Re: Collusion presse - pouvoir

C'est toujours mieux que Villepin en médium sur les Dauphines.

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"Je sens en deux parti[e]s mon esprit divisé." (Pierre Corneille, Le Cid)
"Et en deux sous-parties" (Richard Descoings)

Re: Collusion presse - pouvoir

Un peu de respect pour la Dauphine.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/03/Renault_Dauphine_1.jpg/280px-Renault_Dauphine_1.jpg

Tu me dis vous ... Aaaaa ... après tu

Re: Collusion presse - pouvoir

Tu pensais quoi ? Que je parlais de Villepin en medium sur les Dauphines dans ce sens là ?

http://www.instructables.com/files/deriv/FY5/RGMX/F9056ZSM/FY5RGMXF9056ZSM.MEDIUM.jpghttp://www.angiesweethome.com/media/01/00/3c267aeff904ee693e1ca1c193c6d898.jpg

"Je sens en deux parti[e]s mon esprit divisé." (Pierre Corneille, Le Cid)
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Re: Collusion presse - pouvoir

Jean-Michel Aphatie vs. Jean-François Kahn, nouvel acte, scène 1 : http://blogs.rtl.fr/aphatie/index.php/p … anne-30/06

Re: Collusion presse - pouvoir

Apathie complètement à la masse. La liberté de la presse en démocratie libérale est un sujet battu et rebattu et l'analyse des intérêts matériels de chacun bat en brèche la fiction à laquelle il semble s'accrocher des journalistes hors de toute influence, observateurs au dessus de la masse.

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Re: Collusion presse - pouvoir

fétiche a écrit:

Tu pensais quoi ? Que je parlais de Villepin en medium sur les Dauphines dans ce sens là ?

http://www.instructables.com/files/deri … MEDIUM.jpghttp://www.angiesweethome.com/media/01/ … c6d898.jpg

Capotes + Belles bombes = splouchmiamiam

Re: Collusion presse - pouvoir

rue89 a écrit:

Les images de Sarkozy en "off" avant son interview sur France 3

Par Rue89 Marmite | 30/06/2008 | 21H29

Installé dans le studio du 19/20 à quelques minutes du début de son intervention, Nicolas Sarkozy est entre les mains des techniciens et maquilleuse de France 3. Face à lui, le directeur de l'information de la chaîne, Paul Nahon, et les trois journalistes Audrey Pulvar, Véronique Auger et Gérard Leclerc. L'ambiance est glaciale.

Un technicien vient mettre un micro au Président, qui le salue. Le technicien ne répond pas, ce qui choque Nicolas Sarkozy. Après s'être plaint de ce manque de politesse -"on n'est pas dans le service public, on est chez les manifestants"-, il finira par dire: "Ça va changer, là."

Ensuite, il plaisante sur la "placardisation" de Gérard Leclerc, qui est -avec Audrey Pulvar et d'autres présentateurs et rédacteurs en chef de France 3- l'un des signataires d'une tribune très critique sur la réforme en cours, publiée la semaine dernière dans Le Monde: "T'es resté combien de temps au placard?"

Juste avant que le son ne soit coupé depuis le studio, Nicolas Sarkozy s'assure que France 3 évoquera bien son déplacement du jour à Carcassonne. Paul Nahon lui répond que c'est prévu. Avant, pour plus de certitude, de donner un ordre dans son micro: "Donc on parlera de Carcassonne avec le Président après, hein? Yes! Parfait!"

http://www.dailymotion.com/video/x5yyb9 … de-fr_news

Augustin Scalbert

Mon moment préféré reste la phrase prononcée en l'air "Il est beau ce plateau, hmm, très beau".

A part ça il me semble avoir compris que Sarkozy "s'invitait" sur le plateau de France3, comme le suggère le lancement ("la 2e fois dans l'histoire de la Ve République").

[edit : son énervement face au manifestants est probablement du au comité d'accueil de travailleurs de la chaîne]

Last edited by fétiche (30-06-2008 23:14:23)

"Je sens en deux parti[e]s mon esprit divisé." (Pierre Corneille, Le Cid)
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Re: Collusion presse - pouvoir

Le pauvre, la presse à beau être aux ordres, tout ça à l'air de terriblement le stresser... Cachez moi toutes ces vilaines mimiques !

"It's better to burn out than to fade away".
Joseph Goebbels ou Neil Young ?

Re: Collusion presse - pouvoir

Oscar Wilde a écrit:

Jean-Michel Aphatie vs. Jean-François Kahn, nouvel acte, scène 1 : http://blogs.rtl.fr/aphatie/index.php/p … anne-30/06

scène 2 : http://blogs.rtl.fr/aphatie/index.php/p … ment-01/07

260

Re: Collusion presse - pouvoir

Je me réjouis qu'Aphatie ait retrouvé la raison.

Répondre à Marianne. c’est prétentieux de ma part, et c’est aussi une perte de temps. Bien peu d’intérêt. Que répondre qui ne paraisse pas autojustification? Donc malaise. En fait, c’est le piège. De manière véhémente et sur le ton du prêcheur, Jean-François Kahn me traite dans sa longue longue interview de « supplétif » de je ne sais plus trop qui ou quoi. Et aussi « je cire les pompes » de tel ou tel. Répondre? Oui, je pourrais répondre. Plein de choses. mais ça m’emmerde, en fait. Et ça m’ennuie aussi, c’est s’abaisser à peu de choses que de répondre. « Cirer les pompes » est vulgaire, alors que répondre au vulgaire? Juste ceci, peut-être, évoquer la mémoire historique. Naguère, jadis bientôt, des idéologues évoquaient les « laquais » du pouvoir, les auxilliaires de la bourgeoisie, et toutes ces fadaises dont on pensait qu’elles ne trottaient plus que dans des têtes malades. Pourtant, là, en 2008, en France, viennent sous la plume les mots de « supplétifs », ou l’expression « cireur de pompes », sans aucune distance, sans aucun humour, dans une logorrhée catastrophiste et conspirationniste, tout va mal et on nous cache tout. Répondre à cela, c’est lutter contre un moulin à vent. Inutile.

Re: Collusion presse - pouvoir

Moi aussi, même si une bonne polémique allant jusqu'à son terme n'eût pas été pour me déplaire non plus smile

Re: Collusion presse - pouvoir

Ca rappelle un peu Pierre Dac et Philippe Henriot

Last edited by Gambetta (01-07-2008 21:10:29)

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Collusion presse - pouvoir

Elisabeth Lévy sur causeur.fr :

" Sarkozy et les médias : tous contre seul ! [Si le président tient les journalistes, il les tient mal] " : http://www.causeur.fr/sarkozy-et-les-me … e-seul,428

" Edwy Plenel, journaliste participatif [Edwy invente pour Ségolène la participation (aux meetings) sans soutien] " : http://www.causeur.fr/edwy-plenel-journ … ipatif,509

Last edited by Oscar Wilde (02-07-2008 15:49:06)

264

Re: Collusion presse - pouvoir

Je ne sais plus dans quel thread on avait parlé de la nomination du président de France Télévisions par l'exécutif alors je mets ça ici. Après France Télévisions, Radio France :

Le Figaro a écrit:

Le président de Radio France aussi nommé par l'exécutif ?

Le président de Radio France serait «certainement» nommé à l'avenir par l'exécutif, comme celui de France Télévisions. C'est ce qu'a déclaré Christine Albanel, la ministre de la Culture, vendredi sur France Inter. «Suite à la réforme constitutionnelle, il va y avoir la définition de toute une série de fonctions qui relèveront du même mode de nomination», a-t-elle dit. Après la remise du rapport Copé sur la réforme de France Télévisions, le chef de l'État a proposé que le président de ce groupe public soit à l'avenir nommé par le gouvernement avec contrôle du Parlement et du CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel).

Priée de dire si le président de Radio France serait nommé «de la même façon que le président de France Télévisions», elle a répondu : «Certainement.» Actuellement, c'est le CSA qui nomme les présidents des groupes de télévision et de radio publiques.

Le ministère de la Communication précise que la ministre «a exprimé un point de vue de bon sens qui est de dire qu'à partir du moment où on modifie les conditions de nomination du président de France Télévisions, il y aurait une certaine logique à ce qu'on le fasse aussi pour le président de Radio France», selon l'AFP.

La loi sur l'audiovisuel public, que Mme Albanel souhaite présenter début septembre au Conseil des ministres pour un passage mi-octobre devant le Parlement, devrait «très, très probablement» comporter un article modifiant les conditions de nomination du président de Radio France.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Collusion presse - pouvoir

Finissons-en avec l'hypocrisie ! Supprimons le Parlement, on sait très bien que c'est le prèz qui décide !

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266

Re: Collusion presse - pouvoir

Le Figaro a écrit:

Paris Match affuble Sarkozy d'une troisième jambe

Souhaitant faire disparaître le corps d'un agent de sécurité, un photographe a retouché son cliché en oubliant une jambe. La société des journalistes de l'hebdomadaire s'indigne de cette pratique.

Ce n'est pas la première fois que Nicolas Sarkozy est l'objet d'une retouche photographique de la part de Paris Match. Mais, si lors de ses vacances américaines de 2007, l'hebdomadaire avait fortement atténué les bourrelets du chef de l'État en train de faire du canoë ; cette fois, la photo parait moins avantageuse. Sur le cliché en question, réalisé par le photographe Pascal Rostain le 12 septembre dernier lors du passage du Pape à l'Élysée, on distingue, derrière le chef de l'État, à droite de l'image, une troisième jambe. La photo est parue dans le numéro de Paris Match en date du 17 septembre 2008.

