Re: Collusion presse - pouvoir

Ils sont pas au courant que Lazareff est mort ?


Accessoirement, avec un Russe aux commandes, on risque plus d'être privés de caricatures de Mahomet (cf Yelena Chudinova ).

Last edited by CzardetouteslesRussie (18-03-2006 08:46:04)

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Re: Collusion presse - pouvoir

Chad a écrit:

Ce n'est pas la première fois qu'il y a collusion entre médias et politique en France..
Souvenez-vous de l'affaire Mougeotte-Léotard et des images complices filmées par une "vilaine" caméra..
Un documentaire" pas vu pas pris", réalisé par Pierre Carles et qui aurait pu s'intituler "envers et contre tous" relate l'affaire et surtout l'hypocrisie et la frilosité des acteurs du PAF quand il a fallu commenter et surtout diffuser ces images. Le Pauvre Carles avait essuyé refus, mensonges, volée de bois verts, censure, mais il a tenu bon.

J'avais vu ce documentaire édifiant quand j'étais au Canada mais je ne sais pas si les chaînes françaises l'avaient finalement diffusé, car même Canal + qui se posait traditionnellement en héraut de l'insolence et de la subversion n'avait pas osé le faire.

Ce petit lien en parle.
http://www.subversiv.com/doc/pasvu.htm

si, il défoncait ce doc

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Re: Collusion presse - pouvoir

ouvrez vos oreilles
ecoutez le chaque matin
une chance sur 10 de tomber sur breton.
fausse agressivité
c'est pas du journaliste
c'est de l'art.
l'art de la propagande
l'art du cirage de pompe
c'est du grand art de soutenir un régime
qui va dans le mur
en 1981 ELK. a soutenu giscard comme il l'a expliqué dans l'excellent docu
de france 5
en 1995 balladur
en 2005 la campagne pour le oui
heureusement pour les pouvoirs qu'il soutient
à chaque fois il a perdu.
ouvrez bien vos oreilles
c'est la fin d'un régime que vous entendez

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Re: Collusion presse - pouvoir

C'est un pouème?

Re: Collusion presse - pouvoir

C'est beau, non ?

http://unefiep2009.wordpress.com/

56

Re: Collusion presse - pouvoir

vauban:
France Soir qui devient la voix de Moscou, que va faire l'Huma?

Hum... J'espère que c'est de l'humour "deuxième degré"... L'étudiant (ou prof) de Science Po est censé savoir que l'Huma n'est pas la voix de Moscou depuis une belle lurette.

57

Re: Collusion presse - pouvoir

Alexander a écrit:

vauban:
France Soir qui devient la voix de Moscou, que va faire l'Huma?

Hum... J'espère que c'est de l'humour "deuxième degré"... L'étudiant (ou prof) de Science Po est censé savoir que l'Huma n'est pas la voix de Moscou depuis une belle lurette.

ça fait beaucoup de fautes en l'espace de deux lignes

Re: Collusion presse - pouvoir

Je ne crois pas que ça ait été évoqué sur le forum : France Soir est repris par Jean-Pierre Brunois et Olivier Rey, qui veulent en faire un équivalent français de The Sun.

On n'avait pas besoin de ça, mais au moins France Soir va enfin s'assumer comme torchon. Et, hélas, a une chance de gagner des lecteurs.

(Très marrant : Olivier Rey a dit sur France info qu'il voulait faire de France Soir un "tabloïd de qualité, comme The Sun". Cherchez l'erreur.)

"Sacrifier la terre au paradis, c'est laisser la proie pour l'ombre." - Hugo, Les Misérables

Paix et Amour.

Re: Collusion presse - pouvoir

Je ne vois pas le problème. Pourquoi les quotidiens en couleur à 30 cents avec du sport, des jeux et des jolies filles seraient-ils réservés aux brits?
Presse de merde peut-etre, mais pourquoi serait-elle réservée aux hebdos?

Admin

Re: Collusion presse - pouvoir

Aucun problème, ça me fait rire plus qu'autre chose. Surtout la réaction outrée des journalistes de France Soir, qui essaient de faire croire qu'ils sont autre chose que des fouille-merde, et que l'actuel France Soir est un immense journal d'investigation, avec beaucoup d'articles de fond très intelligents et aboutis.

Est-ce que France Soir va avoir sa page 3?

"Sacrifier la terre au paradis, c'est laisser la proie pour l'ombre." - Hugo, Les Misérables

Paix et Amour.

61

Re: Collusion presse - pouvoir

Un journaliste est par définition quelqu'un qui se prend pour tout sauf pour de la merde, y compris quand il se contente de lire des dépêches d'agence sans les croiser les informations alors que c'est pourtant la base de son métier.

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Re: Collusion presse - pouvoir

Le CSA appelle les chaînes à respecter les temps de parole des politiques

PARIS (AFP) - Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a appelé les chaînes de télévision TF1, France 2, France 3 et Canal+ à respecter les temps de parole des personnalités politiques, indique le CSA mercredi sur son site internet.
Le Conseil a mis "sévèrement en garde" France 3 en raison de "la surreprésentation de l'opposition parlementaire" constatée sur son antenne au cours du second semestre 2005. Cela concerne à la ois les émissions de programme et les magazines d'information.

Les chaînes France 2 et Canal+ sont aussi épinglées par le CSA, en raison également d'une "surreprésentation de l'opposition parlementaire" dans les programmes et les magazines d'information. Le Conseil a adressé "une observation" à la chaîne publique et "une observation ferme" à la chaîne privée Canal+, pour leurs manquements au principe de pluralisme.

TF1 est de son coté rappelée à l'ordre par le CSA, pour "une surreprésentation du gouvernement" relevée dans les journaux télévisés au cours du trimestre glissant novembre-décembre 2005 et janvier 2006. A la suite de l'examen des temps d'antenne et de parole des personnalités politiques, le Conseil a adressé "une observation" à TF1.

Ces décisions du CSA ont été décidées lors de l'assemblée plénière du 14 mars.

Re: Collusion presse - pouvoir

nouvel obs a écrit:

Paoli et Guetta poussés
vers la sortie ?

Stéphane Paoli, présentateur vedette du "7-9" de France Inter, pourrait, à la rentrée, se trouver totalement évacué de la tranche d'info matinale.
(...)
Mis en cause par des auditeurs anonymes qui lui reprochaient ses prestations tarifées au bénéfice de grandes entreprises, Stéphane Paoli a aussi essuyé les critiques de ceux qui l’ont accusé de privilégier le vote "oui" lors de la campagne du référendum sur la constitution européenne.

