Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

Macaque a écrit:

Ne sois pas aussi tendu, free franchouillard. Ce thread est l'un des rares où subsiste un peu de sérénité et de respect, malgré le thème extrêmement sensible qu'il aborde.

Je suis très cool, espèce de sale coco (joke évidemment). Tant mieux pour la sérénité, surtout vu le sujet abordé.

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

Necrid a écrit:

2° profiter de la panique pour dévaliser les magasins. Les totos sont là avant tout pour casser du flic, point barre.

Donc la prise de la Sorbonne et les jets d'extincteurs, c'était plutôt eux ? (anars d'extrême gauche ? d'ER ?).


Necrid a écrit:

Sèvres-Babylone, j'y étais pas. Les Invalides, c'est clairement des racailles. Nation et République, c'était un mélange de totos (1/3) et de racailles (2/3).

Merci.

Sur tous les sujets liés à la Police, je ne peux que conseiller l'excellent Place Bauveau : La face cachée de la police d'Olivia Recasens, Jean-Michel Décugis et Christophe Labbé
dispo en poche depuis peu.

Last edited by Free French (30-03-2007 22:42:38)

1,353

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

les racailles sont representatifs de cette société de consommation

la réalité est invisible

1,354

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

Free French a écrit:

Donc la prise de la Sorbonne et les jets d'extincteurs, c'était plutôt eux ? (anars d'extrême gauche ? d'ER ?).

C'est les chevelus de chez Alternative libertaire qui menaient la danse à la Sorbonne. On l'oublie trop souvent, mais ils ont quand même réussi à instaurer un Etat anarchique à Jussieu pendant 3 mois (c'est sur qu'il y en avait plein d'autres d'on ne sait trop où et ne sachant pas trop quoi faire, mais bon). Une première dans l'histoire du mouvement anarchiste...HOURRRA. J'ai eu des échos comme quoi si Sarko était élu ça allait être un bordel pas possible. Foutaises, pas foutaises...Bref, ça promet.

la réalité est invisible

1,355

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

Free French a écrit:
Necrid a écrit:

2° profiter de la panique pour dévaliser les magasins. Les totos sont là avant tout pour casser du flic, point barre.

Donc la prise de la Sorbonne et les jets d'extincteurs, c'était plutôt eux ? (anars d'extrême gauche ? d'ER ?).

mmh la "prise de la Sorbonne", c'est plutôt les gauchos de base (LCR, TTE, FSE, Sud & co.). Les totos se sont illustrés avant tout dans le fameux épisode de l'EHESS.


FF a écrit:
Necrid a écrit:

Sèvres-Babylone, j'y étais pas. Les Invalides, c'est clairement des racailles. Nation et République, c'était un mélange de totos (1/3) et de racailles (2/3).

Merci.

Sur tous les sujets liés à la Police, je ne peux que conseiller l'excellent Place Bauveau : La face cachée de la police d'Olivia Recasens, Jean-Michel Décugis et Christophe Labbé
dispo en poche depuis peu.

Intéressant. J'y jetterai un coup d'oeil.

1,356

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

Macaque a écrit:
Free French a écrit:

Donc la prise de la Sorbonne et les jets d'extincteurs, c'était plutôt eux ? (anars d'extrême gauche ? d'ER ?).

C'est les chevelus de chez Alternative libertaire qui menaient la danse à la Sorbonne. On l'oublie trop souvent, mais ils ont quand même réussi à instaurer un Etat anarchique à Jussieu pendant 3 mois (c'est sur qu'il y en avait plein d'autres d'on ne sait trop où et ne sachant pas trop quoi faire, mais bon). Une première dans l'histoire du mouvement anarchiste...HOURRRA. J'ai eu des échos comme quoi si Sarko était élu ça allait être un bordel pas possible. Foutaises, pas foutaises...Bref, ça promet.

Ah ! Au temps pour moi, alors.

1,357

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

vous avez sûrement remarqué le sympathique oxymore(on?).

la réalité est invisible

1,358

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

Macaque a écrit:

J'ai eu des échos comme quoi si Sarko était élu ça allait être un bordel pas possible. Foutaises, pas foutaises...Bref, ça promet.

J'ai eu les mêmes échos. Mais je n'y crois pas du tout. Si qqch doit se passer en France dans les années à venir, ce sera du côté de nos "émeutiers de 2005" qu'il faudra se tourner. Je n'ai jamais cru à la capacité de mobilisation de l'EG. Les événements autour du CPE m'ont à jamais douché de mes illusions.

1,359

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

C'est vrai qu'il y a un air de "théorie du complot" dérrière cet incident.

la réalité est invisible

1,360

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

Necrid a écrit:

J'ai eu les mêmes échos. Mais je n'y crois pas du tout. Si qqch doit se passer en France dans les années à venir, ce sera du côté de nos "émeutiers de 2005" qu'il faudra se tourner. Je n'ai jamais cru à la capacité de mobilisation de l'EG. Les événements autour du CPE m'ont à jamais douché de mes illusions.

Pendant 5 ans, Sarkozy a mené une politique de tonfardisation à outrance. Les hommes ne sont pas des chiens, ce n'est pas en leur mettant des coups de baton 24h/24 que vous en ferez des créatures dociles. Evidemment que ça va réexploser, vu que rien ne pointe à l'horizon dans ces "territoires perdus de la republique", comme dirait l'autre crétin.

la réalité est invisible

1,361

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

Gare du Nord : le récit du Congolais contrôlé
LE MONDE | 30.03.07 | 14h57  •  Mis à jour le 30.03.07 | 14h57 
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u cours de sa garde à vue dans les locaux du commissariat du 10e arrondissement, Angelo Hoekelet a raconté son contrôle mouvementé à la gare du Nord, le 27 mars, par des agents de la RATP. Un contrôle qui a servi de déclencheur à de violents affrontements, pendant plus de six heures, entre des groupes de jeunes et les policiers. Le Congolais, âgé de 32 ans, affirme qu'il a été victime de violences, selon son procès verbal d'audition, dont Le Monde a eu connaissance.




"Ce jour vers 16h20, je me trouvais dans la gare du Nord. J'avais rendez-vous avec une personne qui m'attendait sur le quai de la ligne 5", a-t-il expliqué. Il assure avoir composté un ticket en passant le tourniquet, puis l'avoir jeté. "Trente mètres plus loin, j'ai senti qu'une personne me touchait au niveau de l'épaule, je me suis retourné et cet individu s'est présenté comme étant un contrôleur RATP et m'a demandé mon titre de transport. J'ai expliqué à cet individu que je venais de jeter mon ticket au sol et je lui ai proposé de retourner à l'endroit où j'avais jeté mon ticket pour le reprendre. Le contrôleur m'a alors demandé mes papiers. Je lui ai alors répondu que je n'étais pas sûr de les avoir mais que l'on pouvait regarder dans mon sac à dos. Un autre contrôleur est alors arrivé et sans rien me demander il a déclaré à ses collègues : bon voilà, il a rien allez on appelle''. Je lui ai répondu que je ne bougerai pas tant qu'on irait pas récupérer mon ticket. Ce contrôleur m'a alors fait comprendre que de toute façon il me ramènerait de force, il m'a parlé avec un langage de cité. Je lui ai alors dit d'arrêter. (…) Il s'est alors approché de moi et a commencé à rapprocher son front du mien. Je lui ai alors dit arrête ou je vais te boucher une oreille''. Nous nous sommes frottés les fronts mais il n'y a pas eu de coups. C'est alors que les autres contrôleurs RATP m'ont saisi au niveau des chevilles puis m'ont fait chuter au sol. Ils m'ont ensuite maintenu au sol jusqu'à l'arrivée des gendarmes. Je vous précise que jusqu'à l'arrivée des gendarmes, les agents RATP, surtout celui qui a collé son front au mien, m'ont donné des coups de pieds entre les jambes ou ont essayé de me tordre les poignets. Moi, je leur disais que ce qu'ils faisaient c'était vraiment n'importe quoi. Autour de nous une foule s'est formée qui se demandait ce que ces contrôleurs étaient en train de faire. Je vous précise que parmi cette foule il y avait de nombreuses personnes qui me connaissent car j'ai vécu dans le dixième arrondissement et que je connais très bien la gare du Nord. Ensuite les gendarmes sont arrivés. (…) Ils ont essayé de me faire comprendre qu'il fallait que je me calme pour qu'ils me menottent. Je leur ai demandé de me lever puis ensuite de me menotter. Comme je me débattais car je pensais que ce n'était pas humain de mettre quelqu'un au sol comme ça, ils ont tout de même été obligés de me relever pour me menotter en faisant usage de la force." A cet instant, Angelo Hoekelet s'accrochait fermement à son pantalon, pour éviter de se faire passer les menottes.