La jambe en question est celle d'un garde du corps a expliqué le photographe. «Il y avait la tête d'un ‘mec' du GSPR (groupe de sécurité de la présidence de la République, ndlr) juste derrière Sarkozy. J'ai d'abord essayé de la flouter (...) puis j'ai pris moi-même la décision d'enlever cette tête», a assuré Pascal Rostain. Seulement, le photographe a oublié d'en faire de même avec la jambe du garde du corps. Pascal Rostain reconnaît d'ailleurs une «erreur énorme».

Jeudi, la Société des Journalistes (SDJ) de Paris Match a condamné le fait que la photo ait été retouchée. «L'altération des photos déforme la réalité et doit être, en ce sens, strictement interdite», a affirmé la SDJ. «Seules les techniques traditionnelles de cadrage, de réajustement des contrastes, des échelles de couleurs, sont tolérées». «Les nouvelles technologies qui permettent la manipulation des images rendent plus ténue la ligne qui sépare les faits de la fiction», souligne la SDJ.

Le rédacteur en chef photo de Paris Match, Guillaume Clavières, s'est quant à lui défendu d'avoir retouché : «Nous l'avons publiée telle qu'elle nous a été fournie». «À Match, on n'a pas fait attention à ce pied qui dépassait», a-t-il ajouté. De son côté, le photographe a confirmé que la retouche de cette photo était «sa décision personnelle». «J'aurais dû prévenir Match mais pas seulement : j'ai envoyé le reportage dans 22 pays», a-t-il ajouté. «Quand Match l'a appris, j'ai pris un savon», a raconté Pascal Rostain avant de donner son sentiment sur les pratiques en cours. «Il faut arrêter l'hypocrisie, depuis l'avènement du numérique, les photos (...) sont évidemment retouchées, on rend nos photos plus esthétiques», explique ce collaborateur extérieur du journal, régulièrement choisi par l'Elysée pour suivre le couple présidentiel.

Pour voir l'apparition miraculeuse : http://www.lefigaro.fr/medias/2008/09/2 … jambe-.php

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
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Re: Collusion presse - pouvoir

@si a écrit:

Sur son blog, ouvert en décembre 2005, Jean Quatremer, pro-européen convaincu, évoque les coulisses de l'Europe vue de Bruxelles, où il est le correspondant permanent du quotidien Libération.

Dans un billet publié ce vendredi 10 octobre, Quatremer révèle un aspect de sa vie quotidienne de journaliste : l'attitude du Président de la Commission Européenne, José Manuel Durao Barroso à son égard.

"Barroso, a invité à dîner une vingtaine de journalistes français en poste à Bruxelles. (...) Toute la presse écrite (...) télévisions, radios, presse spécialisée et, bien sûr l’Agence France Presse (...)votre serviteur n’était pas invité, tout comme Nicolas Gros, le correspondant de Ouest France. (...) Le « crime » de ces deux journalistes ? Avoir déplu au souverain Barroso.

"La date de ma « disgrâce » est très précise : le 14 avril 2005, six mois après sa nomination, j’ai publié un portrait assassin du nouveau Président de la Commission (...). Nicolas Gros s’est retrouvé sur la même liste noire (...) ayant commis dans France Soir, où il travaillait à l’époque, un article intitulé : « Erreur de casting à la Commission ». Depuis, nous sommes systématiquement écartés de toutes les rencontres informelles."
   
Mais ce boycott ne s'appliquerait pas qu'aux rencontres "informelles" selon Quatremer :

"Le 8 février dernier, Barroso a donné une conférence de presse publique (...). La porte-parole adjointe, Leonor Ribeiro da Silva (...) est chargée de donner la parole. Je suis au premier rang et lève immédiatement la main. Systématiquement, elle m’ignore – je suis devant elle — et désigne des journalistes slovène, tchèque, polonais, britannique, etc., évidemment plus impliqués qu’un journaliste français. Il a fallu que je hurle : « est-il normal que l’on me refuse la parole ? » pour que Barroso, gêné, m’autorise enfin à poser ma question.

"Barroso est libre de dîner avec tel journaliste et pas avec tel autre. (...) le message envoyé à l’ensemble de mes confrères est le suivant : déplaisez, et vous risquez de ne plus avoir accès au souverain."

http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=2084

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Re: Collusion presse - pouvoir

Très bonne émission d'arrêt sur image sur les États généraux de la presse.

http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=1339

Re: Collusion presse - pouvoir

http://www.lejdd.fr/cmc/international/2 … 65415.html

C'est tellement beau <3 Rien à citer, tellement c'est hallucinant de bout en bout.

Aussi > http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=2480

Please could you take this note, ram it up your hairy inbox and pin it to your fucking prostate.

Re: Collusion presse - pouvoir

Arrrrrrrrgh Albanel éneeeeeeeerve

"Sautez dans l'urinoir pour y chercher de l'or, je suis vivant et vous êtes morts." -PKD

271

Re: Collusion presse - pouvoir

Libération a écrit:

Quand «le Figaro» gomme la bague de Dati

Le quotidien a effacé, sur sa Une, le bijou coûteux que la ministre porte à sa main gauche.

Plus d’an an après le gommage des poignées d’amour de notre cher Président dans Paris Match, c’est au tour de Rachida Dati de connaître cet honneur: la retouche. Et ça se passe dans le Figaro.

L’information est révélée par nos confrères de L’Express ce jeudi. En réponse à la lettre des 534 magistrats transmise en début de semaine à la Chancellerie, dans laquelle ils dénoncent l’«incohérence des politiques pénales» et demandent à la ministre des «excuses publiques» envers une magistrate, la garde des Sceaux répond aux critiques dans une interview au Figaro, propriété de Serge Dassault, autre proche de la présidence, comme l’est Arnaud Lagardère, le propriétaire de Paris Match.

L’information est d’une importance telle que le quotidien en fait sa Une. Avec une photo de Dati, prise au Sénat le 17 juin dernier, pour l’illustrer. Comme par magie, la bague que la ministre porte sur l’original, le modèle «Liens» de la marque Chaumet «en or gris pavé diamants» d’une valeur de 15.600 euros, a disparu.

Commentaire de la rédactrice en chef du service photo du Figaro, recueillie par L’Express: «On assume. On ne voulait pas que la bague soit l’objet de la polémique.» Ça a parfois du bon d’avoir des amis patrons de presse...

Pour voir la photo : http://www.liberation.fr/medias/0101267 … ue-de-dati

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Re: Collusion presse - pouvoir

Un nouveau prétendant : François Sarkozy.

Le Nouvel Obs a écrit:

François Sarkozy fait retirer un article de Voici.fr

Un article évoquant les rumeurs autour de l'identité du père de l'enfant de Rachida Dati a été retiré du site du journal à la demande du frère du président de la République.

http://tempsreel.nouvelobs.com/file/620246.jpg

Une capture d'écran de la page après la suppression de l'article (DR)
Le frère du président de la République, François Sarkozy, a fait retirer un article du site de Voici.fr évoquant les rumeurs selon lesquelles il serait le père de l'enfant de Rachida Dati, rapporte lundi 5 janvier le site LePost.fr.
L'article, intitulé "Une surprenante visite", affirmait que François Sarkozy avait rendu visite à la ministre de la Justice et à son bébé, Zorah, dans leur chambre de la clinique de la Muette. Il poursuivait ensuite à rappelant différentes rumeurs sur l'identité du père de l'enfant.

"A la demande de François Sarkozy"

Quelques heures après sa mise en ligne, l'article était retiré du site. Selon une capture d'écran de la page faite par Le Post, on pouvait simplement lire le titre, accompagné de la mention "Article retiré à la demande de François Sarkozy". Lundi en fin d'après-midi, cette mention elle-même avait disparu, laissant place à un "Désolé, la page demandée n'a pas été trouvée".
Pourtant, l'url de l'article semble confirmer l'intervention du frère du chef de l'Etat: http://www.voici.fr/potins-people/les-p … ozy-266149

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273

Re: Collusion presse - pouvoir

Par arrêté du 17 novembre 2008, le Ministre de l'Economie a infligé à TF1 une sanction pécuniaire de 250 000 Euros pour non respect des engagements pro-concurrentiels pris lors de l'acquisition de AB Groupe.

Bizarre, on n'a pas parlé de favoritisme dans cette affaire.

"Moult a appris qui bien connut ahan"

Re: Collusion presse - pouvoir

http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=21662

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Collusion presse - pouvoir

L'Express a écrit:

Hervé Novelli poursuit France 3 en diffamation pour un reportage

Par Reuters, publié le 23/03/2009 à 18:03 - mis à jour le 23/03/2009 à 18:08

ORLÉANS - Hervé Novelli, secrétaire d'État chargé du Commerce, va poursuivre en diffamation la chaîne de télévision France 3 après la diffusion d'un reportage rappelant son passé de militant d'extrême droite.
Hervé Novelli, secrétaire d'État chargé du Commerce, va poursuivre en diffamation la chaîne de télévision France 3 après la diffusion d'un reportage rappelant son passé de militant d'extrême droite. (Reuters/Gonzalo Fuentes)

Selon son avocat, Jean-Marc Fedida, le statut politique de son client va conduire la ministre de la Justice "à porter elle-même l'affaire devant la justice". Rachida Dati devrait donc être saisie de la plainte dans les prochains jours, a-t-il dit lundi.

Un proche du secrétaire d'Etat, qui ne souhaite pas lui-même se prononcer sur cette affaire, a expliqué cette décision. "On ne peut pas dire n'importe quoi sur le passé de M. Novelli", a-t-il dit. "Son passage par l'extrême droite est une étape dans sa jeunesse politique. On ne peut pas la lui reprocher indéfiniment".

La décision d'Hervé Novelli, qui a été désigné dimanche tête de liste de l'UMP pour les élections régionales de 2010 dans le Centre, a été critiquée par les Verts et le Parti communiste, qui ont apporté leur soutien à la rédaction locale de France 3.