Ces reproches ou des considérations politiques - Paoli trop à gauche pour le président de Radio France Jean-Paul Cluzel ex-collaborateur de Juppé - ont-elle pesé dans cette mise à l’écart ?

http://archquo.nouvelobs.com/cgi/articl … velobs.com

et aussi cet excellent journal : le plan B
http://www.leplanb.org/page.php?rubriqu … b1e1f00728

Re: Collusion presse - pouvoir

PRESSE   

Menace de grève
à Paris Match

NOUVELOBS.COM | 21.06.06 | 13:57

Presse. Alors qu'Alain Genestar, directeur de la rédaction de Paris Match, est poussé vers la sortie, les journalistes se mobilisent et menacent de faire grève.

 
Selon nos informations, les journalistes de la rédaction de Paris Match devraient voter, mercredi 21 juin à 15h00, pour décider d'une éventuelle grève destinée à protester contre le départ, imminent, du directeur de la rédaction du magazine, Alain Genestar.
Les journalistes voteraient pour décider d'arrêter le travail à partir du jour même où Alain Genestar serait "débarqué" effectivement.
Plusieurs noms circulent pour la succession. Parmi eux, Christine Ockrent, Gilles-Martin Chauffier ou Anne-Marie Corre (tous deux membres de la rédaction en chef). Néanmoins, selon la même source, ces personnes ne semblaient pas recueillir les faveurs de la majorité des journalistes.

Raisons politiques

Mardi 20 juin, la direction du groupe HFM (Hachette Filipacchi Medias/Lagardère) avait, selon un communiqué de la rédaction, de quitter ses fonctions. Les journalistes ont ensuite voté à main levée pour soutenir Alain Genestar. Seuls trois d'entre eux n'ont pas apporté leur soutien au directeur de la rédaction. 
 

Alain Genestar aurait refusé "de manière ferme et définitive" une proposition d'une autre "activité au sein du groupe" émanant de la direction générale d'HFM. Il aussi fait part "de sa décision de ne pas démissionner" du poste qu'il occupe depuis 1999.
Dans ce communiqué, la rédaction s'est inquiétée de "cette mise à l'écart pour des raisons politiques". Elle s'est également dite ""déstabilisée par neuf mois de rumeurs constantes.
Les rumeurs d'une éventuelle mise à l'écart d'Alain Genestar couraient en effet depuis la "une" de Paris Match du 25 août 2005. Celle-ci montrait Cécilia Sarkozy avec un homme présenté comme son compagnon, ce qui, selon Le Canard enchaîné, aurait mécontenté Nicolas Sarkozy.

"Il y a ceux que l'on vire…"

80 journalistes de Paris Match ont réaffirmé mardi leur soutien à Alain Genestar à la suite d'un vote ayant recueilli l'unanimité lors d'une réunion convoquée par le Société des journalistes.
La crise couvait depuis longtemps: déjà en novembre 2005, Alain Genestar assurait qu'il n'était pas menacé dans ses fonctions, après des propos tenus par Arnaud Lagardère, gérant commandité du groupe Lagardère.
Interrogé sur i-TELE sur un éventuel "changement à Match", Arnaud Lagardère avait répondu: "il y a ceux que l'on vire, oui, absolument! C'est la vie... Je crois que c'est parfois nécessaire et il faut effectivement prendre un peu de recul par rapport à ces choses-là. Ca ne veut pas dire qu'on est cruel parce qu'en écartant un journaliste, on en crée un autre aussi en même temps! Ou en tous cas, on laisse la chance à d'autres".
Nicolas Sarkozy est par ailleurs un ami proche d'Arnaud Lagardère. 




Sarkozy continue son ménage en vue des présidentielles soutenu par Lagardère ...

« Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire, c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. » (Discours à la jeunesse, 1903)   Jean JAURES

Re: Collusion presse - pouvoir

Cross posting sur un thread où la vidéo sera plus visible :

Necrid_Master a écrit:

Un intéressant documentaire sur les coulisses de la télévision française.

66

Re: Collusion presse - pouvoir

Merci FF.

Re: Collusion presse - pouvoir

De rien.

Re: Collusion presse - pouvoir

Free French a écrit:

De rien.

Post de 2 mots. On sent le type qui a du temps libre en ce moment.

Je suis partout

69

Re: Collusion presse - pouvoir

Neige a écrit:
Free French a écrit:

De rien.

Post de 2 mots. On sent le type qui a du temps libre en ce moment.

Post inutile. On sent le type qui n'a rien à faire de sa vie en général.

Re: Collusion presse - pouvoir

C'est moyen. Quelques trucs vrais mais beaucoup effectivement de volonté de defoncer pour défoncer.
Rien à voir par exemple avec ce que peut représenter un article d'investigation dans In Vodka Veritas...

"Je sens en deux parti[e]s mon esprit divisé." (Pierre Corneille, Le Cid)
"Et en deux sous-parties" (Richard Descoings)

Re: Collusion presse - pouvoir

Dit-il, lui-même faisant partie d'I2V. wink

"Je hais les indifférents. Pour moi, vivre veut dire prendre parti. Celui qui vit vraiment ne peut pas ne pas être citoyen ou partisan. L'indifférence est apathie, elle est parasitisme, elle est lâcheté, elle n'est pas vie. C'est pourquoi je hais les indifférents." - Antonio Gramsci (La Città futura, 11 février 1917).

Re: Collusion presse - pouvoir

libé.fr a écrit:

Furieux contre le Monde, LCI supprime «Le Monde des idées»

Ne mords pas la main qui te nourrit. C'est le message que vient de faire passer Jean-Claude Dassier, patron de LCI, au journal le Monde. En cause, une citation anonyme parue dans le Monde le 7 mai dernier taxant LCI d'«annexe de l'UMP».

La phrase est extraite d'un article consacré à l'élection présidentielle à la télé. Furieux, Dassier a tout bonnement supprimé, ainsi que l'écrit le site web rue89.com, Le Monde des idées, une émission réalisée depuis dix ans en partenariat avec le quotidien et présentée par Laurent Greilsamer, rédacteur en chef au Monde.

http://www.liberation.fr/actualite/ecra … p?rss=true

(je poste ici pour avoir un thread Sarkozy et les médias, puisque on a droit à pas mal d'histoires en ce moment)

"Je sens en deux parti[e]s mon esprit divisé." (Pierre Corneille, Le Cid)
"Et en deux sous-parties" (Richard Descoings)

Re: Collusion presse - pouvoir

Le Monde a totalement raison, et a eu le courage de l'écrire. Les montages de l'entre deux tours étaient proprement stupéfiants de parti pris, les débats contradictoires entre journalistes toujours à l'avantage de sarkozy.

La réaction de LCI ne fait que confirmer que cette chaîne (que je regardais souvent avant) est devenu un organe de propagande, pour qui l'indépendance des medias (et notamment celle du journal Le Monde) ne veut plus rien dire.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

74

Re: Collusion presse - pouvoir

LCI est clairement une chaîne de droite. De là à en faire un organe de propagande... Duhamel s'y exprime régulièrement contre Buisson, Julliard c. Ferry etc. Michel Field n'est pas le pire des droitiers.

