151

Re: Nécrologie vol. III

Hercule Savignien a écrit:
vauban a écrit:

Une nouvelle place de libre à la gagadémie:

DERNIÈRE MINUTE 15h03 : Décès de l'académicien Jean-François Revel
     
Le philosophe, écrivain et journaliste Jean-François Revel, membre de l'Académie française, est décédé dans la nuit de samedi à dimanche à l'hôpital du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), à l'âge de 82 ans, ont annoncé ses proches. (AFP)

illustration...voire explication du décès.
Respectueusement,
http://medias.lemonde.fr/mmpub/edt/ill/ … _revel.jpg

Un intellectuel sans équivalent. Un de mes maîtres à penser... mais il commençait à se radoter (notamment sur la critique du communisme)
Aussi grand que Aron.
J'ai les emissions d'A voix nue, où il était invité, et où il se raconte. si y'en a que ça intéresse.

152

Re: Nécrologie vol. III

Il gatouillait depuis quelques temps sur l'anti-américanisme.

Il aurait eu quelque talent s'il était mort dans les années 60

Re: Nécrologie vol. III

Que t'es con mon czar mais que t'es con...

Merci de lire le disclaimer d'aml.

154

Re: Nécrologie vol. III

Czar a écrit:

Il aurait eu quelque talent s'il était mort dans les années 60

tu m'expliqueras...

155

Re: Nécrologie vol. III

thomas a écrit:

Que t'es con mon czar mais que t'es con...

être apprécié par des blaireaux dans ton genre est toujours rassurant.

156

Re: Nécrologie vol. III

Ricard ! a écrit:

J'ai les emissions d'A voix nue, où il était invité, et où il se raconte. si y'en a que ça intéresse.

Suis super interessé!!

Re: Nécrologie vol. III

Czar a écrit:
thomas a écrit:

Que t'es con mon czar mais que t'es con...

être apprécié par des blaireaux dans ton genre est toujours rassurant.

Si vomir ta connerie sur un forum d'une ecole qui n'a jamais ete la tienne ne s'appelle pas rater sa vie, je me demande bien quel nom on pourrait donner a cet etrange phenomene.

Merci de lire le disclaimer d'aml.

158

Re: Nécrologie vol. III

thomas a écrit:
Czar a écrit:
thomas a écrit:

Que t'es con mon czar mais que t'es con...

être apprécié par des blaireaux dans ton genre est toujours rassurant.

Si vomir ta connerie sur un forum d'une ecole qui n'a jamais ete la tienne ne s'appelle pas rater sa vie, je me demande bien quel nom on pourrait donner a cet etrange phenomene.

+1

159

Re: Nécrologie vol. III

thomas a écrit:
Czar a écrit:
thomas a écrit:

Que t'es con mon czar mais que t'es con...

être apprécié par des blaireaux dans ton genre est toujours rassurant.

Si vomir ta connerie sur un forum d'une ecole qui n'a jamais ete la tienne ne s'appelle pas rater sa vie, je me demande bien quel nom on pourrait donner a cet etrange phenomene.

Tu te balades avec un badge dans la rue ?

Tu portes un T shirt avec sciences po dessus ?  Ca te rassure la nuit ? 


tellement grotesque que t'es pas haïssable, "tool".

160

Re: Nécrologie vol. III

Czar a écrit:
thomas a écrit:
Czar a écrit:

être apprécié par des blaireaux dans ton genre est toujours rassurant.

Si vomir ta connerie sur un forum d'une ecole qui n'a jamais ete la tienne ne s'appelle pas rater sa vie, je me demande bien quel nom on pourrait donner a cet etrange phenomene.

Tu te balades avec un badge dans la rue ?

Tu portes un T shirt avec sciences po dessus ?  Ca te rassure la nuit ? 


tellement grotesque que t'es pas haïssable, "tool".

thomas, heureux de te confirmer que Czar est bien une sous merde

Je suis partout

161

Re: Nécrologie vol. III

thomas, heureux de te confirmer que Neige est un petit suiveur de merde qui trashe sur tout ce qui se fait trasher !

LJM

162

Re: Nécrologie vol. III

karl a écrit:
Ricard ! a écrit:

J'ai les emissions d'A voix nue, où il était invité, et où il se raconte. si y'en a que ça intéresse.

Suis super interessé!!

163

Re: Nécrologie vol. III

Ski alpin: Corinne Rey-Bellet assassinée par son mari

LES CROSETS/SAINT-MAURICE (AP) - L'ancienne championne de ski alpin Corinne Rey-Bellet a été tuée par son mari, probablement à la suite d'un problème conjugal.

Gerold Stadler, un banquier privé saint-gallois de 34 ans, qui a également abattu dimanche soir son beau-frère et blessé sa belle-mère aux Crosets (VS), est toujours en fuite. Un mandat d'arrêt a été délivré contre lui.

Le véhicule du meurtrier présumé a été retrouvé lundi dans la région d'Huémoz, près du village d'Ollon (VD), a précisé en conférence de presse à Saint-Maurice le juge d'instruction Philippe Médico. Selon les premiers éléments de l'enquête, le meurtrier s'est rendu dimanche vers 19h00 (heure locale) aux Crosets, au domicile des parents de son épouse, dont il était séparé depuis une dizaine de jours.

Il lui a ramené leur fils de deux ans et demi qu'ils ont couché dans son lit au premier étage du chalet. Tous deux ont ensuite discuté de leur couple dans l'appartement de l'ancienne skieuse, avant de regagner le rez-de-chaussée, où se trouvaient les parents de Corinne Rey-Bellet et son frère. Le père de l'ancienne championne est alors sorti.

C'est alors que le meurtrier a fait feu, tuant son épouse, 33 ans, et son beau-frère, 32 ans. Atteinte par cinq balles, la mère de Corinne Rey-Bellet a été hospitalisée. Son état est critique, mais stable. Le mobile du meurtre est vraisemblablement un problème conjugal, puisque le couple s'était séparé, a précisé le juge d'instruction.

Une fois son forfait accompli, le meurtrier a quitté l'appartement et a été aperçu par des témoins, tenant un pistolet à la main. C'est un habitant de l'immeuble qui a donné l'alerte.

Le Saint-Gallois a pris la fuite à bord de son véhicule, dans lequel la police a retrouvé le magasin vide de son arme.

