Re: La Russie de Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev

Remontons ce sujet qui le mérite bien... la Russie c'est fascinant.


Et la Russie, c'est l'énergie.

Voilà une news qui trainait sur mon iGoogle hier, et qui m'a fait tiquer. Je la colle ici :

Le pétrole kazakh transitera par la Russie (Nazarbaïev)

21:48 17/03/2011
MOSCOU, 17 mars - RIA Novosti

Presque tout le pétrole produit au Kazakhstan sera acheminé via le territoire russe, a annoncé le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev lors d'une rencontre avec le premier-ministre russe, Vladimir Poutine.

"Pratiquement tout le pétrole que le Kazakhstan produit actuellement et qu'il produira à l'avenir transitera par la Russie", a-t-il déclaré.

A cet effet, il est prévu de moderniser l'oléoduc de la Caspienne dont la capacité sera portée à 67 millions de tonnes de brut par an, a fait savoir le leader kazakh.

Bon, la Russie marque son territoire, classique.


Et ça m'a rappelé ça :

Nicolas Sarkozy au Kazakhstan : Un voyage-éclair riche en contrats

par Claire Fages

Article publié le 06/10/2009 Dernière mise à jour le 07/10/2009 à 11:20 TU
Le président kazak, Noursultan Nazarbayev (d) a reçu son homologue français, Nicolas Sarkozy (g) le 6 octobre à Astana.(Photo : Reuters/Shamil Zhumatov)

Nicolas Sarkozy était ce mardi 6 octobre au Kazakhstan pour une visite éclair à caractère très économique. A cette occasion il a scellé une série de contrats, principalement dans le secteur de l'énergie et des matières premières. La France tente de rattraper son retard dans un pays considéré comme un eldorado pour les investisseurs.

C'est la première visite d'un président français depuis celle de François Mitterrand en 1993, dans ce pays cinq fois plus grand que la France, qui est le premier producteur d'hydrocarbures en Asie centrale et qui concentre le plus d'investissements par habitant de l'ex-URSS.

La France est largement devancée dans ce domaine par les Etats-Unis, la Russie, la Chine, le Canada, la Grande-Bretagne et l'Allemagne. Alors, Nicolas Sarkozy vient récolter ce qui a été semé en deux ans, - depuis la visite du Premier ministre François Fillon à Astana en début de l'année dernière, pour rattraper ce retard, puisque jusqu'à présent, seuls Bouygues, Total et la Société Générale faisaient des affaires dans ce pays. Cette fois, la France devrait remporter l'équivalent de trois milliards d'euros de contrats.

Eldorado énergétique

D'abord, dans le secteur de l'énergie : le Kazakhstan est l'un des rares pays où l'on sait que la production d'hydrocarbures va nettement augmenter dans les prochaines années. Astana voudrait la doubler en six ans et ce, depuis qu'on y a fait la plus grande découverte de pétrole en 30 ans. Il s'agit du gisement de Kashagan, en mer Caspienne, qui devrait entrer en production en 2012. Total fait déjà partie du consortium de compagnies pétrolières. Mais ce qui est en jeu aujourd'hui, c'est le transport de ce pétrole : l'oléoduc. C'est une filiale du groupe français de BTP Vinci qui pilotera sa construction.

Christophe de Margerie, directeur général de Total

« Dans une région où nous n'avons pas accès au marché, la logistique est essentielle pour éviter que ces pays ne tombent entre les mains des Russes, des Azéris ou des Chinois. »



06/10/2009 par Valérie Gas

Côté production de gaz, Total et GDF Suez viennent de racheter 25% des parts du gisement de Kvalinskoye, en mer Caspienne, aux côtés des Kazaks et des Russes. Selon Jean Pierre Favennec de l'Institut français du pétrole, c'est pour la France et plus généralement pour les Européens, une bonne manière de s'affranchir un peu de l'approvisionnement russe.

Grands espoirs sur l’uranium

La visite de Nicolas Sarkozy doit aussi permettre à la France d'affirmer sa présence dans un autre secteur économique majeur de ce pays, le nucléaire civil. Le Kazakhstan possède 13% à 20% des réserves mondiales d'uranium, sans doute les premières au monde. Areva le géant français qui était déjà présent sur le terrain depuis 1997 va s'implanter plus fortement avec les deux accords qui viennent d'être signés avec la société nationale Kazatomprom, l'un pour installer une ligne de fabrication de combustible, l'autre pour commercialiser ce combustible aux électriciens asiatiques, en premier lieu en Chine.

Le Kazakhstan devrait devenir le deuxième fournisseur derrière le Niger. C'est une société française, Alstom qui construira le système d'aiguillage du tramway dans la capitale Astana, EADS Astrium fournira deux satellites d'observation terrestre, et Thalès 4 500 radios militaires.

Nicolas Sarkozy, président de la République

« Le choix que j'ai fait de soutenir le Kazakhstan est un choix de paix. »



06/10/2009 par Valérie Gas

Nicolas Sarkozy consolide le partenariat France-Kazakhstan

Avec notre envoyée spéciale à Astana, Valérie Gas

Revue de troupes en grand uniforme et fanfare militaire dans le hall majestueux du Palais d'« Ak Orda » ( La Maison Blanche en kazak) le président Nazarbaev a réservé un accueil prestigieux à Nicolas Sarkozy, venu à Astana, la toute nouvelle capitale de ce pays pour une visite, certes, de quelques heures mais à laquelle, les deux chefs d’Etat ont affirmé accorder une grande importance.

Et pour cause, dès la matinée, plusieurs accords économiques ont été signés entre les deux pays, parmi lesquels, un important contrat pour permettre une prise de participation de Total et GDF Suez dans l’exploitation d’un champ gazier ou un autre avec EADS, pour assurer la fourniture de satellites au Kazakhstan.

Nicolas Sarkozy a bien insisté sur son désir de développer une collaboration étroite avec un pays décrit comme un allié stratégique dans cette région d’Asie centrale et pour y parvenir, le président français estime qu’il faut faire preuve de pragmatisme, et ne pas arriver dans ce pays tout neuf - indépendant depuis seulement 1991 - avec des a priori ; une attitude qu’il a décidé d’appliquer sur la question du respect des droits de l’homme, sensible au Kazakhstan. Il l’a abordée lors de son entretien avec le président Nazarbaev mais s’est refusé à donner des leçons en public.


Alors, ma question est simple : est-ce que vous avez l'impression comme moi qu'on s'est fait enfilé et qu'en plus on fournit la vaseline ?


Mais il n'y a pas que ça, profitant du beau bordel généralisé, Poutine en profite pour jouer sa partition en Asie :

Séisme: Moscou prêt à accélérer ses projets énergétiques en Extrême-Orient

14:51 15/03/2011
MOSCOU, 15 mars - RIA Novosti

Face à la pénurie d'électricité provoquée par le séisme destructeur au Japon, le premier ministre russe Vladimir Poutine a proposé d'accélérer la mise en œuvre des projets liés à la production d'énergie en Extrême-Orient, notamment du projet Sakhaline-3.

"Etant donnée la mise hors service des capacités électriques de nos voisins pour une longue période, il faut songer à accélérer nos projets prévoyant la production d'hydrocarbures, en premier lieu de gaz, en Extrême-Orient. Je pense en premier lieu au projet Sakhaline-3", a déclaré mardi le chef du gouvernement russe lors d'une réunion consacrée à la situation autour des centrales nucléaires japonaises.

Le projet Sakhaline-3 prévoit l'exploitation des vastes gisements d'hydrocarbures découverts sur le plateau continental entourant cette île dans le nord-est du Pacifique.

Piloté par le conglomérat public russe Gazprom, ce projet porte sur des réserves évaluées à 1.400 milliards de m3 de gaz. Leur exploitation doit débuter en 2014.



Pendant ce temps nos amis allemands avanceraient leurs pions en Mer Noire, en compagnie des Russes, des Italiens et... d'EDF, mais minoritaire. J'ai commencé à mettre en gras mais en fait otut l'article devrait être en gras.

Wintershall Set to Join South Stream

The Wall Street Journal
BUSINESS # MARCH 18, 2011, 10:26 A.M. ET
By GUY CHAZAN

The German oil and gas company Wintershall AG is set to join Russia's South Stream natural gas pipeline, a person familiar with the matter said Friday—a move that the partners hope will increase the pipeline's chances of gaining European Union backing.

Paolo Scaroni, chief executive of the Italian energy giant Eni SpA, said in an interview that a German company would be joining South Stream in the next few days, "giving the project solidity not just in terms of who will be the buyers of the gas, but also in terms of its perception in the EU." "It won't fly unless the EU gives its support," he added.

A person familiar with the matter said the company due to sign up was Wintershall, the oil arm of Germany's BASF SE. Wintershall declined to comment.

The $21.5 billion South Stream pipeline would transport up to 63 billion cubic meters of gas from Russia to Central and Southern Europe. The venture is owned 50-50 by Eni and OAO Gazprom, Russia's natural-gas giant. Eléctricité de France SA is to take a 10% stake in it later this year.

Wintershall is already a partner in another big Gazprom-led project, Nord Stream—a pipeline which will bring Russian gas across the Baltic Sea into Germany. The project also involves Germany's E.ON Ruhrgas AG, Gasunie of the Netherlands and GDF Suez SA.

South Stream has suffered from its highly politicized image. The idea of a new conduit for Russian gas into southern Europe is widely seen in Europe as Moscow's riposte to a rival EU-backed project, Nabucco, which would transport gas from the Middle East and the Caspian region and so reduce the continent's dependence on Russian energy imports.

Russia first broached the idea of South Stream after disputes with its neighbor Ukraine led to a series of cut-offs of Russian gas into Europe, which badly damaged Gazprom's reputation as a reliable energy supplier. South Stream would bypass Ukraine entirely, instead passing under the Black Sea into Bulgaria.

The plan faces regulatory problems in the EU. Analysts say it could fall foul of the bloc's "third energy package," which came into force this month, and is designed to liberalize European energy markets by guaranteeing third-party access to pipelines and separating suppliers from owners of transport infrastructure. Under the new rules, Russia may have to sell some of its pipeline network.

Mr. Scaroni said South Stream will only work if it is exempted from the third-party access rule—a prospect that would be bolstered by Germany's signing up. "We need to have the EU backing the project, and having three companies from three major countries of the EU as part of the project should be a positive," he said.

