques-Alain Benisti, prenant la vague de la contestation des parlementaires UMP contre le gouvernement, a qualifié le choix de créer ces fichiers par décret dimanche au Journal Officiel de "profonde atteinte au travail parlementaire".

La possibilité de mentionner dans les fichiers l'origine géographique des personnes est la cible des critiques des associations et des partis de gauche.

SOS Racisme annonce le dépôt imminent d'un recours devant le Conseil d'Etat sur le fichier relatif à "la prévention des atteintes à la sécurité publique", et demande de "sanctionner l'imprécision de la mention 'origine géographique'".

La députée socialiste Delphine Batho dénonce un recul majeur par rapport au texte qui encadrait le fichier des renseignements généraux, car il ne restreint pas le fichier aux personnes ayant recouru à la violence.

"Comme pour son prédécesseur Edvige 1, le décret élargit potentiellement de façon très importante le nombre de personnes susceptibles d'être inscrites dans ce fichier de renseignement", écrit-elle dans un communiqué.

Les mentions de l'origine géographique et de l'appartenance syndicale sont, selon le député maire socialiste d'Evry Manuel Valls, "susceptibles de raviver les craintes provoquées par le fichier mort-né Edvige".

Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) ne dit pas autre chose et note que "l'origine géographique peut renvoyer à un territoire (banlieue,...), mais également par exemple à 'l'origine africaine' pour une personne française née en France, dont la couleur de peau est noire".

UNANIMITÉ

Sur la forme, le choix du décret est dénoncé par Delphine Batho comme par Jacques-Alain Benisti, tous deux co-auteurs d'un rapport sur le sujet et qui s'estiment bafoués.

La commission des Lois de l'Assemblée nationale avait adopté en mars à l'unanimité une proposition de loi encadrant le fichage et imposant que "toute nouvelle catégorie de fichier ne puisse être créée que par la loi".

"Le rapport que nous avions remis avec Delphine Batho avait abouti à un consensus salué par tous", dit le député du Val-de-Marne dans un communiqué.

"Même si, sur le fond, l'ensemble des préconisations que nous avions élaborées ont été respectées, je regrette vivement que le gouvernement n'ait pas accepté que ce texte face l'objet d'un débat au Parlement", ajoute-t-il.

Pour Manuel Valls, "la qualité de ce travail contraste avec les précipitations du gouvernement".

Le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon, a lui aussi réclamé lundi que le gouvernement légifère sur ces fichiers "en passant devant le Parlement".

Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a défendu dimanche la création de ces nouvelles "bases de données" de la police française en assurant qu'ils ne pourraient "en aucun cas" comporter de données sur les origines raciales ou ethniques.

Selon Brice Hortefeux, l'indication d'origine géographique est indispensable pour lutter contre le terrorisme.

L'accès aux deux fichiers sera limité à quelques catégories de fonctionnaires de police et aucune interconnexion entre ces bases de données ne sera autorisée. Les données pourront être conservées pendant cinq ans maximum et concerner des mineurs de plus de 13 ans.

La semaine dernière, des députés UMP de la commission des Lois et la commission des Finances ont déjà été à l'encontre du gouvernement en votant en faveur d'une taxe additionnelle pour les établissements de crédit ou en suggérant une exception au bouclier fiscal.

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Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Greg a écrit:

Ce qui me paraît le plus effrayant dans cette affaire, c'est que plus on prend les gens dans le dos, moins il réagissent, et plus cela conforte les décisions prises les moins démocratiquement,  les décisions plus dangereuses pour la démocratie, les libertés, la vie privée et la vie de la conscience.

Sur un autre sujet mais toujours sur le manque de réaction de la population voire sa lassitude, Vincent Lindon a eu une réaction fort clairvoyante la semaine dernière dans la nouvelle émission de Moati (http://www.canalplus.fr/pid1830.htm&nav=1). Comme quoi quand il n'est pas à moitié bourré à la terrasse du Café de la Mairie Place Saint-Sulpice...

Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

L'informaticien.com

Projet Indect : surveillance généralisée du web en Europe

Publié le vendredi 25 septembre 2009 par Emilien Ercolani 
Selon une information du quotidien anglais Telegraph, l’Europe aurait dépensé des millions d’euros dans un projet nommé Indect. Celui-ci aurait pour but de surveiller les réseaux web européens pour y déceler des « comportements anormaux ».


L’Europe serait en train de développer des « technologies Orwelliennes », comme écrit le Telegraph sur son site web. Dans un projet échelonné sur cinq ans, l’Union Européenne serait en train de développer des programmes intelligents, décrits comme des « agents », capables de surveiller ce qui se passe sur les forums, les fichiers serveurs, les réseaux P2P et… les ordinateurs individuels.

Les objectifs du projet Indect sont clairement « la détection automatique des menaces, des comportements anormaux ou violents ». Le Telegraph indique que le projet bénéficie pour l’instant d’un quota de 10 millions de livres, soit environ 10,9 millions d’euros de l’Union Européenne. Il implique également le Police Service of Northern Ireland (PSNI), des informaticiens de l’université de York, et des personnes compétentes issues de neuf autres pays européens.

Shami Chakrabarti, directeur du groupe de défense des droits de l’Homme Liberty, a décrit ce projet de surveillance de masse comme une « sinistre étape » pour les pays concernés, ajoutant ironiquement que ceci est « positivement paralysant » à l’échelle européenne.

Comme d’habitude, l’UE met en avant son nouveau rôle de protecteur contre le crime et le terrorisme sur le net, prônant une « culture commune » qui doit être développée entre les polices du territoire. Ceci comprend également un mélange de l’intelligence de toutes les polices, avec partage des fichiers sensibles sur les individus.

On pointe d’ores et déjà les très probables déviances quant aux libertés individuelles, élément décrit comme une réalité Orwelienne. L’analyste Stephen Booth estime déjà que les citoyens européens devraient « se demander si l’Union ne ferait pas mieux de dépenser l’argent qui provient des taxes sur autre chose ».

Sans compter que le budget alloué à ce projet devrait augmenter dans les années qui viennent : la sécurité informatique devenant un élément de plus en plus primordial, et (heureusement, malheureusement ?) fédérateur.

Bref, certains y voient également une sorte de simili-projet Echelon, utilisé par les Etats-Unis.

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Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

C'est super cool d'avoir une "Union politique" hein

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

"Un terroriste ne mérite pas de mourir. Il mérite de vivre l'enfer. A perpétuité. Et seule la déchéance de la nationalité le permet." Greg

Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Il me semblait que notre système avait atteint une capacité de conservation satisfaisante. Le Pouvoir perd de l'assurance, et ça, c'est très inquiétant.

« Hit me right in my white guilt »

Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Ta première phrase me renvoie l'image d'une chambre froide avec un gros bonhomme en costume de boucher en train de m'expliquer que "le système a atteint une capacité de conservation satisfaisante", et en même temps qu'il prononce ce dernier mot, la porte bascule, ça fait un nuage de givre puis l'on distingue des carcasses de vaches pendues à leur esse et alignées à l'infini.

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."

Re: Big Brother te regarde ou la petite minute paranoïa

Il est vrai que les journaux britanniques se sont toujours montrés objectifs et de toute bonne foi en ce qui concerne l'Union Européenne...

Last edited by Classhole (21-10-2009 06:56:55)