Re: Festival de Cannes

Beltramose a écrit:
jesous chraist a écrit:

a priori plus qu'un film de gauchos, un film sur un prof qui galère sa mère en ZEP

Le choix du jury aura-t-il adopté la même attitude un peu démago que le jury des Césars 2005, qui a sur-récompensé l'Esquive, film qui, à mon sens, ne méritait pas tant d'honneurs ?

Pour le coup, et bien que je haïsse les Césars, je ne suis absolument pas d'accord. Kechiche est pour moi, avec Garrel, le plus grand cinéaste actuel en France. Si l'esquive ne m'a pas tant impressioné que ça (je ne l'ai pas revu depuis sa sortie), la graine et le mulet est tout simplement un chef d'oeuvre, et vraiment je pèse mes mots (j'en serais presque jusqu'à dire que c'est un euphemisme). Vraiment, c'est une claque cinématographique ce film...

donc HOURRAY pour kechiche !

Tu me fais tourner la tête

Re: Festival de Cannes

Juste deux remarques. Laurent Cantet est un cinéaste accompli, et des films comme Vers le Sud ou Ressources Humaines ont montré qu'il avait un très grand talent distillé avec mesure, avec élégance, avec retenue. Ensuite, je pense que c'est une erreur de qualifier le film de "gaucho". Je suis comme vous, je ne l'ai pas vu, mais j'ai d'excellentes raisons de le penser, parce que ce n'est ni le style de Cantet ni celui d'Haut et Court.

Last edited by superhétérodyne (25-05-2008 20:59:17)

Tu me dis vous ... Aaaaa ... après tu

Re: Festival de Cannes

Je suis d'accord avec toi Jesous : la Graine et le mulet est un film magnifique, profond, qui m'a beaucoup plus par rapport à l'Esquive. Je ne faisais pas une critique en règle de Kechiche, je trouve simplement que son film en 2005 a reçu bien trop d'éloges.

Your mother was a HAMSTER, and your father smelt of eldeberries !

Re: Festival de Cannes

Walter Sobchak a écrit:

Indy IV

pas terrible...voire franchement creux

En même temps, ressortir l'argument "Indy against Nazis", c'est étonnant à l'heure où dans ce genre de films on change généralement plutôt les soviétiques ou nazis par des terroristes pour avoir plus de spectateurs en retour.

[Edith=Coquille]

Last edited by Alea (25-05-2008 22:33:44)

Re: Festival de Cannes

Hum, juste pour savoir si j'envoie un mail de félicitations ou pas, mais la palme d'or elle est allée au film Roumain, ou au film français "Entre les murs " ?

SOUS TOUTES RÉSERVES ET CE SERA JUSTICE.

Re: Festival de Cannes

à Entre les Murs (y'a comme un décalage dans ta montre là !)

Tu me dis vous ... Aaaaa ... après tu

157

Re: Festival de Cannes

Bonne sélection cette année (si on excepte les films français). Mon favori : Antichrist de Lars Von Trier.
Gros buzz autour du nouveau film de Tarantino. Son dernier long-métrage était très décevant ; espérons que celui-là soit à la hauteur des attentes qui ont été placées très (trop ?) haut. En tout cas, il devrait plaire aux femmes. wink
La présence de Cantona et de Hallyday est un scandale. On atteint le degré zéro de la culture.
Très mauvais choix concernant les films d'ouverture et de clôture (un Pixar et un Kounen, mon dieu mon dieu...)
Et dommage que le nouveau Gilliam ne soit pas en compétition.

Le Figaro a écrit:

Quatre films français en lice pour le festival de Cannes

Quatre films parmi les vingt en compétition cette année sont français. La sélection fait la part belle aux cinéastes européens et asiatiques, habitués de la Croisette tels que Ken Loach, Quentin Tarantino, Lars Von Trier, Pedro Almodovar.

Jacques Audiard, Alain Resnais, Gaspard Noé et Xavier Giannoli peuvent prétendre à la succession de Laurent Cantet, palme d'or 2008 à Cannes pour «Entre les Murs». Le comité de la 62e édition du festival a levé le voile mercredi sur sa sélection officielle. Une liste qui place l'Europe et l'Asie à l'honneur. Alain Resnais déjà trois fois sélectionné viendra défendre, 50 ans après «Hiroshima mon Amour», «les Herbes Folles» avec Mathieu Amalric, Sabine Azema et Emmanuelle Devos. Autre cinéaste hexagonal aguerri qui montera les marches, Jacques Audiard pour «Un prophète» avec Niels Arestrup qui retrace la vie en prison d'un jeune détenu de 18 ans. Ce sera la deuxième venue à Cannes du réalisateur. Xavier Giannoli présentera «A l'origine» et Gaspard Noe, dont le sulfureux «Irréversible» avait fait scandale en 2002, sera de retour avec «Soudain le vide», tourné au Japon.

Parmi les grands noms de la sélection, on trouve Pedro Almodovar ou Quentin Tarantino. Le cru 2009 fait la part belle aux habitués de la Croisette, a reconnu Thierry Fremaux, le délégué général du Festival. «C'est une année où les grands noms du cinéma mondial sont là. Les vieux singes vont faire de belles grimaces». Justifiant cette quasi absence de nouveaux visages dans la compétition, Thierry Frémaux a répondu qu'il fallait prendre en compte toute la sélection : nombre de jeunes cinéastes figurent dans la section Un Certain Regard. Cette croisette donnera à de nombreux acteurs français la possibilité de se distinguer dans des productions étrangères.

Tarantino, seul cinéaste américain retenu

Favori des rumeurs et ce depuis plusieurs mois, «Inglorious Basterds» avec Brad Pitt, Diane Kruger et Mélanie Laurent, le nouveau Quentin Tarantino vaudra peut-être à son réalisateur une nouvelle récompense 16 ans après la palme qui couronna «Pulp Fiction». Le cinéaste sera en tout cas le seul représentant du cinéma américain. Autre lauréate passée du festival à être invitée à présenter sa dernière production, Jane Campion («La Leçon de Piano») avec «Bright Star», récit des amours du poète romantique John Keats.

Coté Europe, la délégation sera emmenée par Ken Loach avec «Looking for Eric». Le cinéaste anglais, vétéran de Cannes avec huit sélections et récipiendaire en 2006 de la récompense suprême, y retrace les désillusions d'un supporter de Manchester United qui demande conseil à son idole, Eric Cantona. Le footballeur français y interprète son propre rôle. Lars Von Trier, palmé pour «Dancer in the Dark», dévoilera «Antichrist» avec Williem Dafoe et Charlotte Gainsbourg. Le drame sur un couple qui se retire dans une maison perdue en forêt après la mort de leur fils, comporterait des séquences choquantes et pourrait offrir la grosse polémique de ce 62e festival, murmure-t-on.

Visiteur régulier de la croisette avec «Tout sur ma mère» et «Volver», Pedro Almodovar essaiera de décrocher sa première palme avec le torride les «Etreintes brisées», qui met en scène son actrice fétiche Penelope Cruz. Michael Haneke défendra les chances de l'Autriche avec «Ruban Blanc» tandis que l'Italie sera représentée par Marco Bellocchio. Son «Vincere» relate l'histoire du fils illégitime de Benito Mussolini.

Johnny Hallyday montera les marches

Enfin pas moins de six fillms en compétition viendront d'Asie, notamment «Vengeance» du maître du polar Johnnie To. Tourné à Hong Kong, il a pour tête d'affiche le chanteur Johnny Hallyday, qui s'est dit «très fier et très honoré». «Je ne pense pas rafler une récompense mais j'aurai le trac en montant les marches». Le chinois Lou Ye soutiendra «Spring Fever», une torride histoire d'amour homosexuelle. En compétition l'an dernier avec «Serbis», le prolixe Philippin Brillante Mendoza revient aux côtés du Sud-coréen Park Chan-wook et de deux Taïwanais, Ang Lee et Tsaï Ming-Liang. Son «Face» rassemble la fine fleur du cinéma tricolore : Laetitia Casta, Mathieu Amalric (qui aura donc deux films en compétition) et Fanny Ardant. Le réalisateur de «Tigres et Dragons» présentera «Taking Woodstock», sur le célèbre Festival de 1969 avec Liev Schreiber, Jeffrey Dean Morgan et Emile Hirsch.

Globalement, la sélection officielle correspond aux pronostics qui s'étaient multipliés ces dernières semaines dans la presse spécialisée. En revanche, comme s'en est réjouit Thierry Fremaux, très peu ont deviné avec exactitude le film de clôture : «Coco Chanel et Igor Stravinsky» de Jan Kounen, l'autre film biographique dédié à la célèbre couturière, à laquelle Anna Mouglalis prêtera ses traits. C'est le film d'animation en 3D « Là-Haut » des studios Pixar qui ouvrira le festival, qui se tiendra du 13 au 24 mai prochains.

Hors compétition sera projeté «L'Imaginarium du Docteur Parnassus» de Terry Gilliam. Ses interprètes, Jude Law, Johnny Depp et Colin Farrell, qui ont remplacé au pied levé Heath Ledger, mort en plein milieu du tournage , ne devraient pas manquer de rendre hommage à l'acteur australien. Toujours hors compétition, on retrouvera les derniers long-métrages du chilien Alejandro Amenabar «Agora», qui se déroule sous l'Antiquité, et «L'armée du Crime» de Robert Guédignan , qui retrace l'histoire tragique du réseau de résistance FTP-main d'oeuvre immigrée. Marina de Van proposera son très attendu «Ne te retourne pas» avec Monica Bellucci et Sophie Marceau.