J'ai l'impression que les Russes nous tiennent vraiment par les couilles. Les Italiens aiment apparemment se les faire chatouiller (j'avais déjà copier/coller les projets communs en Afrique de l'Ouest, mais plus personne n'a de doute sur le sujet), les Allemands tiennent à les garder actives, et les Français risquent fort de couiner bientôt.

Ouais c'est grossier et un poil raciste, mais hier c'était St Patrick et j'ai mal au crâne. J'essaierais de faire mieux, cad une brève analyse, quand j'aurais récupéré. Notamment de cette relation russo-italienne qui ne m'enchante guère.

Last edited by Kunstler (18-03-2011 19:49:49)

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Re: La Russie de Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev

Sans vouloir te vexer, ce n'est pas nouveau que Gazprom, dirigé par le Kremlin, avance ses pions en Europe.

Last edited by Arken (18-03-2011 22:10:49)

Re: La Russie de Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev

Arken a écrit:

Sans vouloir te vexer, ce n'est pas nouveau que Gazprom, dirigé par le Kremlin, avance ses pions en Europe.

Nan mais tu me vexes pas, c'est évident effectivement.

Mais revenons sur le Kazakhstan : le président déclare que pratiquement tout le pétrole transitera par la Russie. Au Kazakshtan, il y a 3 solutions pour le moment  : 1. le Kazakhstan est relié au nord au transneft russe (Atyrau-Samara), maintenant il y a aussi le CPC pipeline qui part pour le terminal russe de la Mer Noire.  2. Le Kazakhstan et la Chine ont un projet de pipeline gigantesque, ou plutôt tout un réseau, qui traversera tout le pays, incluant un lien vers Kashagan, de la mer Caspienne vers le Xinjiang. 3. Les Européens et les Américains ont poussé pour obtenir le Baku-Tbilisi-Ceyhan (BTC) pipeline. Le Kazakhstan a un accord pour fournir du pétrole à Baku, du pétrole qui vient par tankers et part dans le BTC ou par rail jusqu'en Géorgie.

Or le Kazakhstan développe le Kazakhstan Caspian Transportation System (KCTS), pour exploiter le champ de Kashagan. Cela inclut la construction d'un nouveau pipeline (à 51% détenu par KMG, 49% par des compagnies étrangères) qui contourne le bras de mer de la Caspienne et traverse l'Ouest du Kazakhstan du Nord vers un terminal au Sud (Aqtau), à partir duquel un lien maritime sera renforcé avec l'Azerbaïdjan ((joint venture azerbaïdjano-kazakh avec nouveaux tankers, ports, station de transfert à Baku) pour l'envoyer via le BTC, qui devrait être étendu à la Turquie. Seulement, le projet a été repoussé jusqu'en 2018-2019 en octobre 2010.

Là, le président kazakh nous sort que le pétrole passera par la Russie, alors faudra m'expliquer ce que ça signifie. Il y a 3 sorties, au Nord vers la Russie, au Sud via le Caucase, et vers l'Est. Je vois mal les Chinois accepter de modifier leur projet pour le faire passer par la Russie, ça rimerait à rien et ça n'arrivera pas de toute façon. Les Chinois ont mis tellement de pognon au Kazakhstan et le projet pétrolier est tellement énorme que c'est inconcevable. De toute façon, le projet est déjà lancé et le pétrole part déjà en Chine. Mais veut-il dire qu'ils renoncent à développer la connexion avec Baku ? Ce serait une belle épine dans le pied des Européens, car passer par le Caucase permettait de contourner (au moins géographiquement) la Russie, même si on a bien compris que la Géorgie c'est un peu chez eux. Ce serait aussi un drôle de manège entre les deux loustics du Kazakhstan et d'Azerbaïdjan, qui se sont toujours à peu près entendu pour faire leurs affaires entre eux, sans parfois référer à Moscou. La guerre de Géorgie a rapproché l'Azerbaïdjan de l'Europe, mais aussi de Moscou. En matière de gaz, ils sont déjà tombé dans l'escarcelle de Gazprom. Est-ce que pour le pétrole ils accepteraient de mettre en berne les projets avec le Kazakhstan ? Est-ce que ça veut dire qu'il y a de l'eau dans le gaz (pas mal celle là) entre les deux pays, Kazakhstan et Azerbaïdjan ? Ou que Moscou a fait clairement comprendre que les petits accords entre amis c'est terminé ?


J'en viens à la relation russo-italienne, ENI-Gazprom, et aux intérêts français. Évidemment les intérêts pétroliers et gaziers sont interconnectés.

Je copie-colle un extrait de l'article très intéressant de Martha Brill Olcott (Carnegie) sur les intérêts des différents acteurs en Asie centrale, paru dans Global Journal of Emerging Market Economies, Vol 2(3): (2010) 257–300. Quelques extraits :

While some European firms are trying to juggle their interests in the Caspian with those in Russia
to the benefit of their balance sheets, by selling through routes that bypass Russia as well as those that
go through it, the leading American firms may well be trying to develop a Turkmen strategy that takes
advantage of their business dealings in China, but there may no longer be a future in this. For example,
Chevron has been pressing for a share in Turkmenistan’s giant South Iolathan field, but no Western IOC
was included in that consortium.

On a des billes dans la connexion azerbaïdjano-kazakh.

Le souci, c'est que personne ne joue la même partition. Que ce soit pour le gaz ou le pétrole, c'est déjà pas les mêmes 'amitiés'. Mais ce qui ressort surtout, c'est que ENI et Gazprom marchent main dans la main, et même là ou les Russes butent un peu en Turkmenistan, leurs amis italiens sont là de toute façon. Les Allemands jouent leur couplet, tandis que les Français arrivés à la bourre essayent de se rattraper.

Elle poursuit :

Kazakhstan will be a medium sized producer in the global oil industry
and Turkmenistan could have a similar role in the gas sector, but their assets still pale in comparison to
those of Russia, and unlike Russia, these countries are land-locked with limited ability to independently
parlay their assets in some sort of regional consortium. All (including Azerbaijan) will be dependent
upon the goodwill of the more powerful transit states that they border on, Turkey, Russia, China, and
possibly, eventually, Iran. And none of these states will be powerful enough to juggle the interests of
these various actors off against one and another, but each will have to hope that no one state is ever fully
able to dominate the transit market place.

J'attire l'attention sur le dernier point : la Russie a-t-elle pris l'avantage au Kazakhstan ? Ce dernier est sans doute l'acteur majeur de l'Asie Centrale, celui avec le plus de potentiel (en tout cas c'est le cas si on considère les réserves prouvées de pétrole). Aliyev, type très fréquentable comme chacun sait, a réussi l'exploit de se faire bien courtiser par tout le monde : américains, européens, russes, kazakhs, turkmens... serait-il en train de succomber à des sentiments plus 'russophiles' ? La Russie possède des réserves bien supérieurs autres pays de l'ex-URSS d'Asie Centrale. Le Kazakhstan a un gros potentiel, et va surement doubler sa production d'ici 2020-2025. Pourtant, la Russie aura toujours une production deux fois plus importante à elle-seule que les autres pays d'Asie centrale réunis, dont le Kazakhstan représente la très grosse majorité. L'Azerbaïdjan est loin derrière en termes de réserves prouvées. Le Turkménistan et l'Ouzbékistan restent des petits joueurs. Le Kazakhstan est de la catégorie du Nigeria et la Lybie, c'est-à-dire un important producteur (ceux autour de 40 000 millions de barils en réserve), moitié moins que les Russes mais plus que les USA, le Canada, le Qatar, la Chine, le Brésil, l'Algérie ou l'Angola.

Elle ajoute :

neither Kazakhstan nor Turkmenistan have been willing to negotiate new production sharing agreements in recent years[...] As a land-locked country Kazakhstan has no really good alternatives. Azerbaijan and Russia are competing producers, and the netbacks from the Pacific routes tend to be lower than through the Mediterranean.


Mais si on prend en compte le gaz, la situation est encore pire :

The region’s gas industry faces even larger challenges. The international gas industry is in a state of
flux. The IEA predicts the underutilization of pipeline capacity combined with increases in the amount
of LNG available will create a global glut that will rise from 60 bcm in 2007 to close to 200 bcm by
2012–15 (International Energy Agency, 2009). With the dramatic increase in the LNG available for
European markets, making the higher priced gas sold by Russia through pipelines very much less
attractive.

While many Western European countries are going to be tied to the Russian pipeline system for years
to come (Kirillov, 2009), even they have flexibility as to the minimum amount of gas that they are contractually
obligated to buy from Russia.

With time, increasing amounts of Caspian gas will also find their way to Europe by routes that bypass
Russia. But the Europeans have diminished any advantage that they might have had in this region by
the EU’s inability to advance any coherent energy policy, a policy which could trump the conflicting
strategies of the various EU member states
. [...] In the end, though there is the serious question of how many
pipelines to Europe can be supported in the long run and whether the European pipelines will leave the
Caspian producers with higher netbacks than they are getting from Russia or China
.

It remains to be seen how China will use the power that it is accumulating in the oil and gas sectors
of the three east Caspian states. Caspian oil will only make a relatively small contribution to stating
China’s growing energy needs and will offer little protection against closure of the Straits of Mallaca
.
Caspian gas can help meet energy needs in Xinjiang and facilitate planned industrial growth in that
contentious area of China, but alternative and cheaper sources for energy could have been found. The
fervor with which Beijing is going into the Caspian market suggests that the prize that they seek is at
least as much geopolitical equity if not dominance in this region. This does not mean that China will
behave like a hegemonic power in the region, or that they have any interest in the kind of economic
integration that Russia has proposed to these same states. What the rise of China means is that despite
waning Russian influence, Western IOCs and their governments will still not find an even playing field
in the Caspian region
.