"M. Novelli ne supporte pas que des journalistes informent sur son passé de militant d'extrême droite. Le fait même de s'attaquer à la presse prouve qu'il n'a pas rompu avec son passé", écrivent les écologistes français dans un communiqué.

Le reportage, diffusé mercredi dernier, mentionnait aussi les liens du secrétaire d'État avec l'Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM), au centre d'un scandale portant sur l'utilisation d'une "caisse noire" d'une vingtaine de milliards d'euros entre 2000 et 2007.

Comme l'a révélé Libération.fr, Hervé Novelli a obtenu le retrait de la vidéo du site internet du groupe France 3.

Pour Marc Brynhole, secrétaire national du PCF, "sa demande de retrait du reportage le concernant vaut mieux qu'un long exposé sur la conception vassalisée de l'information de notre président de la République et de ses ministres".

Hervé Novelli n'a jamais caché son passé politique, même s'il n'est pas mentionné dans les biographies officielles.

Dans une interview donnée au Monde en février 2005, il évoquait son passage dans le mouvement d'extrême droite Occident en disant : "Je n'ai pas un regret. Occident, c'était un anticommunisme dans lequel je me reconnais toujours (...) Ne tombons pas dans le piège de la béatification de l'extrême gauche et de la diabolisation de l'extrême droite".

Xavier Naizet, auteur du reportage incriminé, estime que son reportage "aurait été diffusé un jour ou l'autre".

"Le fait que Serge Lepeltier, son rival aux primaires UMP pour les régionales, évoque publiquement le passé d'Hervé Novelli durant cette campagne justifie pleinement cette diffusion", plaide le journaliste.

http://www.lexpress.fr/actualites/2/her … 48799.html

La vidéo sur Dailymotion : http://www.dailymotion.com/video/x8qgil … se-dh_news

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Re: Collusion presse - pouvoir

A priori c'est plutôt millions que milliards.

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."

277

Re: Collusion presse - pouvoir

Libération a écrit:

Quand Novelli militait au front national

L'affaire Novelli, qui oppose le secrétaire d'état au commerce à l'antenne régionale de France 3 Centre (LibéOrléans du 19 mars 2009), vient de vivre un nouveau rebondissement. Dans un article paru vendredi sur le site d'information Médiapart, soit une semaine après la mise au rencard du reportage jugé diffamant (LibéOrléans du 20 mars 2009), notre confrère Fabrice Arfi publie des documents attestant de l'appartenance d'Hervé Novelli au Front national. Un fait que l'intéressé, par l'intermédiaire de son conseiller politique, a toujours nié. «Pour France 3, Novelli a passé 15 ans à l'extrême droite, faux, membre du FN, faux, financé sur les caisses noires de l'Uimm, faux, faux, archi faux», s'étranglait-il dans un commentaire publié le 20 mars sur LibéOrléans.

«À moins de renier ce passé-là, Hervé Novelli pourrait avoir du mal à contester la véracité des faits allégués», écrit Fabrice Arfi. «En voici au moins une preuve: le 3 décembre 1973, le «journal d'action nationaliste» Faire Front!, alors empêtré dans une guerre interne entre pro et anti-Le Pen, publiait un courrier d'Hervé Novelli, qui se présentait lui-même comme un «ancien d'Occident». Suivait la mention Carte du Front national n° 2524». Ce document, consultable auprès du dépôt légal de la bibliothèque nationale et que Libération reproduit ci-dessus, prouve donc que «le fait de jeunesse» prôné par l’entourage de Novelli semble revêtir une importance tout autre. «J’avais pour Le Pen l’estime que je dois au Président de mon parti - car je suis membre du Front National», écrit Novelli dans ce même courrier des lecteurs.

«De Youtube en Dailymotion, de sites en blogs, la maudite casserole bouillonne aujourd’hui dans toutes les arrière-cuisines de l’Internet où tambouillent donneurs de leçons et moralistes sous pseudonyme», écrivait Philippe Rivière de La Nouvelle république dans son billet du 25 mars 2009. En menaçant la rédaction de France 3 Centre avant même la diffusion du reportage incriminé et en exigeant le retrait du journal du site Internet de la chaîne, Hervé Novelli a sans nul doute incité, avec une maladresse qui force l’admiration, les journalistes à ressortir cette «vieille casserole». Et les internautes à surréagir.

Contacté à plusieurs reprises par Libération, le conseiller d'Hervé Novelli n'a pas souhaité donner suite.

http://www.libeorleans.fr/libe/2009/03/ … laffa.html

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Re: Collusion presse - pouvoir

C'est clair que ça reste la dernière des conneries. Et si c'était ça, les "dangers d'Internet" mis en avant par le gouvernement ?

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279

Re: Collusion presse - pouvoir

Contrastant avec le clin d'oeil d'Elkabach à Hortefeux, Stéphane Guillon signe une nouvelle perle en interviewant Nicolas Sarkozy.

Sinon l'interview de ce matin peut être trouvée ici : http://www.europe1.fr/Radio/chroniques/ … -ELKABBACH

Et tout de même, entendre Sarkozy avancer les arguments de la gauche depuis des decennies sur la crise, alors qu'il a été élu sur l'exact programme des inérêts de ceux qui nous ont mis dans la panade est assez drole. Voilà que l'homme qui proposait de mettre à l'honneur le crédit hypothécaire en France se fait passer pour un altermondialiste. L'homme de la tablée du Fouquet's se faisant passer pour un Robin des Bois. Il y ade quoi s'étouffer.

En vérité, nous assistons à la débacle du système programmatique sarkozyste et tout est fait pour faire semblant que tout était prévu. Sauf sur la sécurité bien sur où, entre la fabrication (médiocre) de faux ennemis intérieurs mamiste, la démultiplication des lois ultra-répressives datistes et des systèmes de surveillance individuelle edvigo-hadopo-Alain-Baueriens, le tout fondé sur la conception pénale et philosophique sarkozyste innéiste - inédite depuis le triomphe de la science et de la Raison sur l'obscurantisme - le sarkozysme tient son cap dans la science de la domination de l'Homme par l'Homme.

C'est que l'air de l'insurrection est doux pour le peuple prêt à reprendre en main sa souveraienté, mais fétide pour les tyrans ; il les pousse à mieux épouser les remontée de la base, ou à mieux faire semblant.

La vérité c'est qu'Obama et Sarkozy ne peuvent pas se blairer, et on comprend Obama. Sarko a été aidé par les neo-cons américains dont il était le représentant en France (les neo-cons ayant décidé de limiter la souveraineté française suite au NON gaullien à l'entrée dasn la gurre en Irak. Fidèle à son absence de principes, Sarkozy l'attaque en se faisant passer pour plus à gauche qu'Obama, alors qu'il est un des derniers résistants neo-conservateur à la tête d'un Etat.

Notez d'ailleurs qu'Obama a dit il y a 2 jours qu'il lui apparaissait inutile d'envoyer des troupes supplémentaires en Afghanistan, que ce n'était pas ce dont l'OTAN avait besoin (mais plutôt de dialogue et la pacification non militarisée), ce qui était directement dirigé contre Sarkozy, le dernier benêt qui a décidé à Londres il y a moins d'un an, d'envoyer, enthousiaste et passionné dans le cirage de pompe de la politique neo-conservatrice aujourd'hui décapitée, quelques cohortes supplémentaires.

Tout le monde lui avait dit que c'était stupide de s'orienter vers le cirage de pompe zélé des neo-cons finissants. Il 'a encore pas voulu écouter et à préférer n'en faire qu'à sa tête, étourdi pour la enième fois par la volonté de faire le coup médiatique...

blah !

280

Re: Collusion presse - pouvoir

Il se dit d'ailleurs que c'est après la chronique de Guillon que Jean-Paul Cluzel a appris qu'il ne serait plus PDG de Radio France.

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Re: Collusion presse - pouvoir

Et le fait de poser torse nu (avec les tatouages) pour le calendrier d'Act Up ne l'a pas aidé non plus.

Re: Collusion presse - pouvoir

Gamby... a écrit:

Et tout de même, entendre Sarkozy avancer les arguments de la gauche depuis des decennies sur la crise, alors qu'il a été élu sur l'exact programme des inérêts de ceux qui nous ont mis dans la panade est assez drole. Voilà que l'homme qui proposait de mettre à l'honneur le crédit hypothécaire en France se fait passer pour un altermondialiste. L'homme de la tablée du Fouquet's se faisant passer pour un Robin des Bois. Il y ade quoi s'étouffer.

En vérité, nous assistons à la débacle du système programmatique sarkozyste et tout est fait pour faire semblant que tout était prévu.

Il n'y a pas de programme sarkozyste. Sarko n'est pas e droite, pas de gauche, tout ce qu'il veut, c'est donner le max de fric à ces potes milliardaires. De ce point de vue, je pense que pas mal de gens au PS sont objectivement plus libéraux que Sarko, qui peut sans problème osciller très loin de gauche à droite...

"It's better to burn out than to fade away".
Joseph Goebbels ou Neil Young ?

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Re: Collusion presse - pouvoir

Surfin'USA a écrit:

tout ce qu'il veut, c'est donner le max de fric à ces potes milliardaires..

Je ne pensais pas que TOI tu tomberais aussi bas à utiliser de genre de poncifs...

Lolita, light of my life, fire of my loins. My sin, my soul. Lo-lee-ta: the tip of the tongue taking a trip of three steps down the palate to tap, at three, on the teeth. Lo. Lee. Ta

Re: Collusion presse - pouvoir

mami a écrit:
Surfin'USA a écrit:

tout ce qu'il veut, c'est donner le max de fric à ces potes milliardaires..