Un important dispositif a été mis en place pour tenter de le retrouver. Environ 70 hommes des polices valaisanne et vaudoise ont été mobilisés. Lundi en début de soirée, les recherches étaient restées vaines.

"C'est un drame incompréhensible et tragique", a commenté Duri Bezzola, le président de la Fédération suisse de ski. La skieuse valaisanne Sylviane Berthod était également bouleversée. "J'essaie de digérer le choc, mais je n'arrive pas à réaliser, tellement c'est l'horreur", a-t-elle déclaré à la Télévision suisse romande.

Née le 2 août 1972 à Val d'Illiez (VS), Corinne Rey-Bellet a remporté la médaille d'argent de la descente des Championnats du monde de Saint-Moritz en 2003. La skieuse valaisanne est restée célèbre pour sa légendaire double victoire à Saint-Anton (Autriche) en 1999: le même jour, elle avait remporté la médaille d'or en descente et en Super G.

Elle avait signé cinq victoires en Coupe du monde entre 1999 et 2003, trois en descente et deux en Super G. Elle avait quitté la compétition après avoir été sacrée vice-championne du monde en 2003.

164

Re: Nécrologie vol. III

Jé a écrit:

Ski alpin: Corinne Rey-Bellet assassinée par son mari

LES CROSETS/SAINT-MAURICE (AP) - L'ancienne championne de ski alpin Corinne Rey-Bellet a été tuée par son mari, probablement à la suite d'un problème conjugal.

Gerold Stadler, un banquier privé saint-gallois de 34 ans, qui a également abattu dimanche soir son beau-frère et blessé sa belle-mère aux Crosets (VS), est toujours en fuite. Un mandat d'arrêt a été délivré contre lui.

Selon nos sources, il serait tombé fou amoureux d'une jeune étudiante française en échange à l'Université de Saint Gall. Sa femme avait alors découvert le pot-aux-roses et lui aurait interdit de revoir cette belle étudiante. Finalement quelques mois après le départ de la jeune française, son chagrin se serait transformé en haine féroce à l'encontre de sa femme.

http://unefiep2009.wordpress.com/

165

Re: Nécrologie vol. III

Alci a écrit:
Jé a écrit:

Ski alpin: Corinne Rey-Bellet assassinée par son mari

LES CROSETS/SAINT-MAURICE (AP) - L'ancienne championne de ski alpin Corinne Rey-Bellet a été tuée par son mari, probablement à la suite d'un problème conjugal.

Gerold Stadler, un banquier privé saint-gallois de 34 ans, qui a également abattu dimanche soir son beau-frère et blessé sa belle-mère aux Crosets (VS), est toujours en fuite. Un mandat d'arrêt a été délivré contre lui.

Selon nos sources, il serait tombé fou amoureux d'une jeune étudiante française en échange à l'Université de Saint Gall. Sa femme avait alors découvert le pot-aux-roses et lui aurait interdit de revoir cette belle étudiante. Finalement quelques mois après le départ de la jeune française, son chagrin se serait transformé en haine féroce à l'encontre de sa femme.

Ah Alci, tu as pensé à la même chose que moi.

166

Re: Nécrologie vol. III

Mais Necrid, ce n'est pas nous qui pensons, c'est la société qui pense à travers nous, il est donc normal que les mêmes idées nous viennent en même temps.

Last edited by Alci (01-05-2006 18:48:07)

http://unefiep2009.wordpress.com/

167

Re: Nécrologie vol. III

Suicide de l'intellectuel Boris Fraenkel, l'homme qui a révélé le passé trotskiste de Lionel Jospin
LE MONDE | 01.05.06 | 18h16  •  Mis à jour le 01.05.06 | 18h21 
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L'intellectuel et figure du trotskysme européen, Boris Fraenkel, s'est suicidé à l'âge de 85 ans en se jetant d'un pont sur la Seine à Paris dimanche 23 avril. La nouvelle n'a été révélée que lundi 1er mai par sa famille.

Né à Dantzig (actuelle Gdansk) en 1921, il est arrivé en 1938 en France, où il a introduit le philosophe américain Herbert Marcuse dont il a traduit (avec Jean Nény) "Eros et civilisation" en 1966, ainsi que le psychanalyste américain Wilhelm Reich. Il a également traduit des oeuvres de Lukacs et Trotski.

Animateur de la revue Partisans éditée par François Maspero, il fonda l'OCI (Organisation communiste internationale, trotskyste), ancêtre du Parti des travailleurs (PT) avec Pierre Boussel (alias Lambert) et dont il fut exclu à la fin des années 60.

Il avait révélé dès 1997 l'appartenance de Lionel Jospin pendant plusieurs années à l'OCI, ce que le dirigeant socialiste avait dans un premier temps démenti.

"On m'a souvent demandé pour quelles raisons, j'avais tenu à faire connaître ce passé-là de Jospin. Tout simplement parce que j'estime que le trotskysme n'est pas une maladie honteuse. Je crois bien que j'ignorais alors que Jospin cachait cette période de sa vie. Je supposais encore moins qu'il était resté si longtemps en contact avec Lambert, n'ayant plus eu le moindre rapport avec lui depuis 1966", expliquait Boris Fraenkel dans ses mémoires "Profession révolutionnaire" (Editions du bord de l'eau, 2004).

Ci-suit, le portrait de Boris Fraenkel publié par Le Monde (6 juin 2001) sous le titre "Boris Fraenkel, un militant trotskiste inclassable"

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0 … 169,0.html

Re: Nécrologie vol. III

Necrid a écrit:

Suicide de l'intellectuel Boris Fraenkel, l'homme qui a révélé le passé trotskiste de Lionel Jospin

L'intellectuel et figure du trotskysme européen, Boris Fraenkel, s'est suicidé à l'âge de 85 ans en se jetant d'un pont sur la Seine à Paris dimanche 23 avril.
(...)
Je supposais encore moins qu'il était resté si longtemps en contact avec Lambert, n'ayant plus eu le moindre rapport avec lui depuis 1966", expliquait Boris Fraenkel dans ses mémoires "Profession révolutionnaire" (Editions du bord de l'eau, 2004).

Conclusion: faites gaffe au choix de l'éditeur quand vous publiez vos mémoires.