Last edited by Kunstler (13-04-2011 21:28:42)

Re: La Russie de Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev

Mon fil RSS m'a sorti une news qui fait réfléchir sur l'ironie de l'histoire... Baden-Baden et Sotchi ont signé un pacte de jumelage. Quand on pense à ce que représente Baden-Baden... du casino où Tolstoï et Dietrich venaient dépenser leurs ronds, la base française où Massu accueilli le Général De Gaulle, mais où résidèrent également Dostoeïvski, Brahms, Höß (1er commnandant d'Auschiwtz), Nolleau aussi d'ailleurs. Et Sotchi, dans le Caucase russe, qui va accueillir les jeux olympiques de 2014. Ces deux villes partagent leur passé de lieu de villégiature, station thermale pour Baden-Baden, station balnéaire pour Sotchi. D'ailleurs, Staline et le politburo venait y passer leurs vacances... et c'est de là que l'homme de fer dirigea les purges de 36. Aujourd'hui, Poutine y possède une résidence... Mais le compte, c'est que Baden-Baden est aussi jumelée à... Yalta. Oui, LA Yalta, en Ukraine. Sotchi et Baden-baden sont d'ailleurs toutes deux jumelées à Menton, annexée par les Italiens puis occupée par les Allemands. France, Allemagne, Russie... quand je serai vieux, riche et oisif, j'écrirais un  livre sur ce ménage à trois.


Edit : j'oubliais peut-être l'essentiel en terme de nouvelles de Russie, Poutine et Medvedev qui annoncent qu'ils pourraient biens e représenter. Tu m'étonnes.

Last edited by Kunstler (13-04-2011 22:09:27)

Re: La Russie de Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev

pour ceux qui s'intéressent à la Russie :

omptes offshore, prête-noms, contrats bidon... Des témoins révèlent comment le numéro un russe, qui s'apprête à entamer un troisième mandat au Kremlin, serait devenu immensément riche.

Il vit comme un homme traqué. Il dort à l'hôtel ou dans des meublés. Depuis qu'il a fui la Russie, il ne reste jamais plus d'une semaine dans le même pays. Le voilà en Estonie, à Tallinn. Sergueï Kolesnikov arrive de Washington et repartira bientôt, en Suisse. "Je ne suis nulle part en sécurité, dit cet homme d'affaires de 63 ans. On m'a prévenu : Poutine me considère comme un traître à la patrie." La raison ? "J'ai révélé comment, grâce à ma société, il a secrètement accumulé une fortune considérable."

Costume gris et lunettes sobres, Sergueï Kolesnikov n'a rien d'un affabulateur. Avant de quitter son pays en catimini, fin août 2010, ce docteur en biologie a copié des dizaines de pièces comptables appartenant à sa compagnie. Il les a confiées à deux prestigieux quotidiens anglo-saxons, le "Washington Post" et le "Financial Times", qui les ont fait étudier par des cabinets d'avocats. Le grand journal russe d'opposition "Novaïa Gazeta" les a aussi analysées. Tous sont parvenus à la même conclusion : même s'il ne possède pas la preuve absolue de ce qu'il avance, c'est-à-dire un document signé de la main de Vladimir Poutine, et malgré les démentis du Kremlin, Sergueï Kolesnikov dit probablement la vérité. Les risques qu'il prend pour sa propre vie et celle de ses proches forcent l'admiration. "Il est l'une de ces rares âmes courageuses qu'un journaliste croise de temps en temps", écrit l'éditorialiste du "Washington Post" David Ignatius, le premier à qui Sergueï Kolesnikov a fait part de ses révélations. Crédibles, celles-ci corroborent, au moins en partie, les rumeurs qui courent depuis longtemps sur la fortune cachée de l'homme fort de la Russie.

500 millions de dollars accumulés

L'histoire que raconte le biologiste est complexe. Il y est question de contrats surfacturés, d'hommes de paille et de compagnies offshore. En résumé, il affirme qu'il connaît Vladimir Poutine depuis le début des années 1990. Ce dernier dirige alors le département international de la mairie de Saint-Pétersbourg. A ce titre, il crée une société mixte d'importation de matériel médical, Petromed. Il charge un ex du KGB et Sergueï Kolesnikov, ancien patron d'un labo militaire, de gérer cette compagnie, que les deux hommes rachètent en 1996. Dès qu'il s'installe au Kremlin, quatre ans plus tard, Vladimir Poutine se souvient de ses amis pétersbourgeois. Il leur propose d'octroyer des contrats mirobolants à Petromed à une condition : que 35% des recettes soient détournées vers les comptes d'une société luxembourgeoise, Lirus, dont le nouveau président russe détient, selon Sergueï Kolesnikov, 90% des parts - "toutes au porteur, donc non nominatives".

D'après l'homme d'affaires, au moins 500 millions de dollars auraient été ainsi accumulés, de 2000 à 2007, sur les comptes de Lirus. Le magot aurait permis à Poutine d'acheter, via des prête-noms, plus de 20% de la grande banque Rossia (dirigée par l'un de ses proches) et de se faire construire un palais de 12.000 mètres carrés sur les bords de la mer Noire. Situé dans une forêt protégée, le domaine de 76 hectares comprend un casino, un théâtre, deux piscines et 20 bâtiments annexes destinés notamment aux 200 domestiques.

Un palais de 12.000 mètres carrés

Quand l'affaire sort dans le "Washington Post ", à Noël 2010, le Kremlin nie en bloc. Des preuves apparaissent : des photos de la luxueuse demeure sont publiées par le site RuLeaks ; différents témoins disent que Poutine a visité, plusieurs fois, le palais en construction ; on découvre que le domaine est protégé par le FSO (l'équivalent russe des Secret Services) et que les travaux sont effectués par une société d'Etat. Mais la présidence russe continue de démentir tout lien avec cette résidence.

En février 2011, "Novaïa Gazeta" divulgue le contrat liant l'administration présidentielle à la société Lirus (celle dont Poutine posséderait 90% des parts). Le Kremlin tente de s'expliquer. Puis décide de brouiller les pistes. Un mois plus tard, le palais est revendu au tiers de sa valeur à un businessman associé à un proche de Poutine. Une précipitation aussi suspecte apparaît comme un aveu.

Dans sa majorité, l'élite russe croit Sergueï Kolesnikov et ne le cache pas. Un conseiller de Dmitri Medvedev, Igor Yurgens, confie au "Nouvel Observateur" : "Qui d'autre que Poutine pourrait se faire construire un tel domaine en Russie, dans un lieu interdit, protégé par le FSO ?" Mais le grand public ne sait rien. Bien que le businessman en fuite ait écrit une lettre ouverte au président Medvedev, l'affaire est étouffée. Pas une fois, depuis un an, les télévisions russes - toutes contrôlées par le clan du pouvoir - n'en ont parlé.

Le mythe Poutine

A l'évidence, le patrimoine du "leader national" est le tabou des tabous. Officiellement, Vladimir Poutine, qui brigue un troisième mandat présidentiel ce 4 mars, n'est pas millionnaire. D'après ses déclarations publiques, ses avoirs sont modestes. En décembre, devant la commission électorale, il a déclaré posséder 179.612 dollars (135.000 euros environ), un appartement de 75 mètres carrés à Saint-Pétersbourg, un autre, plus petit, à Moscou, et deux voitures Volga de collection qu'il a héritées de son père. En douze ans de pouvoir, il ne se serait donc pas enrichi.

Cela serait tout à fait contraire à l'image qu'il veut donner de lui : celle d'un Robespierre russe, dur mais intègre. Certes, le "leader national" a reconnu récemment que la corruption gangrène l'Etat. Il ne peut plus nier l'évidence, qui écoeure ses compatriotes : sous son règne, tous ses amis ou presque sont devenus milliardaires. Mais lui-même, tel un incorruptible, n'en aurait pas profité. De toute façon, selon la geste poutinienne, l'ancien espion aime le sport et la nature - pas l'argent.

Des indices

Plusieurs incidents ont écorné ce mythe. En juillet 2009, lors d'une visite en Sibérie, Vladimir Poutine offre à un jeune berger sa montre - une Blancpain coûtant plus de 10.000 euros. En septembre, il gratifie un ouvrier de Toula d'une autre Blancpain du même prix. Le mois suivant, en Chine, il en porte une troisième. Autre péché mignon de Poutine : les costumes de chez Brioni. Très voyants, ces goûts de luxe, pour un incorruptible.

Des cadeaux, dit le Kremlin. Une fortune cachée, répond la rumeur. En 2009, un certain Robert Eringer dit savoir où elle se trouve. Il a dirigé les services de renseignement de Monaco. En conflit avec Albert II, qui l'a remercié, il produit une déclaration sous serment devant un tribunal californien. Au passage, il y est question de Poutine. "En novembre 2005, est-il écrit, un informateur rémunéré a donné des renseignements sur des activités de blanchiment à Monaco et le long de la Côte d'Azur, concernant Vladimir Poutine. [Ce dernier] était apparemment derrière un certain nombre d'investissements dans l'immobilier, payés par de l'argent siphonné du secteur énergétique russe. " L'ancien chef espion nous précise aujourd'hui que sa source "travaillait pour la DST et la DGSE" et que, si cette taupe n'a pas fourni de preuve définitive, tout portait à croire qu'elle disait la vérité. Mais, toujours tenu au secret, il ne veut pas donner plus de détails.

Jugé trop obsédé par son différend avec la Principauté, Eringer n'a pas été pris au sérieux. Pas plus que le politologue russe Stanislav Belkovski qui, fin 2007, affirmait que le "leader national " était l'homme le plus riche d'Europe. A l'époque, ses accusations font la une de la presse internationale. Mais, faute de documents, elles retombent. Pourtant, le montage décrit par le politologue ressemble à celui que Sergueï Kolesnikov mettra en lumière trois ans plus tard.

Le deal avec le clan Eltsine

Qu'avait dit Belkovski ? Que Poutine possède 40 milliards de dollars en actions de compagnies présidées par ses amis de Saint-Pétersbourg. Il détiendrait 4,5% du géant gazier Gazprom (dirigé par son ancien adjoint à la mairie) et au moins 50% de la plus importante société privée d'exportation du pétrole russe, Gunvor. Celle-ci est gérée par Guennadi Timchenko, avec lequel Poutine a créé un club de judo, toujours à Saint-Pétersbourg. Après que Belkovski eut parlé d'elle, on a découvert que Gunvor a une structure de propriétés des plus mystérieuses : basée à Genève, la société appartient à une holding néerlandaise, elle-même filiale d'une compagnie chypriote, dont l'adresse postale renvoie aux îles Vierges. Plus troublant encore, Gunvor est, de l'aveu même de ses dirigeants, détenu au final par trois associés, dont l'un veut rester anonyme. Ce dernier est-il Poutine, comme le soutient le politologue ?