Je ne pensais pas que TOI tu tomberais aussi bas à utiliser de genre de poncifs...

Moi non plus, mais après presque deux années, il faut savoir tirer des conclusions, même si elles te frappent de stupeur !

"It's better to burn out than to fade away".
Joseph Goebbels ou Neil Young ?

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Re: Collusion presse - pouvoir

Un article sympathique sur un ouvrage qui résume à peu près ce fil...

Elkabbach : abuser du pouvoir tue
Les Rendez-vous de l’Agora reçoivent Vincent Quivy, auteur de Profession : Elkabbach (Editions du Moment)


Taisez-vous Elkabbach ! Chacun se souvient de cette réplique qui fit les beaux jours de la télévision.

Cette réflexion, on la prête à Georges Marchais. En réalité, l’ancien secrétaire général du Parti communiste français ne l’a jamais prononcée.

Mais il est significatif qu’elle marque les esprits. Taisez-vous Elkabbach ! Pendant des décennies, de De Gaulle à Sarkozy, combien de Français exaspérés n’ont-ils pas souhaité qu’il se taise ?

Dans Profession : Elkabbach, Vincent Quivy, journaliste ( L’impossible M. Borloo, 2006 ; Abus de pouvoir, 2007) et historien, revisite notre histoire récente, des années 60 à 2008, tout en suivant le parcours de Jean-Pierre Elkabbach qui fut naguère, il nous le rappelle, l’un des hommes les plus puissants de France.

"La voix de la France" ou "la voix de son maître" selon qu’on l’aimait ou le détestait...

Il y a un peu plus de 40 ans, la France ne possédait qu’une seule chaîne, pas de radios libres et, bien sûr, surtout pas d’Internet. Mais elle possédait déjà Elkabbach. Dans Profession : Elkabbach, Vincent Quivy remonte le temps et dresse le portrait du journaliste en sarkozyste, en chiraquien, en mitterrandien, en giscardien, en gaulliste.

Mais finalement, c’est en "elkabbachiste" qu’il est le plus ressemblant, car Elkabbach, en roulant pour le pouvoir suprême, n’aura roulé que pour lui.

Elkabbach n’a pas négocié et surtout pas compris le bouleversement provoqué par Internet. Et c’est Internet qui causera sa perte :

« Une information lancée sur le Net peut être reprise par tous les médias hexagonaux, voire internationaux. À l’ère de l’immédiateté, de l’apparence, de la dictature de l’émotion, la contagion est générale.

À la manière du marché boursier, il y a une hypersensibilité et une hyperréactivité à toutes les nouvelles, vraies ou fausses. Il faut bien comprendre que cette mécanique emporte tout le système médiatique, et, avec lui, l’indispensable respect de la vie privée, de la dignité, de l’intimité. Même les maîtres en médias peuvent être submergés par cette vague », expliquait-il au journal La Croix le 11 avril 2008.

Quelques jours plus tard, il annonçait sur l’antenne d’Europe 1 la mort de Pascal Sevran alors que celui-ci était vivant… En juin il devra quitter la présidence de la radio.

Depuis, celui qui fut l’empereur de l’information dans l’audiovisuel, perd peu à peu de sa superbe. Dépossédé de sa présidence à Public Sénat, il ne reste plus au « meilleur intervieweur de France » qu’une émission matinale.

Plus pour longtemps. Le Canard enchaîné vient d’annoncer (18 mars 2009) que le patron d’Europe 1, Alexandre Bompard cherche à le remplacer pour la rentrée de septembre.

C’est décidément la fin d’une époque et, peut-être aussi, d’un certain journalisme. Une façon d’être avec le pouvoir qu’a finement analysé Vincent Quivy dans son livre.



Pour Les RDV de l’Agora, il répond aux questions d’Olivier Bailly

Olivier Bailly : Qu’est-ce qui vous a incité à écrire ce livre ?
Vincent Quivy : Dans mon précédent livre, Abus de pouvoir, j’avais consacré tout un chapitre sur les relations entre les hommes politiques et les médias. J’avais envie de développer cet aspect. Et j’ai donc pris Elkabbach qui symbolise ces relations. D’abord il a des relations très suivies avec les politiques et puis il est devenu journaliste au tout début de la cinquième république qu’il a accompagnée pendant cinquante ans. C’est le symbole médiatique de la cinquième république.

OB : Ce sont surtout des relations très suivies avec le pouvoir, quel qu’il soit
VQ : Oui. Ce qui me gêne dans son cas ce n’est pas tellement qu’il soit un journaliste engagé dans un camp. Au fond, il n’est pas engagé. C’est quelqu’un dont on connaît mal les opinions politiques, mais ce qui le caractérise c’est qu’il va être au plus près du pouvoir, il va le servir afin de faire carrière et de valoriser cette carrière dans l’audiovisuel. Effectivement, peu lui importe les opinions politiques des uns et des autres. Il a très vite compris que pour être au plus haut dans son métier il fallait qu’il soit au plus près du pouvoir suprême, c’est-à-dire le président de la république ou son entourage.

OB : Aujourd’hui on l’attaque à propos de son sarkozysme, hier à propos de son chiraquisme, de son mitterrandisme, etc. Mais le paradoxe, c’est qu’il ne roule que pour lui.
VQ : Il a bien compris qu’on n’avait jamais rien sans rien. S’il voulait quelque chose il fallait qu’il donne. Et donc c’est une espèce d’échange bilatéral qu’il a bien perçu. Il sert les hommes politiques et les hommes politiques le servent. Il ne s’agit pas simplement d’une trajectoire pro domo, il sert aussi les autres, mais, effectivement pour son propre bénéfice. Non seulement il est en recherche de poste et de fonction importants, mais il est aussi en recherche du pouvoir en tant que tel. Comme un homme politique. Ce qui l’intéresse, c’est de diriger, d’avoir un pouvoir sur les autres y compris sur les hommes politiques. Il imite un peu le pouvoir politique dans sa façon d’agir, dans sa volonté de régenter et d’avoir sa place dans ce monde-là.

OB : Il a d’ailleurs été assez malin pour ne pas s’engager dans la politique
VQ : Est-ce que si, comme Cavada, il avait vraiment subi, à un moment, un retour de bâton, c’est-à-dire s’il s’était retrouvé sans rien et qu’on lui avait proposé un poste important dans la politique, est-ce qu’il ne serait pas laissé convaincre ? Je l’ignore. Mais il pense, et c’est là où sa position est intéressante, qu’à son poste il a beaucoup plus de pouvoirs que bien des hommes politiques. Pour lui être député n’offre aucun intérêt. Par contre ce qui l’intéresse c’est d’être en haut de l’échelle gouvernementale. C’est ça pour lui le pouvoir.

OB : Ce portrait d’Elkabbach n’est pas seulement un livre de journaliste, mais, puisque vous êtes aussi historien de profession, c’est un livre d’histoire qui nous permet de revisiter les cinq dernières décennies.
VQ : Quand j’ai décidé de faire ce livre, le personnage d’Elkabbach, honnêtement, ne me fascinait pas tellement. Ce qui m’intéressait c’est qu’à travers lui on retrouvait l’histoire des médias en France depuis les débuts de la cinquième république. Et il a notamment accompagné le développement de l’audiovisuel.

Quand il est arrivé dans le journalisme, il a commencé par la télévision et la radio, mais ce n’était pas grand chose la télévision à l’époque. Et il a suivi ce développement et l’a vraiment accompagné, notamment dans cette relation qui liait le pouvoir et la télé à l’époque. Quand il arrive dans le journalisme il n’y a pas de télé libre, tout est gouvernemental. Mais il est comme un poisson dans l’eau. Ça ne le gêne pas d’être servile vis-à-vis du pouvoir et donc celui-ci le valorise car il est à la fois un bon professionnel et il est très fidèle.

Ce qui dans les années qui précèdent 68 n’est pas évident parce que De Gaulle et surtout Alain Peyrefitte agissent comme de petits dictateurs sur la télévision. Donc beaucoup se défient de ce pouvoir-là. Et les gens comme Elkabbach, bon technicien et fidèle qui n’est pas rebuté de servir le pouvoir, finalement, il n’y en a pas énormément. Et donc le pouvoir s’appuie sur des gens comme ça. Et c’est grâce à ça qu’il fait carrière. Cette évolution est intéressante à observer. Elle va continuer à prospérer même quand la télé va devenir libre. Il y aura plusieurs télévisions, des industriels qui vont rentrer dans le paysage audiovisuel. Malgré cela, Elkabbach va réussir à être proche de ces nouveaux dirigeants. Et ce passage du public au privé ne va pas le gêner. Il va toujours rebondir.

OB : En 1968, pourtant, il s’oppose
VQ : Il s’oppose au pouvoir au moment où il pense que celui-ci va tomber. Il prend le train avec beaucoup de retard parce qu’il pense que c’est finalement le train qu’il faut prendre. Donc c’est assez ambigu. Les seuls qui restent fidèle au pouvoir sont les gens qui ont un peu raté le train de l’histoire. Il est vrai que De Gaulle va rester. Au moment où il fait son choix - il dit que c’est d’ailleurs un choix très tardif, il hésite beaucoup - il pense que le pouvoir va tomber, qu’il faut être dans le bon camp, et il n’y est pas. Donc il essaye de rebondir une fois de plus.