169

Re: Nécrologie vol. III

Très bon...

http://unefiep2009.wordpress.com/

Re: Nécrologie vol. III

Necrid a écrit:
Alci a écrit:
Jé a écrit:

Ah Alci, tu as pensé à la même chose que moi.

http://eur.news1.yimg.com/eur.yimg.com/ng/sp/afpji/20060501/060501191526.31ka5r2b0b.jpg

WANTED !

"On dit d'un accusé qu'il est cuit quand son avocat n'est pas cru."   
Pierre Dac

171

Re: Nécrologie vol. III

Figure du trotskysme européen, Boris Fraenkel, s'est suicidé

01-05 17:06:31  L'intellectuel et figure du trotskysme européen, Boris Fraenkel, s'est suicidé à l'âge de 85 ans en se jetant d'un pont sur la Seine à Paris il y a une semaine, a-t-on appris lundi auprès de sa famille.

L'écrivain, qui avait initié l'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin au trotskysme dans les années 60, a laissé une lettre à ses proches auprès desquels il manifestait depuis assez longtemps des intentions suicidaires.

Il s'est jeté "du pont le plus haut de Paris" situé derrière la gare de Lyon, dimanche 23 avril tard le soir et son corps a été retrouvé deux jours plus tard dans le fleuve au niveau du 8ème arrondissement, ont indiqué ses proches.

Né à Dantzig (actuelle Gdansk) en 1921, il est arrivé en 1938 en France, où il a introduit le philosophe américain Herbert Marcuse dont il a traduit "Eros et civilisation" en 1966 (bien 1966) ainsi que le psychanalyste américain Wilhelm Reich. Il a également traduit des oeuvres de Lukacs et Trotski.

Animateur de la revue Partisans éditée par François Maspero, il fonda l'OCI (Organisation communiste internationale, trotskyste), ancêtre du Parti des travailleurs (PT) avec Pierre Boussel (alias Lambert) et dont il fut exclu à la fin des années 60.

Arrêté pendant les évènement de mai 1968, il fut expulsé vers la RFA qui le refusa, étant apatride. Il fut alors envoyé en rélégation dans un couvent de Lozère, à Nespinals, où il restera un an avant d'être libéré après une forte mobilisation d'intellectuels.

Il avait révélé dès 1997 l'appartenance de Lionel Jospin pendant plusieurs années à l'OCI. Mais Lionel Jospin avait démenti en arguant d'une confusion avec son frère Olivier, avant de reconnaître, en juin 2001, un an avant la présidentielle, son passé trotskyste après la révélation dans la presse de l'envoi d'une carte postale à Boris Fraenkel.

"On m'a souvent demandé pour quelles raisons, j'avais tenu à faire connaître ce passé-là de Jospin. Tout simplement parce que j'estime que le trotskysme n'est pas une maladie honteuse. Je crois bien que j'ignorais alors que Jospin cachait cette période de sa vie. Je supposais encore moins qu'il était resté si longtemps en contact avec Lambert, n'ayant plus eu le moindre rapport avec lui depuis 1966", expliquait Boris Fraenkel dans ses mémoires "Profession révolutionnaire" (Editions du bord de l'eau, 2004).

Je suis partout

172

Re: Nécrologie vol. III

Déjà mentionné sur la page précédente. Mal réveillée ? La neige a fondue ?

173

Re: Nécrologie vol. III

Necrid a écrit:

La neige a fondue ?

Pan! pour notre mirifique ami, qui m'a pantée hier wink

174

Re: Nécrologie vol. III

Madre ! Quelle fatale erreur ! La précipitation, une nuit blanche, Julie Coudry, enfin tu vois quoi...

175

Re: Nécrologie vol. III

Alci a écrit:
Jé a écrit:

Ski alpin: Corinne Rey-Bellet assassinée par son mari

LES CROSETS/SAINT-MAURICE (AP) - L'ancienne championne de ski alpin Corinne Rey-Bellet a été tuée par son mari, probablement à la suite d'un problème conjugal.

Gerold Stadler, un banquier privé saint-gallois de 34 ans, qui a également abattu dimanche soir son beau-frère et blessé sa belle-mère aux Crosets (VS), est toujours en fuite. Un mandat d'arrêt a été délivré contre lui.

Selon nos sources, il serait tombé fou amoureux d'une jeune étudiante française en échange à l'Université de Saint Gall. Sa femme avait alors découvert le pot-aux-roses et lui aurait interdit de revoir cette belle étudiante. Finalement quelques mois après le départ de la jeune française, son chagrin se serait transformé en haine féroce à l'encontre de sa femme.

Sthing to do with Corinne Bailey-Ray?...



Je sors.

176

Re: Nécrologie vol. III

Neige a écrit:

Figure du trotskysme européen, Boris Fraenkel, s'est suicidé


).

comme toujous avec les trosko, ça reste à prouver.

Re: Nécrologie vol. III

Czar a écrit:
thomas a écrit:
Czar a écrit:

être apprécié par des blaireaux dans ton genre est toujours rassurant.

Si vomir ta connerie sur un forum d'une ecole qui n'a jamais ete la tienne ne s'appelle pas rater sa vie, je me demande bien quel nom on pourrait donner a cet etrange phenomene.

Tu te balades avec un badge dans la rue ?

Tu portes un T shirt avec sciences po dessus ?  Ca te rassure la nuit ? 


tellement grotesque que t'es pas haïssable, "tool".

Disons que si je possedais un tel badge je deviendrais riche en le vendant a des frustres dans ton genre...

Merci de lire le disclaimer d'aml.

178

Re: Nécrologie vol. III

Si ca te rassure de le penser, pauvre tache, ça m'ira pleinement : j'adore voir les cons satisfaits le visage réjoui de leur propre vide. N'aie crainte, tu réussiras à être chef de bureau.

Je te confirme que j'avais quelque respect pour la réputation de sciences po avant de fréquenter ce forum. C'est pas encore Nanterre mais ça illustre bien le classement de l'enseignement supérieur français au niveau international.  Un peu comme la peinture ou les batailles, ça s'admire de loin.