"Une fois debout et menotté le contrôleur RATP qui m'avait touché le front a cherché à m'attraper par les jambes. Il devait me connaître, je pense que c'est pour cela qu'il en avait après moi. Les gendarmes et ses collègues lui ont dit que cela ne servait à rien et que je devais être conduit debout. C'est là que je me suis rendu compte qu'une foule importante s'était ameutée autour de nous. Dans le local RATP, le contrôleur a dit à ses collègues oui vous avez vu il m'a bien mis un coup de tête. C'est là que j'ai compris que c'était ne affaire personnelle, je vous précise que parmi ces agents RATP il y en avait trois d'origine maghrébine. Peut-être qu'il en avait après moi parce que je suis noir. Ensuite, j'étais dépassé par les événements et je les ai bombardé d'insultes."

La veille de cette interpellation à la gare du Nord, Angelo Hoekelet était censé prendre le train pour se rendre à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). Il devait comparaître devant la cour d'appel pour une affaire d'outrage à magistrat, qui lui a valu une condamnation à six mois de prison en première instance. Hélas, il n'a pas pu s'y rendre, explique-t-il, "car les contrôleurs n'ont pas voulu [le] laisser prendre le train sans billet."


Piot Smolar

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0 … 702,0.html

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

Déjà posté et commenté par Papi Paul

1,363

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

Necrid a écrit:
Free French a écrit:
Necrid a écrit:

2° profiter de la panique pour dévaliser les magasins. Les totos sont là avant tout pour casser du flic, point barre.

Donc la prise de la Sorbonne et les jets d'extincteurs, c'était plutôt eux ? (anars d'extrême gauche ? d'ER ?).

mmh la "prise de la Sorbonne", c'est plutôt les gauchos de base (LCR, TTE, FSE, Sud & co.). Les totos se sont illustrés avant tout dans le fameux épisode de l'EHESS.

le soir de la prise de la Sorbonne, y avait vraiment de tout: d'Olivier B. de la LCR à Ali O. de la CNT, en passant par la FSE de TOlbiac, toujours bien représentée dans ce genre de manifs. Très drôle d'ailleurs de voir des trotsko, des staliniens (l'UEC) et des cénétistes bosser main dans la main. Effectivement, l'occupation de l'EHESS était pour le coup le fait des totos. (il suffit de lire les slogans sur les murs)

If it moves, tax it. If it keeps moving, regulate it. And if it stops moving, subsidize it.

« A quoi bon détruire les dictateurs si l’on continue, sous prétexte de discipline sociale et pour faciliter la tâche des gouvernements, à former des êtres faits pour vivre en troupeaux ? Ce ne sont pas les dictateurs qui font les dictatures, ce sont les troupeaux »

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

J'avais fait une faute de frappe, il fallait lire "anars d'extrême gauche ? d'ED ? (Extrême droite).

Merci bcp pour le témoignage sur la Sorbonne.
[mode = Djack] Quel bel homme cet Olivier, quel courage, quel talent, quelle engeance...[/mode]

Pour l'EHESS ce qu'en a dit Finkelkraut est succulent.

1,365

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

roxx a écrit:
Necrid a écrit:
Free French a écrit:

Donc la prise de la Sorbonne et les jets d'extincteurs, c'était plutôt eux ? (anars d'extrême gauche ? d'ER ?).

mmh la "prise de la Sorbonne", c'est plutôt les gauchos de base (LCR, TTE, FSE, Sud & co.). Les totos se sont illustrés avant tout dans le fameux épisode de l'EHESS.

le soir de la prise de la Sorbonne, y avait vraiment de tout: d'Olivier B. de la LCR à Ali O. de la CNT, en passant par la FSE de TOlbiac, toujours bien représentée dans ce genre de manifs. Très drôle d'ailleurs de voir des trotsko, des staliniens (l'UEC) et des cénétistes bosser main dans la main. Effectivement, l'occupation de l'EHESS était pour le coup le fait des totos. (il suffit de lire les slogans sur les murs)

Mouahahahah l'UEC est aujourd'hui aussi stalinienne que le GUD était fasciste...

1,366

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

c'est bien ce que je disais smile

If it moves, tax it. If it keeps moving, regulate it. And if it stops moving, subsidize it.

« A quoi bon détruire les dictateurs si l’on continue, sous prétexte de discipline sociale et pour faciliter la tâche des gouvernements, à former des êtres faits pour vivre en troupeaux ? Ce ne sont pas les dictateurs qui font les dictatures, ce sont les troupeaux »

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

Dis papa, c'est quoi un toto ?

1,368

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

un autonome, souvent synonyme d'anarchiste

If it moves, tax it. If it keeps moving, regulate it. And if it stops moving, subsidize it.

« A quoi bon détruire les dictateurs si l’on continue, sous prétexte de discipline sociale et pour faciliter la tâche des gouvernements, à former des êtres faits pour vivre en troupeaux ? Ce ne sont pas les dictateurs qui font les dictatures, ce sont les troupeaux »

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

Bien ce que je pensais, mais la nuance m'intriguait.

Allez, pour le plais': http://www.youtube.com/watch?v=BDYJVFXmP5g

Last edited by Buster Keaton (31-03-2007 15:37:33)

1,370

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

roxx a écrit:

un autonome, souvent synonyme d'anarchiste

Pour plus de renseignements sur la naissance de la "mouvance autonome" : http://sebastien.schifres.free.fr/

1,371

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

Perso, je ne distinguerais pas les casseurs des racailles. Peut être que la casseur à une plus faible propension à aller taper du manifestant, mais niveau pillage c'est pareil.

A la limite, la racaille est une sous-catégorie du casseur.

Le Toto en revanche, c'est différent.

"Pourquoi m'a-t-on inoculé l'idéal vulgaire et creux d'une ambition sordide et épuisante."
                                                                                                           [Hermann Hesse]

1,372

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

Narval a écrit:

Perso, je ne distinguerais pas les casseurs des racailles. Peut être que la casseur à une plus faible propension à aller taper du manifestant, mais niveau pillage c'est pareil.

A la limite, la racaille est une sous-catégorie du casseur.

Le Toto en revanche, c'est différent.

Les racailles (le pluriel est important), c'est une petite frappe de banlieue, à capuche smile Mais sociologiquement parlant, le casseur n'a rien à voir avec les racailles.

1,373

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

Le casseur n'est pas une catégorie "sociologique"

Les racailles sont souvent un casseur (comme cela, ca va), mais l'inverse n'est pas vrai.

Et bien soit ! Roxx tranchera.

Last edited by Narval (31-03-2007 17:39:35)

"Pourquoi m'a-t-on inoculé l'idéal vulgaire et creux d'une ambition sordide et épuisante."
                                                                                                           [Hermann Hesse]

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

Sans vouloir influencer le juge de paix, des données sociologiques sont présentés dans chaque numéro de la Revue de la Gendarmerie nationale (qui ne s'occupe certes que des violences "rurbaines"). Je n'ai pas vu encore de donnés sur les totos mais sur les racailles il y en a un paquet et c'est impressionnant : âge (précoce), territoire (toute la France sauf certains lieux : ex Marseille et banlieue sauf après l'incident de Mama Gaoulé...).