On connaît désormais les jurés qui se réuniront autour de la présidente du Festival, Isabelle Huppert. L'héroine de « Villa Amalia » sera assistée de l'actrice-réalisatrice italienne Asia Argento, de l'actrice américaine Robin Wright Penn (l'épouse de Sean Penn, président du jury cannois en 2008), de l'actrice taïwanaise Shu Qi, du cinéaste et acteur turc Nuri Bilge Ceylan, du metteur en scène sud-coréen Lee Chang-dong, du cinéaste américain James Gray et du scénariste anglais Hanif Kureishi.

Liste des films en compétition :

Pedro Almodovar «Los Abrazos Ratos»

Andrea Arnold «Fish Tank»

Jacques Audiard «Un Prophète»

Marco Bellocchio «Vincere»

Jane Campion «Bright Star»

Isabel Coixet «Map of the Sounds of Tokyo»

Xavier Giannoli «A l'Origine»

Michael Haneke «Das Weisse Band (Le Ruban Blanc)»

Ang Lee «Taking Woodstock»

Ken Loach «Looking for Eric»

Lou Ye «Spring Fever»

Brillante Mendoza «Kinatay»

Garpar Noe «Enter the Void (Soudain le Vide)»

Park Chan-Wook «Thirst, ceci est mon sang...»

Alain Resnais «Les Herbes Folles»

Elia Suleiman «The Time that Remains»

Quentin Tarantino «Inglourious Basterds»

Johnnie To «Vengeance»

Tsai Ming-liang «Visage»

Lars von Trier «Antichrist»

"François Hollande enchaîne les succès. Il montre qu'il est un très bon Président et les Français se sont fait un cadeau en l'élisant." (Greg)
"Non [je ne suis pas auto-entrepreneur]. Mais j'adore l'économie." (OneAgain a.k.a...)
"Je suis candidat à un poste de modérateur." (Antifaf)

158

Re: Festival de Cannes

Et en passant, le "cinéma" français dans toute sa splendeur. Je donnerais un prix Gérard du cinéma à chacun des films et des personnalités cités, ils le méritent bien :

Le Figaro - AFP a écrit:

"Gérard du cinéma": la liste des nommés

L'organisation des Gérard du cinéma a levé le voile sur les premiers nommés pour ses trophées annuels récompensant le pire du 7ème Art. Agnès Jaoui, Etienne Chatiliez et Michel Houellebecq figurent parmi les personnalités les plus cités avec leurs films respectifs Parlez-moi de la pluie , Agathe Cléry et La Possibilité d'une île.

Les autres catégories seront annoncées lors de la cérémonie des Gérard 2009 le 12 mai prochain, la veille de l'ouverture du Festival de Cannes (Alpes-Maritimes).

L'événement, présenté par Frédéric Royer, Arnaud Demanche et Stéphane Rose en direct du Club Marbeuf de Paris (8ème arrondissement), sera retransmis en direct sur la chaîne Paris Première.

Liste des nominations :

Gérard du réalisateur qui fait toujours le même film, mais en un peu moins bien à chaque fois
- Agnès Jaoui pour Parlez-moi de la pluie , un peu moins bien que Comme une image , un peu moins bien que Le Goût des autres
- Etienne Chatiliez pour Agathe Cléry , un peu moins bien que La confiance règne , un peu moins bien que Tanguy
- Francis Weber pour L'Emmerdeur , un peu moins bien que Le Placard , un peu moins bien que Le Dîner de cons
- Cédric Klapisch pour Paris , un peu moins bien que L'Auberge espagnole , un peu moins bien que Chacun cherche son chat
- Fabien Onteniente pour Disco , aussi naze que Camping , aussi naze que 3 Zéros .

Gérard du film pour lequel avant d'y aller t'avais un doute et après, une certitude
- Mes stars et moi de Laetitia Colombani
- Faubourg 36 de Christophe Barratier
- Agathe Cléry d'Etienne Chatiliez
- L'Emmerdeur de Francis Weber
- Le Séminaire de Charles Nemes
- Enfin veuve de Isabelle Mergault

Gérard de l'acteur qu'on engageait au départ parce qu'il était moche et que c'était rigolo, mais dont on a fini par faire un sex symbol en lui faisant porter un pull à col en V à même la peau et une barbe de trois jours, alors qu'objectivement, il a toujours la même gueule
- Jean-Paul Rouve dans Sans arme, ni haine, ni violence
- Kad Merad dans Mes stars et moi
- Dany Boon dans De l'autre côté du lit
- Clovis Cornillac dans Le Nouveau Protocole
- Jamel Debbouze dans Parlez-moi de la pluie

Gérard du titre Max Pécas
- Les Randonneurs à Saint-Tropez de Philippe Harel
- Amour, sexe et mobylette de Maria Silvia Bazzoli et Christian Lelong
- Les vieux sont nerveux de Thierry Boscheron
- Les brebis font de la résistance de Catherine Pozzo di Borgo
- Max & Co de Frédéric et Samuel Guillaume

Gérard du réalisateur ou de l'acteur qui parle de son film comme si c'était le dernier Fellini alors que même toi tu fais mieux avec ton Nokia et trois copains bourrés
- Antoine de Caunes pour Coluche, l'histoire d'un mec
- Agnès Jaoui pour Parlez-moi de la pluie
- Michel Houellebecq pour La Possibilité d'une île
- Elie Semoun pour Cyprien
- Francis Huster pour Un homme et son chien

Gérard du désespoir féminin
- Zoé Félix dans Bienvenue chez les Ch'tis
- Emmanuelle Béart dans Disco
- Sophie Marceau dans Les Femmes de l'ombre
- Catherine Deneuve dans Cyprien
- Vahina Gioccante dans Secret défense

Gérard du désespoir masculin
- Elie Semoun dans Cyprien
- Richard Berry dans L'Emmerdeur
- Gérard Jugnot dans Faubourg 36
- Cali dans Magique !
- Jean Reno dans Cash
- Gérard Depardieu dans Diamant 13

Gérard du plus mauvais film
- Disco de Fabien Ontoniente
- La Possibilité d'une île de Michel Houellebecq
- Agathe Cléry de Etienne Chatiliez
- La Fille de Monaco d'Anne Fontaine
- Cyprien de David Charhon
- Parlez-moi de la pluie de Agnès Jaoui
- Faubourg 36 de Christophe Barratier

"François Hollande enchaîne les succès. Il montre qu'il est un très bon Président et les Français se sont fait un cadeau en l'élisant." (Greg)
"Non [je ne suis pas auto-entrepreneur]. Mais j'adore l'économie." (OneAgain a.k.a...)
"Je suis candidat à un poste de modérateur." (Antifaf)

Re: Festival de Cannes

Le programme de la Quinzaine des réalisateurs avec Tetro de Coppola en ouverture, plus appétissant que Pixar tout de même (quoique je ne renie pas la qualité des productions du fameux studio):

http://www.lesinrocks.com/cine/cinema-a … c-coppola/

PS: cher FDL évite de t'en prendre au King, j'ai nommé le grand Cantona, mon héros!

160

Re: Festival de Cannes

Je ne remets pas en cause ses qualités de footballeur mais beaucoup plus ses prestations d'acteur.

"François Hollande enchaîne les succès. Il montre qu'il est un très bon Président et les Français se sont fait un cadeau en l'élisant." (Greg)
"Non [je ne suis pas auto-entrepreneur]. Mais j'adore l'économie." (OneAgain a.k.a...)
"Je suis candidat à un poste de modérateur." (Antifaf)

Re: Festival de Cannes

FDL a écrit:

Je ne remets pas en cause ses qualités de footballeur mais beaucoup plus ses prestations d'acteur.

Il était grand footballeur car grand acteur, la réciproque est certainement douteuse, mais cela n'enlève rien à mon admiration!

162

Re: Festival de Cannes

Oui enfin, on peut faire son show sur un terrain de football sans pour autant assurer devant une caméra. A ce compte-là, Nadal aussi est grand acteur (d'ailleurs, une carrière cinématographique ne saurait tarder pour lui).

"François Hollande enchaîne les succès. Il montre qu'il est un très bon Président et les Français se sont fait un cadeau en l'élisant." (Greg)
"Non [je ne suis pas auto-entrepreneur]. Mais j'adore l'économie." (OneAgain a.k.a...)
"Je suis candidat à un poste de modérateur." (Antifaf)

163

Re: Festival de Cannes

Je me suis rendu compte qu'on a fait un petit hors-sujet sur le thread du cinéma. Je poste donc ici.

FDL a écrit:

Gros buzz autour du nouveau film de Tarantino. Son dernier long-métrage était très décevant ; espérons que celui-là soit à la hauteur des attentes qui ont été placées très (trop ?) haut.