Le Kremlin a démenti avec véhémence les affirmations d'Eringer et de Belkovski, qui les maintiennent. Le politologue dit détenir ses informations de différentes sources appartenant au premier cercle du pouvoir, "où ces données sont très connues". Selon lui, les proches du "leader national " racontent que tout s'est joué fin 1999, quand le clan Eltsine a fait de l'obscur colonel du KGB son candidat pour succéder au vieil alcoolique. "Le deal était le suivant, assure Belkovski. Poutine ne s'attaquerait pas aux biens des oligarques proches d'Eltsine, en échange il pourrait mettre la main sur les secteurs et les entreprises "libres". C'est pourquoi Poutine et ses amis de Saint-Pétersbourg auraient jeté leur dévolu sur le gaz et la distribution du pétrole, qui, du fait de leur faible prix à l'époque, avaient été délaissés par la "famille" Eltsine. Le nouveau président russe se serait attribué, via des hommes de paille et des comptes offshore, la part du lion de ce nouvel empire.

Ancien ministre d'Eltsine, Boris Nemtsov accuse lui aussi. Devenu l'un des leaders de l'opposition, il a rédigé plusieurs pamphlets extrêmement documentés sur la fortune des proches de Poutine - amis de jeunesse, du KGB ou partenaires de judo. Il a établi, par exemple, que la cession à vil prix de filiales de Gazprom à des hommes tels les frères Rotenberg ou Youri Kovaltchuk, eux aussi des amis de Saint-Pétersbourg, représente un transfert d'actifs de 60 milliards de dollars. Au total, depuis l'arrivée de leur chef au pouvoir, ce serait près de 200 milliards d'actifs que les nouveaux princes de la Russie auraient détournés. Au profit de qui ? "Il y a des raisons de croire, dit Boris Nemtsov, que tous ces Timchenko, Kovaltchuk et Rotenberg ne sont que les propriétaires nominaux de leurs vastes holdings, dont le bénéficiaire réel et ultime est Poutine lui-même."

Rester le patron

Si tout cela est vrai, Sergueï Kolesnikov n'a révélé qu'une petite partie des avoirs cachés de l'homme fort de Russie. Mais, qu'elle se chiffre en millions ou en milliards, Poutine deviendra-t-il un jour l'heureux propriétaire officiel de cette fortune ? "Comme dans la mafia, ce "patrimoine", s'il existe, est fondé sur des accords verbaux, informels, explique Roman Shleynov, du quotidien économique russe "Vedomosti". Tant que Poutine est le patron du clan, personne ne s'avisera de remettre en question la parole donnée. " Mais qu'en sera-t-il le jour où il ne sera plus tsar ?

Apparemment, la question l'inquiète. En témoigne un câble américain révélé par WikiLeaks. Il date de décembre 2007, au moment où toutes les chancelleries se demandent qui, d'Ivanov ou de Medvedev, Poutine va choisir pour lui succéder au Kremlin. Un diplomate rapporte au département d'Etat l'avis de l'une de ses sources. "Comme Poutine possède des biens secrets à l'étranger à travers des hommes de paille, dit l'informateur, il redoute qu'en nommant un successeur fort, tel Ivanov, ce choix puisse se retourner contre lui : il pourrait devenir l'objet d'enquêtes policières et d'avis de recherche d'Interpol." Et, de fait, Poutine a choisi le falot Medvedev.

Aujourd'hui, le problème ne se pose plus. Le "leader national" a décidé de rempiler. Il devrait remporter la prochaine élection présidentielle, dès le premier tour, le 4 mars. Comme il aura le droit de se représenter une fois de plus et que le mandat a été rallongé de deux ans, il devrait rester au Kremlin jusqu'en 2024. Douze ans de cavale en perspective pour Sergueï Kolesnikov.

Par Le Nouvel Observateur

Re: La Russie de Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev

La Russie est vraiment un pays malade
http://www.lemonde.fr/europe/article/20 … picks=true


Affaire Magnitski : l'histoire sordide d'un machiavélisme d'Etat
Le Monde.fr | 11.12.2012 à 09h39 • Mis à jour le 11.12.2012 à 11h01 Par Marie Jégo - Moscou,

RÉCIT. Lorsque, le 13 novembre 2005, William Browder se voit refuser l'entrée en Russie par la police des frontières à l'aéroport Cheremetievo de Moscou, il pense qu'il s'agit d'une erreur. Installé dans la caplesitale russe depuis 1996, le financier britannique est alors à la tête de Hermitage Capital, le plus gros fonds d'investissement étranger présent dans le pays (3 milliards d'euros). Sans explications, le voilà renvoyé à Londres par le premier avion, il n'en revient pas. Ses affaires sont en règle, son visa aussi, alors pourquoi est-il chassé comme un malpropre ?

William Browder, fondateur d'Hermitage Capital, en avril 2006.

Lettres à l'administration russe, interventions au plus haut niveau, rien n'y fait. Bientôt l'explication tombe : M. Browder est une menace pour "la capacité de défense du pays, la sécurité de l'Etat, l'ordre public, la santé de la population", indique le ministère des affaires étrangères russe. Les diplomates ne sont pour rien dans cette décision, tout vient du FSB, les services de sécurité russes redevenus tout-puissants depuis que le pays est dirigé par Vladimir Poutine, un ancien de la "Corporation" KGB (police politique et services secrets soviétiques).

Visiblement, William Browder dérange. Il a dû marcher sur les doigts de pied de quelqu'un de très haut placé. Est-ce parce qu'il dénonce à voix haute la mauvaise gouvernance au sein de Gazprom, le géant gazier cher au Kremlin ? Est-ce parce que son fonds, enregistré off shore, revend les actions minoritaires des grandes sociétés publiques (Gazprom, RAO EES, Rosneft) et privées (Sidanko, Surgutneftegaz) ?

Jusqu'ici, le financier avait toujours soutenu la politique de Vladimir Poutine. En 2003, il salua l'arrestation de Mikhaïl Khodorkovski, le golden boy du pétrole russe, riche patron de la major Ioukos condamné ensuite pour fraude fiscale.

Mikhaïl Khodorkovski, ancien patron du groupe pétrolier Ioukos, dans le box des accusés, à Moscou, le 25 octobre 2004.

En janvier 2005, son discours dithyrambique sur l'économie russe à Davos plut tellement au Kremlin qu'il fut aussitôt édité et cité en exemple par les représentations commerciales de la Russie à l'étranger. Dix mois plus tard, William Browder est déclaré persona non grata.

Qu'à cela ne tienne, Hermitage Capital se retire du marché russe. Mais son patron ne baisse pas les bras. Le petit-fils d'Earl Browder – fondateur du Parti communiste américain –, diplômé de la Stanford Business School, est convaincu que le nouvel eldorado se trouve à l'Est. Le 26 janvier 2007, à Davos, William Browder demande à Dmitri Medvedev, alors vice-premier ministre, d'intervenir en sa faveur. Il veut un nouveau visa. C'est le début des ennuis.

Un mois plus tard, les représentants d'Hermitage à Moscou reçoivent l'appel téléphonique d'un certain lieutenant-colonel Artiom Kouznetsov, un enquêteur du ministère de l'intérieur (MVD). Celui-ci fait miroiter un possible arrangement pour le visa. L'homme évoque une rencontre informelle en des termes sibyllins : "La réponse dépendra de votre attitude et de ce que vous fournirez. " Hermitage ne donne pas suite.

William Browder, en avril 2006.

Le fonds britannique possède encore trois entités juridiques en Russie. Inactives, elles sont vouées à la liquidation. Le 7 juin 2007, vingt-cinq policiers, conduits par le lieutenant-colonel Kouznetsov, perquisitionnent les bureaux de ces trois sociétés à Moscou. Ils remplissent deux minibus d'ordinateurs, de cartons, de dossiers, de documents. Parmi ces papiers figurent les titres de propriété des trois sociétés, leurs sceaux, leurs enregistrements fiscaux.

Sur le coup, ni William Browder, ni ses juristes ne comprennent de quoi il retourne. Quelques mois plus tard, ils découvrent que les trois sociétés ne sont plus la propriété d'Hermitage. Elles sont passées aux mains du prête-nom Viktor Marguelov, une petite frappe du milieu criminel, qui vient de faire un séjour en prison pour homicide.

En Russie, ce genre de machination n'est pas rare, surtout pour les petites sociétés. On appelle cela le rederstvo (du mot anglais raid) : vous croyez être propriétaire d'une entreprise florissante et, un beau matin, vous découvrez qu'elle ne vous appartient plus ; vous courez au registre du commerce, aux impôts, et là, surprise, votre nom a été remplacé par celui d'un d'autre. En général, l'employé aux écritures qui a supervisé le tour de passe-passe est parti en retraite ou a démissionné, bref il est introuvable.

Dans le cas d'Hermitage, les faux ont forcément été réalisés à partir des sceaux et des titres de propriété confisqués lors de la perquisition. Qui, sinon la police, a pu remettre ces documents au nouveau propriétaire ?

LE REMBOURSEMENT LE PLUS RAPIDE DE L'HISTOIRE DU FISC RUSSE

L'affaire va prendre un tour surréaliste. En décembre 2007, les nouveaux propriétaires réclament au fisc russe le remboursement d'un trop-perçu de 150 millions d'euros sur la TVA. La demande est présentée le 21 décembre au bureau des impôts n° 28 à Moscou. Le 24, les autorités fiscales donnent leur feu vert. Le 26, l'argent est versé en roubles sur deux comptes (à la banque russe USB et à la Intercommerz Bank), puis changé en dollars et transféré aux Etats-Unis. C'est le remboursement le plus rapide de toute l'histoire du fisc russe.

Hermitage se croit victime d'un gang criminel. Des lettres sont envoyées partout, au parquet, au ministère de l'intérieur, au gouvernement, au président, au comité de lutte contre la corruption, à la Cour des comptes, en vain. Le résultat est plutôt surprenant. En riposte, le parquet lance des poursuites contre les avocats russes du fonds. William Browder leur propose d'émigrer provisoirement à Londres, à ses frais, avec leur famille. Six des sept avocats acceptent. Le septième, Sergueï Magnitski, 36 ans à l'époque, décide de rester.

