Koba NL a écrit:Plus globalement, le coût d'opportunité prête quand même a débat, puisque le noeud du problème se situe dans la chance d'obtenir un financement de thèse... Mais en dehors de ce cas de figure de faire une thèse (et donc d'avoir l'assurance de décrocher un financement) , la question de passer l'ENS en candidat libre ne se pose pas.
Oui, là je suis entièrement d'accord. S'il ne veut pas faire de thèse, il est pour le coup complètement idiot de rentrer à l'ENS juste par prestige (prendre deux ans pour avoir 4 ans de financement avec une proba faible c'est clairement pas malin).
Mais je répondais dans l'esprit initial du thread : maitre de conf en philo (ou socio) -> thèse -> financement de thèse -> agrégation (souvent)
En ce qui concerne "l'inutilité de la prépa en cas d'échec" je suis beaucoup plus réservé :
1/ Les prépas Ulm/Lyon sont des prépas où l'on apprend des choses (je veux dire, ce ne sont pas que des manuels, les khâgneux lisent les auteurs aussi) et je crois que ce n'est jamais inutile. De plus, cela permet d'avoir un profil plus généraliste à la différence de l'étudiant de fac. Or, en recherche, surtout en philo/socio, avoir des bases en langues, histoire, lettres, etc. est loin d'être un inconvénient à une époque où la pluridisciplinarité est mise en avant. La culture générale d'une prépa, quand bien même elle reste limitée et superficielle est toujours utile.
2/ On en a parlé avec Collot, mais pour la thèse de philo, c'est clairement mieux d'avoir l'agreg. Or passer deux ans en prépa, même sans intégrer Normale, donne un sacré bonus pour ensuite préparer l'agreg (et au passage, même les normaliens ne passent pas l'agreg sitôt leur prépa achevée, donc je ne saisis pas du tout l'argument). Cet "ultima ratio" me semble surtout un argument spécieux en l'espèce.
3/ Une prépa enseigne des méthodes de travail qui sont utiles pour la thèse (qualités rédactionnelles, synthèse, analyse). J'en parle d'autant mieux qu'on voit très vite dans les séminaires les étudiants brillants passés par la prépa et les non-passés par la prépa. Les deux disent des choses passionnantes et justes, simplement les premiers ont souvent le truc pour les présenter synthétiquement et efficacement et savent en général mieux convaincre (je parle en moyenne of course).
4/ L'encadrement et la motivation. Il est possible qu'une fois en M1 à la fac il soit laissé à lui même (j'ai suivi un cursus de philo à Paris 4, je peux témoigner de la différence d'encadrement entre l'ENS et la fac !) et sorte dégoûté. Les deux ans de prépas peuvent lui donner l'énergie pour continuer jusqu'en thèse (je pense surtout à des professeurs exceptionnels, le genre de types qui t'accrochent et font naître les vocations. La mienne est née sur les bancs d'une classe prépa et pas à l'ENS ni lors de mes masters... Dans mon cas tout à fait personnel, si j'avais fait la fac, je n'aurais clairement jamais fait de recherche (pour y enseigner actuellement, je me rends compte à quel point les cours sont soporifiques -- les miens compris, mais on nous demande d'enseigner de façon très spécialisée).
Sur le niveau, il est clair qu'on parle d'un étudiant qui va s'enfermer pendant deux ans dans une bibliothèque et qui a un minimum de talent pour intégrer. Et je n'ai jamais dit que ses chances d'intégrer étaient élevées.
Simplement je préfère qu'il fasse lui même son choix en ayant toutes les cartes en main. Pour moi, aucune option n'est absurde, elles sont justes plus ou moins coûteuses/porteuses