OB : Il y a beaucoup de témoignages de journalistes comme Masure, et d’autres qui n’ont pas voulu dire leur nom. Y a-t-il des journalistes qui n’ont pas voulu évoquer le personnage ?
VQ : En dehors de son parcours c’est aussi une personnalité très marquée qui suscite toujours beaucoup de passions contradictoires. Il a une façon de manager ses journalistes qui laisse beaucoup d’aigreur et d’amertume et les personnes qui ont travaillé avec lui laissent des témoignages très durs envers l’homme et le journaliste. Ils sont souvent très remontés contre ce « type » qui ne respecte pas forcément les gens, qui a un côté très égocentrique, qui les tient pour quantité négligeable. Il n’a du respect que pour ceux qui tiennent le pouvoir et qui peuvent lui obtenir quelque chose.

OB : De ce point de vue-là, il n’est sans doute pas le seul !
VQ : Oui et c’est d’ailleurs ce que relève d’ailleurs Bruno Masure quand il rappelle que les engueulades sont monnaie courante dans les rédactions. Mais ce n’est pas mon angle d’attaque. J’en parle parce que ça revient souvent dans les interviews, mais pour moi c’est assez anecdotique. De même je parle peu de sa vie privée. Ce que j’ai voulu montrer c’est sa façon d’être journaliste et son parcours.

L’argument d’Elkabbach et de pas mal de gens qui sont un peu serviles c’est de dire « oui d’accord, on connaît bien les politiques, on les fréquente, mais c’est notre boulot et de toute façon ça ne joue pas sur la façon dont on pratique notre métier ». Fort de cet argument j’ai voulu voir ce qu’il avait fait. Donc j’ai lu toutes ses interviews, ses papiers, ses livres, je suis allé écouter ses reportages des années 60 à la radio, j’ai visionné tous les journaux qu’il avait présentés dans les années 70 pour voir si effectivement ça jouait ou pas. Et ça saute aux yeux. Sous Giscard lorsqu’il est directeur de l’info c’est à mourir de rire. Il sert le pouvoir.

L’opposition n’a pas voix au chapitre. Avec Georges Marchais il est très sévère, alors que quand vous voyez les interviews de Michel Poniatowski, ministre de l’intérieur qui est alors le grand manitou du régime qu’il faut ménager, il est d’une servilité confondante.





OB : Récemment on a pu le constater avec François Bayrou
VQ : Ou, si vous reprenez la campagne de 2007, avec Ségolène Royal. En 2007 tout le monde parlait de son attitude avec Ségolène Royal et avec Nicolas Sarkozy comme si c’était quelque chose de nouveau. Mais si vous vous replongez dans son histoire, vous voyez que c’est un trait commun, qu’il faisait ça déjà dans les années 60 et 70. Il était très faible avec les forts et très fort avec les faibles. Ceux qui étaient condamnés à l’opposition il les traitait par le mépris.

OB : Marchais est tout de même le seul qui lui a répondu devant les caméras de télévision. Vous rappelez par la même occasion qu’il n’a jamais prononcé l’impératif désormais célèbre « Taisez-vous Elkabbach ! ».
VQ : Marchais est l’un des rares à lui être rentré dedans. Cela a d’ailleurs ramené de l’audience. C’était de vrais combats. C’est significatif. Ce n’était pas un journaliste qui interrogeait un politique, mais deux politiques qui débattaient. Et Marchais était très rentre dedans.






C’est significatif aussi de cette dualité entre quelqu’un qui ne se laisse pas faire et l’autre qui un serviteur du pouvoir. Et marchais le voit comme ça. J’ai voulu revenir sur ce contexte-là car encore une fois la télé était uniquement gouvernementale et que le lien entre l’Elysée occupé par Giscard et Elkabbach qui dirigeait l’information sur Antenne 2 était très fort.

Et l’affaire des diamants, c’est ce poids du pouvoir sur l’information télévisée. Il y a avait un téléphone direct. C’est ce que raconte un ancien d’Antenne 2 qui se souvient qu’il voit constamment Elkabbach appeler Poniatowski et ce dernier lui donne des ordres. Tout ça sous le couvert de l’indépendance. Ce qui m’a choqué, c’est cette distance entre le discours de quelqu’un qui passe son temps à dire qu’il est libre et indépendant et la réalité qui fait qu’il fait qu’il a été un serviteur zélé du pouvoir. De tous les pouvoirs.

OB : Peut-on comparer la télé d’aujourd’hui, malgré tous ses défauts, à celle d’il y a vingt ans ?
VQ : Non, je crois qu’elle n’est pas comparable. J’ai situé la fin du livre en mai 2008, au moment où il se fait virer d’Europe1. Pour moi c’est la fin de sa carrière, mais c’est aussi la fin d’une époque où le paysage de l’information était beaucoup plus restreint. Et je crois que le développement de l’information via l’Internet signe aussi la fin de l’époque Elkabbach.

OB : C’est d’ailleurs Internet qui a provoqué sa chute
VQ : Exactement. C’est tout à fait symbolique. Cette époque que nous vivons n’est plus la sienne. Et effectivement je crois que la multiplication des sites d’information pour lui ça aurait été un problème pour faire carrière. Car son pouvoir il le tenait aussi du fait qu’il y avait peu de télé et de radio, que la presse écrite était de moins en moins forte du fait précisément de la mainmise de l’audiovisuel et qu’il a gagné son pouvoir de cette manière. Il est arrivé dans une époque où la télé est devenu le média essentiel et ce média essentiel était tenu par le pouvoir.

Et 1980, qui était aussi la fin d’une époque - les télé et les radios commençaient à se multiplier - a déjà été pour lui un coup de semonce. Le deuxième coup de semonce qui symboliquement a accompagné sa chute c’est l’émergence de ce nouveau monde médiatique. Il a encore beaucoup de pouvoir et pas mal d’entregent, mais le fait que l’Internet existe et que se développe une multitude de possibilités d’information c’est quelque chose qui lui nuit. Je crois qu’il l’a bien compris car en prenant fait et cause contre Internet il avoue qu’il perd une partie de son pouvoir et de ses attributions s’il ne peut plus contrôler l’information. Sa chute face à Internet symbolise la fin d’une époque et la fin d’un certain type de journalisme.





OB : Jean-Pierre Elkabbach a-t-il lu votre livre ?
VQ : Oui. Il a été interrogé sur France Culture à propos du livre et en a dit le plus grand mal. J’ai des échos par la bande. Il en a pensé le plus grand mal, ce qui paraît logique ! S’il avait bien pris le livre, je me serais posé des questions, ça aurait voulu dire que je me suis trompé sur le bonhomme, sur son caractère, sur sa façon d’envisager la critique – ce qui est aussi un trait de son caractère.
J’avais fait une biographie de Borloo avant ce livre et j’ai retrouvé ce qui caractérise un homme politique d’aujourd’hui : manquer d’autocritique, être imbus de son pouvoir, être centré sur soi. Pour moi Elkabbach c’est un politique.

OB : Rappelons qu’il a écrit, en collaboration avec sa femme, Nicole Avril, un livre (Taisez-vous Elkabbach, Flammarion, 2001) qui étonne par son audace et sa charge virulente
VQ : Oui, ce livre m’a effectivement beaucoup amusé. Les questions de Nicole Avril sont très critiques ainsi que parfois les remarques à ses réponses. Et il y est totalement imperméable ! Il se justifie tout le temps. C’est très étonnant. Environ dix ans plus tard, il a refait un livre pour se justifier, là encore, sur sa période à la tête de France télévision. Là il n’a pas demandé à sa femme de lui poser de questions... Mais effectivement cela a amené un contrepoids assez drôle. Je me suis d’ailleurs appuyé sur elle, qui dans ses questions lui fait part de son scepticisme, pour souligner que je n’étais pas le seul à trouver certaines choses un peu choquantes.

OB : Vous évoquez aussi ce drôle de tandem qu’il constitue avec Duhamel.
VQ : C’est l’alliance de la carpe et du lapin. Il y a quelque chose que je n’ai pas mis et qui ne les sépare pas c’est leur complicité objective pour se retrouver en haut de l’affiche. Il y a eu une relation bilatérale qui fait que quand l’un est un exclus du cercle de la télévision l’autre l’appelle. Ils se soutiennent l’un et l’autre. Mais il y a aussi une vraie relation intellectuelle et amicale. Les contraires s’attirent. Duhamel est aussi quelqu’un de très paradoxal. On me l’a décrit comme étant très protestant, très réservé, prudent, etc. et c’est aussi quelqu’un de manifestement très carriériste et ambitieux. Je pense qu’il ne doit pas être si différent dans sa manière d’agir.

OB : La signification du terme el kabbach serait "le bouc". On renferme le livre en se demandant si Elkabbach est un bouc émissaire. Selon vous ?
VQ : Je ne le pense pas. Je crois que comme bon nombre de gens qui atteignent les sommets du pouvoir il est parfois la cible des critiques et des règlements de compte. Il a beau jeu de dire ça pour se mettre dans la position d’une victime, mais je ne crois pas qu’il en soit une. Son problème c’est qu’à force d’être au plus près pouvoir, quand ce pouvoir change il reçoit des coups de bâton. Il était proche de Giscard, quand Mitterrand est arrivé au pouvoir il a reçu des coups de bâton. Puis il a reçu des coups de bâton des chiraquiens parce qu’il était proche de Mitterrand, etc. Quand on est à ce point proche du pouvoir il est certains qu’on épouse le pouvoir et on en épouse aussi les vicissitudes. Cette victimisation qu’il met en avant c’est juste, selon moi, les conséquences de ses relations trop étroites avec le pouvoir. S’il était plus en distance avec pouvoir-là il n’en aurait pas subi autant les vicissitudes. C’est sûr qu’il aurait bénéficié de beaucoup moins de fonction prestigieuses, mais il aurait eu aussi beaucoup moins de problèmes.

Avec les vidéos.