Ça, je le voyais gros comme le tour de taille de Claude Allègre. N'ayant pas vu le film, je n'émets pas encore de jugement définitif, je me fie seulement aux critiques :

Le Point a écrit:

Tarantino (Inglorious Basterds), pas si glorieux en effet

On est un peu déçu. Le reste de la presse aussi. Applaudissements parsemés, mais aucun délire. On n'est pas tout à fait déçu bien sûr, car on passe un bon moment, certaines scènes étant réussies, mais quand même. Pour un film sur lequel Tarantino travaillait depuis dix ans, on nous l'avait peut-être survendu. On nous avait dit : "Vous allez voir, c'est les 12 salopards dans la France occupée par les nazis à la mode Tarantino, série Z, complètement déjantée."

C'est un film assez sage - bien sûr, il y a quelques clins d'oeil amusants, la guerre est traitée comme un western-spaghetti, mais on n'est pas dans Reservoir Dogs ni même dans Kill Bill -, et, en guise de salopards, on a droit à une petite bande qui fait son numéro pendant un quart d'heure sous la férule de Brad Pitt, déguisé en Errol Flynn, et puis s'en va. Visiblement, Tarantino n'est pas allé jusqu'au bout de son sujet - en a-t-il eu peur ? -, des soldats américains qui se comportent comme les Indiens avec les nazis, récupérant leur scalp. On les voit faire un petit peu, et puis, Tarantino les abandonne pour deux histoires de femmes, qui ne sont pas très emballantes. Mélanie Laurent, dans le rôle de la juive qui veut venger sa famille en faisant brûler son cinéma rempli de dignitaires nazis, n'est guère passionnante. Diane Krüger, en actrice qui joue double jeu au profit des Américains, s'en sort mieux, mais elle intervient dans une scène interminable - le troisième des cinq chapitres -, où Tarantino ne retrouve pas le brio verbal qu'il avait atteint dans Reservoir Dogs ou Pulp Fiction .

Il reste la morale de l'histoire, Hitler, Goering, Goebbels, tués dans un cinéma, ce qui donne lieu à une scène finale grandiose. La religion du cinéma n'est pas une vaine chose chez Tarantino, c'est donc dans un cinéma qu'on peut sauver le monde. Un peu facile. Non, le vrai plaisir, et la vraie découverte du film, est un acteur autrichien inconnu, Christoph Waltz (quand on est autrichien, on s'appelle Waltz - la valse en allemand - évidemment). Dans le rôle du colonel Landa, chasseur de juifs et esprit retors, il est absolument phénoménal, il écrase tout sur son passage, et ferait presque pâlir Brad Pitt, pourtant excellent dans son rôle de militaire bourru et intraitable. Chaque fois qu'il apparaît - et il apparaît si souvent, dans différentes langues, qu'il a quasiment le rôle principal -, on s'intéresse de nouveau au film. Bien sûr, le rôle du méchant, c'est souvent du gâteau, à l'écriture comme à l'interprétation, mais il faut pouvoir se renouveler, ne pas toujours faire "le méchant". Waltz passe par toutes les nuances, tous les accents, caressant, courtois, exquis, inquisiteur, froid, sadique, pervers, avec une aisance jubilatoire. Si le Tarantino devait être au palmarès, ce serait avec Waltz. Mais ferait-on cet affront au petit chéri de Cannes ?

La dernière réplique du film est prononcée par Brad Pitt, après qu'il eut gravé sur le front du nazi Landa (Waltz) une croix gammée : "Je crois que j'ai fait mon chef-d'oeuvre." Désolé, Quentin, mais le chef-d'oeuvre, ce n'est pas pour cette fois.

Et :

Le Nouvel Obs a écrit:

Cannes: Quentin Tarantino fait le spectacle mais ne convainc pas

"Inglourious Basterds" était sans conteste l'un des films les plus attendus sur la Croisette mais au vu de l'accueil mitigé que la presse lui a réservé, c'est une nouvelle déception de ce 62e Festival de Cannes.

Pourtant, les journalistes se pressaient très tôt mercredi matin pour accéder à la projection du long métrage de Quentin Tarantino, un autre enfant terrible du cinéma mondial.

Mais près de deux heures et demie plus tard, les débordements d'enthousiasme étaient absents du grand amphithéâtre Lumière du Palais des Festivals, et ce n'est pas l'ambiance à l'américaine dans laquelle s'est déroulée ensuite la conférence de presse qui pourra effacer cette impression.

Les histoires de cette troupe de soldats juifs américains scalpeurs emmenés par le lieutenant Aldo Raine (Brad Pitt) et de Shosanna Dreyfus (Mélanie Laurent), une jeune juive qui a décidé de venger sa famille assassinée par le colonel nazi Hans Landa (Christoph Waltz), tournent à un jeu de massacre.

Que le scénario prenne place durant la seconde guerre mondiale et que son thème revienne plus ou moins à deux complots ourdis en parallèle - par Shosanna et par la bande de tueurs du lieutenant Raine - pour liquider Adolf Hitler et toute sa clique n'a guère d'importance en soi.

Le flamboyant massacre final d'une palanquée de hauts dignitaires nazis dans un cinéma parisien exploité par Shosanna a une signification métaphorique, si l'on en croit Tarantino.

"Le cinéma en soi est ici une métaphore, du pouvoir du cinéma. Ce n'est même pas une métaphore, c'est le pouvoir du cinéma qui met fin au pouvoir du IIIe Reich", a-t-il expliqué en conférence de presse.

PATCHWORK

"Inglourious Basterds", second film américain en compétition à Cannes cette année, revient à une variation sur le thème habituel de la vengeance, sans plus d'implication du contexte historique.

A l'image de la musique qui accompagne l'image - une adaptation d'"Alamo" en ouverture, reprise de plusieurs thèmes de films de guerre et même "Lettre à Elise" de Beethoven - le film est un patchwork à la manière de? Quentin Tarantino dont les pièces ne s'harmonisent pas toujours bien.

La vraie révélation du film est le comédien autrichien Christoph Waltz, dont l'intégration au casting s'est révélée décisive.

"J'ai eu conscience que j'inventais un personnage exceptionnel en la personne du colonel Hans Landa. Pour les langues en particulier, c'est un véritable génie", a dit Quentin Tarantino, toujours volubile, dans son habituel anglais haché où les mots entrent en collision les uns avec les autres.

"L'acteur devait être autant doué en langues que le personnage, sinon il lui était impossible de le jouer", a-t-il ajouté, précisant que s'il n'était pas tombé sur Christoph Waltz, le film ne se serait tout simplement pas fait.

Quentin Tarantino est sans conteste l'un des chouchous de Cannes. Il y montre avec un succès mémorable son premier long métrage, " Reservoir Dogs ", en 1992.

Deux ans plus tard, c'est la consécration internationale avec la Palme d'or de " Pulp Fiction". Dix ans passent et Quentin Tarantino est président du jury et décerne une Palme d'or très controversée au documentaire " Farenheit 9/11 " de Michael Moore.

Tarantino sait être reconnaissant.

"Rien ne vaut Cannes sur cette planète", a-t-il lancé. "Pour un réalisateur, c'est l'Olympe, le nirvana, les JO du cinéma. Je l'ai déjà dit et on m'a cité, mais c'est vrai", a-t-il ajouté.

"Je ne suis pas un cinéaste américain, je fais des films pour le monde entier, et Cannes est ce qui se fait de mieux pour les présenter."

"Inglourious Basterds " doit sortir en France le 19 août.

Au fait, pour une critique intelligente (et mitigée) d'Antichrist, de Télérama bien sûr : http://www.telerama.fr/cinema/seance-te … ,42864.php (par deux de mes critiques préférés, Pierre Murat et Aurélien Férenczi. C'est quand même d'un autre niveau qu'Eric Neuhoff)

164

Re: Festival de Cannes

antichrist est une merde sans nom

Re: Festival de Cannes

pas mal de journalistes sont surtout contents de pouvoir un peu cracher sur la tarantino alors qu'on en parle tant depuis le début du festival..

comme le dit FDL, fallait s'attendre à cette réaction après la trop importante promo du film.

pas mal la critique du télérama à propos d'antichrist.

166

Re: Festival de Cannes

barbez a écrit:

pas mal de journalistes sont surtout contents de pouvoir un peu cracher sur la tarantino alors qu'on en parle tant depuis le début du festival..

Tout à fait d'accord. Exemple : Eric Neuhoff http://www.lefigaro.fr/festival-de-cann … tique-.php

C'est sa 3ème critique que j'écoute et à chaque fois, c'est négatif. Critique mauvaise d'ailleurs puisqu'il confond Sergio Leone et Ennio Morricone (sic).

edit : bon, il y a du Ennio Morricone dans la BO donc je retire ce que j'ai dit.

Last edited by FDL (21-05-2009 13:38:23)

Re: Festival de Cannes

antichrist a écrit:

antichrist est une merde sans nom

J'ai eu droit à un récit détaillé ("Alors là, elle lui tape sur le sexe avec une bûche, et puis elle utilise une vrille pour lui faire un trou dans la jambe, elle met le doigt pour voir, elle lui installe une meule à aiguiser qui traine par là, elle serre le tout avec un écrou puis jette la clef anglaise, que le mari retrouvera plus tard par hasard, et après le mari essaie de s'enfuir avec la meule attachée à la jambe", etc.), ce film m'a l'air très drôle.

