Topic: Questions stratégiques : Afrique(s)

Sujet consacré aux questions politiques, économiques et stratégiques liées au continent noir



En ce moment sur Europe 1, entretien de Pierre Péan sur son livre consacré au génocide rwandais. Ca m'a l'air fouillé et plutôt bien documenté. Met au jour de façon détaillée le rôle de Kagamé au sein de l'appareil de renseignement militaire ougandais et donc les pressions exercées sur Museweni pour soutenir une intervention FPR


Réécoute sur www.europe1.com

Last edited by CzardetouteslesRussie (07-01-2006 15:04:09)

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Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

Dans l'immonde également une interview du général Lafourcade qui pointe du doigt la volonté délibérée de certains dirigeants FPR dont Kagamé d'utiliser les exodes des populations rwandaises à des fins militaro-politiques.

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

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Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

Africa Is The Future

Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

C'est où l'Afrique ?

Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

Fabien, tu devrais aller y faire un tour sans produits stupéfiants, histoire de redescendre sur terre qq instants...

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

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Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

CzardetouteslesRussie a écrit:

Sujet consacré aux questions politiques, économiques et stratégiques liées au continent noir



En ce moment sur Europe 1, entretien de Pierre Péan sur son livre consacré au génocide rwandais. Ca m'a l'air fouillé et plutôt bien documenté. Met au jour de façon détaillée le rôle de Kagamé au sein de l'appareil de renseignement militaire ougandais et donc les pressions exercées sur Museweni pour soutenir une intervention FPR


Réécoute sur www.europe1.com

Tu devrais lire le papier de Jeune Afrique consacré au torchon de Péan, c'est assez bien foutu. ( dans un des numéros de décembre je crois )

Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

Péna n'écrit AUCUN torchon !

Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

Rien sur le site de Jeune Afrique.

Si tu peux me l'envoyer ou le publier ici...


Marrant que Péan, conscience du journalisme d'investigation quand il démonte les arcanes de TF1 ou les dérives du Monde, écrit "un torchon" dès lors qu'il s'agit de donner une vision moins manichéenne de la crise rwandaise.

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Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

j'essaierai de te le scanner et de le filer par mail.

mais si je me souviens bien ce n'est pas vraiment le fait qu'il revisite l'histoire du génocide et mette en avant les agissements sombres de Kagamé que l'article critique, mais plutôt la manière dont il a procédé pour mener son "enquête" : jamais allé au rwanda car "pays de menteurs", etc, jamais rencontré certains protagonistes comme justement kagamé car "refus de serrer la main à des salauds" bref assez bizarre comme démarche d'investigation, surtout pour un homme qui prétend vouloir briser les tabous, etc.

Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

(loggé c'est mieux, mansour=zyad)

"Lorsque j’étais enfant, à Beyrouth, le matin était rythmé de la manière suivante : quand j’entendais le muezzin faire la prière du matin, je savais qu’il me restait une heure et demi à dormir ; lorsque les cloches de l’église sonnaient, il me restait une demi-heure pour me préparer, si en passant devant la synagogue, les portes s’ouvraient : c’est que j’avais raté le bus de l’école" Antoine Sfeir

Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

Bon billet sur Econoclastes sur les conséquences de la "fuite des cerveaux africains" :
http://econoclaste.org.free.fr/dotclear … rain-drain

"Lorsque j’étais enfant, à Beyrouth, le matin était rythmé de la manière suivante : quand j’entendais le muezzin faire la prière du matin, je savais qu’il me restait une heure et demi à dormir ; lorsque les cloches de l’église sonnaient, il me restait une demi-heure pour me préparer, si en passant devant la synagogue, les portes s’ouvraient : c’est que j’avais raté le bus de l’école" Antoine Sfeir

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Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

tu es tres beau quand tu parles de l'afrique czardetouteslesrussie
meme quand tu parles pour ne rien dire tu es magnifique

Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

C'est ça le charisme petite, tu verras toi aussi, un jour, peut-être.

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Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

Czarette ton Czar!









Pardon, mais celle-là, fallait la faire.

"The best lack all convictions, while the worst
Are full of passionate intensity."  --WBY, The Second Coming

Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

Bon Czarette t'es mignone mais tu restes sur tes plate-bandes, et tu viens pas piétiner les miennes.

Le Czar est déjà pris.

j'hallucine !

"Excellence consists in doing ordinary things extroardinarily well."  -W. Goodyer.

Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

Bien, fb. Je m'étais pour ma part arrêtée à "arrête ton Czar".

Décidément, tu as toujours une longueur d'avance. Dès que Eev démissionne, je prends sa place d'addict.

Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

gustave a écrit:

Fabien, tu devrais aller y faire un tour sans produits stupéfiants, histoire de redescendre sur terre qq instants...

Ok, l'année prochaine je participe au Dakar !

So, where's the Cannes Film Festival being held this year?

Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

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Last edited by Fabien (18-01-2006 18:05:46)

So, where's the Cannes Film Festival being held this year?

Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

l'Immonde a écrit:

Le G8 s'inquiète du surendettement de l'Afrique et épingle la Chine

LEMONDE.FR avec AFP | 19.05.07 | 17h12  •  Mis à jour le 19.05.07 | 17h12 

Le développement économique de l'Afrique a été au centre des discussions au sommet du G8, réuni samedi 19 mai à Potsdam. Les huit pays les plus industrialisés se sont notamment inquiétés du processus de réendettement de certains pays ayant bénéficié d'un effacement de leur dette multilatérale auprès du FMI et de la Banque mondiale et ont appelé de leurs vœux la création d'une "charte internationale du prêt responsable" pour éviter les dérapages.

Désaccord sur les hedge funds
Le débat sur les hedge funds (fonds spéculatifs) a été l'autre grand thème de la réunion du G8, samedi. Mais l'Allemagne, qui déplore un manque de transparence dans ce secteur qui pèserait un peu plus de 1 400 milliards de dollars, n'est pas parvenue à imposer l'idée d'une nécessaire mise en place d'un code de bonne conduite. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, qui abritent l'essentiel de ces investisseurs financiers, ont défendu son autorégulation. M. Kimmitt a notamment jugé que les hedge funds jouaient un "rôle important" dans le bon fonctionnement des marchés financiers.

La responsabilité de la Chine, alléchée par les formidables ressources naturelles du continent, a été pointée du doigt. De façon implicite dans un communiqué où les ministres des finances du G8 ont indiqué chercher "à impliquer d'autres parties, dont le G20", un forum incluant pays riches et grandes économies émergentes, parmi lesquelles figure la Chine.

Et de façon tout à fait explicite, par la voix de l'Allemagne qui assure la présidence tournante du groupe. "Nous observons qu'il y a un intérêt grandissant de la Chine pour les ressources africaines", ce qui la conduit "à recommencer ce à quoi précisément nous voulions mettre un terme avec notre programme d'allègement de la dette, à savoir un surendettement des pays africains", a déclaré le ministre des finances Peer Steinbrück. "Cela ne correspond pas du tout aux critères que nous avons édictés", a-t-il encore souligné.

Les Occidentaux, qui ont promis il y a deux ans d'effacer 35 milliards de dollars de dette des pays les plus pauvres, s'irritent de voir la Chine investir massivement sur le continent noir et prêter généreusement des fonds, sans être trop regardant ni sur la capacité des pays à rembourser, ni sur la nature des régimes politiques. Au Soudan, la Chine est ainsi soupçonnée de fermer les yeux sur le rôle de Khartoum dans le génocide au Darfour pour pouvoir mieux profiter des ressources énergétiques du pays.

Le secrétaire adjoint au Trésor américain, Robert Kimmitt, a appelé à "maintenir un niveau d'endettement supportable dans les pays les plus pauvres", regrettant que la ligne de conduite de certains créanciers "particulièrement en Afrique, menace de réduire à néant les succès difficilement obtenus grâce aux récents programme d'allègement de la dette".

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Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

Suite (et fin, probablement) de la tentative de mise à jour des patrimoines, disons, "incertains", de certains des chefs d'Etat africains:

http://www.lemonde.fr/societe/article/2 … 224_1.html

Une Maybach "Bleu Côte d'azur", voilà une dépense publique judicieuse. Dont tout le monde peut profiter, d'ailleurs: pour ceux qui travaillent dans le 9ème elle est souvent garée avenue Matignon.

A gentleman is someone who can play the bagpipe and who does not.

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Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

En effet....

[b]Le patrimoine des chefs d'Etat africains en France(/b]
LE MONDE | 31.01.08 | 13h28  •  Mis à jour le 31.01.08 | 13h34

'est un monde enchanté où l'on vogue d'une villa de 9 pièces avec piscine à Nice à un hôtel particulier de l'Ouest parisien. Un univers surréaliste peuplé de Bugatti payées cash plus de 1 million d'euros. Un microcosme constellé d'une myriade de comptes bancaires. Oligarques russes? Rois du pétrole saoudiens? Stars d'Hollywood ? Non : chefs d'Etat africains producteurs de pétrole pour la plupart, mais dont les populations comptent parmi les plus pauvres de la planète.

Le fait que des dirigeants du continent noir investissent dans l'immobilier en France, qu'ils séjournent à Paris dans un luxe inouï, que leurs familles bénéficient de largesses financées dans la plus grande opacité n'est pas une révélation. Mais, cette fois, l'inventaire de ce patrimoine vertigineux n'est pas dressé par des militants tiers-mondistes en lutte contre la "Françafrique". Il se lit dans les 34 procès-verbaux rédigés entre juin et novembre 2007 par les policiers de l'Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF).