Et puis si les débats étaient à l'avantage de Sarkozy, ce n'était peut-être pas dû qu'à un parti-pris. Ca venait peut-être aussi des candidats...

Par ailleurs, LCI n'est que le pendant d'i>télé. Par exemple, hier, les journaux d'i>télé affirmaient que le PS se remettait en ordre sans évoquer la petite phrase de DSK, loin d'être anodine, faisant de Hollande le principal responsable de la défaite. Alors que, effectivement, LCI en parlait.

Si tu t'indignes du traitement de l'info par LCI, je te prie de t'indigner aussi de celui d'i>télé. (Perso, aucun des deux ne me révolte.)

Re: Collusion presse - pouvoir

Je ne crois pas que l'on puisse faire le même procès aux deux chaînes.

Edit : en même temps c'est vrai que je suis pas très objectif (toi non plus bouh ;p)

Last edited by Greg (15-05-2007 19:08:38)

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Collusion presse - pouvoir

Si i>télé avait un discours de gauche, ça se saurait.

"Je sens en deux parti[e]s mon esprit divisé." (Pierre Corneille, Le Cid)
"Et en deux sous-parties" (Richard Descoings)

Re: Collusion presse - pouvoir

Le fils de Jean-Claude Dassier Arnaud bosse (bossait ?) pour la netcampagne UMP et avait des méthodes borderline (plus ou moins que les autres côtés ?
Jean-Claude Dassier vise la place de Le Lay.

Re: Collusion presse - pouvoir

Ouais, vous avez raison: Sarkozy contrôle tellement les media qu'à chaque fois qu'il tente de les contrôler, c'est étouffé et personne n'en parle... :-)

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

Re: Collusion presse - pouvoir

sabaidee a écrit:

Ouais, vous avez raison: Sarkozy contrôle tellement les media qu'à chaque fois qu'il tente de les contrôler, c'est étouffé et personne n'en parle... :-)

c'est d'une intelligence ce que tu dis,

c'est parce qu'un journal a pu dénoncer un scandal qu'il n'y a pas vraiment scandal... ou encore: faute dénoncé, faute à moitié pardonné...

qu'est ce qu'ils ne trouveraient pas comme pirouette pour justifier les dérives sarkozystes....

l'art d'expliquer aux cons, c'est l'art de vouloir l'étincelle avec de l'eau...
"Les chiens aboient, la caravane passe"

Re: Collusion presse - pouvoir

En remontant dans ce qui s'était écrit plus haut dans ce thread, je tombe sur ça :

Diane a écrit:
Alci a écrit:

C'est Sciences Po, bandes de moules...

Tout le prestige est dans le " - "

Jé a écrit:

Non, l'absence de tiret est le shibboleth suprême du 27 rue Saint Guillaume. Lui seul permet de trier instantanément les sachant-gardiens-de-la-tradition-mais-pas-condescendants-car-ouverts-sur-le-monde des bandes-de-moulz, a.k.a les non-sachant-wannabe-impetrantz-avec-deux-mains-gauches-qui-postent-des-threads-à-la-con.

Ca me fait penser que le nouvel annuaire de l'Association des anciens de Sciences Po vient de sortir, et quelque chose me turlupine : il est écrit en gros sur la couverture 'l'annuaire des Sciences-Po' - et par ailleurs il est bien marqué 'l'association des anciens de Sciences Po'. Est-ce à dire que l'on parle de 'Sciences Po', l'institution, et des 'Sciences-Po', les élèves ayant eu l'insigne honneur de fréquenter cette institution ? Première fois que je vois cette convention... Les Anciens mériteraient-ils un PAN ?

Convertis : Edou, EB, So What, Trèfle, Moktar, faux semblants, fétiche, Alea, LaurieLP
---
Sent from my Blackberry Handheld.

Re: Collusion presse - pouvoir

Demian a écrit:
Jé a écrit:

Un journaliste est par définition quelqu'un qui se prend pour tout sauf pour de la merde, y compris quand il se contente de lire des dépêches d'agence sans les croiser les informations alors que c'est pourtant la base de son métier.

Pour moi il y a pire: ce sont les éditorialistes et les prétendus "analystes de fond" des hebdomadaires. Il n'y a rien de plus vide, de plus partial et de plus soporifique qu'un hebdomadaire. Au moins dans Libé comme Le Figaro, un article sur dix est bon.

Tout à fait d'accord : ces éditoriaux sont là pour faire le plein de lieux communs de son courant de pensée, histoire d'avoir des opinions définitives et non-étayées sur l'actu de la semaine au prochain dîner.

Je suis un patatoïde tridimensionnel vulgarisé.

Re: Collusion presse - pouvoir

cholapin a écrit:

c'est parce qu'un journal a pu dénoncer un scandal[e] qu'il n'y a pas vraiment scandal[e]... ou encore: faute dénoncé, faute à moitié pardonné[e]...

PAN!
Et pour trois fautes, on pardonne 1,5 fois?

"Je sens en deux parti[e]s mon esprit divisé." (Pierre Corneille, Le Cid)
"Et en deux sous-parties" (Richard Descoings)

Re: Collusion presse - pouvoir

lemonde.fr a écrit:

Les journalistes du JDD dénoncent une "censure inacceptable" dans une lettre ouverte à Arnaud Lagardère
LEMONDE.FR avec AFP | 15.05.07 | 19h49  •  Mis à jour le 15.05.07 | 19h51

Dans une lettre ouverte à Arnaud Lagardère, propriétaire du Journal du dimanche (et également actionnaire minoritaire du Monde Interactif), les  journalistes de la rédaction ont dénoncé, mardi 15 mai, "une censure inacceptable" après la non-publication d'un article sur Cécilia Sarkozy.


"Vous êtes intervenu samedi auprès de la direction de la rédaction pour que cet article ne soit pas publié", écrivent-ils. "Nous estimons qu'il s'agit là d'une censure inacceptable, contraire à la liberté de la presse. L'ensemble des journalistes du JDD s'indigne de cette pratique d'un autre âge, d'ailleurs largement dénoncée par l'ensemble de notre profession, en France comme à l'étranger", poursuivent-ils.

"ARTICLE PUREMENT FACTUEL"

"Vos relations privilégiées avec Nicolas Sarkozy ne sauraient nous contraindre à renoncer une nouvelle fois aux exigences de notre métier. La rédaction du JDD, indépendante, revendique le droit de refuser toute subordination qui voudrait la priver de son devoir d'informer", ajoute le texte. Les journalistes du JDD considèrent qu'"en l'espace d'un week-end, cette intervention a donné du crédit aux graves accusations portées contre les titres du groupe, soupçonnés d'avoir favorisé la campagne de Nicolas Sarkozy".