"Je sens en deux parti[e]s mon esprit divisé." (Pierre Corneille, Le Cid)
"Et en deux sous-parties" (Richard Descoings)

Re: Festival de Cannes

Les Inrocks sont à fond :

"Tout le monde l’attendait, Inglorious Basterds est énorme. On ne s’y ennuie pas une seconde, malgré sa durée. On attendait vaguement de l’action, il y en a très peu et c’est à un film hollywoodien classique tout en dialogues et champs-contrechamps que l’on assiste. Enfin, “hollywoodien classique”, il faut le dire vite, tant le genre “film de guerre” et son sous-genre “film de seconde guerre mondiale” et son sous-sous-sous genre “films de Juifs et de nazis” sont subtilement pervertis par la geek culture tarantinienne - humour, riffs de guitares, petites touches gore, mais tout cela à juste dose, sans jamais glisser dans l’outrage ou le hors sujet). Mais ce qui est bouleversant, c’est de voir à quel point cette geek culture est enrichie par une véritable culture historique, cinématographique et politique. Que d’intelligence derrière l’apparence de grand spectacle un peu facile ! Faire parler toutes les langues (anglais, français, allemand, italien), jouer avec cette babelisation de la guerre et du cinéma en se moquant au passage de la domination américaine en ce domaine. Inventer un espion anglais qui était critique de cinéma dans le civil. Ou une juive cachée sous fausse identité qui possède un cinéma, comme une réminiscence du Dernier métro truffaldien. Retourner l’étoile jaune à l’envoyeur en lui gravant dans la peau et au couteau la croix gammée. Lui retourner aussi la pratique de l’autodafé en un geste de légitime défense par la pellicule. Faire mourir des personnages principaux. Évoquer les liens entre Américains et ex-nazis à la fin de la guerre et après. Inventer des répliques cultes… on pourrait ainsi citer mille exemples de la finesse tarantinienne à l’œuvre, de sa compréhension de la guerre, sans parler de son infini savoir et intelligence cinématographique (tout le cinéma infuse ce film, de Hawks à Hitchcock, du métier de projectionniste à celui de critique !), et venant d’un ex-vendeur de videoclub élevé dans une sous-banlieue de LA, ce film-là est aussi étonnant qu’époustouflant. Une utopie de cinéma qui fusionne haute et basse culture, high concept et storytelling, grande histoire universelle et cinéphilie intime. Tarantino est grand et continue de grandir, film après film.

http://blogs.lesinrocks.com/cannes2009/?p=135

Un film qui divise c'est souvent une bonne nouvelle !

169

Re: Festival de Cannes

Badaud de passage a écrit:

Un film qui divise c'est souvent une bonne nouvelle !

Comme Antichrist donc :D

170

Re: Festival de Cannes

FDL nl a écrit:
Badaud de passage a écrit:

Un film qui divise c'est souvent une bonne nouvelle !

Comme Antichrist donc big_smile

Antichrist a été réalisé pour le scandale, pour diviser, je trouve ça un peu facile d'aller dans les extrêmes tel que semble l'avoir fait le réalisateur. La provocation, c'est bien, mais faut qu'il y ait quelque chose de bien construit derrière pour la soutenir. J'espère que j'aurais pas l'impression que le mec a lu 3 pages de niezche (désolé pour l'ortho wink) et s'est retrouvé à jouer le philosophe en bandant sur sa petite réflexion d'artiste névrosé..

J'attends de voir, mais ce film m'a bien l'air de transpirer la prétention..

171

Re: Festival de Cannes

The Imaginarium of Doctor Parnassus de Terry Gilliam est présenté aujourd'hui hors compétition. Hâte de le voir aussi.

Critique (mitigée) de dvdrama : http://www.dvdrama.com/news-33906-l-ima … illiam.php

Et vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=jRYXNk-q … r_embedded

172

Re: Festival de Cannes

Haha ! Ils sont pitoyables... Cette censure de la morale chrétienne bien-pensante me donne encore plus envie d'aller voir ce film (Antichrist) :

AFP a écrit:

Le jury oecuménique donne un prix à Ken Loach, et un "anti-prix" à von Trier

Le jury oecuménique 2009 a décerné samedi à Cannes son prix au film "Looking for Eric" du Britannique Ken Loach, les jurés accordant par ailleurs "à titre individuel et solidaire un anti-prix", pour misogynie, au film de Lars von Trier "Antichrist".

Lors de la remise du prix, le président du jury, le cinéaste roumain Radu Mihaileanu, a affirmé dans une déclaration écrite sur un mode ironique, que les jurés avaient considéré de leur "devoir d'honorer le film le plus misogyne du +plus grand cinéaste du monde+", en référence à une déclaration elle-même ironique du cinéaste danois.

Lars von Trier "suggère finement que la femme doit être brûlée sur le bûcher pour sauver le monde et pour que l'homme puisse enfin se mettre debout", ajoutait la déclaration lue à l'AFP par M. Mihaileanu.

Le président du jury a ajouté que cet "anti-prix" avait été décerné "à titre individuel et solidaire par les six jurés", "en dehors du rôle stricto sensu du jury oecuménique".

Interrogé par l'AFP, le délégué général du Festival de Cannes Thierry Frémaux s'est insurgé contre ce qu'il considère être "une décision ridicule qui frise l'appel à la censure, scandaleuse de la part d'un jury oecuménique présidé qui plus est par un cinéaste".

Le film primé de manière officielle, "Looking for Eric", a quant à lui reçu le prix "pour sa grande qualité artistique et son approche humoristique, optimiste et humaniste de la société contemporaine en pleine crise", selon le jury.

Une mention spéciale a été accordée au film de l'Autrichien Michael Haneke, "Le ruban blanc", qui nous "incite à la plus grande vigilance devant les symptômes de notre violence personnelle, qui creuse aussi le lit de la violence sociale et politique", selon un communiqué.

Composé de six personnes (journalistes, critiques, etc) membres des Eglises chrétiennes et issus de cultures et de pays différents, le jury oecuménique, qui fête ses 35 ans, distingue des oeuvres "aux qualités humaines qui touchent à la dimension spirituelle de l'existence".

Re: Festival de Cannes

Bof, une palme qui ne semble pas très convaincante... Les puristes apprécieront surement (car il faut vraiment se donner du mal pour aimer Haneke) mais Cannes continue de s'éloigner du public. La Palme roumaine d'il y a deux ans (pour un film franchement classique) est confirmée! Pour une fois, ça n'est pas politique au moins!

Heureusement le reste du palmarès donne moins la nausée et paraît plus équilibré...

174

Re: Festival de Cannes

Je n'ai pas eu cette impression. C'est une bonne Palme qui récompense un cinéma exigeant et pas démago comme l'année dernière. Si ça peut pousser plus de monde à aller voir ce genre de films, eh bien tant mieux.
Le reste du palmarès me paraît aussi très bien.

edit : correction (l'avantage d'être modo, on peut corriger ses posts écrits en no log)

Last edited by FDL (25-05-2009 00:03:43)

Re: Festival de Cannes

FDL nl a écrit:

Cette une bonne Palme qui récompense un cinéma exigeant et pas démago comme l'année dernière.

Je suis choquée et pante avec ferveur cette impardonnable erreur.

"Je suis aussi perplexe qu'avant mais à un niveau beaucoup plus élevé."

176

Re: Festival de Cannes

Ah oui, je me suis emmêlé les pinceaux sur ce coup-là.
Comme disait Broz tout à l'heure : personne n'est infaillible, orthographe, polymérase etc.

177

Re: Festival de Cannes

FDL nl a écrit:

Je n'ai pas eu cette impression. C'est une bonne Palme qui récompense un cinéma exigeant et pas démago comme l'année dernière. Si ça peut pousser plus de monde à aller voir ce genre de films, eh bien tant mieux.
Le reste du palmarès me paraît aussi très bien.

edit : correction (l'avantage d'être modo, on peut corriger ses posts écrits en no log)

Plutôt d'accord pour le côté démago de l'année dernière..

Mais c'était sean penn, et cette année, c'est isabelle, qui avait d'ailleurs eu sa palme dans un film de haneke...

A quand un bon film, un bon scénario, proche du public sans être demagobobo, palme d'or à cannes.. ?

178

Re: Festival de Cannes

barbez nl a écrit:

A quand un bon film, un bon scénario, proche du public sans être demagobobo, palme d'or à cannes.. ?

Oh, je pense que tous les films primés, sauf celui de l'année dernière, sont bons et ont un bon scénario. Quant au côté "proche du public", je n'en vois pas beaucoup, certes. Si on remonte dans le temps, on doit avoir Le Pianiste, Pulp Fiction, Barton Fink, Sailor et Lula, Sexe mensonges et vidéo...

Re: Festival de Cannes

FDL nl a écrit:
barbez nl a écrit:

A quand un bon film, un bon scénario, proche du public sans être demagobobo, palme d'or à cannes.. ?

Oh, je pense que tous les films primés, sauf celui de l'année dernière, sont bons et ont un bon scénario. Quant au côté "proche du public", je n'en vois pas beaucoup, certes. Si on remonte dans le temps, on doit avoir Le Pianiste, Pulp Fiction, Barton Fink, Sailor et Lula, Sexe mensonges et vidéo...