Photo distribuée par Hermitage Capital Management de Sergueï Magnitski en septembre 2007 à Moscou.

Fiscaliste apprécié, père de deux jeunes enfants, propriétaire de son appartement moscovite, Sergueï est représentatif de cette classe moyenne en plein essor dans la Russie poutinienne gonflée aux pétrodollars. Londres n'est pas pour lui, car il a confiance en la justice de son pays. Il en est sûr, la captation des sociétés, le remboursement indu, tout ceci est le résultat d'une machination ourdie par la pègre avec la complicité de policiers ripoux. Il dépose donc plainte contre l'inspecteur Artiom Kouznetsov.

Le 14 octobre 2008, Sergueï Magnitski vient témoigner au Comité d'enquête, une structure directement subordonnée au Kremlin. Pendant qu'il dépose, un homme entre dans la pièce : Artiom Kouznetsov. L'officier a été convié à assister au récit du plaignant qui l'accuse. Le résultat ne se fait pas attendre. Un mois plus tard, le 24 novembre 2008, le lieutenant-colonel Kouznetsov envoie ses subordonnés arrêter Sergueï Magnitski à son domicile.

"Fraude fiscale", dit le mandat d'arrêt. Placé en détention préventive, donc théoriquement innocent, le juriste est pressé par les enquêteurs de témoigner à charge contre William Browder. Qu'il retire sa plainte et il sera libéré. Comme il refuse, les juges, les enquêteurs, le personnel pénitentiaire, les médecins décident de lui mener la vie dure.

La prison de Matrosskaïa Tichina, à Moscou.

Ballotté de cellule en cellule, il ne reçoit pas ses colis, encore moins ses médicaments et ne peut avoir de contacts avec sa famille. La petite bouilloire électrique qu'il avait conservée lui est confisquée. L'homme est procédurier, il écrit, se plaint. Plus il se plaint, plus on l'affecte à des cellules immondes, inondées, sans WC, glaciales, sans eau. En un an passé en prison, Sergeï Magnitski perd vingt kilos et commence à souffrir de douleurs à l'estomac. A la prison de Matrosskaïa Tichina, dotée d'un dispensaire, le médecin diagnostique des calculs dans la vésicule biliaire. C'est promis, Sergueï sera opéré le 1er août 2009.

A quelques jours de l'opération, ordre est donné de le transférer à la Boutyrka, une prison dépourvue d'infrastructures médicales. L'enquêteur qui suit son dossier, Oleg Siltchenko, lui impose de signer une déposition prérédigée, le prisonnier refuse. "Maintien en détention", préconise Dmitri Komnov, le directeur de la prison Boutyrka. "Echographie du bas-ventre refusée", confirme l'enquêteur Oleg Siltchenko dans le dossier. "Le tribunal estime que les plaintes de Magnitski ne justifient pas la tenue d'un examen médical", conclut la juge Elena Stachina.

Vue générale de la prison de Boutyrka, à Moscou, en novembre 2011.

Dans le journal qu'il rédige chaque jour depuis sa cellule, Sergueï Magnitski raconte son martyre. Ses compagnons de cellule ont beau tambouriner à la porte, réclamer des soins, personne ne vient. Le 16 novembre 2009, il est tellement mal en point que l'administration de la Boutyrka décide de le transférer à la Matrosskaïa Tichina, dotée d'une antenne médicalisée. Lorsque l'ambulance arrive à destination, le malade n'est pas conduit au dispensaire mais dans une cellule isolée, où il est battu à mort.

Entretemps, une équipe d'urgentistes a été appelée par la prison. A 20 heures, l'ambulance est là, mais le docteur Kornilov n'est pas autorisé à se rendre au chevet du malade, et pour cause : celui-ci est soumis aux gourdins de huit gardiens. "Il était très agité", dira l'administration pénitentiaire. Quand le médecin urgentiste pénètre dans la cellule, à 21 h 15 exactement selon son rapport, un corps inerte gît sur le sol, celui de Sergueï Magnitski. Les témoignages des médecins divergent. Pour l'urgentiste, Sergueï Magnitski est décédé un peu avant 21 heures, sur le sol en béton. Pour Alexandra Gaouss, le médecin de la prison, il est mort à 21 h 55 sur la table de réanimation du dispensaire, après avoir reçu des soins.

Vue générale à l'intérieur de la prison de Boutyrka, en novembre 2011.

L'autopsie réclamée par la famille est refusée. "Pourquoi martyriser ce corps ? Vous feriez mieux de l'enterrer au plus vite. De plus, le réfrigérateur est en panne", explique l'employée de la morgue à Tatiana Roudenko, la tante de Sergueï, venue pour les formalités le 18 novembre 2009.

Lors des funérailles de Sergeï Magnitski, le 20 novembre 2009 à Moscou.

Le jour de l'enterrement, Tatiana demande aux journalistes présents de photographier les mains du défunt, enflées et meurtries.

Les mains de Sergueï Magnitski prises lors de son enterrement.

Mensonges, perfidie, faux témoignages, occultation de preuves émaillent tout le dossier. Officiellement, la mort de Sergueï Magnitski est survenue "par négligence". Les enquêteurs du Comité d'enquête (qui ont le fin mot sur les conditions de la détention préventive), l'administration pénitentiaire, les juges, les médecins n'y sont pour rien. Pis, l'année qui suit sa mort, les officiers qui l'ont persécuté sont promus et décorés. L'impunité dont jouissent les tortionnaires est totale, non pas à cause de la faiblesse du système judiciaire, mais parce qu'une collusion existe au plus haut niveau entre les fonctionnaires de l'Etat russe et le monde du crime.

Ainsi les 150 millions d'euros indûment remboursés par le fisc n'ont pas été perdus pour tout le monde. L'enquête menée depuis Londres par William Browder prouve que les principaux protagonistes de l'affaire Magnitski ont considérablement amélioré leur train de vie. Prenons le cas d'Artiom Kouznetsov, le lieutenant-colonel à la section des enquêtes du ministère de l'intérieur (MVD). Avec un salaire de 364 euros par mois, l'officier est néanmoins propriétaire d'appartements et de terrains à Moscou d'une valeur totale de 2 millions d'euros.

Une partie de ces biens sont enregistrés au nom de sa mère, Lilia Gueorguievna, titulaire d'une retraite de 122 euros mensuels. Modeste, l'officier n'a qu'une seule voiture avec laquelle il se rend à son travail, une Mercedes 200 SLK Kompressor achetée 55 000 euros. Sa femme, Ina, fait ses courses au volant d'une Land Rover à 89 000 euros. Bizarrement, son collègue, le major Pavel Karpov est dans le même cas : il roule en Porsche Cayenne (86 000 euros) et sa mère a acquis pour plus d'un million d'euros d'appartements et de terrains.

Bizarrement, ils se sont enrichis au même moment, à la fin de l'année 2007. L'ancienne perceptrice en chef du bureau n° 28, Olga Stepanova, qui autorisa jadis le remboursement express de 150 millions d'euros, est à l'abri du besoin, selon l'enquête diligentée par Hermitage.

Villa de luxe à Moscou, au Monténégro, appartements à Dubaï, comptes en Suisse, la dame n'a plus besoin de travailler. D'ailleurs, elle a quitté le fisc en 2010 pour rejoindre le ministère de la défense, où elle ne travaille plus désormais.

De cette saga financière, le Russe lambda ne saura rien, sauf s'il est un geek passionné d'Internet. Certes les médias russes se sont émus de la mort tragique de Sergueï Magnitski – "une vengeance médiévale" dira Vedomosti, le quotidien des affaires –, mais ils se sont bien gardés d'enquêter sur les thèmes "chauds" : l'argent (où sont passés les 150 millions d'euros ?), la collusion fonctionnaires-criminels, l'enrichissement vertigineux des principaux protagonistes du dossier.

C'est bien trop risqué. Le 10 novembre à Londres, l'informateur principal du fonds Hermitage, l'homme d'affaires Alexandre Perepilitchni, 44 ans, a succombé à un malaise devant la porte de son domicile londonien. Installé en Grande-Bretagne depuis trois ans, il coopérait à l'enquête menée depuis ces derniers mois par des procureurs suisses sur l'implication d'un groupe criminel russe dans un schéma de fraude fiscale et de blanchiment (les 150 millions). Confiée à la police criminelle britannique, une enquête est en cours sur les circonstances exactes de sa mort.

A Genève, à Londres, à Washington, la justice fonctionne, pas en Russie. En trois ans, l'enquête sur la mort de Sergueï Magnitski a conduit à une mise en examen, une seule, celle de Dmitri Kratov, ancien médecin chef adjoint de la prison Boutyrka.

Selon Irina Doudoukina, porte-parole du ministère de l'intérieur, le juriste était lui-même l'auteur du "schéma d'évasion fiscale" qu'il dénonçait. Le défunt comparaîtra bientôt, post-mortem, dans le cadre d'un procès pour fraude fiscale appelé à s'ouvrir sous peu à Moscou. Mais personne n'est dupe. Aux yeux de l'opinion publique, l'affaire Magnitski est devenue le symbole de l'arbitraire de la justice russe.

La tombe de Sergeï Magnitski, le 16 novembre 2012 à Moscou.

Voilà pourquoi, à Moscou, défenseurs des droits de l'homme et opposants russes ont salué, vendredi 7 décembre, l'adoption par le Congrès américain de la "liste Magnitski". Ce texte prévoit des sanctions – gel des avoirs, refus de visas – envers soixante citoyens russes impliqués dans le calvaire du juriste, dont les personnes citées dans cet article (Artiom Kouznetsov, Oleg Siltchenko, Olga Stepanova, Elena Stachina, etc.).

La liste, que les proches du dossier espèrent voir bientôt adoptée par plusieurs pays européens, frappe les fonctionnaires véreux là où ça fait mal. Car l'argent volé, celui du contribuable russe, a été investi, non pas en Russie, mais en Occident, sous la forme de biens immobiliers, de yachts, de comptes bancaires. "Je salue ceux qui ont contribué à l'adoption de cette loi. C'est un grand succès qui servira les intérêts des citoyens russes", s'est félicité l'opposant Alexeï Navalny sur son blog.