Ils estiment également que "le court article, purement factuel [révélant que Cécilia Sarkozy n'avait pas voté le 6 mai au second tour de l'élection présidentielle] était le fruit d'une enquête auprès de la préfecture des Hauts-de-Seine. Cette information ne relevait pas de la sphère privée, pas plus qu'elle ne devait être une affaire d'Etat".

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0 … r=RSS-3208

Le fait est mis en avant pour tous les détracteurs que la levée de boucliers porte sur la liberté de la presse et non sur le contenu de l'article dont l'intérêt est un peu limité.

Dans Libé, article plus long, où on en revient par un rappel au sujet premier de ce thread (Elkabach) : http://www.liberation.fr/actualite/poli … p?rss=true

libé.fr a écrit:

Le site Rue89 inaccessible dimanche en raison d'un afflux de connexions
Par Olivier COSTEMALLE
LIBERATION.FR : dimanche 13 mai 2007

Le site internet Rue89, fondé par d’anciens journalistes de Libération, était inaccessible dimanche après-midi en raison d’un afflux trop important de connexions.
   
Les internautes se sont précipités sur le site lorsque celui-ci a mis en ligne une information selon laquelle la direction du Journal du Dimanche a censuré un article révélant que Cécilia Sarkozy n’avait pas voté au second tour de l’élection présidentielle.

«Nous avons mis en ligne l’information vers 13 heures, puis nous avons envoyé un communiqué à l’AFP, à Reuters et à France Info. Un quart d’heure plus tard, nos serveurs étaient débordés par le nombre de connexions», explique Pierre Haski, l’un des fondateurs de Rue89, interrogé par Liberation.fr.

En fin d’après-midi, vers 18h30, le site était toujours inaccessible en dépit des efforts de Rue89, qui a mis un troisième serveur en place pour tenter d’absorber les connexions.

Rue89.com, un site «participatif» qui réunit des journalistes professionnels, des «experts» et des internautes, a été lancé en mode «béta» (expérimental) le 6 mai. La version définitive du site est prévue pour l'automne.

http://www.liberation.fr/actualite/poli … p?rss=true

En tout cas en voilà qui ont déjà fait leur beurre de cette affaire. Mais bon le site a pas l'air trop mal, et...

rue89 a écrit:

Le Monde-LCI: divorce en coulisses
Par Augustin Scalbert (Rue89)    15H43    15/05/2007

La conférence se termine, sous les applaudissements polis du public. Jean-Claude Dassier se lève et se dirige vers Jean-Marie Colombani. Ils se serrent la main. "Tu ne peux pas me traiter d’annexe de l’UMP!", lance le patron de LCI à celui du Monde en l’accrochant par le bras. "Ou alors, tu me donnes tes sources." Jean-Marie Colombani répond par la négative, et se dégage pour aller saluer quelqu’un avant de partir vers un rendez-vous imminent.

Les deux hommes venaient de participer à un débat, jeudi à Sciences Po. L’édition du quotidien datée du mardi précédent a jeté un froid glacial entre les deux médias, partenaires sur une émission (Le Monde des idées). Page 14, à la fin de la séquence consacrée à l’élection de Nicolas Sarkozy, l’article titré "Soirée sans suspense à la télévision, dépassée par la blogosphère" comprenait un intertitre beaucoup moins innocent. Une citation: "Les deux annexes de l’UMP". Qui renvoyait à ces lignes: "Du côté d'Europe 1 aussi, les invités se font plus rares que le 22 avril. (...) 'Je file à LCI', lance dans les couloirs l'un des invités. 'Je fais les deux annexes de l'UMP.'" En lisant ces lignes, le directeur général de la chaîne info a bondi, comme une bonne partie de sa rédaction.

Il a décidé illico de supprimer Le Monde des idées, sans doute diffusée pour la dernière fois dimanche 6 mai après dix années à l'antenne. Jean-Claude Dassier n’hésite pas à qualifier la citation litigieuse d’"invention": il a toute latitude pour le faire, puisqu’elle n’est pas sourcée, comme c’est souvent le cas -dans toute la presse- pour ce genre journalistique particulier qu’est le papier "coulisses". LCI crie aujourd’hui à l’"agression", dénonce des "méthodes scandaleuses". "Nous récusons totalement cette accusation", martèle une porte-parole de la chaîne. "Nous avons été irréprochables pendant toute la campagne. On n’a pas de leçon à recevoir du Monde."

Vendredi après-midi, Le Monde des idées avait disparu de la grille des programmes de LCI . Elle est remplacée par un JT pour sa diffusion du samedi, et par une émission de Valérie Expert pour celle du dimanche. Ce remplacement n’est cependant pas forcément définitif, à en croire LCI: "Si la rédaction du Monde prenait la peine de passer un petit coup de fil à Jean-Claude Dassier afin de présenter ses excuses pour ce qu’il considère comme une insulte", la chaîne pourrait revoir sa position, avance la porte-parole. La direction du quotidien vespéral ne souhaite pas commenter cette affaire.

Présentée par Laurent Greilsamer, rédacteur en chef au Monde, l’émission avait été créée en 1997 par Edwy Plenel, alors directeur de la rédaction du journal. Jusqu’en septembre 2005, l’amitié entre LCI et Le Monde s’épanouissait aussi à travers Le Grand Jury, émission emblématique de la vie politique française. A la demande de RTL, qui a initié le concept, le partenariat presse a alors été transféré au Figaro. Dont le directeur de la rédaction, Nicolas Beytout, est d’ailleurs pressenti comme remplaçant de Robert Namias, directeur de l’information de TF1.

"Une fois de plus, TF1 s’est fermée à la presse, refusant d’accueillir des journalistes en coulisses", pouvait-on lire dans le même article du Monde. Après cet improbable exercice de transparence, LCI va probablement imiter sa maison mère.

[edit : http://rue89.com/2007/05/11/le_monde_lc … _coulisses (l'adresse, quand même)]
...on en revient finalement à Sciences Po avec la conférence d'inauguration de RSP en marge de laquelle s'est déroulé the event.

Last edited by fétiche (15-05-2007 21:20:14)

"Je sens en deux parti[e]s mon esprit divisé." (Pierre Corneille, Le Cid)
"Et en deux sous-parties" (Richard Descoings)

84

Re: Collusion presse - pouvoir

Demian a écrit:

Pour moi il y a pire: ce sont les éditorialistes et les prétendus "analystes de fond" des hebdomadaires. Il n'y a rien de plus vide, de plus partial et de plus soporifique qu'un hebdomadaire. Au moins dans Libé comme Le Figaro, un article sur dix est bon.