Le Vent se Lève, ça sert à rien de remonter aussi loin...

180

Re: Festival de Cannes

En France peut-être (encore que...) mais je me souviens que ce film avait eu beaucoup de mal à trouver des distributeurs au Royaume-Uni et il n'a pas dû avoir beaucoup de succès au box-office (à vérifier, cela dit).

Re: Festival de Cannes

FDL nl a écrit:

ce film avait eu beaucoup de mal à trouver des distributeurs au Royaume-Uni

Nooooon, c'est vrai ? On se demande pourquoi !

182

Re: Festival de Cannes

Ben, c'est pourtant simple.
D'où le fait que ce film ne soit pas aussi "proche du public" que d'autres qui ont été primés.

Re: Festival de Cannes

Pose-toi aussi la question: proche de quel public ? Evidemment, pas trop du public anglais. Donc les distributeurs anglais ont du mal à se lancer. Je pense que ce film est quand même plus proche du public que beaucoup d'autres primés.

Re: Festival de Cannes

edit- message à virer

Last edited by Buster Keaton (25-05-2009 18:38:23)

185

Re: Festival de Cannes

Buster Keaton a écrit:

Pose-toi aussi la question: proche de quel public ? Evidemment, pas trop du public anglais. Donc les distributeurs anglais ont du mal à se lancer. Je pense que ce film est quand même plus proche du public que beaucoup d'autres primés.

Oui, bien sûr, on est d'accord là-dessus. Entre Le Vent se lève et 4 Mois, 3 Semaines etc, y a pas photo.
Sinon, quand je disais "film proche du public", pour reprendre l'expression de Barbez, je pensais à une catégorie de public influencé par le palmarès et qui s'y intéresse, c'est-à-dire les personnes qui n'auraient pas vu Elephant (par exemple) si celui-ci n'avait pas été primé. Dire que c'est une élite serait un peu exagéré et il est évident qu'un blockbuster à la Emmerich  n'obtiendra pas la Palme d'Or de sitôt.
Dans le cas du film de Ken Loach, on est d'accord, il n'allait pas fédérer les foules au Royaume-Uni. Cela dit, je viens de vérifier, il a totalisé un peu plus de 900 000 entrées au box-office français quand Le Pianiste en a totalisé plus d'1 700 000 et Pulp Fiction plus de 2 800 000. Je bats ma coulpe pour Barton Fink qui n'a engrangé que 400 000 entrées environ (mais il faut dire que c'était un des premiers films des frères Coen).

186

Re: Festival de Cannes

Glané une perlouze remarquable :

FDL a écrit:

La présence de Cantona et de Hallyday est un scandale. On atteint le degré zéro de la culture.

Et la vraie nature de FDL nous fut révélée.

187

Re: Festival de Cannes

Tu en doutais encore ? ;)

Re: Festival de Cannes

900 000 pour un film sur un sujet que peu de gens connaissent, assez hard niveau violence et sans acteur connu c'est pas mal.
Le Pianiste est déjà plus "grand public", avec un sujet qui attire plus les gens, et toutes les classes d'âge, plus une (belle) gueule connue en tête d'affiche.
Pulp est un film énorme, avec sûrement un gros bouche à oreille plus des acteurs connus. En plus c'est le genre de film qui aurait cartonné même sans Cannes (enfin Tarantino sans Cannes serait sûrement bien moins connu).
Barton Fink est un film un peu indigeste.

189

Re: Festival de Cannes

Pas sûr qu'il aurait quand même cartonné sans Cannes ; c'est la Palme d'Or qui lui a donné de la visibilité et qui a consacré Tarantino comme cinéaste reconnu internationalement.
Pour Loach, c'était déjà un cinéaste confirmé et il jouissait (il jouit toujours d'ailleurs) d'une certaine renommée. De plus, son cinéma est peut-être plus exigeant que celui de Tarantino, c'est pour ça que je ne l'ai pas rangé spontanément dans la catégorie des films proches du public.
Quant à Barton Fink qui serait indigeste, je m'élève, je m'indigne, je m'insurge ! ;)

Re: Festival de Cannes

FDL nl a écrit:

Pas sûr qu'il aurait quand même cartonné sans Cannes ; c'est la Palme d'Or qui lui a donné de la visibilité et qui a consacré Tarantino comme cinéaste reconnu internationalement.

Il faut remonter alors à Rerservoir Dogs qui a eu d'excellentes critiques et a été sélectionné à Cannes (alors que c'est presque un premier film). Rerservoir Dogs et True Romance (film tarantinesque même si filmé par l'infâme Tony Scott) ont déjà fidélisé une petite frange de cinéphiles. Pulp Fiction est nettement plus ouvert, un peu moins violent et un peu mieux réussi (accédant donc le rang de chef d'oeuvre car Reservoir et True Romance sont déjà collectors)....

En bref, le succès de Pulp Fiction était inévitable. La Palme a certainement dû l'aider en Europe mais même sans, il aurait brillé aux US (oscar du scénar original en 1994) et par conséquence, aurait eu de bonnes chances de faire de même en Europe...

191

Re: Festival de Cannes

Oh, infâme, c'est peut-être un peu sévère. Il a quand même réalisé Les Prédateurs, le seul à sauver dans sa filmo avec True Romance en effet.

"François Hollande enchaîne les succès. Il montre qu'il est un très bon Président et les Français se sont fait un cadeau en l'élisant." (Greg)
"Non [je ne suis pas auto-entrepreneur]. Mais j'adore l'économie." (OneAgain a.k.a...)
"Je suis candidat à un poste de modérateur." (Antifaf)

192

Re: Festival de Cannes

Mouais... A voir.

Libération a écrit:

Tim Burton va présider le prochain festival de Cannes

Le réalisateur américain, auteur notamment des "Noces funèbres" et de "Mars attacks", succède à Isabelle Huppert.

Le réalisateur américain Tim Burton, génial poète macabre, sera le président du prochain Festival de Cannes, du 12 au 23 mai et se réjouit de "vivre un rêve devenu réalité", ont annoncé ses organisateurs mardi.

"Quand on pense à Cannes, on pense cinéma du monde. Et puisque j’ai toujours vécu les films comme des rêves, je vais vivre un rêve devenu réalité", affirme le cinéaste âgé de 51 ans dans une brève déclaration citée par le communiqué du festival.

"Après avoir passé mes jeunes années à voir des triples programmes et à faire des marathons de 48h de films d’horreur, je me sens prêt pour Cannes", a plaisanté l'auteur des "Noces funèbres" et de "Mars attacks".

"C’est un grand honneur, et je suis très impatient de me retrouver avec mes camarades jurés pour voir de beaux films venus du monde entier", a encore déclaré le cinéaste en acceptant l'invitation de Gilles Jacob et Thierry Frémaux, respectivement président et délégué général du festival.

L'identité des huit membres du jury ne sera annoncée qu'à la mi-avril.

Pour Thierry Frémaux, Tim Burton est un président "à la fois surprenant et évident". "C’est un artiste touche-à-tout, fantasque et brillant, un auteur populaire qui a imposé son imaginaire et un homme attachant qui connaît bien l’histoire du cinéma. Sa légitimité sera incontestable pour les cinéastes en compétition"

"C’est la première fois qu’un créateur venu de l’animation préside le jury du Festival de Cannes", souligne Gilles Jacob, qui rend hommage au "cinéaste au coeur d’or et aux mains d’argent", "prestidigitateur au délire visuel dont l’écran devient féérie". "Que sa douce folie et son humour gothique envahissent la Croisette et ce sera Noël pour tout le monde" dit-il, ajoutant aussitôt: "Noël et Halloween".

Après avoir débuté comme animateur au studio Disney, Tim Burton a très vite cultivé un style visuel très personnel, mélange de fantaisie et de créativité débridées, d'humour noir et de poésie macabre, réalisant d'abord "Pee-Wee Big Adventure" puis "Beetlejuice" (1988) qui l'impose d'emblée comme l'un des créateurs les plus originaux à Hollywood.

Il signe ensuite avec le studio Warner Bros pour le premier "Batman" (1989) puis tourne le poignant "Edward aux mains d'argent" (1990) au héros attendrissant, affligé de doigts en lames tranchantes, qui marque le début de sa collaboration avec son acteur fétiche Johnny Depp. Suit le sombre et drôlatique "L'Etrange Noël de Monsieur Jack" (1993) où le père Noël est kidnappé.

En quatorze longs métrages, Tim Burton a souvent brossé le portrait de marginaux à la beauté dangereuse, distillant un message de tolérance dans un univers social aseptisé, notamment avec '"Ed Wood" (en compétition à Cannes en 1994) consacré au "pire cinéaste du monde" ou encore le gothique "Sweeney Todd" (2007) sa première comédie musicale. Qu'il s'attaque à la science fiction ("Mars Attacks" ou "La Planète des singes"), au fantastique ("Sleepy Hollow"), à l’animation ("Les Noces Funèbres") ou à la littérature enfantine ("Charlie et la chocolaterie"), il puise aux sources d'un imaginaire d'enfant. Très attendu, son prochain film est l'adaptation en relief du conte de Lewis Carroll "Alice au pays des merveilles" avec Johnny Depp et Helena Bonham Carter, qui sortira en salles le 5 mars aux Etats-Unis et le 7 avril en France. En 2007, il a reçu un Lion d'or pour l'ensemble de sa carrière au festival de Venise.