286

Re: Collusion presse - pouvoir

ici les vidéos : http://www.agoravox.fr/rdv-de-l-agora/a … -tue-53458

Re: Collusion presse - pouvoir

Gamby... a écrit:

Notez d'ailleurs qu'Obama a dit il y a 2 jours qu'il lui apparaissait inutile d'envoyer des troupes supplémentaires en Afghanistan, que ce n'était pas ce dont l'OTAN avait besoin (mais plutôt de dialogue et la pacification non militarisée), ce qui était directement dirigé contre Sarkozy, le dernier benêt qui a décidé à Londres il y a moins d'un an, d'envoyer, enthousiaste et passionné dans le cirage de pompe de la politique neo-conservatrice aujourd'hui décapitée, quelques cohortes supplémentaires.

Jolie perle camarade! Si tu montrais un tant soit peu d'intérêt pour la question tu saurais que:
- Sarko (et cela ne me plait guère de lui reconnaitre le moindre mérite) a accru (700 hommes) nos effectifs en Afghanistan depuis 1 an  certes, mais ton idole américaine double ses "cohortes" en envoyant plus de 30 000 GIs et marines en renfort des 34 000 présents.
- en cohérence avec ce premier point Obama demande à l'OTAN des moyens qui ne sont pas de combat (ceux-ci seront fournis par Oncle Sam) car il a essuyé un refus quasi général (hormis les fidèles britanniques) des membres dans ce domaine.

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

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Re: Collusion presse - pouvoir

Ce matin, sur France info, en prenant ma douche, j'ai entendu une véritable ode à la politique de Nicolas Sarkozy. Tout un article élogieux du figaro était cité, pour nous expliquer que la politique anti-crise de Nicolas Sarkozy était exceptionnelle.

Pour rappel, à part les 320 milliards prêtés aux banques à peine injectés à l'heure actuelle, il n'y a pas un seul euro de relance qui a été effectivement réinjecté.

Je ne parle pas des mesures sécuritaires ou politiques qui reviennent à une régime qui n'a pour moi plus rien de démocratique d'autre que la façade.

A se demander si l'on vit bien dans le même pays, et si ce pays avait bien encore des médias dignes de ce nom.

Mais peut-être est-ce parce que tout le monde est terrorisé à Radio France depuis que le "patron" a inauguré le jeu de chaises musicales...

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

289

Re: Collusion presse - pouvoir

Ce soir, titres du JT 20H de TF1 : nulle mention des manifestations du 1er mai.

20h10 : encore rien (sujet sur la plus grande porcherie du monde).

Ils en deviennent ridicules...

290

Re: Collusion presse - pouvoir

Très bon article de Roberts et Garrigos, comme toujours :

Libération a écrit:

Jean-Luc Hees, le fou du roi Sarkozy ?

Officiellement nommé hier matin en conseil des ministres, le journaliste nonchalant prend la tête de Radio France adoubé par Nicolas Sarkozy. De quoi susciter quelques soupçons. Portrait anthropométrique.

RAPHAËL GARRIGOS et ISABELLE ROBERTS

«Sur proposition de la ministre de la Culture et de la Communication, M. Jean-Luc Hees est nommé président de la société Radio France, à compter du 12 mai 2009.» Bonne blague qu’a pondue hier le conseil des ministres. Point de proposition de Christine Albanel, mais bel et bien du président de la République Nicolas Sarkozy qui inaugurait ainsi son nouveau pouvoir de nomination des patrons de l’audiovisuel public en bombardant Jean-Luc Hees à la tête de Radio France dont il détrône Jean-Paul Cluzel, coupable (entre autres) d’irrespect par Stéphane Guillon interposé.

Sagement - mais pouvait-il faire autrement ? - Jean-Luc Hees a suivi le parcours qualifié de «simulacre» par le PS : audition au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) qui a perdu son principal pouvoir, au Sénat (ça s’est plutôt bien passé) et à l’Assemblée nationale où l’ambiance a été nettement plus houleuse. Car la gauche a appuyé là où ça fait mal : le pouvoir de vie et de mort que s’est octroyé Sarkozy comme au bon vieux temps de l’ORTF.

La manœuvre élyséenne est habile, mais à force de Bernard Kouchner et d’Eric Besson, légèrement voyante : voyez comme je suis respectueux de l’indépendance de Radio France où je ne nomme pas, disons, mon bouillant porte-parole de l’UMP Frédéric Lefebvre, mais un type qui baigne dans le service public depuis qu’il est en âge de parler dans un micro. Et un journaliste encore… ! Et pas plus étiqueté à gauche qu’à droite quand Jean-Paul Cluzel émargeait clairement chez Chirac.

Amoureux de France Inter jamais remis d’avoir été sévèrement plaqué par Jean-Paul Cluzel, Jean-Luc Hees préside désormais aux destinées de toute la Maison ronde. Sept stations, 4 000 salariés et, selon les derniers chiffres de Médiamétrie, un total de plus de 26 % d’audience pour l’ensemble de Radio France quand Inter s’affiche en troisième radio de France, pas loin derrière RTL et NRJ.

Dans l’immense bâtiment dont l’anneau longe la Seine et fut - on ne rit pas - le siège de l’ORTF, on guette Hees. Avec impatience, avec angoisse aussi. On attend de voir, et surtout d’entendre, ce qu’il va faire de Radio France. Il sera là mercredi prochain, le 12, et parlera aux salariés à qui il réserve la primeur de ses propos. Et dès ce 12 mai, un objet prendra place juste au-dessus de la tête de Jean-Luc Hees : une superbe épée de Damoclès tenue par Nicolas Sarkozy.

Qui, outre le pouvoir de nommer les présidents de l’audiovisuel public, détient aussi celui de les révoquer à tout moment. Après Jean-Paul Cluzel, ce sera bientôt le tour de Patrick de Carolis, dont le mandat à France Télévisions se termine dans un an, en mai 2010.

L’œil qui frise

L’œil est bleu, la paupière un peu lourde, un sourcil s’affaisse vers la gauche, l’autre part dans une broussaille vers le front. Un regard, une vraie gueule que voilà. Qui, las, ne devrait pas, comme le fit son désormais prédécesseur, se laisser aller à poser en petite tenue pour un calendrier d’Act Up. «Hees cow-boy» - l’un de ses nombreux surnoms - a une allure de gringo de la radio, aussi totémique à Radio France que Les Ondes et le Zebra Square, les deux cafés qui jouxtent la Maison ronde où se prolongent nombre d’émissions. Il est cool, Jean-Luc Hees. Au téléphone, il dit «bye». Nonchalant, dégagé, parfois trop, comme il en a fait montre lors de ses auditions successives. Un journaliste nommé à une fonction de gestionnaire comme l’est le fauteuil de président de Radio France ? Bof, «on ne dirige pas seul une telle maison». Du projet qu’il a pour Radio France, qui doit, comme toute la bande FM, basculer dans l’équivalent radiophonique de la TNT, il n’a pas, pour l’heure, pas dit grand-chose. Son truc à lui, c’est l’audience des stations publiques, déjà à un bon niveau, qu’il entend bien améliorer encore. Cas de conscience pour Jean-Luc Hees, contraint désormais d’abandonner le micro : ce n’est pas sa voix qui sera l’instrument de cette conquête. Au CSA, il a réclamé, souriant, une dérogation pour pourvoir interviewer deux personnes : «Springsteen et Obama.»

Le rire, «une fois sur deux»

De la bouche de Jean-Luc Hees sourd plus souvent le célèbre velouté profond de sa voix de basse que de grands éclats de rire. Prenez, totalement au hasard hein, Stéphane Guillon. Depuis que Nicolas Sarkozy a posé la tête de Jean-Paul Cluzel sur le billot au motif que l’humoriste matutinal de France Inter s’est moqué un peu grassement de Dominique Strauss-Kahn, la question est servie systématiquement à Hees : et Guillon ? «C’est un garçon que je ne mettrai pas à la porte pour montrer mon indépendance», a-t-il promis aux députés. Mieux, à l’en croire, Stéphane Guillon, qu’il a lui même recruté, le fait rire. Enfin presque : «Une fois sur deux, ce qui est déjà beaucoup», a-t-il précisé. Plus globalement, Jean-Luc Hees, si personne ne lui demande d’être le roi du rire, semble souffrir d’une légère aphasie des zygomatiques. Pas très grave pour France Musique, plus gênant pour France Inter et son slogan: «La différence, c’est l’impertinence.» Au CSA, Hees a glissé n’être «pas sûr que les auditeurs d’Inter recherchent l’impertinence». Mais il a légèrement rectifié le tir à l’Assemblée : «Peut-être pourrait-on d’ailleurs imaginer programmer des chroniques humoristiques sur d’autres antennes que sur France Inter.» Voilà tout Jean-Luc Hees : un petit pas en avant, immédiatement suivi d’un petit pas sur le côté.

Crinière blanche: l'expérience

«Je parle d’expérience.» A chaque audition, Jean-Luc Hees a ressorti la formule, un rien précieuse, que vient souligner sa belle crinière blanche. 57 ans, 58 le 10 août prochain, Hees a dû attendre d’être viré de France Inter en 2006 (par Jean-Paul Cluzel, ironie de l’histoire) pour expérimenter le privé, sur Radio Classique. Sinon, c’est du service public pur pomme pour ce Normand qui s’affiche en fils d’ouvrier : après des études de lettres, c’est l’ORTF en 1972, la radio FIP la même année. Il est journaliste, producteur, réalisateur. En 1981, Hees entame son aventure américaine où il a cultivé sa passion pour les Etats-Unis : le voilà, neuf ans durant, correspondant d’Inter à Washington. De retour en France, le voilà prenant du galon : l’émission quotidienne Synergie en début de soirée, le journal de 13 heures, jusqu’à prendre, enfin, la tête de la rédaction de sa station chérie en 1995, puis la direction tout court de France Inter en 1996. L’homme y est aimé mais son règne n’est pas sans nuage. En 1999, on lui reproche d’avoir laissé partir Laurent Ruquier pour le remplacer par Laurence Boccolini, elle-même vite éjectée au profit de Stéphane Bern. En 2001, Hees essuie l’une des plus longues grèves de journalistes de l’histoire de la radio - dix-huit jours, pour réclamer des hausses de salaire. Et les bastons - au sens figuré mais aussi parfois au sens propre - avec le président de Radio France d’alors, Jean-Marie Cavada, font glousser les couloirs de la Maison ronde.