Cette enquête policière, dont Le Monde a pu prendre connaissance, a été ouverte par le parquet de Paris en juin 2007. Elle faisait suite à une plainte pour "recel de détournement d'argent public" déposée en mars par trois associations françaises, visant cinq chefs d'Etat : le Gabonais Omar Bongo Ondimba, le Congolais Denis Sassou Nguesso, le Burkinabé Blaise Compaoré, l'Angolais Eduardo Dos Santos, et le Guinéen Teodoro Obiang.

Au fil des centaines de pages du dossier se dessine une singulière carte du Paris africain, sorte de Monopoly où les présidents auraient jeté leur dévolu sur les artères les plus huppées. Foisonnant et cossu, le patrimoine immobilier est surtout localisé "dans des quartiers à forte valeur marchande, soulignent les policiers. Paris 16e, 8e et 7e arrondissements pour Omar Bongo et son épouse, Paris 16e et Neuilly-sur-Seine pour Jeff Bongo [un des fils d'Omar Bongo], Le Vésinet pour le frère de Denis Sassou Nguesso, Courbevoie pour Wilfrid Nguesso [neveu du président du Congo] ou Paris 16e pour Chantal Compaoré [épouse du président burkinabé]".

La découverte la plus spectaculaire se situe entre les Champs-Elysées et la plaine Monceau, dans le 8earrondissement de la capitale. Là, un hôtel particulier a été acquis le 15 juin 2007 pour la somme de 18,875 millions d'euros par une société civile immobilière (SCI). Celle-ci associe deux enfants du président gabonais, Omar Denis, 13 ans, et Yacine Queenie, 16ans, son épouse Edith, qui se trouve être la fille du président congolais Denis Sassou Nguesso, et un neveu de ce dernier, Edgar Nguesso, 40 ans.

Au total, sont répertoriés 33 biens (appartements, hôtel particulier et maisons) appartenant au Gabonais Omar Bongo ou à sa famille, et 18 autres dont le président congolais et ses proches sont propriétaires. Le patrimoine de loin le plus imposant concerne M.Bongo lui-même. Son nom est associé à pas moins de 17 propriétés immobilières, dont deux appartements avenue Foch (88 m2 et 210 m2) et un de 219 m2 lui aussi situé dans le 16e arrondissement. A Nice, une propriété "est constituée de deux appartements (170 m2 et 100 m2), trois maisons (67,215 m2 et 176 m2) et d'une piscine", précise le procès-verbal. "Un chef d'Etat, en fonctions depuis quarante ans dans un pays pétrolier et qui a des revenus officiels importants, peut économiser suffisamment d'argent pour acheter plusieurs appartements à Paris, explique Me François Meyer, avocat d'Omar Bongo et de sa famille. Surtout avec les prix très bas de l'immobilier pratiqués il y a vingt ou trente ans."

Selon les policiers, le président Bongo dispose de quatre adresses distinctes à Paris. Ali Bongo, qui est son fils et aussi son ministre de la défense depuis 1999, est également propriétaire avenue Foch tandis que son épouse Edith possède deux immenses logements dans le 7earrondissement, non loin de la tour Eiffel. De Nice à Neuilly-sur-Seine en passant – souvent – par le 16e arrondissement parisien, l'enquête recense aussi les propriétés de Jean Ping, ex-gendre d'Omar Bongo et actuel ministre des affaires étrangères, et d'autres fils du président gabonais comme Omar-Denis junior et Jeff, ainsi que de filles comme Audrey, Yacine Queenie, ou petite-fille comme Nesta Shakita.

En comparaison de ce petit empire immobilier, les autres chefs d'Etat visés apparaissent comme de petits propriétaires. Discret, le président congolais Denis Sassou Nguesso ne fait qu'"utiliser", selon les policiers, la Villa Suzette du Vésinet (Yvelines). Cette coquette demeure de 485 m2 était juridiquement la propriété de son frère Valentin, jusqu'à ce que, quelques semaines avant le décès de ce dernier à la fin 2004, elle soit cédée à une société de droit luxembourgeois aux actionnaires anonymes.

Les enquêteurs ont également répertorié un appartement de 9 pièces acheté à Paris (17e) en 2007 pour 2470000 euros par l'épouse du président congolais Antoinette Sassou Nguesso. Ils mentionnent aussi le logement de 10 pièces à 1 600 000 euros acquis en 2005 à Paris par leur fils Denis Christel, ainsi que l'hôtel particulier de 7 pièces avec piscine intérieure à Neuilly-sur-Seine acheté 3,15 millions d'euros en 2006 par Julienne, leur fille cadette.

Les mêmes policiers n'ont découvert aucun bien immobilier appartenant au président angolais Dos Santos ni au Burkinabé Blaise Compaoré. Seule la déclaration d'impôt sur la fortune de Chantal, l'épouse de ce dernier, a montré qu'elle possède deux biens immobiliers à titre personnel dans le 16e arrondissement. Dans le même quartier, le président guinéen Teodoro Obiang est propriétaire d'un appartement. Epluchant les fichiers fiscaux et bancaires, les enquêteurs de l'OCRGDF ont non seulement dressé la liste des biens immobiliers, mais aussi des comptes bancaires accueillant en France les avoirs de dirigeants africains et de leur famille.

Ainsi, Edgar Nguesso ne possède pas moins de 12 comptes dont 7 courants. Mais aucun n'apparaît au nom de son oncle, le président du Congo. Son homologue gabonais, lui, est titulaire de 11 comptes ouverts à Paris, Nice ou Créteil dont 6 comptes courants.

Dans leur élan, visiblement ébahis par leurs découvertes, les policiers ont étendu leurs investigations au domaine des voitures de luxe, qui n'était pas explicitement visé par la plainte. Chez les concessionnaires Mercedes, Bugatti ou Aston Martin, ils ont retrouvé ce qu'ils n'avaient pas obtenu pour les appartements : les chèques et les virements ayant servi aux paiements.

"Le financement de certains véhicules apparaît pour le moins atypique", notent les enquêteurs, maniant l'euphémisme à propos de "ce parc automobile conséquent". Les deux Ferrari acquises pour près de 400 000 euros par Ali Bongo, la Maybach à 424 477 euros d'Edith Bongo, les trois Bugatti à 1 million d'euros pièce fabriquées spécialement pour Teodoro Nguema Obiang, le fils du président de Guinée équatoriale, ont été payés au moyen de chèques tirés par des sociétés au profil opaque.

De même, notent les policiers, Wilfrid Nguesso, neveu du président congolais, "règle le solde d'achat d'un véhicule Aston Martin type DB9 par un virement émis par Matsip Consulting", une société de droit luxembourgeois aux associés inconnus qui apparaît également comme propriétaire de la Villa Suzette du Vésinet.

Le fils du président de la Guinée équatoriale a, lui, acheté au total en France "une quinzaine de véhicules pour un montant estimé de plus de 5,7 millions d'euros", acquittés là encore par des virements de sociétés intermédiaires. Son nom, Teodoro Nguema Obiang, a été cité en 2004 dans un rapport du Sénat américain sur les transactions suspectes couvertes par la Riggs Bank qui, à Washington, gérait alors plus de 60comptes au nom des responsables de ce petit Etat pétrolier et de leur famille.

En fait de "financement atypique", les enquêteurs français se sont vivement intéressés au chèque de 390 795 euros tiré en février 2004 par la "paierie du Gabon en France" pour régler la "Maybach 57" (une marque allemande concurrente de Rolls-Royce) de couleur "bleu Côte d'Azur" destinée à "Madame la Présidente Edith-Lucie Bongo-Ondimba". A en croire ce chèque, dont la copie figure au dossier, l'argent public gabonais financerait le véhicule de grand luxe de la première dame du pays, qui n'a pourtant aucune fonction officielle.

Le même compte de la "paierie du Gabon" ouvert à la Banque de France et utilisé pour régler les frais de fonctionnement de l'ambassade à Paris a servi à financer la moitié d'une Mercedes à 75858euros dotée d'un "toit ouvrant panoramique" achetée en septembre 2006 à Paris par Pascaline Bongo, la fille du président, qui est aussi sa directrice de cabinet. Curieusement, le reliquat de 41 370 euros a été acquitté par un chèque signé de Me François Meyer, avocat du président Bongo. "Cela peut étonner, admet Me Meyer. Mais je peux faire des cadeaux à la fille du président Bongo, que je connais depuis vingt ans." D'où vient l'argent? Au vu de ce somptueux état des patrimoines, la question de l'origine des fonds s'impose. L'apparente disproportion entre la richesse immobilière accumulée et les revenus publics des propriétaires aurait pu suggérer de poursuivre des investigations dans les comptes bancaires ayant permis pareilles transactions.

Le salaire mensuel officiellement versé par l'Etat gabonais au président Bongo ne se limite-t-il pas à 14 940 euros, selon l'hebdomadaire Jeune Afrique? Celui du président Sassou Nguesso n'est-il pas de 30 000 euros, comme l'indiquent d'autres sources? Quant à Teodoro Obiang, ministre de l'agriculture et des forêts de son père, ne perçoit-il pas officiellement 5 000 dollars (3 400euros) par mois, d'après des sources américaines? Des investigations plus approfondies auraient dépassé le cadre de l'enquête préliminaire de police. Elles supposeraient l'ouverture d'une information judiciaire et la désignation d'un juge d'instruction. Une telle perspective a été écartée par la décision de classement, notifiée le 15 novembre par le parquet de Paris. Mais le dossier pourrait être rouvert si les associations parvenaient à déposer une nouvelle plainte, assortie cette fois d'une constitution de partie civile, comme elles en nourrissent le projet. Cette formule conduit automatiquement à la désignation d'un juge d'instruction, à condition que les plaignants prouvent leur "intérêt à agir".

