- Pour tous les amateurs de Spirou, allez prudemment lire "Spirou à Tokyo", c'est du grand n'importe quoi : un carnage pathétique dans la lignée manga du dernier Astérix. Spirou, Fantasio et Skip...
Adieu.
- le dernier Lucky Luke est moins iconoclaste (quoique): les Daltons se font passer la "Corde au cou" par des Sqaws très moches (sauf Averell qui s'en tire bien). Ya Joe Dassin, Kirk Douglas et John Wayne qui se baladent. Et nos derniers doutes sont enfin levés : non les Daltons ne sont pas homosexuels.
Sinon, bon, je ne vais pas me répandre ici parce que cela manque d'intérêt mais je viens de me taper un grand nombre de Sfar (ça va des épisodes du "Minuscule mousquetaire" - la meilleure série que j'ai lue avec "la Vallée des merveilles"- au "Professeur Bell" en passant par "La fille du professeur"[avec Guibert, dont je n'ai jamais réussi à terminer "Le photographe"], "la Sardine de l'espace", et "Socrate le demi-chien") et je crois que mon cas est vraiment désespéré : je trouve ça pourri.
Sfar me donne l'impression d'esquisser des brouillons de personnages et d'avancer avec eux dans le brouillard (je dirai même : le fog, pour faire genre), son objectif : torcher 50 pages. Le problème c'est qu'il ne "voit" pas ses personnages, ce ne sont que des abstractions tirées du néant et qui s'en vont joyeusement vers une destination inconnue. Du coup, pour tromper ce vide assez préoccupant, ça rebondit dans tous les sens : les péripéties s'encha^nent, les deux ex machina invraisemblables s'enfilent les uns après les autres et, hop, tout d'un coup, c'est fini. Bref, l'histoire est perpétuellement en devenir et c'est très rigolo... au début. Parce que, sincérement, c'est vite saoulant : l'humour, globalement faible, n'est pas là pour rattraper le naufrage scénaristique, les dessins sont tordus et pas franchement agréables à regarder...
OK ya des détails sympas (j'adore la gueule des fantômes dans "le Professeur Bell"), ya des petits moments de grâce (le surf, dans "On ne patine pas avec l'amour" -Le minuscule mousquetaire"), ya de la loufoquerie (les lutins irlandais partouzeurs, la reine Victoria kidnappée par une momie, c'est trooop drôle), ya parfois de superbes couleurs (des pages jaunes fluos énormes, la peau orange du personnage de la Vallée des merveilles)...mais tous ses personnages et ses histoires sont comme la momie de "La fille du professeur" : des créatures sans substance qui tournent à vide.
En gros, pour synthétiser (attention je vais me lancer dans une interprétation puissante): j'ai l'impression que Sfar a décidé plus ou moins consciemment de briser les codes de la bédé traditionnelle en les tournant en dérision (cf. les héros des BD classiques qui viennent parfois jouer les bouffons : le Scorpion, etc.). Il brise les cadres (cf. ses vignettes travioles), n'est pas dupe des effets de manche traditionnels... Tout cela concourt à créer une oeuvre assez originale mais là où ça coince, à mon avis, c'est qu'il reste bloqué à ces non-histoires --et qu'il les multiplie avec rage.
Bon, c'est beaucoup de lignes consacrée à quelque chose qui m'ennuie, je me dis que l'essentiel m'a sûrement échappé (je lis très vite quand je suis à la FNAC et je n'ai donc pas le temps de m'extasier sur les virgules ou le choix de tel mot délicieux dans telle bulle adorablement placée) et il est probable qu'avec mon côté bourrin je sois passé à côté de quelque chose de bien, mais je ne vais pas faire semblant d'aimer non plus.
J'ai découvert pas mal de trucs sympas sinon :
- "Leçon de choses" (titre un peu pourri, "Leçon de vie" était sûrement pris) de Grégory Mardon : l'auteur à dû grandir à la campagne parce que le résultat est saisissant de réalisme. De bonnes idées (le comic lu par le gosse alors que les parents discutent à côté et qui reprend dans ses bulles les paroles des parents c'est très fort : les paroles banales du père deviennent celles d'un super héros, la mère devient une blle blonde évaporée, tout s'emmêle... enfin bon une idée super), quelques petites longueurs mais au total une bonne bédé.
- "La Marie en plastique" (Rabatet et Prudhomme) : l'histoire d'une vieille catholique et de son communiste de mari ; le tome 1 s'arrête sur une scène insoutenable, je suis curieux de voir ce que va donner le tome 2.
- les derniers Istin ("Aleph", "le Sang du Dragon"), de facture honnête - sans plus; le dernir Bilal - a fait mieux; "le Magasin général, Serge" (Loisel, Tripp) - pas eu le temps de le finir...
et je vais arrêter là , je ne vois pas qui peut lire un post aussi long.