179

Re: Nécrologie vol. III

Douste est virtuellement mort, c'est une buse et Le Monde l'imprime : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0 … 532,0.html

Google s'en souviendra : http://www.google.fr/search?q=mister+bl … r:official

"Des quelques 100 millions d'hommes que compte la population de la Russie soviétique, il nous faut en gagner 90 à notre cause. Nous n'avons pas à parler avec les autres, nous devons les exterminer." (G. Zinoviev, 17 septembre 1918)

180

Re: Nécrologie vol. III

Il n'empêche que le Monde en essayant de ridiculiser Douste fait quand même une belle erreur historique. Si je me souviens bien les îles de Guernesey et Jersey ont bien été envahi par les Nazis et les autorités locales ont collaboré avec l'occupant. Reste à voir si des juifs ont été déportés mais cela est bien possible. Il me semble bien qu'il y'a eu des juifs anglais déportés et tués même si bien sûr cela ne représente que des cas exceptionnels pour les Juifs d'Angleterre. Il est peu probable que Douste ait pensé à cela quand il l'a affirmé mais l'air suffisant avec lequel le Monde critique sa bourde est un poil énervant.

http://unefiep2009.wordpress.com/

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Re: Nécrologie vol. III

J'ai trouvé un article d'Haaretz sur l'affaire : Pas de lien car la page n'est plus disponible que par google-cache.

Musings / In defense of the doc

By Michael Fox

France's Ministry of Foreign Affairs publishes the names of over 200 French statesmen who have served as the country's foreign minister since 1589. It is an impressive roster. Early on you meet Louis XIV's great ministers Richelieu and Colbert. Later on you come across Talleyrand, history's great survivor who, over a period of over 40 years, served in succession the Ancien Regime, the Revolution, Napoleon and the Bourbon restoration, ending up, in his dotage, as France's ambassador to London under the "Citizen King," Louis Philippe. Then you encounter the Romantic poet Alphonse de Lamartine, followed closely in 1848 by Alexis de Tocqueville, author of the classic text "Democracy in America." And so they continue - names that reverberate over the centuries.

So any French politician who aspires to head the foreign ministry knows that he has large shoes to fill. The final name on this illustrious roll of honor is that of Philippe Douste-Blazy, the latest incumbent of the Quai d'Orsay. Last month Minister Douste-Blazy visited Israel. Like every other distinguished visitor, he was taken to Jerusalem's Yad Vashem Holocaust memorial and museum. As quoted by the French satirical magazine Le Canard Enchaine, when shown the maps of the areas where communities had been destroyed, the minister asked whether British Jews had also been murdered. Since the time that German Chancellor Schroeder accidentally extinguished the Eternal Flame (did it have to be a German?), the staff at Yad Vashem has become relatively inured to the vagaries of important foreigners, but Douste-Blazy's question was greeted with incredulity. After all, you don't need to be a postgraduate student in modern history to know that the Germans did not invade Britain. When tactfully reminded of this, the minister persisted, asking, "Yes, but were no Jews deported from England?"

M. Douste-Blazy, perhaps wisely, has refrained from commenting on the press reports, but the story is so astonishing that well-wishers have, unsolicited, sprung to his defense. It is not only untrue, according to these apologists, that the minister is as stupefyingly clueless as might first appear but, on the contrary, his questions demonstrate his rare grasp of the history of World War II. In short, he was thinking of an episode so abstruse that it had even slipped the minds of his Holocaust-savvy Yad Vashem interlocutors. Because, although it is a fact that the Nazis could not have deported Jews from England, there were indeed deportations from British possessions.

Channel deportations

A little-trodden byway in the history of World War II is the occupation by German forces of the Channel Islands. Geographically, the Channel Islands are not part of the British Isles, being closer to the coast of Normandy than to England, but constitutionally they are dependencies of the British crown. For years the islands were only known for the dairy cattle that bore the names of their principal islands: Jersey, Guernsey and Alderney. Today they are familiar to the cognoscenti for the banks and trustee companies that proliferate there, to look after the hard-earned savings of public-spirited foreigners who decline to put temptation in the way of their home governments by paying them income tax. Due to the proximity of the islands to France, the British, after the fall of France in June 1940, decided that the islands were indefensible, and by early July 1940, all the inhabited Channel Islands had been occupied by German forces without encountering resistance.

In recent years there have been books and documentary films about the occupation, including a monograph by a leading member of the Jersey community, Frederick Cohen. There was ample warning of the German invasion and most of the Jews forming the small communities of Guernsey and Jersey had fled to the British mainland by the time the Germans arrived. But a few isolated Jews remained. These were either infirm or so removed from Judaism that they no longer looked upon themselves as Jews. The paucity of Jews did nothing to dampen the zeal of the Germans (regular Wehrmacht, incidentally, not SS) in hunting down, with some local help, the few remaining ones. Their efforts produced the grand total of 11 Jews on Jersey and two on Guernsey. In April 1942, three women, Jews born in Poland and Austria, were deported; they perished in Auschwitz. Eight more Jews were deported in February 1943 as part of a general deportation, and subsequent internment in Germany, of 2,000 residents who held British citizenship, but had not been born in the Channel Islands. They all survived the war. These seem to have been all the deportations of Jews from the Channel Islands.

If Douste-Blazy was indeed thinking of the Channel Islands, he has been misjudged. Yet, in a way, it makes his question stranger. Millions of Polish and Russian Jews were exterminated. And, yes, some 80,000 Jews were deported from France to their deaths. In that context, to inquire about the fate of the pitiful handful from the Channel Islands betrays not only a perverse insensitivity to the scale of the Shoah, but what looks like a Gallic Anglophobia that verges on the paranoid.

As the minister has been silent on the matter, I shall adopt the more charitable explanation: Douste-Blazy, who was born years after the war ended, simply did not know. I am talking off the top of my head here, but it occurs to me that French schools may touch only lightly on a chapter of history that, after all, was not France's finest hour. In plumping for ignorance as the likeliest explanation of the minister's gaffe I now bring, ladies and gentlemen of the jury, corroborative evidence for the charge that he had not the faintest idea what he was talking about.

[...]

3 tués cela ne fait pas beaucoup mais bon c'est quand même quelques personnes, dans l'absolu DB avait raison.

Last edited by Alci (03-05-2006 15:55:22)

http://unefiep2009.wordpress.com/

182

Re: Nécrologie vol. III

Le mari de Corinne Rey-Bellet retrouvé mort

ZURICH (Reuters) - Le mari de l'ancienne skieuse suisse Corinne Rey-Bellet a été retrouvé mort au terme de trois jours de chasse à l'homme dans les Alpes, annonce la police helvétique, qui pense qu'il s'est suicidé.