Même si un juge d'instruction était désigné, de sérieux obstacles surgiraient immédiatement sur sa route. Outre l'immunité dont peuvent se prévaloir des chefs d'Etat en exercice – mais pas leurs familles –, la difficulté résiderait dans la mise au jour des opérations à l'origine d'éventuels détournements. Il faudrait enquêter en Afrique, où des infractions auraient été commises, notamment dans les comptes publics. "La preuve que l'argent public a financé des dépenses privées se trouve dans le pays que contrôle précisément… le bénéficiaire", résume un spécialiste du dossier.

Trois des cinq régimes concernés bénéficient du soutien indéfectible de Paris. Cet appui, renouvelé récemment par Nicolas Sarkozy, ne devrait pas fondamentalement être remis en cause par la récente sortie de Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat à la coopération, contre le "gaspillage des fonds publics" par certains Etats africains. Or une enquête destinée à faire la lumière sur d'éventuels "biens mal acquis" déborde rapidement les normes policières ou judiciaires. Elle suppose une véritable mise à nu de la relation franco-africaine.

Philippe Bernard

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Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

Comment expliqeur cette Françafrique absolument lamentable??

Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

http://fr.wrs.yahoo.com/_ylt=AuSJQjygnATxDJrBZLlBvEtuAQx./SIG=11gt1mhv0/**http%3A//www.ucc.ie/french/access/tintin3.gif

Les femmes : bulles de savon ; l'argent : bulles de savon ; la renommée : bulles de savon. Les reflets sur les bulles de savon sont le monde dans lequel nous vivons.

Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

lemonde.fr a écrit:

Charles Taylor poussait ses hommes à pratiquer le cannibalisme

Joseph Marzah, dit "Zigzag", ne sait ni lire ni écrire. Mais Zigzag sait tuer. Et il l'a fait sur ordre de Charles Taylor, ancien chef de guerre élu président du Liberia en 1997, jugé par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (SCSL), pour des crimes contre l'humanité commis durant la guerre en Sierra Leone (1991-2002).


Jeudi 13 mars, Zigzag, ex-commandant d'un escadron de la mort de Charles Taylor, a raconté à la barre des témoins que l'ancien président libérien "nous a dit que nous pouvions même manger les Blancs des Nations unies, il disait que nous pouvions les utiliser comme des porcs, et les manger". Pendant la guerre, ajoute-t-il, les "ennemis" étaient promis au même sort.

L'avocat de Charles Taylor, Courtenay Griffiths, interroge : "Les avez-vous cuisinés ?" Le témoin, présenté par l'accusation, répond : "Oui, j'ai participé." Nouvelle question : "Et comment prépare-t-on un être humain ?" "Nous coupons la gorge, ensuite, nous jetons la tête et les intestins. Après, nous mettons la chair dans une casserole et nous faisons cuire. Charles Taylor le sait (...). Il nous a dit que nous pouvions les manger. Mais je ne pouvais pas les manger cru, nous avons fait un barbecue, avec du sel et du poivre."

Joseph Marzah dit avoir tué une centaine de personnes, au cours d'une guerre déclenchée fin 1989 au Liberia avant de s'étendre à la Sierra Leone. Selon le témoin, Charles Taylor comptait s'emparer "de trois, voire quatre pays" : le Liberia, la Sierra Leone, la Guinée, la Côte d'Ivoire. Devant le tribunal spécial, qui siège à La Haye, l'ex-chef d'Etat, renversé à Monrovia en 2003, répond des seuls crimes commis en Sierra Leone.

Visage émacié, Joseph Marzah, père de 24 enfants, accompagne de gestes son récit sur la terreur infligée aux civils. "Quand une personne est exécutée, vous utilisez l'intestin comme une corde. Vous prenez la tête, vous la mettez sur un bâton au poste de contrôle, la face vers le terrain de bataille. L'intestin est long. Parfois, vous utilisez deux intestins. Vous retirez la merde et vous les liez ensemble pour les attacher en travers de la route", explique-t-il.

"Comment tue-t-on les bébés ?", demande Me Griffiths. "Ce n'est pas difficile", enchaîne le témoin. "Vous les cognez contre le mur et après, vous les jetez dans un trou ou à la rivière. Ensuite, vous faites rapport à Charles Taylor." "Etes-vous sadique ?", demande l'avocat. "Je servais mon chef, Charles Taylor", rétorque-t-il.

"PROTÉGER MA FAMILLE"

Les ordres du chef de guerre portaient aussi sur la livraison d'armes aux rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF) en Sierra Leone et sur le trafic de diamants. "Quelquefois, nous prenions les armes à White Flower [la résidence présidentielle de Charles Taylor] ou d'un avion russe (...). Nous les amenions directement en Sierra Leone." Là où il reconnaît avoir tué et mangé ses victimes. Il ne pouvait faire autrement, se défend-t-il, "il fallait protéger ma famille et mes biens".

Les juges ont refusé l'audition du témoin à huis clos, malgré ses demandes de protection. Joseph Marzah n'est pas poursuivi pour ses crimes, le tribunal spécial, créé par les Nations unies en 2002, n'est habilité qu'à poursuivre les commanditaires, pas les complices. Au Liberia, en revanche, une commission Vérité, créée le 8 janvier 2008, se penche sur les crimes commis pendant la guerre civile.

Quand la barbarie est sans limite...Les témoignages à charge s'accumulent contre Charles Taylor, si la justice internationale fait correctement son travail, on ne devrait pas le revoir de sitôt.
Rien qu'en lisant cet article et en imaginant ce que cet homme a commandité, je me sens mal.

Last edited by gabi (14-03-2008 22:08:12)

Laissez dire les sots, le savoir a son prix (Jean de la Fontaine)

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Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

Bono a trouvé la solution pour mettre un terme aux conflits en Afrique:

Le Monde a écrit:

Bono rêve des Etats-Unis d'Afrique (presse)

Le rocker et militant Bono a confié rêver de la création d'Etats-Unis d'Afrique, qui serait pour lui la meilleure façon de régler les conflits du continent, dans une interview à un quotidien japonais.

Le chanteur du groupe irlandais U2 a participé la semaine passée à la conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (Ticad) et, dans une interview publiée mardi par l'Asashi Shimbun, il estime que la création d'Etats-Unis d'Afrique "serait un rêve".

"Je pense qu'une identité africaine plus large serait importante pour réduire les tensions tribales", a-t-il déclaré.

Bono reconnaît que l'idée de constituer une identité à l'échelle du continent peut sembler "poétique", mais souligne que ce type de démarche a déjà été couronné de succès par le passé.

"Les Irlandais ne peuvent pas s'empêcher de rire quand ils voient les Américains saluer leur drapeau à l'école", note-t-il.

"Mais quand vous connaissez un peu mieux le sujet, vous commencez à comprendre qu'il y a tellement de tribus aux Etats-Unis que, pour créer une identité nationale à cette échelle, ils ont vraiment dû adopter cette forme de patriotisme", explique Bono.

Une Union africaine (UA) réunissant les 53 pays du continent a été créée en 2002 en s'inspirant de l'Union européenne. Mais l'organisme a été critiqué pour n'avoir pu s'imposer dans certains points chauds de l'Afrique, à cause d'un manque de fonds et de volonté politique.

L'UA est intervenue en 2004 au Darfour, une région de l'ouest du Soudan ravagée par la guerre, mais a cédé la direction des opérations de maintien de la paix à l'ONU.

Une opération militaire soutenue par l'UA a toutefois chassé en mars l'ex-président de l'île d'Anjouan (Union des Comores), dont la réélection en juin 2007 avait été jugée illégale par l'Union des Comores et l'UA.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

Dossier brulant et multifacette que celui de l'émission d'un mandat d'arrêt par la CPI pour crime de guerre et crime de l'humanité à l'encontre d'Omar El Bechir, le président Soudanais, pour les massacres du Darfour.

Un article de Courrier Internationale qui pose bien les bases de l'analyse :
http://www.monde-diplomatique.fr/carnet … -05-Soudan

Les réactions : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualit … tre_o.html

celle de Bechir : http://www.french.xinhuanet.com/french/ … 831414.htm

Réunion de l'ONU sur le sujet : http://www.lejdd.fr/cmc/scanner/interna … 92388.html

Les conséquences pour les ONG et le peuple soudanais : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2 … _3212.html

http://www.lemonde.fr/international/art … _3210.htmlHum...

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=52556Comparaison Bechir / Bush

Si la CPI parvient in fine a juger normalement Omar El-BEchir, elle pourraît otenir un seuil de légitimité pour poursuivre toutes formes de dictateurs ou d'hommes ayant transgressé de façon grave les règles du droit international en temps de guerre. Reste à franchir le cap du contrôle de ces Institutions (ne serait-ce qu'en terme de moyens) par les Etats, car de mon point de vue, la guerre en Irak est une guerre illégale qui serait passible de poursuites de ses instigateurs, et notamment ceux qui ont à desseins menti sur les armes de destruction massive. On peut toujours rêver à la lecture de la loi américaine AFPA et tous les accords bilatéraux qui permettent d'empêcher la CPI de poursuivre tout citoyen américain...