Né le 25 août 1958 à Burbank en Californie, Tim Burton est aussi illustrateur, peintre et photographe, exposé au MoMA de New York jusqu’au 28 avril 2010.

Il succède à l'actrice française Isabelle Huppert, présidente du jury l'an dernier.

193

Re: Festival de Cannes

Le Festival 2010 a son affiche... et elle est très moche :

http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/77/46/81/19408226.jpg

Mes préférées, pour les 5 dernières années, sont celle de 2008 (évidemment) et celle de 2006 : http://www.allocine.fr/article/ficheart … 93400.html

194

Re: Festival de Cannes

La liste du jury et des films présentés à Cannes :

Année : 2010

Les Jurys du festival
Jury des longs métrages
Tim BURTON, Président
Kate BECKINSALE ? Actrice / Grande?Bretagne
Giovanna MEZZOGIORNO ? Actrice / Italie
Alberto BARBERA ? Directeur du Musée National du Cinéma / Italie
Emmanuel CARRERE ? Ecrivain ? Scénariste ? Réalisateur / France
Benicio DEL TORO ? Acteur / Porto Rico
Victor ERICE ? Réalisateur / Espagne
Shekhar KAPUR ? Réalisateur ? Acteur ? Producteur / Inde

Jury de la Cinéfonfation et des courts métrages
Atom EGOYAN, Président ? Réalisateur / Canada
Emmanuelle DEVOS ? Actrice / France
Dinara DROUKAROVA ? Actrice / Russie
Carlos DIEGUES ? Réalisateur / Brésil
Marc RECHA ? Réalisateur / Espagne

Jury Un Certain Regard
Claire DENIS, Présidente ? Réalisatrice / France

12?23 MAI 2010
Film d’Ouverture :
Ridley SCOTT - ROBIN HOOD

En compétition

Mathieu AMALRIC - TOURNÉE

Xavier BEAUVOIS - DES HOMMES ET DES DIEUX

Rachid BOUCHAREB - HORS LA LOI

Alejandro GONZÁLEZ IÑÁRRITU - BIUTIFUL

Mahamat-Saleh HAROUN - UN HOMME QUI CRIE

IM Sangsoo - HOUSEMAID

Abbas KIAROSTAMI - COPIE CONFORME

Takeshi KITANO - OUTRAGE

LEE Chang-dong - POETRY

Mike LEIGH - ANOTHER YEAR

Doug LIMAN - FAIR GAME

Sergei LOZNITSA - YOU. MY JOY

Daniele LUCHETTI - LA NOSTRA VITA

Nikita MIKHALKOV - UTOMLYONNYE SOLNTSEM 2

Bertrand TAVERNIER - LA PRINCESSE DE MONTPENSIER

Apichatpong WEERASETHAKUL - LOONG BOONMEE RALEUK CHAAT

Un certain regard :

Derek CIANFRANCE - BLUE VALENTINE
1er film

Manoel DE OLIVEIRA - O ESTRANHO CASO DE ANGÉLICA
(Angelica)

Xavier DOLAN - LES AMOURS IMAGINAIRES

Ivan FUND, Santiago LOZA LOS LABIOS

Fabrice GOBERT - SIMON WERNER A DISPARU…
1er film

Jean-Luc GODARD - FILM SOCIALISME

Christoph HOCHHÄUSLER - UNTER DIR DIE STADT
(The City Below)

Lodge KERRIGAN - REBECCA H. (RETURN TO THE DOGS)

Ágnes KOCSIS - PÁL ADRIENN
(Adrienn Pál)

Vikramaditya MOTWANE - UDAAN
1er film

Radu MUNTEAN MARTI, DUPA CRACIUN
(Mardi, après Noël)

Hideo NAKATA - CHATROOM

Cristi PUIU - AURORA
(Aurore)

HONG Sangsoo - HA HA HA

Oliver SCHMITZ - LIFE ABOVE ALL
(La Vie avant tout)

Daniel VEGA - OCTUBRE
(Octobre)
1er film

David VERBEEK - R U THERE

Xiaoshuai WANG - RIZHAO CHONGQING
(Chongqing Blues)

Hors compétition :
Woody ALLEN YOU WILL MEET A TALL DARK STRANGER

Stephen FREARS TAMARA DREWE

Oliver STONE WALL STREET - MONEY NEVER SLEEPS
(Wall Street - l'argent ne dort jamais)

Séances de minuit :
Gregg ARAKI KABOOM

Gilles MARCHAND L'AUTRE MONDE

Séances spéciales :
Charles FERGUSON INSIDE JOB

Sophie FIENNES OVER YOUR CITIES GRASS WILL GROW

Patricio GUZMAN NOSTALGIA DE LA LUZ
(Nostalgie de la lumière)

Sabina GUZZANTI DRAQUILA - L'ITALIA CHE TREMA

Otar IOSSELIANI CHANTRAPAS

Diego LUNA ABEL
1er film

Je trouve la sélection Un certain regard plus intéressante et stimulante que la sélection officielle, avec notamment le deuxième film de Xavier Dolan que je suis impatient de voir, celui du plus que centenaire Manoel De Oliveira (bien que son dernier m'ait déçu) et celui de Godard (dont la bande-annonce est très étrange).

195

Re: Festival de Cannes

Bon, je le poste ici parce que c'est un peu l'anti-Festival de Cannes.
J'adore les titres des "récompenses" :

Libération - Écrans a écrit:

Les Gérard du cinéma tapent encore sur l’âne Franck

Chaque année, le rituel des Gérard du Cinéma, nos Razzy Awards bien à nous, permet de dauber sans complexe sur la qualité toute relative du 7ème art frenchy. L’an dernier, l’affreux Cyprien avait remporté le Gérard suprême, une récompense bien méritée que son réalisateur était venu chercher en personne lors de la cérémonie, un geste bullockien tout à son honneur.

Comme toujours retransmis par Paris Première, la Cérémonie cru 2010 s’est déroulée hier soir sous la direction de Stéphane Rose, Arnaud Demanche et Frédéric Royer, les vengeurs cinéphiles qui concoctent les catégories de récompenses plus absurdes les unes que les autres. Pour déterminer quel infamant prix remettre, un jury composé principalement de journalistes avait la lourde tâche de mettre les mains dans la mouise pour trier les vainqueurs. Le palmarès complet étant lisible ci-dessous, on ne s’attardera pas en détail sur chaque catégorie, mais certaines ont retenu notre attention.

Tout d’abord, on ne peut que se féliciter de voir Le Baltringue, avec Vincent Lagaf, remporter le très convoité « Gérard de la grosse comédie qui tâche comme on en tournait du temps des Charlots avec Paul Préboist et Alice Sapritch, sauf qu’on est en 2010 ». Certes, la concurrence était rude (Le Mac, Protéger et servir, Rose et noir, RTT et surtout Le Missionnaire avec Jean Marie "Big Art"), mais la folie pure de ce non film méritait à coup sûr cette ultime distinction.

Si Luc Besson a sans souci remporté le « Gérard du réalisateur qui continue à faire des films en toute impunité malgré un CV déjà passablement chargé » pour sa dernière Minimoyerie (même si, par goût du risque, on aurait aimé voir Jeunet couronné à sa place après son lénifiant MicMac), c’est le réalisateur-acteur-polémiste-anti Suisse Yann Moix qui a toutefois raflé le gros lot. Son Cinéman décroche le Gérard du plus mauvais film, un joli clin d’œil vu le sujet du film, et belle perf’, son acteur principal, le campeur Franck Dubosc, décroche celui du désespoir masculin. Ce n’est pas une première pour lui, rappelez vous, il avait déjà reçu la chose en 2008 pour sa prestation barbue-barbante dans Astérix 3.

Niveau dame, bien qu’Arielle Dombasle soit une fois de plus gagnante d’une catégorie entièrement créée pour elle, c’est Virginie "j’aurais jamais du quitter Nouvelle Star" Efira qui, après avoir démontré son talent comique dans Canal Presque, a récidivé dans le Siffleur, à la grande joie des Gérard.
Le palmarès :

1/ Gérard de l’acteur qui vient manger le pain des français
- Sergi Lopez dans Partir

2/ Gérard du film avec des petits chiens ou des grosses chiennes
-  Coco avant Chanel de Anne Fontaine avec Audrey Toutou

3/ Gérard de la grosse comédie qui tâche comme on en tournait du temps des Charlots avec Paul Préboist et Alice Sapritch, sauf qu’on est en 2010
-  Le Baltringue avec Vincent Lagaf’

4/ Gérard de Madame La Grande Actrice qui va s’encanailler dans une comédie de ploucs pour casser son image de vieille bourgeoise coincée du cul
- Carole Bouquet dans Protéger et servir .