L'oreille de Philippe Val

Le désormais président de Radio France a-t-il l’oreille du patron de Charlie Hebdo ou bien est-ce l’inverse ? Toujours est-il que Philippe Val devrait être le prochain patron de France Inter, navire amiral de Radio France, scellant ainsi le sort de l’actuel directeur Frédéric Schlesinger. «Je confirme, a déclaré plaisamment Hees au CSA qui l’interrogeait à ce sujet, Philippe Val est mon ami.» Les deux compères se connaissent de longue date : Hees a embauché Val sur Inter, Val a confié des chroniques à Hees dans Charlie Hebdo. Des potes, quoi. Voilà pour la version officielle; l’officieuse dit que c’est Nicolas Sarkozy qui a lui-même décidé du sort de Val à France Inter. Voire qu’il aurait d’abord eu l’idée de confier la station publique au directeur de Charlie Hebdo puis celle de mettre Radio France entre les mains de Hees. David Kessler, conseiller de l’ex-président Cluzel, a déjà pris ses cliques et ses claques pour aller conseiller le maire de Paris. Pour les autres stations du groupe, rien ne filtre, même si les critiques de Jean-Luc Hees à l’endroit de France Info laissent présager que son directeur, Patrick Roger, est plus proche de la porte que de l’augmentation. Bruno Patino, qui dirige France Culture depuis septembre, s’apprête-t-il lui aussi à faire ses cartons ? A l’Assemblée Hees s’est contenté d’un sibyllin : «Je n’ai presque rien à dire, ce qui est un compliment.»

Sur les épaules, le poids de Sarkozy

Alors, m’sieur Hees, ce nouveau «point route», c’est une idée de Sarkozy ? Alors, m’sieur Hees, virer le chroniqueur politique Thomas Legrand, c’est un ordre de Sarkozy ? Elle va peser lourd sur les épaules de Jean-Luc Hees, sa nomination par le président de la République… Le moindre changement dans les grilles, la plus microscopique nomination en sera entachée. Sa défense ? Bibi, ainsi qu’il l’a répété, gaullien en diable lors des auditions : «J’ai 57 ans et je ne vais pas, à cet âge, ruiner ma réputation pour devenir un journaliste aux ordres.» Sauf que le journaliste a choisi d’accepter la proposition élyséenne. «Si [Sarkozy] a voulu un journaliste à cette fonction, plaidait la semaine dernière encore Hees devant les députés, c’est, par définition, qu’il souhaitait un homme indépendant.» Indépendant, mais qui lui doit son poste… Autres charges et bien lourdes : le web, un dossier qui n’est absolument pas la tasse de thé de Hees, la renégociation des conventions collectives de Radio France (qui n’ont pas évolué depuis vingt-cinq ans) ainsi que la réhabilitation de la Maison ronde, en cours depuis 2003 dont la facture ne cesse de s’alourdir et de s’éloigner des déjà conséquents 420 millions d’euros prévus au départ.

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Re: Collusion presse - pouvoir

Et là, un ouvrage à paraître sur le sujet de ce thread.
http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=22768

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: Collusion presse - pouvoir

Pas mal quand même : le rapporteur en amont de la loi hadopi qui interview le président.

PPDA indispose la rédaction de France 2 et Sarkozy met le feu à l'Obs
le 2 juillet 2009 9h25 | par
Renaud Revel

La Société des Journalistes de France 2 s’est étonné de la présence de PPDA sur le plateau de David Pujadas en début de semaine, à l’occasion du 60e anniversaire des JT et l’a fait savoir à la directrice de l’info de la chaîne, Arlette Chabot. C’est idiot et sectaire.


Patrick de Carolis et l’état-major de France Télévisions déjeunent demain avec Frédéric Mitterrand, nouvel élu au ministère de la Culture. Le PDG et le ministre qui entretiennent de très bonnes relations vont parler de budget et de création audiovisuelle, tout cela pendant que les rumeurs continuent d’aller bon train sur la possible nomination d’un secrétaire d’Etat à la Communication. Qui ne sera pas l’UMP Frédéric Lebfèvre, que Claude Guéant à l’Elysée tient à distance.   


Vent de colère à l’Obs où l’entretien accordé par Nicolas Sarkozy à Denis Olivennes et Michel Labro, les dirigeants du journal, a mis le feu aux poudres. Les journalistes reprochent à ce dernier la complaisance de cet entretien et le tapis rouge déroulé au chef de l’Etat. Le service politique de l’Obs, qui n’était pas au courant, est particulièrement monté au front.

Re: Collusion presse - pouvoir

Arrêt sur Images a écrit:

L'ELYSÉE PAYAIT LES SONDAGES OPINIONWAY / FIGARO / LCI
Un rapport de la Cour des comptes pointe les anomalies du budget de la présidence

OpinionWay avait une bonne raison d'aimer Sarkozy : l'Elysée finançait en partie certains sondages, que publiait ensuite Le Figaro. C'est une des principales révélations du premier rapport de la Cour des comptes consacré au budget de l'Elysée.
"Des progrès significatifs", mais "le chemin à parcourir est encore important." En rendant public ce jeudi 16 juillet, ce rapport historique, le premier président de la Cour des comptes, Philippe Seguin, a salué la volonté de transparence de l'Elysée. Mais il a aussi pointé les nombreuses anomalies relevées par ces services, dont de curieuses commandes, notamment à OpinionWay, pour des sondages...par ailleurs parus dans Le Figaro.
En mai 2008, Nicolas Sarkozy avait demandé que la Cour des comptes contrôle son train de vie tous les ans. C'est chose faite. Lors d'une conférence de presse, Philippe Seguin a commenté la lettre qu'il a adressée à Nicolas Sarkozy (disponible ici en PDF, via LeFigaro.fr) pour synthétiser les remarques de l'institution.

Ce rapport salue d'une part les progrès dans la volonté de transparence et un budget largement "conforme aux prévisions". Mais il signale aussi des pratiques curieuses ou carrément opaques. Ainsi, si Nicolas Sarkozy utilise des avions de ligne classiques pour ses déplacements personnels, un avion officiel est tout de même obligé de le suivre "pour pouvoir le transporter à tout moment en cas de crise".

Le rapport signale aussi 14 123 euros de dépenses privées prélevés sur le budget public, et remboursés précipitamment par le Président avant la publication du rapport, ou 17 545 euros de dépenses "destinées aux appartements privés" et "consistant en de nombreux petits achats effectués dans un supermarché proche de l'Elysée plusieurs fois par semaine".
La Cour s'interroge également sur des logements de fonction des collaborateurs de l'Elysée, "fortement sous-évalués" par rapport à la valeur locative du marché ou sur le coût de trois résidences inutilisées mais entretenues pour 1,76 million d'euros par an.

OPINION WAY, SONDEUR LCI/LE FIGARO/ELYSÉE !
Dans le domaine de la communication et des médias, une des dix-neuf pages du rapport est employée à décortiquer le bien étrange fonctionnement des sondages à l'Elysée. On y apprend que l'Elysée a signé le 1er juin 2007 une "convention" avec un cabinet chargé de réaliser des études d'opinion, "pour un coût avoisinant 1,5 million d'euros". Les conditions sont... intéressantes : pas d'appel d'offre, ce qui est illégal pour un marché public de cette dimension, et seulement une page de contrat pour lier les deux parties. La Cour souligne le caractère "exorbitant" de cette convention, puisqu'elle prévoit que le cabinet décide seul des études à commander, à l'institut de son choix et quand il le souhaite, sans demander l'avis de l'Elysée ! En 2008, "près de 130" études auraient ainsi été commandées.
A la demande de la Cour des comptes, le contrat a été modifié en mars 2009. Mais rien que pour l'an dernier, l'institution comptabilise plusieurs dizaines de cas de sondages commandés et payés par l'Elysée, alors qu'ils ont été également publiés dans la presse. On peut donc s'interroger : pourquoi l'Elysée participe-t-il au financement d'études qui ne lui apprendront rien de plus que ce que disent les journaux ?

Bien que la plupart des sondeurs travaillent de façon "confidentielle" pour la présidence, un seul est cité par la Cour, sans doute en raison de l'importance de ses relations avec l'Elysée : Opinion Way, qui a facturé en un an 392 228 euros à la présidence, pour son "politoscope" bimensuel. Or, cette enquête est régulièrement publiée par LCI et Le Figaro et il s'avère que "la comparaison des résultats publiés dans la presse et de ceux remis à la Présidence" ne fait "pas apparaître de différence"...

La Cour des comptes s'interroge sur le bien-fondé de la dépense pour l'Elysée. On peut aussi (surtout ?) changer de focale, et questionner le rôle et la place d'Opinion Way, qui clame haut et fort ne pas être marqué à droite (son président Hugues Cazenave, est d'ailleurs venu sur notre plateau en juin pour s'en défendre), mais qui disposait d'une confortable ressource venue de l'Elysée, pour un service qui semble bien maigre en réalité. Les choses ont changé : selon l'Elysée, cité par le rapport, le sondeur livre depuis mars des études "exclusives et confidentielles", différentes de celles publiées par le Figaro et LCI. Ces deux médias représentent d'ailleurs une autre source d'étonnement : si l'on comprend bien, ils ont régulièrement utilisé des sondages payés en partie par l'Elysée, sans le mentionner...