C'est bien pour ça que je n'en achète plus ! Les analyses politiques de bon niveau sont pratiquement absentes des hebdo. La situation dans les quotidien(-s ; edit : oups) est - comme tu le dis - un peu meilleure. Restent les blogs. Certains valent vraiment le détour. Ex : celui de Baverez.

Re: Collusion presse - pouvoir

Jé a écrit:

dans les quotidien

PAN

Ce soir,je me fais le modo ^^

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Re: Collusion presse - pouvoir

Greg a écrit:

Edit : en même temps c'est vrai que je suis pas très objectif (toi non plus bouh ;p)

fétiche a écrit:

Si i>télé avait un discours de gauche, ça se saurait.

B. comme Bouh a écrit:

LCI est clairement une chaîne de droite.

Je suis encore capable d'un peu d'objectivité. Ce qui n'est pas le cas de tout le monde.

Le Monde citant les journaleux du Jdd a écrit:

"Vous êtes intervenu samedi auprès de la direction de la rédaction pour que cet article ne soit pas publié", écrivent-ils. "Nous estimons qu'il s'agit là d'une censure inacceptable, contraire à la liberté de la presse. L'ensemble des journalistes du JDD s'indigne de cette pratique d'un autre âge, d'ailleurs largement dénoncée par l'ensemble de notre profession, en France comme à l'étranger", poursuivent-ils.

Putain mais le propre rédacteur de l'article a expliqué que c'était LUI-MÊME qui avait demandé le retrait de cet article, sans aucune pression. Ces journalistes ne font qu'essayer de récupérer l'histoire pour s'auto-ériger en victimes héroïques du grand pouvoir qui veut abattre la liberté de la presse.

Re: Collusion presse - pouvoir

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Last edited by Oscar Wilde (11-02-2009 02:25:56)

88

Re: Collusion presse - pouvoir

D'autant que dans l'absolu, savoir si Cécilia a voté ou pas, ça me rappelle ces journalistes qui fouillent  les poubelles des stars d'Hollywood...

Je ne sais pas si vous vous rappellez le Monicagate sous Clinton, les Français gonflaient fièrement la poitrine en se disant que "franchement, ils sont cons ces Américains, la vie privée du président ne nous regarde pas". On n'est en train de devenir pareil.

Oui, Sarko a commencé à la mettre en avant, mais ce n'est plus le cas depuis ses déboires de couple, à quoi bon insister.

Enfin, les pressions sur les journalistes, Sarko n'est ni le premier ni le dernier homme politique à en faire. D'ailleurs, elles sont bien contre-productives, vu que chacune de ses interventions auprès de la presse fait immédiatement la couv' de tous les quotidiens.

Comme quoi, le régime "fascistoïde" que l'on nous promettait n'a pas sonné le glas de la liberté de la presse...

Re: Collusion presse - pouvoir

*

Last edited by Oscar Wilde (21-02-2009 04:19:34)

Re: Collusion presse - pouvoir

Sabaidee, le problème est tout à fait différent. Clinton à l'époque n'a pas ameuté la presse en disant "hey, hey, regardez je me tape ma secrétaire" et fini par un "non mais c'est ma vie privée".
Sarko s'est pavané autant que faire se peut avec Cécilia, on va pas non plus le plaindre de voir la presse faire ses choux gras de ses déboires conjugaux.
Soit, en s'en fout, mais il l'a bien cherché.

Re: Collusion presse - pouvoir

Elkabbach etait le candidat de Mitterrand pour la presidence d'Antenne 2.

Mouais. Il a surtout fait partie de la charrette de 1981..

Tu me dis vous ... Aaaaa ... après tu

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Re: Collusion presse - pouvoir

Léo_92 a écrit:

Sabaidee, le problème est tout à fait différent. Clinton à l'époque n'a pas ameuté la presse en disant "hey, hey, regardez je me tape ma secrétaire" et fini par un "non mais c'est ma vie privée".
Sarko s'est pavané autant que faire se peut avec Cécilia, on va pas non plus le plaindre de voir la presse faire ses choux gras de ses déboires conjugaux.
Soit, en s'en fout, mais il l'a bien cherché.

Il ne le fait quasiment plus depuis l'affaire Attias...

Donc selon ton raisonnement, le livre qui va sortir sur le couple Hollande-Royal est légitime alors... Elle a surabusé de l'argument du "je suis une mère de famille", donc les articles sur sa vie privée seront "bien faits".

Re: Collusion presse - pouvoir

Clairement oui. Quand tu tends le bâton, faut pas t'étonner de te faire battre avec.
Ce qui me gène, c'est plus la répercussion que cela pourrait avoir sur les proches, la famille, les enfants. Mais pas sur les protagonistes eux-mêmes, qui savaient très bien à quoi s'attendre.
Je ne les plains pas, en revanche je trouve l'attitude des journalooses à l'origine de ce "bouquin" à vomir. L'éthique, de toute évidence, ne fait pas partie de leur vocabulaire.

94

Re: Collusion presse - pouvoir

Léo_92 a écrit:

Sabaidee, le problème est tout à fait différent. Clinton à l'époque n'a pas ameuté la presse en disant "hey, hey, regardez je me tape ma secrétaire" et fini par un "non mais c'est ma vie privée".

Il a pas dit "je me tape ma secrétaire" mais il est monté sur les estrades, comme tout politicien américain, avec sa femme et sa fille.

Le problème n'est pas du tout différent. Il s'agit de savoir si la vie privée des hommes politiques doit être utilisée contre eux.

Pour moi, désolé mais le fait qu'il soit monté avec sa femme sur les estrades n'excuse pas le Monicagate.

Re: Collusion presse - pouvoir

Oscar Wilde a écrit:

Et Libé est detenue par un actionnaire assez proche de Sarkozy.

ISF : Nicolas Sarkozy pique une colère contre Libération

NOUVELOBS.COM | 09.03.2007 | 19:52


Le candidat UMP à la présidentielle aurait appelé l'actionnaire
majoritaire du quotidien pour lui dire son mécontentement après la Une
du 1er mars titrée:"Impôt sur la fortune de Sarkozy : le soupçon".


La Une de Libération datée du 1er mars (DR)
Selon une source interne à la rédaction en chef de Libération,
confirmant une information du site internet de L'Express, Nicolas
Sarkozy aurait téléphoné à Edouard de Rothschild, pour lui faire part
de son mécontentement après la Une de Libération le 1er mars.
Le quotidien titrait ainsi: "Impôt sur la fortune de Sarkozy : le
soupçon". Le candidat UMP à la présidentielle aurait pris son
téléphone pour dire directement à Edouard de Rothschild, actionnaire
de référence du journal ce qu'il pensait du journal, le qualifiant
notamment de "sectaire de gauche".