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

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Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

En résumé, la CPI entend se faire la main sur un petit despote local mais s'incline devant le bras d'honneur de pays plus présentables ? Justement, la CPI bénéficiera d'un semblant de légitimité à condition d'être en mesure de juger les crimes de chacun, du petit potentat africain au leader d'une puissance majeure. Ce mandat lancé contre El Béchir n'est jamais qu'un nouvel aveu d'impuissance et de deux poids deux mesures. En effet, faut-il le rappeler, le droit (directus) est, étymologiquement parlant, ce qui reste "droit" indépendamment des personnes et des circonstances. En l'espèce, cette propriété n'est pas vérifiée : la CPI n'est donc encore qu'une farce institutionnelle à la crédibilité zéro, aux statuts imprécis et à la légitimité inexistante.

Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

Hubert Védrine
"Pas de puissance supérieure aux Etats"
Par Vincent Hugeux, publié le 12/03/2009 08:05 - mis à jour le 12/03/2009 08:20

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REUTERS/Zohra Bensemra

Le président soudanais Omar el-Béchir parade dans Al Fasher, au nord du Darfour le 8 mars 2009, peu après que la CPI eut lancé un mandat d'arrêt international contre lui pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre au Darfour.

A la lumière de la crise soudanaise, l'ancien ministre des Affaires étrangères souligne les limites de la justice internationale.

Le 8 mars, quatre jours après l'émission à son encontre d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, le président soudanais, Omar el-Béchir, est allé parader au Darfour même, théâtre des méfaits de son régime. Déjà, 13 agences humanitaires, dont dépend la survie de plus de 1 million de civils déplacés, ont été expulsées du pays. A présent, le procureur de la CPI, Luis Moreno Ocampo, envisage d'enquêter sur les exactions commises par Israël lors de l'offensive récente sur Gaza (1 300 Palestiniens tués). Ancien ministre des Affaires étrangères, Hubert Védrine livre ici son analyse.

Jugez-vous la décision de la Cour pénale internationale légale, légitime et opportune?

Légale, oui, dans la mesure où la CPI a été créée par un traité international. Légale, à coup sûr, quand la Cour prétend agir envers des Etats qui sont parties audit traité. C'est plus contestable pour ceux qui ne le sont pas, tel le Soudan. Au passage, des pays aussi importants que la Russie, la Chine, les Etats-Unis ou Israël n'ont pas davantage adhéré à la CPI. Légitime? Aux yeux des signataires du traité, certainement. Pour les autres, cette légitimité est controversée. Voyez les réactions de Moscou, de Pékin, de l'Union africaine ou de la Ligue arabe: les trois cinquièmes de l'humanité, en termes de population, ont rejeté ou critiqué le mandat d'arrêt. Les pays occidentaux considèrent, à tort, qu'ils parlent au nom de la communauté internationale. Opportune? La question est tellement sérieuse que, durant les négociations sur le statut de la CPI, plusieurs pays ont obtenu que le Conseil de sécurité des Nations unies puisse suspendre une procédure engagée, dès lors qu'elle entraverait la recherche de la paix. C'est dire qu'il peut y avoir contradiction entre la lutte contre l'impunité et la résolution d'un conflit. Espérons néanmoins que cette décision sera utile.

S'agissant du Darfour, les effets pervers du mandat d'arrêt - pour les civils, pour la paix au Sud-Soudan, voire la stabilité du Tchad - l'emportent-ils sur les bénéfices?

A l'instant T, j'y vois plus d'inconvénients que d'avantages. Au moment où Obama entreprend de reconstruire une politique étrangère sur les décombres légués par George W. Bush, on court le risque de réactiver un clivage de type Occident-reste du monde, dont il est urgent de s'affranchir.

Voyez-vous dans la riposte d'el-Béchir un calcul ou une indignation sincère?

C'est à l'évidence un mélange des deux. J'observe toutefois que la posture de Khartoum est extrêmement populaire en Afrique et dans le monde arabe. Nous, Européens, ne pouvons échapper à l'Histoire. Beaucoup de nos choix, y compris les mieux fondés, sont lus au travers du prisme des quatre siècles écoulés.

Quel regard portez-vous sur la position de la France, souvent jugée tiède?

Je ne suis pas choqué que Paris ait choisi d'explorer la voie politique et persiste à la privilégier. Sur ce dossier, j'ai été heureusement surpris de voir la diplomatie française s'éloigner de la ligne Bush.

L'existence d'une CPI dépourvue de tout instrument coercitif a-t-elle un sens?

C'est bien la preuve qu'en droit international il n'y a pas de puissance supérieure aux Etats. Il suffit pour s'en convaincre de consulter la longue liste des résolutions de l'ONU demeurées lettre morte. Au nom de quoi enverrait-on un corps expéditionnaire arrêter tel ou tel président d'un pays souverain? Ce serait, pour le coup, un retour à l'époque coloniale. Voilà qui doit inviter à la prudence les partisans sincères d'une justice internationale, que je respecte. Quand on dressera le bilan des cours et autres tribunaux dans dix ou vingt ans, il n'est pas exclu que le désenchantement prévale.

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/ … 46180.html

« Nous avons refusé ce que voulait en nous la bête, et nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase. » (André Malraux; Les Voix du silence, 1951)

Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

Madagascar, le conflit des chaînes de télé

Mais qui est M. Rajoelina ?

Aujourd'hui, les Révolutionnaires malgaches menés par Andry Rajoelina se sont emparées du pouvoir à Antananarive.

Les affrontements ont commencé lorsque le pouvoir de M. Ravalomana (lui même impliqué dans d'autres chaines de télés) a voulu fermer la chaine de télévision de M. Rajoelina. S'ensuivirent deux mois de conflit sociaux et de rassemblements autour des personnalités, avec diverses péripéties dont l'envoi de mercenaires par le Président pour faire cesser l'émission de la chaine, ou la destitution de son poste de Maire, qui se sont ensuivis de gros troubles à l'ordre public. L'armée a préféré soutenir la partie qui lui était resté fidèle durant les troubles.

Le leader du mouvement, Maire d'Antananarive, a 34 ans, est un ancien Disque Jockey, organisateur de soirées, qui s'est étendu dans le business de l'impression et des panneaux publicitaires, puis dans la télévision et la radio.

C'est donc un "maîtriseur de la société du spectacle", qui a habilement utilisé l'ensemble des vecteurs de communication pour ses campagnes électorales et son ascension politique, locale d'abord, puis nationale.

Son discours depuis sa prise de pouvoir, est très légaliste, révolutionnaire, libérale politiquement et certainement économiquement. Avec sa bouille de petit garçon, il peut cultiver une image bon enfant fort sympathique et apparemment candide, ce qu'accentue ses petit défauts dentaires.

La France est restée neutre dans cette affaire interne, démontrant que les vieux réflexes françafricains se sont très largement atténués au fil du temps (les problèmes de M. Bongo en France en sont une autre illustration).

Son programme est simple, tel qu'il l'exprime sur LCI : rendre la souveraineté au peuple et évincer un Président qui veut évoluer vers une dictature. Il reprend des formules robespierriennes ("circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles"). Assurément, on peut parler de révolution, notamment parce qu'il y a clairement substitution de régime, de conscience de pouvoir, et ce notamment où la structure du pouvoir est très personnalisée à Madagascar, comme beaucoup d'autres pays.

L'armée l'a suivi, probablement parce qu'elle pense qu'elle pourra maitriser le jeune plus facilement, à quoi s'ajoutent un certain nombre de de conflits avec le Président Ravalomanana, classique en Afrique, lorsque le régime est récent (ce qui est le cas pour Ravalomanana, élu en 2006), comme l'a montré le coup d'Etat purement militaire celui-là, de Mauritanie.

Alors, "Slumdog Président" ce M. Rajoelina ? Véritable révolutionnaire efficace et démocratique ou Berlusconi malgache qui sait mieux que les autres cacher ses atouts et ses stratégies ?

Ce qui est sur, c'est que sa popularité est à son comble à Madagarscar, puisque toutes les couches sociales sont majoritairement favorables à ce qui est vécu comme un nouveau souffle qui apportera la démocratie.

Les élections présidentielles auront lieu d'ici 24 mois.

"Sapere aude, aie le courage de te servir de ton propre entendement."(E. Kant)
"Le secret douloureux des Dieux et des Rois, c'est que les hommes sont libres" (Jupiter à Egisthe in Les Mouches de Sartre)

Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

Quelques questions/réponses au sujet de la CPI:

Pourquoi toutes les affaires du procureur de la CPI (Cour Pénale Internationale) sont-elles situées en Afrique ? L'Occident essaie-t-il d'imposer sa justice à l'Afrique ?

La CPI, créée pour exiger des comptes pour les crimes les plus graves dans le monde, a en ce moment des situations en cours d'investigation dans quatre pays : la République Centrafricaine, la République démocratique du Congo, l'Ouganda et la région du Darfour au Soudan. Le bureau du procureur, de sa propre initiative, envisage aussi d'éventuelles investigations en Afghanistan, en Colombie et en Géorgie.