QUI EST L'INTERMÉDIAIRE SECRET ?

Parmi les médias rendant compte du rapport de la Cour des comptes, tous n'ont pas trouvé utile de souligner cette question. Dans un premier temps, LeFigaro.fr ne citait pas Opinion Way, avant de corriger le tir vers 17h30. L'AFP ou Liberation.fr, eux, ne mentionnent pas la question des sondages, contrairement à Rue89 ou Reuters, qui évoquent bien les rapports particuliers entre l'Elysée et Opinion Way.
Un point n'est pas éclairci par le rapport : quel cabinet joue ainsi les intermédiaires entre l'équipe présidentielle et les sondeurs ? Il n'est pas nommé, mais selon la Cour, il empoche 10 000 euros par mois au titre de son conseil auprès de la Présidence. Selon nos informations, deux entreprises semblent bien placées pour incarner ce fameux cabinet. Elles sont toutes deux dirigées par des proches de Nicolas Sarkozy, versés dans la pratique des sondages : GiacomettiPeron, montée par Pierre Giacometti fin 2007 lorsqu'il a quitté son poste de directeur général d'Ipsos, et Publi Fact, détenue en majorité par Patrick Buisson, directeur général de la chaîne Histoire (groupe TF1), et donc subordonné de Laurent Solly, ex-directeur adjoint de campagne du candidat Sarkozy.

Giacometti ne se cache pas, par exemple ici dans L'Express, de participer à l'élaboration de la stratégie de communication du président. Quant à Buisson, Sarkozy a déclaré publiquement que c'était à ce politologue, passé par la droite extrême, qu'il devait d'avoir été élu. Difficile d'en savoir plus : interrogé par @si, l'Elysée ne fait "aucun commentaire" sur ce dossier et jeudi en début de soirée, MM. Cazenave, Giacometti et Buisson n'avaient pas donné suite à nos demandes d'explications.

http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2156

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Re: Collusion presse - pouvoir

Manip presse-pouvoir spotted


Sarkozy se confie à six journalistes : chut, c'est « off »
Par Augustin Scalbert | Rue89 | 05/11/2009 | 20H18

Selon son souhait, les propos du Président ont été attribués à son entourage. Décryptage d'une étrange stratégie de com.


Dans la nuit de mercredi à jeudi, plusieurs médias ont subitement relayé les propos de « collaborateurs » ou de « l'entourage » de Nicolas Sarkozy, ou encore d'un certain « on » (travaillant à l'Elysée), voire même du palais présidentiel en personne - « l'Elysée dit que… »

Ces mystérieuses sources livraient à ces médias des « confidences » du président de la République sur les difficultés de la mi-mandat, le grand emprunt, l'insolence de Rama Yade ou la nomination avortée de Jean Sarkozy à l'Epad.

Jeudi matin, patatras : les radios révèlent que « on », « l'entourage » et « l'Elysée » sont en fait Nicolas Sarkozy lui-même, qui s'est exprimé la veille devant quelques journalistes. Mais les propos d'un Président et ceux que lui prêtent ses proches n'ont pas la même valeur, surtout quand il s'agit de reconnaître une erreur ou de tancer une ministre…

Pourquoi avoir ainsi « maquillé » la source des propos ? Parce qu'ils étaient tenus « off the record » (« hors micro », c'est-à-dire non attribuables à celui qui les a dits). Mais le off a fini par être « brisé ». Retour sur une cacophonie très parlante sur les méthodes de communication de l'Elysée, et sur les pratiques journalistiques.
Dès le début de l'entretien, Sarkozy dit aux journalistes : « C'est off »

Mercredi entre 16h30 et 18h10, Nicolas Sarkozy a reçu six journalistes dans le salon vert du Château : les chefs des services politiques ou directeurs adjoints des rédactions du Monde, du Figaro, de Libération, du Parisien, du Journal du Dimanche et de l'AFP. La présidence de la République les avait conviés la veille à cette rencontre.

Dès le début, le Président le dit aux deux femmes et aux quatre hommes qui lui font face : « C'est off ». Pendant tout l'entretien, c'est surtout Sarkozy qui répond aux journalistes. Présents, le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant et le directeur de la communication Franck Louvrier s'expriment peu.

A partir de 23h48, l'AFP publie plusieurs dépêches reprenant les différents propos. Voici le début d'une d'elles, datée de 0h32 :

    « Le président Nicolas Sarkozy juge que Rama Yade, secrétaire d'Etat aux Sports, a une “difficulté à s'insérer dans une équipe, quelle qu'elle soit”, a-t-on appris mercredi auprès de l'Elysée. »

« A des proches », « en petit comité », « apprend-on à l'Elysée »…

Dans Libération jeudi matin, une analyse sur le « syndrome de la mi-mandat » multiplie les « reconnaît-on à l'Elysée », « explique l'entourage du chef de l'Etat », « admet ce conseiller », « répond-on au Château »… Dans Le Figaro, le Président reconnaît « une erreur » sur l'Epad, mais « en petit comité ». Le même « petit comité » se retrouve dans le JDD, ses membres étant gratifiés du terme de « proches » de Nicolas Sarkozy !

Le Parisien affuble aussi Nicolas Sarkozy de ces masques rhétoriques, après avoir annoncé que le Président a dressé « son bilan en petit comité à l'Elysée ». L'article du Monde publié sur Internet jeudi matin, qui évoquait des confidences « en privé » et rapportait un « grondement » de l'Elysée, n'est finalement pas paru dans le papier ; son remplaçant, écrit après la destruction du « off » par les radios, est le seul parmi les compte-rendus à expliquer que l'entretien a eu lieu devant « quelques journalistes ».
« Du “off” devant six journalistes, ce n'est pas du “off” ! »

Joints par Rue89, deux des journalistes présents à l'Elysée expliquent leur choix. « Je suis plutôt pour qu'on dise les choses clairement », dit Henri Vernet, le chef du service politique du Parisien, justifiant son choix d'avoir attribué directement certaines citations à Nicolas Sarkozy :

    « On ne peut pas comprendre la portée des propos si on ne dit pas clairement qui parle et d'où ça vient. »

Pour lui, « il faut être clair, du “off” devant six journalistes dont un de l'AFP, ce n'est pas vraiment du “off” ! » Paul Quinio, directeur adjoint de la rédaction de Libération, a masqué la source des propos « parce que c'était le deal ». Mais il le reconnaît :

    « L'impact n'est pas le même selon que les propos sont attribués ou pas, c'est sûr. Mais cela ne m'a pas empêché d'écrire que Sarkozy est dans la mouise. »

Un éditorialiste : « C'est du “off” purement tactique »

L'éditorialiste politique de France Inter, une des radios qui ont révélé les conditions des confidences sarkoziennes, est très critique avec la pratique du « off » de la part des politiques. Thomas Legrand :

    « Je comprends le “off” pour des éléments de contexte sur des sujets très techniques, ou sur des informations éminemment confidentielles car elles pourraient provoquer la panique dans la population, par exemple. Mais alors pour aller dire “je ne suis pas content de telle ministre”, c'est ridicule. C'est du “off” purement tactique. Nicolas Sarkozy devrait faire des conférences de presse. »

Chargée de suivre l'Elysée pour La Croix (un des trois quotidiens nationaux « oubliés » par l'Elysée avec France Soir et L'Humanité), Solenn de Royer estime que « les “off” de Sarkozy ne sont jamais de vrais “off”, car les gens sont beaucoup trop nombreux ». Mais cette pratique reste nécessaire, selon elle, car « si tout était “on”, les politiques seraient perpétuellement dans la langue de bois, comme à la télévision ».

Tous les journalistes interrogés sont d'accord sur un point : si Nicolas Sarkozy respectait son engagement d'organiser des conférences de presse, la communication présidentielle serait beaucoup plus claire.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: Collusion presse - pouvoir

http://www.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L600xH306/entete-4f9fe.png

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: Collusion presse - pouvoir

Quelle est la source, Greg ?
Qui a réalisé ce comparatif ? Y a-t-il des chiffres ? etc

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

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Re: Collusion presse - pouvoir

Ba oui parce que ça ne veut pas dire grand chose, sans mesure ni légende. C'est quoi l'accès aux media ? Quelle popularité ?

Lolita, light of my life, fire of my loins. My sin, my soul. Lo-lee-ta: the tip of the tongue taking a trip of three steps down the palate to tap, at three, on the teeth. Lo. Lee. Ta

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Re: Collusion presse - pouvoir

http://www.agoravox.fr/actualites/media … sage-70999

C'est un graphique fait à partir des donnée de yahoo france, et ne concerne donc que la presse écrite. Quant à la popularité, elle vient de TNS.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
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Re: Collusion presse - pouvoir

Agoravox, aïe...
A partir des données de Yahoo, re-aïe...

D'ailleurs, cette phrase est assez révélatrice du peu de confiance qu'on doit y accorder :

Agoravox a écrit:

Il n’existe pas de CSA pour la presse écrite, mais il est relativement facile de définir un indicateur empirique pour évaluer grossièrement la visibilité des différents partis. Il suffit de taper des mots-clefs dans le moteur de recherche Yahoo.fr sous la rubrique « Actualité ».

Pour la pertinence de la méthodologie, on repassera...

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

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Re: Collusion presse - pouvoir

Pour la première fois de ma vie, je suis d'accord avec les commentaires des lecteurs d'agoravox...;

Lolita, light of my life, fire of my loins. My sin, my soul. Lo-lee-ta: the tip of the tongue taking a trip of three steps down the palate to tap, at three, on the teeth. Lo. Lee. Ta