"Journal de merde"

Nicolas Sarkozy aurait ajouté que "cela empêcherait sans doute le
quotidien de trouver des gens pour le financer". Contactée par
nouvelobs.com, une source interne à la rédaction en chef, qui souhaite
garder l'anonymat, indique que le PDG de Libération, Laurent Joffrin,
a confirmé l'information en conférence de rédaction mercredi 7 mars.
L'échange entre Edouard de Rotschild et Nicolas Sarkozy aurait été
"musclé", le candidat de l'UMP se laissant même aller à employer des
termes "grossiers", qualifiant, entre autre, Libération de "journal de
merde".
D'après une autre source interne à Libération, le coup de téléphone
aurait "beaucoup fait rire Edouard de Rothschild".




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RAPPEL :

LIAISON DANGEREUSE

Depuis 2002, Nicolas Sarkozy a placé des hommes à lui dans presque
toutes les rédactions parisiennes, dans la presse écrite comme dans la
presse audiovisuelle

PARIS - IAN HAMEL
27 janvier 2007

Les Français ne connaissent pas la société audiovisuelle ETC (Etudes,
techniques et communication). Pourtant, ils ne cessent de voir ses
productions à la télévision. C'est cette entreprise, appartenant à
l'UMP, le parti de Nicolas Sarkozy, qui filme le candidat Nicolas
Sarkozy et qui ensuite vend (ou plus souvent donne) ses reportages aux
chaînes de télévision françaises. «Le plus grave, ce n'est pas que
Sarkozy organise ses propres reportages, mais que les télévisions
acceptent ce procédé car il leur fait économiser de l'argent»,
proteste un journaliste parisien sous couvert d'anonymat.

Pourquoi se gêner? La société ETC jouit d'une excellente réputation
professionnelle, elle offre des images parfaitement maîtrisées, avec
des caméras face à la tribune, sur les côtés, et survolant la foule.
Nicolas Sarkozy a même organisé le retour de Cécilia, son épouse, au
domicile conjugal. Son photographe a pris soin de prendre les clichés
à distance afin de faire croire qu'il s'agissait de photos volées par
un paparazzi... Rien d'étonnant à cela. Comme le rappelle Frédéric
Charpier dans son livre «Nicolas Sarkozy. Enquête sur un homme de
pouvoir» (1), l'actuel ministre de l'Intérieur avait imaginé un temps
devenir journaliste.

Les journalistes au pain sec
Maire de Neuilly, dans la région parisienne, et président des
Hauts-de-Seine, le département le plus riche de France, Nicolas
Sarkozy courtise de longue date les patrons de presse, qui sont
souvent ses administrés, comme autrefois Robert Hersant, propriétaire
du Figaro et de 30% de la presse française, et aujourd'hui Martin
Bouygues, le patron de TF1, dont le journal télévisé est regardé par 8
millions de personnes. «Il est non seulement l'ami des patrons de
presse, mais il est aussi l'ami des rédacteurs en chef et des chefs
des services politiques qu'il appelle tout le temps au téléphone.
Sarkozy s'est aussi constitué une cour de sans-grade qui espionnent
pour lui à l'intérieur des rédactions, recevant en compensation des
informations exclusives ou des promesses de promotion», raconte un
enquêteur connu de la presse parisienne.

Le climat est devenu tellement étouffant que ce journaliste demande
non seulement que son nom n'apparaisse pas, mais que son journal ne
soit pas mentionné non plus. «Je suis contraint de me méfier de mes
propres collègues», déplore-t-il. Ministre de l'Intérieur, à la tête
de deux services secrets, la DST et les Renseignements généraux (RG),
Nicolas Sarkozy est un homme tout-puissant. Alors que ses «amis»
journalistes sont abreuvés de scoops sur la délinquance ou sur le
terrorisme, les autres rédacteurs se retrouvent au pain sec: les
policiers ne leur parlent plus. Pire, ils découvrent que les
Renseignements généraux ne font pas seulement des enquêtes sur les
collaborateurs de Ségolène Royal, la candidate socialiste, comme Bruno
Rebelle, ancien directeur de Greenpeace. Mais qu'à l'occasion, ils
s'intéressent aussi à la vie privée des rédacteurs un peu trop à
gauche.
«Un proche de Sarkozy vous appelle au téléphone et lâche le nom de
votre maîtresse, menaçant de le faire savoir à votre épouse si vous ne
devenez pas davantage conciliant avec le candidat de l'UMP»,
s'étrangle un journaliste du Figaro.
Un proche de Sarkozy que Karl Laské, journaliste à Libération appelle
carrément «le lanceur de boules puantes».

Le livre à charge intitulé «Nicolas Sarkozy ou le destin de Brutus»
(2), écrit par plusieurs journalistes parisiens sous le pseudonyme de
Victor Noir, s'est vendu à plus de 25 000 exemplaires. Il est réédité
en livre de poche.

Sarkozy propulse les ventes
«On montre du doigt le magazine Le Point pour ses 10 couvertures
consacrées à Nicolas Sarkozy ces derniers mois. Le problème, c'est que
ces 10 couvertures ont bien vendu. Les journalistes qui ne sont pas
sarkozystes ne peuvent pas reprocher ce choix journalistique à leur
direction», souligne François Malye, président de la Société des
rédacteurs du Point.

(1) Frédéric Charpier, «Nicolas Sarkozy. Enquête sur un homme de
pouvoir», Editions Presses de la Cité, 304 pages

(2) Victor Noir, «Nicolas Sarkozy ou le destin de Brutus», Editions
Denoël, 306 pages


http://www.lematin.ch/nwmatinhome/nwmat … resse.html

Re: Collusion presse - pouvoir

La vie privée des hommes publics, quels qu'ils soient, ne devraient pas être utilisée contre eux, mais à ce moment là, ne devrait pas être utilisée tout court.
Tu ne peux pas attendre de la presse qu'elle ne relate les faits de la vie privée uniquement lorsqu'ils correspondent à la belle image que tout homme politique veut laisser transparaître. Autrement, ça s'appelle du culte de la personnalité.
Donc je persiste et signe, si tu ne veux pas que ta vie privée soit utilisée contre toi, commence par ne pas en faire du pur produit marketing, inclus dans le pack "votez pour moi je suis le meilleur homme du monde".

Edit: ça me rappelle Pierre (Vincent Barthélémy) dans "RRRrrrr":
"Vous connaissez ma femme?
- Oui chef!
- Elle est belle,hein?
-Oui, chef!"

Last edited by Léo_92 (16-05-2007 10:35:30)

Re: Collusion presse - pouvoir

*

Last edited by Oscar Wilde (21-02-2009 04:19:06)

Re: Collusion presse - pouvoir

B. comme Bouh a écrit:
Greg a écrit:

Edit : en même temps c'est vrai que je suis pas très objectif (toi non plus bouh ;p)

fétiche a écrit:

Si i>télé avait un discours de gauche, ça se saurait.