Le corps du banquier Gerold Stadler a été retrouvé dans une forêt proche de l'endroit où son véhicule avait été découvert abandonné deux jours plus tôt. Le juge d'instruction Philippe Medico avait lancé lundi un mandat d'arrêt contre Stadler, au lendemain de la mort de la skieuse et de son frère Alain, tués par balles au domicile de leurs parents au village des Crosets, dans le canton du Valais. Stadler avait disparu dans une zone boisée et enneigée du canton de Vaud, à pied, après avoir échappé à la police lors d'une course poursuite en voiture, au cours duquel il avait atteint la vitesse de 235 km/h.

Le couple Rey-Bellet/Stadler, marié depuis quatre ans, s'était séparé une semaine avant les assassinats. Rey-Bellet était enceinte de trois mois, tandis que son frère Alain devait se marier vendredi, a rapporté la télévision suisse. Leur mère Vreni, atteinte de cinq balles, reste hospitalisée dans un état grave mais stable.

La skieuse, âgée de 33 ans, avait pris sa retraite sportive en 2003 après avoir décroché, à Saint-Moritz, le titre de vice-championne du monde de descente et elle préparait sa reconversion comme kinésithérapeute. Spécialiste des épreuves de vitesse, elle avait remporté cinq courses de Coupe du monde (trois descentes et deux Super-G), dont un doublé inédit le même jour à Sankt-Anton en janvier 1999.

Une femme enceinte tuée. Son frère qui allait se marier, tué aussi. Leur mère grièvement blessée. Le présumé coupable, mort. Et un gamin de 2 ans qui se retrouve orphelin. Ca fait beaucoup.

Re: Nécrologie vol. III

Jé a écrit:

Le mari de Corinne Rey-Bellet retrouvé mort

ZURICH (Reuters) - Le mari de l'ancienne skieuse suisse Corinne Rey-Bellet a été retrouvé mort au terme de trois jours de chasse à l'homme dans les Alpes, annonce la police helvétique, qui pense qu'il s'est suicidé.

Le corps du banquier Gerold Stadler a été retrouvé dans une forêt proche de l'endroit où son véhicule avait été découvert abandonné deux jours plus tôt. Le juge d'instruction Philippe Medico avait lancé lundi un mandat d'arrêt contre Stadler, au lendemain de la mort de la skieuse et de son frère Alain, tués par balles au domicile de leurs parents au village des Crosets, dans le canton du Valais. Stadler avait disparu dans une zone boisée et enneigée du canton de Vaud, à pied, après avoir échappé à la police lors d'une course poursuite en voiture, au cours duquel il avait atteint la vitesse de 235 km/h.

Le couple Rey-Bellet/Stadler, marié depuis quatre ans, s'était séparé une semaine avant les assassinats. Rey-Bellet était enceinte de trois mois, tandis que son frère Alain devait se marier vendredi, a rapporté la télévision suisse. Leur mère Vreni, atteinte de cinq balles, reste hospitalisée dans un état grave mais stable.

La skieuse, âgée de 33 ans, avait pris sa retraite sportive en 2003 après avoir décroché, à Saint-Moritz, le titre de vice-championne du monde de descente et elle préparait sa reconversion comme kinésithérapeute. Spécialiste des épreuves de vitesse, elle avait remporté cinq courses de Coupe du monde (trois descentes et deux Super-G), dont un doublé inédit le même jour à Sankt-Anton en janvier 1999.

Une femme enceinte tuée. Son frère qui allait se marier, tué aussi. Leur mère grièvement blessée. Le présumé coupable, mort. Et un gamin de 2 ans qui se retrouve orphelin. Ca fait beaucoup.

Bof, j'ai des dossiers pires, tu veux des détails ?

"On dit d'un accusé qu'il est cuit quand son avocat n'est pas cru."   
Pierre Dac

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Re: Nécrologie vol. III

Non, ça ira merci. J'ai eu ma dose d'ambiance glauque pour ce soir !

Re: Nécrologie vol. III

Il y a quelques mois, Condoleezza Rice a fait appeler son cabinet. La conseillère du président américain avait joint tous ses homologues et souhaitait parler à Philippe Douste-Blazy. C'était un vendredi. Le ministre était dans sa circonscription de Toulouse. Sans traducteur ni conseiller diplomatique auprès de lui. Selon des sources diplomatiques, le Quai, à la grande surprise de Washington, a préféré dire à l'Américaine de rappeler après le week-end.

Enorme...

186

Re: Nécrologie vol. III

l'alliance des harkis vient d'etre scellée entre James et Neige, c'est une bonne nouvelle pour ttes les tarlouzes de votre genre, bref c'est la derniere fois que je te réponds profites en donc sac à foutre.

je dois prendre un verre avec Georges D-O-double Freche

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Re: Nécrologie vol. III

Alci a écrit:

Il n'empêche que le Monde en essayant de ridiculiser Douste fait quand même une belle erreur historique. Si je me souviens bien les îles de Guernesey et Jersey ont bien été envahi par les Nazis.

Tout à fait exact. La 319. Infanterie Division a tenu garnison dans ce que les Allemands appellent les "Kanalinseln" jusqu'en mai 1945.
En mai 1944, il y avait là-bas une garnison de 40.000 hommes.

Du lourd.

LB

"Ils s'instruisent pour vaincre" / "Nec Pluribus Impar"

Re: Nécrologie vol. III

A propos de Douste, si je me souviens bien, 11 juifs expulsés de Finlande "seulement", dont 3 finlandais.

"Pourquoi m'a-t-on inoculé l'idéal vulgaire et creux d'une ambition sordide et épuisante."
                                                                                                           [Hermann Hesse]

Re: Nécrologie vol. III

toast disait qu'il lui avait tout appris.

Pourtant personne ne l'a signalé :

Libération a écrit:

Dernier exil pour Alexandre Zinoviev

L'écrivain russe dissident, auteur des «Hauteurs béantes», est mort à Moscou à l'âge de 83 ans.

par Jacques AMALRIC et Ange-Dominique BOUZET
QUOTIDIEN : samedi 13 mai 2006
     
L'écrivain soviétique Alexandre Zinoviev, auteur des Hauteurs béantes, s'est éteint mercredi à Moscou, à l'âge de 83 ans, après s'être converti sur le tard en contempteur de l'Occident et en soutien des communistes, lui qui avait été, dans les années 70-80, un auteur phare de la littérature de la dissidence et de l'exil.