Malheureusement pas de pdf en ligne, je peux prêter des numéros si demandé.

1,375

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

Affaire Delarue : polémique sur des juges très prévenants
LÉNA LUTAUD et ANNE-CHARLOTTE DE LANGHE.
Publié le 31 mars 2007 - lefigaro.fr


Le tribunal de Bobigny a déroulé le tapis rouge pour la star de France 2, condamné à trois jours de stage citoyen. Les avocats du « 9-3 » sont furieux.

TROIS JOURS après que Jean-Luc Delarue a été condamné à trois jours de « stage citoyen » * par le tribunal de grande instance de Bobigny, des avocats de la Seine-Saint-Denis dénoncent « une justice à deux vitesses ». Comme Me Danièle Brault, conseil de deux syndicats d'hôtesses de l'air et des stewards, ils s'étonnent du traitement de faveur accordé mercredi dernier par le tribunal à la star de France Télévisions.

Les prévenus devaient être présents à neuf heures mais Jean-Luc Delarue est arrivé trois heures plus tard au moment exact où son dossier était plaidé. Il a ensuite pu attendre en privé dans le bureau du procureur alors que les autres souffraient de la chaleur dans la salle d'audience. Puis quand son tour est venu de s'expliquer devant le juge, il s'est placé devant la barre, entouré de ses avocats qui formaient une large muraille dos à la salle.

L'audience devait être publique mais personne à commencer par les avocats d'Air France et ceux des syndicats d'hôtesses de l'air et de stewards n'ont rien entendu car le juge, Jean-Luc Delarue et ses avocats chuchotaient.

« Ce n'est pas un procès mais une confession mezza voce », fulminait une avocate assise au second rang et venue défendre un délinquant du « 9-3 ».

Jean-Luc Delarue a aussi obtenu que le document détaillant ses transactions avec Air France et le personnel naviguant soit retiré du dossier. Enfin, tout en exprimant publiquement ses regrets de le voir devant elle, le juge lui a donné un dernier petit conseil en lui expliquant comment faire pour faire enlever de son casier judiciaire la mention de sa peine. « Nous n'avons jamais vu cela de toute notre vie », s'indignait-on après l'audience au greffe du tribunal.

«Jurisprudence Delarue»

Au vestiaire des avocats aussi, le ton est monté : « Nous allons systématiquement réclamer à ce que la jurisprudence Delarue soit appliquée pour les bandes de banlieue. Sarkozy qui trouve que le tribunal de Bobigny est trop laxiste n'a pas tort. » Le bâtonnier de Seine-Saint-Denis, Nathalie Barbier, se refuse à tout commentaire : « Il y a des sujets plus graves comme les émoluments des avocats commis d'office. »

Nathalie Feugnet, avocate à Villepinte, minimise elle aussi la polémique. Pour avoir défendu plusieurs jeunes à la suite des émeutes de novembre 2005, elle sait que « le parquet de Bobigny utilise largement la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité pour les personnes qui n'ont pas de casier judiciaire ». Et, ajoute-t-elle, « il faut bien avouer que Delarue n'a pas le profit d'un délinquant de base ».

* Le « stage citoyen » consiste en une série de rencontres avec des policiers, des responsables d'associations, chargés de rappeler au justiciable les règles du parfait citoyen. Peine utilisée pour sanctionner les violences envers les agents de la force publique et les défauts de permis de conduire.

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

Necrid a écrit:
Narval a écrit:

Perso, je ne distinguerais pas les casseurs des racailles. Peut être que la casseur à une plus faible propension à aller taper du manifestant, mais niveau pillage c'est pareil.

A la limite, la racaille est une sous-catégorie du casseur.

Le Toto en revanche, c'est différent.

Les racailles (le pluriel est important), c'est une petite frappe de banlieue, à capuche smile Mais sociologiquement parlant, le casseur n'a rien à voir avec les racailles.

La racaille est une catégorie sociologique maintenant ?

1,377

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

Tu peux très facilement y repérer quelques similitudes d'âge, de condition sociale, économique, d'origine locale entre toutes les racailles de France...

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

La racaille est sociologique ne serait-ce que parce qu'ils ont une forte conscience de classe. Et un langage: http://fr.wikipedia.org/wiki/Vocabulair … ntemporain

N'empêche, l'origine et l'évolution sémantique du terme racaille est marrante:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Racaille

wikipedia a écrit:

* Certains analystes comparent l'utilisation du mot "racaille" telle qu'elle s'utilise dans le langage courant d'aujourd'hui pour désigner une catégorie d'individus violents issus des banlieues pauvres à la notion marxiste de Lumpenprolétariat (voir ce terme).

wiki toujours a écrit:

Son emploi gagne en popularité dès les années 1990, période pendant laquelle le terme envahit les cours des établissements scolaires et plus généralement la culture jeune. Les groupes de rap notamment utilisent alors le mot « racaille » indistinctement avec son équivalent verlan « caille-ra » ou « kaille-ra » . Suivant une mode inspirée du gangsta rap américain, certains s'autoproclameront « racaille » dans une optique d'héroïsation par des connotations viriles en marge de la délinquance ou pour revendiquer leur appartenance à un méta-gang ou encore pour valoriser leur marginalisation par la dérision ou la provocation (cf. Le blues des racailles, album de Tonton David, 1991).

Last edited by Buster Keaton (01-04-2007 10:35:09)

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

GB a écrit:

[...]
Première énorme surprise – même étonnement pour Agnès - : sans aucune sollicitation de ma part, le seul politique qui trouve grâce à leurs yeux, d'entrée, parmi les présidentiables (parmi ceux qu'ils connaissent plutôt) se nomme… Bayrou. Soit ils sont indifférents aux autres, soit ils espèrent uniquement en l'ancien ministre de l'Éducation.   
Attention ! Pas de raccourci facile.
Aucun d'entre eux ne regarde les émissions politiques à la télévision (« sauf pendant les pubs des autres chaînes m'sieur ! »). Ils ne lisent pas de journaux. Quelques livres seulement. N'écoutent que Skyrock. Ils ignorent donc tout du combat de Bayrou contre les médias. Et aucun n'est au courant de la visite plutôt réussie de Bayrou en banlieue. Non. C'est en lisant les éléments rassemblés par leurs éducateurs qu'ils plébiscitent le Béarnais. Et puis parce qu'il est au centre. « Il est neutre lui » explique A.

Et puis aussi par défaut.
Par défaut ? Oui. Parce qu'il y a un candidat qui n'a aucune chance de recevoir leur soutien.

Nicolas Sarkozy. 

Je pense en analysant cette réunion a posteriori que l'ex-ministre de l'Intérieur ne mesure pas du tout la blessure qu'il a occasionnée à ces mômes, lorsqu'il en « a traités » certains de racailles et les a menacés du kärcher©…  Et nous ne le mesurons pas vraiment non plus. Pour nous ce ne sont que des mots malheureux. Une simple maladresse. Un fâcheux dérapage. Pour eux c'est une humiliation. Mais même en écrivant ce mot ici -  H-U-M-I-L-I-A-T-I-O-N -, cette humiliation n'a pas le poids de ce qu'ils ressentent.   

Et Ségolène Royal ? « Mais elle sourit tout le temps ! » lâche, génial, mon voisin. Les critiques qui lui sont faites par certains sont étonnantes, car elles pourraient tout aussi bien venir de militants chevronnés de gauche. Mais la candidate socialiste ne les passionne pas. Un peu de misogynie en passant chez ma voisine. Je le lui fais remarquer. Elle ne s'en défend pas.

Retour à Sarkozy. « C'est un raciste comme Le Pen ».

La droite ? « Tous des racistes ».

Au passage, je teste de Villiers. « Connais pas »…

Pendre du temps alors pour expliquer le racisme. Les dernières enquêtes. 30% des Français qui "se disent" racistes. Une tare présente à droite comme à gauche. Pas le monopole des gens de droite. Je veux prendre l'exemple de Georges Frêche qui critique les blacks de l'équipe de France de foot, pour montrer qu'à gauche aussi...