B. comme Bouh a écrit:

LCI est clairement une chaîne de droite.

Je suis encore capable d'un peu d'objectivité. Ce qui n'est pas le cas de tout le monde.

Le Monde citant les journaleux du Jdd a écrit:

"Vous êtes intervenu samedi auprès de la direction de la rédaction pour que cet article ne soit pas publié", écrivent-ils. "Nous estimons qu'il s'agit là d'une censure inacceptable, contraire à la liberté de la presse. L'ensemble des journalistes du JDD s'indigne de cette pratique d'un autre âge, d'ailleurs largement dénoncée par l'ensemble de notre profession, en France comme à l'étranger", poursuivent-ils.

Putain mais le propre rédacteur de l'article a expliqué que c'était LUI-MÊME qui avait demandé le retrait de cet article, sans aucune pression. Ces journalistes ne font qu'essayer de récupérer l'histoire pour s'auto-ériger en victimes héroïques du grand pouvoir qui veut abattre la liberté de la presse.

D'après "la mare aux Canards" Arnaud Lagardère a bien appelé Espérandieu...

Edit : c'est normal qu'Espéradieu prenne sur lui.

Quand Genestar avait publié la photo de une de Cécilia et Attias, Genestar avait fait semblant de ne pas prévenir Arnaud Lagardère pour le couvrir et assumer la première page.

Last edited by Free French (16-05-2007 11:00:51)

Re: Collusion presse - pouvoir

@ OW : l'autocensure de la faute des journalistes? Oui ils n'ont en général pas de couilles mais il faut aussi qu'ils aient peur de quelque chose pour se priver de divulguer telle info.

Donc des journalistes qui flippent de perdre leur job, un nouveau président qui a l'habitude de piquer sa colère dès qu'un article ne lui convient pas (et pas par un classique droit de réponse) et a une influence plus qu'importante dans le milieu.

Aucun rapport? Tout va très bien, madame la marquise

Sur l'actionnariat, un article qui fait le lien :

le monde diplo, février 2007 a écrit:

Quand le profit devient la seule déontologie
Des journalistes au bord de la rébellion
La place disproportionnée que les médias français consacrent à certains candidats à l’élection présidentielle ainsi que les conditions – fort peu démocratiques – du renouvellement des membres du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) ont relancé le débat sur l’équilibre de l’information en France. Les journalistes accueillent les critiques qu’on leur adresse avec moins de dédain qu’auparavant. D’autant que, depuis quelques années, leur propre statut de salariés est menacé.
Par Pierre Rimbert

Le 21 novembre 2005, les salariés de Libération votaient la grève contre un plan de cinquante-deux licenciements imposé par le principal actionnaire, M. Edouard de Rothschild. Le soir, un délégué syndical du quotidien, par ailleurs journaliste social, exprimait son trouble sur France Inter : « On découvre tout à coup ce qu’on raconte dans nos reportages sur les salariés de Hewlett-Packard. Là, on les comprend. On apprend qu’il y a un actionnaire qui est en train de tailler dans le vif, de supprimer des emplois, simplement parce qu’il ne veut pas perdre de l’argent. » Au printemps suivant, quand M. de Rothschild congédia Serge July, fondateur et directeur de la publication, une représentante de la société civile des personnels s’étonna de la naïveté de ses camarades. « Ils découvrent que Libé est aussi une entreprise ; qu’il y a un patron, un actionnaire, un mode de fonctionnement auquel on ne peut pas couper  (1). »
Pour M. Lagardère,
l’indépendance de la presse,
c’est du « pipeau »

Quoi ? Le conflit entre capital et travail existerait aussi dans les entreprises de presse ? Cette « découverte » n’illumine pas uniquement les personnels de Libération. Au cours de la seule année 2006, leurs collègues de France Soir, d’ordinaire peu cléments vis-à-vis des grévistes, ont eux-mêmes cessé le travail durant cinq semaines pour protester contre la métamorphose du journal assortie du licenciement d’une moitié de l’effectif ; Paris Match a essuyé sa première grève depuis 1968, à la suite de l’éviction du directeur de l’hebdomadaire, coupable, aux yeux du propriétaire, M. Arnaud Lagardère, d’avoir vexé M. Nicolas Sarkozy ; alors que Lagardère Active Media arrête ou vend plusieurs titres et annonce la suppression d’environ trois cents postes en France, les syndicats du groupe affrontent le « tournant numérique » opéré par l’industriel. Lequel ne juge plus nécessaire d’entretenir chez ses journalistes l’illusion d’un statut particulier : « C’est quoi l’indépendance en matière de presse ?, s’agace M. Lagardère. Du pipeau. Avant de savoir s’ils sont indépendants, les journalistes feraient mieux de savoir si leur journal est pérenne  (2). »

De son côté, l’équipe du Parisien - Aujourd’hui en France a débrayé pendant vingt-quatre heures en décembre : le groupe Amaury exigeait d’elle « 15 à 30 % de gains de productivité pour accroître sa compétitivité ». Au Nouvel Observateur, une majorité de la rédaction s’est opposée au choix d’une nouvelle direction éditoriale effectué par M. Claude Perdriel, propriétaire du titre. Il n’est pas jusqu’au groupe Le Monde qui ne bruisse de « mises en garde » et de « motions de défiance » infligées à la direction par la société des rédacteurs et les représentants du personnel, tantôt pour protester contre les indemnités pharaoniques versées à un directeur général en partance, tantôt pour signifier la « perte de toute confiance » envers les dirigeants du pôle magazine. Pour la première fois dans l’histoire du quotidien vespéral, une décision stratégique – l’édification d’un pôle de presse régionale dans le sud de la France en partenariat avec Lagardère – a été actée malgré l’hostilité des journalistes-actionnaires appelés à se prononcer sur le projet en septembre dernier.

Un décrochage s’amorce entre les rédactions et les dirigeants d’entreprise à mesure que ces derniers parachèvent la normalisation commerciale de l’information, ce « service d’intérêt général » que les résistants avaient appelé de leurs vœux.

Dressant en 2005 le bilan de l’année précédente, le Syndicat national des journalistes de la CGT (SNJ-CGT) a relevé une élévation conjuguée de la pression économique et de la température sociale. « En France, 2005 aura été la plus noire pour les médias depuis soixante ans, c’est-à-dire depuis l’adoption des ordonnances de 1944 sur la presse  (3). » Déjà, en 2004, grèves et protestations de journalistes avaient éclaté sur un arc allant du Figaro (racheté par Dassault en 2003) à Publihebdos (premier groupe français de presse hebdomadaire régionale détenu par Ouest France), en passant par l’audiovisuel public, Le Républicain lorrain, l’Agence France-Presse (AFP), Sud-Ouest, le groupe Emap... Toutefois, à de rares exceptions près, propriétaires et directeurs enjambent les modestes barricades dressées sur leur chemin.

