Topic: Commémoration de l'esclavage, le 10 mai

PARIS (AP) -- Des bambous pour la mémoire. Une oeuvre d'art pour la traite et l'esclavage. Aujourd'hui, Jacques Chirac inaugure une création de l'artiste guadeloupéenne Léa de Saint-Julien, dans le jardin du Luxembourg, à Paris. Elle marquera «l'hommage solennel de la nation à la mémoire des abolitions», pour ce premier anniversaire hexagonal. Suffisant pour les Noirs de France ? Pas sûr. Le Conseil représentatif des associations noires (Cran) se réjouit de quelques initiatives, mais fait déjà la tête. Il regrette l'absence d'événements d'envergure. «Le 10 mai devait réunir dans une même mémoire les descendants d'esclaves et tous les autres Français», écrit le Conseil dans un texte. Au lieu de cela, «tout a conduit au scénario que nous voulions éviter : les associations d'un côté, les officiels de l'autre, la division partout». Louis Georges Tin, porte-parole du Cran, parle d'un «service minimum» du Président, et carrément de «rendez-vous manqué» avec l'histoire. Faire de l'esclavage une histoire pour tout le pays, et pas seulement pour les Noirs : on est encore loin du compte.

vidéo C dans l'air avec Taubira, Vergès, N'diaye et Schmidt.


Claude Ribbe a écrit:

Le 23 mai 1998, voici huit ans déjà, 40 000 descendants d’esclaves se sont rassemblés pour une marche silencieuse en souvenir de leurs ancêtres. Cette marche a été l’élément déclencheur de la proposition de loi de Christiane Taubira, déposée à l’Assemblée nationale l’automne suivant. Cette proposition de loi, vidée de son contenu par le gouvernement de l’époque, aboutit aujourd’hui à l’annonce, par le Chef de l’État, d’une date de commémoration de l’abolition de l’esclavage. Cette date, fixée au 10 mai, est loin de faire l’unanimité. Le sens de la célébration est ambigu : s’agit-il de rendre hommage aux abolitionnistes européens ou aux esclaves ? Et pas un mot d’Haïti où la France a déporté 85 % de ses captifs. Mais qu’importe ! Cette date étant fixée, les médias vont lui donner le plus large écho. Et si nous faisions de cette date qui nous est imposée, notre date ? Et si, las d’être manipulés, nous prenions les choses en mains ? Après l’échec des magouilles de ceux qui voulaient faire du 10 mai leur grand carnaval, aucun rassemblement populaire n’est prévu. Rien que des cocktails officiels sous les lambris de la République. Plusieurs associations, cependant, ont retenu l’idée de se rassembler place de la Nation le 10 mai à 17 heures. Rien d’autre n’étant proposé aux vrais descendants d’esclaves, à ceux qui ne reçoivent pas de cartons d’invitation pour aller faire des ronds de jambes dans des ministères, à ceux qui ne parlent pas au nom des autres, à ceux qui ne comptent pas pour les décideurs et les puissants, mais qui ont une envie sincère de rendre hommage à leurs ancêtres, je propose - moi qui ne suis président de rien et qu’on traite volontiers de quidam, moi que l’on tente d’écarter des émissions de télévision et des comités officiels pour y mettre des clowns serviles - je propose de vous rassembler le 10 mai.
Que vous soyez Antillais, Haïtiens, Africains, que vous ayez ou non une religion, que votre peau soit claire ou sombre, que vous ayez des papiers ou non, vous avez tous une bonne raison de descendre dans la rue ce jour-là et, dans la dignité, de montrer votre force.
Au nom du chevalier de Saint-George, méprisé par la télévision française parce qu’il ne serait pas assez emblématique, au nom du général Dumas, bafoué par un ministre de la Culture irrespectueux de notre histoire, au nom de Louis Delgrès qui, le 10 mai 1802, nous lança un appel avant de mourir pour la liberté, au nom de Toussaint-Louverture, assassiné par Napoléon Bonaparte au fort de Joux, au nom de Dessalines, au nom de Christophe, au nom de ceux qui brûlent dans des logements sordides, au nom de ceux qu’on assassine mais dont personne ne parle, au nom de ceux que l’on arrête et que l’on maltraite à cause de leur couleur de peau, au nom de ceux qu’on humilie, au nom de ceux qu’on n’entend jamais à la radio et qu’on ne voit jamais à la télévision, au nom des femmes qui ne sont que rarement représentées dans les associations, au nom de tous les anonymes, de tous les quidams, de tous les damnés de la terre, je vous invite à vous rassembler à Paris, dans la dignité, pour montrer que vous existez, pour protester contre toutes les formes de racisme et de manipulation, le 10 mai 2006, à dix-sept heures, place de la Nation ! Le 10 mai ne sera que ce que vous en aurez fait. Résistons ! Qu’avons-nous à perdre ?

Last edited by Fabien (10-05-2006 12:32:52)

So, where's the Cannes Film Festival being held this year?

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Re: Commémoration de l'esclavage, le 10 mai

j'ai un truc encore plus sympa, plus d'ambiance, plus chouette.

Attends deuxpetites secondes, je crée un thread concurrence