Le fait que l'attention de la Cour porte actuellement exclusivement sur l'Afrique a suscité des critiques de la part de certains Etats africains et d'observateurs de la CPI, selon lesquels le continent serait la principale cible de la Cour. Toutefois, un certain nombre de facteurs objectifs vont à l'encontre de ces accusations, à savoir :

Trois des quatre situations nationales sur lesquelles enquête la CPI ont été référées par les pays concernés, tandis que la quatrième situation, le Darfour, a été référée à la Cour par le Conseil de sécurité de l'ONU;
La CPI ne peut enquêter que sur les crimes commis après le 1erjuillet 2002, ce qui signifie que beaucoup de situations sont exclues de la compétence de la Cour;
Afin de mandater l'intervention de la CPI, les crimes commis après le 1erjuillet2002 doivent encore être suffisamment graves (en termes du nombre de victimes, par exemple), et les autorités nationales doivent démontrer qu'elles sont soit incapables soit peu désireuses d'y répondre.
En fait, 22 pays africains étaient parmi les pays fondateurs qui ont ratifié le Statut de Rome. Sur les 108 Etats aujourd'hui parties à la CPI, trente sont des pays d'Afrique. Chacun d'eux a volontairement démontré son engagement envers cette institution. La CPI, à son tour, œuvre pour rendre justice aux victimes africaines innombrables qui ont subi des crimes innommables.

Un certain nombre de pays, dont les Etats-Unis, ne relève pas automatiquement de la compétence de la CPI, parce qu'ils ne sont pas devenus des Etats parties au Statut de Rome. Il est aussi possible pour un pays qui n'est pas un Etat partie au Statut de Rome de soumettre volontairement des crimes commis sur son territoire à la compétence de la CPI.

Pourquoi le procureur de la CPI enquête-t-il sur le Président el-Béchir et non sur les crimes contre les civils commis par les forces israéliennes et palestiniennes à Gaza?

La CPI est compétente pour les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et de génocide commis après le 1er juillet 2002, et seulement si au moins l'une des premières conditions suivantes est remplie :

- Les crimes ont eu lieu sur le territoire d'un Etat partie au Statut de Rome ;
- La personne accusée des crimes est citoyenne d'un pays qui est un Etat partie au Statut de Rome ;
- Un Etat qui n'est pas partie au Statut de Rome accepte la compétence de la CPI pour le crime en question en faisant une déclaration et en la déposant auprès du greffe de la CPI ; ou
- Le Conseil de sécurité de l'ONU défère la situation au procureur de la CPI.

Du fait qu'Israël n'est pas un Etat partie au Statut de Rome, pour que la CPI commence une enquête il faudrait que soit le Conseil de sécurité des Nations unies défère la situation au procureur de la CPI (comme il l'a fait pour le Darfour), soit que l'Etat où les crimes ont eu lieu (ou l'Etat dont les citoyens sont accusés d'avoir commis les crimes) accepte la compétence de la cour. L'Autorité palestinienne a convenu d'accepter la compétence de la cour pour les crimes commis à Gaza. Le procureur s'interroge actuellement quant à savoir si l'Autorité palestinienne constitue un Etat au regard du droit international et peut donc accepter la compétence de la CPI pour les crimes commis à Gaza.

Human Rights Watch a appelé à une enquête internationale impartiale sur les violations des lois de la guerre par toutes les parties à Gaza, comme premier pas pour garantir que des comptes seront rendus pour les crimes qui y auraient été commis.

N'y a-t-il pas deux poids deux mesures quand il s'agit de justice internationale, les poursuites internationales n'étant exercées que dans des Etats de moindre influence politique ?

Les auteurs de graves violations du droit international devraient rendre des comptes quelle que soit leur nationalité. Néanmoins, l'application de la justice internationale a été inégale. Des Etats, agissant souvent au travers du Conseil de sécurité de l'ONU, ont décidé quand établir -ou pas- des tribunaux pénaux internationaux et quels seraient leurs mandats. Des considérations politiques ont joué un rôle, et les institutions créées n'ont pas couvert tous les crimes graves qui ont été commis. En dépit de cette sélectivité, les tribunaux ad hoc ont contribué à établir l'exigence de rendre des comptes au moins en ce qui concerne les conflits compris dans leur mandat. Il est crucial d'étendre cette exigence de rendre des comptes pour les pires crimes partout où ils se produisent. La CPI, établie par un traité multilatéral plutôt que par une résolution du Conseil de sécurité, réalise cette exigence dans une certaine mesure, mais il y a des limites à sa compétence. Il est important que davantage d'Etats ratifient le traité afin d'étendre la portée de sa compétence.
http://www.hrw.org/fr/news/2009/03/04/q … nais-el-b-

ONU: réaction de M. D'Escoto (Président de l'Assemblée générale) quant à la décision de la CPI

(...)
Il a également jugé « regrettable » la décision de la Cour pénale internationale (CPI) d'émettre un mandat d'arrêt à l'encontre du président du Soudan, Omar Hassan Al-Bachir, et a estimé que c'est une décision qui « met à mal l'idée d'une justice internationale impartiale ». Cette décision est d'autant plus regrettable, a-t-il insisté, que deux semaines avant qu'elle ne soit prise, une délégation conjointe de l'Union africaine et de la Ligue arabe s'était rendue aux Nations Unies pour plaider en faveur d'« une chance pour la paix », en expliquant que le président Al-Bachir avait initié des « discussions prometteuses » avec le chef du plus grand groupe rebelle du Darfour.(...)
http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.as … =assemblée

Quand on post on raconte pas sa vie.

Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

Comparaison intéressante des évenements malgaches avec une fiction française :

Imaginons. Première partie.



Imaginons que le maire de Paris, Bertrand Delanoë, soit très populaire. Qu’après le congrès de Reims, en automne dernier, et avec la crise sociale et économique, il devienne un véritable recours. En quelques sortes, l’homme providentiel comme il y en a peu dans un siècle.

Et imaginons que parallèlement, le Président de la République française, Nicolas Sarkozy, se soit complètement effondré dans les sondages. Qu’on le rende responsable de la crise, de la pauvreté, de la précarité, des mauvais soins, de la malnutrition. Et imaginons aussi qu’on lui reproche son népotisme, son amitié pour les riches, son intérêt personnel dans toutes les affaires financières du pays, ses liens avec des grands groupes privés étrangers.


Plantons encore le décor

Le gouvernement de François Fillon, soutenu par une très large majorité parlementaire UMP à l’Assemblée Nationale et au Sénat, n’avait cependant pas trop d’inquiétude pour le Président de la République. Élu jusqu’en mai 2012, Nicolas Sarkozy avait de toute façon encore le pouvoir pour les prochaines années et comptait sur quelques divines surprises de l’actualité pour se refaire une popularité.

Quant au Conseil Constitutionnel, présidé par un fidèle de l’ancien Président de la République Jacques Chirac, Jean-Louis Debré, même s’il se méfiait de Nicolas Sarkozy, il lui restait complètement acquis.

La popularité de Bertrand Delanoë n’était pas nouvelle mais elle devenait désormais …géante. Grâce à quelques tours de passe-passe financier avec l’une de ses entreprises, il avait réussi d’ailleurs à s’emparer de la chaîne de télévision M6 ainsi que de la station de radio Europe 1, deux médias essentiels pour progresser vers le pouvoir suprême grâce à leur forte audience.

Heureusement pour Nicolas Sarkozy, la chaîne de télévision TF1 et la station de radio RTL lui restaient acquises malgré son impopularité, notamment grâce à ses réseaux très étoffés au sein des grands patrons. Et il pouvait aussi se reposer sur l’audiovisuel public avec France Télévisions et Radio France dont il avait la maîtrise de la direction.


La mairie tremplin

Le maire de Paris Bertrand Delanoë avait vite compris que ses fonctions avaient plus d’importance politique que ne le laissaient prévoir ses attributions. Ce n’est pas pour rien que le gouvernement de la République avait refusé pendant plus d’un siècle de République de faire exister ce poste qui mettait en danger la sécurité du pouvoir en place dans capitale.

Ce fut le Président Valéry Giscard d’Estaing qui recréa cette fonction politique essentielle et malheureusement pour lui, il la perdit dès la première élection, en mars 1977, au bénéficie de son ancien Premier Ministre Jacques Chirac devenu un de ses farouches adversaires. Ce dernier, grâce à cette mairie, après bien des vicissitudes, près de deux décennies plus tard, parvint à devenir lui-même Président de la République.

Bertrand Delanoë n’a pas oublié cette histoire ni le fait aussi que recevoir tous les grands hôtes de marque, tous les chefs d’État et de gouvernement, le mettait à égalité avec Nicolas Sarkozy sur le plan international.

Et puis, son ambition dévorante et sa soif de pouvoir, alliées à un certain sens de l’ego, permettait à Bertrand Delanoë d’être lui-même convaincu que son tour venait et qu’il était effectivement bien l’homme de la situation.


Un appel aux armes

Tout commença quand sa télévision M6 retransmit une interview en direct de l’ancien Premier Ministre Lionel Jospin.

Bertrand Delanoë s’était bien gardé de montrer son amitié et sa fidélité pour Lionel Jospin car Jospin était, dans ce pays si volatile, encore plus impopulaire que Nicolas Sarkozy.

On reprochait à Lionel Jospin tout et son contraire, mais l’unanimité se faisait sur son ego détestable (mais quel homme de pouvoir n’aurait-il donc pas d’ego détestable ?). On lui reprochait tout à la fois d’être un trotskiste masqué représentant les intérêts d’une Union soviétique déchue et d’être à l’origine de la privatisation d’EDF, des délocalisations, d’avoir favorisé le grand capital international. Il était tellement haï par les Français qu’il avait préféré se réfugier aux États-Unis (les États-Unis, pour une raison historique obscure qu’il serait trop long à expliquer ici, avaient annexé entre temps l’Île de Ré).

Or, dans cet entretien télévisé en direct, Lionel Jospin demandait de son exil aux Français de sortir dans la rue les armes à la main et de renverser le pouvoir UMP par tous les moyens. Un appel à l’insurrection illégal qui, heureusement, n’était passé sur aucun autre chaîne de télévision.