« C'est qui ? »

ok. Raté Guy.

Ça calme.

Très vite de là, la conversation va dériver sur leurs problèmes quotidiens avec « les bleus », la police.

À cause de Sarkozy.

Je demandé à l'un d'entre eux qui s'en plaignait de me raconter les contrôles  - « des fois, cinq fois par jour » -, les raisons de ces contrôles, comment il réagit lorsque cela arrive. J'ai voulu qu'il m'explique vraiment, tout simplement parce que, moi, je ne me fais jamais arrêter. Et donc, je ne comprends pas. Je ne peux pas comprendre. Il a pris la parole doucement, après une hésitation, en me regardant droit dans les yeux. Ce que j'ai alors entendu m'a laissé assez minable.
« Les CRS venus du sud qui se la racontent ». L'arrogance de certains policiers («pas de tous»), l'humiliation quotidienne : «Y me d'mandent qu'est-ce que t'as à me regarder dans les yeux ? » . « J'ai d'abord répondu. Et puis à force, j'ai compris qu'il ne fallait pas leur répondre ».

Se faire contrôler ? Juste une sale routine. Pour tous.

D'après Agnés, c'est peut-être bien la première fois qu'il parlait à un tiers de ce genre de choses. Mais qui lui a déjà demandé de raconter ? Même sentiment chez son voisin. Rien de pire que les flics. 

Après avoir écouté leurs récriminations sur les « bleus », autrement appelés « schmitts », je tente d'expliquer aux mômes qu'ils ont certes raison sur les mots de Sarkozy, sur les flics, mais qu'ils ont eux aussi, leur part de torts. Que peut-être, ils font peur aux flics. D'où leur agressivité. Un réflexe de défense. De peur. Qu'il m'arrive, lorsque je traverse Saint Denis, Villetaneuse ou une autre banlieue d'avoir peur lorsque je croise quatre ou cinq capuches qui me défient du regard. Que je baisse alors les yeux. Même s'ils me traitent de « pédé » si je change de trottoir. Je leur parle de la barre en face de chez moi. Du petit voisin d'en face qui me salue tous les jours et de son pitt.  Du jour où l'un de ses copains m'a gueulé « Ta mère la pute ! » parce que je lui ai demandé de ne plus tripoter l'Austin. De la honte de mon petit voisin. On ne peut pas insulter comme ça. Ils sont d'accord.

Je leur dis, aussi simplement que je le peux, leur racisme à eux. Je leur ai fait remarquer qu'ils se « traitent » entre eux. De «racailles », comme Sarkozy l'a dit après tout, de « youpins ». « C'est quoi  youpin monsieur ? ! » . Encore raté... Ah pardon de Feujs !« Ah oui les Feujs…  Mais c'est notre façon de nous parler ».

Je tente de leur montrer que cela peut aussi être considéré comme du racisme. Pas de contestation. 

Mais rien n'y fera.

Sarkozy est pour eux l'abomination absolue.
Presque davantage que Le Pen.
Et sa police est l'ennemi.

Leur pire angoisse ? Sarkozy président.

J'ai alors tenté de savoir en qui ils avaient encore confiance.
Le tour de table va être… Comment dire…
« Mes potes »
« Ma daronne et mon daron » Ambiance Gabin dans "Le Baron de l'Écluse" !
« Les médecins » se lance A. J'apprends ensuite que cet incroyable visage pâle de 15 ans, à la maturité étonnante, est suivie en HP…

Et vos profs ? « Oui y'a deux profs que j'aime bien » lâche la petite blonde silencieuse en anorak.
Dans l'ensemble, seuls leurs « potes » trouvent encore grâce à leurs yeux.
Et les éducateurs. Quoique.

Mon voisin, lui n'a confiance en personne. « Et en toi ? Tu as confiance en toi ? » « Oui, j'ai confiance en moi » chuchote-t-il presque en regardant le sol. Je n'accroche pas ses yeux.


Je démarre alors sur leurs projets et leurs problèmes. La boule à l'estomac en se levant le matin. Les emmerdes.


Silence.

M. le petit qui ne me regarde pas et qui dit que «rien ne l'intéresse» n'a «pas de problème» .


« C'est indiscret » me dit A. Elle a un peu raison. Je la rassure : rien de personnel.

Elle veut faire du droit. Mais comment s'en sortir ?

Discussion sur la drogue. Les candidats qui veulent légaliser le cannabis. Je leur fait comprendre que ça n'arrivera pas. L'alcool et la drogue. L'alcool pire que la drogue ou pas. Si on légalise, « on trouvera des trucs plus durs dans la rue » pense l'un d'entre-eux.

On en repasse par la case politique.

Les politiques…

Dès l'ouverture de la séance, ils m'avaient bien expliqué comment, de toute façon, leurs promesses n'étaient pas sérieuses.
« On peut pas payer une caissière comme un pompier quand même ! »
Magnifique comparaison et longues explications sur la différence entre la droite et la gauche en termes économiques : taxer davantage les particuliers ou les entreprises. Les impôts.
Augmenter les impôts mais pour augmenter les salaires de tout le monde.
Pas seulement les plus pauvres.
Et si on n'augmente pas les impôts, on le prend où l'argent ?
« Faut prendre la tune dans le 16 ! » tranche ma voisine.
Éclat de rire général.

On a moins ri quand, la même, plus tard, s'est lancée sur la peine de mort. « Si on tue mon enfant, je veux qu'on attache le coupable et qu'on le bastonne tous ! » . Comprendre à mort. Son voisin n'est pas d'accord. Ils se sont déjà pris la tête sur le sujet en préparant notre rencontre. Discussion sur la différence entre la société, les Hommes et les animaux. Le pardon. La croyance. Je lui explique doucement qu'elle réagit en animal. J'essaie un détour par le Rwanda pour lui faire comprendre comment la peine de mort (désormais impossible en France) et la vengeance personnelle donnent la guerre civile. Les machettes. Radio Mille collines. Touché.

Je fais - dans un raccourci - du Président le seul vrai garant de cette organisation sociale.

S'ils savaient nos candidats qu'aux Mureaux, à Trappes, à Houilles, il y a des gamins qui croient désormais ça… Au moins je l'espère. 

Je suis fatigué. Eux aussi sûrement. Je pense à tenter de conclure. Je me lance sur ce qui apparaît évident en sortant d'un tel moment. Ils ont besoin de nous. De nous tous. Le problème – je cite Coluche – c'est qu'ils sont moins égaux que moi, que nous. Il faut impérativement rétablir, et par la force si nécessaire, cette égalité. Que tous aient la même chance après le départ inégal. J'évoque Ségolène Royal et le soutien scolaire gratuit pour tous. 

Un portable sonne deux fois sur ma droite. Une musique bien bien naze.
Mon adversaire de billard répond au deuxième appel.

Je continue sur l'égalité.

Il raccroche.

Je lui fais alors remarquer que ça ne se fait pas.

Et puis je m'adresse aux deux plus petits qui sont restés assis deux heures, qui ont écouté, mais qui ont passé leur temps à se chercher, se pincer, se pousser.

Je demande à M. de ne plus se cacher derrière sa main. De me regarder dans les yeux quand je lui parle.

Il lui faut accepter qu'on l'aide. Ne pas mordre la main qui se tend...

Sourire.



Nous allons rentrer vers la capitale. La capitale... Eux vers la merde.

Je sais déjà que je vais revenir bientôt. Qu'il ne m'est plus possible de faire autrement. Que nous devons tous nous occuper d'eux. C'est essentiel. Mais ça on ne le perçoit pas à distance. 

La présidentielle ?  À des années lumières.
L'identité nationale, le drapeau… Les sondages ! Mais quel est donc le rapport entre nos préoccupations et les leurs ?