Né en 1922, ce petit homme aux yeux bleus perçants, à la langue déliée et à la parole aussi rocailleuse que corrosive, était issu d'une famille de onze enfants. Fils d'une mère d'origine paysanne et d'un peintre en bâtiment, il est exclu à 17 ans des komsomols pour avoir protesté contre le culte de Staline et viré de l'Université. Fuyant les représailles, Zinoviev s'engage alors dans l'armée, où ses états de service pendant la Seconde Guerre mondiale lui sauvent la mise. Rentrant décoré du conflit, il reprend ses études à Moscou, devient mathématicien logicien, professeur à l'Institut de philosophie de l'Académie des sciences, dont il sera finalement exclu par ses pairs apeurés.

Notoriété. Hauteurs béantes, son premier livre, met en effet un terme abrupt à cette carrière universitaire. L'ouvrage, expliquera plus tard Alexandre Zinoviev, a été écrit au début des années 70 ; mais ce n'est qu'en 1976 que le manuscrit est «exfiltré» d'Union soviétique par une collaboratrice de l'ambassade de France. Les Hauteurs béantes seront finalement publiées à Lausanne en 1977, grâce au professeur Georges Nivat ; elles apporteront, en quelques mois, une notoriété internationale à leur auteur, en même temps que vingt ans d'exil.

Sous couvert apologétique, la fronde verbale des héros de Zinoviev, seulement désignés par des surnoms tels que le «bavard», le «barbouilleur» ou le «sociologue», dézingue les impasses de la société soviétique de l'ère Brejnev. Le régime, en retour, donne le choix à l'auteur : douze ans derrière les barreaux, tandis que sa femme et sa fille sont exilées en Sibérie, ou un départ à l'étranger, déchu de sa nationalité. Ce sera Munich.

Le logicien y devient écrivain à part entière, multipliant romans et essais au rythme de presque un livre par an : l'Avenir radieux (qui lui vaudra le prix Médicis étranger), Homo sovieticus, les Gaietés de la Russie, la Maison jaune, etc. Une production dont 23 titres sont aujourd'hui disponibles en français, principalement aux éditions de l'Age d'homme, mais aussi chez Julliard, Gallimard ou Laffont.

Alexandre Zinoviev était un solitaire profondément amer, doublé d'un mégalomane. A Moscou, même pendant sa brève période de dissidence «ouverte», il évitait la fréquentation des autres contestataires et ne les ménageait guère. Il se posait volontiers, à lui tout seul, en solution de remplacement au régime qu'il avait servi, avant de le haïr. Ne doutant jamais de ses qualités d'écrivain, il lui arrivait d'expliquer qu'il aurait tout aussi bien pu accéder à la notoriété par la peinture. Ce qui n'est pas évident, à voir ses gouaches surréalistes, violentes et colorées. Plus récemment, il assurait peindre moins «par nécessité que pour accompagner les couvertures» de ses livres.

Relativement isolé dans son exil de Munich, Zinoviev va se montrer de plus en plus critique de la démocratie à l'occidentale et des Etats-Unis. L'Ouest ne le satisfait pas plus que l'Est. Totalitarisme et capitalisme le hérissent. Il se révèle allergique à la «westernisation du monde» et aux dérives russes engendrées par la fin d'un communisme qui n'avait pas su le reconnaître.

Slavophilie. La perestroïka de Gorbatchev, en particulier, ne trouve pas grâce à ses yeux ; il la dénoncera en 1990 dans Katastroika. Slavophile impénitent, il vomira l'Occident «suicidaire» pour son intervention dans les conflits des Balkans, dénonçant là «une agression du plus pur style hitlérien».

Prenant beaucoup de ses anciens admirateurs à contre pied, Alexandre Zinoviev soutiendra Guennadi Ziouganov, leader des communistes résiduels, à l'élection présidentielle de 1996, contre Boris Eltsine. «Les libéraux, je les connais. Ils se ressemblent, comme se ressemblent les punaises entre les planches de l'isba. Ils sont pires que les staliniens». En 1999, à presque 77 ans, il revient définitivement s'installer en Russie. «Je suis un missionnaire et non un dissident, proclame-t-il. Je suis indépendant de tout Etat. Mon propre Etat, c'est moi-même.»

Sur Alexandre Zinoviev, un site : www.zinoviev.ru et un ouvrage : Alexandre Zinoviev, résistance et lucidité, de Claude Schwab, aux éditions de l'Age d'homme (1984

"On dit d'un accusé qu'il est cuit quand son avocat n'est pas cru."   
Pierre Dac

Re: Nécrologie vol. III

Le Figaro a écrit:

L'écrivain Zinoviev, pourfendeur de l'«Homo sovieticus», est mort 

Irina de Chikoff

12 mai 2006, (Rubrique International)         

Alexandre Zinoviev vient de mourir. Il a voulu dynamiter tout un système par son seul talent de romancier. Son désespoir fut son destin.


C'ÉTAIT un imprécateur, un furieux et un logicien. Paradoxal ? L'écrivain russe, Alexandre Zinoviev, qui vient de mourir à Moscou à l'âge de 83 ans, fut toujours déroutant, dérangeant, excessif, baroque. Son premier roman, Les Hauteurs béantes, paru à Lausanne en 1977, est un coup de poing. A la face de l'URSS et de ses dirigeants. La riposte ne tardera pas. Le professeur de l'Institut de philosophie de l'Académie des sciences perd son poste, tous ses titres lui sont retirés, son téléphone coupé et le KGB le convoque à plusieurs reprises. Un an plus tard, il est «autorisé» à quitter l'Union. A peine arrivé à Munich, Alexandre Zinoviev apprend qu'il a été déchu de la nationalité soviétique. De petite taille, les yeux très bleus, l'homme est un anticorps, c'est-à-dire un individu irréductible. Quelqu'un de beaucoup plus dangereux qu'un dissident ou un opposant, parce qu'à lui seul, il dynamite tout un système en le décrivant.