107

Re: La Russie de Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev

J'ai failli le poster. Ce genre d'articles fait frois dans le dos.

Il me semble que les copier-coller in extenso sont à proscrire, notamment pour des questions de droits d'auteurs.

"Moult a appris qui bien connut ahan"

Re: La Russie de Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev

Bouh a écrit:

Il me semble que les copier-coller in extenso sont à proscrire, notamment pour des questions de droits d'auteurs.

+1
C'est de la contrefaçon et crée un préjudice pour les sites de journaux. Un lien ferait pareil avec éventuellement citation des meilleurs extraits.

Re: La Russie de Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev

Est-on dans un scénario de guerre avec cette ténébreuse invasion ? Ou bien dans une situation où Poutine teste ses limites et veut voir jusqu'où il peut aller, mais fera marche arrière devant les réactions de la communauté internationale, et devant les risques énorme qu'il fait courrir à la Russie sur son image, son économie, son influence et même sa position de Nation respectable ?

Croyez-vous que la communauté internationale peut faire cesser le coup de force de Poutine, ou bien par faiblesse, on va laisser l'Ukraine se faire désosser par l'ours russe ?

En ce qui me concerne, je n'ai pas prêté a moindre attention aux JO de Sotchi, car pour moi, il était scandaleux de laisser les jeux se faire dans un pays en pleine régression autoritaire. La logique dans laquelle la Russie est engagée depuis des années avec le durcissement du poutinisme, mélange d'impérialisme extérieur et de politique interne de la peur, est terrifiante et met à l'épreuve l'idée que nous avion des transitions démocratique.

Aujourd'hui, on en est sur : la Russie est engagée dans une transition anti-démocratique. Jusqu'où ?

Last edited by OneAgain (02-03-2014 20:24:08)

Re: La Russie de Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev

Parole de trool... ça finira en statu quo !
Le pouvoir de l'ONU est limité quand certains belligérants ont suffisamment de gueule pour la fermer aux autres !
Cf : Kosovo
Cf : ADM en Irak
... et que dire des Hutu et des Tutsi...
Des morceaux d'espoir...

sic

Re: La Russie de Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev

Belle vision du sport made in Russia !

Le Figaro a écrit:

Le président de la Fédération russe d'athlétisme, Valentin Balakhnichev, a appelé à la naturalisation d'athlètes noirs afin que la Russie puisse retrouver sa position dominante dans ce sport, rapporte la presse aujourd'hui.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/ … -noirs.php

112

Re: La Russie de Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev

Révélateur d'une montée en tension, cette monstration de force à saveur de guerre froide.

http://tempsreel.nouvelobs.com/en-direc … lundi.html

Si vis pacem, para bellum. Il serait bon que tout ceci ne dégénère pas...

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: La Russie de Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev

Poutine aurait recruté Claude de Bortoli ?

http://bibliobs.nouvelobs.com/actualite … antes.html

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

114

Re: La Russie de Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev

Haha. Sacré Vlad. <3

l’Express a écrit:

"Je t'écrase": en 2007 face à Poutine, Sarkozy n'était pas ivre, mais choqué

En 2007, la presse avait évoqué l'"ivresse" du président français pour expliquer son comportement erratique à l'issue de son entretien avec Vladimir Poutine au cours du G8.

Non, Nicolas Sarkozy n'était pas ivre lors de son passage devant la presse lors du G8 le jeudi 7 juin 2007. Arrivé très en retard face aux journalistes à l'issue de son tête à tête avec le président russe, Vladimir Poutine, le chef de l'Etat français était apparu hésitant, bredouillant, proche parfois de perdre l'équilibre.

Rapidement, les commentateurs n'avait pas manqué de suspecter un entretien un peu trop arrosé à la vodka entre les deux hommes. "Ils n'avaient pas bu que de l'eau", avait même résumé la télévision belge dans une formule restée célèbre.

Seulement voilà, ce n'est pas la vodka mais bien la nature de son dialogue avec le président Russe qui aurait "mis K-O" Nicolas Sarkozy, rappelle le journaliste Nicolas Hénin, dans le documentaire "Le Mystère Poutine", diffusé ce jeudi soir sur France 2.

"Si tu continues à me parler sur ce ton, je t'écrase"

Pour son premier G8, Nicolas Sarkozy avait à l'époque l'ambition de parler de "tous les sujets qui fâchent" avec son homologue russe, dont la Tchétchénie ou le cas d'Anna Politkovskaïa, la journaliste d'opposition assassinée en octobre 2006. Une intention louable qu'il aurait payé cash lors de son tête à tête avec Vladimir Poutine, détaille Nicolas Hénin, face aux caméras de France 2: "[Poutine] l'observe et laisse un temps de silence qui installe une certaine gêne. Et puis il prend un air un peu narquois et lui demande: 'C'est bon, tu as fini là?'"

S'en suit un dialogue surréaliste: "Alors maintenant de deux choses l'une: ou bien tu continues sur ce ton et je t'écrase, ou alors tu arrêtes de parler comme ça et tu verras, je peux faire de toi le roi de l'Europe", aurait lâché Poutine, selon le journaliste. "Poutine ponctue son discours de formules grossières et humiliantes pour accroître l'impact. Sarkozy est choqué. Il sort livide. K.-O. debout", précise Nicolas Hénin dans son livre La France Russe (Fayard 2016).

L'intégralité du documentaire Le Mystère Poutine sera diffusé ce jeudi à 20h55 sur France 2.

http://www.lexpress.fr/actualite/politi … 60751.html

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: La Russie de Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev

Avec les images et la musique angoissante, c'est mieux.

https://www.facebook.com/france2/videos … o_guests=0

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: La Russie de Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev

Je reprends le statut FB d'un contact :

Les hackers russes ont manipulé l'élection américaine. (20 minutes)
Les médias russes cachent un "génocide" (mort de lol) à Alep. (Yann Barthès)
Et maintenant, les agents russes sont derrière les viols de masse que le Tiers-Monde vient faire ici.

Les complots c'est comme les chasseurs "il y a le bon complot et le mauvais complot."

http://www.dailymail.co.uk/news/article … tions.html

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: La Russie de Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev

Ton soutien à Vladimir Poutine, comme d'autres en France, m'estomaque. Dans les années 30, certains, comme Georges Mandel, voyaient bien monter le péril nazi, au travers de coups de force manifestes qui ne pouvaient que constituer de mauvais présages pour la suite. Quand un pouvoir ne se sent plus lié par un certain nombre de règles nationales et internationales, que le simple droit des gens n'est plus respecté, que le rapport de force militaire (et aujourd'hui, manifestement cybernétique) est permanent, il y a la nécessité de se recentrer autour de nos propres intérêts et de la défense de notre civilisation face à ce qui se pose et s'assume comme voulant nous menacer.

Et il y a ceux, comme Pierre Laval, qui se préparaient à passer quelques années dans les Palais dorés du pouvoir, sous la coupe nazie et toléraient les transgressions faites au principes fondamentaux du droit international et du droit humanitaire, autant d'ailleurs que de la non-ingérence dans les affaires intérieures d'un autre Etat, en l'espèce ici les Etats-Unis. Les faits mentionnés là sont extrêmement graves et j'espère que la Russie parviendra un jour à évoluer par rapport à sa position Poutinienne car plus ça va, plus nous évoluons vers des situations de conflits ouverts dont on ne sait jamais quelle peut en être l'issue.

Ce faisant tu incarnes à mes yeux une forme de haine de soi civilisationnelle, l'éternel retour des partisans d'une forme de collaboration avec quelqu'un qui se pose ouvertement en adversaire de nos valeurs et de nos intérêts, autant d'ailleurs que des règles qui doivent permettre une coexistence pacifique en dépit des différences. Dans tous les cas, tu n'incarnes ni l'esprit, ni les intérêts français.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: La Russie de Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev

L'implication des russes dans l'élection américaine n'est pas vraiment étonnante, pas forcément nouvelle non plus. Ca a été dénoncé dès le piratage des mails de Podesta. Au final vu la marge ridicule avec laquelle Clinton a perdu, cette implication aura été déterminante. Ca n'aurait pas été le cas si Clinton avait été une meilleure candidate, mais tout de même.

Pour ce qui est des actions de "génocide" à Alep, on va attendre de voir... on a déjà eu le précédent de la Yougoslavie, ces informations ne sont pas toujours évidentes. Mais le risque de nettoyage religieux des sunnites existe, à moins que tu ne voues une confiance aveugle dans les milices iraniennes, afghanes et au hezbollah. Au moins en Irak c'est l'armée loyaliste qui rentre à Mosul, et l'implication des milices est - un peu - contrôlée. D'ailleurs, ces ONG à la solde des occidentaux ont aussi dénoncé les tirs sur les civils fenant des factions al qaeda, preuve qu'il ne faut pas les croire et plutôt regarder RT.

Ce qui est frappant, c'est le changement de paradigme en France. En 2003, lorsque nous avons refusé la guerre en Irak, il existait une certaine fierté de l'indépendance de la France. Totalement remplacée par l'idôlatrie de Poutine. Quelle pitié

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

"Un terroriste ne mérite pas de mourir. Il mérite de vivre l'enfer. A perpétuité. Et seule la déchéance de la nationalité le permet." Greg

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Re: La Russie de Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev

Greg a écrit:

Ton soutien à Vladimir Poutine, comme d'autres en France, m'estomaque. Dans les années 30,

J'ai arrêté de lire ici. Ne t'égosille pas plus en vain.

Barney a écrit:

L'implication des russes dans l'élection américaine n'est pas vraiment étonnante, pas forcément nouvelle non plus.

Oui enfin, j'attends de voir les preuves de l’implication directe de Poutine, quand même. Il reste un mois à l'autre clown d'Obama, je le soupçonne d'en profiter et de tout faire pour pourrir la transition avec son successeur.

Mais le risque de nettoyage religieux des sunnites existe, à moins que tu ne voues une confiance aveugle dans les milices iraniennes, afghanes et au hezbollah.

Non. Mais là, il s'agit de la médiatisation à outrance des massacres d'Alep (alors que d'autres sont perpétrés, à Mossoul ou Sanaa par exemple, dans le silence médiatique), comme si l'on découvrait soudain qu'une guerre fait des morts. A Alep, elle est forcément sale puisque c'est Assad qui est à la manœuvre. A Mossoul, bizarrement, elle est propre.