Il faut multiplier par dix, par vingt, le nombre des éducateurs – des modèles, des héros, ceux-là.
Continuer à protéger ces enfants, loin de la prison.
Nous qui avons réussi, nous avons le devoir moral, la responsabilité impérieuse de les accompagner, de les soutenir. De ne pas les laisser. Et pas une fois, comme ça ; comme je viens de le faire tranquillement, en passant…   

A. vient vers moi.
« Vous connaissez Frédéric Taddéi ?»
« Oui comme ça.» .
« J'adore Paris Dernière» .
Un blanc.
« C'est comme ça que j'ai connu Schopenhauer ».


Oui. C'est sûr que je vais revenir.

Merci.

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

toast a écrit:

De toute façon ils ne prévoient pas d'émeutes en Écosse pour la victoire de Sarkozy, pas comme dans certaines préfectures françaises.

Tu ne crois pas si bien dire. Les RG qui n'avaient rien vu en 2005 sont sur les dents en cas de victoire Sarko pour ne pas être accusés encore une fois de n'avoir rien vu venir.

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

déjà une tentative d'instrumentalisation de la jeunesse via les emails hoaxés a écrit:

APPELLE A TOUS LES COLLEGIENS ET LYCEEN SE SOIR NICOLAS SARKOZY EST ELU DEMIN MANIFESTATION ET BLOCUS DEVANT TOUT LES COLLEGES ET LYCEE CET FOIS CEST PAS DES PAROLES EN L'AIRE CA VA CE FAIRE FAIS TOURNER CE MESSAGE FAIT COPIER ET COLLER

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

Free French a écrit:
déjà une tentative d'instrumentalisation de la jeunesse via les emails hoaxés a écrit:

APPELLE A TOUS LES COLLEGIENS ET LYCEEN SE SOIR NICOLAS SARKOZY EST ELU DEMIN MANIFESTATION ET BLOCUS DEVANT TOUT LES COLLEGES ET LYCEE CET FOIS CEST PAS DES PAROLES EN L'AIRE CA VA CE FAIRE FAIS TOURNER CE MESSAGE FAIT COPIER ET COLLER

FF tu te sens obligé de faire copier coller comme un crétin de base ?

"On dit d'un accusé qu'il est cuit quand son avocat n'est pas cru."   
Pierre Dac

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

Oui big_smile
Pour démentir le hoax.

Je ne l'ai bien sûr pas forwardé.

Je suppose qu'il n'y a pas de collégiens et lycééns sur le forum...

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

*

Last edited by Oscar Wilde (11-02-2009 01:49:17)

1,385

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

Eric Zemmour est le dernier des cons. S'il y a eu instrumentalisation, elle a plus provenu du RPR et du PS qui avaient tous deux intérêt à ce qu'on ne parle pas de ça. Mais c'est tellement plus facile de balancer (en creux) des accusations contre les soixante-huitards. Pitoyable.

"Je sens en deux parti[e]s mon esprit divisé." (Pierre Corneille, Le Cid)
"Et en deux sous-parties" (Richard Descoings)

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

qui a écrit:

violences urbaines des dernières 24 heures y contribuent largement : avec 730 voitures incendiées, 592 personnes interpellées et 78 policiers blessés, au cours de manifestations ayant vite dégénéré ou de razzias aveugles, c'est bien un pays vivant en permanence un conflit de basse intensité* qui a révélé hier ses fractures et ses déchirements, dans les urnes, sur les plateaux de télévision comme dans la rue. Les couplets d'usage sur la "victoire de la démocratie" ne font guère illusion face à ces actes de violence mus essentiellement par la haine de l'autorité, une autorité dont Nicolas Sarkozy est devenu le symbole. Et je suis persuadé qu'une grande part des Français ayant voté pour lui ont plébiscité le retour d'une autorité qui depuis trop longtemps fait défaut.

Les brasiers de la France contemporaine sont en général oubliés : les médias ne les signalent guère, jugeant normale et donc indigne de tout intérêt soutenu la centaine de voitures qui brûle en moyenne chaque soir, et les dirigeants politiques ne se bousculent pas pour traiter ouvertement ce conflit dont le développement, d'une alternance à l'autre, les rend tous co-responsables. On peine même à croire, au vu de l'image généralement donnée de la France, qu'il a fallu instaurer l'état d'urgence à l'automne 2005 pour mettre un terme à l'escalade des violences urbaines et ramener celles-ci au-dessous du seuil d'attention médiatique, et donc du seuil d'action politique.

[...]

A chaque époque, le ciel a toujours semblé sur le point de nous tomber sur la tête (même si s'exprimer de Suisse place dans des conditions particulières), mais il y a toujours des menaces à conjurer, des dangers à maîtriser, des défis à relever. Ceux qui attendent le nouveau Président de la République ne sont pas pires que ceux de ses prédecesseurs, mais ils n'ont pas encore le caractère tangible et linéaire, vaguement rassurant, des faits historiques...

Last edited by Free French (07-05-2007 20:54:30)

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

fétiche a écrit:

Eric Zemmour est le dernier des cons. S'il y a eu instrumentalisation, elle a plus provenu du RPR et du PS qui avaient tous deux intérêt à ce qu'on ne parle pas de ça. Mais c'est tellement plus facile de balancer (en creux) des accusations contre les soixante-huitards. Pitoyable.

Un Zemmour de Besson ....

"On dit d'un accusé qu'il est cuit quand son avocat n'est pas cru."   
Pierre Dac

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

Pour reprendre le thème des affrontements de Cergy ouvert dans le thread "les collusions presse/pouvoir":
http://www.rue89.com/2007/06/22/les-ech … e-ignorees

1,389

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

Signe des temps...

http://www.lemonde.fr/societe/article/2 … _3224.html

Banlieues : les tirs contre la police se multiplient
LE MONDE | 16.03.09 | 10h29  •  Mis à jour le 16.03.09 | 11h05

Les blessures infligées par du petit plomb aux dix policiers touchés aux jambes samedi 14 mars lors d'affrontements dans un quartier des Mureaux (Yvelines) sont superficielles. Mais elles allongent la liste des tirs essuyés par les policiers ces derniers mois. Les violences de Villiers-le-Bel (Val-d'Oise), en novembre 2007, avaient marqué un tournant par leur ampleur. Depuis, il y a eu Grigny (Essonne), où des policiers ont été également pris pour cible.

"Un tabou a été levé, estime un responsable de la sous-direction de l'information générale (SDIG, ex-Renseignements généraux). De plus en plus, dans les cités, ils sortent les armes." "Un échelon supplémentaire a été franchi, constate de son côté le directeur départemental de la sécurité publique des Yvelines, Christian Loiseau. Ce qui est inquiétant, parce que cela veut dire qu'un verrou psychologique a sauté." En novembre 2007, 82 policiers avaient été blessés lors des échauffourées de Villiers-le-Bel, dont plusieurs par des tirs, après la mort de deux jeunes circulant sur une minimoto entrée en collision avec une patrouille. Ces événements avaient entraîné un alourdissement de l'équipement policier et, pour la première fois, un appel à témoins rémunérés.
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Sur le même sujet
Les faits "Guet-apens" contre des policiers aux Mureaux

Le 2 février, à Grigny, après l'attaque d'une boulangerie en bordure de la cité de la Grande Borne, quatre policiers avaient été touchés par des tirs de plomb, aux visages et aux jambes; l'un d'entre eux avait été hospitalisé. Des bouteilles remplies de graviers avaient été retrouvées, évoquant un guet-apens.

Même scénario, samedi 14 mars, aux Mureaux. Appelés en début de soirée pour l'incendie d'une voiture dans le quartier des Musiciens, les policiers, accueillis par des jets de projectile, ont eu le sentiment d'avoir été délibérement attirés dans cette zone. Un peu plus tard, vingt-quatre d'entre eux ont été visés et dix blessés par des tirs dans ce quartier et celui de Vigne-Blanche. Un tireur, posté sur un talus et armé d'un fusil à pompe, a été repéré mais n'a pu être arrêté. Un mineur de 14 ans a été placé en garde-à-vue pour avoir lancé des pierres.