Exilé en Allemagne, Alexandre Zinoviev se remet à écrire. Que pourrait-il faire d'autre ? Il y aura L'Avenir radieux, puis Les Gaietés de la Russie. Ce sont des romans, des pamphlets, des satires. Autant de cocktails Molotov qui explosent pour ne laisser que des décombres. Celles d'un univers dont l'absurde est l'essence. Une raison de ne pas être et donc d'exister. Dans ses livres, Zinoviev met en scène des personnages sans nom. Ils s'appellent, le Collaborateur ou le Bavard, la Bavette ou le Neurasthénique. Derrière leur masque, les initiés reconnaissent des hommes réels. Aucun «Homo sovieticus» ne sera épargné. C'est une rage qui emporte l'écrivain. Sa colère plonge ses racines dans un immense amour déçu. Pour sa terre. Son peuple.

«Katastroïka»

Fatalement, un jour, le mépris pour l'URSS reviendra en boomerang contre l'Occident. C'est un vieux tropisme russe. On se hait. On va exécrer le monde entier et plus précisément l'Europe, l'Amérique, coupables de vouloir détruire la Russie. Alexandre Zinoviev se déchaînera contre Mikhaïl Gorbatchev et sa «katastroïka», contre Boris Eltsine, marionnette des Etats-Unis, contre le libéralisme, le capitalisme, la globalisation, le totalitarisme démocratique et la «suprasociété planétaire». Il décapait. Il dérape. Il s'en moque. Le désespoir fut sa prison, son destin.

"On dit d'un accusé qu'il est cuit quand son avocat n'est pas cru."   
Pierre Dac

Re: Nécrologie vol. III

http://www.russianblues.com/zinoviev.GIF

"On dit d'un accusé qu'il est cuit quand son avocat n'est pas cru."   
Pierre Dac

Re: Nécrologie vol. III

Il avait un lien avec le Zinoviev que tous les apprentis pipoteurs découvrent dans le Berstein&Milza ?

Re: Nécrologie vol. III

Le Monde a écrit:

Alexandre Zinoviev, philosophe d'origine soviétique
LE MONDE | 12.05.06 | 16h50 

Le philosophe d'origine soviétique Alexandre Zinoviev, auteur des Hauteurs béantes, un des livres les plus remarqués de la dissidence dans les années 1970, est mort mercredi 10 mai à Moscou. Il était âgé de 83 ans.

L'originalité d'Alexandre Zinoviev a toujours été sa démesure, son goût du paradoxe et de la provocation, sa mégalomanie qui l'amenait à ne tolérer d'autre comparaison qu'avec Alexandre Soljenitsyne - encore le tenait-il pour un écrivain "médiocre" et un penseur "proche de la nullité". Il sort de l'anonymat en 1976 quand il publie en russe, aux éditions de l'Age d'homme à Lausanne (Suisse), un pavé de plusieurs centaines de pages, Les Hauteurs béantes. Avec une verve picaresque, l'auteur décrit, sous couvert d'un pays imaginaire, l'univers soviétique, son absurdité, sa grisaille, les mesquineries et les trahisons en même temps que la férocité et la force de vivre désespérée des habitants de cette planète inconnue.

 

C'est le début de ses ennuis avec les "organes", c'est-à-dire avec le KGB. Il est exclu de l'institut de philosophie de l'Académie des sciences, où il enseigne la logique. Philosophe, mathématicien, il est déjà l'auteur de plusieurs ouvrages théoriques. En 1974, il a fait sa thèse de doctorat sur Le Capital de Marx. Cette fois, les autorités et ses collègues considèrent que Les Hauteurs béantes sont un ouvrage "antisoviétique" et doivent être condamnées comme tel en même temps que leur auteur. Il est chassé du parti, son passeport est confisqué, sa famille harcelée.

Il avait connu les tracasseries du régime quand il était adolescent. Pour avoir critiqué le culte de la personnalité de Staline, il avait été exclu de l'université en 1939 et du Komsomol. Il n'avait repris ses études qu'après la guerre, passée comme pilote de chasse. Zinoviev était né le 29 octobre 1922, dans une famille de onze enfants de la Russie profonde. Son père était peintre en bâtiment et sa mère kolkhozienne.

Après Les Hauteurs béantes, il récidive l'année suivante avec un petit livre au titre marqué par le sens de la dérision, L'Avenir radieux, qui ne se situe plus dans un pays imaginaire mais raconte les amitiés et les déboires d'un intellectuel. Le livre, qui lui vaudra le prix Médicis étranger, a deux héros, qui sont les deux faces du Soviétique moyen : l'opportuniste prêt à toutes les compromissions pour arriver coûte que coûte et le je-m'en-foutiste qui suit son chemin malgré les brimades de ses collègues. "La tragédie russe a ceci de spécifique, écrit-il, que d'abord elle suscite le rire, ensuite l'horreur, et enfin une indifférence obtuse. (...) Pour moi cela s'explique par le fait que la tragédie russe, tout comme la façon dont on la perçoit, se situe par-delà le bien et le mal, hors de la sphère morale. C'est une réaction purement psychologique ou même physiologique devant un fait terrifiant."

Dans ces deux livres apparaissent les formes de l'homo sovieticus que Zinoviev n'aura de cesse de décrire dans toutes ses oeuvres suivantes - et elles seront nombreuses - jusqu'à en faire non seulement le prototype du citoyen soviétique dans le système communiste mais l'essence même de l'être humain.

En août 1979 arrive une divine surprise : Alexandre Zinoviev est autorisé à se rendre pour un an à Munich avec sa famille. L'intervention du chancelier allemand Helmut Schmidt n'aurait pas été étrangère à cette décision du chef du Kremlin, Leonid Brejnev. En Bavière, Zinoviev continue à écrire, des romans, des pamphlets, dans lesquels il règle ses comptes avec les autres dissidents, ces "punaises dans les fentes d'une isba". Il écrit aussi des livres politiques où il critique la perestroïka de Milkhaïl Gorbatchev (Katastroika, en 1990). Il ne croit pas le système réformable, bien plus, il ne souhaite pas qu'il le soit. En 1991, il se retrouve plutôt du côté des putschistes dans lesquels il voit des représentants du brejnévisme, "seule alternative au stalinisme", alors qu'Eltsine et ses semblables vont amener la Russie à sa perte.