D'ailleurs, ces ONG à la solde des occidentaux ont aussi dénoncé les tirs sur les civils fenant des factions al qaeda, preuve qu'il ne faut pas les croire et plutôt regarder RT.

Mouais, je n'ai rien entendu dans les grands médias, hein. En revanche, pour Alep (et la guerre en Syrie en général), on nous ressort à toutes les sauces le pseudo-Observatoire syrien des droits de l'homme, qui est pourtant plus que trouble : http://www.lefigaro.fr/international/20 … -syrie.php

Totalement remplacée par l'idôlatrie de Poutine.

La différence étant que le gouvernement actuel n'est pas réellement poutinolâtre. Alors qu'en 2003, le gouvernement était soutenu par l'opinion publique.
Après, je ne sais pas quelle est la proportion de poutinolâtres au sein de la société française...

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: La Russie de Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev

Oui enfin, j'attends de voir les preuves de l’implication directe de Poutine, quand même. Il reste un mois à l'autre clown d'Obama, je le soupçonne d'en profiter et de tout faire pour pourrir la transition avec son successeur.

Soupçons étayés par aucune preuve non plus, mais ton double standard sur ce sujets n'est plus à démontrer. Si Obama voulait pourrir la transition de Trump il aurait de très nombreuses façons de le faire qu'il n'a pas utilisées. L'équipe de Trump n'a pas eu à se plaindre de la transition jusqu'à présent, et la défense de Trump sur le hack de la Russie (prétendre que le sujet n'avait pas été évoqué avant, ce qui est confondant de malhonnêteté) suffit à constater l'état d'esprit de son côté.

Et les preuves de "l'implication directe de Poutine", je t'ai connu moins naïf. Imaginer que des services russes puissent interférer dans l'élection américaine sans le support du plus haut niveau de pouvoir en Russie, c'est aussi naïf que d'imaginer qu'on trouvera une preuve directe. Je suis à chaque fois étonné d'à quel point ton jugement peut être acéré sur certains sujets et permissif sur d'autres. Si tu appliquais autant de rigueur sur l'ensemble de ton raisonnement...

Non. Mais là, il s'agit de la médiatisation à outrance des massacres d'Alep (alors que d'autres sont perpétrés, à Mossoul ou Sanaa par exemple, dans le silence médiatique), comme si l'on découvrait soudain qu'une guerre fait des morts. A Alep, elle est forcément sale puisque c'est Assad qui est à la manœuvre. A Mossoul, bizarrement, elle est propre.

Mossoul n'est pas propre, ils ne sont juste pas rentrés dedans parce qu'ils galèrent avec l'EI. Mais il y aura exactement les mêmes risques à Mossoul, oui. D'ailleurs c'est pour ça qu'a priori, seuls l'armée irakienne et des sunnites seront autorisés à rentrer dans la ville, pour éviter un nettoyage confessionnel. Est-ce que ça fonctionnera ? Je ne sais pas. Et oui, les américains ont tué un paquet de civil entre 2003 et maintenant en Irak, mais à l'époque on les dénonçait sans trop de problème en France. Avec la Russie c'est différent, la moitié de la population y voit un complot de nos médias.

Quant à Sanaa, c'est marrant que tu en parles, parce que nos propres pays ont dénoncé publiquement les violences là bas, malgré notre proximité avec l'Arabie Saoudite. Le jour où on verra Russia Today s'inquiéter de violences commises par les forces d'Al Assad ou les milices iraniennes, qui ont pourtant torpillé une partie des négociations avec les turcs, ce jour là on pourra dire que RT fait du journalisme. Leur fake "journaliste indépendante"canadienne qui explique que tout va bien à Alep, c'est pathétique.

Mouais, je n'ai rien entendu dans les grands médias, hein.

http://abonnes.lemonde.fr/syrie/article … 18247.html

Le Monde, ce petit journal inutile : "L'ONU soupçonne les rebelles de bloquer les civils". Mais bon, mettons tout au même niveau, ces ordures de RT et notre presse, après tout puisqu'ils ont tous un site internet ils doivent se valoir, non ? Et puis allons chercher nos infos sur Breitbart ou Infowars pendant qu'on y est. A un moment ça va devenir insultant pour les contribuables qui ont laché la bagatelle de 50 000 balles pour qu'on étudie. On leur doit un peu mieux que ça.

La différence étant que le gouvernement actuel n'est pas réellement poutinolâtre. Alors qu'en 2003, le gouvernement était soutenu par l'opinion publique.
Après, je ne sais pas quelle est la proportion de poutinolâtres au sein de la société française...

T'inquiète, Fillon a la plus haute idée de l'indépendance de la France. Ce qui est fascinant - quoiqu'on pense des Etats-Unis et encore plus avec l'arrivée de Trump - du point de vue de l'Europe, c'est la tendance à ne pas voir la finalité évidemment expansionniste de la politique Russe. La Russie n'a pas d'économie, pas d'innovation, juste une immense armée. Combien de temps ça peut tenir avant qu'ils ne s'étendent à nouveau sur l'Europe de l'est ?

Last edited by Barney (16-12-2016 13:26:02)

It ain’t what you don’t know that gets you into trouble. It’s what you know for sure that just ain’t so.

"Un terroriste ne mérite pas de mourir. Il mérite de vivre l'enfer. A perpétuité. Et seule la déchéance de la nationalité le permet." Greg

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Re: La Russie de Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev

Barney a écrit:

Soupçons étayés par aucune preuve non plus,

Si les soupçons sont alimentés par des preuves, il ne s'agit plus de soupçons, mais de certitudes, par définition. smile

Et les preuves de "l'implication directe de Poutine", je t'ai connu moins naïf. Imaginer que des services russes puissent interférer dans l'élection américaine sans le support du plus haut niveau de pouvoir en Russie, c'est aussi naïf que d'imaginer qu'on trouvera une preuve directe. Je suis à chaque fois étonné d'à quel point ton jugement peut être acéré sur certains sujets et permissif sur d'autres. Si tu appliquais autant de rigueur sur l'ensemble de ton raisonnement...

Mais peut-être qu'il est impliqué. Sauf que là, nous avons un chef d’État (Obama) qui en accuse directement un autre (Poutine) sur la base de soupçons et de ressentiment personnel. La parole d'un chef d’État n'est pas anodine. C'est une faute énorme d'Obama (encore une, cela dit) de mettre en cause Poutine personnellement. Et on imagine dès lors très bien ce qu'aurait pu être une présidence Clinton (mais on en parlera sans doute ce soir, n'est-ce pas, mon Barney ? smile ).

Et oui, les américains ont tué un paquet de civil entre 2003 et maintenant en Irak, mais à l'époque on les dénonçait sans trop de problème en France. Avec la Russie c'est différent, la moitié de la population y voit un complot de nos médias.

Complot, non. Propagande, oui. La guerre d'Irak, et malgré les insultes ou plutôt les moqueries dont on affublait Bush et sa clique, n'a pas remis en question notre statut de meilleurs alliés des US. Là, avec Poutine, on a l'impression que le grand sport national des "élites" consiste à sortir la plus grosse énormité sur lui, qui est assimilé, au choix, à Satan, Hitler ou l'Antéchrist. Et tous les empaffés de service de nous ressortir les années 30...

Quant à Sanaa, c'est marrant que tu en parles, parce que nos propres pays ont dénoncé publiquement les violences là bas, malgré notre proximité avec l'Arabie Saoudite. Le jour où on verra Russia Today s'inquiéter de violences commises par les forces d'Al Assad ou les milices iraniennes, qui ont pourtant torpillé une partie des négociations avec les turcs, ce jour là on pourra dire que RT fait du journalisme. Leur fake "journaliste indépendante"canadienne qui explique que tout va bien à Alep, c'est pathétique.

Peut-être, je lis rarement RT.

http://abonnes.lemonde.fr/syrie/article … 18247.html

Le Monde, ce petit journal inutile : "L'ONU soupçonne les rebelles de bloquer les civils". Mais bon, mettons tout au même niveau, ces ordures de RT et notre presse, après tout puisqu'ils ont tous un site internet ils doivent se valoir, non ? Et puis allons chercher nos infos sur Breitbart ou Infowars pendant qu'on y est. A un moment ça va devenir insultant pour les contribuables qui ont laché la bagatelle de 50 000 balles pour qu'on étudie. On leur doit un peu mieux que ça.

Arrête, un articulet de cette feuille de chou n'a rien à voir avec le matraquage qu'on subit depuis des semaines sur toutes les chaînes d'info et dans tous les journaux.

T'inquiète, Fillon a la plus haute idée de l'indépendance de la France. Ce qui est fascinant - quoiqu'on pense des Etats-Unis et encore plus avec l'arrivée de Trump - du point de vue de l'Europe, c'est la tendance à ne pas voir la finalité évidemment expansionniste de la politique Russe. La Russie n'a pas d'économie, pas d'innovation, juste une immense armée. Combien de temps ça peut tenir avant qu'ils ne s'étendent à nouveau sur l'Europe de l'est ?

Tu pourras poser la question ce soir : la volonté expansionniste de l'ogre russe trouvera-t-elle en Trump un domestique servile qui lui déroulera le tapis rouge pour assouvir son appétit vorace ?

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: La Russie de Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev

FDL a écrit:
Greg a écrit:

Ton soutien à Vladimir Poutine, comme d'autres en France, m'estomaque. Dans les années 30,

J'ai arrêté de lire ici. Ne t'égosille pas plus en vain.

Tu fais bien, cela pourrait te causer du tourment, misérable satrape russoïde cybernétique.

Pour le reste, sur ton dernier post, si propagande extérieure organisée il y a, FDL, elle est celle du Kremlin, et du FSB, dont Poutine est une émanation directe, au travers de toutes sortes de sites web multi-langues de propagation des informations que Moscou veut porter, informations où s'y mèlent du vrai et du faux, avec une orientation cohérente avec les intérêts de Moscou.

Soit tu le sais très bien, et tu as volontairement décidé de t'en faire le relais, soit tu n'en as pas conscience et tu serais alors le plus inutile des idiots utiles du Commandant Putin.

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Re: La Russie de Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev

Il y a de la propagande des deux côtés.