A l'origine des ces incidents, la police évoque la mort d'un médiateur municipal, bien connu des services de police, issu du quartier des Musiciens, tué le 8 mars après une course poursuite en voiture à Bussy Saint-Georges (Seine-et-Marne), avec la brigade anti-criminalité départementale. Au cours de la semaine, plusieurs "accrochages", entre jeunes des cités et forces de l'ordre, annonciateurs de tensions, avaient déjà eu lieu à Chanteloup et aux Mureaux. Un CRS avait alors été blessé par un tir de plomb de 12 mm, identique à ceux de samedi soir.

Aussitôt, trois syndicats de police, l'UNSA-Police " le syndicat unique", Alliance et SGP-FO ont réagi, en dénonçant une "montée de violence organisée et armée". Dimanche, la ministre de l'intérieur, Michèle Alliot-Marie s'est rendue sur place. Le dispositif de sécurité avait été renforcé et un hélicoptère survolait la zone dès la fin de journée. La nuit a cependant été très calme.

"ON N'Y VA PLUS LA GUEULE ENFARINÉE"

Selon les services de renseignement, ces violences ne témoignent pas d'une montée particulière de tensions dans les banlieues. L'ambiance, dit-on, est toujours la même. Classé secteur difficile, les Mureaux et leurs alentours connaissent cependant, depuis plusieurs semaines, une "certaine tension" selon Christian Loiseau, directeur départemental de la sécurité publique. "Sans doute, avance-t-il, parce que nous avons procédé à beaucoup d'interpellations pour des stupéfiants. En tous cas, je ne crois pas que cela soit lié à la crise". Reste la forme. "On était habitués aux guet-apens, aux caillassages, dit un commissaire, pas aux tirs". "Nous nous méfions des guet-apens, témoigne un autre commissaire des Yvelines, et quand nous sommes appelés pour une voiture qui brûle, on n'y va plus la gueule enfarinée. Parfois, quand le feu ne présente pas un danger, on ne se déplace pas".

Avant les évènements de Villiers-le-Bel, des armes à feu ont pourtant été utilisées, dans une moindre proportion, lors des émeutes de l'automne 2005, à Montfermeil, Noisy-le-Sec, à la Courneuve et à Saint-Denis. Des policiers en patrouille avaient également été visés, à trois reprises, par un ou plusieurs tireurs dans un quartier sensible de Brest. D'autres coups de feu avaient été signalés à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) et Grigny (Essonne), où quatre fonctionnaires avaient été blessés.

En mars 2007, à Etampes (Essonne) des individus avaient organisé un rodéo dans le quartier de l'Epinette, avant d'incendier le véhicule pour attirer pompiers et policiers. Pendant leur intervention, ils ont été visés par 20 à 30 tirs, déclenchés avec une carabine 22 long rifle équipée d'une lunette de visée. Un fonctionnaire avait été touché à la jambe. A Aulnay-sous-Bois, en novembre 2007, des engins explosifs artisanaux - des bouteilles de gaz autour desquelles avaient été scotchées des boîtes de clous - avaient été retrouvés.

Plus récemment, dans un tout autre contexte, lors du mouvement social de février en Guadeloupe, des armes à feu ont été utilisées contre la police, puis en mars, à la Martinique et à la Réunion.
Luc Bronner et Isabelle Mandraud

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

3 télégrammes fuités par Wikileaks aujourd'hui 1er décembre 2010 parlent des émeutes de banlieues d'octobre/novembre 2005 :

2005-11-04
VIOLENCE IN SUBURBS: COMMENTS OF TERRORISM
http://cablegate.wikileaks.org/cable/2005/11/05PARIS7527.html

2005-11-09
THE FRENCH INTEGRATION MODEL: GOING UP IN SMOKE?
http://cablegate.wikileaks.org/cable/2005/11/05PARIS7682.html

2005-11-17
ANALYZING THE CIVIL UNREST -- THE ISLAMIC FACTOR
http://cablegate.wikileaks.org/cable/2005/11/05PARIS7835.html

1,391

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

C'est gentil FF de nous donner les liens, mais si tu les as lus et que tu y as trouvé un intérêt, tu pourrais mettre un court extrait avec la substantifique moelle dedans quand tu postes des câbles wikileaks ?

"Et sans races, comment peut-on parler de racisme?" - sabaidee, 16/05/2014
"Allez, rince ton visage et enlève la merde dans tes yeux, va lire les commentaires des lecteurs du monde (le monde, hein, pas présent ou national hebdo) et tu percevras le degré d'agacement que suscitent ces associations subventionnées..." - sabaidee, 06/09/2016

"(influence léniniste de la "praxis historique réalisante et légitimée par sa propre réalisation historique effective", au sens hégélien du terme, dans l'action islamiste, au travers de l'état islamique - je n'utilise volontairement pas de majuscule pour cet "état" en ce que je lui dénie toute effectivité historique)" - Greg, 18/07/2016

"Oui oui, je maintiens. Il n'y a rien de plus consensuel que le Point. " - FDL, 28/07/2016

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

Je n'ai pas encore eu le temps de lire ces télégrammes, je suis juste tombé dessus parmi tous les télégrammes concernant la France.
Je lis plutôt les télégrammes sur la politique étrangère de la France et des Etats-Unis, pas trop les télégrammes de politique intérieure.

Sur les émeutes, j’espérais que ça intéresserait quelqu'un qui puisse remarquer des pépites.

Si je vois des perles dans les télégrammes, je les twitte et les poste sur facebook ou les blogue.

Je vais te répondre sur le fil wikileaks sur les pépites trouvées jusqu'à présent dans les autres télégrammes.

1,393

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

Libé a écrit:

Non-lieu pour les deux policiers de l'affaire de Clichy-sous-Bois

Les familles de Zyed Benna et Bouna Traoré, morts électrocutés en 2005 dans un transformateur EDF où ils s'étaient réfugiés après une course-poursuite avec des policiers, vont se pourvoir en cassation.

La cour d'appel de Paris a accordé un non-lieu aux deux policiers initialement renvoyés devant un tribunal dans l'enquête sur la mort de deux adolescents à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), à l'origine des émeutes dans les banlieues en 2005, a-t-on appris mercredi auprès de l'avocat des policiers et de source judiciaire.

Le 27 octobre 2005, Zyed Benna, 17 ans, et Bouna Traoré, 15 ans, étaient morts électrocutés dans un transformateur EDF où ils s'étaient réfugiés après une course-poursuite avec des policiers. Un troisième adolescent, Muhittin Altun, avait survécu.

Les deux policiers avaient initialement été renvoyés par les juges d'instruction chargés de l'enquête devant le tribunal correctionnel pour «non assistance à personne en danger».

«Le dossier a toujours été vide», a dit Me Daniel Merchat après la décision rendue à huis-clos par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris.

«L'affaire de Clichy s'arrête théoriquement aujourd'hui.» Pour les parties civiles, «il reste la possibilité de se pourvoir devant la cour de cassation», a-t-il ajouté en se réjouissant qu'après «cinq ans, (ses) clients voient enfin leur honnêteté professionnelle reconnue». «Au bout de 5 ans, la petite voix de la vérité judiciaire a fini par couvrir le tintamarre des leurres médiatiques», a déclaré l'avocat des deux policiers.

Les familles des deux adolescents vont se pourvoir en cassation, a annoncé dans la foulée leur avocat Me Jean-Pierre Mignard.

(Source AFP)

http://www.liberation.fr/societe/010123 … -sous-bois

"Moult a appris qui bien connut ahan"

1,394

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

Je n'ai pas vraiment trouvé de thread adéquat.
Cet article m'a fait rire :

Le Figaro a écrit:

Les cadres de la SNCF inquiets de déménager à Saint-Denis

Pour les rassurer, Guillaume Pepy va renforcer les patrouilles sur le RER D qui dessert le site. Il aurait même envisagé de construire un accès privé depuis une gare.