Il devient de plus en plus amer vis-à-vis de l'Occident, dont il déplore la lâcheté et l'attrait honteux pour un communisme transformé en communautarisme. Il se retourne vers la Russie, où il rentre en 1999, parce que Moscou a toujours été "le centre de l'histoire". "En Russie, écrit-il dans Le Monde pour expliquer la fin de son exil, ce ne sont pas seulement ni tellement les valeurs du communisme qui se sont effondrées, mais bien plus les vraies valeurs (non celles de la propagande !) de la civilisation d'Europe occidentale." Il trouve le rempart contre l'"américanisation" du monde dans le Parti communiste russe, qu'il soutient aux élections de 1996 contre Eltsine. Et s'il a un reproche à adresser à Poutine, c'est de ne pas être revenu sur les privatisations, alors que lui, Zinoviev, lui avait "dressé la liste des mesures à prendre. Il ne l'a pas fait. Et a raté l'occasion de devenir un grand homme. Cela condamne la Russie à une dégradation historique", affirmait-il au magazine Lire, deux mois avant sa mort. Tout en se déclarant, sans fausse modestie, "le premier écrivain du XXIe siècle".

Daniel Vernet

"On dit d'un accusé qu'il est cuit quand son avocat n'est pas cru."   
Pierre Dac

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Re: Nécrologie vol. III

Etudiant en vadrouille a écrit:

toast disait qu'il lui avait tout appris.

Pourtant personne ne l'a signalé :

Libération a écrit:

Dernier exil pour Alexandre Zinoviev

(...)

Relativement isolé dans son exil de Munich, Zinoviev va se montrer de plus en plus critique de la démocratie à l'occidentale et des Etats-Unis. L'Ouest ne le satisfait pas plus que l'Est. Totalitarisme et capitalisme le hérissent.
(...)
«Les libéraux, je les connais. Ils se ressemblent, comme se ressemblent les punaises entre les planches de l'isba. Ils sont pires que les staliniens».

Tout s'éclaire soudain.

Last edited by Woody (13-05-2006 23:59:05)

"Sacrifier la terre au paradis, c'est laisser la proie pour l'ombre." - Hugo, Les Misérables

Paix et Amour.

Re: Nécrologie vol. III

Elessar a écrit:

Il avait un lien avec le Zinoviev que tous les apprentis pipoteurs découvrent dans le Berstein&Milza ?

aucun lien connu avec le compagnon de Lénine.

"On dit d'un accusé qu'il est cuit quand son avocat n'est pas cru."   
Pierre Dac

Re: Nécrologie vol. III

Bernicube's a écrit:

J'ai l'immense déplaisir de vous annoncer la mort d'Etudiant en vadrouille, éviscéré à l'évideur devant son ordinateur à 00:56 du matin.

Sa perte me laisse des regrets, même si la jouissance éprouvée en lui arrachant ses tripes pour les avaler reste incommensurable.

J'envisage de goûter les votres très prochainement.

A très bientôt mes chers amis.

Désolé je suis toujours en vie.

"On dit d'un accusé qu'il est cuit quand son avocat n'est pas cru."   
Pierre Dac

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Re: Nécrologie vol. III

Il a ressuscité!

"Sacrifier la terre au paradis, c'est laisser la proie pour l'ombre." - Hugo, Les Misérables

Paix et Amour.

198

Re: Nécrologie vol. III

Merde.
Il est coriace, l'enflure.

Même agonisant et perdant ce qu'il lui reste d'entrailles, il parvient à taper sur son clavier.

Cela force le respect.

199

Re: Nécrologie vol. III

Dédé n'est plus.

AFP a écrit:

PAU (AFP) - Le sénateur-maire socialiste de Pau André Labarrère, qui souffrait d'un cancer, est décédé mardi matin à l'âge de 78 ans, ont annoncé le PS et la mairie de Pau.

La mairie de Pau a précisé que ce décès était intervenu à l'hôpital de Pau aux premières heures de la matinée.

André Labarrère avait annoncé le 11 avril qu'il souffrait d'un cancer mais qu'il n'avait pas pour autant l'intention d'abondonner ses mandats.

Lors d'une rencontre avec la presse, il avait alors déclaré qu'il avait appris sa maladie le 22 mars 2006 lors d'un contrôle de routine qu'il subissait tous les six mois depuis une double pneumonie qui l'avait frappée il y a deux ans.

Maire de la préfecture des Pyrénées-Atlantiques depuis 1971, député puis sénateur, ministre sous François Mitterrand, André Labarrère avait été en France l'un des tout premiers élus à annoncer publiquement son homosexualité.

Né le 12 janvier 1928, "Dédé", comme le surnommaient nombre d'élus locaux de tous bords, avait été élu député des Pyrénées-Atlantiques pour la première fois en mars 1967.

En 1981, il devenait ministre délégué, chargé des Relations avec le Parlement alors que François Mitterrand, qu'il côtoyait depuis 1967, devenait président de la République. Il a conservé ce portefeuille jusqu'en 1986.

Cultivant de solides amitiés locales, se jouant des clivages politiques traditionnels, il réussit à se faire réélire cinq fois à la maire de Pau, dans une région où pourtant le centre-droit domine.

Dans les rangs socialistes, son côté insaisissable et son franc-parler amusait ou exaspérait. Il s'était emporté contre Laurent Fabius pour avoir fait campagne pour le non au référendum sur la Constitution européenne et traitait Lionel Jospin de "traître" pour avoir "quitté le bateau dans la détresse" au lendemain de l'élection présidentielle de 2002.

Le député socialiste des Pyrénées-Atlantiques David Habib, qui a succédé à M. Labarrère en 2002 dans la 3ème circonscription de ce département, a fait part à l'AFP de son "immense tristesse". "C'est un monument qui quitte le sol béarnais aujourd'hui. C'était LE maire de Pau. Il a voulu que sa vie s'identifie à sa ville", a-t-il déclaré.

Le président de l'UDF François Bayrou, élu des Pyrénées-Atlantiques, a lui aussi rendu hommage à "la personnalité extrêmement originale" d'André Labarrère. "C'était une personnalité qui sortait de l'ordinaire politique à la fois par ses provocations et son amour profond de sa ville", a souligné M.Bayrou sur l'antenne de France Inter.

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Re: Nécrologie vol. III

Un dernier hommage à Zinoviev : http://passouline.blog.lemonde.fr/livre … r_zin.html

Une chanson qui lui irait bien : Right in Two sur 10, 000 Days, de Tool (rien à voir, je serai au concert de Tool le 30 mai).

"Des quelques 100 millions d'hommes que compte la population de la Russie soviétique, il nous faut en gagner 90 à notre cause. Nous n'avons pas à parler avec les autres, nous devons les exterminer." (G. Zinoviev, 17 septembre 1918)