5/ Gérard du film pas nul, mais pas bien. Pas nul, hein. Mais pas bien. Mais pas nul pour autant. Mais pas bien non plus. Mais pas nul. Ceci dit, pas bien. Voyez ?
-  Gainsbourg (vie héroïque) avec Eric Elmosnino

6/ Gérard de l’acteur qui a un nom de maladie
- Anna Mouglalis

7/ Gérard du film qui parle d’une meuf qui fait moyennement envie, et du coup le film bah c’est pareil
-  Mademoiselle Chambon avec Sandrine Kiberlain

8/ Gérard de l’acteur que c’est pas qu’on l’aime pas, mais on en a un peu marre de voir sa gueule partout
- Kad Merad

9/ Gérard du titre gay
-  Ne te retourne pas de Marina De Van

10/ Gérard du film vraisemblablement adapté d’un article de Marie Claire
-  Une Semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) avec Mathilde Seigner

11/ Gérard de l’acteur dont on espère qu’il n’aura jamais de premier rôle quand on voit comment il se débrouille avec les seconds
- Manu Payet dans RTT

12/ Gérard du réalisateur qui continue à faire des films en toute impunité malgré un CV déjà passablement chargé
- Luc Besson avec Arthur et la vengeance de Maltazard

13/ Gérard du film que quand tu vas le voir, dans la salle, t’as l’impression d’être dans un wagon du RER D un samedi soir à Villiers-le-Bel
-  Banlieue 13 ultimatum de Patrick Alessandrin

14/ Gérard de l’actrice dont le mari s’est tellement couvert de ridicule que ses réseaux ne lui permettent plus le moindre rôle, pas même un tapin dans le film de Lagaf’
- Arielle Dombasle dans rien

15/ Gérard de l’actrice qui ne bénéficie définitivement pas des réseaux de son beau-frère
- Valéria Bruni-Tedeschi dans les Regrets

16/ Gérard du désespoir féminin
- Virginie Efira dans Le Siffleur

17/ Gérard du désespoir masculin
- Franck Dubosc dans Cinéman

18/ Gérard du plus mauvais film
-  Cinéman de Yann Moix

Re: Festival de Cannes

Oncle Boonmee : la Palme d'Or est un nanar spirituel

Par Christophe Carrière, publié le 24/05/2010 à 10:00

Il a suffi d'un clin d'oeil involontaire à La Planète des singes pour conquérir Tim Burton.

L'histoire : « Au coeur de la jungle, des montagnes et des vallées, mes vies antérieures ressurgissent à moi » annonce un panneau introductif. Après quoi un bovidé crapahute dans une végétation luxuriante, observée par des créatures pourvues de diodes rouges à la place des yeux. Ceci pour la mise en bouche. Car lesdites créatures s'avèreront être des cousins éloignés de Chewbaka, qui ne grognent pas mais parlent couramment le thaï -il s'agit de fantômes de disparus au système pileux prononcé. L'un d'eux est le fils d'oncle Boonmee, lequel, condamné par la maladie, va remonter à sa première vie avec sa progéniture et sa défunte épouse dans une grotte en forme de vagin...

Les plus : C'est spirituel. Au sens propre. Avec des scènes inoubliables, telle celle où une princesse est lutinée par un poisson-chat - non, ce n'est pas ironique : la séquence est réellement sensuelle et poétique à la fois.

Les moins : Bon sang, ce que c'est lent ! Fidèle à son habitude, Apichatpong Weerasethakul verse dans la pose et dans la pause. Ce qu'il évoque en près de deux heures aurait pu l'être avec une demi-heure de moins, dévolue à diverses afféteries narratives et autres plans trop longs pour être utiles.

Verdict : Une Palme d'Or, donc. Décernée par un jury dont on connaît le goût prononcé du président pour les nanars fantastiques. Oncle Boonmee en a l'odeur mais pas la saveur. C?est du film d'auteur et d'hauteur, pas dénué d'intérêt, porteur même, en filigrane, d'une certaine conscience politique (résonant forcément avec l'actualité thaïlandaise), mais qui se prend trop au sérieux pour fédérer le plus grand nombre. « J'espère qu'à la fin, les spectateurs seront les premiers à être transportés. » dit le metteur en scène dans le dossier de presse. Encore faudrait-il commencer par les attirer dans la salle -et les y garder.

197

Re: Festival de Cannes

Gourkuff a écrit:

Blablabla

Source de cet article ?

Article, source inconnue, a écrit:

Après quoi un bovidé crapahute dans une végétation luxuriante, observée par des créatures pourvues de diodes rouges à la place des yeux. Ceci pour la mise en bouche. Car lesdites créatures s'avèreront être des cousins éloignés de Chewbaka, qui ne grognent pas mais parlent couramment le thaï -il s'agit de fantômes de disparus au système pileux prononcé. L'un d'eux est le fils d'oncle Boonmee, lequel, condamné par la maladie, va remonter à sa première vie avec sa progéniture et sa défunte épouse dans une grotte en forme de vagin...

Je remarque que lorsqu'on ne comprend pas quelque chose du premier coup, quand ça renvoie un peu trop à l'imaginaire ou aux fantasmes (donc quand ça force à réfléchir un tant soit peu), il est toujours tentant, et très facile, de tourner en dérision. A comparer avec les critiques ineptes et affligeantes, comme d'habitude, des scribouillards du Figaro (ce crétin fini d'Éric Neuhoff en tête) : http://www.lefigaro.fr/festival-de-cann … cannes.php (quelques heures avant la remise de la Palme).

Et ici, un article plein de mauvaise foi, juste après :

Le Figaro a écrit:

Oncle Boonmee, la palme de l'ennui

Par Olivier Delcroix, Emmanuèle Frois

Obscur et hermétique, le film thaïlandais remporte la plus haute récompense, tandis que le miraculeux film de Xavier Beauvois, «Des hommes et des dieux», reçoit le grand prix du festival.

Radical et surprenant, le jury présidé par Tim Burton se fait plaisir en donnant la palme d'or à Oncle Boonmee, qui celui se souvient de ses vies antérieures, un film hermétique, lent et au symbolisme obscur.

L'histoire ? Dans la jungle thaïlandaise, un long plan-séquence nocturne d'une quinzaine de minutes s'attarde sur un buffle attaché à un arbre. Gêné par la fumée d'un feu de camp, il finit par s'enfuir pour ne plus jamais réapparaître à l'écran. Scène suivante, un singe noir aux yeux rouges apparaît à l'écran. Surprise! On se dit qu'on n'est pas au bout de ses peines. Documentaire sur la vie des animaux, film de science-fiction ou d'épouvante? Pas du tout : Oncle Boonmee , celui qui se souvient de ses vies antérieures raconte les derniers moments d'un apiculteur sous dialyse, coupable «d'avoir tué trop de rouges (communistes, NDLR) et d'insectes».

Le soir lors d'un repas, le fantôme de sa femme lui apparaît. Quelques instants après, c'est au tour de son fils disparu de surgir, déguisé en gorille atteint de myxomatose. On frôle le ridicule. Le meilleur reste à venir. Dans une sorte de vision fantasmatique, un poisson-chat entreprenant se glisse entre les cuisses d'une princesse défigurée pour lui offrir un orgasme cosmique. Oncle Boonmee finira par mourir dans une grotte censée représenter la matrice ou «l'utérus de sa mère». Chef de file du cinéma expérimental thaïlandais, Apichatpong Weerasethakul, 40 ans, signe un voyage mortel qui voudrait être une odyssée spirituelle au pays de la réincarnation.

Psychanalyse de bambou? Pamphlet politique crypté?  Non, mais un pensum de deux heures dont on se demande à qui il s'adresse. Sortie indéterminée en salle, mais, à coup sûr, une belle palme de plomb.


Pour en revenir à celui de Gourkuff :

Article sorti de nulle part a écrit:

mais qui se prend trop au sérieux pour fédérer le plus grand nombre. « J'espère qu'à la fin, les spectateurs seront les premiers à être transportés. » dit le metteur en scène dans le dossier de presse. Encore faudrait-il commencer par les attirer dans la salle -et les y garder.

Je pense au contraire qu'il est sain de récompenser des films qui n'attireront peut-être pas beaucoup de monde (en tout cas, davantage que s'ils n'avaient pas reçu de prix) et de sortir des sentiers battus et du politiquement correct. Cf à ce titre les réactions débiles (comme d'habitude bis) des lecteurs du Figaro. Ça participe de plus à la reconnaissance d'un cinéma dynamique et créatif qui servira, je l'espère en tout cas, à revivifier le 7ème Art (lessivé par un cinéma occidental déclinant). Je pense notamment au cinéma asiatique et plus particulièrement philippin, dont Brillante Mendoza est le principal et illustre représentant (malheureusement, le seul connu en dehors des frontières de ce pays), taïwanais avec Tsaï Ming-Liang, coréen et maintenant thaïlandais.

Article apparu par l'opération du Saint Esprit a écrit:

Les moins : Bon sang, ce que c'est lent ! Fidèle à son habitude, Apichatpong Weerasethakul verse dans la pose et dans la pause. Ce qu'il évoque en près de deux heures aurait pu l'être avec une demi-heure de moins, dévolue à diverses afféteries narratives et autres plans trop longs pour être utiles.