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Re: La Russie de Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev

Nous défendons effectivement le Droit International tel qu'il a émergé au fil de décennies de traités négociés, d'accords entérinés, d'engagements internationaux ratifiés, de Principes Généraux communément consacrés par les usages internationaux.

Et puis il y a ceux qui défendent le principe du rapport de force, du coup de force, des opérations d'ingérence par piratage cybernétique, des bombardements massifs à coup de barils de poudre largués à l'aveuglette et de la propagande pour enrober tout cela qui ne fait pas de distinction entre Daesh et Alep, entre opposants au régimes et islamistes, entre guerre contre le terrorisme et massacres de civils sans faire quartier ou exécutions de masses sommaires. Le tout sur un décorum phraséologique qui fait systématiquement appel au complotisme pour instiller le doute de soi dans les cœurs et les esprits au sein des Nations ciblées.

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Re: La Russie de Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev

FDL a écrit:

Mais peut-être qu'il est impliqué. Sauf que là, nous avons un chef d’État (Obama) qui en accuse directement un autre (Poutine) sur la base de soupçons et de ressentiment personnel. La parole d'un chef d’État n'est pas anodine. C'est une faute énorme d'Obama (encore une, cela dit) de mettre en cause Poutine personnellement. Et on imagine dès lors très bien ce qu'aurait pu être une présidence Clinton (mais on en parlera sans doute ce soir, n'est-ce pas, mon Barney ? smile ).

Non FDL ce que tu dis là dessus n'est pas correct. Obama accuse la Russie sur le fondement des informations qui lui ont été remises par ses services de renseignement. De la même façon qu'il serait frivole de qualifier d'incorrectes au premier abord les informations fournies par la DGSE au gouvernement français, il est incorrect de dire qu'Obama n'agit que sur base de soupçons. Il a au contraire probablement plus d'informations que n'importe qui sur ce sujet. A un certain stade, lorsqu'il est établi que la source du piratage est un service russe, la question qui est pose c'est : ce service aurait-il pu, dans le contexte russe, agir sans l'assentiment des plus hautes autorités ? Personnellement je ne pense pas que Poutine autoriserait qui que ce soit dans son pays à commettre des actes aussi graves sans en avoir le contrôle.

Complot, non. Propagande, oui. La guerre d'Irak, et malgré les insultes ou plutôt les moqueries dont on affublait Bush et sa clique, n'a pas remis en question notre statut de meilleurs alliés des US. Là, avec Poutine, on a l'impression que le grand sport national des "élites" consiste à sortir la plus grosse énormité sur lui, qui est assimilé, au choix, à Satan, Hitler ou l'Antéchrist. Et tous les empaffés de service de nous ressortir les années 30...

C'est faux aussi ça. D'un côté, nous n'étions plus considérés commes un allié proche (du tout du tout) et nous avons même eu des sanctions économiques contre la France. Ensuite, je te laisse le soin de taper "Bush+Hitler" sur google image pour voir à quel point les critiques contre W ont été violentes en France. "Néo-conservateur" était probablement la pire critique de l'époque, on a accusé Bush d'avoir fait péter les tours jumelles, etc. L'antiaméricanisme primaire n'a cessé qu'avec l'élection d'Obama. Et à l'époque tu n'avais pas la moitié de la population française qui considérait que, quand même la guerre en Irak c'était une bonne chose, etc.

Les russes sont définitivement plus efficaces, et tirent aussi profit du discrédit de nos institutions et médias. Je ne vois pas de raison de m'en réjouir personnellement.

Peut-être, je lis rarement RT.

Tu fais bien, c'est une entreprise détestable de propagande. Et je ne dis pas cela parce que les médias français seraient exempts de toute propagande, loin de là. Mais je fais la séparation - et c'est plus facile pour nous, qui avons un certain réseau auprès des médias - entre les personnes dont je sais qu'elles essaient d'informer tout en admettant qu'elles peuvent être manipulées, et celles dont je sais qu'elles ne font que désinformer pour nous manipuler. Il y a une différence ethique de taille.

Arrête, un articulet de cette feuille de chou n'a rien à voir avec le matraquage qu'on subit depuis des semaines sur toutes les chaînes d'info et dans tous les journaux.

C'est vrai, mais essaie de trouver côté russo/iranien le moindre début de tentative d'objectivité ? J'écoute France Inter tous les matins, leur vision du conflit syrien est partialle et orientée, je le sais. Mais je les ai entendu récemment faire le parallèle avec la sitaution en Yougoslavie, se demander comment s'assurer de la réalité des massacres, etc. Il est faux et de mauvaise foi de prétendre qu'ils ne font que de la propagande. Au contraire des médias russes, qui sont pour le coup totalement à la solde des pouvoirs en place. Tu peux considérer que notre presse n'informe pas, mais elle reste beaucoup plus libre que celle que je vois relayée tous les jours sur Facebook depuis quelques mois (principalement RT et Spoutnik).

Tu pourras poser la question ce soir : la volonté expansionniste de l'ogre russe trouvera-t-elle en Trump un domestique servile qui lui déroulera le tapis rouge pour assouvir son appétit vorace ?

J'espère pouvoir être à l'heure smile

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"Un terroriste ne mérite pas de mourir. Il mérite de vivre l'enfer. A perpétuité. Et seule la déchéance de la nationalité le permet." Greg

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Re: La Russie de Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev

Sympa. Bonne ambiance... Bonne idée de soutenir ce mec (Fillon, Le Pen, Mélenchon, FDL...)

POUTINE VEUT "RENFORCER" LA FORCE DE FRAPPE NUCLÉAIRE RUSSE
@ ALEXEI DRUZHININ / SPUTNIK / AFP

COURSE A L'ARMEMENT - Auprès de ses armées jeudi, le président russe a ordonné le renforcement du nucléaire stratégique russe afin de garantir le franchissement des boucliers antimissiles "existants ou à venir".

En ligne de mire : le bouclier antimissile que Washington entend déployer en Europe orientale. Vladimir Poutine, lors d'une réunion avec les responsables de ses armées ce jeudi, leur a indiqué qu'il fallait "renforcer le potentiel militaire des forces nucléaires stratégiques, avant tout à l'aide de systèmes de missiles capables de garantir le franchissement des systèmes de défense antimissile existants ou à venir".

"Il faut faire attention au moindre changement dans l'équilibre des forces et de situation politico-militaire dans le monde et surtout aux  frontières russes. Et corriger à temps nos plans pour éliminer les menaces potentielles contre notre pays", a ajouté Poutine. Il a évalué complète "à 60%" la modernisation de ses forces  nucléaires, composées de bombardiers stratégiques, de missiles  balistiques intercontinentaux et de sous-marins nucléaires.

Une réponse au bouclier de l'Otan en Europe de l'Est

Le chef de l'Etat russe avait déjà annoncé, en juin 2015, le déploiement de plus de 40 nouveaux missiles balistiques  intercontinentaux à même de "percer les systèmes de défense antiaérienne les plus sophistiqués". Il s'agissait d'une réponse au projet américain d'installation d'armes lourdes en Europe de l'est via l'Otan. Le début du déploiement de ce bouclier antimissile en Roumanie l'été dernier, et la construction d’un autre en Pologne prévue d'ici 2018, ont depuis remis sur le tapis la question de la course à l’armement. Moscou voit dans ces armes défensives une "menace" et se réserve le droit de prendre des mesures de rétorsion. Washington assure pour  sa part que ce bouclier est destiné à protéger l'Europe d'une éventuelle attaque iranienne.

La dernière doctrine militaire russe, qui date de décembre 2014, n'évoque toutefois en aucun cas la possibilité d'une "attaque préventive" avec utilisation d'ogives nucléaires. Moscou ne se réserve le droit d'utiliser son arsenal qu'en cas d'agression contre elle ou ses alliés ou en cas de "menace sur l'existence même de l'État".

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Re: La Russie de Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev

Greg a écrit:

Sympa. Bonne ambiance... Bonne idée de soutenir ce mec (Fillon, Le Pen, Mélenchon, FDL...)

S'offusquer et s'indigner comme s'il allait un jour nous balancer la bombe c'est ridicule.

Il faut un équilibre dans ce monde entre deux grandes puissances, sinon celle qui est au-dessus de toutes les autres fait n'importe quoi, ou finit par faire n'importe quoi.

A noter également que le renforcement des forces stratégiques russes t'inquiète mais le reste non, allez savoir.


Ce deux poids deux mesures et les lectures orientées toujours dans un seul sens (et ça vaut pour tout partout) m'étonneront toujours, d'autant plus à notre époque où on voit peu à peu que les gens cherchent de plus en plus autre chose que cette interprétation du monde soi-disant binaire...

Last edited by Arken (23-12-2016 03:44:59)

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Re: La Russie de Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev

Je ne m'indigne, ni ne m'offusque. Je constate que ses déclarations et ses actes internationaux sont, depuis un bon nombre d'années maintenant, extrêmement menaçants à notre égard sans que cela puisse être justifié par une attitude originellement agressive de notre part.

Le soutenir, donc, aujourd'hui, c'est être frappé d'aveuglement sur nos propres intérêts, sur la réalité des menaces, sur la compatibilité du comportement international de Poutine avec le droit et les usages internationaux ; c'est être quelque part, dans une forme de haine de soi, de nihilisme.

Ce n'est pas la première fois que Poutine agite la menace nucléaire et si, effectivement, équilibre de la terreur il doit y avoir et il y a, je doute de la pertinence de faire ce genre de déclarations qui ne peuvent que braquer les interlocuteurs, et c'est d'ailleurs là l'erreur fondamentale de Poutine car sa stratégie, si elle peut fonctionner sur quelques théâtres locaux d'opérations face à des guérillas, est vouée à l'échec vis-à-vis du monde occidental. On ne négocie pas sous la menace et la stratégie du coup de force finit toujours, comme une voiture folle, dans le mur diplomatique, ou dans le fossé économique.

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Re: La Russie de Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev

Vlad au centre du monde.

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"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
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Re: La Russie de Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev

VP : "Dites donc ce petit jeune commence à nous faire chier"
DT : "T'as vu comment il m'a serré la main ce marmot"
RTE : "Y a un vrai risque qu'il nous ringardise"
AM : "Hu Hu Hu"

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