M6, qui avait été mis sur le fait accompli par Lionel Jospin en raison du direct, a cependant voulu persévérer en annonçant que son service des programmes rediffuserait l’interview dans son intégralité.

Nicolas Sarkozy, aidé de Christine Albanel, la Ministre de la Culture et de la Communication, a alors décidé l’irréparable : interdire de diffusion M6.

Heureusement pour Bertrand Delanoë, Europe 1 pouvait encore diffuser et ne se privait plus à demander à ses auditeurs de se rassembler pour défendre la démocratie et la liberté d’expression.

Comme à chaque nouvel an, Nicolas Sarkozy avait cependant invité Bertrand Delanoë à assister à ses vœux. Un moyen, selon lui, de renouer le dialogue. Mais ce dernier, loin de vouloir y assister, mit en demeure le Président de la République de rouvrir M6 avant la veille de ces vœux.

N’aimant pas être soumis à ultimatum, Nicolas Sarkozy n’obtempéra pas. Et ce fut le début de la crise.


Des foules de plus en plus nombreuses

Le premier week-end qui suivait, en décidant que la place de la Nation s’appellerait désormais la place de la Démocratie, Bertrand Delanoë voulait montrer au pouvoir sa grande capacité à mobiliser les foules. Et les parisiens l’ont aidé : ils venaient en masse le soutenir. Mais la place n’était plus assez grande.

Alors il changea de lieu ; à chaque nouveau rassemblement, essentiellement le week-end, Bertrand Delanoë faisait le plein des foules à la place de la République. Une masse noire de Français, venus parfois de loin, sans le sou mais avides de reprendre un peu de pouvoir face à la logique financière internationale.

Au bout de quinze jours, la situation était franchement mauvaise pour l’UMP qui était paralysée et ne réagissait plus. Nicolas Sarkozy décida d’envoyer la troupe à la fois vers Europe 1 (en plein Paris) et à Radio France (à l’ouest de Paris) pour fermer l’antenne révolutionnaire et protéger la radio nationale.

C’est là que tout dégénéra…

On en arriva à des faits d’une extrême gravité. D’un côté, un Président impopulaire qui campait sur sa légitimité constitutionnelle, Nicolas Sarkozy. D’un autre côté, un maire de Paris, Bertrand Delanoë, devenu quasiment le Messie, populaire et rassemblant les foules, encourageant l’exilé Lionel Jospin à appeler au renversement du gouvernement actuel.


Les premiers morts

Imaginons donc encore (puisque ce n’est qu’imagination ici) qu’au moment où l’armée se mit en place du côté de la Maison de la Radio, sur le bord de Seine, pas loin d’Auteuil, des opposants se ruèrent vers la maison ronde et cassèrent ce qu’ils pouvaient casser. Un incendie eut lieu dans les locaux mêmes de la Maison de la Radio. Les archives radiophoniques d’une quarantaine d’années furent complètement détruites (elles n’avaient pas encore fait le transfert vers l’INA). De nombreux magasins de la rue d’Auteuil (souvent, des boutiques chic) furent dévastés.

Le bilan fut très lourd : plus d’une cinquantaine de corps furent retrouvés. Des casseurs, des forces de police, des malheureux prisonniers et calcinés dans le brasier de la radio… L’armée qui s’était mise en place avait cependant reçu l’ordre de ne pas s’impliquer dans ce malheureux épisode pour réduire les effusions de sang.


« C’est moi le nouveau Président ! »

Dès le week-end qui suivit, Bertrand Delanoë, encouragé par la foule, du haut de l’Hôtel de Ville, se proclama "en charge de la République française".

Si Nicolas Sarkozy ricana au cours d’une conférence de presse en disant que les trente-six mille maires de France ne pouvaient s’autoproclamer Présidents de la République, cette autoproclamation sans réalité constitutionnelle fut cependant approuvée par une large partie de la population.

Au lieu d’arrêter Bertrand Delanoë devenu chef d’une insurrection, Nicolas Sarkozy le destitua et supprima la fonction de maire de Paris en la remplaçant par une sorte de super-préfecture dirigée par le gouvernement.

Mais les jours suivants, loin d’être impressionné par le pouvoir en place, Bertrand Delanoë franchit un nouveau pas et nomma un véritable gouvernement dont le Premier Ministre ne fut autre que Martine Aubry, chef du principal parti d’opposition (celui de Bertrand Delanoë), maire de Lille et fille de Jacques Delors, l’un des principaux barons d’un pouvoir passé.


Marche sanglante vers l’Élysée

En rassemblant ses partisans au Louvre puis le long de la rue de Rivoli, Bertrand Delanoë les fit marcher jusqu’à la place de la Concorde puis vers le Palais de l’Élysée. Son objectif était tout simplement d’occuper le bureau du chef de l’État.

Hélas, les gardes du palais ont tiré. D’autres aussi d’ailleurs. Plusieurs fusillades, beaucoup de confusion. Une trentaine de morts furent à déplorer, plus de deux cents blessés évacués à l’hôpital Pompidou, dans le 15e arrondissement. Des témoins ont pu prouver, caméras à l’appui, que Bertrand Delanoë s’était défilé dans sa grosse automobile vers les Champs-Élysées pour éviter tout risque personnel.

Nicolas Sarkozy fit le soir même une allocution télévisée en déplorant ces morts et demanda à Bertrand Delanoë de stopper ce mouvement stupide contre la légalité républicaine.

Mais ces morts confortèrent l’opposition qui commença aussi à remuer la province et principalement Grenoble, Toulouse, Marseille, Lille, Metz. La Bretagne et l’Alsace furent épargnées par ces agitations mais tout le pays s’installa dans une grande confusion institutionnelle (quelques nouveaux morts furent encore à déplorer). Censure, répression sanglante, crise économique, pauvreté, impopularité du pouvoir… beaucoup de raisons de protester.


Giscard et Bayrou dans le camp de Delanoë

Lors de l’hommage aux morts devant l’Élysée, se trouvaient côte à côte Bertrand Delanoë et Valéry Giscard d’Estaing, vieil ancien Président qui avait pourtant soutenu en 2007 Nicolas Sarkozy mais n’appréciait plus sa manière de gouverner.

Le Ministre de la Défense Hervé Morin, dans un sursaut d’humanisme, donna sa démission pour marquer sa profonde désapprobation contre la répression. Étrangement, François Bayrou l’encouragea à le rejoindre et à le renforcer dans ses négociations avec Bertrand Delanoë pour rendre collégiale une opposition trop exclusivement incarnée par le maire déchu de Paris et lui apporter une équipe plus dynamique et plus étoffée.

Cependant, la confusion restait totale car Nicolas Sarkozy mobilisait lui aussi ses propres troupes UMP sur l’esplanade des Invalides et recevait un soutien populaire de même ampleur que les foules derrière Bertrand Delanoë. Chaque camp évoquait alors le trucage des rassemblements des adversaires par l’emploi de faux manifestants payés et mobilisés éventuellement même de l’étranger, comme au lointain temps des meetings d’Olivier Stirn.


L’échec des médiations extérieures

Pendant un mois, quelques émissaires tentèrent de trouver une entente pour débloquer la situation politique. Des émissaires de l’Union Européenne conduits par Romano Prodi n’aboutirent pas. Des émissaires américains envoyés par Barack Obama échouèrent piteusement. Même le Vatican chercha à apaiser la situation tendue. Sans succès non plus.

La sécurité de Bertrand Delanoë était d’ailleurs si incertaine qu’il se mit sous la protection de l’ambassade américaine pendant quelques jours, puis le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, le prit sous la protection de l’Église catholique de France au presbytère même de Notre Dame.


Prise des sites stratégiques

Politiquement, tous les pro-gouvernementaux avaient la trouille. Un samedi, les opposants réussirent à s’emparer de l’hôtel Matignon, rue de Varenne, à deux pas de l’Assemblée Nationale. Le Premier Ministre François Fillon avait prudemment déserté son bureau pendant le week-end. Aucun coup de feu ne fut tiré. Des rumeurs laissaient entendre qu’il était à la Lanterne, résidence du Premier Ministre à Versailles mais qui avait été annexée par Nicolas Sarkozy depuis 2007 pour ses week-ends.

Dominique De Villepin, ancien Premier Ministre, jusqu’alors silencieux, se retrouvait aux côtés de Bertrand Delanoë pour apporter son soutien et réclamer lui aussi la démission de Nicolas Sarkozy.

Alors que Martine Aubry s’installa à Matignon, Bertrand Delanoë proclama la destitution de Nicolas Sarkozy, sa mise en état d’arrestation et la dissolution de l’Assemblée Nationale et du Sénat.

Le lendemain, Nicolas Sarkozy annonça aux Invalides, au cours d’un autre meeting UMP, qu’il proposerait un référendum sur la poursuite de son mandat, pour se relégitimer au yeux du peuple. Mais Bertrand Delanoë continua toujours à refuser tout compromis tant que Nicolas Sarkozy ne démissionnait pas.


L’armée contre son chef

Hélas pour ce dernier, après bien des hésitations, l’état-major des armées se mutina. Le nouveau commandant s’engagea aux côtés des insurrectionnels et donna l’ultime assaut au Palais de l’Élysée. Les grilles donnant sur la rue du Faubourg Saint-Honoré furent écrasées par des chars d’assaut.

Nicolas Sarkozy était toutefois absent des lieux et s’était réfugié au château de Rambouillet avec l’ensemble de son gouvernement.