C'est bien là tout le drame. On ne prend plus le temps de regarder un film, de s'arrêter à chaque détail, de contempler. Il faut aller vite, toujours plus vite, de peur de lasser le spectateur grégaire lambda habitué à l'instantané, au tout cuit, au prêt-à-penser. Un film est lent DONC il est forcément ennuyeux, lassant, pénible, en un mot chiant. Il dure plus de deux heures ? Sacrilège ! On va donc perdre deux heures de notre temps si précieux qu'on aurait pu passer, tel un zombie, devant l'écran de son ordinateur ou de sa télé, à regarder des programmes de télé-réalité.
Que dire dans ce cas des films de Bela Tarr, de Robert Bresson et tant d'autres ?

Article-mystère a écrit:

Il a suffi d'un clin d'oeil involontaire à La Planète des singes pour conquérir Tim Burton.

Affirmation totalement gratuite et sans aucun fondement. Tim Burton et le jury (puisqu'il n'est pas seul à décider) ont récompensé une œuvre qui semble sortir de l'ordinaire. Rien que pour ça, j'ai de très bons a priori et j'irai le voir.

Pour contrebalancer et ajouter un peu de neutralité, une critique positive de Libé :

Libération a écrit:

Weerasethakul, Thaï king size

L’«Uncle Boonmee» attend la mort sur fond de répression armée dans une œuvre délirante et magistrale.

http://q.liberation.fr/photo/id/153268/r/03/02/w/459/m/1274722652


Sélection officielle En compétition Uncle Boonmee who can recall his past lives d’Apichatpong Weerasethakul avec Thanapat Saisaymar, Natthakarn Aphaiwonk… 1 h 53. Sortie indéterminée.

Des deux ou trois choses que l’on sait d’Apichatpong Weerasethakul, il y en a au moins une qui aurait le mérite de faire taire les cuistres qui se vantent d’orthographier sans faute le patronyme du Thaïlandais : Apichatpong, tout le monde l’appelle Joe. Toute victoire à la Pivot sera donc vaine, le cinéaste au nom le plus compliqué de la planète ayant le sobriquet le plus simple du monde. Hey Joe, où vas-tu avec cette caméra dans tes mains ? Nous tuer, une fois de plus. «La projection de la dernière chance», nous soufflait à l’oreille un critique ami (tous ne le sont pas) une seconde avant que ce film halluciné ne démarre. Dernier espoir que surgisse de la compétition 2010 ce qui lui aura cruellement et essentiellement manqué : du cinéma.

Sibylline.

C’est donc aussi le moment opportun d’expliquer à ceux à qui Joe fait peur (Joe fait toujours un peu peur, même à ses groupies, tant voir un de ses films relève toujours d’une expérience émotionnelle forte dont on peut craindre les effets dévastateurs) que le terme «cinéma pur» ressorti à tout propos le concernant, et ce depuis la découverte à Cannes de Blissfully Yours ou de l’extatique Tropical Malady, ne correspond en rien à une collection réfrigérante et chiantissime de plans longuets et sentencieux. La beauté pour la beauté, le grand vide formel, voilà tout ce que Weerasethakul exècre. Joe est quelqu’un qui raconte des choses précises, mais qui le fait à sa façon : mystérieuse, secrète, sibylline, mystique. Tout en fausse douceur (la terreur viendra plus tard). Mais qui jamais autant que dans cet Uncle Boonmee n’avait donné l’impression de reprendre les choses au niveau d’hallu où la dernière heure d’Apocalypse Now les avait laissées en 1979.

Le film, extraterrestre, délirant, peuplé d’une faune et d’une flore magique (là, une sorte de singe noir aux yeux rouges, là un poisson-chat phallique et assoiffé) est surtout un film de fantômes simples. Les revenants sont familiers, ce sont des membres d’une même famille qui s’invitent à la table d’un homme malade qui sait que la mort l’attend. Oncle Boonmee ne peut se réjouir de revoir la femme perdue, le frère disparu, il sait qu’ils sont revenus pour le prendre. Il souffre d’une insuffisance rénale aiguë. Il est fini. «Dans quelque temps…» dit le film. Dans quelque temps, tu ne seras plus là, mais avant, tu vas devoir avec les tiens et en compagnie de tes spectres traverser la forêt pour remonter aux premières sensations de ta vie. Boonmee le paysan se lance dans une plongée aux origines et à la surface de l’eau, qui est aussi une avancée dans les terres les plus reculées du nord de la Thaïlande.

http://videos.leparisien.fr/video/iLyROoafvLJG.html

Révolte.

«Qu’arrive-t-il à mes yeux ?» demande, éberlué, l’oncle Boonmee. Une salle entière du Palais des festivals lui renvoie la question. Personne, pour une fois, n’a bougé, n’est sorti. Il vient de se passer quelque chose de l’ordre du voyage collectif. Au terme duquel l’oncle bouddhiste dit s’être même souvenu du futur. Ce futur se matérialise sous l’image fugace, mystérieuse, de garçons-soldats, mitraillette en écharpe, sourire pasolinien aux lèvres. Uncle Boonmee… est le prolongement d’un court métrage tourné l’an passé (A Letter to Uncle Boonmee) dans lequel Joe disait à sa façon, entre les lignes, poétiquement, la répression qui sévissait en Thaïlande, plus connue aujourd’hui sous le nom de révolte des «chemises rouges». Au moment de la projection officielle, les chemises rouges, apprenait-on, rentraient dans le nord acclamés par les paysans. Vendredi, l’actualité a pris de vitesse la Croisette : encore faut-il savoir de quelle actualité on parle.

Re: Festival de Cannes

Source : l'express.

Re: Festival de Cannes

FDL, si ce n'est déjà le cas, écoute "Tout arrive" sur France culture. Cela te soulagera des "scribouillards" du Figaro.

"À bas le second degré !" "Monsieur, vous êtes d'une remarquable insignifiance."
Don't hit me with them negative waves so early in the morning.

Re: Festival de Cannes

Un article qui va dans ton sens FDL;):

Palmarés
"Cannes : une Palme d'or qui fait des vagues  MARIE SAUVION | 25.05.2010, 07h00 |  Le Parisien
C’est vrai, « Oncle Boonmee », du Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul, n’aura sans doute jamais droit au prime time de la télé. C’est vrai, Tim Burton et son jury ont décerné dimanche la Palme d’or à un film bizarre, radical, formidablement inventif pour les uns en gros, les cinéphiles aux goûts pointu, drôlement rasoir pour les autres en gros, le reste du monde.

Et, c’est vrai aussi, il attirera infiniment moins de spectateurs que « Taxi Driver », « la Leçon de piano », « Pulp Fiction » ou « Entre les murs », qui l’ont précédé au tableau d’honneur. Après, reste à savoir si la mission du Festival est de remplir les salles et, accessoirement, les tiroirs-caisses.

Les deux visages de Cannes. D’un côté, on a le glamour. Les stars servies sur tapis rouge, les seins de Sophie Marceau et le sourire ultra bright de Sharon Stone, les films hors compétition (« Robin des Bois », « Wall Street 2 », le nouveau Woody Allen…), les L’Oréal girls et les rivières de diamants, bref de quoi s’assurer la foule, les télés et les photographes. De l’autre, mine de rien, se joue quand même la Coupe du monde du cinéma. Dix jours pour poser un regard curieux sur le meilleur (avec un peu de chance) du 7e art à un instant T. Pour le public, ça passe ou ça casse selon les crus : pas palpitant en 1998 avec « l’Eternité et un jour », de Théo Angelopoulos, carrément bouleversant en 2002 avec « le Pianiste », de Roman Polanski.

La main tendue. Cette année, la presse française penchait pour « Des hommes et des dieux », de Xavier Beauvois, film sublime et accessible qui se « contente » d’un grand prix. Mike Leigh, l’autre chouchou, repart bouder bredouille, son « Another Year » en bandoulière. En revanche, le tchadien « Un homme qui crie » a décroché un prix du jury très généreux, comme une main tendue vers l’Afrique noire, qui n’avait pas été représentée en compétition depuis quatorze ans… Et « Oncle Boonmee », alors ? On se doutait que cette histoire de réincarnations plairait au président Burton. Dans une sélection moyenne, le réalisateur de « l’Etrange Noël de Mr Jack », d’« Edward aux mains d’argent » et d’« Alice » et son jury ont découvert un film aussi fauché que contemplatif, sensoriel et hypnotique, qui réunit les humains et les fantômes, s’autorise une scène d’amour entre une princesse et un poisson-chat et de longues et mutiques déambulations dans la jungle… Ont-ils pensé à la crise sanglante que traverse la Thaïlande ? Se sont-ils dit qu’une Palme serait plus utile à Weerasethakul, arrivé à Cannes sans distributeur, qu’à un cinéaste nanti ? On attend leurs confidences avec impatience.




« Oncle Boonmee » n’avait jusqu’à avant-hier aucun distributeur pour la France. Et donc aucune date de sortie en salles. C’est à la toute dernière minute, dimanche matin, que la société Pyramide a fini par en acheter les droits. Le prix serait fixé à quelques dizaines de milliers d’euros. Programmation possible cet automne." Le Parisien

On s'y serait mis à plusieurs...;)

Last edited by zaza's birthday (26-05-2010 11:07:08)

"Rédupliquer, c'est être ce qu'on dit." (S.Kierkegaard)

« Monter, grimper…mais se hisser ? Oh ! Combien c’est difficile ».Dans la bouche de Christiane Taubira