Elle a beau être la ville-phare du 9-3 et le troisième pôle d'affaires francilien, cela ne suffit pas pour autant. Si la ville de Saint-Denis séduit les entreprises parisiennes en quête de foncier à prix très modérés, elle convainc en revanche plus difficilement leurs salariés. Ainsi, avant même de déménager dans les anciens locaux d'ArcelorMittal, les cadres de la SNCF semblent franchement réticents à l'idée d'être délocalisés dans cette ville.

«Une rumeur a couru un temps disant que certains hauts cadres s'étaient même renseignés afin d'évaluer le coût d'un dédit. Trop cher, apparemment», raconte Thierry Robert, secrétaire général de l'Union nationale des cadres, maîtrises et techniciens de la fédération FO des cheminots. «Les gens s'inquiètent beaucoup, même si nous n'avons eu pour l'heure aucun écho d'agressions commises sur le personnel de la direction de l'ingénierie à Saint-Denis depuis quelques années déjà, constate pour sa part Gilles Grellet, le secrétaire général de la CGT services centraux. Mais 80 % des agents ne sont pas satisfaits de ce déménagement.»

Selon Thierry Robert, lors d'une réunion en septembre dernier à Cannes devant des salariés, Guillaume Pepy, le président de la SNCF, a tapé du poing sur la table. «Pour donner l'exemple, c'est même lui qui ouvrira la marche en posant le premier ses cartons sur le nouveau site dès cet été.» Quoi qu'il en soit, l'état-major de la SNCF, dont le siège est situé actuellement rue du Commandant-Mouchotte, à une enjambée de la gare Montparnasse à Paris, va donc devoir s'y faire.

Renforcement de la sécurité

Pour faire passer la pilule, la direction multiplie les attentions. Ainsi, expliquait récemment le magazine La Vie du rail dans un entrefilet, «pour éviter la “zone”, les cheminots auront leur accès privatif». Et de détailler: «Il est prévu qu'à la descente du RER D (Stade de France-Saint-Denis, NDLR) les agents puissent se rendre directement depuis le quai jusqu'au siège par un cheminement privé.» «Faux!» rétorque-t-on à la SNCF: «il n'y aura pas de passerelle ni de cheminement, ni d'accès direct au futur siège depuis la gare.»

Aux dires de certains syndicalistes, le projet aurait été trappé pour raisons… économiques. «Cela aurait été redoutable en terme d'image, analyse un bon connaisseur du dossier. On en aurait déduit que la SNCF avait peur de ses usagers et qu'elle mettait en place une zone verte à Saint-Denis, comme celle réservée aux Américains à Bagdad. Interdite aux autochtones, en somme.»

Pas d'accès spécifique, donc, mais un renforcement de la sécurité. Lors d'un CHS-CT en juillet dernier, la SNCF a notamment proposé d'intensifier progressivement les mesures jusqu'à la fin du déménagement, en 2017, date à laquelle le nouveau site et ses cinq bâtiments accueilleront 5 600 salariés. «En commençant par la constitution d'une équipe Suge (la police ferroviaire) complémentaire en 2013, ce qui permettrait de renforcer considérablement la présence de cette police ferroviaire sur le site et de densifier les contrôles sur la ligne D», peut-on lire dans le document.

Deux poids, deux mesures, entre les simples usagers et les cadres de la SNCF? «Mais on le fait aussi ailleurs», argue l'entreprise. Quant aux quatre RER supplémentaires quotidiens qui doivent arriver en renfort à partir de décembre 2013 sur la ligne D, «la décision a été prise bien avant le projet de délocalisation du siège». Là encore, rien à voir avec le déménagement…

La peur des cadres d'Orange

Confrontés à des problèmes récurrents d'insécurité depuis leur arrivée en mars 2010 à Saint-Denis, les salariés d'Orange Business Service ne sont, trois ans après leur déménagement, pas plus rassurés qu'avant. «À l'heure du déjeuner, il n'y a qu'à voir la cantine: elle est au bord de la saturation car les gens sont tellement peu sécurisés ici que personne n'ose mettre le nez dehors», constate Sébastien Crozier, délégué syndical CFE-CGC-Unsa chez France Télécom. Pourtant, les mesures de sécurité ont été renforcées: filtrage serré à l'entrée du bâtiment, «grands frères» chargés de surveiller et de jouer les médiateurs, consignes régulièrement martelées par la direction afin que les cadres ne sortent pas un téléphone portable à la main, qu'ils se déplacent à plusieurs… «Ces attitudes moins ostentatoires ont heureusement permis de diminuer les agressions, puisqu'on compte en moyenne un incident grave tous les deux mois, contre onze en 2011», relate Sébastien Crozier. Insuffisant toutefois, pour rassurer le personnel. Conséquence: des bureaux «nomades» seraient mis en place à Paris par la direction.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

1,395

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

FDL a écrit:

Cet article m'a fait rire :

Le Figaro a écrit:

Les cadres de la SNCF inquiets de déménager à Saint-Denis

Tellement classique, il y a aussi eu le déménagement des archives du MAE à La Courneuve:

Le Figaro en 2008 a écrit:

Ce vaste chantier n'a pas été engagé sans heurts. Son lancement a suscité l'inquiétude des agents des Archives (une centaine), mais aussi de diplomates et d'universitaire critiquant l'éloignement du fonds d'archives de l'administration centrale du ministère. Questions pratiques - faudra-t-il prendre le RER pour consulter un texte ? - et symbolique.

Vice-présidente de la Commission des archives diplomatiques, Hélène Carrère d'Encausse a donné de la voix. Si elle se plie à la décision prise, elle ne la déplore pas moins. «J'ai toujours été pour une solution parisienne», déclare au Figaro le secrétaire perpétuel de l'Académie française. «On pouvait trouver d'autres endroits comme le Musée de la porte Dorée ou l'Institut géographique national», estime-t-elle en relevant qu'«on a choisi la solution de l'innovation totale avec des locaux magnifiques, certes, mais qui manquent de souffle historique». Et de s'interroger, sans mâcher ses mots : «Pourquoi ne pas exporter le Louvre à Aubervilliers, puisque tout s'exporte ? Je crains que l'âme de Paris ne disparaisse au profit des boutiques de luxe et des restaurants.»

Certes, l'option retenue n'est peut-être pas idéale, mais c'est la plus réaliste, répond-on au Quai d'Orsay. Pour Jean Mendelson, «à La Courneuve, nous disposerons enfin d'un outil moderne, conçu aux normes de la profession d'archiviste, et qui permettrade mettre en valeur et d'assurerle rayonnement de ce fonds exceptionnel».

http://www.lefigaro.fr/actualite-france … orsay-.php

Les plus hypocrites ayant été les chercheurs en sciences humaines qui passent leurs temps à dénoncer les réflexes de classe et qui font des pieds et des mains depuis près de 6 ans pour rester dans le centre de Paris:

Nouvel Obs en 2007 a écrit:

Une tempête agite la prestigieuse institution, peu disposée à quitter Paris pour rejoindre Aubervilliers. Enquête

L'histoire semble presque trop belle pour être vraie. On la jurerait sortie d'une officine de barbouzes cherchant à discréditer la nouvelle sorcière du régime: le «radical chic», le bourdieusien à mocassins Ferragamo. Une mutinerie de chercheurs de la prestigieuse Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales refusant de franchir le périphérique. Jamais sans mon boulevard Raspail... La «carte Orange 3 zones» ne passera pas! A y regarder de plus près, l'affaire est toutefois plus épineuse qu'une simple querelle de Clochemerle à Saint-Germain-des-Prés, et elle risque même de peser sur le sort de l'enseignement des sciences humaines françaises dans son ensemble.

A l'origine de cette incroyable zizanie, le projet de relocalisation de l'institution au sein d'une grande « Cité des Humanités et des Sciences sociales » qui devrait voir le jour à Aubervilliers en 2012. Campus à l'américaine, labos et mètres carrés à gogo, c'est du moins ainsi que le projet est mirifiquement présenté par la présidente Danièle Hervieu-Léger, élue à la tête de l'EHESS en 2004. Problème : alors que le premier coup de pelle de ce Berkeley sur Seine-Saint-Denis n'a toujours pas été donné, le durcissement des politiques de santé publique contraint l'école à évacuer dès la rentrée 2008 son actuel bâtiment parisien totalement amianté pour investir des locaux provisoires à 400 mètres du site final d'Aubervilliers.