Ce regain de conflictualité dans les entreprises de médias tranche avec les années du « miracle Internet », dont les recettes publicitaires surabondantes avaient gonflé la bulle d’un optimisme béat. La brutalité des restructurations intervenues depuis dans le secteur de la presse écrite a crevé la baudruche. Hypnotisés par l’audience des titres « gratuits », d’Internet ou de la téléphonie mobile, les industriels réorganisent leurs groupes en structures « plurimédias » mieux à même de capter les recettes publicitaires. « Aujourd’hui, précise le président du directoire du Monde, Jean-Marie Colombani, il ne s’agit plus de commercialiser auprès des annonceurs de la diffusion payante, mais de vendre des audiences (4) » : celle des publications contrôlées par le groupe, celles de leur site Internet, des produits dérivés, du journal « gratuit » qui sera lancé en partenariat avec M. Vincent Bolloré et, subsidiairement, celle du quotidien.

Cet objectif, partagé par la plupart des patrons de presse, laisse entrevoir une nouvelle dégradation des moyens alloués à l’information de fond (enquêtes, reportages) : les investissements s’orientent désormais vers les activités numériques au détriment des secteurs traditionnels. « La presse quotidienne a dix ans devant elle. Les coûts de production deviendront intenables  (5) », a prévenu M. Lagardère. On conçoit l’angoisse de ce petit entrepreneur : le bénéfice net de son pôle médias a été multiplié par douze entre 2002 et 2005 (6)...

Ici, comme ailleurs, soutenir la profitabilité implique des gains de productivité et une accentuation de la concentration capitalistique. Des exigences aussitôt répercutées dans les entreprises de presse sous la forme de suppressions de postes, d’un surcroît de flexibilité et de polyvalence. A salaire égal, de plus en plus de journalistes sont contraints d’ajouter à leur charge de travail l’usage de logiciels de secrétariat de rédaction ou de mise en page, l’écriture en ligne, l’animation de forum de discussions, voire le maniement d’une caméra pour alimenter la rubrique vidéo du site Internet (7). Dans ces conditions, il n’est pas recommandé de perdre son temps sur le terrain. « Mieux vaut rester au bureau, lire un bon rapport, connaître un dossier, mener des investigations sur Internet que courir micro en main à La Courneuve », prescrivait le président-directeur général de Radio France Jean-Paul Cluzel, en juin 2005. « La réduction des coûts passe aussi par l’externalisation d’une partie de la rédaction, nous explique Eric Marquis, du Syndicat national des journalistes (SNJ). De nombreux journaux sous-traitent des pages auprès d’entreprises qui n’ont pas le statut d’agence de presse. Un peu comme les chaînes de télévision recourent aux “boîtes de production”. »

Le retour d’une certaine combativité dans les entreprises de presse trouve enfin son origine dans la raréfaction de l’emploi. Président du Forum des sociétés de journalistes, François Malye souligne qu’« en cas de désaccord, les journalistes ne peuvent plus quitter le journal pour aller en face, car il n’y a plus d’en face  (8)  ». En effet, l’orage ne s’abat plus seulement sur l’armée de réserve des précaires qui amortit traditionnellement les à-coups du marché (9) ; il frappe les salariés stables, au cœur des rédactions. « Sur soixante-quinze journalistes partis de France Soir au printemps, rapporte Michel Diard, secrétaire du SNJ-CGT, un seul avait retrouvé un contrat à durée indéterminée à l’hiver 2006. » Le syndicat estime à plus de mille le nombre de postes de journalistes supprimés en 2006.

En 1983, le tournant libéral de la gauche au pouvoir avait décimé les travailleurs de l’industrie ; une décennie plus tard, le « franc fort » et la récession de l’après-guerre du Golfe fauchaient aussi employés et cadres d’entreprises ; la vague de la précarité caresse à présent certaines professions intellectuelles supérieures (10). Même la fine fleur des rédactions parisiennes, qui se pensait protégée par des « chartes » et autres « pactes d’actionnaires », subit le contrecoup des politiques qu’elle n’a en général cessé de plébisciter. Ainsi des chroniqueurs de L’Express, licenciés à l’automne dernier sous l’impulsion d’un nouveau propriétaire décidé à doubler en trois ans la marge opérationnelle du groupe Express-Expansion, scandaleusement bloquée à 5 %.
Un recours de plus en plus
fréquent au travail
temporaire et mal rémunéré

Le phénomène déborde les frontières de l’Hexagone. Une enquête menée en 2006 par la Fédération internationale des journalistes auprès de syndicats de trente-huit pays conclut que « l’emploi dans les médias s’est précarisé, insécurisé, intensifié. (...) Dans le monde entier, la tendance est à la privatisation des médias d’Etat ; les journalistes expérimentés sont remplacés par de jeunes diplômés, le plus souvent employés à durée déterminée ». Or, dans la plupart des organismes interrogés, « l’insécurité de l’emploi produit un journalisme timoré » et entraîne « un déclin du journalisme critique et d’investigation », cependant que « la concentration des médias et les pressions gouvernementales induisent un affadissement de l’information  (11)  ».

Des rébellions en découlent. Au Royaume-Uni, les employés de la BBC combattent depuis trois ans un plan de « modernisation » impliquant plusieurs milliers de suppressions de postes. En Allemagne (2004), puis au Portugal (2005), la renégociation des conventions collectives de la presse a occasionné une multiplication des arrêts de travail : les fédérations patronales exigeaient des baisses de salaire et davantage de flexibilité. Et, en décembre dernier, les rédacteurs des journaux italiens ont gratifié leurs lecteurs d’un cadeau de Noël insolite : trois jours de grève générale. « Les journalistes, relate une dépêche, s’élèvent en particulier contre un recours de plus en plus fréquent au travail temporaire et mal rémunéré, dont leur syndicat estime qu’il produit un journalisme de second ordre et “sans utilité dans une démocratie”. Les directeurs de presse accusent en retour les journalistes de résister à une flexibilité nécessaire du marché du travail et de tenter de s’accrocher à des privilèges dépassés  (12). »

Un refrain bien connu, même s’il est habituellement entonné contre des salariés par... des journalistes.
Pierre Rimbert.

http://www.monde-diplomatique.fr/2007/02/RIMBERT/14455

"Je sens en deux parti[e]s mon esprit divisé." (Pierre Corneille, Le Cid)
"Et en deux sous-parties" (Richard Descoings)

100

Re: Collusion presse - pouvoir

Oh mon Dieu, un journal est une entreprise comme un autre avec des objectifs de rentabilité où un actionnaire majoritaire peut décider de dégraisser pour accroître sa profitabilité!

So what?

A la limite prends plusieurs abonnements à Libé, ça les aidera à se redresser...