La victoire posthume du général Boulanger

Le lendemain, Bertrand Delanoë marcha sur l’Élysée, prit possession des lieux entourés de plusieurs milliers de partisans en joie, et réussit ce que n’avait même pas osé faire le général Georges Boulanger le 27 janvier 1889 qui avait été acclamé place de la Madeleine par cinquante mille partisans (à l’époque, il avait refusé de marcher vers l’Élysée malgré la sympathie de la foule et de l’armée).

Le même jour, isolé, abandonné de l’armée, Nicolas Sarkozy se rendit à l’évidence et annonça sa démission. Au lieu de transmettre le pouvoir à Gérard Larcher, le Président du Sénat, comme le stipulait la Constitution, Nicolas Sarkozy le laissa à un quarteron de généraux qui mirent à peine une heure pour repasser le pouvoir à Bertrand Delanoë.

Jean-Louis Debré, Président du Conseil Constitutionnel qui comptait deux anciens Présidents, Jacques Chirac et Valéry Giscard d’Estaing, apporta sa caution pour tenter de donner un semblant de légalité à la prise de pouvoir militaire du nouveau Président Bertrand Delanoë.

Parmi les premières mesures, le retour en grâce de Lionel Jospin et les conditions juridiques de son retour physique en France.


Politique fiction ?

Quelle drôle d’imagination, me direz-vous. Un peu, effectivement…

Aux lecteurs francocentrés qui penseraient que je voulais parler de la situation française, n’y voyez aucune analyse de la politique française ni des différents éléphants socialistes. Ce n’était pas le but de cet article.

Ce que je viens de raconter, évidemment qu’en France, cela paraît impensable. Que la Constitution, les lois, l’armée, toutes les institutions sont là pour garantir un État de droit. Et cela fonctionne depuis plus d’un demi-siècle sans discontinuité. Depuis 1958 ou 1944, selon que l'on considère que mai 1958 est un vrai ou un faux coup d'État.

Eh bien, c’est pourtant ce qu’il vient de se passer dans les trois derniers mois à Madagascar, indépendant depuis quarante-huit ans et demi mais hélas coutumier de ce type de prise de pouvoir.

Avec Marc Ravalomanana dans le rôle de Nicolas Sarkozy, Andry Rajoelina dans le rôle de Bertrand Delanoë, Martine Aubry dans le rôle de Monja Roindefo, François Fillon dans le rôle de Charles Rabemananjara, Albert Zafy dans le rôle de Valéry Giscard d’Estaing, Didier Ratsiraka dans le rôle de Lionel Jospin, Jacques Sylla dans le rôle de Dominique de Villepin, Hervé Morin dans le rôle de Cécile Manorohanta.

Et encore, il faudrait en plus rappeler que Andry Rajoelina serait plus proche d’un Bernard Tapie de trente-quatre ans que d’un Bertrand Delanoë pour lequel la mairie de Paris est la consécration d’une longue carrière.

Il serait temps de ne plus considérer Madagascar comme une terre incapable de s’autoréguler de manière démocratique.

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Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

Source ?

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

Décidément...

http://rakotoarison.over-blog.com/

Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

Ba oui, décidemment. Déjà qu'on ne sait pas qui tu es (à part que tout ce que tu sais faire c'est poster des textes), on peut au moins savoir d'où viennent ces textes !!

Lolita, light of my life, fire of my loins. My sin, my soul. Lo-lee-ta: the tip of the tongue taking a trip of three steps down the palate to tap, at three, on the teeth. Lo. Lee. Ta

Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

Quoi qui je suis ? Je le sais moi qui tu es ?
Je suis un étudiant de Sciences Po comme les autres. Où est le problème à part que TU ne me connais pas ?

Faudrait que les modos se calment un peu. On m'a demandé les sources que j'avais oublié de poster, je les ai mis. Je ne vois donc pas où est le problème, où est le besoin de me remettre à ma place.

Et je n'ai PAS que posté des textes, j'en ai écris aussi. Donc ça va un peu cette politique de la "remise à sa place permanente" par certains modos.

Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

Simple marquage de territoire, on ne peut pas faire pipi contre les arbres sur un forum.

"Les Français veulent l'égalité, et quand ils ne la trouvent pas dans la liberté, ils la souhaitent dans l'esclavage" Alexis de Tocqueville

Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

Rapidement puisque môssieur se fâche : je n'ai rien contre toi, cependant la tradition veut qu'on se présente en arrivant sur ce forum. Et sur un forum, qu'un inconnu poste un texte sans source, ben, ça perd de son intérêt, rien de plus !

(et j'ai accès à la liste de tes posts, c'est pour beaucoup du copié collé de textes, rien de mêchant encore une fois, simple constat)

Lolita, light of my life, fire of my loins. My sin, my soul. Lo-lee-ta: the tip of the tongue taking a trip of three steps down the palate to tap, at three, on the teeth. Lo. Lee. Ta

Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

Pas mal d'actus sur l'Afrique en ce moment, et notamment au Tchad ou apparemment ça bataille dur.
Et en France où l'on a nos petites affaires avec nos amis dirigeants africains pétroliers.

Intenses batailles dans l’est du Tchad
LE MONDE | 08.05.09 | 10h22  •  Mis à jour le 08.05.09 | 10h29

Nairobi, correspondant

Loin des yeux, loin des villes, une bataille décisive est en cours au Tchad. Depuis quatre jours, des rebelles tchadiens de l'Union des forces de la résistance (UFR) déployaient leurs colonnes dans l'est du pays, après avoir quitté leurs bases arrière du Soudan voisin. Vendredi 8 mai, les forces gouvernementales, qui attendaient cette offensive depuis plusieurs mois, les affrontaient pour la deuxième journée consécutive.

La veille, la première confrontation a eu lieu non loin d'Am Dam, à une centaine de kilomètres au sud d'Abéché, la grande ville de l'Est tchadien. D'après une source rebelle jointe par téléphone satellite, lors d'une communication très brève pour "éviter les interceptions", elle a été "dure et violente". En trois vagues successives, 7000 à 8000 soldats loyalistes de l'armée nationale tchadienne (ANT) se sont lancés à l'attaque d'une colonne rebelle forte d'environ 4000 hommes. L'ANT avait reçu d'importants renforts matériels dans la perspective de cette opération.

Depuis la garnison de Mongo, verrou installé dans le centre du pays, l'ANT a fait route avec des orgues de Staline, des blindés et de l'artillerie de campagne. Avant l'attaque au sol, des hélicoptères d'attaque Mi-24 loyalistes, pilotés par des équipages étrangers, avaient bombardé les forces de l'UFR, très visibles dans cette région semi-aride malgré le mauvais temps.

Au bout de plusieurs heures, les combats ont cessé, mais leur violence est indéniable. "Les attaques ont été repoussées avec pas mal de casse. Mais ce n'est pas fini. Les combats ont repris depuis ce matin à 7heures", expliquait au téléphone, vendredi matin, Acheikh Ibn Oumar, représentant de l'UFR en Europe. Il ajoute que les attaques des soldats loyalistes, la veille, se sont brisées sur les positions rebelles et qu'ils se seraient en partie "repliés en désordre vers Abéché, Am Timan et Mongo", alors que "trois chars ont été pris, des centaines de véhicules Toyota détruits".

Les troupes gouvernementales ayant reçu des renforts, le second choc implique plus d'une dizaine de milliers d'hommes, fonçant à l'assaut à bord de pick-ups en cherchant la confrontation directe et ouvrant le feu au lance-roquettes sur des véhicules bourrés de munitions et d'essence. "Par rapport à nos traditions, ce n'est pas disproportionné", commente M.Ibn Oumar, ancien combattant des guerres tchadiennes.
L'issue de la bataille, encore incertaine, devrait déterminer si l'aventure rebelle est stoppée net ou se poursuit. "Ça passe ou ça casse", affirme une source proche de la rébellion. Selon un communiqué de l'ANT, l'UFR aurait perdu 125 hommes plus 152 prisonniers.

La France, soutien traditionnel du président tchadien Idriss Déby, a condamné l'attaque rebelle. Les Etats-Unis ont appelé le Soudan à "désarmer et démobiliser tous les rebelles tchadiens présents sur son territoire"
Jean-Philippe Rémy

Enquête sur les chefs d'Etat africains : le parquet fait appel
Créé le 07/05/09 - Dernière mise à jour le 08/05/09 à 11h10

Le parquet de Paris a fait appel jeudi de la décision d’une juge d’instruction favorable à l’ouverture d’une enquête sur les biens immobiliers en France de trois chefs d’Etat africains soupçonnés d’avoir détourné des fonds publics pour les acquérir.

Le parquet de Paris a fait appel jeudi de la décision de la juge d’instruction du pôle financier de Paris d’ouvrir une information judiciaire contre les chefs d’Etat du Gabon, du Congo-Brazzavile et de Guinée-équatoriale pour "recel de détournement de fonds publics". L’appel sera examiné par la chambre de l'instruction de Paris, qui décidera, dans un délai probable d'environ six mois, s’il faut déclencher une action judiciaire.

Omar Bongo, Denis Sassou Nguesso et Teodoro Obiang, ainsi que des membres de leur entourage, sont soupçonnés de posséder en France des biens immobiliers financés par de l'argent public détourné.

Françoise Desset, la juge d’instruction du pôle financier de Paris, avait pris mardi une décision favorable au déclenchement d’une information judiciaire contre les trois présidents africains. L’ordonnance ouvrant la voie à une enquête faisait suite à une plainte déposée le 2 décembre dernier par l’association Transparence Internationale.