«Une épreuve dont l'école pourrait bien ne jamais se relever», assure le jeune sociologue Cyril Lemieux, qui n'hésite pas à invoquer la possible satisfaction du gouvernement «à voir détruit le haut lieu de la critique sociale française, incarnation de la fameuse pensée 68». Les descendants de Braudel et de Bourdieu seront-ils les zeks du sarkozysme, bientôt déportés dans le grand Nord parisien ? Les photos crépusculaires du futur emplacement, exposées sur un blog d'opposants intitulé «Braudel's nightmare» («le cauchemar de Braudel»), font frémir le corps enseignant. Un no man's land de friches industrielles et d'entrepôts de grossistes en habillement. Aucun bistrot à proximité. Une ligne de bus ralliant aléatoirement la porte de la Chapelle.

Beaucoup craignent donc de voir le fleuron des sciences humaines parisiennes transformé en vaisseau fantôme coupé de toute sociabilité intellectuelle et éloigné des bibliothèques pointues. La quasi-totalité de la vitrine illustre de l'établissement, de Luc Boltanski au philosophe Pierre Bouretz, est vent debout et pétitionne à tout-va. La rumeur veut même qu'une cellule d'aide psychologique soit bientôt mise en place. «Il n'a jamais été question d'obliger ces messieurs à faire leurs 35 heures à Aubervilliers, s'agace la présidente. Elle-même affirme ne pas partir la fleur au fusil. Ce déménagement précipité, je le subis aussi. Mais il a visiblement fourni un alibi idéal à ceux qui se refusent par principe à quitter le centre de Paris.» Un combat d'arrière-garde pour Danièle Hervieu-Léger, qui invoque un nécessaire alignement sur les standards internationaux. «Ce n'est pas au café du coin que nous pourrons rivaliser dans des projets de recherche européens... Si nous demeurons une institution hors les murs, sans campus et sans infrastructures, nous disparaîtrons.»

Entre les partisans de la présidente et les «nonistes» prêts à tout pour torpiller le projet Aubervilliers, insultes et mails incendiaires fusent depuis un mois, les seconds se voyant accusés de se cramponner à leur petit confort bourgeois. Un habitus non sans énergie résumé par l'un de leurs adversaires: «Shopping chez Prada, consommation de sandwichs au pain Poilâne garnis de saumon fumé sauvage acheté au Bon Marché, drague des giscardiennes de la rue Saint-Guillaume.»

«En tant que chercheuse et citoyenne, je suis consternée», affirme Isabelle Backouche, maître de conférences à l'EHESS, qui croit détecter derrière la révolte des mandarins une morgue anti-banlieues. Longtemps prof à Sarcelles, cette historienne en urbanisme assure que l'école aurait un rôle pionnier en allant là-bas. «A terme, notre présence pourrait donner une autre image des marges.» Le genre d'arguments culpabilisateurs qui fait bondir Alain Blum, autre historien de la maison. «Aller vers le peuple, ce n'est pas aller se planter dans un bâtiment tout neuf en plein milieu d'une zone d'entrepôts. Aller vers le peuple, c'est éduquer...» Et d'invoquer l'exemple selon lui plus probant des quotas de ZEP admis à Sciences-Po.

Les scénarios les plus apocalyptiques circulent désormais. Le linguiste Pierre Encrevé redoute ainsi de voir se reproduire le drame vécu en 1978 quand l'université de Vincennes fut rasée pour être relogée à Saint-Denis. «Tous nos étudiants se sont évanouis dans la nature, et les professeurs "en vue" sont tous partis. » Depuis le campus de Chicago où il enseigne aussi, le philosophe Vincent Descombes évoque même une explosion pure et simple des Hautes Etudes. La présidente soupire. L'été prochain, des scellés seront posés sur le «54, boulevard Raspail». Il faudra quoi qu'il arrive partir et aller goûter aux sandwichs garantis sans pain Poilâne de la plaine Saint-Denis. »

http://bibliobs.nouvelobs.com/2007/10/2 … rd-raspail

J'avais déjà parlé de la révolte de l'EHESS, mais je ne m'en lasse toujours pas...  smile

Last edited by sabaidee (17-01-2013 12:18:27)

"L'islam n'est pas une idéologie" Broz

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Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

Tout va bien braves gens, on vous le répète...
http://www.ici-c-nancy.fr/index.php/act … ert-de-rap
Il semblerait que la mairie de Vandoeuvre soit intervenue pour faire déplacer des médiateurs de quartier dans le but de faire revenir le calme tandis qu’il était demandé à la Police de quitter les lieux.

Last edited by gustave (21-02-2013 22:25:10)

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

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Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

Un vrai cas d'école!
http://www.leparisien.fr/grenoble-38000 … 597301.php
Le médecin qui l’a examiné conclut ainsi son rapport : « Traumatisme crânien avec perte de connaissance suite à une tentative de strangulation suivie d’une chute dans les escaliers. »

[...]le 18 février, le conseil de discipline prononce à son encontre « une exclusion définitive » mais « avec sursis ». Cet élève reste dans l’établissement mais change juste de classe. « Il n’a même pas eu une heure de colle pour des faits aussi graves. C’est scandaleux », clame Véronique, la mère d’Hugo.
[...] Du côté du rectorat, on regrette le départ d’Hugo, mais on justifie l’absence d’exclusion contre son agresseur : « Nous sommes dans le domaine de l’accompagnement de mineurs. Il convient de donner au jeune agresseur une chance pour le futur et qu’ayant pris conscience de ce qui s’était passé il ne renouvelle pas ce genre d’exaction », explique le directeur de cabinet du recteur.

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

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Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

Tiens, ça me rappelle quelque chose, ça :

Le Figaro a écrit:

Poursuite des émeutes à Stockholm

Pour la troisième nuit consécutive, de violentes émeutes ont eu lieu dans une douzaine de banlieues de Stockholm en Suède. Des jeunes ont incendié des voitures et lancé des pierres contre la police qui a procédé à plusieurs interpellations.

Les émeutes auraient comme point de départ la mort d'un homme de 69 ans à Husby, une banlieue proche de la capitale suédoise. Il a été abattu par des policiers, alors qu'il les menaçait avec une machette. Au moins 100 personnes ont été impliquées dans des affrontements avec la police dans la nuit de dimanche et celle de lundi.

Ces incidents ont relancé les débats quant à la mauvaise intégration des immigrés dans le pays. Ces derniers sont fortement implantées dans les banlieues de Stockholm. Mais les troubles s'expliqueraient aussi par la ségrégation et le chômage, selon le quotidien suédois Dagens Nyheter cité par le Courrier international.

Soit dit en passant, je suis tombé sur cette information par hasard, je ne savais même pas qu'il y avait des émeutes avant ce matin.

"François Hollande, qui est et reste à mes yeux un très bon Président, un décideur juste et bon, d'une intelligence fine et curieuse de tout, posé, humble et droit, un grand homme politique, bien élu, qui a engagé de très nombreuses réformes qui s'imposaient depuis des années voire des décennies" (Greg)
"Dès que je vois inscrit "FDL", je ne lis pas. C'est perte de temps. Il est totalement timbré, violent, et ses écrits me révulsent.  Son idéologie qui a évolué vers l'extrême droite est symptomatique d'une véritable dégénérescence intellectuelle." (Greg)
"Le CCIF défend les libertés fondamentales." (Broz)

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Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

Pas ce qui intéresse nos médias...

"Si le peuple pense mal, changeons le peuple..."

1,400

Re: Emeutes de banlieues : "Le calme est revenu à Clichy Sous Bois"

Le Monde en parle quand même.

Ces phénomènes de violence urbaine ne sont tout de même pas nouveaux, ni propres à la France.

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