Interrogé par Europe 1 vendredi, Julien Coll, délégué général de l'association Transparence Internationale, détaille les "trésors" français de trois chefs d'Etats africains.

Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

Tout va bien pour l'ami Omar.  Ses fistules intestinaux liées à une alimentation trop riche en humains et en billet de banque ne sont pas graves du tout. Il est allé faire un check-up à Barcelone sur les Ramblas. Sa méga baraque à Tibidabo n'est pas en danger. Ni non plus celles de Paris, Mougins et autres... On respire.

Le Gabon occulte la gravité de l'état de santé de son président
22.05.2009|La Vanguardia

"Le Gabon camoufle le cancer d'Omar Bongo en parlant seulement d'"un bilan de santé'. Le président africain a une tumeur au colon et reste hospitalisé à Barcelone", relate le quotidien catalan. Des informations parues dans la presse espagnole viennent contredire la version des autorités gabonaises, qui crient à une tentative de déstabilisation des médias. Selon elles en effet, Omar Bongo, 73  ans, au pouvoir dans son pays depuis quarante et un ans, se reposerait dans un hôpital espagnol pour se remettre du récent décès de sa femme.

Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

Un excellent papier du Monde.fr que je viens de lire à l'instant, signé Raphaëlle Bacqué... Assez notable pour être relevé ici ! Si ce genre d'article pouvait faire la Une de l'édition papier...

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2 … id=1196112

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Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

Sarkozy hué aux obsèques de Bongo
AFP
16/06/2009 | Mise à jour : 10:46 | Commentaires 1 | Ajouter à ma sélection
Le président français Nicolas Sarkozy a été hué par plusieurs dizaines de Gabonais à son arrivée au palais présidentiel de Libreville pour assister aux obsèques du chef de l'Etat gabonais Omar Bongo Ondimba, a constaté un journaliste de l'AFP. Une partie de la foule de quelques centaines de personnes autorisées à entrer dans la cour du palais a d'abord timidement applaudi le chef de l'Etat français.

Mais les huées ont rapidement pris le dessus, et une cinquantaine de personnes ont même pris verbalement à partie Nicolas Sarkozy, lui lançant à distance: "On ne veut plus de vous, partez!" Les responsables de la sécurité ont immédiatement formé un cordon autour du président français, qui est ensuite arrivé sans encombre dans le salon d'attente pour les personnalités invitées aux obsèques.

"On n'en veut plus de vous, la France est ingrate. Bois, pétrole, manganèse, on vous a tout donné. La France, si elle est ce qu'elle est, c'est grâce au Gabon, on ne veut plus de tout ça", expliquait, sous couvert de l'anonymat, un de ceux qui s'en sont pris à Nicolas Sarkozy.

Omar Bongo Ondimba, dont le décès a été officiellement annoncé le 8 juin après 41 ans passés à la tête du Gabon, était considéré comme le dernier "dinosaure" de la "Françafrique", cette relation ambiguë entre Paris et ses ex-colonies. La cérémonie officielle des obsèques, dont le début était prévu à 09h n'avait toujours pas commencé une demi-heure plus tard, les invités continuant à arriver au palais.

Evidemment, quand on n'invite pas que des ump qui hurlent "Nicolas Nicolas", ça rigole moins. "L'homme noir" a peut-être décidé de rentrer dans l'Histoire, qui sait...

Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

La critique avait l'air de s'appliquer plus à "La France en général" qu'à Sarko en particulier...

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Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

mami a écrit:

La critique avait l'air de s'appliquer plus à "La France en général" qu'à Sarko en particulier...


Sauf que Chirac a été très bien accueilli. Certes, Sarkozy est "la France en exercice". Mais, si c'était le cas, ils auraient peut-être été plus nuancés.

M'enfin bon.

44

Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

"On n'en veut plus de vous, la France est ingrate. Bois, pétrole, manganèse, on vous a tout donné. La France, si elle est ce qu'elle est, c'est grâce au Gabon, on ne veut plus de tout ça"

Et alors pourquoi Chirac a été mieux accueilli ? Il est moins responsable de ça ?

45

Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

Ces protestations sont sûrement liées à l'affaire des "biens mal-acquis". Depuis que El Hadj est inquiété, il y a eu une campagne de presse, certes moins importante qu'en Côte d'Ivoire il y a quelques temps, mais qui est assez importante. Elle est reliée par les principaux médias officiels.
Ces frictions semblent par ailleurs la raison pour laquelle il est allé mourir en Espagne et non en France.

Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

B. comme Bouh a écrit:

"On n'en veut plus de vous, la France est ingrate. Bois, pétrole, manganèse, on vous a tout donné. La France, si elle est ce qu'elle est, c'est grâce au Gabon, on ne veut plus de tout ça"

Et alors pourquoi Chirac a été mieux accueilli ? Il est moins responsable de ça ?


Merci !

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Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

Eh les cocos (ou plutot les anti-cocos...), je crois que y a un hiatus que vous oubliez visiblement, volontairement ou non.

Les gabonais n'ont rien contre la France, au contraire ! Ils savent que les relations avec la France sont très profondes et ont rapporté beaucoup aux deux pays.

Ils en ont en revanche contre un Président qui a parlé de "l'homme noir" - soit un homme qui se définit par sa couleur de peau.

Ils en ont contre un Président qui a parlé de l'homme noir "qui ne serait pas rentré dans la mondialisation", alors qu'aucun peuple, comme le peuple africain, n'a autant voyagé, par la nécessité des choses, pour se nourrir, pour faire vivre sa famille, en un mot pour vivre, et vivre libre.

Ceux qui sont nés à Bamako, à Libreville ou à Dakar, et qui viennent construire nos immeubles, nettoyer nos chiottes, repeindre nos appartements, bref, faire le boulot que nous autre petits bourgeois français sommes incapables à tort ou à raison de faire, ce sont eux, qui viennent le faire à Paris, bravant les interdits, les dangers mortels de la mer, les obstacles administratifs pour l'obtention de visas, le risque de rétention administrative dans des conditions déplorables, pour quelques euros de plus, envoyés par western union à ceux qu'ils aiment.

Ce qui caractérise décidément la droite, c'est l'incapacité de sortir de soi-même pour comprendre l'autre, pour comprendre que l'autre n'est pas si différent de nous et recherche la même chose : un petit morceau de bonheur dans un monde qui ne nous donne rien, si nous avons la malchance de mal naître...

Last edited by Beccaria (16-06-2009 14:38:45)

Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

La vraie citation du discours de Sarkozy écrit par Guaino est "l'homme noir qui n'est pas rentré dans l'histoire", pas la mondialisation.

Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

Free French a écrit:

La vraie citation du discours de Sarkozy écrit par Guaino est "l'homme noir qui n'est pas rentré dans l'histoire", pas la mondialisation.

Oui, mais après tous les UMP et conseillers sont montés au créneau en expliquant que c'était 1. L'homme noir pas "assez" rentré dans l'histoire. et que 2. Il lui restait à rentrer dans l'ère de la mondialisation économique, et surtout financière. Histoire de bien systématiser tout le modne.

M'enfin bon.

Re: Questions stratégiques : Afrique(s)

lol

Gabon : Sarkozy évoque des "sifflets adressées aux médias"
Créé le 16/06/09 - Dernière mise à jour le 17/06/09 à 9h53


"On ne veut plus de vous, partez !" ont lancé une cinquantaine de personnes mardi à l'adresse de Nicolas Sarkozy. Le président minimise l'incident.
plus d'info

Le président français Nicolas Sarkozy a été hué par plusieurs dizaines de Gabonais à son arrivée au palais présidentiel de Libreville pour assister aux obsèques du chef de l'Etat gabonais Omar Bongo Ondimba. Une cinquantaine de personnes ont même pris verbalement à partie Nicolas Sarkozy, lui lançant : "On ne veut plus de vous, partez !"

Selon le récit de l'envoyé spécial d'Europe 1, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy sont arrivés au palais présidentiel dans la même voiture. Jacques Chirac, sorti le premier de la voiture, par la portière gauche, est accueilli par quelques applaudissements timides, dont Nicolas Sarkozy, sorti quelques instants plus tard par la portière droite, n'a pas bénéficié. Pour l'actuel président, ce sont des cris et des sifflets qui sont au rendez-vous :


Le comité d'accueil était composé d'une quinzaine jeunes du PDG, le parti présidentiel gabonais, dont certains étaient éméchés, selon l'envoyé spécial d'Europe 1. "La France est ingrate. Bois, pétrole, manganèse, on vous a tout donné. La France, si elle est ce qu'elle est, c'est grâce au Gabon, on ne veut plus de tout ça", a expliqué, sous couvert de l'anonymat, un de ceux qui s'en sont pris à Nicolas Sarkozy.

Nicolas Sarkozy, après la cérémonie, a cherché a minimisé l'incident, affirmant que cris et sifflets étaient "plutôt adressées aux médias", en référence aux imprécisions qui ont entouré l'annonce du décès d'Omar Bongo."Les gens sont assez remontés [...]. Vous savez les dégâts qu'a fait l'annonce prématurée du décès et un certain nombre de commentaires", a soutenu le président.

Le président français a modérément apprécié l'accueil qui lui a été réservé. Il a décidé d'écourter sa visite à Libreville. Une fois la cérémonie religieuse terminée, il reprendra son avion sans assister au défilé militaire comme il était initialement prévu.

Omar Bongo Ondimba, dont le décès a été officiellement annoncé le 8 juin après 41 ans passés à la tête du Gabon, était considéré comme le dernier "dinosaure" de la "Françafrique", cette relation ambiguë entre Paris et ses ex-colonies.